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Guide orthodontistes 202617 minMis à jour 10 juin 2026Arbitrage + comparatif

Orthodontiste : que faire de la trésorerie excédentaire de sa SELARL ?

Avec un BNC qui dépasse souvent 300 000 €, la SELARL d'un orthodontiste accumule une trésorerie qui grossit vite et dort sur le compte courant. Avant de choisir un placement, une question tranche tout : sortir ce cash en dividendes (PFU 31,4 % en 2026 + cotisations TNS sur la fraction au-delà de 10 % du capital) ou le garder et le placer à l'IS (0 prélèvement social, imposition différée) ? Ce guide chiffre l'arbitrage sur 250 000 €, compare les 6 véhicules de placement à l'IS et pose les garde-fous 2026. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

TRÉSORERIE ORTHODONTISTE 2026

Sortir ou placer la trésorerie de votre SELARL d'orthodontiste

Audit de votre trésorerie excédentaire de SELARL : on chiffre le coût d'une sortie en dividendes (cotisations TNS + PFU 31,4 %) face au placement à l'IS (0 prélèvement social), puis on compare le contrat de capitalisation (238 septies E), le compte à terme, le compte-titres et ETF, la SCPI démembrée, le monétaire et le private equity. Cabinet capitalistiquement indépendant, modélisation avec votre expert-comptable.

  • Arbitrage chiffré sortir vs garder
  • Frottement IS réel de chaque véhicule
  • Cadrage objet social et SPFPL
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

ARBITRAGE CHIFFRÉ

250 000 €

SORTIE DIVIDENDES 2026

31,4 %

PS DANS LA SOCIÉTÉ

0 %

CAPI — FROTTEMENT IS

≈ 0,94 %/an

VÉHICULES À L'IS

6

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE VRAI ENJEU·3 MIN

Trésorerie d'une SELARL d'orthodontiste : pourquoi le matelas devient vite ingérable

L'essentiel en 30 secondes

Chez l'orthodontiste, le sujet n'est pas « ai-je de la trésorerie » mais « que faire d'un excédent qui grossit vite ». Avant de choisir un placement, tranchez l'arbitrage : sortir ce cash en dividendes coûte les cotisations TNS (fraction au-delà de 10 % du capital) puis le PFU 31,4 % ; le garder et le placer dans la société ne supporte aucun prélèvement social (seul l'IS s'applique). Pour une trésorerie dont vous n'avez pas l'usage personnel, garder gagne presque toujours. Une fois la décision prise, six véhicules cohabitent à l'IS, à combiner selon trois poches : précaution, moyen terme, long terme. Le pendant détaillé existe côté dentiste — l'orthodontiste relève du même régime : voyez le comparatif des véhicules de placement d'une SELARL.

Regardez votre compte société : la trésorerie ne baisse jamais, elle ne fait que monter. Un orthodontiste qui tourne bien dégage un BNC qui dépasse fréquemment 300 000 € ; une fois la rémunération prélevée et l'IS payé, la SELARL conserve un résultat qui s'empile — 150 000, 250 000, parfois 400 000 € de trésorerie excédentaire qui dorment sur le compte courant et ne rapportent presque rien. À 2 % d'inflation, 250 000 € laissés en sommeil perdent environ 5 000 € de pouvoir d'achat par an : ne rien faire vous coûte cette somme chaque année, même si la ligne ne bouge pas. Le matelas grossit beaucoup plus vite que chez un confrère généraliste — d'où l'urgence d'une stratégie.

S'ajoute une pression fiscale forte sur la personne : un orthodontiste à hauts revenus est souvent à la tranche marginale de 45 %, redevable de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 à 4 %, article 223 sexies du CGI) et potentiellement de la contribution différentielle qui impose un taux minimal de 20 % du revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (article 224 du CGI, reconduite par la loi de finances 2026). Conséquence : sortir de la trésorerie pour la placer à titre personnel est très coûteux, et la mise en réserve à l'IS devient le réflexe naturel — encore faut-il la faire travailler.

Deux particularités du métier pèsent aussi dans la balance. D'abord, les soins d'orthodontie dispensés au patient sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI), tandis que la fourniture d'appareils orthodontiques et d'aligneurs est en principe soumise à TVA au taux normal : sur ses achats relevant de l'activité de soins exonérée, l'orthodontiste ne récupère pas la TVA — un fauteuil, une imagerie 3D, un scanner restent alors un coût net, ce qui rend l'arbitrage « placer ou réinvestir dans l'outil » d'autant plus important. Ensuite, son revenu dépend d'un geste de précision : une trésorerie bien placée n'est pas qu'un sujet fiscal, c'est ce qui vous fait vivre le jour où vous ne pouvez plus tenir le fauteuil, en cas d'invalidité ou de fin de carrière — raison pour laquelle la prévoyance Madelin (article 154 bis du CGI) reste prioritaire en parallèle.

Une société à l'IS ne paie pas de prélèvements sociaux

C'est la première règle de cadrage. La CSG/CRDS (17,2 % ou 18,6 % selon le support) ne frappe que les personnes physiques (articles L. 136-6 et L. 136-7 du Code de la sécurité sociale). Une SELARL ou une SPFPL qui place sa trésorerie n'est imposée qu'à l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà, article 219 du CGI). La dualité 17,2 / 18,6 % — détaillée dans notre guide des prélèvements sociaux 2026 — ne sert qu'à mesurer le coût d'une sortie en dividendes, pas le coût d'un placement gardé dans la société.

Avant de placer : faut-il plutôt investir dans l'outil ?

Pour un orthodontiste, une trésorerie excédentaire peut aussi servir à financer du matériel amortissable (fauteuil, imagerie, aligneurs, logiciel de gestion) qui réduit le résultat imposable tout en développant le cabinet. La frontière est nette : ce guide traite du placement passif d'un excédent dont vous n'avez pas l'usage professionnel ; l'optimisation des gros investissements matériel fait l'objet d'un guide dédié, optimiser fiscalement ses investissements matériel. On commence toujours par sécuriser l'outil avant de placer le surplus.
§ 2LA DÉCISION CLÉ·4 MIN

Sortir en dividendes ou garder et placer ? L'arbitrage que personne ne tranche

L'essentiel en 30 secondes

Sortir 250 000 € en dividendes coûte deux étages d'imposition : les cotisations TNS sur la fraction au-delà de 10 % du capital (article L. 131-6 du CSS), puis le PFU 31,4 % sur le solde — un frottement cumulé qui peut atteindre 40 à 48 %. Garder et placer à l'IS ne supporte aucun prélèvement social : c'est presque toujours gagnant pour une trésorerie excédentaire non nécessaire au train de vie.

Tout se joue ici, et neuf orthodontistes sur dix posent la question à l'envers. Beaucoup raisonnent « quel placement » avant de se demander « dans quelle poche » : personnelle ou sociale. Or le choix de l'enveloppe (personne physique ou société) pèse bien plus lourd que le choix du support. Reprenons le coût d'une sortie, étage par étage.

Le premier étage : les cotisations TNS sur les dividendes

Pour un orthodontiste gérant majoritaire — ou, depuis le 1er janvier 2025, pour tout associé exerçant en SEL — la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associé est réintégrée dans l'assiette des cotisations TNS (article L. 131-6, III, 2° du Code de la sécurité sociale). Comme le capital d'une SELARL est souvent symbolique (quelques milliers d'euros), c'est en pratique l'essentiel du dividende qui supporte des cotisations sociales, à un taux global de l'ordre de 30 à 45 % sur cette fraction. Et la Cour de cassation a jugé (2e civ., 19 octobre 2023, n° 21-20.366, dans une affaire de chirurgien-dentiste) que faire remonter les dividendes vers une SPFPL interposée n'y échappe pas : l'interposition ne neutralise pas la règle des 10 %.

Le second étage : le PFU à 31,4 % sur le solde

Sur ce qui reste, l'orthodontiste subit le prélèvement forfaitaire unique : en 2026, 31,4 % sur les dividendes (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, après le relèvement de la CSG par la LFSS 2026). L'option pour le barème reste possible (abattement de 40 % sur l'assiette de l'IR seulement, jamais sur l'assiette sociale). Au total, entre cotisations TNS et PFU, une part importante de chaque euro sorti part en impôts et charges avant même d'être placée.

À l'inverse, garder la trésorerie dans la société pour la placer ne déclenche aucun prélèvement social (la CSG/CRDS ne frappe que les personnes physiques) : seul l'impôt sur les sociétés s'applique sur les gains du placement, et l'intégralité du capital continue de travailler. Voici l'arbitrage chiffré sur 250 000 €.

Sortir 250 000 € de la SELARL ou les garder pour les placer à l'IS (illustration aux taux 2026). Les fourchettes de frottement dépendent de votre capital social et de vos comptes courants : à modéliser avec votre expert-comptable.
Sur 250 000 € de trésorerieOption SORTIR (dividendes)Option GARDER (placer à l'IS)
Cotisations sociales / TNSSur la fraction > 10 % du capital (souvent la quasi-totalité)Aucune (CSG/CRDS = personnes physiques uniquement)
Imposition de la sortiePFU 31,4 % sur le solde après cotisations0 € : la trésorerie reste dans la société
Fiscalité du placement ensuiteÀ titre personnel : PFU / barème + PS 17,2-18,6 %À l'IS seulement (15 / 25 %), souvent différée
Capital réellement investi≈ 130 000 à 150 000 € (frottement ≈ 40-48 %)250 000 € travaillent intégralement
Quand c'est pertinentBesoin personnel réel (résidence principale, train de vie)Trésorerie excédentaire sans usage privé immédiat

La conclusion est presque toujours la même : tant que vous n'avez pas un besoin personnel concret, garder pour placer à l'IS l'emporte sur la sortie. Vous évitez 110 000 € de frottement immédiat et vous laissez 250 000 € entiers produire des intérêts en différé, plutôt que 140 000 € amputés. La sortie ne se justifie que pour financer un projet privé réel. Cet arbitrage stratégique est aussi développé, côté méthode, dans que faire de la trésorerie de sa SELARL et les cotisations sociales sur les dividendes de SEL.

Hagnéré Patrimoine

Sortir ou garder : on chiffre votre cas réel

Le coût d'une sortie dépend de votre capital social, de vos comptes courants et de votre TMI. Un CGP modélise l'arbitrage sortir/garder sur votre trésorerie d'orthodontiste, en lien avec votre expert-comptable, et calibre ensuite le placement à l'IS.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

SEL d'exercice ou SPFPL : à quel étage placer ?

La SELARL d'exercice peut placer sa trésorerie directement, sans remontée : c'est le plus simple pour une poche de précaution et de moyen terme. Remonter le cash vers une SPFPL ne neutralise pas le frottement de sortie (Cass. 19/10/2023, ci-dessus), mais l'étage holding garde son intérêt pour capitaliser durablement et préparer la transmission, les dividendes remontant sous le régime mère-fille (95 % exonérés). Le choix de l'étage se décide avec votre expert-comptable : voyez la SPFPL pour dentiste et la SPFPL des professions libérales.
§ 3LA PALETTE·2 MIN

Les 6 véhicules de placement à l'IS, en un coup d'œil

L'essentiel en 30 secondes

Six véhicules cohabitent à l'IS, et aucun n'est « le meilleur » dans l'absolu. Trois servent de socle et de précaution : le contrat de capitalisation (différé fiscal, le pivot), le compte à terme et le fonds monétaire (capital sûr, disponible). Trois visent la croissance : le compte-titres / ETF (liquide mais taxé chaque année), la SCPI (à l'IS ou démembrée) et le private equity (rendement visé élevé, illiquide). On n'en retient jamais un seul : on les combine selon trois poches — précaution, moyen terme, long terme.

La décision « garder » prise, voici la palette accessible à une personne morale à l'IS. Cherchez le « meilleur » véhicule dans l'absolu et vous tournerez en rond : chacun ne vaut que pour un besoin, un horizon et un niveau de risque donnés. Le but n'est pas d'en choisir un, mais de les combiner selon trois poches : précaution, moyen terme, long terme.

Les véhicules de capitalisation et de précaution

Points forts

  • Contrat de capitalisation : fiscalité forfaitaire lissée, différé, le pivot du moyen-long terme
  • Compte à terme : capital garanti, rendement modéré, IS sur les intérêts
  • Fonds monétaire : liquidité quotidienne, risque très faible, suit les taux courts

Les véhicules de croissance et de rendement

Points forts

  • Compte-titres / OPCVM / ETF : large univers, très liquide, fiscalité annuelle des plus-values latentes
  • SCPI à l'IS ou en nue-propriété : revenus fonciers à l'IS ou différé pendant le démembrement
  • Private equity / FPCI : rendement cible élevé, mais illiquide, risqué, ticket important

Je regarde chaque véhicule sous le même angle : imposition à l'IS, liquidité, risque, horizon, et surtout celui qu'on oublie toujours — combien ça coûte d'en sortir. Certains supports sont doux en détention mais chers à revendre ; d'autres lissent l'impôt de bout en bout. Un tableau les aligne (section 9), et un cas chiffré pose les montants (section 10).

Le même mécanisme, déjà détaillé côté dentiste

L'orthodontiste étant un chirurgien-dentiste spécialiste, sa SELARL relève exactement du même régime que celle d'un dentiste généraliste : même IS, même absence de prélèvement social, mêmes véhicules. Le deep-dive de chaque support est donc partagé : pour le détail produit par produit, appuyez-vous sur le comparatif des véhicules de placement d'une SELARL et sur le pilier transverse placer la trésorerie de sa SEL.
§ 4VÉHICULE 1 — LE PIVOT·3 MIN

Le contrat de capitalisation personne morale : le pivot du quasi-différé

L'essentiel en 30 secondes

Le contrat de capitalisation est le seul véhicule à offrir un quasi-différé fiscal à l'IS. Une société n'y est pas imposée sur la performance réelle, mais sur une assiette forfaitaire de 105 % du TME figé à la souscription (article 238 septies E du CGI). Avec un TME de ≈ 3,58 % début 2026, le frottement annuel ressort à environ 0,94 % de la valeur (≈ 2 350 € sur 250 000 €), connu d'avance : tout ce que le contrat gagne au-delà capitalise en différé jusqu'au rachat. C'est ce qui en fait le socle du moyen-long terme.

C'est presque toujours le socle de la trésorerie excédentaire de moyen-long terme, grâce à une règle fiscale précise. Une société à l'IS qui détient un contrat de capitalisation n'est pas imposée sur la performance réelle du contrat : elle l'est sur une assiette forfaitaire définie par l'article 238 septies E du CGI (doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20).

La fiscalité forfaitaire 105 % du TME

Chaque année, la base imposable à l'IS est égale à 105 % du dernier TME connu à la souscription (le TME est le taux moyen des emprunts d'État de durée supérieure à 7 ans, publié par la Banque de France), appliquée à la base retenue — les primes versées, majorées chaque année des produits déjà rattachés. Ce TME est figé à la souscription : c'est le taux qui est figé, pas l'assiette, laquelle progresse d'année en année. L'intérêt du contrat est donc maximal quand on souscrit en période de taux bas.

Le coût annuel réel d'un contrat de capitalisation à l'IS (art. 238 septies E CGI)

Assiette annuelle imposable a l IS = 105 % x TME a la souscription x Valeur de souscription

Exemple avec un TME de 3,58 % (debut 2026, source Banque de France) :
   Assiette annuelle    = 105 % x 3,58 %      = 3,76 % de la valeur
   Frottement IS a 25 % = 3,76 % x 25 %       = environ 0,94 % par an
   Frottement IS a 15 % = 3,76 % x 15 %       = environ 0,56 % par an

Sur 250 000 EUR places :
   Assiette annuelle    = 250 000 x 3,76 %    = 9 400 EUR
   IS a 25 %            = 9 400 x 25 %         = environ 2 350 EUR/an

Quelle que soit la performance réelle du contrat, vous ne payez l'IS que sur cette assiette forfaitaire. Si le contrat gagne 4 ou 5 % brut, tout l'excédent au-delà de 3,76 % capitalise en différé jusqu'au rachat, où une régularisation intervient. C'est cet effet de différé qui fait la force du véhicule sur le moyen-long terme — un frottement d'environ 2 350 €/an sur 250 000 €, connu d'avance.

Sur 250 000 € logés sur un contrat diversifié (fonds euros et unités de compte), vous ne supportez qu'environ 2 350 € d'IS par an (soit ≈ 0,94 % de la valeur), là où un compte-titres ferait remonter chaque année toute la plus-value latente au résultat imposable. C'est l'essence du choix « capitalisation contre compte-titres », que l'on tranche en section 6.

Pas d'avantage successoral comme l'assurance-vie

Un contrat de capitalisation détenu par une société ne se transmet pas hors succession. Les abattements de l'assurance-vie — 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I), 30 500 € pour les primes après 70 ans (article 757 B) — sont propres aux contrats de personnes physiques et ne se transposent pas. Ce qui se transmet, ce sont les parts de la société, selon le droit commun, le cas échéant via un pacte Dutreil (article 787 B). Le contrat de capitalisation personne morale est un outil de capitalisation et de différé fiscal, pas un outil de transmission privilégiée. Pour la variante avancée, voyez le contrat de capitalisation démembré en société.

Note de méthode sur les projections

Les rendements cités (4 %, 5 % brut) sont des hypothèses pédagogiques, pas des promesses. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et les supports en unités de compte comportent un risque de perte en capital. Seul le frottement IS forfaitaire (≈ 0,94 %/an) est connu d'avance, puisqu'il dépend du TME figé à la souscription. Toute projection doit être recalculée sur vos supports réels et le TME du mois où vous souscrivez.
§ 5VÉHICULES 2 & 3 — L'ATTENTE·2 MIN

Compte à terme et fonds monétaire : la trésorerie d'attente

Ce sont les véhicules de la poche de précaution : ici, on ne cherche pas le rendement, on veut du capital sûr et disponible à tout moment. À réserver à la trésorerie d'exploitation et aux sommes que vous pourriez devoir mobiliser à court terme — par exemple le financement d'un nouveau fauteuil ou d'une imagerie 3D dans 12 à 24 mois.

Le compte à terme (CAT)

Le compte à terme bloque une somme pour une durée déterminée en échange d'un taux fixé à l'avance : le capital est garanti par l'établissement, le rendement est connu, et les intérêts sont imposés au résultat à l'IS l'année de leur acquisition — donc pas de différé. Parfait quand vous savez déjà à quelle date vous aurez besoin de l'argent. Sortir avant terme entraîne en général une pénalité de taux. Voyez notre guide dédié au compte à terme en 2026.

Le fonds monétaire

Le fonds monétaire (souvent un OPCVM ou un ETF monétaire) suit les taux courts et offre une liquidité quotidienne avec un risque très faible. Plus souple que le compte à terme : vous récupérez l'argent en quelques jours sans pénalité. Comme tout OPCVM logé sur un compte-titres de société, ses gains entrent dans le résultat imposable à l'IS (valorisation annuelle, article 209-0 A du CGI). Son rendement suit les taux courts et baissera mécaniquement si la BCE assouplit sa politique.

L'argument pro-capitalisation et la règle d'or de la liquidité

Compte à terme et monétaire ont un point commun : leurs gains sont imposés chaque année à l'IS, sans le différé du contrat de capitalisation. On les réserve donc à l'attente, pas à la capitalisation longue. Et la règle d'or : ne placez jamais sur un véhicule peu liquide (SCPI, private equity) une trésorerie dont vous pourriez avoir besoin pour l'exploitation du cabinet. La poche de précaution doit toujours exister avant d'envisager les véhicules de croissance.
§ 6VÉHICULE 4 — LE LIQUIDE·3 MIN

Le compte-titres, les ETF et le régime mère-fille

Une personne morale à l'IS peut parfaitement détenir un compte-titres ordinaire et y loger des OPCVM, des ETF ou des titres vifs. C'est le véhicule de la plus grande liquidité et du plus large univers d'investissement — actions monde, obligations, ETF indiciels à faibles frais. Là où il décroche face au contrat de capitalisation, c'est sur la fiscalité.

La fiscalité annuelle des plus-values latentes (pas de PFU, pas de PVLT à 0 %)

À l'IS, les plus-values latentes sur les OPCVM et ETF sont en principe imposées chaque année selon l'évolution de leur valeur liquidative (article 209-0 A du CGI), et les plus-values réalisées comme les dividendes encaissés entrent dans le résultat imposable à 15 % ou 25 %. Deux pièges à écarter : il n'y a pas de PFU en société (le PFU est un régime de personne physique), et pas de plus-value de long terme à 0 % sur des ETF de trésorerie — ce régime de faveur (article 39 duodecies et suivants pour la distinction court terme/long terme, le taux de 0 % résultant de l'article 219 I a quinquies) vise les titres de participation détenus durablement, pas la gestion financière diffuse. Résultat pour vous : aucun différé, vous payez l'IS sur la performance au fil de l'eau, ce qui freine l'effet boule de neige.

Compte-titres / ETF

Points forts

  • Liquidité immédiate, univers le plus large
  • Frais bas avec des ETF indiciels
  • Idéal pour une gestion active ou des titres vifs

Points de vigilance

  • Plus-values latentes des OPCVM imposées chaque année (209-0 A)
  • Pas de différé fiscal, effet boule de neige freiné
  • Volatilité : risque de perte en capital

Contrat de capitalisation

Points forts

  • Imposition forfaitaire ≈ 0,94 %/an, différé jusqu'au rachat
  • Supports diversifiés : fonds euros, UC, parfois ETF
  • Le plus efficace fiscalement sur le moyen-long terme

Points de vigilance

  • Liquidité contractuelle (rachats) un peu moins immédiate
  • Frais d'enveloppe à surveiller
  • Pas d'avantage successoral propre

Le régime mère-fille : un vrai levier, mais rarement sur de la trésorerie placée

Le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) exonère de 95 % les dividendes qu'une société perçoit d'une filiale détenue à au moins 5 % et conservée deux ans : seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée, soit un frottement effectif d'environ 1,25 %. C'est très puissant pour faire remonter les dividendes d'une SELARL vers une SPFPL ou une holding patrimoniale. En revanche, sur un ETF diversifié, le seuil de 5 % par ligne n'est jamais atteint : les dividendes encaissés sont alors imposés au résultat à 15 % ou 25 %. Ne comptez donc pas sur le mère-fille pour de la gestion financière diffuse : c'est un outil de participations significatives.

Hagnéré Patrimoine

Capitalisation ou compte-titres : lequel pour votre trésorerie d'orthodontiste ?

Un CGP chiffre le frottement IS réel de chaque véhicule sur votre trésorerie de SELARL, compare le différé du contrat de capitalisation à la fiscalité annuelle du compte-titres, et calibre la combinaison avec votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7VÉHICULE 5 — L'IMMOBILIER·3 MIN

La SCPI à l'IS et la nue-propriété en démembrement temporaire

Une société à l'IS peut acheter des parts de SCPI pour s'exposer à l'immobilier sans en assumer la gestion. Deux modes très différents fiscalement : la pleine propriété et la nue-propriété temporaire.

SCPI en pleine propriété : revenus à l'IS, amortissables… mais piège de sortie

En pleine propriété, les revenus fonciers distribués sont imposés à l'IS (15 % ou 25 %). L'atout d'une détention à l'IS — par rapport à une détention en direct par une personne physique — est que la société peut amortir les parts, ce qui réduit la base imposable les premières années. Mais attention au piège de sortie : les amortissements pratiqués sont repris au moment de la revente, si bien que la plus-value se calcule sur la valeur nette comptable (souvent très basse). Le gain de fiscalité en détention se paie donc, en partie, à la cession : la SCPI à l'IS se réserve au très long terme ou à la transmission, pas à une revente à moyen terme.

SCPI en nue-propriété : zéro revenu, zéro impôt pendant le démembrement

C'est l'option la plus efficace fiscalement quand la SELARL n'a aucun besoin des revenus avant 8 ou 10 ans. En acquérant la nue-propriété de parts en démembrement temporaire (souvent 5 à 10 ans), la société achète avec une décote de l'ordre de 20 à 40 % et ne perçoit aucun revenu pendant la durée du démembrement : elle n'est donc imposée sur rien. Au terme, la pleine propriété se reconstitue automatiquement sans imposition supplémentaire, et la SCPI recommence à distribuer. Un placement à fiscalité différée par construction. Le détail dans notre guide de la SCPI en nue-propriété.

Le piège de sortie de la SCPI à l'IS

La SCPI à l'IS, c'est l'inverse d'un compte à terme : peu taxée tant que vous la détenez (les revenus sont amortis), mais potentiellement coûteuse quand vous revendez (les amortissements sont repris, la plus-value se calcule sur une valeur nette comptable très basse). Ajoutez des frais de souscription élevés et une liquidité faible : on est sur de la patrimonialisation longue, surtout pas sur une réserve de cash mobilisable. La décote du démembrement (20 à 40 %) varie selon la durée et la clé de répartition : c'est un ordre de grandeur, pas une règle figée. Et la SCPI n'est pas un placement garanti— la valeur des parts peut baisser, comme l'ont rappelé plusieurs révisions de prix en 2023-2024.
§ 8VÉHICULE 6 — LA CROISSANCE·2 MIN

Le private equity et les FPCI : la poche de croissance illiquide

Le placement le plus risqué et le plus rémunérateur de la liste : le capital-investissement. Une personne morale à l'IS peut souscrire à des fonds de private equity, notamment des FPCI (fonds professionnels de capital-investissement), pour viser des rendements supérieurs aux marchés cotés.

Mais c'est la poche la plus exigeante, et il y a trois contraintes à regarder en face. La première, l'illiquidité : votre capital est bloqué 8 à 10 ans, sans porte de sortie anticipée — c'est la vraie contrainte, bien avant le risque de marché. La deuxième, le risque : la perte en capital est réelle et le ticket d'entrée élevé (fréquemment 100 000 € et plus), ce qui réserve ce support à une trésorerie déjà abondante. La troisième tient à l'enveloppe : à l'IS, les plus-values et distributions du fonds entrent dans le résultat imposable ordinaire, et les exonérations d'impôt sur le revenu propres aux FCPR/FPCI fiscaux de l'article 163 quinquies B du CGI (conservation 5 ans) visent les personnes physiques : elles ne se transposent pas à une société soumise à l'IS.

Une part minoritaire, jamais le cœur de la trésorerie

Le private equity n'a sa place qu'en part minoritaire d'une trésorerie déjà solidement structurée (poche de précaution constituée, poche de moyen terme en place). Vérifiez en amont la cohérence avec l'objet social de la société et le risque de requalification (section 11). Et ne souscrivez jamais sans avoir lu et compris le document d'information clé : l'illiquidité est la vraie contrainte, bien avant le risque de marché.

Note de méthode : un rendement « cible » n'est pas un rendement acquis

Les rendements parfois avancés pour le capital-investissement sont des objectifs de gestion, jamais des promesses : les performances passées ne préjugent pas des performances futures et une partie des fonds sous-performe, voire perd du capital. Sur un horizon de 8 à 10 ans, raisonnez en capacité à immobiliser la somme sans jamais en avoir besoin, pas en rendement espéré. La diversification (millésimes, gérants, stratégies) est ici une règle de prudence, pas une option.
§ 9LE COMPARATIF·3 MIN

Le tableau comparatif : fiscalité IS, liquidité, risque, coût de sortie

Voici les six véhicules mis côte à côte. La colonne décisive — celle que la plupart des comparatifs oublient — est le coût (ou le piège) de sortie : la SCPI et le compte-titres sont doux en détention mais peuvent être chers à la revente, tandis que le contrat de capitalisation lisse et quasi-diffère de bout en bout. Lisez le tableau en partant de votre besoin (horizon, liquidité), pas du rendement affiché.

Comparatif des six véhicules de placement d'une trésorerie de SELARL d'orthodontiste à l'IS (taux 2026). À retenir : la capitalisation pour le différé fiscal, le compte-titres quand on veut pouvoir sortir vite, la SCPI démembrée pour neutraliser l'impôt le temps du démembrement — mais attention au coût de sortie de la SCPI en pleine propriété.
VéhiculeFiscalité à l'IS (détention)LiquiditéHorizonCoût / piège de sortiePour qui
Contrat de capitalisationForfaitaire ≈ 0,94 %/an (105 % du TME, 238 septies E), différéBonne (rachats)Moyen-longRégularisation douce au rachatLe pivot du socle
Compte à termeIS sur les intérêts annuels (15 / 25 %)Bloquée jusqu'au termeCourtCapital garanti, sans frottementPrécaution
Fonds monétaireIS sur les gains annuels (209-0 A)QuotidienneCourtAucun (faible rendement)Trésorerie d'attente
Compte-titres / ETFPV latentes imposées chaque année (209-0 A) ; pas de différéImmédiateMoyen-longPV déjà taxée au fil de l'eauGestion active
SCPI à l'ISRevenus fonciers à l'IS, parts amortissablesFaibleLongAmortissements repris → PV sur VNC (cher)Long terme / transmission
Private equity / FPCIPlus-values et distributions au résultat (IS)Bloquée 8-10 ansTrès longIlliquidité, sortie au gré du fondsDiversification minoritaire

On combine, on ne choisit pas un seul support

Dans nos dossiers, on ne pose presque jamais 250 000 € sur un seul support. On découpe : un peu de cash mobilisable (compte à terme / monétaire) pour l'imprévu, un gros socle sur un contrat de capitalisation diversifié, et une part de croissance plus risquée (compte-titres en ETF, SCPI démembrée, parfois une touche de private equity) qu'on accepte d'immobiliser. Le cas chiffré juste en dessous met les montants sur cette répartition.
§ 10LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : un orthodontiste avec 250 000 € à placer

Prenons un cas concret. Dr Léa Vasseur, 49 ans, orthodontiste en SELARL, BNC d'environ 320 000 €, tranche marginale à 45 %, gérante majoritaire. Capital social de 10 000 €, pas de compte courant : le seuil des 10 % ressort donc à seulement 1 000 € — la quasi-totalité d'un dividende serait au-delà. Elle a laissé s'accumuler 250 000 € de trésorerie excédentaire dont elle n'a pas l'usage personnel immédiat. Deux options.

Cas Dr Léa Vasseur — sortir 250 000 € ou les garder et placer

OPTION 1 — SORTIR LES 250 000 EUR EN DIVIDENDES
   Cotisations TNS sur la fraction > 10 % du capital (quasi-totalite)
   puis PFU 31,4 % sur le solde
   -> reste de l ordre de 130 000 a 150 000 EUR disponibles a titre prive
   -> frottement cumule ~ 40 a 48 % (a modeliser avec l expert-comptable)

OPTION 2 — GARDER ET PLACER EN SOCIETE (contrat de capitalisation)
   0 prelevement social. Frottement IS forfaitaire :
   250 000 x 3,76 % x 25 % = environ 2 350 EUR/an
   -> les 250 000 EUR travaillent integralement, en differe

ECART : sur 10 ans, 250 000 EUR capitalisent au lieu de ~140 000 EUR
   -> effet boule de neige du differe = enrichissement net bien superieur

Les fourchettes de l'option 1 dépendent du capital social, des comptes courants et de la TMI : à recalculer au cas par cas. Le frottement de l'option 2 (≈ 2 350 €/an) est, lui, connu d'avance. Le point clé : sortir ampute le capital de 40 à 48 % avant même de placer, garder le laisse travailler entier.

Verdict : tant que Léa n'a pas un besoin personnel réel (achat d'une résidence, projet privé), garder pour placer en société est nettement plus avantageux que sortir. Elle évite ~110 000 € de frottement immédiat et laisse 250 000 € entiers capitaliser en différé. C'est l'application directe de l'arbitrage de la section 2.

Une répartition-type en 3 poches pour les 250 000 €

Une fois la décision « garder » prise, on répartit selon l'horizon. Pour les 250 000 € de Léa, on poserait par exemple 50 000 € de cash mobilisable (compte à terme + fonds monétaire), 120 000 € de socle sur le contrat de capitalisation (≈ 0,94 %/an de frottement), et 80 000 € de croissance (SCPI démembrée + ETF) qu'elle accepte d'immobiliser. Une autre orthodontiste, plus prudente ou avec un projet d'achat dans deux ans, garderait davantage en précaution : ces montants sont un point de départ, pas une recette.

Et les intérêts de compte courant d'associé ?

Variante fréquente : laisser de l'argent en compte courant d'associé et se faire verser des intérêts. Le Dr Karim Belkacem, orthodontiste, a laissé 80 000 € en CCA : les intérêts sont déductibles côté société dans la limite de l'article 39-1-3° (≈ 4,55 % pour les exercices clos fin 2025), soit ≈ 3 640 €/an, mais côté associé ce sont des revenus de capitaux mobiliers au PFU 31,4 %. Surtout, ces intérêts comptent aussi dans l'assiette des 10 % (article L. 131-6 CSS) : au-delà, ils déclenchent des cotisations TNS. Le CCA n'est donc pas un échappatoire au frottement de sortie.
§ 11LES GARDE-FOUS·3 MIN

Les garde-fous 2026 : objet social, requalification, taxe holding

Placer la trésorerie d'une société d'exercice n'est pas un acte anodin : trois garde-fous doivent cadrer l'ampleur et la nature des placements. Bonne nouvelle : aucun ne ferme la porte au placement raisonnable d'un excédent.

L'objet social et la déontologie

Une SELARL a pour objet l'exercice de l'art dentaire, encadré par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 et le code de déontologie des chirurgiens-dentistes (articles R. 4127-201 et suivants du Code de la santé publique). Placer une trésorerie de précaution et capitaliser un excédent raisonnable est admis comme un acte de gestion ; en revanche, faire de la société une pure machine à placements sort de son objet et engage la responsabilité interne et déontologique du gérant. La règle de bon sens : l'activité de soins doit rester prépondérante.

La requalification en holding patrimoniale

C'est le vrai sujet : le risque de requalification en société à prépondérance patrimoniale, ou la perte d'un éventuel caractère animateur, si l'activité réelle de soins cesse d'être prépondérante au profit de la seule gestion de placements. Rassurez-vous néanmoins : placer une trésorerie excédentaire reste un acte de gestion normal, apprécié au regard du seul intérêt propre de l'entreprise — le Conseil d'État ayant consacré la liberté de gestion et abandonné la théorie du risque manifestement excessif (Section, 13 juillet 2016, n° 375801, Monte Paschi) : l'administration n'a pas à juger de l'opportunité des choix de gestion. La qualification de holding animatrice (qui ouvre droit à des régimes de faveur comme le pacte Dutreil) suppose, à l'inverse, une animation effective de filiales : la simple gestion patrimoniale ne suffit pas (CE plén., 13 juin 2018, n° 395495, Cofices ; Cass. com., 11 octobre 2023, n° 21-24.760). Ne survendez donc pas un Dutreil sur une structure qui ne ferait que placer.

Mythe vs réalité : la taxe holding 2026 et votre trésorerie

Levons une confusion fréquente : la taxe créée par l'article 7 de la loi de finances 2026 (nouvel article 235 ter C du CGI) ne vise pas la trésorerie placée. Elle frappe à 20 % la valeur vénale des actifs somptuaires et de jouissance personnelle — yachts, avions, véhicules de tourisme, chevaux de course, vins et alcools, bijoux, métaux précieux, logement réservé à la jouissance de l'associé. La trésorerie et les actifs financiers placés (compte à terme, OPCVM, contrat de capitalisation, ETF, SCPI) sont exclus de l'assiette, et le dispositif ne s'applique qu'aux grosses structures : actifs d'au moins 5 M€, personne physique détenant au moins 50 %, revenus principalement passifs, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Une SELARL d'orthodontiste qui place sa trésorerie excédentaire n'est donc pas concernée (la pérennité du dispositif au-delà de 2026 restant à confirmer).

À cadrer avec votre expert-comptable

La règle de bon sens : l'activité réelle (les soins) doit rester prépondérante, et le poids des placements proportionné, pour écarter tout risque de requalification. La taxe LF 2026 sur les holdings patrimoniales, elle, ne touche pas la trésorerie placée d'une société d'exercice — sa pérennité au-delà de 2026 reste toutefois à confirmer. Pour la structuration durable d'une poche d'investissement, on bascule souvent vers une SPFPL ou une holding patrimoniale, en mesurant à chaque fois l'exposition à la taxe sur les holdings patrimoniales.

En synthèse : chez nous, on regarde toujours l'arbitrage sortir/garder, l'objet social, l'étage de détention et le risque de requalification avant de parler rendement. Un orthodontiste de Chambéry qui nous appelle pour « le meilleur placement » repart d'abord avec un cadrage de sa SELARL — le support vient après. Le placement de la trésorerie n'est d'ailleurs qu'un des leviers de l'orthodontiste : voyez aussi nos guides sur l'optimisation fiscale au-delà de 300 000 € de CA et la défiscalisation de l'orthodontiste.

Notre regard de CGP : la structure avant le support

En rendez-vous avec des orthodontistes, nous voyons la même erreur revenir : choisir un placement avant d'avoir tranché l'arbitrage de sortie et cadré l'objet social. Notre méthode est l'inverse : on chiffre d'abord le coût réel d'une sortie en dividendes avec votre expert-comptable (capital social, comptes courants, TMI), on fixe l'étage de détention (SELARL d'exercice ou SPFPL), puis seulement on calibre les véhicules. Hagnéré Patrimoine ne vend aucun produit-maison (CIF · COA · COBSP, ORIAS 23002291) : quand on vous oriente vers un contrat de capitalisation plutôt qu'une SCPI, c'est l'arbitrage de votre dossier qui parle, pas une grille de commissions.

Ce qu'il faut retenir

On tranche d'abord « sortir ou garder » : sortir 250 000 € coûte cotisations TNS + PFU 31,4 % (frottement 40-48 %), garder à l'IS ne supporte aucun prélèvement social. Une fois la décision « garder » prise, le contrat de capitalisation est le socle du moyen-long terme (frottement ≈ 0,94 %/an, différé) ; le compte à terme et le monétaire couvrent l'imprévu ; le compte-titres / ETF donne la liquidité au prix d'une fiscalité annuelle ; la SCPI démembrée efface l'impôt le temps du démembrement (attention au coût de sortie en pleine propriété) ; le private equity reste une touche minoritaire. On combine, on ne choisit pas. Et la taxe holding 2026 ne concerne pas votre trésorerie placée.
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Sources et références légales

  • Le coût d'une sortie en dividendes et l'absence de prélèvements sociaux en société

    Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes et intérêts de SEL au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants ; étendu à tout associé de SEL depuis le 01/01/2025). Cass. 2e civ., 19 octobre 2023, n° 21-20.366 (la remontée à une SPFPL interposée n'échappe pas aux cotisations TNS). Art. L. 136-6 et L. 136-7 CSS (la CSG/CRDS ne frappe que les personnes physiques : aucun prélèvement social pour une société à l'IS). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PFU 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) sur les dividendes en personne physique.

  • Le contrat de capitalisation à l'IS et la fiscalité des placements en société

    Art. 238 septies E CGI et doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20 (imposition forfaitaire annuelle des contrats de capitalisation d'une personne morale : assiette de 105 % du TME à la souscription, frottement ≈ 0,94 %/an avec un TME d'environ 3,58 % début 2026, source Banque de France). Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 209-0 A CGI (imposition annuelle des écarts de valeur liquidative des OPCVM détenus par une entreprise à l'IS). Art. 39 duodecies et suivants CGI (plus-values incluses dans le résultat imposable ; le taux de 0 % réservé aux titres de participation relève de l'art. 219 I a quinquies).

  • Le régime mère-fille, le private equity et la transmission

    Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille : exonération de 95 %, détention d'au moins 5 % conservée 2 ans, quote-part de frais et charges de 5 %). Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FCPR/FPCI fiscaux, régime des personnes physiques non transposable à une société). Art. 990 I et 757 B CGI (abattements de transmission de l'assurance-vie, non transposables au contrat de capitalisation d'une société). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil sur les titres de société).

  • Le cadre juridique, déontologique et les garde-fous 2026

    Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258 ; objet social et règles de l'Ordre). Code de déontologie des chirurgiens-dentistes (art. R. 4127-201 et suivants du Code de la santé publique). CE Section, 13 juillet 2016, n° 375801, Monte Paschi (liberté de gestion : abandon de la théorie du risque manifestement excessif ; le placement d'une trésorerie excédentaire relève de la gestion normale appréciée au regard de l'intérêt de la société). CE plén., 13 juin 2018, n° 395495, Cofices et Cass. com., 11 octobre 2023, n° 21-24.760 (caractère animateur d'une holding). Art. 235 ter C CGI (créé par l'art. 7 de la LF 2026) : taxe de 20 % sur les actifs somptuaires de jouissance personnelle des sociétés patrimoniales (seuil 5 M€), la trésorerie et les actifs financiers placés étant exclus de l'assiette — une SELARL d'exercice n'est pas concernée (pérennité au-delà de 2026 à confirmer).

  • Le risque et la spécificité de l'orthodontiste

    Les investissements en private equity, en SCPI et sur des unités de compte comportent un risque de perte en capital. L'orthodontiste est un chirurgien-dentiste spécialiste relevant de la CARCDSF ; ses soins sont exonérés de TVA (art. 261-4-1° CGI), tandis que la fourniture d'appareils et d'aligneurs est en principe soumise à TVA au taux normal, si bien que la TVA sur les achats de l'activité de soins n'est pas récupérable. Sa dépendance au geste de précision rend la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI) prioritaire, en complément d'une trésorerie bien placée.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les cas chiffrés (notamment l'arbitrage sortir/garder sur 250 000 €) sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer selon votre situation, votre capital social, vos comptes courants et le TME réel du mois de souscription. Le coût d'une sortie en dividendes dépend de l'assiette des cotisations TNS propre à votre société : il doit être modélisé avec votre expert-comptable. La taxe sur les holdings patrimoniales créée par l'article 7 de la loi de finances 2026 (article 235 ter C du CGI) vise les actifs somptuaires de jouissance personnelle des sociétés patrimoniales (seuil de 5 M€) et exclut la trésorerie et les actifs financiers placés de son assiette : une SELARL d'orthodontiste plaçant sa trésorerie n'entre pas dans son champ ; sa pérennité au-delà de 2026 reste à confirmer. Le placement de la trésorerie d'une société d'exercice doit s'apprécier au regard de son objet social et des règles de l'Ordre. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les contrats de capitalisation, SCPI, OPCVM, ETF et fonds de private equity en unités de compte comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Foire aux questions

Tout sur le placement de la trésorerie d'une SELARL d'orthodontiste sortir ou garder, cotisations sur dividendes, véhicules à l'IS et garde-fous 2026.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des orthodontistes dont la SELARL accumule de la trésorerie : faut-il sortir ou garder, comment sont imposés les dividendes, quel véhicule de placement choisir à l'IS, le différé du contrat de capitalisation, le piège de sortie de la SCPI, et la taxe holding 2026. Réponses sourcées et à jour 2026.