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Guide orthodontistes 202614 minMis à jour 25 juin 2026Logique de structure > 300 k€

Orthodontiste : optimiser sa fiscalité au-delà de 300 000 € de revenus

Au-delà de 300 000 € de bénéfice, un orthodontiste libéral atteint un point de rupture : tout passe à l'IR à 45 %, avec des cotisations TNS sur la totalité du bénéfice — même la part que vous ne consommez pas — auxquelles s'ajoutent la CEHR et la nouvelle CDHR (impôt minimum de 20 % du RFR). À ce niveau, on ne « défiscalise » plus produit par produit : on change de structure. SEL à l'IS, arbitrage rémunération/dividendes, SPFPL, PER et prévoyance, SCI des murs — voici la stratégie complète. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE ORTHODONTISTE 2026

Structurer votre fiscalité d'orthodontiste au-delà de 300 000 €, du report à la transmission

Audit de structuration pour orthodontiste à très haut revenu : bascule en SEL à l'IS et part à mettre en réserve, arbitrage rémunération / dividendes, SPFPL et régime mère-fille, plafond PER 154 bis, prévoyance du geste, murs du cabinet en SCI — le tout calibré face à la CEHR et à la CDHR. Cabinet capitalistiquement indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Stratégie de structure personnalisée
  • Part à mettre en réserve chiffrée
  • Exposition CEHR / CDHR calculée
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

TMI EN BNC DIRECT

45 %

IS CAPITALISÉ EN SEL

15 / 25 %

MÈRE-FILLE — IS EFFECTIF

~1,25 %

PER DÉDUCTIBLE (350 k€)

~80 291 €

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PROBLÈME·3 MIN

Pourquoi, au-delà de 300 000 €, le BNC direct devient confiscatoire

Avant de commencer : ni un catalogue de niches, ni un calcul de seuil

Cet article n'est ni la liste des produits de défiscalisation (voir notre guide des leviers de défiscalisation de l'orthodontiste), ni le calcul du seuil de bascule (voir à partir de quel revenu passer en SELARL). Ici, on part du principe que vous dépassez 300 000 € de bénéfice, et on assemble la stratégie globale : c'est le moment de passer d'une logique de produits à une logique de structure.

Vous facturez 350 000 € de bénéfice, vous en consommez 140 000 € pour votre train de vie… et l'administration taxe les 350 000 €. Au-delà de 300 000 € de bénéfice non commercial, un orthodontiste libéral franchit un point de rupture fiscal. En BNC exercé en direct, 100 % de votre bénéfice est imposé à l'impôt sur le revenu la même année (articles 12 et 92 du CGI), avec une tranche marginale à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part (article 197 du CGI). Et ce n'est que la première couche.

En 30 secondes : ce que change le passage en société

En BNC direct, tout votre bénéfice passe à l'IR (jusqu'à 45 %) et aux cotisations TNS, même la part que vous ne dépensez pas. La SEL à l'IS casse ça : vous n'êtes imposé personnellement que sur ce que vous prélevez, le reste capitalise dans la société à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %. Reste à assembler le tout : on coiffe d'une SPFPL (régime mère-fille, frottement ~1,25 %), on sature PER et prévoyance Madelin pour baisser l'assiette, et on sort les murs en SCI — le tout calibré face à la CEHR et à la CDHR (impôt minimum de 20 % du RFR).

La seconde, c'est l'assiette sociale : les cotisations TNS portent sur la totalité du bénéfice (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), y compris la part que vous ne prélevez pas. Autrement dit, la trésorerie que vous laissez dormir sur votre compte professionnel supporte malgré tout l'IR à 45 % et les cotisations. Vous payez plein pot pour ne pas dépenser. Et au sommet, deux surtaxes propres aux hauts revenus se rajoutent : la CEHR (article 223 sexies) et la nouvelle CDHR (article 224, impôt minimum de 20 % du revenu fiscal de référence), sur lesquelles repose tout le fil rouge de ce guide.

Le piège du bénéfice non consommé

C'est le cœur du problème. En BNC, vous acquittez l'IR à 45 % et les cotisations TNS même sur la trésorerie que vous laissez sur le compte professionnel. La société (la SEL à l'IS) est le seul moyen de « geler » cette part non consommée à un IS de 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %, au lieu de 45 % majoré des cotisations. C'est tout le sujet de ce guide.

La spécificité de l'orthodontie aggrave le diagnostic. La part d'honoraires libres (gouttières et aligneurs hors nomenclature, contention) est élevée, ce qui pousse le bénéfice — et donc la TMI à 45 %, la CEHR et la CDHR — bien plus haut que la moyenne des praticiens. À noter aussi : les actes dentaires et orthodontiques sont exonérés de TVA (1° du 4 de l'article 261 du CGI), si bien que vous ne récupérez pas la TVA sur le matériel — il s'achète en coût TTC, un point qui compte dans l'arbitrage des gros investissements.

Le seuil exact de bascule en société dépend de votre TMI et de votre part de bénéfice non consommée ; on le détaille dans notre guide à partir de quel revenu passer en SELARL (et, pour le cadre général, BNC ou SELARL du libéral). Ici, on suppose que vous y êtes : place à la stratégie.

§ 2CAS FIL ROUGE·2 MIN

Notre cas fil rouge : Dr Marion Lefèvre, 350 000 € de bénéfice

Pour rendre la stratégie concrète, suivons une praticienne tout au long du guide. Dr Marion Lefèvre, orthodontiste, dégage un bénéfice BNC de 350 000 €, mariée, deux enfants. Elle prélève 140 000 € par an pour son train de vie et laisse donc environ 210 000 € qui « dorment » sur le compte professionnel.

Le diagnostic de départ

En BNC direct, les 350 000 € sont imposés à l'IR (tranche à 45 % au sommet) et aux cotisations TNS sur la totalité, plus la CEHR ; en couple, son RFR la place dans le viseur de la CDHR. L'absurde, ici : les 210 000 € non consommés subissent l'IR à 45 % et les cotisations uniquement pour rester sur un compte courant. C'est exactement la part qu'une structure permet de « geler ». On va dérouler la séquence assiette → report → structure et reboucler sa feuille de route chiffrée à l'avant-dernière section.

Note de lecture

Ce cas est une illustration pédagogique, présentée hors charges sociales détaillées et frais de structure, pour faire ressortir la mécanique. Les montants exacts se modélisent dossier par dossier avec votre expert-comptable : aucun résultat n'est garanti.
§ 3RÉPONSE N°1 — LE REPORT·4 MIN

Réponse n°1 : passer en SEL à l'IS pour n'imposer que ce que vous consommez

Le cadre juridique de la SEL

La société d'exercice libéral (SEL) est régie par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a remplacé l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 (désormais abrogée — on la cite comme origine historique, pas comme texte en vigueur). Deux formes principales : la SELARL (le gérant majoritaire est travailleur non salarié, TNS) et la SELAS (le président est assimilé salarié). Le choix entre les deux se joue sur le statut social, pas sur la fiscalité : voir SELARL ou SELAS, quelle structure choisir. Le capital doit rester majoritairement détenu par des praticiens en exercice, sous le contrôle du conseil de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD).

Le « tunnel » de l'IS : le report

En SEL à l'impôt sur les sociétés, vous ne vous imposez à l'IR (et aux cotisations) que sur la rémunération que vous vous versez. Le surplus capitalise dans la société à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME — CA ≤ 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), puis 25 % (article 219 du CGI). Seule la rémunération versée et les dividendes effectivement distribués entrent dans votre RFR personnel : la part mise en réserve sort de l'IR à 45 %, de la CEHR et de la CDHR. C'est un report d'imposition, pas une exonération : l'impôt redeviendra dû le jour de la distribution.

Piège chiffres : non, le taux réduit d'IS ne passe pas à 100 000 €

Un amendement a proposé fin 2025 de relever à 100 000 € le seuil du taux réduit d'IS. Il n'a pas été retenu : la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103) maintient le seuil à 42 500 €. Méfiez-vous des contenus périmés qui évoquent 100 000 €, ou un taux d'IS à 28 / 31 %.

Le tableau ci-dessous résume l'essentiel pour un bénéfice de référence de 300 000 € : la différence n'est pas une question de taux magique, mais de base imposable.

BNC direct vs SELARL à l'IS, pour un bénéfice de 300 000 €. Ordres de grandeur à personnaliser ; le calcul du point de bascule est détaillé dans notre guide dédié. Aucun résultat n'est garanti.
CritèreBNC direct (exercice individuel)SELARL à l'IS
Base imposée à l'IR100 % des 300 000 € (barème, jusqu'à 45 %)Seulement la rémunération versée (ex. 120 000 €)
Part non consommée (ex. 180 000 €)À l'IR 45 % + cotisations TNSCapitalise à l'IS : 15 % ≤ 42 500 €, puis 25 %
Cotisations sociales TNSSur la totalité du bénéficeSur la rémunération (+ dividendes > 10 % du capital)
Entrée dans le RFR (CEHR / CDHR)Oui, sur 100 %Rémunération + dividendes distribués seulement
Nature de l'avantage—Report de l'IR sur la part mise en réserve
ContraintesAucune structureComptabilité, formalisme, reporting à l'Ordre

Le mythe à enterrer : passer en SEL ne transforme pas votre rémunération en salaire

Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération technique de l'associé d'une SEL est imposée en BNC (article 92 ; rescrit BOI-RES-BNC-000136), et non en traitements et salaires — sauf lien de subordination. Seule la rémunération du mandat de gérance relève de l'article 62. Le Conseil d'État a même annulé la tolérance forfaitaire de 5 % (CE 8 avril 2025, n° 492154) qui permettait de rattacher cette rémunération technique à la gérance. Le vrai gain de la SEL n'est donc pas un changement de catégorie de revenu : c'est le report sur la réserve.
§ 4RÉPONSE N°2 — ARBITRAGE·3 MIN

Réponse n°2 : piloter l'arbitrage rémunération / dividendes

Le seuil des 10 % du capital

Une fois en SEL, vous arbitrez entre rémunération et dividendes. La règle qui structure tout : la fraction de dividendes de SEL qui excède 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé) est réintégrée dans l'assiette des cotisations TNS du gérant majoritaire (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), une règle validée par le Conseil constitutionnel (n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Sous ce seuil de 10 %, les dividendes ne supportent que le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, et non 30 %), avec une option pour le barème possible (abattement de 40 %, article 158 3-2°).

Cas Dr Karim Benali — la règle des 10 % en pratique

Seuil non chargé = 10 % × (capital + primes + solde moyen du CCA)
              = 10 % × (50 000 € + 0 € + 30 000 €)
              = 10 % × 80 000 €
              = 8 000 € de dividendes « non chargés »

Dr Karim Benali, SELARL au capital de 50 000 € avec un compte courant moyen de 30 000 €, peut distribuer jusqu'à 8 000 € de dividendes au seul PFU de 31,4 %. Au-delà, la fraction excédentaire supporte aussi les cotisations TNS. L'arbitrage se joue donc sur la protection sociale et la CDHR, pas sur une flat tax magique.

Dans les faits, deux logiques s'affrontent. D'un côté la rémunération — cotisations plus lourdes, mais déductible de l'IS, génératrice de droits à la retraite CARCDSF et à la prévoyance, et base de calcul de votre PER 154 bis. De l'autre les dividendes — pas de cotisations sous le seuil des 10 %, mais des prélèvements sociaux à 18,6 % et aucun droit social.

La dualité des prélèvements sociaux 2026 à ne pas rater

Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), deux taux coexistent. 18,6 % sur les dividendes, les intérêts (dont ceux de compte courant d'associé), les plus-values de parts et le PER ; 17,2 % maintenu sur les revenus fonciers, l'assurance-vie et les plus-values professionnelles. Un dividende de SEL est donc à 18,6 %, un loyer de SCI à 17,2 %. Le détail : la dualité 18,6 % / 17,2 % expliquée.

Dernier point, décisif à hauts revenus : les dividendes pris au PFU ne portent que 12,8 % d'IR au numérateur de la CDHR (les prélèvements sociaux en sont exclus). Une distribution massive peut donc déclencher rapidement le plancher de 20 % de la CDHR — on y revient au fil rouge. Pour l'arbitrage complet : se rémunérer en salaire ou en dividendes et les dividendes de SEL et les cotisations. Pour le placement de la trésorerie ainsi conservée, voir que faire de la trésorerie de votre SELARL d'orthodontiste.

Hagnéré Patrimoine

Au-delà de 300 000 €, votre structure mérite une modélisation chiffrée

SEL à l'IS, arbitrage rémunération / dividendes, SPFPL, PER et prévoyance, SCI des murs : on séquence votre structuration et on chiffre votre exposition à la CEHR et à la CDHR, avec votre expert-comptable.

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§ 5RÉPONSE N°3 — CAPITALISATION·3 MIN

Réponse n°3 : coiffer d'une SPFPL pour capitaliser la trésorerie à 1,25 %

Pour faire remonter et capitaliser la trésorerie de votre SEL sans la fiscaliser au PFU à 31,4 %, on coiffe l'ensemble d'une SPFPL (société de participations financières de profession libérale, dans le cadre de l'ordonnance n° 2023-77), une holding qui détient les parts de la SELARL.

Le levier : le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL sont exonérés à 95 % (seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée à l'IS), pour un frottement effectif d'environ 1,25 % — à comparer aux 31,4 % d'une distribution directe entre vos mains. Conditions : détention d'au moins 5 % du capital, conservation 2 ans, et pleine propriété (un démembrement des parts fait perdre l'exonération). Pour aller plus loin (détention ≥ 95 %), l'intégration fiscale (article 223 A) ramène même la quote-part à 1 %.

Pour fixer les idées : 100 000 € remontés, deux chemins

Le Dr Lefèvre veut faire remonter 100 000 € de la SEL pour les réinvestir. Si elle se les distribue directement entre ses mains, le PFU de 31,4 % ne lui en laisse qu'environ 68 600 € à réinvestir, et les 100 000 € gonflent son RFR (CEHR et CDHR comprises). Si elle les fait remonter dans la SPFPL en régime mère-fille, le frottement d'environ 1,25 % en préserve près de 98 750 € disponibles dans la holding, sans toucher à son RFR personnel. L'écart — près de 30 000 € sur cette seule opération — n'est pas un cadeau définitif (l'impôt restera dû lors d'une future sortie des mains du dirigeant) : c'est du capital qui travaille avant impôt. Ordre de grandeur illustratif, à modéliser sur votre situation.

L'intérêt est puissant à votre niveau de revenu : vous capitalisez et réinvestissez avant impôt (immobilier, autres participations, placements financiers), vous financez un rachat de parts à crédit, vous préparez la transmission — le tout sans gonfler votre RFR personnel, donc sans alimenter la CEHR ni la CDHR. Pour le détail du montage et des placements logés dans la holding, voir la SPFPL du dentiste et la holding patrimoniale.

Piège : la SPFPL ne fait PAS écran aux cotisations sociales

C'est le contresens classique. La Cour de cassation a jugé, dans une affaire qui visait précisément un chirurgien-dentiste en SELARL détenue à 99 % par sa SPFPL, que l'interposition de la holding ne fait pas écran à la réintégration sociale : les dividendes remontés restent soumis aux cotisations TNS au-delà du seuil de 10 % du capital (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). À nuancer : des réponses ministérielles de 2025 ont rappelé qu'il ne s'agit pas d'un arrêt de principe d'application générale, l'appréciation se faisant au cas par cas. La mère-fille sert à capitaliser et réinvestir dans la holding, elle n'exonère pas socialement les distributions.
§ 6RÉPONSE N°4 — ASSIETTE·3 MIN

Réponse n°4 : baisser l'assiette avec le PER et la prévoyance Madelin

Le plafond PER / Madelin retraite (article 154 bis)

Le levier d'assiette le plus efficace pour un libéral est le PER au titre de l'article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. En 2026, le PASS vaut 48 060 € (8 PASS = 384 480 €), le plancher est de 4 806 € et le maximum de 88 911 € (atteint pour un bénéfice de 384 480 €).

Plafond PER 154 bis du Dr Marion Lefèvre (bénéfice 350 000 €)

10 % × 350 000 €                      = 35 000 €
+ 15 % × (350 000 − 48 060 = 301 940) = 45 291 €
──────────────────────────────────────────────
Plafond déductible                   ≈ 80 291 €

Le maximum de 88 911 € n'est atteint qu'à partir d'un bénéfice de 384 480 €. À une TMI de 45 %, déduire 80 291 € représente environ 36 000 € d'IR en moins — et abaisse d'autant le RFR, donc l'assiette de la CEHR et de la CDHR. (Pour un bénéfice de 300 000 € : 10 % × 300 000 + 15 % × 251 940 ≈ 67 791 €.)

Note de méthode : ce que ces projections disent (et ne disent pas)

Les économies d'impôt affichées ici (de l'ordre de 36 000 € d'IR en moins) reposent sur une déduction certaine, calculée aux taux 2026. En revanche, la performance future des sommes ainsi placées (PER, contrats de la SPFPL, SCPI, immobilier) n'est jamais garantie : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un placement comme le PER ou une SCPI comporte un risque de perte en capital. On distingue donc toujours l'avantage fiscal immédiat (acquis) du rendement espéré (aléatoire), et l'on raisonne en horizon de détention. Chaque chiffre de ce guide est un ordre de grandeur à recalculer sur votre situation réelle.

Deux nuances importantes. Le versement déduit reste dans l'assiette des cotisations TNS : il baisse l'IR et le RFR, pas les cotisations. Et le plafond 154 bis n'est pas reportable (à la différence du plafond du PER de droit commun, article 163 quatervicies, dont le report des plafonds non utilisés est porté de 3 à 5 ans par la LF 2026). Enfin, à la sortie, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % en 2026, et non 17,2 %. Pour chiffrer l'économie selon vos revenus : combien un dentiste économise avec un PER.

La prévoyance Madelin, prioritaire pour l'orthodontiste

Avant même de défiscaliser, il faut sécuriser le revenu. Le volet prévoyance / santé de l'article 154 bis (enveloppe distincte : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonnée à 3 % de 8 PASS, soit de l'ordre de 11 534 € en 2026) permet de déduire un contrat Madelin de prévoyance. Or le revenu de l'orthodontiste dépend entièrement d'un geste de précision : acuité visuelle, dextérité fine, dos et cervicales mis à l'épreuve. Une incapacité même partielle peut arrêter l'activité sans correspondre à une invalidité médicale totale, alors que la couverture invalidité-décès de la CARCDSF (jamais la CARMF, qui est la caisse des médecins) reste limitée et plafonnée. Un contrat de prévoyance Madelin à barème professionnel, qui indemnise l'incapacité d'exercer le métier, est donc prioritaire. Voir la prévoyance Madelin du libéral.

Pourquoi l'assiette bat la niche à 300 000 €+

À très hauts revenus, la CDHR neutralise les réductions d'impôt plafonnées (plafond global de 10 000 €, article 200-0 A) : une réduction qui ferait passer votre IR sous le plancher de 20 % est en grande partie reprise. À l'inverse, une déduction d'assiette (PER, prévoyance Madelin, déficit foncier) baisse le RFR, donc l'assiette de la CDHR et de la CEHR. Dans cet ordre, donc : on attaque l'assiette en premier, et la réduction d'impôt n'arrive qu'en bout de course, si elle a encore un sens.
§ 7RÉPONSE N°5 — IMMOBILIER·2 MIN

Réponse n°5 : sortir les murs du cabinet dans une SCI

Cinquième levier, et non le moindre : on sépare l'immobilier de l'activité. Vous logez les murs du cabinet dans une SCI (le plus souvent à l'IR, pour la transparence et le déficit foncier), que vous louez à votre SEL. Le loyer devient une charge déductible côté SEL (il abaisse le bénéfice imposable à l'IS) et un revenu foncier côté SCI, imposé au barème de l'IR et aux prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % sur le foncier en 2026.

L'intérêt dépasse la seule fiscalité : vous sécurisez l'outil de travail, vous constituez un patrimoine immobilier hors société d'exercice, et vous préparez la retraite et la transmission. En cas de travaux, le déficit foncier s'impute sur le revenu global à hauteur de 10 700 € par an (article 156 du CGI ; 21 400 € pour la rénovation énergétique, mesure temporaire), le surplus étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Si vous financez l'acquisition par un compte courant d'associé, les intérêts sont déductibles côté société dans la limite du taux de l'article 39, 1, 3° du CGI — de l'ordre de 4,4 à 4,6 % en 2026 (à vérifier au taux publié, il dépend de la date de clôture), à condition que le capital soit intégralement libéré.

SCI à l'IR ou à l'IS ?

Le choix se résume à un dilemme classique. La SCI à l'IR offre la transparence et le déficit foncier, mais pas d'amortissement. La SCI à l'IS permet d'amortir l'immeuble (donc d'effacer le loyer imposable pendant des années), au prix d'une plus-value professionnelle lourde à la revente (l'amortissement déduit est réintégré). L'arbitrage dépend de votre horizon de détention. Pour creuser : coupler SELARL et SCI pour les murs du cabinet, acheter les murs de son cabinet dentaire en SCI et l'immobilier de la profession libérale.
§ 8LE FIL ROUGE·4 MIN

Le fil rouge : la double contrainte CEHR + CDHR change toute la stratégie

C'est l'angle qui distingue une vraie stratégie > 300 000 € d'un simple empilement de produits. Deux surtaxes, toutes deux assises sur le revenu fiscal de référence, encadrent désormais l'optimisation des très hauts revenus — et imposent de raisonner assiette et report, pas niches.

CEHR — la surtaxe permanente (art. 223 sexies)

Une contribution exceptionnelle, en réalité permanente, assise sur le RFR : 3 % sur la fraction comprise entre 250 000 et 500 000 € (personne seule), 4 % au-delà de 500 000 €. Les seuils sont doublés pour un couple (500 000 € et 1 000 000 €). Elle s'ajoute à l'IR, indépendamment de tout plancher.

CDHR — le plancher d'imposition (art. 224)

Une contribution différentielle qui garantit une imposition minimale de 20 % du RFR retraité dès que ce RFR dépasse 250 000 € (seul) ou 500 000 € (couple). Si votre imposition effective est inférieure à ce plancher, la CDHR comble la différence — neutralisant de fait les réductions d'impôt.

La base de pérennité de la CDHR est solide pour 2026 et citable sans réserve : créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13 février 2025), elle a été reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19 février 2026), tant que le déficit public dépasse 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de 2026 reste, elle, conditionnelle.

L'idée-force : à 300 000 €+, l'assiette et le report battent la niche

Parce que la CDHR neutralise les réductions d'impôt plafonnées, deux familles de leviers seulement gagnent vraiment au-delà de 300 000 €. Le report / la capitalisation : mise en réserve à l'IS (réponse n°1), remontée en SPFPL (réponse n°3), et — pour une cession de titres — l'apport-cession (article 150-0 B ter), dont la plus-value en report est retirée du RFR retraité. La réduction d'assiette du RFR : PER et prévoyance Madelin (réponse n°4), déficit foncier (réponse n°5). Les réductions d'impôt plafonnées (FIP / FCPI, Girardin) viennent en dernier, et seulement si elles ont encore un sens.

Une nuance souvent mal expliquée mérite d'être posée correctement : pour un libéral au barème (BNC ou rémunération de SEL), le PER et le Madelin déductibles baissent le bénéfice, donc le RFR, donc l'assiette de la CDHR — au point de pouvoir, dans certains cas, faire repasser sous les seuils de 250 000 / 500 000 €. L'effet joue via l'assiette, pas via le taux : il ne faut donc pas dire « le PER ne sert à rien face à la CDHR ». Pour la mécanique détaillée des deux surtaxes : CEHR et CDHR, le fonctionnement et la CDHR appliquée à la profession libérale.

§ 9SYNTHÈSE·3 MIN

Synthèse : la feuille de route du Dr Lefèvre (350 000 €)

Reprenons le fil rouge et ordonnançons les cinq réponses, dans la séquence assiette → report → structure. L'ordre compte autant que les outils.

La feuille de route du Dr Lefèvre, dans l'ordre d'activation. Ordres de grandeur 2026 à modéliser sur sa situation réelle avec l'expert-comptable. Aucun résultat garanti.
ÉtapeLevierEffet sur le cas à 350 000 €
1 · SécuriserPrévoyance Madelin (154 bis)~11 534 € déductibles — protéger le geste avant tout
2 · Baisser l'assiettePER 154 bis~80 291 € déductibles → ~36 000 € d'IR en moins + RFR abaissé
3 · ReporterSEL à l'ISNe sortir que ~140 000 € ; ~210 000 € capitalisent à 15 / 25 %
4 · ArbitrerRémunération / dividendesCalibrer sous le seuil des 10 % + doser face à la CDHR
5 · CapitaliserSPFPL coiffante (mère-fille)Remontée à ~1,25 % pour réinvestir, sans gonfler le RFR
6 · PatrimonialiserSCI des mursLoyers déductibles côté SEL, foncier hors société d'exercice

Le gain n'est pas une niche, c'est un changement de base imposable

On ne supprime pas l'impôt : on change la base imposable. La part non consommée quitte le barème à 45 % + cotisations pour un IS à 15 / 25 %, le RFR baisse grâce au PER et à la prévoyance, et la trésorerie capitalise à ~1,25 % en SPFPL — le tout en restant hors du viseur de la CEHR et de la CDHR sur la part mise en réserve. C'est un report et une réorganisation, à modéliser dossier par dossier.

Reste un dernier chapitre, hors du périmètre de ce guide : la cession et la transmission. À la sortie, ne confondez pas les régimes : la cession des parts de SEL relève de l'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant à la retraite (article 150-0 D ter), avec des prélèvements sociaux à 18,6 % ; la cession du fonds / de la patientèle en BNC relève des articles 238 quindecies / 151 septies A, avec des prélèvements sociaux à 17,2 %. Pour creuser : l'apport-cession 150-0 B ter et transmettre son cabinet à ses enfants (donation et Dutreil).

§ 10LES PIÈGES·2 MIN

Les 5 erreurs qui coûtent cher au-delà de 300 000 €

À très haut revenu, quelques contresens reviennent systématiquement en rendez-vous. Les voici, avec leur correctif.

  1. Croire que la SEL « transforme le BNC en salaire ». Faux : la rémunération technique reste en BNC (CE 8 avril 2025, n° 492154 ; rescrit BOI-RES-BNC-000136). Le vrai gain est le report sur la réserve, pas un changement de catégorie.
  2. Penser que la SPFPL exonère socialement les dividendes. Faux : la holding ne fait pas écran à la réintégration TNS au-delà de 10 % (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366).
  3. Empiler des niches plafonnées au lieu de baisser l'assiette. À 300 000 €+, les réductions d'impôt sont largement neutralisées par la CDHR : privilégiez l'assiette (PER, Madelin, déficit foncier) et le report.
  4. Distribuer massivement en dividendes sans modéliser la CDHR. Les dividendes au PFU n'apportent que 12,8 % d'IR au numérateur : une grosse distribution peut déclencher le plancher de 20 %.
  5. Reprendre des chiffres périmés. Valeurs 2026 : IS 15 / 25 % (seuil 42 500 €, pas 100 000 €), PFU dividendes 31,4 % (pas 30 %), PER 154 bis maximum 88 911 €, PS dualité 18,6 % / 17,2 %.

Capitaliser dans une vraie structure : oui. Monter une coquille vide : non.

Capitaliser dans une SEL ou une SPFPL avec une substance économique réelle est parfaitement légal : nul n'est tenu de choisir la voie la plus imposée. C'est précisément cette substance économique qui fait la différence : une holding dépourvue de réalité économique est sanctionnée (CE 18 mai 2005, n° 267087, Société Sagal). En revanche, un montage purement artificiel, à seule fin fiscale, tombe sous le coup de l'abus de droit (articles L. 64 et L. 64 A du LPF). Au moindre doute, un rescrit (article L. 80 B du LPF) vous met à l'abri. Ce qui compte, c'est que le montage tienne debout économiquement, pas seulement fiscalement.
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Sources et références légales

  • Le problème : le BNC direct au-delà de 300 000 €

    Art. 12 et 92 CGI (imposition annuelle du BNC à l'IR, consommé ou non). Art. 197 CGI (barème 2026, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur la totalité du bénéfice). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 €, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité). 1° du 4 de l'article 261 CGI (TVA exonérée des actes dentaires et orthodontiques, matériel en coût TTC).

  • Réponses n°1 et n°2 : SEL à l'IS et arbitrage rémunération / dividendes

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà — le seuil n'est pas passé à 100 000 €). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258, abrogée). Art. 62 et 80 ter CGI (statut fiscal du dirigeant). Art. L. 131-6 CSS (dividendes de SEL réintégrés aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital). Art. 200 A et 158 3-2° CGI (PFU 31,4 %, option barème). Jurisprudence : CE 08/04/2025 n° 492154 et BOI-RES-BNC-000136 (rémunération technique en BNC), Cons. const. 06/08/2010 n° 2010-24 QPC.

  • Réponse n°3 : SPFPL et régime mère-fille

    Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %, quote-part de frais et charges de 5 %, conditions ≥ 5 %, 2 ans, pleine propriété ; IS effectif ~1,25 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale, QPFC à 1 %, détention ≥ 95 %). BOI-IS-BASE-10-10-20 et 10-10-10-10. Jurisprudence : Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran à la réintégration sociale, affaire visant un chirurgien-dentiste).

  • Réponses n°4 et n°5 : PER, prévoyance Madelin et SCI des murs

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; volet prévoyance ~11 534 €). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds porté de 3 à 5 ans par la LF 2026). Art. 156 CGI (déficit foncier 10 700 €, surplus reportable). Art. 39, 1, 3° CGI (intérêts de compte courant d'associé déductibles, taux de l'ordre de 4,4 à 4,6 % en 2026, à vérifier au taux publié). CARCDSF (jamais la CARMF, caisse des médecins). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur le PER et les dividendes, 17,2 % maintenu sur le foncier.

  • Le tri par les surtaxes des hauts revenus et les garde-fous

    Art. 223 sexies et 224 CGI (CEHR et CDHR). Création : loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (art. 10), validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025 ; reconduction : loi n° 2026-103 du 19/02/2026, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026, jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Art. 200-0 A CGI (plafond des niches 10 000 €). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, plus-value en report retirée du RFR retraité). Art. 150-0 D ter CGI (parts de SEL, PS 18,6 %) et 238 quindecies / 151 septies A CGI (fonds BNC, PS 17,2 %). Art. L. 64, L. 64 A et L. 80 B du LPF (abus de droit, rescrit ; CE 18/05/2005 n° 267087, Sté Sagal : exigence de substance économique de la holding).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale (la substance économique des opérations doit toujours primer — abus de droit, article L. 64 du LPF). Les cas chiffrés (Dr Marion Lefèvre, 350 000 € ; tableau à 300 000 € ; Dr Karim Benali) sont des illustrations pédagogiques aux taux 2026, hors charges sociales détaillées et frais de structure, à recalculer sur votre situation réelle. Le détail du revenu fiscal de référence retraité de la CDHR est à confirmer au simulateur officiel : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP n'en précise tous les paramètres. Toute structuration (SELARL, SPFPL, SCI, PER) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, avec le conseil de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD), qui contrôle la détention du capital des SEL et SPFPL. Les chiffres et taux sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points — pérennité de la CDHR au-delà de 2026, taux exact des intérêts de compte courant d'associé, prorogation du déficit foncier majoré, seuils des plus-values professionnelles — sont signalés au conditionnel. Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur l'optimisation fiscale de l'orthodontiste au-delà de 300 000 € la SEL à l'IS, la SPFPL, le PER et la CDHR.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des orthodontistes à très haut revenu : pourquoi le BNC direct devient confiscatoire, quand basculer en SEL, comment arbitrer rémunération et dividendes, à quoi sert une SPFPL, comment la CDHR change la stratégie, et pourquoi la prévoyance du geste passe avant le PER. Réponses sourcées et à jour 2026.