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Guide orthodontistes 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub très hauts revenus

Défiscalisation orthodontiste : le guide pour piloter ses impôts quand on est le plus haut revenu de la profession dentaire

Vous êtes orthodontiste — un chirurgien-dentiste spécialiste de l'orthopédie dento-faciale, pas un patient qui cherche à déduire son appareil. Avec un bénéfice BNC souvent compris entre 200 000 et 400 000 €, vous êtes le revenu médian le plus élevé de la profession dentaire, donc le plus exposé à la tranche à 45 %, à la CEHR et à la CDHR — cet impôt minimum de 20 % du RFR qui neutralise les réductions d'impôt plafonnées à 10 000 €. À votre niveau, on ne joue plus le taux : on joue l'assiette et le report. On trie les 6 leviers qui tiennent encore, on désigne ceux qu'on devrait arrêter de vous vendre, et on chiffre le tout sur un BNC de 300 000 €. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE ORTHODONTISTE 2026

Trier votre défisc d'orthodontiste et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation d'orthodontiste à très hauts revenus : exposition CEHR / CDHR, plafond PER 154 bis, prévoyance Madelin du geste, bascule SELARL / IS et SPFPL, murs du cabinet en SCI, amortissement du plateau technique. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre exposition CEHR / CDHR
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

45 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PER DÉDUCTIBLE (BNC 300 k€)

~67 800 €

PRÉVOYANCE MADELIN

~11 534 €

IS CAPITALISÉ EN SEL

15 / 25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un orthodontiste en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

À 200 000 - 400 000 € de bénéfice BNC, vous êtes le revenu médian le plus élevé de la profession dentaire, donc le plus exposé : tranche à 45 %, CEHR et CDHR (impôt minimum de 20 % du RFR). À ce niveau, les produits de défisc plafonnés à 10 000 € (Girardin, FIP, FCPI) sont neutralisés. On retourne donc l'ordre habituel : d'abord le report (bénéfice non distribué d'une SELARL à l'IS), ensuite la baisse d'assiette (prévoyance Madelin d'abord, puis PER jusqu'à ~67 800 €, puis déficit foncier) qui fait reculer le RFR et les surtaxes, et seulement après une éventuelle réduction d'impôt. Le détail contre-intuitif à garder en tête : le barème pur ne déclenche pas la CDHR — c'est le PFU des dividendes qui la réveille. Et pour la retraite : CARCDSF, jamais la CARMF.

Vous êtes praticien, pas patient

Levons d'emblée une ambiguïté : ce guide s'adresse à l'orthodontiste praticien, le chef d'entreprise libéral, et non au patient qui chercherait à déduire le coût de son traitement par aligneurs (une intention très présente sur le web, souvent d'origine étrangère). On parle ici de la fiscalité de vos honoraires, pas de celle d'un appareil dentaire.

L'orthodontiste est un chirurgien-dentiste spécialiste qualifié en orthopédie dento-faciale (ODF). À ce titre, il relève exactement de la même caisse de retraite que l'omnipraticien — la CARCDSF, jamais la CARMF, qui est celle des médecins. Mais sur le plan fiscal, son profil est singulier : forte part d'honoraires libres et d'actes hors nomenclature (ODF de l'adulte, traitements par aligneurs de type Invisalign), faible part conventionnée, gros volumes. Résultat : un bénéfice BNC souvent compris entre 200 000 et 400 000 €, soit le revenu médian le plus élevé de toute la profession dentaire.

Et ça change tout : vous êtes presque toujours dans la tranche à 45 % (article 197 du CGI, au-delà d'environ 181 917 € par part), et surtout, votre revenu fiscal de référence dépasse fréquemment 250 000 € — le seuil d'entrée des deux surtaxes des hauts revenus. Là où la CEHR et la CDHR sont l'exception pour beaucoup de libéraux, elles sont, pour l'orthodontiste, la norme. C'est pour cela qu'il faut, dès le départ, raisonner autrement : non pas « quelle niche acheter », mais « quelle assiette en moins, quel report ».

L'empilement fiscal de l'orthodontiste à très hauts revenus en 2026. Le vrai sujet n'est plus la tranche à 45 %, mais le plancher de 20 % du RFR imposé par la CDHR au-delà des seuils.
ÉtageTexteBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barèmeart. 197 CGIRevenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHRart. 223 sexies CGIRevenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHRart. 224 CGIRFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxLFSS 2026Revenus du capital, selon support17,2 % (foncier, AV, PV pro) ou 18,6 % (PER, FPCI, dividendes, parts de SEL)

Le point de bascule, ce n'est donc pas votre taux marginal, mais cet empilement — et, pour les plus hauts revenus, ce plancher de 20 % du RFR. C'est lui qui rend inutile une partie des produits de défiscalisation qu'on vous propose. Comme l'orthodontiste est avant tout un chirurgien-dentiste, l'essentiel de la mécanique fiscale lui est commune : pour la vue d'ensemble de la profession, voyez la défiscalisation du chirurgien-dentiste (la version omnipraticien). Ce guide-ci se concentre sur ce qui vous est propre : le niveau de revenu, le plateau technique lourd et la TVA des aligneurs.

Pour le panorama d'ensemble du libéral fortement imposé, voyez aussi la profession libérale à hauts revenus face à l'impôt et le hub défiscalisation du libéral.

§ 2LA CONTRAINTE·4 MIN

CEHR + CDHR : pourquoi l'orthodontiste est le plus exposé

Deux contraintes encadrent toute votre optimisation, et l'orthodontiste, par son niveau de revenu, est presque toujours dans le champ des deux. Ce sont elles qui trient ce qui marche encore de ce qui ne sert plus à rien.

La CEHR (article 223 sexies du CGI) : la surtaxe permanente

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus existe depuis 2012 et, malgré son nom, elle est permanente. Elle frappe le revenu fiscal de référence, sans quotient familial : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % au-delà. Ce qu'il faut retenir : son assiette est le RFR, donc tout ce qui abaisse votre RFR abaisse mécaniquement la CEHR. Pour un orthodontiste célibataire à 300 000 € de BNC, ce sont déjà environ 1 500 € de CEHR sur les 50 000 € de RFR au-dessus de 250 000 €.

La CDHR (article 224 du CGI) : l'impôt minimum de 20 % du RFR

C'est elle qui rebat les cartes. La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit que votre imposition globale atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Si votre impôt « normal » (IR au barème + part forfaitaire de l'IR + CEHR + certaines majorations) tombe en dessous de ce seuil de 20 %, la CDHR comble la différence. C'est, littéralement, un impôt plancher, réservé aux résidents fiscaux français.

Ce ne sont pas des références théoriques : la CDHR a une histoire législative précise. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025), puis reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de cette échéance reste, elle, conditionnelle.

Le calcul de la CDHR (principe)

CDHR due = max( 0 ;  20 % x RFR retraite
                        - [ IR au bareme
                          + part IR du prelevement forfaitaire 12,8 %
                          + CEHR
                          + certaines majorations ] )

Majorations : + 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR pour un couple soumis a imposition commune

Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : ils ne « comptent » pas pour atteindre le plancher de 20 %. C'est précisément pour cela que des dividendes de SELARL au PFU (12,8 % d'IR seulement) peuvent déclencher la CDHR. Une décote atténuerait l'entrée dans la contribution lorsque le RFR retraité reste sous 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple) ; le coefficient exact est à confirmer. Un acompte d'environ 95 % serait versé en décembre. Ces modalités fines sont formulées au conditionnel.

Pas (encore) de doctrine BOFiP sur la CDHR

À la date de ce guide, l'administration n'a pas publié de doctrine BOFiP détaillant la CDHR. Le périmètre exact du RFR retraité (revenus minorés ou réintégrés, traitement des plus-values en report, mécanique précise de la décote et de l'acompte) reste à confirmer au simulateur officiel impôts.gouv.fr. En conséquence, tous les cas chiffrés de ce guide sont des ordres de grandeur à recalculer, et nous formulons au conditionnel le détail fin du calcul.

Célibataire ou couple : la situation familiale change tout

Un point que beaucoup d'orthodontistes découvrent en rendez-vous. Un praticien célibataire à 300 000 € de RFR est dans le champ de la CEHR et de la CDHR (seuils à 250 000 €). Un couple dont le foyer déclare la même somme, voire davantage jusqu'à 500 000 €, reste sous le seuil applicable aux couples et se retrouve alors hors champ. À revenu identique, la composition du foyer change le verdict : précisez-la systématiquement dans chaque simulation. Pour la mécanique détaillée des deux surtaxes, voyez le détail de la CDHR du libéral et la mécanique des deux surtaxes des hauts revenus.
§ 3LA NUANCE·3 MIN

Le piège contre-intuitif : le PFU peut réveiller la CDHR

Il y a un point que personne ne vous dira en clientèle, et il commande tout le reste de ce guide. On vous répète que la CDHR « neutralise vos niches » : c'est vrai, mais incomplet. La vérité plus précise est qu'un orthodontiste imposé exclusivement au barème — un BNC pur à 45 % — paie déjà bien plus de 20 % de son RFR. Sa CDHR est donc nulle. Au barème, vous êtes naturellement au-dessus du plancher.

La CDHR ne mord que dans un cas : lorsque votre taux d'imposition effectif descend sous 20 % du RFR. Et qu'est-ce qui fait descendre ce taux effectif ? Le prélèvement forfaitaire à 12,8 % (les dividendes de SEL, les plus-values mobilières), ou des réductions d'impôt qui rabotent l'IR. Autrement dit :

Le PFU réveille la CDHR — la réduction d'assiette, non

Passer en SEL et se verser des dividendes peut RÉVEILLER la CDHR, parce que le PFU à 12,8 % casse votre taux d'imposition effectif et le fait passer sous le plancher de 20 %. À l'inverse, la réduction d'assiette (PER, prévoyance Madelin, déficit foncier) baisse votre RFR sans abaisser votre taux effectif sous 20 % : elle ne crée jamais ce risque. Et le report en SEL sort carrément le revenu de la déclaration. C'est la hiérarchie que nous allons suivre.

La conséquence pratique est importante : l'arbitrage entre rémunération et dividendes, en SEL, doit se faire surtaxes comprises. Un orthodontiste qui se verse de gros dividendes pour « optimiser » peut, sans le savoir, déclencher une CDHR qui annule une partie de l'économie attendue. Ce n'est pas un argument contre la SEL — dont l'intérêt, on le verra, est le report — mais un argument pour la piloter finement. Le sujet est développé pour l'orthodontiste dans l'optimisation fiscale de l'orthodontiste au-delà de 300 000 € de CA et dans que faire de la trésorerie de la SELARL.

§ 4LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, réduction d'assiette, report : la grille de lecture

C'est la grille que je pose devant chaque orthodontiste en rendez-vous. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : je les range en trois familles — et à votre niveau, je vous le dis franchement, deux suffisent.

Réduction d'impôt — neutralisée

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, Malraux. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A). Double problème : dès que l'IR passe sous le plancher de 20 % du RFR, la CDHR reprend l'avantage ; et depuis le 21/02/2026, les FCPI / FIP classiques sont supprimés de la réduction d'IR (ne subsistent que FCPI-JEI 30 %, JEII 40 %, FIP Corse / Outre-mer 30 %). Pour un orthodontiste, ce levier est largement neutralisé.

Réduction d'assiette & report — efficaces

PER et prévoyance Madelin (154 bis), déficit foncier, démembrement : l'avantage baisse le RFR lui-même, hors plafond des niches, donc il abaisse aussi la CDHR et la CEHR. Le report (bénéfice non distribué d'une SELARL à l'IS, apport-cession 150-0 B ter) va plus loin : il sort le revenu de la déclaration de l'année. Efficaces même à très hauts revenus.

Le tri par levier : un avantage n'est efficace contre la CDHR que s'il baisse le RFR ou sort le revenu de l'année. Le PFU, lui, peut même la déclencher. C'est la lecture qu'aucune plaquette commerciale ne vous donne.
LevierEffet sur l'IRBaisse le RFR ?Neutralisé par la CDHR ?
PER / Madelin (154 bis)Oui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
Prévoyance MadelinOui — déduction d'assietteOuiNon — efficace (+ protège le geste)
SEL à l'IS (report)Oui — reportOui (sort le revenu)Non — efficace
Apport-cession 150-0 B terReport de la plus-valuePV retirée du RFR retraitéNon — efficace
Déficit foncier / démembrementOui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
Dividendes de SEL (PFU)PFU 12,8 % d'IRNonPeut RÉVEILLER la CDHR
FIP / FCPI / GirardinRéduction d'impôtNonOui — rattrapée / supprimée

La méthode, dans l'ordre

Donc, dans l'ordre où je le pose en rendez-vous : saturez d'abord les déductions d'assiette (prévoyance Madelin, puis PER, puis déficit foncier) avant toute réduction plafonnée ; arbitrez ensuite le report en société (SELARL à l'IS) sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas, en pilotant les dividendes pour ne pas réveiller la CDHR ; et ne courez après une niche que si votre RFR est déjà passé sous les seuils. Autrement dit, vous travaillez l'assiette et le report, et vous laissez la réduction d'impôt là où elle est : en dernier recours.
Hagnéré Patrimoine

Faut-il vraiment souscrire ce produit de défisc ?

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5LEVIER 1 — ASSIETTE·3 MIN

Levier n°1 : le PER / Madelin au plafond (jusqu'à ~67 800 €)

C'est le levier d'assiette le plus puissant à votre disposition, et il devrait être votre premier réflexe d'épargne. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — précisément ce que la CDHR ne neutralise pas.

En tant que travailleur non salarié (BNC, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €, le maximum absolu de 88 911 € pour un bénéfice supérieur à 384 480 €. Pour un orthodontiste à 300 000 € de BNC, le plafond se calcule ainsi :

Le plafond PER TNS de l'orthodontiste à 300 000 € de BNC (2026)

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

CAS ORTHODONTISTE BNC 300 000 EUR :
         = 10 % x 300 000
         + 15 % x (300 000 - 48 060)
         = 30 000 + 37 791                  = 67 791 EUR

ECONOMIE D'IR (TMI 45 %) :
         67 791 x 45 %                      = ~30 506 EUR

Pour un orthodontiste à 300 000 € de BNC, le plafond 154 bis atteint environ 67 791 €. À une TMI de 45 %, déduire ce montant représente de l'ordre de 30 506 € d'impôt en moins, et un RFR abaissé d'autant — donc une CEHR et une CDHR réduites également, puisqu'il s'agit d'une déduction d'assiette.

Vous gagnez sur deux tableaux. L'économie d'IR (versement × TMI) tombe tout de suite — de l'ordre de 30 500 € ici. Mais c'est le second effet qui compte au-delà des seuils : votre RFR baisse du montant versé, ce qui désamorce d'autant la CEHR et la CDHR. Attention toutefois : cette déduction joue sur l'IR seul ; elle n'allège ni vos cotisations TNS ni votre retraite CARCDSF, et le plafond du 154 bis n'est pas reportable une fois consommé.

PER de droit commun, report des plafonds et sortie à 18,6 %

Si vous exercez en SELAS (gérant assimilé salarié) ou que vous versez à titre privé, c'est l'article 163 quatervicies qui s'applique, avec un report des plafonds non utilisés (mécanisme distinct du 154 bis, qui n'est pas reportable). Côté sortie, soyons clairs : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le détail de cette dualité : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

~30 500 € d'IR effacés, sans la moindre niche

Retenez le principe : à votre seul plafond PER, vous effacez de l'ordre de 30 500 € d'IR tout en vous constituant une retraite que la CARCDSF ne suffira pas à financer — et tout cela hors plafond des niches, donc sans aucun risque de reprise par la CDHR au titre du plafonnement. C'est de loin le meilleur rapport effort / résultat. Pour le chiffrage détaillé selon vos revenus : le plafond PER / Madelin du praticien, chiffré et combien déduire avec le PER d'une profession libérale (154 bis).

Note de méthode : une déduction n'est pas un placement garanti

Distinguons bien deux choses. L'économie d'impôt (versement × TMI) est certaine. En revanche, le capital qui en résultera à la retraite dépend de la performance du support choisi (fonds euros, unités de compte) et reste exposé à un risque de perte en capital sur les UC. Le PER est par ailleurs bloqué jusqu'à la retraite (hors déblocages anticipés, dont l'achat de la résidence principale). On choisit un PER pour le couple « déduction aujourd'hui + retraite demain », pas pour un rendement promis.
§ 6LEVIER 2 — PROTECTION·3 MIN

Levier n°2 : la prévoyance Madelin, protéger le geste de précision

Avant même de saturer le PER, il y a une priorité absolue pour l'orthodontiste : la prévoyance. Et ce n'est pas un argument de vente, c'est une question de métier.

Votre revenu — ces 200 000 à 400 000 € de bénéfice — dépend entièrement d'un geste de micro-précision. Acuité visuelle, dextérité fine sur les brackets et la pose des aligneurs, sollicitation permanente du dos et des cervicales, troubles musculo-squelettiques : une incapacité même partielle peut arrêter votre activité sans pour autant correspondre à une invalidité médicale totale. Or la couverture invalidité-décès de la CARCDSF reste limitée et plafonnée — d'autant plus pénalisante que votre revenu est élevé, puisque l'écart entre la prestation et votre train de vie est maximal.

Protéger d'abord le revenu qui finance tout le reste

Un contrat de prévoyance Madelin à barème professionnel, qui indemnise spécifiquement l'incapacité d'exercer votre métier (et pas seulement une invalidité au sens de la Sécurité sociale), doit être saturé avant le PER. Et c'est du bon sens avant d'être de la fiscalité : optimiser un revenu qu'on n'a pas sécurisé n'a aucun intérêt.

L'avantage fiscal, lui, est réel mais vient après : ce contrat est déductible du BNC au titre de l'article 154 bis, dans une enveloppe distincte du plafond retraite. Le volet prévoyance / santé se calcule à hauteur de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026. Cette déduction baisse votre IR et votre RFR, et les deux surtaxes suivent. Vous sécurisez le revenu qui finance tout, et la déduction tombe par-dessus.

Pour calibrer correctement les garanties (franchises, indemnités journalières, rente d'invalidité professionnelle, capital décès), voyez la prévoyance Madelin du libéral et la prévoyance du dirigeant.

§ 7LEVIER 3 — REPORT·4 MIN

Levier n°3 : la SELARL à l'IS et la holding SPFPL

Pour un orthodontiste qui dégage 320 000 € de BNC et n'en consomme que 150 000, la question revient à chaque clôture avec l'expert-comptable : faut-il passer en société ? Mais attention au cadrage : l'intérêt principal de la SEL n'est pas la distribution de dividendes, c'est le report.

La SELARL à l'IS : surtout un outil de report

En SEL à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice que vous ne consommez pas est imposé à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % (article 219 du CGI) — au lieu de 45 % + CEHR + CDHR au barème personnel. Surtout, ce bénéfice ne remonte pas à votre RFR : vous pilotez directement l'assiette des surtaxes. Le cadre juridique est l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a recodifié le droit des SEL et des SPFPL (ex-loi n° 90-1258). L'intérêt ne joue que sur la part non consommée : sur ce que vous sortez pour vivre, le gain est nul.

La SPFPL et le régime mère-fille

Au-dessus de la SEL, une SPFPL (société de participations financières de profession libérale) permet de faire remonter les dividendes avec le régime mère-fille (exonération de 95 %, articles 145 et 216 du CGI), pour un frottement d'environ 1,25 % — bien plus efficace que le PFU à 31,4 % en distribution directe. La SPFPL garde ainsi près de 98,75 % de ce qui remonte de la SELARL, et c'est cette somme-là que vous réinvestissez — en SCPI, en private equity, en murs — sans être passé par la case 31,4 %.

Le piège des dividendes : la règle des 10 % et l'arrêt dentiste

On vous vendra peut-être la SPFPL comme une « exonération sociale magique ». Elle ne l'est pas. La fraction de dividendes que vous percevez personnellement au-delà de 10 % du capital social (majoré des primes et comptes courants) est réintégrée à l'assiette de vos cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale, validé par le Conseil constitutionnel, décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Et la Cour de cassation a jugé — dans une affaire qui visait directement un chirurgien-dentiste en SELARL détenue par une SPFPL — que l'interposition de la holding ne fait pas écran à cette réintégration (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). Ajoutez à cela la nuance de la section 3 : au PFU, ces dividendes peuvent réveiller la CDHR.

Un point d'actualité à intégrer dans l'arbitrage rémunération / dividendes : le Conseil d'État (8 avril 2025, n° 492154) a confirmé que la rémunération « technique » de l'associé de SEL (celle qui rémunère son activité libérale, par opposition à son mandat de gérance) est imposée en BNC, et a écarté la tolérance forfaitaire de 5 %. La ventilation entre gérance et activité technique doit donc être justifiée, ce qui affine encore l'arbitrage.

Tout cela se modélise. Pour savoir à partir de quel revenu la bascule en société se justifie et que faire de la trésorerie une fois capitalisée, voyez les guides dédiés à l'orthodontiste : à partir de quel revenu passer en SELARL, que faire de la trésorerie de la SELARL, ainsi que la SPFPL du praticien, les dividendes de SEL au-delà de 10 % et la holding patrimoniale.

§ 8LEVIER 4 — ASSIETTE·3 MIN

Levier n°4 : l'immobilier qui baisse le RFR (murs en SCI)

Une fois le PER et la prévoyance saturés, beaucoup d'orthodontistes que je suis butent sur la même question : où placer le surplus sans le voir taxé à 45 % au passage ? L'immobilier d'assiette répond précisément à ça. D'abord les murs du cabinet en SCI, qui transforment un loyer en charge déductible côté société et préparent la transmission. Ensuite le déficit foncier, qui impute des travaux sur votre revenu global. Enfin le démembrement, qui efface temporairement un actif de votre patrimoine taxable. Trois portes d'entrée différentes — les murs, les travaux, le démembrement — mais le même résultat sur votre feuille d'impôt : un RFR plus bas, et zéro consommation de votre enveloppe de niches.

Les murs du cabinet en SCI et le déficit foncier

Loger les murs du cabinet dans une SCI et les louer à votre SEL est avant tout un levier patrimonial et de transmission, mais il comporte une dimension d'assiette. Le loyer est une charge déductible côté SEL et un revenu foncier côté SCI (prélèvements sociaux à 17,2 %). Si vous réalisez des travaux sur un bien loué nu, le déficit foncier (article 156 du CGI) s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an, porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique (dispositif applicable jusqu'au 31 décembre 2027), le surplus étant reportable 10 ans sur les revenus fonciers. C'est une vraie baisse d'assiette.

LMNP et démembrement

La location meublée (LMNP) permet, par l'amortissement, de neutraliser une grande part des loyers. Mais signalons honnêtement deux points : les amortissements sont désormais réintégrés dans la plus-value de cession depuis la réforme Le Meur (article 150 VB III, cessions à compter du 15/02/2025), et le traitement des prélèvements sociaux de la plus-value LMNP en 2026 reste une zone grise que nous formulons au conditionnel. Le démembrement (nue-propriété), lui, reste un levier élégant pour les hauts revenus : barème de l'article 669, nu-propriétaire non imposable à l'IFI (article 968), reconstitution de la pleine propriété non taxée (article 1133).

Pour structurer concrètement l'achat des murs, voyez le guide dédié à l'orthodontiste : coupler SELARL et SCI pour détenir les murs du cabinet, ainsi que acheter les murs de son cabinet en SCI, l'immobilier d'assiette du libéral et le démembrement et la nue-propriété.

§ 9LEVIER 5 — MÉTIER·3 MIN

Levier n°5 : amortir le plateau technique (scanner, aligneurs)

Voici un levier que l'omnipraticien n'a pas dans les mêmes proportions : le plateau technique lourd de l'orthodontie moderne. Scanner 3D intra-oral, cône beam, radio panoramique, imprimante 3D à aligneurs, chaîne de conception et fabrication assistées par ordinateur (CFAO), fauteuils : une imprimante à aligneurs de cabinet, c'est 25 000 à 40 000 € ; un cone beam, facilement le double — et tout cela se déduit, mais étalé.

La déduction passe par l'amortissement (articles 39 et 39 A du CGI), qui étale la charge sur la durée d'usage du bien. Le petit matériel d'une valeur inférieure à 500 € HT est, lui, déductible immédiatement. Le crédit-bail est une alternative à l'achat : les loyers sont alors déductibles, ce qui peut lisser l'effort de trésorerie sur un équipement coûteux.

Pas de « suramortissement » : et le scanner ne se récupère pas en TVA

Deux mises en garde essentielles. Premièrement, méfiez-vous de toute promesse de « suramortissement » ou de déduction majorée de votre matériel : il n'existe pas de dispositif de suramortissement général en vigueur. Ce qui existe, ce sont des mesures sectorielles et temporaires, pas un droit commun applicable à un cabinet d'orthodontie. On raisonne donc en amortissement classique + crédit-bail. Deuxièmement, comme votre activité de soins est exonérée de TVA (article 261-4-1° du CGI), vous ne récupérez pas la TVA sur ces équipements : votre scanner, votre imprimante à aligneurs et votre plateau technique s'amortissent sur leur coût toutes taxes comprises. C'est une différence majeure avec l'officine de pharmacie, qui récupère sa TVA.

Le sujet, technique, mérite son propre développement (durées d'amortissement, achat vs crédit-bail, traitement comptable). Voyez le guide dédié : optimiser fiscalement ses gros investissements de matériel et déduire le scanner et le plateau technique.

§ 10LEVIER 6 — À TRIER·2 MIN

Levier n°6 : le capital-investissement bien trié (FPCI)

Le private equity arrive presque toujours en fin de rendez-vous, quand l'orthodontiste a déjà saturé le reste et cherche où diversifier. Encore faut-il trier ce qui tient debout de ce qui a été raboté en 2026.

Ce qui peut tenir, c'est le FCPR / FPCI fiscal (article 163 quinquies B du CGI) : sous condition de conservation de 5 ans, les distributions et plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux restent dus, à 18,6 % en 2026 sur ce panier mobilier). Attention : c'est une exonération d'IR sur le gain, et non une réduction d'impôt à l'entrée. À ce titre, elle est hors plafond des niches — ce qui, pour vous, est précisément ce qui la rend intéressante.

Ce qui ne marche (presque) plus, c'est la réduction d'impôt FIP / FCPI (article 199 terdecies-0 A) : plafonnée par les 10 000 € (article 200-0 A), neutralisée par la CDHR, et en grande partie supprimée depuis le 21 février 2026 (ne subsistent que des dispositifs ciblés JEI / JEII / FIP Corse-Outre-mer). Conclusion : on regarde le FPCI pour l'exonération du gain, pas la réduction d'entrée. Pour le détail : le capital-investissement (FPCI, FCPR) et ses risques.

Note de méthode : un avantage fiscal ne fait pas un bon investissement

Restons honnêtes sur cette classe d'actifs. L'exonération d'IR du FPCI fiscal est certaine ; la performance, non. Le capital-investissement comporte un risque de perte en capital, une illiquidité forte (capitaux immobilisés 5 à 10 ans, sans valeur de rachat garantie) et une dispersion de résultats élevée d'un fonds à l'autre. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. On ne souscrit jamais un FPCI pour l'avantage fiscal : on choisit le fonds parce que sa thèse d'investissement tient la route et qu'il complète une allocation déjà étoffée ; l'exonération d'IR, elle, n'est que le bonus. À votre niveau de patrimoine, c'est une brique de diversification, pas un outil de défisc de fin d'année.
§ 11LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : un orthodontiste à 300 000 € de BNC

Prenons un cas réel de cabinet. Dr Camille, orthodontiste célibataire, 300 000 € de bénéfice BNC, imposée au barème à 45 %. Sans optimisation, son RFR avoisine 300 000 € — elle est donc dans le champ de la CEHR et de la CDHR. Au barème pur, son taux effectif dépasse déjà 20 % du RFR : sa CDHR est nulle (la nuance de la section 3). Voyons l'effet de trois leviers d'assiette, tous hors plafond des niches.

Dr Camille, orthodontiste, 300 000 € de BNC : effet cumulé de trois leviers d'assiette. Ordres de grandeur aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel (CDHR sans doctrine BOFiP).
Levier d'assietteMontant déduitÉconomie d'IR (45 %)Effet
PER / Madelin (154 bis)67 791 €~30 506 €RFR ↓ d'autant
Prévoyance Madelin (154 bis)~11 534 €~5 190 €RFR ↓ + protège le geste
Déficit foncier (travaux SCI)10 700 €~4 815 €RFR ↓, imputé sur le revenu global
Total déduit de l'assiette~90 025 €~40 500 € d'IRRFR ramené de ~300 k€ à ~210-220 k€

Regardez le bas du tableau. En saturant uniquement de la réduction d'assiette — PER, prévoyance, déficit foncier —, Dr Camille déduit environ 90 000 € de son assiette, efface de l'ordre de 40 000 à 42 000 € d'IR et de CEHR, et ramène son RFR d'environ 300 000 € à 210-220 000 €. À mesure que le RFR repasse sous 250 000 €, elle sort progressivement du champ de la CEHR et de la CDHR : chaque euro de RFR en moins au-dessus de 250 000 € lui économise aussi 3 % de CEHR. Le tout sans la moindre niche— uniquement de l'assiette, de la protection et de la retraite capitalisée.

Et la SEL ? Le cas de Dr Hugo

Variante en société : Dr Hugo, orthodontiste en SELARL, dégage 320 000 € de bénéfice. Il se verse 140 000 € de rémunération et laisse 180 000 € capitaliser à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) au lieu de 45 % + CEHR + CDHR : c'est du report pur. Mais s'il se verse en plus 60 000 € de dividendes au PFU (31,4 %, pas 30 %), son taux effectif global peut descendre sous 20 % du RFR et réveiller la CDHR— sans compter la règle des 10 % sur ses cotisations TNS. Chez Dr Hugo, ces 60 000 € de dividendes peuvent finir par coûter plus cher que les 25 % d'IS qu'il a évités sur la part capitalisée.

Note de méthode : comment lire ces économies

Les économies d'IR de ce cas sont calculées au taux marginal de 45 %, qui est celui de Dr Camille. Un orthodontiste imposé à 41 % (ou un foyer dont la dernière tranche est plus basse) obtiendrait une économie proportionnellement moindre : c'est la déduction × votre TMI réelle. De même, l'effet sur la CEHR et la CDHR dépend de votre RFR de départ et de votre situation de foyer (célibataire ou couple). C'est pourquoi un chiffrage générique ne remplace jamais une simulation nominative : les ordres de grandeur ci-dessus servent à comprendre la mécanique, pas à dimensionner vos versements.

Ces chiffres sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au cas par cas avec votre expert-comptable ; rappelons qu'aucune doctrine BOFiP ne précise encore le RFR retraité de la CDHR.

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§ 12LE LONG TERME·2 MIN

Préparer la cession et la transmission du cabinet

La défiscalisation de l'orthodontiste ne s'arrête pas à l'optimisation annuelle : la cession au moment de la retraite et la transmission aux enfants se jouent souvent cinq à dix ans à l'avance : un Dutreil mal anticipé, et c'est 75 % d'exonération qui passe à la trappe. Voici les repères ; le détail est dans les guides dédiés.

La cession à la retraite : attention aux deux régimes de PS

Tout dépend de ce que vous cédez. La cession des parts de SEL par le dirigeant partant à la retraite bénéficie d'un abattement fixe de 500 000 € (article 150-0 D ter), mais les prélèvements sociaux sont de 18,6 % sur la totalité de la plus-value. À l'inverse, la cession du fonds libéral / de la patientèle en BNC relève d'autres dispositifs (article 238 quindecies, exonération jusqu'à 500 000 € de valeur puis dégressive ; article 151 septies A, départ en retraite, IR exonéré) avec des prélèvements sociaux de 17,2 %. Ne confondez jamais ces deux taux de PS : c'est l'une des erreurs les plus coûteuses au moment de la cession.

La transmission aux enfants

Côté donation, retenez l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779), le Pacte Dutreil (article 787 B, exonération de 75 % de la valeur des titres sous engagements de conservation et de direction), et la réduction de 50 % des droits en cas de donation en pleine propriété avant 70 ans (article 790). Le démembrement (barème de l'article 669) complète souvent le dispositif.

Pour le détail, voyez les guides dédiés : céder son cabinet d'orthodontie et exonérer la plus-value au départ en retraite, céder son cabinet en exonérant la plus-value et l'apport-cession 150-0 B ter.

§ 13LE TERRAIN ODF·3 MIN

Spécificités de l'orthodontiste : CARCDSF, TVA des aligneurs, SCM

Trois spécificités méritent d'être posées clairement, parce qu'elles sont la source des erreurs les plus fréquentes sur le terrain de l'orthodontie.

La CARCDSF (jamais la CARMF)

Répétons-le sans ambiguïté : l'orthodontiste, comme tout chirurgien-dentiste, relève de la CARCDSF — jamais de la CARMF, qui est la caisse des médecins. Sa retraite combine un régime de base (CNAVPL), un régime complémentaire, une prestation complémentaire de vieillesse (PCV) pour les conventionnés et un régime invalidité-décès. Comme vos cotisations sont plafonnées alors que votre revenu d'orthodontiste ne l'est pas, votre taux de remplacement à la retraite est mécaniquement faible : c'est tout l'enjeu de la capitalisation (PER, SEL / SPFPL). Les valeurs de point et de cotisations 2026 sont à vérifier sur carcdsf.fr. Le sujet est traité en détail dans préparer la baisse de revenus à la retraite avec la CARCDSF.

La TVA des aligneurs

Les actes d'orthodontie et les prothèses posées par le praticien sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI) : c'est le régime de droit commun de l'activité de soins. En revanche, l'administration peut analyser la fourniture d'orthèses, et notamment les gouttières d'alignement (aligneurs de type Invisalign), comme une livraison de bien au taux normal lorsqu'elle se distingue des soins. Un orthodontiste à fort volume d'aligneurs peut donc voir une partie de son chiffre d'affaires entrer dans le champ de la TVA ; le traitement exact dépend de la composition réelle de votre activité. En sens inverse — et c'est le point pratique majeur —, l'activité de soins exonérée n'ouvre pas droit à récupération de la TVA sur le plateau technique (voir section 9). Pour la logique d'ensemble des prélèvements : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

Garde-fou : la SCM n'est ni un outil de défisc ni un placement

Beaucoup d'orthodontistes exercent en cabinet de groupe via une société civile de moyens (SCM). Soyons clairs : la SCM (article 239 quater A du CGI) est fiscalement transparente. Son seul objet est de mutualiser et refacturer les moyens d'exercice entre associés (locaux, fauteuils, imagerie 3D, CFAO, secrétariat), avec une exonération de TVA des refacturations sous conditions (article 261 B). Elle n'est ni un véhicule de défiscalisation, ni un outil de placement de trésorerie. Pour faire travailler des excédents, c'est la SEL ou la SPFPL qui sert d'enveloppe — jamais la SCM.

Le plan d'action de l'orthodontiste, dans l'ordre

Si vous ne deviez retenir qu'une chose de ce guide, ce serait l'ordre. D'abord, on sécurise : prévoyance Madelin du geste saturée, parce qu'une incapacité même partielle arrête tout. Ensuite, on baisse l'assiette : PER 154 bis au plafond (~67 800 € à 300 000 € de BNC), déficit foncier, démembrement — autant de RFR, de CEHR et de CDHR en moins. Puis, on reporte : SELARL à l'IS sur le bénéfice non consommé, SPFPL mère-fille pour capitaliser, en pilotant les dividendes pour ne pas réveiller la CDHR. Enfin seulement, et avec parcimonie, on regarde si une réduction d'impôt garde un intérêt net une fois le RFR passé sous les seuils — ce qui est rare. Sécuriser, puis abaisser l'assiette, puis reporter : la niche, elle, ne vient qu'à la toute fin, et presque jamais.
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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création, validation et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction de la CDHR jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité et la décote d'entrée sont à recalculer au simulateur officiel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER, prévoyance Madelin, immobilier et plateau technique

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; prévoyance / santé Madelin ~11 534 €, priorité de l'orthodontiste). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds). Art. 156 et 156 bis CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 € jusqu'au 31/12/2027 et Monuments Historiques). Art. 968, 669 et 1133 CGI (nue-propriété, IFI, reconstitution non taxée). Art. 39 et 39 A CGI (amortissement du plateau technique, scanner, imprimante à aligneurs ; pas de suramortissement général). Art. 150 VB III CGI (réforme Le Meur du LMNP). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches de 10 000 €).

  • Les leviers de report : SELARL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report d'imposition). Jurisprudence : Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (chirurgien-dentiste), Cons. const. 06/08/2010 n° 2010-24 QPC, CE 08/04/2025 n° 492154.

  • Capital-investissement, plafonds, SCM, TVA et CARCDSF

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (réduction FIP / FCPI 18 %, FCPI et FIP classiques exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI / JEII / Corse / Outre-mer). Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FPCI fiscaux). Art. 200-0 A CGI (plafond des niches). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur PER / FPCI / dividendes / parts de SEL, 17,2 % maintenu sur revenus fonciers, assurance-vie et plus-values professionnelles. Art. 239 quater A CGI (SCM transparente, pas un véhicule de placement). Art. 261-4-1° et 261 B CGI (exonération de TVA des soins ; aligneurs au taux normal possible, pas de récupération de TVA). CARCDSF : cotisations 2026 à confirmer sur carcdsf.fr (jamais la CARMF, qui est la caisse des médecins).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité, et la pérennité de la CDHR au-delà de 2026 reste conditionnelle. Toute structuration (SELARL, SPFPL, apport-cession) et tout investissement (immobilier, plateau technique, capital-investissement) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, le conseil de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points, comme le traitement des prélèvements sociaux du LMNP ou le périmètre exact de l'apport-cession 150-0 B ter, sont signalés au conditionnel. Les investissements en capital-investissement, en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation de l'orthodontiste en 2026 CDHR, PER, prévoyance Madelin, SELARL, plateau technique et CARCDSF.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des orthodontistes : comment payer moins d'impôts à 45 %, pourquoi vous êtes le plus exposé de la profession, la nuance CDHR au barème, la prévoyance du geste, la CARCDSF (et pas la CARMF), et la TVA des aligneurs. Réponses sourcées et à jour 2026.