Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Introduction
- 2. Structurer avant de redevenir résident fiscal
- 3. Le timing du retour : une fenêtre d'optimisation
- 3.1 Valeur d'acquisition, exit tax et conventions
- 3.2 IFI, comptes étrangers et trusts éventuels
- 4. L'objectif valorisation d'un patrimoine international
- 5. La logique des 4 poches appliquée à 5 M€
- 5.1 Poche Sécurité
- 5.2 Poche Revenu
- 5.3 Poche Croissance
- 5.4 Poche Illiquide
- 6. Quelles enveloppes pour 5 M€ au retour
- 6.1 AV luxembourgeoise, holding, capitalisation, PEA
- 7. Trois scénarios d'allocation selon le profil
- 8. Exemple chiffré sur 5 M€
- 9. Gouvernance, comptes étrangers et transmission
- 10. Nos convictions
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS (l'organisme officiel qui inscrit et contrôle les intermédiaires en assurance, banque et finance).
En 60 secondes
- Pour qui ? Expatriés de retour en France avec un patrimoine international d'environ 5 M€, objectif valorisation.
- L'idée-force : le retour est une réévaluation, pas une continuité — on exploite la fenêtre du retour pour structurer avant de redevenir pleinement imposable.
- Les 4 poches : Sécurité, Revenu, Croissance et Illiquide, cette dernière montant jusqu'à 30 % à 5 M€.
- Point de vigilance : exit tax, valeur d'acquisition des titres étrangers, IFI, comptes étrangers à déclarer — le timing est déterminant.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour à la date de publication mais la législation peut évoluer ; la fiscalité dépend de votre situation individuelle et, pour un retour d'expatriation, de votre historique de résidence et des conventions applicables. Tous les chiffres et allocations sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, professions libérales et non-résidents, dont des expatriés qui préparent leur retour en France. Le cabinet applique une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
1. Introduction
Vous avez passé plusieurs années à l'étranger — Dubaï, Londres, Singapour, Genève — et vous rentrez en France avec un patrimoine d'environ 5 millions d'euros, souvent international par construction : titres en devises, comptes étrangers, parfois des participations significatives. La tentation est de tout rapatrier et de « repartir comme avant ». C'est une erreur, et elle peut coûter cher. Le jour où vous redevenez résident fiscal, vos revenus mondiaux basculent en imposition française, l'IFI s'applique au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier, et une plus-value d'actions mal logée peut supporter 31,4 % au lieu de 30 % — voire 0 % d'IR dans un PEA. À ce niveau, le retour exige une véritable séquence d'ingénierie, et la période qui précède votre installation offre une fenêtre d'optimisation qui ne se représentera pas.
L'angle de ce guide est simple : exploiter la fenêtre du retour pour structurer un patrimoine international avant de redevenir pleinement imposable. Cela suppose de comprendre quand vous redevenez résident fiscal, comment figer la valeur d'acquisition de vos titres étrangers, comment gérer l'exit tax et son dégrèvement, l'IFI, et les obligations déclaratives sur vos comptes étrangers. Ensuite seulement, on applique la méthode des 4 poches (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide) avec une part de marchés privés que le patrimoine permet d'élever.
Ce guide est volontairement généraliste : nous raisonnons en classes d'actifs et en enveloppes, jamais en noms de fonds. Si vous cherchez d'abord l'allocation type d'un patrimoine de cette taille sans la dimension retour, voyez plutôt Investir 5 000 000 € en 2026. Si votre retour porte sur un montant différent, consultez le guide jumeau rentrer en France avec 2 M€ ou, pour les patrimoines plus élevés, impatriation à 10 M€ : holding et exit tax.
2. Retour en France avec 5 M€ : structurer avant de redevenir résident fiscal
La première question n'est pas « où placer ? » mais « à partir de quand suis-je résident fiscal ? ». Tout en découle. Selon l'article 4 B du CGI, vous êtes résident fiscal français dès que vous remplissez l'un de ces critères : votre foyer (ou votre lieu de séjour principal) est en France, votre activité professionnelle principale s'y exerce, ou le centre de vos intérêts économiques s'y trouve. Le jour où vous réinstallez votre famille en France, vous basculez en imposition mondiale de vos revenus.
Cette bascule change tout sur trois plans. Vos revenus mondiaux deviennent imposables en France, sous réserve des conventions fiscales qui répartissent le droit d'imposer entre les États. Vous devez déclarer vos comptes et contrats détenus à l'étranger (et les trusts le cas échéant). Et vos prélèvements sociaux basculent dans la dualité 2026: 17,2 % sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les SCPI ; 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières (CSG relevée par la LFSS 2026).
Le réflexe clé : tout ce qui peut être fait avant l'installation
Arbitrer une plus-value latente, réaliser une cession, mettre en place une holding ou une AV luxembourgeoise portable : ces décisions n'ont pas le même coût avant et après la bascule en résidence française. La règle d'or du retour est de cartographier en amont ce qui doit être réalisé ou structuré pendant que vous êtes encore non-résident, puis d'exécuter dans le bon ordre. C'est précisément le rôle du conseiller : poser le calendrier fiscal du retour.
Pour la check-list opérationnelle du retour (déclarations, dates, formulaires), voyez le guide dédié retour en France et expatriation 2026. Nous nous concentrons ici sur la stratégie patrimoniale.
3. Le timing du retour : une fenêtre d'optimisation à exploiter
Le retour n'est pas un instant, c'est une séquence qui se prépare idéalement plusieurs mois à l'avance. Entre la décision de rentrer et la bascule effective en résidence fiscale, il existe une période où vous êtes encore non-résident et où certaines opérations sont fiscalement neutres ou beaucoup moins coûteuses qu'après. C'est cette fenêtre que l'on exploite.
3.1 Valeur d'acquisition, exit tax et conventions fiscales
Premier levier : figer la valeur d'acquisition de vos titres étrangers. Lorsque vous deveniez résident, c'est la valeur des titres à ce moment qui sert de base au calcul des plus-values futures imposables en France. Le moment du retour permet donc, dans certains cas, de cristalliser une base élevée et de ne pas être imposé en France sur la hausse intervenue pendant votre expatriation. C'est un point technique à valider précisément, mais c'est l'un des cœurs de l'optimisation du retour.
Deuxième levier : l'exit tax. Si vous aviez quitté la France en détenant des participations significatives, vous avez pu être soumis à l'exit tax de l'article 167 bis du CGI, le plus souvent assortie d'un sursis de paiement. Le retour du domicile en France entraîne en principe le dégrèvement de l'impôt encore en sursis. Indépendamment du retour, l'impôt se dégrève aussi avec le temps.
Cœur de l'angle : le délai de dégrèvement de l'exit tax
L'impôt sur les plus-values latentes (exit tax) se dégrève à l'expiration d'un délai de conservation des titres : 2 ans lorsque la valeur globale des titres est inférieure à 2,57 M€, et 5 ans au-delà de ce seuil (art. 167 bis CGI). À 5 M€ de patrimoine, on est typiquement sur le régime des 5 ans : ce délai structure tout le calendrier du retour et de la cession éventuelle des titres concernés. À valider selon votre date de départ et la valeur de vos participations.
Troisième levier : les conventions fiscales. La France a signé des conventions avec la plupart des pays d'expatriation pour éviter les doubles impositions et répartir le droit d'imposer (revenus, plus-values, succession). Au retour, elles déterminent par exemple si une plus-value réalisée juste avant la bascule reste imposable dans votre pays de départ. Le détail mécanique de l'exit tax et de son dégrèvement figure dans le guide exit tax 2026.
3.2 IFI, comptes étrangers et trusts éventuels
L'IFI (impôt sur la fortune immobilière) frappe le patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 M€, au barème par tranches jusqu'à 1,5 %. Au retour, vous y êtes assujetti — mais avec une faveur propre aux nouveaux arrivants.
IFI : l'exonération des biens étrangers pendant 5 ans
Une personne qui n'a pas été fiscalement domiciliée en France au cours des cinq années précédant son installation n'est imposable à l'IFI, pendant les cinq années suivant son retour, qu'à raison de ses biens immobiliers situés en France (art. 964 du CGI) : ses immeubles détenus à l'étranger restent hors assiette pendant cette période. C'est un levier d'optimisation spécifique au retour. Par ailleurs, la nue-propriété (de SCPI ou en direct) sort temporairement de l'assiette IFI ; voir optimisation IFI 2026.
Côté déclaratif, devenir résident impose de déclarer chaque compte, contrat de capitalisation ou d'assurance-vie détenu à l'étranger (formulaires 3916 / 3916-bis), et le cas échéant les trusts au titre de l'article 1649 AB du CGI. L'omission est lourdement sanctionnée. Cela pousse à faire le tri et, souvent, à recycler les enveloppes étrangères mal adaptées vers des supports français ou luxembourgeois lisibles. Le détail des obligations figure dans comptes étrangers : FATCA / CRS.
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4. L'objectif valorisation pour un patrimoine international de 5 M€
L'expatrié qui rentre avec 5 M€ a, le plus souvent, un capital déjà international et déjà exposé à la croissance: actions monde, parfois des participations, une culture du risque acquise sur des marchés étrangers. Son objectif n'est donc pas la rente, mais la valorisation: continuer de faire croître le capital sur le long terme, tout en l'ancrant dans un cadre français désormais stable.
En pratique, trois choses comptent. D'abord, conserver l'exposition mondiale acquise à l'étranger — on ne rapatrie pas tout en euros, on garde une base d'actions monde et une part multidevises. Ensuite, piloter la transition : une fois la résidence stabilisée, on recycle progressivement les enveloppes étrangères vers des supports lisibles et on capitalise les plus-values plutôt que de les distribuer. Enfin, élever la part de marchés privés que la taille du patrimoine autorise.
Le risque de change mérite une mention. Une part du patrimoine est souvent libellée en USD, AED, GBP ou CHF. L'erreur serait de tout convertir en euros au pire moment. L'AV luxembourgeoise multidevises permet précisément de gérer cette transition sans tout rapatrier d'un coup. La valorisation, ici, est autant une affaire de classes d'actifs que de devises.
Aller plus loin : objectifs voisins à 5 M€
La valorisation n'est qu'un objectif possible. Si votre priorité bascule vers la rente ou la transmission, ou si vous avez reçu votre capital autrement qu'au retour d'expatriation, des guides jumeaux déclinent la même méthode des 4 poches pour d'autres situations à 5 M€ : hériter de 5 M€ et retransmettre, placer 5 M€ de trésorerie en holding ou encore viser l'indépendance financière (FIRE).
5. La logique des 4 poches appliquée à 5 M€
Notre méthode de référence répartit le patrimoine en quatre poches, chacune avec un rôle clair. Tout converge vers une trésorerie pilote qui distribue le cash là où il faut, quand il faut. La particularité à 5 M€ : la poche illiquide grossit avec le patrimoine— environ 10 à 15 % à 1 M€, 20 à 25 % à 5 M€, et jusqu'à 30 à 40 % au-delà, dans une logique de family office.
5.1 Poche Sécurité : un socle solide en euros
Objectif : garantir le capital et couvrir plusieurs années de train de vie. On y loge des fonds euros et des fonds obligataires datés (dont le rendement de portage est connu à l'échéance), en assurance-vie, AV luxembourgeoise et contrat de capitalisation. Pour un expatrié qui rentre après des années en devises, ce socle euros rassure et stabilise. Référence illustrative : fonds euros autour de 2,6 % net.
5.2 Poche Revenu : une rente régulière et diversifiée
La poche Revenu sert à produire des distributions régulières. On y trouve des SCPI européennes, des produits structurés à coupon et de l'infrastructure (cotée ou non), partiellement indexés sur l'inflation. Les SCPI illustrent un rendement de l'ordre de 4,7 à 4,9 % (PS à 17,2 % sur les revenus fonciers). Voir SCPI : exposition immobilière diversifiée.
5.3 Poche Croissance : conserver et amplifier l'exposition mondiale
Ici, on cherche la performance des marchés actions sur le long terme. On y loge des ETF actions monde (MSCI World, S&P 500), souvent complétés d'une brique d'or. L'ordre de logement est dicté par la fiscalité : PEA d'abord (IR exonéré après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie), puis assurance-vie (PFU plafonné à 30 %, PS 17,2 %), enfin compte-titres pour le surplus (PFU 31,4 %). C'est ici que se conserve l'exposition mondiale acquise à l'étranger.
5.4 Poche Illiquide : une part significative de marchés privés
On accepte ici de bloquer du capital pour aller chercher la prime d'illiquidité : du private equity (non coté), de la dette privée et de l'infrastructure non cotée, ainsi que de la nue-propriété de SCPI. À 5 M€, cette poche peut représenter 20 à 30 % du patrimoine : c'est le levier qui distingue un patrimoine de fortune d'un patrimoine moyen. Ces actifs se logent volontiers dans une AV luxembourgeoise (FAS), parfois avec un crédit lombard pour déployer sans désinvestir. Le private equity est illustré autour de 11 % net par an en moyenne historique, avec une forte dispersion et un capital bloqué. Voir private equity.
L'essentiel des 4 poches à 5 M€
- Sécurité : le socle euros (fonds euros, obligataire daté) qui couvre plusieurs années de train de vie et rassure après des années en devises.
- Revenu : SCPI européennes, produits structurés à coupon, infrastructure — pour des distributions régulières, partiellement indexées sur l'inflation.
- Croissance : ETF actions monde (+ or), logés en priorité dans le PEA puis l'assurance-vie — c'est ici qu'on conserve l'exposition mondiale acquise à l'étranger.
- Illiquide : 20 à 30 % à 5 M€ (private equity, dette privée, infrastructure non cotée) — la fraction qu'on peut immobiliser quand le patrimoine le permet, dans une logique de family office.
6. Quelles enveloppes pour 5 M€ au retour
À 5 M€, on ne raisonne plus avec une seule enveloppe mais avec une combinaison cohérente qui répartit les 4 poches en fonction de la fiscalité de chaque support et de la portabilité internationale.
6.1 AV luxembourgeoise (FAS, crédit lombard, portabilité), holding, contrat de capitalisation, PEA
| Enveloppe | Rôle au retour | Atout clé | Fiscalité (résident FR) |
|---|---|---|---|
| AV luxembourgeoise | Cœur du dispositif : Sécurité + Illiquide (FAS) | Portabilité si re-expatriation, super-privilège, architecture ouverte, multidevises, crédit lombard | Identique à l'AV française (8 ans, 990 I / 757 B, PS 17,2 %) |
| Contrat de capitalisation | Sécurité et Revenu, transmissible | Conserve l'antériorité, peut être logé dans une holding | PS 17,2 %, droits de donation possibles (purge des plus-values au décès) |
| Holding à l'IS | Piloter la fiscalité des revenus, transmission | Capitalisation à l'IS, contrat de capitalisation à l'IS, régime mère-fille | IS sur les résultats, mère-fille sur dividendes de filiales |
| PEA | Croissance actions (priorité de logement) | IR exonéré après 5 ans | PS 18,6 % à la sortie (plafond de versement 150 000 €) |
| Compte-titres | Croissance, surplus et flexibilité | Aucun plafond, exposition mondiale, multidevises | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
Dualité PS 2026 — ne pas appliquer un taux unique
Les prélèvements sociaux ne sont pas uniformes en 2026 : 17,2 % sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les SCPI ; 18,6 % sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA et PER (CSG relevée de 1,4 point par la LFSS 2026). Conséquence directe : le PFU est de 30 % sur l'assurance-vie, mais de 31,4 % sur un compte-titres en direct. C'est ce différentiel qui justifie de loger la croissance en priorité dans le PEA puis l'assurance-vie.
La pièce maîtresse à ce niveau de patrimoine est souvent l'AV luxembourgeoise. Pour un résident français, elle est fiscalisée comme une AV française, mais ajoute la portabilité (précieuse pour un profil susceptible de re-expatrier), le multidevises et l'accès aux marchés privés via un fonds dédié (FAS). Voir AV luxembourgeoise pour expatriés et, pour la structuration sociétaire, la holding patrimoniale.
7. Trois scénarios d'allocation selon le profil
Voici trois allocations chiffrées des 5 M€ selon le profil de risque, toujours dans une optique de valorisation. Les cibles de rendement sont illustratives et non garanties. La poche illiquide augmente avec l'appétit pour le risque, jusqu'à 30 % en profil dynamique.
Comment lire ces cibles de rendement
Les pourcentages annoncés (~3 %, ~5 %, ~7 %+ net) sont des ordres de grandeur moyens de long terme, pas une performance attendue chaque année. Le rendement réel dépend du profil, de l'horizon de placement et du comportement des marchés ; il sera certaines années nettement supérieur, d'autres négatif. Plus la cible est élevée, plus la part actions et illiquide monte — donc plus la volatilité et le risque de perte en capital sont importants. Aucun de ces chiffres n'est garanti.
Profil Prudent — cible ~3 % net/an
Socle robuste après des années en devises. Sécurité 38 % (1,9 M€), Revenu 25 % (1,25 M€), Croissance 30 % (1,5 M€), Illiquide 7 % (0,35 M€).
Profil Équilibré — cible ~5 % net/an
Volatilité acceptée, culture internationale. Sécurité 23 % (1,15 M€), Revenu 22 % (1,1 M€), Croissance 35 % (1,75 M€), Illiquide 20 % (1 M€).
Profil Dynamique — cible ~7 %+ net/an
Forte croissance recherchée, habitué des marchés mondiaux. Sécurité 15 % (0,75 M€), Revenu 15 % (0,75 M€), Croissance 40 % (2 M€), Illiquide 30 % (1,5 M€).
| Poche | Prudent (~3 %) | Équilibré (~5 %) | Dynamique (~7 %+) |
|---|---|---|---|
| Sécurité (fonds euros, obligataire daté) | 38 % · 1,9 M€ | 23 % · 1,15 M€ | 15 % · 0,75 M€ |
| Revenu (SCPI EU, structurés, infrastructure) | 25 % · 1,25 M€ | 22 % · 1,1 M€ | 15 % · 0,75 M€ |
| Croissance (ETF monde, or, PEA/AV/CTO) | 30 % · 1,5 M€ | 35 % · 1,75 M€ | 40 % · 2 M€ |
| Illiquide (PE, dette privée, infra, NP SCPI) | 7 % · 0,35 M€ | 20 % · 1 M€ | 30 % · 1,5 M€ |
| Total | 100 % · 5 M€ | 100 % · 5 M€ | 100 % · 5 M€ |
Comment lire l'évolution dans le temps. Le retour, on commence par figer une valeur d'acquisition et asseoir la résidence. Ensuite, au fil des années, on recycle les fonds obligataires datés arrivés à échéance vers la croissance et l'illiquide ; on capitalise les plus-values ; et l'illiquide se renouvelle au gré des distributions de private equity. La holding, quand elle est mise en place, sert à piloter la fiscalité des revenus et à préparer la transmission internationale.
Profil susceptible de re-expatrier : la portabilité prime
Pour un expatrié qui pourrait repartir, on surpondère ce qui est portable: l'AV luxembourgeoise (qui suit le souscripteur), le compte-titres multidevises et les actifs liquides. On évite de sur-mobiliser le PEA (lié à la résidence française) si un nouveau départ est probable à court terme. Cette portabilité pèse autant dans la décision que l'économie d'impôt.
8. Exemple chiffré sur 5 M€
Hypothèses explicites (cas illustratif)
Un entrepreneur rentrant de Dubaï avec 5 M€ choisit le profil Équilibré. Hypothèses : marché et fiscalité inchangés, rendement net cible de l'ordre de 5 % par an, réinvestissement des revenus. Chiffres strictement illustratifs et non garantis ; le rendement réel peut être supérieur ou inférieur, avec un risque de perte en capital.
Cas 1 — Entrepreneur de retour de Dubaï, profil Équilibré
Répartition des 5 000 000 EUR (profil Équilibré) Sécurité 1 150 000 EUR fonds euros + obligataire daté (AV, AV lux, capi) Revenu 1 100 000 EUR SCPI européennes + structurés + infrastructure Croissance 1 750 000 EUR ETF MSCI World + or (PEA, CTO et assurance-vie) Illiquide 1 000 000 EUR private equity + dette privée (AV luxembourgeoise) Rendement net cible ~ 5 % par an Revenu annuel théorique ~ 250 000 EUR (5 % x 5 000 000) Capital projeté a 10 ans ~ 8 100 000 EUR (a marche et fiscalite inchanges)
Illustratif, non garanti. La progression suppose un réinvestissement et ne tient pas compte des aléas de marché ni d'éventuels retraits. Risque de perte en capital.
Ce cas illustre un calcul, il ne promet rien : à 5 % net, 5 M€ génèrent de l'ordre de 250 000 € par an, et le capital pourrait approcher 8,1 M€ à 10 ans si rien ne change. Selon les marchés, le résultat sera supérieur ou inférieur.
Cas 2 — Pourquoi loger la croissance en AV / PEA plutôt qu'en CTO
100 000 EUR de plus-value mobiliere realisee, selon l'enveloppe Compte-titres ordinaire PFU 31,4 % -> imposition 31 400 EUR Assurance-vie (8 ans+) PFU 30 % max -> imposition <= 30 000 EUR (+ abattement annuel) PEA (5 ans+) IR 0 %, PS 18,6 % -> imposition 18 600 EUR Ecart CTO vs PEA sur 100 000 EUR de PV ~ 12 800 EUR
Dualité PS 2026 : 18,6 % sur les PV mobilières/PEA, 17,2 % sur l'AV. Avant abattements éventuels. Illustratif.
Sur la durée et sur des montants à 6 ou 7 chiffres, ce différentiel d'enveloppe représente des dizaines de milliers d'euros. C'est pourquoi l'ordre de logement — PEA, puis AV, puis CTO — change le résultat net.
9. Gouvernance, comptes étrangers et transmission internationale
À 5 M€, la gouvernance cesse d'être accessoire. Un retour bien mené ne se limite pas à placer : il organise la détention (faut-il une holding ?), la coordination des conseils (avocat fiscaliste, notaire, banquier, CGP) et la lisibilité des obligations déclaratives. La fonction de chef d'orchestre est celle d'un family office.
La holding à l'IS peut loger un contrat de capitalisation et bénéficier du régime mère-fille sur les dividendes de filiales, ce qui permet de capitaliser des revenus à fiscalité maîtrisée et de préparer une transmission organisée. Elle ajoute de la complexité : elle ne se justifie que si l'objectif (pilotage fiscal des revenus, transmission, réinvestissement) le mérite. Pour la mécanique détaillée, voir placer 5 M€ de trésorerie en holding.
Hauts revenus : surveiller la CEHR et la CDHR
Un patrimoine de 5 M€ qui distribue génère des revenus élevés. Au retour, deux contributions peuvent s'ajouter à l'impôt : la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies du CGI : 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de revenu fiscal de référence), et la CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus, art. 224, qui vise un taux plancher d'imposition de 20 % du RFR). D'où l'intérêt de capitaliser plutôt que distribuer (enveloppes capitalisantes) et d'étaler les revenus dans le temps. Le périmètre exact de la CDHR au titre de 2026 reste à confirmer au cas par cas avec votre conseiller.
Côté transmission, l'assurance-vie et l'AV luxembourgeoise offrent un cadre privilégié : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (art. 990 I, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà), et l'article 757 B pour les primes après 70 ans (abattement global de 30 500 €, droits de succession sur les primes, gains exonérés). Pour un patrimoine international, ces outils français doivent être articulés avec les règles des pays où sont situés les actifs. Le démembrement (donation de la nue-propriété) complète le dispositif ; voir démembrement de propriété et succession 2026.
Régime impatrié (155 B) : conditionnel
Si votre retour est lié à une prise de fonctions chez un employeur établi en France, après au moins 5 ans de non-résidence, vous pourriez relever du régime des impatriés (art. 155 B du CGI) : exonération partielle de la prime d'impatriation et de certains revenus passifs étrangers. Mais ce régime n'est pas automatique et ne concerne pas un retour qui ne s'accompagne pas d'un emploi salarié. À vérifier au cas par cas — voir régime impatrié 155 B.
10. Nos convictions chez Hagnéré Patrimoine
- Le timing prime sur le placement. À 5 M€, l'essentiel se joue dans le calendrier fiscal (valeur d'acquisition, exit tax, IFI) ; l'allocation vient après.
- Conserver l'exposition mondiale. Le capital d'un expatrié est international : on l'inscrit dans le cadre français sans casser l'exposition qui l'a fait grandir.
- L'AV luxembourgeoise pour la portabilité. Pour un profil susceptible de re-partir, la portabilité du contrat compte autant que son régime fiscal.
- L'illiquide grossit avec le patrimoine. À 5 M€, 20 à 30 % de marchés privés, dans une logique de family office.
- La dualité PS structure les enveloppes. On loge la croissance en PEA puis AV pour éviter le PFU à 31,4 % du compte-titres.
- Jamais de promesse. Tous les chiffres sont illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital. La fiscalité du retour dépend de votre historique de résidence.
Orchestrer votre retour en France à 5 M€
Un conseiller Hagnéré Patrimoine pose le calendrier fiscal du retour, structure votre patrimoine international avant la bascule en résidence et bâtit votre allocation en 4 poches. Échange confidentiel, sans engagement.
Sources, mentions et disclaimer
Sources réglementaires (2026) : CGI art. 4 B (résidence fiscale), 167 bis (exit tax et dégrèvement), 964 (IFI des non-domiciliés au retour), 972 (assiette IFI de l'assurance-vie), 968 (démembrement et IFI), 125-0 A (fiscalité de l'assurance-vie), 990 I et 757 B (transmission de l'assurance-vie), 155 B (régime des impatriés), 150-0 B ter (apport-cession), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR), 1649 AB (déclaration des trusts) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, prélèvements sociaux) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; impots.gouv.fr (rubrique « je reviens en France »). Références à jour au 23 juin 2026, susceptibles d'évolution.
Dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL ; 18,6 % sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER et crypto (CSG relevée de 1,4 point par la LFSS 2026).
Disclaimer : cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé (art. L. 533-13 CMF). Les allocations, rendements et exemples chiffrés sont illustratifs et non garantis ; ils visent à expliquer une mécanique, pas à promettre un résultat. Tout investissement comporte un risque de perte en capital; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et, pour un retour d'expatriation, de votre historique de résidence et des conventions applicables. Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune, ORIAS 23002291, Chambéry (73000). Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial.

