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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en PER et préparation de la retraite
Quentin Hagnéré accompagne salariés, indépendants et dirigeants sur l'ouverture, le transfert et l'optimisation fiscale des PER, avec une logique patrimoniale globale et non produit par produit.
Sommaire
- 1. Introduction : de l'accumulation à la décumulation
- 2. Transformer un capital en rente sereine sans le dilapider
- 3. Définir le besoin de revenu et l'horizon
- 4. Une rente sans aléa viager : les retraits programmés
- 5. La poche Sécurité : fonds euros et obligataire daté
- 6. La poche Revenu : SCPI, nue-propriété, structures
- 7. La poche Croissance : ETF actions monde
- 8. La poche Illiquide mesurée : private equity, dette privée
- 9. L'assurance-vie comme robinet à revenus
- 10. Anticiper la transmission : clause et abattements
- 11. Trois profils d'allocation rente
- 12. Fiscalité 2026 des retraits et de la transmission
- 13. Exemple chiffré : 1 M qui verse une rente
- 14. Comment nous pilotons votre rente à vie
- Mentions et avertissement
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 16 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
En 60 secondes
- Pour qui ? Retraité ou futur retraité disposant d'environ 1 million d'euros qui veut un revenu complémentaire régulier sans dilapider son capital.
- La rente : 3 à 5 % nets soutenables, soit environ 30 000 à 50 000 € par an selon le profil et l'horizon.
- Le moteur : des rachats partiels programmés en assurance-vie, fiscalement doux après 8 ans (seule la quote-part de plus-value est imposée).
- L'architecture : quatre poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide — qui se relaient dans le temps.
- La transmission : clause bénéficiaire et abattements (152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans) pour transmettre le capital intact.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres, taux et rendements cités sont illustratifs, non garantis, et n'engagent à aucune promesse de performance. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité mentionnée est celle connue en 2026 et dépend de votre situation individuelle ; elle peut évoluer. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients — particuliers, dirigeants, professions libérales et retraités fortunés — dans la construction et le pilotage de leur rente. Le cabinet applique une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
1. Introduction : passer de l'accumulation à la décumulation
Vous avez 1 million d'euros et vous partez à la retraite. La question qui vous empêche de dormir n'est pas « combien ça rapporte ? » mais « combien puis-je en retirer chaque année sans risquer d'être à sec à 85 ans ? ». Bonne nouvelle : avec une rente bien calibrée de 3 à 5 % nets — soit environ 30 000 à 50 000 € par an en complément de vos pensions — vous pouvez vivre confortablement sansentamer le capital que vous destinez à vos enfants. Encore faut-il s'y prendre dans le bon ordre.
Pendant toute votre vie active, vous avez accumulé. À la retraite, la question s'inverse : il faut désormais décumuler, c'est-à-dire convertir un capital en revenu régulier. Et c'est là que beaucoup se trompent : le vrai risque n'est plus de « mal rendre », c'est d'épuiser le capital trop tôt. Un marché baissier qui survient juste après votre départ en retraite, alors que vous retirez chaque année, peut amputer durablement la durée de vie de votre rente. Les spécialistes appellent ce piège le risque de séquence des rendements— et c'est précisément lui que la méthode des quatre poches neutralise.
Avec 1 million d'euros, l'objectif n'est donc pas de viser le rendement maximal, mais la régularité et la durée. Bien construite, une rente de 3 à 5 % nets peut couvrir un revenu complémentaire confortable tout en préservant le capital que vous souhaitez transmettre. Toute la difficulté est d'architecturerce capital pour qu'il verse un revenu sans se vider.
Cette page se concentre sur un moment précis du cycle de vie patrimonial : la retraite, quand il faut transformer le capital en rente régulière tout en préparant sa transmission. Deux guides voisins couvrent les étapes adjacentes, et nous y renvoyons plutôt que de les répéter.
Avant ou à côté de cette page : par où commencer
- Vous êtes encore en phase de constitution? Voyez d'abord comment placer 1 million d'euros en 2026 : c'est la brique d'accumulation, en amont de la rente.
- Vous voulez le détail du rendement brut puis net que produit ce capital ? Lisez combien rapporte 1 million d'euros placé.
- Ici, on parle de décumulation : taux de retrait soutenable, séquençage des poches et transmission du capital résiduel à la retraite.
2. Retraite à 1 M : transformer un capital en rente sereine sans le dilapider
La durabilité d'une rente ne vient pas d'un pourcentage magique : elle vient de l'architecture. Appliquer aveuglément une « règle des 4 % » à 1 million pour conclure « je peux retirer 40 000 € par an » serait une erreur, parce que cette règle ne dit rien de la façondont le capital est réparti ni de l'ordre dans lequel on le consomme. Or c'est précisément cet ordre — le séquençage— qui fait la différence entre une rente qui tient 30 ans et une rente qui s'épuise en quinze.
Chez Hagnéré Patrimoine, nous raisonnons en quatre poches, une logique de gestion de fortune que nous appliquons aussi bien à un patrimoine de 1 million qu'à 10 millions, en adaptant simplement les pondérations. Chaque poche a un rôle précis dans la mécanique de la rente.
La méthode des 4 poches au service de la rente
- Poche Sécurité — le coussin : fonds euros et obligataire daté. C'est la réserve dans laquelle on prélève les premières années, pour ne pas vendre d'actions en baisse. On la consomme en premier.
- Poche Revenu — le cœur distributif : SCPI européennes, produits structurés à coupon, nue-propriété. Elle distribue régulièrement et alimente la rente.
- Poche Croissance — le bouclier anti-inflation : ETF actions monde. Indispensable pour que le capital ne s'érode pas sur vingt-cinq ans.
- Poche Illiquide — la prime de long terme : private equity, dette privée. Sur la part qui ne sert pas à la rente immédiate.
Tout converge vers une idée simple : la rente n'est pas un produit, c'est un processus. On laisse les poches longues (Croissance, Illiquide) travailler pendant qu'on puise dans les poches courtes (Sécurité, Revenu). C'est ce qui permet de générer un revenu et de préserver le capital à transmettre.
3. Définir le besoin de revenu complémentaire et l'horizon
Tout part du besoin net annuel, pas du taux. La bonne question n'est pas « combien puis-je retirer ? » mais « de combien ai-je réellement besoin pour vivre, une fois mes pensions de retraite encaissées ? ». Pour beaucoup de retraités aisés, le revenu complémentaire utile se situe entre 30 000 et 50 000 € par an, qui s'ajoutent aux pensions. C'est ce besoin qui détermine le taux de retrait, et non l'inverse.
Le second paramètre est l'horizon. Une retraite prise à 62 ou 64 ans peut durer 25, 30, voire 40 ans. Plus l'horizon est long, plus la poche Croissance doit rester présente pour protéger le pouvoir d'achat. Pour calibrer finement votre besoin, trois ressources utiles : de combien faut-il pour vivre de ses rentes, notre guide pour devenir rentier et, si votre million provient d'un gain ponctuel, que faire après avoir gagné 1 million d'euros.
La règle des 3-5 % nets : ce qu'on peut raisonnablement retirer
La célèbre « règle des 4 % », née d'études américaines, a glissé en France vers 3 à 3,5 %une fois pris en compte les frais, la fiscalité et une espérance de vie longue. Sur 1 million d'euros, un taux soutenable donne les ordres de grandeur suivants :
| Taux de retrait net | Rente annuelle sur 1 M€ | Profil concerné |
|---|---|---|
| 3 % | 30 000 € | Prudent — rente régulière, capital préservé |
| 4 % | 40 000 € | Équilibré — référence intermédiaire |
| 5 % | 50 000 € | Dynamique — horizon long, part transmission |
Retenez l'ordre de grandeur : 3 à 4 % se reconstitue plus facilement, car la part de croissance restante a le temps de regarnir le capital prélevé. Un taux de 5 % et plus n'est tenable qu'en acceptant une poche Croissance plus importante — donc plus de volatilité — et fait généralement sens pour un profil dynamique dont une partie du capital est dédiée à la transmission plutôt qu'à la consommation.
Aucun taux n'est garanti
Un taux de retrait « soutenable » est une estimation, pas une promesse. Sa tenue dépend du comportement des marchés, en particulier de la séquence des rendements des premières années de retraite. Une rente doit toujours être pilotée et ajustée dans le temps, jamais figée. Risque de perte en capital.
4. Construire une rente sans aléa viager : les retraits programmés
Pour transformer un capital en revenu, deux voies existent : la rente viagère(vous aliénez le capital auprès d'un assureur qui vous verse un revenu à vie) et les retraits programmés (vous effectuez des rachats partiels réguliers sur votre assurance-vie). Pour un patrimoine de 1 million d'euros et un objectif de transmission, la seconde voie est presque toujours préférable.
| Critère | Rente viagère | Retraits programmés (assurance-vie) |
|---|---|---|
| Capital | Aliéné, perdu au décès (hors réversion) | Conservé, vous gardez la main |
| Liquidité | Aucune (revenu figé) | Totale (vous ajustez à tout moment) |
| Transmission | Néant (sauf option coûteuse) | Capital résiduel transmissible |
| Fiscalité | Fraction imposable selon l'âge | Quote-part de PV seule, douce après 8 ans |
| Réversibilité | Irréversible | Modulable, réversible |
Le vrai savoir-faire est dans le séquençage. On ne retire pas « un peu de tout » : on consomme d'abord la poche Sécurité — ce coussin de 3 à 5 ans de retraits — pour ne jamais être contraint de vendre des actions au plus bas. Pendant que vous puisez dans la Sécurité, la poche Croissance se valorise tranquillement. C'est exactement ce mécanisme qui neutralise le risque de séquence des rendements évoqué en introduction.
Vous restez ainsi maître de votre rente : vous pouvez l'augmenter une année de gros projet, la réduire après un marché difficile, ou la suspendre. La rente viagère, à l'inverse, est un aller simple : une fois le capital aliéné, il n'y a plus de retour en arrière ni de capital à léguer.
Le séquençage en pratique : pourquoi l'ordre des retraits change tout
Imaginez deux retraités identiques, 1 M€ chacun, qui retirent 40 000 € la première année — juste avant un marché actions qui perd 25 %. Le premier vend des actions pour financer son retrait : il cristallise la perte et ampute durablement son capital. Le second a une poche Sécurité de 4 à 5 ans de retraits : il y puise, ne vend aucune action en baisseet laisse sa poche Croissance se rétablir. Cinq ans plus tard, à marché égal, leurs capitaux ont divergé de façon significative. C'est tout l'enjeu de la décumulation : ce n'est pas combien on retire, mais dans quel ordre. Illustration de mécanique, chiffres non garantis.
5. La poche Sécurité : fonds euros et obligataire daté pour le revenu garanti
La poche Sécurité est le coussin de la rente : 3 à 5 ans de retraits, immédiatement disponibles, dans lesquels on prélève en priorité. Elle se compose de deux briques logées en assurance-vie : le fonds en euros(capital garanti, rendement illustratif de l'ordre de 2,6 % net en 2026, non garanti pour l'avenir) et les fonds obligataires datés, dont l'échéance est fixe et les coupons connus à l'avance, ce qui apporte une bonne visibilité sur les flux.
C'est la poche qu'on consomme en premier, parce qu'elle est stable : la prélever ne déclenche aucune vente à perte. Pendant que vous y puisez, les poches Revenu et Croissance continuent de travailler. Pour approfondir le rôle des fonds obligataires datés à coupons connus, consultez notre guide dédié.
Pondération par profil — poche Sécurité
50 % en profil Prudent (30 % fonds euros + 20 % obligataire daté) · 38 % en profil Équilibré (22 % + 16 %) · 28 % en profil Dynamique (16 % + 12 %). Le détail complet des trois profils figure plus bas.
6. La poche Revenu : SCPI européennes, nue-propriété et structures à coupon
La poche Revenu est le cœur distributifde la rente. Elle réunit trois familles d'actifs qui ont en commun de verser des flux réguliers :
- SCPI européennes — des SCPI qui distribuent des loyers réguliers (rendement illustratif de l'ordre de 4,7 à 4,9 %, non garanti). Logées en assurance-vie, elles évitent l'imposition foncière directe.
- Produits structurés à coupon — des produits structurés à coupon à protection partielle, qui versent un revenu conditionnel selon un scénario défini à l'avance.
- Nue-propriété de SCPI — le démembrement permet d'acheter avec décote pour préparer une revalorisation future et sort temporairement de l'assiette de l'IFI.
SCPI en assurance-vie : la fiscalité est différée
Logées dans un contrat d'assurance-vie, les SCPI ne génèrent pas de revenus fonciers imposés chaque année : les loyers sont capitalisés dans le contrat et ne sont fiscalisés qu'au moment du rachat, sur la seule quote-part de plus-value. C'est un levier puissant pour une rente fiscalement douce, là où une SCPI détenue en direct subirait le barème de l'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux sur les loyers.
À retenir — la poche Revenu, cœur de la rente
C'est elle qui distribue régulièrementet alimente votre rente sans avoir à vendre d'actifs. Pondération par profil : 32 % en Prudent (20 % SCPI européennes + 7 % structurés + 5 % nue-propriété), 30 % en Équilibré (18 % + 7 % + 5 %), 27 %en Dynamique (16 % + 6 % + 5 %). Logée en assurance-vie, elle reste fiscalement douce. Allocations illustratives, à calibrer ; le capital n'est pas garanti.
7. La poche Croissance : ETF actions monde pour protéger le pouvoir d'achat
Beaucoup de retraités veulent solder leurs actions une fois la rente lancée. À horizon vingt-cinq ans, c'est se désarmer face à l'inflation : cet ennemi silencieux du pouvoir d'achat déprécie année après année une rente purement nominale, faute de moteur de croissance. La poche Croissance — composée d'ETF actions monde répliquant des indices larges (de type MSCI World ou S&P 500, des classes d'actifs et non des produits nommés) — est ce qui couvre le pouvoir d'achat sur la durée et empêche le capital de fondre en termes réels.
On la loge en assurance-vie et en PEA. Le PEA est précieux car il est exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais attention à un point souvent mal compris.
Garde-fou : le PEA n'a pas la même fiscalité sociale que l'AV
Le PEA est exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais les prélèvements sociaux dus à la sortie sont de 18,6 % en 2026 — et non 17,2 % comme sur l'assurance-vie — depuis la hausse de la CSG de 1,4 point introduite par la LFSS 2026. Il ne faut jamais appliquer un taux unique : la nature de l'enveloppe change le taux social.
Pondération par profil : 12 % en Prudent, 22 % en Équilibré, 30 %en Dynamique. Plus l'horizon est long et plus la part dédiée à la transmission est importante, plus cette poche peut monter.
8. La poche Illiquide mesurée : private equity et dette privée
Avec la poche Illiquide, on accepte de bloquer l'argent plusieurs années ; en échange, le rendement visé est plus élevé — c'est la prime d'illiquidité. Elle se compose de private equity, de dette privée et, pour les profils les plus dynamiques, d'infrastructure. Son rendement potentiel est élevé (illustratif, autour de 11 % par an net moyen) mais s'accompagne d'une forte dispersiondes résultats et d'une illiquidité de plusieurs années.
À 1 million d'euros, cette poche reste mesurée: 6 % en Prudent (dette privée), 10 % en Équilibré (PE + dette privée), 15 % en Dynamique (PE + dette privée + infrastructure). C'est une logique de family office : la poche Illiquide grossit avec le patrimoine— environ 10 à 15 % à 1 M€, 20 à 25 % à 5 M€, 30 à 40 % à 10 M€ et au-delà — car plus le capital est important, plus la fraction qui n'a pas besoin de liquidité immédiate est grande.
Illiquidité : ne jamais y loger la rente immédiate
Le private equity et la dette privée immobilisent l'argent plusieurs années, sans possibilité de sortie anticipée. On n'y place donc jamais ce qui doit financer la rente des prochaines années : cette poche travaille pour le long terme et pour les héritiers, pas pour le revenu courant. Forte dispersion des performances ; vous pouvez perdre une partie de votre mise.
9. L'assurance-vie comme robinet à revenus fiscalement optimisé
L'assurance-vie est l'enveloppe qui pilote la rente. C'est depuis ce contrat qu'on déclenche, augmente ou suspend les rachats partiels programmés, poche par poche. Et sa mécanique fiscale est remarquablement douce.
Le point clé : lors d'un rachat, seule la quote-part de plus-value contenue dans le retrait est imposée, jamais le capital initial. Sur un contrat de 1 million qui a, disons, 30 % de plus-value, un rachat de 40 000 € ne comporte qu'environ 12 000 € de gains taxables — le reste est du capital, non imposable. Après 8 ans, ces 12 000 € de gains sont en outre largement absorbés par l'abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple). L'impôt réel d'une rente bien pilotée est ainsi très faible.
Au-delà de 1 million d'euros, l'assurance-vie luxembourgeoise (avec ses fonds internes dédiés FID/FAS, son architecture financière élargie et son super-privilège de protection) peut compléter le dispositif. Et si une partie de la constitution s'est faite via un plan d'épargne retraite (PER), rappelez-vous que la sortie du PER supporte des prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains, à distinguer là encore du 17,2 % de l'assurance-vie.
Calibrons ensemble votre taux de retrait
Nous déterminons le taux de retrait soutenable adapté à votre âge, votre besoin et votre horizon, puis structurons les quatre poches en assurance-vie pour piloter votre rente.
10. Anticiper la transmission : clause bénéficiaire et abattements
Tout le dispositif tient en une phrase : générer une rente sans entamer l'héritage. La rente provient des poches Revenu et Sécurité, tandis que les poches Croissance et Illiquide continuent de travailler pour vos héritiers. Le capital résiduel — celui que les retraits programmés n'ont pas consommé — se transmet alors dans des conditions très favorables.
L'outil central est la clause bénéficiairede l'assurance-vie. Elle peut être démembrée: l'usufruit au conjoint survivant (qui perçoit les capitaux ou en jouit) et la nue-propriété aux enfants, ce qui permet de protéger le conjoint tout en transmettant aux enfants avec une fiscalité réduite. Le démembrement est ici un levier puissant.
Côté abattements, la fiscalité de l'assurance-vie distingue selon l'âge des versements (détail complet dans la section fiscalité). Un guide succession et un guide donation complètent utilement cette stratégie. Notez aussi que le contrat de capitalisationconserve son antériorité fiscale à la transmission, ce qui en fait un complément intéressant de l'assurance-vie pour la part patrimoniale.
11. Les trois profils d'allocation rente : Prudent, Équilibre, Dynamique
Voici les trois profils types, exprimés en pourcentage du capital de 1 million d'euros. Ce sont des points de départ, à ajuster à votre âge et à votre état de santé autant qu'à votre besoin de revenu et à votre projet de transmission.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibre (~5 % net) | Dynamique (~7 %+ part croissance) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 50 % (30 % fonds euros + 20 % obligataire daté) | 38 % (22 % + 16 %) | 28 % (16 % + 12 %) |
| Revenu | 32 % (20 % SCPI europ. + 7 % structurés + 5 % nue-prop.) | 30 % (18 % + 7 % + 5 %) | 27 % (16 % + 6 % + 5 %) |
| Croissance | 12 % (ETF monde) | 22 % (ETF monde, AV + PEA) | 30 % (ETF monde, AV + PEA) |
| Illiquide | 6 % (dette privée) | 10 % (PE + dette privée) | 15 % (PE + dette privée + infra) |
Profil Prudent — la rente sereine (~3 % net)
Pour un retraité qui veut une rente sereine et régulière, le profil Prudent vise environ 3 % net, soit un retrait soutenable sur le très long terme. La poche Sécurité atteint 50 %(30 % fonds euros, 20 % obligataire daté) : c'est le coussin dans lequel on prélève les premières années pour éviter de vendre des actions en baisse. La poche Revenu domine à 32 % (SCPI européennes, structurés à coupon, nue-propriété), véritable cœur de la rente. La poche Croissance reste à 12 %en ETF actions monde — indispensable pour que le capital ne s'érode pas avec l'inflation sur vingt-cinq ans. La poche Illiquide est minimale à 6 %(dette privée), car la liquidité compte. La rente repose sur des rachats partiels programmés, fiscalement doux après 8 ans : on consomme d'abord la Sécurité, laissant la Croissance se valoriser.
Profil Équilibre — la rente généreuse préservée (~5 % net)
Le profil Équilibre convient au retraité en bonne santé avec un horizon long qui veut une rente plus généreuse tout en préservant son capital : cible autour de 5 % net. La poche Sécurité descend à 38 % (22 % fonds euros, 16 % obligataire daté), réserve de retraits sur trois à cinq ans. La poche Revenu reste forte à 30 %(18 % SCPI européennes, 7 % structurés, 5 % nue-propriété de SCPI) : c'est le cœur distributif. La poche Croissance monte à 22 %en ETF actions monde (MSCI World, S&P 500) en assurance-vie et PEA, moteur de revalorisation. La poche Illiquide passe à 10 %(private equity et dette privée). Les retraits programmés restent l'outil de versement, optimisés par l'abattement annuel après 8 ans, et la clause bénéficiaire prépare déjà la transmission. À mesure que l'horizon se raccourcit, on réduit Croissance et Illiquide au profit de la Sécurité.
Profil Dynamique — le capital qui travaille pour les héritiers
Le profil Dynamique s'adresse au jeune retraité (60-65 ans) dont une partie du capital est destinée à la transmission plus qu'à la consommation, avec une tolérance au risque maintenue : objectif 7 % et plus sur la part dédiée à la croissance. La poche Sécurité tombe à 28 % (16 % fonds euros, 12 % obligataire daté). La poche Revenu représente 27 %(16 % SCPI européennes, 6 % structurés, 5 % nue-propriété). La poche Croissance grimpe à 30 % en ETF actions monde (assurance-vie et PEA), car le capital transmis a un horizon long. La poche Illiquide atteint 15 %(private equity, dette privée et infrastructure). La rente provient surtout des poches Revenu et Sécurité, laissant Croissance et Illiquide travailler pour les héritiers ; une poche or marginale peut y être ajoutée comme couverture des chocs de marché. L'allocation se désensibilise progressivement avec l'âge, comme l'explique notre guide allocation d'actifs selon l'âge.
Profils illustratifs
Ces trois profils sont des points de départ pédagogiques, pas des recommandations personnalisées. La bonne allocation dépend de votre situation complète et doit être calibrée avec un conseiller. Risque de perte en capital ; les rendements visés ne sont pas garantis.
12. Fiscalité 2026 des retraits et de la transmission
Première règle, la plus mal comprise en 2026 : la dualité des prélèvements sociaux. Depuis la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30 décembre 2025), la CSG a augmenté de 1,4 point sur certains revenus, mais pas tous. Il ne faut donc jamais appliquer un taux unique.
Dualité des prélèvements sociaux 2026
- 17,2 % maintenu sur : assurance-vie, contrat de capitalisation, revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL.
- 18,6 % (CSG +1,4 pt) sur : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER, crypto.
- Conséquence : le PFU est de 30 %sur l'assurance-vie (12,8 % + 17,2 %) mais de 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA (12,8 % + 18,6 %).
Rachats d'assurance-vie après 8 ans: abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) sur les gains, puis prélèvement forfaitaire de 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes versées (12,8 % au-delà), majoré des prélèvements sociaux de 17,2 %. Avant 8 ans, le PFU de 30 % s'applique. Rappel essentiel : seule la quote-part de plus-value du rachat est imposée, ce qui rend la rente fiscalement douce.
PEA: exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais prélèvements sociaux de 18,6 % à la sortie. SCPI en assurance-vie: pas d'imposition foncière directe, la fiscalité n'intervient qu'au rachat.
La transmission : 990 I vs 757 B
| Primes avant 70 ans (art. 990 I) | Primes après 70 ans (art. 757 B) | |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € global (tous bénéficiaires et contrats) |
| Taxation | 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % | Droits de succession sur les primes |
| Gains | Inclus dans l'assiette taxable | Exonérés |
IFI: l'impôt sur la fortune immobilière est dû au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net taxable, selon un barème par tranches. À 1 million de patrimoine total, ce seuil est rarement atteint, surtout si l'immobilier est logé en assurance-vie. Deux leviers d'optimisation conditionnels : la nue-propriété de SCPI sort temporairement de l'assiette IFI, tandis que l'assurance-vie y reste pour sa seule fraction immobilière (art. 972 CGI). Pour creuser, voyez notre guide optimisation de l'IFI.
Enfin, pour les très hauts revenus uniquement (revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € / 500 000 €), la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, 3 % puis 4 %) et la contribution différentielle (CDHR, plancher de 20 % du RFR, prorogée en LF 2026, les prélèvements sociaux étant exclus de son numérateur) peuvent s'ajouter. Pour un retraité visant ~40 000 € de revenu complémentaire, ces contributions restent généralement marginales. Chiffres à jour de la LF 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026) et de la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30 décembre 2025) ; la fiscalité dépend de votre situation et peut évoluer.
13. Exemple chiffré : 1 M qui verse une rente régulière
Prenons un cas concret, en hypothèses explicites. Une retraitée de 64 ans dispose de 1 million d'euros et souhaite environ 40 000 € de revenu complémentaire annuel. En profil Équilibre, on construit l'allocation suivante, le tout en assurance-vie pour piloter les retraits :
Allocation du cas — 1 M€, profil Équilibre (hypothèses illustratives)
- Poche Sécurité :380 000 € — fonds euros + obligataire daté
- Poche Revenu :300 000 € — SCPI européennes, structurés, nue-propriété
- Poche Croissance :220 000 € — ETF actions monde
- Poche Illiquide :100 000 € — private equity, dette privée
- Objectif de rente :≈ 40 000 €/an (≈ 5 % net visé)
Les rachats partiels programmés prélèvent d'abord sur la poche Sécurité, tandis que la Croissance se valorise. À 5 % net visé, 40 000 € de retrait annuel reste soutenable et laisse le capital se reconstituer en partie.
Côté fiscalité, l'impôt sur ces 40 000 € de retrait est très faible: le rachat ne comporte qu'une fraction de plus-value (le reste est du capital, non imposable), et cette quote-part de gains est en grande partie absorbée par l'abattement annuel de 9 200 € (couple) après 8 ans. La retraitée touche donc l'essentiel de sa rente quasiment net d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquant à la part de gains.
Exemple à vocation strictement pédagogique. Montants, taux et rendements illustratifs et non garantis ; aucun rendement n'est promis. La séquence des marchés peut modifier la soutenabilité de la rente. Risque de perte en capital ; la fiscalité dépend de la situation individuelle. Voir l'avertissement complet en fin d'article.
14. Comment Hagnéré Patrimoine pilote votre rente à vie
Transformer 1 million d'euros en rente sereine se gère année après année, pas en une seule décision : c'est un pilotage dans la durée. Notre accompagnement consiste à :
- calibrer le taux de retrait en fonction de votre âge, votre besoin réel et votre horizon ;
- structurer les quatre poches (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide) au sein des bonnes enveloppes ;
- optimiser la fiscalité de vos rachatsen jouant sur la quote-part de plus-value, l'abattement de 8 ans et la dualité des prélèvements sociaux ;
- préparer la transmissionvia la clause bénéficiaire (le cas échéant démembrée) et les abattements de l'assurance-vie ;
- désensibiliser l'allocation avec l'âge, en réduisant progressivement les poches longues.
Cette approche s'inscrit dans une logique de gestion de fortune et, pour les patrimoines les plus importants, de family office — avec un suivi à vie et un point annuel pour réajuster le taux de retrait et l'allocation.
Transformez votre capital de 1 M€ en rente sereine
Nous calibrons le taux de retrait, structurons les poches et optimisons la fiscalité de vos rachats tout en préparant la transmission. Cabinet à Chambéry, conseiller Quentin Hagnéré, ORIAS 23002291.
Mentions et avertissement
Informations générales — pas un conseil personnalisé
Cet article fournit des informations à caractère général qui ne constituent ni un conseil en investissement personnalisé, ni une incitation à investir. Tous les chiffres, taux, rendements et allocations présentés sont illustratifs et non garantis. Aucune promesse de rendement n'est faite. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, et la performance passée ne préjuge pas de la performance future.
Références 2026 illustratives, non contractuelles : fonds euros ~2,6 % net, SCPI ~4,7 à 4,9 %, private equity ~11 % par an net moyen avec forte dispersion, rente soutenable 3 à 5 % net. PASS 2026 = 48 060 €. Fiscalité à jour de la LF 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026) et de la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30 décembre 2025), susceptible d'évoluer et dépendante de votre situation individuelle.
Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune, Chambéry (73000). Conseiller : Quentin Hagnéré, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF / COA / COBSP). Contact : backoffice@hagnere-patrimoine.fr.

