Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Préparer sa retraite à l'étranger : l'enveloppe prime sur le produit
- 2. L'assurance-vie luxembourgeoise : le passeport patrimonial
- 3. La logique des 4 poches pour générer une rente nette
- 4. Quel pays de résidence change quoi à la fiscalité ?
- 5. Trois allocations selon le profil de risque
- 6. Fiscalité 2026 et conventions internationales
- 7. Le mot du conseiller
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
En 60 secondes
- Pour qui ? Futur retraité (55-62 ans) avec 1 M€ mobiles, qui prévoit de s'installer hors de France et d'en tirer une rente.
- L'idée-force : choisir l'enveloppe avant le produit. Le contrat luxembourgeois est portable et neutre fiscalement.
- La rente : fabriquée par retraits programmés via la méthode des 4 poches — 30 à 50 k€/an nets selon le profil (illustratif).
- Le vrai piège : l'exit tax au départ et la fiscalité du pays d'accueil — à valider avant de partir.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres de rente, de rendement et d'allocation sont illustratifs et non garantis : tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation et de votre pays de résidence. Chaque destination doit être validée au cas par cas avec un conseiller.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, professions libérales et non-résidents. Le cabinet structure les patrimoines mobiles autour d'enveloppes portables (assurance-vie luxembourgeoise, crédit lombard) et valide chaque destination convention fiscale par convention fiscale.
1. Préparer sa retraite à l'étranger : pourquoi l'enveloppe prime sur le produit
Bien structuré, 1 million d'eurospeut servir une rente nette de l'ordre de 30 à 50 k€/an (2 500 à 4 200 €/mois) — de quoi vivre confortablement dans plusieurs pays au coût de la vie modéré (chiffres illustratifs, non garantis). Encore faut-il que cette rente vous suive quand vous changez de pays, au lieu de devoir tout défaire à chaque déménagement.
Quand un futur retraité me parle de son projet d'expatriation, la conversation tourne presque toujours autour de deux sujets : sa pension (un flux administratif qu'il subit) et la fiscalité du paysqu'il vise (une photo statique, prise un jour donné). Personne ne lui a expliqué l'essentiel : comment structurer et placer 1 million d'euros pour en tirer une rente quand on change de pays. C'est pourtant là que se joue le confort des vingt ou trente prochaines années.
Le réflexe naturel — empiler des produits franco-français (PEA, fonds euros français, SCPI à fiscalité française) — devient un handicap dès que l'on franchit la frontière. Ces enveloppes sont calibrées pour un résident fiscal français ; pour un non-résident, elles deviennent illisibles, parfois inadaptées, souvent fermées aux nouveaux versements. Le bon réflexe est l'inverse : choisir une enveloppe portable, qui suit votre résidence de pays en pays, et n'y appliquer que la fiscalité du lieu où vous vivez.
Vous restez résident fiscal français ?
Si votre projet est de rester en France, le cas jumeau — fabriquer une rente avec 1 M€ en tant que résident fiscal français, avec le volet transmission — est traité dans notre guide rente avec 1 M€ (résident France, transmission); pour la phase de constitution et l'allocation générale, voyez investir 1 000 000 € en 2026. La présente page traite, elle, le cas spécifique de l'expatriation et de la rente portable — ne dupliquez pas les lectures, elles sont complémentaires.
1 M€ pour une rente : le défi de la portabilité fiscale
Un expatrié bouge. On part au Portugal, puis on rejoint l'Espagne pour se rapprocher des petits-enfants, et certains terminent à Dubaï ou rentrent en France. À chaque déménagement, la fiscalité d'accueil change. Si votre patrimoine est figé dans des produits français, vous devez tout refaire : clôturer, vendre, cristalliser des plus-values, réouvrir ailleurs. Et si votre rente est subie comme une pension, vous n'avez aucune main sur sa fiscalité.
L'idée-force de ce guide tient en une phrase : on construit la rente une seule fois, dans une enveloppe neutre, et c'est la fiscalité du pays de résidencequi s'applique au moment du rachat — sans qu'une fiscalité luxembourgeoise vienne se superposer. L'enveloppe ne change pas ; seule la carte fiscale du pays où vous vivez évolue.
L'enveloppe avant le produit — 3 principes
- Portabilité multidevises : un seul contrat, géré en euros, dollars ou autres devises, qui vous suit sans rupture d'un pays à l'autre.
- Neutralité fiscale du Luxembourg : le Grand-Duché n'impose pas le résident étranger ; la fiscalité appliquée est celle de votre pays de résidence.
- Rente par retraits, pas par pension : vous pilotez le flux (montant, rythme, fiscalité) au lieu de le subir.
2. L'assurance-vie luxembourgeoise : le passeport patrimonial de l'expatrié
L'assurance-vie luxembourgeoise n'est pas le sujet de ce guide : c'est l'outil. Le sujet, c'est la rente et la mobilité. Mais cet outil mérite quelques mots, parce qu'il est le seul à combiner portabilité, sécurité et neutralité fiscale. Pour la mécanique détaillée, reportez-vous à notre guide dédié l'assurance-vie luxembourgeoise pour expatriés et au hub assurance-vie luxembourgeoise.
Cinq atouts structurels, et le dernier est le plus important pour vous. Le super-privilège(le souscripteur est créancier de premier rang sur les actifs, devant l'État et les autres créanciers de l'assureur) ; le triangle de sécurité (cantonnement des actifs chez une banque dépositaire agréée) ; le multidevises; l'architecture ouverte(accès à un large univers de classes d'actifs). Et surtout la neutralité fiscale. Un mot sur ma méthode : je raisonne en classes d'actifs et en enveloppes, jamais en noms de compagnies ou de fonds.
FID, FAS et neutralité fiscale du Luxembourg
Deux modes de gestion structurent un contrat haut de gamme. Le FID(Fonds Interne Dédié) est un mandat de gestion personnalisé : un gérant pilote l'allocation selon votre profil. Le FAS(Fonds d'Assurance Spécialisé) laisse le souscripteur et son conseiller piloter directement le choix des supports. Dans les deux cas, on raisonne en classes d'actifs — fonds euros, obligataire, actions, SCPI, private equity — et jamais en produits nommés.
La neutralitéest le point clé pour l'expatrié : le Luxembourg n'impose pas les rachats d'un non-résident luxembourgeois. C'est donc la fiscalité du pays de résidence de l'assuré qui s'applique, sans double couche. Ce mécanisme est détaillé dans notre guide fiscalité internationale de l'assurance-vie luxembourgeoise.
Le crédit lombard pour garder de la liquidité sans désinvestir
Le crédit lombardest une avance (ou un prêt) adossée à la valeur du contrat, souvent jusqu'à environ 50 % de celle-ci — un ordre de grandeur, non un droit garanti. Son intérêt décisif pour un retraité : ce n'est pas un rachat, donc il ne déclenche aucune fiscalité. Vous mobilisez du cash pour un besoin ponctuel (un achat immobilier, des travaux, un coup dur) sans vendre vos actifs, sans interrompre la capitalisation, et sans vendre en bas de cycle.
Lombard = liquidité sans déclencheur fiscal
Tant que vous n'effectuez pas de rachat, vous ne déclenchez aucune imposition. Le crédit lombard transforme un patrimoine investi en réserve de liquidité disponible, sans cristalliser de plus-value. Voir nos guides le crédit lombard en 2026 et assurance-vie luxembourgeoise et crédit lombard. Le coût des intérêts d'emprunt reste à intégrer dans l'équation.
3. La logique des 4 poches pour générer une rente nette
Une fois l'enveloppe choisie, reste à la remplir. J'utilise une méthode simple et lisible : la répartition en 4 poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide. La rente ne se prélève pas au hasard : elle se fabrique par retraits programmés, alimentés par les coupons, les loyers et les intérêts produits par les poches, avec un arbitrage progressif vers la sécurité à mesure que l'on avance en âge. À 1 M€, la poche illiquide reste modeste (de l'ordre de 5 à 15 %) ; elle grossirait sur des patrimoines plus élevés.
Poche Sécurité : fonds euros et obligataire pour le socle de rente
C'est le socle. Fonds euros (rendement de l'ordre de 2,6 % net en référence 2026, illustratif) et fonds obligataires datés, à coupons connus, logés dans le contrat. Cette poche sécurise le capital et fournit un rendement de portage prévisible : elle constitue un matelas de plusieurs années de rente, ce qui évite d'avoir à vendre des actifs risqués au mauvais moment.
Poche Revenu : SCPI, structurés et dette privée, le cœur distributeur
C'est le cœur distributeur de la rente. On y trouve des SCPI européennes (rendement de l'ordre de 4,7 à 4,9 % en référence 2026, illustratif), de la nue-propriété de SCPI (revenus différés, décote à l'achat et hors assiette IFI pour le nu-propriétaire), des produits structurés à coupon avec protection partielle, et de la dette privée. C'est cette poche qui distribue le flux régulier servant de base à la rente.
Poche Croissance : actions monde pour préserver le pouvoir d'achat
La rente d'un retraité de 58 ans doit tenir 25 à 30 ans. Pour qu'elle résiste à l'inflation, une part d'actions est indispensable : ETF actions monde (type MSCI World) et S&P 500, logés dans le contrat. Cette poche ne distribue pas de cash immédiat ; elle fait croître le capital pour préserver le pouvoir d'achat sur le long terme.
Poche Illiquide : private equity mesuré selon l'horizon
Une touche d'actifs non cotés vient compléter l'ensemble : private equity (rendement net moyen historique de l'ordre de 11 %/an, avec une forte dispersion, illustratif), dette privée et infrastructure indexée. On étale les engagements sur plusieurs millésimes pour lisser le risque. À 1 M€, cette poche reste mesurée (5 à 15 %), et elle se réduit à l'approche du grand âge, quand le besoin de liquidité augmente.
Structurer votre rente d'expatrié, une fois pour toutes
Nos conseillers calibrent vos 4 poches dans un contrat luxembourgeois portable et dimensionnent vos retraits programmés selon votre futur pays de résidence.
4. Quel pays de résidence change quoi à la fiscalité ?
C'est ici que se révèle la force de l'enveloppe portable : l'allocation ne change pas, mais la carte fiscale change selon le pays. La convention fiscale entre la France et le pays d'accueil détermine l'imposition des revenus, des plus-values et des successions. Le tableau ci-dessous donne une synthèse de survol ; chaque destination doit être validée au cas par cas, et le détail figure dans nos guides par pays.
| Pays de résidence | Fiscalité des revenus financiers / rachats | Régime spécial 2026 | À retenir |
|---|---|---|---|
| Portugal | Revenus financiers selon le CIRS ; pension privée au barème de l'IRS (env. 13 à 48 %). | NHR fermé aux nouveaux depuis 2024 (transition close fin mars 2025) ; IFICI réservé recherche/innovation, pensions exclues. | Fabriquer la rente par rachats plutôt que par pension. |
| Espagne | Revenus de l'épargne au barème de l'épargne ; pensions étrangères au barème général. | Régime « Beckham » : flat 24 % (6 ans), réservé salariés/dirigeants, pensions exclues. | L'enveloppe reste plus souple que la pension subie. |
| Émirats arabes unis (Dubaï) | Pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques. | À valider selon la situation et la convention France-EAU. | Résidence effective et substance à documenter. |
| France (retour / lien) | Fiscalité française des rachats (cf. section 6) + PS 17,2 % sur l'AV. | Régime d'impatriation art. 155 B pour le retour, sous conditions. | L'antériorité du contrat est conservée. |
Pour le détail opérationnel par destination, voyez nos guides assurance-vie luxembourgeoise au Portugal, en Espagne, IFICI Portugal et assurance-vie et, en cas de retour en France.
Pourquoi l'angle « rente par rachats » est le plus robuste
Les régimes d'impatriation 2026 (NHR au Portugal, Beckham en Espagne) excluent désormais la pension de retraite de leurs avantages. Conséquence : compter sur une pension privée défiscalisée à l'étranger est devenu hasardeux. Fabriquer la rente par rachats sur l'enveloppe— soumis à la fiscalité financière locale, souvent plus douce que le barème des pensions — est l'option la plus solide et la plus pilotable. Tout se valide via le hub fiscalité des non-résidents.
5. Trois allocations selon le profil de risque
Passons aux chiffres. Trois calibrages des 4 poches, selon votre tolérance au risque et votre besoin de rente. Les pourcentages s'appliquent à 1 M€ logé dans le contrat luxembourgeois. La cible de rente est servie par retraits programmés et complétée, au besoin, par un crédit lombard ponctuel. Tous ces chiffres sont illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital.
Note de méthode. Ces trois grilles ne sont pas des recommandations : ce sont des points de repère. Une allocation réelle se cale toujours selon le profil, l'âge et l'horizon— un futur retraité de 55 ans qui vise 35 ans de rente ne porte pas la même part d'actions qu'un retraité de 70 ans. Les pourcentages se réajustent dans le temps (on glisse de la croissance vers la sécurité), et la rente nette dépend du rendement réellement obtenu, qui n'est ni linéaire ni garanti.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibré (~4 % net) | Dynamique (~4-5 % net) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 50 % — 500 k€ | 35 % — 350 k€ | 20 % — 200 k€ |
| Revenu | 35 % — 350 k€ | 30 % — 300 k€ | 30 % — 300 k€ |
| Croissance | 10 % — 100 k€ | 25 % — 250 k€ | 35 % — 350 k€ |
| Illiquide | 5 % — 50 k€ | 10 % — 100 k€ | 15 % — 150 k€ |
| Cible de rente | ~30 k€/an | ~40 k€/an | 40-50 k€/an + croissance visée |
Profil prudent — rente ~3 % net (≈ 30 k€/an)
Pour un futur expatrié prudent, deux choses passent avant tout : dormir tranquille sur le plan juridiqueet toucher un revenu qui tombe sans à-coup. L'enveloppe pivot est l'assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS), neutre fiscalement et portable. La poche Sécurité (50 %, 500 k€) — fonds euros et obligataires datés — sécurise le capital et fournit un rendement de portage prévisible. La poche Revenu (35 %, 350 k€) — SCPI européennes et structurés à coupon avec protection partielle — distribue un flux régulier, base de la rente ; une partie peut être servie par retraits programmés. La poche Croissance (10 %, 100 k€)en ETF actions monde préserve le pouvoir d'achat, et la poche Illiquide (5 %, 50 k€) ajoute une touche de dette privée. Le crédit lombard mobilise des liquidités sans désinvestir ni déclencher de fiscalité. Dans le temps, on réduit la croissance au profit de la sécurité. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
Profil équilibré — rente ~4 % net (≈ 40 k€/an)
Le profil équilibré veut une rente plus confortable sans pour autant écorner le capital sur vingt ou trente ans. L'assurance-vie luxembourgeoise reste l'enveloppe maîtresse pour sa portabilité et sa neutralité. La poche Sécurité (35 %, 350 k€) — fonds euros et obligations datées — assure la stabilité. La poche Revenu (30 %, 300 k€)combine SCPI européennes, nue-propriété de SCPI (revenus futurs sans fiscalité immédiate) et structurés à coupon : c'est le moteur distributeur. La poche Croissance (25 %, 250 k€)— ETF actions monde et S&P 500 — fait croître le capital pour que la rente résiste à l'inflation sur 25-30 ans. La poche Illiquide (10 %, 100 k€)— private equity et dette privée — est étalée sur plusieurs millésimes. La rente est servie par retraits programmés ; le crédit lombard offre une réserve de liquidité. Dans le temps, on réduit l'illiquide à l'approche du grand âge. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
Profil dynamique — rente ~4-5 % net (40-50 k€/an)
Le profil dynamique — souvent un expatrié encore jeune — peut taper plus haut dans la rente et laisser le capital faire le gros du travail. L'assurance-vie luxembourgeoise et son crédit lombard structurent l'ensemble. La poche Sécurité (20 %, 200 k€) est réduite au matelas couvrant quelques années de rente. La poche Revenu (30 %, 300 k€) — SCPI européennes, structurés à coupon et dette privée — maximise le flux distribué. La poche Croissance (35 %, 350 k€)— un cœur d'ETF actions monde et S&P 500 — est le principal moteur de valorisation et de protection contre l'inflation longue. La poche Illiquide (15 %, 150 k€) — private equity et infrastructure indexée — convient à un horizon long. La rente est servie par retraits programmés et, ponctuellement, par crédit lombard pour éviter de vendre en bas de cycle. Dans le temps, on rééquilibre vers la sécurité et le revenu à mesure que le besoin de liquidité augmente. Cible : 40-50 k€/an avec espérance de croissance du capital. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
Exemple chiffré sur 1 M€
Hypothèses (illustratives).Un futur retraité de 58 ans prévoit de s'installer au Portugal puis en Espagne. Il dispose de 1 M€ à transformer en complément de retraite, sur un profil équilibré, dans un contrat d'assurance-vie luxembourgeois (FID). Allocation retenue : 350 k€ en fonds euros / obligations datées, 300 k€ en SCPI et nue-propriété, 250 k€ en ETF monde, 100 k€ en private equity / dette privée.
Calibrage de la rente par retraits programmés
Rente nette annuelle = Capital × taux de retrait
- Capital :1 000 000 €
- Taux de retrait :4 % net (profil équilibré)
- Rente nette :40 000 €/an, soit 3 333 €/mois
Retraits programmés calibrés et ajustés dans le temps selon les marchés et le pays de résidence.
Avec un rendement moyen viséde l'ordre de 5 %, le capital tiendrait à peu près son niveau sur 15 ans, retraits compris, peut-être un cran au-dessus — ce n'est ni une promesse ni une garantie. En parallèle, un crédit lombard reste disponible jusqu'à environ 50 % de la valeur du contrat pour couvrir un besoin ponctuel, sans rachat et donc sans fiscalité.
L'effet « non-résident » sur les prélèvements sociaux
Devenu résident fiscal du Portugal, ce même retraité voit la part « gains » de ses 40 k€ de rachats annuels échapper aux prélèvements sociaux français de 17,2 % (statut non-résident) ; seule s'applique la fiscalité financière locale, selon la convention. À comparer au même retrait effectué en restant résident français, où la part « gains » de l'assurance-vie supporte ces 17,2 %. Présentation en hypothèses, sans calcul nominal garanti. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
6. Fiscalité 2026 et conventions internationales
Quatre points fiscaux structurent le dossier d'un retraité expatrié en 2026. À manier avec précision, car la fiscalité de la rente n'a rien d'un taux unique : un même euro est traité différemment selon qu'il sort en gains ou en capital, selon où vous résidez, et selon ce que dit la convention.
Le statut non-résident : le vrai point fort
Le rachat d'un contrat — luxembourgeois comme français — par un non-résident fiscal est, en principe, exonéré de prélèvements sociaux français. Nuance de prudence : un résident UE/EEE/Suisse affilié à un régime social local peut rester redevable du prélèvement de solidarité de 7,5 % sur certains revenus de source française ; le rachat d'assurance-vie est en pratique hors de ce champ. Donc oui à l'exonération de PS français — non à l'idée d'une rente détaxée où qu'on aille.
La dualité des prélèvements sociaux 2026 (utile en cas de lien français)
Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), les prélèvements sociaux ne sont plus uniformes. Si vous gardez un lien français ou rentrez en France, retenez deux taux distincts :
- 17,2 %sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL.
- 18,6 % (CSG +1,4 pt) sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs.
Conséquence sur le prélèvement forfaitaire unique : le PFU ressort à 30 % sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) mais à 31,4 %sur les dividendes et plus-values mobilières détenus hors AV/PEA (12,8 + 18,6). À titre de repère pour un retour en France, l'assurance-vie après 8 ans bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) / 9 200 € (couple), puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes (12,8 % au-delà), plus les PS de 17,2 %.
L'exit tax : le vrai piège au moment du départ
L'exit tax (art. 167 bis du CGI) frappe les plus-values latentes sur titres détenus en direct lorsqu'ils dépassent 800 000 € (ou 50 % d'une société), pour un contribuable résident fiscal français au moins 6 des 10 dernières années. Le taux est de 31,4 %(12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Un sursis de paiement est automatique vers l'UE/EEE, avec dégrèvement après quelques années de détention. Une piste de structuration — à préparer en amont, et qui n'est jamais neutre : faire entrer des titres dans un contrat d'assurance-vie ne se fait pas par simple bascule. L'apport de titres détenus en direct dans une enveloppe constitue une cession imposable (art. 150-0 A du CGI) qui cristallise la plus-value latente immédiatement, avant même tout départ ; de surcroît, un contrat n'héberge pas des titres vifs (seuls cash, unités de compte et FID/FAS éligibles y prennent place). Cette approche se prépare donc en amont, idéalement par une constitution en numéraire, et se valide au cas par cas avec un conseiller — elle ne neutralise pas l'exit tax sans coût. Détails dans notre guide exit tax 2026.
IFI et succession : les deux nuances à connaître
Contrairement à une idée reçue, l'assurance-vie n'est pas systématiquement hors IFI: la fraction immobilière d'un contrat (UC de SCPI/OPCI) entre dans l'assiette (art. 972 du CGI). Pour un non-résident, l'IFI ne frappe que l'immobilier de source française. À l'inverse, la nue-propriétésort de l'assiette du nu-propriétaire (art. 968), ce qui en fait un levier d'optimisation. Côté transmission, le contrat suit les articles 990 I (versements avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà) et 757 B (versements après 70 ans : abattement global de 30 500 €, droits de succession sur les primes, gains exonérés) — sous réserve de la convention successorale du pays d'accueil. En cas de retour, le régime d'impatriation (art. 155 B) peut s'appliquer sous conditions — à ne pas confondre avec les régimes étrangers.
À retenir
Chaque destination se valide au cas par cas, à la lumière de la convention fiscale entre la France et le pays d'accueil. Les taux et seuils cités sont ceux de 2026 ; ils peuvent évoluer. La fiscalité dépend de votre situation individuelle : faites-la valider avant tout départ.
7. Le mot du conseiller
Ce que je vois revenir le plus souvent chez les expatriés, c'est une erreur d'ordre : raisonner produit avant d'avoir choisi l'enveloppe. C'est de loin la plus coûteuse. Un futur retraité qui empile du PEA, du fonds euros français et des SCPI à fiscalité française se condamne à tout défaire au premier déménagement. À l'inverse, celui qui loge son million dans un contrat luxembourgeois portable construit sa rente une fois, puis se contente d'appliquer la fiscalité du pays où il vit.
Concrètement, je procède dans cet ordre : d'abord l'enveloppe (portable, neutre, sécurisée) ; ensuite la rente, fabriquée par retraits programmés sur des 4 poches calibrées, le crédit lombard restant en réserve de liquidité sans déclencher de fiscalité ; et seulement après la validation fiscale pays par pays, l'exit tax et les conventions traitées avant le départ, jamais en cours de route. C'est cet ordre-là qui sépare une retraite qu'on subit d'une retraite qu'on tient en main. Pour aller plus loin, voyez devenir rentier et, pour un patrimoine plus élevé, la retraite expatrié avec 5 M€ ou avec 2 M€.
Préparez votre rente d'expatrié avec un conseiller certifié
Les conseillers Hagnéré Patrimoine bâtissent votre rente dans un contrat luxembourgeois qui vous suit d'un pays à l'autre, en tenant compte de la fiscalité de votre future résidence.
Sources, mentions et disclaimer
Sources réglementaires et officielles
- CGI: art. 125-0 A (rachats d'assurance-vie), 167 bis (exit tax), 990 I et 757 B (succession assurance-vie), 972 et 968 (IFI), 977 (barème IFI).
- LFSS 2026 : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (hausse de la CSG, dualité des prélèvements sociaux 17,2 % / 18,6 %).
- impots.gouv.fr : régime du particulier non-résident, prélèvements sociaux et conventions fiscales internationales.
- service-public.fr : prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (fiche F2329).
- Portugal : Lei n.º 82/2023 (fin du régime NHR, régime IFICI — art. 58-A EBF).
Disclaimer
Cet article a une portée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une incitation à investir, ni une recommandation fiscale opposable. Les chiffres de rente, de rendement et d'allocation sont illustratifs, non garantis, et tout investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation et de votre pays de résidence, et peut évoluer. Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP). Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

