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Guide ostéopathes 202618 minMis à jour 25 juin 2026Page hub ostéopathe

Gestion de patrimoine de l'ostéopathe libéral : du cabinet à la retraite, âge par âge

Vous êtes ostéopathe libéral : une profession à titre réglementé, mais pas une profession de santé au sens du Code de la santé publique. Vous cotisez à la CIPAV — jamais à la CARPIMKO, la CARCDSF ni la CARMF —, vos soins sont exonérés de TVA (article 261, 4-1°), et surtout vous n'avez aucun filet conventionnel : pas d'indemnités journalières de l'Assurance maladie, pas d'aide ARS à l'installation. Cumulez à cela une retraite CIPAV parmi les plus faibles des libéraux et des revenus variables sur un marché saturé, et le constat tombe : pour vous, l'épargne privée, l'immobilier et le PER ne sont pas un confort, ce sont le seul filet de sécurité. Ce guide n'est pas un catalogue de niches : c'est un calendrier — quoi faire à 28, 40, 50 et 62 ans, et pourquoi. On déroule chaque phase, on la chiffre sur trois ostéopathes, et on relie tout au cluster ostéo. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

FEUILLE DE ROUTE OSTÉOPATHE 2026

Savoir quoi faire à votre âge et dans le bon ordre

Bilan patrimonial d'ostéopathe libéral calé sur votre phase de carrière : début, installation confirmée, maturité ou cession. On protège d'abord le dos et les mains (prévoyance), on bâtit l'épargne qui remplacera la CIPAV, on prépare une cession sans impôt. Cabinet 100 % indépendant, en lien avec votre expert-comptable.

  • Vos priorités selon votre âge
  • L'épargne qui compense la CIPAV
  • Immobilier LMNP ou déficit foncier
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

11 - 41 %

RETRAITE

CIPAV (pas d'ASV)

PER DÉDUCTIBLE (BNC 60 k€)

≈ 7 791 €

CESSION ≤ 90 k€ RECETTES (151 septies)

0 % IR + PS

PS CESSION (151 septies A)

18,6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi une feuille de route plutôt qu'un catalogue de leviers ?

Comparez deux ostéopathes. Le premier, à 28 ans et une tranche d'imposition de 11 %, bloque 5 000 € sur un PER parce qu'on lui a dit que « le PER, ça défiscalise » : il récupère environ 550 € d'impôt, repris pour partie à la sortie, et son argent est gelé jusqu'à la retraite. Le second, à 63 ans, cède sa patientèle 30 000 € sans un euro d'impôt ni de prélèvement social. Même métier, même diplôme — résultats opposés. La différence ne tient pas à la chance ni au montant épargné : elle tient au calendrier. Le bon outil, au bon âge. C'est tout l'objet de ce guide.

Car l'ostéopathe libéral part avec un handicap que peu de professions cumulent : une retraite CIPAV parmi les plus faibles des libéraux, sans le régime ASV des conventionnés ; aucun filet de l'Assurance maladie (ni indemnités journalières au-delà du socle, ni aide ARS à l'installation) ; et des revenus variables sur un marché saturé. Résultat : son épargne privée, son immobilier, son PER, ce n'est pas du confort en plus. C'est la seule retraite qu'il se versera jamais. Reste à les déployer dans le bon ordre, phase par phase. C'est ce que fait ce calendrier en quatre âges, chiffré sur trois ostéopathes réels de profil.

En 30 secondes : les 3 règles d'or de l'ostéopathe

  • La sécurité avant tout — prévoyance Madelin (métier physique) et épargne de précaution renforcée, car vous n'avez aucun filet conventionnel.
  • L'épargne longue et l'immobilier au cœur du patrimoine (pas la niche fiscale), car la CIPAV ne suivra pas votre niveau de vie.
  • Le PER se charge surtout à TMI 30-41 %, en maturité, pour compenser une retraite obligatoire faible — pas à 11 %.

Le catalogue dit « quoi », la feuille de route dit « quand »

Il existe un guide frère qui liste tous les leviers de réduction d'impôt de l'ostéopathe — c'est la défiscalisation de l'ostéopathe et ses leviers en BNC. Ici, on ne refait pas ce catalogue : on traite le quand et le dans quel ordre. Un ostéopathe libéral, c'est un profil en BNC à revenus variables, avec une TMI qui oscille selon les années entre 11 et 41 %, exerçant le plus souvent en entreprise individuelle ou en SCM (société civile de moyens, transparente), rarement en société d'exercice libéral. Sur un profil pareil, empiler des niches au hasard ne donne rien. Ce qu'il faut, c'est un ordre de passage.

Ostéopathe = CIPAV, jamais CARPIMKO ni CARCDSF

L'ostéopathe cotise à la CIPAV (article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale) — pas à la CARPIMKO des kinés et infirmiers, ni à la CARCDSF des dentistes et sages-femmes, ni à la CARMF des médecins. Différence décisive : l'ostéopathe n'a pas de régime ASV (réservé aux professions conventionnées), soit un étage de retraite en moins qu'un kiné. Toute projection de retraite qui cite une autre caisse pour un ostéopathe est à reprendre.

§ 2LE CONSTAT·3 MIN

Le triple handicap : pourquoi l'épargne privée n'est pas optionnelle

Chez la plupart des libéraux, l'épargne longue est un « plus » : on la fait quand le reste est en place. Chez l'ostéopathe, c'est une nécessité. Pourquoi cette différence ? Parce qu'il cumule trois handicaps structurels que peu de professions réunissent en même temps.

Les trois handicaps structurels de l'ostéopathe et leur conséquence patrimoniale directe.
HandicapEn quoi ça consisteConséquence patrimoniale
Retraite CIPAV faibleBase par points plafonnée, complémentaire à faible rendement, et AUCUN régime ASV (non conventionné) — un étage de moins qu'un kinéIl faut un second pilier d'épargne dès la maturité
Aucun filet conventionnelPas d'indemnités journalières de l'Assurance maladie au-delà du socle, pas d'aide ARS à l'installationPrévoyance Madelin + précaution renforcée obligatoires
Revenus variablesMarché saturé (multiplication des écoles), forte densité de praticiens, honoraires libres non remboursésÉpargne souple, versements libres, trésorerie de sécurité

Conclusion sans détour : chez l'ostéopathe, l'assurance-vie, le PEA, l'immobilier et le PER ne sont pas un « plus » qu'on ajoute par confort fiscal. Ils sont la compensation d'un système obligatoire structurellement insuffisant. Un salarié s'adosse à sa retraite et à sa Sécu. L'ostéopathe, lui, fabrique son filet tout seul — ou il n'en a pas.

Le fil rouge de tout ce guide

Retenez cette phrase, elle traverse les douze sections : l'épargne privée de l'ostéopathe n'est pas un confort, c'est son seul filet de sécurité. Pour comprendre en détail pourquoi la pension décroche, voyez notre guide retraite CIPAV de l'ostéopathe, et la vision d'ensemble dans la retraite des professions libérales.

Hagnéré Patrimoine

Mesurer votre filet de sécurité réel

Un CGP indépendant cartographie votre couverture CIPAV, votre prévoyance et votre épargne, puis chiffre l'effort à fournir pour compenser une retraite obligatoire faible — sans biais commercial.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3VUE D'ENSEMBLE·2 MIN

Le tableau phase → priorités : la feuille de route en un coup d'œil

Avant d'entrer dans le détail de chaque âge, voici la carte complète. Chaque ligne est une phase de carrière ; chaque colonne, ce qui compte vraiment à ce moment-là. Les sections suivantes développent chacune une ligne.

La feuille de route patrimoniale de l'ostéopathe, phase par phase (âges indicatifs).
Phase / âgeMot d'ordreÀ faire en prioritéLevier dominant
25-32 · DébutSécuriser le flux et se protégerPrécaution renforcée, prévoyance Madelin, résidence principaleMicro-BNC + prévoyance
32-45 · InstallationStructurer et investirArbitrer micro/réel, immobilier LMNP ou déficit foncier, AV/PEARéel + immobilier
45-58 · MaturitéMaximiser l'épargne longuePER au maximum (TMI 30-41), immobilier de rendement, SCPIPER + immobilier de rendement
58-67+ · Fin de carrièreCéder et vivre du capitalCéder (151 septies / 238 quindecies / 151 septies A), liquider la CIPAVExonération de PV pro + capital

Le fil conducteur : protéger → investir → maximiser → récolter

L'ordre ne change pas : on se protège (prévoyance, précaution), on investit (immobilier, épargne), on pousse le PER quand la tranche grimpe, et on récolte à la cession (exonération + capital). La spécificité de l'ostéopathe : faute de filet conventionnel et de leviers société, l'immobilier et la prévoyance pèsent plus lourd dans son patrimoine que chez un libéral classique.

§ 4PHASE 1 · 25-32 ANS·4 MIN

25-32 ans — Le début : sécuriser le flux et se protéger

Avant tout problème de patrimoine, le jeune ostéo a un problème de chiffre d'affaires : remplir son agenda sur un marché saturé. Tant que ce flux n'est pas stabilisé, le patrimoine est défensif : on protège, on met de côté, on ne prend pas de risque.

La précaution renforcée : 6 à 12 mois, pas 3

Un salarié vise 3 à 6 mois de charges en épargne de précaution. L'ostéopathe, lui, doit viser 6 à 12 mois — c'est une position éditoriale assumée, pas une règle légale. Pourquoi le double ? Parce qu'il n'a aucun remboursement, aucun filet : un creux d'activité ou un arrêt, et le revenu tombe sans relais. On loge ce matelas sur des supports liquides : livret, compte à terme, fonds euros. Pour le détail des supports, voyez nos placements de l'ostéopathe.

La prévoyance Madelin : la toute première dépense « patrimoniale »

Avant toute épargne longue, la prévoyance Madelin (article 154 bis du CGI). L'ostéopathie est un métier physique — dos, mains, poignets, station debout prolongée — et la couverture invalidité-décès de la CIPAV est faible. Surtout, aucune indemnité journalière de l'Assurance maladie ne prendra le relais d'un arrêt long. Les cotisations sont déductibles du bénéfice dans un plafond de l'ordre de 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS). On vérifie la définition de l'invalidité — idéalement professionnelle, adaptée au geste — et le délai de carence. À approfondir avec notre guide prévoyance Madelin du professionnel libéral.

Pas de filet : la prévoyance n'est pas une option

Sans indemnités journalières de l'Assurance maladie au-delà du socle, un arrêt prolongé = un revenu à zéro. C'est pourquoi, chez l'ostéopathe, la première « dépense patrimoniale » n'est pas un placement, c'est la prévoyance. On sécurise le revenu avant de chercher à l'optimiser.

Le régime fiscal et la résidence principale

Au démarrage, le micro-BNC suffit le plus souvent : abattement forfaitaire de 34 %, seuil de recettes porté à 83 600 € en 2026. L'ACRE peut alléger les cotisations en début d'activité (conditions 2026 à confirmer) — à ne pas confondre avec les aides conventionnelles à l'installation, qui n'existent pas pour l'ostéopathe non conventionné. La résidence principale reste l'objectif de fond. Le détail du choix de régime dans notre guide statut de l'ostéopathe : micro-BNC ou réel.

Le PER, lui, attend

À TMI 11 %, le PER rapporte peu : déduire un versement n'économise que 11 % d'impôt, et cet avantage est en grande partie repris à la sortie (les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux), le tout en bloquant l'argent jusqu'à la retraite. On lui préfère l'assurance-vie et le PEA, souples et disponibles. Au micro-BNC, notez que le PER se déduit du revenu global via l'article 163 quatervicies (et non du bénéfice). On y revient au §9.

Aller plus loin : l'ACRE n'est pas une aide à l'installation

Ne confondez pas deux dispositifs souvent mélangés. L'ACRE est une exonération partielle et dégressive de cotisations sociales en début d'activité, ouverte à tous les créateurs d'entreprise (conditions et durée 2026 à confirmer auprès de l'Urssaf) : elle allège vos charges, pas votre impôt. Les aides conventionnelles à l'installation versées par l'Assurance maladie ou l'ARS en zone sous-dotée, elles, n'existent que pour les professions conventionnées (kiné, infirmier, orthophoniste) : l'ostéopathe, non conventionné, n'y a jamais droit. La seule aide fiscale à l'installation qu'il peut viser est le zonage France Ruralités Revitalisation.

§ 5PHASE 2 · 32-45 ANS·4 MIN

32-45 ans — L'installation confirmée : structurer et investir

Le cabinet tourne, la patientèle est constituée, les revenus se stabilisent et montent. C'est la phase où l'on passe de la défense à la construction : on optimise le régime fiscal, et surtout on commence à investir.

Arbitrer micro et réel : le réel devient souvent gagnant

La bascule micro → réel n'a rien de subjectif : on passe à la déclaration contrôlée n° 2035 dès que les frais réels dépassent 34 % des recettes. Or, à l'installation, l'ostéopathe franchit vite ce seuil : loyer du cabinet, table d'ostéopathie, matériel acheté toutes taxes comprises (pas de récupération de TVA), aménagement, véhicule, emprunt. Et surtout, s'il a racheté une patientèle, celle-ci est amortissable lorsqu'elle a été acquise entre 2022 et 2025 (dispositif temporaire de l'article 39, clos pour les acquisitions postérieures au 31/12/2025) : un amortissement déductible qui pèse lourd dans la bascule. C'est l'inverse de l'orthophoniste, qui reste au micro. On creuse le calcul dans nos guides statut de l'ostéopathe et installation et rachat de cabinet.

L'immobilier : le levier patrimonial central

Faute de levier société à ce niveau de revenus, l'immobilier devient le cœur du patrimoine de l'ostéopathe. Deux montages, deux logiques opposées — et surtout deux taux de prélèvements sociaux qu'on confond tout le temps.

LMNP meublé (régime BIC)

Points forts

  • Amortissement du bien et du mobilier : loyers quasi non fiscalisés pendant des années
  • Logique de rente : un revenu complémentaire régulier
  • Idéal pour préparer la retraite que la CIPAV ne couvrira pas

Points de vigilance

  • Loyers meublés soumis à 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026
  • Réintégration des amortissements à la revente (réforme « Le Meur »)

Déficit foncier (location nue)

Points forts

  • Travaux imputables jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global (21 400 € en rénovation énergétique)
  • Réduction d'impôt immédiate, puissante à TMI 30 ou 41 %
  • Revenus fonciers et plus-value à 17,2 % de PS seulement

Points de vigilance

  • Pas d'amortissement : les loyers nus restent imposables ensuite
  • Engagement de location nue à respecter

Le LMNP est une logique de rente ; le déficit foncier, une logique de réduction d'impôt immédiate. Le choix dépend de votre TMI et de votre horizon. On déroule le calcul dans notre guide ostéopathe et immobilier : LMNP et déficit foncier, complété par l'immobilier du professionnel libéral, les SCPI et le crédit in fine pour le LMNP.

AV, PEA et PER selon la TMI

En parallèle, on remplit l'assurance-vie (PS 17,2 %, abattement de transmission de 152 500 € par bénéficiaire au titre de l'article 990 I) et le PEA (exonération d'IR après 5 ans, PS 18,6 %, plafond 150 000 €). Le PER n'entre en jeu que si la TMI le justifie déjà (plafond 154 bis : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, soit au maximum ≈ 88 911 € en 2026). Les versements doivent rester libres, pour s'adapter à des revenus variables. Tout le détail : nos guides placements de l'ostéopathe et PER ostéopathe.

§ 6PHASE 3 · 45-58 ANS·3 MIN

45-58 ans — La maturité : maximiser l'épargne longue

C'est le sommet : revenus au plus haut, TMI au plus haut, donc capacité d'épargne au plus haut — la décennie où se construit pour de bon le capital privé qui compensera la CIPAV.

Maximiser le PER — mais pas seul

À TMI 30 ou 41 %, le PER devient un levier de premier plan : l'économie d'impôt à l'entrée (30 à 41 %) dépasse largement la fiscalité de sortie, souvent à une tranche plus basse. C'est précisément ce que réclame une retraite CIPAV faible. Mais soyons honnêtes : le seul plafond PER ne suffit pas pour viser un complément confortable. Il faut combiner PER + assurance-vie/PEA + immobilier. À titre indicatif, viser un complément régulier suppose souvent un capital de l'ordre de 300 000 à 400 000 € (selon un taux de conversion en rente de 3,5 à 4,5 %, hypothèses à afficher et au conditionnel). Le détail dans notre guide PER ostéopathe.

Note de méthode : comment lire les projections de ce guide

Les ordres de grandeur de capital, de rente ou de rendement cités ici (300 000 à 400 000 €, 3,5 à 4,5 %, etc.) sont des hypothèses de travail, pas des promesses. Un rendement passé ne préjuge jamais d'un rendement futur, et tout investissement comporte un risque de perte en capital. L'objectif n'est pas de prédire un chiffre exact mais de fixer un cap d'effort d'épargne: combien mettre de côté, à partir de quel âge, pour ne pas dépendre d'une seule pension CIPAV. Le chiffrage précis se cale en bilan, sur votre bénéfice réel, votre horizon et votre tolérance au risque.

L'immobilier de rendement : le troisième étage

On consolide le patrimoine immobilier : LMNP de rente, SCPI (revenus fonciers, PS 17,2 %), éventuellement financées à crédit. C'est ce troisième étage qui, à la retraite, génère un revenu complémentaire à vie pour compenser la pension obligatoire. Vue d'ensemble dans l'immobilier du professionnel libéral.

Anticiper la transmission du cabinet

La patientèle est un actif : un droit de présentation dont la cession est licite (Cour de cassation, 1ré chambre civile, 7 novembre 2000, n° 98-17.731), sous réserve de préserver la liberté de choix du patient. C'est dès cette phase qu'on prépare la valorisation, la clause de présentation et de non-concurrence, et le calendrier de sortie. Le détail dans nos guides céder son cabinet et la plus-value professionnelle et installation et rachat de cabinet.

La CIPAV ne fera pas le travail à votre place

C'est la décennie où votre capital privé se construit pour de bon. Chaque euro d'épargne longue placé maintenant est un euro de pension que la CIPAV ne vous versera jamais — et que vous vous versez vous-même.

§ 7PHASE 4 · 58-67 ANS·4 MIN

58-67 ans — La fin de carrière : céder et vivre du capital

Trente ans de cabinet se referment ici. On cède la patientèle — le plus souvent sans impôt —, on liquide la CIPAV, et on bascule sur le capital qu'on s'est construit faute de pension suffisante.

Céder la patientèle : trois exonérations possibles

La plus-value de cession de la patientèle est une plus-value professionnelle. Trois dispositifs peuvent l'effacer, et l'ostéopathe à recettes modérées est souvent éligible au premier :

  • Article 151 septies — exonération totale si les recettes sont ≤ 90 000 € (dégressive jusqu'à 126 000 €), activité exercée depuis ≥ 5 ans. Elle efface l'IR et les prélèvements sociaux. Fréquent chez l'ostéopathe.
  • Article 238 quindecies — exonération totale si la valeur de cession est ≤ 500 000 € (dégressive jusqu'à 1 000 000 €).
  • Article 151 septies A (départ en retraite) — IR exonéré, mais prélèvements sociaux de 18,6 % DUS ; cessation et liquidation des droits dans les 24 mois.

Plus-value professionnelle de cession (hors exonération)

PV pro long terme = 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS = 31,4 %

(le 151 septies A exonere l'IR mais PAS les 18,6 % de PS)
  • IR sur PV long terme :12,8 % (PFU, art. 200 A CGI)
  • Prélèvements sociaux 2026 :18,6 % (plus-value professionnelle)
  • Total hors exonération :31,4 %

Attention : une cession de patientèle est une plus-value PROFESSIONNELLE → 18,6 % de PS, jamais 17,2 %. Le 151 septies A (départ retraite) n'est pas une exonération totale : il laisse les 18,6 % dus.

Les droits d'enregistrement (article 719 : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà) sont à la charge de l'acquéreur, pas du cédant — et peuvent être réduits ou exonérés, sous conditions, en zone France Ruralités Revitalisation. Le détail dans nos guides installation et rachat de cabinet et ostéopathe en zone FRR.

Le piège : les amortissements réintégrés

Les amortissements déduits sur une patientèle rachetée ou un bien LMNP sont réintégrés dans la plus-value à la revente. Pour le LMNP des particuliers, c'est la logique de la réforme « Le Meur » (article 150 VB III, cessions à compter du 15/02/2025) : l'avantage de l'amortissement est en partie repris au moment de la vente. Ça se chiffre en amont, avec votre comptable, au moment de fixer le prix de cession — pas en découvrant la facture chez le notaire.

Liquider la CIPAV et vivre du capital

La liquidation intervient à 64 ans (âge légal) ou 67 ans (taux plein automatique), pour 172 trimestres. Le taux de remplacement reste bas — une estimation prudente, jamais un chiffre officiel. C'est ici que tout le capital constitué prend le relais : assurance-vie, PER, PEA et immobilier de rendement doivent compenser une pension obligatoire insuffisante. La sortie du PER se fait en capital (part versements au barème de l'IR, part gains au PFU 12,8 % + PS 18,6 %) ou en rente. C'est exactement le scénario que les trois phases précédentes préparaient. On déroule la mécanique dans nos guides retraite CIPAV de l'ostéopathe et PER ostéopathe.

§ 8CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois cas chiffrés : Hugo (28), Marc (45), Sylvie (62)

Trois ostéopathes, trois âges, trois priorités opposées. Les montants sont des illustrations 2026, à recalculer pour votre situation.

Cas n°1 — Hugo, 28 ans, qui démarre · BNC 35 000 € · TMI 11 %

Régime : micro-BNC (frais < 34 % la première année). Base imposable = 35 000 × 66 % = 23 100 €.

Priorités : une prévoyance Madelin (arrêt, invalidité, décès — métier physique) et une épargne de précaution d'environ 6 mois (~9 000 €) sur livret ou AV.

PER écarté : à TMI 11 %, déduire le plancher de 4 806 € n'économise qu'environ 529 € d'impôt, repris pour partie à la sortie (PS 18,6 % sur les gains), pour un argent bloqué jusqu'à la retraite. On oriente vers AV et PEA. La leçon : sans filet conventionnel, la prévoyance est la première « dépense patrimoniale » d'Hugo.

Cas n°2 — Marc, 45 ans, installé · BNC 60 000 € · TMI 30 %

Régime : réel (cabinet, matériel, amortissements). Plafond PER 154 bis = 10 % × 60 000 + 15 % × (60 000 − 48 060) = 6 000 + 1 791 = 7 791 €/an.

Action : un versement PER de 6 000 € → économie d'IR ≈ 6 000 × 30 % = 1 800 €. En parallèle, un déficit foncier (travaux) imputable jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global (PS 17,2 %), ou un LMNP (loyers peu fiscalisés, PS 18,6 %).

La pile : prévoyance maintenue → PER → immobilier. Faute de levier société, c'est cet empilement qui construit le patrimoine de Marc.

Cas n°3 — Sylvie, 62 ans, fin de carrière · recettes 70 000 € · patientèle ~30 000 €

Cession : recettes < 90 000 € → article 151 septies = exonération TOTALE de la plus-value, IR et prélèvements sociaux compris. C'est le cas le plus fréquent.

Comparaison : si elle passait plutôt par le 151 septies A (départ retraite), l'IR serait exonéré mais les PS de 18,6 % resteraient dus, soit ≈ 30 000 × 18,6 % = 5 580 €— d'où l'intérêt de privilégier le 151 septies quand on y est éligible.

Côté acquéreur : droits d'enregistrement (719) = 3 % sur les 7 000 € au-delà de 23 000 € = 210 € (à la charge de l'acheteur, pas de Sylvie). La suite : pension CIPAV faible → le capital épargne et l'immobilier (AV, PER, SCPI) prennent le relais. La compensation, démontrée.

§ 9LE BON RÉFLEXE·2 MIN

Le bon réflexe : PER à TMI haute, AV/PEA à TMI basse

C'est l'arbitrage que l'on refait à chaque versement. Le PER ne « rapporte » que votre TMI à l'entrée : à 11 %, l'avantage est faible et largement repris à la sortie, et l'argent reste bloqué jusqu'à la retraite. À 30-41 %, l'équation s'inverse et le PER devient le meilleur levier pour compenser la CIPAV.

À TMI basse, l'assurance-vie gagne presque toujours : prélèvements sociaux à 17,2 % (contre 18,6 % sur les gains du PER), abattement de 4 600 / 9 200 € après 8 ans, souplesse totale (pas de blocage) et transmission optimisée (152 500 € par bénéficiaire). Le PEA complète pour les actions européennes (exonération d'IR après 5 ans).

Plafond PER de l'article 154 bis pour un bénéfice de 60 000 €

Plafond = 10 % × 60 000 + 15 % × (60 000 − 48 060)
        = 6 000 + 15 % × 11 940
        = 6 000 + 1 791
        = 7 791 €
  • PASS 2026 :48 060 € (arrêté du 22/12/2025)
  • 10 % du bénéfice :6 000 €
  • 15 % de la fraction (1 à 8 PASS) :1 791 €
  • Plafond total :7 791 €

Source : art. 154 bis CGI. Plancher minimal de 4 806 € (10 % du PASS) si le bénéfice est faible. À TMI 11 %, ce plafond n'a guère d'intérêt ; à TMI 30-41 %, il devient un levier puissant.

Le détail de cet arbitrage dans nos guides PER ostéopathe, placements de l'ostéopathe, plan d'épargne retraite et assurance-vie.

§ 10L'ABOUTISSEMENT·2 MIN

La cession, aboutissement de toute la feuille de route

Tout finit par là : revendre sa patientèle, la cession. Et la bonne nouvelle, c'est que pour la majorité des ostéopathes, la plus-value de patientèle sort le plus souvent exonérée d'impôt sur le revenu— et même de prélèvements sociaux via l'article 151 septies, quand les recettes restent sous 90 000 €.

Mais l'exonération tient à un calendrier serré, et une erreur de date la fait sauter. Cinq ans minimum d'activité pour le 151 septies. Vingt-quatre mois entre la cessation et la liquidation des droits pour le 151 septies A. Une valorisation et des clauses (présentation, non-concurrence) à préparer en amont. Et des droits d'enregistrement (719) qui pèsent sur l'acquéreur, donc sur le prix qu'il peut payer. Concrètement, on en parle dès 55-58 ans, pas l'année du départ.

Le modèle de cession et de valorisation est détaillé dans nos guides installation et rachat de cabinet d'ostéopathe et céder son cabinet et la plus-value du professionnel libéral ; le cas d'une autre profession de santé, à titre de comparaison de méthode, dans la cession de patientèle du médecin généraliste.

Hagnéré Patrimoine

Préparer une cession exonérée, dans le bon calendrier

Un CGP indépendant vérifie le seul chiffre qui décide de l'exonération — vos recettes — et la fenêtre de 24 mois après l'arrêt, pour ne pas la rater d'un trimestre, et choisit avec vous le bon dispositif (151 septies, 238 quindecies ou 151 septies A).

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 11GARDE-FOUS·3 MIN

Les garde-fous : CIPAV, TVA, statut, seuils de cession

Voici les confusions qu'on corrige le plus souvent en rendez-vous avec des ostéos — celles qui coûtent un redressement ou une exonération perdue.

Les garde-fous essentiels de l'ostéopathe libéral : la règle correcte, l'erreur à éviter.
SujetLa règle correcteL'erreur à éviter
Caisse de retraiteCIPAV (art. L. 640-1 CSS)CARPIMKO / CARCDSF / CARMF
Régime ASVAucun (non conventionné)Croire à un étage ASV comme le kiné
Filet conventionnelAucun (pas d'IJ Assurance maladie, pas d'aide ARS)Compter sur une aide CPAM/ARS à l'installation
TVA des soinsExonérée (261, 4-1°) → achats supportés TTCPenser pouvoir récupérer la TVA
Micro-BNCSeuil 83 600 € en 2026, abattement 34 %77 700 € (ancien seuil)
PS cession patientèle18,6 % (plus-value professionnelle)17,2 %
151 septies AIR exonéré, PS 18,6 % DUSExonération totale
151 septies (seuils)Recettes 90 000 / 126 000 € (services)250 000 / 350 000 € (commerce)

Le mythe de l'équivalence avec le kiné

Ostéopathe et kinésithérapeute sont tous deux en BNC, mais ce ne sont pas les mêmes règles. L'ostéopathe cotise à la CIPAV (pas à la CARPIMKO), n'est pas conventionné (donc pas d'ASV, pas d'indemnités journalières de l'Assurance maladie au-delà du socle, pas d'aide ARS), et c'est une profession à titre réglementé qui n'entre pas dans le champ « profession de santé » du Code de la santé publique. Recopier la stratégie d'un kiné sur un ostéopathe, c'est se tromper de caisse et surestimer son filet de sécurité.

En revanche, le psychologue libéral partage le même profil structurel que l'ostéopathe : profession à titre protégé, affiliée à la CIPAV pour sa retraite et dont les soins sont exonérés de TVA (article 261, 4-1°). Pour une feuille de route patrimoniale parallèle sur une profession voisine, voyez notre guide gestion de patrimoine du psychologue libéral.

TVA : exonéré ne veut pas dire récupérer

Les soins de l'ostéopathe sont exonérés de TVA (article 261, 4-1°). Conséquence concrète et désavantageuse : comme vous ne collectez pas de TVA, vous n'en récupérez aucune sur vos achats. Votre table, votre matériel, vos consommables vous coûtent leur prix toutes taxes comprises. Le seuil de la franchise en base (article 293 B, de l'ordre de 37 500 € pour les services — à vérifier 2026) ne concerne que d'éventuelles ventes accessoires hors soin, pas vos consultations. Le détail dans notre guide statut de l'ostéopathe.

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Sources et références légales

  • Le régime fiscal du BNC de l'ostéopathe : micro ou réel

    Art. 92 et 102 ter CGI (BNC et micro-BNC : abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €, seuil de recettes porté à 83 600 € en 2026). Art. 96, 97 et 93 CGI (déclaration contrôlée n° 2035, détermination du bénéfice). Art. 39, 1-2° al. 3 CGI (amortissement temporaire d'une patientèle acquise entre 2022 et 2025). On bascule au réel dès que les frais réels dépassent 34 % des recettes — fréquent chez l'ostéopathe à l'installation, où le réel est souvent gagnant. Seuil micro-BNC 2026 à confirmer à la source.

  • L'épargne par âge : assurance-vie, PEA, PER et prévoyance Madelin

    Art. 990 I CGI (assurance-vie : abattement de transmission de 152 500 € par bénéficiaire, prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %). Art. L. 221-30 du Code monétaire et financier (PEA : plafond 150 000 €, exonération d'IR après 5 ans, PS 18,6 %). Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, plancher 4 806 €, soit ≈ 7 791 € pour un bénéfice de 60 000 € ; cotisations de prévoyance et de santé Madelin déductibles, cap de l'ordre de 11 534 € en 2026 ; PS 18,6 % sur les gains du PER à la sortie). Art. 163 quatervicies CGI (PER déduit du revenu global au micro-BNC, report des plafonds). Art. 156, I-3° CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 €). Art. 39 et 39 C CGI (LMNP, amortissement). Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 €.

  • La cession de patientèle : exonérations de plus-value professionnelle

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes : prestations de services totalement exonérées sous 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans ; efface l'IR et les prélèvements sociaux). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale sous 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 151 septies A CGI (départ en retraite : IR exonéré, prélèvements sociaux 18,6 % dus, cessation et liquidation des droits dans les 24 mois). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur : 0 / 3 / 5 %). Cass. 1ré civ. 07/11/2000 n° 98-17.731 (licéité de la cession de patientèle civile). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 %). Seuils 2026 à confirmer à la source.

  • CIPAV, TVA, zones aidées et prélèvements sociaux 2026

    L'ostéopathe relève de la CIPAV (art. L. 640-1 du Code de la sécurité sociale), jamais de la CARPIMKO, de la CARCDSF ni de la CARMF ; pas de régime ASV (non conventionné) ; valeurs de point et de cotisation 2026 à confirmer sur lacipav.fr. Art. 261, 4-1° CGI (exonération de TVA des soins → achats supportés TTC, sans récupération) ; art. 293 B CGI (franchise en base, ventes accessoires hors soin seulement). Art. 44 quindecies A CGI (France Ruralités Revitalisation depuis le 01/07/2024, distinct des aides conventionnelles ARS/CPAM qui ne concernent PAS l'ostéopathe non conventionné). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur les plus-values professionnelles de cession de patientèle, les gains du PER, le PEA et les loyers meublés ; 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre situation : le plafond PER de l'article 154 bis, le point de bascule micro-BNC / réel, l'arbitrage entre assurance-vie, PEA et PER selon votre TMI, le choix LMNP / déficit foncier et l'éligibilité aux exonérations de plus-value (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A) dépendent de votre bénéfice, de vos recettes, de votre situation familiale et du calendrier de cession. Certains points sont signalés au conditionnel : le seuil exact du micro-BNC 2026, le seuil de franchise en base de TVA, les seuils des exonérations de plus-value, les conditions, taux et durée du dispositif France Ruralités Revitalisation (art. 44 quindecies A, distinct des aides conventionnelles à l'installation qui ne concernent pas l'ostéopathe), les valeurs de point et de cotisation CIPAV ainsi que le taux de remplacement (à confirmer sur lacipav.fr), et les conditions de l'ACRE. Données à jour au 11 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026), susceptibles d'évoluer. Le choix d'un régime fiscal, d'une prévoyance, d'une enveloppe d'épargne ou d'un investissement doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les versements sur un PER sont bloqués jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé). Les investissements comportent un risque de perte en capital et d'illiquidité.

Foire aux questions

Tout sur la gestion de patrimoine de l'ostéopathe libéral, âge par âge du début de carrière à la cession du cabinet.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des ostéopathes : pourquoi se constituer un patrimoine, quelle caisse de retraite, par où commencer, micro ou réel, la TVA, le PER, la prévoyance, l'immobilier, la cession de patientèle et l'installation en zone aidée. Réponses sourcées et à jour 2026.