Le PER de l'ostéopathe en 30 secondes : combien, comment, pour qui
Vous cotisez des milliers d'euros chaque année à la CIPAV, et pourtant le diagnostic tombe toujours pareil : votre future pension sera faible. C'est même la double peine de l'ostéopathe : un régime peu généreux et aucun filet conventionnel (pas d'allocation supplémentaire vieillesse, contrairement au kiné ou à l'orthophoniste, dont une part de retraite est financée par l'Assurance maladie). Et la question qui vous a amené ici, c'est : comment je rattrape ça ? Le levier le plus efficace pour un ostéopathe libéral, c'est le PER. Grâce à un plafond réservé aux indépendants, l'article 154 bis du CGI, vous déduisez de votre bénéfice imposable un montant qui atteint environ 7 791 €/an pour un ostéopathe à 60 000 € de BNC. Et même quand le bénéfice est modeste, un plancher de 4 806 € reste garanti. À une TMI de 30 %, déduire 6 000 €, c'est environ 1 800 € d'impôt en moins dès cette année. Avec un garde-fou de méthode : à une tranche de 11 %, le PER rapporte peu — mieux vaut alors l'assurance-vie ou le PEA.
Le PER de l'ostéopathe en 30 secondes
Vous voulez d'abord savoir à quelle pension vous attendre, et pourquoi la CIPAV est si peu généreuse pour un ostéopathe ? C'est le sujet de notre diagnostic complet de votre retraite CIPAV. Ici, on passe à la solution : comment combler ce trou avec le bon outil, au bon moment, sans plaquer un PER sur une situation qui appellerait plutôt de l'assurance-vie.
Pourquoi l'ostéopathe doit épargner plus que les autres paramédicaux
Soyons directs : à revenu égal, vous devez mettre de côté plus qu'un kiné ou un orthophoniste. Pas par excès de prudence, mais par structure. Deux faiblesses se cumulent dans votre cas.
D'abord la caisse elle-même : la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse), à laquelle l'ostéopathe exclusif est affilié au titre de l'article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale, est réputée peu généreuse : le rendement de son régime complémentaire par points est faible au regard des cotisations versées. Ensuite, et c'est le plus pénalisant : l'ostéopathe n'est pas une profession de santé conventionnée. Il exerce en honoraires libres, ses actes ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie (décret n° 2007-435 du 25 mars 2007) — et donc il ne perçoit aucune part d'allocation supplémentaire vieillesse (ASV), cette part de retraite financée par la Sécurité sociale dont bénéficient les paramédicaux conventionnés (kinés, orthophonistes affiliés à la CARPIMKO).
Le PER compense, il ne comble pas
Ça change la cible à viser. Là où un paramédical conventionné peut viser 800 à 1 000 €/mois de complément, un ostéopathe a souvent intérêt à viser 1 000 à 1 200 €/mois pour maintenir son train de vie, précisément parce que son socle obligatoire est plus mince. Le détail chiffré de cette pension faible, c'est l'objet de notre guide diagnostic de la retraite CIPAV ; ici, on chiffre la compensation.
De combien votre retraite CIPAV a-t-elle vraiment besoin d'être complétée ?
Un CGP indépendant chiffre votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, la cible de complément réaliste face à une CIPAV sans ASV, et l'enveloppe la plus pertinente à votre tranche — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Combien vous pouvez déduire : le plafond TNS art. 154 bis
C'est l'avantage de l'indépendant sur le salarié : là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus (article 163 quatervicies), l'ostéopathe en BNC au réel dispose d'un plafond spécifique TNS, l'article 154 bis du CGI, qui ajoute une seconde tranche à 15 %. Vous déduisez le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
Le plafond TNS 2026 de l'ostéopathe, du plancher au cas type
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
CAS TYPE = 10 % x 60 000
+ 15 % x (60 000 - 48 060)
= 6 000 + 1 791 = 7 791 EURPour un ostéopathe à 60 000 € de BNC, l'essentiel du plafond vient des 10 % : la majoration de 15 % ne joue qu'au-dessus du PASS. Le plancher de 4 806 € prend le relais dès que 10 % du bénéfice lui est inférieur (soit en dessous de 48 060 € de bénéfice).
La base de calcul, c'est le bénéfice de votre déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles), au titre de l'année N : le PASS retenu est celui de 2026 (48 060 €). Voici les repères à mémoriser :
| Repère 2026 | Valeur | Rôle pour l'ostéopathe |
|---|---|---|
| PASS 2026 | 48 060 € | Base de la formule (arrêté du 22/12/2025) |
| Plancher 154 bis | 4 806 € | Déduction minimale garantie, même les années creuses |
| Cas type 60 000 € de BNC | 7 791 € | 10 % × 60 000 + 15 % × (60 000 − 48 060) |
| Maximum 154 bis | 88 911 € | Atteint dès 384 480 € de bénéfice — hors de portée d'un ostéopathe |
Le plancher de 4 806 € : un filet pour les années variables
Un atout discret : le PER est hors du plafond des niches
Votre économie d'impôt selon votre BNC et votre TMI
Ligne par ligne selon votre BNC : ce que vous pouvez déduire et l'impôt économisé selon votre tranche — y compris à 11 %, pour voir honnêtement ce que le PER rapporte (et ne rapporte pas) à une tranche basse. La règle est simple : l'économie à l'entrée vaut, en pratique, votre versement × TMI.
| BNC imposable | Versement déductible retenu | Éco. à 11 % | Éco. à 30 % | Éco. à 41 % |
|---|---|---|---|---|
| 40 000 € | 4 806 € (plancher) | 529 € | 1 442 € | 1 970 € |
| 48 060 € | 4 806 € (plancher) | 529 € | 1 442 € | 1 970 € |
| 60 000 € (cas type) | 7 791 € (plafond) | 857 € | 2 337 € | 3 194 € |
| 70 000 € | 8 791 € (plafond 10 291 €) | 967 € | 2 637 € | 3 604 € |
| 80 000 € | 9 791 € (plafond 12 791 €) | 1 077 € | 2 937 € | 4 014 € |
Le détail des plafonds, pour qu'on voie d'où sortent les chiffres : à 40 000 €, 10 % font 4 000 €, donc le plancher de 4 806 € l'emporte. À 60 000 € : 6 000 + 15 % × (60 000 − 48 060) = 6 000 + 1 791 = 7 791 €. À 70 000 € : 7 000 + 15 % × 21 940 = 7 000 + 3 291 = 10 291 € de plafond maximal — mais la colonne suppose ici un versement de 8 791 € (la part « disponible » après prévoyance et trésorerie), pour rester réaliste sur un BNC d'ostéo.
Ce n'est pas une défiscalisation, c'est un report — surtout à 11 %
Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros.
Le PER est-il le bon outil pour VOTRE tranche ?
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, votre économie nette à votre tranche, et vous dira si, à votre TMI, c'est le PER ou plutôt l'assurance-vie qu'il faut charger d'abord.
Deux ostéopathes, deux stratégies : Camille et Théo
Deux cas concrets, déroulés euro par euro — et deux conclusions opposées, parce que tout se joue sur la tranche. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux d'ostéopathes libéraux installés. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — Camille, ostéopathe de 45 ans, 60 000 € de BNC (TMI 30 %) : le PER en levier de premier plan
Plafond 154 bis : 10 % × 60 000 = 6 000 €, plus 15 % × (60 000 − 48 060) = 1 791 € → 7 791 €/an.
Versement libre choisi : 6 000 € (sous le plafond, calé sur sa trésorerie en fin d'année une fois le BNC connu).
Économie d'IR : 6 000 × 30 % = 1 800 €.
Effort net réel : 6 000 − 1 800 = 4 200 €/an (≈ 350 €/mois net de poche pour 500 € placés à son nom).
Le levier du différé : à la retraite, sa pension CIPAV faible la fait probablement passer à une TMI de 11 %. La part « versements » de son capital ressortira au barème des pensions autour de 11 %, contre 30 % déduits à l'entrée : un écart de tranche d'environ 19 points, qui est le cœur du gain. Pour Camille, le PER est un levier de premier plan.
Ce que le cas de Camille chiffre (et ce qu'il ne chiffre pas)
Cas 2 — Théo, 29 ans, 32 000 € de BNC (TMI 11 %) : le PER n'est PAS la priorité
Or ces 330 € d'avantage seront repris à la sortie (sa tranche ne baissera guère, et les gains supporteront 18,6 % de PS). Pour Théo, le PER déductible n'est pas le bon premier réflexe. Ce qu'on lui dirait en rendez-vous : commencez par l'assurance-vie et le PEA, plus souples (épargne disponible, pas de blocage), sans avantage fiscal repris à la sortie, et chargez le PER plus tard, quand son revenu et sa tranche monteront. On détaille ces enveloppes dans les placements de l'ostéopathe libéral.
Camille vs Théo : pourquoi la tranche change tout
CAMILLE (TMI 30 %) | THEO (TMI 11 %) Verse 6 000 EUR | Verse 3 000 EUR - Eco. IR a 30 % -1 800 | - Eco. IR a 11 % -330 --------------------------|--------------------------- Effort net 4 200 EUR/an | Effort net 2 670 EUR/an Sortie ~11 % (ecart 19pt) | Sortie ~11 % (ecart ~0) => PER tres pertinent | => AV / PEA d'abord
Le gain du PER, c'est l'écart de tranche entre l'entrée et la sortie. Camille déduit à 30 % et ressortira à 11 % : 19 points captés. Théo déduit déjà à 11 % : il ne capte presque rien et bloque son épargne pour rien. À tranche basse, l'assurance-vie et le PEA priment.
Votre cas est-il plutôt « Camille » ou plutôt « Théo » ?
On part de votre BNC réel et de votre tranche pour trancher : PER en priorité (si 30 / 41 %) ou assurance-vie / PEA d'abord (si 11 %). Et on cale le bon rythme de versements libres, ajusté à vos revenus variables.
Micro-BNC ou réel : la voie de déduction change
Beaucoup d'ostéopathes démarrent au micro-BNC, séduits par sa simplicité — et l'ostéopathe a souvent des frais réels modérés, ce qui rend le micro fréquemment gagnant. Côté PER, votre régime d'imposition change la voie de déduction — pas le principe. Dans les deux cas, l'économie reste « versement × TMI » ; seul le plafond se calcule différemment, et le PER n'est jamais réservé au réel.
Au réel (déclaration 2035)
Vous déduisez via l'article 154 bis, directement de votre bénéfice BNC : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, jusqu'à 88 911 €. C'est la voie la plus large pour un ostéopathe. La déduction s'impute sur le revenu catégoriel BNC, avant même le calcul du revenu global.
Au micro-BNC
Le 154 bis ne s'applique pas (l'abattement de 34 % est réputé couvrir toutes les charges). Mais vous pouvez verser sur un PER et déduire du revenu global via l'article 163 quatervicies (base = bénéfice après abattement de 34 %). Ex. : 70 000 € de recettes → bénéfice micro 46 200 € → plafond ≈ 4 806 € (le plancher).
Le seuil micro-BNC 2026 et la fin de la majoration AGA
Sortir son PER : capital, rente et la fiscalité 2026
Camille déduit à 30 % pendant qu'elle exerce. À la retraite, ses revenus en baisse, elle repasse souvent à 11 %. Cet écart de tranche, c'est tout l'intérêt du dispositif. Encore faut-il regarder de près la fiscalité de sortie : elle n'est pas la même selon que vous récupérez votre épargne en capital ou en rente. La base : vous choisissez librement entre capital en une fois, capital fractionné, rente, ou un mix (article L. 224-5 du Code monétaire et financier).
La sortie en capital
Pour des versements déduits à l'entrée, le retrait en capital se lit en deux parts. La part « versements » est imposée au barème de l'IR dans la catégorie des pensions, mais sans l'abattement de 10 %. Beaucoup de simulateurs grand public se trompent ici : ils appliquent l'abattement de 10 % des salaires, qui ne joue pas pour la part versements d'un PER — vérifiez ce point avant de vous fier à une projection en ligne. Et un point en votre faveur : cette part versements échappe aux prélèvements sociaux, et le système du quotient (article 163-0 A) peut lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 %(12,8 % d'IR au titre de l'article 200 A + 18,6 % de prélèvements sociaux).
| Sortie en capital | Imposition IR | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Part « versements » (déduits à l'entrée) | Barème des pensions, sans abattement 10 % (quotient possible) | Exonérée |
| Part « gains » | PFU 12,8 % (option barème possible) | 18,6 % |
| Total sur les gains | — | PFU 31,4 % |
Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — et sur les gains seulement
La sortie en rente
En rente, pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension (rente viagère à titre gratuit, articles 79 et 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux. Pour un ostéopathe qui veut compenser une pension CIPAV faible mais régulière, une rente PER joue exactement ce rôle : un revenu à vie qui s'ajoute à la pension. Un mix est souvent pertinent — un capital partiel pour un projet (travaux, voyage), une rente pour le complément mensuel.
La vraie question : votre TMI demain sera-t-elle plus basse qu'aujourd'hui ?
Versements libres, jamais un mensuel rigide
En rendez-vous, beaucoup d'ostéopathes nous arrivent avec un mandat de versement mensuel fixe déjà signé chez un courtier, prélevé toute l'année. Pour un salarié payé tous les mois, soit. Pour un ostéopathe aux revenus variables, c'est un piège de trésorerie : votre activité connaît des creux (été calme, congés, un dos bloqué qui vous arrête trois semaines), et un prélèvement rigide peut étrangler votre trésorerieune mauvaise année, au point de vous forcer à puiser ailleurs ou à suspendre dans l'urgence.
La bonne pratique pour un ostéopathe : des versements libres annuels. Vous attendez la fin de l'année, vous connaissez votre bénéfice réel, vous mesurez votre trésorerie disponible — et seulement alorsvous décidez du montant à verser, en saturant la tranche d'imposition la plus chère sans assécher votre fonds de roulement. Une bonne année : vous chargez. Une année creuse : vous réduisez, voire vous ne versez rien — le plancher de déduction de 4 806 € (art. 154 bis) reste le minimum déductible de chaque année où vous versez réellement (il ne se reporte pas ; seuls les plafonds non utilisés se reportent, via la voie 163 quatervicies).
Le piège du mensuel fixe — et la souplesse du PER
L'argent est-il bloqué ? Les cas de sortie anticipée
La première objection au PER, en rendez-vous, porte presque toujours sur le blocage : pourrez-vous récupérer cet argent en cas de coup dur avant la retraite ? L'inquiétude est d'autant plus légitime que vos revenus sont variables. En principe, l'épargne du PER est bloquée jusqu'à la retraite. Mais la loi prévoit six portes de sortie anticipée (article L. 224-4 du Code monétaire et financier), dont plusieurs concernent directement un ostéopathe.
| Cas de déblocage anticipé (art. L. 224-4 CMF) | Concerne l'ostéopathe ? |
|---|---|
| Acquisition de la résidence principale | Soupape majeure pour le jeune ostéo acheteur |
| Invalidité (2e ou 3e cat.) du titulaire, des enfants ou du conjoint | Risque réel vu l'usure physique du métier |
| Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire | Cas concret en cas d'échec du cabinet |
| Décès du conjoint ou partenaire de PACS | Accident de la vie |
| Expiration des droits au chômage | Plutôt après une période salariée |
| Surendettement | Mesure de protection |
Le déblocage « résidence principale » : une soupape pour le jeune ostéo
Combien verser pour 1 000 à 1 200 €/mois à 67 ans
Quasiment tous les ostéopathes qu'on accompagne posent cette question, et leur cible doit être placée plus hautqu'un kiné ou un orthophoniste, précisément parce que la CIPAV, sans ASV, laissera un trou plus large. Posons les ordres de grandeur, hypothèses affichées, car ici tout dépend du rendement et de la table de conversion en rente.
De l'objectif au capital cible (ordres de grandeur)
Objectif = 1 000 a 1 200 EUR / mois
= 12 000 a 14 400 EUR / an
Capital cible ~ 300 000 a 400 000 EUR
(selon taux de conversion ~3,5 a 4,5 %)
Pour un osteopathe de 45 ans (22 ans d'epargne)
a un rendement net ~3 a 4 % / an :
effort ~ 700 a 950 EUR / mois pour viser ~350 000 EURHypothèses indicatives, à personnaliser : taux de conversion d'un capital en rente viagère, rendement net annuel et horizon. La cible est relevée par rapport à un paramédical conventionné car la retraite CIPAV de l'ostéopathe, sans ASV, est plus faible.
Comment lire ces projections (et leurs limites)
L'honnêteté qui change la stratégie : le PER seul ne suffit pas
C'est exactement le rôle d'une allocation d'épargne pensée pour la retraite. On détaille où placer chaque euro dans les placements de l'ostéopathe libéral, le rôle de l'assurance-vie comme complément du PER, celui des SCPI pour un revenu complémentaire, la place de l'immobilier de l'ostéopathe, et le calibrage de l'effort dans combien épargner sur un PER pour un complément donné.
Avant le PER : sécuriser sa prévoyance (priorité ostéo)
Avant de parler épargne à un ostéopathe, un constat s'impose : vous soignez avec votre dos, vos mains et vos poignets, et après quinze ans de manipulations, beaucoup d'ostéopathes consultent à leur tour. Lombalgies, tendinites, syndrome du canal carpien, troubles musculo-squelettiques : la dépendance physique du métier est forte, et le risque d'arrêt ou d'invalidité y est plus élevé que dans bien d'autres professions. Une incapacité, même temporaire, arrête à la fois votre revenu et votre capacité à alimenter un PER. Et chez l'ostéopathe, le filet est doublement mince : pas d'ASV, et un socle invalidité-décès CIPAV souvent forfaitaire. L'ordre n'est donc pas négociable : la prévoyance d'abord, le PER d'épargne ensuite.
Le régime invalidité-décès de la CIPAV existe, mais reste forfaitaire et souvent insuffisant pour maintenir votre train de vie en cas d'arrêt prolongé (les montants exacts sont à vérifier sur lacipav.fr). D'où la priorité à une prévoyance Madelinbien calibrée — indemnités journalières et rente d'invalidité ajustées sur votre revenu réel.
L'enveloppe prévoyance Madelin de l'ostéopathe (2026)
PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % x PASS + 3,75 % x benefice
(plafonne a 3 % de 8 PASS = 11 534 EUR)
Exemple : benefice 60 000 EUR
= 7 % x 48 060 + 3,75 % x 60 000
= 3 364 + 2 250
= 5 614 EUR (sous le plafond de 11 534 EUR)Cette enveloppe prévoyance / santé relève aussi de l'article 154 bis, mais elle est distincte du plafond retraite : elle ne grignote pas votre déduction PER. Pour un ostéopathe à 60 000 € de bénéfice, elle autorise environ 5 614 € de cotisations prévoyance / santé déductibles. Volet perte d'emploi distinct : 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASS.
Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance
Votre PER d'ostéopathe en 5 décisions
Le PER est un excellent outil pour un ostéopathe — à condition de le poser au bon moment et dans le bon ordre. La CIPAV ne vous fera pas de cadeau : votre retraite, c'est largement vous qui la construirez. Voici la synthèse de la méthode.
| Décision | La règle pour l'ostéopathe |
|---|---|
| 1. La prévoyance d'abord | Métier physique + filet CIPAV mince : indemnités journalières et rente d'invalidité avant de saturer le PER |
| 2. Le PER selon la tranche | Levier de premier plan à TMI 30 / 41 % ; à 11 %, on privilégie l'assurance-vie et le PEA, on charge le PER plus tard |
| 3. Des versements libres | Revenus variables : on verse en fin d'année, montant ajusté à l'activité ; jamais un mensuel rigide |
| 4. Combiner les enveloppes | Le PER seul ne suffit pas : PER + assurance-vie / PEA + immobilier pour viser 1 000 à 1 200 €/mois |
| 5. Le PER compense, il ne comble pas | Capitalisation par-dessus la CIPAV : aucun droit créé dans la caisse (art. L. 131-6 CSS) |
L'essentiel à retenir
Compenser votre retraite CIPAV avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, on sécurise d'abord votre prévoyance Madelin (métier physique), et selon votre tranche on vous dira lequel charger en premier — PER ou assurance-vie. On cale ensuite le rythme de versements sur vos années fortes et vos années creuses.

