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Guide avocat 202617 minMis à jour 15 juin 2026Cas chiffré 250 000 €

Avocat en SELAS : rémunération ou dividendes ? Le vrai départage avec la SELARL en 2026

Combien de confrères vous ont glissé que la SELAS, c'est la flat tax sur les dividendes, point final ? En 2026, l'argument ne tient plus : depuis le 1er janvier 2025, l'avocat qui exerce dans sa SELAS est rattrapé par la règle des 10 % exactement comme le gérant de SELARL. Ce qui sépare encore réellement les deux formes tient en trois points : le statut social du mandat (président assimilé salarié contre gérant TNS), le PFU à 31,4 %, et surtout la transmission des actions à 0,1 %. On pose les chiffres sur un bénéfice de 250 000 €, pour un avocat à 41-45 % de TMI. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

SELAS OU SELARL D'AVOCAT 2026

Trancher entre SELAS et SELARL et calibrer votre rémunération d'avocat

Audit personnalisé : statut social du mandat (assimilé salarié vs TNS), traitement réel des dividendes après la règle des 10 %, plafond PER, droits CNBF, capitalisation à l'IS et transmission des actions à 0,1 %. Modélisé à l'euro.

  • SELAS vs SELARL chiffré selon votre profil
  • Règle des 10 % et statut du mandat intégrés
  • Plafond PER et droits CNBF calculés
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

PFU DIVIDENDES

31,4 %

STATUT PRÉSIDENT

Assimilé salarié

CESSION ACTIONS

0,1 %

BÉNÉFICE DU CAS

250 000 €

RETRAITE

CNBF

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·3 MIN

L'essentiel : la SELAS d'avocat en 2026, ce qui a vraiment changé

Le verdict en 30 secondes

  • L'argument ne tient plus : depuis le 1er janvier 2025, l'avocat qui exerce dans sa SEL est en pratique rattrapé par la règle des 10 % sur ses dividendes — son application au président de SELAS assimilé salarié percevant en direct reste toutefois juridiquement débattue (§4), à sécuriser au cas par cas.
  • Le vrai départage SELAS / SELARL ne se joue plus sur les dividendes mais sur le statut social du mandat et la transmission.
  • Le président de SELAS est assimilé salarié (charges plus lourdes, meilleure protection) ; le gérant majoritaire de SELARL est TNS.
  • Le dividende sous le seuil est au PFU de 31,4 % (jamais 30 %, jamais 17,2 %) ; la cession des actions n'est taxée qu'à 0,1 %.
  • Quelle que soit la forme, votre retraite reste à la CNBF et vos honoraires à la TVA à 20 %.

« Passe en SELAS, tu sortiras tes dividendes en flat tax, sans charges. » On l'entendait encore il y a deux ans ; certains confrères le répètent par réflexe. Sauf qu'il a vécu. La SELAS — Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée — garde de vrais atouts pour l'avocat, mais pas celui-là. Cette page est un guide technique pour l'avocat déjà installé ou hésitant à passer en SELAS : elle met en lumière ce qui diffère réellement de la SELARL, montre où la SELAS perd son avantage sur les dividendes, et met un prix sur la décision pour un bénéfice de 250 000 €.

Si votre société existe déjà et que la vraie question est combien me verser, combien distribuer, combien laisser dans la société, la logique est la même que pour le gérant de SELARL : un empilement en trois couches — rémunération de train de vie, dividende calibré sous le seuil, surplus capitalisé à l'IS — que nous avons déroulé pas à pas dans notre guide réduire ses impôts en SELARL d'avocat. Ici, on se concentre sur ce que la forme SELAS change à cet arbitrage, et sur les deux endroits où elle fait vraiment la différence : le statut social du dirigeant et la transmission des titres.

Le mythe à oublier : « la SELAS sort les dividendes sans cotisations »

Vrai jusqu'à fin 2024. Plus depuis. Historiquement, la règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS) ne visait que les gérants majoritaires de SELARL, travailleurs non salariés ; le président de SELAS, assimilé salarié, y échappait et voyait ses dividendes au seul PFU. Cet avantage a disparu : depuis le 1er janvier 2025, la fraction de dividendes excédant 10 % du capital est réintégrée dans l'assiette des cotisations de l'avocat qui exerce dans la société, quelle que soit la forme de SEL (§4). Pour le calcul du seuil fraction par fraction, voyez notre guide dividendes en SELARL d'avocat et cotisations sociales.

Garde-fou

Deux invariants : la CNBF pour la retraite, la TVA à 20 %

  • Retraite : toujours la CNBF. Que vous soyez président de SELAS (assimilé salarié) ou gérant de SELARL (TNS), votre retraite d'avocat reste à la CNBF (art. L. 723-1 et s. CSS). Le statut « assimilé salarié » ne couvre que le mandat ; il ne fait jamais basculer votre retraite d'avocat au régime général des salariés.
  • TVA : 20 %. Vos honoraires sont soumis à la TVA au taux normal ; l'exonération des soins de l'art. 261-4-1° CGI vise la santé humaine et ne s'applique pas à l'avocat (§10).
§ 2STATUT SOCIAL·3 MIN

Le statut social : président de SELAS (assimilé salarié) ou gérant de SELARL (TNS)

C'est là que les deux formes commencent vraiment à diverger : ce statut commande à la fois le coût et la couverture de votre rémunération. Le président de SELAS est, pour son mandat social, assimilé salarié rattaché au régime général (art. L. 311-3 du Code de la sécurité sociale) ; le gérant majoritaire de SELARL est travailleur non salarié. Un point à ne jamais perdre de vue avant d'aller plus loin : dans les deux cas, la retraite de l'avocat relève de la CNBF.

Président de SELAS = assimilé salarié

Assimilé salarié rattaché au régime général pour son mandat (art. L. 311-3 CSS). Charges sociales nettement plus lourdes sur la rémunération nette (de l'ordre de 65 à 82 %), mais meilleure protection : régime général maladie, indemnités journalières. Pas d'assurance chômage. Sa rémunération technique relève des BNC (§3), son mandat des traitements et salaires (art. 79 et 80 ter CGI). Retraite d'avocat : CNBF.

Gérant majoritaire de SELARL = TNS

Travailleur non salarié (exclu du régime général réservé aux assimilés salariés par l'art. L. 311-3 CSS). Charges plus légères sur la rémunération (de l'ordre de 40 à 45 %), mais protection plus mince à cotisation égale. Mêmes règles BNC (§3) et même exposition à la règle des 10 % (§4). Retraite d'avocat : CNBF également.

Le piège à éviter : le président de SELAS reste à la CNBF, pas au régime général des salariés

C'est l'erreur qu'on corrige le plus souvent en rendez-vous. « Assimilé salarié » ne veut pas dire « salarié de droit commun affilié à la retraite du régime général ». Le rattachement au régime général au titre du mandat de président couvre l'assurance maladie et les accidents du travail du mandat ; il ne déplace jamais votre retraite d'avocat. Pour son activité libérale d'avocat, le président de SELAS reste affilié à la CNBF (art. L. 723-1 et s. CSS), comme tout avocat inscrit au barreau. Dit autrement : Urssaf pour le mandat, CNBF pour la retraite et la prévoyance de l'avocat — une double affiliation qui ne fabrique pas de trimestres au régime général des salariés. Le fonctionnement détaillé de la caisse figure dans notre guide la retraite de l'avocat à la CNBF.

Ordres de grandeur pédagogiques pour les charges (pas des taux légaux : ils dépendent du niveau de revenu et de la dégressivité au-delà des plafonds). L'invariant : la retraite d'avocat est à la CNBF dans les deux cas.
CritèrePrésident de SELASGérant majoritaire de SELARL
Régime du mandatAssimilé salarié (régime général, art. L. 311-3 CSS)Travailleur non salarié (TNS)
Charges sur la rémunérationLourdes (~65-82 % du net)Plus légères (~40-45 %)
Protection socialeRégime général : maladie, IJPlus mince à cotisation égale
Assurance chômageNonNon
Plafond PERArt. 163 quatervicies (~37 680 €)Art. 154 bis (jusqu'à 88 911 €)
Retraite d'avocatCNBFCNBF

La CNBF (Caisse Nationale des Barreaux Français) est un régime autonome, propre aux avocats, hors CNAVPL. Son régime de base combine une cotisation forfaitaire selon l'ancienneté (de l'ordre de 363 € la première année à 1 988 € à partir de la sixième en 2026) et une cotisation proportionnelle de 3,20 % du revenu net (assiette plafonnée à 297 549 €). Le régime complémentaire fonctionne par classes (C1, C2, C2+), en transition vers une classe unique en 2029, le choix de classe se faisant en début d'année. Ces cotisations étant assises sur le revenu d'activité, seule la rémunération les alimente ; le dividende, jamais (§6).

Hagnéré Patrimoine

SELAS ou SELARL : laquelle pour votre profil ?

Un CGP compare le coût des charges, la protection sociale, le plafond PER et la transmission selon votre TMI et votre besoin de couverture — puis chiffre la rémunération de président qui en découle.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3RÉMUNÉRATION EN BNC·2 MIN

La rémunération du président de SELAS : BNC et fin de l'abattement de 10 %

Avant même de parler dividendes, la première couche — la rémunération — a connu en 2025 un changement que beaucoup de cabinets n'ont pas encore répercuté, et il vaut autant pour la SELAS que pour la SELARL. Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération de votre activité libérale (la prestation d'avocat elle-même : plaidoirie, conseil, rédaction d'actes) n'est plus imposée en traitements et salaires, mais en bénéfices non commerciaux (art. 92 CGI). Vous y perdez l'abattement forfaitaire de 10 %, remplacé par les frais réels en déclaration contrôlée 2035.

Le rescrit BOI-RES-BNC-000136 l'a acté, l'arrêt du Conseil d'État l'a scellé : par sa décision du 8 avril 2025 (CE, 8e-3e ch., n° 492154), il a confirmé la qualification BNC et annulé la tolérance des 5 % qui figurait dans la doctrine BOI-RSA-GER-10-30. Seule la rémunération du mandat de président (la fonction de direction de la société) reste imposée dans la catégorie des traitements et salaires (art. 79 et 80 ter CGI) — c'est en SELARL que le mandat du gérant majoritaire relève de l'article 62 CGI. La ventilation entre la part « technique » (BNC) et la part « mandat » doit désormais être justifiée individuellement et factuellement, et non plus par une clé forfaitaire — c'est le point à sécuriser dès la paie, avec votre expert-comptable.

Exemple : comment se ventile une rémunération de 120 000 € en SELAS

Maître Léa se verse 120 000 € au titre de son activité dans la SELAS. La quasi-totalité — disons 110 000 € — correspond à son travail d'avocate (plaidoirie, conseil, actes) : elle relève des BNC (art. 92 CGI), déclarée en 2035, frais réels déduits, sans l'abattement de 10 %. Le solde — disons 10 000 € — rémunère sa fonction de présidente (direction, représentation de la société) : il reste en traitements et salaires (art. 79 et 80 ter CGI). Depuis l'arrêt du Conseil d'État, cette ventilation ne peut plus s'appuyer sur une clé forfaitaire de 5 % : elle doit être justifiée par les faits (mandat réellement exercé, temps, responsabilités), procès-verbaux et fiches de mission à l'appui. À verrouiller dès la première fiche de paie : demandez à votre expert-comptable de documenter la ventilation.

Identique en SELARL et en SELAS — et c'est une réforme distincte des dividendes

La requalification de la rémunération technique en BNC ne fait aucune différence entre SELARL et SELAS : elle concerne tous les associés qui exercent en SEL. Et elle ne touche jamais les dividendes : il n'existe aucune « requalification de dividendes en BNC ». Ce sont deux réformes séparées : l'une est fiscale (la rémunération technique passe en BNC), l'autre est sociale (la fraction de dividendes > 10 % bascule en cotisations, §4). Si vous hésitez encore à franchir le pas de la société, voyez notre comparatif faut-il passer du BNC à la SEL ?.
§ 4DIVIDENDES & RÈGLE DES 10 %·3 MIN

Les dividendes du président de SELAS : PFU 31,4 % et règle des 10 % — en SELAS aussi

Sous le seuil des 10 % : le seul PFU à 31,4 %, pas 30 %

« Flat tax à 30 % » : la formule traîne encore partout. En 2026, le compte est faux. La LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Le PFU des dividendes n'est donc plus à 30 %, mais à 31,4 % (12,8 % d'IR au titre de l'art. 200 A CGI + 18,6 % de prélèvements sociaux). Et un dividende n'est jamais à 17,2 % : ce taux réduit de PS vise l'assurance-vie, les contrats de capitalisation, le foncier nu et les plus-values immobilières. Le dividende n'est par ailleurs pas déductible de l'IS : il sort du bénéfice après impôt sur les sociétés.

La règle des 10 % en 30 secondes

  • Sous le seuil (10 % du capital libéré + primes + solde moyen du CCA) : le dividende est au seul PFU de 31,4 %, sans cotisations.
  • Au-dessus : la fraction excédentaire bascule dans l'assiette des cotisations (art. L. 131-6 et L. 136-3 CSS) + l'IR au barème — le triple empilement.
  • Depuis le 1er janvier 2025, cela vaut pour l'avocat qui exerce dans la SEL, quelle que soit la forme — fin de l'avantage SELAS.
  • Sur un capital de constitution faible, le seuil est minuscule : la bonne réponse n'est pas de forcer le dividende, mais de capitaliser le surplus à l'IS (§7).

La règle des 10 % (art. L. 131-6 et L. 136-3 CSS) — applicable à l'associé de SEL qui exerce

Dividendes + interets de CCA verses a l'avocat
qui EXERCE dans la SEL (SELAS ou SELARL) :

  • Fraction <= 10 % de (capital social libere
      + primes d'emission + solde moyen du CCA)
        ->  PFU 31,4 %  (pas de cotisations)

  • Fraction > 10 %  (art. L. 131-6 et L. 136-3 CSS)
        ->  reintegree dans l'assiette des
           COTISATIONS (~40-45 %) + IR au bareme
  • Capital + primes :appréciés au dernier jour de l'exercice précédant la distribution
  • CCA :compte courant d'associé, retenu pour son solde moyen annuel
  • Exemple :capital 10 000 € + CCA moyen 20 000 € → seuil = 10 % × 30 000 = 3 000 € au PFU avant cotisations

L'assiette du seuil n'est PAS le seul capital social : c'est capital libéré + primes d'émission + solde moyen du CCA. Sur un capital faible, le seuil est modeste — d'où l'intérêt de plutôt capitaliser le surplus à l'IS (§7).

Au-delà du seuil : la fraction cotisée — oui, en SELAS aussi

Et c'est ici que l'avantage SELAS s'effondre. Jusqu'à fin 2024, la fraction « haute » des dividendes du président de SELAS échappait aux cotisations, car la règle des 10 % ne visait que les TNS. Ce temps est révolu. La LFSS 2024 (loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023) a refondu l'assiette sociale (art. L. 131-6 et L. 136-3 CSS, le seuil des 10 % figurant désormais à l'art. L. 136-3) : la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant est réintégrée dans l'assiette des cotisations de l'avocat associé qui exerce dans la société, à compter du 1er janvier 2025. Le critère mis en avant n'est pas « assimilé salarié ou TNS » mais le fait d'exercer son activité libérale d'avocat dans la SEL — ce qui emporte l'affiliation à la CNBF. Une réserve toutefois : ces textes visent à la lettre les travailleurs indépendants, et l'administration elle-même (réponse ministérielle au Sénat du 27 février 2025) considère à ce stade que le dispositif vise les seuls TNS — l'application au président de SELAS assimilé salarié qui perçoit ses dividendes en direct reste donc juridiquement contestée (voir l'encadré ci-dessous).

Ce qui a tué l'avantage SELAS sur les dividendes

Sur un capital faible — la norme dans les SEL d'avocats constituées au minimum — l'immense majorité d'une grosse distribution est cotisée, en SELAS comme en SELARL. « Sortir tout en dividendes » ne fait plus échapper aux charges. Une nuance honnête toutefois : la portée du dispositif en cas de distribution directe au président détenant ses titres en propre reste techniquement débattue (l'application la plus assurée vise les dividendes remontés via une SPFPL). Dans le doute, mieux vaut raisonner comme si le président de SELAS était soumis à la même règle que le gérant majoritaire de SELARL. Le calcul du seuil fraction par fraction est détaillé dans dividendes en SELARL d'avocat et cotisations sociales.

Reste la tentation d'interposer une SPFPL pour faire écran : elle ne tient pas non plus. La Cour de cassation l'a tranché dans son arrêt du 19 octobre 2023 (Cass. 2e civ. n° 21-20.366, publié au bulletin) : les bénéfices de la SEL où le travailleur indépendant exerce entrent dans l'assiette de ses cotisations même distribués à la SPFPL qui détient le capital, « peu important leur perception effective ». La holding ne fait pas écran sur le plan social — elle garde tout son intérêt pour réinvestir et transmettre (§7), pas pour effacer la règle des 10 %. Tout le mécanisme, avec le numéro et la portée de l'arrêt, est détaillé dans notre guide SPFPL d'avocat : pourquoi vos dividendes sont soumis aux cotisations.

§ 5SELAS OU SELARL·2 MIN

SELAS ou SELARL : ce qui les départage vraiment en 2026

Puisque le traitement des dividendes a convergé, le choix de la forme se joue désormais ailleurs : sur le statut social du mandat, le plafond PER, la transmission des titres et la souplesse statutaire. Le départage, critère par critère :

Le traitement des dividendes (règle des 10 %) ne sépare plus les deux formes. L'arbitrage se joue sur le couple coût des charges / couverture sociale, le plafond PER, la transmission et la souplesse.
CritèreSELAS (président)SELARL (gérant majoritaire)
Statut du mandatAssimilé salarié (régime général)Travailleur non salarié (TNS)
Charges sur la rémunérationPlus lourdes (~65-82 %)Plus légères (~40-45 %)
Protection socialeMeilleure (régime général, IJ)Plus mince à cotisation égale
Dividendes > 10 %Cotisés (depuis 2025)Cotisés
Plafond PER163 quatervicies (~37 680 €)154 bis (jusqu'à 88 911 €)
Cession des titresActions : 0,1 % (art. 726, I, 1°)Parts : 3 % (art. 726, I, 1° bis)
Souplesse statutaireÉlevée (forme SAS)Plus encadrée (forme SARL)
Retraite d'avocatCNBFCNBF

Le verdict nuancé : pas de gagnant absolu

Aucune des deux formes ne gagne sur tous les tableaux. La SELAS l'emporte sur la souplesse statutaire (gouvernance SAS, entrée d'associés, actions de préférence) et surtout sur la transmission : céder des actions coûte 0,1 % de droits, contre 3 % pour des parts de SELARL (§9). La SELARL l'emporte sur le coût des charges de rémunération (TNS ~40-45 % contre ~65-82 % pour l'assimilé salarié) et sur le plafond PER (154 bis jusqu'à 88 911 € contre ~37 680 € pour le président). Le bon choix dépend de votre besoin de couverture sociale, de votre TMI et de votre horizon de cession. Pour replacer ce choix dans la stratégie d'ensemble, voyez notre hub optimisation fiscale de l'avocat et la méthode générale en société dans SEL : salaire ou dividendes.
§ 6CE QUE LA RÉMU ACHÈTE·2 MIN

Ce que seule la rémunération achète : CNBF, PER et prévoyance

En rendez-vous, le débat se réduit presque toujours au net après impôt du mois. C'est l'angle mort du raisonnement : le net du mois, on le voit ; ce que la rémunération bâtit sur vingt ans, non — et c'est pourtant là que tout se joue, là où le dividende, lui, ne compte pour rien. Un dividende de 60 000 € sortis ce soir ne pèse pas un gramme dans la retraite CNBF de Maître Camille dans vingt ans : ni trimestre validé, ni point complémentaire acquis, ni indemnité journalière le jour où elle tombe malade, ni le moindre euro de plafond PER.

Mémo express

Ce que seule la rémunération construit

  • La retraite CNBF : trimestres et points alimentés par la cotisation de base (forfaitaire + proportionnelle de 3,20 %) et le régime complémentaire par classes (C1, C2, C2+), tous deux assis sur le seul revenu d'activité.
  • La prévoyance : indemnités journalières et capital invalidité-décès, dont l'ouverture est conditionnée au versement effectif de cotisations sur une rémunération.
  • Le plafond PER : que le président de SELAS remplit sur l'art. 163 quatervicies (~37 680 €) et le gérant de SELARL sur l'art. 154 bis (jusqu'à 88 911 €) — le dividende, lui, ne compte pour rien dans ce plafond.

Le PER du président de SELAS : art. 163 quatervicies

C'est ici une différence concrète avec le gérant de SELARL. Le président de SELAS, assimilé salarié, relève du plafond PER de l'article 163 quatervicies du CGI : 10 % de ses revenus professionnels de l'année précédente retenus dans la limite de 8 PASS, ou 10 % du PASS si c'est plus favorable — soit un plafond de l'ordre de 37 680 € en 2026, avec report des plafonds non utilisés sur les trois années suivantes. C'est moins que le plafond Madelin/PER du gérant majoritaire de SELARL (art. 154 bis, jusqu'à 88 911 €), mais cela reste un levier majeur. Le détail des deux plafonds et le bon dimensionnement figurent dans notre guide PER avocat : combien déduire et comment l'optimiser.

Exemple chiffré : ce qu'un versement PER de 30 000 € rapporte à 45 % de TMI

Prenons une avocate présidente de SELAS à 45 % de TMI qui loge 30 000 € sur son PER. À l'entrée, ces 30 000 € sortent du barème : elle économise 13 500 € d'impôt dès l'année du versement (30 000 × 45 %), tout en se constituant un capital retraite qui travaille. Au passage, son RFR baisse d'autant — utile face à la CEHR et à la CDHR. Le tout-dividende ferme cette porte : pas de plafond PER, pas de droits. À la sortie, les gains du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux et la part déduite est imposée au barème (avantage d'autant plus net si la TMI est plus basse à la retraite), mais l'effet de levier à l'entrée reste massif à ces tranches. Note de méthode : l'économie d'impôt à l'entrée est certaine ; le rendement du capital placé, lui, ne l'est pas — les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER comporte un risque de perte en capital selon les supports choisis. Voyez aussi le guide complet du Plan d'Épargne Retraite.
§ 7CAPITALISER À L'IS·2 MIN

Le vrai arbitrage 2026 : rémunération, dividende… ou capitaliser à l'IS

Puisque le dividende au-delà du seuil est désormais cotisé en SELAS comme en SELARL, la variable gagnante n'est plus « rémunération contre dividende » mais une séquence : une rémunération-socle qui ouvre les droits, un dividende calibré sous le seuil des 10 %, puis le surplus laissé dans la société. Le bénéfice dont vous n'avez pas besoin pour vivre, pourquoi le sortir ? Sorti, il subit 41 ou 45 % d'IR plus les cotisations ; laissé dans la société, il n'est imposé qu'à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (art. 219 I-b CGI).

Capitaliser à l'IS vs sortir le surplus (1 € de bénéfice non nécessaire)

Sorti en REMUNERATION de president :
   - cotisations (~65-82 %) puis IR a 45 %
   ->  il reste peu en poche

Sorti en DIVIDENDE (au-dela du seuil) :
   - IS (25 %) puis cotisations + IR
   ->  il reste ~20 a 30 centimes

LAISSE a l'IS dans la societe :
   - IS 25 % (15 % sous 42 500 €)
   ->  il reste 75 centimes a reinvestir

Tant que l'euro n'est pas nécessaire à votre train de vie, le laisser capitaliser à l'IS conserve la base la plus large pour réinvestir. L'impôt personnel n'est dû qu'au moment où vous le sortirez (et pourra être lissé).

Remonter en SPFPL : le régime mère-fille à 1,25 % de frottement

Si vous coiffez votre SELAS d'une SPFPL, les dividendes remontés bénéficient du régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : exonération à 95 %, seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée à l'IS, soit un frottement d'environ 1,25 % (détention ≥ 5 % conservée ≥ 2 ans ; intégration fiscale possible à 95 %, art. 223 A). C'est le véhicule de réinvestissement et de placement de la trésorerie — sans pour autant neutraliser la règle des 10 % (§4). Tout est détaillé dans nos guides holding d'avocat (SPFPL) et la SPFPL en profession libérale. Pour préparer une cession future via la holding, voyez aussi l'apport-cession 150-0 B ter.

À retenir

Le surplus capitalisé ne remonte pas dans votre RFR

Un bénéfice laissé dans la SELAS n'entre pas dans votre revenu fiscal de référence personnel. Rémunération et dividende le gonflent et vous rapprochent de la CEHR (art. 223 sexies) et de la CDHR (art. 224, imposition minimale de 20 % du RFR) ; la capitalisation à l'IS, le PER et le déficit foncier l'abaissent. Pour un avocat à très haut revenu, c'est un levier de pilotage décisif, détaillé dans notre guide la CDHR de la profession libérale.
§ 8CAS CHIFFRÉ 250 000 €·4 MIN

Cas chiffré : Maître Camille, 250 000 € de bénéfice, SELAS vs SELARL

Mettons des chiffres sur tout ça — sur le cas de Maître Camille. Avertissement avant de lire : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement arrondis pour que la mécanique soit lisible — ne les reprenez pas à l'euro pour votre propre assemblée générale. Les taux de cotisations retenus (de l'ordre de 70 % pour l'assimilé salarié, 43 % pour le TNS) sont des simplifications qui varient selon le niveau de revenu et la dégressivité au-delà des plafonds.

Les hypothèses communes

Maître Camille L., avocate fiscaliste à Lyon, présidente de sa SELAS (assimilée salariée, affiliée CNBF), célibataire, TMI 45 %. Bénéfice avant rémunération et avant IS = 250 000 €. Capital social 10 000 € → seuil des 10 % = 1 000 € (pas de compte courant ici, pour simplifier). On compare trois trajectoires : tout en dividende (A), le mix recommandé (B), et le même profil en SELARL (C).

Scénario A · SELAS, tout en dividende

Maître Camille — le tout-dividende qui ne sauve plus rien

Camille se verse une rémunération de mandat symbolique et veut sortir le maximum en dividendes. Le bénéfice passe d'abord par l'IS : 15 % × 42 500 + 25 % × 207 500 = 6 375 + 51 875 = 58 250 €, laissant 191 750 € distribuables.

Puis le couperet de la règle des 10 %, désormais applicable en SELAS : son seuil vaut 1 000 €. Seuls ces 1 000 € profitent du PFU à 31,4 %. Les ~190 750 € restants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations de l'avocate qui exerce — auxquels s'ajoute l'IR au barème sur cette fraction requalifiée en revenu d'activité. Bilan : elle empile l'IS, les cotisations et l'IR sur le même euro, sans saturer son PER au mieux.

Le piège : en 2026, « tout dividende » en SELAS ne fait plus échapper aux cotisations. C'est la même impasse qu'en SELARL : sortir tout en dividendes ne protège plus de rien.

Scénario B · SELAS, le mix optimal — le verdict

Maître Camille — la méthode des trois couches

Camille applique la séquence. Couche 1 : une rémunération-socle de président qui couvre son train de vie, sature son PER (art. 163 quatervicies, ~37 680 €), finance sa prévoyance et valide ses droits CNBF — au coût d'un mandat assimilé salarié (charges ~70 %). Couche 2 : un dividende calibré sous le seuil de 1 000 €, au seul PFU de 31,4 %, sans cotisations.

Couche 3 : le bénéfice résiduel reste dans la société et capitalise à l'IS (15/25 %), pour être réinvesti ou remonté en SPFPL via le régime mère-fille (frottement ~1,25 %). Ce surplus travaille à l'IS, pas à 45 % + cotisations, et n'alourdit pas son RFR.

Résultat : droits CNBF construits, PER saturé, dividende efficient sous le seuil, surplus capitalisé à taux réduit, RFR maîtrisé qui éloigne la CEHR/CDHR. La même séquence que celle du gérant de SELARL — la forme ne change pas la méthode, seulement le coût du mandat et le plafond PER.

Scénario C · Le même profil en SELARL

Maître Camille — en SELARL, même séquence, mandat moins chargé

Imaginons Camille gérante majoritaire de SELARL au lieu de présidente de SELAS. Même bénéfice, même séquence en trois couches. La différence tient au mandat : ses charges de rémunération tombent de l'ordre de 40-45 % (TNS) contre 65-82 % (assimilée salariée) — à coût égal, sa rémunération nette est plus élevée, et son plafond PER est plus haut (art. 154 bis, jusqu'à 88 911 €).

En contrepartie, sa protection sociale est plus mince (pas le régime général). Et sur les dividendes : strictement identique à la SELAS — même règle des 10 %, même seuil de 1 000 €, même bascule en cotisations au-delà.

Ce qu'il faut retenir : l'écart entre A et C ne vient pas des dividendes (identiques), mais du statut du mandat et, le jour de la vente, de la transmission des titres (§9).

Synthèse sur 250 000 € de bénéfice (ordres de grandeur pédagogiques : cotisations ~70 % assimilé salarié / ~43 % TNS, capital 10 000 € → seuil 1 000 €, célibataire TMI 45 %). Le départage SELAS / SELARL = statut social du mandat (coût/couverture) + transmission, jamais une exonération des dividendes.
CritèreA · SELAS tout dividendeB · SELAS le mixC · SELARL même profil
IS payé dans la société58 250 € (15/25 %)Modéré (sur le surplus capitalisé)Modéré (séquence identique à B)
Charges du mandatFaibles (rému symbolique)Élevées (~70 %, assimilé salarié)Plus légères (~40-45 %, TNS)
Dividendes > seuilCotisés (~190 750 € requalifiés)Aucun (sous le seuil)Identique à la SELAS
Plafond PERSous-optimalSaturé (~37 680 €, art. 163 quatervicies)Plus élevé (jusqu'à 88 911 €, art. 154 bis)
Protection socialeSelon rému (faible)Régime général (meilleure)TNS (plus mince)
Cession des titres (jour J)Actions : 0,1 %Actions : 0,1 %Parts : 3 %
VerdictTout payé, rien pilotéOptimalMandat moins cher, transmission plus chère

Note de méthode : ces chiffres sont des simulations, pas une promesse

Les montants ci-dessus sont des modélisations pédagogiques, volontairement arrondies pour faire ressortir la logique. Ils reposent sur des hypothèses simplificatrices (taux de cotisations moyens, capital 10 000 € sans compte courant, célibataire à 45 % de TMI, bénéfice 250 000 €) : le taux réel de cotisations dépend de votre niveau de revenu et de la dégressivité au-delà des plafonds, et votre situation familiale modifie tous les seuils (CEHR, CDHR). Aucun résultat ne peut être transposé tel quel : seule une modélisation individualisée à l'euro près, refaite chaque année à la lumière de la loi de finances et de la LFSS, donne le mix juste.
Hagnéré Patrimoine

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§ 9TRANSMISSION·3 MIN

La transmission : l'avantage structurel de la SELAS

Vient le jour de la vente — et là, le choix de forme fait basculer la facture de droits. Quand un avocat cède sa société, l'acquéreur paie des droits d'enregistrement. Et là, la forme change tout : les actions de SELAS se cèdent au taux de 0,1 % (art. 726, I, 1° CGI), sans abattement ; les parts de SELARL sont taxées à 3 % après un abattement de 23 000 € proratisé (art. 726, I, 1° bis CGI). Sur une cession à 800 000 €, c'est 800 € contre près de 24 000 €.

L'avantage structurel de la SELAS sur la transmission : 0,1 % de droits contre 3 %. La plus-value et l'abattement dirigeant sont en revanche identiques entre les deux formes.
ÉlémentCession d'actions de SELASCession de parts de SELARL
Droits d'enregistrement0,1 % (art. 726, I, 1°)3 % après abattement (art. 726, I, 1° bis)
Exemple sur 800 000 €800 €~24 000 €
Plus-value de cessionPV mobilière, PFU 31,4 %PV mobilière, PFU 31,4 %
Abattement dirigeant retraite500 000 € (art. 150-0 D ter)500 000 € (art. 150-0 D ter)

Côté plus-value, la cession des titres (actions ou parts) est une plus-value mobilière, taxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Le dirigeant qui part en retraite peut appliquer l'abattement fixe de 500 000 € de l'article 150-0 D ter CGI, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 par la loi de finances pour 2026, sous conditions (cessation de fonctions et liquidation des droits à retraite dans le délai requis).

Mini-cas · Transmission au départ en retraite

Maître Antoine R. vend les actions de sa SELAS 800 000 €

Antoine cède les actions de sa SELAS pour 800 000 € en partant à la retraite. Les droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur ne sont que de 0,1 % = 800 € — contre près de 24 000 € si c'avait été des parts de SELARL.

Sur sa plus-value, l'abattement dirigeant de 500 000 € (art. 150-0 D ter) réduit fortement l'assiette ; le solde est au PFU de 31,4 %. La fiscalité détaillée de cette sortie — actions ou clientèle — est dans notre guide vendre son cabinet d'avocat : fiscalité de la cession.

Ne pas confondre cession des titres et cession de la clientèle

Attention à bien distinguer deux opérations différentes. Vendre les actions de la SELAS, c'est céder la société : plus-value mobilière, droits à 0,1 %. Vendre la clientèle / le droit de présentation directement (hors société), c'est une plus-value professionnelle, qui relève d'autres dispositifs (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A) et de droits d'enregistrement différents. Les deux ne se traitent pas pareil. Et pour préparer une vente via une holding, l'apport-cession 150-0 B ter — durci par la LF 2026 (réinvestissement de 70 %, délai de 3 ans, conservation, immobilier exclu) — est détaillé dans notre guide apport-cession 150-0 B ter en profession libérale. Le pacte Dutreil (art. 787 B) permet par ailleurs une exonération de 75 % des droits en cas de transmission à titre gratuit.

Transmettre à ses enfants plutôt que vendre : le pacte Dutreil sur les actions de SELAS

La transmission n'est pas que la vente. Si vous envisagez de donner les actions de votre SELAS — à un enfant avocat qui reprend, par exemple — le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) permet de n'être taxé aux droits de mutation à titre gratuit que sur 25 % de la valeur (exonération de 75 %), sous engagement collectif puis individuel de conservation des titres et exercice d'une fonction de direction. Combiné à la donation en nue-propriété avec réserve d'usufruit, l'assiette taxable peut fondre encore davantage. C'est l'un des leviers les plus puissants de la stratégie patrimoniale d'un avocat à très haut patrimoine — à n'activer qu'avec un audit complet de votre situation familiale.
§ 10CADRE & TVA·2 MIN

Le cadre : SEL, SPFPL et TVA — les garde-fous à connaître

Reste le cadre juridique et le garde-fou TVA — à connaître avant de signer quoi que ce soit. L'exercice en société des avocats est régi depuis le 1er septembre 2024 par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a remplacé l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 (le statut de l'avocat relevant de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971). Depuis cette réforme, une SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % des droits d'une SEL, le capital restant contrôlé par des professionnels en exercice. C'est ce qui permet le montage SELAS coiffée d'une holding pour réinvestir et transmettre (§7).

TVA : 20 %, le 261-4-1° ne s'applique pas

Le garde-fou à ne jamais oublier : l'avocat est soumis à la TVA au taux normal de 20 % sur ses honoraires, quelle que soit sa structure. L'exonération des soins de l'article 261-4-1° du CGI vise la santé humaine et ne s'applique pas à l'avocat. La mission d'aide juridictionnelle est elle aussi soumise à la TVA, selon un régime particulier. En contrepartie, l'avocat récupère la TVA déductible sur ses achats, frais et investissements professionnels — un avantage réel, par exemple via l'option à la TVA des loyers d'une SCI de murs (art. 260-2 CGI). En tout début d'activité, une franchise en base (art. 293 B CGI) peut s'appliquer sous le seuil spécifique aux avocats — 50 000 € (seuil de base) et 55 000 € (seuil majoré), désormais fixes ; le projet de seuil unique abaissé à 25 000 € a été abandonné.

Garde-fou TVA

L'avocat facture et récupère la TVA — jamais d'exonération 261-4-1°

  • Honoraires d'avocat : TVA 20 % (BOI-TVA-CHAMP-10-10-60-10), aide juridictionnelle comprise (régime particulier).
  • L'art. 261-4-1° (soins de santé) est inapplicable : ne jamais écrire que l'avocat est exonéré de TVA à ce titre.
  • L'avocat récupère la TVA déductible sur ses achats et investissements — un atout, notamment pour une SCI de murs sur option (art. 260-2).
Méthode documentée

Construire votre stratégie de SELAS, puis bâtir la suite

Audit personnalisé : on tranche d'abord la forme (SELAS ou SELARL) et on calibre la rémunération de président — PER, droits CNBF, prévoyance et provision des cotisations comprises — puis on enchaîne capitalisation à l'IS, SPFPL et préparation de la cession. Le tout dans un même plan, refait chaque année après la loi de finances.

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Pour situer cet arbitrage dans une stratégie complète de haut revenu, voyez nos guides profession libérale à hauts revenus et optimisation fiscale de l'avocat 2026. À retenir, en une phrase : la SELAS ne fait plus échapper les dividendes aux cotisations ; ce qu'elle offre vraiment, c'est la souplesse statutaire, une meilleure protection sociale du dirigeant et une transmission des titres à 0,1 %.

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Sources et références légales

  • CSS — statut social, CNBF et règle des 10 %

    Art. L. 311-3 CSS (assimilés salariés rattachés au régime général — président de SELAS ; a contrario le gérant majoritaire de SELARL est TNS). Art. L. 723-1 et s. CSS (affiliation des avocats à la CNBF, régime autonome propre aux avocats, quelle que soit la structure). Art. L. 131-6 et L. 136-3 CSS (réintégration dans l'assiette des cotisations de la fraction de dividendes et d'intérêts de compte courant excédant 10 % du capital, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé de SEL qui y exerce ; le seuil des 10 % figure à l'art. L. 136-3 CSS, modifié par la loi 2025-199 du 28/02/2025). Art. L. 136-3 CSS (assiette sociale refondue par la LFSS 2024, applicable au 01/01/2025). Art. L. 136-8 CSS (taux des prélèvements sociaux, CSG du capital portée à 10,6 % au 01/01/2026). Barème CNBF 2026 et information technique CNBF de janvier 2026.

  • CGI — rémunération du dirigeant, BNC et PER

    Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL — l'activité libérale d'avocat — relève des BNC à compter des revenus 2024). Art. 62 CGI (rémunération du mandat du gérant majoritaire de SELARL — la rémunération du mandat du président de SELAS relevant, elle, des traitements et salaires, art. 79 et 80 ter CGI). Art. 163 quatervicies CGI (PER du dirigeant assimilé salarié — président de SELAS, plafond de l'ordre de 37 680 € en 2026). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin du gérant majoritaire de SELARL, plafond 88 911 € en 2026). Doctrine : BOI-RES-BNC-000136, BOI-RSA-GER-10-30 (suppression de la tolérance des 5 %).

  • CGI — dividende, IS, mère-fille et transmission

    Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Art. 219 I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, quote-part de 5 %, frottement ~1,25 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation détenu par une personne morale). Art. 726, I, 1° CGI (cession d'actions de SELAS à 0,1 %). Art. 726, I, 1° bis CGI (cession de parts de SELARL à 3 % après abattement de 23 000 € proratisé). Art. 150-0 D ter CGI (abattement dirigeant de 500 000 €, prorogé jusqu'au 31/12/2031). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, durci par la LF 2026). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil).

  • TVA, hauts revenus, lois de finances et jurisprudence

    Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des soins de santé — inapplicable à l'avocat). Art. 293 B CGI (franchise en base, seuil spécifique avocats). Art. 260-2 CGI (option TVA des loyers de locaux nus). BOI-TVA-CHAMP-10-10-60-10 (honoraires d'avocat soumis à la TVA au taux normal). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %) et art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale de 20 % du RFR). Loi 71-1130 du 31/12/1971 (profession d'avocat). Ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales, en vigueur 01/09/2024). LFSS 2024 (loi 2023-1250 du 26/12/2023 : refonte de l'assiette sociale, règle des 10 % appliquée sans distinction de forme de SEL au 01/01/2025 — portée débattue en distribution directe). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : dividendes à 18,6 % de PS). LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : 150-0 D ter prorogé, 150-0 B ter durci, CDHR reconduite). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €). CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (rémunération technique = BNC). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le choix entre SELAS et SELARL et le calibrage de la rémunération, du dividende et de la capitalisation doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable (statut social, modélisation chiffrée selon votre TMI et la structure de votre capital, plafond PER, droits retraite CNBF, prévoyance, pilotage du RFR). Les chiffres et taux cités sont à jour au 15 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les taux de cotisations retenus (de l'ordre de 65-82 % pour l'assimilé salarié, 40-45 % pour le TNS) sont des fourchettes indicatives, données à titre pédagogique. Les valeurs de cotisation et les classes de la CNBF, ainsi que la pension de base CNBF (de l'ordre de 19 154 € au 01/01/2026), sont à vérifier sur cnbf.fr. La portée de la règle des 10 % en cas de distribution directe au président de SELAS assimilé salarié reste juridiquement débattue (la réponse ministérielle au Sénat du 27/02/2025 visant à ce stade les seuls TNS) et est signalée au conditionnel ; l'application la plus assurée concerne les dividendes remontés via une SPFPL.

Foire aux questions

Tout sur la SELAS d'avocat, rémunération, dividendes et statut du président règle des 10 %, PFU 31,4 %, CNBF, PER et cession à 0,1 %.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : faut-il se verser une rémunération de président ou des dividendes, les dividendes échappent-ils encore aux cotisations en SELAS, la différence avec la SELARL, le statut social du mandat, le plafond PER du président et la transmission des actions. Réponses sourcées et à jour 2026.