La SPFPL d'avocat : la holding réservée à votre profession
Vous dégagez de beaux bénéfices dans votre SELARL ou votre SELAS, mais chaque fois que vous voulez sortir des dividendes pour les placer, vous en laissez près d'un tiers à l'impôt — et parfois plus encore, cotisations comprises. Pendant ce temps, la trésorerie qui pourrait racheter les parts d'un associé qui part, ou financer les murs du cabinet, dort sur un compte courant. La SPFPL d'avocatrépond à ces deux frustrations d'un coup. Reste à savoir précisément de quoi on parle.
La SPFPL d'avocat en 30 secondes
Dans les faits, la SPFPL est une holding « pure » dont l'objet est de détenir des parts ou actions de SEL d'avocats (sociétés d'exercice libéral), sans plaider ni facturer elle-même d'honoraires. Elle ne fait pas de droit : elle détient. C'est précisément ce statut passif qui lui ouvre le régime mère-fille, cœur de son intérêt. Cette page suppose que votre passage en société est déjà acté : pour le choix en amont entre exercice individuel et SELARL, voyez notre comparatif chiffré du passage du BNC à la SELARL, et pour l'arbitrage entre rémunération et dividendes à l'intérieur de la SEL, le guide de l'avocat en SELARL.
SEL et SPFPL : deux étages à ne pas confondre
En pratique, vous logez votre (ou vos) SEL d'avocats sousune SPFPL : c'est la holding qui devient l'associée de la SEL, et c'est vous qui tenez la holding. Elle prend la forme d'une SARL (gérant majoritaire au statut TNS), d'une SAS (président assimilé salarié), d'une SA ou d'une SCA. La SEL, elle, reste l'étage opérationnel : c'est elle qui exerce le droit, encaisse les honoraires et supporte l'IS.
SEL ≠ SPFPL : ne pas confondre les deux étages
Le cadre 2026 : ordonnance 2023-77 et décret 2024-872
Un détail juridique que beaucoup de statuts traînent encore, à tort. Historiquement, les SPFPL reposaient sur les articles 31-1 et 31-2 de la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990. Ces articles sont aujourd'hui abrogés. Depuis le 1er septembre 2024, le régime des SPFPL est gouverné par le Livre V de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, complété, pour l'avocat, par le décret d'application n° 2024-872 du 14 août 2024, sur le socle de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 qui organise la profession.
Le signal qui doit vous alerter
Le régime mère-fille : 1,25 % au lieu de 31,4 %
C'est le chiffre que vous êtes venu chercher. Quand vous sortez des dividendes de votre SEL directement vers votre compte personnel, vous subissez le PFU à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). Quand ces mêmes dividendes remontent vers une SPFPL, ils ne supportent qu'une friction d'environ 1,25 %. Autrement dit, vous divisez la friction par 25.
Comment marche l'exonération de 95 %
Le mécanisme repose sur le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Lorsque la SELARL d'avocats remonte des dividendes à la SPFPL, 95 % de ces dividendes sont exonérés d'IS. Seule une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % reste imposable à l'impôt sur les sociétés (25 %). L'imposition effective est donc de 5 % × 25 % = 1,25 % (doctrine BOFiP BOI-IS-BASE-10-10-20).
Le calcul à l'euro près sur 100 000 € de dividendes
AVEC SPFPL (regime mere-fille) 100 000 EUR de dividendes SELARL -> SPFPL 95 000 EUR exoneres + (5 000 EUR x 25 %) = 1 250 EUR d'IS => friction de 1,25 % EN DIRECT (dividendes verses a l'avocat) 100 000 EUR x 31,4 % (PFU 2026) = 31 400 EUR d'impot => 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS ECART = 31 400 - 1 250 = 30 150 EUR / an
Soit, après environ 2 000 à 3 000 € de frais de structure annuels, près de 27 000 € de capacité de réinvestissement supplémentaire chaque année — tant que les fonds restent dans la holding.
Avec ou sans SPFPL : la remontée de 100 000 €
Le tableau ci-dessous met côte à côte les deux scénarios sur 100 000 € de dividendes distribuables. La colonne de gauche, c'est ce que vous gardez en vous versant les dividendes en direct ; celle de droite, ce qui reste capitalisé dans la holding pour un projet.
| Sur 100 000 € de dividendes | Sans SPFPL (versés à l'avocat) | Avec SPFPL (mère-fille) |
|---|---|---|
| Régime applicable | PFU 31,4 % (12,8 IR + 18,6 PS) | Art. 145 / 216 CGI |
| Friction fiscale | ≈ 31 400 € | ≈ 1 250 € (5 % × 25 %) |
| Cotisations CNBF sur la part > 10 % | Possibles en sus | 0 tant que non redistribué |
| Disponible pour réinvestir | ≈ 68 600 € | ≈ 98 750 € |
Les 5 conditions à respecter
Ce taux de 1,25 % ne tombe pas du ciel : le régime mère-fille n'est jamais automatique. Cinq conditions cumulatives, qu'on récapitule ici :
| Condition | Exigence | Piège à éviter |
|---|---|---|
| Seuil de détention | Au moins 5 % du capital de la SEL | En dessous de 5 %, pas de régime mère-fille |
| Durée de conservation | Engagement de conserver les titres 2 ans | Une revente avant 2 ans remet en cause l'exonération |
| Nature des droits | Titres détenus en pleine propriété | Le démembrement (usufruit/nue-propriété) exclut le régime |
| Régime d'imposition | Mère et fille soumises à l'IS | Une SEL restée à l'IR ferme la porte |
| Capital | Capital intégralement libéré | Un capital non libéré bloque l'éligibilité |
Attention : ce n'est pas de l'argent dans votre poche
L'effet de levier : racheter des parts d'une SELARL sans sortir un euro
Le mère-fille fait les gros titres, mais c'est l'effet de levier au rachat qui change vraiment la donne — et c'est souvent la raison pour laquelle un avocat crée sa SPFPL. C'est lui qui fait passer la holding du simple coffre à capitaliser à un vrai outil pour s'associer et grossir. L'idée : faire racheter des parts de SEL — celles d'un associé qui part, ou une montée au capital — par la holding plutôt que par vous, à crédit, et rembourser ce crédit avec des dividendes quasi défiscalisés.
Premier étage : c'est la holding qui emprunte (pas vous)
D'abord, le levier financier. La SPFPL contracte elle-même l'emprunt d'acquisition des parts. Résultat : vous n'immobilisez pas votre trésorerie personnelle, et — surtout — vous n'avez pas à vous verser au préalable les dividendes (taxés à 31,4 %) qu'il aurait fallu pour payer comptant. La capacité de remboursement de la holding remplace votre apport personnel.
Second étage : on rembourse avec des dividendes quasi défiscalisés
Et le second levier, le fiscal, c'est là que le montage prend tout son sens. Les intérêts de l'emprunt sont déductibles du résultat de la SPFPL (article 39 CGI), pendant que la SEL fait remonter ses dividendes à la holding via le mère-fille (friction 1,25 %). La SPFPL rembourse alors le crédit avec ces dividendes : zéro PFU, zéro CSG sur l'opération d'acquisition. Le plafonnement ATAD des charges financières (article 212 bis CGI : le plus élevé de 3 M€ ou 30 % de l'EBITDA fiscal) n'est, en pratique, jamais bloquant pour un rachat de parts de cabinet. En cas de rachat intra-groupe à crédit, gardez l'œil sur l'amendement Charasse (article 223 B CGI).
Coût de remboursement de 100 € de capital emprunté
SANS SPFPL (dividendes perso) Il faut ~145,8 EUR de dividende brut (100 / (1 - 0,314)) pour rembourser 100 EUR => 31,4 % partent a l'impot AVEC SPFPL (mere-fille) Il faut ~101,3 EUR de dividende brut (100 / (1 - 0,0125)) pour rembourser 100 EUR => friction de 1,25 % => la holding rembourse ~30 % plus vite
Avec la SPFPL, presque chaque euro de dividende sert au remboursement (98,8 %), au lieu d'en perdre près d'un tiers en impôt (68,6 % seulement utiles en direct).
Aller plus loin : le levier suppose une SEL qui distribue
Un rachat de parts ou une association à financer ?
Un CGP indépendant construit le montage à effet de levier sur vos chiffres : capacité de distribution de la SELARL, dimensionnement de l'emprunt, gain net après cotisations. On vous remet un chiffrage sur vos comptes, annuité par annuité — pas un ordre de grandeur de salon.
L'intégration fiscale : descendre à 0,25 %
Il existe un étage encore au-dessus du mère-fille. Lorsque votre SPFPL détient au moins 95 % du capital de la SEL, elle peut opter pour l'intégration fiscale (article 223 A du CGI). La quote-part de frais et charges sur les dividendes intra-groupe est alors ramenée de 5 % à 1 %, ce qui abaisse l'imposition effective à seulement 0,25 % (1 % × 25 % — doctrine BOI-IS-GPE-10-20-10).
L'option engage le groupe pour 5 ans, suppose des exercices alignés et que toutes les sociétés soient à l'IS. Avantage complémentaire pour le levier : l'intégration permet d'imputer directement les intérêts de la holding sur le bénéfice de la SEL, ce qui amplifie l'effet de levier les premières années.
Régime mère-fille — dès 5 %
Applicable dès 5 % de détention. Quote-part de frais et charges de 5 %, soit une friction d'environ 1,25 %. Aucune obligation de groupe : c'est le régime de référence de la quasi-totalité des SPFPL d'avocats.
Intégration fiscale — dès 95 %
Suppose une détention d'au moins 95 %. Quote-part ramenée à 1 %, soit une friction d'environ 0,25 %. Engage le groupe 5 ans et un surcoût comptable, rentable au-delà d'environ 200 000 €/an de dividendes ou en multi-SEL.
Quand l'intégration vaut-elle le coup ?
Qui peut détenir une SPFPL d'avocat (et le contrôle de l'Ordre)
La SPFPL d'avocat, tout le monde ne peut pas en ouvrir une. C'est une structure réservée, contrôlée par le Conseil de l'Ordre, avec des règles de détention strictes — héritées de l'impératif d'indépendance de la profession. C'est même l'une des particularités fortes du droit : le capital reste fermé aux investisseurs financiers extérieurs.
La règle cardinale : la majorité aux avocats en exercice
Concrètement : plus de 50 % du capital ET des droits de vote doivent rester entre les mains d'avocats qui exercent dans la ou les SEL détenues, directement ou via une autre SPFPL. Le dirigeant de la SPFPL doit lui-même être un avocat en exercice. Autrement dit, le pouvoir reste entre les mains de ceux qui plaident réellement.
L'exception inter-juridique et le capital fermé
Pour les professions juridiques et judiciaires, une exception inter-juridique permet à un notaire ou à un commissaire de justice de figurer au capital, pourvu qu'au moins un avocat de la SEL détenue soit aussi associé. Mais — c'est une spécificité du droit, à bien comprendre — le capital reste fermé aux tiers non professionnels : pas de fonds d'investissement ni d'associé purement financier, contrairement à ce qui peut exister dans d'autres familles de professions. Le commissaire de justice dispose de sa propre SPFPL, qui obéit à la même logique mère-fille et à la même règle des cotisations sur la fraction de dividendes au-delà de 10 % : voyez la SPFPL de commissaire de justice : structurer ses parts et ses dividendes.
Le contrôle annuel du Conseil de l'Ordre
Depuis la réforme du 1er septembre 2024 (décret 2024-872), un état annuel de la composition du capital, de la répartition des droits de vote et des statuts à jour doit être transmis au Conseil de l'Ordre avant le 1er mars. C'est le pendant administratif de l'encadrement : l'Ordre vérifie chaque année que le contrôle reste bien entre les mains des avocats en exercice.
Réforme du 1er septembre 2024 : ce qui a changé
Que faire de la trésorerie remontée dans la SPFPL
Faire remonter 98 750 € au lieu d'en garder 68 600 € n'a d'intérêt que si vous en faites quelque chose : racheter les murs, abonder un contrat de capitalisation, prendre une participation. C'est ce qu'on oublie de vous dire une fois la holding montée : trop souvent, la trésorerie remontée à 1,25 % finit par dormir sur un compte courant. Trois destinations possibles, donc.
L'immobilier professionnel (les murs du cabinet)
La SPFPL peut financer l'acquisition des murs du cabinet, le plus souvent via une SCI. Point clé pour l'avocat : comme l'avocat exploitant est assujetti à la TVA à 20 %, la SCI peut exercer l'option pour la TVA des loyers (article 260-2 CGI) et ainsi récupérer la TVA sur l'immeuble et les travaux. Sur ce montage, voyez acheter les murs du cabinet en SCI et l'immobilier professionnel du libéral.
Les prises de participation
Depuis le décret 2024-872, la SPFPL d'avocat peut détenir, à titre accessoire, des parts d'autres SEL ou de sociétés commerciales dédiées. C'est l'outil de croissance externe : monter au capital d'une seconde structure, prendre une participation dans une activité connexe.
Les placements de personne morale
Enfin, la trésorerie peut être placée comme celle de toute société à l'IS : contrat de capitalisation de personne morale (article 238 septies E CGI), compte à terme, fonds monétaires, SCPI, private equity. Pour le détail de ces solutions et de leur fiscalité, voyez nos guides dédiés à la trésorerie de SELARL d'avocat et au placement de la trésorerie du cabinet (compte-titres, capitalisation, SCPI).
Dualité des prélèvements sociaux 2026 : ne pas confondre
Cas chiffrés : remontée de trésorerie et LBO d'association
Plutôt qu'une théorie de plus, voici trois dossiers tels qu'ils arrivent en rendez-vous : la capitalisation (cas 1), l'effet de levier au rachat de parts (cas 2), et l'intégration fiscaleen multi-SEL (cas 3). Les prénoms sont fictifs, mais les montants ressemblent à ce qu'un associé de cabinet parisien ou lyonnais nous apporte concrètement. La note de méthode qui clôt cette section rappelle ce que ces chiffres disent — et ce qu'ils ne disent pas.
Cas 1 — Camille, avocate associée (SELARL), TMI 45 % : remonter pour réinvestir
Sans SPFPL : 100 000 € × 31,4 % = 31 400 € d'impôt → il lui reste 68 600 € sur son compte personnel (et si la part dépasse 10 % du capital, cotisations CNBF en plus).
Avec SPFPL : 100 000 € remontés via mère-fille → 1 250 € d'IS → 98 750 € disponibles dans la holding pour réinvestir (murs du cabinet, contrat de capitalisation, SCPI).
Gain de capacité de réinvestissement : ≈ 30 150 €/an.Réserve : argent logé dans la SPFPL pour un projet, le PFU s'appliquera le jour d'une sortie à titre personnel.
Cas 2 — Maxime, avocat qui s'associe via un LBO : rachat de 30 % d'une SELARL
Il crée une SPFPL qui emprunte 300 000 € et achète les parts ; les intérêts sont déductibles (art. 39). La SELARL fait remonter ses dividendes à la holding à 1,25 %, qui remboursent l'annuité.
Pour rembourser 100 € de capital : en nom propre, il faudrait ≈ 145,8 € de dividende brut (PFU 31,4 %) ; via la SPFPL, ≈ 101,3 € (friction 1,25 %). La holding rembourse ≈ 30 % plus vite.
Vigilance :calibrer le dividende de remboursement en tenant compte de la limite des 10 % ; en montage multi-associés classique, la RM du 21/08/2025 confirme que la remontée à la SPFPL n'est pas soumise aux cotisations TNS.
Cas 3 — Inès, structure multi-SEL : l'intégration fiscale
Régime mère-fille : 300 000 € × 5 % × 25 % = 3 750 € d'IS.
Intégration fiscale (QPFC 1 %) : 300 000 € × 1 % × 25 % = 750 € d'IS.
Économie : ≈ 3 000 €/an, qui couvre largement le surcoût comptable de l'intégration au-delà d'environ 200 000 €/an de dividendes remontés.
Comment lire ces trois cas (note de méthode)
Pourquoi la SPFPL est encore plus pertinente depuis 2024
Un changement récent rend la holding plus attractive encore : la fin de l'abattement de 10 % sur la rémunération technique des associés de SEL. Petit détour utile pour comprendre l'arbitrage.
Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération technique de l'associé de SEL (celle qui correspond à son exercice libéral) est imposée dans la catégorie des BNC, et non plus en traitements et salaires. Conséquence directe : l'abattement forfaitaire de 10 % disparaît (place aux frais réels BNC). Le Conseil d'État l'a confirmé et a annulé la tolérance des 5 % de gérance par son arrêt CE du 8 avril 2025 n° 492154 — applicable aux avocats en SEL (doctrine BOI-RES-BNC-000136).
L'effet sur la stratégie : capitaliser plutôt que sur-rémunérer
Transmettre son cabinet via la SPFPL : Dutreil et apport-cession
Au-delà du mère-fille et du levier, la SPFPL est un outil de transmission. Deux dispositifs s'articulent : le pacte Dutreil pour transmettre à titre gratuit, l'apport-cession pour vendre à un tiers en différant l'impôt.
Le pacte Dutreil : 75 % d'exonération, sous condition d'animation
Pour ouvrir le pacte Dutreil (article 787 B CGI) sur les parts de la SPFPL, encore faut-il que celle-ci anime ses SEL : convention d'animation, procès-verbaux, prestations effectivement facturées, participation aux décisions stratégiques. La notion de holding animatrice a été définie par le Conseil d'État (arrêt Cofices du 13 juin 2018, n° 395495) ; une SPFPL purement passive est exclue. Si la condition est remplie, le pacte exonère 75 % de la valeur des titres transmis, sous engagement collectif de 2 ans puis engagement individuel porté à 6 ans par la LF 2026 et exercice d'une fonction de direction. À approfondir dans transmettre son cabinet et son patrimoine (Dutreil sur les titres).
L'apport-cession : reporter l'impôt avant de vendre à un tiers
Si vous envisagez de vendre votre activité à un tiers, l'apport-cession (article 150-0 B ter CGI) permet de reporter l'imposition de la plus-value en apportant d'abord les titres de SEL à une holding contrôlée. Le dispositif a été durci par la LF 2026 : en cas de cession par la holding moins de 3 ans après l'apport, le report est maintenu sous condition de réinvestir au moins 70 % du produit dans une activité économique éligible (les activités de gestion de patrimoine et l'immobilier de placement étant exclues du remploi). Au-delà de 3 ans de conservation, pas de condition de remploi. Le sujet est traité en détail dans l'apport-cession (150-0 B ter) du libéral. Et pour la fiscalité d'une vente directe — calcul de la plus-value professionnelle et exonérations applicables —, voyez vendre son cabinet d'avocat : fiscalité de la cession et exonérations de plus-value.
À retenir sur la transmission
Limites, coût et seuil de rentabilité
Reste le revers : une SPFPL coûte à monter, coûte à tenir, et son objet est verrouillé par l'Ordre. Pour décider en connaissance de cause, voici ses limites réelles et le seuil à partir duquel elle se justifie.
Un objet limité (ce n'est pas une holding patrimoniale libre)
Première limite, structurante : la SPFPL d'avocat a un objet limité — détenir des parts de SEL d'avocats et des activités accessoires (immobilier, sociétés commerciales dédiées depuis 2024-872). Ce n'est pasune holding patrimoniale libre dans laquelle on loge tout type d'actifs.
SPFPL d'avocat — objet réservé
Objet limité à la détention de SEL d'avocats + accessoires. Capital contrôlé par le Conseil de l'Ordre, fermé aux tiers financiers. Régime mère-fille et Dutreil (sous animation) disponibles. Titres = biens professionnels exonérés d'IFI.
Holding patrimoniale — objet libre
Détient tout type de titres et d'actifs (sociétés commerciales, SCI, valeurs mobilières). Ni réservée ni contrôlée par un Ordre. Régime mère-fille également disponible, mais inadaptée pour détenir des parts de SEL réglementée d'avocats.
Pour comprendre la logique générale d'une holding et ses autres usages, voyez monter une holding patrimoniale — en gardant en tête qu'elle ne remplace pas la SPFPL pour loger des parts de SEL d'avocats.
Coût, abus de droit et seuil de rentabilité
Côté coût : la création se situe généralement entre 1 500 et 9 000 € (statuts, objet conforme à l'ordonnance 2023-77, agrément du Conseil de l'Ordre), avec un récurrent de 2 000 à 3 000 €/an. Côté substance : une coquille purement fiscale s'expose à l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales), avec une majoration de 40 à 80 %. Côté IFI : les titres d'une SPFPL d'exercice sont en principe des biens professionnels exonérés (article 975 CGI), et la holding qui anime des SEL d'exercice est hors champ de la taxe sur les holdings patrimoniales créée par la LF 2026.
| Dividendes annuels remontés | Économie mère-fille (~30,15 %) | Surcoût de structure | Gain net annuel |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | ≈ 3 015 € | ~ 2 500 € | ≈ +515 € |
| 30 000 € | ≈ 9 045 € | ~ 2 500 € | ≈ +6 545 € |
| 100 000 € | ≈ 30 150 € | ~ 3 000 € | ≈ +27 150 € |
La substance avant tout
Une SPFPL posée toute seule ne sert à rien : elle ne vaut qu'articulée au choix SELARL/SELAS, à l'arbitrage salaire/dividendes, au placement de la trésorerie et au plan de transmission. Pour la replacer dans la séquence complète, voyez la stratégie patrimoniale complète de l'avocat et, pour les très hauts revenus, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) ainsi que les 9 dispositifs de défiscalisation de l'avocat.
Faire le point sur votre SPFPL d'avocat avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On audite votre SEL, on chiffre le gain mère-fille net de frais, on construit le montage de rachat de parts ou de transmission — et on vous dit franchement si la SPFPL n'a pas d'intérêt dans votre cas.

