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Guide avocat 202616 minMis à jour 12 juin 2026Cas chiffré 250 000 €

Avocat en SELARL : comment réduire vos impôts en pilotant rémunération et dividendes

Chaque mois de décembre, la même scène : la veille de l'assemblée générale, vous décidez « à l'arrache » combien vous verser et combien distribuer. Or entre un bon et un mauvais réglage, l'écart se chiffre en dizaines de milliers d'euros d'impôt et de cotisations. Votre SELARL est créée, votre bénéfice est à l'impôt sur les sociétés — reste la vraie question : combien vous verser en rémunération, combien sortir en dividendes, combien laisser capitaliser ? Et 2026 rebat les cartes sur trois points qu'on vous a peut-être mal expliqués : le PFU n'est plus à 30 mais à 31,4 %, votre rémunération « technique » bascule en BNC (l'abattement de 10 % a sauté), et la fameuse règle des 10 % vient cotiser vos plus gros dividendes. On déroule ci-dessous le pilotage couche par couche, chiffré sur un bénéfice de 250 000 €, pour un avocat à 41-45 % de TMI. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine capitalistiquement indépendant (ORIAS 23002291).

ARBITRAGE RÉMUNÉRATION / DIVIDENDES 2026

Calculer votre mix optimal rémunération / dividendes d'avocat

Audit sur mesure : modélisation à l'euro de la séquence rémunération de train de vie, dividende sous le seuil des 10 % et surplus capitalisé à l'IS. Surcoût des cotisations, plafond PER, droits CNBF et pilotage du RFR (CEHR, CDHR) intégrés.

  • Mix rémunération/dividendes chiffré
  • Surcoût de la règle des 10 % calculé
  • Plafond PER et droits CNBF intégrés
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

PFU DIVIDENDES

31,4 %

IS DE LA SOCIÉTÉ

15-25 %

PLAFOND PER 2026

88 911 €

BÉNÉFICE DU CAS

250 000 €

RETRAITE

CNBF

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·3 MIN

L'essentiel : l'arbitrage n'est pas binaire, c'est un découpage en trois couches

Le verdict en 30 secondes

  • L'arbitrage n'est pas « salaire ou dividende » : c'est un découpage du bénéfice en trois couches — rémunération de train de vie, dividende sous le seuil, surplus capitalisé.
  • La rémunération est déductible de l'IS et ouvre vos droits (retraite CNBF, prévoyance, plafond PER) ; le dividende n'est ni déductible ni générateur de droits.
  • Le dividende est au PFU de 31,4 % sous le seuil des 10 % du capital ; au-delà, il bascule en cotisations (~40-45 %).
  • Le surplus laissé dans la société est capitalisé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), souvent bien moins que votre TMI de 41 ou 45 %.
  • Le PFU des dividendes en 2026 = 31,4 %, pas 30 % — et jamais 17,2 %.

Cette page ne traite pas la question de savoir s'il faut passer en société : si vous hésitez encore, voyez notre comparatif faut-il passer du BNC à la SELARL. Ici, votre SELARL (ou SELAS) existe déjà, votre bénéfice est à l'impôt sur les sociétés, et la seule question qui vaille est opérationnelle : chaque année, combien vous verser, combien distribuer, combien laisser dans la société ? Bien ou mal réglé, ce sont plusieurs dizaines de milliers d'euros qui partent — ou qui restent. Et c'est une question piégée si on la pose en « l'un contre l'autre » : en SEL, la bonne réponse n'est jamais « tout l'un » ni « tout l'autre ». C'est un empilement qu'on monte du bas vers le haut, étage par étage.

La logique tient en une image : votre bénéfice est un réservoir, et vous pilotez une ligne de flottaison. Tout en bas, la rémunération de train de vie : ce dont vous avez besoin pour vivre, et qui au passage achète vos droits (retraite CNBF, prévoyance, PER). Juste au-dessus, un dividende calibré sous le seuil des 10 % du capital, taxé au seul PFU de 31,4 %. Et tout en haut, le surplus dont vous n'avez pas l'usage immédiat : plutôt que de le sortir en payant 45 % d'IR plus les cotisations, vous le laissez capitaliser à l'IS dans la société, pour le réinvestir ou le faire remonter en holding. Ce guide chiffre chacune de ces couches, jusqu'à un cas complet sur 250 000 € de bénéfice. Pour le détail du montage holding SPFPL d'avocat, et pour le catalogue complet des niches, voyez notre guide défiscalisation de l'avocat à fort revenu.

L'erreur n° 1 : vouloir « tout sortir en dividendes »

C'est le réflexe qu'on entend le plus en rendez-vous : « les dividendes, c'est juste 30 % de flat tax, c'est moins cher que la rémunération. » Sur une SELARL d'avocat au capital minimum, ce raisonnement coûte cher. Trois raisons. Le dividende a déjà payé l'IS avant d'arriver chez vous, donc comparer 1 € de dividende à 1 € de rémunération brute est trompeur. La règle des 10 % (§4) requalifie en cotisations toute la fraction qui dépasse 10 % du capital — soit, sur un capital de 10 000 €, l'immense majorité de la distribution. Et surtout, un dividende ne valide aucun droit : ni retraite CNBF, ni prévoyance, ni plafond PER. Le bon réflexe n'est pas « tout dividende », c'est la bonne séquence.

Le cadre juridique : ordonnance 2023-77 et la caisse CNBF

L'exercice en société des professions libérales réglementées (dont les avocats) est régi depuis le 1er septembre 2024 par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a remplacé l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 (le statut de l'avocat lui-même relevant de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971). L'avocat installé en SELARL en est gérant ; s'il détient, seul ou avec son foyer, plus de la moitié des parts, il est gérant majoritaire, donc travailleur non salarié. Sa retraite ne relève d'aucune section de la CNAVPL mais de la CNBF — la Caisse Nationale des Barreaux Français — régime autonome propre aux avocats, auquel il est affilié de plein droit dès son inscription au barreau.
§ 2STATUT SOCIAL·2 MIN

Le statut social commande tout : gérant de SELARL ou président de SELAS

Avant de parler taux, il faut fixer une variable qui commande tout le reste : votre statut social. Il dépend de la forme de votre société et, en SELARL, de votre quote-part de détention. Mais une chose ne change jamais : que vous soyez gérant de SELARL ou président de SELAS, vous restez affilié à la CNBF pour votre retraite (art. L. 723-1 et suivants du Code de la sécurité sociale), de plein droit dès votre inscription au barreau.

Gérant majoritaire de SELARL = TNS

Travailleur non salarié (le gérant majoritaire est exclu du régime général réservé aux assimilés salariés par l'art. L. 311-3 CSS). Charges sociales plus légères sur la rémunération (de l'ordre de 40 à 45 %), mais exposition à la règle des 10 % sur les dividendes. Sa rémunération de mandat relève de l'art. 62 CGI, sa rémunération technique des BNC (§3). Retraite et prévoyance : CNBF.

Président de SELAS = assimilé salarié

Assimilé salarié rattaché au régime général (art. L. 311-3 CSS). Charges sociales nettement plus lourdes sur la rémunération nette (de l'ordre de 70 à 82 %), mais meilleure protection sociale. Depuis le 01/01/2025, il est en principe lui aussi visé par la règle des 10 % sur ses dividendes (portée débattue en distribution directe, §5). Retraite : également CNBF.

Pour l'avocat déjà installé en SELARL — le cas le plus fréquent — le débat est tranché : gérant majoritaire, vous êtes TNS, la règle des 10 % s'applique, et c'est sur cette base qu'il faut calibrer le mix. Le choix de la forme elle-même (SELARL ou SELAS), qui se joue surtout sur le couple charges sociales / protection sociale, est traité plus loin (§5) et, du point de vue de la bascule BNC vs société, dans notre guide BNC ou SELARL : quand le passage en société devient intéressant.

Hagnéré Patrimoine

Votre SELARL est-elle calibrée pour le bon arbitrage ?

Un CGP audite votre statut, votre capital et votre TMI, puis chiffre la séquence rémunération de train de vie, dividende calibré et surplus capitalisé à l'IS.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3RÉMUNÉRATION EN BNC·3 MIN

La rémunération en 2026 : imposée en BNC, fin de l'abattement de 10 %

Première couche de l'arbitrage, la rémunération a connu en 2025 un changement que beaucoup de cabinets n'ont pas encore répercuté sur leur paie. Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération de votre activité libérale (la prestation d'avocat elle-même — plaidoirie, conseil, rédaction d'actes) n'est plus imposée en traitements et salaires, mais en bénéfices non commerciaux (art. 92 CGI). Conséquence directe : fin de l'abattement forfaitaire de 10 %, remplacé par les frais réels en déclaration contrôlée 2035.

La doctrine l'a posé (rescrit BOI-RES-BNC-000136), et le Conseil d'État l'a verrouillé : par son arrêt du 8 avril 2025 (CE, 8e-3e ch., n° 492154), il a confirmé la qualification BNC et annulé la tolérance des 5 % qui figurait dans la doctrine BOI-RSA-GER-10-30. Seule la rémunération du mandat de gérance (la fonction de direction de la société) reste imposée selon l'article 62 CGI, avec l'abattement de 10 % plafonné. La ventilation entre la part « technique » (BNC) et la part « gérance » (art. 62) doit désormais être justifiée individuellement et factuellement, plus par une clé forfaitaire — c'est le point à sécuriser dès la paie, avec votre expert-comptable.

La contrepartie positive : déduire Madelin et PER sur l'assiette BNC

Et il y a une vraie contrepartie, souvent oubliée. Sur cette assiette, vous déduisez vos cotisations Madelin et votre PER (art. 154 bis CGI) ainsi que vos frais réels (notamment les intérêts d'un emprunt de rachat de parts). À 41-45 % de TMI, chaque euro de PER logé sur cette assiette est un euro qui ne grimpe pas dans votre tranche : le levier déductible compense largement la perte de l'abattement de 10 %. C'est exactement la même mécanique que celle vécue par les pharmaciens en SEL, détaillée dans notre guide la fin de l'abattement de 10 % en SEL.

À retenir : cela ne touche que la rémunération, jamais les dividendes

Il n'existe aucune « requalification de dividendes en BNC ». Les dividendes restent des revenus de capitaux mobiliers (RCM), soumis au PFU sous le seuil des 10 % et aux cotisations au-delà (§4). Ce sont deux réformes totalement distinctes : l'une est fiscale (la rémunération technique passe en BNC) ; l'autre est sociale (la fraction de dividendes > 10 % du capital bascule en cotisations). La BNC se règle sur votre rémunération et votre déclaration 2035 ; la règle des 10 %, sur le procès-verbal d'assemblée générale qui décide du dividende.
§ 4DIVIDENDES & RÈGLE DES 10 %·3 MIN

Les dividendes : PFU 31,4 % et le piège de la règle des 10 %

La fiscalité du dividende : PFU 31,4 %, pas 30 %

Deuxième couche : le dividende. On lit encore partout « flat tax à 30 % ». En 2026, le compte n'y est plus : la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Le PFU des dividendes n'est donc plus à 30 %, mais à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Et il faut le rappeler : le dividende n'est pas déductible du résultat soumis à l'IS — il sort du bénéfice après impôt sur les sociétés.

Un dividende n'est jamais à 17,2 % : ce taux de PS vise l'assurance-vie, les contrats de capitalisation, le foncier nu et les plus-values immobilières. La hausse de CSG de +1,4 point au 01/01/2026 ne touche que les revenus du capital financiers (dividendes, intérêts, plus-values mobilières). L'option pour le barème (abattement de 40 %, art. 158, 3-2° CGI ; CSG déductible 6,8 points, art. 154 quinquies) est rarement gagnante à 41-45 % de TMI.
ComposanteTauxBase
IR (PFU)12,8 %Art. 200 A CGI
CSG10,6 %Art. L. 136-8 CSS (relevée par la LFSS 2026)
CRDS0,5 %Contribution au remboursement de la dette sociale
Prélèvement de solidarité7,5 %Inchangé
Total PFU dividendes31,4 %12,8 IR + 18,6 PS

Le seuil des 10 % : art. L. 131-6 CSS

« Les dividendes, c'est juste le PFU, pas de charges. » C'est faux dès lors que vous êtes gérant majoritaire, donc TNS. Une règle propre aux travailleurs indépendants vient rattraper la fraction « haute » de vos dividendes.

La règle des 10 % (art. L. 131-6, III CSS)

Dividendes + interets de CCA verses a l'associe TNS :

  • Fraction <= 10 % de (capital social libere
      + primes d'emission + solde moyen du CCA)
        ->  PFU 31,4 %  (pas de cotisations)

  • Fraction > 10 %
        ->  reintegree dans l'assiette des
           COTISATIONS (~40-45 %) + IR au bareme
  • Capital + primes :appréciés au dernier jour de l'exercice précédant la distribution (décret 2009-423)
  • CCA :compte courant d'associé, retenu pour son solde moyen annuel
  • Exemple :capital 10 000 € + CCA moyen 20 000 € → seuil = 10 % × 30 000 = 3 000 € au PFU avant cotisations

L'assiette du seuil n'est PAS le seul capital social : c'est capital libéré + primes d'émission + solde moyen du CCA. Un capital faible rend donc le seuil modeste.

Deux pièges de calcul à éviter. La fraction excédentaire bascule en cotisations en plus de l'IR au barème, mais elle n'est pas, en plus, soumise aux 18,6 % de prélèvements sociaux des dividendes : il n'y a pas de double prélèvement social sur la même fraction. Et l'abattement de 40 % (art. 158 CGI) ne joue que pour l'IR au barème ; l'assiette sociale, elle, retient le dividende brut à 100 %. Sur le fond, la règle est solide : le Conseil constitutionnel l'a validée (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010), et le décret d'application (n° 2009-423) a été confirmé par le Conseil d'État (27 mai 2011, n° 328905).

La SPFPL ne fait pas écran sur le social

Beaucoup d'avocats croient encore que loger la SELARL sous une SPFPL, pour y faire remonter les dividendes, met la holding en écran et fait échapper aux cotisations. Faux. La Cour de cassation l'a fermé dans son arrêt du 19 octobre 2023 (Cass. 2e civ. n° 21-20.366, publié au bulletin) : les bénéfices de la SEL où le travailleur indépendant exerce entrent dans l'assiette de ses cotisations (art. L. 131-6 CSS) même distribués à la SPFPL qui détient le capital, « peu important leur perception effective ». La holding ne fait pas écran. Elle garde tout son intérêt pour réinvestir et transmettre (§7), mais pas pour effacer la règle des 10 % — détail dans notre guide holding d'avocat (SPFPL). Pour le mécanisme précis de réintégration dans l'assiette des cotisations, voyez SPFPL d'avocat : pourquoi les dividendes restent soumis aux cotisations sociales.

Le mécanisme mérite d'être compris fraction par fraction. Nous l'avons détaillé, avec le calcul de l'assiette et des cas chiffrés, dans le guide dédié dividendes de SEL et cotisations sociales : l'article L. 131-6 CSS, fraction par fraction, et appliqué au cas de l'avocat dans dividendes en SELARL d'avocat : le piège des cotisations sociales (> 10 % du capital). Et puisque le seuil dépend du capital, des primes et du compte courant, on peut le relever en jouant sur ces leviers — sous réserve du garde-fou de l'abus de droit fiscal (art. L. 64 du Livre des procédures fiscales) : l'opération doit être réelle et justifiée.

§ 5SELARL OU SELAS·2 MIN

SELARL ou SELAS : la convergence de 2025 sur les dividendes

« Et si je passe en SELAS pour échapper à la règle des 10 % ? » C'était l'argument classique il y a encore deux ans. Il ne tient plus. Historiquement, le président de SELAS, assimilé salarié, voyait ses dividendes au seul PFU, hors règle des 10 % réservée aux travailleurs non salariés. Cet avantage a disparu.

La LFSS 2024 (loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023) a étendu la règle des 10 % au président associé de SELAS qui y exerce, sur le fondement de l'art. L. 131-6, III du Code de la sécurité sociale : la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant est réintégrée dans l'assiette des cotisations, en principe à compter du 1er janvier 2025. Une réserve toutefois : la portée exacte du dispositif en cas de distribution directe au président de SELAS détenant ses titres en propre reste débattue (l'application la plus assurée vise les dividendes remontés via une SPFPL, comme dans l'arrêt du 19 octobre 2023). Dans le doute, mieux vaut raisonner comme si le président de SELAS était soumis à la même règle des 10 % que le gérant majoritaire de SELARL, et sécuriser le calibrage avec son expert-comptable.

Ce qui distingue encore les deux formes : le statut social du dirigeant

La règle des 10 % ne sépare donc plus SELARL et SELAS. Ce qui les distingue encore, c'est le statut social du dirigeant : le gérant majoritaire de SELARL est TNS (charges plus légères, ~40-45 % sur la rémunération, mais protection sociale plus mince) ; le président de SELAS est assimilé salarié (charges plus lourdes, ~70-82 %, mais meilleure couverture). Le choix de la forme se joue donc sur ce couple coût des charges / protection sociale, et sur la souplesse statutaire — pas sur le traitement des dividendes. C'est un arbitrage à sécuriser au cas par cas, mais choisir la SELAS pour la seule flat tax sur les dividendes n'a plus de sens. Pour le pilotage propre à cette forme, voyez notre guide avocat en SELAS : l'arbitrage rémunération / dividendes.
§ 6CE QUE LA RÉMU ACHÈTE·3 MIN

Ce que seule la rémunération achète : retraite CNBF et PER

En rendez-vous, le débat se réduit presque toujours à une seule ligne : le net après impôt du mois, « combien il m'en reste ce soir ? ». C'est l'angle mort. À ne regarder que le net du soir, on oublie tout ce que la rémunération construit sur vingt ans — et que le dividende ne construira jamais. Un dividende de 60 000 € sortis ce soir ne pèse pas un gramme dans la retraite CNBF de Maître Lefèvre dans vingt ans : ni trimestre validé, ni point complémentaire acquis, ni indemnité journalière si elle tombe malade, ni un centime de plafond PER rempli.

Mémo express

Ce que seule la rémunération construit

  • La retraite CNBF : trimestres et points alimentés par la cotisation de base (forfaitaire + proportionnelle de 3,20 %) et le régime complémentaire par classes (C1, C2, C2+), tous deux assis sur le seul revenu d'activité.
  • La prévoyance : indemnités journalières et capital invalidité-décès, dont l'ouverture est conditionnée au versement effectif de cotisations sur une rémunération.
  • Le plafond PER / Madelin (art. 154 bis) : 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, jusqu'à 88 911 € en 2026 — un plafond que le bénéfice distribué en dividende n'ouvre jamais.

La CNBF : la caisse propre à l'avocat

L'avocat ne cotise ni à la CARMF, ni à la CIPAV, ni à aucune section de la CNAVPL : il relève de la CNBF, régime autonome. Le régime de base combine une cotisation forfaitaire selon l'ancienneté (de l'ordre de 363 € la première année à 1 988 € à partir de la sixième en 2026) et une cotisation proportionnelle de 3,20 % du revenu net (assiette plafonnée à 297 549 €), pour une pension de base à taux plein revalorisée à 19 154 € au 1er janvier 2026. Le régime complémentaire fonctionne par classes (C1, C2, C2+ en 2026), en transition vers une classe unique en 2029, le choix de classe se faisant en début d'année. Comme ces cotisations sont assises sur le revenu d'activité, seule la rémunération les alimente ; le dividende, jamais. Pour le fonctionnement général des régimes du libéral, voyez notre guide la retraite de la profession libérale.

Le PER à 41-45 % de TMI : l'euro d'impôt le moins cher à effacer

À ces tranches, aucun autre dispositif ne rend autant : chaque euro déduit efface 41 à 45 centimes d'impôt l'année même. La déduction (art. 154 bis CGI) atteint 10 % du bénéfice (≤ 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice entre 1 et 8 PASS. Avec un PASS 2026 de 48 060 €, le plafond va de 4 806 € à 88 911 € (atteint pour un bénéfice ≥ 384 480 €). À 45 % de TMI, saturer ce plafond de 88 911 €, c'est près de 40 010 € d'IR en moins sur une seule année — et du patrimoine retraite qui se constitue tout en abaissant votre RFR (utile pour la CEHR/CDHR, §9). Les versements non utilisés se reportent sur les années suivantes.

Exemple chiffré : ce qu'un versement PER de 30 000 € rapporte

Prenons un avocat à 45 % de TMI qui loge 30 000 € sur son PER (il a la place : son plafond va jusqu'à 88 911 €). À l'entrée, ces 30 000 € sortent du barème : il économise 13 500 € d'impôt dès l'année du versement (30 000 × 45 %), tout en se constituant un capital retraite de 30 000 € qui travaille. Au passage, son RFR baisse d'autant — utile face à la CEHR et à la CDHR (§9). Le tout-dividende ferme cette porte : pas de plafond PER, pas de droits. À la sortie, les gains du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux et la part déduite est imposée au barème (avantage d'autant plus net que la TMI sera plus basse à la retraite), mais l'effet de levier à l'entrée reste massif à ces tranches. Pour dimensionner l'effort, voyez notre guide du PER du libéral et le guide complet du Plan d'Épargne Retraite.
§ 7CAPITALISER À L'IS·3 MIN

Le 3e étage : capitaliser le surplus à l'IS plutôt que distribuer

C'est l'étage que Maître Lefèvre n'avait jamais activé : par habitude de l'ancien régime BNC, tout sortir, tout payer au barème. Pourtant, le bénéfice dont vous n'avez pas besoin pour vivre n'a aucune raison d'être sorti. Sorti, il subit 41 ou 45 % d'IR plus les cotisations ; laissé dans la société, il n'est imposé qu'à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (art. 219 I-b CGI). À 45 % de TMI, l'euro laissé dans la société ne perd que 25 centimes d'IS ; sorti, il en perd 45, plus les cotisations. Pour tout ce qui dépasse votre train de vie, le calcul est tranché.

Capitaliser à l'IS vs sortir le surplus (1 € de bénéfice non nécessaire)

Sorti en REMUNERATION :
   - cotisations (~40-45 %) puis IR a 45 %
   ->  il reste ~30 a 35 centimes

Sorti en DIVIDENDE (au-dela du seuil) :
   - IS (25 %) puis cotisations + IR
   ->  il reste ~20 a 30 centimes

LAISSE a l'IS dans la societe :
   - IS 25 % (15 % sous 42 500 €)
   ->  il reste 75 centimes a reinvestir

Tant que l'euro n'est pas nécessaire à votre train de vie, le laisser capitaliser à l'IS conserve la base la plus large pour réinvestir. L'impôt personnel n'est dû qu'au moment où vous le sortirez (et pourra être lissé).

Le taux réduit d'IS à 15 % suppose quelques conditions (chiffre d'affaires < 10 M€, capital entièrement libéré, détention à 75 % au moins par des personnes physiques — BOI-IS-LIQ-20-10). Ce surplus capitalisé, vous ne le laissez pas dormir : vous le réinvestissez (compte à terme, contrat de capitalisation de personne morale au sens de l'art. 238 septies E CGI, SCPI, compte-titres) — voyez notre guide placer la trésorerie de sa SELARL d'avocat et notre dossier placer la trésorerie d'une SEL. Ou bien vous le faites remonter dans une SPFPL via le régime mère-fille.

Remonter en SPFPL : le régime mère-fille à 1,25 % de frottement

Si vous coiffez votre SELARL d'une SPFPL, les dividendes remontés bénéficient du régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : exonération à 95 %, seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée à l'IS, soit un frottement d'environ 1,25 % (détention ≥ 5 % conservée ≥ 2 ans ; intégration fiscale possible à 95 %, art. 223 A). C'est le véhicule que choisissent la plupart des avocats qui veulent réinvestir le surplus sans le sortir à titre personnel — sans pour autant neutraliser la règle des 10 % (§4). Tout est détaillé dans nos guides holding d'avocat (SPFPL) et la SPFPL en profession libérale.

Le surplus capitalisé ne remonte pas dans votre RFR

Voici l'effet d'arbitrage clé : un bénéfice laissé dans la SELARL n'entre pas dans votre revenu fiscal de référence personnel. Rémunération et dividende le gonflent et vous rapprochent de la CEHR et de la CDHR (§9) ; la capitalisation à l'IS, le PER et le déficit foncier l'abaissent. Pour un avocat à très haut revenu, c'est un levier de pilotage décisif.
§ 8CAS CHIFFRÉ 250 000 €·5 MIN

Cas chiffré : Maître Lefèvre, 250 000 € de bénéfice, 3 scénarios

Passons aux chiffres. Un avertissement avant de lire : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement arrondis pour que la mécanique soit lisible — ne reprenez pas ces montants à l'euro pour votre propre assemblée générale. Le taux de cotisations retenu (de l'ordre de 43 %, milieu de fourchette) est une simplification qui varie selon le niveau de revenu et la dégressivité au-delà des plafonds.

Les hypothèses communes

Maître Camille Lefèvre, avocate associée, gérante majoritaire de sa SELARL (TNS, affiliée CNBF), célibataire, TMI 45 %. Bénéfice avant sa rémunération et avant IS = 250 000 €. Capital social 10 000 € + compte courant d'associé de solde moyen 20 000 € → seuil des 10 % = 3 000 €. On compare trois trajectoires : tout en rémunération (A), le mix recommandé (B), les dividendes maximisés (C).

Scénario A · Tout en rémunération

Maître Lefèvre — le tout-rémunération

Camille se verse la rémunération maximale que permet le bénéfice. Les 250 000 € étant intégralement déductibles, l'IS de la société tombe à ~0. Mais l'enveloppe se partage alors entre rémunération nette et cotisations : assises sur le revenu professionnel, celles-ci représentent de l'ordre de 70 000 à 75 000 €, et le revenu net est ensuite soumis à l'IR au barème (TMI 45 %, avec déclenchement probable de la CEHR).

Les plus : droits retraite CNBF maximaux, PER saturable (jusqu'à 88 911 € déductibles à 45 %, soit ~40 010 € d'IR évités), prévoyance pleine. Les moins : un RFR très élevé (CEHR, voire CDHR) et aucune capitalisation à l'IS— tout est sorti, tout est taxé au barème, on laisse filer l'avantage de l'IS à 15/25 %.

Ce qu'il faut retenir : le tout-rémunération ouvre tous les droits et sature le PER, mais c'est la trajectoire la plus lourde à l'IR, et elle gâche l'opportunité de capitaliser au taux de l'IS.

Scénario B · Le mix optimal — le verdict

Maître Lefèvre — la méthode des trois couches

Camille applique la séquence. Couche 1 : une rémunération-socle qui couvre son train de vie, sature son PER (jusqu'à 88 911 € déductibles à 45 %, art. 154 bis CGI), finance sa prévoyance et valide ses droits CNBF. Couche 2 : un dividende calibré sur le seuil des 3 000 €, taxé au seul PFU de 31,4 %, sans cotisations.

Couche 3 : le bénéfice résiduel reste dans la société et capitalise à l'IS. Sur 250 000 € intégralement laissés, l'IS serait de 15 % × 42 500 + 25 % × 207 500 = 6 375 + 51 875 = 58 250 €, laissant 191 750 € de résultat net à réinvestir ou à faire remonter en SPFPL (frottement mère-fille ~1,25 %). En pratique, la rémunération-socle ayant déjà absorbé une partie du bénéfice, le résultat capitalisé est plus modeste — mais l'idée est là : ce surplus travaille à l'IS, pas à 45 % + cotisations.

Résultat : droits CNBF construits, PER saturé, dividende efficient sous le seuil, surplus capitalisé à taux réduit, et un RFR maîtrisé qui éloigne la CEHR/CDHR. Au total, Maître Lefèvre garde plus en poche qu'en scénario C, conserve ses points CNBF (contrairement à C) et reste plus loin du seuil de la CDHR (contrairement à A) — les trois objectifs qu'elle s'était fixés.

Scénario C · Dividendes maximisés

Maître Lefèvre — le tout-dividende qui se retourne

Camille se verse une rémunération minimale et veut sortir le maximum en dividendes. Le bénéfice passe d'abord par l'IS : 58 250 € sur 250 000 €, laissant 191 750 € distribuables.

Puis le couperet de la règle des 10 % : son seuil vaut 3 000 €. Seuls ces 3 000 € profitent du PFU à 31,4 %. Les ~188 750 € restants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations — soit, à ~43 %, de l'ordre de 80 000 € — auxquels s'ajoute l'IR au barème sur cette fraction requalifiée en revenu d'activité. Bilan : elle empile l'IS, les cotisations et l'IR sur le même euro, sans saturer son PER au mieux et sans aucun gain de droits proportionnel— car cette fraction cotisée n'ouvre pas le même rendement « droits » qu'une rémunération pilotée.

Le piège : sur un capital faible, « tout dividende » coûte aussi cher, voire plus, que le tout-rémunération — mais Maître Lefèvre débourse autant sans points CNBF supplémentaires et avec un PER à moitié vide.

Synthèse des trois trajectoires sur 250 000 € de bénéfice (ordres de grandeur pédagogiques, cotisations à ~43 %, capital 10 000 € + CCA 20 000 € → seuil 3 000 €, célibataire TMI 45 %). Le mix B gagne parce qu'il combine droits préservés, PER saturé, impôt reporté sur le surplus capitalisé et RFR piloté.
CritèreA · Tout rémunérationB · Le mixC · Dividendes max
IS payé dans la sociétéQuasi nul (rému déductible)Modéré (sur le surplus capitalisé)58 250 € (15/25 %)
CotisationsMaximales (~70-75 k)Calibrées sur la rémunération-socleÉlevées (~80 k sur la fraction > 10 %)
IR (+ CEHR/CDHR si déclenchées)Élevés (RFR plein)Maîtrisés (PER + capitalisation)Élevés (fraction au barème)
PER constituéSaturable (~40 k d'IR évités)SaturéSous-optimal
Droits CNBF + prévoyancePleinsPréservésMinimaux
Surplus capitalisé à l'ISAucunOui (réinvesti / SPFPL)Aucun (tout distribué)
VerdictLourd à l'IROptimalTout payé, rien piloté

Note de méthode : ces chiffres sont des simulations, pas une promesse

Les montants ci-dessus sont des modélisations pédagogiques, volontairement arrondies pour faire ressortir la logique de l'arbitrage. Ils reposent sur des hypothèses simplificatrices (taux de cotisations moyen ~43 %, capital 10 000 € + CCA 20 000 €, célibataire à 45 % de TMI, bénéfice 250 000 €) : le taux réel de cotisations dépend de votre niveau de revenu et de la dégressivité au-delà des plafonds, et votre situation familiale modifie tous les seuils (CEHR, CDHR). Aucun résultat ne peut être transposé tel quel : seule une modélisation individualisée à l'euro près, refaite chaque année à la lumière de la loi de finances et de la LFSS, donne le mix juste.
Hagnéré Patrimoine

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§ 9PILOTER LE RFR·2 MIN

Piloter son revenu fiscal de référence : CEHR et CDHR

À 250 000 € de bénéfice, l'avocat seul touche les seuils des contributions sur les hauts revenus : c'est précisément là que la quatrième dimension de l'arbitrage — le pilotage du RFR— prend tout son sens. La rémunération et le dividende remontent dans votre RFR ; le bénéfice capitalisé à l'IS, non.

La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus) garantit une imposition minimale de l'ordre de 20 % du RFR pour les très hauts revenus. Son maintien au-delà de 2026 et le détail de son calcul (décote, taux moyen, revenus exceptionnels) restent à confirmer chaque année [à confirmer selon la loi de finances applicable].
ContributionArticleDéclenchement (RFR)Taux
CEHRArt. 223 sexies CGI> 250 k / 500 k € (cél.) ; 500 k / 1 M € (couple)3 % puis 4 %
CDHRArt. 224 CGI> 250 k € (cél.) / 500 k € (couple)Imposition minimale 20 % du RFR

Capitaliser à l'IS et saturer le PER = ne pas gonfler son RFR

L'effet d'arbitrage est limpide : rémunération ET dividende gonflent tous deux votre RFR et vous rapprochent de la CEHR et de la CDHR. À l'inverse, le PER (art. 154 bis), le déficit foncier et la capitalisation à l'IS (un bénéfice laissé dans la SELARL n'entre pas dans votre RFR personnel) l'abaissent. Un dividende exceptionnel et massif peut, à lui seul, faire franchir un seuil ; réparti dans le temps et combiné à la capitalisation, il l'évite. Le détail de ces contributions figure dans notre guide la CDHR de la profession libérale et notre dossier profession libérale à hauts revenus.
§ 10LA MÉTHODE EN PRATIQUE·2 MIN

La méthode de pilotage en 4 étapes

« Alors, combien je me verse ? » Personne ne peut répondre à froid. En rendez-vous, on part du chiffre de vie de l'avocat — disons 90 000 € nets pour Maître Lefèvre — et on remonte quatre étapes, dans l'ordre. Au lieu de décider à l'arrache en décembre, la veille de l'assemblée générale, vous repartez avec des montants posés noir sur blanc.

Étape 1 · Calibrer la rémunération-socle

Fixer le revenu de train de vie, valider les droits CNBF, financer la prévoyance et SATURER le plafond PER/Madelin (art. 154 bis, jusqu'à 88 911 € à 45 % de TMI). C'est le seul étage qui construit des droits et déduit à votre tranche.

Étape 2 · Plafonner le dividende au seuil des 10 %

Distribuer SOUS le seuil (capital + primes + CCA), au seul PFU de 31,4 %. Relever ce seuil de façon réelle et justifiée (augmentation de capital, compte courant), jamais par un montage cosmétique (abus de droit, art. L. 64 LPF).

Étape 3 · Capitaliser le surplus à l'IS

Laisser le bénéfice non nécessaire dans la société (IS 15/25 % < TMI 45 %), pour le réinvestir (trésorerie placée, capi PM) ou le faire remonter en SPFPL via le régime mère-fille (frottement ~1,25 %).

Étape 4 · Vérifier le RFR et la ventilation BNC

Doser l'ensemble pour rester sous les seuils CEHR/CDHR, et sécuriser la ventilation rémunération technique (BNC) / mandat (art. 62) depuis l'arrêt CE du 8 avril 2025. Le tout avec l'expert-comptable.

À retenir

L'ordre des couches compte plus que le montant

On commence par fixer une rémunération juste suffisante : elle couvre le revenu de vie, ouvre les droits CNBF, finance la prévoyance et sature le PER. Le dividende ne vient qu'ensuite, calibré sous le seuil des 10 % pour éviter le rattrapage par les cotisations. Le surplus reste enfin dans la société, capitalisé à l'IS, plutôt que sorti à perte. Et tout au bout, on règle le RFR. L'avocat qui respecte cet ordre sait, dès novembre, combien il se versera et ce qu'il laissera dans la société ; celui qui improvise en décembre découvre la facture en septembre suivant. Pour replacer cet arbitrage dans la stratégie d'ensemble, voyez notre guide optimisation fiscale de l'avocat 2026 : le guide complet et la méthode générale en SEL dans SEL : salaire ou dividendes.

En pratique : votre check-list avant l'assemblée générale

  • Avant de fixer le dividende, calculez votre seuil des 10 % : capital libéré + primes + solde moyen du compte courant, multiplié par 10 %.
  • Saturez le PER tant que vous êtes à 41-45 % de TMI : c'est l'euro d'impôt le moins cher à effacer (jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026).
  • Ne sortez que ce dont vous avez besoin : le reste capitalise à l'IS (15/25 %), bien en dessous de votre tranche.
  • Surveillez votre RFR pour ne pas déclencher inutilement CEHR et CDHR — un gros dividende ponctuel suffit à faire franchir un seuil.
  • Refaites l'exercice chaque année, après la loi de finances et la LFSS : le passage du PFU de 30 à 31,4 % en 2026, à lui seul, déplace le curseur dividende / capitalisation par rapport à 2025.
C'est la feuille de calcul qu'on remplit avec votre expert-comptable avant chaque assemblée générale, ligne par ligne.
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Sources et références légales

  • CSS — statut social, CNBF et règle des 10 %

    Art. L. 311-3 CSS (assimilés salariés rattachés au régime général — président de SELAS ; a contrario le gérant majoritaire de SELARL est TNS). Art. L. 723-1 et s. CSS (affiliation des avocats à la CNBF, régime autonome propre aux avocats). Art. L. 131-6, III CSS (réintégration dans l'assiette des cotisations TNS de la fraction de dividendes et d'intérêts de compte courant excédant 10 % du capital, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé ; barème CNBF 2026). Art. L. 136-8 CSS (taux des prélèvements sociaux, CSG du capital portée à 10,6 % au 01/01/2026). Décret 2009-423 du 16/04/2009 (modalités du seuil des 10 %).

  • CGI — rémunération du dirigeant et requalification BNC

    Art. 211 CGI et art. 39, 1-1° CGI (déductibilité de la rémunération du dirigeant du résultat IS, sous condition de travail effectif et de montant non excessif). Art. 62 CGI (rémunération du mandat de gérance du gérant majoritaire de SELARL). Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL — l'activité libérale d'avocat — relève des BNC à compter des revenus 2024). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin retraite et prévoyance, plancher 4 806 €, plafond 88 911 € en 2026). Art. 154 quinquies CGI (CSG déductible de 6,8 points en cas d'option barème). Doctrine : BOI-RES-BNC-000136, BOI-RSA-GER-10-30 (suppression de la tolérance des 5 %).

  • CGI — fiscalité du dividende, IS et mère-fille

    Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Art. 117 quater CGI (acompte de 12,8 % prélevé à la source, dispense sous condition de RFR). Art. 158, 3-2° CGI (option barème, abattement de 40 % réservé au barème). Art. 219 I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % ; BOI-IS-LIQ-20-10). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, quote-part de 5 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation détenu par une personne morale). Art. 726 CGI (droits d'enregistrement sur la cession de parts). Doctrine : BOI-RPPM-RCM-30-20.

  • Hauts revenus, lois de finances et jurisprudence

    Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale de 20 % du RFR). Art. L. 64 LPF (abus de droit fiscal). Loi 71-1130 du 31/12/1971 (profession d'avocat). Ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, en vigueur 01/09/2024). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : dualité des PS, dividendes à 18,6 %). LFSS 2024 (loi 2023-1250 du 26/12/2023 : extension de la règle des 10 % au président associé exerçant de SELAS, applicable au 01/01/2025, sur le fondement de l'art. L. 131-6 III CSS — position débattue en distribution directe). LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : barème IR, reconduction de la CDHR). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €). CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (rémunération technique = BNC). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 06/08/2010 et CE 27/05/2011 n° 328905 (validation de la règle des 10 %).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision de calibrer rémunération, dividende et capitalisation en SELARL d'avocat doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (statut social, modélisation chiffrée selon votre TMI et la structure de votre capital, plafond PER, droits retraite CNBF, prévoyance, provision des cotisations, pilotage du RFR). Les chiffres et taux cités sont à jour au 12 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le taux de cotisations retenu (de l'ordre de 40 à 45 %) est une fourchette indicative, donnée à titre pédagogique. Les valeurs de cotisation et les classes de la CNBF sont à vérifier sur cnbf.fr. La pérennité de la CDHR au-delà de 2026 est signalée au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore définitivement.

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Foire aux questions

Tout sur l'arbitrage rémunération ou dividendes de l'avocat en SELARL règle des 10 %, PFU 31,4 %, BNC, plafond PER et CNBF.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : faut-il se verser une rémunération ou des dividendes, comment se calcule le seuil des 10 %, la fiscalité réelle du dividende en 2026, le passage de la rémunération en BNC, le rôle de la SPFPL et le pilotage du RFR. Réponses sourcées et à jour 2026.