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Guide notaire 202616 minMis à jour 15 juin 2026Mère-fille 1,25 %

Les avantages de la SPFPL pour le notaire : fiscalité, dividendes, transmission

Votre SEL de notaires dégage de beaux bénéfices, mais chaque dividende que vous sortez part à 31,4 % d'impôt, et la trésorerie qui pourrait racheter un confrère ou préparer votre succession dort sur un compte. La SPFPL — la holding réservée aux notaires — fait remonter ces mêmes dividendes à 1,25 % d'IS via le régime mère-fille, finance un rachat d'office à crédit, et transmet votre étude à vos enfants avec 75 % d'abattement Dutreil. Voici, sans survente, ce qu'elle rapporte vraiment et où sont ses limites. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE SPFPL NOTAIRE 2026

Savoir si la SPFPL a un sens chez vous et chiffrer le gain net annuel

Audit de votre SEL de notaires : régime mère-fille, effet de levier au rachat d'office, intégration fiscale, transmission Dutreil. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et anti-survente sur le piège des cotisations.

  • Audit de votre SEL et de votre projet
  • Chiffrage du gain mère-fille net de frais
  • Montage de rachat d'office à effet de levier
  • Plan de transmission Dutreil de l'étude

MÈRE-FILLE EFFECTIF

1,25 %

PFU DIVIDENDES 2026

31,4 %

ABATTEMENT DUTREIL

75 %

SUR 100 K€ DE DIVIDENDES

98 750 €

CADRE JURIDIQUE

Ord. 2023-77

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1EN BREF·2 MIN

La SPFPL de notaire en 1 minute

Vous distribuez 100 000 € de dividendes ? L'État en prend 31 400 € avant même que l'argent n'arrive sur votre compte. Et la trésorerie qui pourrait racheter l'office d'un confrère ou préparer votre succession finit par dormir, déjà amputée d'un tiers. Ce tiers perdu, la SPFPL le récupère — à une condition : qu'on s'en serve pour ce à quoi elle est faite, et pas comme un compte courant déguisé. Car elle ne s'adresse pas au notaire qui consomme tout ce qu'il gagne : elle s'adresse à celui qui capitalise, qui veut racheter des parts ou un office, et qui prépare la transmission de son étude. Si vous êtes dans l'un de ces trois cas, ce guide est fait pour vous. Sinon, il vous évitera de payer une structure qui ne vous rapporterait rien.

La SPFPL de notaire en 30 secondes

La SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) est la holding réservée aux notaires qui détient vos parts de SEL. Elle sert trois choses, dans cet ordre : faire grossir une trésorerie sans la faire fondre (les dividendes de la SEL remontent à 1,25 % d'IS au lieu de 31,4 % de PFU, via le régime mère-fille : sur 100 000 € de dividendes, vous gardez 98 750 € au lieu de 68 600 €), racheter un confrère à crédit grâce à l'effet de levier, et donner l'étude à ses enfants avec 75 % d'exonération Dutreil. Le seul vrai piège : elle ne supprime pas automatiquement vos cotisations sociales.

Retenez surtout ceci, sinon tout le reste se lit de travers. La SPFPL diffère et réoriente l'impôt : ce n'est pas une exonération. Tant que les dividendes restent dans la holding pour être réinvestis ou rembourser un emprunt, ils ne supportent qu'une friction de 1,25 %. Le jour où vous sortez cet argent vers votre compte personnel, le PFU de 31,4 % réapparaît. Confondre les deux, c'est la première erreur que je corrige en rendez-vous : la SPFPL capitalise, elle ne distribue pas du net d'impôt.

Cette page = les avantages ; le montage est ailleurs

Ce guide est une synthèse décisionnelle : pourquoi créer une SPFPL et combien elle rapporte. Le montage opérationnel — comment on détient les titres, comment on remonte concrètement la trésorerie, comment on calibre un LBO — est traité pas à pas dans notre guide sur le montage de la SPFPL de notaire. Les deux pages se complètent sans se répéter.
§ 2LE CADRE NOTAIRE·3 MIN

Le cadre propre au notaire : ordonnance 2023-77, CPRN, TVA

Le notaire n'est pas un professionnel libéral comme les autres : c'est un officier public et ministériel nommé par arrêté du Garde des Sceaux. Cela ne ferme pas la porte à la SPFPL — au contraire, le cadre a été modernisé — mais cela impose quelques garde-fous qu'il faut connaître avant de raisonner sur les avantages.

Une SPFPL qui peut détenir 100 % de l'office

Depuis le 1er septembre 2024, le régime des SPFPL relève de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, complétée pour les notaires par le décret n° 2024-873 du 14 août 2024. Cette réforme a abrogé l'ancienne loi du 31 décembre 1990 et apporté une nouveauté décisive : une SPFPL peut désormais détenir jusqu'à 100 % des droits d'une SEL de notaires, et un notaire en exercice peut être actionnaire majoritaire de la SPFPL qui contrôle la SEL. C'est exactement ce qui rend l'intégration fiscale et le LBO accessibles.

Objet limité : ce n'est pas une holding patrimoniale libre

La SPFPL de notaire a un objet limité par la loi : détenir des participations dans des SEL de notaires (et des activités accessoires dédiées). Elle ne peut pas servir de holding patrimoniale libre pour loger n'importe quel actif de pur placement. Son capital est fermé aux tiers et contrôlé par le Conseil supérieur du notariat, le dirigeant devant être un notaire en exercice. C'est une contrainte — mais aussi, on le verra, un avantage côté IFI et taxe holdings. Pour la logique d'une holding à objet libre, voyez notre guide sur la holding patrimoniale.

Retraite et TVA : deux points à ne pas confondre

Deux rappels qui évitent les erreurs classiques. Côté retraite, le notaire relève du régime de base CNAVPL et du régime complémentaire de la CPRN (Caisse de Prévoyance et de Retraite des Notaires), organisé en sections B et C — et jamais de la CNBF, qui est la caisse des avocats. Les cotisations de la SPFPL n'y changent rien en soi ; le sujet retraite se traite à part (voir la stratégie patrimoniale 360 du notaire). Côté TVA, le notaire est soumis au taux normal de 20 % sur ses émoluments et honoraires : il facture la TVA et récupère la TVA déductible sur ses achats et investissements. Il n'est jamais exonéré au titre des soins.

Pourquoi la SPFPL redevient un levier en 2026

Un élément de contexte rend la SPFPL plus pertinente qu'avant. Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération correspondant à l'activité libérale (technique) de l'associé de SEL est imposée en BNC (déclaration contrôlée 2035), sans l'abattement de 10 % d'autrefois — le Conseil d'État l'a confirmé le 8 avril 2025 (n° 492154), en annulant au passage la tolérance des 5 % de gérance. Conséquence : la rémunération est plus frottée, et la voie dividendes + SPFPL retrouve de l'intérêt pour le notaire associé. Cet arbitrage rémunération/dividendes est détaillé dans l'optimisation fiscale du notaire en SEL.

§ 3LE LEVIER SIGNATURE·3 MIN

Régime mère-fille : 1,25 % au lieu de 31,4 % (avec vs sans)

Voilà le chiffre que la plupart des notaires viennent vérifier. Quand vous sortez des dividendes de votre SEL de notaires directement vers votre compte personnel, vous subissez le PFU à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). Quand ces mêmes dividendes remontent vers une SPFPL, ils ne supportent qu'une friction d'environ 1,25 %, soit vingt-cinq fois moins qu'en direct.

Comment marche l'exonération de 95 %

Le mécanisme repose sur le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Lorsqu'une société remonte des dividendes d'une filiale, 95 % de ces dividendes sont exonérés d'IS. Seule une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % reste imposable à l'impôt sur les sociétés (25 %). L'imposition effective est donc de 5 % × 25 % = 1,25 % (doctrine BOFiP BOI-IS-BASE-10-10-10-10 et BOI-IS-BASE-10-10-20).

Le calcul à l'euro près sur 100 000 € de dividendes

AVEC SPFPL (regime mere-fille)
  100 000 EUR de dividendes SEL -> SPFPL
  95 000 EUR exoneres + (5 000 EUR x 25 %) = 1 250 EUR d'IS
  => friction de 1,25 %  ->  98 750 EUR capitalisables

EN DIRECT (dividendes verses au notaire)
  100 000 EUR x 31,4 % (PFU 2026) = 31 400 EUR d'impot
  => 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS  ->  68 600 EUR nets

ECART = 31 400 - 1 250 = 30 150 EUR / an

Soit près de 30 000 € de capacité de réinvestissement supplémentaire chaque année — tant que les fonds restent dans la holding pour être réinvestis ou rembourser un emprunt.

Comparaison avec et sans SPFPL sur 100 000 € de dividendes. La friction passe de 31 400 € à 1 250 €. Mais ces 98 750 € restent dans la holding : les sortir au nom propre redéclenche le PFU.
Sur 100 000 € de dividendesSANS SPFPL (en direct)AVEC SPFPL (mère-fille)
Friction fiscale31 400 € (PFU 31,4 %)1 250 € (IS 1,25 %)
Ce qu'il reste68 600 € (sur compte perso)98 750 € (dans la holding)
Usage possibleConsommer / placer en nom propreRéinvestir, racheter, capitaliser
Gain de capacité—+ 30 150 € / an

Les 5 conditions à respecter

Ce 1,25 % n'est pas donné : l'administration pose cinq conditions, toutes à respecter. La troisième est celle qui piège le plus de monde — les titres doivent être détenus en pleine propriété, ce qui exclut le démembrement.

Les 5 conditions du régime mère-fille (art. 145 CGI). La pleine propriété est le piège le plus fréquent : un démembrement des parts fait perdre l'exonération de 95 %.
ConditionExigencePiège à éviter
Seuil de détentionAu moins 5 % du capital de la SELEn dessous de 5 %, pas de régime mère-fille
Durée de conservationEngagement de conserver les titres 2 ansUne revente avant 2 ans remet en cause l'exonération
Nature des droitsTitres détenus en pleine propriétéLe démembrement (usufruit/nue-propriété) exclut le régime
Régime d'impositionSEL et SPFPL soumises à l'ISUne SEL restée à l'IR ferme la porte
CapitalCapital intégralement libéréUn capital non libéré bloque l'éligibilité

Attention : ce n'est pas de l'argent dans votre poche

La friction de 1,25 % ne vaut que tant que les fonds restent dans la SPFPL. Le jour où vous sortez cet argent vers votre compte personnel, le PFU de 31,4 % s'applique à nouveau. La SPFPL diffère l'impôt sur les dividendes, elle ne l'efface pas. C'est un outil de capitalisation, pas un robinet de revenu défiscalisé.
§ 4L'EFFET DE LEVIER·3 MIN

L'effet de levier : racheter un office à crédit

Le mère-fille fait les gros titres ; en pratique, c'est l'effet de levier qui rapporte le plus à ceux qui rachètent. L'idée : faire racheter des parts de SEL — celles d'un confrère qui part — ou financer votre installation par la holding à crédit, plutôt que par vous-même, et rembourser ce crédit avec des dividendes quasi défiscalisés. C'est ce qu'on appelle un LBO libéral.

Les deux étages du levier

D'abord côté financement : c'est la SPFPL qui contracte l'emprunt d'acquisition. Vous n'immobilisez pas votre trésorerie personnelle et vous n'avez pas à vous verser au préalable des dividendes taxés à 31,4 % pour payer comptant. Ensuite côté impôt : les intérêts de l'emprunt sont déductibles du résultat de la SPFPL (article 39 CGI), pendant que la SEL fait remonter ses dividendes à la holding via le mère-fille (friction 1,25 %). La holding rembourse alors le crédit avec ces dividendes : presque chaque euro sert au remboursement, au lieu d'en perdre près d'un tiers en impôt.

Le coût net de remboursement de 100 € d'emprunt. Avec la SPFPL, presque chaque euro de dividende sert au remboursement, au lieu d'en perdre près d'un tiers en impôt.
Pour rembourser 100 € de capital d'empruntSans SPFPL (dividendes perso)Avec SPFPL (mère-fille)
Dividendes bruts nécessaires≈ 145,8 € (31,4 % partent à l'impôt)≈ 101,3 € (friction 1,25 %)
Part qui sert vraiment au remboursement68,6 %98,8 %

Le levier suppose une SEL qui distribue — et le montage se cale ailleurs

Tout ça suppose une chose : que l'office distribue vraiment, chaque année, de quoi rembourser. Une étude rentable, une trésorerie disponible — sinon le levier se grippe. Le plafonnement ATAD des charges financières (article 212 bis CGI : le plus élevé de 3 M€ ou 30 % de l'EBITDA) n'est, en pratique, jamais bloquant pour un office. Le calibrage précis du LBO (montant, durée, vigilance amendement Charasse de l'article 223 B sur le rachat intra-groupe) est détaillé dans le montage opérationnel de la SPFPL de notaire. Côté placement de la trésorerie remontée, voyez placer la trésorerie de sa SEL de notaire.
§ 5NIVEAU SUPÉRIEUR·2 MIN

L'intégration fiscale : descendre à 0,25 %

On peut descendre encore plus bas que 1,25 % — jusqu'à 0,25 %. Lorsque votre SPFPL détient au moins 95 % du capital de la SEL — ce que l'ordonnance 2023-77 autorise désormais jusqu'à 100 % —, elle peut opter pour l'intégration fiscale (article 223 A du CGI). La quote-part de frais et charges sur les dividendes intra-groupe est alors ramenée de 5 % à 1 %, ce qui abaisse l'imposition effective à seulement 0,25 % (1 % × 25 % — doctrine BOI-IS-GPE-10-20-10).

L'option engage le groupe pour 5 ans et suppose des exercices alignés. Elle permet aussi d'imputer directement les intérêts et charges de la holding sur le bénéfice de la SEL, ce qui amplifie l'effet de levier les premières années d'un rachat.

Quand l'intégration vaut-elle le coup ?

Le gain marginal (passer de 1,25 % à 0,25 %, soit un point sur les dividendes remontés) ne couvre son surcoût comptable qu'à partir d'environ 200 000 € de dividendes annuels durables. En dessous, le simple régime mère-fille suffit largement. Pour un seul office de taille moyenne, l'intégration n'est donc pas systématique.
§ 6ANGLE PHARE — TRANSMISSION·3 MIN

Transmission : donner l'office avec 75 % d'abattement Dutreil

Sur le long terme, c'est souvent la transmission qui justifie à elle seule la SPFPL — alors que les notaires y pensent en dernier, une fois la holding déjà en place pour les dividendes. Elle change tout : au lieu de transmettre l'office en direct, vous donnez les titres de la SPFPL à vos enfants, et vous y appliquez le pacte Dutreil. L'articulation entre le report d'imposition de l'apport et l'abattement Dutreil est détaillée pas à pas dans transmettre son office de notaire via une holding (report et Pacte Dutreil).

Le pacte Dutreil : 75 % d'exonération des droits

Le pacte Dutreil (article 787 B du CGI) exonère 75 % de la valeur des titres transmis par donation ou succession, sous trois conditions : un engagement collectif de conservation, un engagement individuel qui prend le relais, et l'exercice d'une fonction de direction. Sur une étude valorisée 1,2 M€, l'assiette des droits de mutation tombe à 300 000 € seulement — avant même les abattements de droit commun par enfant. Sur cette base, l'économie de droits dépasse 200 000 €.

La nuance qui conditionne tout : l'animation OU l'interposition

Pour qu'une SPFPL ouvre le Dutreil, deux voies existent et il faut en remplir une. Soit la SPFPL est une holding animatrice de ses SEL (convention d'animation, procès-verbaux, prestations effectivement facturées, participation aux décisions stratégiques) : les titres de la SPFPL sont alors éligibles comme une société opérationnelle. Soit elle est une simple holding passive, et le Dutreil ne s'applique qu'au prorata, via le mécanisme d'interposition, sur la valeur des titres de SEL qu'elle détient (un ou deux niveaux d'interposition admis). Dans les deux cas, l'animation doit être documentée chaque année, la jurisprudence l'appréciant notamment au jour du fait générateur. Détails dans notre guide succession et transmission.

Le piège propre au notaire : l'office reste un droit de présentation

Reste le point qui distingue le notaire de tous les autres libéraux : l'office. Le Dutreil porte sur les titres de société : il transmet à moindre coût la valeur de l'outil professionnel. Mais l'office notarial lui-même est une charge d'officier public et ministériel : sa transmission passe par la cession du droit de présentation d'un successeur agréé par le Garde des Sceaux. Autrement dit, vos enfants ne deviennent notaires que s'ils sont eux-mêmes nommés ; la SPFPL et le Dutreil optimisent la transmission patrimoniale de la structure, pas l'accès à la fonction. C'est un point que votre conseil doit articuler avec soin : l'ingénierie de transmission d'une étude se pense globalement, structure professionnelle et patrimoine privé, comme nous le détaillons pour l'ensemble des libéraux dans transmettre son cabinet et son patrimoine. À l'inverse, si vous ne transmettez pas mais cédez votre étude — typiquement à l'occasion d'un départ en retraite —, c'est la plus-value de cession qu'il faut optimiser : voyez vendre son étude de notaire et optimiser la plus-value (151 septies A).

Durcissement LF 2026 et démembrement

Deux vigilances. La LF 2026 a renforcé les conditions du pacte Dutreil (notamment la durée des engagements individuels) : faites valider la version applicable à votre projet. Et si vous combinez Dutreil avec un démembrement (donation de la nue-propriété en gardant l'usufruit), attention à ne pas compromettre le régime mère-fille au niveau de la SPFPL, qui exige la pleine propriété des titres de SEL. Ces arbitrages se calent au cas par cas.
§ 7CROISSANCE·2 MIN

Mutualiser : plusieurs offices, des associés, une trésorerie

Reste un usage moins comptable : faire grandir l'étude. La SPFPL est le bon véhicule pour grandir : détenir plusieurs SEL d'offices, faire entrer ou sortir des associés sans casser la structure d'exploitation, et piloter une trésorerie commune capitalisée à l'abri du PFU.

Mutualiser la croissance

Une SPFPL peut détenir les parts de plusieurs SEL de notaires. Elle devient le point d'entrée pour racheter un second office, faire entrer un associé minoritaire ou organiser une succession progressive entre confrères.

Capitaliser la trésorerie

Les dividendes remontés à 1,25 % alimentent une trésorerie de holding réinvestie en placements de personne morale. Selon le support, les prélèvements sociaux diffèrent (17,2 % pour un contrat de capitalisation, 18,6 % pour des dividendes ou plus-values mobilières en 2026).

Sur le placement de cette trésorerie de holding — contrat de capitalisation, compte-titres, immobilier de la SEL —, le détail des supports et de leur fiscalité figure dans placer la trésorerie de sa SEL de notaire. Le bon support dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque, pas d'une règle unique. Cette logique de holding de détention n'est d'ailleurs pas propre au notariat : elle vaut pour toutes les professions du droit (voyez la même mécanique chez l' avocat via sa SPFPL mère-fille) et, plus largement, pour l'ensemble des SPFPL de profession libérale.

§ 8CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Maître Vasseur, 5 ans + transmission

Plutôt qu'une démonstration abstraite, prenons un dossier comme ceux qu'on déroule en rendez-vous. On y voit jouer ensemble les deux usages décisifs : la capitalisation des dividendes sur 5 ans, puis la transmission Dutreil des titres de la SPFPL. Le prénom est fictif, mais le profil et les ordres de grandeur sont ceux qu'on voit passer à Chambéry. Cette simulation fige les taux 2026 et suppose les conditions du régime réunies ; elle ne vaut pas conseil personnalisé.

Maître Claire Vasseur, notaire associée (SELARL), TMI 45 %, 2 enfants

Sa SELARL de notaires dégage de quoi distribuer 100 000 € de dividendes par an qu'elle n'a pas besoin de consommer : elle veut capitaliser puis transmettre son étude.

Étape 1 — capitaliser sur 5 ans.
Sans SPFPL : 100 000 € × 31,4 % = 31 400 € d'impôt par an → il lui reste 68 600 €/an, soit 343 000 € capitalisés sur 5 ans (avant placement).
Avec SPFPL : 100 000 € remontés à 1,25 % → 1 250 € d'IS par an → 98 750 €/an disponibles dans la holding, soit 493 750 € sur 5 ans.
Écart de capacité de réinvestissement ≈ 150 750 € sur 5 ans — et ce, avant tout effet de capitalisation interne des placements de la holding.

Étape 2 — transmettre les titres de la SPFPL aux enfants

La SPFPL animatrice ouvre le pacte Dutreil. Claire donne à ses deux enfants les titres de la SPFPL, valorisée 1,2 M€ (office + trésorerie capitalisée).

Sans Dutreil : l'assiette taxable aux droits de mutation est de 1,2 M€.
Avec Dutreil (− 75 %) : l'assiette tombe à 300 000 €, avant même les abattements de 100 000 € par enfant et par parent.
Conditions à tenir : engagement collectif puis individuel de conservation, fonction de direction, et surtout une animation documentée chaque année (ou, à défaut, l'éligibilité au prorata par interposition). Rappel propre au notaire : la fonction de notaire de ses enfants suppose leur agrément par le Garde des Sceaux ; le Dutreil n'optimise que la valeur patrimoniale de la structure.

Le contre-exemple : Maître Lefort, qui sort tout

À l'inverse, Maître Lefort distribue chaque année l'intégralité de ses dividendes pour son train de vie et n'envisage ni rachat ni transmission structurée. Pour lui, la SPFPL ne sert à rien : la friction de 1,25 % ne joue que sur les fonds capitalisés, et à la sortie le PFU s'applique de toute façon. Il paierait une structure (2 000 à 3 000 €/an) sans contrepartie. Le seuil de rentabilité de la SPFPL, c'est la décision de réinvestir— pas un montant de chiffre d'affaires.

Ce que ce chiffrage prouve — et ce qu'il ne promet pas

Ce calcul isole un seul effet : l'économie de friction fiscale à la remontée des dividendes (31,4 % contre 1,25 %). Il fige volontairement les taux 2026 et ne préjuge pas du rendement des placements logés dans la holding. Une fois capitalisés, ces 493 750 € peuvent être investis (contrat de capitalisation, compte-titres, immobilier) — mais les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout placement comporte un risque de perte en capital. Autrement dit, la SPFPL crée la capacité de réinvestir davantage ; ce que cette capacité produit ensuite dépend des supports choisis et du marché, sujet traité dans placer la trésorerie de sa SEL de notaire.
Hagnéré Patrimoine

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§ 9HONNÊTETÉ·2 MIN

Les limites honnêtes : ce que la SPFPL ne fait pas

La SPFPL coûte de l'argent et impose un cadre. Elle ne convient pas à tout le monde, et elle ne se monte pas pour rien : voici les quatre points qui peuvent la rendre inutile chez vous.

Les quatre limites de la SPFPL de notaire. L'objet limité est aussi un avantage côté IFI et taxe holdings.
LimiteCe que ça implique
Objet limitéHolding réservée à la détention de SEL de notaires, pas une holding patrimoniale libre (pas d'actifs de pur placement). En contrepartie : titres exonérés d'IFI (biens professionnels, art. 975 CGI) et hors taxe holdings LF 2026.
Cotisations > 10 %La fraction de dividendes excédant 10 % du capital + primes + compte courant reste soumise à cotisations sociales (art. L. 131-6 CSS) — voir section suivante.
Coût et formalismeStatuts conformes à l'ordonnance 2023-77, déclarations au Conseil supérieur du notariat, comptabilité à l'IS : ~2 000 à 3 000 €/an, création de 1 500 à 9 000 €.
Abus de droitUne coquille vide sans substance économique s'expose à l'art. L. 64 LPF (majoration 40 à 80 %). La holding doit vivre : décisions, comptes, animation réelle si Dutreil visé.

SPFPL ou holding patrimoniale : un mini-arbitrage

Pour détenir des parts de SEL de notaires, c'est la SPFPL qui s'impose — une SARL holding ordinaire ne le peut pas. Mais si votre projet est plus large (immobilier de placement, titres de sociétés commerciales, valeurs mobilières diversifiées), une holding patrimoniale distincte peut coexister à côté de la SPFPL. Les deux ne s'opposent pas : elles ont des objets différents. Voyez monter une holding patrimoniale et, pour reporter une plus-value de cession, l' apport-cession 150-0 B ter (durci par la LF 2026 : réinvestissement de 70 % sous 3 ans).
§ 10LE VRAI PIÈGE·2 MIN

Le piège des cotisations sur les dividendes (> 10 %)

Dernier point, et le plus mal vendu : non, la SPFPL n'efface pas les cotisations sociales. Le croire peut coûter un redressement URSSAF. Beaucoup la présentent pourtant comme un bouclier automatique contre les cotisations sociales ; la réalité est plus nuancée — et plus prudente.

Ce que dit l'arrêt de la Cour de cassation du 19 octobre 2023

Dans son arrêt du 19 octobre 2023 (2e civ., n° 21-20.366), publié au bulletin, la Cour de cassation a jugé, sur le fondement de l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale, que les dividendes d'une SEL versés à une SPFPL contrôlée par le professionnel peuvent entrer dans l'assiette de ses cotisations TNS, pour la fraction excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant d'associé. Concrètement, interposer une holding ne suffit pas à mettre vos dividendes hors de portée de l'URSSAF.

Un arrêt d'espèce, pas un principe — la nuance qui change tout

Cet arrêt visait un chirurgien-dentiste en SEL unipersonnelle (opposé à la CARCDSF), dans un schéma de contournement : ce n'est pas un arrêt « notaire », et c'est un arrêt d'espèce, pas de principe. Les réponses ministérielles de 2025 (RM Sénat n° 02878 du 27/02/2025 et n° 01461 du 21/08/2025) ont d'ailleurs refusé d'en faire une règle générale, en maintenant la distinction personne morale / personne physique et en limitant la portée aux SEL contrôlées par un professionnel unique. La conformité du seuil des 10 % a, elle, été validée (Cons. const. n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Bref : la SPFPL n'est ni un bouclier absolu, ni un déclencheur automatique.

Le point clé, rassurant : tant que les dividendes restent capitalisés dans la SPFPL (réinvestis, remboursement d'emprunt, placements de personne morale), aucune cotisation ne frappe la personne physique. Ce qui reste parfaitement intact, c'est l'effet de levier, la capitalisation et la transmission : c'est sur ces trois piliers — et non sur un mythe de cotisations nulles — qu'il faut bâtir le montage. Le statut compte aussi : le gérant majoritaire de SELARL est TNS (règle directement applicable), tandis que le président de SELAS est assimilé salarié, historiquement hors de ce champ mais sous surveillance anti-abus. Pour le détail du calcul et la logique URSSAF, voyez dividendes de SEL et cotisations sociales et, côté professions du droit, le mécanisme identique exposé pour l' avocat dont les dividendes via SPFPL sont soumis aux cotisations.

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Sources et références légales

  • CGI — régime mère-fille et intégration

    Art. 145 CGI (régime mère-fille : détention d'au moins 5 % du capital, conservation 2 ans, pleine propriété). Art. 216 CGI (exonération de 95 % des dividendes, quote-part de frais et charges de 5 %, IS effectif 1,25 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale, quote-part ramenée à 1 %, friction 0,25 %, détention ≥ 95 %). Art. 219 CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Doctrine BOFiP : BOI-IS-BASE-10-10-10-10, BOI-IS-BASE-10-10-20, BOI-IS-GPE-10-20-10.

  • CGI / CSS — levier, cotisations et fiscalité

    Art. 39 CGI (déductibilité des intérêts de l'emprunt d'acquisition des titres de SEL). Art. 212 bis CGI (plafonnement ATAD des charges financières nettes : le plus élevé de 3 M€ ou 30 % de l'EBITDA fiscal). Art. 223 B CGI (amendement Charasse, rachat intra-groupe à crédit). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS depuis la LFSS 2026). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant). Notaire soumis à la TVA au taux normal de 20 % (BOI-TVA-BASE-10-20-40-30).

  • Cadre juridique de la SPFPL de notaire

    Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, SPFPL ; Légifrance JORFTEXT000047106119), en vigueur le 1er septembre 2024, abrogeant la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990. Décret n° 2024-872 du 14 août 2024 (exercice en société de la profession d'avocat) et décret n° 2024-873 du 14 août 2024 (exercice en société de la profession de notaire). La SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % d'une SEL de notaires ; objet limité ; déclarations au Conseil supérieur du notariat et au Garde des Sceaux.

  • CGI — transmission, IFI et apport-cession

    Art. 787 B CGI (pacte Dutreil, exonération de 75 % des droits de mutation, engagement collectif + individuel de conservation, fonction de direction, holding animatrice). Art. 975 CGI (IFI, exonération des biens professionnels). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report d'imposition, durci par la LF 2026 : réinvestissement de 70 % sous 3 ans). Doctrine : BOI-ENR-DMTG-10-20-40, BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60.

  • Jurisprudence et réponses ministérielles

    Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, publié au bulletin (Légifrance JURITEXT000048242197) : dividendes de SEL remontés à une SPFPL et cotisations TNS (art. L. 131-6 CSS), arrêt d'espèce (chirurgien-dentiste, SEL unipersonnelle). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 6 août 2010 (conformité de la règle des 10 %). RM Sénat n° 02878 (27/02/2025) et n° 01461 (21/08/2025) limitant la portée de l'arrêt de 2023. CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC, fin de l'abattement de 10 %).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La création d'une SPFPL de notaire, tout montage à effet de levier et toute transmission doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable, validée avec votre expert-comptable, le Conseil supérieur du notariat et, le cas échéant, un avocat fiscaliste. Les chiffres et taux cités sont à jour au 15 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points sont signalés au conditionnel lorsque le texte ou la doctrine ne tranchent pas encore clairement.

Foire aux questions

Tout sur les avantages de la SPFPL pour le notaire en 2026 mère-fille, dividendes, transmission, cotisations.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : ce que rapporte vraiment le mère-fille, combien on garde sur 100 000 €, le piège des cotisations, la transmission Dutreil de l'office, le seuil de rentabilité et le coût. Réponses sourcées et à jour 2026.