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Guide architecte 202615 minMis à jour 25 juin 2026Check-list · 10 postes vérifiés

Architecte libéral : la liste complète des charges déductibles de votre BNC

Architecte libéral au réel, chaque euro de charge oublié sur votre 2035, c'est jusqu'à 45 centimes d'impôt payés pour rien — sans compter les cotisations sociales. RC pro de la MAF, cotisation à l'Ordre, logiciels CAO/BIM, véhicule de chantier, sous-traitance BET, concours et maquettes : voici la check-list exhaustive 2026, poste par poste, la frontière privé/pro qui déclenche un redressement, et un cas chiffré sur 100 000 € de recettes.

ARCHITECTE LIBÉRAL 2026

Auditer votre 2035 et calibrer votre PER pour effacer l'impôt

Bilan patrimonial offert pour architecte : maximisation des charges déductibles, calibrage du PER 154 bis face à une CIPAV faible, arbitrage micro/réel, lissage des années en dents de scie. Cabinet 100 % indépendant, sans produit-maison.

  • Audit complet de votre 2035
  • Calibrage PER + CIPAV
  • Cabinet 100 % indépendant
  • Plan d'action écrit

RÈGLE DE DÉDUCTION

Art. 93 CGI

SEUIL MICRO-BNC 2026

83 600 €

TVA ARCHITECTE

20 % récup.

PETIT MATÉRIEL

≤ 500 € HT

MAJORATION AGA

0 %

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine · Bassens (73)

Mis à jour le 25 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et au PASS 2026 fixé à 48 060 €. Check-list opérationnelle des charges de l'architecte au régime de la déclaration contrôlée (2035).

Vous êtes architecte libéral, au réel, et chaque printemps la même question revient au moment de boucler la 2035 : ai-je bien déduit tout ce que je pouvais déduire ? La RC pro de la MAF, la cotisation à l'Ordre, vos licences ArchiCAD ou Revit, les kilomètres de chantier, les honoraires versés à votre bureau d'études, les maquettes de concours… Un oubli sur la 2035 ne se rattrape pas : à 41 ou 45 % de tranche, l'euro non déduit reste taxé plein pot — et il gonfle au passage votre base de cotisations sociales.

Ce guide est une check-list opérationnelle, poste par poste, des charges déductibles de l'architecte au régime de la déclaration contrôlée. Pas un catalogue de niches d'investissement (pour ça, voyez la défiscalisation de l'architecte), pas un comparatif de structure (voyez SELARL ou BNC) : juste la base de votre bénéfice, maîtrisée. On termine par la frontière privé/pro qui déclenche un redressement, et un cas chiffré sur 100 000 € de recettes.

L'essentiel en 30 secondes

  • Une charge est déductible si elle réunit trois conditions (art. 93 CGI) : nécessitée par la profession, effectivement payée dans l'année, et justifiée (facture probante).
  • Cette déduction n'existe qu'au réel (2035). Au micro-BNC, l'abattement forfaitaire de 34 % remplace toutes les charges, sans justificatif.
  • L'architecte est soumis à la TVA (20 %) et la récupère : ses charges se déduisent en HT, jamais en TTC.
  • La quote-part privée est exclue: un véhicule ou un local à usage mixte se proratise. C'est la ligne rouge du contrôle fiscal.
§ 1LA RÈGLE·3 MIN

La règle de déduction en une phrase (art. 93 CGI)

Tout part d'une seule règle. Au régime de la déclaration contrôlée, une dépense est déductible de votre bénéfice si elle réunit trois conditions cumulatives (art. 93, 1 du CGI, précisé par le BOI-BNC-BASE-40) :

  1. Elle est nécessitée par l'exercice de la profession: engagée dans l'intérêt de votre activité d'architecte, pas dans votre intérêt privé.
  2. Elle est effectivement payée dans l'année : le BNC fonctionne en comptabilité de caisse (recettes encaissées, dépenses décaissées). Vous pouvez toutefois opter pour les créances acquises et les dépenses engagées (art. 93 A CGI), souvent pertinent pour des chantiers à cheval sur deux exercices — un sujet de lissage des revenus en dents de scie.
  3. Elle est justifiée : facture nominative, libellé clair, date. Sans pièce probante, la charge est rejetée en contrôle.

Une dépense à usage mixte (privé et professionnel) n'est déductible qu'au prorata professionnel. Et attention à ne pas confondre une charge avec une plus-value : la cession future de votre clientèle ou de votre agence relève des plus-values professionnelles (l'article 93 traite les deux), ce n'est pas une charge d'exploitation. L'architecte n'étant pas un officier ministériel, il n'y a ni droit de présentation ni agrément : la clientèle se cède librement.

§ 2RÉGIME·2 MIN

Micro-BNC ou déclaration contrôlée 2035 : le seuil de 83 600 €

La déduction des charges réelles n'existe qu'à un seul régime : la déclaration contrôlée (formulaire 2035). À l'autre régime, le micro-BNC, un abattement forfaitaire remplace toutes vos charges.

Au micro-BNC, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) sur vos recettes, censé couvrir l'ensemble de vos frais (art. 102 ter CGI). Vous ne déduisez aucune charge réelle. Ce régime est ouvert tant que vos recettes ne dépassent pas le seuil micro, fixé à 83 600 € applicable en 2026. Au-delà, ou sur option, vous basculez à la déclaration contrôlée (art. 97 CGI), où toutes les charges réelles sont déductibles.

Micro-BNC vs déclaration contrôlée pour l'architecte — l'arbitrage tient au ratio de charges.
CritèreMicro-BNCDéclaration contrôlée (2035)
Seuil de recettes≤ 83 600 € (2026)Au-delà, ou sur option
ChargesForfait : abattement de 34 %Charges réelles intégrales (art. 93)
TVAFranchise possible (début seulement)Récupérable sur achats et frais
ComptabilitéLivre des recettes allégé2035 + registre des immobilisations
Pour quiTrès faibles recettes / débutArchitecte établi (hauts revenus)

Micro ou réel : comment trancher

Le micro n'est gagnant que si vos charges réelles représentent moins de 34 % de vos recettes. Or un architecte établi (RC pro MAF, CAO/BIM, sous-traitance BET, local, CIPAV) dépasse très largement ce ratio — et il a besoin de récupérer sa TVA, impossible sous franchise. Pour un architecte établi à 41-45 % de tranche, la question ne se pose même pas : c'est le réel.
§ 3LE DIFFÉRENCIATEUR·2 MIN

La TVA de l'architecte : 20 %, et vous la récupérez

Première différence majeure avec un professionnel de santé : l'architecte est assujetti à la TVA au taux normal de 20 % sur ses honoraires (conception, maîtrise d'œuvre, suivi de chantier). L'exonération de TVA des soins prévue à l'article 261-4-1° du CGI ne s'applique pas à l'architecte : elle vise la santé humaine. Le BOI-TVA-LIQ-20-20 range expressément les prestations des architectes au taux normal.

Pourquoi la TVA travaille pour vous

Contrairement à un médecin ou un kiné (soins exonérés), l'architecte facture la TVA à 20 % et la récupère sur tous ses achats professionnels. Résultat : chaque investissement vous coûte son prix hors taxe, et vos charges se déduisent en HT sur la 2035.

La conséquence est très concrète pour votre 2035 : vous récupérez la TVA déductible payée sur vos achats, vos frais et vos investissements (art. 271 CGI), sur votre déclaration de TVA (CA3 ou CA12) — pas sur la 2035. Vos charges se déduisent donc sur le montant HT. Déduire le TTC en charge alors que la TVA a déjà été récupérée serait une double déduction, sanctionnée en contrôle.

Le chiffrage : récupérer plutôt que subir

Là où un professionnel de santé exonéré supporte la TVA comme un coût définitif (il la déduit en charge, TTC), l'architecte la récupère. Sur un poste de travail à 3 000 € HT, vous récupérez 600 € de TVA et déduisez 3 000 € (HT) — pas 3 600 €. Exception : la TVA n'est pas récupérable sur les voitures particulières (elle l'est sur les utilitaires, le carburant, le matériel et les logiciels).

En tout début d'activité, la franchise en base de TVA (art. 293 B CGI) reste possible si vous démarrez avec de faibles recettes : vous ne facturez pas la TVA, mais vous ne la récupérez pas non plus. Le projet de seuil unique de franchise à 25 000 € a été suspendu : sans objet, en pratique, pour un architecte établi qui a tout intérêt à récupérer la TVA de ses investissements.

§ 4COTISATIONS·2 MIN

Vos cotisations sociales : CNAVPL, CIPAV et CSG déductible

C'est souvent le premier poste de charges, et l'un des plus importants en montant. Les cotisations sociales personnelles obligatoires sont intégralement déductibles (art. 154 bis CGI) : URSSAF (maladie, allocations familiales), régime de base de la CNAVPL et régime complémentaire de la CIPAV. L'architecte fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV après la réforme de 2018 (décret n° 2018-1048) : ni la sécurité sociale des indépendants, ni aucune caisse d'une autre profession. Le psychologue libéral relève lui aussi de la CIPAV : sa liste de charges déductibles suit la même logique BNC — voyez les charges déductibles du psychologue libéral.

La CSG est déductible à hauteur de 6,8 points (art. 154 quinquies CGI) sur la CSG d'activité. En revanche, la CSG non déductible (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) ne se déduisent pas, et l'impôt sur le revenu n'est jamais une charge déductible.

S'y ajoutent les cotisations facultatives Madelin / PER (art. 154 bis CGI), elles aussi déductibles dans leurs plafonds : la retraite (PER), la prévoyance et la santé, la garantie perte d'emploi. C'est là que se joue votre meilleure déduction — d'où l'encadré qui suit.

CIPAV faible : saturez votre PER

La CIPAV vous servira une retraite sans rapport avec vos revenus : autant transformer dès maintenant de l'impôt à 41-45 % en épargne retraite déductible. Les versements sur un PER sont une charge de votre bénéfice — l'une des déductions les plus rentables qui soient à ce niveau de tranche. Pour le calcul de votre plafond et la stratégie de versement, voyez le PER de l'architecte : combien déduire de votre BNC, et pour mesurer l'écart à combler, la retraite CIPAV de l'architecte et pourquoi elle est si faible (et comment la doubler).
§ 5OBLIGATIONS MÉTIER·1 MIN

RC pro (MAF), garantie décennale et cotisation à l'Ordre

La RC pro et l'inscription à l'Ordre sont deux obligations légales du métier : étant imposées pour exercer, elles sont déductibles sans la moindre discussion.

D'abord, l'assurance de responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale. Tout architecte, comme toute société d'architecture, a l'obligation légale d'être couvert (art. 16 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture). L'assureur historique de la profession est la MAF (Mutuelle des Architectes Français). La prime est intégralement déductible, comme vos autres assurances professionnelles (multirisque du local, perte d'exploitation, protection juridique).

Ensuite, la cotisation à l'Ordre des architectes. L'inscription au tableau de l'Ordre régional est une condition d'exercice : la cotisation ordinale est donc une dépense nécessitée par la profession, déductible au titre de l'article 93.

RC pro et Ordre : zéro discussion possible

La RC pro et la décennale (la MAF, le plus souvent) et la cotisation à l'Ordre sont toutes deux obligatoires pour exercer: aucune discussion possible sur leur déductibilité. Conservez simplement vos avis d'échéance au nom de l'exploitant ou de la société d'architecture, et déduisez en HT comme le reste.
§ 6VÉHICULE·2 MIN

Véhicule et déplacements de chantier : barème km ou frais réels

Les visites de chantier, les rendez-vous clients et les déplacements chez les fournisseurs font du véhicule un poste central pour l'architecte. Deux options s'offrent à vous, exclusives l'une de l'autre, et le choix est annuel et global (il s'applique à tous vos véhicules pour l'année, sans panachage).

Le barème kilométrique : simple et tout compris

Vous appliquez le barème kilométrique BNC à votre distance professionnelle annuelle. Ce barème couvre déjà le carburant, l'entretien, l'assurance et la dépréciation du véhicule : vous ne pouvez donc rien amortir en plus. Le barème 2026 (sur les revenus 2025) est majoré de 20 % pour les véhicules électriques.

Barème kilométrique BNC (illustration, tranche intermédiaire 5 001–20 000 km)

Frais déductibles = (distance pro × coefficient CV) + montant forfaitaire
Exemple 7 CV : (d × 0,394) + 1 515
  • Distance pro :kilomètres parcourus dans l'intérêt de l'activité (à justifier)
  • Coefficient :selon la puissance fiscale et la tranche de kilométrage
  • Majoration :+20 % pour un véhicule électrique

Le barème couvre la dépréciation : il n'est donc PAS cumulable avec l'amortissement du véhicule. Le barème officiel est publié pour les revenus de l'année précédente.

Comment trancher entre barème et réel ?

La règle pratique : le barème kilométrique est souvent plus avantageux et plus simple pour un véhicule récent peu coûteux et un kilométrage de chantier élevé (il couvre tout, sans comptabilité détaillée). Les frais réels reprennent l'avantage dès que le véhicule est cher (amortissement important), gros consommateur, ou en location longue durée. Le bon réflexe : faire le calcul dans les deux sens une fois par an avec votre comptable, puis figer l'option pour l'exercice — le choix est global et ne se panache pas.

Les frais réels : le détail, amortissement compris

Vous déduisez le détail de vos dépenses : carburant, entretien, assurance, amortissement du véhicule (proraté à l'usage professionnel), location longue durée ou LOA, péages, parking. Le véhicule doit être inscrit au registre des immobilisations. Rappel : la TVA n'est pas récupérable sur une voiture particulière.

Le piège du cumul (et du capital d'emprunt)

Ne cumulez jamais le barème kilométrique et l'amortissement du véhicule : le barème intègre déjà la dépréciation. Et n'oubliez pas que le capital remboursé d'un emprunt (véhicule ou autre) n'est jamais déductible — seuls les intérêts le sont. En revanche, le garage, le parking et les péages restent déductibles en plus du barème km.
§ 7MATÉRIEL & LOGICIELS·2 MIN

Matériel, logiciels CAO/BIM et amortissements : la frontière de 500 € HT

La question revient à chaque achat : est-ce une charge déduite tout de suite, ou une immobilisation amortie sur plusieurs années ? La frontière tient à un seuil simple.

Le petit matériel, mobilier ou logiciel d'une valeur ≤ 500 € HT peut être déduit immédiatement, l'année de l'achat (tolérance du BOI-BIC-CHG-20-30-10, applicable au BNC). Au-delà de 500 € HT, le bien constitue une immobilisation : il est inscrit au registre des immobilisations et amorti sur sa durée d'usage.

Pour vos logiciels CAO/BIM (ArchiCAD, Revit, AutoCAD, SketchUp, Lumion), le traitement dépend de la nature de la dépense : un abonnement annuel ou une licence renouvelable (SaaS) est une charge ; une acquisition pérenne s'amortit. Dans tous les cas, comme la TVA est récupérée, vous déduisez en HT. Le mobilier et les agencements de votre agence sont amortissables ; en cas d'usage mixte, seule la fraction professionnelle de l'amortissement est déductible.

Charge immédiate ou amortissement : la règle des 500 € HT pour l'architecte.
AchatSeuil / natureTraitement
Abonnement / licence annuelle CAO/BIMRenouvelable (SaaS)Charge immédiate (HT)
Petit matériel, mobilier≤ 500 € HTCharge immédiate (HT)
Poste de travail, traceur A0> 500 € HTImmobilisation amortie
Mobilier et agencements d'agence> 500 € HTImmobilisation amortie
Véhicule (option frais réels)Inscrit au registreAmortissement proraté

Exemple chiffré : un abonnement Revit + un poste de travail

Votre abonnement annuel Autodesk Revit à 3 600 € TTC (3 000 € HT) est une charge immédiate : vous déduisez 3 000 € cette année et récupérez 600 € de TVA. À côté, un poste de travail à 2 400 € HT dépasse les 500 € : il entre au registre des immobilisations et s'amortit (typiquement sur 3 ans, soit ~800 €/an de dotation). Même budget, deux traitements comptables très différents — c'est le sens de l'arbitrage charge / amortissement.
§ 8BET · PERSONNEL · FINANCIERS·2 MIN

Sous-traitance BET, frais de personnel et frais financiers

Sur un chantier de logements collectifs, les honoraires de BET peuvent dépasser ce que vous facturez en honoraires propres. Tout est déductible, à condition de le déclarer là où il faut, sous peine de redressement formel.

Sous-traitance et honoraires rétrocédés

Les honoraires que vous versez à vos bureaux d'études techniques (BET) — structure, fluides, thermique —, à des ingénieurs, à des économistes de la construction ou à d'autres architectes en cotraitance ou sous-traitance constituent une charge déductible (en HT, TVA récupérée). Pensez à les déclarer sur l'état des honoraires (DAS 2).

Frais de personnel

Si vous employez des dessinateurs ou des assistants, les salaires bruts et les charges patronales sont déductibles, de même que les gratifications de stagiaires, la médecine du travail et la formation du personnel. La rémunération du conjoint est déductible sous conditions.

Frais financiers

Les intérêts d'un emprunt professionnel (acquisition du local, de matériel, reprise d'une clientèle ou d'une agence) sont déductibles, comme les agios et les frais de tenue du compte professionnel. Rappel : seul l'intérêt est déductible, jamais le capital remboursé.

Sous-traitance : ne sautez pas la DAS 2

Les honoraires que vous rétrocédez à un BET, à un confrère ou à un économiste doivent figurer sur la déclaration DAS 2 (état des honoraires et commissions) dès que vous versez plus de 1 200 € par an à un même bénéficiaire. L'omission peut entraîner une amende, indépendamment de la déductibilité de la charge elle-même : la dépense reste déduite, mais la sanction de forme s'ajoute. Un point que votre expert-comptable gère habituellement avec le bilan.
§ 9CONCOURS & DIVERS·1 MIN

Documentation, formation, concours/maquettes et réception

Et puis il y a tout le reste : la doc technique, la formation, et surtout les maquettes de concours, le poste que les architectes oublient le plus souvent.

  • Documentation : revues techniques, normes (DTU, Eurocodes), abonnements professionnels.
  • Formation continue: déductible, et d'autant plus naturelle que la formation est une obligation déontologique de l'architecte.
  • Frais de concours d'architecture : rendus, maquettes, perspectives 3D, impressions et reprographie grand format. C'est le poste que les architectes sous-estiment le plus, parfois très lourd sur un concours d'envergure — et pleinement déductible.
  • Réception et représentation: repas d'affaires, cadeaux clients, déductibles dans la mesure où ils restent raisonnables et proportionnés à l'intérêt de l'activité (le caractère excessif ou personnel est rejeté).
  • Local professionnel : loyers, charges, énergie, et — si vous travaillez depuis chez vous — la quote-part du domicile au prorata de la surface affectée à l'activité (BOI-BNC-BASE-40-60-30), à justifier par un plan ou un ratio (voir le point de vigilance ci-dessous).

Le poste signature de l'architecte : concours et maquettes

C'est la charge la plus oubliée des architectes, alors qu'un concours perdu peut coûter 6 000 € de maquettes et de rendus 3D — déductibles malgré tout. Un concours d'envergure peut mobiliser plusieurs milliers d'euros demaquettes physiques, de perspectives 3D, d'impression et de reprographie grand format — y compris pour un concours que vous ne remportez pas. Toutes ces dépenses sont pleinement déductibles dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt de votre activité : conservez les factures des maquettistes et des imprimeurs avec le même soin que vos honoraires de BET.
§ 10CHECK-LIST·2 MIN

Tableau récapitulatif : les 10 postes déductibles de l'architecte

Gardez ce tableau ouvert le jour où vous remplissez votre 2035. Sauf mention contraire, tout se déduit en HT (la TVA étant récupérée par ailleurs).

Check-list des charges déductibles de l'architecte au régime de la déclaration contrôlée (2035).
PosteDéductible ?Conditions & vigilance
Loyers et charges du localOuiAu réel, totalité de la part professionnelle
Quote-part du domicile (bureau)Oui (partiel)Au prorata de la surface, à justifier
Cotisations URSSAF / CNAVPL / CIPAVOui (intégral)Art. 154 bis CGI
CSG déductible (6,8 pts)OuiArt. 154 quinquies ; CSG 2,4 % + CRDS NON
Madelin / PER (retraite, prévoyance, santé)Oui (plafonds)Art. 154 bis CGI
RC pro MAF + garantie décennaleOuiObligatoire (loi 77-2, art. 16)
Cotisation à l'Ordre des architectesOuiInscription obligatoire au tableau
Véhicule (barème km OU frais réels)OuiChoix annuel et global, non cumulable
Logiciels CAO/BIM, licences, abonnementsOuiCharge ou amortissement selon la nature
Petit matériel ≤ 500 € HTOui (immédiat)Au-delà = immobilisation amortie
Matériel / mobilier / agencements > 500 € HTOui (amorti)Registre des immobilisations
Sous-traitance BET / honoraires rétrocédésOuiÀ déclarer (DAS 2)
Frais de personnel (salaires + charges)OuiMédecine du travail incluse
Intérêts d'emprunt professionnelOuiCapital remboursé NON déductible
Documentation / formation / concours / maquettesOuiJustificatifs probants
Réception / repas d'affaires / cadeaux clientsOui (raisonnable)Non excessif, non personnel
TVA payée sur les achatsNON en chargeRécupérée sur CA3/CA12 → déduit en HT
Dépenses privées / IR / quote-part privéeNONLa ligne rouge du redressement
Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 11LES PIÈGES·2 MIN

Les pièges : la ligne rouge du redressement

Un redressement sur une charge mal déduite vous coûte l'impôt rappelé, plus les intérêts de retard. Voici où l'administration regarde en premier.

  • La quote-part privée n'est jamais déductible : véhicule mixte, local mixte, téléphone et internet mixtes se proratisent. On ne déduit que la fraction professionnelle réelle.
  • Le caractère probant: conservez les factures au nom de l'exploitant. Une charge non justifiée est rejetée, même si elle était réellement professionnelle.
  • Pas de double déduction: on ne cumule pas le barème km et l'amortissement du véhicule, et on ne déduit pas le TTC quand la TVA est récupérée.
  • Les charges jamais déductibles: dépenses de la vie privée, habillement courant (l'architecte n'a pas de tenue spécifique), impôt sur le revenu, CSG non déductible (2,4 %) et CRDS, amendes et contraventions, capital remboursé d'un emprunt.

Cas pratique — le piège de la quote-part privée

Marc, architecte : 100 % déduit, 100 % redressé

Marc déduit 100 % de son véhicule personnel et 100 % de son loyer, alors que son bureau occupe 25 % de la surface de son appartement et que son usage professionnel du véhicule est de 70 %. En contrôle, l'administration réintègre la quote-part privée : 75 % du loyer et 30 % des frais de véhicule basculent dans le bénéfice imposable, assortis d'intérêts de retard.

Concrètement: proratisez dès le départ — plan de surface à l'appui, agenda des déplacements tenu. Mieux vaut déduire 70 % justifiés que 100 % rejetés.

Le réflexe AGA est périmé

On entend encore « il faut adhérer à une association de gestion agréée pour éviter la majoration de 25 % ». C'est faux depuis l'imposition des revenus 2023 : la majoration des non-adhérents a été supprimée progressivement et est tombée à 0 % (loi de finances 2021, art. 158, 7-1° CGI). Adhérer n'apporte donc plus aucun avantage de base imposable — seulement des services (visa fiscal, examen de cohérence). Ne payez plus une AGA « pour l'impôt ».
§ 12CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Camille, 100 000 € de recettes — et après ?

Prenons une architecte qu'on voit souvent en rendez-vous : 100 000 € de recettes, déjà à 41 % de tranche.

Cas pratique — l'effet du réel bien tenu

Camille, architecte libérale, 100 000 € de recettes HT, TMI 41 %

Camille encaisse 100 000 € : au-delà de 83 600 €, elle est au réel (déclaration contrôlée). Ses charges réelles bien captées s'élèvent à environ 45 000 € (local, RC pro MAF, cotisation à l'Ordre, CIPAV/URSSAF, logiciels CAO/BIM, véhicule de chantier, sous-traitance BET, concours/maquettes, frais divers). Son bénéfice est donc de 55 000 €.

À titre de comparaison pédagogique, si l'abattement forfaitaire de 34 % du micro s'appliquait (il ne le peut pas au-delà de 83 600 €), son bénéfice forfaitaire serait de 66 000 €. Écart de base imposable : 11 000 € → à 41 %, environ 4 510 € d'impôt économisés par le réel, plus de moindres cotisations sociales (assiette CIPAV/URSSAF = bénéfice).

L'empilement avec le PER (art. 154 bis), à partir du même bénéfice

Plafond PER = 10 % × 55 000 + 15 % × (55 000 − 48 060)
            = 5 500 + 1 041 = 6 541 € déductibles
  • Économie d'IR (PER) :6 541 × 41 % ≈ 2 682 €
  • PASS 2026 :48 060 €
  • Sortie du PER :imposition différée ; PS 18,6 % sur les gains

Total approximatif : 4 510 € (réel bien tenu) + 2 682 € (PER) ≈ 7 190 € d'IR effacés par an, sans aucun produit de défiscalisation — juste la base BNC maîtrisée et le PER saturé.

Note de méthode : des chiffres illustratifs, pas une promesse

Le cas de Camille est une simulation pédagogique destinée à montrer un mécanisme, pas un résultat garanti. Le montant réel de vos charges, votre plafond PER exact, votre TMI et l'assiette de vos cotisations dépendent de votre situation personnelle de l'année. Par ailleurs, les performances passées d'un placement (PER, SCPI, unités de compte) ne préjugent pas des performances futures et l'avantage fiscal ne doit jamais être le seul critère d'une décision d'épargne. Seule une étude chiffrée sur vos pièces, avec votre expert-comptable et votre conseiller, fait foi.

Ce que montre le cas de Camille : capter ses charges, c'est obligatoire, mais ça ne suffit pas à optimiser. C'est le socle ; mais à TMI 41-45 %, le levier le plus puissant à votre portée reste le PER, d'autant que votre CIPAV sera faible. Au-delà, pour aller plus loin, deux directions :

Mémo express

À retenir

  • Une charge déductible réunit trois conditions : nécessitée, payée, justifiée (art. 93 CGI).
  • Le réel est gagnant dès que vos charges dépassent 34 % des recettes — soit presque toujours pour un architecte établi.
  • L'architecte récupère la TVA : on déduit en HT, jamais en TTC.
  • La quote-part privée est exclue : on proratise véhicule et local.
  • Votre CIPAV servira peu : le PER reste votre charge déductible la plus rentable, surtout à 41-45 %.

Pour aller plus loin : le catalogue généraliste des charges déductibles et — côté profession libérale — la défiscalisation du libéral, le comparatif BNC/SELARL et le PER de la profession libérale.

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Sources et références légales

  • Règle de déduction & régime BNC

    Art. 93 CGI (bénéfice non commercial = excédent des recettes sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession, amortissements, plus-value professionnelle). Art. 93 A CGI (option créances acquises / dépenses engagées en déclaration contrôlée, utile aux chantiers à cheval). Art. 97 CGI (obligation de déclaration contrôlée 2035 au-delà du seuil micro). Art. 102 ter CGI (régime micro-BNC, abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €, seuil de recettes 83 600 € en 2026). BOI-BNC-BASE-40 (les trois conditions cumulatives : nécessitée par la profession, effectivement payée, justifiée).

  • Postes de charges & doctrine

    BOI-BNC-BASE-40-60-30 (loyers, sous-traitance et honoraires rétrocédés, documentation, RC professionnelle, quote-part du domicile au prorata de la surface). BOI-BNC-BASE-40-60-40 (frais de véhicule : barème kilométrique ou frais réels, option globale et annuelle). BOI-BNC-BASE-50 (amortissements du matériel, du mobilier et des logiciels, registre des immobilisations, usage mixte au prorata). BOI-BIC-CHG-20-30-10 (tolérance de déduction immédiate du petit matériel ≤ 500 € HT). Barème kilométrique BNC 2026 (majoration de 20 % pour les véhicules électriques, couvre la dépréciation). Art. 16 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture (assurance RC professionnelle et garantie décennale obligatoires).

  • Cotisations, TVA & caisse CIPAV

    Art. 154 bis CGI (cotisations sociales obligatoires et facultatives Madelin/PER déductibles, plafonds). Art. 154 quinquies CGI (CSG déductible à hauteur de 6,8 points). CSS art. L. 640-1 et décret n° 2018-1048 du 28 novembre 2018 (affiliation de l'architecte au régime de base CNAVPL et au régime complémentaire de la CIPAV ; l'architecte demeure à la CIPAV après la réforme de 2018). Art. 261-4-1° CGI (exonération des soins, qui ne vise que la santé humaine et ne s'applique pas à l'architecte). Art. 271 CGI (droit à déduction et récupération de la TVA). Art. 293 B CGI (franchise en base en début d'activité). BOI-TVA-LIQ-20-20 (prestations des architectes au taux normal de 20 %).

  • AGA/OGA, PASS & cadrage cession

    Art. 158, 7-1° CGI et loi de finances 2021 (suppression progressive de la majoration de 25 % des non-adhérents à un organisme de gestion agréé, 0 % depuis l'imposition des revenus 2023). Arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 fixé à 48 060 €, base des plafonds Madelin/PER). CSS art. L. 136-8 IV et LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : prélèvements sociaux du capital à 18,6 % sur la plus-value professionnelle de cession de la clientèle / de l'agence. LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) : barème de l'IR et seuil micro-BNC. Valeurs de point et tranches de la CIPAV à confirmer sur lacipav.fr.

Information

Cette check-list n'est pas un conseil personnalisé.

Ce guide est un panorama informatif à jour au 25 juin 2026, rédigé par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, Bassens 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé ni une recommandation au sens de l'art. L. 533-13 du Code monétaire et financier. La déductibilité d'une charge dépend toujours de sa réalité, de son caractère professionnel et de son justificatif : seul votre expert-comptable, au vu de vos pièces, valide votre 2035. Le seuil micro-BNC, les barèmes et les valeurs de point de la CIPAV (à confirmer sur lacipav.fr) peuvent évoluer selon l'exercice. Consultez un conseiller avant toute décision.

Foire aux questions

Tout sur les charges déductibles de l'architecte en 2026.

Micro ou réel, RC pro MAF, barème km, CAO/BIM, quote-part privée, CIPAV, TVA récupérable, AGA. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous.