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Guide chirurgiens 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub hauts revenus

Défiscalisation du chirurgien : les solutions concrètes pour de très hauts revenus

Vous êtes chirurgien, votre bénéfice oscille entre 300 000 et 600 000 €, vous laissez près de la moitié de chaque euro marginal au fisc, et chaque automne on vous propose des « produits de défisc » qui, à votre niveau, ne réduisent presque plus rien. La raison tient en quatre lettres : la CDHR, cet impôt minimum de 20 % du revenu fiscal de référence qui, avec la CEHR et la tranche à 45 %, neutralise vos réductions d'impôt plafonnées à 10 000 €. À ce niveau, on ne joue plus le taux : on joue l'assiette et le report. On va trier ensemble : les 4 leviers qui tiennent encore la route à votre niveau, ceux qu'il faut arrêter de vous vendre, et un cas chiffré à 450 000 € pour mettre des montants en face. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE CHIRURGIEN 2026

Faire le tri de votre défisc et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation de chirurgien à très hauts revenus : plafond PER 154 bis, bascule SELARL / IS et SPFPL, apport-cession 150-0 B ter, immobilier d'assiette (MH, déficit foncier, nue-propriété), et calibrage face à la CEHR et à la CDHR. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre exposition CEHR / CDHR
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

45 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PER DÉDUCTIBLE MAX

88 911 €

PLAFOND DES NICHES

10 000 €

IS CAPITALISÉ

15 / 25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un chirurgien en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

Le constat d'abord : à 45 % de TMI, avec la CEHR (article 223 sexies) et surtout la CDHR (article 224, impôt minimum de 20 % du RFR), la moitié des produits de défiscalisation ne vous servent plus — ils sont plafonnés (niches à 10 000 €) puis neutralisés par la CDHR. Une fois ce constat posé, la grille de lecture s'inverse : on privilégie le report (bénéfice laissé dans une SELARL à l'IS, apport-cession 150-0 B ter), puis la réduction d'assiette (PER jusqu'à 88 911 €, déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété), et loin derrière, la réduction d'impôt — les seuls leviers qui font baisser le RFR lui-même. Au bout du compte, ce qui pilote tout, ce n'est jamais le taux affiché d'un avantage, mais votre revenu fiscal de référence. Tout ce guide déroule ce tri, cas chiffrés à l'appui.

Soyons concrets. Un chirurgien libéral — orthopédiste, viscéral, plasticien, ophtalmologue chirurgical — qui opère en clinique, souvent en secteur 2, dégage des revenus qui le placent presque mécaniquement dans la tranche à 45 % de l'impôt sur le revenu (article 197 du CGI), au-delà d'environ 181 917 € par part. Mais raisonner sur le seul taux marginal vous ferait passer à côté de l'essentiel : à votre niveau, l'impôt ne se résume pas au barème. Il s'empile.

Il y a quatre couches, et elles s'ajoutent les unes aux autres. D'abord le barème, jusqu'à 45 %. Par-dessus, les prélèvements sociaux sur vos revenus du capital (17,2 % ou 18,6 % selon le support, on y revient). Puis la CEHR, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (article 223 sexies), qui frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 €. Et, celle qui change tout en 2026, la CDHR (article 224) : un impôt minimum de 20 % du RFR. Le tableau ci-dessous met cet empilement à plat.

L'empilement fiscal du chirurgien à très hauts revenus en 2026. Le vrai sujet n'est plus la tranche à 45 %, mais le plancher de 20 % du RFR imposé par la CDHR.
ÉtageTexteBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barèmeart. 197 CGIRevenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHRart. 223 sexies CGIRevenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHRart. 224 CGIRFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxLFSS 2026Revenus du capital, selon support17,2 % (foncier, AV) ou 18,6 % (PER, FPCI, dividendes)

Le point de bascule, ce n'est donc pas votre taux marginal, c'est ce plancher de 20 % du RFR. C'est lui qui rend inutile la moitié des produits de défiscalisation qu'on vous propose, et c'est précisément ce que ce guide va trier. Pour le panorama d'ensemble du libéral fortement imposé, voyez la profession libérale à hauts revenus face à l'impôt et, côté médecin, le médecin spécialiste dans la tranche à 45 %.

Secteur 1 ou secteur 2 : aucune différence fiscale de fond

On entend souvent qu'il existerait une « niche secteur 2 ». C'est faux. Vos dépassements d'honoraires de secteur 2 sont des recettes BNC ordinaires, imposées plein pot au barème, sans aucun régime de faveur propre au secteur. Un chirurgien de secteur 1 et un chirurgien de secteur 2 sont fiscalement logés à la même enseigne. La seule vraie différence se situe sur la couverture sociale : pour le secteur 1, une partie de l'ASV (l'allocation supplémentaire de vieillesse de la CARMF) est financée par l'Assurance maladie ; pour le secteur 2, non. On y revient en section 11.
§ 2LA CONTRAINTE·4 MIN

La CDHR et la CEHR : les deux plafonds qui changent tout

Deux contraintes encadrent toute votre optimisation, et ce sont elles qui trient ce qui marche encore de ce qui ne sert plus à rien. La seconde, la CDHR, est celle qui a tout changé pour un chirurgien.

La CEHR (article 223 sexies du CGI) : la surtaxe permanente

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus existe depuis 2012. Malgré son nom, elle est permanente. Elle frappe le revenu fiscal de référence (RFR), sans quotient familial : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % au-delà. Un mécanisme de lissage existe pour les revenus exceptionnels. L'essentiel tient en une ligne : son assiette est le RFR, donc tout ce qui abaisse votre RFR abaisse mécaniquement la CEHR.

La CDHR (article 224 du CGI) : l'impôt minimum de 20 % du RFR

C'est elle qui rebat les cartes. La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit que votre imposition globale atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Si votre impôt « normal » (IR au barème + part forfaitaire de l'IR + CEHR + certaines majorations) tombe en dessous de ce seuil de 20 %, la CDHR vient combler la différence. C'est, littéralement, un impôt plancher. À la différence de la CEHR, elle est réservée aux résidents fiscaux français.

Et ce ne sont pas des références théoriques : la CDHR a une histoire législative précise. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025). Elle a été reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de cette échéance reste, elle, conditionnelle.

Le calcul de la CDHR (principe)

CDHR due = max( 0 ;  20 % x RFR retraite
                        - [ IR au bareme
                          + part IR du prelevement forfaitaire 12,8 %
                          + CEHR
                          + certaines majorations ] )

Majorations : + 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR pour un couple soumis a imposition commune

Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : ils ne « comptent » pas pour atteindre le plancher de 20 %. C'est pour cela que des dividendes de SELARL au PFU (12,8 % d'IR seulement) peuvent déclencher la CDHR. Une décote atténuerait l'entrée dans la contribution lorsque le RFR retraité reste sous 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple) ; le coefficient exact est à confirmer. Un acompte de 95 % est versé en décembre.

Pas (encore) de doctrine BOFiP sur la CDHR

Disons les choses franchement : à la date de ce guide, l'administration n'a pas publié de doctrine BOFiP détaillant la CDHR. Le périmètre exact du RFR retraité (revenus minorés ou réintégrés, traitement des plus-values en report, des dons et réductions, mécanique précise de la décote) reste à confirmer au simulateur officiel impôts.gouv.fr. À noter d'ailleurs : la loi de finances 2026 a ajouté les dons (article 200) au numérateur du calcul, de sorte qu'ils restent efficaces. En conséquence, tous les cas chiffrés de ce guide sont des illustrations à recalculer, et nous formulons au conditionnel le détail fin du calcul.

Célibataire ou couple : la situation familiale change tout

Un point que beaucoup de chirurgiens découvrent en rendez-vous. Un chirurgien célibataire à 450 000 € de RFR est dans le champ de la CEHR et de la CDHR (seuils à 250 000 €). Le même chirurgien marié, dont le foyer déclare 450 000 €, reste sous le seuil de 500 000 € applicable aux couples : il est alors hors champ de la CDHR et de la CEHR. Autrement dit, à revenu identique, la situation familiale peut faire toute la différence. Précisez-la systématiquement dans chaque simulation.

La leçon centrale : on ne joue plus le taux, on joue l'assiette et le report

Tirons-en la conséquence qui structure tout le reste. Une réduction d'impôt qui ferait passer votre IR sous 20 % du RFR est purement et simplement reprise par la CDHR. Verser dans un produit de défisc « pour effacer l'impôt » ne sert donc plus à rien à votre niveau : la CDHR rattrape l'avantage. La seule stratégie qui tient consiste à sortir du revenu de l'année (report) ou à baisser le RFR lui-même (réduction d'assiette). Pour la mécanique détaillée des deux surtaxes, voyez comment la CDHR neutralise vos réductions d'impôt et la mécanique de la CEHR et de la CDHR pour les hauts revenus.
§ 3LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, réduction d'assiette, report : la grille de lecture

Voici la grille de lecture que je sors à chaque chirurgien en rendez-vous. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : il en existe trois familles radicalement différentes, et face à la CDHR, deux seulement tiennent debout.

Réduction d'impôt — neutralisée

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, Malraux. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A ; 18 000 € avec Girardin / Sofica). Problème : dès que l'IR passe sous le plancher de 20 % du RFR, la CDHR reprend l'avantage. À votre niveau, ce levier est largement neutralisé.

Réduction d'assiette — efficace

PER (154 bis), déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété / démembrement. L'avantage baisse le revenu imposable, donc le RFR lui-même. Hors plafond des niches, il abaisse aussi l'assiette de la CDHR et de la CEHR. C'est efficace, même à très hauts revenus.

Et il existe une troisième famille, souvent celle qui pèse le plus lourd pour un chirurgien qui exerce en société : le report, en tête de la hiérarchie. Le bénéfice non distribué d'une SELARL à l'IS, ou la plus-value placée en report via l'apport-cession (article 150-0 B ter), sort tout simplement le revenu de votre déclaration de l'année. Ce revenu n'entre alors pas dans le RFR, et la plus-value en report est même retirée du revenu retraité de la CDHR.

Trois familles, une hiérarchie inversée à 45 % + CDHR. À votre niveau, ne cherchez plus la réduction d'impôt : cherchez d'abord le report, puis la baisse d'assiette.
FamilleExemplesDans le plafond 10 000 € ?Effet sur le RFR / la CDHRVerdict chirurgien
ReportSELARL / IS non distribuée, 150-0 B terNonSort le revenu de l'annéeLe plus efficace
Réduction d'assiettePER, déficit foncier, MH, démembrementNon — hors plafondBaisse le RFREfficace
Réduction d'impôtFIP, FCPI, Girardin, MalrauxOui (sauf MH, hors plafond)Aucun — joue le taux d'impôtNeutralisée

On reprend maintenant ces deux familles gagnantes, un levier après l'autre : le PER, la bascule en société, l'apport-cession, l'immobilier d'assiette, puis le capital-investissement (où l'on triera le bon grain de l'ivraie). Le plafond global des niches de 10 000 € (article 200-0 A) ne vise que les réductions et crédits d'impôt, jamais les déductions d'assiette ni les reports : c'est toute la différence.

Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LEVIER 1 — ASSIETTE·4 MIN

Levier n°1 : le PER au plafond (jusqu'à 88 911 €)

C'est le levier d'assiette le plus efficace à votre disposition, et il devrait être votre premier réflexe d'épargne. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — exactement ce que la CDHR récompense.

En tant que travailleur non salarié (BNC, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI, bien plus large que celui des salariés : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €. La plupart des chirurgiens, dont le bénéfice dépasse 384 480 € (8 PASS), atteignent donc le plafond maximal.

Le plafond PER TNS du chirurgien en 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS) — le cas de la plupart des chirurgiens. À 45 % de TMI, déduire ce maximum représente environ 40 010 € d'impôt en moins, et un RFR abaissé d'autant.

L'effet est double. D'abord l'économie d'IR immédiate, qui vaut approximativement votre versement × votre TMI : à 45 %, déduire 88 911 € vous fait économiser environ 40 010 € d'impôt. Ensuite, et c'est ce qui compte à votre niveau, le RFR baisse du montant versé : le PER agit donc sur l'assiette de la CEHR et de la CDHR. Attention toutefois : cette déduction joue sur l'IR seul ; elle n'allège ni vos cotisations TNS ni votre CARMF, et le plafond n'est pas reportable une fois consommé au titre du 154 bis.

PER de droit commun, report des plafonds et sortie à 18,6 %

Si vous exercez en SELAS (gérant assimilé salarié) ou que vous versez à titre privé, c'est l'article 163 quatervicies qui s'applique : la loi de finances 2026 a porté le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans, et la déductibilité des versements cesse après 70 ans. Une précision honnête sur la sortie : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le détail de cette dualité : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

Le PER face à la CDHR : pertinent, mais à simuler

Soyons précis pour ne pas survendre. Le PER baisse le RFR, donc il agit sur l'assiette de la CDHR : à ce titre, il reste pertinent. Mais la CDHR se calcule sur un RFR retraité selon des modalités encore imparfaitement documentées (pas de doctrine BOFiP), de sorte que le rendement marginal d'un versement peut, selon votre situation, être atténué. Il ne faut donc pas écrire que « le PER échappe à la CDHR » : il faut le simuler au cas par cas avec votre expert-comptable.

N'oubliez pas l'enveloppe sœur : la prévoyance et la complémentaire santé Madelin (toujours article 154 bis), déductible jusqu'à environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite globale). C'est un plafond distinct de celui du PER retraite. Pour le calcul détaillé, support par support, voyez combien déduire avec le PER d'une profession libérale.

Cas n°1 — Dr Léa, chirurgienne ophtalmologue (bénéfice 400 000 €)

Bénéfice BNC 2026 : 400 000 €, célibataire. Comme son bénéfice dépasse 8 PASS, elle atteint le plafond PER maximal.

Plafond 154 bis : 10 % × 384 480 + 15 % × (384 480 − 48 060) = 38 448 + 50 463 = 88 911 €.
Si elle verse 88 911 € : économie d'IR ≈ 88 911 × 45 % = 40 010 €, et son RFR passe de 400 000 € à ≈ 311 089 € — ce qui réduit aussi sa CEHR.
Le PER lui prépare en prime une retraite que la CARMF ne suffira pas à assurer (section 11). Illustration aux taux 2026, à recalculer au simulateur.
§ 5LEVIER 2 — REPORT·4 MIN

Levier n°2 : la SELARL à l'IS et la holding SPFPL (le report)

On arrive au levier qui pèse le plus lourd sur votre RFR dans la durée — et, de loin, le plus mal compris. L'idée n'est pas de payer moins d'impôt sur ce que vous consommez, mais de ne pas faire remonter à votre déclaration personnelle le bénéfice que vous ne consommez pas.

Capitaliser dans la SELARL plutôt que tout sortir

Tant que vous exercez en BNC, l'intégralité de votre bénéfice est imposée à votre nom, au barème, qu'elle soit consommée ou non. En SELARL (ou SELAS) à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice que vous laissez dans la société est imposé à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % (article 219) — et ne remonte pas à votre RFR. Vous décidez de ce que vous vous versez, donc vous pilotez directement l'assiette de la CDHR. Le cadre juridique est l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a recodifié le droit des SEL et des SPFPL (l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990). La société n'a d'intérêt que sur la part du bénéfice que vous n'avez pas besoin de consommer ; sur ce que vous sortez pour vivre, le gain est nul.

La SPFPL et le régime mère-fille

Au-dessus de votre SELARL, vous pouvez interposer une SPFPL (société de participations financières de profession libérale), une holding dédiée aux libéraux. Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL bénéficient du régime mère-fille : ils sont exonérés à 95 % (articles 145 et 216), seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée — soit un frottement effectif d'environ 1,25 % (et même de l'ordre de 0,25 % en intégration fiscale). De quoi capitaliser et réinvestir votre trésorerie de chirurgien avant impôt. L'inscription de la SPFPL auprès de l'Ordre des médecins est requise.

La SPFPL n'est pas un tunnel sans frottement social

Attention au mythe du montage « magique ». La fraction de dividendes que vous percevez personnellement au-delà de 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et des comptes courants) est réintégrée dans l'assiette de vos cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), une règle validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Et la Cour de cassation a jugé que l'interposition d'une SPFPL ne fait pas écran à cette réintégration (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). La portée exacte de cette jurisprudence se lit toutefois au cas par cas. Par ailleurs, le Conseil d'État impose désormais de ventiler la rémunération « technique » de l'associé (imposée en BNC) de la rémunération de gérance (CE 8 avril 2025, n° 492154). Bref : la structuration est puissante, mais elle se construit avec un conseil, dans le respect de la déontologie.

Statut social et arbitrage salaire / dividendes

Votre statut conditionne tout. En SELARL avec gérance majoritaire, vous êtes TNS : les dividendes au-delà de 10 % du capital sont cotisés. En SELAS (ou gérance minoritaire), vous êtes assimilé salarié : les dividendes échappent aux cotisations sociales et sortent au PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), mais votre rémunération supporte des charges plus lourdes. L'arbitrage se chiffre dossier par dossier. Pour creuser, voyez la SPFPL du chirurgien pour investir ses dividendes, les dividendes de SEL et les cotisations sociales et le guide de la holding patrimoniale.
§ 6LEVIER 2 BIS — REPORT·3 MIN

Le report par excellence : l'apport-cession (150-0 B ter)

Si un jour vous cédez vos titres de SELARL, votre participation dans une clinique ou dans un groupe, vous risquez une plus-value lourdement taxée l'année de la vente. Pour ce cas précis, l'apport-cession est l'outil de report le plus efficace.

Le principe : avant de vendre, vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez. La plus-value d'apport est alors placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI) : elle n'est pas imposée l'année de l'opération. Mieux encore pour un chirurgien exposé à la CDHR : cette plus-value en report est retirée du revenu retraité servant au calcul de la contribution. C'est un report, pas une exonération : l'impôt sera dû plus tard, en cas d'événement déclencheur — mais le différé peut durer des années. La notion de contrôle est présumée acquise à partir de 33,33 % des droits de vote ou des bénéfices, dès lors qu'aucun autre associé n'en détient davantage (et au-delà par la majorité ou le contrôle familial).

La contrepartie : si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, elle doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans les 36 mois dans une activité économique éligible (ou des parts de fonds type FCPR / FPCI), faute de quoi le report tombe ; les actifs de remploi doivent ensuite être conservés au moins cinq ans. Ce seuil de 70 % (relevé par rapport à 60 %) est issu d'un durcissement de la loi de finances 2026 ; nous le signalons au conditionnel, à confirmer au texte. Au-delà de trois ans de détention, la holding cède librement. À la sortie, la levée du report se fait au PFU de 31,4 % (dividendes et plus-values mobilières) ; le report se purge au décès et se transfère en cas de donation (purge selon une conservation de 6 ou 11 ans).

Pas de montage artificiel : l'abus de droit veille

L'apport-cession est un outil légal et reconnu, mais il n'échappe pas au contrôle de l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). La jurisprudence est exigeante : le réinvestissement doit conférer un réel contrôle de la cible au jour du remploi (CE 16 février 2024, n° 472835), et une soulte artificielle versée à l'apport est écartée (CE 31 mai 2022, n° 455349 et 454288). Un apport-cession monté à seule fin fiscale, sans projet économique, est requalifiable. C'est typiquement un montage à construire avec un conseil, jamais en autonomie.

Report (150-0 B ter) ou exonération : deux logiques à ne pas confondre

D'abord, distinguons les deux familles. L'apport-cession (150-0 B ter) est un report : l'impôt n'est pas effacé, il est différé — utile quand vous voulez réinvestir avant impôt sans cristalliser la plus-value. Ensuite, à l'opposé, les exonérations de plus-value professionnelle effacent réellement l'impôt, mais seulement au moment d'une cession ou d'un départ en retraite : l'article 238 quindecies (exonération totale en dessous de 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), l'article 151 septies (selon les recettes), l'article 150-0 D ter (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant qui part en retraite, IR seul, prélèvements sociaux dus). Au final, on ne choisit pas l'un contre l'autre : le report sert pendant la vie active, les exonérations à la sortie. Ces deux sujets sont détaillés dans l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt.
§ 7LEVIER 3 — ASSIETTE·5 MIN

Levier n°3 : l'immobilier qui baisse le RFR (et pas seulement l'impôt)

En immobilier, deux chirurgiens à 450 000 € peuvent acheter le même immeuble ancien et obtenir un résultat fiscal opposé, selon qu'ils visent une réduction d'impôt (neutralisée par la CDHR) ou une réduction d'assiette (efficace). Tout se joue sur cette ligne de partage — voici comment la tracer.

Le déficit foncier (location nue)

Quand vous achetez un bien ancien à rénover et que vous le louez nu, les travaux déductibles s'imputent sur vos revenus fonciers, et l'excédent sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an (porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique permettant de sortir le bien du statut de passoire thermique — dispositif applicable aux travaux payés jusqu'au 31 décembre 2027). Le surplus est reportable dix ans. C'est une pure réduction d'assiette : elle baisse votre RFR, donc l'assiette de la CDHR. Bon à savoir : les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers restent à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %). À 45 %, 21 400 € de déficit, c'est de l'ordre de 9 630 € d'IR évités, plus les prélèvements sociaux fonciers économisés.

La nue-propriété et le démembrement

Pour un chirurgien déjà à 45 %, la nue-propriété est sans doute le levier d'assiette le plus net. Vous achetez la nue-propriété d'un bien (avec une décote d'environ 25 à 40 % sur le prix de la pleine propriété), l'usufruit étant détenu temporairement par un bailleur, souvent institutionnel. Pendant toute la durée du démembrement, vous ne percevez aucun loyer : votre RFR n'augmente pas d'un euro, ce qui est précieux quand on cherche à rester sous les seuils. Le bien échappe à l'IFI pour le nu-propriétaire (article 968, barème de l'article 669), et la reconstitution de la pleine propriété au terme n'est pas taxée (article 1133). Hors plafond des niches, sans revenu imposable : idéal pour votre profil.

Monuments Historiques vs Malraux : le bon arbitrage face à la CDHR

En rendez-vous, neuf chirurgiens sur dix mettent Malraux et Monuments Historiques dans le même panier « vieilles pierres ». Or l'un est une réduction d'impôt, l'autre une déduction d'assiette : face à la CDHR, ces deux mots font 90 000 € d'écart sur 200 000 € de travaux (voir cas n°2).

Monuments Historiques — déduction d'assiette

Articles 156 II 1° ter et 156 bis du CGI : déduction des charges et travaux du revenu global, sans plafonnement de niches. C'est une DÉDUCTION D'ASSIETTE : elle baisse le RFR et n'est donc PAS neutralisée par la CDHR. L'outil immobilier des très hauts revenus exposés à la contribution. Engagement de conservation de 15 ans ; exonération de droits de succession possible sous convention (art. 795 A).

Malraux — réduction d'impôt

Article 199 tervicies du CGI : réduction d'impôt de 22 % ou 30 % des travaux (plafond de 400 000 € sur 4 ans), hors plafond des niches mais qui reste une RÉDUCTION D'IMPÔT. Donc partiellement reprise par la CDHR dès que l'IR passe sous le plancher de 20 %. Pertinent seulement si votre IR effectif reste durablement au-dessus de ce seuil.

Cas n°2 — Malraux vs MH sur 200 000 € de travaux

Prenons un chirurgien à 450 000 € de RFR qui engage 200 000 € de travaux. En Malraux à 30 %, il obtient une réduction d'impôt de 60 000 € — mais, à son niveau de revenu, cette réduction est partiellement reprise par la CDHR dès que son IR passe sous le plancher de 20 %. En Monuments Historiques, les 200 000 € sont déduits du revenu global : son RFR baisse de 200 000 €, ce qui réduit réellement l'assiette de la CEHR et de la CDHR, pour une économie d'IR de l'ordre de 90 000 € (à 45 %) non reprise. À RFR élevé sous CDHR, les Monuments Historiques l'emportent. Ces deux dispositifs sont exigeants (sélection du bien, conduite des travaux, contraintes patrimoniales) : ils relèvent d'un accompagnement spécialisé, jamais d'un achat sur catalogue. Illustration aux taux 2026.

LMNP : un point de vigilance

La location meublée non professionnelle (LMNP) permet d'amortir le bien pour neutraliser le BIC, mais ce n'est pas un levier d'assiette sur le revenu global : le déficit LMNP ne s'impute pas sur vos autres revenus. Son intérêt, c'est une base imposable proche de zéro, pas un taux. Et la réforme Le Meur (codifiée à l'article 150 VB III du CGI) réintègre, pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value de cession. Enfin, les prélèvements sociaux du LMNP relèvent d'une zone grise en 2026 : certains praticiens retiennent 17,2 %, l'analyse « produits de placement » tend vers 18,6 %. Nous le signalons et le formulons au conditionnel.

Note de méthode : l'immobilier reste un investissement, pas une niche

J'ai vu un confrère acheter un Monuments Historiques pour « 90 000 € d'IR en moins » et perdre davantage sur des travaux qui ont doublé et un bien revendu à perte. La règle tient en une phrase : un avantage fiscal ne crée jamais de valeur à lui seul. Tout investissement immobilier — déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété, LMNP — comporte un risque de perte en capital, une liquidité réduite et une dépendance au marché local (vacance, qualité du bien, conduite des travaux). Les économies d'impôt citées ici sont des ordres de grandeur aux taux 2026, pas des rendements garantis : un Monuments Historiques mal sélectionné ou des travaux qui dérapent peuvent annuler l'avantage fiscal. La vraie question reste : « voudrais-je détenir ce bien même sans la moindre carotte fiscale ? »

Pour cadrer le bon dispositif, voyez le déficit foncier en détail, la déduction Monuments Historiques et le démembrement et la nue-propriété.

§ 8LEVIER 4 — TRIÉ·3 MIN

Levier n°4 : le capital-investissement bien trié (FPCI vs FIP / FCPI)

Chaque automne, c'est le rayon le plus achalandé : la plaquette FCPI « −18 % » qui arrive par mail entre deux blocs opératoires. Et c'est précisément là que le tri par la CDHR est le plus brutal. Deux produits qui se ressemblent sur la plaquette commerciale n'ont rien à voir au plan fiscal : le FIP/FCPI d'un côté, le FPCI de l'autre.

FIP et FCPI : le levier laminé en 2026

Les FIP (fonds d'investissement de proximité) et FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) offrent une réduction d'impôt de 18 % des versements (article 199 terdecies-0 A), dans la limite de 12 000 € (24 000 € pour un couple). Problème pour vous : cette réduction entre dans le plafond des niches de 10 000 € et se trouve neutralisée par la CDHR. Pire, la loi de finances 2026 a exclu les FCPI de la réduction d'impôt pour les versements effectués à compter du 21 février 2026, sauf les FCPI investis en titres de jeunes entreprises innovantes (JEI). Autrement dit, ce levier perd doublement son intérêt à votre niveau.

FPCI : l'exonération de plus-value (article 163 quinquies B)

Le FPCI (fonds professionnel de capital-investissement) « fiscal » joue sur une tout autre mécanique. Le souscripteur personne physique qui conserve ses parts au moins 5 ans et réinvestit les distributions bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les distributions et la plus-value de cession (article 163 quinquies B), sous condition de quota d'investissement du fonds. Ce n'est pas une réduction d'impôt : c'est une exonération, donc elle n'est pas neutralisée par la CDHR. Deux réserves, sans détour : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur les gains, et surtout vos parts sont bloquées huit à dix ans, avec un vrai risque de perdre une partie de votre capital. Un FPCI ne se souscrit jamais pour sa ligne fiscale : on l'achète parce qu'on croit à la classe d'actifs, en acceptant le blocage et le risque de perte.

FPCI (exonération) plutôt que FCPI (réduction laminée)

À votre niveau, si vous voulez exposer une part de patrimoine au non-coté, le FPCI relevant du 163 quinquies B (exonération, non neutralisée par la CDHR) est généralement plus pertinent que le FIP / FCPI (réduction d'impôt plafonnée et neutralisée, FCPI exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI). Mais l'arbitrage ne se fait jamais sur la seule ligne fiscale : le risque de perte en capital et l'illiquidité longue priment. Pour comprendre le capital-investissement et ses risques, voyez le guide du capital-investissement (private equity) et FIP et FCPI 2026 : la réduction d'impôt dans le plafond de 10 000 €.

Note de méthode sur les rendements annoncés

La plaquette affichera un TRI cible de 12 ou 15 %, en gras, en première page — c'est fait pour donner envie. Rappelons donc l'évidence que personne n'imprime à côté : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un objectif de rendement n'est jamais une garantie : le capital-investissement comporte un risque de perte en capital et une illiquidité longue (parts bloquées plusieurs années). Les projections de ce guide — qu'il s'agisse du PER, de l'immobilier ou d'un fonds — sont des illustrations pédagogiques aux paramètres 2026. La bonne question n'est jamais « combien d'impôt j'efface ? » mais « est-ce que je voudrais cet actif dans mon patrimoine, même sans le moindre avantage fiscal ? ».
§ 9LE CAS CONCRET·4 MIN

Cas chiffré : un chirurgien à 450 000 € de revenu

Prenons le dossier qu'on voit le plus souvent arriver en rendez-vous : un chirurgien de secteur 2 à 450 000 € de revenu courant (et non une cession ponctuelle), et appliquons-lui toute la grille. C'est le profil pour lequel le tri par la CDHR fait toute la différence.

Dr Sébastien, chirurgien orthopédiste secteur 2 en clinique, célibataire, 450 000 €

Étape 0 — la situation nue. RFR de départ ≈ 450 000 €. IR au barème de l'ordre de 179 000 € (taux effectif ≈ 40 %). CEHR : 3 % × (450 000 − 250 000) = 6 000 €. CDHR : plancher de 20 % × 450 000 = 90 000 € — déjà dépassé par l'IR d'un revenu 100 % BNC au barème, donc la CDHR ne se déclenche pas avant optimisation. Elle se réveillerait si une part du revenu passait au PFU (dividendes) ou si une réduction d'impôt faisait chuter le taux effectif sous 20 %.

Étape 1 — PER au plafond. Déduction 88 911 € → IR ≈ −40 010 € ; RFR ramené à ≈ 361 089 €. CEHR recalculée : 3 % × (361 089 − 250 000) ≈ 3 333 € (≈ 2 667 € économisés). Réduction d'assiette pleinement efficace.

Étape 2 — report en SELARL + déficit foncier. S'il exerce en SELARL à l'IS et laisse 100 000 € de bénéfice en société (IS 15 / 25 % au lieu de 45 %+), ces 100 000 € ne figurent plus au RFR. Ajoutez un déficit foncier de 21 400 € (rénovation énergétique) → −21 400 € de RFR, ≈ 9 630 € d'IR et les PS fonciers 17,2 % évités. Son RFR personnel descend nettement, CEHR et CDHR comprises.
Dr Sébastien : 450 000 − 88 911 (PER) − 100 000 (non distribués) − 21 400 (déficit) ≈ 239 700 € de RFR. Il passe sous le seuil de 250 000 € : la CEHR disparaît et la CDHR ne le vise plus. Un FIP n'aurait rien changé au RFR — pire, en faisant tomber l'IR sous 20 %, il aurait déclenché une reprise CDHR. Illustration aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR. La bascule SELARL/IS suppose une société déjà à l'IS.
ScénarioRFR estiméCEHR + CDHRBénéfice à 45 %+
Sans optimisation≈ 450 000 €CEHR ≈ 6 000 € (CDHR non déclenchée : BNC au barème > 20 %)Tout le revenu exposé
PER + SELARL/IS + déficit foncier≈ 239 700 €CEHR annulée, hors champ CDHR≈ 100 000 € capitalisés à l'IS
+ un FIP « −30 % » (l'erreur)InchangéRéduction reprise par la CDHRGain net ≈ 0

Étape 3 — l'erreur à éviter. Souscrire un FIP ou un Malraux pour « 30 % de réduction » : à 450 k€ de RFR, une réduction d'impôt qui fait tomber l'IR sous 20 % du RFR est reprise par la CDHR, et le gain net tombe à zéro. Le point essentiel : le gain de Dr Sébastien ne vient pas d'une niche, mais d'avoir sorti du revenu de l'année (report) et baissé l'assiette (PER, déficit foncier). C'est exactement la leçon de la section 3.

Des ordres de grandeur, pas des montants au centime

Tous ces chiffres sont des ordres de grandeur. Faute de doctrine BOFiP sur la CDHR, le détail du RFR retraité reste à confirmer : chaque montant doit être recalculé au simulateur officiel avec votre expert-comptable, sur votre situation réelle (statut, composition du revenu, situation familiale).

Ce que montre le cas : visez le RFR, pas le taux

Dr Sébastien n'a pas « effacé son impôt » avec un produit miracle. Il n'a rien « effacé » : il a déplacé son revenu là où le fisc le regarde moins — une part capitalisée dans sa société (report), une part transformée en épargne retraite et en patrimoine immobilier (assiette). Résultat : son RFR passe sous le seuil des surtaxes, et le bénéfice non consommé travaille à 15-25 % d'IS au lieu de 45 %+. Le jour où Dr Sébastien a compris ça, il a annulé la souscription FIP que son banquier lui réservait pour décembre : non pas un produit, mais un constat — tant que son revenu reste exposé, c'est le RFR, pas le taux d'une réduction, qu'il faut faire bouger.
§ 10LA TRANSPARENCE·3 MIN

Ce qui ne marche (presque) plus pour un chirurgien

C'est la page que je conseille de garder ouverte quand un commercial appelle en novembre. Parce que ces produits-là, on continue de vous les vendre alors qu'ils ne tiennent plus la route à 450 k€ : leur avantage sera repris par la CDHR, et vous aurez immobilisé de l'argent pour rien.

Les produits qu'on vous propose encore, et pourquoi ils ne sont plus pour vous. La méthode : saturer les déductions d'assiette et les reports AVANT toute réduction d'impôt plafonnée.
ProduitType d'avantagePlafondEffet CDHRVerdict chirurgien
FIP / FCPIRéduction d'impôt 18 %Niches 10 000 €Neutralisé (et FCPI exclus depuis 21/02/2026 sauf JEI)À éviter
PinelRéduction d'impôtNiches 10 000 €Éteint pour les nouvelles opérationsHors sujet
MalrauxRéduction d'impôt 22 / 30 %Hors nichesPartiellement repris (≠ MH déduction)MH préférable
Girardin industrielRéduction « one-shot »Niches 18 000 €Peut « écraser » la CDHR mais pari risquéPrudence

Le Girardin industriel mérite qu'on s'y arrête, parce qu'on vous le vendra comme « la » solution des chirurgiens à 45 % — et qu'il est le seul de la liste qui ne soit pas balayé en deux lignes. Sa réduction d'impôt « one-shot » (de l'ordre de 110-120 % de l'apport) peut, en théorie, faire remonter l'IR acquitté au-dessus du plancher de 20 % et donc « écraser » la CDHR. Mais c'est un pari risqué : risque de reprise en cas de non-respect des conditions d'exploitation outre-mer, plafond des niches majoré à 18 000 €, et un avantage qui suppose une mécanique sans faille. Nous ne le survendons pas : ce n'est pas une stratégie de fond pour un chirurgien, tout au plus un complément ponctuel à manier avec un conseil aguerri.

Un dispositif ne se justifie jamais par le seul impôt

La règle, à la fois déontologique et de simple bon sens : aucun produit ne se souscrit pour sa seule ligne fiscale. Un montage à seule fin fiscale, sans substance économique réelle, s'expose à l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). La bonne méthode est inverse : on sature d'abord les reports et les déductions d'assiette (SELARL/IS, PER, déficit foncier, MH, nue-propriété), puis seulement, et avec parcimonie, on regarde si une réduction d'impôt garde un intérêt net après CDHR. Pour les leviers concrets côté chirurgien, voyez les leviers pratiques du chirurgien pour réduire ses impôts.
§ 11LE TERRAIN MÉDICAL·3 MIN

Spécificités du chirurgien : CARMF, secteur 2, TVA

Deux sujets, et un seul compte vraiment : votre retraite, qui décrochera plus durement que vous ne l'imaginez — et la « niche du secteur 2 », qui n'existe pas. Commençons par le vrai problème.

La retraite : CNAVPL, CARMF et le poids du secteur 2

Comme tout médecin libéral, vous cotisez à un régime de base (CNAVPL) et à la CARMF pour la complémentaire (régime complémentaire vieillesse et ASV). Le point clé pour un chirurgien : en secteur 2, l'ASV (allocation supplémentaire de vieillesse) n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie, alors qu'une part en est financée pour le secteur 1. À cotisations comparables, votre ASV pèse donc davantage sur vous. Les valeurs de point 2026 sont à vérifier sur carmf.fr (nous les citons avec prudence : point du régime complémentaire et point ASV évoluent chaque année). Le constat reste celui de tous les libéraux à hauts revenus, accentué pour le chirurgien de secteur 2 : ce socle obligatoire assure un taux de remplacement insuffisant au regard de vos revenus d'activité. D'où le rôle central du PER (section 4) comme étage de retraite capitalisée.

TVA et permanence des soins

Deux derniers points, vite réglés parce qu'ils ne changent rien à votre stratégie. Vos actes médicaux sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI) : c'est le régime de toute la profession, personne n'y gagne un avantage particulier. Quant à l'exonération d'impôt sur les rémunérations de permanence des soins en zone sous-dense (article 151 ter du CGI, dans la limite de 60 jours par an), elle est marginale pour un chirurgien, dont l'activité s'exerce en établissement : nous la mentionnons pour être complets, sans en faire un levier.

Le piège du secteur 2 : aucune niche cachée

Je le redis une dernière fois, parce que c'est la question qui revient à chaque premier rendez-vous : les dépassements d'honoraires de secteur 2 n'ouvrent droit à aucun régime fiscal de faveur. C'est du BNC imposé plein pot au barème. L'idée d'une « niche secteur 2 » est un mythe : votre marge de manœuvre se trouve dans les vrais leviers de ce guide (report en SELARL / SPFPL, PER, immobilier d'assiette), pas dans un traitement de faveur de vos honoraires. Pour le hub frère des spécialistes médicaux, voyez la défiscalisation du médecin spécialiste, et pour la structuration et l'optimisation d'ensemble du libéral, l'optimisation fiscale de la profession libérale.

Qui rédige ce guide

Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré et l'équipe d'Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant basé à Bassens (73000), enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP), adhérent CNCEF Patrimoine. Nous accompagnons des chirurgiens et des professions libérales à très hauts revenus sur la structuration (SELARL, SPFPL), l'optimisation de l'assiette et du RFR, l'immobilier et la transmission. Nous sommes payés pour le conseil, pas pour placer un produit — c'est ce qui nous permet de vous dire « ce FIP qu'on vous propose ne sert à rien à 450 k€ », même quand ça ne nous rapporte rien. Cabinet noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis).
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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création, validation et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction de la CDHR jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité et la décote d'entrée sont à recalculer au simulateur officiel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER et immobilier

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; Madelin prévoyance / santé). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds). Art. 156 et 156 bis CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 € jusqu'au 31/12/2027 et régime des Monuments Historiques). Art. 199 tervicies CGI (Malraux, réduction d'impôt). Art. 968, 669 et 1133 CGI (nue-propriété, IFI, reconstitution non taxée). Art. 150 VB III CGI (réforme Le Meur du LMNP). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches de 10 000 €).

  • Les leviers de report : SELARL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Garde-fous : art. L. 64 LPF, CE 16/02/2024 n° 472835, CE 31/05/2022 n° 455349 et 454288, Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366, Cons. const. 06/08/2010 n° 2010-24 QPC, CE 08/04/2025 n° 492154.

  • Capital-investissement, plafonds et spécificités médicales

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (réduction FIP / FCPI 18 %, FCPI exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI). Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FPCI fiscaux). Art. 200-0 A CGI (plafond des niches). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur PER / FPCI / dividendes, 17,2 % maintenu sur revenus fonciers et assurance-vie. Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des actes médicaux). CARMF : valeurs de point 2026 à confirmer sur carmf.fr.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité. Toute structuration (SELARL, SPFPL, apport-cession) et tout investissement (immobilier, capital-investissement) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre conseil de l'Ordre. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points, comme le durcissement du réinvestissement 150-0 B ter ou le traitement des prélèvements sociaux du LMNP, sont signalés au conditionnel. Les investissements en capital-investissement, en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation du chirurgien en 2026 CDHR, PER, SELARL, immobilier et capital-investissement.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des chirurgiens à très hauts revenus : combien d'impôt à 450 k€, ce qu'est la CDHR, pourquoi les réductions ne servent plus, et les leviers qui marchent vraiment. Réponses sourcées et à jour 2026.