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Guide transmission 202618 minMis à jour 9 juillet 2026Cas chiffré à l'euro

Donner ses titres de holding en report pour effacer l'impôt

Vous avez apporté vos titres à votre holding et gelé une lourde plus-value en report 150-0 B ter. Reste une question : comment ne jamais la payer ? La donation à vos enfants peut l'effacer définitivement — à deux conditions strictes, durcies en 2026 : que le donataire contrôle la holding, et qu'il conserve les titres 6 ans (11 ans si remploi via fonds). Sinon, l'impôt de 31,4 % ressurgit. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

DONATION EN REPORT 2026

Chiffrer la purge de votre plus-value en report avant de signer la donation

Audit de transmission : vérification du contrôle du donataire, choix pleine propriété / démembrement / donation-partage, articulation abattement 100 000 € et Pacte Dutreil, sécurisation du délai de conservation 6/11 ans et de l'abus de droit. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Contrôle du donataire vérifié
  • Délai 6/11 ans sécurisé
  • Abattement et Dutreil intégrés
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

PV MOBILIÈRE (PFU)

31,4 %

CONSERVATION DONATAIRE

6 ANS

SI REMPLOI VIA FONDS

11 ANS

PRÉSOMPTION CONTRÔLE

33,33 %

ABATTEMENT / 15 ANS

100 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·2 MIN

Donner ses titres en report : effacer l'impôt, pas seulement le décaler

L'essentiel en 30 secondes

  • La donation des titres de holding grevés d'un report peut purger définitivement la plus-value en report — c'est l'une des deux seules voies d'effacement (l'autre étant le décès).
  • Deux conditions : le donataire contrôle la holding (le report lui est transféré, art. 150-0 B ter, II ; contrôle apprécié au sens du III) et conserve les titres 6 ans (11 ans si remploi via fonds, art. 150-0 B ter, II).
  • Sinon : soit purge chez le donateur (non-contrôle), soit impôt de 31,4 % au nom du donataire (revente anticipée).
  • Le report reste un impôt différé, jamais une exonération : ne pas confondre.

Il y a quelques années, vous avez apporté les titres de votre société à une holding à l'IS que vous contrôlez. La plus-value d'apport — mettons 2 000 000 € — a été figée et placée « en report » : vous ne l'avez pas payée, mais elle n'a pas disparu. Le report a joué son rôle : au lieu d'amputer aussitôt votre capital pour payer l'impôt, 100 % de cette valeur a continué de travailler dans la holding. Reste la vraie question, celle que tout dirigeant finit par se poser : cette plus-value endormie, comment ne jamais la payer ? Aujourd'hui la holding vaut 3 M€, et le report représente un impôt latent de 628 000 € (2 000 000 € × 31,4 %) — davantage encore si l'on y ajoute la CEHR et la CDHR des hauts revenus. Beaucoup croient que « garder jusqu'au décès » est la seule issue pour l'effacer. C'est faux : la donation de ces titres à vos enfants efface elle aussi l'impôt — mais elle transmet avec les titres une horloge (6 ou 11 ans) qu'il ne faut surtout pas casser. Nous vous montrons ici, chiffres à l'appui, comment déclencher cette purge sans tomber dans le piège qui la fait échouer.

C'est le point que la plupart des articles survendent : le 150-0 B ter n'est pas une exonération, c'est un report. L'impôt est différé, pas effacé — il ne s'efface que dans deux cas : au décès de l'apporteur (automatiquement), ou par une donation qualifiée (sous conditions). Ce guide traite précisément la seconde voie : comment la donation transfère le report au donataire, à quelle condition elle le purge, et le piège qui fait ressurgir 31,4 % d'impôt sur une plus-value que le donataire n'a jamais encaissée. Pour le mécanisme amont (l'apport à la holding), voyez notre guide complet du 150-0 B ter et le mécanisme de l'apport-cession.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) : la distinction qui commande la purge

Le report (art. 150-0 B ter) joue quand vous contrôlez la holding qui reçoit l'apport : la plus-value est figée puis purgeable au décès ou par donation. Le sursis (art. 150-0 B) joue quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est neutre, mais il n'y a pas de purge. Toute la stratégie de transmission décrite ici suppose donc que l'on est bien dans le report — le régime qui ouvre l'effacement.
§ 2LA CONDITION N°1·3 MIN

L'arbre de décision : le donataire contrôle-t-il la holding ?

Tout commence par une question binaire, et c'est elle qui décide du sort du report. L'article 150-0 B ter, II le dit clairement : la donation transfère le report au donataire « si la société [...] est contrôlée par le donataire ». Le contrôle s'apprécie à la date de la transmission, en tenant compte des droits détenus à l'issue de la donation (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60). Deux branches, deux destins.

La donation de titres en report : le contrôle du donataire commande le transfert (art. 150-0 B ter, II et III).
Situation à l'issue de la donationSort de la plus-value en reportSuite
Le donataire CONTRÔLE la holdingReport TRANSFÉRÉ au donataireHorloge 6 / 11 ans à respecter (§3)
Le donataire NE contrôle PASReport réputé purgé chez le donateurPoint délicat, à valider (voir ci-dessous)

Branche « le donataire contrôle » : le report est transféré sur sa tête. Il reprend la plus-value en report au prorata des titres reçus, la porte chaque année sur sa déclaration, et devra respecter le délai de conservation de 6 ou 11 ans (§3) pour la purger. La transmission se déroule alors normalement.

Branche « le donataire ne contrôle pas » : le report n'est pas repris par le donataire. La lecture de l'article 150-0 B ter, II et de la doctrine conduit à une extinction (purge) chez le donateur, sans délai. Le sujet est techniquement discuté — certaines analyses évoquent au contraire une imposition immédiate — et l'enjeu est trop lourd pour trancher seul : faites valider cette configuration par un conseil avant de signer.

Mémo express

Le contrôle au sens de l'article 150-0 B ter, III (ce n'est pas 50 %)

  • La majorité des droits de vote OU des bénéfices, en additionnant le groupe familial : conjoint, partenaire de PACS, ascendants, descendants, et frères et sœurs.
  • La présomption : détenir au moins 33,33 % des droits sans qu'un autre associé ne détienne davantage.
  • Le pouvoir de décision de fait : être le « maître de l'affaire » (action de concert, pacte d'associés).

Deux enfants donataires : qui contrôle ?

Point sensible quand on donne à plusieurs enfants : chaque donataire doit être en situation de contrôle. L'agrégation du groupe familial (qui inclut les frères et sœurs) peut permettre à des co-donataires de remplir ensemble la condition, mais le montage — donation-partage, pacte d'associés, répartition des droits de vote — doit être calibré avec soin. À vérifier avec votre conseil avant de signer ; les conditions d'application du 150-0 B ter, dont le contrôle de la holding, détaillent ce point.
§ 3L'HORLOGE 2026·3 MIN

Combien de temps conserver pour purger : 6 ans, 11 ans (réforme 2026)

Une fois le report transféré, le donataire hérite d'un compte à rebours. L'article 150-0 B ter, II purge la plus-value si les titres ne sont pas cédés, apportés, remboursés ou annulés dans un délai de six ans à compter de leur acquisition — délai porté à onze ans lorsque le report résulte d'un remploi réalisé via des fonds (voie du d du 2° du I : FCPR, FPCI, SCR, SLP). Ces durées ont été durcies par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) : elles étaient auparavant de 5 et 10 ans.

Durées portées par la loi de finances pour 2026. La conservation du donataire (6/11 ans) ne se confond pas avec la conservation de l'actif de remploi de la holding (5 ans depuis la réforme).
ParamètreAncien régime (5/10 ans)Régime courant 2026
Conservation du donataire — cas général5 ans6 ans
Conservation du donataire — remploi via fonds10 ans11 ans
Remploi minimal de la holding (cession < 3 ans)60 %70 %
Délai de remploi de la holding24 mois3 ans
Conservation de l'actif de remploi (direct)12 mois5 ans

Ne pas confondre deux délais qui n'ont rien à voir

Attention au piège de vocabulaire : la conservation du donataire (6 ou 11 ans, art. 150-0 B ter, II) est le délai qui purge la plus-value après la donation. Elle est distincte de la conservation de l'actif de remploi par la holding (5 ans depuis la LF 2026, que le remploi soit direct ou via des fonds ; l'ancien régime retenait 12 mois pour un remploi direct — art. 150-0 B ter, I), qui concerne, elle, le réinvestissement des 70 % lorsque la holding vend les titres dans les 3 ans. Ce sont deux horloges différentes ; le détail du remploi figure dans notre guide sur la durée de conservation après réinvestissement 150-0 B ter.

Pourquoi 11 ans ? Le report issu d'un remploi via fonds

Le délai est majoré à 11 ans lorsque le report provient d'un remploi réalisé par la souscription de fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, SCR, SLP). C'est la contrepartie de la souplesse offerte par cette voie de réinvestissement : le législateur exige une immobilisation plus longue. Si votre holding a réinvesti par ce canal, c'est le délai de 11 ans qui s'applique à la donation — voyez notre guide sur les FCPR éligibles 150-0 B ter, qui portent le délai à 11 ans.

Le revers du délai de 11 ans : un actif illiquide et risqué

Choisir la voie des fonds ne se résume pas à une durée plus longue. Le capital-investissement (private equity) est par nature illiquide — les parts sont généralement bloquées de l'ordre de 8 à 10 ans — et comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le donataire hérite alors d'une double contrainte : l'horloge de 11 ans à respecter et un actif qu'il ne peut pas revendre à sa guise. Un paramètre à peser avant de retenir cette voie de remploi, détaillé dans notre guide sur le private equity : fonctionnement, rendement et risques.

Un mot de prudence sur la règle de transition : les opérations relevant de l'ancien régime restent à 5 / 10 ans, et le point de départ exact de la bascule vers 6 / 11 ans mérite d'être vérifié à la source pour votre situation. C'est l'une des nombreuses nouveautés de la loi de finances 2026, qui a réformé l'apport-cession.

§ 4LE PIÈGE·2 MIN

Donner sans purger : le piège de la cession prématurée

Le piège que personne ne dramatise assez

Si le donataire cède, apporte, fait racheter ou annuler les titres avant 6 ans (ou 11 ans), la plus-value en report devient imposable à SON nom (art. 150-0 B ter, II, 1°), au PFU de 31,4 % — sur une plus-value qu'il n'a jamais encaissée à l'origine. Le donataire hérite du report et de son horloge : recevoir les titres, c'est aussi recevoir l'obligation de les garder.

C'est la face sombre de la donation en report, et elle piège les familles mal conseillées. Le donateur croit avoir « effacé » l'impôt en donnant ; en réalité, il l'a transmis, avec un compte à rebours attaché. Si l'enfant donataire, quelques années plus tard, revend sa fraction de holding pour financer un projet, l'impôt latent se réveille sur sa tête — alors même qu'il n'a fait qu'hériter d'une plus-value construite par son parent. D'où l'importance de choisir un donataire qui gardera les titres, et d'anticiper cet horizon de conservation dès la donation.

Mémo express

Les 3 exceptions qui dispensent le donataire malgré une cession avant terme

  • L'invalidité du donataire (classée en 2e ou 3e catégorie).
  • Le licenciement du donataire.
  • Le décès du donataire ou de son conjoint ou partenaire de PACS.

Dans ces trois cas, la plus-value en report est purgée malgré la cession anticipée. En dehors d'eux, la règle est implacable : vendre avant le terme, c'est déclencher l'impôt. Le chiffrage de ce scénario est détaillé au cas n° 2 (§11), où une revente à 4 ans coûte 314 000 € au donataire.

§ 5LES DEUX VOIES·2 MIN

Décès ou donation : les deux voies de purge du report

La donation n'est pas la seule façon d'effacer le report : elle partage ce privilège avec le décès. Au décès de l'apporteur qui détient encore les titres, la plus-value en report s'éteint définitivement, sans jamais être imposée ; les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès et ne paient que les droits de succession. Purge automatique et sans condition de conservation, à la différence de la donation, qui suppose contrôle et délai de 6 / 11 ans. Le mécanisme du décès fait l'objet de notre guide dédié : le décès de l'apporteur purge définitivement le report.

Stratégie mixte : donner une partie, garder le reste

Rien n'oblige à choisir. Vous pouvez donner une fraction des titres de votre vivant (purge à 6 ans si le donataire contrôle et conserve) et conserver le reste jusqu'à votre décès (purge automatique). Vous cumulez alors les deux calendriers de purge : vous transmettez progressivement, réduisez les droits de mutation par tranches d'abattement, et gardez la main sur une partie de la holding. Beaucoup de dirigeants s'y arrêtent : anticiper la transmission sans se dessaisir de tout. À calibrer avec votre conseil selon votre âge et vos objectifs.

Une nuance à connaître : si les titres grevés du report sont attribués au conjoint survivant via un avantage matrimonial (clause de préciput, attribution intégrale de la communauté), le report est susceptible de subsister sur sa tête, sans purge automatique — un point sensible à faire trancher par votre conseil selon votre régime matrimonial (doctrine BOFiP). Ce point, et les autres événements de sortie, sont couverts par notre panorama des différents événements de sortie du report.

§ 6CUMULER LES LEVIERS·3 MIN

Cumuler la purge avec l'abattement de 100 000 € et le Pacte Dutreil

En rendez-vous, la même phrase revient presque à chaque fois : « si je donne, je paie les droits de donation et la plus-value ». C'est faux. Donner déclenche deux prélèvements séparés, sur deux assiettes différentes — et l'un n'empêche pas d'effacer l'autre. D'un côté l'impôt sur la plus-value en report (31,4 %), effacé par la purge (conservation 6 / 11 ans) ; de l'autre les droits de mutation à titre gratuit (droits de donation) sur la valeur des titres transmis, réduits par l'abattement et le Pacte Dutreil. Ils ne s'annulent pas l'un l'autre : ils se cumulent.

L'effet de ciseau favorable

La même donation actionne deux gains fiscaux en même temps : elle réduit les droits de donation (via l'abattement et, le cas échéant, le Dutreil) et ouvre la purge de la plus-value en report (via la conservation 6 / 11 ans). Un dirigeant qui transmet sa holding aux enfants active donc un double levier — à condition de réunir les conditions de chacun.

Premier levier sur les droits : l'abattement en ligne directe de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans (art. 779, I CGI ; le rappel fiscal des donations antérieures joue sur la même période, art. 784). Un couple donnant à deux enfants efface ainsi jusqu'à 400 000 € d'assiette de droits par période de 15 ans. Le détail des barèmes et des stratégies figure dans notre guide donation : abattements, barèmes et transmission.

Vient ensuite l'arme lourde, réservée aux titres de société : le Pacte Dutreil (art. 787 B CGI), qui exonère de 75 % de leur valeur les titres transmis, sous engagement collectif puis individuel de conservation — engagement individuel porté de 4 à 6 ans par la loi de finances pour 2026. Le Dutreil est cumulable avec la purge du 150-0 B ter ; pour des titres de holding, il suppose que la holding soit animatrice de son groupe (condition à sécuriser). Au final, la purge efface l'impôt sur la plus-value pendant que l'abattement et le Dutreil rabotent les droits de donation. Pour faire passer une holding aux enfants, on trouve rarement mieux — une logique développée dans notre guide sur la transmission par succession et donation.

§ 7LES OUTILS NOTARIÉS·3 MIN

Démembrement et donation-partage : transmettre en gardant la main

Presque aucun dirigeant n'accepte de lâcher sa holding d'un bloc. Ce qu'on entend, c'est plutôt : « je veux commencer à transmettre, mais garder les revenus et la main ». Deux outils notariés répondent exactement à ça : le démembrement et la donation-partage. Le premier consiste à donner la nue-propriété des titres en conservant l'usufruit (les revenus et une part du pouvoir). La valeur donnée est alors décotée selon l'âge de l'usufruitier, d'après le barème de l'article 669 CGI.

Barème de l'article 669 CGI (extrait) : plus le donateur est jeune, plus la nue-propriété transmise est faible, donc les droits réduits.
Âge de l'usufruitier (donateur)Valeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété (donnée)
De 61 à 70 ans révolus40 %60 %
De 71 à 80 ans révolus30 %70 %
De 81 à 90 ans révolus20 %80 %

C'est là que se jouent la plupart des erreurs qu'on rattrape après coup : en démembrement, chaque droit suit son régime. La fraction correspondant au droit transmis (la nue-propriété) peut voir son report transféré puis purgé, à condition que le nu-propriétaire contrôle la holding et conserve les titres. La fraction du droit conservé (l'usufruit) reste en report sur la tête du donateur et se purgera à son décès. Résultat : une double purge potentielle, la nue-propriété à 6 ans et l'usufruit au décès. La répartition précise du report entre les droits démembrés est un point technique à valider avec le notaire et votre conseil.

Le contrôle en démembrement : à sécuriser

En présence d'un démembrement, les droits de vote sont souvent partagés entre usufruitier et nu-propriétaire (les statuts et la loi répartissent le vote selon les décisions). Or c'est le contrôle qui commande le transfert et la purge du report. Il faut donc vérifier qui, du nu-propriétaire ou de l'usufruitier, est réputé contrôler la holding après la donation — sujet à calibrer finement avec le notaire, en articulation avec notre guide sur le démembrement de propriété (nue-propriété, usufruit, barème 669).

La donation-partage, enfin, fige la valeur des biens au jour de l'acte et prévient les conflits de rapport entre héritiers. Elle est compatible avec le report et particulièrement utile pour répartir le contrôle entre plusieurs enfants — le point sensible identifié au §2.

§ 8NE PAS CONFONDRE·2 MIN

Donation-avant-cession ou donation de titres en report : deux mécanismes

L'amalgame le plus fréquent

La « donation-avant-cession » classique consiste à donner des titres opérationnels PUIS à les vendre : la donation réévalue le prix d'acquisition à la valeur donnée (art. 150-0 D), ce qui purge la plus-value latente. C'est un mécanisme différent de la donation de titres de holding déjà grevés d'un report 150-0 B ter (l'objet de ce guide), où c'est le report qui est transféré puis purgé. Deux articles voisins — le 150-0 D d'un côté, le 150-0 B ter, II de l'autre — qu'on confond d'autant plus facilement qu'ils mettent tous deux en scène une donation de titres, alors que ce qu'ils purgent n'a rien à voir : une plus-value latente pour l'un, un report déjà constitué pour l'autre.

Donation-avant-cession (art. 150-0 D)

On donne des titres opérationnels, puis on les vend. La donation réévalue le prix d'acquisition à la valeur donnée : la plus-value LATENTE est purgée. Objet : préparer une vente en effaçant la plus-value non encore réalisée. Pas de report préexistant, pas de délai de conservation propre au 150-0 B ter (mais vigilance abus de droit sur la chronologie donation / vente).

Donation de titres en report (art. 150-0 B ter, II)

On donne des titres de holding déjà grevés d'un REPORT d'imposition. C'est le report qui est transféré au donataire s'il contrôle, puis purgé s'il conserve 6 ans (11 ans si fonds). Objet : effacer une plus-value déjà figée en report lors d'un apport antérieur. Délai de conservation du donataire spécifique.

En pratique, on rencontre les deux dans une même trajectoire patrimoniale : la donation-avant-cession en amont d'une vente de société, la donation de titres en report en aval d'un apport-cession déjà réalisé. Pour l'architecture d'ensemble (apport, holding, transmission), voyez notre guide sur la holding patrimoniale à l'IS.

§ 9LES VIGILANCES·2 MIN

Deux vigilances : l'abus de droit et le départ à l'étranger

Deux erreurs suffisent à faire tomber une donation pourtant bien montée : donner trop vite après l'apport, et partir vivre à l'étranger sans anticiper. La première tient à l'abus de droit : une donation trop rapprochée de l'apport, sans logique économique, ou assortie d'une réappropriation du prix par le donateur (donation de façade), expose à la requalification sur le fondement des articles L. 64 et L. 64 A du Livre des procédures fiscales — avec des majorations de 40 % ou 80 %. Le Conseil d'État a confirmé que l'abus de droit s'applique aux opérations placées en report (CE 12 juillet 2017, n° 401997).

La donation ne doit pas cacher une reprise du prix

Le fil rouge de l'abus de droit sur ces montages, c'est la réappropriation des liquidités, directe ou indirecte, par le donateur. Bonnes pratiques (présentées comme des réflexes praticiens, non comme une règle légale) : ménager un délai raisonnable entre l'apport et la donation, et assurer un dépouillement total et irrévocable du donateur — donner, c'est se déposséder pour de bon. Le développement complet figure dans notre guide sur la remise en cause du 150-0 B ter par l'administration.

Le second angle mort est l'expatriation. Le transfert du domicile fiscal hors de France peut faire expirer le report et déclencher l'exit tax (art. 167 bis CGI), avec un sursis de paiement automatique vers l'Union européenne ou l'Espace économique européen, et des garanties exigées pour un État tiers. Bonne nouvelle : une donation des titres figure parmi les événements pouvant entraîner un dégrèvement de l'exit tax. L'articulation exacte entre donation en report et départ à l'étranger est traitée dans notre guide sur l'apport-cession et l'exit tax en cas de départ.

§ 10LE SUIVI·2 MIN

Après la donation : les obligations déclaratives du donataire

Un report se surveille chaque année. Le donataire qui oublie la case 8UT risque, des années plus tard au moment de purger, de ne plus pouvoir prouver le montant exact de la plus-value figée. Après la donation, c'est le donataire contrôlant qui reprend cette obligation : il mentionne, au prorata des titres reçus, le montant de la plus-value en report (formulaire 2074), puis en reporte le total chaque année en case 8UT de la déclaration 2042, tant que le délai de conservation (6 ou 11 ans) court.

Une horloge à surveiller, des documents à conserver

  • Le donataire doit connaître la date d'acquisition des titres : c'est le point de départ du délai de 6 / 11 ans.
  • Il doit savoir si le report résulte d'un remploi via fonds (qui fait basculer le délai à 11 ans).
  • Conserver l'acte de donation et le calcul de la plus-value figée est indispensable pour justifier la purge le moment venu.

À la survenance d'un événement mettant fin au report (cession avant terme hors exception), la plus-value est déclarée et imposée au titre de l'année de l'événement. Pour les modalités déclaratives détaillées, voyez notre guide sur la déclaration d'impôt 2026 et la case 8UT.

§ 11CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois cas chiffrés à l'euro

Trois situations qu'on voit vraiment passer en cabinet : Philippe qui donne à ses deux enfants, Léa qui revend trop tôt, Martine qui démembre à 68 ans. Mise au point méthodologique : le PFU retenu sur la plus-value mobilière 2026 est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), hors CEHR / CDHR éventuelles. Le montant de la plus-value en report est celui figé lors de l'apport initial.

Impôt latent effacé par la purge

Impôt en report = Plus-value en report × 31,4 %
= 2 000 000 € × 31,4 %
= 628 000 €  →  0 € si purge (donation + 6 ans)

Le report ne réduit jamais le taux : il diffère l'impôt, puis la donation qualifiée (ou le décès) l'efface.

Cas 1 · Dirigeant · holding 3 000 000 € · PV en report 2 000 000 € · donation à 2 enfants

Philippe — 628 000 € d'impôt en report purgés après 6 ans

Philippe a apporté ses titres à sa holding IS qu'il contrôle à 100 %, gelant une plus-value en report de 2 000 000 €. La holding vaut aujourd'hui 3 M€. Sans purge, si le report expirait : 2 000 000 € × 31,4 % = 628 000 € d'IR + PS.

Il donne les titres de la holding à ses deux enfants par donation-partage, chacun placé en situation de contrôler sa fraction (agrégation du groupe familial et pacte d'associés calibrés). Chaque enfant reçoit 1 000 000 € de report.

Droits de donation : abattement de 100 000 € × 2 parents × 2 enfants = 400 000 € d'assiette effacée (art. 779) ; si la holding est animatrice, le Pacte Dutreil réduit encore l'assiette taxable de 75 %.

Chaque enfant conserve 6 ans → la plus-value en report est définitivement purgée : 628 000 € jamais payés. La donation a effacé l'impôt en report ET allégé les droits de mutation — le double levier du §6.

Cas 2 · Donataire · quote-part de report 1 000 000 € · revente à 4 ans

Léa revend avant 6 ans — 314 000 € d'impôt à SON nom

Léa, fille de Philippe, a reçu 1 000 000 € de plus-value en report. Quatre ans plus tard, elle revend sa fraction de holding pour financer un projet — donc avant le délai de 6 ans, et hors exception (ni invalidité, ni licenciement, ni décès).

La plus-value en report devient imposable à son nom : 1 000 000 € × 31,4 % = 314 000 € (avant CEHR / CDHR éventuelles), sur une plus-value qu'elle n'a jamais générée.

La leçon du §4 : le donataire hérite du report ET de l'horloge. Une seule des trois exceptions (invalidité, licenciement, décès) l'aurait dispensée. Donner à un enfant qui revendra vite, c'est lui transmettre l'impôt.

Cas 3 · Dirigeante · 68 ans · donation nue-propriété + réserve d'usufruit

Martine — purger la nue-propriété maintenant, l'usufruit au décès

Martine, 68 ans, détient une holding grevée d'un report. Elle donne la nue-propriété des titres à ses enfants et conserve l'usufruit. À 68 ans, le barème de l'article 669 fixe l'usufruit à 40 % et la nue-propriété à 60 % : les droits de donation ne portent que sur 60 % de la valeur.

Fraction transmise (nue-propriété) : le report est transféré aux nus-propriétaires s'ils contrôlent → purge à 6 ans. Fraction conservée (usufruit) : le report reste sur la tête de Martine → purge au décès.

Résultat : deux voies de purge combinées, une transmission progressive, et des droits calculés sur 60 % seulement. La répartition exacte du report entre les droits démembrés (§7) est à valider avec le notaire.

Ce que disent ces trois cas

La donation efface l'impôt — à condition de contrôler et de conserver

  • Donation + conservation 6 ans (cas 1) : 628 000 € de report purgés, et des droits de donation allégés. Le scénario gagnant.
  • Revente anticipée (cas 2) : l'impôt ressurgit au nom du donataire — 314 000 € sur une plus-value qu'il n'a pas générée.
  • Démembrement (cas 3) : double purge (nue-propriété à 6 ans, usufruit au décès) et droits réduits au barème de l'article 669.
  • Avant toute donation, une seule question à trancher : le donataire contrôlera-t-il la holding et gardera-t-il les titres ? Tout en découle.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (plus-value en report figée à l'apport, taux arrondis, hors CEHR / CDHR) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du montant exact de la plus-value en report, de la répartition du contrôle entre donataires, de la forme de la donation, et de la disposition LF 2026 applicable. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures pour les remplois en fonds. À modéliser au cas par cas avant toute décision.
Méthode documentée

Chiffrer votre donation de titres en report avant de signer

Comme dans les trois cas ci-dessus, on chiffre votre transmission à l'euro avant l'acte : vérification du contrôle du donataire, choix pleine propriété / démembrement / donation-partage, cumul purge + abattement + Dutreil, et sécurisation du délai 6/11 ans. Vous décidez sur des chiffres, pas sur une intuition.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Le cas particulier du libéral en SEL ou SPFPL

Si votre holding est une SPFPL ou si vous exercez en société d'exercice libéral (SEL), la logique de purge par donation est identique, mais l'articulation avec les règles ordinales et l'objet social de la SPFPL appelle des précautions spécifiques. Nous les détaillons dans notre guide dédié sur l'apport-cession et la transmission en profession libérale (SEL, SPFPL), sans les dupliquer ici.
ACCOMPAGNEMENT

Transmettre votre holding en purgeant le report

Conseil en gestion de patrimoine : vérification du contrôle du donataire, arbitrage entre donation, démembrement et donation-partage, cumul de la purge du 150-0 B ter avec l'abattement de 100 000 € et le Pacte Dutreil, puis sécurisation du délai 6/11 ans et de l'abus de droit. Une vision globale et chiffrée de votre transmission. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Modélisation de la donation à l'euro
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Préparer votre donation de titres en report avec un CGP multi-partenaires

Pas de produit-maison. Vérification du contrôle du donataire, arbitrage entre pleine propriété, démembrement et donation-partage, cumul avec l'abattement de 100 000 € et le Pacte Dutreil, puis sécurisation du délai de conservation 6/11 ans et de l'abus de droit. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — le mécanisme de la donation en report

    Art. 150-0 B ter CGI (report I, donation II, contrôle III, remploi 70 % I-2°, imposition du donataire II-1°). Art. 150-0 B CGI (sursis en l'absence de contrôle). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value mobilière, PFU 31,4 %). Art. 167 bis CGI (exit tax). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10, -20 et -30.

  • Les leviers de transmission

    Art. 779 I CGI (abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans). Art. 784 CGI (rappel fiscal des donations antérieures). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil, abattement de 75 %, engagement individuel porté à 6 ans par la LF 2026). Art. 669 CGI (barème de l'usufruit et de la nue-propriété).

  • Fiscalité 2026 et sanctions

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : donation 6/11 ans, remploi 70 %, délai 3 ans, conservation 5 ans). Art. 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit, majorations 40 / 80 %).

  • Jurisprudence structurante

    CE 12/07/2017 n° 401997 (la procédure d'abus de droit s'applique aux opérations d'apport-cession placées en report). CE 31/05/2022 n° 455349 (le réinvestissement par prise de contrôle d'une société opérationnelle est éligible, apprécié à la date du remploi).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute donation de titres grevés d'un report doit faire l'objet d'une étude individualisée (vérification du contrôle du donataire, forme de la donation, délai de conservation, abus de droit, articulation avec les droits de mutation). Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a modifié le régime : le point de départ exact de l'application des durées portées à 6 / 11 ans (règle transitoire par rapport au régime antérieur de 5 / 10 ans), le sort du report lorsque le donataire ne contrôle pas la holding, et la répartition du report en cas de démembrement doivent être validés au cas par cas avec votre conseil. Les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée) sont signalées comme telles et constituent des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée.

Foire aux questions

Tout sur la donation de titres en report 150-0 B ter contrôle du donataire, délai 6/11 ans, purge, abattement, Dutreil et démembrement.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de transmission : purge définitive, durée de conservation 2026, non-contrôle du donataire, revente avant terme, cumul avec le Pacte Dutreil, démembrement, donation-avant-cession, stratégie mixte, abattement 100 000 €, déclarations et abus de droit. Réponses sourcées et à jour 2026.