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Guide 150-0 B ter · Pilier mécanique18 minÀ jour 20262 cas chiffrés

Apport-cession : comprendre le mécanisme, temps par temps

Vous vous apprêtez à vendre votre société. Vendre sec, c'est payer 31,4 % de plus-value (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) tout de suite, et parfois la CEHR et la CDHR par-dessus. L'apport-cession de l'article 150-0 B ter renverse la logique : vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez AVANT de vendre, la plus-value est gelée, et vous gardez ~100 % du prix au travail. On le déroule en quatre temps. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

APPORT-CESSION 2026

Chiffrer le report d'impôt de votre cession avant de signer

Audit d'apport-cession : éligibilité du report 150-0 B ter, vérification du contrôle (33,33 %), du remploi (60 % / 24 mois), de la purge au décès et de la transmission. Modélisation report vs vente directe à l'euro. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Contrôle et remploi 2026 vérifiés
  • Purge au décès et donation intégrées
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

Sur lettre de mission signée

  • Report vs vente directe chiffré

PV TITRES (PFU)

31,4 %

REMPLOI SI < 3 ANS

60 %

DÉLAI DE REMPLOI

24 mois

CONTRÔLE PRÉSUMÉ

33,33 %

PURGE AU DÉCÈS

100 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·2 MIN

Apport-cession : la définition simple (et ce que ce n'est pas)

Ce qu'il faut retenir

  • L'apport-cession, c'est apporter ses titres à une holding qu'on contrôle AVANT de les vendre, pour reporter l'impôt de plus-value (art. 150-0 B ter CGI).
  • Ce n'est ni un sursis, ni une exonération : l'impôt est figé et différé, pas effacé.
  • Il dort tant que vous gardez les titres de la holding ; au décès, il s'éteint et n'est jamais imposé.
  • Le coût évité : 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) sur une cession sèche de titres en 2026.

Vous vous apprêtez à vendre votre société pour un beau prix. Premier réflexe de l'administration : prélever 31,4 % de plus-value (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) — et, au-delà d'un certain revenu, la CEHR et la CDHR par-dessus. Sur 2 M€ de gain, ce sont 628 000 € qui partent le jour de la vente, avant même d'avoir réinvesti un euro. L'apport-cession prend le problème à l'envers : au lieu d'encaisser puis de payer, vous logez d'abord vos titres dans une holding que vous contrôlez AVANT de vendre, l'impôt est gelé, et ~100 % du prix reste disponible pour réinvestir. Reste à voir le mécanisme dans le détail, et surtout les deux garde-fous qui décident de tout : le remploi de 60 % et l'abus de droit.

En rendez-vous de cession, c'est la confusion que nous corrigeons en premier : l'apport-cession ne supprime pas l'impôt, il le décale. Vous n'encaissez pas le prix sur votre compte personnel ; vous logez vos titres dans une holding qui, elle, recevra le produit de la vente et le réinvestira. En échange, la plus-value d'apport est calculée, figée et mise « en report ». Tant que vous conservez les titres de la holding, l'impôt ne se déclenche pas — et au décès, la porte se referme définitivement sur lui. Ce guide décrit le mécanisme pas à pas ; pour la vue d'ensemble et le routage vers chaque sous-thème, partez du guide complet 150-0 B ter, le cadre général de l'apport-cession.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) : la distinction qui change tout

Deux régimes ressemblants, deux conséquences opposées. Le report (art. 150-0 B ter) joue quand vous contrôlez la holding qui reçoit l'apport : la plus-value est calculée, figée à l'apport, déclarée immédiatement, puis purgée au décès. Le sursis (art. 150-0 B) joue quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est neutre, aucune plus-value n'est calculée, mais il n'y a pas de purge. Codifié depuis le 14 novembre 2012, le report est presque toujours celui du dirigeant seul maître de sa holding. La nature juridique exacte du report est détaillée dans notre guide report d'imposition 150-0 B ter : comment ça marche.

Report ≠ exonération : ne pas confondre avec 238 quindecies / 150-0 D ter

Le report diffère l'impôt ; l'article 238 quindecies (exonération de la plus-value de cession de PME sous seuils de prix) et l'article 150-0 D ter (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant partant en retraite, qui n'efface que l'IR — les 18,6 % de PS restent dus) l'effacent. Si vous partez à la retraite et qu'une exonération efface déjà l'impôt sur le prix de votre société, le report n'apporte rien et bloque inutilement le cash dans la holding. L'apport-cession vise le cédant qui veut réinvestir et transmettre, pas celui qui veut encaisser.
§ 2LE MÉCANISME·3 MIN

Comment ça marche : le montage en 4 temps

Sur le principe, c'est simple : au lieu de vendre directement vos titres, vous les apportez à une holding (vous échangez vos titres contre des titres de la holding). C'est cet apport — et non la vente ultérieure — qui dégage la plus-value. Et c'est précisément cette plus-value d'apport que le 150-0 B ter place en report d'imposition. Lisez le montage comme une chronologie en quatre temps.

Le montage en 4 temps

Apport → PV figée et reportée → cession par la holding → maintien du report

  • Temps 1 — l'apport. AVANT la vente, vous apportez vos titres à une holding à l'IS que vous contrôlez → l'apport (et non la vente) déclenche la plus-value, dont l'imposition est REPORTÉE.
  • Temps 2 — la détention. La holding détient désormais les titres à leur valeur d'apport, qui devient son nouveau prix de revient.
  • Temps 3 — la cession. La holding cède les titres — souvent quasi sans plus-value, car réévalués à l'apport → elle encaisse le prix presque net d'impôt au niveau société.
  • Temps 4 — le maintien. Le report se maintient tant que la holding ne distribue ni ne liquide, et qu'elle respecte le remploi de 60 % si la cession intervient dans les 3 ans.

Le même montage, vu cette fois du côté de la plus-value. Le tableau ci-dessous montre pourquoi vous récupérez la quasi-totalité du prix, là où une vente directe en laisse filer un tiers au fisc.

Le schéma du montage : la plus-value historique est figée sur la tête de l'apporteur, l'imposition est différée, la holding encaisse le prix quasi net d'impôt.
TempsCe qui se passeEffet sur la plus-value
T1 — ApportVous apportez vos titres à la holding contrôléePV d'apport calculée et FIGÉE → imposition REPORTÉE (0 € immédiat)
T2 — DétentionLa holding détient les titres à leur valeur d'apportValeur d'apport = nouveau prix de revient chez la holding
T3 — CessionLa holding vend les titres à un prix ≈ valeur d'apportPV de cession au niveau holding ≈ 0 → IS quasi nul
T4 — MaintienLa holding conserve / réinvestit le produitReport maintenu (remploi 60 % si cession < 3 ans)

La chronologie est impérative : apporter AVANT, jamais une vente déjà signée

L'apport doit précéder la cession. Apporter puis céder rapidement est possible, mais si la cession intervient moins de 3 ans après l'apport, elle déclenche la contrainte de remploi (voir §6). Apporter une vente déjà négociée et signée, sans substance, est le terrain de l'abus de droit (voir §9). Le bon réflexe : créer la holding en amont, avec un objet social large et un calendrier crédible.

Pour que le report joue, quatre conditions cumulatives doivent être réunies. Le point central, fil rouge de tout le montage, c'est le contrôle de la holding qui reçoit l'apport (voir §5).

Les 4 conditions cumulatives du report 150-0 B ter.
ConditionContenuTexte
ApporteurPersonne physique fiscalement domiciliée en FranceArt. 150-0 A CGI
Holding bénéficiaireSoumise à l'IS, en France / UE / EEE150-0 B ter I
ContrôleHolding contrôlée par l'apporteur à l'issue de l'apport (33,33 % et +, voir §5)150-0 B ter III-2°
DéclarationPV figée et déclarée l'année de l'apport (formulaire 2074-I, puis case 8UT)150-0 B ter VI

Ce guide décrit la mécanique générale ; la stratégie vue du côté de la holding (constitution, traité d'apport, remontée de dividendes, réemploi du cash) est développée dans notre guide apport-cession à holding : la stratégie côté holding, pas à pas, et le détail de chaque condition d'éligibilité dans les conditions d'application du 150-0 B ter en 2026.

§ 3LE POINT CLÉ·2 MIN

Pourquoi la holding ne paie (presque) pas d'impôt quand elle revend

Ce point est rarement expliqué aux dirigeants avant qu'ils ne viennent nous voir, et c'est pourtant lui qui fait tout l'intérêt du montage. À l'apport, les titres entrent au bilan de la holding à leur valeur d'apport. Cette valeur devient le nouveau prix de revient des titres chez elle. Quand la holding revend peu après, à un prix voisin, la plus-value de cession au niveau holding est proche de zéro → il n'y a quasiment pas d'IS à payer. La plus-value historique, elle, n'a pas disparu : elle reste figée en report sur la tête de l'apporteur.

La plus-value de cession au niveau de la holding

PV cession holding = Prix de vente − Valeur d'apport (prix de revient holding)

≈  Prix de vente − Prix de vente  ≈  0 €  →  IS quasi nul
  • Prix de vente :≈ valeur de marché au jour de la cession par la holding
  • Valeur d'apport :valeur retenue lors de l'apport (souvent proche du prix), = prix de revient chez la holding
  • Résultat :≈ 0 € → impôt sur les sociétés quasi nul au niveau de la holding

La plus-value historique n'est pas effacée : elle reste en report sur la tête de l'apporteur (art. 150-0 B ter). Seule la plus-value NOUVELLE, née entre l'apport et la cession, serait taxable chez la holding.

L'effet de levier : ~100 % du prix, pas ~69 %

En cession directe, l'impôt personnel (31,4 %) ampute le prix avant tout réinvestissement → il ne reste que ~69 % à faire travailler. Via l'apport-cession, la holding dispose de ~100 % du prix pour réinvestir. Bonus de l'enveloppe holding : les dividendes remontés de la société avant la cession bénéficient du régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI), soit un IS effectif de 1,25 % (exonération de 95 %, quote-part de frais de 5 % taxée à l'IS). C'est un différé d'impôt qui laisse une base de capital plus large travailler — pas une garantie de rendement.
§ 4L'INTÉRÊT CHIFFRÉ·3 MIN

Apport-cession ou vente directe : ~100 % contre ~69 %

Mettons les deux voies côte à côte. Résumé en une ligne : en vente directe, l'impôt frappe avant que vous ayez réinvesti un euro ; en apport-cession, il est reporté, et l'intégralité du prix part fructifier dans la holding.

Vente directe

Points de vigilance

  • Plus-value taxée au PFU de 31,4 % immédiatement (12,8 % IR + 18,6 % PS)
  • CEHR (3 à 4 %) et CDHR (imposition minimale ~20 %) possibles l'année de la vente
  • Seul le net (~69 % du prix) est réinvesti
  • Aucune purge : l'impôt est définitivement payé

Apport-cession (150-0 B ter)

Points forts

  • Plus-value REPORTÉE : 0 € d'impôt l'année de l'opération
  • ~100 % du prix disponible pour réinvestir via la holding
  • Remploi de 60 % en 24 mois si cession < 3 ans, sinon report libre
  • Purge définitive au décès de l'apporteur

Sur 2 M€ de plus-value, l'écart se chiffre à ~628 000 € de capital supplémentaire à faire fructifier (le détail à l'euro figure au §10, cas de Marc). Attention à ne pas surinterpréter : c'est un effet de levier de trésorerie, pas une réduction d'impôt. L'impôt reste dû tant qu'un événement (cession des titres de la holding, expatriation) ne l'a pas rendu exigible — ou tant que le décès ne l'a pas purgé.

Hagnéré Patrimoine

Chiffrer votre apport-cession

Un conseiller en gestion de patrimoine modélise report vs vente directe sur votre opération, à l'euro : gain net dans chaque scénario, impact CEHR / CDHR de l'année de cession, et coût d'un remploi raté.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Ce raisonnement se décline selon le montant en jeu : voyez dirigeant : que faire d'une cession à 1 million d'euros et, pour les opérations plus importantes, réemployer après une cession d'entreprise à 5 millions.

§ 5LA CONDITION CENTRALE·2 MIN

Contrôler la holding : le seuil de 33,33 % (pas 50 %)

L'erreur que tout le monde recopie

Beaucoup de guides écrivent « contrôle = plus de 50 % ». C'est faux. Le contrôle de la holding est caractérisé dès qu'une seule des conditions de l'article 150-0 B ter III-2° est remplie. Se tromper de seuil peut faire basculer une opération du report (avec purge au décès) vers le simple sursis (sans purge), ou inversement faire croire à tort qu'on n'a pas le contrôle.

Mémo express

Les 3 façons de contrôler la holding (CGI 150-0 B ter III-2°)

  • La majorité des droits de vote OU des droits dans les bénéfices, détenue directement ou indirectement — et en additionnant le groupe familial : conjoint, ascendants, descendants, frères et sœurs (leurs participations se cumulent).
  • La présomption : vous détenez au moins 33,33 % des droits et aucun autre associé ne détient davantage. C'est une présomption simple (renversable), mais elle suffit à caractériser le contrôle.
  • Le pouvoir de décision de fait : contrôle de fait, action de concert, pacte d'associés — vous êtes le « maître de l'affaire » même sans détenir la majorité.

Pour le dirigeant seul maître de sa holding, la question est vite réglée : il en détient 100 %, le contrôle est évident, et l'on est dans le report. Le sujet devient sensible dans un montage à plusieurs associés, où il faut manier le seuil de 33,33 % et l'agrégation familiale. Point de méthode : le contrôle s'apprécie à l'issue de l'apport, c'est-à-dire en tenant compte de la situation après l'opération. En cas de détention indirecte (holding au-dessus d'une autre société), les pourcentages se multiplient le long de la chaîne.

La soulte : tolérée jusqu'à 10 %, à manier avec prudence

En contrepartie de l'apport, vous pouvez recevoir une soulte (un versement complémentaire en numéraire). Elle est tolérée tant qu'elle n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus ; même dans cette limite, la plus-value est imposée au titre de l’année de l’apport à concurrence de la soulte ; au-delà, c’est la totalité de la plus-value d’apport qui est imposée immédiatement. Une soulte de façade destinée à s'approprier des liquidités relève de l'abus de droit. En pratique, on la déconseille sauf justification économique documentée. Le détail des conditions (IS, contrôle, soulte) est développé dans les conditions d'application du 150-0 B ter.
§ 6LE DÉLAI DE 3 ANS·3 MIN

Si la holding revend avant 3 ans : le remploi de 60 %

L'obligation de remploi en bref

  • Si la holding cède les titres dans les 3 ans de l'apport, elle déclenche une obligation de remploi.
  • Il faut réinvestir au moins 60 % du produit de cession (seuil relevé de 50 % à 60 % par la loi de finances pour 2019, loi n° 2018-1317), dans un délai de 24 mois, dans une activité économique éligible.
  • Les actifs acquis se conservent au moins 12 mois (remploi direct), ou 5 ans pour un remploi via des fonds éligibles (FCPR, FPCI, SCR, SLP).
  • Si la holding revend plus de 3 ans après l'apport → aucun remploi, report maintenu sans condition (voir §7).

C'est l'étape où la plupart des dossiers dérapent. Le principe : si la holding vend trop tôt les titres qu'elle a reçus (dans les 3 ans), l'administration veut s'assurer que le produit sert un vrai projet économique et non un simple encaissement déguisé. D'où l'obligation de remployer au moins 60 % du produit de cession — seuil relevé de 50 % à 60 % par la loi de finances pour 2019 (loi n° 2018-1317) — dans un délai de 24 mois à compter de la cession des titres par la holding. À retenir : le remploi ne se déclenche que si la holding cède les titres dans les 3 ans de l'apport.

Les paramètres du remploi obligatoire (art. 150-0 B ter, I, 2° CGI). Le seuil a été porté de 50 % à 60 % par la loi de finances 2019 (loi n° 2018-1317). Au-delà de 3 ans de détention par la holding, aucun remploi n'est exigé.
ParamètreRègle (art. 150-0 B ter, I, 2° CGI)
Seuil de remploiAu moins 60 % du produit de cession (relevé de 50 % à 60 % par la LF 2019)
Délai de réinvestissement24 mois à compter de la cession des titres par la holding
Conservation — remploi direct (a-c)Au moins 12 mois
Conservation — remploi via fonds (d)5 ans (parts de FCPR / FPCI / SCR / SLP)
DéclenchementUniquement si la holding cède les titres dans les 3 ans de l'apport

Mémo express

Les 4 catégories de remploi éligible (art. 150-0 B ter, I, 2°, a-d)

  • (a) le financement d'une activité opérationnelle (commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole, financière — hors gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier) ;
  • (b) l'acquisition du contrôle d'une société opérationnelle soumise à l'IS ;
  • (c) la souscription en numéraire au capital de sociétés opérationnelles éligibles ;
  • (d) la souscription de parts de fonds FCPR / FPCI / SLP / SCR (sous condition d'un quota d'investissement, art. 163 quinquies B CGI).

La durée de conservation dépend de la nature du remploi : au moins 12 mois pour un remploi direct (a-c), et 5 ans pour un remploi via des fonds éligibles (d). Le quota d'investissement exact des fonds est à vérifier au cas par cas.

Ce qui est EXCLU du remploi

Sont exclus : l'immobilier patrimonial ou locatif, la location nue ou meublée patrimoniale, les SCPI, la gestion du propre patrimoine mobilier de la holding, et les activités financières, bancaires, d'assurance ou de gestion de patrimoine. Traduction pour le client : la SCPI que votre banquier va vous proposer, ou l'immeuble locatif, ne comptent pas comme remploi — c'est l'erreur qu'on rattrape le plus souvent. En revanche, le private equity éligible (FCPR / FPCI respectant le quota) l'est. Note de méthode : ces fonds sont illiquides (durée ~8-10 ans) et comportent un risque de perte en capital.

Chaque brique du remploi a sa page dédiée : les modalités complètes du remploi de 60 %, le délai de 24 mois pour réinvestir, la liste des actifs éligibles au remploi, les FCPR éligibles au remploi via les fonds, et la synthèse de l'année dans apport-cession 2026 : ce qui change cette année.

§ 7LA VOIE ROYALE·1 MIN

Revendre après 3 ans : le report maintenu sans condition

Après 3 ans : le report sans condition

  • Cession par la holding au-delà de 3 ans après l'apport → zéro obligation de remploi, report maintenu sans condition.
  • La trésorerie de la vente se place librement dans la holding (capitalisation, private equity, titres opérationnels).
  • Le bon réflexe : apporter tôt, vendre plus tard — c'est aussi le meilleur rempart contre l'abus de droit (§9).

Tout tient à une seule date : celle où la holding revend, comparée à celle de l'apport. Trois ans séparent la contrainte de la liberté totale. Si la holding conserve les titres plus de 3 ans puis les cède, il n'y a aucune obligation de remploi : le report est maintenu sans condition, et la trésorerie issue de la vente peut être placée librement. Aucun remploi à justifier, aucun délai à surveiller : c'est exactement la situation de Sophie au §10, et celle qu'aucun vérificateur ne conteste.

La règle d'or : apporter tôt

En pratique, une seule consigne : créez la holding et apportez vos titres avant même d'avoir un acheteur en tête, idéalement plus de 3 ans avant la cession envisagée. Vous supprimez la contrainte de remploi de 60 %, vous gardez la main sur le placement du produit, et vous mettez le dossier à l'abri d'un contrôle. Le cash peut alors être placé librement, par exemple via un contrat de capitalisation pour la trésorerie de la holding.
§ 8LA PURGE·2 MIN

La purge au décès : l'argument transmission

L'argument patrimonial massif

Le report est personnel. Au décès de l'apporteur qui détient encore les titres de la holding, la plus-value placée en report s'éteint définitivement, sans jamais être imposée. Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès et ne paient que les droits de succession. Sur le papier, c'est un impôt différé ; dans les faits, il ne sera jamais payé.

C'est ce qui distingue radicalement l'apport-cession d'une vente directe : tant que vous ne déclenchez pas d'événement imposable de votre vivant, l'impôt finit par disparaître. Prenez Philippe, 55 ans : sa retraite est déjà financée, il pense surtout à ses deux enfants. Pour lui, ce n'est pas le gain de trésorerie qui déclenche la décision, c'est la purge au décès.

L'exception à connaître : l'avantage matrimonial au conjoint

Une nuance importante : si les titres grevés du report sont attribués au conjoint survivant via un avantage matrimonial (clause de préciput, clause d'attribution intégrale de la communauté), le report subsiste sur la tête du conjoint — il n'y a pas de purge dans ce cas. C'est un point à vérifier avec votre notaire selon votre régime matrimonial.

De votre vivant, la donation des titres de la holding est l'autre voie de purge. Elle transfère le report sur la tête du donataire s'il contrôle la holding ; la plus-value est alors définitivement purgée s'il conserve les titres pendant 5 ans, délai porté à 10 ans lorsque le report résulte d'un remploi en fonds FCPR / FPCI / SCR / SLP. Si le donataire ne contrôle pas la holding, la plus-value est imposée immédiatement chez le donateur.

Expatriation : l'exit tax fait tomber le report

Le transfert du domicile fiscal hors de France met fin au report et déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) : la plus-value en report devient imposable au jour du transfert, avec un sursis de paiement automatique vers un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. L'ordre à respecter : boucler l'apport-cession d'abord, préparer le départ à l'étranger ensuite. Le détail de la purge au décès figure dans notre guide décès et 150-0 B ter : la purge de la plus-value en report.
§ 9LÉGALITÉ·2 MIN

Est-ce légal ? L'apport-cession face à l'abus de droit

« Est-ce que je risque un redressement ? » — c'est presque toujours la première question du cédant. La réponse est claire : oui, l'apport-cession est légal. Le dispositif est codifié depuis le 14 novembre 2012 et sécurise la pratique. Mais les montages de façade — apporter une vente déjà négociée et signée pour encaisser à l'abri du report, remploi fictif, appropriation des liquidités, soulte de façade — restent sanctionnables. Deux fondements : l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (abus de droit, but exclusivement fiscal) et l'article L. 64 A (mini-abus de droit, but principalement fiscal, pour les actes passés depuis le 1er janvier 2020), avec des majorations de 40 % ou 80 % (art. 1729 CGI).

Mémo express

Les réflexes anti-abus de droit

  • Créer la holding en amont, avec un objet social large et une réelle existence (comptes, organes, substance).
  • Suivre un calendrier crédible : ne pas apporter une cession déjà négociée ou signée.
  • Respecter le remploi de 60 % si la cession intervient dans les 3 ans (voir §6).
  • Pas de remploi fictif ni de compte courant jamais remboursé, ni de coquille vide : le produit doit servir un vrai projet.
  • Le plus sûr : apporter bien avant de vendre (la voie royale du §7).

La jurisprudence a balisé le terrain sans condamner le dispositif : le Conseil d'État a très tôt posé l'exigence d'un réinvestissement à caractère économique (CE 08/10/2010, n° 301934, Bazire ; CE 24/08/2011, n° 314579), a exclu la location nue ou meublée patrimoniale du remploi sauf para-hôtellerie (CE 19/04/2022, n° 442946), et a admis que le nantissement d'un compte à terme peut valoir remploi économique (CE 28/05/2021, n° 442711). Les risques concrets de redressement sont détaillés dans notre guide remise en cause 150-0 B ter : les risques et l'abus de droit.

§ 10COÛT & CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Combien ça coûte, et deux cas chiffrés à l'euro

Une ligne qu'on oublie presque toujours de chiffrer : le coût du montage lui-même. Il faut prévoir la constitution de la holding (SAS ou SARL), le traité d'apport, l'intervention d'un commissaire aux apports (obligatoire en principe pour un apport en nature à une SAS — art. L. 225-147 — ou à une SARL — art. L. 223-9 — du Code de commerce ; une valorisation crédible est aussi un rempart anti-abus), les honoraires d'un avocat fiscaliste et d'un expert-comptable, puis le suivi déclaratif annuel. Ordre de grandeur, à formuler prudemment : de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'euros selon la complexité [fourchette à valider au cas par cas]. Voyons maintenant l'intérêt du montage sur deux profils, chiffrés à l'euro.

Cédant · PME 2 000 000 € · remploi < 3 ans

Marc, 54 ans, vend sa PME 2 000 000 €

Marc apporte les titres de sa PME (valeur 2 000 000 €, prix d'acquisition faible → plus-value d'apport ≈ 2 000 000 €) à une holding à l'IS qu'il contrôle à 100 %. La holding reçoit une offre et revend à 18 mois (donc dans les 3 ans).

Vente sèche (sans apport) : 2 000 000 € × 31,4 % = 628 000 € à payer immédiatement → net ~1 372 000 € (≈ 69 %).

Avec apport-cession : la plus-value est gelée en report → 0 € d'impôt l'année de l'opération. La holding cède à 2 000 000 € (plus-value holding ≈ 0, IS quasi nul) et dispose de ~2 000 000 € (≈ 100 %). Cession dans les 3 ans → il faut remployer au moins 60 % = 1 200 000 € en 24 mois (actifs conservés au moins 12 mois, ou 5 ans via des fonds), dans une activité économique éligible. Les 40 % restants (800 000 €) sont libres dans la holding.

Résultat : ~628 000 € de capital en plus à investir (soit 31 % du prix de cession, ~46 % de capital en plus qu'une vente directe), à condition de respecter le remploi éligible — surtout pas en SCPI ni immeuble locatif, qui sont exclus.

Transmission · report libre · purge au décès

Sophie, 61 ans, apporte tôt puis vend après 3 ans

Sophie apporte les titres de sa société à sa holding plus de 3 ans avant la cession envisagée. Quand la holding revend, aucune obligation de remploi ne s'applique : le report est maintenu sans condition, et le cash est placé librement (contrat de capitalisation, private equity).

Sophie conserve les titres de la holding jusqu'à son décès → la plus-value en report est définitivement purgée, jamais imposée. Ses enfants reçoivent la holding à sa valeur au jour du décès et ne paient que les droits de succession.

Ici, le report n'est pas seulement un outil de trésorerie, c'est un outil de transmission : apport > 3 ans avant la cession + détention jusqu'au décès = un impôt transformé en zéro.

Méthode & limites des cas

Pour rester lisibles, ces cas supposent que la plus-value d'apport est proche du prix (prix d'acquisition faible, fréquent quand le dirigeant a créé sa société). En réalité, le PFU de 31,4 % s'applique à la plus-value nette (prix − prix de revient), pas au prix. La CEHR et la CDHR ne sont pas chiffrées (elles dépendent du revenu fiscal de référence). Ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée.

La holding qui reçoit et fait travailler ce cash est un sujet à part entière : voyez le pilier holding patrimoniale (et, pour l'angle apport-cession, loger l'apport-cession dans une holding patrimoniale), le remploi via le private equity (FCPR, FPCI), et le cas des professions réglementées dans apport-cession en profession libérale : le cas SEL / SPFPL.

§ 11ALLER PLUS LOIN·1 MIN

L'apport-cession est-il fait pour vous ?

Au fond, c'est votre projet qui décide : faire fructifier le prix dans une holding et le transmettre à vos enfants, ou l'encaisser pour en profiter maintenant. Le profil gagnant de l'apport-cession, c'est le dirigeant ou le cédant qui veut développer son capital dans une enveloppe holding et le transmettre un jour à ses enfants (purge au décès). À éviter, en revanche, si votre objectif est d'encaisser — un départ à la retraite avec l'exonération 238 quindecies ou l'abattement 150-0 D ter est alors souvent plus adapté — ou si votre horizon est trop court.

Méthode documentée

Structurer votre apport-cession avec un conseiller en gestion de patrimoine

Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur, multi-partenaires : éligibilité du report, sécurisation du contrôle et du remploi 2026, anticipation de la purge et de la transmission, puis réemploi de la trésorerie. Vous repartez avec le comparatif report vs vente directe chiffré à l'euro, pas avec une impression.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Pour prolonger : repartez du guide complet 150-0 B ter pour la vue d'ensemble, suivez les nouveautés de l'année dans apport-cession 2026, replacez le dispositif dans le contexte de la loi de finances 2026, et découvrez l'accompagnement des grands patrimoines en gestion de fortune.

ACCOMPAGNEMENT

Structurer votre apport-cession avec un conseiller en gestion de patrimoine

Conseil en gestion de patrimoine : éligibilité du report 150-0 B ter, sécurisation du contrôle et du remploi 2026, anticipation de la purge au décès et de la transmission (donation, exit tax), puis placement de la trésorerie de la holding. Une vision globale et chiffrée, de l'apport à la transmission. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Modélisation de l'apport-cession à l'euro
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Préparer votre apport-cession avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison. Vérification de l'éligibilité au report, contrôle du remploi 2026 et de l'abus de droit, anticipation de la purge au décès et de la transmission, puis réemploi de la trésorerie de la holding (mère-fille, private equity, capitalisation). Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — le mécanisme du report

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III-2°, remploi I-2°, donation II, déclaration VI). Art. 150-0 B CGI (sursis en l'absence de contrôle, sans purge). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value mobilière, PFU 12,8 %). Art. 163 quinquies B CGI (fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP éligibles, sous condition de quota d'investissement). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, IS effectif 1,25 %). Art. 167 bis CGI (exit tax).

  • Doctrine BOFiP

    BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 (régime général du report). BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10 (champ d'application, contrôle, soulte, fait générateur). BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 (réinvestissement, actifs éligibles et exclus, délais et quotas). BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-30 (donation des titres reçus, exit tax).

  • Fiscalité 2026 et abus de droit

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : seuil de remploi relevé de 50 à 60 %, délai de 24 mois). Art. L. 64 et L. 64 A LPF, art. 1729 CGI (abus de droit et majorations). Art. L. 225-147 (SAS) et L. 223-9 (SARL) du Code de commerce (commissaire aux apports).

  • Alternatives et jurisprudence

    Art. 238 quindecies et 150-0 D ter CGI (exonérations de cession, à distinguer du report). CE 08/10/2010 n° 301934 (Bazire) et CE 24/08/2011 n° 314579 (exigence de réinvestissement économique, location nue non économique). CE 28/05/2021 n° 442711 (nantissement d'un compte à terme). CE 19/04/2022 n° 442946 (location meublée patrimoniale exclue).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout apport-cession doit faire l'objet d'une étude individualisée (éligibilité du report, vérification du contrôle et du remploi, abus de droit, purge au décès, transmission). Les chiffres et taux cités sont à jour au 8 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le régime du remploi (au moins 60 % du produit de cession réinvesti dans les 24 mois — seuil relevé de 50 à 60 % par la loi de finances pour 2019 —, conservation des actifs 12 mois en remploi direct ou 5 ans via des fonds éligibles), les quotas exacts des fonds éligibles et la liste des exceptions doivent être vérifiés au cas par cas avec votre conseil, le seuil et les délais de remploi étant susceptibles d'évoluer par une loi de finances ultérieure. Les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée par le prix d'apport) sont signalées comme telles et constituent des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée. Le private equity (FCPR, FPCI) est un placement illiquide comportant un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Foire aux questions

Tout sur le mécanisme de l'apport-cession report ou sursis, les 4 temps, le remploi 2026 et la purge au décès.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession : ce qu'est vraiment l'apport-cession, comment il fonctionne étape par étape, pourquoi la holding ne paie presque pas d'impôt, report ou sursis, l'intérêt chiffré face à la vente directe, le remploi 2026, la purge au décès et la légalité du montage. Réponses sourcées et à jour 2026.