Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide 202612 minFiscalité vérifiéeCartographie des sorties

Sortie du 150-0 B ter : que devient l'impôt en report ?

Vous avez apporté les titres de votre société à une holding et placé votre plus-value en report d'imposition grâce à l'article 150-0 B ter. Reste la vraie question : quand cet impôt redevient-il exigible — et comment l'éviter légalement ? Selon l'événement (vous vendez votre holding, elle revend l'entreprise, vous transmettez, vous partez à l'étranger), l'impôt tombe au PFU de 31,4 %, se maintient, ou se purge définitivement (0 € au décès). Cet article déroule les six sorties possibles, chiffres 2026 à l'appui. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet (ORIAS 23002291).

SORTIE 150-0 B TER 2026

Chiffrer le sort de votre plus-value en report avant de vendre, donner ou partir

Audit de sortie : identification de l'événement (cession de la holding, revente < 3 ans, décès, donation, exit tax, liquidation), calcul de l'impôt au PFU 31,4 %, comparaison expiration vs purge, et sécurisation déclarative. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Événement de sortie identifié
  • Expiration vs purge comparées
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

Sur lettre de mission signée

  • Impôt chiffré au PFU 2026

PFU À L'EXPIRATION

31,4 %

IMPÔT AU DÉCÈS

0 €

CAP CESSION HOLDING

3 ans

REMPLOI < 3 ANS (2026)

70 %

SCÉNARIOS CARTOGRAPHIÉS

6

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·2 MIN

Reporter n'est pas exonérer : ce que dit vraiment le 150-0 B ter

L'essentiel en 30 secondes

  • Le report 150-0 B ter diffère l'impôt sur la plus-value d'apport ; il ne l'efface pas. L'impôt dort, il n'a pas disparu.
  • Il redevient exigible à la survenance d'un événement de sortie (art. 150-0 B ter, I) — six cas de figure, détaillés dans cet article.
  • À l'expiration, la plus-value figée est taxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS en 2026).
  • Deux issues l'effacent définitivement : le décès de l'apporteur (purge, 0 €) et la donation qualifiée conservée.

Vous avez apporté les titres de votre société à une holding que vous contrôlez, et l'administration a « gelé » la plus-value d'apport plutôt que de la taxer immédiatement. L'enjeu n'a rien de théorique. Prenons une plus-value d'apport de 2 millions d'euros : cédée sèchement, elle aurait déclenché 628 000 € d'impôt au PFU de 31,4 % l'année de la vente — davantage encore une fois ajoutées la CEHR et la CDHR des hauts revenus. Grâce au report, vous n'avez rien versé : vos 2 millions travaillent en entier dans la holding, là où une cession taxée n'en aurait laissé que 1,37 million à réinvestir. Mais l'impôt n'a pas disparu — il a simplement été mis en attente. Et la vraie question, celle que personne ne pose le jour de l'apport, arrive des années plus tard : quand cet impôt latent redevient-il exigible, et comment l'éviter légalement ?

C'est tout l'objet de cet article. Le 150-0 B ter (article du CGI qui organise le report) n'est ni un cadeau ni une exonération : c'est un impôt différé. Il court, invisible, tant que vous conservez les titres de la holding. Puis, un jour, un événement survient — vous vendez la holding, elle revend l'entreprise, vous transmettez, vous partez à l'étranger, vous liquidez — et le sort de l'impôt bascule dans l'une de trois directions : il redevient imposable, il se maintient, ou il se purge définitivement. Pour le fonctionnement d'ensemble avant d'aborder les sorties, partez de notre guide du report d'imposition et le guide complet 150-0 B ter.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) : ne pas confondre

Deux régimes ressemblants, deux logiques opposées. Le report (art. 150-0 B ter) joue quand vous contrôlez la holding qui reçoit l'apport (présomption de contrôle au-delà de 33,33 % des droits de vote, art. III-2°) : la plus-value est calculée et figée au jour de l'apport, puis purgée au décès. Le sursis (art. 150-0 B) joue quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est neutre, aucune plus-value n'est calculée et aucun report n'est à purger au décès. Cet article traite du report — le régime du dirigeant maître de sa holding.
§ 2LA CARTE·2 MIN

La carte des sorties : événement → conséquence

Avant de dérouler chaque scénario, une vue d'ensemble. Identifiez votre situation dans ce tableau : selon l'événement, l'impôt en report tombe, se maintient ou se purge. C'est la boussole de tout ce qui suit — chaque ligne est ensuite détaillée dans sa section dédiée.

Cartographie des événements de fin de report 150-0 B ter et de leur conséquence (source : art. 150-0 B ter I & II ; BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20).
ÉvénementEffet sur le reportImpôt sur la PV en reportFocus
Vous cédez / rachetez / annulez vos titres de holdingExpirationImposable au PFU 31,4 %§3
La holding revend les titres apportés < 3 ans, remploi 70 % respectéReport maintenu0 (différé)§4
La holding revend < 3 ans sans remploi suffisantDéchéance totaleImposable + intérêt de retard§4
La holding revend les titres apportés > 3 ansReport maintenu0 (différé)§4
Décès de l'apporteur (titres détenus)Purge définitive0 € (jamais imposée)§5
Donation des titres + conservation 6 / 11 ans par un donataire contrôlantTransfert puis purge0 au terme§6
Transfert du domicile hors de FranceExit tax (art. 167 bis)Imposable, sursis possible§7
Liquidation / dissolution de la holdingFin du report (en principe)Imposable§8

À retenir

Trois issues, pas plus

  • Imposition : l'événement fait tomber le report, la plus-value figée est taxée au PFU 31,4 % (vente de la holding, remploi manqué, exit tax, liquidation).
  • Maintien : le report continue de courir, aucun impôt (revente au-delà de 3 ans, remploi 70 % respecté).
  • Purge : la plus-value n'est jamais imposée (décès de l'apporteur, donation conservée). C'est la seule vraie « sortie sans impôt ».
§ 3SCÉNARIO 1·1 MIN

Vous cédez vos titres de holding : l'expiration ordinaire

C'est la sortie la plus fréquente, et souvent celle qu'on oublie : la cession à titre onéreux, le rachat, le remboursement ou l'annulation des titres reçus en rémunération de l'apport (art. 150-0 B ter, I-1°), directement ou via une société interposée (I-3°), met fin au report. Le jour où vous revendez votre holding — pour financer un nouveau projet, sortir du cash ou tourner la page —, la plus-value d'apport figée redevient imposable — au titre de l'année de l'événement (art. 150-0 B ter, VI).

Le piège n° 1 : croire que le report a effacé l'impôt

Beaucoup de dirigeants vivent le report comme une victoire définitive, puis l'oublient. Or ce n'est pas une exonération : le jour où vous cédez la holding, l'impôt latent se réveille intégralement, à l'euro près, au PFU de 31,4 %. Vendre ses titres de holding sans avoir provisionné cette imposition, c'est se retrouver face à une facture fiscale que l'on croyait éteinte. Avant toute cession, faites chiffrer le report qui va tomber.

Le report est illimité — tant que vous ne bougez pas

C'est ce qu'on comprend le moins souvent : côté apporteur, le report 150-0 B ter n'a pas de date de péremption. Aucun délai ne le « libère » ni ne l'éteint automatiquement : vous pouvez conserver vos titres de holding 2 ans comme 30 ans sans que l'impôt ne se déclenche. À ne pas confondre avec le délai de 3 ans qui, lui, ne concerne pas votre détention mais la revente des titres apportés par la holding (voir §4). Deux horloges différentes, à ne jamais mélanger.

Le taux et l'assiette applicables à cette expiration sont détaillés au §9 : retenez pour l'instant que la plus-value figée est taxée au PFU de 31,4 %, éventuellement majoré des contributions sur les hauts revenus.

§ 4SCÉNARIO 2·3 MIN

La holding revend l'entreprise : le cap des 3 ans

Deuxième cas de figure : ce n'est plus vous qui vendez, mais la holding qui revend les titres que vous lui avez apportés. Ici, tout dépend du calendrier. Si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans de l'apport (art. 150-0 B ter, I-2°, décompte de date à date), le report tombe sauf engagement de remploi. Au-delà de 3 ans, aucune condition : le report est maintenu et le produit peut être placé librement.

Remploi : le double régime 2026 (le seuil a changé)

Attention, le seuil de remploi a été durci en 2026 — beaucoup de sources affichent encore l'ancienne valeur.
  • Depuis le 21/02/2026 (LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : remployer au moins 70 % du produit de cession, dans 36 mois, actifs conservés 5 ans.
  • Avant le 21/02/2026 (LF 2019, loi n° 2018-1317 du 28/12/2018) : 60 % en 24 mois.
  • Un remploi insuffisant ou hors délai = déchéance totale (pas de prorata) : la plus-value devient imposable au titre de l'année de la cession, majorée de l'intérêt de retard de l'art. 1727 (0,20 %/mois, soit 2,40 %/an).

Cession par la holding au-delà de 3 ans = aucune condition de remploi, report maintenu. C'est la voie la plus confortable, et elle récompense l'anticipation : plus vous apportez tôt, plus vous vous rapprochez de cette fenêtre sans contrainte. Le détail des modalités du remploi (actifs éligibles, quotas des fonds, exclusion des SCPI et de l'immobilier locatif) sort du champ de cet article de cartographie : voyez notre guide dédié sur le remploi de 70 %, ainsi que le délai pour réinvestir et la durée de conservation après remploi.

Hagnéré Patrimoine

Savoir si votre report tient — ou tombe

Un conseiller en gestion de patrimoine identifie votre événement de sortie, vérifie le cap des 3 ans, calcule le remploi de 70 % applicable et chiffre l'impôt en cas d'expiration, avant que vous ne signiez quoi que ce soit.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5SCÉNARIO 3·1 MIN

Le décès de l'apporteur purge tout

C'est là que le 150-0 B ter change de dimension : de simple report d'impôt, il devient un levier de transmission. Le décès de l'apporteur ne figure pas parmi les événements de fin de report (art. 150-0 B ter, I). Résultat : la plus-value en report est définitivement purgée, elle n'est jamais imposée et n'est pas transmise aux héritiers (doctrine BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20). Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès et ne paient que les droits de succession. Ce qui n'était qu'un report devient, au décès, une exonération de fait.

Et surtout : aucune durée minimale de détention n'est exigée. Que le décès survienne 1 an ou 20 ans après l'apport, le résultat est identique. Pour un dirigeant de 55 ans qui a déjà ses revenus assurés et pense d'abord à ses enfants, ce raisonnement de transmission emporte souvent la décision — nous le chiffrons au §10.

L'exception à connaître : l'avantage matrimonial

Une nuance à valider avec votre notaire : si les titres grevés du report sont attribués au conjoint survivant via un avantage matrimonial (clause de préciput, attribution intégrale de la communauté), le report peut subsister sur la tête du conjoint au lieu d'être purgé. C'est un cas particulier, à examiner selon votre régime matrimonial, qui ne doit pas être érigé en règle générale. Le mécanisme complet de la purge au décès est traité dans notre focus dédié au décès et au 150-0 B ter.
§ 6SCÉNARIO 4·2 MIN

La donation transfère puis purge le report

De votre vivant, la donation des titres de holding grevés du report est l'autre voie d'effacement — mais elle obéit à une mécanique en deux temps. Si le donataire contrôle la holding, le report lui est transféré (art. 150-0 B ter, II) : il reprend la plus-value en report sur sa propre déclaration. La donation seule ne purge donc pas ; elle déplace l'impôt latent sur la tête du bénéficiaire.

La purge définitive n'intervient que si le donataire conserve les titres suffisamment longtemps : 6 ans (remploi direct) ou 11 ans (lorsque le report résulte d'un remploi via des fonds), pour les donations liées à des cessions réalisées à compter du 21/02/2026 — contre 5 et 10 ans auparavant (durcissement LF 2026). Une sortie avant ce délai rend la plus-value imposable au nom du donataire. Certains événements frappant le donataire (décès, invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, licenciement) entraînent toutefois la purge par anticipation (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-30).

Note de méthode : le remploi via des fonds allonge — et immobilise

Si votre report provient d'un remploi réalisé via des fonds (FCPR, FPCI, SLP), la durée de conservation exigée du donataire passe de 6 à 11 ans. Or ces fonds de private equity sont par nature illiquides (blocage courant de 8 à 10 ans) et comportent un risque de perte en capital — les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le calendrier de la transmission doit donc être pensé en même temps que celui du fonds : deux horizons longs qui se superposent et qu'il faut arbitrer avec un conseil.

Donation + Pacte Dutreil : un cumul possible

Pour transmettre la holding à des enfants, une articulation avec le Pacte Dutreil (art. 787 B, exonération de 75 % des droits de mutation) est envisageable si la holding est animatrice de son groupe. C'est un cumul puissant mais exigeant, détaillé dans notre focus sur la donation de titres en report.
§ 7SCÉNARIO 5·2 MIN

Partir à l'étranger déclenche l'exit tax

Le transfert du domicile fiscal hors de France est expressément visé comme événement de fin de report (art. 150-0 B ter, I-4°) et entre dans le champ de l'exit tax (art. 167 bis CGI) : les plus-values placées en report 150-0 B ter deviennent imposables au jour du transfert. Prenons un dirigeant qui déménage à Lisbonne le 1ᵉʳ mars : ce jour-là, il déclenche l'imposition d'une plus-value de 900 000 € qu'il n'avait jamais eu à sortir tant qu'il résidait en France.

Le sursis de paiement change tout : l'impôt est calculé au départ, mais son règlement est suspendu — vous ne décaissez rien en franchissant la frontière. Il est automatique et sans garantie pour un départ vers l'Union européenne ou l'EEE (assistance administrative), mais exige en principe des garanties vers un État tiers. La déclaration se fait sur le formulaire 2074-ET. Le réflexe qui évite les mauvaises surprises : faire calculer le montant exact de l'exit tax six mois avant le déménagement, pas une fois installé. La mécanique fine (calcul, dégrèvement au retour, conventions) est traitée dans notre focus apport-cession et exit tax ; pour un patrimoine international, voyez aussi notre guide holding et exit tax des grands patrimoines.

Le sursis n'est pas un oubli : gardez la discipline déclarative

Attention au faux sentiment de sécurité : le sursis ne raye pas l'impôt, il l'ajourne. Tant qu'il court, un état de suivi doit être déposé chaque année, et certains événements survenus à l'étranger — au premier rang desquels la cession des titres — peuvent le rendre immédiatement exigible. À l'inverse, conserver ses titres assez longtemps ou revenir en France ouvre droit, sous conditions, à un dégrèvement. Le cas d'un dirigeant déjà installé hors de France est traité dans notre guide apport-cession pour expatrié.
§ 8SCÉNARIO 6·2 MIN

Dissoudre ou liquider la holding : l'angle mort

Sixième sortie, celle que même les praticiens balisent mal : dissoudre sa holding en croyant clore un chapitre, et rallumer l'impôt d'apport sans l'avoir vu venir. Lorsque la holding est dissoute puis liquidée, les titres reçus en rémunération de l'apport sont annulés. Or l'annulation de ces titres est justement l'un des faits qui, en principe, met fin au report (rattachement à l'art. 150-0 B ter, I). La plus-value figée redevient alors imposable.

Le piège de la liquidation

Ce scénario appelle une réelle prudence : selon les modalités, une dissolution-liquidation sans aucun boni pourrait permettre un maintien, tandis qu'à défaut un remploi du produit resterait exigé. Certaines analyses relèvent en outre que l'expiration pourrait jouer même si la dissolution est ensuite annulée, et que la perte éventuellement constatée à l'annulation ne serait pas imputable sur la plus-value dont le report expire. Ces points restent techniques et doivent être confirmés à la source (Légifrance, BOFiP) avec un conseil avant toute opération. En cas de contrôle, cette zone grise rejoint la question plus large de la remise en cause du 150-0 B ter par l'administration.
§ 9TAUX & ASSIETTE·2 MIN

Combien, à quel taux : l'assiette figée et le PFU 2026

Quand le report tombe, l'impôt frappe une base intangible : la plus-value d'apport figée au jour de l'apport (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60). Cette assiette ne bouge plus, quelle que soit l'évolution ultérieure de la valeur des titres. Le régime d'imposition est lui aussi figé à l'année de l'apport : pour les apports réalisés depuis le 1ᵉʳ janvier 2018, c'est le prélèvement forfaitaire unique qui s'applique. En 2026, le PFU s'établit à 31,4 %.

Le PFU 2026 sur la plus-value en report

Impôt = Plus-value figée × 31,4 %

31,4 % = 12,8 % (IR, art. 200 A) + 18,6 % (prélèvements sociaux, LFSS 2026)

Les prélèvements sociaux sur plus-value mobilière sont à 18,6 % en 2026 (CSG du capital portée à 10,6 %) — et non 17,2 %, taux réservé à l'assurance-vie, la capitalisation et les revenus fonciers.

Ce qui est figé, ce qui suit la sortie

Là où les contribuables se trompent le plus souvent : confondre ce qui reste gelé et ce qui bouge avec l'année de sortie.
  • Figé à l'année de l'apport : l'assiette (le montant de la plus-value) et le régime d'imposition (PFU depuis 2018).
  • Suit la sortie : les prélèvements sociaux au taux en vigueur l'année de l'événement (18,6 % en 2026), plus l'intérêt de retard en cas de déchéance.

Pour les hauts revenus, deux surcouches peuvent s'ajouter l'année de l'expiration : la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 % ou 4 % selon le RFR, art. 223 sexies) et la CDHR (contribution différentielle, imposition plancher de 20 % du revenu fiscal de référence, art. 224). Ces contributions et leur reconduction en 2026 sont détaillées dans notre guide de la loi de finances 2026.

Récapitulatif des taux applicables à la plus-value en report qui redevient imposable en 2026.
Ligne d'impositionTauxBase légale
Impôt sur le revenu (PFU)12,8 %Art. 200 A CGI
Prélèvements sociaux (2026)18,6 %LFSS 2026 (CSG 10,6 %)
PFU total31,4 %Sur l'assiette figée à l'apport
CEHR (hauts revenus)3 % ou 4 %Art. 223 sexies CGI
CDHR (plancher éventuel)20 % du RFRArt. 224 CGI
Intérêt de retard (déchéance remploi)0,20 %/mois (2,40 %/an)Art. 1727 CGI
§ 10CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffré : payer à l'expiration ou purger au décès

Trois dirigeants, la même plus-value figée, trois destins fiscaux opposés : Marc paie, Sophie ne paie rien, Paul obtient un sursis. Pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value en report est proche de l'assiette figée et retiennent un PFU de 31,4 %, hors CEHR et CDHR. Ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas une simulation personnalisée.

Cas 1 · Dirigeant cédant · PV en report 2 000 000 €

Marc — l'expiration ordinaire : 628 000 € réactivés

Marc a apporté les titres de sa société à sa holding IS (contrôlée à 100 %). Plus-value d'apport figée à 2 000 000 €. Cinq ans plus tard, il vend ses titres de holding pour financer un nouveau projet → expiration du report.

IR : 2 000 000 × 12,8 % = 256 000 €
PS : 2 000 000 × 18,6 % = 372 000 €
Total PFU : 2 000 000 × 31,4 % = 628 000 €

La sortie « cash » réactive intégralement l'impôt latent : 628 000 € dus au titre de l'année de la vente (hors CEHR / CDHR éventuelles).

Cas 2 · Transmission familiale · PV en report 2 000 000 €

Sophie — la purge au décès : 0 €

Même plus-value figée de 2 000 000 €. Sophie conserve ses titres de holding jusqu'à son décès et les transmet à ses enfants.

Impôt sur la plus-value en report : 0 €. Le décès purge définitivement la plus-value, qui n'est jamais imposée et n'est pas reprise par les héritiers. Seuls les droits de succession sur la valeur des titres au jour du décès sont dus.

Économie vs expiration = 628 000 € (et CEHR / CDHR évitées). Le report est ici transformé en effacement.

Cas 3 · Expatriation · PV en report 900 000 €

Paul — le départ à l'étranger : impôt en sursis

Paul (plus-value figée 900 000 €) envisage de s'installer au Portugal (UE). Le transfert de domicile déclenche l'exit tax (167 bis) sur la plus-value en report.

Impôt théorique : 900 000 × 31,4 % = 282 600 €. Mais le départ vers l'UE ouvre un sursis de paiement automatique et sans garantie → le paiement est suspendu, avec dégrèvement possible en cas de retour ou de conservation. Un départ hors UE exigerait, lui, des garanties.

À anticiper impérativement : faire chiffrer l'exit tax avant tout projet d'expatriation.

Le même impôt latent : réactivé à l'expiration, effacé au décès, suspendu en cas de départ vers l'UE.
ScénarioAssiette figéeTauxImpôt sur la PV en report
Expiration (vente de la holding)2 000 000 €31,4 %628 000 €
Purge au décès2 000 000 €—0 €
Exit tax UE (en sursis)900 000 €31,4 %282 600 € (suspendus)

Note de méthode

Cet article expose le régime, il ne conseille pas d'attendre le décès

Le report n'est pas une exonération, et rien de ce qui précède ne constitue une invitation à « attendre le décès » pour ne pas payer. Chaque situation s'arbitre entre objectifs de vie, besoin de liquidités, transmission et risque — avec un conseil. Ces chiffres sont des ordres de grandeur, non une simulation.
§ 11LE SUIVI·1 MIN

Le réflexe déclaratif : 2074-I et case 8UT

Un report se perd aussi par négligence. Il court pendant des années et impose un suivi déclaratif rigoureux : oublier la case 8UT peut allonger le délai de reprise de l'administration et fragiliser tout le montage.

Vos déclarations, année par année

  • L'année de l'apport : la plus-value est calculée, figée et déclarée sur le formulaire 2074-I.
  • Chaque année tant que le report court : vous reportez le montant total des plus-values en report en case 8UT de la déclaration 2042.
  • À la survenance d'un événement de sortie : la plus-value est déclarée et imposée au titre de l'année de l'événement (art. 150-0 B ter, VI) ; l'exit tax se déclare sur le 2074-ET.

Le détail des formulaires et du calendrier de la campagne se trouve dans notre guide déclarer ses plus-values en 2026.

§ 12NE PAS CONFONDRE·2 MIN

Report, sursis et exonérations : trois choses différentes

Dernière mise au point, parce que c'est l'erreur d'aiguillage la plus coûteuse : le report diffère l'impôt, l'exonération l'efface. Confondre les deux fait prendre de mauvaises décisions — par exemple placer en report une cession qui aurait été totalement exonérée, et bloquer inutilement le cash dans une holding.

150-0 B ter — REPORT (le sujet)

Apport à une holding IS contrôlée par l'apporteur. L'impôt est différé, figé à l'apport, purgé au décès ou par une donation conservée. Ce n'est pas une exonération : à l'expiration, le PFU de 31,4 % s'applique.

150-0 B — SURSIS

Apport à une société NON contrôlée par l'apporteur. Opération neutre, aucune plus-value calculée — mais pas de purge au décès dans les mêmes conditions. À ne pas confondre avec le report.

Le report diffère, l'exonération efface : ne pas placer en report une cession déjà exonérée.
RégimeNatureEffet
150-0 B terReport d'impositionImpôt DIFFÉRÉ, purgé au décès / donation conservée
150-0 BSursis d'impositionNeutralité, holding non contrôlée, aucune plus-value figée en report
238 quindeciesExonération (cession de PME)Impôt EFFACÉ, totale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €
150-0 D terAbattement dirigeant-retraite500 000 € sur l'IR (PS 18,6 % dus), prorogé au 31/12/2031
787 B (Dutreil)Exonération de transmission75 % des droits de mutation à titre gratuit

Pour un dirigeant partant en retraite, le report peut être un piège

Si l'abattement de 500 000 € du 150-0 D ter réduit déjà fortement votre IR à la cession (les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus), le report n'apporte rien et bloque le cash dans la holding. Le 150-0 B ter est l'outil du réinvestisseur et du transmetteur, pas de celui qui veut encaisser. Le cas particulier du libéral en SEL / SPFPL, où cet arbitrage se pose finement, est traité dans notre guide apport-cession en profession libérale. Pour la structuration en amont, voyez la holding patrimoniale à l'IS et les conditions d'application du report.
ACCOMPAGNEMENT

Piloter la sortie de votre report avec un conseiller en gestion de patrimoine

Conseil en gestion de patrimoine : cartographie des événements de fin de report, calcul de l'impôt (PFU 31,4 %, CEHR, CDHR), arbitrage entre expiration et purge au décès, anticipation de la donation, de l'exit tax et des obligations déclaratives. Une vision globale et chiffrée, de l'apport à la transmission.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Modélisation de la sortie sous lettre de mission
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Préparer la sortie de votre report avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Nous ne vendons aucun fonds sous notre marque. Le cabinet fournit un conseil non indépendant : il peut percevoir des commissions des sociétés dont il présente les produits ; leur montant ou leur mode de calcul vous est communiqué avant le conseil (RG AMF, art. 325-16). On identifie d'abord quel événement va faire tomber votre report, on chiffre l'impôt si vous vendez, on le compare à ce que coûterait (ou pas) une transmission, et on verrouille vos déclarations 2074-I et 8UT.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — le report et sa sortie

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III-2°, fin du report I-1° à I-4°, donation II, déclaration VI). Art. 150-0 B CGI (sursis en l'absence de contrôle, sans purge au décès). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 %). Art. 167 bis CGI (exit tax). Art. 1727 CGI (intérêt de retard 0,20 %/mois).

  • Fiscalité 2026

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : remploi 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans, donation 6/11 ans pour les cessions ≥ 21/02/2026). LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : seuil de remploi porté à 60 %).

  • Hauts revenus

    Art. 223 sexies CGI (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 % / 4 %). Art. 224 CGI (contribution différentielle sur les hauts revenus, plancher 20 % du RFR, créée par la LF 2025, loi n° 2025-127 du 14/02/2025). Art. 1417, IV CGI (revenu fiscal de référence).

  • Alternatives et abus de droit

    Art. 238 quindecies CGI (exonération de cession de PME). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant en retraite, prorogé au 31/12/2031). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus de droit).

  • Doctrine et jurisprudence

    BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 (événements de fin de report, remploi), -30 (transmission à titre gratuit), BOI-RPPM-PVBMI-50 (exit tax). CE 08/10/2010 n° 313139 (Bauchart) et n° 301934 (Bazire), CE 22/09/2017 n° 412408 (matrice du réinvestissement économique et abus de droit).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité du 150-0 B ter est technique et évolutive : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a durci le régime de remploi et allongé les durées de conservation pour les cessions réalisées à compter du 21/02/2026. Les scénarios de liquidation de la holding et d'articulation avec l'exit tax doivent être vérifiés au cas par cas à la source (Légifrance, BOFiP) avec votre conseil. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques (plus-value supposée proche de l'assiette figée), non une simulation personnalisée. Chaque sortie doit être arbitrée avec un avocat fiscaliste, un CGP et un expert-comptable.

Foire aux questions

Tout sur la sortie du report 150-0 B ter expiration, purge au décès, donation, exit tax, taux et déclarations.

Les questions qu'on nous pose le plus quand un dirigeant approche de la sortie : quand la plus-value redevient imposable, ce que change la vente de la holding, la purge au décès, la donation, l'exit tax, la liquidation, le taux 2026 et le suivi déclaratif. Réponses sourcées et à jour 2026.