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Guide apport-cession 202615 minMis à jour 9 juillet 20263 cas chiffrés

Durée de conservation après un réinvestissement 150-0 B ter : 12 mois ou 5 ans ?

Votre holding a réinvesti le produit de la cession — et maintenant, combien de temps faut-il garder ce réinvestissement pour ne pas perdre le report ? Sans report, près d'un tiers de votre plus-value part en impôt dès l'année de cession : 31,4 %, plus CEHR et CDHR ; avec lui, c'est 100 % du produit qui repart travailler. La contrepartie tient en une durée qui dépend de la voie de remploi : 12 mois pour un réinvestissement direct, 5 ans pour un fonds (FCPR, FPCI). Revendre trop tôt, c'est réveiller une plus-value taxée à 31,4 %. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

CONSERVATION 150-0 B ter 2026

Sécuriser la durée de conservation de votre remploi et éviter la déchéance du report

Audit de conservation : durée applicable (12 mois en direct, 5 ans via un fonds), point de départ des délais, échéancier par actif de remploi, coût d'une revente anticipée et articulation avec la durée du report. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Voie de remploi et durée applicable vérifiées
  • Point de départ des délais fixé par actif
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

Sur lettre de mission signée

  • Coût d'une déchéance chiffré à l'euro

CONSERVATION — REMPLOI DIRECT

12 mois

CONSERVATION — VIA UN FONDS

5 ans

POINT DE DÉPART (DIRECT)

Inscription à l'actif

REVENTE AVANT TERME

Déchéance

COÛT SI DÉCHÉANCE

31,4 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LA RÉPONSE·3 MIN

12 mois ou 5 ans ? La durée qui dépend de votre voie de remploi

L'essentiel en 30 secondes

  • Conservation du réinvestissement direct (activité, contrôle, souscription au capital) = 12 mois minimum.
  • Conservation d'un réinvestissement via un fonds (FCPR, FPCI, SCR, SLP) = 5 ans.
  • Point de départ : inscription à l'actif (direct) ou souscription des parts (fonds).
  • Revendre avant le terme = déchéance du report : la plus-value d'apport redevient imposable à 31,4 %, plus intérêts de retard.

Parlons argent tout de suite. Vendre sa société, c'est souvent la plus grosse opération financière d'une vie — et sans montage, le fisc en prélève près d'un tiers dès l'année de cession : 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique, plus la CEHR et, pour les plus hauts revenus, la CDHR. L'apport-cession du 150-0 B ter inverse la logique : la plus-value est mise en report et c'est l'intégralité du produit de cession qui reste investie, l'impôt en sommeil. Ce sursis a un prix, une seule discipline : garder le réinvestissement assez longtemps. Revendez-le trop tôt, et l'impôt que vous pensiez avoir différé se réveille intégralement, majoré d'intérêts de retard. Toute la question de ce guide tient là : combien de temps, exactement, faut-il conserver ?

Reprenons le fil là où les autres guides vous laissent. Vous avez apporté vos titres à votre holding, elle a cédé, elle a réinvesti au moins 60 % du produit dans un actif éligible — et c'est cette condition, la plus souvent négligée, qui déclenche tout le reste. La condition de conservation ne naît que si un remploi est exigé, c'est-à-dire si la holding a cédé les titres moins de 3 ans après l'apport (au-delà, aucune obligation — voir notre guide sur le délai de réinvestissement).

Conserver le remploi sécurise le report sans l'éteindre — ça, c'est acquis. La vraie question, celle qui fait toute la différence, c'est combien de temps : et la réponse ne dépend pas d'une date, mais de la manière dont la holding a réinvesti. Réinvestissement direct : 12 mois. Réinvestissement via un fonds de capital-investissement : 5 ans. Deux voies, deux durées — c'est tout le sujet.

Le report n'est pas une exonération

Rappel qui conditionne toute la suite : le 150-0 B ter diffère l'impôt, il ne l'efface pas. La plus-value d'apport est calculée et figée à l'apport, puis mise en report. Elle ne disparaît définitivement qu'au décès de l'apporteur ou par une donation qualifiée. La conservation du remploi n'est donc pas une case à cocher pour « gagner » l'exonération : c'est la condition pour ne pas déclencher prématurément un impôt qui, sinon, dort.

Exemple chiffré : ce que le report met à l'abri

Prenons une plus-value d'apport de 3 000 000 € logée dans la holding. La déclencher aujourd'hui coûterait 31,4 % de PFU, soit 942 000 € (avant CEHR et CDHR) — de la trésorerie qui ne travaillera jamais. Le report la laisse dormir : la totalité du produit de cession reste investie et compose pour vous. La seule condition pour que ce sursis tienne dans le temps : conserver le réinvestissement jusqu'à son terme. C'est précisément la durée que nous datons ci-dessous.
Durées de conservation par voie de remploi. Sources : art. 150-0 B ter, I-2° CGI et BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, § 90.
Voie de remploi (art. 150-0 B ter, I-2°)Durée de conservationPoint de départ
Direct — financement d'une activité opérationnelle (a)12 mois minimumInscription à l'actif
Direct — prise de contrôle d'une société opérationnelle (b)12 mois minimumInscription à l'actif
Direct — souscription en numéraire au capital (c)12 mois minimumInscription à l'actif
Via un fonds — FCPR / FPCI / SCR / SLP (d)5 ansSouscription des parts

Un mot de cadrage, parce que c'est là que naissent la plupart des confusions : cet article traite uniquement la durée de conservation. Le seuil de remploi (60 %) est détaillé dans notre guide sur le réinvestissement de 60 % ; le délai pour réinvestir (24 mois) dans celui sur le délai de réinvestissement ; la liste des actifs éligibles dans le guide actifs éligibles au remploi. Ici, une seule question : combien de temps garder, et ce qui arrive si on revend trop tôt.

§ 2LE PIÈGE DU CALENDRIER·3 MIN

Les trois (voire quatre) horloges à ne jamais confondre

L'erreur numéro un sur ce sujet, ce n'est pas de se tromper de chiffre : c'est de confondre des délais qui n'ont rien à voir. Un apport-cession, c'est plusieurs horloges qui tournent en parallèle, chacune avec son point de départ et sa conséquence. Prenons-les une par une.

Quatre délais distincts. La conservation du remploi (ligne 3) est l'objet de ce guide ; ne la confondez ni avec le délai pour réinvestir, ni avec la durée du report.
HorlogeCe qu'elle mesurePoint de départOù c'est traité
Fenêtre de 3 ansDéclenche (ou non) l'obligation de remploiDate de l'apportDélai de réinvestissement
Délai de remploiTemps pour réinvestir : 24 moisCession par la holdingDélai de réinvestissement
Conservation du remploiDétention de l'actif : 12 mois (direct) / 5 ans (fonds)Inscription à l'actif / souscriptionCet article
Durée du reportTant que l'apporteur garde ses titres de holdingL'apportReport / Sortie

Le message-clé : conserver ne met pas fin au report, cela le sécurise

On croit souvent qu'« au bout du délai, c'est fini ». Faux. Respecter la conservation du remploi ne clôt pas le report : cela le rend définitivement acquis vis-à-vis de la condition de remploi, mais le report continue de courir tant que vous gardez vos titres de holding. Il ne s'achève qu'à la sortie, se purge au décès ou par une donation. Et attention à une dernière horloge, distincte : la conservation exigée du donataire (5 ou 10 ans) après une donation — voir le §8. Pour la mécanique d'ensemble, appuyez-vous sur notre guide comment fonctionne le report d'imposition.
Hagnéré Patrimoine

Faire le tri dans vos échéances 150-0 B ter

Un conseiller en gestion de patrimoine remet vos dates à plat : fenêtre de 3 ans, délai de remploi, conservation par actif et durée du report. Vous savez enfin quelle horloge court, jusqu'à quand, et ce qui la fait tomber.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3QUAND DÉMARRENT LES DÉLAIS·2 MIN

Le point de départ : à partir de quand comptent les 12 mois / 5 ans

On sait combien de temps conserver ; encore faut-il savoir à partir de quand le compteur tourne. C'est un angle mort fréquent, et un décalage de quelques mois peut déplacer la fin de votre période de conservation. Le point de départ n'est pas le même selon la voie de remploi.

Mémo express

Deux points de départ bien distincts

  • Remploi direct (voies a, b, c) : la conservation de 12 mois se décompte depuis la date d'inscription des biens ou des titres à l'actif de la société (la holding). C'est l'écriture comptable qui fait foi, pas la décision d'investir.
  • Remploi via un fonds (voie d) : la conservation des parts, de 5 ans, se décompte depuis la date de souscription des parts par la société cédante.

Conséquence pratique : datez chaque écriture au cordeau

Entre la décision d'investir, le versement des fonds et l'inscription comptable, il peut s'écouler des semaines. Or c'est la date d'inscription à l'actif (ou de souscription) qui commande la fin de la conservation. En pratique, faites dater précisément chaque écriture par votre expert-comptable et tenez un échéancier actif par actif. Un actif de remploi direct inscrit en septembre 2026 se conserve au moins jusqu'en septembre 2027 ; des parts de fonds souscrites en septembre 2026 se conservent jusqu'en septembre 2031 — dans les deux cas depuis l'écriture, pas depuis la date de cession ni celle de la décision d'investir.

À ne pas confondre, enfin, avec le point de départ du délai de remploi lui-même : celui-ci court à compter de la cession des titres par la holding, pas de l'inscription à l'actif. Deux compteurs, deux départs — le détail du délai de remploi est dans notre guide dédié au délai de réinvestissement.

§ 4REMPLOI DIRECT (a, b, c)·3 MIN

Conservation du remploi direct : 12 mois minimum

Trois des quatre voies de remploi sont « directes » : financer une activité opérationnelle (a), acquérir le contrôle d'une société opérationnelle (b), ou souscrire en numéraire au capital de sociétés éligibles (c). Le détail de leur éligibilité relève de notre guide sur les actifs éligibles au remploi ; ce qui nous occupe ici, c'est la durée pendant laquelle il faut garder l'actif ainsi acquis.

Pour ces trois voies, l'actif de remploi doit être conservé au moins 12 mois (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, § 90), décomptés depuis la date d'inscription des biens ou titres à l'actif de la société. C'est la durée la plus courte du dispositif — mais aussi la plus mal comprise, car « 12 mois » ne veut pas dire « libre au 366ᵉ jour sans risque ».

12 mois : un plancher légal, pas un blanc-seing

Les 12 mois sont un minimum, pas une invitation à revendre au bout d'un an. L'actif de remploi doit surtout correspondre à un réinvestissement économique réel et durable : une revente précipitée juste après le délai peut nourrir un débat sur la réalité économique du remploi et l'abus de droit. La sécurité tient donc autant à la durée qu'à la substance de l'investissement — ce volet est traité dans notre guide sur la remise en cause du report.

Direct ≠ fonds : 12 mois d'un côté, 5 ans de l'autre

Retenez la ligne de partage : 12 mois pour un remploi direct, 5 ans pour un remploi réalisé via des parts de fonds. C'est la différence de durée la plus structurante du dispositif — et la source d'erreur la plus fréquente quand on mélange les deux voies dans une même opération. Le régime des fonds fait l'objet du §5 ci-dessous.
§ 5REMPLOI VIA FONDS (d)·3 MIN

Conservation via un fonds (FCPR, FPCI, SCR, SLP) : 5 ans

La quatrième voie de remploi consiste à souscrire des parts de fonds de capital-investissement éligibles — FCPR, FPCI, SCR ou SLP (art. 163 quinquies B CGI). Pour cette voie, la durée de conservation est plus longue : les parts doivent être conservées 5 ans depuis la date de leur souscription par la société cédante. Cinq fois la durée du remploi direct — un engagement bien plus lourd, à intégrer avant de choisir la voie « fonds ».

Deux délais du côté des fonds, deux compteurs séparés

Il y a ici deux compteurs distincts, et on les confond souvent. D'un côté, votre obligation de conserver les parts : 5 ans depuis la souscription. De l'autre, l'obligation propre au fonds d'atteindre son quota d'investissement (de l'ordre de 75 % de son actif dans des sociétés éligibles) dans le délai qui lui est imparti par la loi. L'engagement de souscription doit être signé dans le délai de remploi, mais la libération des appels de fonds peut ensuite s'étaler. Le pourcentage exact du quota et son calendrier sont développés, à jour, dans notre guide sur les FCPR éligibles au 150-0 B ter.

Private equity : illiquidité et risque de perte en capital

Une mise au point déontologique s'impose : la conservation fiscale de 5 ans n'est qu'un plancher. Un FCPR ou un FPCI a une durée de vie de l'ordre de 8 à 10 ans, souvent bien supérieure à la seule contrainte fiscale, avec une courbe de rendement en « J » et un risque de perte en capital. En clair : même une fois les 5 ans fiscaux écoulés, vos parts peuvent rester illiquides. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour comprendre cette classe d'actifs, voyez notre guide sur le private equity, un placement illiquide et risqué.
§ 6VENDRE TROP TÔT·3 MIN

Que se passe-t-il si la holding revend le remploi avant le terme ?

C'est la question que pose tout dirigeant en rendez-vous : et si j'ai besoin de revendre avant le terme ? Si la holding revend l'actif de remploi avant la fin de la conservation, c'est la déchéance du report. Pas de proratisation, pas de demi-mesure : le mécanisme est binaire, tout ou rien.

Mémo express

Ce que déclenche une revente anticipée

  • Fin du report « au titre de l'année au cours de laquelle » la condition de conservation cesse d'être respectée (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, § 270).
  • La plus-value d'apport figée — celle calculée le jour de l'apport, parfois plusieurs années plus tôt — redevient imposable cette année-là, au PFU de 31,4 %.
  • Des intérêts de retard de 0,2 % par mois (art. 1727 CGI) s'ajoutent, décomptés depuis l'année de l'apport : la conservation étant une condition résolutoire, l'impôt est réputé dû rétroactivement, d'où ces intérêts courus depuis l'origine.

La rétroactivité économique : un impôt sur une plus-value ancienne

Le piège psychologique est là : vous pouvez devoir un impôt sur une plus-value « gelée » plusieurs années auparavant, majorée d'intérêts courus depuis l'apport. Une revente de l'actif de remploi avant terme ne « coûte » donc pas seulement l'impôt : elle le fait supporter avec les intérêts accumulés depuis le début de l'opération. C'est pourquoi tout arbitrage de l'actif de remploi avant le terme doit être chiffré avant d'être décidé (voir §9).

Le volet redressement et abus de droit — quand l'administration conteste non pas la conservation mais la réalité économique du remploi — est traité à part dans notre guide sur la remise en cause du report par l'administration.

§ 7CE QUI NE VOUS SAUVE PAS·2 MIN

Les exceptions : ce qui ne sauve pas, ce que la doctrine tolère

Aucune exception personnelle ne sauve la conservation du remploi

Beaucoup de dirigeants raisonnent par analogie avec le Dutreil ou l'abattement retraite, où un décès ou une invalidité « libère » l'engagement. Ici, non : aucun événement personnel — décès, invalidité, licenciement — ne permet de céder l'actif de remploi avant le terme sans déclencher la déchéance. Si la holding de Marc revend la PME de remploi parce qu'il tombe gravement malade en année 1, le report tombe quand même. Ces exceptions de sauvegarde existent bien dans d'autres dispositifs (l'abattement dirigeant du 150-0 D ter, ou le régime du donataire après donation), mais elles ne sont pas transposables à la conservation du remploi.

La seule tolérance formalisée par la doctrine (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, § 250) est étroite, et elle vise un autre actif que le remploi : le maintien du report en cas de dissolution ou liquidation judiciaire sans boni de la société dont les titres ont été apportés (pas l'actif de remploi). Ce n'est donc pas une clause de sauvegarde qui vous autoriserait à revendre l'actif de remploi. Concrètement : si c'est la société cédée par Marc (celle dont il a apporté les titres) qui part en liquidation judiciaire sans boni, le report tient ; si c'est la PME rachetée en remploi qu'on revend, il tombe. Deux sociétés distinctes, deux sorts opposés.

Le « remploi en cascade » : à vérifier, pas à présumer

Une question revient souvent : peut-on revendre un actif de remploi puis réinvestir immédiatement le produit dans un autre actif éligible, sans perdre le report (« remploi en cascade ») ? Cette possibilité n'est pas confirmée en l'état à la source pour la période de conservation. Ne la présumez pas : faites-la valider au cas par cas par un conseil avant tout arbitrage, car une lecture erronée déclencherait la déchéance.
§ 8CONSERVATION ≠ REPORT·2 MIN

Conservation du remploi ≠ durée du report (ni conservation du donataire)

C'est la confusion qui nous fait perdre le plus de temps en rendez-vous : croire qu'au bout du délai de conservation, « le report est fini ». Il ne l'est pas. Une fois la conservation du remploi acquise (12 mois ou 5 ans selon la voie), le report ne s'arrête pas : il subsiste tant que l'apporteur conserve ses titres de holding. Il s'éteint à la sortie (cession des titres de holding), se purge au décès, ou par une donation qualifiée. La conservation du remploi n'est qu'une condition de maintien du report, pas sa durée de vie.

Conservation du REMPLOI (cet article)

Porte sur l'actif de remploi détenu DANS la holding. Durée : 12 mois pour un remploi direct, 5 ans pour un remploi via un fonds. Point de départ : inscription à l'actif ou souscription des parts. Sa violation = déchéance du report.

Conservation par le DONATAIRE (autre sujet)

Porte sur les TITRES DE HOLDING reçus par donation. Durée : 5 ans, portée à 10 ans lorsque le report provient d'un remploi via un fonds (art. 150-0 B ter, II). Sa condition remplie = purge définitive de la plus-value chez le donataire. À ne pas confondre avec la conservation du remploi.

Ces trois notions — conservation du remploi, durée du report, conservation du donataire — vivent chacune dans un guide dédié : la fin du report à la sortie du 150-0 B ter, la purge au décès de l'apporteur, et les délais du donataire dans notre guide sur la donation des titres en report.

§ 9LE COÛT FISCAL·2 MIN

Combien coûte une conservation non respectée en 2026

Reprenons Marc, le dirigeant de nos trois cas chiffrés, et ses 2 400 000 € de plus-value en report. S'il revend son remploi trop tôt, voici l'addition exacte. En cas de déchéance, la plus-value d'apport en report est imposée au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % — soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG du capital ayant été portée à 10,6 % par la LFSS 2026). L'option pour le barème progressif reste possible. Attention à ne pas retenir le taux de 17,2 % : il s'applique à d'autres revenus (assurance-vie, revenus fonciers), pas à la plus-value mobilière en 2026.

Coût d'une conservation non respectée (déchéance)

Coût ≈ PV en report × 31,4 %  (+ CEHR / CDHR éventuelles)  + intérêts de retard 0,2 %/mois
  • PV en report :plus-value d'apport figée le jour de l'apport (ex. 2 400 000 €)
  • PFU :31,4 % = 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux
  • CEHR :contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 % ou 4 % (art. 223 sexies)
  • CDHR :contribution différentielle, imposition minimale de 20 % du RFR (art. 224)
  • Intérêts de retard :0,2 % par mois (art. 1727 CGI), décomptés depuis l'année de l'apport

Exemple : sur 2 400 000 € de plus-value en report, le seul PFU représente 753 600 €, avant CEHR / CDHR et intérêts de retard.

À cela s'ajoutent, pour les hauts revenus, la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 % ou 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de RFR) et, le cas échéant, la CDHR (contribution différentielle assurant une imposition minimale de 20 %). L'année d'une déchéance, le revenu fiscal de référence gonfle mécaniquement, ce qui peut activer ces contributions. Le volet contentieux et les majorations (40 % / 80 %) en cas d'abus de droit sont traités dans notre guide sur la remise en cause du report.

§ 10SÉCURISER LA CONSERVATION·2 MIN

Le playbook : sécuriser la durée de conservation

En pratique, un tableur d'échéances partagé avec l'expert-comptable et cinq points de contrôle suffisent. C'est ce qu'on cale dès le premier rendez-vous qui suit la cession.

Mémo express

Les 5 étapes pour sécuriser la conservation

  • Identifier la voie de remploi et le point de départ : direct (12 mois, depuis l'inscription à l'actif) ou via un fonds (5 ans, depuis la souscription des parts). C'est la voie de remploi qui fixe la durée, pas une date.
  • Tenir un échéancier de conservation par actif : chaque actif de remploi a sa propre date de fin de conservation ; consignez-les une par une avec votre expert-comptable.
  • Ne pas revendre avant le terme sans arbitrage fiscal : toute cession anticipée de l'actif de remploi doit être précédée d'un chiffrage du coût de déchéance.
  • Privilégier l'apport anticipé : apporter les titres plus de 3 ans avant la cession supprime toute obligation de remploi et de conservation — la voie la plus confortable.
  • Provisionner le coût de déchéance en cas d'arbitrage inévitable : mieux vaut décider en connaissant l'addition (PFU 31,4 %, CEHR / CDHR, intérêts) que la subir.

Le meilleur rempart reste l'anticipation

À retenir : le dirigeant qui apporte ses titres plus de 3 ans avant de vendre n'a ni remploi ni conservation à piloter. Celui qui s'y prend six mois avant la cession hérite, lui, d'un suivi de conservation actif par actif. Quand ce calendrier n'est pas possible, la rigueur de suivi (échéancier daté, provision du risque) devient la meilleure protection contre une déchéance par inadvertance.
§ 11TROIS CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois cas chiffrés : conservation tenue, rompue, ou purgée

Trois profils qu'on croise vraiment : Marc, dirigeant qui réinvestit en direct ; Sophie, cédante qui passe par un FCPR ; la famille Besson, qui vise la transmission. Précision de méthode avant de lire : les cas supposent, pour rester lisibles, que la plus-value d'apport est proche du prix et retiennent un PFU de 31,4 % sur la plus-value mobilière 2026. Ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas des simulations personnalisées.

Cas A · Dirigeant cédant · remploi direct · conservation 12 mois · PV apport 2 400 000 €

Marc — report tenu, ou déchéance à 753 600 € s'il revend avant 12 mois

Marc a apporté en 2024 les titres de sa société à sa holding IS contrôlée : plus-value d'apport figée de 2 400 000 €, placée en report. La holding cède les titres en juin 2026 (moins de 3 ans après l'apport, donc remploi obligatoire). Produit de 3 000 000 € → remploi de 60 % = 1 800 000 € par prise de contrôle d'une PME (voie b), inscrit à l'actif en septembre 2026 → conservation directe exigée au moins 12 mois, jusqu'en septembre 2027.

Scénario 1 (conservation tenue) : Marc garde la cible au moins 12 mois → report maintenu, 0 € d'impôt aujourd'hui.

Scénario 2 (revente en mars 2027, avant 12 mois) : déchéance. La plus-value en report de 2 400 000 € redevient imposable au titre de 2027 : 2 400 000 × 31,4 % = 753 600 €, plus CEHR (jusqu'à 4 %) et CDHR éventuelles, plus intérêts de retard de 0,2 %/mois depuis l'apport. Une revente quelques mois trop tôt coûte plus de 753 000 €.

Cas B · Remploi via FCPR · conservation 5 ans + illiquidité

Sophie — 5 ans fiscaux, mais 8 à 10 ans de liquidité réelle

Cession par la holding de Sophie en 2026, produit de 1 500 000 € → remploi de 60 % = 900 000 € via un engagement de souscription dans un FCPR éligible (voie d), souscription enregistrée en janvier 2027 → parts à conserver jusqu'en janvier 2032 (5 ans).

Le fonds, de son côté, doit atteindre son quota d'investissement (de l'ordre de 75 %) dans le délai qui lui est imparti. L'engagement signé dans le délai de remploi sécurise le calendrier ; la libération des appels de fonds s'étale ensuite.

Le point de vigilance : la conservation fiscale de 5 ans n'est qu'un plancher. Le FCPR reste illiquide sur 8 à 10 ans, avec un risque de perte en capital. Conservation fiscale 5 ans ≠ horizon de liquidité du fonds.

Cas C · Patrimoine familial · conservation acquise puis transmission

La famille Besson — conservation tenue, puis purge au décès

Remploi réalisé et conservation acquise (12 mois en direct, ou 5 ans si le remploi passe par un fonds) : le report est sécurisé, et il perdure au-delà tant que les titres de holding sont conservés.

Décès de l'apporteur en année 8 → purge définitive : la plus-value en report (≈ 1 800 000 €) n'est jamais imposée (art. 150-0 B ter, I). Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès.

Variante donation : s'ils donnent les titres de holding à leurs enfants qui la contrôlent, le report est transféré, purgé si les donataires conservent 5 ans (10 ans si le report provient d'un remploi via fonds). Une vente sèche aurait éteint le report et déclenché l'impôt ; la conservation puis la transmission l'ont fait purger.

Ce que disent ces trois cas

La conservation sécurise un report qui, bien piloté, peut finir purgé

  • Marc (cas A) : la conservation directe de 12 mois n'est pas négociable — une revente anticipée réveille 753 600 € d'impôt, plus les intérêts.
  • Sophie (cas B) : les 5 ans fiscaux du fonds sont un plancher ; l'illiquidité réelle du private equity court bien au-delà.
  • Famille Besson (cas C) : conservation tenue + transmission = purge définitive ; le report n'est effacé qu'au décès ou par donation qualifiée.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (plus-value ≈ prix d'apport, taux arrondis). Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du prix d'acquisition des titres, de la date exacte de cession par la holding, de la voie de remploi retenue et de la CEHR / CDHR sur votre RFR. Modélisez au cas par cas avant toute décision.
Méthode documentée

Chiffrer votre risque de déchéance avant de revendre

Comme dans les trois cas ci-dessus, on chiffre à l'euro le coût d'une revente anticipée de votre actif de remploi : PFU 31,4 %, CEHR / CDHR de l'année et intérêts de retard. Vous arbitrez sur des chiffres, pas sur une intuition.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 12POUR ALLER PLUS LOIN·1 MIN

Pour aller plus loin

La durée de conservation n'est qu'un maillon de la chaîne apport-cession. Pour la situer dans l'ensemble du dispositif, revenez au guide ultime du 150-0 B ter et au pilier apport-cession : le mécanisme complet. Les trois paramètres voisins du remploi ont chacun leur guide : le seuil de 60 %, le délai de 24 mois et la liste des actifs éligibles.

En aval, ce qui met fin ou purge le report : la sortie du 150-0 B ter, le décès de l'apporteur et la donation des titres en report. Sur les risques de contrôle, voyez la remise en cause du report ; pour le contexte fiscal de l'année, la loi de finances 2026. Enfin, pour le cas particulier du professionnel libéral en SEL ou SPFPL, notre guide dédié à l'apport-cession en profession libérale ; et pour placer la trésorerie de la holding, notre guide sur le contrat de capitalisation et 150-0 B ter.

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Sources et références légales

  • CGI — la conservation du remploi

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, obligation de remploi et conservation) ; I-2° (actifs de remploi a à d et durées de conservation : 12 mois en direct depuis l'inscription à l'actif, 5 ans pour les parts de fonds depuis la souscription) ; II (transmission des titres, donataire 5 / 10 ans) ; III (contrôle 33,33 %) ; 150-0 B (sursis) ; 163 quinquies B (catégories de fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP), le quota d'investissement relevant du I-2° d ; 1727 (intérêts de retard 0,2 %/mois). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60, -60-20 (§ 90, 250, 270) et -60-30.

  • Réformes et fiscalité 2026

    LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : seuil de remploi porté de 50 à 60 %, cessions à compter du 01/01/2019). LF 2020 (loi n° 2019-1479 du 28/12/2019, art. 106 : conservation des parts de fonds à 5 ans, conservation du donataire à 5 / 10 ans). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 %). Art. 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR).

  • Abus de droit et jurisprudence

    Art. L. 64 et L. 64 A du Livre des procédures fiscales (abus de droit et mini-abus de droit). CE 08/10/2010 n° 301934 (Bazire) et n° 313139 (Bauchart), CE 24/08/2011 n° 314579 : ces décisions visent l'origine du réinvestissement économique et l'abus de droit, non la conservation elle-même — voir notre guide sur la remise en cause du report.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La durée de conservation du réinvestissement dépend de la voie de remploi : au moins 12 mois pour un réinvestissement direct (financement d'activité, prise de contrôle, souscription au capital), 5 ans pour les parts de fonds (FCPR, FPCI, SCR, SLP), conformément à l'article 150-0 B ter, I-2° du CGI et à la doctrine BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 (mise à jour du 18/08/2025). L'obligation de remploi elle-même (au moins 60 % du produit dans les 24 mois) ne s'impose que si la holding cède les titres apportés moins de 3 ans après l'apport. Le quota exact des fonds éligibles, la liste des exceptions de déchéance, la durée de conservation post-donation (5 / 10 ans) et l'articulation avec l'exit tax (art. 167 bis) doivent être vérifiés au cas par cas avec votre conseil. Le private equity (FCPR, FPCI) est illiquide et comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, non des simulations personnalisées.

Foire aux questions

Tout sur la durée de conservation du 150-0 B ter 12 mois ou 5 ans, point de départ, déchéance et exceptions.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : durée exacte selon la voie de remploi, direct ou via fonds, point de départ des délais, revente avant terme, exceptions réelles, différence avec la durée du report et avec la conservation du donataire, articulation avec le délai de réinvestissement et quota des fonds. Réponses sourcées et à jour 2026.