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Guide orthophonistes 202618 minMis à jour 25 juin 2026Page hub orthophoniste

Gestion de patrimoine de l'orthophoniste libéral : la feuille de route, âge par âge

Vous êtes orthophoniste libérale : un auxiliaire médical en BNC, pas un commerçant. Vos soins sont exonérés de TVA (article 261-4-1°), votre retraite relève de la CARPIMKO — jamais la CARMF, la CARCDSF, la CAVP ni la CIPAV. Avec un bénéfice souvent compris entre 30 000 et 55 000 € et une TMI de 11 à 30 %, votre patrimoine ne se construit pas avec une liste de niches à cocher, mais avec un calendrier : ce qu'il faut faire à 30, à 45 et à 60 ans n'est pas la même chose. Et un message traverse tout ce guide : à votre niveau d'imposition, la défiscalisation pure rapporte peu. Le PER ne devient vraiment rentable qu'à TMI 30 % ; le reste du temps, ce sont l'épargne longue (assurance-vie, PEA) et surtout la cession de votre patientèle en fin de carrière — le plus souvent totalement exonérée — qui construisent votre patrimoine. On déroule chaque phase, on la chiffre sur trois orthophonistes réelles, et on relie tout au reste du cluster. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

FEUILLE DE ROUTE ORTHOPHONISTE 2026

Savoir quoi faire à votre âge et dans le bon ordre

Bilan patrimonial d'orthophoniste libérale calé sur votre phase de carrière : installation, consolidation, accélération retraite ou cession. On sécurise la prévoyance, on privilégie l'épargne longue tant que la TMI est basse, on anticipe la cession exonérée. Cabinet 100 % indépendant, en lien avec votre expert-comptable.

  • Vos priorités selon votre âge
  • AV et PEA bien avant le PER
  • Cession de patientèle anticipée
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

11 - 30 %

RETRAITE

CARPIMKO

PER DÉDUCTIBLE (BNC 50 k€)

≈ 5 291 €

CESSION ≤ 90 k€ RECETTES (151 septies)

0 % IR + PS

PS CESSION (151 septies A)

18,6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi une feuille de route plutôt qu'un catalogue de leviers

Une orthophoniste de 32 ans bloque 5 000 € sur un PER pour « défiscaliser » : à sa tranche de 11 %, elle récupère environ 550 € d'impôt… qu'on lui reprendra à la sortie, gains compris (avec 18,6 % de prélèvements sociaux). Une autre, à 62 ans, cède sa patientèle 35 000 € sans payer un euro d'impôt ni de prélèvements sociaux. Entre les deux, la différence n'est pas le talent : c'est le calendrier — et le bon outil au bon moment. La plupart des guides patrimoniaux vous tendent une liste — PER, assurance-vie, immobilier, SCPI — mais ne disent jamais l'essentiel pour un revenu modéré : dans quel ordre, à quel âge, et quand un levier rapporte vraiment. Ce guide n'est donc pas un catalogue : c'est une feuille de route chronologique qui vous dit quoi faire à 30, 45 et 60 ans — et pourquoi, à TMI basse, l'épargne longue et la cession exonérée battent presque toujours la niche fiscale.

En 30 secondes : les trois règles d'or de l'orthophoniste

(1) L'épargne longue avant la défiscalisation : à TMI 11-30 %, l'assurance-vie et le PEA priment ; le PER ne devient un vrai levier qu'à 30 %. (2) La sécurité avant l'optimisation : épargne de précaution et prévoyance Madelin d'abord — un exercice souvent partiel, marqué par la maternité, exige un filet. (3) La cession exonérée comme aboutissement : toute la trajectoire prépare une sortie où la plus-value de patientèle est, le plus souvent, totalement exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux. Tout le reste découle de ces trois priorités.

Un profil à revenus modérés, pas un haut revenu

Première chose à poser : vous n'êtes ni un pharmacien titulaire, ni un chirurgien-dentiste à 200 000 € de BNC. L'orthophoniste exerce une profession paramédicale réglementée, imposée en BNC, avec un bénéfice le plus souvent compris entre 30 000 et 55 000 € et une TMI de 11 à 30 %. L'exercice est souvent à temps partiel ou mixte (libéral + salariat en établissement), dans une profession très féminisée marquée par la maternité. À ce niveau de revenu, on ne vous propose pas des holdings, des pactes Dutreil ou des SPFPL : ces montages coûtent plus cher qu'ils ne rapportent. Vos bons outils sont simples : micro-BNC bien choisi, prévoyance Madelin, assurance-vie et PEA, immobilier mesuré, et une cession bien préparée. Pour le détail des leviers fiscaux, ce guide renvoie vers la défiscalisation de l'orthophoniste libéral : ici, on s'occupe du quand, pas du comment de chaque levier.

Orthophoniste = CARPIMKO, jamais CARMF, CARCDSF ni CIPAV

Point de vigilance récurrent dans les simulations : l'orthophoniste libérale relève de la CARPIMKO (le deuxième O de CARPIMKO, c'est Orthophonistes) — la même caisse que les infirmiers et les kinés. Jamais la CARMF (médecins), la CARCDSF (chirurgiens-dentistes et sages-femmes), la CAVP (pharmaciens) ni la CIPAV (ostéopathes notamment). Toute projection de retraite qui parle d'une autre caisse pour une orthophoniste est à reprendre.
§ 2LE TABLEAU·2 MIN

Le tableau âge → priorités : la feuille de route en un coup d'œil

Gardez ce tableau sous les yeux : il résume toute la suite du guide. Chaque ligne correspond à une phase de carrière, avec sa priorité dominante et le levier à activer. Le reste du guide ne fait que le déployer, phase par phase.

La feuille de route patrimoniale de l'orthophoniste libérale, âge par âge. À TMI basse, on protège le revenu et on épargne long avant de chercher la niche — la cession exonérée est l'aboutissement.
Phase / âgeMot d'ordreÀ faire en prioritéLevier dominant
25-35 ans · InstallationSécuriserPrécaution, prévoyance, RPMicro-BNC + prévoyance Madelin
35-50 ans · ConsolidationÉpargner longAV et PEA, RP puis locatifAssurance-vie + PEA (TMI basse)
50-62 ans · AccélérationMaximiser si TMI le justifiePER si TMI 30, sinon AV/PEA, SCPIPER seulement à TMI haute
62-67 ans · CessionRécolterCéder, liquider, cumulerExonération 151 septies (IR + PS)

Le fil rouge : protéger, épargner long, maximiser si la TMI le permet, puis récolter

Chaque marche de cet escalier suppose la précédente. On protège d'abord le revenu et le toit ; ensuite seulement vient l'épargne longue et souple (assurance-vie, PEA, immobilier) — et c'est là, pas dans la défiscalisation, que se construit le patrimoine à TMI basse. Le PER attend que la TMI atteigne 30 %, et la cession exonérée clôt le parcours. La spécificité de l'orthophoniste : contrairement à un profil à 41 %, votre stratégie repose moins sur les niches que sur l'épargne longue et la cession de fin de carrière. Les âges sont indicatifs : ce qui compte, c'est l'ordre.
Hagnéré Patrimoine

Placer votre situation sur la feuille de route

Un CGP indépendant identifie votre phase, vérifie ce qui est urgent et ce qui peut attendre, et vous repartez avec un plan d'action hiérarchisé — sans plaquer des outils de hauts revenus sur un profil d'orthophoniste.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 325-35 ANS — INSTALLATION·4 MIN

25-35 ans — L'installation : sécuriser avant d'optimiser

Quand on s'installe et qu'on découvre la fiscalité du libéral, le premier réflexe est de vouloir défiscaliser. À cet âge, et surtout à TMI 11 %, c'est une fausse bonne idée : votre patrimoine se construit en posant un socle, pas en cochant des niches qui rapportent peu. On pose les fondations dans cet ordre précis — l'ordre compte plus que la liste.

Précaution et prévoyance d'abord

D'abord, une épargne de précaution de 3 à 6 mois de charges, sur un livret ou un compte à terme : quand on est libérale, aucun revenu ne tombe automatiquement, l'activité est souvent à temps partiel et la saisonnalité scolaire (creux d'été, démarrage de septembre) rend la trésorerie irrégulière. Un trou de trésorerie ne doit jamais forcer un mauvais arbitrage. Ensuite, une prévoyance Madelin : on y consacre la section suivante.

Choisir son régime : micro-BNC, le plus souvent gagnant

L'orthophoniste a ici un avantage que l'infirmière n'a pas : le micro-BNC (article 102 ter CGI), avec son abattement forfaitaire de 34 %, est le plus souvent gagnant. La règle de bascule est simple : on passe au réel dès que les frais réels dépassent 34 % des recettes. Or l'orthophoniste a des frais faibles : pas de gros matériel, peu ou pas de véhicule professionnel intensif, un loyer de cabinet modeste, peu de consommables. Beaucoup d'orthophonistes restent donc au micro toute leur carrière (le seuil est de 83 600 € de recettes en 2026). On ne bascule au réel (déclaration 2035) qu'en cas de frais durablement élevés (gros investissement, loyer important, salaire d'un collaborateur). Le calcul du point de bascule est détaillé dans notre guide micro-BNC ou réel de l'orthophoniste.

La résidence principale avant tout le reste

Une fois le socle posé, le grand projet de la trentaine, c'est souvent l'achat de la résidence principale. Bonne nouvelle pour l'orthophoniste : comme votre TMI est basse, vous n'avez même pas le dilemme « RP ou PER » qui complique la vie des hauts revenus. Vous épargnez sur des supports souples (assurance-vie, PEA) qui n'amputent pas le revenu présenté à la banque, vous décrochez le crédit, et vous montez en puissance ensuite. La règle : RP d'abord, épargne disponible en parallèle, niches plus tard.

Le rachat de patientèle à l'installation : un actif à financer et à amortir

Beaucoup d'orthophonistes s'installent en rachetant une patientèle (ou un droit de présentation). C'est un actif professionnel : il se finance à crédit (intérêts déductibles au réel) et, sous conditions, peut s'amortir. Côté acquéreur, des droits d'enregistrement sont dus (article 719 CGI : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà). C'est un investissement structurant à intégrer dans votre plan de financement, aux côtés de la RP. Voyez notre guide racheter une patientèle d'orthophoniste.

ACRE, aide conventionnelle et zones aidées : utiles, mais à vérifier

En début d'activité, l'ACRE peut alléger temporairement vos cotisations sociales (conditions et durée à vérifier). Comme l'orthophoniste est une profession conventionnée, vous pouvez aussi être éligible à une aide conventionnelle à l'installation en zone sous-dotée (Assurance maladie / ARS), via le zonage de l'orthophonie — un dispositif distinct de la France Ruralités Revitalisation (FRR, article 44 quindecies A CGI, qui a remplacé les ZRR au 01/07/2024 et exonère d'impôt sur les bénéfices sous conditions de création ou de reprise, jusqu'au 31/12/2029). Les deux peuvent se cumuler, mais les taux, durées et l'éligibilité commune par commune sont à vérifier à la source : on ne les survend pas.
§ 4PRÉVOYANCE ⭐·3 MIN

La prévoyance Madelin : la priorité à sécuriser tôt

De tout ce guide, c'est la section que je relis avec chaque orthophoniste de 30 ans. Votre revenu dépend de votre capacité à exercer, et il ne tombe pas automatiquement : pas d'arrêt indemnisé comme un salarié, pas de filet conventionnel généreux. Dans une profession très féminisée, les parcours sont marqués par la maternité, le temps partiel et des interruptions qui pèsent sur les revenus. Et même si l'orthophonie n'est pas un métier physique du dos, l'outil de travail — la voix, l'attention, l'intégrité cognitive et psychique — reste vulnérable : un trouble vocal, un burn-out ou une maladie longue arrêtent net le revenu.

Le trou de couverture de la CARPIMKO

La couverture obligatoire d'une libérale est limitée : en cas d'arrêt, les indemnités de la CARPIMKO sont plafonnées et ne compensent qu'une fraction d'un revenu d'activité, avec un délai de carence. Sans contrat complémentaire, un arrêt prolongé fait chuter brutalement votre niveau de vie. C'est ce trou que comble une prévoyance Madelin.

Le plafond de déduction de la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI)

Plafond prevoyance / sante Madelin =
    7 % du PASS
  + 3,75 % du benefice imposable
  le tout plafonne a 3 % de 8 PASS

En 2026 (PASS = 48 060 EUR, 8 PASS = 384 480 EUR) :
  plafond global de l'ordre de 11 534 EUR

Les cotisations de prévoyance (indemnités journalières, invalidité, décès) et de santé Madelin sont déductibles du bénéfice, dans cette limite. C'est le seul levier qui protège votre capacité à générer du revenu, pas seulement votre fiscalité — on le place toujours tôt, dès l'installation.

Ce qu'une bonne prévoyance d'orthophoniste doit couvrir

Quatre points à vérifier : des indemnités journalières qui prennent le relais tôt et suffisamment ; la prise en compte de la maternité (au-delà des indemnités de base, déterminante dans cette profession) ; une définition d'invalidité adaptée au métier (idéalement professionnelle, reconnaissant l'incapacité à exercer l'orthophonie — y compris un trouble de la voix ou cognitif —, et pas seulement une invalidité fonctionnelle générale) ; et une garantie décès calibrée sur vos charges de famille et votre crédit. La prévoyance se revoit à chaque étape de la vie (mariage, enfants, achat immobilier). Le cadre général figure dans notre guide prévoyance Madelin du professionnel libéral.

Le piège de la prévoyance « low cost » : carence et définition de l'invalidité

Deux contrats au même prix peuvent couvrir des risques très différents. Les pièges classiques : un délai de carence trop long sur les indemnités journalières (vous n'êtes indemnisée qu'après plusieurs semaines d'arrêt) ; et une invalidité évaluée selon un barème fonctionnel général plutôt que professionnelle. Une orthophoniste qui ne peut plus exercer à cause d'un trouble de la voix peut être déclarée faiblement invalide au barème fonctionnel… et toucher une rente dérisoire, alors même qu'elle a perdu tout revenu. On vérifie donc la carence, la maternité et la définition de l'invalidité avant le prix. C'est le détail qui fait toute la différence le jour où le contrat doit jouer.
§ 535-50 ANS — CONSOLIDATION·4 MIN

35-50 ans — La consolidation : AV et PEA avant le PER

La patientèle est installée, le revenu s'est stabilisé, la RP est souvent financée. C'est la phase la plus longue et la plus structurante : celle où l'on construit vraiment le patrimoine. Et pour une orthophoniste à TMI 11-30 %, la priorité n'est pas la défiscalisation : c'est l'épargne longue et souple.

Assurance-vie et PEA : les enveloppes prioritaires à TMI basse

On commence par l'assurance-vie et le PEA, pas par le PER — parce qu'à TMI basse, l'avantage à l'entrée du PER est faible et repris à la sortie. L'assurance-vie (article 125-0 A CGI) reste l'enveloppe reine : épargne disponible, prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %), abattement de 4 600 € (9 200 € en couple) sur les gains après 8 ans, et transmission optimisée. Le PEA (plafond 150 000 €) loge des actions européennes avec une exonération d'impôt après 5 ans (prélèvements sociaux à 18,6 %). Ces deux enveloppes, qu'on alimente régulièrement, sont le cœur de la stratégie d'une orthophoniste. Voyez l'assurance-vie et nos conseils de placement de l'orthophoniste.

Réviser l'arbitrage micro-BNC contre réel

La consolidation est aussi le moment de revérifier le régime fiscal. Si vos frais ont durablement grimpé au-dessus de 34 % des recettes (loyer plus élevé, embauche, gros investissement de cabinet), le passage au réel (déclaration 2035) devient gagnant. Mais pour beaucoup d'orthophonistes aux frais faibles, le micro reste optimal : on ne change pas par principe, on change parce que le calcul le dit. Rappel : comme vos actes sont exonérés de TVA (article 261-4-1°), vous ne récupérez aucune TVA — tout se raisonne en TTC.

Immobilier : RP d'abord, locatif et SCPI au second rang

Vient ensuite la diversification hors du cabinet. L'immobilier de rapport vient toujours après la RP : locatif nu avec déficit foncier (PS fonciers à 17,2 %, la hausse de CSG 2026 ayant épargné le foncier), ou LMNP qui amortit le bien (loyers meublés à 18,6 %), à doser pour ne pas saturer l'endettement. Les SCPI permettent d'accéder à l'immobilier sans gestion, en complément. Voyez l'immobilier du professionnel libéral.

Protéger la famille : le réflexe de la quarantaine

La consolidation, ce n'est pas que de l'épargne : c'est aussi protéger les siens. On revoit la garantie décès de la prévoyance à la hausse si la famille s'agrandit ou si l'on contracte un nouveau crédit, et on vérifie la clause bénéficiaire de l'assurance-vie — d'autant que la réversion CARPIMKO ne protège que le conjoint marié, pas le concubin ni le partenaire de PACS. À revenus modérés, inutile de chercher des montages complexes : une bonne prévoyance et une assurance-vie bien rédigée font l'essentiel du travail. Le PER, lui, n'entre en jeu que si votre TMI passe à 30 % (voir la section suivante).
§ 650-62 ANS — ACCÉLÉRATION·4 MIN

50-62 ans — L'accélération : le PER seulement si la TMI le justifie

La cinquantaine est, financièrement, votre meilleure fenêtre pour épargner : les crédits de RP s'allègent, les enfants deviennent autonomes, le revenu — et la TMI — sont au plus haut. Entre 50 et 62 ans, on a une fenêtre courte pour combler ce que la CARPIMKO ne paiera pas. Mais attention : l'outil d'accélération dépend de votre tranche d'imposition.

Maximiser le PER — uniquement si votre TMI est à 30 %

C'est ici que se joue la spécificité de l'orthophoniste. Si votre revenu vous place à TMI 30 % (BNC autour de 50 000 € ou plus, parfois grâce à un conjoint), le PER de l'article 154 bis devient enfin intéressant : chaque euro déduit « rapporte » 30 %, et vous récupérerez plus tard, à la retraite, où la pension CARPIMKO vous fait souvent redescendre à 11 %. Le plafond se calcule alors sur votre bénéfice (voir le cas Camille plus bas). Mais si vous êtes restée à TMI 11 %, on ne se précipite pas sur le PER : l'avantage serait repris à la sortie. On continue alors d'alimenter l'assurance-vie et le PEA. Le détail du calcul figure dans notre guide PER orthophoniste et retraite CARPIMKO.

Arbitrage de l'épargne et anticipation de la cession

Côté épargne, on arbitre entre SCPI (pour préparer des revenus complémentaires réguliers à la retraite) et assurance-vie (souplesse et transmission). Et l'on commence à anticiper la cession de la patientèle : elle ne se prépare pas le jour du départ ; les exonérations de plus-value dépendent de conditions de durée et de seuils (activité d'au moins 5 ans, recettes, calendrier de liquidation) qu'il faut sécuriser cinq à dix ans avant. C'est l'objet de la phase suivante.

La CARPIMKO remplace mal le revenu : c'est l'enjeu de la phase

Pour une libérale, le taux de remplacement des régimes obligatoires est modeste : la pension CARPIMKO représente souvent 30 à 40 % du dernier revenu d'activité — d'autant que la base est plafonnée et que beaucoup d'orthophonistes ont des revenus modérés et des carrières partielles. La complémentaire CARPIMKO a d'ailleurs été réformée au 1er janvier 2026 (désormais 100 % proportionnelle, le forfait ayant été supprimé). D'où l'intérêt de pousser l'épargne entre 50 et 62 ans : AV et PEA si votre tranche reste à 11 %, et le PER en complément si elle est montée à 30 %. Les valeurs de point 2026 sont à vérifier sur carpimko.com ; le détail figure dans notre guide retraite CARPIMKO de l'orthophoniste.
§ 762-67 ANS — CESSION·4 MIN

62-67 ans — La cession et la liquidation CARPIMKO

C'est le moment de récolter ce que toute la trajectoire préparait : céder la patientèle dans les meilleures conditions fiscales, liquider la CARPIMKO, et organiser la transition. La bonne nouvelle, pour une orthophoniste, c'est que la plus-value de cession est très souvent totalement exonérée — impôt sur le revenu ET prélèvements sociaux.

Les trois régimes d'exonération de la plus-value

Trois dispositifs peuvent jouer pour une patientèle d'orthophoniste (ils sont alternatifs : on retient celui qui exonère le plus) :

Les trois régimes d'exonération de la plus-value professionnelle de l'orthophoniste (activité ≥ 5 ans). Avec des recettes le plus souvent sous 90 000 €, le 151 septies efface IR ET PS. Seuils 2026 à confirmer à la source.
RégimeCritèreSeuil d'exonération totaleEffet
151 septiesRecettes annuelles≤ 90 000 € (dégressif jusqu'à 126 000 €)IR + PS exonérés
238 quindeciesValeur de cession≤ 500 000 € (dégressif jusqu'à 1 000 000 €)IR + PS exonérés
151 septies ADépart en retraitePas de plafond de valeurIR exonéré, PS 18,6 % dus

Pour une orthophoniste, l'exonération est presque toujours totale

Les recettes d'une orthophoniste dépassent rarement 90 000 € : l'article 151 septies exonère alors totalement la plus-value, IR et prélèvements sociaux compris. C'est le levier patrimonial n°1 de fin de carrière : vous ne payez ni IR ni PS. Et même si vos recettes étaient plus élevées, l'article 238 quindecies exonère totalement la plus-value sous 500 000 € de valeur de cession — ce qui couvre l'immense majorité des patientèles. Le 151 septies A (départ en retraite) est différent : il exonère l'IR mais laisse les prélèvements sociaux de 18,6 % dus. On ne le mobilise donc que faute de mieux, lorsqu'on ne peut bénéficier ni du 151 septies ni du 238 quindecies. Ce taux de 18,6 % (CSG portée à 10,6 % par la LFSS 2026) frappe toutes les plus-values professionnelles ; le taux de 17,2 % maintenu en 2026 ne concerne que l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. Le détail figure dans notre guide céder sa patientèle d'orthophoniste.

Liquider la CARPIMKO et le cumul emploi-retraite

En parallèle de la cession, on liquide la retraite CARPIMKO (régime de base, complémentaire, ASV des conventionnés). Beaucoup d'orthophonistes ne s'arrêtent pas net : le cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en gardant quelques vacations. Sous conditions (liquidation de tous les régimes, âge du taux plein), le cumul est intégral et peut, depuis 2023, générer de nouveaux droits dans une certaine limite. Cela lisse la baisse de revenu et permet une transmission progressive de la patientèle. Les modalités exactes sont à confirmer auprès de la CARPIMKO.

Attention au calendrier du 151 septies A

Le régime du départ en retraite (151 septies A) impose un calendrier serré : cessation de l'activité et liquidation des droits à retraite doivent intervenir dans un délai limité (de l'ordre de 24 mois) autour de la cession. Une erreur de séquençage peut faire perdre le bénéfice du régime. C'est exactement pourquoi on prépare la cession en amont, dès 55-60 ans, et qu'on la cale avec son expert-comptable. Cela dit, pour une orthophoniste sous 90 000 € de recettes, c'est plutôt le 151 septies qui s'applique — plus simple et plus favorable (il efface aussi les PS).
§ 8CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois cas chiffrés : Claire (30), Camille (45), Hélène (60)

Trois orthophonistes, trois âges, trois bonnes décisions — chiffrées. Montants arrondis et illustratifs, non opposables.

Cas 1 — Claire, 30 ans, orthophoniste en EI, BNC 38 000 €, TMI 11 %

Situation : jeune installée, frais faibles, projet de résidence principale.

Régime : au micro-BNC, sa base imposable est de 38 000 − 34 % = 25 080 €. Au réel, ses frais réels (~6 000 €) donneraient une base de 32 000 € : le micro est nettement gagnant.
Priorité 1 — précaution : 4 mois de charges sur un compte à terme.
Priorité 2 — prévoyance Madelin : souscrite (IJ courte carence + maternité + invalidité professionnelle + décès).
Priorité 3 — PAS de PER : à TMI 11 %, déduire 4 806 € n'économiserait que ~529 € d'impôt, repris à la sortie. Elle place plutôt sur une assurance-vie en unités de compte et ouvre un PEA — souples, disponibles, et qui préservent sa capacité d'emprunt pour la RP.
Leçon : à 30 ans et à TMI 11 %, on protège le revenu et on épargne long (AV/PEA), on ne défiscalise pas.

Cas 2 — Camille, 45 ans, orthophoniste au réel, BNC 50 000 €, TMI 30 %

Situation : en phase de consolidation, RP financée, TMI passée à 30 % (revenus du couple).

Le PER devient pertinent :

Plafond PER de Camille (BNC 50 000 €, PASS 2026 = 48 060 €)

10 % x 50 000                  = 5 000 EUR
+ 15 % x (50 000 - 48 060)     = 15 % x 1 940 = 291 EUR
-----------------------------------------------
Plafond 154 bis                ≈ 5 291 EUR
(plancher garanti : 4 806 EUR)

À TMI 30 %, déduire 5 291 € représente de l'ordre de 1 587 € d'impôt en moins. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER seront de 18,6 % à la sortie. Le plancher de 4 806 € est garanti même si le bénéfice est faible.

En parallèle : elle continue d'alimenter son assurance-vie et son PEA (qui restent prioritaires), et étudie un premier LMNP ou des SCPI au second rang, sans saturer son endettement.
Note de méthode : ce gain d'impôt de ~1 587 € suppose une TMI de 30 % stable ; il fond si la tranche baisse, et la déduction est différée, pas effacée (le capital sera réimposé à la sortie). On chiffre toujours sur le bénéfice réel de l'année.
Leçon : à 45 ans et à TMI 30 %, le PER devient un vrai levier — mais il s'ajoute à l'AV et au PEA, il ne les remplace pas.

Cas 3 — Hélène, 60 ans, cède sa patientèle 35 000 €, recettes 52 000 €

Situation : départ en retraite à 62 ans, plus de 5 ans d'activité, prépare la cession.

Plus-value de cession : recettes de 52 000 € (< 90 000 €) → 151 septies : exonération totale, IR et prélèvements sociaux. Valeur de 35 000 € (< 500 000 €) → 238 quindecies : exonération totale également. La plus-value d'Hélène est donc exonérée d'IR et de PS : 0 € d'impôt, 0 € de prélèvements sociaux. Le 151 septies A (qui laisse les PS de 18,6 % dus) ne la concerne pas, ses seuils étant largement respectés.
Droits d'enregistrement (à la charge de l'acquéreur, art. 719) : sur 35 000 €, soit 3 % × (35 000 − 23 000) = 360 € payés par le repreneur, pas par Hélène.
Transition : elle liquide la CARPIMKO et garde quelques vacations en cumul emploi-retraite.
Leçon : une patientèle d'orthophoniste dans les seuils se cède le plus souvent sans IR ni PS ; c'est l'aboutissement chiffré de toute la feuille de route. La vigilance porte sur le calendrier (activité ≥ 5 ans).

Comment lire ces trois cas (note de méthode)

Claire, Camille et Hélène sont des illustrations pédagogiques, pas des promesses. Les montants sont arrondis et calculés aux paramètres 2026 (PASS 48 060 €, barème de l'impôt, taux de prélèvements sociaux), qui évolueront. Un gain d'impôt lié à une déduction PER dépend de votre TMI réelle ; un rendement d'épargne n'est jamais garanti, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement comporte un risque de perte en capital. L'éligibilité aux exonérations de cession (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A) suppose de vérifier vos recettes, la valeur réelle de la patientèle et le calendrier de liquidation. Bref : ces cas montrent la logique de la feuille de route ; vos chiffres se calculent sur votre situation, avec votre expert-comptable.
Méthode documentée

Chiffrer votre propre trajectoire d'orthophoniste

Arbitrage micro/réel, AV vs PER selon votre TMI, plafond PER, simulation de cession exonérée : un CGP indépendant met des chiffres sur votre phase de carrière et vous donne l'ordre des priorités.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9ANTI-MYTHE·3 MIN

Le piège du PER à TMI basse : pourquoi l'assurance-vie gagne

C'est le point qui distingue la stratégie de l'orthophoniste de celle d'un haut revenu. On entend partout que le PER « défiscalise ». C'est vrai — mais à TMI 11 %, l'avantage est si faible et si vite repris qu'il ne justifie généralement pas de bloquer son épargne jusqu'à la retraite.

La mécanique : un avantage repris à la sortie

Le PER déduit votre versement à l'entrée (à votre TMI), mais il réimpose le capital à la sortie (à votre TMI de retraité) et soumet les gains à 18,6 % de prélèvements sociaux. Si votre TMI est la même à l'entrée et à la sortie — ce qui est fréquent pour une orthophoniste dont la pension reste dans la tranche à 11 % —, l'avantage fiscal net est presque nul, et il a fallu accepter un blocage de l'épargne pendant des années. Le PER n'est gagnant que si l'on déduit à 30 % (ou plus) pour récupérer à 11 % à la retraite : ce qui rapporte, ce n'est pas de déduire, c'est de déduire à 30 % pour récupérer à 11 % — tout est dans cet écart de TMI.

PER vs assurance-vie à TMI 11 % : la démonstration

Versement de 5 000 EUR a TMI 11 %

PER :
  economie d'impot a l'entree   = 11 % x 5 000 = 550 EUR
  mais a la sortie : capital reimpose (souvent ~11 %)
  + gains soumis a 18,6 % de PS
  => avantage net quasi nul si la TMI ne baisse pas

Assurance-vie :
  pas de deduction a l'entree
  mais PS a 17,2 % (et non 18,6 %)
  + abattement 4 600 / 9 200 EUR apres 8 ans
  + epargne DISPONIBLE (pas de blocage retraite)
  + transmission optimisee (art. 990 I)

À TMI 11 %, l'assurance-vie l'emporte presque toujours : souplesse, prélèvements sociaux plus bas, abattement après 8 ans et transmission. Le PER ne reprend l'avantage qu'à partir d'une TMI de 30 % à l'entrée pour 11 % à la sortie.

Assurance-vie (TMI basse)

Points forts

  • Épargne disponible à tout moment (pas de blocage)
  • Prélèvements sociaux à 17,2 % (et non 18,6 %)
  • Abattement 4 600 / 9 200 € sur les gains après 8 ans
  • Transmission optimisée (art. 990 I)

Points de vigilance

  • Pas de déduction à l'entrée

PER (intéressant surtout à TMI 30 %+)

Points forts

  • Déduction à l'entrée = votre TMI (vrai gain à 30 %+)
  • Pertinent si la TMI baisse à la retraite

Points de vigilance

  • Épargne bloquée jusqu'à la retraite
  • Capital réimposé à la sortie + PS 18,6 % sur les gains
  • À TMI 11 %, avantage net quasi nul

La règle à retenir : le PER « se mérite par la TMI »

On ne souscrit pas un PER « parce que c'est bien de défiscaliser ». On le souscrit quand l'écart de TMI le justifie : déduire à 30 ou 41 % aujourd'hui pour récupérer à 11 % demain. Tant que vous êtes à 11 %, l'assurance-vie et le PEA sont vos meilleurs alliés. Le jour où votre tranche passe à 30 %, le PER s'ajoute à la panoplie. C'est exactement ce que montre le cas Camille. Pour approfondir, voyez notre guide du plan d'épargne retraite et celui sur le PER de l'orthophoniste.
§ 10LA BOUCLE·2 MIN

La cession, aboutissement de toute la feuille de route

Revenons à la troisième règle d'or, car elle éclaire toute la trajectoire : chaque phase préparait la cession. Une patientèle solide, c'est le fruit d'une carrière entière de soins, de bouche-à-oreille et d'adressage par les médecins, les écoles et les familles : on ne fabrique pas une patientèle d'orthophoniste en deux ans. Et la fiscalité de sa cession récompense la durée (activité ≥ 5 ans) et la mesure (recettes sous 90 000 €). L'orthophoniste qui a suivi sa feuille de route arrive à 62 ans avec une patientèle valorisée, une assurance-vie et un PEA bien remplis, peut-être un PER si sa TMI l'a justifié, et une cession exonérée d'IR et de PS : trente ans de séances se convertissent enfin en capital pour la retraite.

Patientèle (actif professionnel BNC)

Points forts

  • Plus-value très souvent exonérée d'IR (151 septies, 238 quindecies)
  • Quand l'IR est exonéré (151 septies, 238 quindecies), les PS le sont aussi
  • Recettes < 90 000 € : exonération totale fréquente chez l'orthophoniste
  • Droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur (art. 719)

Points de vigilance

  • Exonération conditionnée à la durée et aux seuils
  • Hors exonération (151 septies A seul), PS à 18,6 % dus

Parts de société (SELARL)

Points forts

  • Pertinent seulement pour de rares hauts revenus

Points de vigilance

  • Prélèvements sociaux à 18,6 % sur la cession de parts
  • Régime de cession différent (plus-value de titres)
  • Quasi jamais justifié chez l'orthophoniste

Le piège à éviter : confondre patientèle et parts de société

Ne confondez pas les deux sorties. Céder une patientèle (actif BNC), c'est le régime des plus-values professionnelles : exonérations 151 septies / 238 quindecies / 151 septies A ; quand l'exonération joue (151 septies ou 238 quindecies, le cas le plus fréquent chez l'orthophoniste), ni IR ni prélèvements sociaux, et à défaut les PS sont à 18,6 %. Céder des parts de SELARL, c'est le régime des plus-values de titres : PS à 18,6 % également, mais sans ces exonérations professionnelles. Presque toutes les orthophonistes exercent en EI : c'est donc le régime de la patientèle qui joue, le plus avantageux des deux. Pour le choix de structure, voyez notre guide installation en orthophonie : EI, SCM ou SELARL.
§ 11GARDE-FOUS·2 MIN

Les garde-fous : CARPIMKO, TVA, seuils de cession

Trois rappels qui reviennent à chaque rendez-vous d'orthophoniste, parce que ce sont celles qui peuvent vous coûter une exonération de cession ou une rente d'invalidité dérisoire.

CARPIMKO, et seulement CARPIMKO

Pour la retraite et la prévoyance obligatoire, l'orthophoniste relève de la CARPIMKO. Toute simulation qui parle de CARMF, de CARCDSF, de CAVP ou de CIPAV est fausse pour une orthophoniste : les paramètres, les taux et les prestations diffèrent d'une caisse à l'autre. C'est le garde-fou n°1.

TVA : un coût, pas une charge récupérable

Vos actes de soins sont exonérés de TVA (article 261-4-1° CGI), car vous êtes un auxiliaire médical. Vous ne facturez pas de TVA, mais vous n'en récupérez pas non plus : votre matériel, vos consommables, votre éventuel véhicule vous coûtent leur prix TTC. Raisonnez toujours en TTC quand vous budgétez un équipement. (À la différence de l'ostéopathe, qui n'est pas une profession de santé au sens du Code de la santé publique et relève d'un autre régime.)

Les bons seuils de cession (prestations de services)

L'orthophoniste rend des prestations de services : les seuils d'exonération du 151 septies sont 90 000 € (total) et 126 000 € (dégressif) — surtout pas les seuils de 250 000 / 350 000 € qui visent les ventes de marchandises du commerce. Confondre les deux, c'est se croire exonéré à 120 000 € de recettes (seuil commerce) alors qu'on est déjà en zone dégressive depuis 90 000 € (seuil services). En cas de doute, on cale chaque calcul à la source et avec l'expert-comptable.

La feuille de route, en une phrase

En résumé : à 30 ans on protège (précaution, prévoyance) et on ouvre AV et PEA ; à 45 ans on consolide cette épargne et on diversifie (RP, puis locatif et SCPI) ; le PER n'arrive qu'à TMI 30 % ; à 62 ans on cède la patientèle (souvent sans IR ni PS) et on liquide la CARPIMKO, avec un éventuel cumul emploi-retraite. Pour la vue d'ensemble du libéral, voyez la gestion de patrimoine de la profession libérale, et le guide jumeau (même caisse CARPIMKO) gestion de patrimoine du kiné libéral.
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Sources et références légales

  • Le régime fiscal du BNC de l'orthophoniste : micro ou réel

    Art. 102 ter CGI (micro-BNC : abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €, seuil de recettes porté à 83 600 € en 2026). Art. 96 et 97 CGI (déclaration contrôlée, n° 2035). Art. 93 CGI (détermination du bénéfice non commercial, déduction des dépenses professionnelles). Depuis l'imposition 2023, la majoration de 25 % pour non-adhésion à une AGA est supprimée. L'orthophoniste ayant des frais faibles, le micro-BNC est le plus souvent gagnant. Seuil 2026 à confirmer à la source.

  • L'épargne par âge : assurance-vie, PEA, prévoyance et PER

    Art. 125-0 A CGI (assurance-vie : abattement de 4 600 / 9 200 € après 8 ans, prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %). Art. L. 221-30 du Code monétaire et financier (PEA : plafond 150 000 €, exonération d'IR après 5 ans, PS 18,6 %). Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, plancher 4 806 €, soit ~5 291 € pour un bénéfice de 50 000 € ; cotisations de prévoyance et de santé Madelin déductibles, cap de l'ordre de 11 534 € en 2026 ; PS 18,6 % sur les gains du PER à la sortie). Art. 163 quatervicies CGI (PER, report des plafonds non utilisés). Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 €.

  • La cession de patientèle : exonérations de plus-value

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes : prestations de services totalement exonérées sous 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans ; efface l'IR et les prélèvements sociaux). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale sous 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 151 septies A CGI (départ en retraite : IR exonéré, prélèvements sociaux 18,6 % dus, cessation et liquidation des droits dans les 24 mois). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur : 0 / 3 / 5 %). Seuils 2026 à confirmer à la source.

  • Retraite, TVA, zones aidées et prélèvements sociaux 2026

    L'orthophoniste relève de la CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes), jamais de la CARMF, de la CARCDSF, de la CAVP ni de la CIPAV ; complémentaire réformée au 01/01/2026 (100 % proportionnelle) ; valeurs de point 2026 à confirmer sur carpimko.com. Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des soins). Art. 44 quindecies A CGI (France Ruralités Revitalisation depuis le 01/07/2024, fenêtre prorogée au 31/12/2029 ; distinct de l'aide conventionnelle à l'installation en zone sous-dotée, réservée aux professions conventionnées dont l'orthophoniste fait partie). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur les plus-values professionnelles de cession de patientèle, les gains du PER, le PEA et les loyers meublés ; 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre situation : le plafond PER de l'article 154 bis, le point de bascule micro-BNC / réel, l'arbitrage entre assurance-vie, PEA et PER selon votre TMI, et l'éligibilité aux exonérations de plus-value (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A) dépendent de votre bénéfice, de vos recettes, de votre situation familiale et du calendrier de cession. Certains points sont signalés au conditionnel : le seuil exact du micro-BNC 2026, les seuils des exonérations de plus-value, les conditions et la durée du dispositif France Ruralités Revitalisation (art. 44 quindecies A, distinct de l'aide conventionnelle à l'installation), les valeurs de point et de cotisation CARPIMKO (à confirmer sur carpimko.com), et les modalités du cumul emploi-retraite. Données à jour au 11 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026), susceptibles d'évoluer. Le choix d'un régime fiscal, d'une prévoyance, d'une enveloppe d'épargne ou d'un investissement doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les versements sur un PER sont bloqués jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé). Les investissements comportent un risque de perte en capital et d'illiquidité.

Foire aux questions

Tout sur la gestion de patrimoine de l'orthophoniste libérale, âge par âge installation, consolidation, accélération retraite et cession.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des orthophonistes : à quel âge commencer, micro ou réel, par quoi épargner (AV, PEA ou PER), pourquoi le PER rapporte peu à TMI basse, la CARPIMKO suffit-elle, quand préparer la cession et quel impôt sur la vente de la patientèle. Réponses sourcées et à jour 2026.