Pourquoi une feuille de route plutôt qu'un catalogue de leviers
Une orthophoniste de 32 ans bloque 5 000 € sur un PER pour « défiscaliser » : à sa tranche de 11 %, elle récupère environ 550 € d'impôt… qu'on lui reprendra à la sortie, gains compris (avec 18,6 % de prélèvements sociaux). Une autre, à 62 ans, cède sa patientèle 35 000 € sans payer un euro d'impôt ni de prélèvements sociaux. Entre les deux, la différence n'est pas le talent : c'est le calendrier — et le bon outil au bon moment. La plupart des guides patrimoniaux vous tendent une liste — PER, assurance-vie, immobilier, SCPI — mais ne disent jamais l'essentiel pour un revenu modéré : dans quel ordre, à quel âge, et quand un levier rapporte vraiment. Ce guide n'est donc pas un catalogue : c'est une feuille de route chronologiquequi vous dit quoi faire à 30, 45 et 60 ans — et pourquoi, à TMI basse, l'épargne longue et la cession exonérée battent presque toujours la niche fiscale.
En 30 secondes : les trois règles d'or de l'orthophoniste
Un profil à revenus modérés, pas un haut revenu
Première chose à poser : vous n'êtes ni un pharmacien titulaire, ni un chirurgien-dentiste à 200 000 € de BNC. L'orthophoniste exerce une profession paramédicale réglementée, imposée en BNC, avec un bénéfice le plus souvent compris entre 30 000 et 55 000 € et une TMI de 11 à 30 %. L'exercice est souvent à temps partiel ou mixte (libéral + salariat en établissement), dans une profession très féminisée marquée par la maternité. À ce niveau de revenu, on ne vous propose pas des holdings, des pactes Dutreil ou des SPFPL : ces montages coûtent plus cher qu'ils ne rapportent. Vos bons outils sont simples : micro-BNC bien choisi, prévoyance Madelin, assurance-vie et PEA, immobilier mesuré, et une cession bien préparée. Pour le détail des leviers fiscaux, ce guide renvoie vers la défiscalisation de l'orthophoniste libéral : ici, on s'occupe du quand, pas du comment de chaque levier.
Orthophoniste = CARPIMKO, jamais CARMF, CARCDSF ni CIPAV
Le tableau âge → priorités : la feuille de route en un coup d'œil
Gardez ce tableau sous les yeux : il résume toute la suite du guide. Chaque ligne correspond à une phase de carrière, avec sa priorité dominante et le levier à activer. Le reste du guide ne fait que le déployer, phase par phase.
| Phase / âge | Mot d'ordre | À faire en priorité | Levier dominant |
|---|---|---|---|
| 25-35 ans · Installation | Sécuriser | Précaution, prévoyance, RP | Micro-BNC + prévoyance Madelin |
| 35-50 ans · Consolidation | Épargner long | AV et PEA, RP puis locatif | Assurance-vie + PEA (TMI basse) |
| 50-62 ans · Accélération | Maximiser si TMI le justifie | PER si TMI 30, sinon AV/PEA, SCPI | PER seulement à TMI haute |
| 62-67 ans · Cession | Récolter | Céder, liquider, cumuler | Exonération 151 septies (IR + PS) |
Le fil rouge : protéger, épargner long, maximiser si la TMI le permet, puis récolter
Placer votre situation sur la feuille de route
Un CGP indépendant identifie votre phase, vérifie ce qui est urgent et ce qui peut attendre, et vous repartez avec un plan d'action hiérarchisé — sans plaquer des outils de hauts revenus sur un profil d'orthophoniste.
25-35 ans — L'installation : sécuriser avant d'optimiser
Quand on s'installe et qu'on découvre la fiscalité du libéral, le premier réflexe est de vouloir défiscaliser. À cet âge, et surtout à TMI 11 %, c'est une fausse bonne idée : votre patrimoine se construit en posant un socle, pas en cochant des niches qui rapportent peu. On pose les fondations dans cet ordre précis — l'ordre compte plus que la liste.
Précaution et prévoyance d'abord
D'abord, une épargne de précaution de 3 à 6 mois de charges, sur un livret ou un compte à terme : quand on est libérale, aucun revenu ne tombe automatiquement, l'activité est souvent à temps partiel et la saisonnalité scolaire (creux d'été, démarrage de septembre) rend la trésorerie irrégulière. Un trou de trésorerie ne doit jamais forcer un mauvais arbitrage. Ensuite, une prévoyance Madelin : on y consacre la section suivante.
Choisir son régime : micro-BNC, le plus souvent gagnant
L'orthophoniste a ici un avantage que l'infirmière n'a pas : le micro-BNC (article 102 ter CGI), avec son abattement forfaitaire de 34 %, est le plus souvent gagnant. La règle de bascule est simple : on passe au réel dès que les frais réels dépassent 34 % des recettes. Or l'orthophoniste a des frais faibles : pas de gros matériel, peu ou pas de véhicule professionnel intensif, un loyer de cabinet modeste, peu de consommables. Beaucoup d'orthophonistes restent donc au micro toute leur carrière (le seuil est de 83 600 € de recettes en 2026). On ne bascule au réel (déclaration 2035) qu'en cas de frais durablement élevés (gros investissement, loyer important, salaire d'un collaborateur). Le calcul du point de bascule est détaillé dans notre guide micro-BNC ou réel de l'orthophoniste.
La résidence principale avant tout le reste
Une fois le socle posé, le grand projet de la trentaine, c'est souvent l'achat de la résidence principale. Bonne nouvelle pour l'orthophoniste : comme votre TMI est basse, vous n'avez même pas le dilemme « RP ou PER » qui complique la vie des hauts revenus. Vous épargnez sur des supports souples (assurance-vie, PEA) qui n'amputent pas le revenu présenté à la banque, vous décrochez le crédit, et vous montez en puissance ensuite. La règle : RP d'abord, épargne disponible en parallèle, niches plus tard.
Le rachat de patientèle à l'installation : un actif à financer et à amortir
ACRE, aide conventionnelle et zones aidées : utiles, mais à vérifier
La prévoyance Madelin : la priorité à sécuriser tôt
De tout ce guide, c'est la section que je relis avec chaque orthophoniste de 30 ans. Votre revenu dépend de votre capacité à exercer, et il ne tombe pas automatiquement : pas d'arrêt indemnisé comme un salarié, pas de filet conventionnel généreux. Dans une profession très féminisée, les parcours sont marqués par la maternité, le temps partiel et des interruptions qui pèsent sur les revenus. Et même si l'orthophonie n'est pas un métier physique du dos, l'outil de travail — la voix, l'attention, l'intégrité cognitive et psychique — reste vulnérable : un trouble vocal, un burn-out ou une maladie longue arrêtent net le revenu.
Le trou de couverture de la CARPIMKO
La couverture obligatoire d'une libérale est limitée : en cas d'arrêt, les indemnités de la CARPIMKO sont plafonnées et ne compensent qu'une fraction d'un revenu d'activité, avec un délai de carence. Sans contrat complémentaire, un arrêt prolongé fait chuter brutalement votre niveau de vie. C'est ce trou que comble une prévoyance Madelin.
Le plafond de déduction de la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI)
Plafond prevoyance / sante Madelin =
7 % du PASS
+ 3,75 % du benefice imposable
le tout plafonne a 3 % de 8 PASS
En 2026 (PASS = 48 060 EUR, 8 PASS = 384 480 EUR) :
plafond global de l'ordre de 11 534 EURLes cotisations de prévoyance (indemnités journalières, invalidité, décès) et de santé Madelin sont déductibles du bénéfice, dans cette limite. C'est le seul levier qui protège votre capacité à générer du revenu, pas seulement votre fiscalité — on le place toujours tôt, dès l'installation.
Ce qu'une bonne prévoyance d'orthophoniste doit couvrir
Le piège de la prévoyance « low cost » : carence et définition de l'invalidité
35-50 ans — La consolidation : AV et PEA avant le PER
La patientèle est installée, le revenu s'est stabilisé, la RP est souvent financée. C'est la phase la plus longue et la plus structurante : celle où l'on construit vraiment le patrimoine. Et pour une orthophoniste à TMI 11-30 %, la priorité n'est pas la défiscalisation : c'est l'épargne longue et souple.
Assurance-vie et PEA : les enveloppes prioritaires à TMI basse
On commence par l'assurance-vie et le PEA, pas par le PER — parce qu'à TMI basse, l'avantage à l'entrée du PER est faible et repris à la sortie. L'assurance-vie (article 125-0 A CGI) reste l'enveloppe reine : épargne disponible, prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %), abattement de 4 600 € (9 200 € en couple) sur les gains après 8 ans, et transmission optimisée. Le PEA (plafond 150 000 €) loge des actions européennes avec une exonération d'impôt après 5 ans (prélèvements sociaux à 18,6 %). Ces deux enveloppes, qu'on alimente régulièrement, sont le cœur de la stratégie d'une orthophoniste. Voyez l'assurance-vie et nos conseils de placement de l'orthophoniste.
Réviser l'arbitrage micro-BNC contre réel
La consolidation est aussi le moment de revérifier le régime fiscal. Si vos frais ont durablement grimpé au-dessus de 34 % des recettes (loyer plus élevé, embauche, gros investissement de cabinet), le passage au réel(déclaration 2035) devient gagnant. Mais pour beaucoup d'orthophonistes aux frais faibles, le micro reste optimal : on ne change pas par principe, on change parce que le calcul le dit. Rappel : comme vos actes sont exonérés de TVA (article 261-4-1°), vous ne récupérez aucune TVA — tout se raisonne en TTC.
Immobilier : RP d'abord, locatif et SCPI au second rang
Vient ensuite la diversification hors du cabinet. L'immobilier de rapport vient toujours après la RP : locatif nu avec déficit foncier (PS fonciers à 17,2 %, la hausse de CSG 2026 ayant épargné le foncier), ou LMNP qui amortit le bien (loyers meublés à 18,6 %), à doser pour ne pas saturer l'endettement. Les SCPI permettent d'accéder à l'immobilier sans gestion, en complément. Voyez l'immobilier du professionnel libéral.
Protéger la famille : le réflexe de la quarantaine
50-62 ans — L'accélération : le PER seulement si la TMI le justifie
La cinquantaine est, financièrement, votre meilleure fenêtre pour épargner : les crédits de RP s'allègent, les enfants deviennent autonomes, le revenu — et la TMI — sont au plus haut. Entre 50 et 62 ans, on a une fenêtre courte pour combler ce que la CARPIMKO ne paiera pas. Mais attention : l'outil d'accélération dépend de votre tranche d'imposition.
Maximiser le PER — uniquement si votre TMI est à 30 %
C'est ici que se joue la spécificité de l'orthophoniste. Si votre revenu vous place à TMI 30 % (BNC autour de 50 000 € ou plus, parfois grâce à un conjoint), le PER de l'article 154 bis devient enfin intéressant : chaque euro déduit « rapporte » 30 %, et vous récupérerez plus tard, à la retraite, où la pension CARPIMKO vous fait souvent redescendre à 11 %. Le plafond se calcule alors sur votre bénéfice (voir le cas Camille plus bas). Mais si vous êtes restée à TMI 11 %, on ne se précipite pas sur le PER : l'avantage serait repris à la sortie. On continue alors d'alimenter l'assurance-vie et le PEA. Le détail du calcul figure dans notre guide PER orthophoniste et retraite CARPIMKO.
Arbitrage de l'épargne et anticipation de la cession
Côté épargne, on arbitre entre SCPI (pour préparer des revenus complémentaires réguliers à la retraite) et assurance-vie (souplesse et transmission). Et l'on commence à anticiper la cessionde la patientèle : elle ne se prépare pas le jour du départ ; les exonérations de plus-value dépendent de conditions de durée et de seuils (activité d'au moins 5 ans, recettes, calendrier de liquidation) qu'il faut sécuriser cinq à dix ans avant. C'est l'objet de la phase suivante.
La CARPIMKO remplace mal le revenu : c'est l'enjeu de la phase
62-67 ans — La cession et la liquidation CARPIMKO
C'est le moment de récolter ce que toute la trajectoire préparait : céder la patientèle dans les meilleures conditions fiscales, liquider la CARPIMKO, et organiser la transition. La bonne nouvelle, pour une orthophoniste, c'est que la plus-value de cession est très souvent totalement exonérée — impôt sur le revenu ET prélèvements sociaux.
Les trois régimes d'exonération de la plus-value
Trois dispositifs peuvent jouer pour une patientèle d'orthophoniste (ils sont alternatifs : on retient celui qui exonère le plus) :
| Régime | Critère | Seuil d'exonération totale | Effet |
|---|---|---|---|
| 151 septies | Recettes annuelles | ≤ 90 000 € (dégressif jusqu'à 126 000 €) | IR + PS exonérés |
| 238 quindecies | Valeur de cession | ≤ 500 000 € (dégressif jusqu'à 1 000 000 €) | IR + PS exonérés |
| 151 septies A | Départ en retraite | Pas de plafond de valeur | IR exonéré, PS 18,6 % dus |
Pour une orthophoniste, l'exonération est presque toujours totale
Liquider la CARPIMKO et le cumul emploi-retraite
En parallèle de la cession, on liquide la retraite CARPIMKO (régime de base, complémentaire, ASV des conventionnés). Beaucoup d'orthophonistes ne s'arrêtent pas net : le cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en gardant quelques vacations. Sous conditions (liquidation de tous les régimes, âge du taux plein), le cumul est intégral et peut, depuis 2023, générer de nouveaux droits dans une certaine limite. Cela lisse la baisse de revenu et permet une transmission progressive de la patientèle. Les modalités exactes sont à confirmer auprès de la CARPIMKO.
Attention au calendrier du 151 septies A
Trois cas chiffrés : Claire (30), Camille (45), Hélène (60)
Trois orthophonistes, trois âges, trois bonnes décisions — chiffrées. Montants arrondis et illustratifs, non opposables.
Cas 1 — Claire, 30 ans, orthophoniste en EI, BNC 38 000 €, TMI 11 %
Régime : au micro-BNC, sa base imposable est de 38 000 − 34 % = 25 080 €. Au réel, ses frais réels (~6 000 €) donneraient une base de 32 000 € : le micro est nettement gagnant.
Priorité 1 — précaution : 4 mois de charges sur un compte à terme.
Priorité 2 — prévoyance Madelin : souscrite (IJ courte carence + maternité + invalidité professionnelle + décès).
Priorité 3 — PAS de PER : à TMI 11 %, déduire 4 806 € n'économiserait que ~529 € d'impôt, repris à la sortie. Elle place plutôt sur une assurance-vie en unités de compte et ouvre un PEA — souples, disponibles, et qui préservent sa capacité d'emprunt pour la RP.
Leçon : à 30 ans et à TMI 11 %, on protège le revenu et on épargne long (AV/PEA), on ne défiscalise pas.
Cas 2 — Camille, 45 ans, orthophoniste au réel, BNC 50 000 €, TMI 30 %
Le PER devient pertinent :
Plafond PER de Camille (BNC 50 000 €, PASS 2026 = 48 060 €)
10 % x 50 000 = 5 000 EUR + 15 % x (50 000 - 48 060) = 15 % x 1 940 = 291 EUR ----------------------------------------------- Plafond 154 bis ≈ 5 291 EUR (plancher garanti : 4 806 EUR)
À TMI 30 %, déduire 5 291 € représente de l'ordre de 1 587 € d'impôt en moins. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER seront de 18,6 % à la sortie. Le plancher de 4 806 € est garanti même si le bénéfice est faible.
Note de méthode : ce gain d'impôt de ~1 587 € suppose une TMI de 30 % stable ; il fond si la tranche baisse, et la déduction est différée, pas effacée (le capital sera réimposé à la sortie). On chiffre toujours sur le bénéfice réel de l'année.
Leçon :à 45 ans et à TMI 30 %, le PER devient un vrai levier — mais il s'ajoute à l'AV et au PEA, il ne les remplace pas.
Cas 3 — Hélène, 60 ans, cède sa patientèle 35 000 €, recettes 52 000 €
Plus-value de cession : recettes de 52 000 € (< 90 000 €) → 151 septies : exonération totale, IR et prélèvements sociaux. Valeur de 35 000 € (< 500 000 €) → 238 quindecies : exonération totale également. La plus-value d'Hélène est donc exonérée d'IR et de PS : 0 € d'impôt, 0 € de prélèvements sociaux. Le 151 septies A (qui laisse les PS de 18,6 % dus) ne la concerne pas, ses seuils étant largement respectés.
Droits d'enregistrement (à la charge de l'acquéreur, art. 719) : sur 35 000 €, soit 3 % × (35 000 − 23 000) = 360 € payés par le repreneur, pas par Hélène.
Transition : elle liquide la CARPIMKO et garde quelques vacations en cumul emploi-retraite.
Leçon : une patientèle d'orthophoniste dans les seuils se cède le plus souvent sans IR ni PS ; c'est l'aboutissement chiffré de toute la feuille de route. La vigilance porte sur le calendrier (activité ≥ 5 ans).
Comment lire ces trois cas (note de méthode)
Chiffrer votre propre trajectoire d'orthophoniste
Arbitrage micro/réel, AV vs PER selon votre TMI, plafond PER, simulation de cession exonérée : un CGP indépendant met des chiffres sur votre phase de carrière et vous donne l'ordre des priorités.
Le piège du PER à TMI basse : pourquoi l'assurance-vie gagne
C'est lepoint qui distingue la stratégie de l'orthophoniste de celle d'un haut revenu. On entend partout que le PER « défiscalise ». C'est vrai — mais à TMI 11 %, l'avantage est si faible et si vite repris qu'il ne justifie généralement pas de bloquer son épargne jusqu'à la retraite.
La mécanique : un avantage repris à la sortie
Le PER déduit votre versement à l'entrée (à votre TMI), mais il réimpose le capital à la sortie (à votre TMI de retraité) et soumet les gains à 18,6 % de prélèvements sociaux. Si votre TMI est la même à l'entrée et à la sortie — ce qui est fréquent pour une orthophoniste dont la pension reste dans la tranche à 11 % —, l'avantage fiscal net est presque nul, et il a fallu accepter un blocage de l'épargne pendant des années. Le PER n'est gagnant que si l'on déduit à 30 % (ou plus) pour récupérer à 11 % à la retraite : ce qui rapporte, ce n'est pas de déduire, c'est de déduire à 30 % pour récupérer à 11 % — tout est dans cet écart de TMI.
PER vs assurance-vie à TMI 11 % : la démonstration
Versement de 5 000 EUR a TMI 11 % PER : economie d'impot a l'entree = 11 % x 5 000 = 550 EUR mais a la sortie : capital reimpose (souvent ~11 %) + gains soumis a 18,6 % de PS => avantage net quasi nul si la TMI ne baisse pas Assurance-vie : pas de deduction a l'entree mais PS a 17,2 % (et non 18,6 %) + abattement 4 600 / 9 200 EUR apres 8 ans + epargne DISPONIBLE (pas de blocage retraite) + transmission optimisee (art. 990 I)
À TMI 11 %, l'assurance-vie l'emporte presque toujours : souplesse, prélèvements sociaux plus bas, abattement après 8 ans et transmission. Le PER ne reprend l'avantage qu'à partir d'une TMI de 30 % à l'entrée pour 11 % à la sortie.
Assurance-vie (TMI basse)
Points forts
- Épargne disponible à tout moment (pas de blocage)
- Prélèvements sociaux à 17,2 % (et non 18,6 %)
- Abattement 4 600 / 9 200 € sur les gains après 8 ans
- Transmission optimisée (art. 990 I)
Points de vigilance
- Pas de déduction à l'entrée
PER (intéressant surtout à TMI 30 %+)
Points forts
- Déduction à l'entrée = votre TMI (vrai gain à 30 %+)
- Pertinent si la TMI baisse à la retraite
Points de vigilance
- Épargne bloquée jusqu'à la retraite
- Capital réimposé à la sortie + PS 18,6 % sur les gains
- À TMI 11 %, avantage net quasi nul
La règle à retenir : le PER « se mérite par la TMI »
La cession, aboutissement de toute la feuille de route
Revenons à la troisième règle d'or, car elle éclaire toute la trajectoire : chaque phase préparait la cession. Une patientèle solide, c'est le fruit d'une carrière entière de soins, de bouche-à-oreille et d'adressage par les médecins, les écoles et les familles : on ne fabrique pas une patientèle d'orthophoniste en deux ans. Et la fiscalité de sa cession récompense la durée (activité ≥ 5 ans) et la mesure (recettes sous 90 000 €). L'orthophoniste qui a suivi sa feuille de route arrive à 62 ans avec une patientèle valorisée, une assurance-vie et un PEA bien remplis, peut-être un PER si sa TMI l'a justifié, et une cession exonérée d'IR et de PS : trente ans de séances se convertissent enfin en capital pour la retraite.
Patientèle (actif professionnel BNC)
Points forts
- Plus-value très souvent exonérée d'IR (151 septies, 238 quindecies)
- Quand l'IR est exonéré (151 septies, 238 quindecies), les PS le sont aussi
- Recettes < 90 000 € : exonération totale fréquente chez l'orthophoniste
- Droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur (art. 719)
Points de vigilance
- Exonération conditionnée à la durée et aux seuils
- Hors exonération (151 septies A seul), PS à 18,6 % dus
Parts de société (SELARL)
Points forts
- Pertinent seulement pour de rares hauts revenus
Points de vigilance
- Prélèvements sociaux à 18,6 % sur la cession de parts
- Régime de cession différent (plus-value de titres)
- Quasi jamais justifié chez l'orthophoniste
Le piège à éviter : confondre patientèle et parts de société
Les garde-fous : CARPIMKO, TVA, seuils de cession
Trois rappels qui reviennent à chaque rendez-vous d'orthophoniste, parce que ce sont celles qui peuvent vous coûter une exonération de cession ou une rente d'invalidité dérisoire.
CARPIMKO, et seulement CARPIMKO
Pour la retraite et la prévoyance obligatoire, l'orthophoniste relève de la CARPIMKO. Toute simulation qui parle de CARMF, de CARCDSF, de CAVP ou de CIPAV est fausse pour une orthophoniste : les paramètres, les taux et les prestations diffèrent d'une caisse à l'autre. C'est le garde-fou n°1.
TVA : un coût, pas une charge récupérable
Vos actes de soins sont exonérés de TVA (article 261-4-1° CGI), car vous êtes un auxiliaire médical. Vous ne facturez pas de TVA, mais vous n'en récupérez pas non plus : votre matériel, vos consommables, votre éventuel véhicule vous coûtent leur prix TTC. Raisonnez toujours en TTC quand vous budgétez un équipement. (À la différence de l'ostéopathe, qui n'est pas une profession de santé au sens du Code de la santé publique et relève d'un autre régime.)
Les bons seuils de cession (prestations de services)
L'orthophoniste rend des prestations de services : les seuils d'exonération du 151 septies sont 90 000 € (total) et 126 000 € (dégressif) — surtout pas les seuils de 250 000 / 350 000 € qui visent les ventes de marchandisesdu commerce. Confondre les deux, c'est se croire exonéré à 120 000 € de recettes (seuil commerce) alors qu'on est déjà en zone dégressive depuis 90 000 € (seuil services). En cas de doute, on cale chaque calcul à la source et avec l'expert-comptable.
La feuille de route, en une phrase

