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Guide orthophonistes 202614 minMis à jour 11 juin 2026Taux de remplacement ~30-40 %

Retraite CARPIMKO de l'orthophoniste : à quelle pension vous attendre (et combien vous perdez)

Le jour de votre départ, la CARPIMKO ne remplacera sans doute que 30 à 40 % de votre dernier revenu — pour une chute de pouvoir d'achat de 60 à 70 %. La raison n'est pas votre carrière, elle est arithmétique : votre retraite de base est plafonnée à environ 384 € de droits acquis par an, et au 1er janvier 2026 votre complémentaire change de règle (100 % proportionnel, 8,70 %), au détriment des revenus modérés. Ajoutez le temps partiel fréquent et les carrières fractionnées entre salariat et libéral, qui dispersent vos trimestres : la pension décroche encore. Dans ce guide, je vous montre le vrai montant, le « trou » à combler et par quel bout le prendre. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE ORTHOPHONISTE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant qu'il ne soit trop tard

Audit de votre situation d'orthophoniste libéral : estimation de votre taux de remplacement CARPIMKO, prise en compte du temps partiel et des années salariées, dimensionnement du trou à combler, choix de l'enveloppe selon votre TMI (assurance-vie ou PER), et préparation de la cession de la patientèle comme capital de sortie. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Carrière mixte salariat-libéral analysée
  • Enveloppe choisie selon votre TMI
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT ESTIMÉ

souvent 30-40 %

DROITS DE BASE / AN (MAX)

≈ 384 €

COMPLÉMENTAIRE 2026

8,70 % proportionnel

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

CAISSE DE L'ORTHOPHONISTE

CARPIMKO (pas la CARMF)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite de l'orthophoniste en 30 secondes

Le constat en 30 secondes

Votre retraite obligatoire a trois étages, tous gérés par la CARPIMKO : le régime de base CNAVPL (plafonné à ~384 € de droits par an au plus), le régime complémentaire CARPIMKO (réformé au 1er janvier 2026 : 100 % proportionnel, 8,70 %) et l'ASV / PCV de l'orthophoniste conventionné (cofinancée par l'Assurance maladie). Conséquence : pour des revenus modérés, souvent du temps partiel et des carrières fractionnées, votre taux de remplacement tombe souvent entre 30 et 40 % de votre dernier revenu (à vérifier sur carpimko.fr). Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

C'est un mauvais calcul que je vois passer souvent. Pendant toute votre carrière, vous versez à la CARPIMKO des cotisations qui pèsent dans votre trésorerie — et le jour venu, votre pension ne couvrira sans doute qu'un tiers à 40 % de votre dernier revenu d'activité. Pour un orthophoniste à 45 000 € de bénéfice, le trou tourne souvent autour de 1 500 à 2 000 € par mois entre votre dernier revenu et votre pension (nous le chiffrerons section 8). La CARPIMKO fait son travail : elle vous verse un socle. Le malentendu, c'est de croire qu'un socle suffit à tenir votre niveau de vie ; elle a été conçue pour ça, pas pour maintenir votre train de vie. Et comme l'orthophoniste a des revenus modérés, la base — qui plafonne très vite — ne peut pas faire grand-chose pour lui.

Comme en rendez-vous : on chiffre d'abord le trou, on regarde ensuite comment le boucher — en aperçu, car le détail des solutions est traité dans le guide dédié au PER de l'orthophoniste pour combler le déficit de retraite. L'orthophoniste est un auxiliaire médical conventionné (article L. 640-1 du CSS), affilié à la section CARPIMKO de la CNAVPL (article L. 641-1) : c'est cette caisse, et aucune autre, qui gère ses droits.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur votre espace carpimko.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : le plafonnement de la base à 582 points par an. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2ARCHITECTURE·3 MIN

Les trois étages de votre retraite, tous gérés par la CARPIMKO

Le sigle qui dit tout : le 2ᵉ « O » de CARPIMKO, c'est Orthophonistes

Commençons par lever toute ambiguïté sur la caisse. La CARPIMKO, c'est la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes : le deuxième « O » du sigle, c'est vous. Vous relevez donc de la même caisse, des mêmes taux et des mêmes barèmes que l'infirmière libérale et le kinésithérapeute — et jamais de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes et sages-femmes), de la CAVP (pharmaciens) ni de la CIPAV (ostéopathes). C'est un point qui rassure : tout ce qui est vrai pour le kiné ou l'infirmière en matière de mécanique de pension l'est aussi pour vous. La différence, on le verra, se joue sur le revenu, pas sur les règles.

Trois régimes qui n'obéissent pas aux mêmes règles

La base CNAVPL (L. 642-1) est par points et fortement plafonnée. La complémentaire CARPIMKO (L. 644-1) est par points elle aussi, mais devenue 100 % proportionnelle au 1er janvier 2026 (8,70 % de 0,5 à 3 PASS). L'ASV / PCV (L. 645-1) ne concerne que le praticien conventionné et est cofinancée par l'Assurance maladie. S'y ajoute un socle invalidité-décès (L. 644-2). Additionnez les trois et vous obtenez votre pension. Le hic : aucun n'a été pensé pour vous faire vivre comme avant.
Les régimes obligatoires de l'orthophoniste à la CARPIMKO, valeurs au 1er janvier 2026. Les valeurs de point et les barèmes de cotisation sont des ordres de grandeur à confirmer sur carpimko.fr.
ÉtageRégimeBase légaleMécanique 2026 (ordre de grandeur)
1Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS · ~384 €/an de droits max (582 pts × 0,6599 €)
2Complémentaire CARPIMKO (réformée 2026)CSS L. 644-18,70 % proportionnel sur 0,5 à 3 PASS (24 030 à 144 180 €) · point ≈ 21,48 €
3ASV / PCV (conventionnés)CSS L. 645-1Forfait ~224 € praticien + ~0,40 % · Assurance maladie ~2/3 · point ≈ 1,50 €
+Invalidité-décèsCSS L. 644-2Forfait ~1 022 € · IJ ~55,44 €/j dès le 91e jour

La formule unique des trois étages

Pension d un regime = points acquis
                     x valeur de service du point
                     x taux de liquidation

   - points acquis : proportionnels a la cotisation versee
                      (donc au benefice declare), cumules sur la carriere
   - valeur de service du point : fixee chaque annee par regime
                      (base 0,6599 EUR ; complementaire ~21,48 EUR)
   - taux de liquidation : 100 % au taux plein,
                      minore par la decote, majore par la surcote

Cette formule est la même pour l'orthophoniste, le kiné et l'infirmière : c'est le nombre de points — donc le revenu cotisé sur toute la carrière — qui fait l'écart. À revenu modéré, on accumule moins de points : la pension est mécaniquement plus basse.

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice non commercial, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis (voir section 10) : l'un est une charge sociale obligatoire déductible, l'autre une épargne volontaire déductible dans une enveloppe limitée. L'affiliation, elle, est d'ordre public : vous ne choisissez pas d'y échapper. La seule variable que vous maîtrisez, c'est l'étage facultatif que vous construisez à votre nom.

Cette logique du système par points n'est pas propre à l'orthophoniste : elle est commune à toutes les caisses libérales. Pour la vue d'ensemble, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

§ 3ÉTAGE 1 — LA BASE·2 MIN

Étage 1 : une retraite de base structurellement plafonnée

S'il y a un chiffre à garder en tête, c'est lui. Le régime de base CNAVPL (article L. 642-1 du CSS) attribue des points selon deux tranches : jusqu'à 557 points pour la part de revenu allant jusqu'à 1 PASS, et 25 points pour la part de 1 à 5 PASS. Au-delà de 5 PASS de revenu, vous butez sur 582 points par an, pas un de plus. Or à 0,6599 € le point, ces 582 points ne valent que…

Le plafonnement de la retraite de base CNAVPL

Points de base = 582 points / an au maximum
   (557 points sur la tranche 1, jusqu a 1 PASS
    + 25 points sur la tranche 2, de 1 a 5 PASS)

Valeur de service du point de base (01/01/2026) = 0,6599 EUR

Droits de base acquis = 582 x 0,6599
                      = environ 384 EUR / an au plus

Deux orthophonistes, l'un à 40 000 € et l'autre à 120 000 € de bénéfice, acquièrent quasiment les mêmes droits de base : la base est construite pour plafonner. Prise isolément, elle ne sert qu'un montant minuscule. C'est mécanique : aucun comptable ne peut récupérer ce que le plafond bloque — c'est la complémentaire (section 4) qui doit porter l'essentiel de la pension.

Pour l'orthophoniste, le piège n'est même pas le plafond des 5 PASS — ses revenus ne l'atteignent jamais — mais la faiblesse intrinsèque de la base : avec un revenu modéré, on n'atteint même pas les 557 points de la première tranche, et le socle de base reste donc minuscule. C'est la complémentaire qui fait le gros du travail, et c'est précisément elle qui change de règle en 2026.

Ne confondez pas valider un trimestre et acquérir des points

Deux mécaniques distinctes, souvent mélangées. Valider un trimestre dépend d'un seuil de revenu : il suffit d'environ 1 803 € de revenu cotisé pour valider un trimestre, et 4 trimestres par an dès que le revenu dépasse ~7 200 € (ordres de grandeur 2026, à confirmer). Acquérir des points, en revanche, est proportionnel à tout votre revenu : plus vous cotisez, plus vous accumulez de points. Conséquence pour l'orthophoniste à temps partiel : il peut valider ses 4 trimestres (utile pour l'âge du taux plein) tout en accumulant peu de points (donc une petite pension). On peut avoir une carrière « complète » en durée et pauvre en montant.
§ 4ÉTAGE 2 — L'ACTUALITÉ 2026·3 MIN

Étage 2 : la complémentaire a changé de règle au 1er janvier 2026

La vraie nouveauté 2026, c'est celle-ci : beaucoup de mes clients orthophonistes ignorent ce changement, qui les concerne pourtant directement. Le régime complémentaire (article L. 644-1 du CSS) fonctionnait jusqu'ici sur un système mixte : une cotisation forfaitaire (de l'ordre de 2 312 €) qui ouvrait droit à huit points attribués automatiquement, complétée d'une part proportionnelle. Au 1er janvier 2026, ce forfait et les huit points automatiques disparaissent.

Ce que la réforme change, ligne à ligne

Depuis le 1er janvier 2026, la complémentaire CARPIMKO devient 100 % proportionnelle : 8,70 % de cotisation sur une assiette comprise entre 0,5 et 3 PASS (24 030 à 144 180 €), soit une cotisation d'environ 2 091 € au plancher et 12 544 € au plafond. Résultat : un point se gagne désormais à la seule force de la cotisation versée. Les petits revenus, qui profitaient du socle des huit points automatiques, en acquièrent moins qu'avant ; vous cotisez désormais en proportion, ni plus ni moins. (Paramètres 2026 à confirmer sur carpimko.fr.)

Avant le 1er janvier 2026

Points de vigilance

  • Cotisation forfaitaire (~2 312 €) identique pour tous
  • 8 points attribués automatiquement chaque année
  • Le forfait amortissait les petits revenus
  • Plus une part proportionnelle au-dessus

Depuis le 1er janvier 2026

Points forts

  • 100 % proportionnel : taux unique de 8,70 %
  • Assiette de 0,5 à 3 PASS (24 030 à 144 180 €)
  • Plus aucun point « gratuit » : tout vient de la cotisation
  • Pénalise les revenus modérés et le temps partiel

La complémentaire reste de loin l'étage qui porte l'essentiel de votre future pension — mais elle reste plafonnée à 3 PASS, un plafond qu'un orthophoniste n'atteint jamais, et la valeur de service de son point (de l'ordre de 21,48 € en 2026, à vérifier sur carpimko.fr ; 21,28 € en 2025) est revalorisée chaque année par le conseil d'administration, sans garantie qu'elle suive l'inflation. C'est le propre d'un régime par répartition : vous payez aujourd'hui pour les pensions d'aujourd'hui, et vos droits futurs dépendent de décisions futures.

Pourquoi cette réforme touche l'orthophoniste de plein fouet

Quand un régime par répartition resserre ses règles, c'est rarement pour distribuer davantage. Ce passage au 100 % proportionnel fait disparaître un avantage dont bénéficiaient justement les petits revenus — c'est-à-dire le cœur de la profession d'orthophoniste, souvent à temps partiel. C'est un signal de plus que le système est sous tension budgétaire. La conclusion patrimoniale est simple : la seule jambe de retraite que vous maîtrisez vraiment, c'est celle que vous capitalisez à votre nom (sections 10 et 11).
§ 5ÉTAGE 3 — L'ATOUT DU CONVENTIONNÉ·2 MIN

Étage 3 : l'ASV, l'avantage du conventionné (et sa limite)

On monte au troisième étage — et là, pour une fois, le système joue en votre faveur. L'ASV — l'avantage social vieillesse, qu'on appelle aussi PCV, prestation complémentaire de vieillesse (article L. 645-1 du CSS) — est réservée à l'orthophoniste conventionné, c'est-à-dire à l'immense majorité de la profession (vos actes sont remboursés par l'Assurance maladie). Son intérêt : l'Assurance maladie en finance environ les deux tiers. Sur un forfait global de l'ordre de 671 €, vous n'acquittez vous-même qu'environ 224 €, le reste (~447 €) étant pris en charge par la caisse, à quoi s'ajoute une part proportionnelle modeste (~0,40 %) sur vos revenus conventionnels.

Un avantage réel, mais modeste — et conditionnel

C'est un vrai bonus du conventionnement : une partie de votre troisième étage est financée par la collectivité, et le Conseil d'État a confirmé que la part de l'Assurance maladie représente le double de la vôtre (CE 28 décembre 2017, n° 401954). Mais ne le surestimez pas : la valeur de point de l'ASV reste faible (de l'ordre de 1,50 €, à confirmer sur carpimko.fr), et cet étage ne comble pas l'écart entre votre pension et votre dernier revenu. Ça aide, mais ça ne rebouche pas le trou. Et il est conditionnel : si vous vous déconventionnez, vous perdez le cofinancement de l'Assurance maladie. C'est d'ailleurs un avantage que l'ostéopathe, non conventionné, n'a pas du tout.

Faites le total des trois étages — base maigre, complémentaire plafonnée, ASV modeste — et vous obtenez une pension qui, en proportion de votre dernier revenu, plonge. C'est ce que les cas chiffrés de la section 8 vont rendre tangible. Mais avant, il faut comprendre pourquoi, à caisse égale, l'orthophoniste s'en sort moins bien que le kiné.

§ 6ÂGE & DÉCOTE·3 MIN

Âge, taux plein, décote : le calendrier qui décide de votre pension

Le montant de votre pension ne dépend pas que du nombre de points : il dépend aussi de l'âge auquel vous liquidez. Et c'est là que les carrières d'orthophoniste se font piéger, parce qu'elles mêlent souvent salariat et libéral : il faut compter ses trimestres tous régimes confondus.

Partir avant 67 ans sans la durée requise = décote + années perdues

L'âge légal de départ se relève progressivement de 62 à 64 ans selon votre année de naissance (réforme de 2023), mais le calendrier de ce relèvement est gelé par la LFSS 2026 : les bornes par génération sont à confirmer. Le repère stable, lui, est le taux plein automatique à 67 ans (172 trimestres requis pour le taux plein avant cet âge, générations à partir de 1965). Partir plus tôt sans la durée requise déclenche une décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit -25 % au maximum — et cette minoration est définitive. À l'inverse, travailler au-delà de l'âge légal et du taux plein ouvre une surcote du régime de base d'environ 1,25 % par trimestre supplémentaire (à confirmer).

Le coût d'un départ avec des trimestres manquants

Trimestres manquants pour le taux plein : 8
Coefficient de decote : 1,25 % par trimestre

Decote = 8 x 1,25 % = -10 % a vie

Sur une pension de 1 050 EUR / mois :
   1 050 x 10 % = -105 EUR / mois, definitif
   + les annees de cotisation non effectuees

J'ai vu une orthophoniste arriver à 64 ans persuadée d'avoir son compte : il lui manquait deux ans de trimestres oubliés sur ses débuts salariés, dispersés entre le régime général et la CARPIMKO. Recalez vos relevés tous régimes bien avant le départ.

La spécificité orthophoniste : compter ses trimestres entre deux régimes

Beaucoup d'orthophonistes débutent salariés (hôpital, centre médico-psychologique, établissement spécialisé) avant de passer en libéral, ou cumulent les deux. Vos trimestres se répartissent alors entre le régime général (vos années salariées) et la CARPIMKO (vos années libérales). Le risque : arriver à 64 ans en pensant avoir le compte, et découvrir qu'il manque des trimestres pour le taux plein. La parade est simple et gratuite : demandez un relevé de carrière tous régimes sur info-retraite.fr, et faites le point plusieurs années avant la date envisagée.
§ 7LA SPÉCIFICITÉ·3 MIN

Pourquoi votre pension sera plus basse qu'un kiné à la même caisse

« Si je suis à la même caisse que le kiné et l'infirmière, pourquoi ma pension serait-elle plus faible ? » Les règles sont identiques ; ce sont les points, proportionnels au revenu, qui changent tout. Et le revenu de l'orthophoniste libéral est structurellement plus modéré.

Un kiné ou une infirmière à plein régime déclarent souvent 70 000 à 90 000 € de bénéfice ; l'orthophoniste libéral tourne plus volontiers autour de 40 000 à 50 000 €. Mêmes taux, même valeur de point : mais avec une assiette deux fois moindre, on accumule deux fois moins de points complémentaires chaque année. Sur une carrière entière, l'écart de pension est considérable. Bref, vous jouez avec les mêmes règles qu'un kiné, mais avec deux fois moins de jetons sur la table.

Le temps partiel : une pension amputée à la racine

L'orthophonie est une profession très féminisée, où le temps partiel est fréquent — choisi pour concilier vie familiale et activité, ou subi faute de patientèle suffisante. Or chaque euro de revenu non déclaré, c'est un point complémentaire non acquis. Une orthophoniste qui exerce à 60 % pendant quinze ans accumule, sur cette période, environ 60 % des points qu'elle aurait acquis à plein temps. La réforme 2026 aggrave l'effet : la fin des huit points automatiques, qui amortissaient justement les petits revenus, frappe d'abord les temps partiels. Et le pire, c'est l'effet retard : on voit tout de suite le revenu présent baisser, mais la facture sur la pension n'apparaît que vingt ans plus tard, quand il est trop tard pour rattraper.

Les carrières fractionnées salariat ↔ libéral

Deuxième spécificité : la carrière mixte. Nombre d'orthophonistes commencent salariés en établissement, basculent en libéral, parfois cumulent les deux, voire reviennent au salariat. Cette mobilité, précieuse pour le métier, fragmente la carrière retraite : vos droits se répartissent entre le régime général (salarié) et la CARPIMKO (libéral), avec un risque réel de carrière incomplète — donc de décote, ou de départ repoussé à 67 ans pour annuler cette décote. Ajoutez qu'en libéral, aucun compte de pénibilité (C2P) ne valide de trimestre : la fatigue accumulée n'ouvre aucun droit. Le diagnostic est donc plus délicat que pour un kiné resté libéral toute sa vie ; il exige de reconstituer la carrière régime par régime.

Même mécanique, on ne réexplique pas tout

La mécanique de calcul détaillée (points, valeur de service, décote) est commune à toute la CARPIMKO : pour ne pas tout redire, voyez les guides jumeaux sur la retraite du kinésithérapeute et la retraite de l'infirmière libérale, à la même caisse. Ce qui vous est propre, c'est le couple revenu modéré + carrière fragmentée : c'est lui qui creuse l'écart, et c'est lui que votre stratégie d'épargne doit viser en priorité.
§ 8LES CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffrés : Camille, Sophie et Hélène

Trois profils pour traduire tout ça en euros par mois : Camille en plein exercice, Sophie à temps partiel, Hélène à carrière mixte. Chiffres au conditionnel, comme toujours dès qu'on parle de pension.

Comment ces personas ont été construits

Ces trois cas sont des illustrations pédagogiques, pas des promesses. Les cotisations sont calculées aux barèmes 2026 (PASS de 48 060 €, base 8,73 %, complémentaire réformée 8,70 %) ; les pensions et les taux de remplacement sont des ordres de grandeur sectoriels pour une carrière complète à ce niveau de revenu. Votre montant réel dépend de votre durée d'assurance, de vos années salariées éventuelles et de l'évolution des valeurs de point : il se lit sur votre RIS et sur le simulateur carpimko.fr. À recalculer pour votre dossier.

Cas 1 — Camille, orthophoniste conventionnée, 62 ans, 45 000 € de BNC

  • Cotisations retraite 2026 (illustratif) : base ≈ 8,73 % × 45 000 ≈ 3 929 € (revenu sous 1 PASS, pas de tranche 2) ; complémentaire réformée ≈ 8,70 % × 45 000 ≈ 3 915 € ; ASV ≈ 224 € (part praticien) ; invalidité-décès 1 022 €. Soit de l'ordre de 9 100 €/an, toutes déductibles du BNC.
  • Points de base cette année : ≈ 557 × (45 000 / 48 060) ≈ 521 points × 0,6599 € ≈ 344 € de droits de base acquis sur l'année — on n'atteint même pas le plafond de 384 €.
  • Pension obligatoire estimée (base + complémentaire + ASV cumulés, carrière pleine à ce niveau de revenu) : souvent de l'ordre de 1 000 à 1 200 €/mois (à affiner sur le RIS et le simulateur carpimko.fr).
  • Taux de remplacement : rapporté à un revenu d'activité d'environ 3 000 €/mois net après cotisations, la pension ne représente plus que de l'ordre de 35 à 40 % du dernier revenu : c'est tout le problème.
  • Le trou à combler : de l'ordre de 1 500 à 2 000 €/mois — c'est exactement ce que la capitalisation à son nom doit reconstruire. À sa TMI (11-30 %), on privilégiera l'assurance-vie et l'immobilier au PER.

Cas 2 — Sophie, orthophoniste à temps partiel, 58 ans, 30 000 € de BNC

  • Complémentaire 2026 : 8,70 % × 30 000 = 2 610 €/an. La fin des huit points automatiques la pénalise directement : à petit revenu, elle acquiert moins de points qu'avant la réforme.
  • Effet du temps partiel : sur l'ensemble de sa carrière, une assiette réduite signifie moins de points cumulés — pension projetée de l'ordre de 850 à 1 000 €/mois.
  • Risque trimestres : à temps partiel, elle peut valider ses trimestres (seuil de revenu atteint) tout en accumulant peu de points : carrière « complète » en durée, pauvre en montant.
  • Leçon : pour elle, on sécurise d'abord la prévoyance (revenu fragile, arrêt maladie ou maternité), puis on met en place une assurance-vie alimentée à son rythme — pas un PER lourd qu'un imprévu obligerait à casser.

Cas 3 — Hélène, 60 ans, carrière mixte (12 ans salariée + 25 ans libérale), 48 000 € de BNC

  • Trimestres dispersés : 12 ans au régime général (salariée en centre) + 25 ans à la CARPIMKO (libérale). Le risque : ne pas réunir les 172 trimestres à 64 ans.
  • Décote possible : s'il lui manque 8 trimestres, c'est -10 % définitif sur sa pension de base et complémentaire — ou un départ repoussé à 67 ans pour l'annuler.
  • Arbitrage : reconstituer la carrière (relevé tous régimes), comparer le rachat de trimestres à la simple capitalisation, et anticiper la cession de la patientèle (recettes < 90 000 € → exonération d'IR au titre du 151 septies, fréquente).
  • Leçon : sa priorité n'est pas un produit, c'est un diagnostic de carrière — qu'on fait toujours en amont du plan d'épargne.
Synthèse des trois personas. Ordres de grandeur illustratifs au conditionnel, à valider sur le RIS et le simulateur carpimko.fr. La « perte » est l'écart estimé entre le dernier revenu d'activité et la pension obligatoire.
PersonaBNCCotisation complémentaire/anPension estimée/moisPerte estimée/mois
Camille (62 ans, plein exercice)45 000 €≈ 3 915 €≈ 1 000 à 1 200 €≈ 1 500 à 2 000 €
Sophie (58 ans, temps partiel)30 000 €≈ 2 610 €≈ 850 à 1 000 €≈ 1 000 à 1 300 €
Hélène (60 ans, carrière mixte)48 000 €≈ 4 176 €≈ 1 050 € (− décote possible)≈ 1 600 à 2 100 €

Comment lire ces cas

Aucun de ces montants n'est garanti : ils servent à poser l'ordre de grandeur du trou, pas à promettre un chiffre. Le vrai montant se lit sur le RIS et sur carpimko.fr. Ce qui est certain et structurel, c'est le mécanisme : base plafonnée à 582 points, complémentaire écrêtée à 3 PASS, et une assiette modérée qui limite les points. Ce trio condamne mécaniquement l'orthophoniste à une pension obligatoire faible en proportion de son revenu.

Reste la question qui compte : combien mettre de côté chaque mois pour combler ce trou ? Le calcul de l'effort d'épargne et du capital cible est détaillé dans le guide PER orthophoniste : défiscaliser et combler le déficit de retraite, et le choix des supports dans le guide où placer ses excédents quand on est orthophoniste libéral.

§ 9LA RÉVERSION·2 MIN

La réversion : ce que touchera votre conjoint

Un mot sur la réversion, sujet souvent oublié dans la préparation de la retraite. À votre décès, votre conjoint peut percevoir une fraction de votre pension — mais les règles de la CARPIMKO réservent quelques pièges qu'il vaut mieux connaître à l'avance.

Taux de réversion par régime à la CARPIMKO, ordres de grandeur à confirmer sur carpimko.fr. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à réversion.
RégimeTaux de réversion (ordre de grandeur)Condition principale
Base CNAVPL≈ 54 %Âge minimum + condition de ressources
Complémentaire CARPIMKO≈ 60 %Mariage requis
ASV / PCV≈ 50 %Mariage requis

Le mariage est requis : PACS et concubinage = 0 €

Point essentiel : à la CARPIMKO, seul le conjoint marié peut prétendre à la réversion. Un partenaire de PACS ou un concubin ne touche rien au titre du régime obligatoire, quelle que soit la durée de vie commune. C'est une raison de plus de construire une épargne transmissible à côté : l'assurance-vie, dont la clause bénéficiaire est librement désignée (conjoint, partenaire de PACS, enfants…) et qui bénéficie de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire de l'article 990 I.

Et même pour un couple marié, ces taux partiels (54 / 60 / 50 %) appliqués à une pension déjà modeste ne reconstituent pas le revenu du ménage. Pour le détail des conditions et du calcul, voyez le guide dédié à la pension de réversion en 2026, et pour l'outil de transmission, le guide de l' assurance-vie comme complément de revenu et levier de transmission.

§ 10LE VRAI CAPITAL·4 MIN

Votre vrai capital retraite n'est pas à la CARPIMKO

C'est souvent à ce moment du rendez-vous que mes clients orthophonistes relâchent les épaules. Tant qu'on regarde la CARPIMKO, on ne voit que des contraintes : cotisations imposées, plafonds figés, réformes décidées sans vous. Le vrai capital retraite de l'orthophoniste, lui, se construit à côté, et vous en gardez la main. Quatre familles de leviers, à empiler selon votre situation et — c'est essentiel ici — selon votre tranche d'imposition.

Ce que fait la CARPIMKO

Points de vigilance

  • Régime obligatoire, par répartition
  • Base plafonnée (~384 €/an), complémentaire écrêtée à 3 PASS
  • Ne suit pas vos revenus : taux de remplacement 30-40 %
  • Règles réformées sans vous (complémentaire 2026)
  • Réversion partielle, réservée au conjoint marié

Ce que vous construisez à votre nom

Points forts

  • Assurance-vie : disponibilité et transmission (990 I)
  • PER / Madelin : déduction 154 bis, utile dès la TMI à 30 %
  • Immobilier et SCPI : un revenu régulier à la retraite
  • Cession de la patientèle : un capital de fin de carrière
  • Des leviers que vous pilotez et calibrez sur votre trou réel

Le PER : utile, mais pas pour tout le monde

Le PER / Madelin (article 154 bis du CGI) déduit vos versements à l'entrée, dans une enveloppe de 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026). Mais soyons honnêtes : à une TMI de 11 %, le PER rapporte peu. L'avantage à l'entrée ne vaut que 11 % d'économie d'impôt, et il est en partie repris à la sortie (capital réimposé, gains soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %). Pour un orthophoniste imposé à 11 %, l'assurance-vie et le PEA sont souvent préférables. Le PER redevient vraiment intéressant à partir de la tranche à 30 %, ou pour lisser une année exceptionnelle. À noter : le PER ne valide ni point ni trimestre à la CARPIMKO, et le versement reste dans l'assiette de vos cotisations sociales (article L. 131-6 du CSS). Le détail : PER orthophoniste, défiscaliser et combler le déficit de retraite et le guide complet du Plan d'épargne retraite.

L'assurance-vie : la brique reine pour un revenu modéré

Pour un orthophoniste à TMI 11-30 %, l'assurance-vie est souvent le pilier : souplesse totale (versements et retraits libres), fiscalité douce après 8 ans, et surtout un atout transmission qui corrige l'angle mort de la réversion — abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I), 30 500 € au-delà (article 757 B), avec des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %. La clause bénéficiaire étant libre, elle protège aussi un partenaire de PACS, exclu de la réversion CARPIMKO. Voyez le guide assurance-vie pour la retraite et la transmission et nos pistes de placement pour l'orthophoniste libéral.

L'immobilier et les SCPI : un revenu régulier

Troisième brique, l'immobilier — en direct ou via des SCPI — pour se constituer un revenu complémentaire récurrent à la retraite, qui prend le relais du revenu d'activité. C'est l'étage « rente » du plan. Pour le cadre propre au professionnel libéral, voyez l'immobilier du professionnel libéral et les SCPI comme complément de revenu à la retraite.

La cession de la patientèle : le levier oublié

L'orthophoniste a un actif que le salarié n'a pas : la valeur de cession de sa patientèle. Et côté impôts, il est plutôt bien loti. L'activité étant une prestation de services en BNC, elle relève de l'article 151 septies : l'exonération de la plus-value est totale si les recettes sont inférieures ou égales à 90 000 € (dégressive jusqu'à 126 000 €), pour une activité exercée depuis au moins 5 ans. Pour l'orthophoniste médian, souvent sous ce seuil, la cession est fréquemment exonérée d'impôt sur le revenu. S'y ajoutent l'article 238 quindecies (exonération selon la valeur de cession, totale ≤ 500 000 €) et l'article 151 septies A (départ en retraite : IR exonéré, mais prélèvements sociaux dus).

Cession de patientèle = PS 18,6 %, jamais 17,2 %

Attention au piège des prélèvements sociaux 2026. Depuis la LFSS 2026, la CSG du capital est passée à 10,6 % : la plus-value professionnelle de cession d'une patientèle BNC supporte désormais 18,6 % de prélèvements sociaux. Et le Conseil d'État a confirmé qu'ils restent dus même quand l'IR est exonéré au titre du 151 septies A (CE 12 octobre 2018, n° 401292). Le taux de 17,2 % ne vaut pas ici : il est désormais réservé à l'assurance-vie, aux revenus fonciers nus et aux plus-values immobilières des particuliers (liste limitative de l'article L. 136-8 IV du CSS). Le mécanisme complet — assiette, calendrier des 24 mois, articulation des régimes — est détaillé dans le guide céder sa patientèle d'orthophoniste : plus-value et exonérations, et le cadre général dans la plus-value de cession d'un cabinet libéral.

La dualité des prélèvements sociaux 2026

Un point technique qui change le classement des enveloppes. Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % par principe : les gains du PER à la sortie et les plus-values professionnelles de cession (dont la cession de patientèle BNC) supportent désormais 18,6 %. Ne restent à 17,2 % que les revenus expressément listés par l'article L. 136-8 IV du CSS : l'assurance-vie et la capitalisation, les revenus fonciers (location nue) et les plus-values immobilières des particuliers, les PEL/CEL. Le détail : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

Note de méthode : ce que vaut une projection de capitalisation

Dès qu'on capitalise, on raisonne sur des hypothèses de rendement, jamais sur des promesses. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER, une assurance-vie en unités de compte, des SCPI ou de l'immobilier comportent un risque de perte en capital. Ce qui reconstruit le capital, ce n'est pas le rendement de telle ou telle année, c'est le nombre d'années pendant lesquelles vous versez : un orthophoniste qui commence à 40 ans part avec une longueur d'avance énorme sur celui qui s'y met à 55. Toute projection chiffrée doit être recalculée pour votre dossier, avec votre conseiller et votre expert-comptable.
§ 11PASSER À L'ACTION·2 MIN

Votre feuille de route en 5 étapes

Voici l'ordre dans lequel j'attaque le sujet en rendez-vous, étape par étape : rien de théorique, c'est la trame réelle d'un dossier d'orthophoniste.

  1. Demandez votre RIS et votre relevé de carrière tous régimes (carpimko.fr et info-retraite.fr) et chiffrez votre pension réelle estimée — pas la moyenne sectorielle, la vôtre. C'est l'étape clé si votre carrière mêle salariat et libéral.
  2. Calculez le trou mensuel entre cette pension et votre revenu d'activité actuel : c'est votre objectif de reconstruction.
  3. Sécurisez d'abord la prévoyance — arrêt maladie, maternité, invalidité : dans une profession féminisée et souvent à temps partiel, le revenu est fragile, et un imprévu ne doit pas vous forcer à casser votre épargne. Voir la prévoyance du libéral pour sécuriser arrêts de travail et maternité.
  4. Choisissez l'enveloppe selon votre TMI : assurance-vie et PEA si vous êtes à 11 %, PER quand vous passez à 30 %. Calibrez l'effort d'épargne sur votre trou réel (voir le guide PER de l'orthophoniste).
  5. Intégrez la cession de la patientèle au plan de sortie : conditions des 5 ans, fenêtre des 24 mois, exonération d'IR fréquente (151 septies), mais PS 18,6 % à provisionner.
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Sources et références légales

  • Les trois régimes obligatoires de l'orthophoniste (CARPIMKO)

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation des auxiliaires médicaux, dont les orthophonistes, à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CARPIMKO est la section des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes — jamais la CARMF, la CARCDSF ni la CIPAV). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : 8,73 % ≤ 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS, 582 points maximum par an, soit ~384 € de droits à 0,6599 € le point). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CARPIMKO réformé au 01/01/2026 : 100 % proportionnel, 8,70 % sur 0,5 à 3 PASS = 24 030 à 144 180 €). Art. L. 644-2 CSS (invalidité-décès, forfait ~1 022 €, IJ dès le 91e jour). Art. L. 645-1 CSS (ASV / PCV de l'orthophoniste conventionné, cofinancée aux deux tiers environ par l'Assurance maladie, CE 28/12/2017 n° 401954). Valeurs de point et de cotisation 2026 à confirmer sur carpimko.fr.

  • Âge, taux plein et décote (réforme gelée)

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (172 trimestres pour le taux plein avant cet âge). Calendrier du relèvement de l'âge légal gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (-25 % au maximum) ; surcote du régime de base d'environ 1,25 % par trimestre au-delà de l'âge légal et du taux plein. Coefficients à confirmer sur carpimko.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CARPIMKO et reste dans l'assiette des cotisations sociales, art. L. 131-6 CSS). À une TMI de 11 %, le PER rapporte peu : l'assurance-vie et le PEA sont souvent préférables. Art. 163 quatervicies CGI (plafond général PER, report et mutualisation entre conjoints). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € après 70 ans). Art. 197 CGI (barème IR 2026, tranches 0/11/30/41/45 %). BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (cotisations obligatoires déductibles sans limitation). Dualité PS 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403) : 18,6 % sur les gains du PER à la sortie, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et le foncier nu (liste limitative CSS art. L.136-8 IV).

  • La cession de la patientèle comme capital retraite

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes — prestations de services de l'orthophoniste : totale si recettes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — cession de la patientèle BNC —, PS 18,6 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292 ; BOI-BIC-PVMV-40-20-20). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Conditions communes : activité ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. Dualité PS 2026 : la plus-value professionnelle de cession — patientèle BNC — supporte 18,6 % (CSG portée à 10,6 %) ; le 17,2 % maintenu (CSS art. L.136-8 IV) ne vise que l'assurance-vie, le foncier nu et les plus-values immobilières des particuliers.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur carpimko.fr. Les paramètres 2026 de la CARPIMKO (cotisations, valeurs de point, conditions de l'ASV, réforme de la complémentaire) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, prévoyance, cession de la patientèle) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite de l'orthophoniste à la CARPIMKO Montant, taux de remplacement, réforme 2026 de la complémentaire, ASV, taux plein 67 ans, temps partiel, carrière mixte et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des orthophonistes : la CARPIMKO (et pas la CARMF ni la CARCDSF), la composition des trois étages, le taux de remplacement réel, ce que change la réforme de la complémentaire au 1er janvier 2026, l'impact du temps partiel et des carrières fractionnées, et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.