Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide orthophoniste 202613 minMis à jour 25 juin 20262 cas chiffrés

Micro-BNC ou réel pour l'orthophoniste : le bon régime fiscal en 2026

On vous a dit que le régime réel et la 2035 font « toujours » gagner ? C'est vrai pour l'infirmière ou le kiné, qui roulent et s'équipent lourd. Pour l'orthophoniste, c'est souvent l'inverse : cabinet léger, exercice sédentaire, peu de matériel, pas de gros véhicule. Vos frais réels dépassent rarement 34 % de vos recettes — le seuil exact où le micro-BNC reste gagnant ET plus simple. Pas de pénurie de simplicité, pas de surcoût d'impôt : voici la règle de décision, le calcul qui tranche et deux cas chiffrés (45 000 € de recettes) pour savoir, à l'euro près, de quel côté vous êtes. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

RÉGIME FISCAL DE L'ORTHOPHONISTE 2026

Micro-BNC ou réel : chiffrer le bon régime sur vos vrais chiffres

Audit fiscal pour orthophoniste libéral : on compare micro-BNC et réel sur vos vraies recettes, on calcule votre point de bascule à 34 %, on liste vos frais déductibles et on prépare la suite (épargne, retraite CARPIMKO, cession de patientèle). Cabinet 100 % indépendant.

  • Comparatif micro vs réel à l'euro
  • Calcul du point de bascule à 34 %
  • Frais déductibles passés en revue
  • Cabinet 100 % indépendant

SEUIL MICRO-BNC 2026

83 600 €

ABATTEMENT MICRO

34 %

FRAIS RÉELS ORTHO

souvent < 34 %

RÈGLE DE BASCULE

34 %

CAISSE RETRAITE

CARPIMKO

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE VERDICT EXPRESS·2 MIN

Micro-BNC ou réel : le verdict en 30 secondes

La règle, et le verdict pour l'orthophoniste

  • Si vos frais réels sont inférieurs à 34 % de vos recettes → restez au micro-BNC (plus avantageux ET plus simple).
  • Si vos frais réels dépassent 34 % → passez au réel (déclaration contrôlée 2035).
  • Pour un orthophoniste sédentaire (cabinet léger, peu de matériel, pas de gros véhicule), les charges réelles tournent souvent autour de 20 à 30 % des recettes : le cas le plus fréquent, c'est le micro.
  • À recalculer chaque année : l'année d'installation, avec ses investissements à amortir, peut faire basculer temporairement au réel.

« Micro-BNC ou réel ? » : c'est la première question fiscale de tout orthophoniste qui s'installe en libéral. Et la réponse surprend, parce que la plupart des articles sur le sujet sont écrits pour des infirmières et des kinés, et concluent que « le réel gagne toujours ». C'est vrai pour eux — gros véhicule, équipement lourd, charges élevées. Pour l'orthophoniste, dont l'outil de travail principal tient dans une pièce et quelques tests, c'est souvent l'inverse : le micro-BNC est le bon choix, et la simplicité administrative est un bonus, pas un piège.

Reprenons depuis le statut. L'orthophoniste libéral est un auxiliaire médical qui exerce en bénéfices non commerciaux (BNC), au titre d'une activité de prestations de services (article 92 CGI), le plus souvent en entreprise individuelle ou, en cas de partage de locaux, en SCM (société civile de moyens, transparente). Ses actes sont exonérés de TVA (article 261, 4-1° CGI). Côté retraite, il relève de la CARPIMKO — la caisse des auxiliaires médicaux, dont le « O » désigne précisément les orthophonistes, la même caisse que les infirmières et les kinésithérapeutes. Ce cadre BNC détermine à la fois le seuil applicable et le taux de l'abattement.

Micro-BNC contre réel : la synthèse. Le point clé — au micro, l'abattement de 34 % remplace TOUS vos frais. Pour un orthophoniste à charges faibles, ce forfait de 34 % est souvent plus généreux que ses frais réels : le micro gagne.
CritèreMicro-BNCRéel / 2035
Seuil de recettes≤ 83 600 € HT (2026-2028)> 83 600 € (obligatoire) ou sur option
Frais déductiblesForfait de 34 % (min. 305 €)Frais réels + amortissements
Déclaration2042-C-PRO + livre des recettes2035-SD + annexes 2035-A/B
ComptabilitéUltra-allégéeCaisse + registre des immobilisations
PER / Madelin déductibleNonOui (art. 154 bis CGI)
Gagnant si…Frais réels < 34 % (cas fréquent ortho)Frais réels > 34 %

La règle en une phrase

Restez au micro tant que vos frais réels sont inférieurs à 34 % de vos recettes. Tout le reste de ce guide n'est que l'application, chiffrée, de cette unique phrase — avec, pour l'orthophoniste, une particularité structurelle qui penche presque toujours du côté du micro (voir le §5).
§ 2LE MICRO-BNC·3 MIN

Le micro-BNC de l'orthophoniste : seuil 83 600 €, abattement de 34 %

Le micro-BNC, c'est le régime que la plupart des orthophonistes ont sans le savoir : il s'applique par défaut, et pour cette profession à charges faibles, c'est le plus souvent le bon. Deux chiffres suffisent à le décrire : un seuil de recettes et un taux d'abattement.

Le micro-BNC en 30 secondes

  • Qui ? L'orthophoniste dont les recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil 2026-2028) — régime appliqué par défaut.
  • Comment ? Un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) remplace l'ensemble de vos frais. Vous êtes imposé sur les 66 % restants.
  • La paperasse ? Réduite au minimum : un simple livre des recettes et un report sur la 2042-C-PRO. Ni 2035, ni comptabilité, ni amortissement.
  • La contrepartie ? Aucun frais réel déductible — mais si vos charges sont sous 34 %, c'est tout bénéfice pour vous.

Le seuil 2026 : 83 600 € (et non plus 77 700 €)

Le micro-BNC s'applique tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas un seuil. Ce seuil, longtemps fixé à 77 700 € (pour les revenus 2023 à 2025), a été relevé à 83 600 € HT pour les revenus 2026 à 2028. Si vous lisez encore « 77 700 € » dans un article, il est périmé. Ce seuil est révisé tous les trois ans, indexé sur l'évolution de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu (article 102 ter CGI). En clair : vous relevez du micro en 2026 si vos recettes de 2024 ou de 2025 ne dépassaient pas le seuil applicable — c'est la règle des deux années de référence. La première année d'activité, le seuil est proratisé au nombre de jours d'exercice.

Recettes appréciées HT… mais HT = TTC pour vous

Le seuil et l'abattement s'apprécient sur les recettes HT. Comme les actes de l'orthophoniste sont exonérés de TVA (article 261, 4-1° CGI), vos recettes encaissées sont déjà « hors taxe » : pour vous, HT = TTC. Vous prenez en compte vos recettes encaissées dans l'année (honoraires perçus), hors débours et hors rétrocessions versées à un confrère, et hors produits de cession d'un élément d'actif.

L'abattement de 34 % (minimum 305 €)

C'est le cœur du régime : sur vos recettes brutes encaissées, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % (avec un minimum de 305 €), censé représenter l'intégralité de vos frais professionnels. Vous êtes imposé sur les 66 % restants, ajoutés à vos autres revenus au barème de l'IR. La contrepartie : aucun frais réel, aucun amortissement, aucune cotisation Madelin/PER déduits en plus du forfait. Mais c'est précisément là que se joue l'avantage de l'orthophoniste : si vos vrais frais représentent 20 ou 25 % de vos recettes, le forfait de 34 % vous fait déduire plus que vous ne dépensez réellement. La déclaration se résume à reporter vos recettes brutes sur la 2042-C-PRO et à tenir un simple livre des recettes.

Le micro de plein droit en début d'activité

L'année de votre installation et la suivante, faute de recettes de référence sur les deux années antérieures, vous relevez du micro-BNC de plein droit. C'est le régime par défaut du débutant et du remplaçant — précisément les profils à charges les plus faibles, donc ceux pour qui le micro est le plus avantageux. Vous pouvez néanmoins opter pour le réel dès la première année si vous avez de lourds investissements à amortir (voir le §3 et le §7).
§ 3LE RÉEL·3 MIN

Le réel (déclaration contrôlée 2035) : ce qu'on déduit vraiment

Le régime du réel — son nom officiel est la déclaration contrôlée — fonctionne à nu : votre bénéfice imposable, c'est vos recettes encaissées moins vos dépenses professionnelles réelles (article 93 CGI). On parle de comptabilité « de caisse » : on enregistre ce qui est effectivement encaissé et décaissé dans l'année. Fini le forfait : chaque euro de charge réelle vient en déduction. Pour l'orthophoniste, ce régime n'a d'intérêt que si ses charges dépassent le forfait de 34 % — ce qui reste l'exception, pas la règle.

Le réel est obligatoire dès que vos recettes dépassent le seuil du micro (83 600 € en 2026) deux années consécutives (article 96 CGI). Il est aussi accessible sur option en dessous du seuil, précisément pour les orthophonistes dont les frais réels dépassent l'abattement de 34 % (charges importantes, début d'activité, gros emprunt).

Les formulaires

La liasse 2035 et ses annexes

  • 2035-SD (CERFA n° 11176) : la déclaration principale, qui récapitule le résultat fiscal (article 97 CGI).
  • Annexe 2035-A : le détail des recettes et des dépenses par nature.
  • Annexe 2035-B : les plus et moins-values, le tableau des amortissements et la détermination du résultat.
  • Le bénéfice obtenu est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO pour être soumis au barème de l'IR.

Les frais réellement déductibles d'un orthophoniste

Au réel, voici ce qu'un orthophoniste peut retrancher de ses recettes. La liste est plus courte que celle d'une infirmière — c'est tout l'enjeu de ce guide : ces postes dépassent rarement 34 % des recettes.

Mémo express

Ce que contient la 2035 d'un orthophoniste

  • Loyer du cabinet (ou quote-part du domicile affectée à l'activité, au prorata de la surface professionnelle), charges locatives, électricité, internet.
  • Cotisations URSSAF et CARPIMKO — souvent le premier poste de dépenses, comme pour les autres auxiliaires médicaux.
  • Rétrocessions versées (si vous faites appel à un remplaçant ou un collaborateur).
  • Matériel et logiciels : tests étalonnés, jeux et supports de rééducation, logiciel de bilan, mobilier ; le petit matériel inférieur à 500 € HT se déduit immédiatement (art. 39 CGI), le matériel plus coûteux s'amortit.
  • Formation continue, documentation professionnelle, cotisations syndicales.
  • Assurance responsabilité civile professionnelle (RCP), frais de comptabilité et d'adhésion.

En contrepartie, le réel impose de tenir une comptabilité BNC : un livre-journal des recettes et des dépenses et un registre des immobilisations et des amortissements (article 99 CGI). Rien d'insurmontable avec un logiciel de comptabilité libérale ou un expert-comptable, mais c'est une charge de gestion à intégrer. Pour la mécanique détaillée des postes déductibles (largement transposable d'un auxiliaire médical à l'autre, caisse CARPIMKO commune), voyez notre check-list des charges déductibles au réel.

Les deux leviers exclusifs au réel

Deux déductions n'existent qu'au réel et disparaissent totalement au micro :

Mémo express

Ce que le réel débloque (et le micro neutralise)

  • CSG déductible (6,8 points) : sur la CSG d'activité de 9,2 %, 6,8 points se déduisent du bénéfice (article 154 quinquies CGI).
  • Madelin et PER déductibles (article 154 bis CGI) : vous déduisez vos cotisations de retraite supplémentaire et de prévoyance de votre bénéfice (jusqu'à 10 % du bénéfice ≤ 8 PASS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, plafond maximal 88 911 € en 2026, PASS = 48 060 €).

Mais attention : ces leviers ne valent que si vos frais dépassent déjà 34 %

Ne renversez pas la logique. La CSG déductible et la déduction Madelin/PER sont de vrais avantages du réel — mais ils n'ont d'intérêt que si, déduction faite de l'ensemble de vos frais, le réel reste plus bas que la base forfaitaire du micro. Si vos charges réelles sont à 25 % des recettes, le forfait de 34 % du micro est déjà plus généreux que vos frais : passer au réel pour « ajouter » la CSG et le PER ne vous fera pas gagner, car vous perdriez d'abord l'écart entre le forfait de 34 % et vos vrais frais. Le bon ordre : d'abord la règle des 34 %, ensuite seulement les leviers.
§ 4LA RÈGLE DES 34 %·3 MIN

La règle des 34 % : le seul calcul qui tranche

Toute la décision tient dans une comparaison : vos frais réels face au forfait de 34 %. L'abattement de 34 % du micro est, en quelque sorte, un « cadeau » forfaitaire : si vos vrais frais sont en dessous, vous déduisez plus que vous ne dépensez ; au-dessus, vous déduisez moins que vos charges réelles et vous surpayez l'impôt.

La règle de décision, en une ligne

REGLE DE BASCULE

  Frais reels  <  34 % des recettes   →   MICRO gagnant
  Frais reels  >  34 % des recettes   →   REEL gagnant

(34 % = exactement le taux de l'abattement forfaitaire micro)

En deçà de 34 %, le forfait micro est plus généreux que vos charges réelles : restez au micro, plus simple. Au-delà, chaque euro de frais réel au-dessus du forfait est un euro de base imposable en moins au réel — impossible à capter au micro. Pour l'orthophoniste sédentaire, on est le plus souvent en dessous de 34 %.

Prenons 45 000 € de recettes : le forfait de 34 % vaut 15 300 €. Si vos frais réels sont inférieurs à 15 300 € (par exemple 9 000 €), le micro vous déduit 15 300 € « gratuitement » : il gagne. S'ils dépassent 15 300 € (par exemple 20 000 €), chaque euro au-dessus du forfait n'est déductible qu'au réel : le réel gagne. La frontière est nette, et c'est exactement ce que chiffre le §6.

Le double effet : impôt ET cotisations sociales

La plupart des comparatifs s'arrêtent à l'impôt sur le revenu. Or le choix du régime joue aussi sur vos cotisations sociales, et c'est un angle qu'il faut comprendre pour décider en connaissance de cause.

Mémo express

L'effet du régime sur vos cotisations CARPIMKO/URSSAF

  • Au micro, l'assiette des cotisations sociales est calculée sur vos recettes après l'abattement de 34 %, soit forfaitairement 66 % de votre chiffre d'affaires. Au réel, l'assiette est votre bénéfice réel.
  • Si vos frais sont sous 34 % (cas fréquent de l'orthophoniste) : l'assiette forfaitaire du micro est un peu plus haute que le bénéfice réel → vous payez un peu plus de cotisations qu'au réel — mais ces cotisations ouvrent davantage de droits à la retraite CARPIMKO. Ce n'est pas de l'argent perdu.
  • Si vos frais dépassent 34 % : le réel baisse à la fois l'impôt et les cotisations — double économie. Mais cotiser moins, c'est aussi moins de retraite (voir le §9).

Nuance honnête : ne basculez pas « juste pour cotiser moins »

La tentation existe : passer au réel pour réduire l'assiette des cotisations. C'est à manier avec prudence. Vos cotisations CARPIMKO financent une retraite déjà modeste pour les auxiliaires médicaux : en réduire l'assiette, c'est mécaniquement amputer vos futurs droits. Le vrai juge de paix n'est pas le montant des cotisations isolé, mais le différentiel net global (impôt + cotisations, contributions retraite intégrées). Tant que la règle des 34 % ne penche pas franchement vers le réel, le micro reste le choix simple et sain.
§ 5LE PROFIL ORTHOPHONISTE·2 MIN

Pourquoi vos frais dépassent rarement 34 %

C'est ici que l'orthophoniste se distingue de l'infirmière. Là où celle-ci a un poste véhicule qui fait tout basculer, l'orthophoniste a un profil de charges structurellement léger. C'est ce qui explique que, contre l'intuition diffusée par le SERP, le micro soit si souvent gagnant pour cette profession.

Mémo express

Le profil de charges typique de l'orthophoniste

  • Exercice sédentaire : les patients viennent au cabinet. Peu de déplacements, pas de gros véhicule professionnel ni de barème kilométrique massif — l'exact opposé de l'infirmière à domicile.
  • Cabinet léger : une à deux pièces, du mobilier, parfois une salle d'attente partagée en SCM. Pas de table de rééducation lourde ni d'équipement coûteux à amortir.
  • Matériel modéré : tests étalonnés, jeux et supports de rééducation, un logiciel de bilan. Des montants réels, mais qui restent contenus au regard des recettes.
  • Résultat : des charges réelles qui plafonnent le plus souvent à un quart, un tiers des recettes (ordre de grandeur, à vérifier sur vos chiffres) — donc sous le seuil de 34 %. Le micro gagne.

Le contraste tient en une ligne : contrairement à l'infirmière (gros poste véhicule, déplacements) ou au kinésithérapeute (équipement et local plus lourds), l'orthophoniste a peu de charges. C'est pourquoi le même guide aboutit à une conclusion opposée selon la profession — voyez, à titre de comparaison, le cas de l'infirmière, où le réel gagne le plus souvent, et l'arbitrage micro / réel du kinésithérapeute.

Quand le réel reprend la main

Le micro n'est pas une règle automatique : plusieurs situations font franchir le seuil de 34 % et rendent le réel gagnant. Il faut savoir les repérer.

Mémo express

Les cas où le réel devient le bon choix

  • Début d'activité avec investissements : achat d'une patientèle à amortir, aménagement complet d'un cabinet, gros équipement — les amortissements gonflent les charges au-delà de 34 % les premières années.
  • Local coûteux : cabinet en centre-ville, grande surface, loyer élevé qui pèse lourd dans les recettes.
  • Exercice mobile : interventions à domicile, en EHPAD ou sur plusieurs sites, qui génèrent des frais de déplacement réels significatifs.
  • Gros emprunt : les intérêts d'emprunt (installation, rachat de patientèle) sont déductibles au réel et peuvent faire pencher la balance.
  • Rétrocessions versées : si vous rémunérez un remplaçant ou un collaborateur, ces sommes alourdissent vos charges réelles.

Le piège classique : rester au micro « par défaut » l'année où on s'installe

C'est l'erreur la plus fréquente, et elle coûte cher. L'année de l'installation, le micro s'applique de plein droit : beaucoup d'orthophonistes le subissent sans réfléchir. Or c'est précisément l'année où vos charges explosent (achat de patientèle à amortir, aménagement du cabinet, intérêts d'emprunt) et dépassent souvent 34 %. En restant au micro par inertie, vous laissez filer une déduction réelle bien supérieure au forfait. La règle : avant votre première déclaration, chiffrez vos frais réels prévisionnels et, s'ils dépassent 34 %, optez explicitement pour le réel dès l'année 1.

La bonne habitude : recalculer chaque année

Le régime n'est pas figé. Beaucoup d'orthophonistes ont intérêt à être au réel l'année de leur installation (investissements à amortir), puis à repasser au micro une fois ces postes amortis et les charges retombées sous 34 %. L'option étant annuelle et réversible (voir le §7), faites le calcul chaque printemps avant de déposer.
§ 6CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Deux cas chiffrés pour vous situer

On a posé la règle ; reste à la passer au tamis de vos chiffres. Deux orthophonistes aux mêmes recettes (45 000 €, juste sous le seuil de 83 600 €, ce qui laisse le choix entier) mais à charges opposées : Léa, le cas typique où le micro gagne, et la même Léa dans une variante à charges élevées où le réel reprend la main.

Cas 1 · Orthophoniste sédentaire · 45 000 € de recettes · frais réels 9 000 € (20 %)

Léa — le micro fait gagner 6 300 € de base imposable

Léa exerce en cabinet, de façon sédentaire. Ses frais réels (loyer de cabinet, cotisations URSSAF et CARPIMKO, matériel, tests, RCP) s'élèvent à 9 000 € sur 45 000 € de recettes, soit 20 % de ses recettes — bien en dessous du seuil de 34 %.

En micro-BNC : l'abattement forfaitaire de 34 % vaut 15 300 € (45 000 × 34 %). Sa base imposable est donc de 29 700 € (45 000 − 15 300).

Au réel (2035) : elle ne déduit que ses 9 000 € de frais réels. Sa base imposable serait de 36 000 € (45 000 − 9 000).

Écart de base imposable : 6 300 € en faveur du micro (15 300 de forfait contre 9 000 de frais réels). Le micro lui fait déduire 6 300 € qu'elle n'a pas dépensés.

Traduit en impôt : à une TMI de 11 %, le micro lui économise environ 693 €/an ; à une TMI de 30 %, environ 1 890 €/an. Et c'est plus simple, sans comptabilité ni 2035. Verdict : rester au micro.

Le calcul, étape par étape (cas Léa — micro gagnant)

Recettes encaissees .......................  45 000 €

MICRO-BNC
  Abattement forfaitaire 34 % ............. − 15 300 €
  ► Base imposable micro .................   29 700 €

REEL (declaration controlee 2035)
  Frais reels deduits (20 %) .............. −  9 000 €
  ► Base imposable reel ..................   36 000 €

ECART DE BASE IMPOSABLE .................     6 300 €
  (15 300 forfait − 9 000 frais reels)  →  MICRO gagnant

GAIN D'IMPOT AU MICRO (selon la TMI)
  • TMI 11 % :  6 300 × 11 %  ≈    693 €/an
  • TMI 30 % :  6 300 × 30 %  ≈  1 890 €/an

Tant que les frais réels de Léa (9 000 €) restent sous le forfait de 34 % (15 300 €), le micro déduit davantage qu'elle ne dépense. Elle gagne donc à rester au micro, en plus d'éviter la comptabilité du réel.

Cas 2 · Variante charges élevées · 45 000 € de recettes · frais réels 20 000 € (≈ 44 %)

Léa qui s'installe — ici, le réel fait gagner 4 700 € de base

Même Léa, mêmes 45 000 € de recettes, mais une année d'installation lourde : local en centre-ville, achat d'une patientèle à amortir et un emprunt à rembourser. Ses frais réels grimpent à 20 000 €, soit environ 44 % de ses recettes — au-dessus du seuil de 34 %.

En micro-BNC : base toujours de 29 700 € (le forfait de 34 % ne « voit » pas ses charges réelles).

Au réel (2035) : elle déduit ses 20 000 € réels. Sa base tombe à 25 000 € (45 000 − 20 000).

Écart de base imposable : 4 700 € en faveur du réel. Et ce n'est pas tout : au réel, elle peut en plus déduire la CSG (6,8 points) et d'éventuelles cotisations Madelin/PER, ce qui creuse encore l'écart. Verdict : basculer au réel— au moins le temps que l'amortissement et l'emprunt courent.

Les deux faces de la règle des 34 %, à recettes identiques. Tout dépend du niveau réel des charges : sous 34 %, le micro gagne ; au-dessus, le réel. La règle ne dit pas « le réel est toujours meilleur », elle dit « comparez vos frais à 34 % ».
Cas 1 — Léa sédentaireCas 2 — Léa s'installe
Recettes encaissées45 000 €45 000 €
Frais réels9 000 € (20 %)20 000 € (≈ 44 %)
Base MICRO (−34 % = 15 300 €)29 700 €29 700 €
Base RÉEL (recettes − frais)36 000 €25 000 €
Écart de basemicro −6 300 €réel −4 700 €
VerdictRester au microBasculer au réel

Note de méthode : comment lire ces chiffres

Les deux cas de Léa sont des repères de calcul, volontairement épurés pour isoler le seul effet du choix de régime. Ils ne tiennent pas compte de votre situation familiale complète (parts du foyer, autres revenus, réductions), ni de l'impact exact sur les cotisations sociales. L'économie réelle dépend de votre taux marginal d'imposition (TMI) et du niveau exact de vos charges : un comparatif chiffré sur vos vrais relevés reste indispensable avant de basculer dans un sens ou dans l'autre.
Hagnéré Patrimoine

Micro ou réel : de quel côté des 34 % êtes-vous, à l'euro près ?

Un CGP indépendant pose vos deux régimes côte à côte sur vos vraies recettes, calcule votre point de bascule à 34 % et vous dit, chiffre en main, si le micro (le plus souvent) ou le réel vous fait gagner. Vous repartez avec un chiffre, pas un « ça dépend ».

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7OPTION & RÉVERSIBILITÉ·2 MIN

Passer au réel (ou y renoncer) : comment et est-ce réversible ?

Rassurez-vous : on ne se marie pas avec un régime. Sous le seuil, le micro s'applique par défaut, mais vous pouvez opter pour le réel — et revenir au micro l'année suivante. Voici le mécanisme, qui corrige une idée fausse répandue (celle d'un « verrou » pluriannuel irrévocable).

Le mécanisme de l'option

Opter, reconduire, renoncer

  • Opter pour le réel : aucun courrier solennel. L'option se matérialise par le simple dépôt de la liasse 2035 dans le délai légal (article 102 ter, 5 CGI).
  • Durée : l'option est valable un an et reconduite tacitement tant que vous restez dans le champ du micro (sous le seuil de 83 600 €) (article 102 ter, 5 CGI).
  • Renoncer (revenir au micro) : il suffit de renoncer à l'option avant la date limite de dépôt de la déclaration suivante, tant que vos recettes restent sous le seuil.
  • Pas de verrou pluriannuel : l'engagement est annuel et réversible — contrairement à ce qu'on lit parfois, vous n'êtes pas « bloqué » pour plusieurs années.

S'ajoute la règle des deux ans côté sortie du micro : vous quittez le micro de plein droit (et le réel devient obligatoire) si vos recettes dépassent le seuil de 83 600 € deux années consécutives. En dessous, le choix vous appartient, chaque année.

La séquence idéale de l'orthophoniste qui s'installe

Pour beaucoup, le scénario optimal est limpide : réel l'année d'installation (pour déduire les investissements, l'achat de patientèle et les intérêts d'emprunt, qui font dépasser 34 %), puis retour au micro une fois ces postes amortis et les charges retombées sous le forfait. C'est précisément la souplesse que permet le caractère annuel et réversible de l'option : recalculez chaque printemps.
§ 8AGA — L'ANGLE MORT·2 MIN

Faut-il encore adhérer à une AGA en 2026 ?

Beaucoup d'orthophonistes adhèrent encore à une AGA « parce que le comptable l'a toujours conseillé ». Ce conseil datait d'avant 2023 ; il est aujourd'hui périmé. Tranchons : en 2026, adhérer à une AGA (association de gestion agréée) n'apporte plus aucun avantage fiscal. Depuis, deux réformes successives ont retiré à l'AGA son dernier argument fiscal.

Ce qui a changé

Deux suppressions, deux dates

  • Revenus 2023 — fin de la majoration de 25 % : historiquement, le bénéfice d'un libéral non adhérent à un organisme de gestion agréé était majoré de 25 % avant imposition. Cette majoration a été supprimée progressivement puis totalement à compter des revenus 2023 (article 34 de la loi de finances pour 2021, article 158, 7-1° CGI). Adhérer ne « débloque » donc plus rien : non-adhérent et adhérent sont imposés à l'identique.
  • 14 février 2025 — abrogation du régime OGA : la loi de finances pour 2025 a abrogé le régime des organismes de gestion agréés, et la réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion (article 199 quater B) a disparu dès les revenus 2025. En contrepartie, vos frais de comptabilité sont désormais 100 % déductibles sur la 2035.

Que reste-t-il ? Un intérêt purement non fiscal : l'AGA peut vous aider à établir votre 2035, réaliser un examen de cohérence de votre déclaration et vous apporter de la prévention en cas de contrôle. Pour un orthophoniste qui reste au micro, l'AGA n'a tout simplement aucun objet (il n'y a pas de 2035 à établir). Au réel, elle ne se justifie que si vous gérez seul votre comptabilité et souhaitez un appui à la déclaration.

Notre lecture

Au micro : inutile. Au réel : si vous êtes déjà accompagné par un expert-comptable, l'AGA fait souvent double emploi sur le plan fiscal ; si vous gérez seul, son aide à la déclaration peut justifier la cotisation — mais en connaissance de cause : vous payez un service d'accompagnement, pas un avantage d'impôt.
§ 9RETRAITE & PATRIMOINE·2 MIN

Au-delà du régime : retraite CARPIMKO et patrimoine

Une fois le régime tranché, restent les deux vrais chantiers de l'orthophoniste, propres à sa profession : compléter une retraite CARPIMKO modeste et placer son épargne intelligemment selon sa tranche d'imposition.

Côté retraite, l'orthophoniste relève de la CARPIMKO — le « O » de l'acronyme désigne précisément les orthophonistes, et c'est la même caisse que les infirmières et les kinésithérapeutes. Comme pour ces professions, la pension servie reste modeste au regard des revenus d'activité : il faut piloter sa retraite par des produits choisis, sans compter sur la seule caisse obligatoire. Nous détaillons les paramètres et les solutions dans nos guides retraite CARPIMKO de l'orthophoniste et les paramètres CARPIMKO communs aux auxiliaires médicaux.

PER à TMI 11 % : un piège à connaître, on vous le dit honnêtement

La déduction Madelin/PER est réservée au réel — mais encore faut-il qu'elle vous rapporte. À une TMI de 11 % (cas de nombreux orthophonistes aux revenus modérés), le PER déductible rapporte peu : l'avantage à l'entrée (11 %) est faible, et il sera en partie repris à la sortie, où les gains supportent en outre 18,6 % de prélèvements sociaux. Pour ce profil, mieux vaut souvent privilégier une assurance-vie ou un PEA, plus souples, plutôt que de bloquer son épargne sur un PER au rendement fiscal médiocre. À une TMI de 30 %, en revanche, le PER redevient pertinent. C'est tout l'objet d'un arbitrage personnalisé — voyez notre guide PER orthophoniste et le pilier PER de la profession libérale.

Dans l'ordre, pour cette profession à revenus modérés : on cale d'abord le régime (le micro, le plus souvent), on adapte ensuite l'épargne à votre TMI, et la défiscalisation ne vient qu'après — pas l'inverse. Pour ne rien laisser sur la table, parcourez nos guides défiscalisation de l'orthophoniste libéral, où placer ses excédents d'orthophoniste et, plus largement, tous les leviers pour payer moins d'impôts.

Note de méthode sur les projections d'épargne

Tout chiffrage d'épargne ou de retraite supplémentaire (PER, assurance-vie, PEA) repose sur des hypothèses de rendement qui ne sont jamais garanties : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout placement comporte un risque de perte en capital, variable selon les supports. L'avantage fiscal d'un régime ou d'une déduction (la règle des 34 %, la déduction PER au réel) est, lui, connu et calculable ; le rendement financier de votre épargne ne l'est pas. Nous raisonnons toujours en séparant ces deux plans : d'abord l'optimisation fiscale certaine, ensuite le placement, dont les hypothèses sont à actualiser dans la durée.
Méthode documentée

Du bon régime fiscal à la stratégie patrimoniale complète

Audit indépendant pour orthophoniste : on choisit le bon régime (souvent le micro), on calibre votre épargne selon votre TMI, on complète votre retraite CARPIMKO et on prépare la suite (placement, prévoyance, cession de patientèle). Le tout chiffré sur vos vrais relevés, sans produit-maison.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 10CESSION & SOCIÉTÉ·2 MIN

Cession de patientèle et passage en société : deux incises

En fin de rendez-vous, deux questions reviennent presque toujours, au-delà du seul choix micro / réel : « le jour où je vends, ça coûte quoi ? » et « faut-il passer en société ? ». Réponses courtes ici, détail dans les guides dédiés.

La cession de patientèle : prélèvements sociaux à 18,6 %

Le jour où vous cédez votre patientèle, la plus-value réalisée est une plus-value professionnelle — et non une plus-value de l'immobilier ou de l'assurance-vie. Point technique à jour 2026, souvent mal compris : elle supporte des prélèvements sociaux de 18,6 % (et non 17,2 %), portés à ce niveau par la LFSS 2026. Avec l'imposition forfaitaire à l'IR de 12,8 %, on atteint un taux global de 31,4 % sur la part taxable. Bonne nouvelle pour l'orthophoniste : à recettes modérées, plusieurs régimes d'exonération s'appliquent fréquemment.

Erreur à ne pas faire : appliquer 17,2 % à la cession de patientèle

On lit souvent « 17,2 % de prélèvements sociaux » : c'est le taux de l'assurance-vie, des revenus fonciers et des plus-values immobilières des particuliers — pas celui d'une cession de patientèle. La patientèle est un actif professionnel BNC : sa plus-value relève des prélèvements sociaux à 18,6 % depuis la LFSS 2026 (hausse de la CSG à 10,6 points). Confondre les deux taux fausse tout chiffrage de cession. Et attention : l'exonération d'IR au titre du départ à la retraite (151 septies A) ne couvre pas ces 18,6 %, qui restent dus.

Mémo express

Les exonérations de plus-value à connaître

  • Article 151 septies CGI (selon les recettes) : pour une activité de prestations de services, exonération totale si la moyenne des recettes ne dépasse pas 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, après au moins 5 ans d'exercice. Un orthophoniste à recettes modérées est souvent sous 90 000 € : l'exonération est alors totale.
  • Article 238 quindecies CGI (selon la valeur) : exonération totale si la valeur de cession ne dépasse pas 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €.
  • Article 151 septies A CGI (départ à la retraite) : exonération d'impôt sur le revenu de la plus-value, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus ; activité d'au moins 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans un délai de 24 mois.

Le détail des conditions, du calcul et des arbitrages figure dans nos guides céder sa patientèle d'orthophoniste : plus-value et exonérations et, par analogie de régime, la cession de patientèle côté kinésithérapeute.

Au-delà du seuil : EI, SCM ou SELARL ?

« Et si je passais en société ? » Attention au hors-sujet : ce guide compare micro et réel en entreprise individuelle (BNC) ; le passage en SELARL est un tout autre arbitrage (impôt sur les sociétés, rémunération contre dividendes). Pour un orthophoniste aux revenus modérés — le cas général — la SEL est rarement justifiée ; elle ne devient un sujet qu'au-delà d'un certain niveau de bénéfice durable. Un point juridique mérite d'être signalé pour les intéressés : depuis l'imposition 2024, la rémunération de l'activité libérale d'un associé de SEL relève des BNC, ce qu'a confirmé le Conseil d'État le 8 avril 2025 (n° 492154)— le même arbitrage frais réels / forfait se retrouve donc à l'intérieur de la SEL.

En résumé

Micro-BNC ou réel : l'essentiel pour l'orthophoniste

  • La seule chose à retenir : micro tant que vos frais réels restent sous 34 % de vos recettes — le cas de la plupart des orthophonistes (charges souvent 20-30 %).
  • L'inverse de l'infirmière : cabinet léger, exercice sédentaire, peu de matériel → le micro gagne souvent, et il est plus simple.
  • Le réel reprend la main à l'installation (investissements à amortir), avec un local cher, un gros emprunt ou un exercice mobile.
  • Les cas Léa : à 45 000 € de recettes, le micro gagne 6 300 € de base avec 9 000 € de frais ; le réel gagne 4 700 € avec 20 000 € de frais.
  • Option annuelle et réversible, AGA sans intérêt fiscal, cession de patientèle souvent exonérée (PS 18,6 %) — voyez aussi EI, SCM ou SELARL à l'installation et BNC ou SELARL : quand passer en société.
Hagnéré Patrimoine

Faire chiffrer votre régime optimal et bâtir la suite

De votre première 2035 jusqu'à la vente de votre patientèle : un CGP indépendant arbitre micro, réel et SELARL selon votre bénéfice, calcule votre point de bascule et anticipe l'exonération de plus-value sur votre patientèle. Bilan gratuit, sans engagement.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Choisir son régime fiscal avec un CGP indépendant

Cabinet pluridisciplinaire : comparatif micro-BNC vs déclaration contrôlée, calcul du seuil de bascule, optimisation des frais réels, déduction PER/Madelin au réel et préparation de la cession de patientèle. Une vision globale et chiffrée pour l'orthophoniste.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet 100 % indépendant
  • Comparatif micro vs réel à l'euro
4,7/5sur Trustpilot (26 avis)

Optimiser sa fiscalité d'orthophoniste avec un CGP indépendant spécialiste des professions libérales de santé

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On compare micro-BNC et réel sur vos chiffres, on calcule votre seuil de bascule, on optimise vos frais déductibles si le réel est justifié et on prépare la suite : placement de l'épargne, retraite CARPIMKO, cession de patientèle.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — micro-BNC et déclaration contrôlée

    Art. 102 ter CGI (régime micro-BNC : abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €, seuil de recettes 83 600 € pour 2026-2028, révision triennale ; son 5 régit l'option pour le réel, valable un an, reconduite tacitement, avec renonciation dans le délai de dépôt). Art. 92 et 93 CGI (BNC, détermination du bénéfice au réel, comptabilité de caisse). Art. 96 CGI (champ de la déclaration contrôlée, obligation au-delà du seuil ou sur option). Art. 97 CGI (souscription de la 2035-SD, CERFA n° 11176, annexes 2035-A et 2035-B). Art. 99 CGI (livre-journal recettes-dépenses, registre des immobilisations). Doctrine : BOI-BNC-DECLA-20-10, BOI-BNC-DECLA-10-10.

  • CGI — frais, CSG, Madelin/PER et TVA de l'orthophoniste

    Art. 39 CGI (amortissements ; petit matériel inférieur à 500 € HT déductible immédiatement). Art. 154 quinquies CGI (CSG déductible à hauteur de 6,8 points). Art. 154 bis CGI (déduction des cotisations Madelin et PER ; plancher 4 806 €, plafond maximal 88 911 € en 2026, PASS 48 060 €). Art. 261, 4-1° CGI (exonération de TVA des soins des auxiliaires médicaux, dont les orthophonistes ; BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10). Profil cotisations : URSSAF et CARPIMKO (travailleur non salarié, caisse des auxiliaires médicaux libéraux).

  • AGA — fin des avantages fiscaux

    Art. 158, 7-1° CGI et art. 34 de la loi n° 2020-1721 du 29/12/2020 (LF 2021) : suppression de la majoration de 25 % du bénéfice pour non-adhésion à un OGA, effective à compter des revenus 2023. Art. 11 de la loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025) : abrogation du régime des organismes de gestion agréés et suppression de la réduction d'impôt pour frais de comptabilité (art. 199 quater B) dès les revenus 2025.

  • Plus-values professionnelles et cadre 2026

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes ; prestations de services : totale jusqu'à 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur : totale jusqu'à 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 151 septies A CGI (départ à la retraite : IR exonéré, prélèvements sociaux dus). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique de l'associé de SEL imposée en BNC). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : PS 18,6 % sur les plus-values professionnelles, CSS art. L.136-6) ; LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : seuil micro 83 600 €).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation, et ne se substitue pas à l'avis de votre expert-comptable ou de votre conseil. Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée doit faire l'objet d'une étude individualisée (montant de vos recettes, niveau réel de vos charges, TMI, projet de retraite et de cession). Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés, et ne valent pas simulation personnalisée. Les chiffres et taux cités sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP). Le seuil de recettes du micro-BNC, indexé tous les trois ans, et la date limite de dépôt de la 2035 sont à confirmer chaque année à la source (impôts.gouv.fr).

Foire aux questions

Tout sur le choix micro-BNC ou réel de l'orthophoniste seuil, règle des 34 %, frais déductibles, AGA, cotisations et cession.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des orthophonistes : quel régime choisir, le seuil 2026, à partir de quelles charges basculer, pourquoi le micro gagne souvent chez eux, l'effet sur les cotisations CARPIMKO, l'AGA, la TVA et la cession. Réponses sourcées et à jour 2026.