Le PER de l'orthophoniste en 30 secondes : combien, comment, pour qui
Vous avez peut-être déjà fait le diagnostic : à la retraite, votre pension CARPIMKO tombera souvent à 40 à 50 % de vos revenus d'activité. Reste la vraie question, celle qui vous amène ici : comment combler ce trou ? Le levier le plus efficace pour un orthophoniste libéral, c'est le PER — mais à une condition décisive : être à la bonne tranche d'impôt. Grâce à un plafond réservé aux indépendants — l'article 154 bis du CGI — vous déduisez de votre bénéfice imposable dès 4 806 €/an (un plancher garanti même à BNC modeste). L'économie d'impôt suit votre tranche : à 30 %, déduire 4 806 €, c'est environ 1 442 € d'impôt en moins dès cette année. À 11 %, en revanche, l'avantage fond et sera repris à la sortie : on vous le dira franchement. On va voir la formule, la table par BNC, le double cas de Camille et de Léa, et la sortie — avec un garde-fou clair : le PER compense la CARPIMKO, il ne lui crée aucun droit.
Le PER de l'orthophoniste en 30 secondes
Vous voulez d'abord savoir à quelle pension vous attendre, caisse par caisse ? C'est le sujet de notre diagnostic complet de votre retraite CARPIMKO. Ici, on passe à la solution : comment combler ce trou avec le bon outil, au bon moment, et seulement quand votre tranche le justifie.
Pourquoi (et pour qui) le PER est fait pour un orthophoniste : l'arbitrage de TMI
Soyons clairs sur le point qui fâche : le PER déductible n'efface pas l'impôt, il le décale. Ce n'est pas une « niche fiscale », c'est un report d'imposition. Vous ne payez pas l'impôt aujourd'hui sur la somme versée ; vous le paierez (sur la part versements) le jour où vous récupérerez l'épargne, à la retraite. Tout l'intérêt tient alors dans l'écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de demain.
Or c'est exactement là que l'orthophoniste demande de la nuance. Sa situation est plus contrastée que celle d'un médecin : une bonne partie des orthophonistes — temps partiel, début de carrière, exercice mixte — se situent à une TMI de 11 % ; d'autres, à plein temps et bien installés, atteignent 30 %. Et le PER ne se comporte pas du tout pareil dans les deux cas. À 30 % en activité, vous déduisez haut puis ressortez la part versements à 11 %, voire 0 %, quand la pension CARPIMKO chute : vous captez l'écart de tranche, le levier est puissant. À 11 % en activité, vous déduisez à 11 %… et vous ressortez aussi autour de 11 % : l'écart de tranche est quasi nul, l'avantage est reprisà la sortie, et l'épargne reste bloquée pour rien.
Le levier du PER : d'où vient le gain réel
GAIN REEL = (TMI a l'entree - TMI a la sortie) x versement
+ capitalisation de l'epargne dans le temps
Ortho TMI 30 % : deduit a 30 %, ressort la part versements a 11 %
=> ecart de tranche = 30 % - 11 % = 19 points de gain
+ ce que rapporte l'epargne investie jusqu'a 67 ans
Ortho TMI 11 % : deduit a 11 %, ressort la part versements a 11 %
=> ecart de tranche ~ 0 point => le PER perd l'essentiel de son interetSi votre TMI est identique à l'entrée et à la sortie, l'avantage se réduit au seul différé et à la capitalisation, et ne justifie plus le blocage de l'épargne. C'est l'écart de tranche qui fait le gros du gain — et c'est lui qui sépare un orthophoniste à 30 % (le PER gagne) d'un orthophoniste à 11 % (le PER perd).
Le test honnête en 30 secondes : le PER est-il fait pour vous ?
Reste la CARPIMKO. Le PER ne rachète aucun point et ne crée aucun trimestre dans votre caisse (art. L. 131-6 du CSS) : il vient par-dessus, en capitalisation individuelle, pour combler l'écart que la répartition ne financera jamais. Le diagnostic du trou, c'est l'objet de notre guide retraite CARPIMKO ; ici, on chiffre la compensation.
Le PER est-il vraiment fait pour votre tranche ?
Un CGP indépendant calcule votre TMI réelle, votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, et tranche honnêtement : à 30 % on optimise le PER, à 11 % on vous oriente vers l'assurance-vie — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Combien vous pouvez déduire : le plafond TNS art. 154 bis
C'est l'avantage de l'indépendant sur le salarié : là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus (article 163 quatervicies), l'orthophoniste en BNC au réel dispose d'un plafond spécifique TNS, l'article 154 bis du CGI, qui ajoute une seconde tranche à 15 %. Vous déduisez le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
Le plafond TNS 2026 de l'orthophoniste, du plancher au cas type
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x max(0 ; min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
(la 2e tranche est nulle tant que le benefice <= 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
CAS TYPE = 10 % x 48 000 = 4 800 EUR < plancher
=> deduction retenue = 4 806 EURPour un orthophoniste à 48 000 € de BNC, les 10 % donnent 4 800 €, soit juste en dessous du plancher : c'est donc le plancher de 4 806 € qui s'applique. La majoration de 15 % ne commence à jouer qu'au-delà du PASS (48 060 €). Le plancher prend le relais dès que 10 % du bénéfice lui est inférieur.
La base de calcul, c'est le bénéfice de votre déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles), au titre de l'année N : le PASS retenu est celui de 2026 (48 060 €). Voici les repères à mémoriser :
| Repère 2026 | Valeur | Rôle pour l'orthophoniste |
|---|---|---|
| PASS 2026 | 48 060 € | Base de la formule (arrêté du 22/12/2025) |
| Plancher 154 bis | 4 806 € | Déduction minimale garantie — suffit à la plupart des orthophonistes |
| Cas type 48 000 € de BNC | 4 806 € | 10 % × 48 000 = 4 800 € < plancher → plancher retenu |
| Maximum 154 bis | 88 911 € | Atteint dès 384 480 € de bénéfice — hors de portée d'un orthophoniste |
Le plancher de 4 806 € : conçu pour les revenus modérés
Un atout discret : le PER est hors du plafond des niches
Votre économie d'impôt selon votre BNC et votre TMI
Ligne par ligne selon votre BNC : ce que vous pouvez déduire et l'impôt économisé selon votre tranche. La règle est simple : l'économie à l'entrée vaut grosso modo votre versement × TMI. On affiche volontairement les deux colonnes 11 % et 30 %côte à côte : pour un orthophoniste, c'est l'écart entre elles qui décide de tout.
| BNC imposable | Plafond 154 bis | Éco. à 11 % | Éco. à 30 % |
|---|---|---|---|
| 35 000 € | 4 806 € (plancher) | 529 € | 1 442 € |
| 48 000 € (cas type) | 4 806 € (plancher) | 529 € | 1 442 € |
| 55 000 € | 6 541 € | 720 € | 1 962 € |
| 65 000 € | 9 041 € | 995 € | 2 712 € |
| 75 000 € | 11 541 € | 1 270 € | 3 462 € |
Le détail des plafonds, pour qu'on voie d'où sortent les chiffres : à 35 000 € et à 48 000 €, 10 % du bénéfice (3 500 € et 4 800 €) restent sous le plancher, donc on déduit 4 806 €. À 55 000 € : 5 500 + 15 % × (55 000 − 48 060) = 5 500 + 1 041 = 6 541 €. À 65 000 € : 6 500 + 15 % × 16 940 = 6 500 + 2 541 = 9 041 €. À 75 000 € : 7 500 + 15 % × 26 940 = 7 500 + 4 041 = 11 541 €.
Le chiffre à 11 %, c'est tout le sujet
Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros.
Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis à partir de votre liasse 2035, votre économie nette à votre tranche réelle, et vous dit clairement si le PER ou l'assurance-vie est le bon outil pour vous — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Deux cas : Camille (30 %) où le PER gagne, Léa (11 %) où il perd
Deux cas concrets, déroulés euro par euro, qui résument tout l'arbitrage de l'orthophoniste. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux qu'on rencontre vraiment. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — Camille, orthophoniste libérale en EI (TMI 30 %) : le PER est pertinent
Plafond 154 bis : 10 % × 48 000 = 4 800 €, soit moins que le plancher → 4 806 €/an déductibles (≈ 400 €/mois si elle sature).
Effort retenu : elle verse 250 €/mois, soit 3 000 €/an (sous l'enveloppe).
Économie d'IR : 3 000 × 30 % = 900 €/an.
Effort net réel : 3 000 − 900 = 2 100 €/an (≈ 175 €/mois net de poche pour 250 € placés à son nom).
Le levier du différé : à la retraite, sa pension CARPIMKO la fait probablement passer à une TMI de 11 %. La part « versements » ressortira alors au barème des pensions autour de 11 %, contre 30 % déduits : un écart de tranche d'environ 19 points, qui est le cœur du gain. Pour Camille, le PER est un bon outil.
Cas 2 — Léa, orthophoniste à mi-temps (TMI 11 %) : le PER est déconseillé
Si elle verse 3 000 € sur un PER déductible, son économie d'impôt à l'entrée n'est que de 3 000 × 11 % = 330 €. Et à la sortie, la part versements sera réimposée au barème des pensions — autour de 11 % elle aussi : l'avantage de 330 € est en grande partie repris. Le PER ne « gagne » quasiment rien, alors que l'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite.
Verdict : pour Léa, l'assurance-vie ou le PEA sont plus pertinents — souplesse totale, aucun blocage, fiscalité douce après 8 ans (assurance-vie) ou 5 ans (PEA). On ne pousse pas le PER en force sous 30 % de tranche. C'est tout le sujet des placements de l'orthophoniste libéral.
Camille vs Léa : pourquoi la TMI change tout
CAMILLE (TMI 30 %) : 3 000 verses - 900 eco = 2 100 effort net
sortie part versements ~11 % => gain ~19 points
LEA (TMI 11 %) : 3 000 verses - 330 eco = 2 670 effort net
sortie part versements ~11 % => gain ~0 point
=> sous 30 % de TMI, le PER perd l'essentiel de son interetMême versement, même horizon, mais un résultat opposé : à 30 % l'État finance ~30 % de l'effort d'épargne et l'écart de tranche joue à plein ; à 11 % l'avantage est mince et repris à la sortie. La tranche, pas le produit, décide.
Ce que ces cas chiffrent (et ce qu'ils ne chiffrent pas)
Êtes-vous plutôt « Camille » ou plutôt « Léa » ?
On part de votre BNC réel et de votre tranche pour trancher honnêtement : à 30 %, on cale le bon rythme de versement PER ; à 11 %, on construit plutôt une stratégie assurance-vie / PEA, sans vous immobiliser l'épargne pour rien.
Micro-BNC ou réel : la voie de déduction change
Beaucoup d'orthophonistes restent au micro-BNC parce que leurs frais réels sont souvent faibles (pas de gros plateau technique) : l'abattement forfaitaire de 34 % y est fréquemment plus avantageux que les charges réelles — l'inverse d'un infirmier qui roule beaucoup. Côté PER, votre régime d'imposition change la voiede déduction — pas le principe. Dans les deux cas, l'économie reste « plafond × TMI » ; seul le plafond se calcule différemment.
Au réel (déclaration 2035)
Vous déduisez via l'article 154 bis, directement de votre bénéfice BNC : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, jusqu'à 88 911 €. C'est la voie la plus large. La déduction s'impute sur le revenu catégoriel BNC, avant même le calcul du revenu global. Pertinent si vos charges dépassent 34 % des recettes.
Au micro-BNC
Le 154 bis ne s'applique pas (l'abattement de 34 % est réputé couvrir toutes les charges). Mais vous pouvez verser sur un PER et déduire du revenu global via l'article 163 quatervicies (base = bénéfice après abattement de 34 %). Ex. : 50 000 € de recettes → bénéfice micro 33 000 € → plafond ramené au plancher de 4 806 €.
Le seuil micro-BNC 2026 et la règle de bascule
Exemple chiffré : une orthophoniste au micro à 50 000 € de recettes
Sortir son PER : capital, rente et la fiscalité 2026
Camille déduit à 30 % pendant qu'elle exerce. À la retraite, ses revenus en baisse, elle repasse souvent à 11 %. Cet écart de tranche, c'est tout l'intérêt du dispositif. Encore faut-il regarder de près la fiscalité de sortie : elle n'est pas la même selon que l'on récupère son épargne en capital ou en rente. La base : vous choisissez librement entre capital en une fois, capital fractionné, rente, ou un mix (article L. 224-5 du Code monétaire et financier).
La sortie en capital
Pour des versements déduits à l'entrée, le retrait en capital se lit en deux parts. La part « versements » est imposée au barème de l'IR dans la catégorie des pensions, mais sans l'abattement de 10 % — c'est le piège : les simulateurs grand public appliquent cet abattement par défaut et surestiment votre net de quelques centaines d'euros. Bonne nouvelle : cette part versements est exonérée de prélèvements sociaux, et le système du quotient (article 163-0 A) peut lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 %(12,8 % d'IR au titre de l'article 200 A + 18,6 % de prélèvements sociaux).
| Sortie en capital | Imposition IR | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Part « versements » (déduits à l'entrée) | Barème des pensions, sans abattement 10 % (quotient possible) | Exonérée |
| Part « gains » | PFU 12,8 % (option barème possible) | 18,6 % |
| Total sur les gains | — | PFU 31,4 % |
Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — et sur les gains seulement
La sortie en rente
En rente, pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension(rente viagère à titre gratuit, articles 79 et 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux. C'est ce que cherchait Camille : un complément qui tombe tous les mois, à vie, sans avoir à piloter un capital. La rente PER fait ce travail-là — au prix d'un capital qui ne revient pas aux héritiers si elle vit moins longtemps que prévu. Un mix est souvent pertinent — un capital partiel pour un projet (travaux, voyage), une rente pour le complément mensuel.
La vraie question : votre TMI demain sera-t-elle plus basse qu'aujourd'hui ?
Verser sur un PER sans saboter votre projet d'achat
Sur ce point, un réflexe peut coûter cher à un orthophoniste de 30-35 ans qui prépare un achat : le versement PER déduit baisse votre bénéfice imposable, donc le revenu que la banque retient sur vos dernières liasses 2035 et votre avis d'imposition. Or c'est précisément ce revenu qui sert à calculer votre taux d'endettement (plafonné autour de 35 % dans le cadre HCSF). Conséquence : saturer son PER juste avant une demande de prêt peut dégrader la capacité d'emprunt.
C'est typiquement le dilemme de l'orthophoniste qui prépare un achat : résidence principale, murs de cabinet, ou rachat d'une patientèle. Déduire fort fait baisser le revenu fiscal ; emprunter large suppose un revenu élevé sur l'avis d'imposition. Les deux objectifs se contredisent, et il n'y a pas de règle unique : tout est dans le calendrier des versements.
Arbitrer le rythme des versements selon vos projets
L'argent est-il bloqué ? Les cas de sortie anticipée
« Et si j'ai besoin de cet argent avant 60 ans ? » — c'est l'objection qui revient le plus souvent en rendez-vous, et c'est aussi pourquoi, à TMI 11 %, on préfère souvent l'assurance-vie (jamais bloquée). En principe, l'épargne du PER est bloquée jusqu'à la retraite. Mais la loi prévoit six portes de sortie anticipée (article L. 224-4 du Code monétaire et financier), dont plusieurs concernent directement un orthophoniste.
| Cas de déblocage anticipé (art. L. 224-4 CMF) | Concerne l'orthophoniste ? |
|---|---|
| Acquisition de la résidence principale | Soupape majeure pour le jeune orthophoniste acheteur |
| Invalidité (2e ou 3e cat.) du titulaire, des enfants ou du conjoint | Risque réel : voix, posture assise, charge cognitive |
| Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire | Cas concret en cas d'échec du cabinet |
| Décès du conjoint ou partenaire de PACS | Accident de la vie |
| Expiration des droits au chômage | Plutôt après une période salariée |
| Surendettement | Mesure de protection |
Le déblocage « résidence principale » change tout pour un jeune orthophoniste
Combien verser pour ~800-1 000 €/mois de complément à 67 ans
C'est la question qui revient à chaque rendez-vous retraite, et la réponse honnête refroidit : combien faut-il verser pour se servir 800 à 1 000 €/mois de complément à la retraite ? Posons les ordres de grandeur, hypothèses affichées — car ici, tout dépend du rendement et de la table de conversion en rente.
De l'objectif au capital cible (ordres de grandeur)
Objectif = 800 a 1 000 EUR / mois = ~10 000 a 12 000 EUR / an
Capital cible ~ 215 000 a 345 000 EUR
(selon taux de conversion ~3,5 a 4,5 %)
Pour un ortho de 45 ans (22 ans d'epargne)
a un rendement net ~3 a 4 % / an :
effort ~ 650 a 750 EUR / mois pour viser ~280 000 EURHypothèses indicatives, à personnaliser : taux de conversion d'un capital en rente viagère, rendement net annuel et horizon. Une baisse de rendement ou un départ plus tardif change sensiblement l'effort.
L'honnêteté qui change la stratégie : le PER seul ne suffit pas
Note de méthode : comment lire ces projections
C'est exactement le rôle d'une allocation d'épargne professionnelle pensée pour la retraite. On détaille où placer chaque euro dans les placements de l'orthophoniste libéral : où investir vos excédents, le rôle de l'assurance-vie comme alternative et complément du PER, celui des SCPI pour un revenu complémentaire, et le calibrage de l'effort dans combien épargner sur un PER pour un complément donné. Le PER n'est qu'une pièce de l'ensemble : pour articuler épargne, fiscalité, prévoyance et immobilier dans une seule trajectoire, voyez la stratégie de gestion de patrimoine de l'orthophoniste libéral.
Avant le PER : sécuriser sa prévoyance (priorité orthophoniste)
Avant de parler épargne à un orthophoniste, un constat s'impose : votre outil de travail, c'est votre voix, votre posture assise prolongée et votre charge cognitive. Forçage vocal et dysphonie professionnelle, cervicalgies et lombalgies liées à la position de travail, épuisement et charge mentale : les risques d'arrêt ne sont pas théoriques. Et une incapacité, même temporaire, arrête à la fois votre revenu et votre capacité à alimenter un PER. L'ordre n'est donc pas négociable : la prévoyance d'abord, le PER d'épargne ensuite.
Le socle invalidité-décès de la CARPIMKO existe, mais reste forfaitaire et souvent insuffisant pour maintenir votre train de vie en cas d'arrêt prolongé (les montants exacts sont à vérifier sur carpimko.fr ; on les chiffre dans le diagnostic retraite). D'où la priorité à une prévoyance Madelinbien calibrée — indemnités journalières et rente d'invalidité ajustées sur votre revenu réel.
L'enveloppe prévoyance Madelin de l'orthophoniste (2026)
PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % x PASS + 3,75 % x benefice
(plafonne a 3 % de 8 PASS = 11 534 EUR)
Exemple : benefice 48 000 EUR
= 7 % x 48 060 + 3,75 % x 48 000
= 3 364 + 1 800
= 5 164 EUR (sous le plafond de 11 534 EUR)Cette enveloppe prévoyance / santé relève aussi de l'article 154 bis, mais elle est distincte du plafond retraite : elle ne grignote pas votre déduction PER. Pour un orthophoniste à 48 000 € de bénéfice, elle autorise environ 5 164 € de cotisations prévoyance / santé déductibles.
Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance
Cas particulier : l'orthophoniste associé de SELARL
L'immense majorité des orthophonistes exercent en entreprise individuelle (BNC au réel ou micro) ou en SCM (société de moyens, transparente, qui ne dégage pas de bénéfice). Dans ce cas, le plafond 154 bis est acquis d'office au réel, sans aucun contentieux : c'est la situation de Camille. Quelques orthophonistes s'associent en SELARL— souvent à plusieurs sur un gros cabinet : là, l'accès au 154 bis n'est plus automatique, il dépend du régime social.
| Votre structure | Régime social | Plafond applicable | Maximum 2026 |
|---|---|---|---|
| EI / BNC au réel (déclaration 2035) | TNS | Art. 154 bis (assiette = bénéfice BNC) | 88 911 € |
| Gérant majoritaire de SELARL | TNS | Art. 154 bis (rému art. 62 + part technique BNC depuis 2024) | 88 911 € |
| Gérant minoritaire / assimilé salarié | Assimilé salarié | Art. 163 quatervicies | 38 448 € |
Deux nuances utiles si vous êtes associé de SEL. D'abord, depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est imposée en BNC (rescrit BOI-RES-BNC-000136), ce qui ouvre l'accès au 154 bis sur cette part. Ensuite, la chaîne jurisprudentielle qui fixe la règle : CE 16 octobre 2013, n° 339822 (la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est un BNC, sauf lien de subordination) ; CE 8 décembre 2017, n° 409429 (la déduction 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC ou en article 62, jamais sur des traitements et salaires) ; CE 8 avril 2025, n° 492154 (confirmation de la qualification BNC de la part technique et annulation de la tolérance forfaitaire des 5 % de gérance). Le choix de structure dépasse le seul PER — et chez l'orthophoniste à revenus modérés, la SELARL est rarement justifiée : on l'arbitre dans BNC ou SELARL pour le libéral : la structure et son impact.
Récapitulatif : votre PER d'orthophoniste en 5 décisions
Compenser votre retraite CARPIMKO avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis à partir de votre liasse 2035, on tranche honnêtement selon votre tranche (à 11 %, on vous dira de préférer l'assurance-vie), on sécurise d'abord votre prévoyance Madelin, et on combine PER et assurance-vie pour viser un vrai complément de pension. Si saturer le plafond cette année abîme votre capacité d'emprunt, on vous le dira.

