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Guide orthophonistes 202614 minMis à jour 25 juin 2026Plancher 4 806 € garanti

PER orthophoniste : compenser la chute de revenus à la retraite CARPIMKO

À la retraite, votre pension CARPIMKO tombera souvent à 40-50 % de vos revenus d'activité : c'est le diagnostic de notre guide retraite. Ce trou est précisément ce qui rend le PER efficace pour un orthophoniste — à condition d'être à la bonne tranche d'impôt. En déduisant dès 4 806 €/an de votre BNC (article 154 bis), vous économisez 1 442 € d'impôt à 30 %. Mais à 11 %, on vous le dira franchement : préférez l'assurance-vie. Le PER compense la CARPIMKO, il ne crée aucun droit. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PER ORTHOPHONISTE 2026

Chiffrer votre plafond PER et votre complément retraite réel

Audit de votre situation d'orthophoniste libérale : plafond TNS art. 154 bis sur votre BNC, économie d'impôt à votre tranche, et surtout le test honnête de la TMI (à 30 % le PER déroule, à 11 % on vous oriente vers l'assurance-vie). Articulation prévoyance Madelin / PER et garde-fou capacité d'emprunt. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre plafond 154 bis sur votre BNC
  • Le bon arbitrage selon votre tranche
  • Prévoyance Madelin sécurisée d'abord
  • Cabinet 100 % indépendant

BNC 48 000 € → PLAFOND

4 806 €

ÉCO. À 30 %

≈ 1 442 €

FORMULE 154 BIS

10 % + 15 %

PLANCHER GARANTI

4 806 €

PS GAINS PER 2026

18,6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·1 MIN

Le PER de l'orthophoniste en 30 secondes : combien, comment, pour qui

Vous avez peut-être déjà fait le diagnostic : à la retraite, votre pension CARPIMKO tombera souvent à 40 à 50 % de vos revenus d'activité. Reste la vraie question, celle qui vous amène ici : comment combler ce trou ? Le levier le plus efficace pour un orthophoniste libéral, c'est le PER — mais à une condition décisive : être à la bonne tranche d'impôt. Grâce à un plafond réservé aux indépendants — l'article 154 bis du CGI — vous déduisez de votre bénéfice imposable dès 4 806 €/an (un plancher garanti même à BNC modeste). L'économie d'impôt suit votre tranche : à 30 %, déduire 4 806 €, c'est environ 1 442 € d'impôt en moins dès cette année. À 11 %, en revanche, l'avantage fond et sera repris à la sortie : on vous le dira franchement. On va voir la formule, la table par BNC, le double cas de Camille et de Léa, et la sortie — avec un garde-fou clair : le PER compense la CARPIMKO, il ne lui crée aucun droit.

Le PER de l'orthophoniste en 30 secondes

Le plafond : l'article 154 bis vous laisse déduire 10 % de votre bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € qui suffit déjà à la plupart des orthophonistes à revenus modérés. Ce que vous économisez à l'entrée, c'est votre versement multiplié par votre tranche : 3 000 € versés, c'est 900 € d'impôt en moins à 30 %… mais seulement 330 € à 11 %. La sortie : en capital ou en rente, au choix — et les prélèvements sociaux de 18,6 % ne frappent que les gains, jamais la part versements. Les garde-fous : c'est un report d'imposition (pas une « défiscalisation » magique), il ne crée aucun droit CARPIMKO, et sous 30 % de tranche l'assurance-vie est souvent préférable. Avant de saturer le PER, sécurisez votre prévoyance Madelin (la voix, la posture et la charge mentale sont de vrais risques).

Vous voulez d'abord savoir à quelle pension vous attendre, caisse par caisse ? C'est le sujet de notre diagnostic complet de votre retraite CARPIMKO. Ici, on passe à la solution : comment combler ce trou avec le bon outil, au bon moment, et seulement quand votre tranche le justifie.

§ 2LE LEVIER·2 MIN

Pourquoi (et pour qui) le PER est fait pour un orthophoniste : l'arbitrage de TMI

Soyons clairs sur le point qui fâche : le PER déductible n'efface pas l'impôt, il le décale. Ce n'est pas une « niche fiscale », c'est un report d'imposition. Vous ne payez pas l'impôt aujourd'hui sur la somme versée ; vous le paierez (sur la part versements) le jour où vous récupérerez l'épargne, à la retraite. Tout l'intérêt tient alors dans l'écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de demain.

Or c'est exactement là que l'orthophoniste demande de la nuance. Sa situation est plus contrastée que celle d'un médecin : une bonne partie des orthophonistes — temps partiel, début de carrière, exercice mixte — se situent à une TMI de 11 % ; d'autres, à plein temps et bien installés, atteignent 30 %. Et le PER ne se comporte pas du tout pareil dans les deux cas. À 30 % en activité, vous déduisez haut puis ressortez la part versements à 11 %, voire 0 %, quand la pension CARPIMKO chute : vous captez l'écart de tranche, le levier est puissant. À 11 % en activité, vous déduisez à 11 %… et vous ressortez aussi autour de 11 % : l'écart de tranche est quasi nul, l'avantage est repris à la sortie, et l'épargne reste bloquée pour rien.

Le levier du PER : d'où vient le gain réel

GAIN REEL = (TMI a l'entree - TMI a la sortie) x versement
            + capitalisation de l'epargne dans le temps

Ortho TMI 30 % : deduit a 30 %, ressort la part versements a 11 %
=> ecart de tranche = 30 % - 11 % = 19 points de gain
   + ce que rapporte l'epargne investie jusqu'a 67 ans

Ortho TMI 11 % : deduit a 11 %, ressort la part versements a 11 %
=> ecart de tranche ~ 0 point => le PER perd l'essentiel de son interet

Si votre TMI est identique à l'entrée et à la sortie, l'avantage se réduit au seul différé et à la capitalisation, et ne justifie plus le blocage de l'épargne. C'est l'écart de tranche qui fait le gros du gain — et c'est lui qui sépare un orthophoniste à 30 % (le PER gagne) d'un orthophoniste à 11 % (le PER perd).

Le test honnête en 30 secondes : le PER est-il fait pour vous ?

Vous êtes à une TMI de 30 % (orthophoniste à plein temps, BNC confortable) ? Le PER est une excellente machine à différer : déduisez, le levier de tranche joue à plein. Vous êtes à une TMI de 11 % (temps partiel, début d'activité, exercice mixte) ? L'avantage à l'entrée est faible et repris à la sortie : dans ce cas, on préfère l'assurance-vie ou le PEA : vous gardez la main sur votre épargne et la fiscalité s'allège après quelques années. C'est un conseil de CGP, pas de vendeur : on ne pousse pas le PER en force sous 30 % de tranche. Pour comparer les alternatives, voyez les placements de l'orthophoniste : l'assurance-vie et le PEA, plus pertinents à TMI 11 %.

Reste la CARPIMKO. Le PER ne rachète aucun point et ne crée aucun trimestre dans votre caisse (art. L. 131-6 du CSS) : il vient par-dessus, en capitalisation individuelle, pour combler l'écart que la répartition ne financera jamais. Le diagnostic du trou, c'est l'objet de notre guide retraite CARPIMKO ; ici, on chiffre la compensation.

Hagnéré Patrimoine

Le PER est-il vraiment fait pour votre tranche ?

Un CGP indépendant calcule votre TMI réelle, votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, et tranche honnêtement : à 30 % on optimise le PER, à 11 % on vous oriente vers l'assurance-vie — après avoir sécurisé votre prévoyance.

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§ 3LE PLAFOND·2 MIN

Combien vous pouvez déduire : le plafond TNS art. 154 bis

C'est l'avantage de l'indépendant sur le salarié : là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus (article 163 quatervicies), l'orthophoniste en BNC au réel dispose d'un plafond spécifique TNS, l'article 154 bis du CGI, qui ajoute une seconde tranche à 15 %. Vous déduisez le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.

Le plafond TNS 2026 de l'orthophoniste, du plancher au cas type

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x max(0 ; min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

(la 2e tranche est nulle tant que le benefice <= 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER  = 10 % x 1 PASS                  = 4 806 EUR
CAS TYPE  = 10 % x 48 000 = 4 800 EUR      < plancher
          => deduction retenue             = 4 806 EUR

Pour un orthophoniste à 48 000 € de BNC, les 10 % donnent 4 800 €, soit juste en dessous du plancher : c'est donc le plancher de 4 806 € qui s'applique. La majoration de 15 % ne commence à jouer qu'au-delà du PASS (48 060 €). Le plancher prend le relais dès que 10 % du bénéfice lui est inférieur.

La base de calcul, c'est le bénéfice de votre déclaration 2035 (recettes encaissées moins charges déductibles), au titre de l'année N : le PASS retenu est celui de 2026 (48 060 €). Voici les repères à mémoriser :

Les repères 2026 du plafond TNS art. 154 bis pour un orthophoniste. Le profil revenus modérés se loge entre le plancher de 4 806 € et environ 11 500 € de plafond.
Repère 2026ValeurRôle pour l'orthophoniste
PASS 202648 060 €Base de la formule (arrêté du 22/12/2025)
Plancher 154 bis4 806 €Déduction minimale garantie — suffit à la plupart des orthophonistes
Cas type 48 000 € de BNC4 806 €10 % × 48 000 = 4 800 € < plancher → plancher retenu
Maximum 154 bis88 911 €Atteint dès 384 480 € de bénéfice — hors de portée d'un orthophoniste

Le plancher de 4 806 € : conçu pour les revenus modérés

L'orthophoniste qui débute, exerce à temps partiel ou dont le BNC est modeste garde quand même ce plancher de déduction (10 % du PASS) : même si 10 % de votre bénéfice tombe sous 4 806 €, c'est ce plancher qui s'applique. Prenons un orthophoniste à 35 000 € de bénéfice : il déduit 4 806 €, et non 3 500 €. Pour la plupart des orthophonistes à revenus modérés, ce plancher couvre déjà un effort d'épargne réaliste : inutile de viser le maximum de 88 911 €, qui suppose un bénéfice de 384 480 € qu'aucun orthophoniste n'atteint.

Un atout discret : le PER est hors du plafond des niches

La plupart des réductions et crédits d'impôt sont plafonnés ensemble à 10 000 €/an (article 200-0 A du CGI). Le PER déductible, lui, n'entre pas dans ce plafonnement : il agit en déduction du revenu, en amont, et non en réduction d'impôt. Vous pouvez donc cumuler votre déduction PER avec d'autres avantages sans rogner votre enveloppe de niches. Pour le détail du calcul support par support et les pièges du 154 bis, voyez le PER du libéral : plafond 154 bis et les 3 pièges.
§ 4SIMULATION·2 MIN

Votre économie d'impôt selon votre BNC et votre TMI

Ligne par ligne selon votre BNC : ce que vous pouvez déduire et l'impôt économisé selon votre tranche. La règle est simple : l'économie à l'entrée vaut grosso modo votre versement × TMI. On affiche volontairement les deux colonnes 11 % et 30 % côte à côte : pour un orthophoniste, c'est l'écart entre elles qui décide de tout.

Plafond 154 bis et économie d'impôt sur le revenu selon le BNC et la TMI, taux 2026. Jusqu'à 48 060 € de bénéfice, c'est le plancher de 4 806 € qui s'applique. L'économie suppose que le versement reste dans la tranche indiquée.
BNC imposablePlafond 154 bisÉco. à 11 %Éco. à 30 %
35 000 €4 806 € (plancher)529 €1 442 €
48 000 € (cas type)4 806 € (plancher)529 €1 442 €
55 000 €6 541 €720 €1 962 €
65 000 €9 041 €995 €2 712 €
75 000 €11 541 €1 270 €3 462 €

Le détail des plafonds, pour qu'on voie d'où sortent les chiffres : à 35 000 € et à 48 000 €, 10 % du bénéfice (3 500 € et 4 800 €) restent sous le plancher, donc on déduit 4 806 €. À 55 000 € : 5 500 + 15 % × (55 000 − 48 060) = 5 500 + 1 041 = 6 541 €. À 65 000 € : 6 500 + 15 % × 16 940 = 6 500 + 2 541 = 9 041 €. À 75 000 € : 7 500 + 15 % × 26 940 = 7 500 + 4 041 = 11 541 €.

Le chiffre à 11 %, c'est tout le sujet

À 11 %, déduire 4 806 € ne fait économiser que 529 €… et cet avantage sera repris à la sortie quand la part versements ressortira au barème des pensions, là aussi autour de 11 %. Résultat : à TMI 11 %, le PER est souvent ≈ neutre, parfois perdant une fois l'épargne immobilisée pendant des années. À 11 %, préférez l'assurance-vie ou le PEA ; à 30 %, le PER déroule son plein effet. Et ne l'oubliez jamais : cette déduction joue uniquement sur l'impôt sur le revenu, jamais sur vos cotisations CARPIMKO ni URSSAF. Pour connaître votre tranche exacte et l'effet d'un versement, appuyez-vous sur l'identification de votre TMI 2026 et le détail du calcul TMI par TMI.

Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros.

Hagnéré Patrimoine

Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?

Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis à partir de votre liasse 2035, votre économie nette à votre tranche réelle, et vous dit clairement si le PER ou l'assurance-vie est le bon outil pour vous — après avoir sécurisé votre prévoyance.

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§ 5CAS CONCRETS·2 MIN

Deux cas : Camille (30 %) où le PER gagne, Léa (11 %) où il perd

Deux cas concrets, déroulés euro par euro, qui résument tout l'arbitrage de l'orthophoniste. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux qu'on rencontre vraiment. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.

Cas 1 — Camille, orthophoniste libérale en EI (TMI 30 %) : le PER est pertinent

Camille a 45 ans, exerce en entreprise individuelle, déclare son bénéfice au réel (déclaration 2035) à 48 000 €, et il lui reste 22 ans avant 67 ans. Sa TMI est de 30 %.

Plafond 154 bis : 10 % × 48 000 = 4 800 €, soit moins que le plancher → 4 806 €/an déductibles (≈ 400 €/mois si elle sature).
Effort retenu : elle verse 250 €/mois, soit 3 000 €/an (sous l'enveloppe).
Économie d'IR : 3 000 × 30 % = 900 €/an.
Effort net réel : 3 000 − 900 = 2 100 €/an (≈ 175 €/mois net de poche pour 250 € placés à son nom).
Le levier du différé : à la retraite, sa pension CARPIMKO la fait probablement passer à une TMI de 11 %. La part « versements » ressortira alors au barème des pensions autour de 11 %, contre 30 % déduits : un écart de tranche d'environ 19 points, qui est le cœur du gain. Pour Camille, le PER est un bon outil.

Cas 2 — Léa, orthophoniste à mi-temps (TMI 11 %) : le PER est déconseillé

Léa a 40 ans et exerce à mi-temps (situation fréquente chez les orthophonistes), pour un BNC de 28 000 €. Sa TMI est de 11 %.

Si elle verse 3 000 € sur un PER déductible, son économie d'impôt à l'entrée n'est que de 3 000 × 11 % = 330 €. Et à la sortie, la part versements sera réimposée au barème des pensions — autour de 11 % elle aussi : l'avantage de 330 € est en grande partie repris. Le PER ne « gagne » quasiment rien, alors que l'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite.

Verdict : pour Léa, l'assurance-vie ou le PEA sont plus pertinents — souplesse totale, aucun blocage, fiscalité douce après 8 ans (assurance-vie) ou 5 ans (PEA). On ne pousse pas le PER en force sous 30 % de tranche. C'est tout le sujet des placements de l'orthophoniste libéral.

Camille vs Léa : pourquoi la TMI change tout

CAMILLE (TMI 30 %)  : 3 000 verses - 900 eco = 2 100 effort net
                      sortie part versements ~11 % => gain ~19 points

LEA (TMI 11 %)      : 3 000 verses - 330 eco = 2 670 effort net
                      sortie part versements ~11 % => gain ~0 point

=> sous 30 % de TMI, le PER perd l'essentiel de son interet

Même versement, même horizon, mais un résultat opposé : à 30 % l'État finance ~30 % de l'effort d'épargne et l'écart de tranche joue à plein ; à 11 % l'avantage est mince et repris à la sortie. La tranche, pas le produit, décide.

Ce que ces cas chiffrent (et ce qu'ils ne chiffrent pas)

Dans les deux cas, les sommes versées restent dans l'assiette des cotisations CARPIMKO et URSSAF : les charges sociales ne baissent pas d'un euro (art. L. 131-6 du CSS). La déduction ne joue que sur l'impôt sur le revenu. Et ces chiffres ne modélisent pas la croissance de l'épargne une fois investie : elle est exposée aux marchés, le capital n'est pas garanti hors fonds en euros. L'effort net de Camille n'est pas une dépense : c'est une épargne récupérable à son nom, que l'économie d'impôt rend moins coûteuse à constituer — ce qui n'est plus le cas pour Léa.
Hagnéré Patrimoine

Êtes-vous plutôt « Camille » ou plutôt « Léa » ?

On part de votre BNC réel et de votre tranche pour trancher honnêtement : à 30 %, on cale le bon rythme de versement PER ; à 11 %, on construit plutôt une stratégie assurance-vie / PEA, sans vous immobiliser l'épargne pour rien.

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§ 6MICRO OU RÉEL·1 MIN

Micro-BNC ou réel : la voie de déduction change

Beaucoup d'orthophonistes restent au micro-BNC parce que leurs frais réels sont souvent faibles (pas de gros plateau technique) : l'abattement forfaitaire de 34 % y est fréquemment plus avantageux que les charges réelles — l'inverse d'un infirmier qui roule beaucoup. Côté PER, votre régime d'imposition change la voie de déduction — pas le principe. Dans les deux cas, l'économie reste « plafond × TMI » ; seul le plafond se calcule différemment.

Au réel (déclaration 2035)

Vous déduisez via l'article 154 bis, directement de votre bénéfice BNC : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, jusqu'à 88 911 €. C'est la voie la plus large. La déduction s'impute sur le revenu catégoriel BNC, avant même le calcul du revenu global. Pertinent si vos charges dépassent 34 % des recettes.

Au micro-BNC

Le 154 bis ne s'applique pas (l'abattement de 34 % est réputé couvrir toutes les charges). Mais vous pouvez verser sur un PER et déduire du revenu global via l'article 163 quatervicies (base = bénéfice après abattement de 34 %). Ex. : 50 000 € de recettes → bénéfice micro 33 000 € → plafond ramené au plancher de 4 806 €.

Le seuil micro-BNC 2026 et la règle de bascule

Le seuil de recettes du micro-BNC pour les prestations de services s'établit à 83 600 € en 2026 (et non plus 77 700 €), avec un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €). Au-delà, ou sur option, c'est le régime réel (déclaration contrôlée 2035). Bon à savoir : depuis l'imposition des revenus 2023, la majoration de 25 % pour non-adhésion à un organisme de gestion agréé est supprimée. La règle de bascule : on passe au réel dès que les frais réels dépassent 34 % des recettes — et comme c'est rarement le cas chez l'orthophoniste, le micro reste fréquemment gagnant. On déroule l'arbitrage dans micro-BNC ou réel pour l'orthophoniste : le bon régime fiscal.

Exemple chiffré : une orthophoniste au micro à 50 000 € de recettes

Prenons une orthophoniste au micro-BNC qui encaisse 50 000 € de recettes. Son bénéfice imposable est calculé d'office : 50 000 − 34 % d'abattement = 33 000 €. C'est cette base de 33 000 € qui ouvre son plafond PER via l'article 163 quatervicies : 10 % × 33 000 = 3 300 €, donc en dessous du plancher, et c'est le plancher de 4 806 € qui s'applique. Même conclusion qu'au réel pour ce niveau de revenus : le plancher couvre l'effort d'épargne. Ce qui change, ce n'est pas le montant déductible, mais la mécanique de déduction (revenu global au micro via le 163 quatervicies, revenu catégoriel BNC au réel via le 154 bis) — et l'arbitrage de tranche reste identique : à 11 %, l'assurance-vie garde l'avantage.
§ 7LA SORTIE·2 MIN

Sortir son PER : capital, rente et la fiscalité 2026

Camille déduit à 30 % pendant qu'elle exerce. À la retraite, ses revenus en baisse, elle repasse souvent à 11 %. Cet écart de tranche, c'est tout l'intérêt du dispositif. Encore faut-il regarder de près la fiscalité de sortie : elle n'est pas la même selon que l'on récupère son épargne en capital ou en rente. La base : vous choisissez librement entre capital en une fois, capital fractionné, rente, ou un mix (article L. 224-5 du Code monétaire et financier).

La sortie en capital

Pour des versements déduits à l'entrée, le retrait en capital se lit en deux parts. La part « versements » est imposée au barème de l'IR dans la catégorie des pensions, mais sans l'abattement de 10 % — c'est le piège : les simulateurs grand public appliquent cet abattement par défaut et surestiment votre net de quelques centaines d'euros. Bonne nouvelle : cette part versements est exonérée de prélèvements sociaux, et le système du quotient (article 163-0 A) peut lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR au titre de l'article 200 A + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Fiscalité de sortie en capital du PER (versements déduits), taux 2026. Les 18,6 % de prélèvements sociaux ne frappent que les gains : la part versements en est exonérée.
Sortie en capitalImposition IRPrélèvements sociaux
Part « versements » (déduits à l'entrée)Barème des pensions, sans abattement 10 % (quotient possible)Exonérée
Part « gains »PFU 12,8 % (option barème possible)18,6 %
Total sur les gains—PFU 31,4 %

Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — et sur les gains seulement

Le piège classique : appliquer 17,2 % au PER. Sur les gains, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5, depuis la LFSS 2026), ce qui porte le PFU à 31,4 %, et non 30 %. Le taux de 17,2 % ne vaut que pour l'assurance-vie, les contrats de capitalisation et les revenus fonciers nus — jamais pour le PER. Et surtout : ces 18,6 % ne touchent que les gains ; la part « versements » du capital de sortie est exonérée de PS. Le détail de cette dualité : prélèvements sociaux 2026 : la dualité 18,6 % / 17,2 %.

La sortie en rente

En rente, pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension (rente viagère à titre gratuit, articles 79 et 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux. C'est ce que cherchait Camille : un complément qui tombe tous les mois, à vie, sans avoir à piloter un capital. La rente PER fait ce travail-là — au prix d'un capital qui ne revient pas aux héritiers si elle vit moins longtemps que prévu. Un mix est souvent pertinent — un capital partiel pour un projet (travaux, voyage), une rente pour le complément mensuel.

La vraie question : votre TMI demain sera-t-elle plus basse qu'aujourd'hui ?

Le PER est gagnant si votre TMI à l'entrée (30 % en pleine activité) est supérieure à votre TMI à la sortie (souvent 11 % à la retraite, quand la pension CARPIMKO chute) : c'est exactement le calage de tranche de Camille. Cas limite : si vous êtes déjà à une TMI de 0 ou 11 % en activité (orthophoniste à mi-temps, début de carrière), l'avantage à l'entrée est faible et l'option non déductible — ou carrément l'assurance-vie — devient préférable. Pour comparer capital et rente au cas par cas, et arbitrer avec l'assurance-vie, voyez la fiscalité à la sortie du PER : capital ou rente et PER ou assurance-vie : que choisir selon votre profil.
§ 8CAPACITÉ D'EMPRUNT·1 MIN

Verser sur un PER sans saboter votre projet d'achat

Sur ce point, un réflexe peut coûter cher à un orthophoniste de 30-35 ans qui prépare un achat : le versement PER déduit baisse votre bénéfice imposable, donc le revenu que la banque retient sur vos dernières liasses 2035 et votre avis d'imposition. Or c'est précisément ce revenu qui sert à calculer votre taux d'endettement (plafonné autour de 35 % dans le cadre HCSF). Conséquence : saturer son PER juste avant une demande de prêt peut dégrader la capacité d'emprunt.

C'est typiquement le dilemme de l'orthophoniste qui prépare un achat : résidence principale, murs de cabinet, ou rachat d'une patientèle. Déduire fort fait baisser le revenu fiscal ; emprunter large suppose un revenu élevé sur l'avis d'imposition. Les deux objectifs se contredisent, et il n'y a pas de règle unique : tout est dans le calendrier des versements.

Arbitrer le rythme des versements selon vos projets

Jeune orthophoniste en phase d'acquisition : modérez ou différez vos versements PER pendant les 2 ou 3 années qui précèdent la demande de prêt (quitte à vous en tenir au plancher), pour préserver un revenu net élevé aux yeux de la banque. Orthophoniste installé sans projet de financement : si votre tranche le justifie (30 %), saturez le plafond, l'arbitrage de TMI joue à plein. Précision importante : cet effet relève de la politique de chaque banque (cadre HCSF), pas d'un texte fiscal — il s'arbitre avec votre courtier. Et il existe une soupape : le déblocage anticipé pour l'acquisition de la résidence principale (art. L. 224-4 du CMF) permet de récupérer l'épargne PER pour financer l'apport. On replace ce levier dans l'ensemble des arbitrages d'impôt de l'orthophoniste dans défiscalisation de l'orthophoniste : tous les leviers pour réduire ses impôts en BNC.
§ 9LIQUIDITÉ·1 MIN

L'argent est-il bloqué ? Les cas de sortie anticipée

« Et si j'ai besoin de cet argent avant 60 ans ? » — c'est l'objection qui revient le plus souvent en rendez-vous, et c'est aussi pourquoi, à TMI 11 %, on préfère souvent l'assurance-vie (jamais bloquée). En principe, l'épargne du PER est bloquée jusqu'à la retraite. Mais la loi prévoit six portes de sortie anticipée (article L. 224-4 du Code monétaire et financier), dont plusieurs concernent directement un orthophoniste.

Les six cas de déblocage anticipé du PER. Hors ces cas, l'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite : le PER se conçoit comme une épargne longue.
Cas de déblocage anticipé (art. L. 224-4 CMF)Concerne l'orthophoniste ?
Acquisition de la résidence principaleSoupape majeure pour le jeune orthophoniste acheteur
Invalidité (2e ou 3e cat.) du titulaire, des enfants ou du conjointRisque réel : voix, posture assise, charge cognitive
Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaireCas concret en cas d'échec du cabinet
Décès du conjoint ou partenaire de PACSAccident de la vie
Expiration des droits au chômagePlutôt après une période salariée
SurendettementMesure de protection

Le déblocage « résidence principale » change tout pour un jeune orthophoniste

Contrairement aux anciens contrats Madelin, le PER permet de débloquer l'épargne pour acheter sa résidence principale. Pour un orthophoniste de 30-40 ans à TMI 30 %, cela transforme le PER en outil à double détente : on déduit aujourd'hui (économie d'impôt), et l'épargne reste mobilisable pour un apport immobilier le moment venu. Les cinq autres cas couvrent les accidents de la vie. Le détail des conditions et de la fiscalité de chaque déblocage : débloquer son PER : les 6 cas de sortie anticipée, et la mécanique générale dans le guide complet du Plan d'épargne retraite.
§ 10DIMENSIONNEMENT·1 MIN

Combien verser pour ~800-1 000 €/mois de complément à 67 ans

C'est la question qui revient à chaque rendez-vous retraite, et la réponse honnête refroidit : combien faut-il verser pour se servir 800 à 1 000 €/mois de complément à la retraite ? Posons les ordres de grandeur, hypothèses affichées — car ici, tout dépend du rendement et de la table de conversion en rente.

De l'objectif au capital cible (ordres de grandeur)

Objectif        = 800 a 1 000 EUR / mois = ~10 000 a 12 000 EUR / an

Capital cible   ~ 215 000 a 345 000 EUR
                  (selon taux de conversion ~3,5 a 4,5 %)

Pour un ortho de 45 ans (22 ans d'epargne)
a un rendement net ~3 a 4 % / an :
effort         ~ 650 a 750 EUR / mois pour viser ~280 000 EUR

Hypothèses indicatives, à personnaliser : taux de conversion d'un capital en rente viagère, rendement net annuel et horizon. Une baisse de rendement ou un départ plus tardif change sensiblement l'effort.

L'honnêteté qui change la stratégie : le PER seul ne suffit pas

Faites le calcul : pour un orthophoniste, le plafond 154 bis (~4 806 €/an, soit ~400 €/mois) est très en deçà des 650 à 750 €/mois nécessaires pour viser ~280 000 €. Conclusion : pour un orthophoniste à revenus modérés, le PER déductible seul ne finance pas, à lui tout seul, un complément de 800-1 000 €/mois. Il faut combiner plusieurs enveloppes : le PER pour la part déductible (si votre tranche le justifie), puis de l'épargne non déduite — assurance-vie (souple, fiscalité douce après 8 ans), ou SCPI (revenu régulier). À TMI 11 %, on bascule même l'essentiel hors PER. Un PER seul ne fait pas une retraite : pour Camille, c'est ~400 €/mois de PER complétés par de l'assurance-vie qui approchent l'objectif, pas le PER tout seul.

Note de méthode : comment lire ces projections

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas des promesses. Ils reposent sur trois hypothèses qui vous appartiennent : le rendement net annuel de vos supports (un fonds en euros sécurisé ne rapporte pas comme une allocation en unités de compte, plus exposée), le taux de conversion du capital en rente viagère le jour venu, et votre horizon de versement. Sur un PER investi en unités de compte, les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le capital n'est pas garanti : une baisse de marché à l'approche de la retraite, ou un départ retardé, déplace sensiblement l'effort à fournir. La seule donnée certaine de tout ce guide reste l'économie d'impôt de l'année du versement ; le reste se pilote dans le temps et se sécurise progressivement (désensibilisation du PER à l'approche de l'échéance).

C'est exactement le rôle d'une allocation d'épargne professionnelle pensée pour la retraite. On détaille où placer chaque euro dans les placements de l'orthophoniste libéral : où investir vos excédents, le rôle de l'assurance-vie comme alternative et complément du PER, celui des SCPI pour un revenu complémentaire, et le calibrage de l'effort dans combien épargner sur un PER pour un complément donné. Le PER n'est qu'une pièce de l'ensemble : pour articuler épargne, fiscalité, prévoyance et immobilier dans une seule trajectoire, voyez la stratégie de gestion de patrimoine de l'orthophoniste libéral.

§ 11PRIORITÉ MÉTIER·1 MIN

Avant le PER : sécuriser sa prévoyance (priorité orthophoniste)

Avant de parler épargne à un orthophoniste, un constat s'impose : votre outil de travail, c'est votre voix, votre posture assise prolongée et votre charge cognitive. Forçage vocal et dysphonie professionnelle, cervicalgies et lombalgies liées à la position de travail, épuisement et charge mentale : les risques d'arrêt ne sont pas théoriques. Et une incapacité, même temporaire, arrête à la fois votre revenu et votre capacité à alimenter un PER. L'ordre n'est donc pas négociable : la prévoyance d'abord, le PER d'épargne ensuite.

Le socle invalidité-décès de la CARPIMKO existe, mais reste forfaitaire et souvent insuffisant pour maintenir votre train de vie en cas d'arrêt prolongé (les montants exacts sont à vérifier sur carpimko.fr ; on les chiffre dans le diagnostic retraite). D'où la priorité à une prévoyance Madelin bien calibrée — indemnités journalières et rente d'invalidité ajustées sur votre revenu réel.

L'enveloppe prévoyance Madelin de l'orthophoniste (2026)

PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % x PASS + 3,75 % x benefice
                           (plafonne a 3 % de 8 PASS = 11 534 EUR)

Exemple : benefice 48 000 EUR
= 7 % x 48 060 + 3,75 % x 48 000
= 3 364 + 1 800
= 5 164 EUR (sous le plafond de 11 534 EUR)

Cette enveloppe prévoyance / santé relève aussi de l'article 154 bis, mais elle est distincte du plafond retraite : elle ne grignote pas votre déduction PER. Pour un orthophoniste à 48 000 € de bénéfice, elle autorise environ 5 164 € de cotisations prévoyance / santé déductibles.

Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance

La séquence prioritaire pour l'orthophoniste : d'abord des indemnités journalières et une rente d'invalidité calibrées sur votre train de vie, ensuite seulement l'épargne PER. Saturer son PER en laissant un trou de prévoyance, c'est optimiser l'impôt en exposant l'essentiel : votre revenu et votre capacité même à épargner. Nous détaillons les garanties à viser dans la prévoyance Madelin du libéral.
§ 12STATUT·1 MIN

Cas particulier : l'orthophoniste associé de SELARL

L'immense majorité des orthophonistes exercent en entreprise individuelle (BNC au réel ou micro) ou en SCM (société de moyens, transparente, qui ne dégage pas de bénéfice). Dans ce cas, le plafond 154 bis est acquis d'office au réel, sans aucun contentieux : c'est la situation de Camille. Quelques orthophonistes s'associent en SELARL— souvent à plusieurs sur un gros cabinet : là, l'accès au 154 bis n'est plus automatique, il dépend du régime social.

C'est le régime social (TNS vs assimilé salarié), et non le diplôme, qui fixe le plafond PER applicable à l'orthophoniste. La quasi-totalité des orthophonistes sont en EI/BNC, donc au 154 bis (s'ils sont au réel).
Votre structureRégime socialPlafond applicableMaximum 2026
EI / BNC au réel (déclaration 2035)TNSArt. 154 bis (assiette = bénéfice BNC)88 911 €
Gérant majoritaire de SELARLTNSArt. 154 bis (rému art. 62 + part technique BNC depuis 2024)88 911 €
Gérant minoritaire / assimilé salariéAssimilé salariéArt. 163 quatervicies38 448 €

Deux nuances utiles si vous êtes associé de SEL. D'abord, depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est imposée en BNC (rescrit BOI-RES-BNC-000136), ce qui ouvre l'accès au 154 bis sur cette part. Ensuite, la chaîne jurisprudentielle qui fixe la règle : CE 16 octobre 2013, n° 339822 (la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est un BNC, sauf lien de subordination) ; CE 8 décembre 2017, n° 409429 (la déduction 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC ou en article 62, jamais sur des traitements et salaires) ; CE 8 avril 2025, n° 492154 (confirmation de la qualification BNC de la part technique et annulation de la tolérance forfaitaire des 5 % de gérance). Le choix de structure dépasse le seul PER — et chez l'orthophoniste à revenus modérés, la SELARL est rarement justifiée : on l'arbitre dans BNC ou SELARL pour le libéral : la structure et son impact.

Récapitulatif : votre PER d'orthophoniste en 5 décisions

1. Le statut d'abord. En EI/BNC au réel (le cas de la quasi-totalité des orthophonistes), le 154 bis est acquis : plancher 4 806 €, retenu dès 48 000 € de BNC. 2. La prévoyance Madelin ensuite, avant de saturer le PER : la dysphonie et le mal de dos passent devant l'optimisation fiscale. 3. Le versement calibré sur votre tranche : à 30 %, 3 000 € déduits valent ~900 € d'impôt en moins (le PER est pertinent) ; à 11 %, l'avantage est mince et repris — préférez l'assurance-vie. 4. La sortie : capital ou rente au choix, PS de 18,6 % sur les gains seuls, et un vrai gain quand votre TMI baisse à la retraite. 5. La place du PER : il compense le trou de pension CARPIMKO par capitalisation, il ne crée aucun droit dans la caisse. Seule l'économie d'impôt de l'année est certaine ; ce que rapportera ensuite l'épargne dépend des marchés.
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Sources et références légales

  • CGI — les deux plafonds de déduction du PER

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS de l'orthophoniste au réel : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; volet prévoyance et santé distinct : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 €). Art. 163 quatervicies CGI (plafond du foyer, voie de l'orthophoniste au micro-BNC, base bénéfice après abattement de 34 % ; maximum 38 448 € ; mutualisation des conjoints case 6QR, report). Art. 163-0 A CGI (système du quotient à la sortie en capital). Art. 200-0 A CGI (le PER déductible est hors du plafonnement global des niches de 10 000 €). Doctrine : BOI-IR-BASE-20-50-20, BOI-BNC-BASE-40-60-50-10, BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, BOI-BIC-CHG-40-50-40-10.

  • Réformes 2026 (LF / LFSS) et sortie du PER

    Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) : seuil micro-BNC, report des plafonds 163 quatervicies porté de 3 à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026 (non rétroactif), fin de la déductibilité des versements après 70 ans. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : CSG sur le capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux sur les gains du PER à la sortie de 18,6 %, PFU de sortie de 31,4 % sur les gains (la part versements du capital étant exonérée de PS ; le taux de 17,2 % de l'art. L. 136-8 IV du CSS reste réservé à l'assurance-vie, aux contrats de capitalisation et aux revenus fonciers nus). Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €, plancher 154 bis = 4 806 €). Sortie : art. 79, 158-5 et 200 A CGI, BOI-RSA-PENS-30-10-20, CMF art. L. 224-1, L. 224-2, L. 224-4 et L. 224-5.

  • Statut de l'orthophoniste et accès au 154 bis (jurisprudence)

    L'orthophoniste en entreprise individuelle imposé en BNC au réel ouvre le 154 bis d'office. Pour l'associé de SEL : CE 16/10/2013 n° 339822 (la rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL est imposée en BNC, art. 92, sauf lien de subordination), CE 08/12/2017 n° 409429 (la déduction 154 bis n'existe que sur une rémunération imposée en BNC ou art. 62, jamais sur des traitements et salaires), CE 08/04/2025 n° 492154 (confirmation de la qualification BNC de la part technique, annulation de la tolérance forfaitaire des 5 % de gérance ; rescrit BOI-RES-BNC-000136). C'est la part imposée en BNC qui ouvre l'accès au plafond 154 bis.

  • Cotisations sociales et retraite de l'orthophoniste (CARPIMKO)

    Art. L. 131-6 CSS (le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations TNS ; CARPIMKO, URSSAF — le PER ne crée aucun droit dans la caisse). Retraite obligatoire de l'orthophoniste : régime de base CNAVPL, régime complémentaire et régime invalidité-décès gérés par la CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes) — à distinguer de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes et sages-femmes), de la CAVP (pharmaciens) et de la CIPAV (ostéopathes). Valeurs de point et de cotisations 2026 à vérifier sur carpimko.fr ; le détail de la pension est traité dans le guide diagnostic dédié. Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 et loi Madelin n° 94-126 du 11/02/1994 (origine de la déductibilité ; contrats Madelin fermés à la commercialisation au 01/10/2020, transférables vers un PER).

  • Spécificité TVA et nature d'activité de l'orthophoniste

    Les actes d'orthophonie sont exonérés de TVA (art. 261-4-1° du CGI, auxiliaire médical conventionné) : l'orthophoniste ne récupère donc pas la TVA sur son matériel, ce qui en renchérit le coût (à la différence d'un commerçant). L'activité d'orthophoniste est une activité libérale de prestations de services imposée en bénéfices non commerciaux (BNC), exercée le plus souvent en entreprise individuelle ou en société civile de moyens (SCM, transparente), rarement en SEL. Cette nature BNC conditionne l'accès au plafond TNS de l'article 154 bis.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le calcul de votre plafond de déduction, l'arbitrage entre PER et assurance-vie selon votre tranche et le dimensionnement de vos versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les valeurs de cotisations et de point de la CARPIMKO sont indicatives et à vérifier sur carpimko.fr. L'impact d'un versement PER sur la capacité d'emprunt relève de la politique de chaque banque (cadre HCSF) et non d'un texte fiscal : il est à arbitrer avec votre courtier. Le PER comporte un risque de perte en capital et son épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur le PER de l'orthophoniste libéral en 2026 plafond, économie d'impôt, sortie et CARPIMKO.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec les orthophonistes : combien déduire selon son BNC, à partir de quelle tranche le PER vaut le coup, le piège des cotisations CARPIMKO, la voie micro ou réel, la sortie et la capacité d'emprunt. Réponses sourcées et à jour 2026.