Mis à jour le 25 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).
L'essentiel en 30 secondes
Un orthophoniste libéral épargne de l'argent personnel, pas la trésorerie d'une société : en BNC, il n'y a pas d'impôt sur les sociétés, et même en SCM (société de moyens transparente) il n'y a aucun bénéfice à placer. La méthode tient en une pyramide à remplir dans l'ordre, du plus sûr au plus risqué : d'abord l'épargne de précaution (3 à 6 mois de charges sur livrets et fonds euros), puis le PER pour la retraite et la déduction à votre tranche marginale — mais seulement si vous êtes à 30 %, car à 11 % le PER rapporte peu —, puis l'assurance-vie pour la souplesse et la transmission, puis l'immobilier(la résidence principale d'abord), et enfin le PEAet la bourse, particulièrement utiles à tranche basse. On ne saute pas d'étage, et on ne se laisse jamais survendre du private equity quand le patrimoine est en construction.
La méthode des étages : placer par objectif, pas par produit
Chaque mois, le solde de votre compte professionnel grossit un peu : 300, 450, parfois 700 € qui s'accumulent sans qu'on sache trop quoi en faire. Et toujours la même question en rendez-vous : où je place ça ?La plupart des orthophonistes qui viennent nous voir ne se trompent pourtant pas de produit : ils se trompent d'ordre. On a placé 10 000 € en SCPI avant d'avoir trois mois de charges de côté, ou souscrit un PER en fin d'année alors qu'on est imposé à 11 % — là où il ne rapporte presque rien. L'épargne d'un libéral se remplit par étages : pas de murs tant que les fondations ne sont pas coulées. Une fois la méthode posée, le reste coule de source — sans montage compliqué.
Votre épargne tient en cinq étages, du plus liquide et du plus sûr au plus risqué et au plus long. Chaque étage suppose le précédent rempli : c'est la règle d'or, et celle qui nous évite de reprendre des dossiers mal partis. Le fil rouge qui anime tout : votre tranche marginale d'imposition, qui décide notamment si le PER (étage 2) a un sens ou s'il faut lui préférer le PEA (étage 5).
| Étage | Objectif | Enveloppes | Horizon |
|---|---|---|---|
| 1 · Précaution | 3 à 6 mois de charges disponibles | Livret A, LDDS, fonds euros | Court (0-2 ans) |
| 2 · Retraite + défisc | Compenser la CARPIMKO, déduire à la TMI (si 30 %) | PER (154 bis) | Long (retraite) |
| 3 · Souplesse + transmission | Épargne disponible et transmissible | Assurance-vie (UC + fonds euros) | Moyen / long (8 ans+) |
| 4 · Immobilier | Se loger puis investir en pierre | Résidence principale, puis LMNP / SCPI | Long (10 ans+) |
| 5 · Bourse | Faire travailler l'épargne longue (idéal si TMI basse) | PEA, compte-titres (actions, ETF) | Long (8 ans+) |
Le réflexe à désapprendre : « quel produit acheter ? »
Quand un orthophoniste nous demande quel placement choisir, nous lui retournons la question : quel étage te manque encore, et à quelle tranche es-tu imposé ? Un orthophoniste de 30 ans sans précaution n'a rien à faire en private equity, même si le rendement annoncé fait rêver. Et un orthophoniste à 11 % n'a pas grand intérêt à saturer un PER. L'ordre ne bouge pas d'un client à l'autre ; ce qui change, c'est le rythme de montée et les enveloppesqu'on choisit selon la tranche. Votre capacité d'épargne dépend d'abord de votre régime fiscal : voyez notre guide micro-BNC ou réel pour l'orthophoniste pour fixer le bénéfice net qui alimente vos étages.
L'orthophoniste en BNC : une épargne personnelle, pas une trésorerie de société
C'est le point de départ, et il évacue d'emblée la plupart des fausses questions. L'orthophoniste exerce en BNC (bénéfices non commerciaux), en prestations de services, le plus souvent en entreprise individuelle. Son bénéfice est imposé directement à son nom à l'impôt sur le revenu : il n'y a pas d'impôt sur les sociétés, donc pas de « trésorerie de société » à laisser fructifier comme le ferait un médecin ou un pharmacien en SEL à l'IS. Ce que vous placez, c'est votre épargne personnelle, déjà imposée.
Même si vous exercez en SCM(société civile de moyens), cela ne change rien : la SCM est une société de moyens, transparente fiscalement — elle refacture des charges communes (loyer du cabinet, secrétariat, matériel) entre confrères et ne dégage aucun bénéfice à placer. Les montages de trésorerie d'entreprise (contrat de capitalisation personne morale, holding patrimoniale) sont donc hors sujet pour un orthophoniste classique. Votre terrain de jeu, ce sont les enveloppes personnelles : précaution, PER, assurance-vie, PEA, immobilier.
Et la TVA ? Un point de détail, pas un levier de placement
L'orthophoniste est un auxiliaire médical : ses actes sont exonérés de TVA(article 261-4-1° du CGI). Conséquence pratique : vous achetez votre matériel TTC sans récupérer la TVA, contrairement à un commerçant. À garder en tête quand vous calculez le coût réel d'un investissement professionnel. Bref, un paramètre de coût, pas une enveloppe de placement.
Pourquoi épargner : la retraite CARPIMKO ne remplacera pas la moitié de vos revenus
Avant même de parler produits, un client nous lance souvent : pourquoi se priver dès aujourd'hui ? L'orthophoniste relève de la CARPIMKO (Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes) — le deuxième O de CARPIMKO désigne précisément les Orthophonistes. C'est la même caisse que les infirmiers et les kinésithérapeutes : jamais la CARMF (médecins), ni la CARCDSF (sages-femmes et dentistes), ni la CAVP (pharmaciens), ni la CIPAV (ostéopathes).
Le constat est rude : la pension servie par la CARPIMKO (régime de base + régime complémentaire) tourne, pour un orthophoniste à revenus moyens, nettement sous la moitié de son revenu d'activitéde fin de carrière. Le « taux de remplacement » d'un libéral est structurellement faible. Sans épargne personnelle constituée pendant la vie active, le passage à la retraite se traduit par une chute de niveau de vie brutale.
La réforme CARPIMKO 2026, en deux mots
Depuis le 1er janvier 2026, le régime complémentaire de la CARPIMKO est devenu 100 % proportionnel(environ 8,70 % de cotisation sur une assiette comprise entre une demi-fois et trois fois le plafond annuel de la sécurité sociale) : le forfait a été supprimé, et la cotisation de base CNAVPL a été ajustée. Retenez surtout que votre épargne personnelle ne vient pas en plus d'une retraite confortable : elle vient compenserune retraite obligatoire faible. D'où l'importance de commencer tôt : 300 € par mois pendant trente ans, capitalisés à 4 % (hypothèse, performance non garantie), c'est de l'ordre de 200 000 € ; le même effort démarré à 55 ans n'en produit qu'une fraction. Le détail du calcul de votre future pension figure dans notre guide sur la retraite CARPIMKO de l'orthophoniste (et, pour comparer, celui du kiné, même caisse) ; la stratégie de rattrapage est détaillée dans le guide du PER orthophoniste.
Étage 1 : l'épargne de précaution, votre matelas liquide
On commence par le socle : un matelas de sécuritéde 3 à 6 mois de charges (personnelles et professionnelles) disponibles immédiatement, sans risque et sans pénalité. Pour un orthophoniste dont les recettes peuvent fluctuer (congés, baisse d'activité, régularisation URSSAF), c'est ce qui vous évite de revendre un placement au plus mauvais moment ou de basculer sur un crédit à la consommation. Sauter cet étage, c'est se retrouver à vendre un placement en catastrophe au premier imprévu.
Les livrets réglementés : sûrs et défiscalisés
Le plus simple d'abord : les livrets réglementés, garantis par l'État et totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux (article 157 du CGI) : le livret A (plafond 22 950 €, article L. 221-1 du Code monétaire et financier), le LDDS (plafond 12 000 €, article L. 221-27) et, sous conditions de revenus, le LEP. À eux deux, le livret A et le LDDS offrent 34 950 € de liquidités défiscalisées par personne. Leur taux est fixé par les pouvoirs publics et révisé périodiquement (1,50 % pour le livret A et le LDDS depuis le 1er février 2026, sous réserve). On ne leur demande aucun rendement : ce sont des réserves de liquidité, et c'est tout ce qu'on attend d'elles.
Le fonds euros : le prolongement de la précaution
Une fois les livrets pleins, le fonds eurosd'une assurance-vie prend le relais : capital garanti, disponible sous quelques jours, avec un rendement généralement supérieur à celui des livrets. C'est le pont naturel entre la précaution (étage 1) et l'assurance-vie de long terme (étage 3). À distinguer du compte à terme, qui bloque le capital sur une durée déterminée en échange d'un taux fixe.
| Support de précaution | Plafond | Taux 2026 (indicatif) | Fiscalité 2026 |
|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € | 1,50 % | Exonéré (IR + PS), art. 157 CGI |
| LDDS | 12 000 € | 1,50 % | Exonéré (IR + PS), art. 157 CGI |
| LEP (sous conditions) | 10 000 € | ≈ 2,5 % | Exonéré (IR + PS), art. 157 CGI |
| Fonds euros (assurance-vie) | Illimité | ≈ 2 à 3 % | PFU au rachat, PS 17,2 % |
Combien viser, en euros ?
Prenez vos charges mensuelles totales — loyer ou crédit du logement, loyer du cabinet, cotisations URSSAF et CARPIMKO, vie courante — et multipliez par 3 à 6. Un orthophoniste dont les sorties tournent autour de 3 000 € par mois vise donc 9 000 à 18 000 €de précaution avant de passer à l'étage suivant. C'est de l'argent qui « dort » volontairement : son seul travail est d'être là le jour où un trimestre est creux ou où l'URSSAF régularise une cotisation. Une fois ce coussin atteint, on arrête d'empiler sur les livrets : chaque euro supplémentaire a mieux à faire un étage plus haut.
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Étage 2 : le PER pour la retraite — mais seulement si votre tranche le justifie
Le PER en 30 secondes pour un orthophoniste
Vous versez, vous déduisez à votre tranche marginale, l'épargne capitalise à l'abri de l'impôt jusqu'à la retraite — c'est l'outil pour combler le trou de la CARPIMKO. En contrepartie, l'argent est bloqué(sauf déblocages prévus par la loi, dont l'achat de la résidence principale), et à la sortie l'État reprend sa part : vous avez décalé l'impôt, pas effacé. Tout l'intérêt dépend donc de votre tranche : puissant à 30 %, beaucoup moins à 11 %.
Combien un orthophoniste peut-il déduire ?
Le plafond suit l'article 154 bis du CGI(volet retraite du TNS) : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 €en 2026 (10 % du PASS) et un plafond maximal d'environ 88 911 €. Pour un orthophoniste à revenus modérés, dont le bénéfice est souvent inférieur au PASS (48 060 €), c'est le plancher de 4 806 € qui s'applique : c'est le montant garanti, déductible quel que soit le bénéfice.
Le plafond PER d'un orthophoniste à 38 000 € de bénéfice (illustration)
10 % x 38 000 € = 3 800 € Bénéfice < 1 PASS (48 060 €) : pas de tranche 15 % ────────────────────────────────────────────────── Plafond théorique = 3 800 € Plancher garanti (10 % du PASS) = 4 806 € → Déduction retenue = 4 806 €
Avec 38 000 € de bénéfice, le calcul à 10 % donne 3 800 €, inférieur au plancher : l'orthophoniste peut donc déduire 4 806 € (le plancher garanti). À 30 % de tranche marginale, cela représente environ 1 442 € d'impôt en moins. À 11 %, l'économie tombe à seulement 529 € — et elle est reprise à la sortie.
Le pivot : à 11 %, le PER ne vaut pas le blocage
Voici l'arbitrage central de cet article, et nous le disons honnêtement. L'économie d'impôt d'un PER est égale à votre versement × votre tranche marginale. À 30 %, le levier est réel et le PER mérite sa place. Mais à 11 %— la tranche d'une bonne partie des orthophonistes à revenus modérés —, l'avantage est faible (529 € pour 4 806 € versés) et il est repris à la sortie, puisque le capital versé est réintégré au barème de l'impôt sur le revenu. Bloquer son épargne pendant des décennies pour une économie de 11 % reprise plus tard a peu de sens.
À tranche marginale 11 %, le PER perd l'essentiel de son intérêt
Notre conseil dans ce cas est clair : ne pas saturer le PER et privilégier le PEA(gains exonérés d'impôt sur le revenu après 5 ans, idéal en ETF monde) et l'assurance-vie(souplesse, transmission), qui n'immobilisent pas l'épargne sans contrepartie fiscale suffisante. Le PER redevient le bon outil dès que votre tranche passe à 30 % : l'économie est alors près de trois fois supérieure. Pour calibrer précisément votre plafond et votre versement, voyez le guide du PER orthophoniste, le pilier PER de la profession libérale (plafond 154 bis) et notre guide du plan d'épargne retraite. À la sortie, les gains du PER supportent des prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026.
Étage 3 : l'assurance-vie, la souplesse et la transmission
Le rachat : souple, mais les prélèvements sociaux tombent toujours
Là où le PER bloque et déduit, l'assurance-viegarde la main : pas de déduction à l'entrée, mais une épargne disponible à tout moment. Seuls les gains contenus dans un rachat sont imposés (article 125-0 A du CGI), au prélèvement forfaitaire unique. Après 8 ans, vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600 €(9 200 € pour un couple) sur les gains, et d'un taux d'IR réduit à 7,5 % (jusqu'à 150 000 € de primes). Mais attention : les prélèvements sociaux à 17,2 %(taux maintenu en 2026) restent dus, et il ne faut jamais promettre « 0 impôt » — l'abattement porte sur les gains, pas sur le capital, et les prélèvements sociaux s'appliquent toujours.
La transmission : l'atout maître
C'est sur la transmissionque l'assurance-vie écrase le reste — y compris le PEA, qui n'a aucun avantage successoral. Le capital transmis au décès échappe en grande partie aux droits de succession : 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés pour les primes versées avant 70 ans(article 990 I du CGI), et un abattement global de 30 500 € s'applique aux primes versées après 70 ans (article 757 B). Le capital est hors succession (article L. 132-12 du Code des assurances), sauf primes manifestement exagérées (Cass. ch. mixte du 23 novembre 2004, n° 02-11.352) — difficile à battre sur ce terrain, y compris pour un orthophoniste qui veut protéger son conjoint ou ses enfants.
Exemple : ce que l'abattement 990 I change pour vos enfants
Prenez le cas d'un orthophoniste qui a alimenté son assurance-vie avant 70 ans et laisse 200 000 €à son unique enfant. Hors assurance-vie, ce capital serait taxé aux droits de succession après l'abattement de 100 000 € en ligne directe. Via l'assurance-vie et l'article 990 I, l'enfant bénéficie d'un abattement spécifique de 152 500 € : seuls les 47 500 €restants sont taxés (à 20 %, soit 9 500 €), au lieu d'être soumis au barème des droits de succession. Ces 9 500 € de droits évités valent souvent plus qu'un point de rendement sur dix ans — et c'est de l'argent qui va directement à l'enfant, pas au Trésor. Le détail des règles 990 I / 757 B figure dans notre guide de l'assurance-vie.
PER ou assurance-vie : laquelle choisir, et pour quel objectif ?
PER — bloquer et déduire (utile à 30 %)
Points forts
- Versements déductibles à la tranche marginale
- Idéal pour combler la retraite CARPIMKO si TMI 30 %
- Déblocage anticipé pour la résidence principale
Points de vigilance
- À TMI 11 %, l'avantage est faible et repris à la sortie
- Épargne bloquée jusqu'à la retraite
- Gains : prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026
Assurance-vie — garder la main (toute tranche)
Points forts
- Épargne disponible à tout moment
- Abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans
- Transmission optimisée (990 I : 152 500 €/bénéficiaire)
Points de vigilance
- Pas de déduction à l'entrée
- PS 17,2 % toujours dus (jamais « 0 impôt »)
- Risque de perte en capital sur les unités de compte
Pour un orthophoniste à 30 %, on mène les deux de front : le PER travaille la retraite et l'impôt, l'assurance-vie garde la souplesse et prépare la transmission. À 11 %, l'assurance-vie (et le PEA) passent devant le PER. Le détail figure dans notre guide complet de l'assurance-vie.
Étage 4 : l'immobilier, la résidence principale d'abord
Pour un jeune orthophoniste : se loger avant d'investir
Pour un orthophoniste qui débute, le premier projet immobilier est presque toujours sa résidence principale. C'est un placement « tunnel » : la plus-value à la revente est exonérée(article 150 U du CGI), vous arrêtez de payer un loyer, et le remboursement du prêt vous constitue un patrimoine forcé. Surtout, c'est elle qui mobilise votre capacité d'emprunt— et c'est là le garde-fou décisif.
Garde-fou : ne pas griller sa capacité d'emprunt
C'est l'erreur classique de l'orthophoniste qui se lance trop vite dans le locatif : investir à crédit en SCPI ou en LMNP avantd'avoir acheté son logement, c'est risquer de saturer son taux d'endettement et de se fermer l'accès au crédit immobilier le plus important de sa vie. La banque finance d'abord votre toit. L'ordre raisonnable : résidence principale, puis investissement locatif, jamais l'inverse — sauf situation particulière (vous restez locataire par choix de mobilité, par exemple).
LMNP et SCPI : la diversification immobilière simple
Une fois logé, vous pouvez investir dans la pierre locative. Deux voies simples : le LMNP(location meublée non professionnelle), qui permet d'amortir le bienet de neutraliser fiscalement une grande partie des loyers — en gardant à l'esprit que les amortissements sont désormais réintégrés dans la plus-value de cession(article 150 VB du CGI, modifié par l'article 84 de la loi de finances pour 2025, cessions à compter du 15 février 2025) ; et la SCPI, qui donne accès à un patrimoine immobilier diversifié et géré, dès quelques milliers d'euros, sans aucune gestion de votre part.
À ne pas confondre : LMNP à 18,6 %, SCPI au foncier à 17,2 %
C'est un piège fréquent depuis 2026. Les loyers de LMNP (location meublée, revenus relevant des BIC) supportent les prélèvements sociaux à 18,6 %. Les loyers de SCPI au foncier (location nue) sont des revenus fonciers, imposés à votre tranche marginale + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux maintenu) — ce qui peut être lourd à 30 %. On envisage donc souvent la SCPI à crédit, en démembrement, ou logée dans une assurance-vie. Le détail des stratégies figure dans notre guide des SCPI, notre guide sur l'immobilier du professionnel libéral, et, pour le financement, notre guide du crédit in fine pour LMNP. Pour un orthophoniste dont le patrimoine est en construction, un ou deux supports clairs valent mieux qu'un assemblage complexe.
Étage 5 : le PEA et le compte-titres, l'arme de l'orthophoniste à tranche basse
Au sommet de la pyramide, la poche actions, pour faire travailler l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant plusieurs années. C'est ici que se loge la performance de long terme — au prix d'une volatilité qu'il faut accepter. Le véhicule de référence est le PEA(plan d'épargne en actions, article L. 221-30 du Code monétaire et financier), plafonné à 150 000 € de versements : après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu — seuls les prélèvements sociaux restent dus.
★ Le PEA fait le travail que le PER ne fait pas à 11 %
C'est le point clé pour un orthophoniste à tranche marginale basse. Là où le PER vous bloque pour une ristourne de 11 % que le fisc reprendra à la sortie, le PEA vous laisse sortir après 5 ans avec un impôt sur le revenu nul sur les gains. Vous capitalisez sans frottement fiscal annuel, sur un horizon long, et vous sortez quasi net d'IR. Pour un orthophoniste qui ne tire pas grand-chose du PER, le PEA garni d'un ou deux ETF mondeest souvent le meilleur véhicule de long terme. Seule réserve : les prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026 (le PEA ne conserve pas le taux historique de 17,2 %).
Au-delà du plafond du PEA, le compte-titres ordinaireprend le relais : plus souple (tous titres, sans plafond) mais sans avantage fiscal, ses plus-values et dividendes sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Pour la poche actions, on commence donc toujours par le PEA. Le détail figure dans notre guide du PEA.
Note de méthode : l'horizon avant le rendement
On ne met au sommet de la pyramide que l'épargne dont on n'aura pas besoin avant au moins huit à dix ans. C'est la condition pour absorber sereinement les baisses de marché : sur une telle durée, le temps lisse la volatilité, alors qu'à deux ou trois ans il l'amplifie. Un principe à garder en tête pour chaque euro investi en actions : la performance passée d'un ETF ou d'un marché ne préjuge pasde sa performance future, et la valeur peut varier à la baisse. L'argent du PEA, c'est celui que vous ne toucherez pas avant la cinquantaine — pas celui du changement de voiture dans trois ans.
La dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % ou 18,6 %
Depuis le 1er janvier 2026, deux taux de prélèvements sociaux cohabitent — et ça change le classement de vos enveloppes. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence : deux taux de prélèvements sociaux coexistentdésormais (CSS art. L. 136-8). Concrètement, 1,4 point de CSG en plus, c'est 14 € par tranche de 1 000 € de gains qui partent — modeste, mais réel : le support qui reste à 17,2 % laisse un peu plus dans votre poche.
| Taux 2026 | Composition | Supports concernés |
|---|---|---|
| 17,2 % (maintenu) | CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | Assurance-vie, contrat de capitalisation, revenus fonciers (location nue), SCPI au foncier, plus-values immobilières, PEL/CEL |
| 18,6 % (hausse) | CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | PEA, compte-titres (dividendes, intérêts, plus-values), gains de PER à la sortie, loyers de LMNP meublé |
Ce que la dualité change concrètement pour un orthophoniste
Ne renversez pas une stratégie pour 1,4 point de CSG : la performance et l'objectif de chaque enveloppe pèsent bien plus lourd. C'est simplement un point de plus en faveur de l'assurance-viepour la poche prudente de long terme, et un rappel que le PEA n'est plus à 17,2 %. La règle reste : on choisit d'abord l'enveloppe selon l'objectif (précaution, retraite, souplesse, transmission, immobilier, bourse) et selon sa tranche marginale, et la dualité des PS sert d'arbitre quand deux options se valent.
Cas chiffré : Camille, 36 ans, 450 €/mois — PER ou PEA ?
Camille est orthophoniste libérale, 36 ans, en entreprise individuelle. Elle peut épargner 450 € par mois (soit 5 400 € par an) et sa précaution est déjà constituée (étage 1). La question qu'elle nous pose est la bonne : PER ou PEA ? La réponse dépend entièrement de sa tranche marginale. Déclinons les deux branches.
Branche A — Camille à 30 % de tranche marginale
Verser 5 400 € sur le PER (dans le plafond 154 bis) fait économiser 1 620 € d'impôt cette année (5 400 × 30 %). L'effort net tombe à ~3 780 € pour 5 400 € capitalisés : le PER prime. Ventilation type : ~200 €/mois PER + ~150 €/mois assurance-vie + ~100 €/mois PEA en ETF monde.
Branche B — Camille à 11 % de tranche marginale
Verser 5 400 € sur le PER ne ferait économiser que 594 € (5 400 × 11 %), repris à la sortie : trop peu pour justifier le blocage. On bascule : ~250 €/mois PEA en ETF monde (IR exonéré après 5 ans) + ~150 €/mois assurance-vie + ~50 €/mois précaution ou apport résidence principale.
L'arbitrage de Camille en une formule
Économie PER = versement annuel x tranche marginale ────────────────────────────────────────────────── Branche A (TMI 30 %) : 5 400 € x 30 % = 1 620 €/an Branche B (TMI 11 %) : 5 400 € x 11 % = 594 €/an
Le même versement de 5 400 € fait économiser près de trois fois plus à 30 % qu'à 11 %. Et à 11 %, ces 594 € sont repris à la sortie (capital réintégré au barème). C'est pourquoi, à tranche basse, on préfère le PEA (IR exonéré après 5 ans) et l'assurance-vie au PER. Ordres de grandeur pédagogiques.
Variante — Camille prévoit d'acheter sa résidence principale dans 2 ans
Si un achat de résidence principale est prévu à court terme, notre conseil : renforcer l'épargne disponible(assurance-vie, livrets) pour soigner l'apport et la capacité d'emprunt, et lever le pied sur le PER l'année qui précède le prêt. Bloquer 5 000 € sur un PER juste avant de demander un crédit immobilier serait contre-productif — d'autant plus à 11 %, où le PER apporte déjà peu. L'arbitrage PER ↔ capacité d'emprunt est l'un des plus importants en phase d'accession.
Les erreurs à éviter (et le garde-fou anti-survente)
Après des centaines de bilans avec des paramédicaux, le diagnostic est presque toujours le même : le produit était correct, c'est l'ordre des étages ou la tranche qui clochait. En voici cinq, qu'on retrouve chez presque tous les orthophonistes qui débutent.
- Sauter un étage.Investir en SCPI ou en LMNP avant d'avoir une précaution solide. Une grosse régularisation URSSAF tombe, et faute de matelas il faut liquider des parts en pleine baisse. On remplit dans l'ordre.
- Saturer le PER à 11 % de tranche marginale.Bloquer son épargne pour une économie de 11 % reprise à la sortie n'a guère de sens : à tranche basse, le PEAet l'assurance-vie passent devant.
- Confondre épargne personnelle et trésorerie de société.Un orthophoniste en BNC n'a pas d'impôt sur les sociétés, donc pas de trésorerie de société à placer comme un médecin ou un pharmacien en SEL. Même en SCM, la société est transparente et ne dégage aucun bénéfice à placer.
- Griller sa capacité d'emprunt.Se charger en locatif avant d'avoir acheté sa résidence principale, et se fermer l'accès au crédit le plus important de sa vie.
- Confondre les prélèvements sociaux.L'assurance-vie et le foncier nu restent à 17,2 % ; le PEA, le compte-titres, le PER et le LMNP meublé passent à 18,6 %en 2026. Et l'abattement d'assurance-vie après 8 ans porte sur les gains : les PS restent toujours dus.
Garde-fou : pas de produits complexes pour un patrimoine en construction
Notre règle déontologique : on ne survend pas de private equity ni de produits structurésà un orthophoniste dont le patrimoine se construit. Ces placements peu liquides et parfois opaques s'adressent à des patrimoines déjà diversifiés, capables d'immobiliser des sommes plusieurs années. La priorité reste l'enchaînement précaution, résidence principale, PER (si la tranche le justifie), assurance-vie et diversification simple(ETF, quelques SCPI de qualité). Le private equity peut venir plus tard, pour une petite fraction de l'épargne, après un vrai bilan.
Note de méthode sur le risque
Tout placement autre que les livrets réglementés et les fonds euros à capital garanti comporte un risque de perte en capital : assurance-vie en unités de compte, PER, PEA, SCPI, LMNP — la valeur peut varier à la baisse. Et un principe à ne jamais oublier : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les rendements cités dans ce guide sont indicatifs. C'est précisément le rôle de la diversification par étages : ne jamais exposer au risque l'argent dont vous aurez besoin à court terme.
Pour replacer ce plan d'épargne dans la stratégie patrimoniale d'ensemble, voyez notre guide sur la gestion de patrimoine de l'orthophoniste et notre pilier où placer son argent quand on est en profession libérale. Et pour réduire l'impôt sans dénaturer votre épargne, voyez la défiscalisation de l'orthophoniste libéral. Sur voschiffres, un bilan d'une heure suffit à trancher entre PER et PEA.
Un plan d'épargne d'orthophoniste, écrit et révisé chaque année
On part de votre bénéfice net réel, on calcule votre plafond PER, on regarde votre tranche, et on écrit noir sur blanc combien va où chaque mois. Sans survendre : à 11 %, on ne vous pousse pas un PER inutile. Cabinet 100 % indépendant, basé à Chambéry.

