Faire le point sur votre héritage, sans précipitation
Un conseiller Hagnéré Patrimoine vous aide à sécuriser, définir votre objectif et bâtir une allocation adaptée. Premier rendez-vous confidentiel et sans engagement.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en transmission patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.
Sommaire
- 1. Par où commencer sans se tromper
- 2. Faire le point avant d'investir
- 3. Définir votre objectif
- 4. La logique des 4 poches
- 5. Les bonnes enveloppes
- 6. Éviter les erreurs de l'héritier
- 7. Allocation cible selon votre profil
- 8. Exemple chiffré : 2M réinvestis
- 9. Fiscalité 2026 du réinvestissement
- 10. L'angle Hagnéré
- 11. Passer à l'action
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
Recevoir 2 millions d'eurosaprès le décès d'un proche n'est presque jamais un événement neutre. Le deuil se mêle à une responsabilité nouvelle et à une pression diffuse : celle de « bien faire ». Très vite, les sollicitations arrivent — la banque qui propose un produit, un proche qui a « un bon plan », un conseiller pressant. Et deux pièges symétriques se referment : la précipitation(placer vite et mal, sous influence) et l'immobilisme (laisser le capital dormir sur un compte, par crainte de se tromper).
Notre conviction de cabinet est simple : il faut prendre le temps. Sécuriser d'abord, définir votre objectif et votre horizon — les vôtres, pas ceux du défunt—, puis réinvestir avec méthode et par paliers. Un héritage bien réinvesti n'est pas une fin, c'est le point de départ d'une stratégie patrimoniale qui vous ressemble. Ce guide vous donne le fil conducteur : point d'étape, objectif, méthode des 4 poches, enveloppes, fiscalité.
Trois repères pour fixer les ordres de grandeur dès maintenant. D'abord, aucun impôt n'est dû quand vous réinvestissez: les droits de succession ont déjà été acquittés (après l'abattement de 100 000 € par enfant et par parent, art. 779 du CGI). Ensuite, les plus-values sont « purgées » au décès: titres et immobilier reçus prennent pour base la valeur successorale, ce qui vous laisse réorganiser presque sans frottement fiscal. Enfin, à titre purement illustratif et non garanti, un héritage de 2 M€ bien réinvesti peut viser de l'ordre de 3 % net par an en profil prudent à 7 % net et plus en profil dynamique sur un horizon long — soit, à 5 % net, environ 100 000 € par an capitalisés.
Si vous cherchez avant tout l'analyse purement chiffrée de 2 millions (matrice des enveloppes, seuils IFI, optimisations techniques), consultez notre guide Investir 2 000 000 € en 2026. Ici, nous partons de votre situation d'héritier et de la charge particulière qu'elle représente.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dirigeants, professions libérales et non-résidents, dont de nombreux héritiers confrontés au réinvestissement d'un capital reçu. Le cabinet applique une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
1. J'ai hérité de 2M : par où commencer sans se tromper
La première bonne nouvelle, c'est que vous avez le droit de ne rien décider tout de suite. Un héritage de 2 millions d'euros peut rester en sécurité plusieurs mois sans que cela ne vous coûte grand-chose. La pire décision serait de céder à la pression — la vôtre ou celle de votre entourage — et de placer ce capital dans l'urgence, avant même d'avoir posé votre projet.
En 60 secondes
- Aucun impôt à l'entrée : les droits de succession sont déjà payés, réinvestir ne crée pas de nouvel impôt.
- Sécuriser d'abord : mettre les liquidités à l'abri le temps de la réflexion.
- Définir SON objectif : faire fructifier, générer un revenu ou transmettre — votre horizon, pas celui du défunt.
- La méthode des 4 poches : Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide.
- Lisser : investir par paliers sur 12 à 18 mois.
Le premier réflexe : ne rien décider dans l'urgence
Le réflexe, donc : ne rien arbitrer sous le coup de l'émotion. Mettez les liquidités reçues à l'abri sur un support simple et sûr — compte rémunéré, fonds euros d'une assurance-vie déjà ouverte — qui les protège sans les bloquer. Déclinez poliment les démarchages tant que votre objectif n'est pas posé : une bonne décision d'investissement ne se prend jamais sous pression commerciale.
Ce temps de respiration vous permet aussi de gérer les aspects juridiques : finaliser la succession, dénouer une éventuelle indivision avec les autres héritiers, vérifier qu'aucun droit ne reste à payer. Pour le point d'étape juridique de l'héritage, voyez notre guide Que faire d'un héritage.
Point de vigilance : la fenêtre des sollicitations
C'est précisément dans les semaines qui suivent le décès que les sollicitations sont les plus pressantes — la banque qui propose un placement « avant la fin de l'année », le proche qui a un « bon plan », le démarchage opportuniste. Aucune bonne décision sur 2 millions d'euros ne se prend dans cette urgence. La règle : une offre qui ne peut pas attendre quelques semaines n'est probablement pas faite pour vous. Mettez les liquidités à l'abri, posez votre objectif, puis décidez.
2. Faire le point avant d'investir : nature de l'héritage, dettes, droits payés
Avant de réinvestir, il faut savoir ce que vous avez réellement reçu. Un héritage de 2 millions n'est presque jamais un chèque unique : c'est un mélange de liquidités, d'immobilier (résidence du défunt, locatif) et de titres financiers (portefeuille, parts de société, contrats d'assurance-vie). Commencez par l'inventaire complet : l'actif, le passif éventuel (un emprunt en cours, des charges), et les droits de succession déjà acquittés.
Sur le plan fiscal, l'essentiel est déjà derrière vous : l'héritage a supporté les droits de succession après l'abattement de 100 000 € par enfant et par parent (art. 779 CGI), abattement qui se reconstitue tous les 15 ans. Si une indivision subsiste entre cohéritiers, mieux vaut la dénouer avant d'investir : on ne bâtit pas une allocation solide sur un bien encore partagé.
Liquidités, immobilier, titres : réorganiser un patrimoine reçu
Il y a un point que les héritiers ignorent presque toujours : la purge des plus-values au décès. Un bien immobilier et des titres hérités prennent pour base fiscale la valeur successorale, c'est-à-dire la valeur vénale déclarée au moment du décès. Toutes les plus-values latentes accumulées par le défunt sont effacées. Résultat : vendre un bien ou des titres peu après l'héritage, pour réallouer selon VOTRE stratégie, dégage une plus-value faible voire nulle.
Vous pouvez donc réorganiser un portefeuille reçu quasiment sans frottement fiscal. C'est une liberté précieuse : rien ne vous oblige à conserver les choix du défunt. La résidence qu'il aimait, le locatif qu'il gérait, le PEA prudent qu'il avait constitué peuvent ne pas correspondre à votre situation. Vous repartez d'une page presque blanche fiscalement.
L'essentiel : la purge des plus-values au décès
Pour un héritier, c'est le point fiscal le plus important — et le plus souvent ignoré. Les titres et les biens immobiliers reçus prennent pour base fiscale leur valeur déclarée dans la succession, pas le prix payé jadis par le défunt (art. 150-0 D du CGI pour les titres). Les plus-values latentes qu'il avait accumulées sont effacées. Dans les faits, vous pouvez vendre juste après l'héritage pour réallouer selon VOTRE stratégie en ne dégageant qu'une plus-value faible, voire nulle. C'est le moment idéal pour rebâtir une allocation cohérente.
| Actif reçu | Réflexe par défaut | Levier fiscal |
|---|---|---|
| Liquidités | Placer par paliers (12-18 mois) | Aucune imposition à l'entrée |
| Résidence du défunt | Garder ou vendre selon votre projet | Exonération de PV si résidence principale |
| Immobilier locatif | Arbitrer rendement net vs IFI | PV calculée sur la valeur successorale |
| Titres en direct | Réallouer vers une allocation cible | Prix de revient réévalué (art. 150-0 D) |
| Contrat d'assurance-vie reçu | Vérifier la clause, réinvestir | Capital transmis hors succession (990 I) |
Mini-cas : vendre l'appartement hérité (illustratif)
Valeur retenue dans la succession ...... 800 000 EUR Prix de revente 8 mois plus tard ........ 810 000 EUR Plus-value imposable .................... ~ 10 000 EUR (base = valeur successorale, pas le prix payé par le defunt) Prelevements sociaux immobiliers ........ 17,2 % Impot sur le revenu PV immobiliere ...... 19 % (abattements seulement au-dela de plusieurs annees de detention ; ici detention courte, donc aucun abattement)
Hypothèses illustratives, non garanties. La purge au décès réduit fortement la plus-value d'une revente rapide. La résidence principale revendue par la succession peut être exonérée.
Pour approfondir le sort d'un bien reçu, voyez Héritage immobilier : garder ou vendre. Et si l'héritage comprend un capital d'assurance-vie, notre guide Capital d'assurance-vie reçu : réinvestir détaille la marche à suivre. Un conjoint survivant trouvera un angle dédié dans réorganiser 2 millions après un veuvage.
3. Définir votre objectif : faire fructifier, générer un revenu ou transmettre à votre tour
L'allocation découle de l'objectif, jamais l'inverse. Avant de parler supports et enveloppes, posez la question essentielle : à quoi doit servir ce capital ? Trois objectifs-types reviennent chez les héritiers, souvent combinés :
- Faire fructifier (capitaliser) : faire croître le capital sur le long terme, sans besoin de revenu immédiat. La poche Croissance domine.
- Générer un revenu régulier : transformer l'héritage en complément de revenu. La poche Revenu prend du poids. Voyez générer une rente avec 2 millions.
- Transmettre à votre tour : organiser dès maintenant la transmission du capital reçu, pour éviter une double taxation future.
Votre horizon et votre tolérance au risque, pas ceux du défunt
C'est le point qui débloque l'immobilisme. Un héritage n'oblige en rien à perpétuer les choix de celui qui vous l'a transmis. Le défunt avait son âge, ses projets, sa sensibilité au risque ; vous avez les vôtres. Un capital reçu à 45 ans avec un horizon long n'a pas vocation à rester intégralement sur un fonds euros « parce que le grand-père faisait ainsi ». Inversement, un héritier proche de la retraite et soucieux de sécurité ajustera dans l'autre sens.
Reçu jeune, horizon long
Points forts
- La poche Croissance peut être majoritaire
- Le lissage réduit le risque de mauvais point d'entrée
- La poche Illiquide grossit (private equity, non-coté)
- Le temps long absorbe la volatilité
Besoin de revenu, horizon court
Points forts
- La poche Revenu prend du poids
- Un coussin de Sécurité plus large
- Priorité aux supports distributifs réguliers
- Moins d'illiquide, plus de visibilité
Comment l'objectif fixe l'allocation
C'est l'objectif qui détermine le poids de chaque poche, jamais l'inverse. Un héritier qui veut faire fructifier donnera la priorité à la Croissance ; celui qui veut générer un revenu renforcera la poche Revenu ; celui qui pense déjà à transmettreprivilégiera l'assurance-vie et le démembrement. Les trois objectifs se combinent souvent, et l'allocation évolue avec votre vie. Les rendements visés par profil (de l'ordre de 3 à 7 % net) sont des repères illustratifs et non garantis : ils dépendent du profil, de l'horizon et des conditions de marché, jamais acquis d'avance.
4. La logique 4 poches pour réinvestir 2M sereinement
La méthode des 4 poches est la signature de notre approche pour les patrimoines importants. Elle structure l'allocation autour de quatre fonctions complémentaires — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide— et fait converger les flux vers la trésorerie qui distribue le cash. Une règle de bon sens l'accompagne : la poche illiquide grossit avec le patrimoine (de l'ordre de 10 à 15 % à 1 million, 20 à 25 % à 5 millions), dans une logique proche de celle des family offices.
Poche Sécurité : se donner le temps de la réflexion
L'équivalent d'environ trois ans de train de vie, sur fonds euros et liquidités (référence illustrative ~2,6 % net). Pour un héritier, cette poche joue un double rôle : elle est le coussin de précaution classique, mais aussi le temps de la réflexionet la réserve pour d'éventuels droits ou projets restant à financer.
Poche Revenu : un premier flux régulier
Obligataire daté à coupons connus, SCPI et SCPI européennes(dont la fiscalité étrangère atténue l'imposition française), nue-propriété de SCPI, produits structurés à coupon. Ces supports, logés en assurance-vie et en contrat de capitalisation, rendent l'héritage productif (référence illustrative SCPI ~4,7 à 4,9 %). Pour approfondir, voyez investir en SCPI.
Poche Croissance : faire fructifier sur le long terme
ETF actions monde (indices de type MSCI World ou S&P 500), via le PEA sur supports éligibles, puis en assurance-vie, puis en compte-titres. Le point clé pour un héritier : investir par paliers, en lissant sur 12 à 18 mois, pour ne pas placer la totalité au plus haut. C'est le moteur de valorisation à long terme.
Poche Illiquide : diversifier vers le non-coté
Private equity, dette privée, infrastructure non cotée, nue-propriété de SCPI : cette poche va chercher une prime d'illiquiditéen échange d'un blocage du capital. Elle grossit avec le patrimoine et l'horizon. Pour aller plus loin : le private equity et le démembrement de propriété.
Avertissement (information CIF)
Les rendements cités (fonds euros, SCPI, private equity) sont des références illustratives 2026, non garanties. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucune promesse de rendement n'est faite. Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier.
5. Les enveloppes pour repartir sur de bonnes bases (assurance-vie, PEA, capitalisation)
Ouvrir et alimenter les bonnes enveloppes dès le départ
Un réflexe à fort effet de levier : prendre date dès maintenant. Ouvrir une assurance-vie (compteur de 8 ans) et un PEA (compteur de 5 ans), même avec un versement modeste, fait courir l'antériorité fiscale. Cette antériorité est un actif en soi : dans quelques années, vous bénéficierez de la fiscalité douce sur des sommes versées plus tard. Le contrat de capitalisation loge une part capitalisante et transmissible en conservant son antériorité ; le compte-titres apporte la flexibilité sans plafond ; l'assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) ouvre une architecture plus large pour le non-coté et le multidevises.
| Enveloppe | Rôle dans les 4 poches | Atout clé |
|---|---|---|
| Assurance-vie | Sécurité + Revenu + Croissance | Prend date (8 ans) + transmission 990 I, PS 17,2 % |
| PEA | Croissance (actions) | Exonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie |
| Contrat de capitalisation | Revenu + Croissance | Capitalise et se transmet, conserve l'antériorité |
| Compte-titres (CTO) | Croissance + Illiquide | Aucun plafond, PFU 31,4 % hors AV/PEA |
| Assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) | Illiquide | Architecture ouverte, multidevises, crédit lombard |
Pour la matrice complète des enveloppes appliquée à 2 millions (avec tous les seuils et arbitrages techniques), reportez-vous à Investir 2 000 000 € en 2026. Voyez aussi l'assurance-vie luxembourgeoise et le plan d'épargne retraite.
Quelle allocation pour votre héritage de 2 millions ?
Nos conseillers bâtissent avec vous une allocation 4 poches adaptée à votre objectif et à votre horizon, et organisent le lissage des investissements.
6. Éviter les erreurs classiques de l'héritier
Le piège de l'immobilisme et celui de la précipitation
Les deux erreurs les plus fréquentes sont symétriques. Elles se ressemblent parce qu'elles naissent du même malaise : la difficulté à décider sereinement après un décès.
L'immobilisme
Points de vigilance
- Le capital dort sur un compte courant
- L'inflation érode le pouvoir d'achat chaque année
- L'occasion d'un horizon long est gâchée
- La peur de mal faire fige toute décision
La précipitation
Points de vigilance
- Placement sous l'effet de sollicitations
- Surconcentration sur une seule classe d'actifs
- Mauvais point d'entrée (tout au même moment)
- Produits choisis pour de mauvaises raisons
La voie médiane est toujours la même : sécuriser d'abord, puis lisser par paliers. À ces deux pièges s'en ajoutent d'autres, plus discrets : tout réinvestir en immobilier par mimétisme (au risque de l'IFI et de l'illiquidité), négliger sa propre transmission, ou sous-estimer la fiscalité future. Un héritier averti évite le réflexe « je fais comme le défunt » et construit sa propre cohérence.
La voie médiane en une phrase
Entre l'immobilisme qui laisse l'inflation ronger le capital et la précipitation qui surconcentre au mauvais moment, la bonne réponse tient en quatre temps : sécuriser, définir son objectif, lisser sur 12 à 18 mois, diversifier en 4 poches. C'est moins spectaculaire qu'un « coup » unique, mais c'est ce qui protège un héritage de 2 millions sur la durée.
7. Allocation cible selon votre profil de risque
Voici trois allocations cibles pour 2 millions d'euros, selon votre profil de risque. Elles sont illustratives et non garanties : ce sont des points de départ à personnaliser, pas des prescriptions. La règle commune : investir par paliers (lissage sur 12 à 18 mois), commencer par la Sécurité et le Revenu, puis monter en Croissance à mesure que vous vous appropriez le sujet.
Profil prudent (~3 % net/an visé)
L'héritier privilégie la sécurisation et un réinvestissement progressif. La poche Sécurité reste large, elle sert aussi de réserve pour d'éventuels droits ou projets immobiliers. Le Revenu génère un premier flux (illustratif 4 à 5 % brut), la Croissance est introduite progressivement, l'Illiquide reste une première touche via la nue-propriété de SCPI.
| Poche | Part | Montant | Supports types |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 35 % | 700 000 € | Fonds euros en assurance-vie (garanti) |
| Revenu | 35 % | 700 000 € | SCPI européennes, obligataire daté, structurés à coupon (AV + capi) |
| Croissance | 25 % | 500 000 € | ETF actions monde (PEA + AV), investis progressivement |
| Illiquide | 5 % | 100 000 € | Nue-propriété de SCPI |
Profil équilibré (~5 % net/an visé)
L'héritier cherche à faire fructifier tout en gardant un coussin de sécurité. La Croissance devient le principal moteur, l'Illiquide prend de l'ampleur pour aller chercher une prime sur le non-coté. Profiter de l'horizon long offert par l'héritage pour donner du poids à la Croissance, tout en conservant une Sécurité confortable.
| Poche | Part | Montant | Supports types |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 20 % | 400 000 € | Fonds euros en assurance-vie (réserve de liquidité) |
| Revenu | 30 % | 600 000 € | SCPI européennes, obligataire daté, dette privée, structurés (AV + capi) |
| Croissance | 35 % | 700 000 € | ETF actions monde (PEA, CTO, AV), lissés |
| Illiquide | 15 % | 300 000 € | Private equity, infrastructure non cotée, nue-propriété de SCPI |
Profil dynamique (~7 %+ net/an visé)
Sur un horizon long, l'héritier vise la maximisation de la croissance. Un héritage reçu jeune ou avec un horizon long doit être majoritairement orienté vers la croissance — l'erreur serait de tout sécuriser. Le lissage réduit le risque d'un mauvais point d'entrée, et combiner actions monde et non-coté évite de tout faire reposer sur un seul moteur de performance.
| Poche | Part | Montant | Supports types |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 10 % | 200 000 € | Fonds euros en assurance-vie (coussin minimal) |
| Revenu | 20 % | 400 000 € | SCPI européennes, dette privée, obligataire daté (AV + capi) |
| Croissance | 40 % | 800 000 € | ETF actions monde (PEA, CTO, AV), par paliers |
| Illiquide | 30 % | 600 000 € | Private equity, dette privée, infrastructure, or (CTO, capi, AVL) |
La règle des paliers
Quel que soit le profil, on investit par paliers : la Sécurité et le Revenu d'abord, la Croissance et l'illiquide ensuite, sur 12 à 18 mois. L'allocation n'est pas figée : elle évolue avec votre confiance et vos projets. Si un projet de rente émerge, on rééquilibre vers le Revenu. Ces répartitions sont des illustrations, non des promesses de rendement.
8. Exemple chiffré : 2M hérités, réinvestis avec méthode
Mme C., 45 ans, hérite de 2 millions d'euros : 700 000 € de liquidités, un appartement vendu pour 800 000 €, et 500 000 € de titres. Profil équilibré, horizon long, aucun besoin de revenu immédiat. Voici, en hypothèses explicites, comment elle réinvestit avec méthode.
Elle place d'abord 400 000 € en fonds euros (coussin de sécurité), puis investit progressivement sur 15 mois : 600 000 € en SCPI, obligataire daté et dette privée dans une assurance-vie et un contrat de capitalisation ; 700 000 € en ETF monde via un PEA et un compte-titres ; et 300 000 € en private equity et nue-propriété de SCPI. Ce lissage lui évite de tout investir au plus haut. Elle ouvre dans la foulée un PEA et une assurance-vie pour prendre date fiscalement.
| Poche | Montant | Supports | Enveloppe(s) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 400 000 € | Fonds euros | Assurance-vie |
| Revenu | 600 000 € | SCPI, obligataire daté, dette privée | Assurance-vie + capitalisation |
| Croissance | 700 000 € | ETF actions monde | PEA + compte-titres |
| Illiquide | 300 000 € | Private equity, nue-propriété de SCPI | Compte-titres + assurance-vie |
Avec un rendement global visé d'environ 5 % net, l'héritage produit de l'ordre de 100 000 € par ancapitalisés, qui le font fructifier. Étaler les versements sur 15 mois ne garantit pas d'acheter au bon moment, mais évite d'engager les 2 millions le même jour. Pour comparer les ordres de grandeur, voyez combien rapportent 2 millions placés.
Hypothèses et limites
Cet exemple est illustratif et non garanti. Les rendements ne sont pas assurés et tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les montants, l'horizon et le calendrier de lissage doivent être adaptés à chaque situation personnelle.
9. Fiscalité 2026 du réinvestissement d'un héritage
La bonne nouvelle fiscale est connue : l'héritage a déjà supporté les droits de succession, et réinvestir ne génère aucune imposition à l'entrée. Restent à connaître les règles qui s'appliqueront aux revenus et plus-values futurs, et à votre propre transmission.
| Élément | Règle 2026 |
|---|---|
| Réinvestir l'héritage | Aucun impôt à l'entrée — droits déjà payés (abattement 100 000 €/enfant, art. 779) |
| PV immobilière (bien hérité) | Base = valeur successorale (purge). IR 19 % + PS 17,2 %. RP exonérée, abattements durée (IR 22 ans / PS 30 ans) |
| PV titres hérités | Prix de revient = valeur retenue au décès (art. 150-0 D) |
| Assurance-vie après 8 ans | Abattement 4 600 / 9 200 €, 7,5 % < 150 k€ de primes (puis 12,8 %), PS 17,2 % |
| PEA après 5 ans | Exonéré d'IR, PS 18,6 % à la sortie |
| CTO / dividendes (hors AV-PEA) | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
| IFI | Seuil 1,3 M€ d'immobilier net taxable. NP de SCPI hors assiette (art. 968), UC/SCPI en AV dans l'assiette (art. 972) |
| Transmettre à son tour | AV alimentée avant 70 ans : 990 I, abattement 152 500 €/bénéficiaire |
Dualité des prélèvements sociaux 2026
Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), les prélèvements sociaux ne sont plus uniformes. 17,2 %sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. 18,6 % (CSG + 1,4 pt) sur le PEA, les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières. En conséquence, le PFU global est de 30 % sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) mais de 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA (12,8 + 18,6). Ne jamais appliquer un taux unique : tout dépend de la nature du revenu.
Pensez dès maintenant à votre propre transmission : une assurance-vie alimentée avant 70 ans transmet 152 500 € par bénéficiaire hors droits. Pour les leviers, voyez l'optimisation de l'IFI, la donation et réduire les droits de succession. Si l'héritage est plus important, notre guide hériter de 5 millions sans double taxation approfondit la question ; pour un montant plus modeste, voyez hériter de 1 million.
10. L'angle Hagnéré : transformer un héritage en stratégie
Auprès d'un héritier, notre rôle commence là où s'arrête celui d'un vendeur de produit : vous aider à faire le point sans précipitation. Nous prenons le temps de comprendre votre situation, votre objectif et votre horizon, puis nous bâtissons une allocation 4 poches qui vous ressemble— et non qui perpétue les choix du défunt. Nous accompagnons ensuite le lissage des investissements, le suivi dans la durée, et l'organisation de votre propre transmission.
Hagnéré Patrimoine est un cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry (73000), enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP), adhérent CNCEF Patrimoine. Notre méthodologie est écrite, opposable et conforme MIF II / DDA. Pour les patrimoines les plus importants, notre offre gestion de fortune structure l'ensemble, et notre approche devenir rentier éclaire l'objectif de revenu.
Aller plus loin selon votre situation
Cette page part de votre position d'héritier. Si vous voulez l'analyse purement chiffrée d'un capital de 2 millions (matrice des enveloppes, seuils, optimisations), le guide Investir 2 000 000 € la détaille. Pour un montant différent, voyez hériter de 1 million ou hériter de 5 millions. Et pour structurer un objectif de revenu régulier, générer une rente avec 2 millions.
11. Passer à l'action
En résumé, quatre étapes structurent le réinvestissement d'un héritage de 2 millions : (1)ne rien décider dans l'urgence et sécuriser les liquidités ; (2) faire le point sur la nature de l'héritage et les droits payés ; (3) définir VOTRE objectif et VOTRE horizon ; (4) réinvestir par paliers selon la méthode des 4 poches, en pensant déjà à votre propre transmission.
Bâtissez une stratégie à partir de votre héritage
Un conseiller Hagnéré Patrimoine vous aide à sécuriser le capital reçu, à clarifier vos objectifs et à construire une allocation 4 poches qui vous ressemble. Réservez un premier rendez-vous, confidentiel et sans engagement.
Sources, mentions et disclaimer
Sources et références
- CGI : art. 779 (abattement succession 100 000 €), 150-0 D (prix de revient des titres / valeur au décès), 990 I et 757 B (assurance-vie et succession), 964 (seuil IFI 1,3 M€), 968 (nue-propriété hors assiette IFI), 972 (fraction immobilière des UC en AV), 977 (barème IFI).
- BOFiP: BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 (prix d'acquisition d'un bien reçu à titre gratuit), BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-30 (prix d'acquisition des titres à titre gratuit).
- impots.gouv.fr: fiscalité de l'assurance-vie au dénouement.
- LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : hausse de la CSG sur les revenus du capital (PS portés à 18,6 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilières et PEA). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026).
Article publié le 23 juin 2026, à jour à cette date. La législation et la fiscalité peuvent évoluer ; la fiscalité dépend de votre situation individuelle.
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances et rendements cités sont illustratifs et non garantis, les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune, 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry — enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP). Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

