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Guide expert-comptable 202615 minMis à jour 16 juin 2026Édition LF / LFSS 2026

Compléter sa retraite CAVEC quand on est expert-comptable : 6 leviers de capitalisation

La CAVEC est un socle solide, mais plafonné : à 160 000 € de revenus, votre pension obligatoire vous laisse loin des 70 % de remplacement. Six leviers comblent le déficit, et ils ne s'opposent pas — ils s'empilent : le PER (jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026), l'assurance-vie, la SCPI et l'immobilier, le contrat de capitalisation et le PEA, la cession du cabinet et la SPFPL. Voici lequel activer en premier, selon votre tranche et votre statut d'exercice. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE RETRAITE EXPERT-COMPTABLE 2026

Combler le déficit de votre retraite CAVEC et dimensionner le bon complément

Audit de votre retraite d'expert-comptable : estimation du déficit à combler (base CNAVPL + CAVEC), choix et empilement des 6 leviers (PER, assurance-vie, SCPI/immobilier, capi, cession, SPFPL), cas chiffrés à votre revenu. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Estimation du déficit de retraite à combler
  • Empilement PER / AV / SCPI / cession / SPFPL
  • Calibrage de l'effort d'épargne mensuel
  • Cabinet 100 % indépendant

REMPLACEMENT À HAUTS REVENUS

loin de 70 %

PLAFOND PER TNS 2026

88 911 €

ABATTEMENT 990 I

152 500 €

PS PER vs AV

18,6 / 17,2 %

PASS 2026

48 060 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CONSTAT·2 MIN

La CAVEC en 30 secondes : un socle solide mais plafonné

Première bonne nouvelle : votre CAVEC est l'une des meilleures caisses des professions libérales. Rien à voir avec la CIPAV des architectes, réputée famélique. Mais « solide » ne veut pas dire « suffisante » : à 160 000 € de revenus, votre pension obligatoire vous laissera loin des 70 % de remplacement que vous visez pour maintenir votre train de vie. Ce n'est pas une fatalité : c'est un déficit à combler par anticipation. Avant de détailler les six leviers, prenons une page pour cadrer les choses.

En 30 secondes : les 6 leviers pour combler le déficit de la CAVEC

1. Le PER — le levier fiscal n°1 à TMI élevée : déduction jusqu'à 88 911 € du bénéfice (art. 154 bis), idéal de 41 à 45 % de tranche.
2. L'assurance-vie — la poche liquide et transmissible (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I), prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %.
3. La SCPI et l'immobilier — du revenu régulier et concret : SCPI européennes (hors PS), LMNP amorti, déficit foncier.
4. Le contrat de capitalisation et le PEA — capitaliser à fiscalité douce, en nom propre ou en société.
5. La cession du cabinet — le capital de départ le plus important (exonération jusqu'à 500 000 €).
6. La SPFPL — la cagnotte de réinvestissement, à fiscalité d'IS allégée.
Ces six leviers se combinent plutôt qu'ils ne se concurrencent, dans un ordre qui dépend de votre TMI et de votre statut.

Votre retraite d'expert-comptable repose sur deux briques obligatoires : la base CNAVPL (commune à tous les libéraux, par points, plafonnée) et le complémentaire CAVEC (Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes), organisé par classes de cotisation. Depuis le 1er janvier 2026, la CAVEC compte 9 classes (A à I) : vous êtes rattaché à une classe selon votre revenu professionnel, avec la possibilité d'opter pour une classe supérieure. Chaque classe correspond à une cotisation forfaitaire et à un nombre de points ; votre pension complémentaire = points cumulés × valeur de service du point (1,3850 € en 2026). Confortable jusqu'à un certain niveau de revenu : au-delà, le plafond se referme.

Le chiffre à retenir : même en classe haute, l'ensemble de ces régimes vous remplace nettement moins de 70 % de votre dernier revenu d'activité quand celui-ci est élevé, parce que la base et les classes sont bornées. C'est une estimation que nous formulons au conditionnel — jamais un chiffre réglementaire ni une projection de votre pension. Pour un expert-comptable à 160 000 € de revenus, le déficit se chiffre en plusieurs milliers d'euros par mois.

Cet article ne refait pas le diagnostic : il apporte la solution

Nous ne re-posons pas ici le calcul détaillé de votre pension CAVEC (mécanique des points, classes, valeur de service, décote/surcote) : ce « pourquoi » est traité dans retraite de l'expert-comptable (CAVEC) : calcul, classes, montant. Ce guide-ci répond à une seule question : comment combler le déficit ? Un avertissement de méthode : nous ne chiffrons aucune pension projetée ; ce qui suit est une méthode d'arbitrage entre six leviers, illustrée par des ordres de grandeur pédagogiques.
§ 2LA RÈGLE DU JEU·2 MIN

Les 6 leviers ne s'opposent pas : ils s'empilent (dans le bon ordre)

En rendez-vous, la plupart des experts-comptables arrivent avec le même réflexe de départ : opposer « PER vs assurance-vie », ou se demander quel produit choisir. La bonne question n'est pas « lequel choisir ? » mais « dans quel ordre remplir les enveloppes ? ». Car elles ne se concurrencent pas : chacune répond à un besoin distinct — défiscaliser, rester liquide, transmettre, toucher un revenu, faire travailler la trésorerie d'une société ou encaisser un capital de départ.

L'ordre type d'un expert-comptable en BNC à 45 % de TMI

1. Le PER jusqu'au plafond utile : la déduction la plus efficace, prioritaire à TMI élevée.
2. L'assurance-vie en parallèle : la poche liquide et transmissible que le PER, bloqué, ne peut pas offrir.
3. La SCPI et l'immobilier : pour un revenu régulier et tangible qui diversifie l'épargne financière.
4. Le contrat de capitalisation et le PEA : capitaliser à fiscalité douce, en nom propre ou en société.
5 & 6. Si vous exercez en société : la cession du cabinet comme capital de départ et la SPFPL comme cagnotte de réinvestissement.

Dans la pratique, on range ces six leviers en deux familles qui se complètent. D'un côté la capitalisation financière (PER + assurance-vie + capi/PEA) : l'effet du temps, une fiscalité pilotable, des montants ajustables au centime. De l'autre la capitalisation réelle et patrimoniale (immobilier + cession du cabinet + SPFPL) : des revenus tangibles, une valeur de revente, un ancrage hors des marchés financiers.

Capitalisation financière (PER + AV + capi/PEA)

Points forts

  • Effet du temps et des intérêts composés
  • Fiscalité pilotable (déduction PER à l'entrée, abattements AV à la sortie)
  • Montants ajustables, versements programmés
  • Transmission optimisée via l'assurance-vie (990 I)

Points de vigilance

  • Risque de perte en capital selon les supports
  • PER bloqué jusqu'à la retraite
  • Pas de revenu « tangible » avant la sortie

Capitalisation réelle / patrimoniale (immobilier + cession + SPFPL)

Points forts

  • Revenu régulier et tangible (loyers, SCPI)
  • Valeur de revente (immobilier, cabinet)
  • Effet de levier du crédit possible (immobilier)
  • La cession du cabinet : un capital de départ souvent décisif

Points de vigilance

  • Liquidité faible (vente d'un bien, aléa de cession)
  • Gestion et vacance locative à anticiper
  • Fiscalité des revenus fonciers lourde à TMI haute

Dans les sections suivantes, on prend chaque levier un à un, puis on les met face à face dans un tableau comparatif et un arbre de décision par profil.

§ 3LEVIER 1·3 MIN

Levier 1 — Le PER : le levier fiscal le plus puissant à TMI élevée

Celui qui fait le plus baisser l'impôt quand vous êtes à 41 ou 45 % de tranche, c'est le Plan d'épargne retraite (PER). Sa force tient au plafond spécifique des travailleurs non salariés de l'article 154 bis du CGI (héritage de la loi Madelin). Vous déduisez vos versements de votre bénéfice imposable, dans une enveloppe bien plus large que celle d'un salarié.

Le plafond de déduction PER de l'expert-comptable (art. 154 bis, 2026)

PLAFOND 154 bis = 10 % du benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % de la fraction de benefice entre 1 et 8 PASS

PLANCHER 2026 = 4 806 EUR   (meme si benefice faible)
PLAFOND MAX 2026 = 88 911 EUR  (benefice >= 8 PASS = 384 480 EUR)
1 PASS 2026 = 48 060 EUR

Base de calcul : le bénéfice de l'année. Report des plafonds non utilisés sur 5 ans (droits nés à compter de 2026 ; 3 ans pour les droits 2023-2025), mutualisation entre conjoints. Le détail BNC par BNC est dans le guide PER de l'expert-comptable.

L'économie d'impôt immédiate

ECONOMIE D'IMPOT = versement deductible x TMI

Exemple : 10 000 EUR verses a TMI 45 %
        = 4 500 EUR d'IR en moins  ->  effort net reel 5 500 EUR

L'économie est réelle et immédiate : c'est le grand avantage du PER pour un expert-comptable à 41 ou 45 % de TMI.

Les quatre garde-fous du PER (à connaître avant de verser)

1. IR seul. La déduction joue uniquement sur l'impôt sur le revenu. Le versement reste dans l'assiette des cotisations CAVEC/URSSAF (art. L. 131-6 CSS) : le PER n'allège pas vos cotisations sociales.
2. Plafond propre, reportable 5 ans (droits 2026 ; 3 ans pour les droits 2023-2025). Le plafond 154 bis (TNS, BNC) est distinct du plafond du dirigeant assimilé salarié de SELAS (art. 163 quatervicies) : ne les confondez pas selon votre statut.
3. Épargne bloquée. Jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé des art. L. 224-4 et L. 224-5 du CMF (accidents de la vie ; acquisition de la résidence principale).
4. Sur un revenu BNC. La déduction 154 bis n'est admise que sur un revenu imposé en BNC, jamais sur un salaire (CE 8 décembre 2017, n° 409429).

À la sortie, le PER se fiscalise. En capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l'IR sans l'abattement de 10 % des pensions, et les gains au PFU (12,8 % d'impôt + prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026, et non 17,2 % comme l'assurance-vie). En rente, la fraction imposable suit le régime des pensions (abattement de 10 %, art. 158-5). La transmission d'un PER assurantiel relève des articles 990 I / 757 B, comme l'assurance-vie.

Le verdict : gagnant si la TMI de sortie est inférieure à celle d'entrée

Tout l'intérêt du PER tient dans un arbitrage de tranche : vous déduisez aujourd'hui à 41 ou 45 %, et vous sortez demain — à la retraite, avec des revenus plus faibles — souvent à 30 %. Le différentiel de tranche, à lui seul, finance une part de votre complément. C'est pourquoi le PER est le levier n°1 de l'expert-comptable à haute TMI. Le calcul, support par support et bénéfice par bénéfice, est détaillé dans PER expert-comptable : combien déduire de votre BNC pour baisser l'impôt et le pilier tout sur le Plan d'épargne retraite.
Méthode documentée

Choisir les bonnes enveloppes pour combler votre déficit de retraite

Un CGP indépendant estime votre déficit de retraite CAVEC, puis dimensionne et empile les 6 leviers (PER, assurance-vie, SCPI, capi, cession, SPFPL) à votre revenu et à votre âge — sans vous survendre un produit. Cabinet de Bassens (Savoie), 100 % indépendant.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement
§ 4LEVIER 2·2 MIN

Levier 2 — L'assurance-vie : la poche liquide et transmissible

Le PER excelle à défiscaliser, mais il bloque l'épargne — et c'est précisément là qu'intervient l'assurance-vie. Pas de déduction à l'entrée, mais une liquidité totale — les rachats sont libres à tout moment, et seuls les gains sont taxés (le capital ressort sans impôt). C'est la poche disponible que le PER, verrouillé, ne peut pas offrir, et le support idéal pour une capitalisation longue (fonds euros + unités de compte).

Après 8 ans de détention, le rachat devient très doux : 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes nettes (12,8 % au-delà), un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, et des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026 (art. 125-0 A CGI). Pour piloter votre complément, vous avez le choix : des rachats partiels programmés (mensuels, par exemple) ou la mise en place d'une rente.

L'argument transmission : l'assurance-vie reste imbattable

Hors succession (art. L. 132-12 du Code des assurances), l'assurance-vie offre un cadre de transmission unique : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire (art. 990 I, primes versées avant 70 ans), puis une taxation de 20 % et de 31,25 % au-delà de 700 000 € de part taxable ; et 30 500 € d'abattement global (art. 757 B, primes versées après 70 ans). Aucune autre enveloppe de complément retraite n'offre cela. Pour aller plus loin : l'assurance-vie : souplesse des rachats et transmission 990 I.

Gros patrimoine : l'assurance-vie luxembourgeoise

Au-delà de quelques centaines de milliers d'euros, l'assurance-vie luxembourgeoise ajoute deux atouts à la fiscalité française (strictement identique pour un résident) : le super-privilège (créance de premier rang sur l'assureur, protection renforcée) et une architecture ouverte (titres vifs, fonds dédiés, multidevises). C'est l'enveloppe de capitalisation des hauts patrimoines d'experts-comptables. Le détail : l'assurance-vie luxembourgeoise.

La dualité des prélèvements sociaux 2026 (à garder en tête)

Sur les gains, l'assurance-vie (17,2 %) est plus douce que le PER (18,6 %). Mais c'est un faux duel : le PER, lui, a déduit à l'entrée. On ne compare pas la seule sortie : on raisonne sur le gain global. Depuis la LFSS 2026 (CSG du capital portée à 10,6 %), retenez la règle : 17,2 % pour l'assurance-vie, la capitalisation et le foncier nu ; 18,6 % pour le PER, les dividendes, les plus-values mobilières (parts de SEL), le LMNP et les plus-values professionnelles.
§ 5LEVIER 3·3 MIN

Levier 3 — La SCPI et l'immobilier : du revenu régulier et tangible

Place à l'immobilier : l'immobilier locatif génère un revenu régulier et tangible, qui diversifie l'épargne PER/AV et peut bénéficier de l'effet de levier du crédit. Trois portes d'entrée, et le bon choix dépend surtout de votre tranche.

Les SCPI : la pierre-papier sans gestion

Les SCPI apportent un revenu immobilier sans aucune gestion. Mais attention à la fiscalité : les SCPI françaises distribuent des revenus fonciers soumis au barème de l'IR + PS 17,2 % — à 45 % de TMI, on frôle les 62 % de fiscalité : intenable à ce niveau de revenu. La parade : les SCPI européennes, dont les revenus immobiliers de source étrangère sont, en vertu des conventions fiscales bilatérales (immeuble imposable dans l'État de situation, double imposition éliminée par crédit d'impôt), hors de l'assiette des prélèvements sociaux français pour un résident ; la jurisprudence de Ruyter (CJUE 26 février 2015, C-623/13 ; limite Jahin C-45/17 pour les États tiers) constitue l'arrière-plan d'articulation entre PS et coordination de sécurité sociale. Autre option : les SCPI logées dans une assurance-vie (fiscalité de l'AV). Le détail est dans le guide complet des SCPI.

Le LMNP : amortir pour neutraliser les loyers

En location meublée non professionnelle (LMNP), le régime réel permet d'amortir le bâti et le mobilier (art. 39 C CGI, amortissement plafonné au loyer net) : pendant 10 à 20 ans, les loyers imposables sont largement, voire totalement, neutralisés. Deux points de vigilance 2026 : depuis la réforme de 2025 (art. 150 VB du CGI, loi n° 2025-127 du 14 février 2025), les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value de cession à la revente ; et les loyers meublés relèvent des prélèvements sociaux à 18,6 % (et non 17,2 % comme le foncier nu). Le LMNP reste néanmoins efficace en phase de détention pour un revenu quasi défiscalisé.

Le déficit foncier : effacer du revenu global (location nue)

En location nue, le déficit foncier (charges et travaux supérieurs aux loyers) s'impute jusqu'à 10 700 € par an sur le revenu global (art. 156 CGI), le surplus étant reportable 10 ans sur les revenus fonciers. Les revenus fonciers nus restent soumis aux PS à 17,2 %. À 45 % de TMI, effacer 10 700 € de revenu global, c'est près de 4 800 € d'impôt en moins (hors PS).

La fiscalité immobilière selon le support. À TMI 41-45 %, on privilégie les SCPI européennes (hors PS) ou les SCPI en assurance-vie, et on évite le foncier nu en direct. L'arbitrage selon votre tranche est développé dans le guide immobilier de l'expert-comptable.
Support immobilierFiscalité des revenusPS 2026
SCPI françaises (foncier)Barème IR + PS — lourd à TMI haute17,2 %
SCPI européennesHors PS français (conventions) — IR atténué0 % (conventions)
LMNP au réel (meublé)Loyers amortis — réintégration en PV (150 VB)18,6 %
Foncier nu / déficit foncierImputation 10 700 €/an sur revenu global17,2 %

À TMI haute, le foncier nu en direct est à éviter

La règle pratique pour un expert-comptable à 41-45 % : éviter le foncier nu en direct (barème + PS = fiscalité confiscatoire), et privilégier le LMNP au réel (amorti), les SCPI européennes (hors PS) ou les SCPI en assurance-vie. L'arbitrage selon votre tranche est développé dans l'investissement immobilier de l'expert-comptable : SCPI, LMNP, déficit foncier.
§ 6LEVIER 4·2 MIN

Levier 4 — Le contrat de capitalisation et le PEA/compte-titres

Une fois le PER et l'assurance-vie bien dotés, restent les enveloppes de capitalisation pure : utiles pour le surplus d'épargne, ou pour faire travailler la trésorerie d'une société.

Le contrat de capitalisation (en nom propre ou en société)

En nom propre, le contrat de capitalisation a la même fiscalité de rachat que l'assurance-vie (17,2 % de PS, abattements après 8 ans), mais sans la transmission 990 I (il entre dans la succession au régime de droit commun, art. 125-0 A) : son intérêt est de conserver l'antériorité fiscale lors d'une donation, là où l'assurance-vie se dénoue. En société à l'IS (SEL, SPFPL), l'article 238 septies E du CGI impose chaque année un revenu forfaitaire calculé sur la base retenue — les primes versées, majorées chaque année des produits déjà rattachés — × 105 % du dernier TME connu à la souscription (seul le taux est figé pour toute la durée ; l'assiette, elle, progresse), avec régularisation au dénouement. Concrètement, l'impôt annuel reste faible et connu d'avance, et le capital travaille pendant ce temps : c'est l'outil de placement de la trésorerie longue d'une SEL ou d'une SPFPL. Le détail : placer la trésorerie de son cabinet d'expertise comptable.

Le PEA et le compte-titres

Le PEA (plafond 150 000 €) capitalise en franchise d'IR après 5 ans (seuls les PS à 18,6 % restent dus) et constitue une poche actions efficace de long terme. Le compte-titres ordinaire (CTO), plus souple mais fiscalisé au PFU (12,8 % + 18,6 % de PS = 31,4 %), complète le dispositif pour les supports non éligibles au PEA. Ces enveloppes diversifient l'allocation ; pour les situer dans une stratégie d'ensemble : comment placer son argent quand on est expert-comptable.

L'ordre de priorité reste le même

Le contrat de capitalisation et le PEA sont d'excellents compléments, rarement le point de départ. Pour un haut revenu, on sature d'abord le PER (déduction à 41-45 %), on charge l'assurance-vie (liquidité + transmission), puis on diversifie avec la capi, le PEA et l'immobilier. Pour la trésorerie de société, la capi PM (238 septies E) prend tout son sens : la holding d'expert-comptable (SPFPL).
§ 7LEVIER 5·3 MIN

Levier 5 — La cession du cabinet : le capital retraite phare

Pour beaucoup d'experts-comptables, la vente du cabinet au moment du départ est le capital de retraite le plus important — et il peut être largement exonéré. Rappel de cadre : l'expert-comptable est une profession libérale réglementée mais NON officier ministériel ; il cède sa clientèle / son fonds libéral librement (pas de droit de présentation, pas d'agrément du Garde des Sceaux). La plus-value est professionnelle. Sauf que tous les régimes ne se valent pas : selon celui que vous visez, vous payez zéro ou des dizaines de milliers d'euros de prélèvements sociaux sur la même vente. La ligne de partage : deux dispositifs effacent l'impôt sur le revenu ET les prélèvements sociaux (les vrais « zéro fiscalité »), deux autres n'effacent que l'impôt sur le revenu et laissent les prélèvements sociaux à 18,6 % à payer.

Les deux régimes qui effacent tout raisonnent sur des seuils différents. L'article 151 septies regarde vos recettes : exonération totale (IR et PS) si la moyenne des deux années précédentes ne dépasse pas 90 000 €, dégressive ensuite jusqu'à 126 000 € — utile au petit cabinet, vite hors-jeu à hauts revenus. L'article 238 quindecies, lui — le levier phare — regarde la valeur cédée : exonération totale tant qu'elle reste sous 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €. Tous deux supposent au moins 5 ans d'activité.

Les deux autres sentent le piège : ils coupent l'impôt sur le revenu, mais laissent filer les prélèvements sociaux. L'article 151 septies A (départ à la retraite) exonère l'IR seul, à condition de cesser l'activité et de liquider ses droits dans les 24 mois : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Et lorsque la cession porte sur des titres de SEL et non sur le fonds, l'article 150-0 D ter offre au dirigeant partant en retraite un abattement fixe de 500 000 € — mais là encore en IR seul, PS à 18,6 % dus (dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2031). D'où le tableau ci-dessous, qui résume ce que chacun efface vraiment.

Exonérer la plus-value de cession du cabinet. Seuls 151 septies et 238 quindecies effacent IR ET PS ; 151 septies A et 150-0 D ter n'effacent que l'IR (PS de 18,6 % dus). La cession est détaillée dans le guide dédié.
Article CGICondition cléCe qui est effacé
151 septiesRecettes moy. ≤ 90 000 € (dégressif jusqu'à 126 000 €)IR + PS (exonération totale)
238 quindeciesValeur cédée < 500 000 € (dégressif jusqu'à 1 000 000 €)IR + PS (exonération totale)
151 septies ADépart à la retraite (cession du fonds / clientèle)IR seul — PS 18,6 % dus
150-0 D terCession de titres de SEL, dirigeant retraiteIR seul (abatt. 500 000 €) — PS 18,6 % dus

L'erreur n°1 : croire que le départ en retraite efface tout

Beaucoup pensent qu'en partant à la retraite (151 septies A) ou en cédant leurs titres (150-0 D ter), ils ne paieront rien. Faux : ces deux régimes effacent l'IR seul ; les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Sur une plus-value de 400 000 €, c'est près de 74 400 € de PS. Le vrai « zéro fiscalité » passe par le 238 quindecies (valeur cédée < 500 000 €) : structurer la cession sous ce seuil est souvent l'optimum. Tout est détaillé dans cession de cabinet d'expertise comptable : plus-value et exonérations.
Hagnéré Patrimoine

Anticiper la cession de votre cabinet comme capital retraite

Un CGP indépendant articule votre plan de capitalisation (PER, AV, SCPI) avec la cession de votre cabinet, choisit le régime d'exonération optimal (238 quindecies vs 151 septies A) et cale l'ensemble avec votre expert-comptable. Pas de produit-maison, une seule logique : la vôtre.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 8LEVIER 6·2 MIN

Levier 6 — La SPFPL : la cagnotte de réinvestissement

Le sixième levier est réservé aux experts-comptables exerçant en société (SELARL, SELAS) : la SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) est une holding de détention des titres de la SEL. Depuis l'ordonnance 2023-77 du 8 février 2023, une SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % d'une SEL ; le capital reste contrôlé par des experts-comptables inscrits (ord. 45-2138 du 19 septembre 1945). Son intérêt : faire grossir la cagnotte avant la retraite sans la rincer à l'impôt à chaque étage.

Le régime mère-fille : capitaliser à 95 % exonéré

Lorsque la SEL remonte des dividendes à la SPFPL, le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) les exonère à 95 % (seule une quote-part de frais et charges de 5 % est imposée à l'IS), sous condition de détention d'au moins 5 % conservée 2 ans. Concrètement : au lieu de sortir les dividendes en nom propre (PFU 31,4 % + cotisations sur la fraction > 10 %), vous les logez dans la SPFPL et les réinvestissez (contrat de capitalisation 238 septies E, immobilier, titres) en quasi-franchise d'impôt. Vos dividendes de SELARL continuent de travailler dans la holding au lieu de fondre dans le PFU et les cotisations.

L'apport-cession 150-0 B ter (durci par la LF 2026)

En fin de carrière, l'apport des titres de SEL à une holding contrôlée place la plus-value en report (art. 150-0 B ter) : vous évitez l'imposition immédiate et réinvestissez le produit de cession. Attention au durcissement de la LF 2026 : pour les cessions à compter du 21 février 2026, le maintien du report (cession par la holding < 3 ans) suppose désormais de réinvestir 70 % du produit (au lieu de 60 %) dans une activité économique éligible, avec un délai porté à 3 ans, une conservation de 5 ans et l'immobilier exclu. Le détail : l'apport-cession 150-0 B ter en profession libérale.

La friction des dividendes en SEL : un argument de plus pour le PER

La fraction de dividendes de SEL excédant 10 % du (capital + primes d'émission + comptes courants d'associé) est assujettie aux cotisations sociales du TNS (art. L. 131-6 CSS), et non aux seuls prélèvements sociaux. La doctrine de l'Urssaf et la jurisprudence (Cour de cassation, 2e ch. civile, 19 octobre 2023, n° 21-20.366, principe général transposé par analogie) ont retenu cette réintégration même lorsque les titres sont détenus via une SPFPL — point à vérifier au cas par cas. Cette friction renforce l'intérêt du PER au plafond et de la capitalisation en SPFPL. La mécanique complète est dans la holding d'expert-comptable (SPFPL).
§ 9LE COMPARATIF·2 MIN

Le comparatif des 6 leviers en un tableau

Quentin pose le même tableau en rendez-vous, sur les cinq critères qui décident vraiment d'un complément de retraite : l'avantage à l'entrée, les prélèvements sociaux 2026, la liquidité, la transmission et le profil cible.

Comparatif des 6 leviers de complément retraite de l'expert-comptable. Dualité PS 2026 : 18,6 % (PER, parts de SEL, LMNP, PV professionnelle) ; 17,2 % (AV, capi, foncier nu). Le 238 quindecies efface IR ET PS sous 500 k€. Chiffres à jour au 16 juin 2026.
LevierAvantage à l'entréePS 2026LiquiditéPour qui
PER (154 bis)Déduction jusqu'à 88 911 €18,6 % (gains)Bloqué (sauf L. 224-4)TMI 41-45 %
Assurance-vieAucune (mais sortie douce)17,2 %Totale (rachats libres)Tous — liquidité + transmission
SCPI / immobilierAmortissement / déficit foncier17,2 % nu · 18,6 % LMNPFaible (vente du bien)Revenu tangible diversifiant
Capi / PEADifféré d'imposition17,2 % capi · 18,6 % PEABonneTrésorerie longue (perso ou société)
Cession du cabinetExonération de PV (< 500 k€)18,6 % (sauf 238 quindecies)Ponctuelle (au départ)Capital de départ
SPFPLMère-fille 95 % exonéréIS (capi 238 septies E)Bonne (au sein de la holding)Exercice en SEL, réinvestissement

Comment lire ce tableau : aucun levier n'est « le meilleur »

Aucune ligne ne coche toutes les cases — et c'est normal. Le PER écrase tout sur l'entrée fiscale, l'assurance-vie sur la liquidité et la transmission, la cession du cabinet sur le capital de départ ; les autres viennent compléter selon votre situation. La bonne stratégie ne choisit pas : elle combine, dans un ordre qui dépend de votre profil. On voit dans quel ordre les empiler juste après.
§ 10L'ARBITRAGE·2 MIN

Quel levier activer en premier ? L'arbre de décision par profil

Le bon ordre d'empilement dépend avant tout de votre statut d'exercice. On retrouve trois cas de figure en rendez-vous, selon que vous exercez en BNC, en SELARL ou en SELAS.

Expert-comptable en BNC, TMI 41-45 %

Points forts

  • 1. PER en priorité : déduction 154 bis maximale (le levier fiscal n°1)
  • 2. Assurance-vie en parallèle : liquidité + transmission 990 I
  • 3. SCPI européennes / LMNP : revenu diversifiant hors PS confiscatoires
  • 4. Cession de la clientèle au départ (238 quindecies / 151 septies)

Expert-comptable en SELARL (gérant majoritaire TNS)

Points forts

  • 1. Arbitrer rémunération / dividendes (fraction > 10 % cotisée, art. L. 131-6)
  • 2. PER 154 bis sur la rémunération de gérance
  • 3. Capi en SPFPL (238 septies E) + mère-fille 95 %
  • 4. Cession des titres en sortie (150-0 D ter, abattement 500 000 €)

Expert-comptable en SELAS (président assimilé salarié)

Points forts

  • 1. PER du dirigeant assimilé salarié (art. 163 quatervicies)
  • 2. Assurance-vie + capi pour la poche liquide
  • 3. SPFPL coiffant la SELAS : réinvestissement des dividendes en quasi-franchise
  • 4. Apport-cession 150-0 B ter (durci LF 2026) en fin de carrière

Hauts revenus : surveillez la CEHR et la CDHR

À hauts revenus, deux contributions s'ajoutent. La CEHR (art. 223 sexies) : 3 % au-delà de 250 000 € de RFR (4 % au-delà de 500 000 €), seuils doublés pour un couple. La CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus, art. 224, LF 2026) : une imposition minimale de 20 % du revenu, qui peut écrêter le bénéfice de la déduction PER dans certaines configurations. À calibrer finement : la CDHR en profession libérale, l'optimisation fiscale de l'expert-comptable et les dividendes de l'expert-comptable en SEL.
§ 11LA MÉTHODE·2 MIN

Combien épargner : la méthode des 70 % de remplacement

Comment dimensionner l'effort ? On raisonne en trois temps : on chiffre le déficit de remplacement, on en déduit un capital-cible, puis on répartit l'effort par horizon. Et le facteur le plus décisif n'est aucun de ces six produits : c'est le nombre d'années devant vous, et les intérêts composés qu'elles font tourner.

Du déficit de remplacement au capital-cible

ETAPE 1  Deficit annuel = (70 % x revenu) - pension CAVEC estimee
ETAPE 2  Capital-cible = deficit annuel / taux de retrait (~ 4 %/an)
ETAPE 3  Effort mensuel = f(capital-cible, horizon, rendement)

Exemple : revenu 160 000 EUR, cible 70 % = 112 000 EUR
   pension CAVEC + CNAVPL estimee ~ 64 000 EUR (ordre de grandeur)
   -> deficit ~ 48 000 EUR/an
   -> capital-cible ~ 48 000 / 4 % = 1 200 000 EUR

Ordres de grandeur pédagogiques, au conditionnel : le taux de remplacement CAVEC dépend de vos classes et trimestres (à estimer via le diagnostic). Le taux de retrait de 4 %/an est un repère prudent, pas une garantie.

L'effet du temps : le même capital, deux âges de départ (hypothèse 4 % net/an)

OBJECTIF : ~ 1 200 000 EUR de capital a 67 ans

Commencer a 47 ans  (20 ans d'epargne)  ->  ~ 3 300 EUR / mois
Commencer a 57 ans  (10 ans d'epargne)  ->  ~ 8 100 EUR / mois

Démarrer 10 ans plus tôt divise par plus de deux l'effort mensuel. Hypothèse de 4 % net/an signalée : ordres de grandeur pédagogiques, pas une promesse de performance. Le capital n'est pas garanti.

Là, le PER reprend l'avantage : à 45 %, l'État vous rembourse 45 centimes par euro versé, et réduit d'autant l'effort net réel.

Le coût réel d'un versement PER (TMI 45 %)

1 000 EUR verses sur un PER, a TMI 45 % :
  - economie d'IR     = 450 EUR
  - effort net reel   = 550 EUR

=> le levier fiscal reduit l'effort d'epargne d'environ 45 %

À TMI élevée, le PER permet d'épargner « plus » pour un effort net moindre. C'est précisément ce qui en fait le levier n°1 de l'expert-comptable fortement imposé. Raisonnement de méthode, pas une promesse.

Comment lire nos projections (et pourquoi le 4 % n'est pas une promesse)

Le 4 % net par an n'est pas une certitude : c'est un repère prudent pour une allocation diversifiée de long terme (fonds euros + unités de compte). Les intérêts composés font peser les premières années plus que les dernières, d'où l'intérêt de commencer tôt. Reste l'évidence réglementaire : capital investi non garanti. Ces chiffres sont des ordres de grandeur pédagogiques pour calibrer une méthode, jamais une projection de votre situation : c'est le travail qu'un bilan retraite de profession libérale affine à partir de votre revenu et de votre âge réels, en complément du diagnostic retraite CAVEC : calcul, classes, montant.
§ 12CAS CHIFFRÉS·3 MIN

3 cas chiffrés : Sophie, Marc, Nathalie

Voici comment tout ça se traduit en chiffres pour trois clients-types. Les prénoms sont fictifs ; les calculs de plafond PER (art. 154 bis) sont précis aux taux 2026 (1 PASS = 48 060 €), mais les montants de capital et de pension sont des ordres de grandeur pédagogiques, au conditionnel — pas une projection de votre situation. La formule du plafond appliquée est : 10 % du bénéfice + 15 % × (bénéfice − 1 PASS), dans la limite de 8 PASS.

Cas 1 — Sophie, 50 ans, BNC 160 000 €, TMI 45 %, cible 70 % à 67 ans (le PER comme socle)

Plafond PER : 10 % × 160 000 + 15 % × (160 000 − 48 060) = 16 000 + 16 791 = 32 791 € déductibles.
Elle verse 32 791 €/an : économie d'IR ≈ 32 791 × 45 % ≈ 14 756 € → effort net réel ≈ 18 035 €/an.
Le déficit : écart d'environ 30 points de remplacement ≈ 48 000 €/an → capital-cible ≈ 1,2 M€ à viser via PER + AV + SCPI (hyp. 3-5 %).
Sur 17 ans, Sophie cale le PER au plafond, garde une assurance-vie pour la souplesse et ajoute des SCPI européennes pour le revenu. À la sortie, si elle passe à 30 % de TMI, l'arbitrage de tranche finance une part du complément.

Cas 2 — Marc, 56 ans, SELARL, revenu ~200 000 € (PER + capi PM + mère-fille)

PER 154 bis sur sa rémunération de gérance, au plafond : celui-ci dépend de sa base de calcul (jusqu'à 88 911 € au maximum, atteint seulement si la base ≥ 8 PASS = 384 480 €) → déduction maximale à 45 %.
Capi PM (238 septies E) dans sa SPFPL : la trésorerie longue travaille avec un frottement IS faible.
Mère-fille (art. 145/216) : les dividendes de la SELARL remontent à 95 % exonérés dans la SPFPL, réinvestis sans frottement de PFU.
⚠️ La fraction de dividendes > 10 % du capital est cotisée (art. L. 131-6, principe Cass. 19/10/2023) — d'où la préférence pour le PER et la capitalisation en SPFPL plutôt qu'une distribution massive.

Cas 3 — Nathalie, 64 ans, cession du cabinet 480 000 € à 67 ans (la cession comme capital)

Cession de la clientèle / du fonds : valeur 480 000 € < 500 000 € → art. 238 quindecies = exonération TOTALE (IR + PS) → ~480 000 € net (sous conditions : 5 ans d'activité).
Le contraste : si elle cédait plutôt des TITRES de SEL valorisés 700 000 €, elle basculerait sur l'art. 150-0 D ter (abattement 500 000 €, IR seul, PS 18,6 % dus sur les 200 000 € restants ≈ 37 200 € de PS).
Leçon : structurer la cession sous 500 000 € (fonds libéral, 238 quindecies) est souvent l'optimum « zéro fiscalité ». Détail dans cession de cabinet : plus-value et exonérations.
Récapitulatif des 3 cas. Les plafonds PER sont calculés aux taux 2026 (1 PASS = 48 060 €). Les montants de capital, le déficit de remplacement et la valorisation du cabinet sont des ordres de grandeur indicatifs, au conditionnel : votre situation s'apprécie au cas par cas avec un conseil.
PersonaProfilLevier prioritaireChiffre clé
SophieBNC 160 000 €, TMI 45 %, 50 ansPER (socle) + AV + SCPI32 791 € déductibles · −14 756 € d'IR
MarcSELARL ~200 000 €, 56 ansPER + capi SPFPL + mère-filleDividendes 95 % exonérés · friction > 10 %
NathalieCession cabinet 480 k€, 67 ansCession (238 quindecies)Exonération totale IR + PS < 500 k€

Note de méthode

L'économie d'impôt du PER est réelle et immédiate (elle vaut « versement × TMI »). Les capitaux projetés, le taux de remplacement CAVEC et la valorisation du cabinet sont, eux, des ordres de grandeur indicatifs. La performance future de l'épargne investie comporte un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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Sources et références légales

  • Régime de retraite de l'expert-comptable (CNAVPL + CAVEC)

    Retraite obligatoire de l'expert-comptable et du commissaire aux comptes : régime de base CNAVPL par points et régime complémentaire CAVEC (Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes) organisé par classes de cotisation A à I au 1er janvier 2026 (valeur de service du point 1,3850 €, valeur d'acquisition 16,63 €, classe I au-delà de 181 208 € de revenu pour 1 841 points par an). Taux de remplacement à hauts revenus loin de 70 % : ordre de grandeur communiqué au conditionnel, ce n'est pas un chiffre réglementaire. Valeurs et classes 2026 à vérifier sur cavec.fr et à actualiser annuellement. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €).

  • Levier 1 — PER / Madelin et fiscalité (CGI, CMF, CSS)

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; report des plafonds non utilisés sur 5 ans pour les droits nés à compter de 2026 (3 ans pour les droits 2023-2025), mutualisation entre conjoints ; plafond distinct de l'art. 163 quatervicies du dirigeant assimilé salarié de SELAS). Le versement reste dans l'assiette des cotisations sociales du TNS (art. L. 131-6 CSS) : le PER n'allège pas les cotisations CAVEC. Déblocages anticipés : art. L. 224-4 et L. 224-5 CMF. Sortie : capital des versements déduits au barème de l'IR sans abattement de 10 %, gains au PFU 12,8 % + PS 18,6 %. CE 8 décembre 2017 n° 409429 (déduction admise sur un revenu BNC, non sur un salaire).

  • Levier 2 — Assurance-vie (CGI, Code des assurances)

    Art. 125-0 A CGI (rachat après 8 ans : 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes nettes / 12,8 % au-delà, abattement annuel de 4 600 € seul / 9 200 € couple). PS 17,2 % maintenu (LFSS 2026). Transmission : art. 990 I (abattement 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans, puis 20 %, puis 31,25 % au-delà de 700 000 € de part taxable) et art. 757 B (abattement global 30 500 €, primes après 70 ans). Assurance-vie hors succession : art. L. 132-12, L. 132-21 et L. 132-23 du Code des assurances. Assurance-vie luxembourgeoise (super-privilège, architecture ouverte) pour les gros patrimoines.

  • Levier 3 — SCPI et immobilier (CGI, CJUE)

    LMNP : amortissement (art. 39 C CGI, plafonné au loyer net), réintégration des amortissements dans la plus-value de cession depuis la réforme de 2025 (art. 150 VB CGI, loi n° 2025-127 du 14 février 2025) ; loyers meublés à 18,6 % de PS. Déficit foncier (location nue) : 10 700 €/an sur le revenu global, surplus reportable 10 ans (art. 156 CGI), revenus fonciers nus à 17,2 % de PS. SCPI européennes : revenus de source étrangère hors PS français pour un résident (de Ruyter, CJUE 26 février 2015 C-623/13 ; limite Jahin C-45/17 pour les États tiers).

  • Leviers 4, 5 et 6 — Société, cession et SPFPL (CGI)

    Contrat de capitalisation détenu par une société à l'IS : taxation annuelle forfaitaire sur 105 % du TME à la souscription (art. 238 septies E CGI). Cession du cabinet : art. 151 septies (exonération IR et PS si recettes moyennes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €), 238 quindecies (exonération IR et PS si valeur < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), 151 septies A (exonération d'IR au départ à la retraite, PS 18,6 % dus), 150-0 D ter (abattement fixe 500 000 € sur la cession de titres, IR seul, PS 18,6 % dus, prorogé au 31 décembre 2031). SPFPL : ord. 45-2138 et ord. 2023-77, régime mère-fille 95 % (art. 145 et 216), apport-cession 150-0 B ter durci par la LF 2026 (réinvestissement 70 %, 3 ans, conservation 5 ans), pacte Dutreil (art. 787 B). Fraction de dividendes de SEL > 10 % cotisée (art. L. 131-6 CSS).

  • Prélèvements sociaux 2026, hauts revenus et TVA

    Dualité des prélèvements sociaux 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : 18,6 % (PER, dividendes, plus-values mobilières y compris parts de SEL, LMNP, plus-values professionnelles de cession de clientèle) contre 17,2 % (assurance-vie, contrat de capitalisation, foncier nu, plus-values immobilières). Barème IR 2026 (art. 197 CGI : 0/11/30/41/45 %). CEHR (art. 223 sexies) et CDHR (art. 224, imposition minimale 20 %) reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). TVA : expert-comptable et commissaire aux comptes soumis au taux normal de 20 %, récupération de la TVA déductible, art. 261-4-1 inapplicable (art. 260-2, 261-4, 293 B CGI).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Plusieurs points sont, en toute transparence, signalés au conditionnel : le taux de remplacement de la CAVEC (« loin de 70 % » à hauts revenus, ordre de grandeur, jamais une pension projetée), les valeurs de point et classes CAVEC (au 1er janvier 2026, à actualiser sur cavec.fr), le coût-rendement d'un rachat de points, le coefficient et le TME servant à la taxation du contrat de capitalisation de personne morale (art. 238 septies E) et la pérennité au-delà de 2026 de certains dispositifs (CDHR, déficit foncier majoré). Le numéro exact de l'arrêt relatif aux dividendes de SEL détenus via une SPFPL n'est cité qu'au titre d'un principe général ; son application précise à l'expert-comptable doit être vérifiée au cas par cas. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas une projection de votre pension ni une promesse de rendement. Les calculs de plafond PER (art. 154 bis) sont, eux, exacts aux taux 2026. Les décisions de justice sont mentionnées à titre informatif. Les chiffres et taux sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Toute stratégie doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. La capitalisation comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur le complément de retraite de l'expert-comptable PER, assurance-vie, SCPI, cession du cabinet, SPFPL.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : la meilleure solution pour combler le déficit de la CAVEC, PER ou assurance-vie, combien épargner pour viser 70 % de remplacement, rachat de points CAVEC ou PER, et la cession du cabinet comme capital retraite. Réponses sourcées et à jour 2026.