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Fiche pays SCPI — Europe26 minMis à jour 20 juillet 202610 sections

SCPI Pays-Bas : logistique, bureaux et fiscalité

Les Pays-Bas ont été l'une des destinations pivots du virage européen des SCPI : marché compact, très institutionnel, adossé au premier port d'Europe. Trois freins se sont depuis installés : des rendements comprimés à l'achat sur un marché étroit, des droits de mutation de 10,4 % sur le non-résidentiel, et la fin du régime FBI pour l'immobilier néerlandais détenu en direct au 1er janvier 2025. Cette fiche pays dit ce qu'une SCPI achète réellement aux Pays-Bas, ce que le fisc néerlandais prélève avant toute distribution, et ce qu'il reste au porteur français.

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IS NÉERLANDAIS

19 % / 25,8 %

DROITS DE MUTATION

10,4 %

MÉTHODE

Taux effectif

PS SUR QUOTE-PART NL

0 % (en principe)

RISQUE DE CHANGE

Nul (zone euro)

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine, spécialiste des SCPI européennes

Par Quentin Hagnéré — fondateur de Hagnéré Patrimoine (ORIAS : CIF, COA, COBSP)

Fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine (Bassens, Savoie). Spécialiste des SCPI européennes : conventions fiscales, méthodes d'élimination de la double imposition, analyse des marchés immobiliers de la zone euro.

Publié le · Mis à jour le .

C'est une phrase que l'on entend souvent en rendez-vous, à Bassens (près de Chambéry) comme en visio : « mes SCPI distribuent correctement, mais il n'en arrive quasiment rien sur mon compte ». L'épargnant qui la formule n'exagère pas. Il a simplement découvert, avis d'imposition en main, que le revenu foncier est l'un des revenus les plus lourdement taxés du patrimoine français — et il se demande, légitimement, si aller chercher des loyers ailleurs en Europe changerait vraiment quelque chose, ou s'il s'agit d'un argument de plaquette. D'autres arrivent par l'autre porte : on leur a présenté une SCPI néerlandaise et une SCPI française comme deux placements immobiliers quasi équivalents — rendements affichés proches, même promesse de revenu régulier — et quelque chose leur dit, à raison, qu'ils ne le sont pas. Cette page répond aux deux : elle démonte, chiffres et texte de convention en main, ce qui sépare réellement une quote-part néerlandaise d'une quote-part française.

L'arithmétique lui donne raison. À 30 % de tranche marginale, un revenu foncier français de 10 000 € laisse 5 280 € : 3 000 € d'impôt sur le revenu, 1 720 € de prélèvements sociaux, soit 47,2 % de ponction. À 41 %, c'est 58,2 %. C'est ce chiffre-là qui pousse un épargnant vers les SCPI européennes, et vers les Pays-Bas en particulier. La promesse est réelle : à cette même tranche de 30 %, sur la quote-part néerlandaise, la même somme laisserait environ 9 015 € (cas détaillé au § 7 : célibataire, 1 part, 60 000 € de revenus par ailleurs — le résultat dépend du montant des autres revenus, pas seulement de la tranche marginale). Elle n'est ni gratuite, ni acquise.

Elle n'est pas gratuite : l'impôt néerlandais sur les sociétés — 19 % jusqu'à 200 000 € de bénéfice, 25,8 % au-delà — a déjà été prélevé en amont sur le résultat locatif, et les droits de mutation néerlandais atteignent 10,4 % sur les bureaux et la logistique. Elle n'est pas acquise non plus, parce que le cadre néerlandais bouge : le régime FBI, qui ouvrait un taux de Vpb de 0 % aux véhicules d'investissement néerlandais éligibles, a été fermé à l'immobilier néerlandais détenu en direct le 1er janvier 2025. Cette page traite le marché et la fiscalité néerlandaise ; pour le panorama européen d'ensemble, voyez le hub des SCPI européennes, et pour le fonctionnement d'une SCPI, notre guide complet des SCPI.

Une règle a guidé cette page : chaque taux et chaque chiffre de marché cité ici est daté et rattaché à sa source — convention de 1973, Wet op de vennootschapsbelasting, notice 2047-NOT, ASPIM/IEIF, Cushman & Wakefield, CBS —, et là où un point reste incertain, il est écrit [à vérifier] plutôt que présenté comme acquis. Aucune SCPI, aucune société de gestion n'est nommée dans cette page : nous décrivons un marché et un régime, pas un produit à vendre.

✅ Réponse express

Une SCPI investie aux Pays-Bas achète surtout de la logistique (corridor Rotterdam – Venlo – Tilburg – Schiphol) et des bureaux de la Randstad, dans un marché en euros (aucun risque de change) mais étroit et très concurrentiel. Le résultat locatif néerlandais supporte d'abord l'impôt local sur les sociétés (19 % / 25,8 %), puis la convention franco-néerlandaise du 16 mars 1973 élimine la double imposition par la méthode du taux effectif : la quote-part néerlandaise est exonérée d'impôt sur le revenu en France (elle sert seulement à calculer le taux moyen du foyer) et se retrouve, par voie de conséquence, hors de l'assiette des 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce n'est pas « 0 % d'impôt » : c'est un impôt payé ailleurs, plus tôt.

⏱️ En 60 secondes — l'essentiel

  • Ce qu'on achète : de la logistique et des bureaux, sur un marché de 18,1 M d'habitants — compact, transparent, mais peu profond.
  • Impôt local : vennootschapsbelasting 19 % jusqu'à 200 000 € de bénéfice, 25,8 % au-delà (2026).
  • Le durcissement de 2025 : l'immobilier néerlandais détenu en direct est sorti du régime FBI (taux 0 %) au 1er janvier 2025 — un véhicule qui bénéficiait de ce statut relève désormais du Vpb de droit commun.
  • Coût d'entrée supporté par la SCPI sur ses acquisitions : droits de mutation 10,4 % sur le non-résidentiel, inchangés en 2026 (seul le résidentiel d'investissement est passé à 8 %). Ce n'est pas un frais prélevé sur votre souscription.
  • Convention 1973 : méthode du taux effectif (art. 24, B, a) et c)) — démontrable, pas seulement affirmée.
  • Prélèvements sociaux : en principe pas de 17,2 % sur la quote-part néerlandaise — par construction d'assiette (CSS art. L. 136-6, I), pas par faveur.
  • Déclaration : case 4EA (réel) ou 4EB (micro) de la 2042 C, sans passer par le 2047.
  • Risque de change : nul (zone euro). Mais capital, revenus et liquidité non garantis, horizon 8-10 ans minimum.
§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi les SCPI françaises ont regardé les Pays-Bas — et pourquoi cela s'est déplacé

Un marché compact, transparent et institutionnel

Les Pays-Bas comptaient 18 131 238 habitants au 31 décembre 2025 (CBS) sur un territoire réduit : un marché de la taille d'une grande région française, mais avec une densité institutionnelle d'un tout autre ordre. La conséquence est immédiate : la profondeur du marché est limitée, la concurrence sur les actifs core est forte, et les prix d'acquisition sont tendus. La conurbation de la Randstad (Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Utrecht) concentre l'essentiel de l'activité. Côté macro, 2025 s'est soldé par une croissance d'environ 1,6 % et un chômage autour de 3,8 % (CPB, repris par Cushman & Wakefield, T4 2025).

Autre chose, qui compte pour la comparaison avec les deux marchés hors zone euro du cocon : les Pays-Bas sont en zone euro, donc sans risque de change. C'est un vrai écart avec les fiches SCPI Royaume-Uni (livre sterling) et SCPI Pologne (zloty), où le change s'ajoute au risque immobilier.

Le hub logistique européen

La thèse d'investissement néerlandaise repose sur une infrastructure de premier plan. Le port de Rotterdam, premier port d'Europe, a traité 428,4 Mt de trafic en 2025, en repli de 1,7 % sur un an (Port of Rotterdam Authority, février 2026). Schiphol a traité 1,43 Mt de fret aérien en 2025, en baisse de 4 % (Schiphol Group, 13 février 2026). Les corridors d'investissement cités par les conseils sont Rotterdam, Venlo, Tilburg et Schiphol.

Ces deux chiffres sont en repli. Ils se lisent à double tranchant : c'est l'infrastructure qui fait la thèse d'investissement, et c'est aussi le canal par lequel le cycle du commerce mondial entre dans votre portefeuille. Nous y revenons au § 9.

Ce qui s'est durci depuis 2025

Les Pays-Bas ont été l'une des destinations pivots du cycle 2021-2024. Nous ne publierons aucun palmarès des pays d'acquisition des SCPI : il n'existe pas, à notre connaissance, de statistique agrégée fiable et sourcée sur ce point, et les classements qui circulent ne s'appuient sur aucune publication primaire consolidée. Trois freins, eux, sont documentés : la compression des rendements à l'achat sur un marché étroit, les droits de mutation de 10,4 % sur le non-résidentiel, et la fermeture du régime FBI à l'immobilier néerlandais détenu en direct au 1er janvier 2025.

⚠️ Ce que vous lirez ailleurs — et qu'il faut lire avec prudence

Beaucoup de pages présentent encore les Pays-Bas comme « le premier pays d'investissement des SCPI européennes », en s'appuyant sur des expositions de fonds relevées entre 2021 et 2024. Deux réserves. Une exposition par fonds n'est pas une statistique de marché : elle décrit un véhicule, à une date, pas un pays. Et aucune source agrégée fiable ne permet aujourd'hui de classer les pays d'acquisition des SCPI : les palmarès publiés le sont sans référence primaire vérifiable. Nous disons donc ce que les données disent, et nous nous arrêtons là où elles s'arrêtent.

§ 2LOGISTIQUE·3 MIN

La logistique néerlandaise : ce qu'une SCPI achète réellement

C'est le cœur de la plupart des allocations néerlandaises : entrepôts, plateformes de distribution, locaux d'activité, sur le corridor qui relie le port de Rotterdam à l'arrière-pays rhénan. Les repères de marché, à fin 2025 et début 2026 :

Repères 2025-2026 du marché logistique néerlandais. Attention : le rendement prime logistique est exprimé hors droits et frais d'acquisition — ce n'est pas la même base que les bureaux (§ 3).
IndicateurValeurSource / dateStatut
Rendement prime logistique4,75 % — hors droits et frais d'acquisitionC&W MarketBeat NL Industrial, T4 2025Vérifié
Loyer prime logistique (meilleures localisations)125 €/m²/anC&W, T4 2025Vérifié
Investissement logistique 2025≈ 2,5 Md€, gros du flux sur des opérations de 20 à 70 M€C&W, T4 2025Vérifié
Demande placée T1 2026≈ 833 000 m², + 10,5 % sur un anC&W NL, 19 mai 2026Vérifié
Investissement logistique T1 2026≈ 265 M€, − 60 % sur un anC&W NL, 19 mai 2026Vérifié
Investissement immobilier T1 2026, toutes classes d'actifs≈ 3,1 Md€, + 48 % sur un anC&W NL, 19 mai 2026Vérifié
Vacance logistique fin T1 2026≈ 6,3 %, en hausseSavills, 2026 — non lu à la source[À vérifier]

Le retournement de 2026 : loyers qui tiennent, marché qui se ferme

Le vrai signal n'est pas dans le taux de distribution : au premier trimestre 2026, la demande placée logistique progresse d'environ 10,5 % pendant que les volumes d'investissement logistique reculent d'environ 60 % sur un an. Les locataires sont là ; les acheteurs, beaucoup moins.

Un bémol tout de suite : ce recul est propre à la logistique. Sur le même trimestre, l'investissement immobilier néerlandais toutes classes d'actifs confondues atteignait environ 3,1 Md€, en hausse d'environ 48 % sur un an (C&W NL, 19 mai 2026). Il ne s'agit donc pas d'un assèchement du marché néerlandais dans son ensemble, mais d'une rotation des capitaux au détriment du segment logistique.

Pour un porteur, cela veut dire une chose simple : les loyers tiennent, mais la porte de sortie s'est rétrécie. C'est, sur ce segment précis, l'illustration la plus concrète du risque de liquidité des actifs sous-jacents — un risque qui ne se voit jamais dans un taux de distribution. Il ne faut pas le confondre avec la liquidité de vos parts, qui est un sujet distinct (§ 9). Au conditionnel et [à vérifier] : selon Savills, le stock logistique néerlandais aurait progressé d'environ 64,7 % entre 2016 et 2025, ce qui suggère une normalisation par l'offre plutôt qu'un effondrement de la demande.

Quatre freins spécifiquement néerlandais

Cushman & Wakefield Netherlands (19 mai 2026) pointe la congestion du réseau électrique, la hausse des coûts de construction, celle des prix du foncier, et les droits de mutation à 10,4 %. Le premier point mérite un développement, car il conditionne le capex des dix prochaines années : un réseau saturé freine les nouveaux développements, mais aussi la mise à niveau ESG du parc existant. Un actif logistique qu'on ne peut ni raccorder ni verdir devient un actif à capex — donc un actif à décote. La classe d'actifs elle-même, ses sous-segments et sa sélection sont traités dans notre fiche SCPI logistique et locaux d'activité.

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§ 3BUREAUX·2 MIN

Les bureaux néerlandais : un marché à deux vitesses, 7,7 % de vacance

Deuxième pilier des allocations néerlandaises, et de loin le plus discuté. La vacance nationale des bureaux ressort à 7,7 % au quatrième trimestre 2025 (Cushman & Wakefield, MarketBeat NL Offices). La demande placée 2025 s'est établie à 980 673 m², soit juste sous le million de mètres carrés, avec un loyer prime de 600 €/m²/an (meilleures localisations, pas une moyenne de marché) et des volumes d'investissement d'environ 2,25 Md€, en hausse.

⚠️ Piège de lecture : deux rendements prime exprimés sur des bases différentes

Le rendement prime des bureaux néerlandais ressort à 5,25 %, droits et frais d'acquisition inclus. Celui de la logistique ressort à 4,75 %, hors droits et frais. Ce ne sont pas les mêmes bases de calcul : intégrer les frais d'acquisition au dénominateur abaisse mécaniquement un rendement. Rebaser les bureaux « hors frais » les porterait donc au-dessus de 5,25 % : à base comparable, l'écart avec la logistique serait plus large encore, et non réduit.

Mais ce surcroît de rendement rémunère un risque supérieur — vacance nationale à 7,7 %, obsolescence du parc secondaire, capex de mise à niveau énergétique. Il ne signale pas une meilleure affaire. Avant de comparer deux rendements immobiliers, en France comme aux Pays-Bas, vérifiez la base retenue. Puis demandez-vous ce que l'écart paie.

Le marché est à deux vitesses : le prime est rare et cher, le secondaire est menacé d'obsolescence sous l'effet du travail hybride, des exigences énergétiques et du capex de mise à niveau. Aucune SCPI ne détient « le prime d'une capitale » : elle détient un portefeuille. Un loyer prime décrit quelques immeubles, pas un portefeuille de plusieurs dizaines de lignes.

Cushman & Wakefield écrit par ailleurs, dans son MarketBeat T4 2025, que « la taxe néerlandaise de mutation demeure une contrainte pour une reprise plus large du marché, contribuant à détourner des capitaux vers d'autres marchés européens ». Ce n'est donc pas nous qui le disons : les 10,4 % pèsent sur le marché (§ 5).

Au 31 décembre 2025, 2,8 Md€ de parts de SCPI étaient en attente de retrait, soit 3,1 % de la capitalisation, et l'ASPIM précise que 15 SCPI gérées par 7 sociétés de gestion concentraient environ les trois quarts de ce stock, majoritairement des SCPI à prépondérance bureaux (ASPIM/IEIF, 10 février 2026). Le segment bureaux est le segment sous tension — y compris pour un portefeuille néerlandais. À creuser : les SCPI de bureaux en 2026 et les risques d'une SCPI.

§ 4BAUX·2 MIN

Baux ROZ et indexation CPI : d'où vient (et où s'arrête) le revenu

Un point qui décide de la trajectoire du revenu sur dix ans : le contrat de bail standard néerlandais suit le modèle ROZ (Raad voor Onroerende Zaken), historiquement rédigé du point de vue du bailleur et dominant pour les baux tertiaires et logistiques.

L'indexation annuelle s'opère en principe sur l'indice des prix à la consommation publié par le CBS, et s'applique de plein droit (van rechtswege), sans notification préalable. Selon la négociation, l'indice retenu peut varier : indice des services, indice des prix à la production alimentaire. Depuis les pics d'inflation récents, des plafonnements contractuels de l'ordre de 3 à 4 % seraient devenus des demandes réalistes des preneurs — [à vérifier], ce point relevant de la pratique des praticiens et non d'un texte.

En ordre de grandeur : l'inflation néerlandaise est ressortie à 3,3 % en moyenne en 2025 (CBS), et l'indice des prix à la consommation à 2,9 % en juin 2026, contre 3,5 % en mai 2026.

⚠️ Indexation n'est pas protection

Restons concrets sur ce que l'indexation ne fait pas. Un cap contractuel plafonne la revalorisation : en inflation forte, le bailleur n'en capte qu'une partie. L'indexation ne protège ni de la vacance ni de la baisse des valeurs : un loyer indexé sur un local vide vaut zéro. Et une inflation qui reflue (3,5 % → 2,9 % entre mai et juin 2026, CBS) signifie mécaniquement une indexation future plus faible. Une clause d'indexation n'a jamais empêché un loyer de baisser à la relocation. Voir notre fiche rendement d'une SCPI.

§ 5FISCALITÉ NL·3 MIN

La fiscalité néerlandaise : ce qui est prélevé avant toute distribution

Un immeuble néerlandais crée un rattachement fiscal local

La Wet op de vennootschapsbelasting 1969, en son article 17, lid 3, a) combiné à l'article 17a, a), répute les immeubles situés aux Pays-Bas et détenus par un contribuable étranger comme faisant partie d'une entreprise néerlandaise — un établissement stable réputé, sans qu'il soit nécessaire qu'ils soient affectés à une exploitation.

Au conditionnel et [à vérifier] : la qualification néerlandaise d'une SCPI française (transparente ou opaque) relèverait, depuis le 1er janvier 2025, de la Wet fiscaal kwalificatiebeleid rechtsvormen. Selon le montage retenu par la société de gestion, la détention peut être directe ou passer par une filiale néerlandaise, et l'impôt local est acquitté soit par le véhicule, soit au niveau des porteurs. Nous ne tranchons pas ce point. Il n'existerait pas, à notre connaissance, de retenue à la source néerlandaise spécifique sur les loyers [à vérifier] ; si le montage passe par une filiale distribuant des dividendes, le traitement change — voir l'imposition des revenus de source étrangère.

Le barème du Vpb — et pourquoi ce n'est pas « 25,8 % »

Impôt néerlandais sur les sociétés (vennootschapsbelasting), taux inchangés depuis 2023 et reconduits pour 2026 (Government.nl, KVK, Deloitte NL). Pas d'impôt sur les sociétés provincial ni communal en supplément.
Bénéfice imposableTaux Vpb 2026
Jusqu'à 200 000 €19 %
Au-delà de 200 000 €25,8 %

On lit souvent « l'IS néerlandais est à 25,8 % ». C'est vrai au-delà de 200 000 € de bénéfice imposable, pas en dessous. Dans l'autre sens : la tranche à 19 % ne porte que sur les 200 000 premiers euros. Au-delà de quelques millions d'euros de résultat — l'ordre de grandeur d'un portefeuille immobilier significatif — le taux effectif converge en pratique vers 25,8 %. Sur un tel portefeuille, la première tranche ne change donc presque rien.

Le tournant du 1er janvier 2025 : la fin du régime FBI pour l'immobilier direct

Le régime FBI (fiscale beleggingsinstelling, équivalent néerlandais du REIT) ouvrait un taux de Vpb de 0 %, sous condition de distribution des bénéfices. Depuis le 1er janvier 2025, une FBI ne peut plus détenir directement d'immobilier néerlandais : l'entité qui en détient en direct bascule au Vpb de droit commun (19 % / 25,8 %). La détention indirecte via une société normalement imposée, et l'immobilier situé hors des Pays-Bas, restent possibles (PwC NL, Meijburg & Co, A&O Shearman, Norton Rose Fulbright).

C'est un durcissement, pas un avantage. Une précision s'impose, parce qu'elle change le périmètre : ce régime concernait les fiscale beleggingsinstellingen néerlandaises. Une SCPI française n'était concernée que si sa détention passait par un véhicule néerlandais placé sous statut FBI — point qui dépend du montage retenu et qui reste [à vérifier] au cas par cas. En détention directe, le Vpb de droit commun s'appliquait déjà, par l'effet des articles 17 et 17a rappelés ci-dessus. Nous n'écrirons donc pas que « le levier fiscal néerlandais » a disparu. La voie FBI est fermée à l'immobilier néerlandais détenu en direct, et le cadre s'est resserré : c'est tout ce qu'on peut dire.

Le coût d'entrée : 10,4 % de droits de mutation

Droits de mutation néerlandais (overdrachtsbelasting) applicables en 2026. Sources : Government.nl, business.gov.nl. La baisse du taux résidentiel d'investissement de 10,4 % à 8 % au 1er janvier 2026 aurait été adoptée dans le cadre du Belastingplan 2025 [à vérifier].
Nature de l'actifTaux 2026Évolution
Non résidentiel (bureaux, logistique, commerces)10,4 %Inchangé
Résidentiel détenu en investissement8 %Abaissé de 10,4 % à 8 % au 01/01/2026
Résidence principale de l'acquéreur2 %Inchangé

⚠️ Ne lisez pas « les droits de mutation néerlandais sont passés à 8 % »

La baisse au 1er janvier 2026 ne concerne que le résidentiel détenu en investissement. Les actifs typiquement détenus par une SCPI — bureaux et entrepôts — restent à 10,4 %. Pour un porteur, cela se traduit par un frottement d'entrée qui allonge l'horizon de détention nécessaire pour amortir l'acquisition, renchérit les rotations d'actifs et pèse sur la valeur de reconstitution. Voir les frais d'une SCPI et la valeur de reconstitution.

Trois cadres que nous ne chiffrons pas, faute de source 2026 vérifiée à la valeur près : l'OZB (taxe foncière communale assise sur la valeur WOZ — le taux est propre à chaque commune, il n'existe pas de taux national), la limitation de déduction des intérêts (earnings stripping, transposition ATAD) et la TVA immobilière. Ce sont des charges bien réelles pour la SCPI, même si nous ne leur mettons pas de chiffre ici.

Deux régimes ont bougé en dix-huit mois — à la hausse comme à la baisse

Fin du régime FBI pour l'immobilier direct au 1er janvier 2025 (de 0 % à 19 %/25,8 %), puis baisse des droits de mutation résidentiels au 1er janvier 2026 (de 10,4 % à 8 %). Démonstration datée qu'un régime réputé stable peut changer, dans les deux sens. Un avantage fiscal n'est jamais acquis — et ne doit jamais être le motif principal d'un investissement.

§ 6CONVENTION·3 MIN

La convention franco-néerlandaise de 1973 : pourquoi c'est le taux effectif

La démonstration qui suit s'appuie sur le cas néerlandais, texte de la convention en main — vérifiable ligne à ligne, pas seulement affirmée. Le fonctionnement général des conventions (taux effectif contre crédit d'impôt) est traité dans notre fiche comment fonctionnent les conventions fiscales, et le tableau comparatif multi-pays dans la fiscalité des SCPI pays par pays.

L'état civil du texte

La convention a été signée à Paris le 16 mars 1973 (loi n° 73-1145 du 24 décembre 1973, décret n° 74-310 du 11 avril 1974, entrée en vigueur le 29 mars 1974). Un avenant a été signé à La Haye le 7 avril 2004, entré en vigueur le 24 juillet 2005 (décret n° 2005-1077 du 23 août 2005). Le texte a été modifié par la convention multilatérale BEPS (en vigueur au 1er janvier 2019 pour la France, au 1er juillet 2019 pour les Pays-Bas). Information à valeur ajoutée : l'article 24, qui règle l'élimination de la double imposition, est rigoureusement identique dans la version consolidée modifiée par la convention multilatérale. Le cadre franco-néerlandais est stable depuis plus de vingt ans — il n'existe ni « nouvelle convention », ni « convention de 2022 ».

Article 6 : le droit d'imposer appartient aux Pays-Bas

« Les revenus provenant de biens immobiliers […] sont imposables dans l'État où ces biens sont situés », le paragraphe 3 précisant que cela vise notamment les revenus de la location. Rédaction conforme au modèle OCDE.

Article 24 B : la démonstration en quatre temps

La démonstration, article 24 B en main

1. Alinéa a) — « Les revenus autres que ceux visés à l'alinéa b
   ci-dessous sont EXONÉRÉS des impôts français [...] lorsque ces
   revenus sont imposables aux Pays-Bas en vertu de la Convention. »

2. Alinéa b) — il énumère LIMITATIVEMENT les revenus ouvrant droit
   à un CRÉDIT D'IMPÔT : ceux des articles 8, 10, 11, 16 et 17
   (navigation internationale, dividendes, intérêts, tantièmes,
   artistes et sportifs).

3. Constat — l'article 6, qui régit les REVENUS IMMOBILIERS,
   ne figure PAS dans cette énumération. Il relève donc de
   l'alinéa a) : EXONÉRATION.

4. Alinéa c) — « l'impôt français peut être calculé [...] au taux
   correspondant au montant global du revenu imposable
   conformément à la législation française. »

==> EXONÉRATION + PROGRESSIVITÉ = MÉTHODE DU TAUX EFFECTIF.

Nous avons relu l'article 24 B dans le texte consolidé publié par la DGFiP le 5 août 2019 : la démonstration ci-dessus s'y lit ligne à ligne. La mécanique du taux effectif est ensuite décrite par le BOFiP (BOI-IR-LIQ-20-30-30) : on calcule une cotisation de base sur l'ensemble des revenus qui seraient imposables en France en l'absence de l'exonération, puis on ne retient que la fraction correspondant aux revenus effectivement imposables en France.

La formule du taux effectif

Impôt dû = Impôt calculé sur (revenus français + quote-part néerlandaise)
           x  revenus français / (revenus français + quote-part néerlandaise)

Les prélèvements sociaux : le vrai fondement

Pourquoi il n'y a en principe pas de 17,2 % — et pourquoi ce n'est pas grâce à « de Ruyter »

Beaucoup y voient un cadeau fiscal ; ce n'en est pas un. La convention exonère ces revenus d'impôt sur le revenu (art. 24, B, a). Or la CSG sur les revenus du patrimoine est, aux termes de l'article L. 136-6, I du code de la sécurité sociale, « assise sur le montant net retenu pour l'établissement de l'impôt sur le revenu ». Un revenu que la convention sort de l'assiette de l'impôt sur le revenu sort mécaniquement de celle des prélèvements sociaux : le fisc n'a rien offert, il a appliqué sa propre définition d'assiette.

L'arrêt CJUE de Ruyter (26 février 2015, C-623/13) est un autre sujet : il vise les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d'un autre État membre (CSS art. L. 136-6, I ter) — un frontalier, un expatrié. Pour un résident français affilié à la Sécurité sociale française, il est sans objet ici. L'argument est pourtant invoqué à tort dans quantité de pages patrimoniales.

Tout cela ne vaut que pour les revenus fonciers de source néerlandaise. Les plus-values de cession de vos parts relèvent, elles, du régime français des plus-values immobilières des particuliers (19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avant abattements pour durée de détention), même pour une SCPI très exposée à l'Europe ; l'articulation avec l'article 13 § 1 de la convention, pour la fraction correspondant aux immeubles situés aux Pays-Bas, reste [à vérifier]. Le détail des prélèvements : les 17,2 % de prélèvements sociaux en détail.

Deux questions que nous ne trancherons pas : l'IFI et les plus-values réalisées par la SCPI

L'IFI. La convention de 1973 vise, côté français, « l'impôt sur le revenu ; l'impôt sur les sociétés ; la contribution des patentes en ce qui concerne l'article 8 » (art. 2, § 3, b) — l'IFI n'y figure évidemment pas, ce texte lui étant très antérieur. La quote-part immobilière néerlandaise resterait donc dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière d'un résident français, imposé sur son patrimoine immobilier mondial. La question est toutefois discutée : l'article 2, § 4 étend la convention aux « impôts futurs de nature identique ou analogue », et le texte visait côté néerlandais un impôt sur la fortune (vermogensbelasting, abrogé en 2001). Point [à vérifier], voir SCPI et IFI.

Les plus-values réalisées par la SCPI sur un immeuble néerlandais. L'article 13 § 1 attribuerait le droit d'imposer à l'État de situation. Les modalités concrètes de reversement à l'associé et d'articulation avec le régime français des plus-values de cession de parts sont [à vérifier]. Un dernier mot, parce que l'erreur revient souvent : l'affirmation d'un « 0 % de plus-value réelle aux Pays-Bas au titre du Box 3 » est un contresens — le Box 3 vise les personnes physiques (résidentes néerlandaises, mais aussi non-résidentes à raison d'immeubles situés aux Pays-Bas [à vérifier]), et il est en refonte ; il ne décrit en aucun cas le traitement d'un véhicule collectif détenant de l'immobilier néerlandais. Pour la fiscalité européenne générale : la fiscalité des SCPI européennes et le hub fiscalité des SCPI.

§ 7CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : 10 000 € de revenus, quote-part française contre quote-part néerlandaise

Élodie, 44 ans, célibataire, ingénieure à Lyon. Une part de quotient familial, 60 000 € de revenu net imposable de source française, et 10 000 € de revenus distribués par ses SCPI au titre de l'année. Barème de l'impôt 2026 (revenus 2025, loi n° 2026-103 du 19 février 2026, tranches revalorisées de + 0,9 %). Le calcul se fait hors décote, hors CSG déductible, hors CEHR/CDHR et hors autres revenus catégoriels. Une dernière hypothèse, et elle compte : on suppose par simplification que la quote-part de résultat foncier imposable est égale au montant distribué. En pratique ces deux montants diffèrent (report à nouveau, provisions, dotations) : l'associé est imposé sur sa quote-part de résultat, pas sur ce qui lui est versé, et seule l'attestation fiscale de la société de gestion fait foi.

Le barème de référence (1 part, revenus 2025)

0 %  jusqu'à  11 600 €
11 % de 11 601 à  29 579 €
30 % de 29 580 à  84 577 €
41 % de 84 578 à 181 917 €
45 % au-delà de 181 917 €

IR(60 000) = (29 579 - 11 600) x 11 % + (60 000 - 29 579) x 30 %
           = 1 977,69 +  9 126,30 = 11 103,99 €
IR(70 000) = 1 977,69 + (70 000 - 29 579) x 30 %
           = 1 977,69 + 12 126,30 = 14 103,99 €

Scénario A — les 10 000 € sont de source française (revenus fonciers classiques, régime détaillé dans notre fiche revenus fonciers de SCPI) :

Scénario A : quote-part française. Barème IR 2026 + prélèvements sociaux de 17,2 %. Ce qu'Élodie garde sur 10 000 € : 5 280 €.
PosteCalculMontant
Impôt sur le revenu (TMI 30 %)14 103,99 − 11 103,993 000 €
Prélèvements sociaux 17,2 %10 000 × 17,2 %1 720 €
Ponction totale—4 720 € — soit 47,2 %
Net conservé—5 280 €
Pour mémoire, à TMI 41 %41 % + 17,2 %58,2 % → net 4 180 €

Précision qui joue contre notre démonstration, et que nous donnons quand même : la CSG déductible de 6,8 % est ici volontairement ignorée. En la prenant en compte, 10 000 × 6,8 % = 680 € viennent en déduction du revenu global de l'année suivante, soit environ 204 € d'impôt économisé à TMI 30 %. La ponction réelle du scénario A ressort alors plutôt à 45,2 % et le net conservé à environ 5 484 €. Les écarts affichés plus bas sont donc des maxima.

Scénario B — les 10 000 € sont de source néerlandaise (méthode du taux effectif) :

Scénario B : la même Élodie, même montant, quote-part néerlandaise : environ 9 015 €. Écart avec le scénario A : environ 3 735 €, soit environ + 71 % de revenu net à montant distribué égal. En tenant compte de la CSG déductible côté français, cet écart revient à environ 3 530 €, soit environ + 64 % : c'est ce second chiffre, plus prudent, qu'elle doit retenir.
ÉtapeCalculRésultat
Cotisation de base (revenu mondial 70 000 €)barème14 103,99 €
Taux effectif14 103,99 / 70 00020,15 %
Impôt exigible (sur les seuls revenus français)14 103,99 × 60 000 / 70 00012 089,13 €
Impôt qui aurait été dû sans les revenus néerlandais—11 103,99 €
Surcoût réel de progressivité12 089,13 − 11 103,99≈ 985 € — soit 9,9 %
Prélèvements sociauxhors assiette de l'IR0 € (en principe, non garanti)
Net conservé10 000 − 985≈ 9 015 €

⚠️ Trois garde-fous — à lire avant de conclure quoi que ce soit

1. Ces 10 000 € sont déjà nets de l'impôt néerlandais, selon le montage retenu par la société de gestion (l'impôt local est acquitté soit par le véhicule, soit au niveau des porteurs — voir § 5). Le résultat locatif néerlandais supporte le Vpb (19 % / 25,8 %) avant toute distribution. La comparaison ne porte donc pas sur « impôt contre zéro impôt », mais sur la fiscalité française résiduelle. Les deux colonnes ne sont comparables qu'à montant distribué égal — ce qui n'est jamais garanti d'un marché à l'autre.

2. Le taux effectif n'est pas neutre : il coûte ici environ 985 €. Et ce coût dépend entièrement de la composition du foyer (nombre de parts, autres revenus, décote, réductions). Il peut même faire basculer une fraction des autres revenus dans la tranche supérieure. Si Élodie était mariée avec deux enfants pour les mêmes 60 000 € de revenus du foyer, le surcoût de progressivité ne serait plus de 985 € : le taux effectif se calcule sur le quotient familial, pas sur la seule tranche marginale. Et un point est souvent mal énoncé : l'avantage lié au taux effectif (volet impôt sur le revenu) croît bien avec la tranche marginale, mais l'économie de 17,2 % de prélèvements sociaux, elle, ne dépend pas de la TMI. Un foyer imposé dans la tranche à 11 % conserve ainsi un écart de l'ordre de 2 200 à 2 700 € sur 10 000 € distribués ; et même un foyer non imposable (TMI 0 %) garde au minimum l'économie des 17,2 % de prélèvements sociaux, soit environ 1 720 €. Ce qui décroît avec la TMI, c'est l'ampleur de l'avantage, pas son existence.

3. Une SCPI européenne est multi-pays. Seule la fraction réellement néerlandaise relève du taux effectif. La quote-part française reste à l'IR + 17,2 %, et d'autres pays relèvent du crédit d'impôt. Le résultat réel est une moyenne pondérée, jamais le cas pur ci-dessus. L'arbitrage général est traité dans SCPI européennes ou françaises.

§ 8DÉCLARATION·2 MIN

Déclarer : la case 4EA — et pourquoi vous ne passerez pas par le 2047

C'est contre-intuitif, mais parfaitement formel. La notice 2047-NOT n° 50545 # 28 (revenus 2025) indique : « Si vous avez perçu des salaires, pensions ou revenus fonciers exonérés en France mais retenus pour le calcul du taux effectif, ne les indiquez pas sur la déclaration n° 2047. Déclarez-les directement sur la déclaration n° 2042 C, […] lignes 4EA (foncier régime réel) ou 4EB (foncier régime micro), sans les reporter ligne 8TI. » Et pour couper court à une confusion de vocabulaire : le cadre 8 du 2047 ne concerne pas les revenus fonciers — il n'a pas été « supprimé ».

✅ Réponse express — où porter quoi

Quote-part néerlandaise : case 4EA (régime réel) ou 4EB (micro) de la 2042 C, sans déclaration 2047 et sans report en ligne 8TI. Quote-part française : 2044 puis case 4BA (ou 4BE au micro), avec les 17,2 %. Quote-part relevant d'un pays à crédit d'impôt : 2047, puis 8TK et 4BK/4BL. Une seule et même SCPI peut vous imposer ces trois lignes la même année : c'est l'attestation fiscale annuelle de la société de gestion qui fait foi, jamais la plaquette commerciale.

Où déclarer quoi selon la méthode d'élimination applicable. Pour les pays à crédit d'impôt, la notice 2047-NOT impose une double inscription : ligne 8TK ET, pour chaque catégorie, les cases correspondant à la nature du revenu (4BK ou 4BL pour les revenus fonciers), le report 4BK/4BL s'effectuant sur la déclaration 2042. Le pas-à-pas complet figure dans notre guide dédié à la déclaration des revenus de SCPI.
SituationFormulaireCasesPS 17,2 % ?
Quote-part française (réel)2044 → 20424BAOui
Quote-part française (micro)20424BEOui
Quote-part Pays-Bas — taux effectif, réel2042 C directement4EANon (hors assiette)
Quote-part Pays-Bas — taux effectif, micro2042 C directement4EBNon (hors assiette)
Pays « crédit d'impôt » (réel)2047 + 2042 (+ 2042 C)4BA, puis 8TK + 4BLDus mais neutralisés
Pays « crédit d'impôt » (micro)2047 + 2042 (+ 2042 C)4BE, puis 8TK + 4BKDus mais neutralisés

Restent quelques pièges classiques, qu'on voit revenir à chaque saison déclarative. On recopie, on ne recalcule pas. La société de gestion adresse chaque année une attestation fiscale ventilant la quote-part par pays et par méthode d'élimination. Une même SCPI peut générer à la fois une ligne 4EA/4EB et un dépôt de 2047 avec report 4BL/4BK : il n'existe pas un « régime SCPI Pays-Bas » applicable à toute la distribution. Le micro-foncier (abattement 30 %, plafond 15 000 €) est en principe fermé à qui ne détient que des parts de SCPI [à vérifier] : la case 4EB n'est pas une option ouverte à tous — voir micro-foncier ou régime réel. Enfin, l'impôt néerlandais ne se reporte jamais sur la déclaration française : il a déjà été déduit en amont, il n'apparaît nulle part sur votre 2042. Le pas-à-pas : déclarer ses revenus de SCPI et la déclaration 2044.

Vous résidez aux Pays-Bas et détenez des SCPI françaises ?

Ce n'est pas le sujet de cette page. Elle traite du résident fiscal français qui détient des parts d'une SCPI investie aux Pays-Bas. La situation inverse relève d'une autre logique : les immeubles français resteraient imposables en France, et le traitement néerlandais du patrimoine (régime dit Box 3, en cours de refonte) est propre aux personnes physiques résidant aux Pays-Bas [à vérifier]. Voir la fiscalité des SCPI pour un expatrié.

§ 9RISQUES·3 MIN

Les risques néerlandais que les plaquettes ne détaillent pas

Ce qui relève du marché néerlandais lui-même

Le premier risque néerlandais tient à la taille du pays. Environ 18,1 M d'habitants, un territoire réduit, un marché institutionnel mature et déjà largement détenu : la compétition sur les actifs core y est forte, elle comprime les rendements à l'achat, et une société de gestion française qui arrive avec plusieurs centaines de millions d'euros à déployer achète en concurrence directe avec des institutionnels installés depuis des décennies — difficile, dans ces conditions, d'investir vite sans dégrader la qualité des actifs acquis. À l'intérieur de ce périmètre restreint, deux fragilités se cumulent. Les grandes plateformes logistiques dépendent souvent d'un locataire unique : le départ d'un preneur n'y produit pas une érosion progressive du revenu, mais un événement binaire. Et le parc de bureaux reste à deux vitesses, le secondaire étant menacé d'obsolescence par le travail hybride et par les exigences énergétiques — avec le capex de remise à niveau que cela suppose.

Le deuxième risque, vous ne le choisissez pas : il arrive par le port. Les compteurs sont orientés à la baisse — Rotterdam a traité 428,4 Mt en 2025 (− 1,7 %) puis 103,0 Mt au T1 2026 (− 0,7 %), et Schiphol 1,43 Mt de fret aérien (− 4 % en 2025). S'y ajoute une exposition géopolitique. Selon des chiffres du premier trimestre 2026 attribués à l'autorité portuaire et relayés en avril 2026 ([à confirmer], communiqué primaire non consulté), environ 10 % du trafic de pétrole brut et 14 % des produits pétroliers de Rotterdam proviendraient du Golfe Persique. Le port serait donc sensible aux tensions sur le détroit d'Ormuz, avec un effet anticipé sur 2026. La transmission au trafic de conteneurs reste, elle, indirecte : elle passe par la demande économique. Le cycle logistique lui-même s'est retourné : la vacance est en hausse (de l'ordre de 6,3 % à fin T1 2026 selon Savills, 2026, source non lue à la source, [à vérifier]) après une décennie de forte croissance du stock, et les volumes d'investissement logistique reculent d'environ 60 % sur un an — alors même que l'investissement immobilier néerlandais toutes classes d'actifs progressait d'environ 48 % sur ce trimestre. Côté production, enfin, quatre contraintes freinent à la fois les développements neufs et la mise à niveau du parc existant : congestion du réseau électrique, coûts de construction, prix du foncier, coût du financement.

Le troisième risque est celui du cadre lui-même. Le frottement fiscal d'entrée reste de 10,4 % de droits de mutation sur le non-résidentiel. Et en dix-huit mois, La Haye a fermé le régime FBI à l'immobilier néerlandais détenu en direct (01/01/2025), puis abaissé la RETT résidentielle à 8 % (01/01/2026). Un cadre qui bouge deux fois en dix-huit mois peut bouger une troisième. Une zone d'ombre subsiste, que nous ne trancherons pas : le traitement d'un déficit foncier de source étrangère. Le Conseil d'État a jugé (19 décembre 2019, n° 428443) qu'un déficit foncier de source allemande n'était pas imputable en France, mais sur le fondement d'une clause propre à la convention franco-allemande du 21 juillet 1959 alors applicable, qui limitait la prise en compte aux « bénéfices et autres revenus positifs » de source allemande. La convention franco-néerlandaise ne comporte pas de clause équivalente : la transposition aux Pays-Bas n'est pas acquise dans son principe, [à vérifier].

Ce qui tient au véhicule, pas au pays

Nous le redisons à chaque rendez-vous, y compris quand cela fait retomber l'enthousiasme : vous pouvez perdre du capital, la distribution peut baisser, et vous ne récupérerez pas vos parts sur simple demande. L'horizon reste de 8 à 10 ans minimum, les frais de souscription sont élevés et ne s'amortissent que par la durée, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un point mérite d'être dit explicitement, parce qu'il trompe beaucoup d'épargnants : le prix de part d'une SCPI n'est pas un prix de marché, c'est un prix administré par la société de gestion à l'intérieur d'un tunnel réglementaire autour de la valeur de reconstitution. Sa stabilité apparente d'une année sur l'autre ne dit rien de la valeur réelle des immeubles : elle peut précéder un ajustement brutal, comme le cycle 2023-2025 l'a montré. Voir la valeur de reconstitution et pourquoi une SCPI baisse son prix de part.

Au 31 mars 2026, 2,44 Md€ de parts attendaient toujours preneur, soit 2,75 % de la capitalisation, en repli d'environ 14 % (soit environ 0,35 Md€) sur le trimestre, selon le communiqué ASPIM/IEIF de mai 2026. L'ASPIM souligne elle-même que cette amélioration s'explique en partie par des suspensions temporaires de la variabilité du capital (ASPIM/IEIF, mai 2026). Quand une société de gestion suspend la variabilité, les ordres de retrait en attente disparaissent du décompte : le stock baisse, mais les vendeurs, eux, sont toujours là.

Depuis le 16 avril 2026 (directive UE 2024/927, dite « AIFM 2 » ; instructions AMF modifiées le 18 décembre 2025), toute SCPI à capital variable doit inscrire au moins deux outils de gestion de la liquidité dans ses statuts (gates, préavis allongés, swing pricing, frais de rachat, cantonnement…). En 2026, la liquidité d'une SCPI n'est donc plus seulement « non garantie » : elle dépend d'outils écrits noir sur blanc dans les statuts. Il faut aller lire lesquels votre SCPI a retenus : c'est en page « statuts », pas en page « performance ». Et cela vaut quelle que soit la géographie des actifs : investir aux Pays-Bas n'améliore en rien la liquidité de vos parts.

Côté taux, après huit baisses entre 2024 et 2025, la BCE a relevé ses taux de 25 points de base le 11 juin 2026 (facilité de dépôt à 2,25 %, effet au 17 juin 2026), première hausse depuis septembre 2023, sur fond de choc énergétique. Nous n'en tirons aucune prévision. Nous nous sommes déjà trompés en 2023 en pensant que le plus dur était passé.

Et si votre SCPI n'était néerlandaise qu'à la marge ?

Une SCPI qui s'affiche « européenne » peut n'avoir qu'une exposition néerlandaise minoritaire. L'exonération de prélèvements sociaux ne porte que sur la quote-part réellement néerlandaise — ou relevant d'une autre convention à taux effectif. Cette quote-part figure dans le rapport annuel et sur l'attestation fiscale, rarement dans les supports de commercialisation. Ouvrez le dernier rapport annuel, cherchez la ventilation géographique du patrimoine, et comparez-la à ce que promet la plaquette. Voir lire le rapport annuel d'une SCPI et les SCPI diversifiées géographiquement.

Ce que les Pays-Bas apportent

Points forts

  • Zone euro : aucun risque de change
  • Marché transparent, institutionnel, mature
  • Méthode du taux effectif, favorable à TMI élevée
  • Dominante logistique adossée à une infrastructure de premier plan
  • Baux tertiaires suivant le plus souvent le modèle ROZ, avec indexation annuelle sur l'indice des prix du CBS

Ce qu'ils ne règlent pas

Points de vigilance

  • Impôt local réel, la voie FBI étant fermée à l'immobilier néerlandais détenu en direct depuis 2025
  • Droits d'entrée de 10,4 % sur le non-résidentiel
  • Marché étroit et très concurrentiel
  • Cyclicité du commerce mondial
  • Aucun effet sur la liquidité de vos parts
  • Fiscalité locale susceptible d'évoluer
§ 10POUR QUI·2 MIN

Pour qui les Pays-Bas ont du sens — et ce que cette page ne traite pas

À qui nous disons oui — et à quelles conditions

Une exposition néerlandaise se défend d'abord dans un cas de figure précis : celui d'un foyer dont la tranche marginale est à 30 %, 41 % ou 45 % et dont les revenus fonciers français sont déjà ponctionnés de 47,2 % à 62,2 % au global, prélèvements sociaux compris. C'est dans ces foyers-là que le taux effectif change quelque chose. Elle suppose ensuite d'accepter un horizon de 8 à 10 ans minimum : le frottement d'entrée de 10,4 % supporté côté néerlandais et les frais de souscription supportés côté français forment deux couches de coûts qui ne s'amortissent que par la durée, jamais par le rendement d'une année. Elle suppose enfin que les Pays-Bas ne soient qu'une ligne d'une allocation diversifiée, jamais un pari de pays unique — et, compte tenu de la dominante logistique du marché, jamais non plus un pari implicite sur une seule classe d'actifs.

Quand nous déconseillons les Pays-Bas

À l'inverse, l'intérêt s'amenuise nettement si votre TMI est à 0 % ou 11 % : l'avantage tiré du taux effectif se réduit alors fortement — même si l'économie des 17,2 % de prélèvements sociaux, elle, subsiste — et il ne reste plus, pour l'essentiel, qu'un pari immobilier sur un marché étroit, qui doit se justifier par lui-même. Deuxième cas : vous pouvez avoir besoin de ce capital d'ici cinq ans. La géographie des actifs ne change rien à la liquidité de vos parts, et la période 2023-2026 l'a rappelé — files d'attente au retrait, baisses de prix de part, suspensions temporaires de la variabilité du capital. Le troisième cas est le plus fréquent en rendez-vous, et le seul sur lequel nous refusons systématiquement le dossier : quand l'argument fiscal est le motif principal d'investissement. Le cadre néerlandais s'est resserré depuis 2025, il peut encore bouger, et un avantage fiscal ne transforme jamais un mauvais placement en bon placement.

Où aller pour le reste

Cette fiche traite le marché et la fiscalité néerlandaise. Chaque sujet connexe a sa page dédiée : nous ne le ré-traitons pas ici.
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L'Allemagne est l'autre grand marché du cocon, mais elle relève d'une convention à crédit d'impôt : la mécanique n'a rien à voir. L'Irlande et le Portugal relèveraient également du taux effectif, sur des marchés très différents — [à vérifier]. La Belgique, dont la convention avec la France a été renégociée (nouvelle convention signée le 9 novembre 2021, dont l'entrée en vigueur et la méthode d'élimination de la double imposition restent à confirmer), appelle une vérification spécifique de la méthode applicable avant tout rapprochement avec le cas néerlandais — [à vérifier]. Voir la fiche fiscalité des SCPI pays par pays. L'Espagne et l'Italie forment les marchés du sud. Enfin, le Royaume-Uni (livre sterling) et la Pologne (zloty) ajoutent un risque de change réel, ce que les Pays-Bas n'ont pas.

✅ Ce qu'il faut retenir

Les Pays-Bas offrent un marché en euros, transparent et adossé à une infrastructure logistique de premier plan, mais étroit, cher à l'entrée (10,4 % de droits de mutation sur le non-résidentiel) et déjà imposé localement (Vpb 19 % / 25,8 %) avant toute distribution. La convention du 16 mars 1973 élimine la double imposition par la méthode du taux effectif, ce qui place en principe la quote-part néerlandaise hors de l'assiette des 17,2 % : un effet réel, chiffré au § 7, mais qui ne porte que sur la fraction réellement néerlandaise de votre distribution — à vérifier sur l'attestation fiscale, pas sur la plaquette. Rien de tout cela ne rend le placement garanti. Le cycle 2023-2025 l'a rappelé sans ménagement — baisses de prix de part, files d'attente au retrait, suspensions —, et le cadre néerlandais a bougé deux fois en dix-huit mois : capital, revenus et liquidité restent non garantis, l'horizon reste de 8 à 10 ans minimum, et la fiscalité — française comme néerlandaise — peut encore changer.

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Sources et références légales

  • Convention France – Pays-Bas

    Convention du 16 mars 1973 (art. 6, revenus immobiliers ; art. 13 § 1, gains en capital ; art. 24 B, élimination de la double imposition), avenant du 7 avril 2004 (décret n° 2005-1077 du 23 août 2005), texte modifié par la convention multilatérale BEPS. BOFiP BOI-INT-CVB-NLD ; BOI-ANNX-000306 (conventions en vigueur au 1er janvier 2026).

  • Doctrine fiscale française

    BOI-INT-DG-20-20-100 (exemption vs imputation) ; BOI-IR-LIQ-20-30-30 (règle du taux effectif) ; code de la sécurité sociale art. L. 136-6 et L. 136-8 (assiette et taux des prélèvements sociaux, 17,2 % maintenus sur les revenus fonciers) ; notice 2047-NOT n° 50545 # 28 (revenus 2025) et formulaire 2042 C (cases 4EA / 4EB) ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (barème IR revalorisé de + 0,9 %).

  • Fiscalité néerlandaise

    Wet op de vennootschapsbelasting 1969, art. 17 et 17a (imposition des non-résidents à raison d'immeubles néerlandais) ; taux du Vpb 2026 (19 % jusqu'à 200 000 € de bénéfice, 25,8 % au-delà — Government.nl) ; droits de mutation 2026 (10,4 % non résidentiel, 8 % résidentiel d'investissement, 2 % résidence principale — business.gov.nl) ; abolition du régime FBI pour l'immobilier détenu en direct au 1er janvier 2025 (PwC NL, Meijburg & Co, A&O Shearman).

  • Marché & cadre réglementaire

    ASPIM / IEIF (communiqués du 10 février 2026 et de mai 2026) ; Cushman & Wakefield Netherlands (MarketBeat Industrial et Offices T4 2025, communiqué du 19 mai 2026) ; Port of Rotterdam Authority ; Schiphol Group ; CBS ; art. L. 214-86 à L. 214-126 du code monétaire et financier ; directive (UE) 2024/927 dite AIFM 2 (outils de gestion de la liquidité obligatoires depuis le 16 avril 2026) ; instructions AMF modifiées le 18 décembre 2025.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement. La fiscalité présentée est à jour au 20 juillet 2026 et peut évoluer (lois de finances françaises, Belastingplan néerlandais) : la fin du régime FBI pour l'immobilier détenu en direct au 1er janvier 2025 en est une illustration récente. Une SCPI est un placement de long terme non garanti et illiquide, comportant un risque de perte en capital, de baisse des revenus et de blocage à la revente ; l'horizon recommandé est de 8 à 10 ans minimum. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucune SCPI ni société de gestion n'est citée dans ce guide, qui décrit des régimes et des mécanismes génériques. Toute décision doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable.

Foire aux questions

Tout sur le marché et la fiscalité néerlandaise des SCPI en 2026.

Marché logistique et bureaux, impôt néerlandais prélevé en amont, convention de 1973, taux effectif, prélèvements sociaux et déclaration. Ces quatorze questions reviennent presque à chaque rendez-vous sur les SCPI européennes — la case 4EA, à elle seule, occupe dix minutes.

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  • Parce que le marché néerlandais cumule des qualités rares : compact, transparent, très institutionnel, adossé au premier port d'Europe (Rotterdam, 428,4 Mt de trafic en 2025) et à une plateforme de fret aérien majeure (Schiphol, 1,43 Mt en 2025). Le corridor de la Randstad concentre logistique et bureaux, les baux tertiaires suivent le plus souvent le modèle ROZ, qui prévoit une indexation annuelle sur l'indice des prix à la consommation du CBS, et le pays est en zone euro : aucun risque de change. Ce sont ces caractéristiques, et non un avantage fiscal miracle, qui expliquent l'intérêt des sociétés de gestion. Le panorama européen d'ensemble est traité dans notre hub SCPI européennes.