
Par Quentin Hagnéré — Conseiller en Gestion de Patrimoine (ORIAS : CIF, COA, COBSP, Carte T)
Fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine (Chambéry). Spécialiste de l'articulation patrimoine professionnel et personnel des indépendants : arbitrage nom propre / société à l'IS, emploi de la trésorerie, PER, SCPI et IFI.
Publié le · Mis à jour le .
Mis à jour le 27 juillet 2026 · Conforme au CGI (art. 8, 14, 31, 32, 197, 200 A, 219, 238 bis K, 239, 154 bis, 163 quatervicies, 154 quinquies, 669, 965, 968, 972), au CoMoFi (art. L. 214-114 et s., L. 221-31), à la loi n° 90-1258 (SEL et SPFPL), à la loi PACTE, à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et aux statistiques ASPIM 2025. Aucune SCPI ni société de gestion n'est nommée.
Vous exercez une profession libérale — médecin, avocat, chirurgien-dentiste, expert-comptable, architecte, kinésithérapeute — en nom propre (BNC) ou via une SELARL / SELAS. Vos revenus vous placent souvent à 41 ou 45 % de tranche marginale, et ils sont irréguliers. Une SCPI, avec un taux de distribution moyen de marché de l'ordre de 4,91 %en 2025 (ASPIM), a de quoi séduire. Sauf qu'avant de choisir un fonds, il faut trancher un point que la plupart des libéraux zappent : où loger les parts.
En détention directe, l'addition est brutale : à 45 % de TMI, le frottement atteint 62,2 % (58,2 % à 41 %), avec 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur 5 000 € de loyers, il ne vous reste que ~1 890 €. Mais vous avez un levier que le salarié n'a pas : la voie sociétaire à l'IS pour employer votre trésorerie de cabinet excédentaire. Revers de la médaille, un piège que le salarié n'a pas non plus : votre SPFPL, elle, ne peut pas détenir de SCPI. Tout l'enjeu du libéral tient là : faire dialoguer patrimoine pro et perso, et choisir la bonne enveloppe quand on est à 41 ou 45 % de tranche. Si vous découvrez le produit lui-même, commencez par notre guide complet des SCPI et notre panorama à qui s'adressent les SCPI.
✅ En 30 secondes : la SCPI pour un professionnel libéral
Les SCPI peuvent convenir à un libéral à TMI 41-45 %, sous conditions et après étude. En nom propre, une SCPI française laisse ~38 % des loyers (frottement 62,2 % à 45 %). Votre atout par rapport au salarié : la voie société à l'IS (SCI ou holding dédiée) pour capitaliser une trésorerie professionnelle excédentaire — mais elle diffère l'impôt, elle ne le supprime pas. Votre piège propre : la SPFPL ne peut pas détenir de SCPI, et les SCPI ne se logent ni en Madelin ni en PER en direct. Ce n'est pas adaptési votre épargne de précaution n'est pas constituée (vos revenus BNC sont irréguliers), si votre horizon est inférieur à 8-10 ans ou si vous avez besoin de liquidité.
L'essentiel : pour un libéral, la vraie question est où loger les parts
Rappelons d'un mot le produit : une SCPI (société civile de placement immobilier) est un placement collectif immobilier agréé par l'AMF (art. L. 214-114 et s. du CoMoFi). Vous détenez des parts, vous percevez des revenus — majoritairement des revenus fonciers issus des loyers — et une éventuelle plus-value à la revente. C'est un placement de long terme (8-10 ans minimum), non garanti, illiquide, exposé à un risque de perte en capital. Pour le fonctionnement d'ensemble, voyez le guide pilier SCPI ; ce guide-ci ne traite qu'un cas : le vôtre.
Pour un professionnel libéral, le nerf de la guerre n'est pas le choix du fonds : c'est le contenant, autrement dit où loger les parts. Vous avez deux mondes qui coexistent : votre patrimoine personnel (nom propre = revenus fonciers à la TMI) et votre patrimoine professionnel(une SELARL déjà à l'IS, une trésorerie de cabinet à employer). L'arbitrage entre les deux — et le choix de l'enveloppe — est ce qui structure toute votre stratégie.
Avant d'optimiser : trois prérequis non négociables
L'optimisation fiscale ne vient qu'après les fondamentaux, et c'est encore plus vrai pour un libéral : (1) une épargne de précaution constituée, plus large que la moyenne car vos revenus BNC sont irréguliers ; (2) un horizon d'au moins 8 à 10 ans, seul délai qui amortit les frais de souscription et le délai de jouissance ; (3) l'acceptation de l'illiquidité— la revente n'est ni garantie ni immédiate, avec des files d'attente sur une partie du marché en 2023-2026. La trésorerie « de précaution » du cabinet ne doit jamais être immobilisée en SCPI.
Le cadrage de cette page en une phrase
Cette page traite l'articulation entre votre patrimoine professionnel et personnel de libéral (BNC, exercice en direct ou en SELARL/SELAS, SPFPL) et le choix d'enveloppe face à une TMI élevée. Les spécificités propres à votre métier sont détaillées dans nos guides SCPI médecin et SCPI avocat ; la structuration via société à l'IS dans SCPI en SCI à l'IS et SCPI pour chef d'entreprise ; le piège Madelin/PER dans SCPI et statut TNS ; les leviers de fiscalité dans SCPI et TMI élevée. Ces pages délivrent une information générale, pas une recommandation personnalisée.
Le problème : à 41-45 % de TMI, une SCPI en nom propre est amputée de plus de moitié
En détention directe, une SCPI est fiscalement transparente (art. 8 du CGI) : vous êtes imposé comme si vous déteniez les immeubles vous-même. Les distributions sont donc, pour l'essentiel, des revenus fonciers, soumis à deux couches qui se cumulent : le barème de l'IR à votre tranche marginale (art. 197), et 17,2 % de prélèvements sociaux(CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5, art. L. 136-8 du CSS). Sur les 9,2 points de CSG, 6,8 sont déductibles l'année suivante (art. 154 quinquies), ce qui allège un peu la note.
Le frottement, formule brute (hypothèse illustrative, non garantie)
Net foncier = Taux de distribution x (1 - TMI - 17,2 %) A TMI 45 % : 5 % x (1 - 0,45 - 0,172) = 1,89 % net A TMI 41 % : 5 % x (1 - 0,41 - 0,172) = 2,09 % net => a 45 %, le fisc capte 62,2 % de vos loyers fonciers.
| TMI | PS | Taux global | Net conservé | Net/an sur 5 000 € bruts |
|---|---|---|---|---|
| 30 % | 17,2 % | 47,2 % | 52,8 % | ~2 640 € |
| 41 % | 17,2 % | 58,2 % | 41,8 % | ~2 090 € |
| 45 % | 17,2 % | 62,2 % | 37,8 % | ~1 890 € |
Piège : le micro-foncier ne vous sauvera pas
Le micro-foncier (abattement de 30 %, plafond 15 000 € de revenus fonciers bruts, art. 32 du CGI) suppose de détenir aussi au moins un bien immobilier loué nu en direct. Si votre seul patrimoine foncier est constitué de parts de SCPI, vous êtes par défaut au régime réel, sans abattement forfaitaire (BOI-RFPI-DECLA-10). Les parts de SCPI à avantage fiscal sont en outre exclues du micro-foncier. Ne comptez pas dessus pour amortir votre TMI.
Le mécanisme complet du régime foncier est détaillé dans notre guide de la fiscalité des SCPI et dans notre fiche sur les revenus fonciers de SCPI. Ce frottement est le point de départ : contrairement au salarié, le libéral a un second levier — la société.
Nom propre ou société à l'IS : employer la trésorerie du libéral
On arrive à l'arbitrage central du libéral. En nom propre, vos SCPI génèrent des revenus fonciers imposés à la TMI (section 2). Via une société à l'IS — une SCI à l'IS ou une holding patrimoniale — vous pouvez au contraire employer une trésorerie professionnelle excédentaire dans une logique de capitalisation.
La mécanique : quand une société à l'IS détient des parts de SCPI (société translucide), la quote-part de résultat est déterminée selon les règles de l'IS et non plus des revenus fonciers (art. 238 bis K du CGI). Les loyers sont alors imposés à l'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions : CA ≤ 10 M€, capital libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques), puis 25 %au-delà (art. 219). Tant que la trésorerie reste dans la société, l'imposition personnelle est différée.
Mythe à détruire : la SCI à l'IS n'amortit PAS vos parts de SCPI
On vous vantera « l'amortissement » de la société à l'IS. Attention : des parts de SCPI détenues en pleine propriété sont des immobilisations financières, non amortissables (règlement ANC 2016-03) — et la SCPI n'amortit pas non plus ses immeubles à votre niveau. Le vrai levier de l'IS n'est pas l'amortissement des parts, mais le taux réduit de 15 % et la déductibilité des charges (intérêts d'emprunt, honoraires d'expert-comptable, frais de gestion). La seule exception amortissable est l'usufruit temporaire de parts, qui s'amortit sur la durée du démembrement (voir l'usufruit de SCPI).
L'IS a ses contreparties honnêtes : pour appréhender les liquidités, la distribution de dividendes déclenche un frottement de sortie (PFU de 31,4 % en 2026) ; la plus-value de cession est une plus-value professionnelle sans abattement pour durée de détention ; et l'option pour l'IS est quasi irréversible (révocable jusqu'au 5ᵉ exercice seulement, art. 239). L'IS diffère et lissel'impôt si vous n'avez pas besoin des revenus ; il ne les supprime pas.
Nom propre (patrimoine personnel)
Revenus fonciers à la TMI : 58,2 % à 41 %, 62,2 % à 45 %. Simple, pas de coûts de structure. Vous encaissez les revenus, mais fortement taxés.
Société à l'IS (trésorerie pro)
IS 15 % puis 25 % (art. 219, 238 bis K) : la trésorerie capitalise. Mais frottement de sortie (PFU 31,4 %), pas d'amortissement des parts, option quasi irréversible.
SPFPL (holding métier)
Interdite pour les SCPI de rendement en principe : son objet social est limité aux titres de SEL. Voir la section suivante.
Quand la voie société devient-elle réellement pertinente ?
Il n'existe pas de seuil universel, mais trois conditions se cumulent en pratique. Première condition : ne pas avoir besoin des loyers tout de suite, car la société n'a d'intérêt que dans une logique de capitalisation — toute sortie des liquidités déclenche le frottement de dividende (PFU 31,4 % en 2026). Deuxième : des montants assez élevés pour amortir les frais de structure (comptabilité, cotisation foncière des entreprises, honoraires, formalités). Et surtout, accepter que l'IS ne fait que différer et lisser l'impôt — il ne l'efface jamais. Si vous voulez consommer vos loyers immédiatement, le nom propre reste souvent plus simple malgré son frottement. Ce point de bascule se chiffre au cas par cas, après étude— ce n'est pas une recommandation générale.
Nuance de structuration : investir la trésorerie directement dans votre SELARL est possible (elle est déjà à l'IS), mais cela mélange le risque professionnel et un actif patrimonial. Beaucoup de libéraux préfèrent cloisonner via une structure dédiée (SCI à l'IS ou holding), après distribution. C'est une décision structurante : à trancher après étude. À approfondir : SCPI en SCI à l'IS, les avantages de la détention en société à l'IS et SCPI pour chef d'entreprise.
Le piège SPFPL : votre holding métier ne peut pas détenir de SCPI
C'est la particularité qui distingue le libéral réglementé du chef d'entreprise « classique ». La SPFPL (société de participations financières de professions libérales) est la holding des libéraux réglementés — mais son objet social est légalement encadré : il est limité à la détention de parts ou actions de sociétés d'exercice libéral (SEL) et à des activités accessoires. En principe, elle ne peut pas détenir de SCPI(ni d'OPCI ou de SCI) de rendement (loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990, décrets par profession) [à vérifier à la source, selon votre profession].
Conséquence pratique : si vous voulez loger des SCPI « en société », vous ne pouvez pas simplement les mettre dans votre SPFPL existante. Il faut constituer une SCI à l'IS ou une holding patrimoniale distincte. Là où un chef d'entreprise peut souvent porter des SCPI dans sa holding animatrice, le libéral réglementé doit créer une structure dédiée — avec ses coûts fixes et sa comptabilité propre.
Votre SPFPL n'est pas le bon véhicule
Ne confondez pas la SPFPL (outil de détention de votre société d'exercice) et une société patrimoniale de rendement. Loger des SCPI suppose une structure dédiée (SCI ou holding à l'IS) — c'est une décision lourde, avec des coûts fixes de fonctionnement, à ne prendre qu'après une étude de rentabilité globale. Ce point doit être vérifié à la source pour votre profession avant toute décision. Voir SCPI en holding patrimoniale et SCPI en SCI à l'IS.
L'épargne retraite du libéral et le piège Madelin/PER
La retraite obligatoire des professions libérales est souvent faible au regard des revenus d'activité : pour un libéral, l'épargne retraite n'est pas une option, c'est un rattrapage quasi obligé. Le PER offre au libéral une déduction à l'entréeparticulièrement puissante à TMI élevée : au titre de votre activité (art. 154 bis) comme du volet particulier (art. 163 quatervicies). Le plafond de déduction des travailleurs non salariés est notablement plus élevé que celui d'un salarié.
Plafond de deduction PER du liberal (TNS) - 2026 [a verifier au millesime]
Plafond = 10 % du benefice imposable (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % de la fraction du benefice comprise entre 1 et 8 PASS
PASS 2026 = 48 060 euros ; 8 PASS = 384 480 euros
Plafond maximal theorique ~ 88 911 euros
Report sur 3 ans du plafond epargne retraite non utilise
(volet particulier, art. 163 quatervicies) - distinct du
disponible professionnel TNS (art. 154 bis) ci-dessus.Mais attention à la confusion la plus fréquente chez les libéraux : le PER (et l'ancien Madelin) est une enveloppe distincte, pas un abri à SCPI.
On ne loge PAS de SCPI dans un Madelin ni dans un PER en direct
Le contrat Madelin retraite est fermé aux nouvelles souscriptions depuis le 1er octobre 2020 (loi PACTE du 22 mai 2019), et de toute façon on n'y loge pas de parts de SCPI. De même, on ne loge pas de SCPI « en direct » dans un PER. Tout au plus un PER assurantiel peut-il proposer, chez certains assureurs, des unités de compte adossées à des SCPI [à vérifier selon l'offre], souvent avec une quote-part de loyers réduite et des frais d'entrée. Le PER déduit à l'entrée mais fiscalise la sortie (en capital ou en rente) : ce n'est pas un « double avantage » PER + SCPI. Méfiez-vous des argumentaires qui l'affirment. Le piège est détaillé dans notre guide SCPI et statut TNS.
Un mot enfin sur le PEA : les SCPI n'y sont pas éligibles (art. L. 221-31 du CoMoFi). Pour le détail : SCPI et PEA.
Alléger une TMI élevée : européennes, nue-propriété, crédit, assurance-vie
Au-delà du choix nom propre / société, plusieurs leviers permettent d'alléger la fiscalité d'une TMI élevée. Le bon dépend surtout d'une chose : avez-vous besoin d'encaisser ces loyers tout de suite, ou pouvez-vous les laisser fructifier une dizaine d'années ? Un chirurgien-dentiste de 45 ans qui prépare sa retraite dans quinze ans ne fera pas le même choix qu'un avocat de 58 ans qui veut du revenu maintenant.
Nue-propriété temporaire — sans revenus voulus
0 IR, 0 prélèvements sociaux, 0 IFI pendant le démembrement (art. 968). Décote à l'achat, capital reconstitué au terme. Aucune liquidité entre-temps.
Assurance-vie — sans revenus voulus
Plus de revenus fonciers : capitalisation dans le contrat, fiscalité de l'enveloppe au rachat. Quote-part de loyers souvent réduite par l'assureur.
SCPI européennes — revenus voulus
Allègement de l'IR et, souvent, pas de 17,2 % de PS sur la quote-part étrangère. Variable selon le pays et la convention. Jamais « exonéré ».
Crédit — revenus voulus
Intérêts déductibles des revenus fonciers au réel (art. 31), effet de levier. Mensualité due même si le prix de part baisse.
Les SCPI européennes investissent hors de France : les revenus sont imposés dans le pays de situation de l'immeuble, et la France élimine la double imposition, selon la convention, par un crédit d'impôt égal à l'impôt français ou par la méthode du taux effectif. Conséquence fréquente pour une TMI élevée : un allègement de l'IR et, souvent, l'absence de 17,2 % de PS sur la quote-part étrangère — mais c'est variable par pays, et il ne faut jamais écrire « exonéré » [à vérifier par convention]. La nue-propriété temporaire supprime tout revenu (donc tout impôt) pendant le démembrement et sort les parts de l'IFI pour le nu-propriétaire ; le crédit déduit les intérêts au réel ; l'assurance-vie capitalise dans le contrat.
La règle de terrain, en une phrase
Besoin de revenus maintenant ? Regardez d'abord vers les européennes ou le crédit. Pas besoin avant une dizaine d'années ? La nue-propriété ou l'assurance-vie capitalisent sans frottement annuel. C'est cette question-là — pas le rendement affiché — qui tranche. À creuser : SCPI européennes, la nue-propriété de SCPI et le démembrement temporaire, la SCPI à crédit, la SCPI en assurance-vie. Pour l'angle purement fiscal : SCPI et TMI élevée.
Nom propre, société à l'IS ou enveloppe : quel arbitrage pour votre TMI ?
Direct, SCI à l'IS, assurance-vie, crédit, européennes, nue-propriété : un CGP indépendant chiffre le net réel de chaque option selon votre tranche et cloisonne pro et perso, sans produit-maison.
Cas chiffré : Camille, chirurgien-dentiste en SELARL, TMI 45 %
Cas chiffré n°1 · Camille, 44 ans, chirurgien-dentiste en SELARL, TMI 45 %
100 000 € : nom propre, SCI à l'IS ou SCPI européenne ?
Hypothèses (explicites, non garanties) : Camille est résidente fiscale française, exerce en SELARL, TMI 45 %, avec des revenus BNC élevés et irréguliers et une trésorerie professionnelle excédentaire. Elle dispose de 100 000 €, horizon 8-10 ans, taux de distribution supposé 5 %/an (hypothèse fictive, proche des moyennes de marché récentes, aucune SCPI nommée).
1. En nom propre (direct). 100 000 × 5 % = 5 000 € bruts. IR 45 % (2 250 €) + PS 17,2 % (860 €) = 3 110 € → net ≈ 1 890 €/an (≈ 1,89 % net), avant l'effet de la CSG déductible. Frottement réel : 62,2 %. Camille encaisse tout le flux — mais c'est justement ce flux qui déclenche le maximum d'impôt.
2. Via une SCI à l'IS (capitalisation, trésorerie pro). Les 5 000 € sont imposés à l'IS 15 % (bénéfice < 42 500 €) = 750 € → 4 250 € capitalisés dans la société (vs 1 890 € nets en direct). Mais : (a) les parts ne sont pas amortissables ; (b) pour sortir les liquidités, les dividendes subissent un frottement(PFU 31,4 % en 2026) ; (c) la plus-value est professionnelle, sans abattement. Le jour où Camille voudra se verser ces 4 250 €, elle repassera à la caisse via ce frottement de sortie : l'IS a joué la montre, il n'a pas gommé l'ardoise.
3. SCPI européenne (revenus voulus). Sur une quote-part relevant d'une convention à taux effectif, Camille évite souvent les 17,2 % de PS et allège son IR : le net est nettement supérieur au direct. L'écart réel varie selon le pays et la convention— on ne fige pas un chiffre ici [à vérifier par pays]. Imposée à l'étranger, oui ; « exonérée », non.
| Voie | Coût fiscal pendant la phase | Ce qu'il reste (illustratif) | Quand c'est cohérent |
|---|---|---|---|
| Nom propre direct | IR 45 % + 17,2 % PS = 62,2 % | ~1 890 €/an net | Besoin de revenus immédiats |
| SCI à l'IS | IS 15 % puis frottement de sortie (PFU 31,4 %) | 4 250 € capitalisés (avant sortie) | Capitalisation, pas de besoin de revenus |
| SCPI européenne | IR allégé, souvent pas de 17,2 % PS (variable) | Net > direct | Revenus voulus, TMI élevée |
Illustration pédagogique, pas une projection
Ce cas est une illustration datée du 27/07/2026, aux hypothèses explicites (montant, taux de distribution supposé 5 % non garanti, TMI 45 %, horizon). Ce n'est pas une projection garantie : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital, les revenus et la liquidité ne sont pas garantis. Le bon choix dépend du besoin — ou non — de percevoir les revenus, de l'horizon et de la volonté de transmettre : c'est un arbitrage à faire après étude, ce n'est pas une recommandation personnalisée.
L'IFI, une contrainte à intégrer
À la cinquantaine, un libéral installé cumule fréquemment résidence principale (souvent payée), murs de cabinet et un ou deux locatifs : il est parfois déjà à la lisière de l'IFI sans le savoir. Or les parts de SCPI sont un actif immobilier (art. 965 du CGI), retenues pour leur valeur au 1er janvier communiquée par la société de gestion. Ajouter 300 000 € de parts à un patrimoine immobilier déjà proche du million, c'est franchir le seuil d'assujettissement de 1 300 000 €de patrimoine net taxable [seuil à revérifier au millésime] et déclencher l'impôt. La SCPI ne contourne pas l'IFI : elle y fait entrer.
Deux nuances à connaître, sans les sur-vendre : la nue-propriété temporaire sort le nu-propriétaire de l'assiette pendant le démembrement (art. 968) ; la détention en assurance-vie reste dans l'assiette pour sa fraction immobilière (art. 972) ; une société ne fait pas disparaître l'IFI de l'associé personne physique. Personne ne peut effacer l'IFI par un simple montage : chiffrez-le en amont, comme une ligne de charges de plus. Voir : SCPI et IFI et notre dossier optimisation de l'IFI.
Quand les SCPI ne conviennent PAS à un professionnel libéral
Même à 45 % de TMI, la bonne réponse est parfois « pas de SCPI » — ou « pas maintenant ». Pour un libéral, l'irrégularité des revenus BNC rend certaines contre-indications plus aiguës encore que pour un salarié.
Les cas où l'on déconseille (ou reporte)
- Épargne de précaution non constituée : avec des revenus BNC variables, le matelas de sécurité doit être plus large et intact avant tout investissement illiquide.
- Besoin de liquidité à court terme : la revente n'est ni garantie ni immédiate — des files d'attente existent sur une partie du marché.
- Horizon inférieur à 8-10 ans : les frais de souscription et le délai de jouissance ne s'amortissent que dans la durée.
- Aversion au risque immobilier : perte en capital et baisse des revenus sont possibles (le prix de part moyen a reculé en 2025).
- Trésorerie « de précaution » du cabinet : elle ne doit jamais être immobilisée en SCPI, quel que soit l'avantage fiscal.
Cette page traite le socle patrimonial commun à toutes les professions libérales. Les spécificités propres à votre métier sont détaillées dans nos guides SCPI pour médecin et SCPI pour avocat ; le piège Madelin/PER commun aux indépendants dans SCPI et statut TNS. Rien de ce qui précède ne vaut pour votre cas tant qu'on n'a pas regardé vos chiffres : c'est le rôle du bilan, pas d'un article.
Vos loyers de SCPI ne laissent que ~38 % net à 45 % ? Faisons le calcul sur votre situation de libéral.
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Le contexte 2023-2026 : un rendement affiché à relativiser
Optimiser l'impôt sur un rendement qui s'effrite n'a aucun sens : le taux de distribution affiché n'est pas contractuel, il peut baisser d'une année sur l'autre. Le contexte 2023-2026 l'a montré : baisse des valorisations sur une partie du marché (bureaux notamment), baisses de prix de part, files d'attente au retrait et suspensions de certains véhicules. Selon les données agrégées de marché (source : ASPIM, 2025), la collecte est restée modérée et une partie des rachats a été difficile à honorer. Ces chiffres sont globaux : ils ne présument en rien de la performance d'un véhicule particulier — que nous ne nommons pas.
Un taux de distribution affiché n'est pas un gage de qualité
L'AMF met régulièrement en garde : un taux de distribution affiché peut être mécaniquement gonflé par la baisse du prix de part. Pour un libéral à 45 %, le net réel d'une détention directe est de toute façon faible : comparez les enveloppes sur le net encaissé, pas sur le brut du prospectus. Frais de souscription et délai de jouissance rendent la SCPI pertinente uniquement dans la durée.
Pour aller plus loin : comment se mesure vraiment le rendement d'une SCPI, les risques des SCPI et comment choisir une SCPI. Et si vous exercez ou vous installez à l'étranger, la fiscalité change : fiscalité SCPI de l'expatrié.

