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L'essentiel : une simulation qui ne teste qu'un scénario n'est pas une simulation
Guide rédigé le 11 août 2026 — par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA, COBSP — adhérent CNCEF Patrimoine). Droit en vigueur au 11 août 2026 (Code de la consommation, Code monétaire et financier). Analyse générique : aucun établissement, courtier, plateforme ou simulateur tiers n'y est cité.
Une proposition de regroupement tient presque toujours sur une seule ligne : « votre mensualité passe de X à Y ». C'est le chiffre qu'on vous montre, souvent le seul — et il a une qualité redoutable : il est exact. Prenons le cas, entièrement fictif, qui servira d'exemple à toute cette page : trois crédits en cours, 1 344 € de mensualités cumulées, une proposition à 856 € par mois. La question n'est pas de savoir si la mensualité baisse. Elle baisse. La question est de savoir ce que cette baisse coûte — et ce chiffre-là ne tient pas sur la même ligne.
Le reste de la page le vérifie, chiffres et textes à l'appui. Étalé sur 240 mois, le montant total dû de ce montage dépasse de 51 287 € celui des mêmes crédits menés à leur terme. La baisse de mensualité, elle, ne dure pas vingt ans mais 44 mois: passé ce cap, les crédits actuels se seraient éteints d'eux-mêmes et le montage coûte, chaque mois, davantage. Quant à la simulation elle-même, elle n'engage ni vous, ni le prêteur, et ne préjuge de rien. Le tableau comparatif que la loi impose à ce dernier — article R. 314-20 du Code de la consommation et son annexe — place d'ailleurs, à côtédu montage proposé, une colonne intitulée « crédits en cours et autres dettes ». Ce scénario de référence, nous ne l'avons vu affiché par aucun des outils grand public consultés au 11 août 2026 — le nôtre compris.
D'où le principe à garder en tête tout du long : un montage qui ne tient que sous l'hypothèse la plus favorable n'est pas un montage, c'est un pari — et le rôle d'une simulation sérieuse est de trouver l'endroit où il casse. D'où l'ordre de cette page : les données à réunir, la séquence des calculs, puis quatre tests de rupture.
Réponse express : la méthode en cinq gestes
Le premier geste : réunir six données par crédit — capital restant dû (jamais le montant emprunté), taux débiteur, échéance finale, indemnité de remboursement anticipé, nature du crédit, garantie attachée. Vient ensuite le chiffrage du scénario où vous ne faites rien: ce qu'il vous reste à payer, au total, si vous menez vos crédits actuels à leur terme. Ce montant se compare au montant total dû du montage— et non à sa mensualité — au même périmètre d'assurance des deux côtés. Reste alors à essayer de le casser: baisse de revenus, dépense imprévue, taux moins favorable qu'espéré, revente du bien avant le terme. Le dernier geste est le plus difficile — accepter la conclusion, y compris quand elle consiste à ne rien faire.
Deux repères avant de commencer. Une simulation ne vaut pas accord: personne ne s'engage, d'aucun côté, et rien n'y préjuge de l'acceptation d'un dossier. Et vous n'avez aucune coordonnée à communiquerpour obtenir un ordre de grandeur : tout ce qui suit se conduit avec un tableur et vos propres tableaux d'amortissement.
Ce que cette page apporte, et où aller pour le reste
Cette page ne redonne ni la formule du taux d'endettement, que notre guide taux d'endettement après un rachat de crédits pose terme par terme, ni la décomposition de la facture, que notre guide coût d'un rachat de crédit détaille poste par poste. Elle se place en amont des deux : elle fixe l'ordre dans lequel les calculs doivent être menés, désigne le calcul qu'on saute presque toujours — celui de ce que coûte le fait de ne rien changer — et soumet le montage envisagé à quatre tests destinés à trouver l'endroit où il casse. Un chiffre obtenu sans ces tests n'est pas une simulation : c'est une hypothèse favorable isolée. Et la chronologie du dossier une fois déposé est chez combien de temps prend un rachat de crédits.
Sommaire
- L'essentiel : tester un seul scénario ne prouve rien
- Ce qu'une simulation n'est pas : ni offre, ni accord, ni engagement
- Avant tout calcul : ce qui est gratuit, et qui passe avant
- Les six données à réunir par crédit, et où les trouver
- Les six étapes, dans l'ordre — en commençant par « ne rien faire »
- Les quatre tests : trouver l'endroit où le montage casse
- Ce que les simulateurs n'affichent pas, et le texte qui l'impose
- La proposition reçue : les trois chiffres à vérifier d'abord
- Quand « ne rien faire » est le bon résultat
- Ce que cette page n'est pas
Ce qu'une simulation n'est pas : ni une offre, ni un accord, ni un engagement
Le mot « simulation » n'a pas de régime juridique propre. Le Code de la consommation ne l'emploie qu'incidemment, pour fixer le moment d'une obligation d'information — la fiche standardisée sur l'assurance emprunteur est remise dès la première simulation (art. L. 313-10) — et il n'attache à la simulation elle-même aucun effet, aucun délai, aucun engagement. C'est un objet commercial, et cette absence de régime est une protection, à condition de la connaître. Le droit, lui, distingue quatre choses, du papier sans portée à la seule qui engage.
| Degré | L'objet | Le texte applicable | Ce qui engage réellement |
|---|---|---|---|
| 0 | Simulation, estimation, « accord de principe », « pré-acceptation » | Aucun | Rien, ni vous, ni personne |
| 1 | Publicité — un simulateur en ligne exploité par un intermédiaire en est une | C. conso., art. L. 312-10 et L. 322-2 | Des mentions obligatoires, jamais une offre |
| 2 | Information précontractuelle (fiche standardisée, art. L. 312-12 ou L. 313-7) et document propre au regroupement (art. R. 314-19) | C. conso. | Une obligation d'information à la charge du prêteur |
| 3 | L'offre de crédit | Immobilier : L. 313-24, L. 313-25, L. 313-34 — consommation : L. 312-18, L. 312-19 | Le prêteur, aux conditions énoncées |
Ce que cela change en pratique. Aucun texte ne crée un droit au crédit : la loi impose au prêteur une méthoded'évaluation de la solvabilité (art. L. 312-16 en consommation, L. 313-16 et R. 313-14 en immobilier) — et, en crédit immobilier, une interdiction d'accorderle crédit lorsque la vérification n'est pas concluante (L. 313-16) — jamais un barème ni une obligation de prêter. Une simulation calcule ce que vouspourriez payer, pas ce qu'un prêteur acceptera de prêter. Seule l'offre fait courir des délais : le maintien des conditions pendant trente jours ne court qu'à compter de sa réception, et vous ne pouvez pas accepter avant dix jours (art. L. 313-34) — deux délais détaillés par notre guide sur les deux délais légaux d'un rachat. Et simuler ne consomme rien: aucun délai légal ne part, aucune démarche n'est engagée, et rien ne s'inscrit dans un fichier de la Banque de France. En revanche, une simulation remplie chez un intermédiaire laisse, elle, vos coordonnées chez lui — c'est l'objet de la section sur les angles morts.
Cette page ne traite pas la grille de lecture du prêteur, les pièces du dossier ni les motifs de refus : tout cela est exposé par notre guide conditions d'un rachat de crédits, qui décrit aussi vos protections face à un intermédiaire.
Aucune somme ne peut vous être demandée avant le versement des fonds
L'article L. 519-6 du Code monétaire et financierinterdit de percevoir provision, commission, frais de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés— avec des sanctions pénales par renvoi à l'article L. 353-1 du même code. L'article L. 322-2 du Code de la consommation, souvent cité à tort comme le fondement de cette interdiction, est autre chose : c'est l'obligation d'en reproduire la mentiondans la publicité de l'intermédiaire. Une dérogation étroite existe (art. L. 519-6-1 CMF) : l'intermédiaire peut être rémunéré par son client dans le seul cadre d'un service de conseil indépendant au sens de l'article L. 519-1-1. Hors ce cas, une demande d'argent en amont est un signal d'arrêt.
Avant tout calcul : ce qui est gratuit, et qui passe avant
Un montage ne se compare pas à rien : il se compare à trois autres voies— ne rien faire, renégocier, saisir la commission de surendettement. La dernière n'est pas une défaite — c'est une procédure gratuite, ouverte aux personnes physiques de bonne foiqui se trouvent dans l'impossibilité manifeste de faire face à l'ensemble de leurs dettes non professionnelles exigibles et à échoir(art. L. 711-1 du Code de la consommation). Un outil qui vend une opération n'a guère de raison d'afficher la voie qui n'en est pas une : nous ne l'avons vue proposée par aucun des outils consultés au 11 août 2026.
L'ordre de grandeur, daté : selon la Typologie du surendettement des ménagespubliée par la Banque de France le 17 février 2026 au titre de l'exercice 2025, 148 013 dossiers ont été déposés en France hexagonale, en hausse de 9,8 % sur un an, et sur 122 670 dossiers clos, plus de la moitié se sont accompagnés d'un effacement total ou partiel de dettes. Ce n'est pas une voie marginale.
Ce qui est gratuit, et qui passe avant
- Commission de surendettement— secrétariat assuré par la Banque de France, numéro 3414 (coût d'un appel local) ; la procédure, elle, est gratuite (art. L. 711-1 C. conso.). À savoir avant de s'y engager : le dépôt du dossier entraîne lui-même une inscription au fichier des incidents (art. L. 752-2).
- Délais de grâce— l'article 1343-5 du Code civil permet au juge de reporter ou d'échelonner le paiement dans la limite de deux années ; sa décision suspend les procédures d'exécution engagées et les pénalités ne sont pas encourues pendant le délai fixé par le juge.
- Point conseil budget— gratuit, confidentiel, labellisé par l'État.
- ADIL du département — information juridique gratuite sur le logement (CCH, art. L. 366-1).
- Mise en garde du prêteur— en crédit immobilier, elle est due gratuitement lorsque, compte tenu de votre situation financière, le contrat peut induire des risques spécifiques pour vous (art. L. 313-12). En crédit à la consommation, le texte en vigueur n'impose aujourd'hui que des explications et l'attention attirée sur les conséquences, y compris en cas de défaut de paiement (art. L. 312-14) ; la mise en garde autonome et sans frais y sera créée le 20 novembre 2026.
- Aucun intermédiaire ne peut être rémunéré pour établir un plan de remboursement, rechercher des délais ou intervenir dans une procédure de surendettement (art. L. 322-1 C. conso.).
Le tableau complet de ces démarches figure dans notre guide ce qui ne coûte rien avant de déposer un dossier ; le fichage et ses conséquences sont traités par rachat de crédits et fichier des incidents.
En crédit à la consommation, une échéance à venir : la réforme qui entrera en vigueur le 20 novembre 2026(ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025) imposera au prêteur d'orienter gratuitement les emprunteurs en difficulté vers des services de conseil en matière de dettes indépendants du prêteur (futur art. L. 312-35-2) et créera une obligation autonome de mise en garde, sans frais (futur art. L. 312-15-4).
Les six données à réunir par crédit, et où les trouver
Cette liste n'a rien d'une bonne pratique inventée pour l'occasion : elle reprend, poste pour poste, le contenu du document que l'article R. 314-20 du Code de la consommation oblige le prêteur à vous remettre — et ce texte raisonne, pour chaque crédit repris, en capital restant dû, jamais en montant emprunté. Seulement, la loi n'impose cette remise qu'au plus tard en même temps que la fiche précontractuelle (art. R. 314-19), c'est-à-dire quand vous êtes déjà engagé dans une relation avec un prêteur donné. Trop tard pour arbitrer. Le réunir vous-même avantde parler à quiconque, c'est arriver avec le document que la loi vous doit — et pouvoir le confronter.
| La donnée | Pourquoi elle décide | Où la trouver | L'erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| Capital restant dû | C'est l'assiette du capital à regrouper | Décompte de remboursement anticipé demandé au prêteur (gratuit sur les contrats de prêt immobilier conclus depuis le 1er juillet 2016, art. L. 313-49) ; tableau d'amortissement à la date du jour ; relevé annuel ; espace client | Prendre le montant emprunté à l'origine : il surestime le capital et fausse tout ce qui suit |
| Taux débiteur | Il détermine le taux moyen pondéré du passif, donc s'il y a quoi que ce soit à gagner | Offre de prêt d'origine, contrat, relevé annuel d'information | Confondre taux débiteur et TAEG |
| Échéance finale et mois restants | Ils donnent le coût de ne rien faire | Tableau d'amortissement, dernière ligne | Raisonner en « années restantes » arrondies |
| Indemnité de remboursement anticipé | Elle s'ajoute au capital à financer | Clause du contrat ; estimation à demander au prêteur, par écrit | L'oublier, ou la supposer nulle |
| Nature du crédit | Elle commande le régime applicable, donc vos délais et vos protections | Contrat | Traiter une réserve renouvelable comme un prêt amortissable |
| Garantie attachée | Elle conditionne les frais de mainlevée et la faisabilité | Acte de prêt, acte notarié, relevé de charges | Ignorer qu'une mainlevée a un coût et un calendrier |
Certains de ces postes ont leur page dédiée, et il vaut mieux les lire là-bas. L'indemnité de remboursement anticipé figure au contrat : demandez-en l'estimation par écrit, son régime est détaillé par l'indemnité de remboursement anticipé, régime par régime. Les frais de mainlevée ont un coût et un calendrier, exposés par le coût et la procédure d'une mainlevée. Et si le montage doit inclure une somme supplémentaire, ce n'est pas un accessoire mais une variable du calcul : ajouter une trésorerie au montage.
Un détail qui ne se règle pas tout seul : une réserve renouvelable ne meurt pas toute seule. Lorsque l'opération rachète la totalité du restant dû d'un crédit renouvelable, l'article L. 314-13 oblige le prêteur à rappeler la faculté de résilier le contrat et à proposer d'adresser sans frais la lettre de résiliation signée. Mais la résiliation reste votre démarche. Un montage qui suppose la disparition des réserves suppose donc une action que personne ne fera à votre place.
Données pour calculer ≠ pièces pour être instruit
Ne confondez pas deux listes. Celle-ci est la liste des données qu'il vous faut pour calculer, avant tout contact. La liste des pièces à transmettre pour qu'un dossier soit instruit est différente, plus longue, et elle est détaillée par notre guide les pièces que le prêteur demandera. De même, la chronologie du dossier — du dépôt au déblocage — est chez la chronologie d'un rachat, du dépôt au déblocage. Cette page-ci décrit la chronologie du calcul, qui se situe en amont des deux.
Le déclaratif est une donnée fragile
Une simulation faite de mémoire produit un chiffre de mémoire. Le texte lui-même le reconnaît : l'article R. 314-21pose la primauté des pièces contractuelles et prévoit que, à défaut, le document du prêteur est établi sur des éléments déclaratifs — signalés comme tels de manière claire et lisible — l'emprunteur devant être averti des difficultés qu'il pourrait rencontrer en poursuivant sans connaître tous les paramètres. Le décompte de remboursement anticipé ne doit rien vous coûter sur un prêt immobilier conclu depuis le 1erjuillet 2016 : l'article L. 313-49 interdit au prêteur d'exiger tout coût autre que ceux des articles L. 313-47 et L. 313-48. Sur un contrat plus ancien, vérifiez d'abord s'il comporte une clause de facturation. Demandez-le par écrit : il n'y a aucune raison de s'en passer.
Les six étapes, dans l'ordre — en commençant par « ne rien faire »
Étape 0 — le scénario de référence
Cette étape zéro n'est pas de notre invention : elle est la colonne de gauche du tableau annexé à l'article R. 314-20, intitulée « crédits en cours et autres dettes », que le texte place à côté de la colonne « regroupement de crédit proposé », précisément pour qu'on les compare. Un outil qui ne l'affiche pas ne se contente pas d'être incomplet : il laisse de côté le terme même que le droit place en regard du montage.
À une nuance près, et autant la dire : le bilan économique imposé par les articles R. 314-19 à R. 314-21 et l'arithmétique du coût total sont déjà exposés par notre guide le coût réel d'un rachat de crédits, poste par poste. Ce calcul figure donc déjà chez nous. Ce qui change ici, c'est le moment où on le fait: avant d'avoir demandé quoi que ce soit à qui que ce soit.
Le taux moyen pondéré de votre passif actuel
Taux moyen pondere = SOMME (capital restant du du credit i x taux du credit i)
/ SOMME (capital restant du du credit i)- capital restant du :le solde d'aujourd'hui, pas le montant emprunté à l'origine
- taux du credit i :le taux débiteur annuel du contrat, pas le TAEG
La pondération se fait par le capital restant dû, jamais par le nombre de crédits. À dire tout de suite : pondérer par le capital restant dû ignore les durées résiduelles et sur-pondère les crédits courts et chers. Sur le passif fictif ci-dessous, le taux effectif du flux réel est de 1,73 %, contre 2,15 % en moyenne pondérée — le taux moyen pondéré est donc un ordre de grandeur, plutôt favorable au montage, et c'est la comparaison des montants totaux dus qui tranche.
Cette page n'expose pas la méthode du taux moyen pondéré pour elle-même : elle l'utilise comme point de départ de la séquence. La méthode complète, avec son propre cas chiffré et la démonstration de ce que vaut une moyenne simple, est chez votre taux moyen pondéré, la seule référence.
Les deux seules formules dont vous avez besoin pour tout ce qui suit
Un tableur suffit, et à défaut une simple calculatrice : les deux calculs qui suivent n'ont rien de savant. La première formule donne la mensualité d'un capital emprunté : mensualité = capital × i / (1 − (1 + i)−n), où i est le taux débiteur annuel divisé par douze et nle nombre de mois. Tous les tableurs la proposent sous forme de fonction toute faite — VPM en français, PMT en anglais — et le signe du résultat n'a aucune importance.
La seconde est une multiplication, et c'est elle qui donne la seule grandeur comparable : montant total dû = mensualité × nombre de mois. Appliquez-la crédit par crédit, sur vos mois restants, puis additionnez : vous tenez votre scénario de référence. Appliquez-la au montage envisagé : vous tenez le terme de comparaison. Tout le reste de cette page consiste à soustraire l'un de l'autre, puis à secouer le résultat. Sur l'exemple qui suit, cette soustraction vaut, à 240 mois, plus de cinquante mille euros — et elle n'apparaît nulle part sur un affichage de « gain mensuel ».
Hypothèses fictives — à lire avant les chiffres
Les montants, taux et durées qui suivent sont entièrement fictifs. Ils servent à montrer une mécanique de calcul, rien d'autre. Ils ne valent ni barème, ni offre, ni moyenne de marché : rien ici n'indique ce que vous pourriez obtenir. Aucun taux de rachat n'est publié sur cette page : il n'en existe aucun de légal, et tout chiffre affiché comme un tarif serait trompeur.
Les six hypothèses de l'exemple, posées une fois pour toutes :
- trois crédits en cours : 118 000 € à 1,55 % sur 168 mois restants, 11 500 € à 4,90 % sur 38 mois, 9 200 € à 6,40 % sur 44 mois ;
- 4 400 € de frais liés à l'opération, financés dans le montage ;
- 3,85 % de taux débiteur pour le montage, quelle qu'en soit la durée ;
- 3 800 € de revenus nets mensuels ;
- assurance emprunteur exclue des deux côtés— c'est le périmètre retenu ici, et il est tenu jusqu'au bout ;
- aucune trésorerie complémentaire demandée.
| Crédit (fictif) | Capital restant dû | Taux débiteur | Mois restants | Mensualité | Total restant à payer |
|---|---|---|---|---|---|
| Immobilier | 118 000 € | 1,55 % | 168 | 781,80 € | 131 341,57 € |
| Auto | 11 500 € | 4,90 % | 38 | 327,33 € | 12 438,69 € |
| Travaux | 9 200 € | 6,40 % | 44 | 235,14 € | 10 346,05 € |
| Total | 138 700 € | 2,15 % (moyen pondéré) | — | 1 344,27 € | 154 126,31 € |
Étapes 1 à 5 — et ce que chacune coûte
Étape 1 — le capital réellement à regrouper.Somme des capitaux restant dus, plus les indemnités de remboursement anticipé estimées, plus les frais de mainlevée éventuels, plus la trésorerie si elle est demandée. Ce n'est pas la somme de vos crédits d'origine. Une conséquence à ne pas manquer : la qualification de l'opération (art. L. 314-11 et R. 314-18, seuil de 60 % du montant total de l'opération ; art. L. 314-12, alinéa 2, une garantie hypothécaire — ou une sûreté comparable — portant sur un bien immobilier à usage d'habitationbasculant l'opération en régime immobilier quel que soit son objet) commande vos délais et vos protections — donc les paramètres de votre simulation. Cette règle de dominante a sa page dédiée, regrouper de l'immobilier et de la consommation : ce qui bascule vraiment. Le mécanisme général est décrit par comment fonctionne un regroupement de crédits et le partage des régimes par le régime applicable : consommation ou immobilier.
Sur l'exemple fictif, 118 000 / 143 100 (138 700 € de capitaux restant dus + 4 400 € de frais fictifs) = 82,5 %, donc au-delà du seuil : l'opération relèverait du régime immobilier. Précision utile à qui se situe près du seuil : l'article R. 314-18 rattache au numérateur non seulement le capital restant dû des crédits immobiliers, mais aussi les frais, intérêts, commissions, taxes et pénalités liés à leur remboursement lorsqu'ils figurent dans le montant total de l'opération — le ratio réel est donc au moins égal à celui-ci.
Étape 2 — la mensualité cible.Une mensualité cible se choisit à partir de ce qu'elle doit libérer : quelle somme, chaque mois, et pour quoi. Pas en visant le plus bas possible. On l'utilise ensuite en entrée du test n° 1. Le calcul du taux d'effort lui-même n'est pas refait ici : il est posé terme par terme par la formule du taux d'endettement après un rachat.
« Quelle mensualité souhaitez-vous ? » : la question qui décide à votre place
C'est presque toujours la première question posée, en ligne comme au téléphone, et elle a toutes les apparences de l'attention. Elle est en réalité le point d'entrée du calcul : dans un crédit, la mensualité et la durée sont les deux faces d'une même équation. Annoncer une mensualité, c'est laisser la durée — donc le coût total — se déduire de votre réponse. Plus la mensualité demandée est basse, plus la durée s'allonge et plus le montant total dû augmente ; l'outil affichera pourtant que votre souhait a été exaucé.
Inversez l'ordre.Fixez d'abord un plafond de durée — un repère qui vaut ce qu'il vaut, mais qui tient : ne pas dépasser la durée résiduelle de votre passif actuel, celle que vous avez relevée à la donnée n° 3 de la checklist — puis lisez la mensualité qui en découle. Si cette mensualité ne libère pas la marge dont vous avez besoin, ce n'est pas la durée qu'il faut rallonger : c'est le montage qu'il faut réexaminer, ou une autre voie qu'il faut prendre.
Étape 3 — la durée induite, et le prix qu'elle coûte. Allonger la durée, c'est payer plus longtemps — donc payer plus. Et l'article R. 314-20, 5° oblige le prêteur à signaler expressément l'allongement de la durée ou la hausse du coût total — si le montage allonge ou renchérit, le texte veut que ce soit écrit.
Un effet qui va à l'inverse de l'intuition : la dispense de questionnaire médical ne protège pas un regroupement. L'article L. 113-2-1 du Code des assurances, créé par la loi n° 2022-270 du 28 février 2022, la réserve aux contrats de crédit mentionnés au 1°de l'article L. 313-1 du Code de la consommation — les prêts finançant l'acquisition ou la construction d'un logement — et la subordonne à deux conditions cumulatives : part assurée n'excédant pas 200 000 € par assuré sur l'encours cumulé, etéchéance antérieure au soixantième anniversaire. Or un regroupement garanti par une hypothèque relève du 2° de ce même article, et un regroupement à dominante immobilière n'est soumis au chapitre III que par renvoi de régime (art. L. 314-11). La nouvelle adhésion se souscrit donc à l'âge et à l'état de santé du jour, sans ce filet — et allonger la durée ne fait qu'augmenter la base assurée. Un paramètre de simulation commande une conséquence assurantielle qu'aucun outil n'affiche : voir la nouvelle adhésion d'assurance emprunteur.
Étape 4 — le montant total dû du montage. Le piège est dans les notes de bas de tableau, celles qu'on ne lit jamais : les notes (4) et (5) de l'annexe à R. 314-20 excluent l'assurance des deux côtés, ce qui est symétrique en apparence seulement. L'assurance de vos crédits actuels est déjà tarifée ; celle du montage se souscrira à l'âge et à l'état de santé du jour. L'exclusion joue donc, le plus souvent, contre le montage proposé — non par malveillance du texte, par construction. Alors choisissez un périmètre — avec assurance ou sans — et tenez-le des deux côtés du tableau. La note (3) vise un autre cas : lorsque le montant proposé excède la somme des capitaux restant dus, elle impose au prêteur d'indiquer qu'il propose une ligne de crédit complémentaire. L'addition des postes de frais, elle, n'est pas refaite ici : la grille des postes de frais.
Étape 5 — la comparaison, et son unité.L'unité est fixée par le texte : le montant total dû, des deux côtés. Pas la mensualité, qui n'est aucune des grandeurs définies par l'article L. 311-1 (9° le montant total dû, 10° le montant total du crédit). Une mensualité qui baisse ne fait disparaître aucune dette : elle la répartit sur plus de mois. Si un seul crédit est concerné, le calcul n'est d'ailleurs pas celui de cette page mais un point mort en mois — le seuil de rentabilité d'un rachat de prêt immobilier isolé ; et l'alternative souvent moins chère se teste avant — renégocier plutôt que regrouper : le critère qui tranche.
| Durée du montage fictif | Mensualité | Montant total dû (capital + intérêts) | Écart vs « ne rien faire » | Effet sur la mensualité (mois 1 à 38 seulement) |
|---|---|---|---|---|
| 120 mois | 1 438,64 € | 172 636,61 € | + 18 510,30 € | + 94,37 € (elle augmente) |
| 180 mois | 1 047,77 € | 188 598,43 € | + 34 472,12 € | − 296,50 € |
| 240 mois | 855,89 € | 205 413,38 € | + 51 287,07 € | − 488,38 € |
| 300 mois | 743,53 € | 223 059,91 € | + 68 933,60 € | − 600,73 € |
Le tableau ne se lit que dans un sens. Les quatre scénarios « réussissent » au regard de la mensualité — sauf le premier, qui la fait monter — et échouent tous les quatreau regard du coût. Un outil qui n'affiche que la colonne « baisse de mensualité » désigne le montage le plus coûteux, celui de 300 mois, comme le meilleur. Le mouvement est arithmétique et sans exception : d'un palier de durée au suivant, la mensualité descend et le coût total monte. C'est ce que R. 314-20, 5° oblige à signaler.
Et il faut aller plus loin, parce que la dernière colonne est un instantané présenté comme une situation permanente. Le passif de référence n'a pas une mensualité de 1 344,27 € pendant 240 mois : il s'éteint par paliers. L'auto se solde au 38e mois, les travaux au 44e. C'est le calcul qui manque presque toujours, y compris quand on le fait pour soi.
| Période | Sans rien faire | Montage fictif à 240 mois | Écart réel |
|---|---|---|---|
| Mois 1 à 38 | 1 344,27 € | 855,89 € | − 488,38 € en votre faveur |
| Mois 39 à 44 | 1 016,93 € | 855,89 € | − 161,04 € en votre faveur |
| Mois 45 à 168 | 781,80 € | 855,89 € | + 74,09 € : le montage coûte plus cher chaque mois |
| Mois 169 à 240 | 0 € | 855,89 € | + 855,89 € : le passif de référence est soldé, le montage court encore |
Lu ainsi, le « gain mensuel » dure 44 mois et représente 19 524,60 € de trésorerie effectivement libérée ; le surcoût mensuel dure les 196 mois suivants. En cumulé, le montage devient plus cher que le scénario de référence à partir du 181emois. Et de 169 à 240, vos crédits actuels auraient été soldés depuis six ans. On sort souvent d'une simulation en se disant : « je paierai plus au total, mais je paierai moins chaque mois pendant vingt ans. » Dans l'exemple ci-dessus, la seconde moitié de la phrase ne tient pas: la baisse s'arrête au 44emois. Refaites donc ce tableau-là avec vos propres échéances finales — c'est la donnée n° 3 de la checklist, et c'est pour cela qu'elle y figure.
Rappel : tous les montants, taux et durées ci-dessus sont fictifs. Ils illustrent une méthode de calcul et ne préjugent d'aucun taux, d'aucun montant de frais ni d'aucune durée qui vous serait proposée, pas davantage que de l'acceptation d'un dossier. Refaites le calcul avec vos propres chiffres, tirés de vos propres documents.
Les quatre tests : trouver l'endroit où le montage casse
Tant qu'on n'a testé qu'un scénario, on n'a rien vérifié : on a constaté que le montage fonctionne quand tout se passe comme prévu. Sous l'hypothèse la plus favorable, tous les montages fonctionnent. Ce qu'on cherche, c'est le point de rupture : à partir de quel écart il ne tient plus. Les quatre tests ci-dessous cherchent ce point. Règle de méthode du cabinet : un montage doit survivre à au moins trois des quatre. Aucun texte, aucun usage de place et aucun prêteur n'impose ce seuil de trois sur quatre : c'est le nôtre. Avec une réserve expresse : le test n° 1 ne se compense pas. Une capacité de remboursement qui ne tient pas sous une baisse de revenus ne se rattrape par aucune réponse favorable ailleurs — le montage tombe, même si les trois autres tests passent. Les calibrages retenus ci-dessous (− 10 % et − 20 % de revenus, + 0,5 et + 1 point de taux) sont les nôtres également.
Une précision avant d'entrer dans les tests. Ils ne disent pas s'il faut faire l'opération — cette question-là, avec ses quatre questions de décision, est traitée par faut-il faire un rachat de crédits : les quatre questions qui tranchent. Ils disent si le montage envisagé tient. On ne les mène qu'une fois la première question réglée.
| Le test | Comment le mener | Seuil d'alerte | Si le montage ne tient pas |
|---|---|---|---|
| 1. Baisse de revenus | Recalculer le taux d'effort du montage avec des revenus amputés de 10 %, puis de 20 %, charges courantes inchangées | La marge dégagée est entièrement absorbée dès − 10 % ; ou le reste à vivre passe sous vos charges incompressibles | Arrêt : ce test-là ne se compense pas. Réduire la durée ou le capital regroupé plutôt que la mensualité ; envisager d'abord les voies gratuites |
| 2. Dépense imprévue | Poser une dépense non budgétée significative et vérifier ce qui l'absorbe : épargne de précaution, découvert, ou une réserve renouvelable qui devait disparaître | L'imprévu ne peut être absorbé que par un nouveau crédit | Reconstituer une épargne de précaution avant de regrouper : le montage n'est pas prêt |
| 3. Taux obtenu moins favorable que simulé | Refaire le calcul à + 0,5 point puis + 1 point de l'hypothèse retenue ; demander au prêteur le seuil d'usure applicable à votre dossier | L'intérêt du montage disparaît dès + 0,5 point ; ou le TAEG bute sur le seuil d'usure | Renoncer plutôt que rallonger : rallonger pour compenser le taux cumule les deux effets |
| 4. Revente du bien avant le terme, garantie réelle en jeu | Comparer, à trois, cinq et huit ans, le capital restant dû du nouveau montage au prix net vendeur estimé, mainlevée déduite | Le capital restant dû dépasse le prix net attendu : la vente ne solde pas la dette | Ne pas adosser l'opération au bien, ou raccourcir fortement la durée |
Chaque test, mené jusqu'à sa conclusion sur l'exemple
Test 1 — l'ancrage, et sa limite.L'article R. 313-14 demande que l'évaluation tienne compte, « dans la mesure du possible, des événements pouvant survenir pendant la durée du contrat de crédit proposé ». Le texte ne va toutefois pas jusque-là : les exemples qu'il cite sont la hausse du taux débiteur et le risque de change — pas la pérennité de l'emploi. Étendre le test à une perte de revenus est une pratique d'établissement, pas une exigence légale. Sur l'exemple fictif, avec 3 800 € de revenus nets mensuels, l'effort passe d'environ 35 % avant à 23 % après (montage à 240 mois) ; à − 10 % de revenus, de 39 % à 25 % ; à − 20 %, de 44 % à 28 %. Ces taux ne valent qu'au premier mois. Ils bougent ensuite — et pas dans le sens attendu. Au 45emois, sans avoir rien fait, l'effort du scénario de référence tombe à 20,57 % — sous les 22,52 % du montage — et il y reste. Sous stress à − 20 %, la comparaison est la même : 25,72 % en ne faisant rien, contre 28,15 % avec le montage. Le montage n'améliore l'effort que 44 mois sur 240.
Test 2 — l'opération éteint aussi des garanties.Les avertissements imposés par R. 314-20, 3° couvrent notamment la perte des cautionnements et des assurances attachés aux crédits soldés : garanties perte d'emploi, incapacité, invalidité déjà payées. Un imprévu couvert avant peut ne plus l'être après. Et, symétriquement, la réserve renouvelable survit tant qu'elle n'est pas résiliée (L. 314-13) : elle reste donc disponible pour absorber l'imprévu, ce qui est exactement le mécanisme qu'on cherchait à quitter.
Test 3 — rien n'est figé avant l'offre.Le taux entré dans une simulation est une hypothèse. Le seuil de l'usure, lui, est arithmétique : il est calculé trimestriellement par la Banque de France et publié au Journal officiel (art. L. 314-6, D. 314-15 à D. 314-17), et l'article D. 314-17 dispose que les prêteurs doivent porter à la connaissance des emprunteurs les seuils de l'usure correspondant aux prêts qu'ils leur proposent — c'est un droit, exercez-le, et c'est le point actionnable de ce test. Aucune valeur n'est reprise ici, et elle ne doit pas être lue ailleurs que chez son émetteur : le seuil du trimestre en cours se consulte directement sur la page des taux d'usure de la Banque de France. Quant à la catégoried'usure applicable à un regroupement, qui dépend du régime de l'opération, elle est traitée par quelle catégorie d'usure s'applique à votre rachat. Un refus par l'usure est un refus arithmétique, pas un jugement sur votre dossier — voir pourquoi un dossier peut être refusé. À noter, une asymétrie que détaille notre guide sur le rachat de crédits en profession libérale : l'usure ne s'applique pas aux prêts consentis à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels (art. L. 314-9).
Sur l'exemple fictif à 240 mois, un demi-point de plus porte la mensualité à 893,78 € et le montant total dû à 214 506,17 € ; + 1 point, à 932,58 € et 223 819,03 €. Soit, par rapport au même montage à 3,85 %, + 9 092,79 € et + 18 405,65 € — mais, par rapport au scénario de référence, qui reste l'unité de comparaison, + 60 379,86 € et + 69 692,72 €.
Test 4 — la sortie anticipée. Sur le montage fictif à 240 mois, au bout de cinq ans — un quart de la durée — un peu plus de 51 000 € ont été versés et 26 000 € seulement de capital remboursé : il reste près de 117 000 € à devoir sur 143 100 € empruntés, soit 18,3 % du capital amorti. Si le bien ne se vend pas au-dessus de ce montant, frais de mainlevée déduits, la vente ne solde pas la dette.
| Ancienneté du montage fictif | Total versé | Capital amorti | Capital restant dû |
|---|---|---|---|
| 3 ans | 30 812,01 € | 15 115,89 € | 127 984,11 € |
| 5 ans | 51 353,35 € | 26 206,18 € | 116 893,82 € |
| 8 ans | 82 165,35 € | 44 525,17 € | 98 574,83 € |
Reprenons l'exemple, avec une dernière hypothèse fictive : bien estimé 165 000 €, soit environ 152 000 € net vendeur une fois la mainlevée et les frais de vente déduits. À cinq ans, les 116 893,82 € restant dus sont couverts — le test passe. Il basculerait dès que le prix net attendu passerait sous ce montant, ce qu'une baisse de marché d'environ un cinquième suffirait à produire : c'est là qu'il faut poser sa propre estimation, prudente, et non celle qui arrange. Le texte lui-même impose d'ailleurs au prêteur d'estimer ces frais de mainlevée (R. 314-20, 1°), et les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées, avec des cas d'exonération limitatifs (L. 313-47, R. 313-25, L. 313-48, L. 313-49) — le détail est ici. Pour la mécanique de la garantie elle-même, voir engager son bien en garantie : la boucle et, pour la décision d'engager le bien, quand ne pas engager son bien.
La nature du risque change, même quand les montants ne changent pas
Une dette non garantie — auto, réserve renouvelable — devient garantie par la résidencequand l'opération est adossée à une hypothèque : le montant est le même ; ce qui change, c'est ce que vous mettez en face. Et la nouvelle adhésion d'assurance se souscrit à l'âge et à l'état de santé du jour. Ces angles morts sont traités par ce que le ratio d'endettement ne mesure pas, qui traite aussi le cas des trois simulateurs affichant trois taux d'endettement différents sur les mêmes données.
Le montage fictif passe les tests 3 et 4, et ne franchit le test n° 1 qu'au sens strict du taux d'effort initial — dès le 45emois, ne rien faire fait mieux. Il reste de toute façon à écarter, puisqu'il a déjà perdu à l'étape 5, sur le montant total dû. Les tests servent à écarter un montage qui gagnait sur le papier ; ils ne peuvent rien pour un montage qui a déjà perdu au coût. On ne teste donc que ce qui a passé l'étape 5 : tester avant, c'est instruire un montage déjà écarté. C'est la première des quatre sorties décrites plus bas.
Un montage chiffré, relu ligne à ligne
Vous avez chiffré un montage et vous voulez savoir où il casse : nous reprenons les tests un par un, avec vos revenus, votre durée et votre garantie. S'il n'en passe pas trois, vous repartez avec la raison précise, pas avec un avis.
Ce que les simulateurs n'affichent pas, et le texte qui l'impose
Un simulateur en ligne exploité par un intermédiaire, ou pour son compte, est une publicité. Il est donc soumis à des règles précises — et ces règles vous donnent une grille de contrôle opposable, et qui ne coûte rien à appliquer.
Le tableau ci-dessous énonce des règles, pas des constats : il ne vise aucun acteur en particulier.
| Ce que l'outil affiche | Ce qu'il n'affiche pas | Ce que vous pouvez opposer |
|---|---|---|
| 1. Un taux, présenté comme « votre taux » | Qu'il s'agit d'une hypothèse d'entrée, pas d'un résultat d'instruction | Aucun texte ne crée un droit au crédit : L. 312-16 et L. 313-16 n'imposent qu'une méthode d'évaluation — et, en immobilier, une interdiction d'accorder lorsqu'elle n'est pas concluante (L. 313-16) — jamais un barème ni une obligation de prêter |
| 2. « Mensualité actuelle : X → nouvelle mensualité : Y » | La somme des coûts totaux antérieurs et le coût total postérieur | C. conso., L. 312-10 : lorsqu'une publicité compare des échéances dans le cadre d'un regroupement, elle mentionne de manière claire et apparente les deux coûts totaux. L'absence n'est pas un oubli de présentation |
| 3. Une mensualité nette et ronde | Que les frais et l'assurance en sont souvent exclus, et que les indemnités de remboursement anticipé ne sont pas comptées | R. 314-20, 1° impose au prêteur d'estimer indemnités, préavis et frais de mainlevée ; les notes (4) et (5) de l'annexe raisonnent hors assurance — rajoutez-la des deux côtés |
| 4. Une durée choisie par défaut | Que l'allongement augmente le coût total | R. 314-20, 5° : si le regroupement se traduit par un allongement de la durée ou une hausse du coût total, le prêteur ou l'intermédiaire l'indique |
| 5. « Réponse immédiate », « accord de principe », « sans justificatif » | Qu'aucun de ces objets n'engage qui que ce soit | L. 312-10 interdit d'indiquer qu'un crédit peut être consenti sans élément d'information permettant d'apprécier la situation financière de l'emprunteur, ou de laisser entendre qu'il améliore la situation financière ou le budget |
| 6. Un formulaire, après le résultat | Pour le compte de qui l'outil travaille | C. conso., L. 322-2 impose la mention « Aucun versement… » et l'indication du nom et de l'adresse des prêteurs pour le compte desquels l'intermédiaire exerce ; CMF, L. 519-4-2 : ce nom peut vous être communiqué à votre demande |
| 7. Un plafond d'endettement de 35 % présenté comme une règle | Que ce plafond ne s'applique pas à un regroupement | L'article 3 de la décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 exclut expressément de son champ les renégociations, les rachats externes et les regroupements de crédits : pour un regroupement, 35 % est une pratique de marché, pas une norme opposable |
Nuance de champ : l'article L. 322-2 exclut de son champ les opérations de crédit à la consommation de l'article L. 312-1. La mention s'impose donc hors crédit à la consommation, en pratique pour l'immobilier et le regroupement à dominante immobilière.
À qui appartiennent ces outils
Un simulateur n'est pas un service désintéressé. La plupart de ces outils sont édités par un courtier, un comparateur ou un prêteur — c'est-à-dire par un acteur dont la rémunération dépend de ce qui se passe après l'affichage du résultat. Certains laissent calculer anonymement, d'autres non ; la plupart conduisent au même endroit, un formulaire de mise en relation. Cela ne les disqualifie pas, mais cela explique pourquoi le scénario « ne rien faire » y figure si rarement : personne ne se rémunère dessus.
Nous n'y échappons pas. Le cabinet est immatriculé COBSP, donc intermédiaire en opérations de banque : le simulateur qu'il met en ligne relève exactement de la catégorie que ce paragraphe décrit. C'est pour cela que nous en énonçons les limites plus bas plutôt que de le présenter comme neutre — et pourquoi la méthode exposée sur cette page est conçue pour se passer de tout outil, y compris du nôtre.
Trois questions suffisent alors à situer n'importe quel outil, et elles se posent dans cet ordre. La première : le résultat s'affiche-t-il avant qu'on vous demande votre téléphone ? Si le résultat n'apparaît qu'une fois le formulaire rempli, le produit de l'outil n'est pas le chiffre : c'est votre numéro de téléphone. La deuxième : la page dit-elle à qui vos données seront transmises ?Le RGPD impose d'indiquer, au moment de la collecte, les destinataires ou les catégories de destinataires (art. 13) — une formule qui évoque des « partenaires » sans autre précision reste en deçà de ce que le texte demande. Et la troisième : la case de consentement est-elle décochée ?Un consentement pré-coché n'en est pas un (RGPD, art. 4, 11) et art. 7), la prospection électronique vers un particulier suppose un accord préalable (CPCE, art. L. 34-5), et le droit de s'y opposer, sans motif et à tout moment, doit être indiqué (RGPD, art. 21). Ces trois questions ne renseignent pas sur la qualité du calcul, seulement sur l'usage prévu de vos données.
Vous n'avez pas à communiquer vos coordonnées pour obtenir un ordre de grandeur. La méthode ci-dessus n'exige rien de plus que vos propres tableaux d'amortissement.
La grille vaut aussi pour l'outil de ce site. Le simulateur de rachat de crédits de ce site calcule dans le navigateur et affiche son résultat — mensualité, TAEG estimé, gain mensuel, taux d'effort avant et après, reste à vivre, frais et intérêts totaux — sans formulaire préalable. Mais il est édité par un intermédiaire, il présente une sélection classée d'établissements et il propose, séparément et à votre initiative, une mise en relation : appliquez-lui les trois questions ci-dessus comme à n'importe quel autre. Et il ne calcule pas l'étape zéro— non par choix éditorial, mais parce qu'il ne demande ni la durée résiduelle ni le taux de vos crédits actuels, les deux données sans lesquelles ce calcul est impossible. Le coût de vos crédits menés à leur terme, vous devrez donc le calculer vous-même, avec les deux formules données plus haut.
Les autorités l'ont déjà relevé en contrôle
La DGCCRF, dans son enquête menée en 2024 et publiée le 3 novembre 2025 sous le titre « Regroupement de crédits : attention aux publicités mensongères », a contrôlé 47 professionnels : un tiers présentait des anomalies, donnant lieu à 13 avertissements, 6 injonctions et 3 procès-verbaux. Parmi les manquements relevés, des documents publicitaires qui se limitaient à comparer le montant des mensualités sans comparer les montants totaux dus, une indication obligatoire permettant de prendre conscience de l'augmentation de la dette globale ; la présentation du regroupement comme une source d'économies ou une réserve d'argent sans frais ; l'absence de la mention légale d'avertissement.
L'ACPR, dans un communiqué du 16 mai 2023 rendant compte de contrôles conduits en 2021 et 2022 auprès d'intermédiaires spécialisés dans le regroupement, relevait en substance un défaut d'information du client sur le coût global du crédit et la durée d'endettement, un manque de transparence précontractuelle, et l'effet de l'empilement d'intermédiaires — les honoraires augmentant à chaque intervenant supplémentaire. Deux réseaux ont été mis en demeure. La même autorité alertait, le 4 septembre 2024, sur la multiplication de fausses offres de prêt immobilier ou de rachat de crédit émanant d'individus usurpant l'identité d'acteurs autorisés : les vérifications sont gratuites (registre ORIAS pour les intermédiaires, REGAFI pour les établissements, listes noires de l'ACPR, signalement via SignalConso), et la reconnaissance d'une fausse offre est traitée par notre guide sur le fichage et les fausses promesses.
Coût global et durée : les deux chiffres jugés manquants
Ce qui manque, selon l'ACPR comme selon la DGCCRF, c'est le coût global et la durée d'endettement— c'est-à-dire les deux chiffres qu'un affichage de « gain mensuel » fait disparaître.
La proposition reçue : les trois chiffres à vérifier d'abord
Comparer deux offres entre elles est un autre exercice, traité par comparer deux offres de rachat. Ici, on confronte une proposition reçue à sa propre simulation. Trois chiffres à reprendre, en commençant par le capital.
Un. Le capital réellement emprunté.Correspond-il à la somme de vos capitaux restant dus, ou la dépasse-t-il ? S'il l'excède, la note (3) de l'annexe à R. 314-20 impose au prêteur d'indiquer qu'il propose une ligne de crédit complémentaire. Un écart non expliqué est une trésorerie que vous n'avez pas demandée.
Deux. La durée réelle, en mois, comparée à la durée résiduelle de votre passif actuel. R. 314-20, 5° oblige à signaler l'allongement : s'il n'est signalé nulle part, demandez-le par écrit.
Trois. Le montant total dû, des deux côtés, au même périmètre d'assurance. C'est la seule grandeur comparable — méthode chez le calcul du coût total.
Tout ne se lit pas dans les chiffres. L'article L. 519-4-2 du Code monétaire et financieroblige l'intermédiaire, avant la conclusion, à indiquer son identité, son immatriculation au registre — consultable gratuitement —, l'existence éventuelle de liens financiers et économiques avec des prêteurs, et s'il travaille en exclusivité avec un ou plusieurs d'entre eux, en précisant que le nom de ces établissements peut vous être communiqué à votre demande. Une proposition présentée comme « issue de la comparaison de nos partenaires » qui ne survit pas à cette question posée par écrit vous apprend quelque chose. L'article L. 519-4-1 ajoute une exigence de comportement honnête, équitable, transparent et professionnel, y compris à l'égard des clients potentiels— le mot qui rattache un simulateur en ligne au texte : la protection commence avant la signature, et même avant le premier rendez-vous. Enfin, les frais d'intermédiation sont convenus par écrit ou sur support durable avant la conclusion et communiqués au prêteur pour le calcul du TAEG (C. conso., art. L. 322-4) — étant précisé que ce texte vise les opérations de l'article L. 312-1, donc le crédit à la consommation ; pour un regroupement à dominante immobilière, l'obligation relève de L. 519-4-1 CMF.
L'envoi de l'offre oblige le prêteur à maintenir ses conditions trente jours, et vous ne pouvez pas accepter avant dix jours (L. 313-34) ; en régime consommation, quatorze jours de rétractation (L. 312-19). Voir les deux délais légaux. Ces délais sont des droits : personne n'a à vous demander d'y renoncer.
Quand « ne rien faire » est le bon résultat
Trois des quatre issues du protocole conduisent à ne pas faire l'opération. Une simulation qui aboutit là a fait son travail.
Le scénario de référence gagne.L'écart au montant total dû est positif et aucune contrepartie n'est nommée. Il n'y a alors rien à arbitrer : le passif actuel coûte moins cher que le montage. C'est le cas du montage fictif chiffré plus haut, aux quatre durées testées.
Deuxième configuration : le montage échoue à deux tests sur quatre, ou davantage — ou au seul test n° 1, qui ne se compense pas. Il ne tient alors que sous l'hypothèse favorable, c'est-à-dire sur le papier.
Il arrive aussi que la marge dégagée n'ait pas d'affectation. Si vous n'êtes pas capable de dire à quoi elle servira, l'opération n'a pas d'objet : six mois plus tard, la situation est identique, avec plusieurs années de dette en plus.
Et il y a le cas où la question n'est pas celle-là.Si le passif n'est plus soutenable, la voie n'est pas un montage supplémentaire mais la commission de surendettement — voir plus haut, et ce qui ne coûte rien avant de déposer. Si vous êtes propriétaire et que la situation est déjà tendue, propriétaire surendetté : l'ordre des solutions expose les voies dans leur ordre de gravité.
Le droit légitime ce « non » : la loi impose au prêteur de vous mettre en garde, gratuitement, lorsque l'opération présente des risques spécifiques compte tenu de votre situation (art. L. 313-12). Un interlocuteur qui ne vous met jamais en garde n'applique pas le texte. Ce n'est pas de la souplesse. La réforme du 20 novembre 2026 créera d'ailleurs, en crédit à la consommation, une obligation autonome de mise en garde sans frais (futur art. L. 312-15-4).
Ne pas regrouper ne veut pas dire rester sans rien faire. Renégociation auprès du prêteur en place, modulation d'échéance, report contractuel : trois voies souvent moins chères, à tester avant — voir la troisième voie.
Reste la marche à suivre, en quatre temps : réunissez les six données de chaque crédit, chiffrez ce que vous coûtent vos crédits menés à leur terme, calculez le montant total dû du montage au même périmètre d'assurance, puis comparez ces deux montants — jamais deux mensualités. Si le montage l'emporte, soumettez-le aux quatre tests avant d'aller plus loin. S'il perd, la réponse est déjà là, et elle n'a rien coûté.
Ce que cette page n'est pas
⚠️ Informations légales et réglementaires
- Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
- Cette page a une visée informative et pédagogique générale. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une offre de crédit, ni une simulation personnalisée, ni une recommandation.
- Hagnéré Patrimoine ne réalise pas d'opérations de rachat de crédits. Aucun établissement, aucun courtier, aucun comparateur, aucune plateforme, aucun simulateur tiers n'est cité. Le cabinet étant immatriculé COBSP, il est lui-même intermédiaire en opérations de banque : le calcul de l'outil qu'il met en ligne s'effectue sans formulaire préalable, mais une mise en relation y est proposée séparément et à votre initiative. Aucun résultat d'outil ne constitue une offre ni un accord de principe.
- Aucun taux, aucun barème de frais, aucun délai d'instruction et aucun taux d'acceptation n'est publié ici : il n'en existe aucun de légal. Les montants utilisés en illustration sont explicitement fictifs. Les seuils de l'usure applicables au trimestre en cours se consultent auprès de la Banque de France, sur sa page dédiée aux taux d'usure.
- Une situation individuelle relève d'un professionnel : avocat, notaire, travailleur social, ou conseiller de la Banque de France.
- Droit en vigueur au 11 août 2026 (Légifrance, textes consultés à cette date). Une réforme du crédit à la consommation, issue de l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 transposant la directive (UE) 2023/2225 — corrigée par l'ordonnance n° 2025-1154 du 2 décembre 2025 — entrera en vigueur le 20 novembre 2026 et modifiera plusieurs des règles exposées ici. Les articles du crédit à la consommation cités sur cette page s'entendent dans leur version en vigueur jusqu'au 20 novembre 2026 — en particulier L. 312-10, L. 312-14 et L. 312-16.
- Cabinet CIF, COA et COBSP, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291, adhérent CNCEF Patrimoine, établi à Chambéry.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en gestion de patrimoine · fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune établi à Chambéry. Sur les dossiers de restructuration de passif, le cabinet intervient en amont du dossier : chiffrer ce que coûtent les crédits menés à leur terme, puis dire si le montage envisagé tient — ou s'il ne faut rien faire.
Bilan patrimonial : ce que dit vraiment la proposition que vous avez reçue
Capital emprunté, durée réelle, montant total dû des deux côtés : nous reprenons la proposition ligne à ligne et la confrontons au coût de vos crédits menés à leur terme. Et si votre situation relève d'abord de la commission de surendettement, nous vous le disons — l'entretien s'arrête là.

