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Actualité 202615 minMis à jour 9 juillet 20263 cas chiffrés

Apport-cession 2026 : ce qui change (et pourquoi le report vaut plus cher que jamais)

Vous vendez votre société en 2026. Encaisser directement, c'est régler tout de suite un prélèvement de 31,4 % sur la plus-value — et gonfler votre revenu fiscal de référence au point de déclencher la CEHR et la nouvelle contribution différentielle (plancher 20 %). L'apport-cession, lui, gèle la plus-value en report… mais la loi de finances pour 2026 a durci le remploi (désormais 70 % en 36 mois pour les cessions depuis le 21 février). Ce guide fait le tri : ce qui change, ce qui ne change pas, et pourquoi le report reste gagnant. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

APPORT-CESSION 2026

Chiffrer votre cession avant de signer report ou vente directe en 2026

Audit d'apport-cession à jour de la loi de finances 2026 : régime applicable à votre cession (60 % avant / 70 % depuis le 21/02), impact du PFU 31,4 %, exposition CEHR / CDHR, purge au décès et transmission. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Régime 2026 daté et vérifié
  • Impact CEHR / CDHR modélisé
  • Report ou vente directe arbitrés
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

REMPLOI (LF 2026)

70 %

DÉLAI DE REMPLOI

36 mois

CHARNIÈRE

21/02/2026

PFU PV MOBILIÈRE

31,4 %

PURGE AU DÉCÈS

0 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

Apport-cession 2026 : l'essentiel en 30 secondes

Ce qui change en 2026, en 5 points

  • Le remploi passe de 60 % à 70 % du produit de cession (cessions par la holding à compter du 21/02/2026, loi de finances pour 2026).
  • Le délai de remploi passe de 24 à 36 mois, la conservation des actifs est portée à 5 ans pour tous, la trésorerie libre tombe de 40 % à 30 %.
  • Les activités éligibles sont resserrées (exclusion de l'immobilier, des activités financières, de la gestion de patrimoine et des revenus garantis).
  • Environnement : prélèvements sociaux à 18,6 % → PFU 31,4 % (LFSS 2026), CEHR et CDHR alourdissent la cession sèche.
  • Ce qui ne change pas : report de plein droit, contrôle 33,33 %, soulte 10 %, déchéance à 3 ans, et la purge au décès.

L'apport-cession de l'article 150-0 B ter du CGI est un dispositif de report d'imposition : vous apportez vos titres à une holding soumise à l'IS que vous contrôlez, et la plus-value d'apport est gelée au lieu d'être taxée immédiatement à 31,4 %. Les règles de fond n'ont pas bougé — mais la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a durci le remploi, et l'environnement fiscal (prélèvements sociaux, CEHR, CDHR) rend le sujet plus sensible que jamais.

Report (150-0 B ter) ou sursis (150-0 B) ? À ne jamais confondre

Deux mécanismes voisins, deux régimes distincts. Le report de l'article 150-0 B ter suppose que vous contrôlez la holding qui reçoit vos titres : c'est lui qui ouvre droit à la purge au décès. Le sursis de l'article 150-0 B, lui, s'applique automatiquement à l'apport à une société que vous ne contrôlez pas — et n'offre pas cette purge. Cet article traite du report. Pour savoir de quel côté vous vous situez, voyez les conditions d'application du 150-0 B ter et le mécanisme du report d'imposition.

Gardez une seule chose en tête en lisant ce qui suit : la date qui compte, c'est le jour où la holding revend les titres — pas celui où vous les avez apportés. C'est elle qui détermine si vous relevez de l'ancien régime (60 % en 24 mois) ou du nouveau (70 % en 36 mois). Pour la mécanique intemporelle, reportez-vous au guide complet du 150-0 B ter et au pilier comment fonctionne l'apport-cession ; cet article se concentre sur l'actualité 2026, à jour de la loi de finances pour 2026.

§ 2LA RÉFORME·3 MIN

La réforme LF 2026 du remploi, point par point

Si vous ne deviez retenir qu'une nouveauté cette année, c'est celle-ci. La loi de finances pour 2026 durcit l'obligation de remploi qui s'applique lorsque la holding revend les titres apportés dans les 3 ans. Précision qui change tout : cette obligation ne vise que les reventes rapides — au-delà de 3 ans de détention, le report reste maintenu sans aucune condition (voir §4). Les valeurs ci-dessous s'appliquent aux cessions réalisées à compter du 21 février 2026, lendemain de la publication de la loi.

Paramètres du remploi 150-0 B ter avant et après la loi de finances pour 2026. Le seuil de 60 % était issu de la LF 2019 (loi n° 2018-1317).
ParamètreCession du 01/01/2019 au 20/02/2026Cession à compter du 21/02/2026
Quote-part à réinvestir60 % du produit net70 % du produit net
Délai pour réinvestir24 mois36 mois (3 ans)
Conservation des actifs de remploi12 mois (direct) / 5 ans (fonds)5 ans pour tous
Trésorerie laissée libre40 %30 %
Purge par donation (délai)5 ans / 10 ans (fonds)6 ans / 11 ans (fonds)

Les activités désormais exclues du remploi

La réforme resserre aussi la liste des activités éligibles, par renvoi à la définition des activités opérationnelles du CGI (art. 199 terdecies-0 A). Sont notamment écartés du remploi : l'immobilier au sens large (marchand de biens, promotion immobilière, location et gestion d'immeubles, syndic, agent immobilier), les activités financières, la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier, et les activités procurant des revenus garantis (par exemple certaines productions d'énergie à tarif réglementé). Le sort de certaines activités à composante immobilière (hôtellerie, para-hôtellerie) reste à apprécier au cas par cas. Le détail des actifs qui restent éligibles est développé dans notre guide actifs éligibles au remploi 150-0 B ter.

Le piège du « double 3 ans »

Deux délais de trois ans coexistent, et il ne faut pas les confondre. Le premier est le seuil de détention : si la holding cède les titres apportés moins de 3 ans après l'apport, elle déclenche l'obligation de remploi (ce seuil est inchangé). Le second est le nouveau délai pour réinvestir les 70 %, porté de 24 mois à 36 mois par la LF 2026. L'un conditionne l'obligation, l'autre encadre son exécution. Détail dans notre guide le délai pour réinvestir (24 ou 36 mois), et modalités complètes dans la règle de remploi de 150-0 B ter.
§ 3LA DATE QUI DÉCIDE·2 MIN

Quel régime pour MA cession ? La date qui décide de tout

En 30 secondes : votre report en cours est-il menacé ?

Non, la réforme n'est pas rétroactive. Ce qui fixe votre régime, ce n'est pas la date de votre apport, mais la date à laquelle la holding revend les titres reçus. Tant qu'elle les conserve, rien ne change. Si elle cède à compter du 21/02/2026 et dans les 3 ans de l'apport, le nouveau régime s'applique (70 % en 36 mois, conservation 5 ans). Si elle cède après 3 ans de détention, aucun remploi n'est exigé, quel que soit le millésime.

La question qui angoisse tous les détenteurs de report en cours : « ma situation est-elle touchée rétroactivement ? » La réponse est rassurante. Ce qui fixe le régime, ce n'est pas la date de votre apport, c'est la date à laquelle la holding cède les titres qu'elle a reçus. Tant qu'elle les conserve, votre report se poursuit sans changement. Un apport réalisé en 2024 dont les titres sont revendus par la holding en mars 2026 relève donc du nouveau régime (70 % / 36 mois / conservation 5 ans).

Mémo express

La bonne question à se poser

  • Ma holding a-t-elle déjà cédé les titres apportés, ou les conserve-t-elle ?
  • Si elle cède : la cession intervient-elle avant ou à compter du 21/02/2026 ? (60 % ou 70 %)
  • La cession intervient-elle dans les 3 ans de l'apport (remploi obligatoire) ou au-delà (aucune obligation) ?

Prenons deux dirigeants ayant réalisé le même apport en 2024. Le premier fait céder ses titres par la holding le 19 février 2026 : il relève de l'ancien régime, remploi de 60 % en 24 mois. Le second les fait céder le 23 février 2026, à quatre jours d'intervalle : il bascule dans le nouveau régime, remploi de 70 % en 36 mois, conservation 5 ans. Même opération d'apport, régimes différents — parce que seule compte la date de cession par la holding.

§ 4INCHANGÉ·2 MIN

Ce qui ne change PAS : l'architecture reste intacte

Le durcissement de 2026 ne porte que sur les paramètres du remploi. L'ossature du dispositif, elle, est identique. Voilà ce qui pilote toujours l'opération, réforme ou pas.

Les invariants du 150-0 B ter en 2026 : le report n'est pas une exonération et se distingue du sursis 150-0 B.
ÉlémentRègle 2026 (inchangée)Point de vigilance
NatureReport de plein droit (pas une exonération)≠ sursis 150-0 B (société non contrôlée)
AssiettePlus-value figée à l'apportCalculée et déclarée l'année de l'apport
ContrôlePrésomption dès 33,33 % des droitsSans associé supérieur, groupe familial cumulé
BénéficiaireSociété soumise à l'ISFrance / UE / EEE
SoulteTolérée jusqu'à 10 % de la valeur nominaleImposée à hauteur de la soulte ; au-delà de 10 % : toute la plus-value imposée
DéchéanceCession par la holding dans les 3 ansAu-delà de 3 ans : report maintenu
DécèsPurge définitive du reportNon supprimée en 2026

Non, la purge au décès n'a pas été supprimée

On l'entend partout depuis janvier, et c'est faux : la suppression de la purge au décès a bien été évoquée dans les débats budgétaires, mais elle n'a pas été votée. En 2026, le décès de l'apporteur qui détient encore les titres de la holding continue de purger définitivement la plus-value en report : elle n'est jamais imposée. Cet argument de transmission reste donc entier — voyez notre guide décès et 150-0 B ter : la purge du report. Pour vérifier point par point l'éligibilité, consultez les conditions d'application du 150-0 B ter et le fonctionnement du report d'imposition.
§ 5L'ENVIRONNEMENT·3 MIN

L'environnement fiscal 2026 : PS 18,6 %, PFU 31,4 %, CEHR, CDHR

Si le report vaut plus cher en 2026, c'est d'abord parce que l'alternative — la cession sèche — coûte plus cher. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) a relevé la CSG du capital à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux sur la plus-value mobilière à 18,6 %. Ajoutés aux 12,8 % d'IR du prélèvement forfaitaire unique, on atteint un PFU de 31,4 %. Et pour les gros cédants, deux contributions supplémentaires viennent frapper le pic de revenus de l'année.

Le coût d'une cession sèche de titres en 2026, hors intérêts de retard éventuels.
PrélèvementTaux 2026Assiette / seuil
PFU plus-value mobilière31,4 %12,8 % IR + 18,6 % PS
dont prélèvements sociaux18,6 %CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %
CEHR (art. 223 sexies)3 % puis 4 %RFR > 250 000 € (seul) / 500 000 € (couple)
CDHR (art. 224)min. 20 % du RFRRFR > 250 000 € / 500 000 €, reconduite LF 2026

18,6 %, pas 17,2 %

C'est la confusion qu'on voit le plus souvent : la plus-value mobilière (cession de titres) supporte 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, pas 17,2 %. Le taux de 17,2 % ne s'applique plus qu'à d'autres revenus du capital — assurance-vie, contrat de capitalisation et revenus fonciers. Confondre les deux fausse tout calcul de cession. Le détail des mesures 2026 figure dans notre guide loi de finances 2026.

CDHR : pourquoi une grosse cession déclenche un plancher d'impôt

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224 CGI) garantit une imposition minimale d'environ 20 % du revenu fiscal de référence aux foyers dont le RFR dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Le mécanisme est implacable : une grosse cession fait bondir le RFR et peut vous faire tomber sous ce plancher, que vous ayez opté pour le PFU ou pour le barème. On n'y échappe donc pas en changeant d'option — on y échappe en ne créant pas le pic de revenu, ce que permet précisément le report (voir §6).
§ 6L'EFFET RFR·3 MIN

Pourquoi le report vaut PLUS cher en 2026 (l'effet RFR / CDHR)

C'est l'angle qu'on oublie presque toujours, et c'est pourtant lui qui fait la différence. Une cession sèche fait exploser votre revenu fiscal de référence l'année de la vente : la plus-value s'y ajoute intégralement, ce qui déclenche mécaniquement la CEHR et surtout le plancher de la CDHR (imposition minimale de 20 % du RFR). L'apport-cession, lui, place la plus-value en report : il ne crée aucun revenu imposable l'année de l'apport. Votre RFR reste plat, et vous échappez au pic qui déclenche ces contributions.

Cession sèche vs apport-cession sur 2 000 000 € de plus-value

CESSION SECHE
Plus-value imposable ............. 2 000 000 EUR
PFU 31,4 % ....................... 628 000 EUR (IR + PS)
+ RFR gonfle de 2 000 000 EUR  -> CEHR (3-4 %) et CDHR (min. 20 % du RFR) probables
= impot immediat >= 628 000 EUR, capital net remis au travail : ~1 370 000 EUR

APPORT-CESSION (REPORT)
Plus-value placee en report ...... 2 000 000 EUR
Impot l'annee de l'apport ........ 0 EUR
RFR de l'annee ................... inchange (pas de CEHR/CDHR declenchees par l'operation)
= 100 % du prix au travail dans la holding

Ordres de grandeur pédagogiques (taux arrondis, hors intérêts de retard et CEHR/CDHR chiffrées). Le report est un impôt différé, pas effacé : il ne se purge qu'au décès ou par donation qualifiée.

Cas 1 · Dirigeant cédant · PME 4 000 000 € · PV 3 800 000 €

Marc — 1 193 200 € d'impôt évités en 2026, et un RFR non gonflé

Marc, 54 ans, marié, cède sa PME 4 000 000 € (société qu'il a créée, plus-value 3 800 000 €). Deux chemins s'offrent à lui en 2026.

Vente directe : 3 800 000 € × 31,4 % = 1 193 200 € à régler immédiatement. Son RFR bondit de 3,8 M€ → la CEHR (jusqu'à 4 %) et la CDHR (plancher 20 %) viennent alourdir la note. Il ne remet au travail qu'environ 2,8 M€.

Apport-cession (report) : il apporte ses titres à sa holding qu'il contrôle → plus-value figée et reportée, 0 € d'impôt en 2026, RFR non gonflé (ni CEHR ni CDHR déclenchées par l'opération), et 4 000 000 € qui travaillent dans la holding.

Si la holding conserve les titres plus de 3 ans : report maintenu sans aucun remploi. Si elle vend avant 3 ans (à compter du 21/02/2026) : remployer 70 % du produit en 36 mois. Gain de trésorerie immédiat : ~1,19 M€ remis au travail, plus la neutralisation du pic de RFR.

Note de méthode : le report n'est pas un cadeau fiscal

Trois garde-fous avant de se réjouir trop vite. D'abord, le report est un impôt différé, pas effacé : la plus-value ne disparaît qu'au décès (purge) ou par une donation qualifiée conservée dans la durée ; dans tous les autres cas de sortie, elle réapparaît. Ensuite, si la holding revend dans les 3 ans, le remploi de 70 % doit être réel et économique — et lorsqu'il passe par des fonds (FCPR, FPCI), ces placements sont illiquides et comportent un risque de perte en capital (les performances passées ne préjugent pas des performances futures). Enfin, chaque opération suppose une étude personnalisée et un contrôle de la substance : les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur, jamais une recommandation.
Hagnéré Patrimoine

Chiffrer report vs vente directe avec l'impact CEHR / CDHR

Un conseiller en gestion de patrimoine modélise votre cession 2026 à l'euro : PFU 31,4 %, exposition CEHR et CDHR sur votre RFR, régime de remploi applicable (60 % ou 70 %) et gain net de chaque scénario.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LOI > DOCTRINE·2 MIN

La doctrine BOFiP n'est pas encore à jour

Un réflexe à corriger avant de sécuriser une opération : à la date de publication de ce guide, la doctrine administrative — le BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 et ses sous-sections) — reste antérieure à la réforme : elle affiche encore les anciennes valeurs (60 %, 24 mois, 12 mois de conservation). Un commentaire, même récent, qui présente 60 % comme le seuil actuel est donc faux pour toute cession réalisée à compter du 21/02/2026.

La hiérarchie des normes : le texte de loi prime

En cas de décalage entre la loi et la doctrine, c'est la loi qui s'applique. Le BOFiP est l'interprétation de l'administration ; il ne peut pas contredire le texte voté. Pour une cession postérieure au 21/02/2026, ne vous fiez donc pas aux chiffres du BOFiP tant qu'il n'est pas actualisé : le régime applicable est celui de l'article 150-0 B ter en vigueur, tel que modifié par la loi de finances pour 2026. En pratique, faites toujours vérifier la référence exacte à la source (Légifrance) avant de sécuriser une opération.
§ 8DU JUGE À LA LOI·3 MIN

Le durcissement 2026, héritier direct du juge (2010-2024)

Le remploi de 2026 est l'aboutissement d'un long bras de fer entre le juge et le législateur. L'exigence de réinvestissement économique a d'abord été inventée par le juge, avant d'être codifiée puis quantifiée par le législateur : 50 % en 2012, 60 % en 2019, 70 % en 2026. Le durcissement de cette année prolonge donc une trajectoire de quinze ans.

Les arrêts fondateurs

La construction prétorienne du réinvestissement économique

  • CE 8 octobre 2010, n° 301934 (Bazire) et n° 313139 (Bauchart) : arrêts fondateurs — l'appropriation des liquidités sans réinvestissement économique réel caractérise l'abus.
  • CE 3 février 2011, n° 329839 : le remploi doit porter sur une part significative du produit (une fraction minime est insuffisante).
  • CE 19 avril 2022, n° 442946 : la location meublée n'est un investissement économique que si elle s'accompagne de prestations ou de moyens matériels et humains importants — écho direct de l'exclusion 2026 de l'immobilier de rendement.
  • CE 16 février 2024, n° 472835 : le remploi par prise de contrôle d'une société s'apprécie à la date de l'acquisition.

À chaque loi de finances, le législateur reprend l'exigence de substance des juges et la serre d'un cran. Traduction pour un cédant de 2026 : un remploi de façade qui passait tout juste il y a cinq ans ne passera plus. Pour comprendre comment l'administration peut remettre en cause une opération mal calibrée, voyez notre guide remise en cause du 150-0 B ter : les risques.

§ 9DÉCLARATIONS·2 MIN

Calendrier et obligations déclaratives 2026

Un report qui dure dix ans, c'est dix cases 8UT à ne pas manquer sur la 2042. Une seule année sautée et le fisc peut considérer le suivi rompu : l'impôt différé redevient exigible pour une case restée vide. Le suivi déclaratif est donc aussi important que le montage lui-même.

Vos déclarations, étape par étape

  • L'année de l'apport : la plus-value est calculée, figée et déclarée sur le formulaire 2074-I.
  • Chaque année tant que le report court : vous reportez le montant total des plus-values en report en case 8UT de la déclaration 2042.
  • À la survenance d'un événement mettant fin au report (cession sans remploi suffisant, expatriation…) : la plus-value est déclarée et imposée au titre de l'année de l'événement (art. 150-0 B ter, VI, CGI).

Concrètement, tout se joue à la date de cession par la holding : elle fixe le seuil (60 % avant le 21/02/2026, 70 % depuis), donc le montant à remployer sur le produit net, le délai (24 ou 36 mois) et les cinq ans de conservation. Côté papier : formulaire 2074-I l'année de l'apport, case 8UT chaque année ensuite.

Pour le calendrier fiscal complet de l'année, appuyez-vous sur notre guide déclaration d'impôt 2026, et sur le détail du délai pour réinvestir pour ne pas dépasser l'échéance de remploi.

§ 10CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois cas chiffrés pour décider en 2026

Ces règles, appliquées à trois situations concrètes : Marc, le dirigeant qui cède (déjà chiffré au §6) ; Hélène et Bernard, qui transmettent ; Sofia, qui s'expatrie. Voici les deux autres, chiffrés à l'euro pour rendre la mécanique tangible. PFU retenu sur la plus-value mobilière 2026 : 31,4 %.

Cas 2 · Couple transmetteur · PV en report 2 000 000 €

Hélène & Bernard — 628 000 € effacés au décès plutôt que payés

Hélène et Bernard ont constitué une holding par apport de leurs titres. La plus-value placée en report s'élève à 2 000 000 €, et la holding conserve les titres plus de 3 ans (report libre, aucun remploi imposé).

Au décès de l'apporteur détenant encore les titres : la plus-value en report est définitivement purgée → 0 € d'impôt sur cette plus-value, contre 628 000 € (2 000 000 × 31,4 %) si elle avait été cédée sèchement de son vivant. Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès.

Alternative de leur vivant : la donation des titres de la holding purge aussi la plus-value si le donataire contrôle et conserve les titres 6 ans (11 ans si le report résulte d'un remploi en fonds), délais portés par la LF 2026. Voyez nos guides décès et 150-0 B ter et donation de titres en report. La purge est un avantage de transmission, pas un rendement : la substance économique reste requise.

Cas 3 · Dirigeante qui s'expatrie · titres de holding en report

Sofia — l'expatriation ne purge pas, elle peut faire tomber le report

Sofia détient des titres de holding grevés d'une plus-value en report et envisage de transférer son domicile fiscal hors de France.

Le transfert de domicile met fin au report et rend la plus-value imposable au titre de l'exit tax (art. 167 bis CGI), avec un sursis de paiement possible sous conditions. Le mécanisme se déclenche notamment lorsque les titres dépassent 800 000 € ou représentent au moins 50 % des bénéfices d'une société.

Message clé : l'expatriation n'est pas une purge — elle peut au contraire faire tomber le report. C'est un cas complexe à anticiper : détails dans nos guides apport-cession et exit tax et, pour le cas des professions libérales en SEL / SPFPL, apport-cession en profession libérale.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (hypothèse plus-value ≈ prix, taux arrondis) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact des titres, de la CEHR / CDHR sur votre RFR, et du régime de remploi applicable à votre cession. Modélisez au cas par cas avant toute décision.
§ 11À NE PAS CONFONDRE·2 MIN

À ne pas confondre : les autres dispositifs 2026

Dernier point d'actualité : ne confondez pas le report avec les régimes d'exonération. Le 150-0 B ter diffère l'impôt (et le purge au décès) ; les dispositifs ci-dessous l'effacent en tout ou partie, selon une logique de cession directe. Ils peuvent parfois s'articuler, mais répondent à des objectifs distincts.

Le 150-0 B ter est un report, pas une exonération : à distinguer des régimes de cession directe.
DispositifNaturePortée 2026
150-0 B terReport d'impositionDifféré, purge au décès, remploi 70 % si cession < 3 ans
150-0 D terAbattement fixe500 000 € sur l'IR du dirigeant partant en retraite (PS 18,6 % dus), prorogé jusqu'au 31/12/2031
238 quindeciesExonérationTotale jusqu'à 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 €
787 B (Dutreil)Exonération DMTG75 % de la valeur des titres transmis, outil de transmission

Report ou exonération : deux logiques opposées

Le report vise le cédant qui veut réinvestir et transmettre ; les exonérations 150-0 D ter et 238 quindecies visent celui qui part à la retraite et veut encaisser net. Pour le cas particulier des professions libérales exerçant en SEL ou via une SPFPL, où ces arbitrages se posent différemment, reportez-vous à notre guide dédié apport-cession en SEL / SPFPL. Sur le placement de la trésorerie logée dans la holding, voyez le private equity et le contrat de capitalisation comme remploi de la holding.
§ 12LA SUBSTANCE·2 MIN

Le durcissement renforce l'exigence de substance

En allongeant la conservation à 5 ans et en fermant la porte à l'immobilier de rendement, la LF 2026 laisse encore moins de place aux montages de façade. Un dirigeant qui apporte une vente déjà signée pour encaisser le prix à l'abri du report reste requalifiable en abus de droit, sur le fondement de l'article L. 64 (but exclusivement fiscal) ou L. 64 A (but principalement fiscal) du Livre des procédures fiscales, avec des majorations de 40 % ou 80 %.

Le meilleur rempart : apporter bien en amont

Le réflexe qui protège reste le même, et il compte double en 2026 : apporter les titres bien avant de vendre, idéalement trois ans plus tôt. Vous supprimez alors la contrainte de remploi et vous construisez le meilleur bouclier contre l'abus de droit. Si Marc, notre dirigeant du §6, avait apporté sa PME trois ans avant de la céder, il n'aurait eu aucun remploi à justifier : report maintenu sans condition. À l'inverse, un remploi fictif, l'appropriation des liquidités via un compte courant jamais remboursé, ou une soulte de façade au-delà de 10 % exposent à la remise en cause. Détails dans notre guide remise en cause du 150-0 B ter.
Méthode documentée

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On vérifie le régime applicable à votre cession, la substance du montage, le calcul du remploi et l'exposition CEHR / CDHR — pour que vous arbitriez report ou vente directe sur un montant net à l'euro près.

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ACCOMPAGNEMENT

Piloter votre apport-cession à jour de la fiscalité 2026

Conseil en gestion de patrimoine : détermination du régime applicable (60 / 70 %), sécurisation du contrôle et du remploi, anticipation de la purge au décès et de la transmission, puis placement de la trésorerie. Une vision globale et chiffrée, de l'apport à la transmission.

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Sources et références légales

  • Le mécanisme et son durcissement 2026

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III-2°, remploi I, donation IV, déclaration VI). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : remploi 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans, activités resserrées, donation 6/11 ans, pour les cessions à compter du 21/02/2026). LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : seuil relevé de 50 à 60 %). Codification par la 3e loi de finances rectificative pour 2012.

  • L'environnement fiscal 2026

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 %, option barème). Art. 223 sexies CGI (CEHR). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale 20 % du RFR, reconduite LF 2026). Art. 167 bis CGI (exit tax).

  • Actifs, alternatives et abus de droit

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (activités éligibles). Art. 150-0 B ter, I, 2°, d CGI (fonds FCPR / FPCI / SCR / SLP éligibles au remploi). Art. 150-0 B CGI (sursis, sans purge au décès). Art. 238 quindecies et 150-0 D ter CGI (exonérations, à ne pas confondre avec le report). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus).

  • Doctrine et jurisprudence

    BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 (et sous-sections -10, -20, -40), antérieure à la LF 2026. CE 08/10/2010 n° 301934 (Bazire) et n° 313139 (Bauchart), CE 03/02/2011 n° 329839 (réinvestissement économique significatif). CE 19/04/2022 n° 442946 (location meublée). CE 16/02/2024 n° 472835 (remploi par prise de contrôle).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide d'actualité est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, taux et références sont à jour au 9 juillet 2026 (loi de finances pour 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026 ; LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) mais peuvent évoluer (lois de finances annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le numéro d'article précis de la disposition modificatrice de la LF 2026 et l'articulation exacte des activités exclues doivent être vérifiés au cas par cas avec votre conseil ; la doctrine BOFiP restait, à la date de publication, antérieure à la réforme. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, non des simulations personnalisées. Le private equity (FCPR, FPCI) est un placement illiquide comportant un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Foire aux questions

Tout sur l'apport-cession en 2026 réforme du remploi, PFU 31,4 %, CEHR, CDHR, purge au décès et déclarations.

Les questions qu'on nous pose le plus depuis la loi de finances 2026 : ce qui change, la date-charnière du 21/02/2026, le remploi porté à 70 %, les activités exclues, la purge au décès, le PFU 31,4 % et l'arbitrage report ou vente directe. Réponses sourcées et datées.