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Guide chirurgien-dentiste 202616 minMis à jour 25 juin 2026Cas chiffré 700 000 €

Céder son cabinet dentaire au départ en retraite : les 500 000 € d'abattement, mode d'emploi

Vous avez fait tourner votre cabinet pendant 30 ans ; vous le vendez 700 000 € en partant à la retraite. Votre confrère vous a juré que « la retraite, c'est zéro impôt » — et il se trompe d'au moins 120 000 €. Car le mot « exonéré » ne veut jamais dire « 0 € ». Tout se joue sur un seul détail : vendez-vous des parts de SEL ou une patientèle ? Deux dispositifs « 500 000 € » coexistent et n'ont rien à voir : l'abattement fixe de 500 000 € sur vos parts de SEL (article 150-0 D ter), qui n'efface que l'impôt sur le revenu et laisse 18,6 % de prélèvements sociaux sur la totalité ; et l'exonération de votre patientèle BNC au départ à la retraite (article 151 septies A), qui supprime l'impôt sur le revenu mais laisse 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur une plus-value de 700 000 €, l'écart entre les deux dépasse 35 000 €. On va dérouler ensemble les conditions, le calendrier des 24 mois et le cas chiffré — et pourquoi vous liquidez à la CARCDSF, pas à la CARMF. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

CESSION DENTAIRE & RETRAITE 2026

Chiffrer ce qui vous reste après la vente de votre cabinet dentaire

Audit de cession-retraite : identification de votre support (parts de SEL ou patientèle BNC), abattement 500 000 € (150-0 D ter) ou exonération 151 septies A, prélèvements sociaux 18,6 % / 17,2 %, calendrier des 24 mois et liquidation CARCDSF. Cabinet 100 % indépendant.

  • Support et dispositif identifiés
  • Abattement / exonération chiffrés
  • PS résiduels et CEHR/CDHR intégrés
  • Calendrier 24 mois synchronisé

ABATTEMENT (PARTS SEL)

500 000 €

DISPOSITIF PROROGÉ

31/12/2031

PS PARTS / PATIENTÈLE

18,6 % / 17,2 %

DÉLAI CESSATION / RETRAITE

24 mois

ÉCO IR MAX (150-0 D TER)

64 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LES DEUX 500 000 €·2 MIN

Les deux « 500 000 € » à ne pas confondre

L'essentiel en 30 secondes

  • Deux dispositifs portent le chiffre 500 000 € — et ils n'ont rien à voir.
  • Parts de SEL (SELARL, SELAS à l'IS) → art. 150-0 D ter : abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value, mais sur l'impôt sur le revenu seulement. Les prélèvements sociaux de 18,6 % frappent la totalité du gain.
  • Patientèle / fonds libéral (BNC) → art. 151 septies A : exonération totale d'impôt sur le revenu au départ à la retraite, mais 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus.
  • Un troisième « 500 000 € » existe, à ne pas confondre : le seuil de valeur de l'art. 238 quindecies (exonération totale du fonds si la valeur de cession est inférieure à 500 000 €).
  • Le mot d'ordre : identifiez votre support AVANT de parler d'exonération.

Vous avez bâti votre cabinet pendant 25 ou 30 ans ; vous le vendez en partant à la retraite. Et on vous a parlé d'un abattement de 500 000 € — sauf que, selon la personne, ce n'est jamais tout à fait le même. Et c'est logique : derrière ce chiffre, il y a en réalité deux dispositifs fiscaux qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, et celui qui vous concerne dépend d'une seule chose : vendez-vous des parts de société ou une patientèle ?

Ce guide est le mode d'emploi du dispositif « retraite ». Pour la carte complète des six régimes d'exonération applicables à une cession dentaire (valeur, recettes, murs…), voyez d'abord notre guide vendre son cabinet dentaire : comment exonérer la plus-value. Ici, on se concentre sur le moment du départ à la retraite et sur le tri décisif : parts ou patientèle.

Deux « 500 000 € », deux mondes. Le 238 quindecies (seuil de valeur 500 000 €) est un troisième dispositif, traité §4 et dans le guide #3.
Ce que vous cédezLe dispositif retraiteEffet IRPrélèvements sociaux
Parts d'une SEL (SELARL, SELAS à l'IS)Art. 150-0 D ter (abattement fixe 500 000 €)IR sur le surplus au-delà de 500 000 €18,6 % sur la TOTALITÉ
Patientèle / fonds libéral (BNC)Art. 151 septies A (exonération retraite)IR exonéré (totalité)17,2 % sur la PV pro

L'erreur n° 1 : croire que « retraite » veut dire « zéro impôt »

Aucun de ces deux dispositifs n'efface les prélèvements sociaux. Le 150-0 D ter et le 151 septies A ne neutralisent que l'impôt sur le revenu. Et le taux n'est pas le même selon le support : 18,6 % sur les parts de SEL (plus-value mobilière), 17,2 % sur la patientèle BNC (plus-value professionnelle). Une nuance que beaucoup d'articles passent à la trappe. Le détail de cette dualité figure dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : la dualité 17,2 % / 18,6 %.
§ 2LE SUPPORT DÉCIDE·2 MIN

Parts de SEL ou patientèle : le support décide de tout

Peu importe que vous soyez dentiste : la vraie question, c'est ce que vous vendez exactement. Économiquement, vous cédez votre activité dans les deux cas ; fiscalement, tout dépend du support juridique. C'est là que les chemins se séparent.

Vous cédez des PARTS de SEL (SELARL, SELAS à l'IS)

Vos titres restent dans votre patrimoine privé, même si vous exercez dans la société. Leur cession est une plus-value MOBILIÈRE des particuliers (art. 150-0 A). Le seul dispositif retraite : l'abattement fixe de 500 000 € de l'art. 150-0 D ter. Prélèvements sociaux : 18,6 %.

Vous cédez votre PATIENTÈLE / fonds (BNC)

Vous exercez en libéral direct (BNC) ; votre patientèle est de l'actif professionnel. Sa cession est une plus-value PROFESSIONNELLE, qui ouvre l'arsenal 151 septies A (retraite), 238 quindecies (valeur), 151 septies (recettes). Prélèvements sociaux : 17,2 %.

Le fondement du tri : l'article 151 nonies I CGI

L'article 151 nonies I CGI assimile les parts d'une société à l'impôt sur le revenu (où vous exercez) à de l'actif professionnel : leur cession suit alors le régime des plus-values professionnelles. À l'inverse, l'associé d'une SEL à l'impôt sur les sociétés détient des titres privés, même s'il y exerce son art : leur cession relève de la plus-value mobilière. Pour savoir précisément comment votre cabinet est structuré et ce que cela change, voyez notre guide SELARL ou SELAS de dentiste : quel statut pour quelle cession.

En clair, un dentiste qui exerce en SELARL/SELAS et vend ses parts relève du 150-0 D ter (§3). Un dentiste qui exerce en BNC et vend sa patientèle relève du 151 septies A (§4). C'est ce tri, et lui seul, qui décide du dispositif, du plafond et — on va le voir — du taux de prélèvements sociaux.

Comment savoir, en pratique, ce que vous allez vendre ?

Le réflexe le plus simple : regardez qui facture vos soins. Si vos honoraires sont encaissés par une SELARL ou une SELAS (vous percevez une rémunération de gérant et/ou des dividendes, la société a un Kbis et un capital social), vous détenez des parts → ce sont elles que vous vendrez (régime 150-0 D ter). Si vous facturez en votre nom propre et déclarez vos revenus en bénéfices non commerciaux (BNC, déclaration 2035), vous exercez en libéral direct → vous vendrez votre patientèle (régime 151 septies A). En cas de doute, votre expert-comptable tranche en une phrase — et ce tri conditionne tout le reste de ce guide.
§ 3ARTICLE 150-0 D TER·3 MIN

Parts de SEL : l'abattement de 500 000 € (150-0 D ter)

Vous exercez via une SELARL ou une SELAS à l'impôt sur les sociétés et vous vendez vos titres. La plus-value est mobilière (art. 150-0 A), et le dispositif retraite est l'article 150-0 D ter CGI : un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value, réservé au dirigeant qui part à la retraite (BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30).

Le mécanisme : on retranche 500 000 € de la plus-value, puis on applique l'impôt sur le revenu (PFU de 12,8 % ou barème sur option) sur le surplus. Sauf que cet abattement ne joue que sur l'impôt sur le revenu — et c'est là que beaucoup se font surprendre. Les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent sur la totalité de la plus-value, abattement compris.

Calcul de l'impôt (150-0 D ter)

Base IR    = plus-value − 500 000 €
IR         = base IR × 12,8 % (PFU)
PS (18,6 %) = plus-value TOTALE × 18,6 %

Exemple (plus-value 700 000 €) :
  Base IR     = 700 000 − 500 000 = 200 000 €
  IR          = 200 000 × 12,8 % = 25 600 €
  PS          = 700 000 × 18,6 % = 130 200 €
  Total       ≈ 155 800 €

L'économie d'IR procurée par l'abattement est plafonnée : 500 000 € × 12,8 % = 64 000 € au maximum. Les prélèvements sociaux, eux, ne bénéficient d'aucun abattement.

Les 5 conditions de l'article 150-0 D ter

  • La société est une PME au sens du droit de l'Union européenne, soumise à l'impôt sur les sociétés, exerçant une activité opérationnelle (l'activité libérale en fait partie).
  • Vous avez exercé une fonction de direction (gérant de SELARL, président ou directeur général de SELAS) de façon continue pendant les 5 ans précédant la cession.
  • Vous détenez les titres depuis au moins 1 an.
  • Vous cessez toute fonction dans la société et faites valoir vos droits à la retraite dans les 24 mois (avant ou après la cession).
  • La cession porte sur la totalité (ou la quasi-totalité) de vos titres.

Trois écueils qui font tomber l'avantage

  • Pas de cumul avec l'abattement durée de détention (art. 150-0 D) : on choisit l'un ou l'autre ; l'abattement fixe de 500 000 € est presque toujours plus favorable.
  • Réservé au dirigeant. Un associé qui exerce dans la SEL mais sans mandat social de direction n'est pas éligible. Le Conseil d'État vérifie l'effectivité de la fonction et le caractère normal de la rémunération (CE 7 mai 2025, n° 491635).
  • Abattement individualisé par membre du foyer (BOI-RES-RPPM-000135 du 14/11/2024) : si deux conjoints dirigeants cèdent chacun leurs titres éligibles, chacun a son enveloppe de 500 000 €.

Bonne nouvelle : le dispositif est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031

L'abattement 150-0 D ter devait s'éteindre fin 2024. La loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025) l'a prorogé jusqu'au 31 décembre 2031. Il est donc pleinement applicable pour une cession réalisée en 2026. Si vos titres sont logés sous une holding, voyez notre guide SPFPL de dentiste : céder ses titres de SEL via la holding.
§ 4ARTICLE 151 SEPTIES A·3 MIN

Patientèle BNC : l'exonération au départ à la retraite (151 septies A)

Vous exercez en BNC (libéral direct) et vous cédez votre patientèle ou votre fonds libéral. La plus-value est professionnelle, et le dispositif emblématique de la fin de carrière est l'article 151 septies A CGI : il exonère totalement l'impôt sur le revenu de la plus-value (court terme et long terme), à condition de partir à la retraite (BOI-BIC-PVMV-40-20-20-40).

La grande différence avec le 150-0 D ter : ici, l'exonération d'impôt sur le revenu est totale, sans plafond de 500 000 €. Mais, comme pour les parts de SEL, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la plus-value professionnelle à long terme.

Les conditions de l'article 151 septies A

  • Activité exercée depuis au moins 5 ans.
  • Cession d'une entreprise individuelle ou de l'intégralité des parts d'une société de personnes à l'IR (les cessions partielles sont exclues).
  • Cesser toute fonction dans la structure et faire valoir vos droits à la retraite dans un délai de 24 mois, avant ou après la cession.
  • La structure est une PME et vous ne contrôlez pas le repreneur (vous ne détenez pas plus de 50 % de ses droits).

Exonération d'IR, pas de prélèvements sociaux (ni d'immobilier)

Le 151 septies A exonère l'impôt sur le revenu sur la plus-value, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Le Conseil d'État l'a confirmé (CE 12 octobre 2018, n° 401292) : une plus-value professionnelle exonérée d'impôt sur le revenu n'est pas pour autant exonérée des contributions sociales, qui ont leur assiette propre. Autre limite : ce dispositif exclut les murs du cabinet (immobilier d'exploitation), qui relèvent principalement de l'article 151 septies B. Sur les murs, voyez acheter les murs de son cabinet dentaire en SCI.

Cumul possible avec le 238 quindecies

Si la valeur de votre patientèle est modérée, vous pouvez cumuler le 151 septies A avec l'article 238 quindecies (exonération selon la valeur : totale si la cession est inférieure à 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Le 238 quindecies a un atout décisif : en exonération totale, il efface l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Le panorama complet de ces cumuls figure dans notre guide vendre son cabinet dentaire : exonérer la plus-value.
§ 5CE QUI RESTE DÛ·2 MIN

« Exonéré » ne veut pas dire « 0 € » : pourquoi les prélèvements sociaux restent dus en 2026

« Partez à la retraite et vendez sans impôt » : on le lit partout. C'est vrai à moitié seulement. Le départ à la retraite efface l'impôt sur le revenu — il n'efface jamais les prélèvements sociaux. Et depuis 2026, le taux de ces prélèvements dépend du support.

Parts de SEL → 18,6 % (plus-value mobilière)

La CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % au 1er janvier 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403). La cession de parts de SEL relève désormais de 18,6 % (10,6 + 0,5 CRDS + 7,5 solidarité), appliqués à la TOTALITÉ de la plus-value, abattement de 500 000 € compris.

Patientèle BNC → 17,2 % (plus-value professionnelle)

La plus-value PROFESSIONNELLE conserve la CSG à 9,2 %, donc 17,2 % au total (9,2 + 0,5 + 7,5). La hausse de 2026 ne la touche pas. Cet écart de 1,4 point fait, à montant égal, ressortir la patientèle BNC moins chère.

L'erreur que font la plupart des guides

Beaucoup d'articles appliquent 18,6 % à toute cession de cabinet, en oubliant que la hausse de CSG 2026 ne touche que les revenus du capital (dont la cession de titres de SEL), pas la plus-value professionnelle (patientèle BNC), qui reste à 17,2 %. En pratique : parts de SEL = 18,6 %, patientèle BNC = 17,2 %. La base légale est aux articles L. 136-6 et L. 136-8 du Code de la sécurité sociale.
Seule une exonération TOTALE au titre du 238 quindecies efface aussi les prélèvements sociaux. Les deux dispositifs retraite n'effacent que l'IR.
Dispositif retraiteIR effacé ?PS effacés ?Taux PS résiduel
150-0 D ter (parts de SEL)Sur 500 000 € seulementNON18,6 % sur la totalité
151 septies A (patientèle BNC)Oui (totalité)NON17,2 % sur la PV pro
238 quindecies (exo TOTALE)OuiOUI0 % (valeur < 500 000 €)
§ 6LES CONDITIONS·2 MIN

Conditions : 5 ans d'activité, 24 mois, quasi-totalité, PME

Les deux dispositifs partagent une ossature commune : une ancienneté de 5 ans (cinq ans de direction effective pour le 150-0 D ter, cinq ans d'activité pour le 151 septies A), le même calendrier de 24 mois autour de la cession (§7), le statut de PME et une cession complète — vous cédez la totalité, pas un bout. La vraie ligne de fracture entre les deux régimes tient en un mot : le 150-0 D ter réclame un mandat de direction, le 151 septies A se contente de l'exercice de l'activité.

Tronc commun : 5 ans, 24 mois, cession quasi-totale, PME. La différence clé : le 150-0 D ter exige un mandat de DIRECTION.
Condition150-0 D ter (parts SEL)151 septies A (patientèle BNC)
AnciennetéDirection continue pendant 5 ansActivité exercée depuis 5 ans
Délai cessation + retraite24 mois (avant ou après)24 mois (avant ou après)
Étendue de la cessionTotalité / quasi-totalité des titresEI ou intégralité des parts (société IR)
Taille de l'entreprisePME (UE), à l'ISPME
Lien avec le repreneur—≤ 50 % des droits du cessionnaire
Fonction exigéeMandat de direction (gérant, président, DG)Exercice de l'activité

L'écueil du « je vends mais je reste au fauteuil »

Les deux dispositifs supposent que vous quittez réellement l'activité. On ne peut pas céder son cabinet, encaisser l'exonération et continuer à opérer comme avant. La cessation de fonctions (pour le 150-0 D ter) ou de l'activité doit être effective. Une reprise marginale après le délai peut être tolérée, mais le principe reste : la cession accompagne un vrai départ. Si votre projet est de transmettre sans vraiment partir, c'est une autre logique — la donation et le pacte Dutreil — que nous traitons dans le guide dédié à la transmission du cabinet dentaire aux enfants.
Hagnéré Patrimoine

Chiffrer ce qui vous reste après la cession de votre cabinet dentaire

Un CGP indépendant identifie votre support (parts de SEL ou patientèle BNC), applique le bon dispositif retraite, synchronise le calendrier des 24 mois avec la CARCDSF et chiffre, à l'euro, ce qui reste après IR et prélèvements sociaux.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LE CALENDRIER·2 MIN

Le calendrier des 24 mois et la liquidation CARCDSF

La condition la plus piégeuse, c'est le calendrier. Vous devez cesser vos fonctions et faire valoir vos droits à la retraite dans une fenêtre de 24 mois autour de la cession. Heureusement, le Conseil d'État a assoupli cette lecture.

Mémo express

Ce que dit le Conseil d'État (CE 16 octobre 2019, n° 417364)

  • La cessation de fonctions et la liquidation de la retraite sont deux événements distincts.
  • L'ordre est indifférent : vous pouvez liquider votre retraite avant ou après la cession.
  • Chacun de ces deux événements doit se situer dans les 24 mois autour de la cession → en pratique, une fenêtre qui peut atteindre près de 4 ans.
  • Si le délai de 24 mois n'est pas tenu entre la cession et l'un des deux événements, l'avantage fiscal est remis en cause.

Dentiste et orthodontiste : on liquide à la CARCDSF, jamais à la CARMF

La caisse de retraite du chirurgien-dentiste et de l'orthodontiste (chirurgien-dentiste spécialiste qualifié en orthopédie dento-faciale) est la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes). Ce n'est pas la CARMF (qui est la caisse des médecins). Pour bénéficier du dispositif retraite, c'est la liquidation de vos droits à la CARCDSF qui doit intervenir dans la fenêtre des 24 mois. Anticiper cette liquidation et chiffrer le niveau de pension, c'est tout l'objet de notre guide retraite du chirurgien-dentiste : pourquoi la CARCDSF ne suffira pas.

La synchronisation cession / liquidation est rarement instinctive : un trimestre de pension manquant ou une cessation mal datée peut faire basculer toute l'opération. Pour préparer la baisse de revenu et compléter une pension souvent inférieure aux attentes, voyez compléter sa retraite de dentiste face à la baisse de pension.

§ 8CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : 700 000 € en SELARL contre 700 000 € en BNC

Le verdict en 30 secondes (plus-value de 700 000 €)

  • SELARL (parts, 150-0 D ter) : impôt sur le revenu 25 600 € + prélèvements sociaux 130 200 € = ≈ 155 800 €.
  • BNC (patientèle, 151 septies A) : impôt sur le revenu 0 € + prélèvements sociaux 120 400 € = 120 400 €.
  • Soit ≈ 35 400 € de plus en SELARL sur la seule cession — mais la SEL a, en amont, des atouts (IS à taux réduit, pilotage rémunération, trésorerie) que cette photo de fin de carrière ne montre pas.

Pour mesurer l'écart, passons une même plus-value de 700 000 € dans les deux régimes. Précision de lecture : pour rester clairs, les cas supposent que la plus-value est proche du prix de cession (prix d'acquisition faible ou nul, fréquent pour un cabinet bâti par le praticien). Le gain net réel se modélise au cas par cas.

Cas 1 · Dr Hélène Vasseur · SELARL · parts 700 000 € · retraite à 64 ans

En SELARL : 155 800 € au total (l'abattement n'efface que l'IR)

Hélène est gérante de sa SELARL depuis 19 ans. Elle vend ses parts 700 000 € (prix d'acquisition quasi nul → plus-value ≈ 700 000 €) et part à la retraite à 64 ans. Régime des parts (art. 150-0 D ter).

Abattement de 500 000 € → base d'impôt sur le revenu = 700 000 − 500 000 = 200 000 €. Impôt sur le revenu au PFU = 200 000 × 12,8 % = 25 600 €.

Mais les prélèvements sociaux de 18,6 % frappent la totalité de la plus-value (l'abattement ne les réduit pas) : 700 000 × 18,6 % = 130 200 €.

Total ≈ 155 800 €. Sans dispositif, 700 000 × 31,4 % = 219 800 € auraient été dus : l'abattement lui fait économiser 500 000 × 12,8 % = 64 000 € d'impôt sur le revenu. Précieux — mais limité à l'IR.

Cas 2 · Dr Marc Lefèvre · BNC · patientèle 700 000 € · retraite dans 6 mois

En BNC : 120 400 € au total (IR à zéro, 17,2 % de PS)

Marc exerce en BNC depuis 31 ans et vend sa patientèle 700 000 € (plus-value ≈ 700 000 €). Il part à la retraite dans 6 mois et active l'article 151 septies A.

Impôt sur le revenu = 0 €: l'exonération retraite est totale, sans plafond de 500 000 €.

Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la plus-value professionnelle : 700 000 × 17,2 % = 120 400 €.

Total = 120 400 €. Comme la valeur (700 000 €) dépasse le seuil de 500 000 € du 238 quindecies, le cumul ne neutralise pas tout (et de toute façon l'IR est déjà à zéro). Les prélèvements sociaux, eux, restent dus.

À la seule cession au départ à la retraite, la patientèle BNC ressort environ 35 000 € moins chère.
À plus-value égale (700 000 €)SELARL (150-0 D ter)BNC (151 septies A)
Impôt sur le revenu25 600 €0 €
Prélèvements sociaux130 200 € (18,6 %)120 400 € (17,2 %)
Total à payer≈ 155 800 €120 400 €
Écart+ 35 400 € de plus en SELARL

Ce que dit ce cas

Pour la seule cession, le BNC est moins taxé — mais le choix SEL/BNC se décide sur 25 ans d'exercice, pas sur la vente

  • BNC (151 septies A) : impôt sur le revenu à zéro, prélèvements sociaux à 17,2 % seulement. Le plus léger à la sortie.
  • SELARL (150-0 D ter) : impôt sur le revenu sur le surplus au-delà de 500 000 €, et 18,6 % de prélèvements sociaux sur la totalité. Plus lourd à la cession.
  • Mais la SEL a des atouts en amont : impôt sur les sociétés à taux réduit, pilotage rémunération/dividendes, capitalisation de la trésorerie pendant les années d'exercice. La cession ne résume pas les avantages accumulés pendant l'exercice.
  • Le bon arbitrage se décide sur toute la carrière, via le guide SELARL ou SELAS de dentiste, pas sur la seule plus-value de sortie.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (hypothèse plus-value ≈ prix, taux arrondis, hors CEHR/CDHR) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée: le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact, de la part immobilière, du revenu fiscal de référence et de l'application de la CEHR/CDHR. Premier réflexe : identifier formellement votre support, puis modéliser au cas par cas avant toute décision.
§ 9CUMULS & HAUTS REVENUS·2 MIN

Cumuls, CEHR et CDHR : ce qui reste vraiment à payer

Sur une cession de patientèle BNC, plusieurs dispositifs s'empilent dans un ordre précis (BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50) ; sur une cession de parts de SEL, l'abattement 150-0 D ter joue seul. Et dans les deux cas, deux contributions s'ajoutent sur les gros montants.

Mémo express

L'ordre d'application (cession de patientèle BNC)

  • 1. D'abord l'article 151 septies B (murs / immobilier d'exploitation).
  • 2. Ensuite l'article 151 septies A (départ à la retraite : IR exonéré).
  • 3. Enfin l'article 238 quindecies (selon la valeur : peut effacer IR + PS si total).
  • Côté parts de SEL, l'abattement 150-0 D ter est isolé : aucun pont avec les régimes professionnels.

CEHR et CDHR : les contributions qui frappent les grosses cessions

Sur une grosse cession, deux contributions s'ajoutent, calculées sur le revenu fiscal de référence (que les exonérations de plus-value ne neutralisent pas) :
  • La CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies CGI) : 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR pour un célibataire, 500 000 / 1 000 000 € pour un couple.
  • La CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus, art. 224 CGI), qui impose un plancher d'imposition de 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €. Créée par la LF 2025, elle a été reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026). Sa pérennité au-delà de 2026 reste à confirmer dans les lois de finances suivantes.
L'abattement 150-0 D ter, qui ne joue que sur l'impôt sur le revenu, ne les neutralise pas. Le détail figure dans notre guide CEHR et CDHR : l'impôt qui s'ajoute sur les grosses cessions.
§ 10LE JOUR D'APRÈS·2 MIN

Le jour d'après : réemployer le produit de la cession

Une fois le prix encaissé, reste à l'employer : réduire l'impôt de l'année et organiser la suite. Plusieurs leviers s'y prêtent, avec le guide dédié pour chacun.

Chaque ligne renvoie à un guide spécialisé du cluster dentaire / patrimoine.
ObjectifLe levierLe guide dédié
Réduire l'IR de l'année de cessionVersement PER (art. 154 bis CGI, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026), à votre TMIPER du dentiste
Reporter l'impôt sur les titresApport-cession à une holding (art. 150-0 B ter) : l'imposition est différéeApport-cession 150-0 B ter
Loger / transmettre les titresSPFPL : céder via la holding, faire fructifier sans surimpositionSPFPL de dentiste
Réemployer les liquiditésAssurance-vie, contrat de capitalisation : complément de revenu et transmissionQue faire de la prime de départ

Concrètement : l'année de cession, un versement sur un PER du dentiste pour purger l'impôt de l'année abaisse l'impôt sur le revenu à votre tranche marginale. Sur une cession de titres, l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt permet de différer l'imposition. Et pour la suite, voyez le réemploi du produit avec que faire du produit de la cession au moment de la retraite. Si votre logique est de transmettre plutôt que vendre, c'est la donation et le pacte Dutreil (traités dans le guide dédié à la transmission du cabinet dentaire aux enfants) qu'il faut activer — et la vue d'ensemble des régimes d'exonération du libéral pour ne rien oublier.

Note de méthode : un rendement futur ne se garantit pas

Les leviers de réemploi cités ci-dessus (PER, assurance-vie, contrat de capitalisation) sont des enveloppes d'investissement, exposées au risque de perte en capital sur leur part en unités de compte. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne constituent pas un rendement garanti. L'intérêt fiscal d'un versement (déduction PER, report 150-0 B ter) est, lui, acquis ; le rendement financier, non. C'est précisément pourquoi le réemploi du produit d'une cession doit être calibré sur votre horizon, votre besoin de revenu et votre tolérance au risque — pas sur une promesse de performance.

La cession s'inscrit dans une séquence

Vendre n'est qu'une étape : il reste à placer le produit et à préparer la transmission. La séquence complète : identifier le bon support (parts de SEL ou patientèle BNC), activer le dispositif retraite, anticiper les prélèvements sociaux résiduels et la CEHR/CDHR, synchroniser le calendrier avec la CARCDSF, puis réemployer le produit (PER, apport-cession, donation, assurance-vie). Le bilan sert justement à traiter ces étapes ensemble plutôt qu'isolément.
Méthode documentée

Préparer la cession-retraite ET le réemploi avec un CGP indépendant

L'erreur qui coûte le plus cher, c'est la cessation et la liquidation mal datées : un calendrier de 24 mois manqué et l'avantage tombe. Audit indépendant pour sécuriser ce calendrier avec la CARCDSF, chiffrer ce qui reste après IR et prélèvements sociaux, puis organiser le réemploi du produit. Chaque étape est chiffrée avant d'être déclenchée.

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ACCOMPAGNEMENT

Préparer la cession-retraite de votre cabinet dentaire

La vraie question : combien vous restera-t-il une fois l'IR et les prélèvements sociaux payés ? Cabinet pluridisciplinaire, nous tranchons d'abord parts de SEL ou patientèle BNC, puis nous chiffrons le bon dispositif retraite (150-0 D ter ou 151 septies A), le cumul éventuel avec le 238 quindecies et le réemploi du produit. Une vision globale, de la vente à la transmission.

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Céder votre cabinet dentaire avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. Identification de votre support (parts de SEL ou patientèle BNC), calcul de l'abattement ou de l'exonération retraite, anticipation des prélèvements sociaux résiduels et de la CEHR/CDHR, synchronisation du calendrier des 24 mois avec la CARCDSF, puis réemploi du produit (PER, apport-cession, donation, assurance-vie).

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Sources et références légales

  • CGI — cession des parts de SEL (plus-value mobilière)

    Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant partant à la retraite, prorogé jusqu'au 31/12/2031 par la LF 2025). Art. 150-0 A CGI (plus-value mobilière des particuliers). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 %). Art. 150-0 D CGI (abattement pour durée de détention, non cumulable). Art. 151 nonies I CGI (tri actif professionnel / titres privés). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30, BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-10, BOI-RES-RPPM-000135 (14/11/2024).

  • CGI — cession de la patientèle BNC (plus-value professionnelle)

    Art. 151 septies A CGI (départ à la retraite, IR exonéré, PS dus). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur, totale < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes, 90 000 / 126 000 € pour les BNC). Art. 151 septies B CGI (immobilier d'exploitation). Doctrine : BOI-BIC-PVMV-40-20-20-40, BOI-BIC-PVMV-40-20-20-30, BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50, BOI-BIC-PVMV-40-20-50.

  • Prélèvements sociaux et hauts revenus 2026

    LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : PS 18,6 % sur la plus-value mobilière des titres de SEL, 17,2 % maintenu sur la plus-value professionnelle). Art. L. 136-6 et L. 136-8 CSS. LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026, validée Cons. const. n° 2026-901 DC : barème IR 2026, reconduction de la CDHR). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %). Art. 224 CGI (CDHR, plancher 20 % du RFR). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin, 88 911 € en 2026). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Art. L. 64 LPF (abus de droit).

  • Jurisprudence structurante

    CE 16/10/2019 n° 417364 (art. 150-0 D ter : la cessation de fonctions et la liquidation de la retraite peuvent être distinctes, l'ordre est indifférent, fenêtre pouvant atteindre 4 ans). CE 7/05/2025 n° 491635 (effectivité de la fonction de direction et caractère normal de la rémunération). CE 12/10/2018 n° 401292 (l'exonération d'IR de la plus-value professionnelle ne s'étend pas aux prélèvements sociaux). Caisse de retraite : CARCDSF pour le chirurgien-dentiste et l'orthodontiste (jamais la CARMF).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Chaque cession de cabinet dentaire doit faire l'objet d'une étude individualisée (identification du support parts de SEL / patientèle BNC, vérification des conditions, calendrier des 24 mois, prélèvements sociaux résiduels, CEHR/CDHR, liquidation CARCDSF). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée par le prix de cession) sont signalées comme telles.

Foire aux questions

Tout sur la cession d'un cabinet dentaire au départ à la retraite abattement 500 000 €, parts de SEL ou patientèle, prélèvements sociaux et calendrier.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : qu'est-ce que l'abattement de 500 000 €, faut-il vendre les parts ou la patientèle, pourquoi 18,6 % d'un côté et 17,2 % de l'autre, conditions du 150-0 D ter, calendrier des 24 mois, et combien reste-t-il sur 700 000 €. Réponses sourcées et à jour 2026.