Aller au contenu principal
Aller au contenu principal

Couple hauts revenus salariés : que faire de 2 M€ (défiscalisation)

Pour un couple de cadres à 45 % de TMI, l'ennemi n'est pas le marché : c'est l'impôt sur le revenu. La bonne séquence inverse la logique habituelle. On sature d'abord le PER à deux pour effacer de l'impôt à la tranche marginale, puis on bâtit les quatre poches — Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide — à l'intérieur d'enveloppes capitalisantes, pour ne pas créer de revenu imposable pendant la vie active.

2 M€Couple TMI 45 %
PERLevier n°1
4 pochesSécurité · Revenu · Croissance · Illiquide
3 profilsPrudent · Équilibré · Dynamique
Hagnéré Patrimoine

Ouvrez votre PER avec un expert retraite

PER individuel, PER TNS, PEREC, transfert d'anciens contrats et arbitrage fiscal : nous vous aidons à choisir le bon cadre et le bon niveau de versement.

Expert PERAudit retraiteSans engagement

Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 16 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (cabinet CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS 23002291).

Vous gagnez très bien votre vie à deux, vous avez 2 M€ à déployer… et pourtant la première question n'est pas « où placer ? » mais « comment ne pas nourrir l'impôt ? ». Deux fiches de paie élevées, c'est environ 350 k€ de salaires par an pour un couple de cadres dirigeants — et une tranche marginale d'imposition (TMI) à 41 % ou 45 %. À ce niveau, chaque euro de revenu de placement supplémentaire perçu hors enveloppe tombe à 31,4 % (PFU sur dividendes et intérêts en 2026) et gonfle le revenu fiscal de référence, donc la contribution exceptionnelle (CEHR) et la contribution différentielle (CDHR) sur les hauts revenus.

La promesse de ce guide est simple : inverser la logique habituelle. On commence par saturer le PER à deux— un couple à 45 % peut effacer de l'ordre de 31 500 € d'impôt sur le revenu par an — puis on bâtit les quatre poches (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide) à l'intérieur d'enveloppes capitalisantes, pour ne créer aucun revenu imposable pendant la vie active. Vous repartez avec trois allocations chiffrées sur 2 M€ et un cas concret sur 10 ans.

Si vous cherchez la matrice d'allocation de 2 M€ indépendante de votre situation fiscale, c'est notre guide générique investir 2 000 000 € en 2026 qu'il vous faut consulter. Ici, c'est différent : nous partons de votre fiscalité de couple salarié, où la défiscalisation commande l'allocation, et non l'inverse.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

En 60 secondes

  • Pour qui ? Couple marié ou pacsé, deux salariés / cadres dirigeants, TMI 41-45 %, 2 M€ à déployer.
  • Le réflexe n°1 : saturer le PER à deux (mutualisable, report 5 ans) — l'économie d'IR = versement × TMI.
  • La règle d'or : loger chaque poche dans une enveloppe capitalisante (PER, PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation) pour ne pas créer de revenu imposable pendant la vie active.
  • Le piège fiscal 2026 : PS 18,6 % sur PEA / PER / dividendes / plus-values mobilières, mais 17,2 % sur assurance-vie / contrat de capi — pas de taux unique.
  • 3 profils chiffrés sur 2 M€ : Prudent ~3 %, Équilibré ~5 %, Dynamique ~7 %+ (illustratif, non garanti).

1. Couple hauts revenus salariés : deux fiches de paie, un seul problème fiscal

Le profil est très spécifique. Deux cadres, un revenu fiscal de référence élevé, et… peu de leviers « professionnels ». Pas de titres opérationnels à apporter à une holding, pas de trésorerie d'entreprise à placer, pas de plus-value de cession à reporter. Le seul vrai levier de déduction accessible au grand public reste le plan d'épargne retraite (PER). C'est ce qui distingue radicalement le couple salarié du dirigeant.

Pour mesurer ce contraste, comparez avec un gérant qui dispose d'une boîte à outils tout autre : il peut loger sa trésorerie dans un contrat de capitalisation à l'IS, créer une holding, piloter un apport-cession. Voyez à ce titre notre guide holding à trésorerie : que faire de 2 M€. Le couple salarié, lui, n'a pas cette panoplie : sa stratégie se joue dans les enveloppes personnelles.

Tout tient en une phrase : à 45 % de TMI, 1 € défiscalisé vaut mieux qu'1 € de rendement brut. Un rendement brut de 4 % obtenu hors enveloppe ne laisse que ~2,7 % net une fois le PFU de 31,4 % appliqué ; le même euro versé sur un PER efface immédiatement 0,45 € d'impôt. La performance la plus sûre, pour ce couple, commence par la fiscalité.

Aller plus loin : la défiscalisation au-delà du PER

Le PER est le levier n°1, mais ce n'est pas le seul. Pour un couple à hauts revenus, un complément ciblé peut venir d'un déficit foncier (si l'on détient déjà du locatif à rénover) ou, pour les profils avertis, d'un dispositif comme le Girardin industriel (réduction d'impôt « one-shot », à manier avec prudence). Notre guide défiscalisation passe en revue l'ensemble des outils. Ce guide-ci se concentre sur la stratégie d'enveloppe, qui reste le cœur du sujet pour un couple salarié.

Pourquoi 2 M€ et une TMI à 45 % imposent une stratégie d'enveloppe avant tout

Le vrai problème, c'est le revenu subi. Tout intérêt, dividende ou loyer perçu hors enveloppe est taxé l'année où il tombe : PFU de 31,4 % sur les dividendes et intérêts (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème de l'IR à 45 % majoré de 17,2 % de PS sur les revenus fonciers. Sur un patrimoine déjà conséquent, ce revenu vient s'empiler au sommet de la pile fiscale.

L'enveloppe capitalisante répond exactement à ce problème : elle crée un différé d'imposition. Tant que le couple ne rachète pas, il n'y a pas de revenu imposable, donc le revenu fiscal de référence ne gonfle pas — et la CEHR comme la CDHR restent contenues. On ne refait pas ici le cours sur ces deux contributions ; pour le détail réglementaire, voyez CEHR et CDHR : hauts revenus 2026.

Le piège du revenu subi (illustratif)

600 k€ placés à 4 % hors enveloppe génèrent 24 k€/an de revenus imposables qui s'ajoutent aux 350 k€ de salaires : PFU de 31,4 % sur les intérêts et dividendes, et hausse du RFR (donc plus de CEHR/CDHR). Les mêmes 600 k€ logés en assurance-vie, en PEA ou en contrat de capitalisation génèrent 0 € de revenu imposable tant qu'aucun rachat n'est effectué. Même actif, fiscalité radicalement différente. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

2. La logique des 4 poches appliquée à un couple en phase de capitalisation

Nous allouons toujours en quatre poches : Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide. La spécificité d'un couple salarié encore en activité, c'est que toutes ces poches sont logées dans des enveloppes capitalisantes : on ne cherche aucune distribution, on accumule. La poche illiquide démarre modeste (~10-15 % à 2 M€) et grossit avec le patrimoine, comme dans une logique de family office.

Les 4 poches pour un couple salarié en capitalisation — toutes logées en enveloppes capitalisantes. Illustratif.
PocheRôleBriques (classes d'actifs)Enveloppe
SécuritéAmortir les chocs, financer l'imprévuFonds euros, obligations datées, trésorerieAssurance-vie, contrat de capi
RevenuLoyers et coupons capitalisésSCPI européennes, nue-propriété de SCPI, structurés à couponAssurance-vie
CroissanceMoteur de performance long termeETF actions monde, S&P 500, thématiquesPEA puis assurance-vie
IlliquideAccélérateur, prime d'illiquiditéPrivate equity, dette privée, infrastructureEnveloppes dédiées / UC

Poche Sécurité : la trésorerie de précaution et le socle obligataire

Cette poche réunit le fonds euros (~2,6 % net illustratif), des fonds obligataires datés (le portage cristallise un rendement actuariel connu à l'échéance) et une trésorerie de précaution. Le tout est logé en assurance-vie et en contrat de capitalisation (PS 17,2 %). Son rôle : amortir les chocs et financer l'imprévu sans jamais avoir à toucher aux poches risquées au mauvais moment.

Poche Revenu : capitaliser plutôt que distribuer tant qu'on travaille

Les briques : SCPI européennes (~4,7-4,9 % illustratif), nue-propriété de SCPI (décote à l'entrée, aucun loyer imposé pendant le démembrement) et produits structurés à coupon avec protection partielle. La clé, pour un couple en activité, c'est de tout loger en assurance-vie afin de capitaliser les loyers et coupons dans l'enveloppe (PS 17,2 %), sans subir de revenu foncier. Pour approfondir, voyez nos guides SCPI et démembrement de propriété.

Nue-propriété de SCPI : double levier

La nue-propriété de SCPI cumule deux avantages pour un couple à hauts revenus : 0 loyer imposé pendant le démembrement (donc pas d'IR sur ces revenus) et une sortie temporaire de l'assiette de l'IFI (art. 968 CGI), seul l'usufruitier étant en principe imposable. Voyez aussi notre guide optimisation de l'IFI.

Poche Croissance : le moteur actions logé dans les bonnes enveloppes

Ici on raisonne en classes d'actifs, jamais en noms de fonds : ETF actions monde (type MSCI World), S&P 500, et une dose d'actions thématiques ou de conviction. L'ordre des enveloppes compte : le PEA d'abord (actions exonérées d'IR après 5 ans, plafond 150 k€/personne, soit jusqu'à 450 k€ pour un couple en cumulant PEA et PEA-PME), puis l'assurance-vie pour le surplus. Attention à la dualité 2026 : à la sortie, le PEA supporte des PS à 18,6 % et non 17,2 %. Détails dans notre guide PEA.

Poche Illiquide : private equity et dette privée comme accélérateurs

Les briques : private equity (capital-développement, secondaire ; ~11 %/an net moyen illustratif, avec une forte dispersion des résultats), dette privée et, pour un profil dynamique, une touche d'infrastructure. La règle d'or est d'étaler les engagements sur plusieurs millésimes pour lisser les appels de fonds. C'est la poche qui grossit avec le patrimoine. Pour le détail, voyez notre guide private equity.

Illiquidité : à dimensionner avec soin

Private equity, dette privée et infrastructure se pensent sur un horizon de 8 à 10 ans, avec un capital bloqué et un risque de perte en capital. On ne dimensionne cette poche qu'après avoir sécurisé le besoin de liquidité du couple. Performances passées non indicatives.

3. PER : l'outil de défiscalisation n°1 pour une TMI à 41-45 %

La mécanique est limpide : un versement sur le PER est déductible du revenu imposable, et l'économie d'impôt vaut versement × TMI— jusqu'à 0,45 € par euro versé pour un couple à 45 %. C'est le seul dispositif grand public qui transforme directement une tranche marginale élevée en capital investi pour soi.

Économie d'IR via le PER

Économie d'impôt = Versement déductible × TMI
  • Versement couple :~70 000 €/an
  • TMI :45 %
  • Économie d'IR :~31 500 €/an

Illustratif, non garanti. L'économie dépend du plafond disponible de chaque conjoint et de la tranche réelle du foyer.

Côté plafonds, sans refaire le calcul détaillé : la déduction est limitée à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, plafonnée à 37 680 € par personne en 2026 (10 % de 8 fois le PASS 2025 de 47 100 €). À ne pas confondre avec le plafond des travailleurs non salariés, bien plus élevé. Les plafonds non utilisés se reportent sur 5 ans depuis la LF 2026 (les reliquats 2023-2025 restant reportables 3 ans), et ils sont mutualisables entre conjoints mariés ou pacsés en imposition commune (case 6QR). Pour la méthode complète, voyez le pilier PER et le plafond PER 2026.

Stratégie couple : on verse en priorité sur le PER du conjoint dont la tranche marginale est la plus haute. À somme constante, c'est le TMI du foyer qui pilote l'économie ; l'arbitrage fin selon la tranche est détaillé dans notre guide déduction PER selon la TMI.

La mutualisation des plafonds, concrètement

Imaginons un conjoint avec un plafond disponible de 30 000 € et l'autre de seulement 12 000 € sur l'année. En imposition commune, le couple peut additionner ses deux plafonds (case 6QR) : il peut donc déduire jusqu'à 42 000 € même si l'un des deux verse plus que son propre plafond. En cas de prime exceptionnelle ou de plafonds antérieurs non consommés, les reports (5 ans depuis la LF 2026) viennent encore gonfler la capacité de déduction. C'est ce qui permet à un couple de cadres d'absorber un versement de l'ordre de 70 000 € sur une bonne année. Illustratif : les montants dépendent de vos revenus N-1 et de vos plafonds réels.

Double arme anti-CEHR/CDHR : le versement PER baisse le revenu net imposable, donc le revenu fiscal de référence — ce qui réduit simultanément l'IR, la CEHR (art. 223 sexies) et la CDHR (art. 224, plancher de 20 % du RFR). Point capital : les prélèvements sociaux sont exclus du numérateur de la CDHR, si bien que le PER pèse à plein dans la baisse de cette contribution.

Le revers à connaître intervient au déblocage. Le capital correspondant aux versements déduits est imposé au barème de l'IR, et les gains au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + PS à 18,6 %). La sortie est possible en rente (imposée comme une pension) ou en capital fractionné. Le PER est d'autant plus efficace que la tranche d'imposition à la retraite est inférieure à celle pendant la vie active — ce qui est fréquent pour un couple de cadres dirigeants.

Hagnéré Patrimoine

2 M€ à défiscaliser à deux ?

Un conseiller Hagnère Patrimoine calcule votre capacité de défiscalisation PER à deux et bâtit une allocation 4 poches sur mesure pour vos 2 M€.

Bilan gratuitSans engagementCGP ORIAS

4. PEA, contrat de capitalisation et assurance-vie : l'ordre de remplissage

Le PER plein, reste à remplir le reste — et l'ordre compte. Pour un couple à 45 %, nous procédons ainsi :

  1. PER — priorité absolue : déduction immédiate et baisse du RFR.
  2. PEA × 2— jusqu'à 150 k€/personne ; actions exonérées d'IR après 5 ans (PS 18,6 % à la sortie).
  3. Contrat de capitalisation— capitalise sans distribution, conserve l'antériorité, se transmet ; idéal pour le surplus au-delà du PEA et pour préparer la transmission (PS 17,2 %).
  4. Assurance-vie × 2— après 8 ans : abattement 4 600 € (seul) / 9 200 € (couple), IR réduit à 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes/personne puis 12,8 %, PS 17,2 % ; transmission via les art. 990 I et 757 B.
Fiscalité des enveloppes 2026 — la dualité des prélèvements sociaux (17,2 % vs 18,6 %) en un coup d'œil. Illustratif.
EnveloppeIR à la sortiePS 2026Atout clé
PERCapital au barème, gains au PFU18,6 %Déduction à l'entrée (× TMI)
PEA (> 5 ans)Exonéré18,6 %Actions exonérées d'IR
Assurance-vie (> 8 ans)7,5 % puis 12,8 %17,2 %Abattement + transmission
Contrat de capitalisation7,5 % puis 12,8 %17,2 %Capitalise, se transmet, antériorité

Au-delà d'environ 1 M€ d'unités de compte, un couple peut aussi s'intéresser à l' assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) pour son architecture ouverte et la possibilité d'un crédit lombard. Le régime fiscal reste celui de l'assurance-vie française pour un résident français.

L'ordre à retenir

PER → PEA × 2 → contrat de capitalisation → assurance-vie × 2. Le PER d'abord pour la déduction immédiate, les PEA ensuite pour exonérer les actions d'IR après 5 ans, le contrat de capitalisation pour capitaliser et préparer la transmission, l'assurance-vie enfin pour le surplus et ses atouts successoraux. Dernier garde-fou 2026 : ne confondez pas les 17,2 % de PS de l'assurance-vie / capitalisation avec les 18,6 % du PEA et du PER.

5. Faut-il une holding ou une SCI à l'IS pour un couple salarié ?

Pour un couple purement salarié, la réponse est plutôt non. Sans titres opérationnels à apporter ni trésorerie d'entreprise à loger, une holding n'apporte pas le différé d'IS qui fait tout son intérêt chez un dirigeant — elle ajoute surtout des coûts (comptabilité, IS, formalisme) et de la rigidité.

Restent trois cas où l'on peut hésiter :

  • SCI à l'IS en cas de projet immobilier locatif structuré — en gardant à l'esprit la lourdeur de la sortie (plus-value professionnelle à la cession).
  • Holding patrimoniale + contrat de capitalisation à l'IS uniquement si une bascule entrepreneuriale est anticipée (l'un des conjoints crée ou reprend une société). Voyez notre guide holding patrimoniale : faut-il en créer une ?
  • Apport-cession (art. 150-0 B ter) pertinent seulement s'il y a des titres d'entreprise à céder : le report d'imposition suppose, lorsque la holding cède les titres apportés moins de trois ans après l'apport, le remploi d'au moins 60 % du produit de cession dans une activité éligible dans les deux ans. La LF 2026 pourrait porter ce taux de remploi à 70 % pour les cessions réalisées à compter du 21/02/2026 (à confirmer au texte). Ce cas se rapproche d'un profil d'entrepreneur, traité dans diversifier 2 M€ après un cash-out.

Ne pas créer de structure pour la structure

Une holding ou une SCI à l'IS n'a de sens que si elle répond à un besoin précis. Pour un couple salarié, les enveloppes personnelles (PER, PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation) couvrent l'essentiel du besoin sans les coûts ni la rigidité d'une structure sociétaire.

6. Trois allocations selon le profil de risque

Les trois profils reposent sur le même socle : PER saturé, poches en enveloppes capitalisantes. Seul bouge le curseur entre Sécurité et Illiquide, donc le niveau de risque et le rendement visé.

Répartition des 4 poches sur 2 M€ par profil. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
PochePrudent (~3 %)Équilibré (~5 %)Dynamique (~7 %+)
Sécurité45 % — 900 k€30 % — 600 k€15 % — 300 k€
Revenu30 % — 600 k€25 % — 500 k€20 % — 400 k€
Croissance15 % — 300 k€30 % — 600 k€40 % — 800 k€
Illiquide10 % — 200 k€15 % — 300 k€25 % — 500 k€

Profil prudent (~3 % net)

Pour un couple prudent, l'objectif est de défiscaliser sans prendre de risque excessif. Sécurité 45 % (900 k€) : fonds euros et fonds obligataires datés (portage) en assurance-vie et contrat de capitalisation, plus une trésorerie de précaution. Revenu 30 % (600 k€) : SCPI européennes en assurance-vie pour lisser la fiscalité, et produits structurés à coupon avec protection partielle. Croissance 15 % (300 k€) : ETF actions monde logés en PEA puis en assurance-vie. Illiquide 10 % (200 k€): une première brique de private equity et de dette privée. Le PER couple est maximisé : chaque versement réduit le revenu imposable à la tranche marginale. L'illiquide montera vers 12-15 % à mesure que le patrimoine grossit. Cible ~3 % net. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Profil équilibré (~5 % net)

Le profil équilibré recherche un meilleur compromis rendement-défiscalisation. Sécurité 30 % (600 k€) : fonds euros et obligations datées en assurance-vie et contrat de capitalisation, socle qui amortit les chocs. Revenu 25 % (500 k€) : SCPI européennes, nue-propriété de SCPI (décote à l'entrée, pas de fiscalité sur les loyers pendant le démembrement) et structurés à coupon, le tout capitalisé dans les enveloppes. Croissance 30 % (600 k€): ETF actions monde et S&P 500 en PEA (plus-values exonérées d'IR après 5 ans) et en assurance-vie, plus une dose d'actions thématiques. Illiquide 15 % (300 k€): private equity et dette privée diversifiés sur plusieurs millésimes. Le levier reste le PER couple plein ; l'excédent va en contrat de capitalisation et PEA. Une holding patrimoniale peut se justifier si l'un des conjoints devient entrepreneur. On glisse de la sécurité vers l'illiquide (objectif 20 % à terme). Cible ~5 % net. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Profil dynamique (~7 %+ net)

Le profil dynamique privilégie la valorisation long terme, la défiscalisation venant amplifier l'effet de capitalisation. Sécurité 15 % (300 k€): un matelas de fonds euros et d'obligations datées en assurance-vie, réduit au strict nécessaire. Revenu 20 % (400 k€): SCPI européennes, nue-propriété de SCPI et structurés à coupon, capitalisés pour ne pas alourdir l'IR pendant la vie active. Croissance 40 % (800 k€): cœur d'ETF actions monde et S&P 500 en PEA et assurance-vie, complété d'actions de conviction — le principal moteur de performance. Illiquide 25 % (500 k€): private equity (capital-développement, secondaire), dette privée et une touche d'infrastructure, étalés sur plusieurs millésimes pour lisser les appels de fonds. Le PER couple est saturé chaque année pour transformer une TMI à 45 % en capital investi ; l'enveloppe sert aussi de poche actions diversifiée. Une fois les besoins de liquidité couverts, l'illiquide peut viser 30 %. Cible ~7 %+ net visé. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Avertissement

Les cibles de 3 %, 5 % et 7 %+ sont des objectifs purement illustratifs, non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun rendement n'est promis.

Exemple chiffré sur 2 M€

Hypothèses explicites : couple, 45 ans, deux cadres dirigeants, TMI 45 %, 350 k€ de revenus annuels, 2 M€ à placer, profil équilibré.

Chaque conjoint verse environ 35 k€/an sur son PER (cohérent avec le plafond salarié de 37 680 € et avec 10 % de ~350 k€ de salaires, mutualisable et abondé des reports), soit ~70 k€ déductibles qui génèrent près de 31 500 € d'économie d'IR par an (70 000 × 45 %). Le solde se répartit : 600 k€ en fonds euros / obligations datées (AV + capitalisation), 500 k€ en SCPI et nue-propriété, 600 k€ en ETF monde (PEA + AV), 300 k€ en private equity / dette privée.

Avec une hypothèse de rendement moyen de ~5 % net, le capital projeté pourrait approcher 3,3 M€ en 10 ans, hors nouveaux versements et hors économie d'impôt cumulée (~315 k€, soit 31 500 € × 10, à plafond et TMI constants).

Note de méthode sur la projection

Ce chiffre de 3,3 M€ n'est qu'une trajectoire moyenne lissée : un capital de 2 M€ composé à 5 % net pendant 10 ans donne environ 1,63 fois la mise de départ. Dans la réalité, le rendement réel varie selon le profil et l'horizon — un profil dynamique vise plus haut mais avec une volatilité bien supérieure, un profil prudent lisse la courbe au prix d'un rendement moindre. En pratique, aucune année ne tombera pile sur la moyenne. Ces projections sont illustratives, non garanties, et comportent un risque de perte en capital.

Synthèse du cas (illustratif)

Capital projeté ~3,3 M€ + ~315 k€ d'IR économisé sur 10 ans : le double effet capitalisation + défiscalisation. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital ; suppose un plafond et un TMI constants sur la période. Pour l'angle rendement / rente, voyez combien rapporte 2 M€ placés ; pour un couple en phase d'accumulation, couple à 300 000 € de revenus : constituer 1 M€.

7. Fiscalité 2026 : ce qui change et ce qui reste

Voici les repères 2026 utiles à un couple à hauts revenus. À retenir avant tout : la dualité des prélèvements sociaux issue de la LFSS 2026, qui interdit d'appliquer un taux unique partout.

Repères fiscaux 2026 pour un couple à hauts revenus. Données LF 2026 et LFSS 2026, à jour au 23/06/2026.
Sujet2026 — ce qu'il faut retenir
PERVersement déductible (× TMI ≤ 45 %), plafond salarié 37 680 €/pers., report 5 ans, mutualisation conjoints. Déblocage : capital au barème, gains au PFU 31,4 %.
Prélèvements sociaux17,2 % sur AV, contrat de capi, foncier, PV immo, PEL ; 18,6 % sur dividendes, intérêts, PV mobilières, PEA, PER, crypto. PFU 30 % sur l'AV vs 31,4 % hors AV/PEA.
Assurance-vie (> 8 ans)Abattement 4 600 € / 9 200 € (couple), IR 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes/pers. puis 12,8 %, PS 17,2 %.
PEA (> 5 ans)IR exonéré, PS 18,6 % à la sortie ; plafond 150 k€/pers.
Succession AV990 I (primes < 70 ans : 152 500 €/bénéf., 20 % jusqu'à 700 k€, 31,25 %) ; 757 B (primes > 70 ans : abattement global 30 500 €, gains exonérés).
IFISeuil 1,3 M€ d'immobilier net ; barème jusqu'à 1,5 % ; nue-propriété hors assiette (art. 968) ; AV/capi dans l'assiette pour la fraction immobilière (art. 972).
CEHR / CDHRCEHR (223 sexies) : 3 %/4 % au-delà de 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple) de RFR. CDHR (224) : plancher 20 %, PS exclus du numérateur.

Le périmètre exact de la CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus) doit s'apprécier au cas par cas. Pour le détail, voyez nos guides loi de finances 2026 et CDHR 2026.

8. Le mot du conseiller Hagnère

Ce que je répète à ces couples : ne courez pas après le rendement, maîtrisez d'abord votre revenu imposable. On sature le PER à deux, on loge chaque poche dans une enveloppe capitalisante, et on ne déclenche du revenu que lorsqu'on le choisit: par rachats partiels d'assurance-vie après 8 ans, idéalement à la retraite, quand la tranche d'imposition baisse. Sur dix ans, c'est cette discipline — et non un point de performance de plus — qui creuse l'écart.

Tous les chiffres de ce guide sont illustratifs et destinés à montrer la mécanique. Votre situation réelle — plafonds PER disponibles, RFR, exposition immobilière, projets — mérite une analyse sur mesure. C'est précisément le travail de notre cabinet.

Hagnéré Patrimoine

2 M€ à défiscaliser à deux ?

Plafonds PER, mutualisation, RFR : on chiffre votre défiscalisation à deux et on dessine l'allocation 4 poches de vos 2 M€.

Bilan gratuitSans engagementCGP ORIAS

Sources, mentions et disclaimer

Sources et références mobilisées dans ce guide

  • CGI : art. 163 quatervicies (déduction PER), 200 A (PFU et barème), 990 I et 757 B (assurance-vie en succession), 972 et 968 (IFI et démembrement), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR), 150-0 B ter (apport-cession), 150-0 D ter (abattement dirigeant retraite).
  • Lois récentes : LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, CSG +1,4 pt → dualité PS 17,2 % / 18,6 %) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, report PER 5 ans, apport-cession, CDHR).
  • Administration : service-public.fr (F14709, plafond et report PER) ; impots.gouv.fr (PEA, exonération IR après 5 ans, plafond 150 k€) ; BOFiP (assurance-vie après 8 ans) ; sécurité sociale (PASS 2026 = 48 060 €, PASS 2025 = 47 100 €).
  • Repères de rendement illustratifs (non garantis) : fonds euros ~2,6 % net ; SCPI ~4,7-4,9 % ; private equity ~11 %/an net moyen (forte dispersion) ; rente soutenable 3-5 % net.

Mise à jour le 23/06/2026. Données conformes à la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) et à la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Les chiffres, taux, seuils et exemples sont illustratifs, non garantis et susceptibles d'évoluer ; ils dépendent de votre situation personnelle.

Cet article a une visée informative et pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hagnéré Patrimoine — CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291, 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens — contact@hagnere-patrimoine.fr.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : couple cadres, 2 M€ et défiscalisation

On commence par saturer le PER à deux AVANT d'allouer le reste : c'est le seul levier qui efface de l'impôt à la tranche marginale dès l'année du versement. Une fois le PER plein, on bâtit les quatre poches (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide) à l'intérieur d'enveloppes capitalisantes (PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation) pour ne pas créer de revenu imposable pendant la vie active. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Pour un salarié, le plafond de déduction est de 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, plafonné à 37 680 € par personne en 2026 (10 % de 8 fois le PASS 2025 de 47 100 €). Les plafonds non utilisés se reportent sur 5 ans depuis la LF 2026 (les reliquats 2023-2025 restent reportables 3 ans). Pour un couple marié ou pacsé en imposition commune, les plafonds sont mutualisables (case 6QR). Le chiffre de 88 911 € vise les travailleurs non salariés, pas les cadres salariés.

L'économie d'impôt est égale au versement multiplié par la TMI. À 45 %, un euro versé efface 0,45 € d'impôt. Un couple qui verse environ 70 000 € à deux économise donc de l'ordre de 31 500 € d'impôt sur le revenu la même année. Illustratif, non garanti : l'économie dépend du plafond disponible et de la tranche réelle du foyer.

Pas forcément. En imposition commune, c'est le TMI du foyer qui pilote l'économie : à somme versée égale, le résultat fiscal est le même quel que soit le conjoint qui verse. Le vrai critère, c'est le plafond disponible de chacun, qui est mutualisable entre conjoints mariés ou pacsés. On peut donc concentrer les versements sur un seul PER si l'autre conjoint a un plafond moins utilisé.

Tout revenu de placement supplémentaire est taxé l'année où il tombe : jusqu'à 31,4 % de PFU sur les dividendes et intérêts hors enveloppe (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), ou au barème + 17,2 % de PS sur le foncier. Il gonfle aussi le revenu fiscal de référence, donc la CEHR et la CDHR. L'enveloppe capitalisante diffère l'imposition : tant qu'on ne rachète pas, il n'y a pas de revenu imposable.

Ordre recommandé pour un couple à 45 % : 1) le PER d'abord, pour la déduction immédiate et la baisse du RFR ; 2) les deux PEA, dont les actions sont exonérées d'IR après 5 ans (PS 18,6 % à la sortie) ; 3) le contrat de capitalisation, qui capitalise sans distribution et prépare la transmission ; 4) l'assurance-vie pour le surplus, avec ses atouts après 8 ans et à la succession.

Non, c'est la dualité des prélèvements sociaux 2026 issue de la LFSS 2026. Le PEA et le PER supportent 18,6 % de PS (CSG majorée de 1,4 point), comme les dividendes, intérêts et plus-values mobilières. L'assurance-vie et le contrat de capitalisation restent à 17,2 %, comme les revenus fonciers et les plus-values immobilières. Il ne faut donc pas appliquer un taux unique partout.

Plutôt non pour un couple purement salarié : sans titres opérationnels à apporter ni trésorerie d'entreprise à loger, la holding ajoute des coûts et de la rigidité sans gain. Une SCI à l'IS peut se discuter pour un projet immobilier locatif structuré, et une holding patrimoniale devient pertinente surtout en cas de bascule entrepreneuriale (l'un des conjoints crée ou reprend une société). Les enveloppes personnelles (PER, PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation) couvrent l'essentiel du besoin.

Oui. Le versement PER baisse le revenu net imposable, donc le revenu fiscal de référence, ce qui réduit simultanément l'impôt sur le revenu, la CEHR (art. 223 sexies) et la CDHR (art. 224, plancher de 20 %). Comme les prélèvements sociaux sont exclus du numérateur de la CDHR, le PER pèse à plein dans la baisse de cette contribution.

Pendant la durée du démembrement, le nu-propriétaire ne perçoit pas de loyers : il n'y a donc aucun revenu foncier imposable à l'IR sur cette poche. De plus, la nue-propriété sort temporairement de l'assiette de l'IFI, seul l'usufruitier étant en principe imposable (art. 968 CGI). C'est un double levier anti-IR et anti-IFI apprécié des couples à hauts revenus, avec en prime une décote à l'entrée.

En logeant chaque poche dans une enveloppe capitalisante (PER, PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation) et en ajoutant de la nue-propriété pour la brique immobilière. Tant qu'on ne rachète pas, le placement ne génère pas de revenu imposable. Le revenu se pilote ensuite par rachats partiels d'assurance-vie après 8 ans, idéalement à la retraite quand la tranche d'imposition baisse. Illustratif.

Oui. Pour les versements qui ont été déduits à l'entrée, le capital récupéré est imposé au barème de l'impôt sur le revenu et les gains au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). La sortie est possible en rente (imposée comme une pension) ou en capital fractionné. Le PER est d'autant plus payant que votre tranche à la retraite est plus basse qu'aujourd'hui.

À titre purement illustratif, 2 M€ capitalisés à 5 % net pendant 10 ans projettent un capital de l'ordre de 3,3 M€, hors nouveaux versements et hors économie d'impôt cumulée (environ 315 000 € si le couple sature le PER chaque année à plafond et TMI constants). Illustratif, non garanti, risque de perte en capital : aucun rendement n'est promis.