Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié en Italie
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation en Italie expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
33. Le retour en France
La question arrive presque toujours trop tard, et presque toujours dans ces termes : « on rentre en juin, qu’est-ce qu’il faut faire ? » Six mois plus tôt, la même question aurait valu plusieurs dizaines de milliers d’euros. Parfois davantage : sur un dossier sous forfait des neo residenti, le choix entre le 1eret le 2 juillet vaut 300 000 €, et sur un dossier d’impatriatoparti au bout de trois ans, le retour coûte l’intégralité de l’avantage obtenu, majoré d’intérêts. Le retour n’est pas la formalité administrative que les guides en font. C’est la seconde moitié d’une opération dont la première moitié a été soigneusement préparée, et qu’on laisse trop souvent se dénouer au hasard du calendrier scolaire.
Une chose doit être dite d’emblée, parce qu’elle commande tout le reste : le retour n’est pas le départ à l’envers. Les deux États ne comptent pas le temps de la même façon. L’Italie vous considère résident pour l’année civile entière ou pour rien du tout, sans fractionnement possible avec la France. La France, elle, ne compte vos revenus mondiaux qu’à partir du jour où vous y rétablissez votre domicile. Il existe donc, mécaniquement, une zone de plusieurs mois pendant laquelle vous êtes résident des deux États au regard de leurs droits internes, et pendant laquelle seule la convention du 5 octobre 1989 départage. Ce n’est pas une curiosité de professeur : c’est l’endroit où se joue le coût réel de l’année du retour.
Seconde asymétrie, moins connue et plus brutale : les deux régimes italiens ne se comportent pas du tout de la même manière à la sortie. Le forfait de l’article 24-bis se quitte proprement — les années passées sont acquises, rien n’est repris — mais la porte se referme définitivement derrière vous. Le régime des impatriés de l’article 5 du D.Lgs. 209/2023, lui, se quitte proprement à partir de la quatrième année et seulement à partir de là : en dessous, la déchéance est rétroactive, les avantages déjà consommés sont récupérés, et des intérêts s’y ajoutent. Un client qui a bénéficié des deux régimes ne fait pas le même arbitrage de date qu’un client qui n’a jamais opté.
Ce chapitre traite le retour dans l’ordre où il se prépare : le calendrier des deux résidences, la sortie des régimes italiens et ce qui reste acquis, la date française de reprise du domicile et la façon dont elle se construit, le dégrèvement de l’exit tax, les enveloppes qui se rouvrent, le sort d’un appartement italien que l’on garde, le régime français des impatriés de l’article 155 B avec ses conditions réelles — celles qui font échouer les dossiers, pas celles des plaquettes —, et un rétroplanning. Il renvoie sans les recopier au chapitre 05 pour les critères de résidence, au chapitre 11 pour l’année du départ, au chapitre 12 pour l’exit tax au fond, au chapitre 14 pour les enveloppes vues d’Italie, et au chapitre 24 pour la transmission.
Un avertissement de méthode, enfin, et il vaut pour toutes les pages qui suivent. Nos travaux préparatoires sont d’une solidité inégale selon les matières. Sur le droit italien, ils reposent sur les textes consolidés relus article par article — Normattiva, Gazzetta Ufficiale — et sur la prasside l’Agenzia delle Entrate. Sur le droit français, ils reposent sur le code, le BOFiP et les notices déclaratives officielles. Sur deux ou trois points précis, ils ne reposent sur rien de suffisant, et nous le disons à chaque fois plutôt que de combler au jugé.
Avertissement de datation — à lire avant tout chiffrage
Tout ce qui suit décrit le droit en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026. Au 1erjanvier 2027, le TUIR (D.P.R. 917/1986, art. 1 à 191), l’art. 16 du décret TVA (D.P.R. 633/1972), les commi 13 à 23 de l’article 19 du D.L. 201/2011 (IVIE et IVAFE), les articles 5 à 7 du D.Lgs. 461/1997 et l’art. 5 du D.L. 167/1990 sont abrogés et remplacés par les testi unici de la réforme fiscale (délégation L. 111/2023). Les règles de fond sont reprises ; la numérotation change. Concrètement, pour ce chapitre : le forfait des neo residenti passe de l’article 24-bis du TUIR à l’article 246du D.Lgs. 19 giugno 2026, n. 117, et le régime des impatriés passe de l’article 5 du D.Lgs. 209/2023 à l’article 225du même texte unique. L’article 376, comma 2, du texte unique prévoit que les renvois aux dispositions abrogées s’entendent des dispositions correspondantes du nouveau texte.
Les autres renvois de ce chapitre, pour mémoire : l’article 2du TUIR, qui porte la définition de la résidence des personnes physiques, devient l’article 2du nouveau texte unique, à contenu inchangé ; l’article 3 du D.Lgs. 23/2011, siège de la cedolare secca, devient les articles 203 à 206 ; l’article 68, comma 5, du TUIR devient l’article 77. La table de correspondance que nos travaux ont dressée sur le texte publié en Gazzetta Ufficiale ne donne pasl’article correspondant à l’article 67, comma 1, lettre b), du TUIR — les plus-values immobilières — ni à l’article 68, comma 1. Nous citons donc ces deux articles dans leur numérotation actuelle, sans avancer de correspondance que nous n’avons pas vérifiée.
Nous n’avons pas obtenu le texte de l’article 225 du nouveau texte unique. Nous ne le décrivons donc nulle part comme si nous en connaissions le contenu, et nous raisonnons, pour le régime des impatriés, sur l’article 5 du D.Lgs. 209/2023 tel qu’il s’applique jusqu’au 31 décembre 2026.
Deux calendriers qui ne se recouvrent pas
Commençons par la règle italienne, parce que c’est elle qui est rigide. L’article 2, comma 2, du TUIR, dans sa rédaction issue de l’article 1erdu D.Lgs. 209/2023, dispose : « Ai fini delle imposte sui redditi si considerano residenti le persone che per la maggior parte del periodo d’imposta, considerando anche le frazioni di giorno, hanno la residenza ai sensi del codice civile o il domicilio nel territorio dello Stato ovvero sono ivi presenti ». Trois critères alternatifs — résidence au sens du code civil, domicile, présence physique —, un seul suffit, et chacun s’apprécie sur la majeure partie de la période d’imposition. La phrase suivante du même comma y ajoute, non pas un quatrième critère, mais une présomption simple : « Salvo prova contraria, si presumono altresì residenti le persone iscritte per la maggior parte del periodo di imposta nelle anagrafi della popolazione residente ».
« La majeure partie », c’est 183 jours en année ordinaire, 184en année bissextile. Et la précision qui change tout est dans le texte lui-même : « considerando anche le frazioni di giorno ». Une fraction de journée compte pour une journée entière. Le jour de votre départ compte donc comme un jour de présence en Italie, exactement comme le jour de votre arrivée avait compté à l’aller. L’illustration officielle de l’Agenzia, dans la circolare 20/E du 4 novembre 2024, ne laisse aucune marge : un vol atterrissant à 23 h 00 le 1erjuillet et un vol repartant à 01 h 00 le 31 décembre 2024 donnent 184 jours.
Il n’y a pas de split yearavec la France. La circolare 20/E, consultée le 30/07/2026, énumère l’Allemagne, la Suisse et Panamacomme les seules conventions italiennes comportant une clause de fractionnement de la période d’imposition, et ne mentionne pas la France ; la convention franco-italienne du 5 octobre 1989, dont nos travaux ont lu le texte intégral, ne comporte pas de clause de fractionnement à son article 4. Vous êtes donc résident d’Italie pour l’année entière, ou vous ne l’êtes pas du tout. L’Agenzia le démontre par un exemple qu’il faut avoir en tête avant de planifier un aller-retour : une personne résidente d’Italie jusqu’au 29 février 2024, partie du 1ermars au 29 août, revenue le 30 août jusqu’à la fin de l’année, totalise 184 jours non consécutifs et conserve la résidence fiscale italienne pour toute la période 2024.
Côté français, la règle est exactement inverse, et elle est écrite noir sur blanc. L’article 166 du CGI dispose :
« Lorsqu’un contribuable précédemment domicilié à l’étranger transfère son domicile en France, les revenus dont l’imposition est entraînée par l’établissement du domicile en France ne sont comptés que du jour de cet établissement. »
L’article 166 n’est pas un split yearà l’anglaise, et le confondre avec l’un conduit à des erreurs de déclaration. Il produit deux effets, et deux seulement : l’obligation fiscale illimitée— les revenus de source mondiale — ne court qu’à compter du jour d’établissement du domicile ; mais les revenus de source française de la période antérieure restent imposables selon le régime des non-résidents, sur la même déclaration annuelle. Une déclaration, deux régimes successifs dans l’année. La doctrine correspondante est BOI-IR-DOMIC-20, sur l’acquisition d’un domicile en France ou le transfert d’un domicile hors de France.
Superposez les deux règles et vous obtenez le problème central de l’année du retour. Si vous quittez l’Italie le 15 septembre, vous avez passé 258 jours en Italie : vous êtes résident italien pour l’année entière, et résident français à partir du 15 septembre. Sur ces trois mois et demi, les deux États vous considèrent comme leur résident au regard de leur droit interne, et chacun prétend imposer vos revenus mondiaux. C’est l’article 4 § 2 de la convention qui départage, par une échelle de critères successifs : l’État où vous disposez d’un foyer d’habitation permanent ; à défaut de départage, celui avec lequel vos liens personnels et économiques sont les plus étroits, que le texte appelle le centre des intérêts vitaux ; puis le séjour habituel ; puis la nationalité ; puis l’accord amiable entre autorités compétentes.
Nous ne prétendons pas ici que la convention permettrait de découper l’année en deux périodes de résidence conventionnelle. Ce point n’est pas tranché par nos travaux : la circolare 20/E rappelle, en renvoyant à la risoluzione du 3 décembre 2008, n. 471/E, que le Commentaire OCDE n’admet le fractionnement qu’aux seules fins de l’article 4 § 2, comme règle de départage supplémentaire, et la convention franco-italienne ne comporte pas de clause de split year. Ce que nous disons, en revanche, est solide et suffit à la décision : la période de chevauchement existe, elle est coûteuse à dénouer, et la seule façon fiable de ne pas avoir à la dénouer est de choisir sa date.
Le jour qui vaut 300 000 €
Faisons le calcul au jour près, puisque c’est ainsi que la règle est écrite. En année ordinaire, du 1er janvier au 1er juillet inclus il y a 182 jours ; jusqu’au 2 juillet inclus, 183. Le seuil étant de 183, quitter l’Italie le 2 juillet vous laisse résident italien pour l’année entière ; la quitter le 1er juillet ne le fait pas. En année bissextile, le seuil monte à 184 et le décompte gagne un jour, de sorte que la date de bascule ne bouge pas : jusqu’au 2 juillet inclus, 184 jours, résident ; jusqu’au 1erjuillet, 183 jours, non résident. Le décalage d’un jour n’existe qu’à l’arrivée en Italie, où le pivot est le 3 juillet en année ordinaire et le 2 juillet en année bissextile.
| Dernier jour de présence en Italie | Année ordinaire (2026, 2027) | Année bissextile (2028) |
|---|---|---|
| 30 juin | 181 jours — non résident | 182 jours — non résident |
| 1er juillet | 182 jours — non résident | 183 jours — non résident |
| 2 juillet | 183 jours — RESIDENT pour l'annee entiere | 184 jours — RESIDENT pour l'annee entiere |
| 3 juillet | 184 jours — RESIDENT pour l'annee entiere | 185 jours — RESIDENT pour l'annee entiere |
Cette arithmétique n’a l’air de rien tant qu’on ne l’applique pas à un dossier sous forfait. Le forfait des neo residentiest un impôt substitutif annuel dû par période d’imposition, sans proratisation. Il est de 300 000 € pour les personnes ayant transféré leur résidence à compter du 1er janvier 2026, de 200 000 €pour les transferts du 11 août 2024 au 31 décembre 2025, et de 100 000 €pour les transferts intervenus jusqu’au 10 août 2024 inclus — la date de référence étant celle du transfert de la résidence au sens de l’article 43 du code civil italien, et non celle de l’acquisition de la résidence fiscale.
Or la déchéance du forfait pour transfert de résidence à l’étranger produit effet, selon la circolare 17/E, « con effetto dal periodo d’imposta in cui il soggetto perde la residenza in Italia ai sensi dell’articolo 2, comma 2, del TUIR ». Traduction opérationnelle : si vous perdez la résidence italienne au titre de l’année 2027, le régime cesse dès 2027 et le forfait n’est pas dû pour cette année. Si vous restez résident italien pour l’année 2027 — parce que vous êtes parti le 2 juillet et non le 1er—, vous êtes redevable du forfait pour l’intégralité de l’année 2027, alors même que vous avez vécu six mois en France.
Un optant au forfait qui rentre en 2027 : deux dates, deux factures
HYPOTHESES
Transfert de residence en Italie ...................... 2022
Montant du forfait fige a l'entree ............. 100 000 €/an
Revenus de source etrangere ...................... 1 400 000 €
Retour en France envisage a l'ete 2027 (annee ordinaire)
SCENARIO A — DERNIER JOUR EN ITALIE : 1er JUILLET 2027
Jours de presence en Italie ........................ 182 j
Seuil de residence ................................. 183 j
Residence fiscale italienne 2027 ........................ non
Forfait du au titre de 2027 .............................. 0 €
Regime francais : art. 166 CGI, revenus mondiaux
imposes en France a compter du jour d'etablissement
du domicile
SCENARIO B — DERNIER JOUR EN ITALIE : 2 JUILLET 2027
Jours de presence en Italie ........................ 183 j
Residence fiscale italienne 2027 ......................... oui
Forfait du au titre de 2027 ....................... 100 000 €
Et double residence a denouer sur six mois par
l'article 4 § 2 de la convention
ECART ENTRE LES DEUX SCENARIOS ..................... 100 000 €
Sur un dossier entre en 2026 au forfait de 300 000 €,
le meme ecart d'un jour vaut ...................... 300 000 €- 182 et 183 jours :Du 1er janvier au 1er juillet inclus : 31 + 28 + 31 + 30 + 31 + 30 + 1 = 182. Au 2 juillet inclus : 183. Le jour du depart compte pour un jour entier, article 2, comma 2, du TUIR : « considerando anche le frazioni di giorno »
- Effet de la decheance :Circolare 17/E, partie III, § 6.2, lettre b) : le transfert de la residence fiscale a l'etranger est une cause de decheance, « con effetto dal periodo d'imposta in cui il soggetto perde la residenza in Italia ai sensi dell'articolo 2, comma 2, del TUIR »
- Absence de proratisation :Le forfait est un impot substitutif annuel. Ni l'article 24-bis du TUIR, ni la circolare 17/E, dans les extraits que nos travaux ont lus, ne prevoient de reduction au prorata de la duree de residence sur l'annee
- Controle arithmetique :31 + 28 + 31 + 30 + 31 + 30 = 181 ; 181 + 1 = 182 ; 181 + 2 = 183 ; en annee bissextile 182 + 2 = 184
Nous publions cet écart parce qu'il est le seul chiffre de ce chapitre qui se décide entièrement à l'avance, gratuitement, et qui ne dépend d'aucune interprétation. Il suppose évidemment qu'aucun des trois autres critères italiens — résidence au sens du code civil, domicile au sens du foyer des relations personnelles et familiales, inscription à l'anagrafe — ne soit rempli sur la majeure partie de l'année : déménager le 1er juillet en laissant sa famille et son inscription anagraphique en Italie jusqu'en décembre ne produit aucun des effets décrits ici.
Le raisonnement joue en sens inverse pour un impatriato, et c’est ce qui rend le conseil délicat quand un couple relève de deux régimes différents. Là où l’optant au forfait a intérêt à ne pas franchir le seuil l’année du retour, l’impatrié a souvent intérêt à le franchir : une année de résidence italienne de plus, c’est une année qui compte dans l’engagement de quatre ans, et c’est parfois ce qui sépare la conservation de l’avantage de sa reprise intégrale. Nous y venons.
L’impatrié qui rentre avant quatre ans : la seule situation où le retour coûte plus qu’il n’a rapporté
C’est le point le plus mal compris du dossier, y compris chez des praticiens, et il tient à une simple non-coïncidence de durées : l’avantage dure cinq périodes d’imposition, l’engagement porte sur quatre ans. Le texte est l’article 5, comma 3, du D.Lgs. 209/2023, dans sa version en vigueur au 1erjanvier 2026 :
« Le disposizioni del presente articolo si applicano a partire dal periodo di imposta in cui è avvenuto il trasferimento della residenza fiscale in Italia e nei quattro periodi d’imposta successivi. Se la residenza fiscale in Italia non è mantenuta per almeno quattro anni, il lavoratore decade dai benefici e si provvede al recupero di quelli già fruiti, con applicazione dei relativi interessi. »
Deux phrases, deux durées. La première fixe la durée du bénéfice : l’année du transfert de la résidence fiscale, plus les quatre suivantes. La seconde fixe la sanction : si la résidence fiscale italienne n’est pas maintenue au moins quatre ans, le travailleur est déchu et l’on procède au recouvrement de ce dont il a déjà bénéficié, avec application des intérêts. Ce n’est pas la perte des années restantes. C’est la reprise des années consommées.
Ce que « déchéance rétroactive » veut dire, en euros
Prenons un cadre installé à Milan en 2026, rémunéré 200 000 €par an, qui bénéficie de l’abattement de 50 % dans la limite annuelle de 600 000 €de revenus éligibles. Chaque année, 100 000 € de base imposable disparaissent, et ils disparaissent par le haut du barème : la troisième tranche de l’IRPEF est à 43 %au-delà de 50 000 €. Cela représente 43 000 €d’IRPEF par an, auxquels s’ajoutent les addizionali régionale et communale — de 1,23 à 4,23 pointsselon la région et la commune, soit 1 230 à 4 230 € de plus par an.
S’il rentre en France en 2029 en n’ayant été résident fiscal italien qu’au titre de 2026, 2027 et 2028, il n’a pas tenu les quatre ans. Ce ne sont pas les deux années restantes qu’il perd : ce sont les trois années obtenues qui sont reprises, soit 129 000 € d’IRPEF, plus les addizionali, plus les intérêts. S’il décale son départ pour rester résident fiscal italien au titre de 2029 — soit, en année ordinaire, en ne quittant l’Italie qu’à partir du 2 juillet 2029 —, il a tenu quatre ans, il conserve tout, et il perd seulement la cinquième année d’abattement. L’écart entre les deux décisions dépasse 130 000 €.
Un impatrié qui envisage une mobilité à trois ans ne doit pas opter.C’est la conclusion de nos travaux, et elle est sans nuance.
Deux précisions d’honnêteté sur ce mécanisme. La première : le texte parle de « almeno quattro anni » — au moins quatre ans — quand la première phrase du même comma raisonne en periodi d’imposta. La méthode exacte de décompte, année civile par année civile ou de date à date, n’est pas établie par les pages de l’Agenzia que nos travaux ont consultées le 30/07/2026. Sur un dossier réel où le retour se joue à quelques semaines, c’est la première question à poser au dottore commercialista, et elle se pose avant de signer un bail en France.
La seconde : le comma 3 mentionne les intérêtset ne mentionne pas de sanction administrative distincte. Nous n’avons pas trouvé, sur les pages de l’Agenzia consultées le 30/07/2026, de doctrine précisant si des sanzionipour déclaration infidèle s’ajoutent aux intérêts en cas de déchéance, ni le point de départ du calcul de ces intérêts. Nous n’affirmons donc rien sur ce point, et il faut budgéter la reprise en supposant que la réponse pourrait être défavorable.
Une conséquence pratique se déduit de tout cela et mérite d’être posée franchement. Le régime des impatriés n’est pas un régime de mobilité courte. Il est conçu pour une installation longue : cinq périodes de bénéfice, quatre ans d’engagement, aucune prolongation de droit commun — ni pour enfant à charge, ni pour acquisition immobilière, contrairement à l’ancien régime fermé aux arrivées postérieures au 31 décembre 2023. La seule prolongation qui ait existé sous le nouveau régime, de trois périodes supplémentaires, était réservée aux personnes ayant transféré leur résidence anagraficaau cours de l’année 2024 et propriétaires d’un logement en Italie au plus tard le 31 décembre 2023. Cette fenêtre est fermée. Plusieurs pages en circulation la présentent encore comme une option ouverte ; elle ne l’est plus pour personne conseillé en 2026.
Sortir du forfait : une sortie propre, mais une porte qui ne se rouvre jamais
Le contraste avec le régime précédent est complet. L’article 24-bis, comma 4, du TUIR organise trois modes de sortie et un principe de conservation :
« L’opzione di cui al comma 1 è revocabile e comunque cessa di produrre effetti decorsi quindici anni dal primo periodo d’imposta di validità dell’opzione. Gli effetti dell’opzione cessano in ogni caso in ipotesi di omesso o parziale versamento, in tutto o in parte, dell’imposta sostitutiva di cui al comma 2 nella misura e nei termini previsti dalle vigenti disposizioni di legge. Sono fatti salvi gli effetti prodotti nei periodi d’imposta precedenti. La revoca o la decadenza dal regime precludono l’esercizio di una nuova opzione. »
Trois phrases décisives pour qui rentre. « Sono fatti salvi gli effetti prodotti nei periodi d’imposta precedenti » : les effets produits au titre des périodes antérieures sont préservés. Rien n’est repris, rien n’est requalifié, les années de forfait sont acquises. C’est l’exact opposé du régime des impatriés.« La revoca o la decadenza dal regime precludono l’esercizio di una nuova opzione » : la sortie interdit toute nouvelle option. Et la circolare 17/E, § 6.3, précise que cette interdiction est absolue : « si deve ritenere che tale preclusione sia assoluta nel senso che il soggetto che ha esercitato la revoca o che sia decaduto dal beneficio non possa accedere al regime opzionale neanche in qualità di familiare di cui all’articolo 433 del codice civile ». Pas même par la porte de service du statut de membre de la famille d’un futur optant.
Voilà le vrai coût du retour pour un optant, et il est intégralement stratégique. Vous ne perdez rien de ce que vous avez obtenu ; vous perdez la possibilité de recommencer. Si votre projet comporte une hypothèse de retour en Italie — un mandat de trois ans en France puis une réinstallation à Rome —, la révocation est une décision irréversible qu’il faut prendre en connaissance de cause. Et même sans cette interdiction, le retour ultérieur se heurterait à la condition d’accès elle-même : neuf des dix périodes d’imposition précédant le transfert doivent avoir été passées hors d’Italie. Trois ans en France ne suffiraient pas.
Deux pièges de trésorerie sur la dernière année de forfait
- Le versement en retard tue le régime, y compris la dernière année. Le comma 4 est explicite : les effets de l’option cessent « in ogni caso in ipotesi di omesso o parziale versamento ». La circolare 17/E range cette cause parmi les déchéances, « con effetto dal periodo d’imposta rispetto al quale doveva essere eseguito il versamento ». Un client qui, l’esprit occupé par son déménagement, laisse passer l’échéance du solde, bascule pour cette année-là en imposition ordinaire sur ses revenus mondiaux. Sur 1,4 M€ de revenus étrangers, l’écart avec le forfait se chiffre en centaines de milliers d’euros.
- Le forfait payé au titre d’un exercice révoqué se récupère. La révocation est libre et peut intervenir avant l’échéance ; la circolare 17/E, § 6.1, l’écrit : « Trattandosi di una scelta facoltativa del contribuente, l’opzione per l’imposta sostitutiva in esame è liberamente revocabile anche prima della scadenza prevista dalla norma ». Elle s’exprime dans la déclaration de revenus d’une des périodes postérieures à celle de l’exercice de l’option, ou, en l’absence d’obligation déclarative, par communication à la Divisione Contribuenti de l’Agenzia. Le forfait déjà versé au titre de l’exercice révoqué donne lieu à remboursement ou à compensation.
Un mot sur les membres de la famille, parce que la question se pose souvent au moment du retour quand une partie du foyer reste en Italie. Lorsque le régime cesse pour des faits qui concernent le contribuable principal, la circolare 17/E, § 6.3, ouvre aux familiarila possibilité de devenir eux-mêmes bénéficiaires principaux, en exerçant une option autonome et en versant le forfait du contribuable principal — au montant applicable à l’intéressé selon la date de son propre transfert de résidence. Le décompte tient compte des années déjà passées en qualité de membre de la famille : l’option autonome vaut « per il periodo residuo al completamento del quindicennio ». Un conjoint qui reste à Florence ne repart donc pas pour quinze ans, il achève ceux qui restent.
Le montant du forfait après le 1er janvier 2027 : la réserve que nous publions telle quelle
Le maintien du montant d’entrée au-delà du 1er janvier 2027 est la lecture attendue, mais aucun texte ne l’écrit. Les deux clauses transitoires qui figent ce montant ne sont pas abrogées, mais elles sont adossées à un article du TUIR abrogé à cette date, tandis que le nouveau texte unique ne reprend aucune clause de sauvegarde.
Ce point intéresse directement le calendrier d’un retour. Un optant entré en 2023 à 100 000 € qui hésite entre un retour en 2027 et un retour en 2029 arbitre, sans le savoir, une incertitude de 200 000 € par an sur les années restantes. Nous ne tranchons pas, et nous recommandons de ne prendre aucune décision irréversible sur ce fondement avant un decreto legislativo correttivo ou la première circolared’application du texte unique.
La date française de reprise du domicile, et pourquoi elle se construit
Côté français, le domicile fiscal est défini par l’article 4 B du CGI : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Trois critères alternatifs, un seul suffit. Et depuis le 16 février 2025, l’article 83 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 a inséré dans cet article un alinéa qui fait primer la convention sur les critères internes — un alinéa dont la portée déborde très largement l’impôt sur le revenu, puisque l’article 4 B sert aussi de renvoi à l’article 750 ter en matière successorale, à l’article 964 pour l’IFI et à l’article 167 bis pour l’exit tax.
En pratique, la date de rétablissement du domicile n’est pas une case à cocher : elle se déduit de faits. Et ces faits, personne ne les reconstituera pour vous trois ans plus tard. Le dossier se monte au moment du retour, pas au moment du contrôle. Ce qui suit n’est pas une liste de bonnes intentions : c’est ce qu’un vérificateur demandera.
Le dossier de date : ce qu’il contient
- Le titre d’occupation français et sa date d’effet : bail signé, acte d’acquisition, état des lieux d’entrée. Le foyer, au sens de l’article 4 B, est le lieu où la famille habite normalement, pas celui où le contribuable dit habiter.
- Le contrat de travail ou le mandat social français, avec sa date de prise d’effet — laquelle est aussi, pour l’article 155 B, la date de prise de fonctions dont dépend le point de départ des huit années.
- La preuve du dénouement italien : résiliation du bail, état des lieux de sortie, résiliation des contrats de fourniture, clôture ou transfert des abonnements, et la radiation de l’anagrafe de la commune de résidence.
- Les justificatifs de scolarisation des enfants en France, et la date effective d’entrée dans l’établissement — pas la date d’inscription.
- Les titres de transport et les relevés bancaires de la période de bascule. C’est fastidieux, et c’est ce qui fait la différence quand la date est contestée à deux semaines près.
Un point technique que le corpus français traite mal, et qui concerne les revenus perçus avantla reprise du domicile. Pour les salaires de source française encaissés pendant que vous étiez encore non-résident, la retenue à la source de l’article 182 A du CGI reste applicable, et l’article 197 B rend libératoires les fractions correspondant aux tranches à 0 % et 12 %. Ces fractions ne doivent donc pas être réintégrées dans le revenu global de l’année du retour. La tranche à 20 % — 14,4 % dans les départements d’outre-mer — n’est pas libératoire, elle. C’est une vérification à faire ligne à ligne : l’erreur consiste à tout réintégrer, et elle se paie à l’avis d’imposition.
Les formalités italiennes de sortie, et l’amende que personne ne vous rappellera
Quitter l’Italie suppose de se faire radier du registre de la population résidente de la commune. Ce n’est pas une politesse administrative. Depuis 2024, l’inscription à l’anagrafependant la majeure partie de la période d’imposition fait présumer la résidence fiscale italienne — « salvo prova contraria », certes, mais la preuve contraire est redoutable. La circolare 20/E précise que le contribuable doit établir, sur la base d’éléments objectivement vérifiables, que sur la majeure partie de la période aucun des critères alternatifs autres que l’anagrafen’était rempli : ni résidence au sens du code civil, ni domicile, ni présence physique. Une preuve négative sur trois branches simultanées. Le passage de la présomption absolue à la présomption relative est un adoucissement de principe, pas une porte de sortie commode.
Les délais sont courts et la sanction est annuelle. L’article 13, comma 1, lettre a), et comma 2, du d.P.R. 30 maggio 1989, n. 223, oblige à déclarer le transfert de résidence depuis ou vers l’étranger dans les vingt jours. Pour les ressortissants italiens et les binationaux, s’y ajoute la déclaration consulaire d’inscription à l’AIRE — l’Anagrafe degli Italiani Residenti all’Estero — dans les quatre-vingt-dix jours, en application de l’article 6, commi 1 et 4, de la loi 470/1988. L’omission de l’une ou l’autrede ces deux formalités est sanctionnée d’une amende de 200 à 1 000 € par année d’omission, depuis la modification de l’article 11 de la loi 1228/1954 par l’article 1, comma 242, de la loi 213/2023.
Une précision qui évite un contresens fréquent : l’AIRE est le registre des ressortissants italiensrésidant à l’étranger. Un ressortissant français qui quitte l’Italie n’a pas à s’y inscrire — il a en revanche à se faire radier de l’anagrafe communale. Les binationaux franco-italiens, eux, sont concernés par les deux formalités.
Reste la dernière déclaration italienne, celle de l’année de résidence. Elle se dépose l’année suivante, alors que vous vivez déjà en France, et elle porte encore sur vos revenus mondiaux si vous étiez résident pour l’année entière. Si vous relevez du régime de droit commun, elle comprend le quadro RWpour vos avoirs français, avec l’IVIE sur votre immobilier français et l’IVAFE sur vos comptes et contrats. Nous insistons sur ce point parce qu’il est régulièrement oublié : la dernière année de résidence italienne engendre une obligation déclarative complète qui se dénoue six à dix-huit mois après le déménagement, à un moment où le dossier est refermé et le commercialistaplus très joignable. Le mandat de suivi se prolonge d’un exercice, contractuellement, avant le départ. Le régime de sanctions du quadro RW— de 3 à 15 % des montants non déclarés, de 6 à 30 % pour les États à fiscalité privilégiée, et une sanction fixe de 258 €si la déclaration est présentée dans les quatre-vingt-dix jours du terme — s’applique jusqu’au 31 décembre 2026 ; l’article 5 du D.L. 167/1990 qui le porte est abrogé au 1erjanvier 2027 par le D.Lgs. 5 novembre 2024, n. 173, et le siège du dispositif change alors. L’obligation de monitoraggioelle-même, à l’article 4 du même décret-loi, n’est pas abrogée.
Un optant au forfait, lui, était dispensé de quadro RW, d’IVIE et d’IVAFE ; un impatriatoy était intégralement soumis. C’est une des différences les moins connues entre les deux régimes, et elle change la charge de travail de la dernière déclaration du simple au triple. Le chapitre 28 traite le déclaratif au fond.
L’exit tax : le retour est l’événement qui dégrève, à une condition
Si vous êtes parti en Italie avec une exit tax en sursis, le retour est une bonne nouvelle — sous réserve d’avoir fait ce qu’il fallait entre-temps, et de faire ce qu’il faut l’année suivante. Rappelons d’abord qui est concerné, parce que le corpus français alarme beaucoup de gens qui ne le sont pas. L’article 167 bis du CGI ne vise que les contribuables ayant été fiscalement domiciliés en France pendant au moins six des dix années précédant le transfert, et détenant soit une participation d’au moins 50 %des bénéfices sociaux d’une société, soit des titres dont la valeur globale excède 800 000 €. La condition de durée est cumulative avec les seuils patrimoniaux : un cadre rentré en France quatre ans avant de repartir n’est pas dans le champ, quelle que soit la valeur de son portefeuille. Le chapitre 12 traite le dispositif au fond.
Le VII de l’article 167 bis prévoit le dégrèvement de l’imposition établie au départ — ou sa restitution si elle avait été payée — dans trois hypothèses qui intéressent un retour d’Italie :
| Événement dégrevant | Condition | Ce que cela suppose d'avoir fait |
|---|---|---|
| Rétablissement du domicile fiscal en France | Détenir toujours les titres ou créances concernés à la date du retour | N'avoir cédé aucun des titres grevés d'une plus-value latente pendant le séjour italien |
| Expiration d'un délai de 2 ans | Valeur globale des titres et droits inférieure à 2 570 000 € à la date du transfert, et titres conservés à l'échéance | Rien d'autre que le temps et la conservation |
| Expiration d'un délai de 5 ans | Valeur globale des titres et droits supérieure à 2 570 000 € à la date du transfert, et titres conservés à l'échéance | Rien d'autre que le temps et la conservation |
Trois enseignements, dans l’ordre de leur utilité.
Premier. Le dégrèvement au retour n’est soumis à aucune durée minimale d’expatriation. Il joue quelle que soit la durée du séjour italien, y compris inférieure à deux ans. C’est le levier principal quand le retour est probable : une expatriation de trois ans avec un portefeuille de 6 M€ ne bénéficie pas du délai de cinq ans, qui n’a pas couru, mais bénéficie du dégrèvement au retour, qui ne dépend que de la conservation des titres.
Deuxième. La condition de conservation est un couperet. Vendre à Milan puis rentrer, c’est perdre le bénéfice : la cession est le premier des événements qui rendent l’impôt immédiatement exigible. Sur une plus-value latente de 5 M€, l’imposition ressort à 31,4 %— 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 —, soit 1 570 000 €. C’est le prix d’une cession mal calée dans le calendrier. Nous avons vu des dossiers où la cession était intervenue quatre mois avant un retour déjà décidé.
Troisième.Le délai de quinze ans a été abrogé par la loi de finances pour 2019, et les pages qui le mentionnent encore décrivent un droit révolu. Une nuance s’impose toutefois, parce que la formulation absolue est fausse : le régime des deux ou cinq ans vaut pour les départs postérieurs au 1er janvier 2019, tandis que les transferts de domicile intervenus entre 2014 et 2018restent régis par l’ancien délai. Un client parti à Turin en 2017 n’est pas dans le même régime qu’un client parti en 2021.
La formalité qui annule tout le reste si elle est manquée
Le dégrèvement n’est pas automatique. Il se demande par le dépôt de la déclaration n° 2074-ETS3, l’année qui suit celle de la réalisation de l’événement — donc l’année suivant le retour —, auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, dans le même délai que la déclaration n° 2042, et accompagnée des déclarations n° 2042 et n° 2042 C.
La notice de la déclaration n° 2074-ETD, millésime 2025, § IV-B, prévoit — nous paraphrasons — que le défaut de dépôt de ces déclarations à la suite d’un événement entraînant le dégrèvement ou la restitution rend immédiatement exigible l’impôt en sursis de paiement si la situation n’est pas régularisée dans les trente jourssuivant la notification d’une mise en demeure. Autrement dit : l’oubli d’un formulaire transforme un dégrèvement acquis en dette exigible.
Deux autres obligations de suivi, souvent négligées : conserver l’exemplaire de la déclaration n° 2074-ETD déposée au départ, sans laquelle la reconstitution du dossier est pénible ; et signaler sur papier libre au service des non-résidents, dans les deux mois, tout transfert de domicile postérieur au départ initial. Un client passé de Milan à Lugano puis rentré en France a trois événements à documenter, pas un.
Un dernier point technique, presque absent du corpus francophone et directement lié au retour : les moins-values réalisées pendant l’expatriation. La notice 2074-ETD 2025, § VII-B, prévoit que la moins-value réelle réalisée alors que l’on était domicilié dans un État relevant du IV de l’article 167 bis — ce qui inclut l’Italie, État membre de l’Union —, sur des titres grevés d’une plus-value latente au départ, est imputable notamment « lorsque vous rétablissez votre domicile fiscal en France, sur les plus-values brutes imposables conformément à l’article 150-0 A du CGI réalisées dans la limite du délai d’imputation prévu au 11 de l’article 150-0 D du CGI ». Le § VIII de la même notice ajoute que les moins-values de cession réalisées avantle transfert et non encore imputées restent utilisables dans la limite du même délai de dix ans. La notice précise en revanche que les moins-values « réelles » constatées à l’occasion d’une donationne sont pas imputables. Sur un portefeuille malmené pendant l’expatriation, ce point vaut plusieurs dizaines de milliers d’euros, et il se perd faute d’avoir été suivi.
Les enveloppes françaises : ce qui se rouvre, et ce qui a déjà été abîmé
La formule « les enveloppes se rouvrent » est vraie sur le plan juridique et trompeuse sur le plan économique. Juridiquement, rien ne s’est fermé : ni le plan d’épargne en actions, ni le contrat d’assurance-vie, ni le plan d’épargne retraite. Économiquement, le séjour italien a pu leur faire beaucoup de mal, et le retour ne répare rien de ce mal-là.
Le PEA.La condition de domicile fiscal en France porte sur l’ouverturedu plan, non sur son maintien : BOI-RPPM-RCM-40-50-10, § 62, énonce qu’« en application du premier alinéa de l’article L. 221-30 du code monétaire et financier (CoMoFi), peuvent ouvrir un PEA les personnes physiques majeures dont le domicile fiscal est situé en France ». Et le BOFiP le dit expressément : BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 énonce que le transfert du domicile fiscal hors de France par le titulaire n’entraîne plus la clôture du plan, quel que soit l’État de destination,saufsi ce transfert s’effectue dans un État ou territoire non coopératif au sens de l’article 238-0 A du CGI — ce que l’Italie n’est pas. Au retour, le plan reprend donc son cours sans démarche : l’antériorité fiscale n’est pas perdue, les versements peuvent recommencer dans la limite du plafond, et les titres italiens sont restés éligibles pendant toute la période puisque l’Italie est dans l’Union. L’erreur coûteuse est de l’avoir clôturé au départ sur le conseil d’un intermédiaire mal informé : la reconstitution de l’antériorité est alors impossible.
Le dommage économique, lui, est ailleurs et il est déjà consommé. Nos travaux retiennent — en paraphrase, et sans avoir pu le vérifier sur une source primaire italienne — que l’Italie ne reconnaît pas le PEA comme un régime de report ou d’exonération : pour le fisc italien, c’est un compte de titres étranger, dont les plus-values réalisées à l’intérieur de l’enveloppe sont des redditi diversi di natura finanziariaimposables au fil de l’eau à 26 %, sans attendre le retrait. Si cette lecture est la bonne, le PEA a cessé d’être capitalisant pendant toutes les années italiennes, tout en restant soumis aux contraintes françaises du plan. Le retour ne rend pas les impôts italiens déjà payés. C’est, de tous les points de ce chapitre, celui qui aurait dû être arbitré avant le départ ; nous le traitons au chapitre 14.
L’assurance-vie.Le contrat n’est pas dénoué par le transfert de domicile : les pages BOFiP consultées le 30/07/2026 ne mentionnent aucune cause de dénouement liée au transfert. Ce qui change au retour est le régime des rachats. Pour un non-résident, le prélèvement de l’article 125-0 A du CGI est obligatoire et libératoire ; pour un résident de France, il redevient une option, l’autre branche étant le barème progressif. Les prélèvements sociaux, eux, réapparaissent : un non-résident n’en supportait aucun sur ses produits d’assurance-vie ; un résident en supporte 17,2 %.
Le vrai sujet du retour sur l’assurance-vie : le prélèvement de l’article 990 I
Le sujet fiscal du rachat est secondaire. Le sujet successoral, lui, est de premier ordre, et le retour le renverse. BOI-TCAS-AUT-60, § 141, énonce : « Le bénéficiaire est assujetti au prélèvement visé au premier alinéa de l’article 990 I du CGI dès lors qu’il a, au moment du décès, son domicile fiscal en France au sens de l’article 4 B du CGI et qu’il l’a eu pendant au moins six années au cours des dix années précédant le décès, ou dès lors que l’assuré a, au moment du décès, son domicile fiscal en France au sens du même article 4 B du CGI. »
Lisez la fin : ou dès lors que l’assuré a son domicile fiscal en France. Pendant les années italiennes, si les bénéficiaires étaient eux aussi hors de France — ou ne l’avaient pas été six ans sur les dix précédant le décès —, le contrat se transmettait hors du champ du prélèvement de 20 % puis 31,25 %. Le jour où l’assuré redevient domicilié en France, cette exclusion tombe pour tout le monde, quels que soient les domiciles des bénéficiaires. C’est, dans beaucoup de dossiers, le coût patrimonial le plus lourd du retour, et il n’apparaît sur aucun avis d’imposition.
Nous ne concluons pas ici sur le dénouement au décès : la qualification conventionnelle des produits d’assurance-vie français pour un résident d’Italie n’est pas tranchée par nos travaux, le traitement des primes versées après soixante-dix ans relève de l’article 757 B et de la territorialité de l’article 750 ter, et l’ensemble se traite avec un spécialiste. Voir le chapitre 24.
Le PER.Les sources consultées le 30/07/2026 ne mentionnent pas le transfert de domicile parmi les cas de déblocage ou de clôture. Au retour, la déductibilité des versements redevient utilisable : elle relève de l’article 163 quatervicies du CGI, avec un plafond de droit commun de 10 % des revenus d’activité professionnelle de l’année précédente et un plancher égal à 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale, applicable notamment aux personnes sans revenu professionnel. Une question reste ouverte, et elle est concrète pour qui rentre : le sort du plafond et du report des plafonds non utilisés des trois années précédentes, pour une personne qui n’a perçu aucun revenu professionnel imposable en France pendant ses années italiennes, n’a pas pu être établi sur les pages BOFiP consultées. Nous ne le devinons pas : c’est une question à poser au service des impôts ou à faire trancher par l’avocat avant de calibrer un versement de rattrapage.
Les prélèvements sociaux, produit par produit.C’est la donnée la plus dangereuse à substituer globalement, et le retour est précisément le moment où l’on bascule d’un régime à l’autre. Non-résident, vous n’étiez dans le champ que pour les revenus fonciers et les plus-values immobilières de source française. Résident, vous y êtes pour tout — mais pas au même taux selon les produits.
| Revenu ou produit | Non-résident d'Italie | Résident de France, après le retour |
|---|---|---|
| Revenus fonciers français (location nue) | 17,2 %, ou 7,5 % si les deux conditions du I ter sont réunies | 17,2 % |
| Plus-values immobilières françaises | 17,2 % (position administrative ; voir la réserve ci-dessous), ou 7,5 % si les deux conditions du I ter sont réunies | 17,2 % |
| Produits d'assurance-vie et de capitalisation | Hors champ | 17,2 % |
| Dividendes et intérêts de source française | Hors champ | 18,6 %, soit 31,4 % avec l'impôt sur le revenu au taux forfaitaire |
| Plus-values mobilières et retraits de PEA | Hors champ | 18,6 % (10,6 % de CSG et CFA, 0,5 % de CRDS, 7,5 % de prélèvement de solidarité) |
| Revenus de capitaux mobiliers de source étrangère | Hors champ français | 18,6 % |
Deux avertissements sur cette grille. D’abord, ne jamais substituer un taux globalement : écrire 18,6 % partout est faux pour l’immobilier et pour l’assurance-vie, écrire 17,2 % partout est faux pour le prélèvement forfaitaire unique. Le « PFU à 30 % » reste exact sur l’assurance-vie. Ensuite, sur les plus-values immobilières des non-résidents, il existe une divergence entre la lecture littérale des textes et la position publiée par l’administration : nous publions 17,2 %comme position administrative, en signalant la controverse. Et pour les revenus de location meublée d’un non-résident, la question du taux applicable n’est pas tranchée : le chapitre 17 porte cette mention.
Enfin, un mot sur le nombre 7,5 %, qui recouvre plusieurs réalités et se confond systématiquement. Il désigne le prélèvement de solidaritéde l’article 235 ter du CGI, seul prélèvement social restant dû par le non-résident affilié hors de France et exonéré de CSG et de CRDS. Il désigne aussi le prélèvement forfaitairede l’article 125-0 A du CGI sur les produits des contrats d’assurance-vie de plus de huit ans, qui est un impôt sur le revenu et n’a rien de social. Vérifier le sens employé avant toute reprise. Précisons enfin, puisque le retour ferme la question : la dispense de CSG et de CRDS que vous aviez peut-être obtenue en Italie supposait deux conditions cumulatives— relever, en matière d’assurance maladie, d’une législation soumise au règlement (CE) n° 883/2004, et ne pas être à la charge d’un régime obligatoire français d’assurance maladie. Dès votre affiliation française, la seconde tombe.
Le bien italien que l’on garde
Beaucoup de retours se font sans vendre. On garde l’appartement de Bologne ou la maison des Pouilles, pour les étés, pour les enfants, ou parce que le marché est mauvais. C’est une décision légitime, et c’est aussi celle qui produit le plus de frottements administratifs durables. Voici ce qui change, dans l’ordre où cela se paie.
L’IMU d’abord, et le choc est immédiat. Tant que le logement était votre abitazione principale, il n’était pas dans le champ de l’impôt : le comma 740 de l’article 1 de la loi n. 160/2019 énonce que « Il possesso dell’abitazione principale o assimilata [...] non costituisce presupposto dell’imposta », sauf catégories cadastrales A/1, A/8 et A/9. Mais la définition, au comma 741, lettre b), exige deux choses cumulativement : que le possesseur ydimori abitualmente et y risieda anagraficamente. La mention des membres dunucleo familiare, et la limitation de l’avantage à un seul logement par foyer, ont été déclarées inconstitutionnelles par la sentenzan. 209 du 13 octobre 2022 de la Cour constitutionnelle : deux conjoints qui demeurent et sont inscrits à l’anagrafedans deux logements distincts, y compris dans deux États, bénéficient chacun de l’exonération sur le sien. Le jour où vous quittez le logement et vous faites radier de l’anagrafe, les deux conditions tombent ensemble. Le bien devient un immeuble comme un autre, taxé à l’aliquota de base de 0,86 %, que la commune peut porter jusqu’à 1,06 % — et jusqu’à 1,14 % par délibération expresse du conseil municipal publiée sur le site du Département des finances.
Ce que coûte l’IMU sur un logement qui cesse d’être votre résidence
HYPOTHESES
Appartement en categorie cadastrale A/2
Rendita catastale ................................... 1 200 €
Commune ayant delibere l'aliquota maximale de droit
commun ............................................. 1,06 %
BASE IMPOSABLE (comma 745)
Rendita catastale ................................... 1 200 €
Revalorisation de 5 % ............................... 1 260 €
Multiplicateur du groupe cadastral A .................... 160
Base imposable .................................... 201 600 €
IMU ANNUELLE
201 600 x 1,06 % ..................................... 2 137 €
AVANT LE DEPART
Abitazione principale hors champ (comma 740) ............. 0 €
ECART ANNUEL ......................................... 2 137 €
Sur dix ans, sans revalorisation des rendite ....... 21 370 €
ECHEANCES
Acompte ..................................... 16 juin
Solde ....................................... 16 decembre
Paiement en une seule fois possible avant le 16 juin- Multiplicateur 160 :Comma 745, lettre a), de l'article 1 de la loi n. 160/2019 : 160 pour les immeubles du groupe cadastral A et les categories C/2, C/6 et C/7, a l'exclusion de la categorie A/10. Certaines pages donnent 140 pour C/2, C/6 et C/7 : c'est faux, le texte les range avec le groupe A
- Aliquota de 0,86 % a 1,06 % :Comma 754 : « Per gli immobili diversi dall'abitazione principale e diversi da quelli di cui ai commi da 750 a 753, l'aliquota di base e pari allo 0,86 per cento e i comuni [...] possono aumentarla sino all'1,06 per cento o diminuirla fino all'azzeramento. » Il n'existe pas de plancher de 0,46 % : les communes peuvent descendre jusqu'a zero
- Plafond de 1,14 % :Comma 755 : majoration supplementaire maximale de 0,08 point, sous condition d'une deliberation expresse du conseil municipal publiee sur le site du Dipartimento delle finanze
- Controle arithmetique :1 200 x 1,05 = 1 260 ; 1 260 x 160 = 201 600 ; 201 600 x 1,06 % = 2 136,96, arrondi a 2 137 ; 2 137 x 10 = 21 370
Le montant paraît modeste ; ce n'est pas le montant qui compte, c'est qu'il apparaisse. Un client qui n'a jamais payé d'IMU sur ce logement découvre une imposition annuelle, deux échéances, un formalisme de paiement depuis l'étranger, et une TARI que la commune calcule sur la surface et le nombre d'occupants. Sur un bien haut de gamme en catégorie A/8, la même mécanique produit des montants d'un tout autre ordre, et l'exonération d'abitazione principale n'y jouait de toute façon pas.
Trois réductions d’IMU méritent d’être connues, parce qu’elles s’appliquent parfois sans qu’on y pense. Le comma 747 réduit la base de 50 %pour les immeubles d’intérêt historique ou artistique au sens de l’article 10 du D.Lgs. 42/2004, pour les immeubles déclarés inhabitables et effectivement non utilisés — pour la seule période de l’année où ces conditions existent —, et pour les logements donnés en comodatoà un parent en ligne directe au premier degré qui les utilise comme habitation principale, à des conditions strictes de contrat enregistré et de logement unique. Le comma 760 réduit par ailleurs l’impôt à 75 % de son montant pour les logements loués à canone concordato— c’est-à-dire une diminution d’un quart, et non une réduction de trois quarts : la formulation inverse est un contresens fréquent.
Louer, ensuite.C’est souvent la réponse au coût de détention, et la bonne nouvelle est que le régime italien de la cedolare seccane comporte pas de condition de résidence. L’article 3, comma 1, du D.Lgs. 14 marzo 2011, n. 23, définit le champ subjectif par une seule qualité : « il proprietario o il titolare di diritto reale di godimento di unità immobiliari abitative locate ad uso abitativo ». La seule exclusion, au comma 6, vise les locations effectuées dans l’exercice d’une entreprise, d’un art ou d’une profession. Un Français non résident qui loue un appartement italien peut donc opter pour l’imposition substitutive de 21 %, ou de 10 % pour un bail à canone concordatodans une commune à forte tension locative. Une formalité conditionne toutefois l’efficacité même de l’option : le comma 11 du même article dispose que « l’opzione non ha effetto se di essa il locatore non ha dato preventiva comunicazione al conduttore con lettera raccomandata, con la quale rinuncia ad esercitare la facoltà di chiedere l’aggiornamento del canone a qualsiasi titolo », et il précise que ses dispositions sont inderogabili. Sans cette lettre recommandée adressée au locataire avantl’option, le régime est refusé et le bailleur retombe sur l’IRPEF progressive. Deux précisions d’honnêteté, enfin : c’est un argument tiré du silence du texte, non d’une disposition visant expressément les non-résidents, et il doit être confirmé par uncommercialistaavant d’être présenté comme acquis.
Le formalisme, lui, ne pardonne pas. L’enregistrement du bail se fait dans les trente jours, au taux de 2 %du loyer pour un bail d’habitation, avec un minimum de perception de 67 € ; l’option pour la cedolare seccaremplace les droits d’enregistrement et de timbre. Les locations courtes — les contrats d’une durée n’excédant pas trente jours — obéissent à un régime distinct, dont le seuil de bascule vers l’activité d’entreprise a été abaissé de quatre à deux logements. Le chapitre 18 traite la location italienne au fond ; nous n’en reprenons ici que ce qui change du fait que vous n’êtes plus sur place.
Côté français : le loyer italien est imposé deux fois, puis neutralisé une fois
L’article 6 § 1 de la convention du 5 octobre 1989 dispose que « Les revenus provenant de biens immobiliers [...] sont imposables dans l’Etat où ces biens sont situés ». Rédaction non exclusive : l’Italie impose, et la France, État de résidence, conserve son droit d’imposer. La double imposition est traitée par l’article 24.
Et l’article 24 § 1 a) est à deux branches. Pour les dividendes, intérêts, redevances, jetons de présence, artistes et sportifs, ainsi que pour les gains du point 8 du Protocole, le crédit d’impôt français est égal à l’impôt payé en Italie. Mais « pour tous les autres revenus », il est égal « au montant de l’impôt français correspondant ». Les revenus fonciers italiens relèvent de cette seconde branche : le crédit est égal à l’impôt français, ce qui neutralise le revenu en base tout en le conservant pour le calcul du taux. C’est la méthode dite du taux effectif.
Conséquence concrète : 18 000 € de loyers italiens, taxés 21 % en Italie sous cedolare secca, soit 3 780 €, ne génèrent pas d’impôt sur le revenu français supplémentaire — mais ils font monter le taux moyen appliqué à l’ensemble de vos autres revenus. L’effet n’est pas nul : sur un foyer déjà dans les tranches hautes, il est faible ; sur un foyer à revenus moyens, il peut coûter plusieurs centaines d’euros. Il se calcule, il ne se devine pas.
Ce que nous ne tranchons pas.La convention de 1989 est antérieure à la CSG, et son article 2 § 3 a) ne liste, pour la France, que l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, l’impôt de solidarité sur la fortune, les taxes sur les salaires et la taxe professionnelle. Le rattachement de la CSG et de la CRDS à la clause d’extension de l’article 2 § 4 n’a pas été tranché par nos travaux sur une source primaire. La question à poser à l’avocat est précise : le crédit d’impôt égal à l’impôt français de l’article 24 § 1 a) neutralise-t-il les prélèvements sociaux comme il neutralise l’impôt sur le revenu, ou les loyers italiens supportent-ils la CSG et la CRDS sans contrepartie conventionnelle ?
Revendre, enfin.L’Italie applique un couperet, pas une dégressivité. Aux termes de l’article 67, comma 1, lettre b), du TUIR, sont imposables les plus-values réalisées par cession à titre onéreux de biens immobiliers « acquistati o costruiti da non più di cinque anni », à l’exclusion de ceux acquis par succession et des unités immobilières urbaines qui, pendant la majeure partie de la période écoulée entre l’acquisition ou la construction et la cession, ont été affectées à l’abitazione principale du cédant ou de ses proches. Au-delà de cinq ans, la plus-value est hors champ. Le texte ne prévoit pas d’abattement pour durée de détention : là où la France organise une dégressivité sur vingt-deux et trente ans, l’Italie pose un couperet à cinq ans. La différence est structurelle, et elle joue dans les deux sens selon la durée.
Deux mécanismes s’y greffent. Sur demande faite au notaire au moment de la cession, la plus-value supporte une imposition substitutive de 26 %au lieu de l’IRPEF progressive, le notaire liquidant et versant l’impôt ; à défaut de demande, la plus-value entre dans le revenu global et subit le barème, ce qui, dans les tranches hautes, est nettement plus lourd. Et un bien ayant bénéficié du Superbonus reste dans le champ dix ansaprès l’achèvement des travaux, avec, si l’incitation a été utilisée à 110 % et que les options de cession de créance ou d’escompte sur facture ont été exercées, une règle de coût de revient défavorable : les dépenses de travaux ne comptent pas si les travaux se sont achevés depuis cinq ans ou moins, et ne comptent que pour moitié au-delà. L’option à 26 % est bien ouverte à ces plus-values-là : l’article 1, comma 65, de la loi n. 213/2023 a étendu l’imposition substitutive de l’article 1, comma 496, de la loi n. 266/2005 aux plus-values de la lettre b-bis), et la circolare 13/E du 13 juin 2024 de l’Agenzia delle Entrate le confirme.
La question que nous ne tranchons pas : votre plus-value italienne après six ans
Voici la configuration la plus fréquente et la moins documentée. Vous vendez, deux ans après votre retour, l’appartement acheté à Milan huit ans plus tôt. Côté italien, la plus-value est hors champ : plus de cinq ans. Côté conventionnel, l’article 13 § 1 attribue l’imposition à « l’Etat où ces biens sont situés », et l’article 24 § 1 a), seconde branche, ouvre un crédit d’impôt égal à l’impôt français. Lu ainsi, le gain échapperait à l’impôt dans les deux États.
Le point 15 du Protocole annexé à la convention pose toutefois : « Dans les cas où, conformément aux dispositions de la présente Convention, un revenu doit être exempté de la part de l’un des deux Etats, l’exemption sera accordée si et dans la mesure où ce revenu est imposable dans l’autre Etat. » Le texte dit imposable, non imposé — et un gain que l’article 67 du TUIR place hors champ n’est peut-être pas « imposable » au sens de cette clause. La portée du point 15 sur cette configuration n’est pas tranchée par nos travaux, et nous ne la tranchons pas ici.
Ce point doit être arbitré avec nos avocats partenaires spécialisés sur l’Italie avant tout acte irréversible, c’est-à-dire avant la signature d’un compromis. Les questions à leur poser, dans cet ordre : (i) le point 15 du Protocole fait-il obstacle au crédit d’impôt égal à l’impôt français lorsque l’Italie place le gain hors champ par l’effet du délai de cinq ans ? (ii) à défaut de crédit conventionnel, quel est le régime français applicable, y compris les abattements pour durée de détention et l’éventuelle exonération de résidence principale ? (iii) l’antériorité d’occupation du bien comme résidence principale pendant les années italiennes est-elle opposable à l’administration française ? Les pièces à réunir : l’acte d’acquisition italien et sa traduction, le relevé des rendite catastali, les certificats de résidence anagraficacouvrant la période d’occupation, les déclarations italiennes des années concernées, et le détail chiffré des travaux avec leurs factures.
L’IFI, pour finir sur ce bien.Un résident de France est soumis à l’impôt sur la fortune immobilière à raison de ses biens et droits immobiliers « situés en France ou hors de France », lorsque la valeur nette de ses actifs imposables excède 1 300 000 €. Votre appartement italien entre donc dans l’assiette au 1erjanvier suivant votre retour — sauf à bénéficier de l’article 964 du CGI, dont nous parlons plus bas et qui neutralise précisément cela pendant cinq ans. Deux réserves, symétriques et honnêtes : l’article 23 § 1 de la convention attribue l’imposition de la fortune immobilière à l’État de situation, mais la couverture de l’IFI par la convention repose entièrement sur la clause d’extension de l’article 2 § 4, l’ISF ayant disparu — et nos travaux n’ont pas trouvé de source primaire confirmant expressément que l’IFI est un impôt visé. Par ailleurs, le point 11 b) du Protocole, qui exonère pendant cinq ans les biens situés hors de France d’une personne résidente de France « et a la nationalité italienne sans avoir la nationalité française », est régulièrement cité à contresens : il joue à l’entrée en France d’un Italien, pas au retour d’un Français. Il n’apporte rien à la quasi-totalité de nos lecteurs.
Quant à la transmission de ce bien, elle relève de la convention successorale du 20 décembre 1990, dont l’article 5 § 1 pose que « Les biens immobiliers qui font partie de la succession ou d’une donation d’une personne domiciliée dans un Etat et sont situés dans l’autre Etat sont imposables dans cet autre Etat » — rédaction non exclusive, là encore. Le chapitre 24 traite la matière, et il ne conclut sur aucun cas concret : la transmission franco-italienne se traite avec un spécialiste, pas avec un tableau.
L’article 155 B : le régime français des impatriés, et les conditions qui font échouer les dossiers
Beaucoup de clients découvrent ce régime en rentrant, et beaucoup découvrent en même temps qu’ils n’y ont pas droit. Ce n’est pas une fatalité : c’est presque toujours une question de calendrier et de forme du recrutement, deux paramètres qui se pilotent dix-huit mois à l’avance. Commençons par le texte. L’article 155 B, I-1, première phrase :
« Les salariés et les personnes mentionnées aux 1°, 2° et 3° du b de l’article 80 ter appelés de l’étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France pendant une période limitée ne sont pas soumis à l’impôt à raison des éléments de leur rémunération directement liés à cette situation ou, sur option, à hauteur de 30 % de leur rémunération. »
Et le I-2, qui ajoute un second étage souvent ignoré : « La fraction de la rémunération correspondant à l’activité exercée à l’étranger pendant la durée définie au 1 est exonérée si les séjours réalisés à l’étranger sont effectués dans l’intérêt direct et exclusif de l’employeur. »
Voici maintenant les conditions, non pas dans l’ordre du BOFiP mais dans l’ordre où elles tuent les dossiers.
| Condition | Contenu exact | Ce qui fait échouer un retour d'Italie |
|---|---|---|
| Non-domiciliation antérieure | Ne pas avoir été fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédant celle de la prise de fonctions | C'est la condition qui élimine la majorité des retours. Un séjour italien de quatre ans, ou de cinq ans à cheval sur six années civiles, ne suffit pas |
| Être « appelé de l'étranger » | Deux voies seulement : détachement ou mobilité intragroupe depuis une entreprise étrangère, ou recrutement direct à l'étranger par une entreprise établie en France | Signer son contrat français après avoir déjà emménagé en France ferme la porte. La chronologie du recrutement fait partie du dossier |
| Occuper un emploi dans une entreprise établie en France | Salariés et dirigeants visés aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter du CGI | Créer sa propre activité indépendante n'entre pas dans le champ. Un consultant qui rentre en libéral est hors du dispositif |
| Domiciliation dès la prise de fonctions | Foyer ou lieu de séjour principal en France ET exercice de l'activité professionnelle à titre principal en France (a et b du 1 de l'article 4 B) | Un dirigeant qui garde son foyer en Italie la première année n'y est pas |
| Durée | Jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de la prise de fonctions, pour les prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016 | Rien : c'est la seule condition favorable de la liste |
| Nationalité | Indifférente. Le régime s'applique quelle que soit la nationalité, française comprise | Rien non plus. « Le régime est réservé aux étrangers » est faux |
| Rémunération de référence | La rémunération soumise à l'impôt doit être au moins égale à celle perçue au titre de fonctions analogues dans la même entreprise ou, à défaut, dans des entreprises similaires établies en France | À défaut, la différence est réintégrée. C'est un plafonnement implicite de la prime d'impatriation |
L’option pour l’évaluation forfaitaire à 30 %de la rémunération a été généralisée. Elle était auparavant réservée aux personnes recrutées directement à l’étranger par une entreprise établie en France ; l’article 6 de la loi de finances pour 2019 l’a étendue aux salariés et dirigeants appelés par une entreprise étrangère, pour les rémunérations dues depuis le 1erjanvier 2019 aux personnes prenant leurs fonctions à compter du 16 novembre 2018. C’est l’option de confort quand la prime d’impatriation n’a pas été isolée dans le contrat : elle évite d’avoir à justifier, ligne par ligne, quels éléments de rémunération sont « directement liés » à la situation d’impatrié.
Le plafonnement, ensuite, et il s’exerce par une option globale entre deux limites : soit l’ensemble de la rémunération exonérée est limité à 50 %de la rémunération totale, soit la seule fraction se rapportant à l’activité exercée à l’étranger est limitée à 20 % de la rémunération imposable résultant du 1 du I. Le choix entre les deux dépend entièrement du profil de mobilité du poste, et il se recalcule chaque année.
Il existe enfin un volet revenus passifs, au II de l’article 155 B, que presque personne n’utilise : une exonération d’impôt sur le revenu à hauteur de 50 %de certains revenus de capitaux mobiliers, produits de la propriété intellectuelle ou industrielle et gains de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux, à condition que le versement provienne d’un État ayant conclu avec la France une convention fiscale contenant une clause d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude ou l’évasion fiscale. Deux réserves, dont une lourde. La première : cette exonération porte sur l’impôt sur le revenu et ne porte passur les prélèvements sociaux, qui restent dus sur 100 % du revenu — c’est une erreur récurrente dans les simulations. La seconde : la convention franco-italienne comporte bien un article 27 relatif à l’échange de renseignements, dont le § 1 vise les renseignements nécessaires pour appliquer la convention ou la législation interne relative aux impôts visés « ainsi que pour prévenir l’évasion et la fraude fiscales », mais cet article, dans la rédaction de 1989 que nos travaux ont lue intégralement dans le PDF officiel de la DGFiP, ne comporte que deux paragraphes et ne reprend pas les paragraphes 4 et 5 du modèle OCDE actuel — l’obligation de collecter même sans intérêt fiscal propre, et l’impossibilité d’opposer le secret bancaire. Nos travaux n’ont pas vérifié si l’administration considère cette clause comme satisfaisant la condition du II de l’article 155 B. Nous ne l’affirmons donc pas : c’est une question à faire trancher avant de construire un chiffrage sur ce volet.
L’article 964 : le régime que personne ne regarde, et qui profite à ceux que le 155 B exclut
Si l’article 155 B vous est fermé — parce que vous rentrez à la retraite, parce que vous créez votre activité, parce que vous n’avez pas été « appelé de l’étranger » —, il reste un dispositif, et il est autonome. L’article 964 du CGI prévoit que les personnes n’ayant pas été fiscalement domiciliées en France au cours des cinq années civiles précédantcelle de l’établissement de leur domicile en France ne sont imposables à l’IFI qu’à raison de leurs biens et droits immobiliers situés en France, et cela jusqu’au 31 décembre de la cinquième annéesuivant celle de l’établissement du domicile. La doctrine correspondante est BOI-PAT-IFI-10-20-20.
Ce dispositif ne suppose ni salariat, ni recrutement, ni mobilité intragroupe. Il joue quel que soit le motif de l’installation. Pour un retraité qui rentre de Toscane avec une maison en Italie et un pied-à-terre au Portugal, c’est le seul régime de faveur disponible, et il vaut cinq années d’IFI sur tout l’immobilier étranger. Il partage avec l’article 155 B la condition des cinq années civiles de non-domiciliation, ce qui donne à cette condition une importance considérable dans la construction d’un calendrier de retour.
La conséquence de calendrier qu’il faut voir dix-huit mois à l’avance
Les deux dispositifs — article 155 B pour la rémunération, article 964 pour l’IFI — exigent l’un et l’autre de ne pas avoir été fiscalement domicilié en France pendant les cinq années civiles précédentes. Le décompte se fait en années civiles, pas en mois.
Un client parti en Italie en septembre 2021 est resté domicilié en France pour l’année 2021 dans la plupart des configurations. Ses cinq années civiles pleines de non-domiciliation sont donc 2022, 2023, 2024, 2025 et 2026. S’il rentre en 2026, il ne remplit pas la condition : il lui manque une année. S’il rentre en 2027, il la remplit. Sur un poste rémunéré 250 000 € et un patrimoine immobilier étranger de 2 M€, décaler le retour de quelques mois vaut, à lui seul, plusieurs centaines de milliers d’euros sur huit ans.
C’est le seul endroit de ce chapitre où le conseil est simple : comptez vos années civiles avant de signer quoi que ce soit, et faites-les compter par écrit.
Ce que le retour rouvre côté social, et ce qu’il coûte
La protection universelle maladie ouvre la prise en charge des frais de santé à toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière. Le critère de résidence suppose une résidence ininterrompue depuis plus de trois mois ; le contrôle porte ensuite sur une présence de six mois sur les douze derniers. La demande s’effectue par le formulaire S1106. Les exceptions à ce délai de trois mois — notamment pour reprise d’une activité professionnelle en France — n’ont pas été établies par nos travaux sur le texte réglementaire ; en pratique, une prise de poste salariée règle la question, mais le retraité qui rentre sans activité doit anticiper un trou de couverture et une assurance intermédiaire. Le chapitre 26 traite la protection sociale au fond.
Une charge apparaît, que beaucoup de retours découvrent avec surprise : selon le niveau de revenus d’activité et de capital, une cotisation subsidiaire maladiepeut être due par la personne affiliée à la PUMa qui ne tire pas de revenus d’activité suffisants. Un ancien optant au forfait qui rentre en France sans reprendre d’activité, avec un patrimoine financier significatif, entre exactement dans cette configuration. Nous ne publions pas de barème — nos travaux ne l’ont pas établi —, mais l’existence de la cotisation doit figurer dans le budget du retour, et son montant se fait chiffrer par l’Urssaf avant de décider de la date.
Côté italien, la sortie du Servizio Sanitario Nazionalesuit la radiation de l’anagrafe. Si votre pension française était servie par la France et que vous étiez couvert en Italie par un formulaire S1, le mécanisme s’éteint de lui-même : la France redevient à la fois l’État payeur et l’État de résidence. Ce point a un corollaire fiscal utile, développé au chapitre 27 : tant que vous étiez couvert par un S1 français, vous étiez à la charge d’un régime obligatoire français d’assurance maladie, et la seconde des deux conditions cumulatives de l’exonération de CSG et de CRDS n’était donc pas remplie.Cette conclusion est déduite du mécanisme de l’article L. 131-9 du code de la sécurité sociale ; aucune source consultée ne l’énonce nommément pour le formulaire S1, et nous la publions avec cette réserve. Si elle est exacte, beaucoup de retraités français installés en Italie n’ont jamais bénéficié du régime social favorable qu’on leur avait promis, et le retour ne change rien à cette situation : il la rend seulement cohérente.
Les idées reçues du retour qui coûtent le plus cher
Nous listons ci-dessous ce que nous entendons le plus souvent, et pourquoi cela ne tient pas. Chaque entrée porte la source qui la réfute, parce qu’un client convaincu du contraire ne change pas d’avis sur parole.
Ce que l'on nous présente comme acquis
Points de vigilance
- « Je rentre en septembre, donc je ne suis plus imposable en Italie sur l'année. » Faux : au 15 septembre vous avez passé 258 jours en Italie, très au-delà du seuil de 183, et vous êtes résident italien pour l'année entière. L'Italie ne fractionne pas l'année avec la France.
- « Je garde mon inscription à l'anagrafe, ça simplifiera si je reviens. » Erreur coûteuse : l'inscription pendant la majeure partie de la période fait présumer la résidence fiscale italienne, et la preuve contraire suppose d'établir qu'aucun des trois autres critères n'était rempli. S'y ajoute une amende de 200 à 1 000 € par année d'omission de la déclaration de transfert.
- « J'ai eu le régime des impatriés trois ans, c'est acquis. » Non : l'article 5, comma 3, du D.Lgs. 209/2023 prévoit la déchéance et la récupération des avantages déjà utilisés, avec intérêts, si la résidence fiscale italienne n'est pas maintenue au moins quatre ans.
- « Je pourrai revenir au forfait plus tard. » Non : le comma 4 de l'article 24-bis dispose que la révocation ou la déchéance interdisent l'exercice d'une nouvelle option, et la circolare 17/E précise que la préclusion est absolue, y compris en qualité de membre de la famille d'un autre optant.
- « Le régime français des impatriés est réservé aux étrangers. » Faux : la doctrine indique que le régime s'applique quelle que soit la nationalité, française comprise. La seule condition tenant à la personne est de ne pas avoir été domicilié en France pendant les cinq années civiles précédentes.
- « Je m'installe en France comme indépendant, j'aurai le régime impatriés. » Faux : l'article 155 B vise les salariés et les dirigeants énumérés aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter, appelés de l'étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France. La création d'une activité indépendante n'entre pas dans le champ.
- « L'exit tax est purgée au bout de quinze ans. » Le délai de quinze ans a été abrogé par la loi de finances pour 2019 : le régime est de deux ans, ou cinq au-delà de 2 570 000 €. Attention toutefois : les transferts de domicile intervenus entre 2014 et 2018 restent régis par l'ancien délai.
- « Je vends mes titres à Milan puis je rentre, le sursis tombera tout seul. » Non : la cession est l'événement qui rend l'impôt immédiatement exigible, et le dégrèvement au retour suppose de détenir toujours les titres à la date du retour.
- « Ma plus-value immobilière italienne après huit ans de détention n'est imposable nulle part. » Ce n'est pas établi : le point 15 du Protocole subordonne l'exemption conventionnelle à ce que le revenu soit imposable dans l'autre État, et le texte dit « imposable », non « imposé ».
- « Mon IMU ne change pas, c'est toujours le même logement. » Faux : l'exonération d'abitazione principale suppose la demeure habituelle ET la résidence anagraphique dans le logement. Les deux tombent le jour du départ.
Ce qui est exact, et qu'on nous dit rarement
Points forts
- Le PEA n'a pas été clôturé par le départ, et il reprend son cours au retour avec son antériorité intacte. Le BOFiP consacré aux conséquences des retraits, consulté le 30/07/2026, n'énumère pas le transfert de domicile hors de France parmi les causes de clôture.
- Le dégrèvement d'exit tax au retour n'est soumis à aucune durée minimale d'expatriation. Une expatriation de dix-huit mois suffit, dès lors que les titres sont conservés à la date du retour.
- Les moins-values réalisées pendant le séjour italien sur des titres grevés d'une plus-value latente au départ sont imputables au retour, dans la limite du délai de dix ans du 11 de l'article 150-0 D du CGI. L'Italie relève du IV de l'article 167 bis.
- L'article 964 du CGI limite l'IFI aux seuls biens français pendant cinq ans, sans condition d'activité ni de recrutement. C'est souvent le seul régime disponible pour un retraité ou un entrepreneur, et il est presque toujours oublié.
- La cedolare secca est ouverte au propriétaire non résident : le champ subjectif de l'article 3, comma 1, du D.Lgs. 23/2011 est défini par la seule qualité de propriétaire ou de titulaire d'un droit réel de jouissance. Argument tiré du silence du texte, à confirmer par un commercialista.
- Les années de forfait sont définitivement acquises : « Sono fatti salvi gli effetti prodotti nei periodi d'imposta precedenti ». Rien n'est repris, contrairement au régime des impatriés.
- Un impatrié qui décale son départ pour atteindre la quatrième année de résidence fiscale italienne ne perd que la cinquième année d'abattement, et conserve les quatre premières. L'écart entre les deux décisions est celui de l'intégralité de l'avantage.
Un dossier complet, chiffré de bout en bout
Les mécanismes pris un à un donnent une impression de complexité gérable. Assemblés sur un dossier réel, ils produisent des écarts qui décident du calendrier. Voici un cas composite, construit sur les règles établies plus haut, avec les deux dates de retour possibles.
Un cadre parti à Milan en 2022 : deux dates de retour
SITUATION
Depart de France ................................ mars 2022
Regime italien : impatries, transfert 2022, benefice
sur 2022 a 2026 (cinq periodes)
Remuneration italienne ....................... 200 000 €/an
Abattement de 50 % dans la limite de 600 000 € par an
Portefeuille de titres au depart de France ...... 3 200 000 €
Exit tax en sursis de plein droit (Italie = Etat membre)
Appartement a Milan, achete en 2022, rendita 1 400 €
Domicilie en France jusqu'en 2022 inclus
SCENARIO 1 — RETOUR EN OCTOBRE 2026
Presence en Italie en 2026 ......................... 274 j
Residence fiscale italienne 2026 ......................... oui
Annees de residence fiscale italienne : 2022 a 2026 ....... 5
Engagement de quatre ans ............................... tenu
Benefice impatries conserve ....................... integral
Exit tax : valeur globale au depart 3 200 000 €,
superieure a 2 570 000 € : delai de cinq ans, non
ecoule au 31/12/2026. Le retour degreve, a condition
de detenir toujours les titres ................. degrevee
Impot degreve, au taux en vigueur l'annee du depart :
30 % en 2022, soit 12,8 % + 17,2 %, la contribution de
financement de l'autonomie n'existant pas encore.
Sur une plus-value latente de 1 800 000 € :
12,8 % .......................................... 230 400 €
17,2 % .......................................... 309 600 €
Total degreve ................................... 540 000 €
Article 155 B : annees civiles de non-domiciliation
2023, 2024, 2025 ......................................... 3
Condition des cinq annees civiles ............. NON REMPLIE
Article 964 (IFI) ............................... NON REMPLIE
SCENARIO 2 — RETOUR EN FEVRIER 2029
Annees civiles de non-domiciliation
2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028 ....................... 6
Article 155 B, condition des cinq annees ........... REMPLIE
Article 964, IFI limite aux biens francais jusqu'au
31 decembre 2034 ................................. REMPLIE
Poste francais a 250 000 €, option forfaitaire 30 %
Fraction exoneree d'impot sur le revenu .......... 75 000 €
Economie annuelle, tranche marginale a 41 % ...... 30 750 €
Sur huit annees civiles ......................... 246 000 €
IFI : immobilier etranger de 1 900 000 € hors assiette
pendant cinq ans. A 0,7 % moyen ................. 13 300 €/an
Sur cinq ans ..................................... 66 500 €
ECART ENTRE LES DEUX SCENARIOS, HORS EXIT TAX .... 312 500 €- 274 jours :Du 1er janvier au 1er octobre inclus en annee ordinaire : 31 + 28 + 31 + 30 + 31 + 30 + 31 + 31 + 30 + 1 = 274. Tres au-dela du seuil de 183 : residence italienne pour l'annee entiere, ce qui est ici l'effet recherche
- Delai de cinq ans de l'exit tax :VII, 2, de l'article 167 bis du CGI : le delai de deux ans est porte a cinq ans lorsque la valeur globale des titres et droits excede 2 570 000 € a la date du transfert. Le degrevement au retour, lui, n'est soumis a aucun delai, seulement a la conservation des titres
- Taux applicable a l'exit tax de 2022 :L'exit tax est etablie l'annee du transfert, aux taux alors en vigueur : en 2022, 12,8 % d'impot sur le revenu et 17,2 % de prelevements sociaux, soit 30 %. Le taux de 31,4 % ne vaut que pour les departs a compter de 2026, la contribution de financement de l'autonomie de 1,4 point ayant ete creee par l'article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 decembre 2025
- Domicilie en France jusqu'en 2022 inclus :Lecture prudente retenue ici : l'annee civile 2022, pendant laquelle l'interesse a ete domicilie en France du 1er janvier a mars, est comptee comme une annee de domiciliation francaise pour les conditions des articles 155 B et 964 du CGI, qui raisonnent en annees civiles. Le traitement d'une annee civile partielle au regard de ces deux conditions n'est pas etabli par nos travaux : c'est une question a faire trancher avant de caler une date de retour sur ce fondement. Elle n'empeche pas, en 2022, la residence fiscale italienne pour l'annee entiere : les deux Etats appliquent des regles de comptage differentes, et le departage releve de l'article 4 § 2 de la convention
- Tranche marginale de 41 % :Bareme francais de l'impot sur le revenu 2026, indexe de 0,9 % : seuils a 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 €. Une remuneration de 250 000 € place le foyer dans la tranche a 41 % pour la fraction concernee, sans que nous ayons calcule le quotient familial : le chiffre est un ordre de grandeur, pas une simulation
- 0,7 % moyen d'IFI :Taux moyen conventionnel retenu pour l'ordre de grandeur, la valeur nette taxable etant supposee superieure au seuil de 1 300 000 €. Le bareme de l'IFI n'a pas ete relu sur source primaire dans nos travaux : ce chiffre est une hypothese de presentation, non un calcul d'impot
- Controles arithmetiques :1 800 000 x 12,8 % = 230 400 ; 1 800 000 x 17,2 % = 309 600 ; somme = 540 000 ; 250 000 x 30 % = 75 000 ; 75 000 x 41 % = 30 750 ; 30 750 x 8 = 246 000 ; 1 900 000 x 0,7 % = 13 300 ; 13 300 x 5 = 66 500 ; 246 000 + 66 500 = 312 500
Ce cas n'est pas une recommandation de décaler un retour de deux ans et demi : personne ne construit une vie de famille autour d'une condition d'années civiles. Il montre l'ordre de grandeur de ce qui se joue, et il rend visible une chose que les clients ne voient jamais seuls — les trois dispositifs qui comptent au retour, article 155 B, article 964 et dégrèvement d'exit tax, ne se déclenchent pas au même moment et ne se pilotent pas de la même façon. Le seul qui soit indifférent à la durée est le dégrèvement d'exit tax. Les deux autres sont entièrement affaire de calendrier.
Deux avertissements sur ce chiffrage, et ils sont importants. Il ne comprend pas la fiscalité italienne de l’année de sortie, qui reste due pour l’année entière dans les deux scénarios. Il ne comprend pas non plus la question, non tranchée, de savoir ce que devient un portefeuille dont la valeur a évolué entre le départ et le retour : le dégrèvement porte sur l’impôt établi au départ, sur la plus-value latente d’alors, et non sur la plus-value constatée depuis. Enfin, il suppose un retour effectif et documenté : un aller-retour de façade, avec maintien du foyer en Italie, ne produit aucun des effets décrits.
Le rétroplanning du retour
Ce calendrier suppose un retour décidé. S’il ne l’est pas encore, la seule étape qui compte est la première : compter les années civiles. Tout le reste en découle.
| Échéance | Ce qu'il faut faire | Pourquoi à ce moment-là |
|---|---|---|
| T−18 mois | Compter les années civiles de non-domiciliation en France, et vérifier l'éligibilité à l'article 155 B et à l'article 964 du CGI. Vérifier, pour un impatrié, le nombre d'années de résidence fiscale italienne déjà acquises | Ce sont les deux seuls paramètres qui ne se rattrapent pas après coup. Un an d'écart de calendrier peut valoir plusieurs centaines de milliers d'euros |
| T−12 mois | Recenser les titres grevés d'une exit tax en sursis, retrouver l'exemplaire de la déclaration n° 2074-ETD déposée au départ, et geler toute cession sur ces lignes jusqu'au retour | Une cession intervenue avant le retour rend l'impôt immédiatement exigible et détruit le dégrèvement |
| T−12 mois | Si le retour se fait sur un poste, faire signer le contrat français ALORS QUE vous êtes encore résident d'Italie, et documenter la chronologie | La condition d'être « appelé de l'étranger » se prouve par la date et le lieu du recrutement |
| T−9 mois | Arbitrer le sort du bien italien : vendre avant le retour, vendre après, ou conserver et louer. Vérifier la date d'acquisition au regard du délai de cinq ans de l'article 67 du TUIR, et la date d'achèvement d'éventuels travaux Superbonus | Le régime italien de la plus-value bascule à cinq ans, et le traitement français d'une cession postérieure au retour n'est pas tranché |
| T−6 mois | Fixer la date de sortie au jour près : avant le 2 juillet pour ne pas être résident italien de l'année, à partir du 2 juillet pour l'être. Choisir en fonction du régime dont vous relevez | C'est le seul paramètre gratuit du dossier, et il vaut jusqu'à 300 000 € pour un optant au forfait |
| T−3 mois | Prolonger contractuellement le mandat du commercialista d'un exercice, pour la déclaration italienne de l'année de sortie et le quadro RW | Cette déclaration se dépose l'année suivante, alors que le dossier est refermé |
| Mois du retour | Déclaration de transfert de résidence et radiation de l'anagrafe dans les vingt jours. Déclaration consulaire AIRE dans les quatre-vingt-dix jours pour les binationaux | Amende de 200 à 1 000 € par année d'omission, et présomption de résidence fiscale italienne maintenue |
| Mois du retour | Constituer et dater le dossier de reprise du domicile : bail, contrat, scolarisation, dénouement italien, titres de transport | La date de l'article 166 du CGI se prouve par des faits, pas par une déclaration |
| Mois du retour | Demander l'affiliation à la PUMa (formulaire S1106) et faire chiffrer l'éventuelle cotisation subsidiaire maladie | Le critère de résidence suppose trois mois ininterrompus, ce qui peut créer un trou de couverture |
| Année N+1 | Déposer la déclaration n° 2074-ETS3 avec les déclarations n° 2042 et n° 2042 C, pour obtenir le dégrèvement d'exit tax au titre du retour | Le défaut de dépôt rend l'impôt en sursis immédiatement exigible après mise en demeure et trente jours |
| Année N+1 | Déclarer les comptes et contrats détenus à l'étranger (formulaires n° 3916 et 3916 bis), y compris ceux ouverts en Italie et conservés | L'obligation naît de la détention, de l'utilisation ou de la clôture d'un compte à l'étranger, indépendamment de son solde |
| Année N+1 | Vérifier l'imputation des moins-values réalisées pendant l'expatriation, et l'application des tranches libératoires de l'article 197 B sur les salaires français de la période antérieure au retour | Les deux points se perdent faute d'être demandés, et aucun des deux n'est automatique |
Faire chiffrer le retour avant de fixer la date, et non l’inverse
Nous instruisons un retour d'Italie dans l'ordre où les deux administrations le liront : décompte des jours de présence en Italie et des années civiles de non-domiciliation en France, sort du régime italien dont vous relevez et de ses droits acquis, date de reprise du domicile au sens de l'article 4 B et son dossier de preuve, dégrèvement de l'exit tax et formalités qui le conditionnent, réouverture des enveloppes françaises, éligibilité à l'article 155 B et à l'article 964, puis sort du bien italien conservé. Sur le traitement français d'une plus-value immobilière italienne hors champ en Italie, sur la portée du point 15 du Protocole et sur la déchéance du régime des impatriés, la mise en relation avec un avocat fiscaliste français et un dottore commercialista italien fait partie de l'accompagnement.
Ce que ce chapitre ne tranche pas
Un guide qui ne signale jamais ses limites n’est pas lu comme sincère. Voici ce que nous n’avons pas établi, ce qu’il faudrait consulter pour le lever, et la question précise à poser.
Sept points ouverts, et ce qu’il faut demander
- Le montant du forfait après le 1er janvier 2027. La réserve publiée plus haut vaut telle quelle. Pour trancher : un decreto legislativo correttivo, ou la première circolared’application du texte unique.
- La méthode de décompte des « quatre ans » de l’engagement de l’impatrié. Le texte dit « almeno quattro anni » quand la phrase précédente raisonne en periodi d’imposta. Question au commercialista : le décompte se fait-il en périodes d’imposition pleines, et que se passe-t-il si la quatrième année de résidence est acquise par la seule présence physique au-delà du seuil de 183 jours ? Pièces à réunir : certificats de résidence anagrafica, déclarations italiennes des années concernées, et relevé des jours de présence.
- Les sanctions accompagnant la déchéance du régime des impatriés. Le comma 3 mentionne les intérêts et ne mentionne pas de sanction administrative distincte. Nous n’avons pas trouvé, sur les pages de l’Agenzia consultées le 30/07/2026, de doctrine précisant si des sanzionipour déclaration infidèle s’y ajoutent, ni le point de départ du calcul des intérêts.
- Le traitement français d’une plus-value immobilière italienne hors champ en Italie. Portée du point 15 du Protocole, régime français applicable à défaut de crédit conventionnel, opposabilité de l’occupation comme résidence principale pendant les années italiennes. C’est le point le plus lourd du chapitre en montant, et il doit être arbitré avec nos avocats partenaires avant la signature d’un compromis.
- Les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers italiens d’un résident de France. La CSG et la CRDS ne figurent pas dans la liste de l’article 2 § 3 a) de la convention de 1989, et leur rattachement à la clause d’extension du § 4 n’est pas établi. Question : le crédit d’impôt égal à l’impôt français neutralise-t-il les prélèvements sociaux ?
- L’imposition italienne d’un logement conservé et non loué. Nos travaux ont établi l’IMU due par le propriétaire non résident, mais n’ont pas instruit la question de savoir si un logement italien laissé vacant génère un reddito fondiarioimposable à l’IRPEF pour un non-résident, ni les obligations déclaratives italiennes qui en découlent. À poser au commercialista avant la première échéance de juin suivant le retour.
- Le plafond d’épargne retraite de l’article 163 quatervicies après des années sans revenu professionnel imposable en France, et le sort des plafonds non utilisés des trois années précédentes. Pour trancher : BOI-IR-BASE-20-50-20 et BOI-IR-BASE-20-50-30 dans leur version en vigueur.
Portée de ce chapitre
Les règles italiennes exposées ici reposent sur les textes consolidés relus article par article — article 2 et article 24-bis du TUIR, article 5 du D.Lgs. 209/2023, article 1 de la loi n. 160/2019, article 3 du D.Lgs. 23/2011, articles 67 et 68 du TUIR — et sur la prasside l’Agenzia delle Entrate, principalement la circolare 20/E du 4 novembre 2024 et la circolare 17/E. Les règles françaises reposent sur le code général des impôts, sur le BOFiP et sur la notice de la déclaration n° 2074-ETD, millésime 2025. Sur l’article 155 B, la doctrine a été établie sur la version du 10 avril 2025 de BOI-RSA-GEO-40-10-10 ; la version en vigueur depuis le 11 août 2025 doit être relue avant tout engagement.
Ce chapitre décrit des mécanismes et des arbitrages. Il ne recommande aucune allocation, ne désigne aucun établissement, ne promet aucun rendement et ne remplace pas l’analyse d’un dossier. Sur les points renvoyés à un spécialiste, la mise en relation avec un avocat fiscaliste français et un dottore commercialista italien fait partie de notre accompagnement, et elle intervient avantl’acte, pas après.
34. Sources, méthode et ce que ce guide ne tranche pas
Trente-trois chapitres plus tôt, il reste deux questions, et ce sont les seules qui comptent au moment de vendre une entreprise, de résilier un bail, de radier une inscription et de déclencher des décisions qu’on ne défait pas : sur quoi tout cela repose-t-il, et où est-ce que ça s’arrête ? Ce chapitre répond aux deux. Il donne les textes, avec leur numéro, leur article, leur date de publication en Gazzetta Ufficialeou au Journal officiel, et l’adresse exacte à laquelle nous les avons lus. Puis il donne la liste des questions de droit que ce guide n’a pas tranchées, avec pour chacune la question précise à poser à un avocat et les pièces à réunir avant de la poser.
Le point de départ est un chiffre, et ce chiffre est le plus mal cité de tout le corpus francophone consacré à l’Italie. Le forfait des neo residenti est de 300 000 € par an depuis le 1er janvier 2026, plus 50 000 € par membre de la famille associé à l’option. Il était de 200 000 € pour les transferts de résidence intervenus entre le 11 août 2024 et le 31 décembre 2025, et de 100 000 € auparavant — le montant familial étant, lui, resté à 25 000 € jusqu’au 31 décembre 2025. Le fondement est l’article 1, commi 25 et 26, de la legge 30 dicembre 2025, n. 199, publiée au Supplemento Ordinario n. 42 à la GU Serie generale n. 301 du 30 décembre 2025. En dix-huit mois, le prix d’entrée a triplé. Un article écrit en 2023 n’est donc pas « un peu daté » : il annonce un tarif trois fois inférieur au tarif réel.
Le second point de départ est plus lourd encore, et il n’apparaît quasiment nulle part en français. Le TUIR — le testo unico delle imposte sui redditi, le code auquel renvoie toute la littérature sur l’Italie — est abrogé le 1er janvier 2027. L’article 376, comma 1, lettre e), du D.Lgs. 19 giugno 2026, n. 117abroge les articles 1 à 191 du D.P.R. 917/1986 ; son article 377 fixe l’application du nouveau texte unique au 1erjanvier 2027. Le fond est très largement repris. La numérotation change. Un guide qui renvoie son lecteur à « l’article 24-bis du TUIR » en 2027 l’envoie sur un article inexistant : c’est l’article 246. Nous donnons les deux, partout où le lecteur en aura besoin.
Conséquence directe pour vous : ce guide distingue trois registres d’affirmation, et il les distingue à l’endroit où ils servent. Ce qui est établi sur texte primaire — un article lu dans une rédaction datée sur Normattiva, un PDF officiel de la Gazzetta Ufficiale, une décision retrouvée avec son numéro. Ce qui est établi sur doctrine administrative — une circolare, une risposta a interpello, un commentaire BOFiP : opposable à l’administration qui l’a émise, sans lier le juge. Et ce qui n’est pas tranché, que nous nommons comme tel plutôt que de trancher à votre place. C’est le troisième registre qui manque partout ailleurs, et c’est celui qui vous coûterait le plus cher.
La date de gel, et pourquoi elle compte davantage sur l’Italie qu’ailleurs
Ce guide arrête l’état du droit au 30 juillet 2026. Ce n’est pas une formule de style. Sur les autres destinations que nous traitons, une date de gel protège contre l’usure normale d’un texte. Sur l’Italie, elle protège contre une cadence normative que nous n’avons rencontrée nulle part ailleurs : trois montants de forfait en dix-huit mois, deux régimes d’impatriés successifs séparés par une refonte complète, une réforme de la résidence fiscale au 1er janvier 2024, une réforme des successions au 1er janvier 2025, une loi de finances qui touche neuf paramètres du dossier au 1er janvier 2026, un décret-loi de mars 2026 sur le non-cumul des régimes, et quatre testi unici de recodification qui entrent en application le même jour, le 1er janvier 2027.
Nous en tirons une règle que nous nous appliquons : toute règle italienne citée dans ce guide et lue il y a plus de trois mois doit être rouverte avant d’être opposée à un dossier. Sur les autres pays, nous écrivons six mois. Ici, trois. Et sur trois sujets précis — le montant du forfait, le périmètre du non-cumul, le sort de l’IVIE et de l’IVAFE après la recodification — nous recommandons une vérification à la date de l’acte, pas à la date de la lecture.
Une remarque désagréable, mais qui vous évitera de perdre du temps. Cette instabilité a un coût que personne ne chiffre : elle rend obsolètes, en quelques mois, des consultations payées plusieurs milliers d’euros. Une note d’un cabinet italien rédigée en 2024 sur le forfait à 200 000 € reste juste sur sa mécanique et fausse sur son prix. Une note rédigée en 2025 sur le non-cumul forfait/impatriés a été renversée le 28 mars 2026. Demandez toujours la date de rédaction et la date de vigueur retenue ; refusez une note qui ne les porte pas.
Lire une source italienne : six pièges, dont trois ont produit de vraies erreurs dans ce dossier
Premier piège : Normattiva sert par défaut la version courante d’un article. Pour un article abrogé, cela ne renvoie rien d’autre que la mention d’abrogation, et donne l’impression que le texte est introuvable. Il ne l’est pas. Il faut interroger le portail en multivigenza, en insérant le paramètre de date avant le sélecteur d’article : une URN de la forme ...decreto.legislativo:2015-09-14;147!vig=2023-12-01~art16restitue l’ancien régime des impatriés en entier, commi 5-quater et 5-quinquies compris, là où la même URN sans le paramètre ne rend que l’abrogation. La même technique appliquée au ...decreto.legislativo:2023-12-27;209!vig=2026-01-01~art5 restitue les dix commi du régime en vigueur, et deviendra indispensable après le 1erjanvier 2027. C’est une manipulation d’une seconde, et son absence a fait déclarer « non citable » un texte parfaitement disponible dans nos propres fiches de travail.
Deuxième piège, et c’est celui qui a produit l’erreur la plus lourde du dossier : les notes d’aggiornamento de Normattiva figent le libellé au jour de leur insertion. Ces notes sont du texte primaire — elles reproduisent in extensodes dispositions non codifiées et donnent les dates d’effet des modifications. Mais elles ne se mettent pas à jour. La note (181) sous l’article 24-bis du TUIR reproduit le comma 154 de la L. 232/2016 dans sa rédaction de 2016. Or ce comma a été modifié le 28 mars 2026 par l’article 2 du D.L. 27 marzo 2026, n. 38, converti par la L. 22 maggio 2026, n. 88. Lire la note et croire lire le texte en vigueur conduit à écrire que le cumul forfait/impatriés est interdit — alors qu’il ne l’est, en droit, que pour les transferts de résidence fiscaleintervenant à compter de la période d’imposition 2027. Le chapitre 04 en tire toutes les conséquences.
Troisième piège : lire le comma cité, et pas l’article.Le défaut signature de ce dossier n’est pas la citation fausse — nous en reparlerons, la qualité citationnelle du corpus italien est élevée. C’est le texte consolidé pris pour un texte à jour : la citation est exacte, l’article existe, le comma est bien celui qu’on croit, et un autre comma en a changé la portée. Deux exemples que le guide corrige. Le plafond de circulation des espèces est de 5 000 € depuis le 1erjanvier 2023 par l’effet du comma 3-bis de l’article 49 du D.Lgs. 231/2007, alors que le comma 1 du même article porte toujours 3 000 € dans son texte. Et la condition de nucleo familiare de l’abitazione principale, que la page du ministère de l’Économie reproduit encore, a été annulée par la Cour constitutionnelle en 2022.
Quatrième piège : les renvois de note tronqués.Sur Normattiva, la note (64) accolée au comma 741 de la L. 160/2019 s’interrompt à l’affichage sur « La Corte Costituzionale c... ». Un lecteur qui exporte l’acte complet ne voit jamais l’annulation constitutionnelle qui suit. C’est exactement le cas décrit au paragraphe précédent. La règle que nous appliquons est donc mécanique : sur Normattiva, ouvrir les renvois (n)accolés au comma, un par un, et lire l’article en entier.
Cinquième piège : dans les PDF de l’Agenzia delle Entrate, les marqueurs « Pagina N di M » sont des en-têtes. Le contenu qui suit le marqueur appartient à la page N, et non à la page N−1. Une citation localisée sans cette précaution est décalée d’une page. Deux références de ce guide ont été corrigées pour ce motif — les extraits de la Rispostan. 12/2026 sont page 9, non page 8 ; le tempérament « meramente temporanea od occasionale » de la circolare20/E est page 14, non page 13. Ce n’est pas anecdotique : un confrère ou un contrôleur qui ouvre la page indiquée et n’y trouve rien cesse de croire le reste.
Sixième piège, propre à 2026 : le nouveau texte unique est un allegato. Le D.Lgs. 117/2026 est un décret de deux articles qui approuve un texte unique annexé. Normattiva n’expose, à ce jour, que ces deux articles : toute URN de la forme ...decreto.legislativo:2026-06-19;117~art225renvoie l’article 1 du décret d’approbation, quelle que soit la date de vigueur demandée. Les exports Akoma Ntoso et « atto completo » rendent le même contenu, et les téléchargements du Supplemento Ordinario à la GU n. 152 du 3 juillet 2026 renvoient une page HTML. Nous avons pu établir sur le texte publié en Gazzetta Ufficiale la table de correspondance article par article donnée plus bas, mais pas le contenu de l’article 225 — le régime des impatriés codifié. Nous le disons, plutôt que de le supposer.
La règle que nous appliquons à chaque référence italienne
Quatre exigences cumulatives, et elles sont plus lourdes que sur les autres pays de cette collection. Citer l’article et le comma— « la L. 199/2025 » ne veut rien dire, elle compte plus de neuf cents commi dans son seul article 1. Citer la date de vigueur retenue— un article du TUIR sans indication de sa version est une référence à moitié vide, puisque l’article 24-bis en compte cinq. Citer le texte qui donne la rédaction, et pas uniquement le code modifié. Et relever la date de consultation, parce qu’un texte consolidé change sans préavis et qu’une page officielle peut se contredire elle-même.
Une exigence supplémentaire, qui n’est pas de forme : nous ne mettons entre guillemets que ce que nous avons eu sous les yeux dans la source. Lorsque la règle est établie sur des sources professionnelles concordantes et non sur le texte, nous l’écrivons en substance et nous le signalons. Cinq règles de ce guide sont dans ce cas, et elles sont nommées plus bas.
Les trois calendriers italiens, et pourquoi « depuis 2026 » ne veut rien dire
C’est la protection la plus efficace du dossier, et c’est aussi celle que le corpus francophone ignore le plus complètement. Trois notions de date coexistent en droit italien, elles ne se recouvrent pas, et deux règles voisines du même dispositif, adoptées à dix-huit mois d’intervalle, en retiennent deux différentes. Écrire « depuis 2026 » sans dire de quoi il s’agit est une faute, pas une approximation.
| Calendrier | Définition | Ce qu’il commande | Texte |
|---|---|---|---|
| La résidence civile de l’article 43 du code civil italien | La demeure habituelle. Notion civile, indépendante de la fiscalité et de l’inscription à l’anagrafe | La strate de forfait applicable — 100 000, 200 000 ou 300 000 €. Un transfert de demeure habituelle en novembre 2025, avec résidence fiscale acquise seulement en 2026, relève du forfait à 200 000 € | D.L. 113/2024, art. 2, c. 2 et L. 199/2025, art. 1, c. 26, qui visent l’un et l’autre « la residenza ai fini dell’articolo 43 del codice civile » |
| La résidence fiscale de l’article 2 du TUIR | La majeure partie de la période d’imposition — 183 jours en année ordinaire, 184 en année bissextile — fractions de journée comprises, au titre de la demeure, du domicile, de la présence physique ou de l’inscription à l’anagrafe | L’entrée dans le régime des impatriés, et l’interdiction de cumul avec le forfait à compter de 2027 | Art. 2, c. 2, du TUIR, rédaction du D.Lgs. 209/2023 ; D.L. 38/2026, art. 2, c. 2, qui vise « la residenza fiscale » |
| La période d’imposition | L’année civile | L’abrogation du TUIR et l’application du nouveau texte unique, y compris pour les personnes déjà entrées dans un régime : un arrivant de 2025 relève de l’article 5 pour 2025 et 2026, puis du texte codifié pour 2027, 2028 et 2029 | D.Lgs. 117/2026, art. 376 et 377 |
| La résidence anagrafica | L’inscription au registre communal de la population résidente. Formalité, dans les 20 jours de l’installation ; radiation consulaire AIRE dans les 90 jours du départ, sous peine d’une amende de 200 à 1 000 € par année d’omission, pour l’une comme pour l’autre | La frontière entre l’ancien et le nouveau régime des impatriés : transfert au plus tard le 31 décembre 2023 pour l’article 16 du D.Lgs. 147/2015, après pour l’article 5 du D.Lgs. 209/2023 | D.Lgs. 209/2023, art. 5, c. 9 ; d.P.R. 223/1989, art. 13 ; L. 470/1988, art. 6 ; L. 213/2023, art. 1, c. 242 |
Deux conséquences pratiques, qui reviennent dans plusieurs chapitres. La première : l’Italie ne pratique pas le split year avec la France. On est résident italien pour l’année entière ou pas du tout. La circolare20/E du 4 novembre 2024, page 22, ne reconnaît de fractionnement conventionnel qu’avec l’Allemagne, la Suisse et le Panama ; la France n’y figure pas. La seconde : le pivot de l’année d’installation se raisonne au jour. Du 1erjuillet au 31 décembre il y a 184 jours, en année bissextile comme en année ordinaire — le jour intercalaire est en février. Arriver le 2 juillet 2026 laisse exactement 183 jours, soit le seuil, et emporte la résidence italienne pour l’année entière. Il faut arriver au plus tôt le 3 juillet en année ordinaire. Le chapitre 05 donne le calendrier complet, dans les deux sens.
Établi sur texte primaire
Un article lu dans une rédaction datée sur Normattiva ou en Gazzetta Ufficiale, un PDF officiel converti en texte et lu intégralement, une décision retrouvée avec son numéro. C’est le registre de la quasi-totalité des chiffres de ce guide.
Établi sur doctrine administrative
Une circolare, une risoluzione, une risposta a interpello de l’Agenzia delle Entrate, un commentaire BOFiP, une réponse ministérielle. Cela engage l’administration qui l’a émise, et cela ne lie pas le juge.
Non tranché
Le registre que personne n’écrit, et qui coûte le plus cher. Une question de droit sur laquelle aucun texte, aucune prassi, aucune décision consultée ne se prononce — et que nous nommons plutôt que de la trancher à votre place.
La loi italienne, texte par texte
Tous les textes ci-dessous ont été consultés le 30 juillet 2026, sur Normattiva en mode multivigenza ou sur les PDF officiels de la Gazzetta Ufficiale. La liste ne recense pas tout ce qui a été ouvert : elle recense ce qui porte une règle effectivement utilisée dans un raisonnement ou un chiffrage de ce guide.
| Texte italien | Articles qui opèrent | Ce que cela commande | Chapitres |
|---|---|---|---|
| D.P.R. 22 dicembre 1986, n. 917 — TUIR. normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.del.presidente.della.repubblica:1986-12-22;917. Abrogé dans ses art. 1 à 191 au 1er janvier 2027 | Art. 2 (résidence, cinq versions de l’art. 24-bis vérifiées) ; art. 3 ; art. 10 (oneri deducibili) ; art. 11 (barème, et le comma 2-bis : pas d’impôt sur 500 € de seuls revenus fonciers) ; art. 12 et 13 (charges de famille, detrazioni) ; art. 15 (detrazioni pour charges) ; art. 16-bis et 16-ter (rénovation, plafond des detrazioni) ; art. 23 (territorialité, lecture « a specchio ») ; art. 24-bis (forfait) ; art. 24-ter (retraités du Mezzogiorno) ; art. 44, 50, 67, 68, 70, 77, 165 | Résidence, barème, régimes de faveur, crédit d’impôt étranger, plus-values | 02, 05, 07, 08, 09, 21 |
| Legge 11 dicembre 2016, n. 232 (bilancio 2017). PDF Gazzetta Ufficiale, S.O. n. 57/L à la GU n. 297 du 21/12/2016 : gazzettaufficiale.it/eli/gu/2016/12/21/297/so/57/sg/pdf | Art. 1, commi 152 à 159. Le comma 153 dispense l’optant du quadro RW, de l’IVIE et de l’IVAFE, extension aux familiers comprise ; le comma 154 porte le non-cumul ; le comma 155 facilite visas et titres de séjour ; le comma 157 délègue au provvedimento ; le comma 158 réduit l’assiette successorale aux biens existant en Italie | Tout ce qui, dans le forfait, ne figure pas dans l’article 24-bis lui-même — et c’est l’essentiel de l’avantage patrimonial | 02, 15, 24, 28 |
| Decreto-legge 9 agosto 2024, n. 113, converti par la L. 7 ottobre 2024, n. 143. GU n. 186 du 9 août 2024, en vigueur le 10 août 2024 | Art. 2 (forfait porté à 200 000 €) ; art. 22 (entrée en vigueur le lendemain de la publication). Le comma 2 vise les transferts intervenus « successivamente » à l’entrée en vigueur : le 10 août 2024 est dans la fenêtre à 100 000 € | La borne du 10 août 2024 inclus. Un jour peut valoir 100 000 € par an pendant quinze ans | 02 |
| Legge 30 dicembre 2025, n. 199 (bilancio 2026). S.O. n. 42 à la GU Serie generale n. 301 du 30/12/2025 : gazzettaufficiale.it/eli/id/2025/12/30/25G00212/SG | Art. 1, c. 3 (deuxième tranche de l’IRPEF de 35 à 33 %) ; c. 4 (prélèvement de 440 € sur les detrazioni au-delà de 200 000 € de revenu) ; c. 17 (locations courtes : de quatre à deux logements) ; c. 25 et 26 (forfait à 300 000 € et 50 000 €) ; c. 28 (crypto à 33 %) ; c. 74 (IRAP banques et assurances) ; c. 201 (déduction retraite complémentaire portée à 5 300 €) ; art. 21 (entrée en vigueur au 1er janvier 2026) | Neuf paramètres du dossier changent le même jour. Tout chiffrage bâti sur la tranche à 35 % ou sur un forfait à 200 000 € est à refaire | 02, 07, 08, 18, 19, 27 |
| D.Lgs. 27 dicembre 2023, n. 209. normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legislativo:2023-12-27;209!vig=2026-01-01~art5 | Art. 1 (réécriture de l’art. 2 du TUIR : présence physique, domicile redéfini par les relations personnelles et familiales, présomption anagraphique devenue simple) ; art. 5, commi 1 à 10 (régime des impatriés) ; art. 7 | Résidence fiscale depuis 2024 ; régime des impatriés : 50 % ou 40 %, plafond de 600 000 €, cinq périodes, haute qualification, engagement de quatre ans sanctionné | 03, 05, 22 |
| Decreto-legge 27 marzo 2026, n. 38, converti avec modifications par la legge 22 maggio 2026, n. 88. GU n. 72 du 27/03/2026, en vigueur le 28 mars 2026 ; GU n. 117 du 22/05/2026 | Art. 2 (ajoute au comma 154 de la L. 232/2016 le renvoi à l’art. 5 du D.Lgs. 209/2023 ; application aux transferts de résidence fiscale à compter de la période d’imposition 2027) ; art. 8, c. 4-decies (régime America’s Cup, 2026 et 2027) | Le non-cumul forfait/impatriés et sa date d’effet. Ce texte n’est pas recensé par la page « Normativa e prassi » de l’Agenzia consultée le 30/07/2026 | 02, 03, 04 |
| D.Lgs. 19 giugno 2026, n. 117 — nouveau testo unico des impôts sur les revenus. GU Serie Generale n. 152 du 3 juillet 2026, S.O. n. 26/L. Décret en vigueur le 4 juillet 2026, texte unique applicable au 1er janvier 2027 | Art. 376, c. 1, lett. e) (abroge les art. 1 à 191 du TUIR) ; art. 376, c. 2 (clause de renvoi automatique) ; art. 377 (application au 1er janvier 2027) ; art. 246 (forfait) ; art. 247 (retraités du Mezzogiorno) ; art. 225 et 226 (impatriés, enseignants-chercheurs) ; art. 203 à 208, 304, 306, 307 | La bascule de numérotation de tout le guide. Voir la table de correspondance ci-dessous | Tous |
| D.Lgs. 1 agosto 2025, n. 123 — testo unico du registre et des impôts indirects. GU n. 186 du 12/08/2025, S.O. n. 29. Décret en vigueur le 13 août 2025, application différée au 1er janvier 2027 par le D.L. 31 dicembre 2025, n. 200, art. 4, c. 5 | Annexe, art. 88, c. 4 et c. 6 (localisation des biens ; assiette successorale réduite de l’optant au forfait, qui prend le relais du comma 158) | La continuité de l’avantage successoral du forfait après la recodification | 02, 24 |
| D.Lgs. 31 ottobre 1990, n. 346 — TUS, texte consolidé, et D.Lgs. 18 settembre 2024, n. 139 qui le refond. PDF officiels de l’Agenzia. Application aux successions ouvertes et aux actes à titre gratuit à compter du 1er janvier 2025 | TUS : art. 2 (territorialité, et c. 3 : ce que « existant en Italie » veut dire) ; art. 3, c. 4-ter (entreprises) ; art. 7 (taux et franchises) ; art. 8, 11, 12, 13, 17, 22, 25, 26, 28, 31, 33, 34, 37, 42, 48, 55 c. 1-bis, 56, 56-bis | 4 % au-delà de 1 M€ par bénéficiaire en ligne directe et pour le conjoint ; 6 % au-delà de 100 000 € entre frères et sœurs ; 6 % sans franchise jusqu’au quatrième degré ; 8 % pour les autres ; 1,5 M€ pour un bénéficiaire handicapé | 24, 25 |
| Decreto-legge 6 dicembre 2011, n. 201, art. 19. normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legge:2011-12-06;201~art19. Commi 13 à 23 abrogés au 1er janvier 2027 | Commi 13 à 17, 15-bis, 15-ter (IVIE) ; commi 18 à 23 (IVAFE, bollo, imposta sur la valeur des crypto-actifs) | IVIE 1,06 %, non due sous 200 €, proratisée ; habitation principale exonérée sauf A/1, A/8, A/9. IVAFE 2 ‰, 4 ‰ pour les États privilégiés, 34,20 € par compte courant avec franchise de 5 000 € de solde moyen | 15, 28 |
| Decreto-legge 28 giugno 1990, n. 167, art. 4 et art. 5. L’art. 4 n’est pas abrogé ; l’art. 5 l’est au 1er janvier 2027 par le D.Lgs. 5 novembre 2024, n. 173 | Art. 4, c. 1 et c. 3 (obligation de monitoraggio, quadro RW, dispense pour les immeubles sans variation) ; art. 5, c. 2 (sanctions : 3 à 15 % des montants non déclarés, 6 à 30 % pour les États privilégiés, 258 € si la déclaration est déposée dans les 90 jours du terme) | L’obligation déclarative sur les avoirs français, et le prix d’une régularisation rapide | 28 |
| D.Lgs. 21 novembre 1997, n. 461 (art. 5, 6, 7) ; D.L. 24 aprile 2014, n. 66, art. 3 ; L. 27 dicembre 2017, n. 205 | Régimes du risparmio (dichiarativo, amministrato, gestito) ; taux de 26 % « ovunque ricorrano » visant les lettres c-bis) à c-quinquies) de l’art. 67 ; intégration de la lettre c) au régime substitutif au 1er janvier 2019 | La fiscalité des revenus de capitaux et des plus-values, et la raison technique pour laquelle le taux crypto a pu passer à 33 % sans toucher au régime général | 08, 28 |
| Legge 23 dicembre 2014, n. 190 (regime forfetario) ; D.Lgs. 14 marzo 2011, n. 23, art. 3 (cedolare secca) ; D.L. 24 aprile 2017, n. 50, art. 4 (locations courtes) | L. 190/2014 : art. 1, c. 54 à 65, dont le c. 57 lett. b) et d-ter) et le c. 65 lett. a), b), c). D.Lgs. 23/2011 : art. 3, c. 7 et c. 11, dont la lettre recommandée sans laquelle « l’opzione non ha effetto ». D.L. 50/2017 : art. 4, c. 2 et c. 3 | Le taux de 5 % du forfetario et ses trois conditions éliminatoires ; la formalité sans laquelle la cedolare secca est inopérante ; le décompte des logements en location courte, élargi à la sous-location et au comodato | 18, 19 |
| Legge 27 dicembre 2019, n. 160 (IMU) ; D.Lgs. 15 dicembre 1997, n. 446 (IRAP) ; D.L. 20 febbraio 2026, n. 21 | L. 160/2019 : commi 741, 747, 748 à 757, 761, 762. D.Lgs. 446/1997 : art. 6 et art. 16. D.L. 21/2026 : art. 3, c. 1 et tabella 1 | IMU jusqu’à 1,14 % ; taux communaux normalisés et publiés sur le Portale del federalismo fiscale, celui du 28 octobre servant de base au solde de décembre. IRAP : 6,65 % et 7,90 % pour 2026 à 2028, majoration ATECO de deux points pour 2026 et 2027 | 16, 20 |
| D.Lgs. 21 novembre 2007, n. 231, art. 49 ; D.Lgs. 25 luglio 1998, n. 286, art. 26-bis et 27-quater ; D.Lgs. 6 febbraio 2007, n. 30, art. 2, 3 et 9 ; L. 23 settembre 2025, n. 132, art. 22 | Plafond des espèces (5 000 € depuis le 1er janvier 2023, c. 3-bis) ; visa investisseur et haute qualification ; droit de séjour du citoyen de l’Union et de son partenaire ; clause « intelligence artificielle » du régime des impatriés, en vigueur le 10 octobre 2025 | Vie courante, séjour, conditions subjectives d’accès au régime des impatriés | 03, 06, 29 |
| Codice civile italien ; D.M. 4 maggio 1999 ; Corte costituzionale, sentenza n. 209 du 13 octobre 2022 (GU 1ª serie speciale n. 42 du 19/10/2022) | Art. 43 (résidence civile) ; art. 536, 537, 538, 540, 542, 544 (réserve héréditaire). D.M. 4 maggio 1999 : 50 entrées, d’Alderney à Samoa, Suisse retirée au 1er janvier 2024. Sentenza n. 209/2022 : annulation de la condition de nucleo familiare de l’abitazione principale | La réserve italienne, dont celle des ascendants qui n’a pas d’équivalent français ; la liste des États à fiscalité privilégiée, où la France n’a jamais figuré ; le régime de l’habitation principale d’un couple installé en deux temps | 05, 16, 24, 25 |
Le 1erjanvier 2027 : la table de correspondance
Cette table a été vérifiée article par article sur le texte publié en Gazzetta Ufficiale. Elle vaut pour toute personne qui devra, à partir de 2027, citer une règle à son commercialista, à un notaire, à un contrôleur ou à un juge. La clause de renvoi automatique de l’article 376, comma 2, prévoit qu’une référence à une disposition abrogée s’entend comme visant la disposition correspondante du texte unique : cela évite la nullité de la référence, cela n’évite pas de perdre une heure à chercher.
| Objet | Référence jusqu’au 31 décembre 2026 | Référence à compter du 1er janvier 2027 | Ce qui change au fond |
|---|---|---|---|
| Forfait des neo residenti | Art. 24-bis du TUIR | Art. 246 du D.Lgs. 117/2026 | Montant de 300 000 € et 50 000 €, durée de quinze ans : identiques. Le comma 7 restreint le non-cumul aux « articoli 225 e 226, commi da 1 a 5 », là où le comma 154 de la L. 232/2016 vise l’article 44 du D.L. 78/2010 en entier |
| Régime des impatriés | Art. 5 du D.Lgs. 209/2023 | Art. 225 du D.Lgs. 117/2026 | Texte non obtenu. Des commentaires professionnels concordants indiquent le maintien du plafond de 600 000 € et de la quote-part de 50 % ; nous ne l’écrivons pas comme un fait |
| Enseignants et chercheurs | Art. 44 du D.L. 78/2010 | Art. 226 du D.Lgs. 117/2026 | Le non-cumul avec le forfait joue depuis 2017, et non depuis 2027 |
| Retraités du Mezzogiorno | Art. 24-ter du TUIR | Art. 247 du D.Lgs. 117/2026 | 7 % sur l’ensemble des revenus de source étrangère, dix périodes, communes de 30 000 habitants au plus |
| Résidence des personnes physiques ; barème ; charges de famille | Art. 2, 3, 10, 11, 12, 13 du TUIR | Art. 2, 3, 10, 11, 12, 13 du D.Lgs. 117/2026 | Numérotation inchangée. Le comma 2-bis de l’article 11 devient le comma 3 |
| Detrazioni pour charges ; rénovation ; plafond des detrazioni | Art. 15, 16-bis, 16-ter du TUIR | Art. 14, 17, 18 du D.Lgs. 117/2026 | Effet de bord favorable : la page Normattiva de l’article 15 restitue « 22 per cento » au 30/07/2026 alors que le taux pratiqué est de 19 %. L’article 14, comma 1, du texte unique écrit « 19 per cento » |
| Cedolare secca ; locations courtes | Art. 3 du D.Lgs. 23/2011 ; art. 4 du D.L. 50/2017 | Art. 203 à 206 et art. 207 à 208 du D.Lgs. 117/2026 | Inchangé. La lettre recommandée de renonciation à l’indexation figure à l’art. 206, c. 3 ; le seuil de deux logements à l’art. 207, c. 4 |
| Régimes du risparmio ; crypto-actifs | Art. 5, 6, 7 du D.Lgs. 461/1997 ; art. 67, c. 1, lett. c-sexies) du TUIR | Art. 304, 306, 307 du D.Lgs. 117/2026 ; art. 76, c. 1, lett. i) | Taux crypto de 33 % à l’art. 304, c. 7, et 26 % pour les e-money token en euros. La définition reprise ne comporte plus de seuil de 2 000 € |
| IVIE et IVAFE | Art. 19, commi 13 à 23, du D.L. 201/2011 | Non établi | Les commi sont abrogés au 1er janvier 2027 par le D.Lgs. 174/2024 et le D.Lgs. 123/2025, tels que modifiés par le D.L. 200/2025. Où ils sont repris, et si l’exonération des optants au forfait suit, n’est pas établi : le comma 153 renverra à une disposition abrogée |
| Sanctions du quadro RW | Art. 5 du D.L. 167/1990 | D.Lgs. 5 novembre 2024, n. 173 | L’obligation elle-même — art. 4 du D.L. 167/1990 — n’est pas abrogée. Seules les sanctions changent de siège |
| Assiette successorale réduite de l’optant | Art. 1, c. 158, de la L. 232/2016 | Art. 88, c. 6, de l’annexe du D.Lgs. 123/2025 | Continuité assurée par le report d’application du texte unique registre au 1er janvier 2027 |
Le point le plus lourd de tout le dossier, et il porte sur le chiffre central du guide
Deux clauses transitoires figent le montant du forfait dû par chaque optant à celui en vigueur au jour de son transfert de résidence : le D.L. 113/2024, art. 2, comma 2, et la L. 199/2025, art. 1, comma 26. Nous avons vérifié, lettre par lettre, l’article 376 du D.Lgs. 117/2026 : sa lettre mmmmmm)n’abroge du D.L. 113/2024 que « articolo 6 e allegati 1 e 2 » — pas l’article 2 —, et sa lettre zzzzzz) n’abroge de la L. 199/2025 aucun des commi 25 et 26. Les deux clauses survivent au 1er janvier 2027.Mais elles modifient, à la lettre, « l’articolo 24-bis, comma 2, del testo unico delle imposte sui redditi » — article abrogé le jour même. Et l’article 246, comma 2, du texte unique énonce sèchement 300 000 € et 50 000 €.
La réserve que nous publions, et que nous reprenons à l’identique partout où le sujet affleure :
Le maintien du montant d’entrée au-delà du 1er janvier 2027 est la lecture attendue, mais aucun texte ne l’écrit. Les deux clauses transitoires qui figent ce montant ne sont pas abrogées, mais elles sont adossées à un article du TUIR abrogé à cette date, tandis que le nouveau texte unique ne reprend aucune clause de sauvegarde.
Ce qui est en jeu : jusqu’à 200 000 € par ansur les années restantes d’une option de quinze ans, pour un optant entré en 2018 à 100 000 €. Ce qui trancherait : un D.Lgs. correttivo, ou la première circolare d’application du texte unique. Nous n’écrivons rien de plus, et nous vous déconseillons de croire quiconque écrira davantage avant l’un ou l’autre.
La doctrine administrative italienne
Les documents ci-dessous ont été téléchargés en PDF depuis le portail de l’Agenzia delle Entrate, convertis en texte et lus. C’est une précision de méthode qui n’est pas décorative : un résumé de page ne restitue ni les notes de bas de page — la note 36 du § 7 de la circolare 3/E porte la citation sur le taux de 8 % des libéralités indirectes — ni la pagination, qui est la seule manière pour un tiers de retrouver ce que vous citez.
| Document de l’Agenzia delle Entrate | Ce qu’il porte | Chapitres |
|---|---|---|
| Circolare n. 17/E del 23 maggio 2017, 100 pages, partie IV consacrée au forfait | La doctrine fondatrice du régime des neo residenti. Elle donne le séquençage admis — impatriés la première année, puis forfait à compter de la deuxième —, la remissione in bonis à 250 € jusqu’à la déclaration de l’exercice suivant, et la précision que l’interpello est « una facoltà e non un obbligo ». Une réserve à porter : la circulaire situe la durée de quinze ans au comma 3 de l’art. 24-bis ; c’est le comma 4, le comma 3 traitant de l’interpello | 02, 04 |
| Circolare n. 20/E del 4 novembre 2024, 30 pages, sur la résidence fiscale | Le seuil de « 183 giorni in un anno, o 184 giorni in caso di anno bisestile » (p. 5 et p. 7) ; l’illustration de l’atterrissage à 23 h et du décollage à 1 h (p. 13) ; le tempérament « meramente temporanea od occasionale » (p. 14) ; la liste des trois États avec lesquels un split year conventionnel est reconnu (p. 22) ; le sort de la présomption du comma 2-bis (§ 2.2, p. 17) ; les pages 20 à 22 sur le risque que le critère de présence physique fait peser sur les frontaliers | 05, 11 |
| Circolare n. 28/E del 2 luglio 2012, sur l’IVIE et l’IVAFE | Les trois situations d’un contrat d’assurance-vie étranger au regard de l’IVAFE (§ 2.2.1) ; la France citée nommément parmi les quatre États sans valore catastale utilisable ; la Tabella 1, ligne FRANCIA, qui admet la taxe foncière en imputation et écarte les impôts liés à l’usage du bien comme habitation | 14, 15, 17 |
| Circolare n. 3/E del 16 aprile 2025, 23 pages, sur la réforme des successions | Autoliquidation, suppression du coacervo successoral, libéralités indirectes (§ 7 et sa note 36), condition d’héritier unique satisfaite malgré des renonciations | 24 |
| Provvedimento del Direttore n. 47060 dell’8 marzo 2017 | La mécanique de l’option : points 1.2 b) (option dans la déclaration de l’année suivant le transfert), 2.2 à 2.6 (extension aux familiers), 3.8 (communication obligatoire au service compétent en cas de départ à l’étranger, avant l’échéance déclarative de l’exercice de perte de résidence — obligation formelle sanctionnée par la sortie du régime), 3.9 | 02 |
| Risoluzione n. 44/E dell’11 giugno 2018 et Risoluzione n. 14/E del 6 marzo 2023 | Codes tributo NRPP et NRRE, pour le paiement du forfait par le contribuable principal et par les familiers | 02, 28 |
| Risposta n. 161 del 28 dicembre 2018 | L’Agenzia admet l’imputation en Italie des prélèvements sociaux français afférents aux années 2016 et suivantes, au titre de l’article 165 du TUIR — sur un fondement de droit interne italien, l’art. 15, c. 2, du D.Lgs. 147/2015, et non sur la convention. Les années jusqu’à 2015 incluses ne sont pas imputables. La coquille « rediti » figure dans le texte original | 10, 13 |
| Risposta n. 159 del 22 luglio 2024 ; Risposta n. 16 del 28 gennaio 2025 | Usage alternatif du forfait et du régime des impatriés sur des années différentes ; cumul impatriés / chercheurs-enseignants | 04, 22 |
| Risposta n. 66/2025 ; Risposta n. 70/2025 ; Risposta n. 74/2025 ; Risposta n. 138/2025 | n. 66/2025, p. 8-9 : abandon du collegamento funzionale, appréciation période par période, et — c’est décisif pour un profil frontalier — la rémunération d’un résident fiscal italien travaillant physiquement en France est un revenu produit à l’étranger, « non sarebbe agevolabile ». n. 70/2025, p. 4 : l’interpello ne couvre ni les conditions d’accès au régime, ni la résidence fiscale elle-même. n. 74/2025, p. 8 : l’Agenzia retient la déclaration du contribuable « acriticamente ». n. 138/2025 : partage entre sous-régime sportif et droit commun, rendue sous l’ancien article 16 | 03, 22 |
| Risposta n. 2/2026 ; Risposta n. 12/2026 ; Risposta n. 82/2026 ; Risposta n. 143 del 13 luglio 2026 | n. 2/2026, p. 5 : porte la coquille « decreto legislativo 14 settembre 2015, n. 209 », reprise par la n. 82/2026, p. 6 — ne pas la reproduire. n. 12/2026, p. 9 : le régime ne pose pas de condition quant au lieu d’exercice antérieur. n. 82/2026, p. 3-5 : reproduit le texte de l’art. 2, c. 2, du TUIR et la règle de déchéance de l’art. 5, c. 3. n. 143/2026 : exonération d’entreprise refusée sur le terrain du contrôle effectif | 03, 05, 24 |
| Notice Redditi PF 2026, Fascicolo 2 et Fascicolo 3 (mise à jour du 13/05/2026) ; brochure « Locazioni brevi » d’avril 2026 | Le crédit d’impôt pour impôts payés à l’étranger « va richiesta, a pena di decadenza, nella dichiarazione », au quadro CE du Fascicolo 3 ; le quadro RW reste dû dès qu’une IVIE ou une IVAFE est due, même en cas de dispense de monitoraggio ; l’effet substitutif de l’IVIE sur l’article 70, comma 2, du TUIR pour un immeuble non loué | 13, 15, 18, 28 |
| Pages « scheda » et « Normativa e prassi » du portail | À manier avec précaution, et nous le disons plutôt que de le taire. Consultée le 30/07/2026, la scheda « Neo residenti — Che cos’è », dernière mise à jour affichée au 16 janvier 2026, annonce 300 000 € et 50 000 € en bandeau et écrit dans son corps de texte « un’imposta forfettaria di 200mila euro » et « pari a 25mila euro annui ». La page « Normativa e prassi » du forfait ne recense pas le D.L. 38/2026 ; celle des impatriés ne recense ni la L. 132/2025 ni le D.L. 38/2026 | 02, 03 |
Ce qu’un rescrit italien ne fera pas pour vous, et que personne n’écrit
L’interpelloest présenté partout comme la manière de sécuriser une installation italienne. Il l’est, dans des limites qu’il faut connaître avant de payer une consultation pour l’obtenir. L’Agenzia écrit, en des termes équivalents dans les risposten. 70/2025 et n. 82/2026, que sortent du champ de l’interpello « la verifica dei requisiti necessari ai fini dell’accesso al « nuovo regime » nonché della sussistenza dei presupposti per stabilire l’effettiva residenza fiscale », ces vérifications supposant une appréciation de fait.
Autrement dit : le rescrit ne sécurise ni les conditions d’accès au régime en général, ni votre résidence fiscale elle-même. Il tranche une question de qualification juridique posée sur des faits que vous déclarez et que l’administration retient acriticamente. Si les faits sont contestés plus tard, la réponse ne vous protège pas. C’est une aggravation du risque, et un cabinet qui ne vous le dit pas vous vend une sécurité qui n’existe pas.
Nous recommandons néanmoins l’interpello préalable avant toute option pour le forfait — l’article 24-bis, comma 3, le prévoit expressément, la circolare17/E précise que c’est « una facoltà e non un obbligo », et l’enjeu chiffré le rend indispensable. Comptez plusieurs mois d’instruction, et un dossier de faits constitué avant, pas pendant.
Les sources françaises
Deux conventions lient la France et l’Italie, et le corpus francophone n’en cite qu’une. La convention sur les revenus et la fortune, signée à Venise le 5 octobre 1989, est celle que tout le monde connaît. La seconde ne l’est pas, et elle commande tout le chapitre 24 : convention en vue d’éviter les doubles impositions en matière d’impôts sur les successions et sur les donations, signée à Rome le 20 décembre 1990, approuvée par la loi n° 91-1398 du 31 décembre 1991 (JO du 3 janvier 1992, p. 108), publiée par le décret n° 95-351 du 28 mars 1995 (JO du 4 avril 1995), entrée en vigueur le 1er avril 1995, applicable aux successions ouvertes et aux donations effectuées à compter de cette date. Dix-neuf articles, protocole en trois points. Une précision qui a son intérêt : la page de garde du PDF servi par la DGFiP porte « JO du 4 avril 1995 » en regard de la loi de 1991, ce qui est la date du JO du décret et non celle de la loi. Le BOFiP donne la bonne.
| Source française | Ce qu’elle porte | Chapitres |
|---|---|---|
| Convention du 5 octobre 1989 — PDF officiel DGFiP : impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/italie/italie_convention-avec-l-italie-impot-sur-le-revenu-impot-sur-la-fortune_fd_1736.pdf | Art. 2 § 3 et § 4 (impôts visés, notification des modifications) ; art. 4 (résidence) ; art. 6 et 7 ; art. 15 § 4 (frontaliers) ; art. 18 § 1 et § 2 (pensions, rédaction non exclusive) ; art. 24 (élimination) ; art. 26 (procédure amiable, délai de six mois, commission mixte, aucune clause d’arbitrage) ; art. 31 (application aux impositions à compter de 1992) ; art. 32 (dénonciation, préavis de six mois par la voie diplomatique). Protocole en 17 points, dont le 8 b) (participations de 25 %), le 9, qui se borne à définir les zones frontalières comme « les régions, en Italie, et les départements, en France, limitrophes de la frontière » — l’énumération des six départements, dont la Corse-du-Sud, celle des quatre régions, dont la Sardaigne, et la condition de retour quotidien viennent du BOI-INT-CVB-ITA-10-20, § 700 et § 690, et non du Protocole, le 11 b) et c), le 14 b) i) (fondement des formulaires 5000 et 5001), le 15 (clause de sujétion à l’impôt), le 16 (cotisations de retraite), le 17 | 10, 09, 22, 23 |
| Convention du 20 décembre 1990 — PDF officiel DGFiP : impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/italie/italie_convention-avec-l-italie-successions_fd_1781.pdf | Art. 4 § 1 (domicile) ; art. 5 § 1 (« situés dans l’autre Etat ») ; art. 8 § 1 (« sont imposables ») ; art. 9 (« ne sont imposables que ») ; art. 11 § 1 (dispositions pour éviter les doubles impositions — le titre exact, et non « élimination ») ; art. 12 à 15 (non-discrimination, procédure amiable avec forclusion de trois ans, échange de renseignements, assistance au recouvrement) ; art. 17 ; art. 18 § 3 (substitution à l’échange de lettres du 9 juillet 1976). Protocole, lettre c) | 24, 25 |
| BOFiP — série France-Italie : BOI-INT-CVB-ITA, ITA-10, ITA-10-10, ITA-10-20, ITA-10-50, ITA-20 ; annexe BOI-ANNX-000341 | BOI-INT-CVB-ITA-10-20 § 920 : les pensions Agirc et Arrco relèvent du § 2 de l’article 18, sur le fondement d’un accord amiable conclu par échange de lettres du 20 décembre 2000, reproduit intégralement, signé côté français par le sous-directeur Bruno Gibert. § 930 : rétroactivité aux rémunérations perçues depuis le 1er janvier 1985 côté français. § 950 : article 22. § 690 : la condition de retour quotidien du frontalier, que le texte conventionnel ne porte pas. § 700 : la liste administrative des zones frontalières — six départements français, dont la Corse-du-Sud, et quatre régions italiennes, dont la Sardaigne | 09, 10, 27 |
| BOFiP — territorialité et droits de mutation : BOI-ENR-DMTG-10-10-30 (§ 360, 380, 390, 420, 430) ; BOI-ENR-DMTG-10-50-50, -10-50-60 (§ 80), -10-50-70 ; BOI-ENR-DMTG-10-50-30 (§ 100) | Le contenu du 3° de l’article 750 ter en clair, avec la condition de six années de domicile sur les dix dernières, qui peut être discontinue ; l’articulation des conventions avec les deuxième et quatrième alinéas du 2° ; la primauté conventionnelle de la définition du domicile ; le tarif des frères et sœurs applicable aux neveux venant en représentation | 24, 25 |
| BOFiP — non-résidents et revenus du capital : BOI-IR-DOMIC-10-20-10, -10-20-20-10, -10-20-20-20, -10-20-20-50 ; BOI-IR-DOMIC-20 (§ 80 et suivants) ; BOI-RFPI-PVINR-20-20 et -30-20 ; BOI-RPPM-PVBMI-10-30-20 et -50-10-10 ; BOI-RPPM-RCM-30-10-20-10 et -20-20 (§ 35) ; BOI-RPPM-RCM-40-50-10 et -40-50-40 ; BOI-PAT-IFI-10-20, -10-20-30, -40-30-10 ; BOI-TCAS-AUT-60 ; BOI-BAREME-000043 du 02/04/2026 ; ACTU-2026-00022 | Le fractionnement français de l’année du départ est traité au BOI-IR-DOMIC-20, et non au BOI-IR-DOMIC-40 qui porte sur le régime Schumacker. Le barème de la retenue de l’article 182 A pour 2026 : 17 275 et 50 112 €, réfaction DOM de 8 % et 14,4 %. Le barème de l’IR 2026 : 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 € | 11, 12, 13, 14, 15, 17 |
| BOFiP — règlement des différends : BOI-INT-DG-20-30-30-10 (version du 15 avril 2026, § 10, 130, 220, 380) et BOI-INT-DG-20-30-30-20 ; BOI-INT-DG-20-10-10 ; BOI-LETTRE-000150 | Les personnes physiques sont expressément éligibles à la procédure de la directive (UE) 2017/1852. Et une information qu’un guide de cabinet ne peut pas taire : son ouverture met fin à toute autre procédure amiable conventionnelle. C’est un choix, pas un filet de sécurité | 10, 23 |
| Légifrance — CGI et CSS. Art. 4 B (version en vigueur depuis le 16 février 2025, LOI n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 83) ; art. 167 bis ; art. 182 A et 182 B ; art. 197 B ; art. 235 ter ; art. 244 bis A ; art. 750 ter ; art. 784 A ; art. 792-0 bis ; art. 964 ; art. 990 I ; art. 125-0 A ; art. L. 131-9, L. 136-6 et L. 136-7 du CSS ; art. L. 251 B à L. 251 ZH du LPF | L’alinéa inséré à l’article 4 B en 2025 fait primer la convention sur les critères internes de domicile — et il propage cette primauté au 750 ter, au 964 et au 167 bis, dont le facteur de rattachement est le domicile « au sens de l’article 4 B ». L’article 784 A ne joue que dans les cas des 1° et 3° de l’article 750 ter : il n’y a aucun correctif de droit interne dans le cas du 2° | 05, 12, 13, 15, 23, 24 |
| BOSS — Contribution sociale généralisée sur les revenus du capital, questions 3, 6, 10 et 11 ; LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12 ; LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 | La contribution de financement de l’autonomie ajoute 1,4 point à la CSG du capital sans être due sur toutes les catégories : c’est la cause réelle de la « controverse » 17,2 / 18,6 %. Le BOSS écrit lui-même « ce qui a pour effet de porter, le cas échéant, le PFU à 31,4 % » | 12, 13, 17 |
| Jurisprudence et réponses officielles françaises | CE, 9e et 10e ch. réunies, 13 mars 2026, n° 503496 : « Constituent des revenus d’immeubles au sens de ces dispositions les loyers issus d’immeubles situés en France, quelle que soit la catégorie d’imposition dont ils relèvent ». CE, 5 avril 2013, n° 349741 (art. 6 et 7 de la convention de 1989). CE, 11 juin 2003, n° 221199 (application dans le temps). Réponse ministérielle Morel-A-L’Huissier n° 92034, JO AN du 8 février 2011, p. 1262. Question écrite Sénat n° 02510 de Mme Évelyne Renaud-Garabedian, JO Sénat du 1er septembre 2022 — déclarée caduque, sans réponse ministérielle | 09, 10, 17, 23, 24 |
L’arithmétique des prélèvements sociaux, refaite ligne à ligne
CE QUE CHAQUE TAUX ADDITIONNE
CSG capital avant la CFA .......................... 9,20 %
CRDS .............................................. 0,50 %
Prelevement de solidarite (art. 235 ter du CGI) ... 7,50 %
------------------------------------------------ ------
Total dit « 17,2 % » .............................. 17,20 %
CSG capital apres la CFA (9,20 + 1,40) ........... 10,60 %
CRDS .............................................. 0,50 %
Prelevement de solidarite ......................... 7,50 %
------------------------------------------------ ------
Total dit « 18,6 % » .............................. 18,60 %
Impot sur le revenu au taux forfaitaire ........... 12,80 %
Prelevements sociaux, PFU ........................ 18,60 %
------------------------------------------------ ------
Prelevement forfaitaire unique .................... 31,40 %
Controle : 17,20 - 7,50 = 9,70 % (CSG + CRDS avant CFA)- CFA :Contribution de financement de l'autonomie, 1,4 point, créée par l'article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
- 17,20 % :Revenus fonciers de location nue et plus-values immobilières françaises d'un non-résident. La CFA en est exclue. C'est la position administrative publiée ; une controverse textuelle existe et le chapitre 17 la signale
- 18,60 % :Composante sociale du prélèvement forfaitaire unique, applicable aux dividendes, intérêts, plus-values mobilières et à l'assiette de l'exit tax
- 31,40 % :Taux global du prélèvement forfaitaire unique depuis 2026, à ne jamais appliquer à une assiette immobilière ni à l'assiette d'une garantie de sursis
- 7,50 % :Prélèvement de solidarité seul, pour un non-résident affilié à un régime obligatoire d'un État de l'Union, de l'EEE ou de Suisse et non pris en charge par un régime obligatoire français d'assurance maladie. Deux conditions cumulatives, jamais une seule
- Location meublée :NON TRANCHÉ entre 17,20 % et 18,60 % pour un non-résident. Aucune source consultée le 30 juillet 2026 ne se prononce
- Champ des prélèvements sociaux du non-résident :Revenus fonciers et plus-values immobilières de source française uniquement. Les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA et l'assurance-vie d'un non-résident sont hors champ
Ce n'est pas une controverse sur un taux unique : c'est une segmentation par produit, et les quatre taux sont exacts simultanément. La règle de méthode que nous nous appliquons, et qui vaut pour vous si vous relisez un document : ne jamais substituer un taux globalement. Écrire 18,6 % partout serait faux pour l'immobilier ; écrire 17,2 % partout serait faux pour le PFU ; et « PFU à 30 % » reste exact sur les contrats d'assurance-vie concernés. Trier par produit, toujours.
Le piège des « 7,5 % », et pourquoi ce guide ne les emploie jamais seuls
Trois notions distinctes portent ce chiffre dans un dossier franco-italien, et les confondre produit un conseil faux à chaque fois. Le taux réduit dit « de Ruyter » du I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale, qui ramène les prélèvements sociaux d’un non-résident au seul prélèvement de solidarité. Le prélèvement de solidaritéde l’article 235 ter du CGI, qui est ce prélèvement même, au taux de 7,5 %. Et le prélèvement forfaitaire de l’article 125-0 Adu CGI, également de 7,5 %, qui frappe les produits d’un contrat d’assurance-vie de plus de huit ans dans la limite des primes de 150 000 €. Trois textes, trois assiettes, un seul chiffre.
Sur le premier, une précision qui change la réponse pour une partie du lectorat : le taux réduit suppose deux conditions cumulatives— être affilié à un régime obligatoire d’un État de l’Union, de l’EEE ou de Suisse, etne pas être pris en charge par un régime obligatoire français d’assurance maladie. Un retraité installé en Italie sous couvert d’un formulaire S1délivré par la France reste à la charge d’un régime français : la seconde condition n’est pas remplie. Nous déduisons cette conclusion du mécanisme de l’article L. 131-9 du code de la sécurité sociale, qui n’institue de taux particuliers de cotisation maladie que pour les personnes dont les frais de santé restent à la charge de la France. Aucune des sources consultées le 30 juillet 2026 ne l’énonce nommément pour le S1, et nous l’écrivons ainsi partout.
Sources européennes, internationales et sectorielles
| Source | Ce qu’elle porte | Statut |
|---|---|---|
| Règlement (UE) n° 650/2012 sur les successions internationales | Loi successorale applicable, professio juris, certificat successoral européen | EUR-Lex est resté inaccessible à nos passes de vérification — pare-feu applicatif, aucun format n’a rendu de contenu. Nous ne reprenons aucune citation littérale de ce règlement, et le chapitre 24 renvoie la question de la loi applicable à un notaire |
| Règlement (UE) 2023/2831 de la Commission, de minimis, applicable du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2030 | Le plafond de 300 000 € du régime des impatriés s’apprécie sur une période glissante de trois années civiles — 1 095 jours à rebours depuis la date d’octroi de chaque aide —, et non sur trois exercices financiers | Établi. Réserve à porter : l’article 5, comma 7, du D.Lgs. 209/2023 renvoie toujours au règlement 1407/2013, qui a cessé de s’appliquer le 31 décembre 2023, soit deux jours après l’entrée en vigueur du décret |
| Directive (UE) 2017/1852, transposée par l’art. 130 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, art. L. 251 B à L. 251 ZH du LPF | Règlement des différends fiscaux dans l’Union. Délai de saisine de trois ans à compter de la réception de la première mesure administrative. Personnes physiques éligibles. Demandes recevables depuis le 1er juillet 2019, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2018 | Établi sur le BOFiP du 15 avril 2026 |
| OCDE — tableau des signataires et parties à la convention multilatérale (MLI), état publié au 18 juin 2026 | Ligne 36 France : signature le 7 juin 2017, dépôt le 26 septembre 2018, entrée en vigueur le 1er janvier 2019. Ligne 50 Italie : signature le 7 juin 2017, colonnes dépôt et entrée en vigueur vides, profil d’arbitrage du 28 juin 2022 | L’Italie n’était pas Partie au 18 juin 2026 : la convention de 1989 n’est pas modifiée par le MLI. Cette conclusion est datée par nature — la ratification italienne est annoncée depuis 2024 et peut intervenir à tout moment. Toute mention du MLI dans ce guide porte sa date de vérification |
| INPS — circolare n. 153 du 19 décembre 2025 ; fiche « pensione di vecchiaia » | Assegno sociale 2026 : 546,24 € par mois sur treize mensualités, soit 7 101,12 € par an, après revalorisation de 1,4 %. Âge de la pension de vieillesse : 67 ans en 2026, 67 ans et 1 mois en 2027, 67 ans et 3 mois en 2028, avec 20 ans de cotisation ; voie alternative à 71 ans avec cinq ans de contribution effective | Établi. Le montant de 538,69 € qui circule est vraisemblablement le millésime antérieur : l’écart de 1,4 % est l’ordre de grandeur d’une revalorisation annuelle |
| Agenzia delle Entrate — Osservatorio del Mercato Immobiliare, rapports résidentiel et non résidentiel 2026 ; Idealista, rapports de prix de vente et de location du 2e trimestre 2026 ; ISTAT ; Eurostat, niveaux comparatifs de prix ; ARERA, tableau de suivi des prix de l’électricité, 2e trimestre 2026 | Prix immobiliers, loyers, coût de la vie, énergie | Publiables sous condition stricte : aucune donnée statistique n’est reprise dans ce guide sans avoir été retrouvée littéralement dans la source. Plusieurs lignes de synthèse qui circulaient dans nos fiches de travail — dont un classement des provinces les plus chères — ne l’ont pas été et ne sont pas publiées |
| Consiglio Nazionale del Notariato — guides « Prima casa » (édition 2025), « Prezzo-valore », « Garanzia preliminare » ; Cleiss ; Your Europe ; pages des ASL italiennes ; Consolato Generale d’Italia a Parigi | Régime prima casa et ses portes de sortie ; sécurité de l’avant-contrat ; coordination des régimes sociaux ; inscription volontaire au service sanitaire national ; obtention du codice fiscale | Le Consulat général d’Italie à Paris, page consultée le 30 juillet 2026, renvoie les citoyens de l’Union au modèle AA4/8 auprès d’un bureau territorial de l’Agenzia, la présence physique au guichet étant obligatoire pour une première attribution. Il ne délivre pas le codice fiscale aux Français avant le départ |
Le carnet d’adresses : où lire chaque texte, sans passer par nous
Un guide qui cite ses sources sans donner l’adresse à laquelle on les lit demande qu’on lui fasse confiance. Nous préférons que vous vérifiiez. Les adresses ci-dessous sont celles que nous avons ouvertes le 30 juillet 2026, reproduites sans le préfixe de protocole pour rester lisibles : ajoutez https://devant, ou tapez-les dans la barre d’adresse telles quelles.
Une distinction technique vaut d’être connue avant d’ouvrir la première, parce qu’elle décide de ce que vous verrez. Normattiva sert deux formes d’adresse. La forme uri-res/N2Ls?urn:nir:... est une URN stable : elle désigne le texte lui-même, elle survit aux refontes du site, et elle accepte un paramètre de date de vigueur. La forme caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=... est une adresse d’affichage : elle fonctionne, elle est moins durable, et elle n’accepte pas la date de vigueur de la même manière. Nous donnons la première partout où elle existe. Sur le portail de l’Agenzia, à l’inverse, les PDF portent un identifiant technique en fin d’adresse : ces liens cassent lors des réorganisations du site, et il faut alors chercher le document par son numéro et sa date, qui sont donnés ici pour chacun.
Anatomie d’une adresse Normattiva, et le paramètre que tout le monde oublie
normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:TYPE:AAAA-MM-JJ;NUM!vig=AAAA-MM-JJ~artXX
TYPE ...... decreto.del.presidente.della.repubblica | legge
decreto.legge | decreto.legislativo
AAAA-MM-JJ date du texte, pas de sa publication
NUM ....... numero du texte, sans zero initial
!vig= ..... date de vigueur demandee <-- LE PARAMETRE QUI MANQUE PARTOUT
~artXX .... article, sans espace ni point : art24bis, art16ter
EXEMPLE 1 - le forfait, tel qu'il est aujourd'hui
...decreto.del.presidente.della.repubblica:1986-12-22;917~art24bis
EXEMPLE 2 - l'ANCIEN regime des impatries, abroge depuis 2024,
relu dans sa redaction du 1er decembre 2023
...decreto.legislativo:2015-09-14;147!vig=2023-12-01~art16
Sans !vig=, la page ne rend que la mention d'abrogation.
Avec !vig=, l'article revient entier, commi 5-quater et
5-quinquies compris.
EXEMPLE 3 - le regime des impatries EN VIGUEUR, abroge au
1er janvier 2027 : a compter de cette date, le !vig= devient
la seule facon de relire les cinq annees anterieures
...decreto.legislativo:2023-12-27;209!vig=2026-01-01~art5
-> les dix commi de l'article 5.- L’ordre des paramètres :Le !vig= se place AVANT le ~art. Inversé, il est ignoré et vous retombez sur la version courante sans le savoir
- Le piège de la date :AAAA-MM-JJ est la date du texte, pas celle de sa publication en Gazzetta Ufficiale. Le D.L. 113/2024 est du 9 août 2024 et publié le 9 août ; le D.Lgs. 117/2026 est du 19 juin 2026 et publié le 3 juillet
- Les notes (n) accolées au comma :Elles sont du texte primaire et elles ne se mettent pas à jour. À ouvrir une par une, jamais à lire comme un état du droit en vigueur
- Ce que la méthode a coûté :Trois textes déclarés « inaccessibles » dans nos fiches de travail étaient disponibles. La cause était méthodologique, pas documentaire
Cette manipulation prend une seconde et elle sépare une référence vérifiable d'une référence en l'air. Elle vaut aussi pour vous : si vous demandez à un conseil de vous confirmer une règle italienne, exigez qu'il vous donne l'URN avec sa date de vigueur, et non le nom du décret.
| Texte italien | Adresse | Ce qu’on y trouve |
|---|---|---|
| TUIR — D.P.R. 22 dicembre 1986, n. 917 | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.del.presidente.della.repubblica:1986-12-22;917 — puis ~art2, ~art10, ~art16ter, ~art24bis, ~art68 pour l’article voulu | Résidence fiscale, barème, oneri deducibili, plafond des detrazioni, forfait des neo residenti, report des moins-values |
| TUIR, articles servis en affichage direct : art. 2, 3, 11, 12, 13, 15, 77 | normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=1986-12-31&atto.codiceRedazionale=086U0917&atto.articolo.sottoArticolo=1&atto.articolo.numero=11 | Changez le dernier paramètre pour l’article voulu. C’est cette page qui restitue « 22 per cento » à l’article 15 alors que le taux pratiqué est 19 % — l’effet de bord corrigé par le nouveau texte unique |
| Legge 11 dicembre 2016, n. 232 — le forfait hors du TUIR | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:legge:2016-12-11;232~art1 — et le PDF officiel : gazzettaufficiale.it/eli/gu/2016/12/21/297/so/57/sg/pdf | Commi 152 à 159. Le 153 (dispense de quadro RW, d’IVIE et d’IVAFE, familiers compris), le 154 (non-cumul), le 158 (assiette successorale réduite) |
| Legge 30 dicembre 2025, n. 199 — bilancio 2026 | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:legge:2025-12-30;199~art1 — PDF : gazzettaufficiale.it/eli/id/2025/12/30/25G00212/SG | Forfait à 300 000 € et 50 000 € (commi 25 et 26), IRPEF à 33 % sur la deuxième tranche, prélèvement de 440 €, locations courtes à deux logements, crypto à 33 %, IRAP, plafond de retraite complémentaire à 5 300 € |
| Decreto-legge 9 agosto 2024, n. 113 | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legge:2024-08-09;113~art2 | Le passage à 200 000 €, et la clause transitoire du comma 2 qui fige le montant d’entrée. C’est l’un des deux textes dont la survie au 1er janvier 2027 n’est pas écrite |
| D.Lgs. 27 dicembre 2023, n. 209 — résidence fiscale et impatriés | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legislativo:2023-12-27;209!vig=2026-01-01~art5 | Les dix commi du régime des impatriés, à condition de conserver le paramètre de vigueur. Sans lui, la page ne rend que la mention d’abrogation |
| D.Lgs. 19 giugno 2026, n. 117 — le nouveau testo unico des impôts sur les revenus | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legislativo:2026-06-19;117 — texte publié : normattiva.it/eli/id/2026/07/03/26G00131/ORIGINAL | Les deux articles du décret d’approbation sont servis ; l’annexe qui porte le texte unique ne l’est pas encore. La table de correspondance donnée plus haut a été établie sur le texte publié |
| D.L. 6 dicembre 2011, n. 201, art. 19 — IVIE et IVAFE | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legge:2011-12-06;201~art19 | Commi 13 à 23. Assiette, taux, franchises, crédit d’impôt pour l’impôt patrimonial étranger, et l’imposta de deux pour mille sur les crypto-actifs hébergée au comma 18 depuis 2023 |
| D.L. 28 giugno 1990, n. 167, art. 4 — le monitoraggio, c’est-à-dire le quadro RW | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legge:1990-06-28;167~art4 | L’obligation déclarative elle-même, et la dispense du comma 3 pour les immeubles sans variation — dispense qui ne vaut pas pour le paiement de l’IVIE |
| TUS — D.Lgs. 31 ottobre 1990, n. 346, et sa refonte par le D.Lgs. 18 settembre 2024, n. 139 | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legislativo:1990-10-31;346 — PDF du TUS et PDF du décret de refonte sur agenziaentrate.gov.it/portale/documents ; GU du décret : gazzettaufficiale.it/eli/id/2024/10/02/24G00157/SG | Taux, franchises, territorialité, localisation des biens, exonération d’entreprise du comma 4-ter, enregistrement des donations étrangères. Attention : cinq articles circulent encore dans leur rédaction antérieure au 1er janvier 2025 |
| Régimes de placement, plus-values et taux de 26 % | normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legislativo:1997-11-21;461~art5 — et normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:decreto.legge:2014-04-24;66~art3 | Le premier énonce toujours 12,50 % ; le second porte le taux à 26 % mais ne vise que les lettres c-bis) à c-quinquies) de l’article 67. C’est la raison pour laquelle nous ne publions pas de taux chiffré sur les participations qualifiées |
| Cedolare secca, locations courtes, regime forfetario, IRAP, enseignants-chercheurs, clause IA | normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=2011-03-23&atto.codiceRedazionale=011G0066&atto.articolo.sottoArticolo=1&atto.articolo.numero=3 (cedolare secca) ; ...2017-04-24&atto.codiceRedazionale=17G00063...numero=4 (locations courtes) ; uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:legge:2014-12-23;190 (forfetario) ; ...decreto.legislativo:1997-12-15;446~art16 (IRAP) ; ...decreto.legge:2010-05-31;78!vig=2026-07-01~art44 (enseignants-chercheurs) ; ...legge:2025-09-23;132~art22 (clause intelligence artificielle) | Les six textes les plus consultés du guide après le TUIR. Celui des enseignants-chercheurs est un bon exercice de paramètre de vigueur : il est abrogé au 1er janvier 2027 et devient l’article 226 |
| IMU, addizionali, IRAP — les pages du ministère de l’Économie et des Finances | finanze.gov.it/it/fiscalita/fiscalita-regionale-e-locale/ — puis Imposta-municipale-propria-IMU/disciplina-del-tributo/aliquote/ ou /abitazione-principale/ ; Addizionale-regionale-allIRPEF/ ; Addizionale-comunale-allIRPEF/ ; IRAP/ | Les taux en vigueur et le Portale del federalismo fiscale. Réserve à connaître : la page « abitazione principale » reproduisait encore, au 30 juillet 2026, la rédaction annulée par la Cour constitutionnelle en 2022 |
| Document de doctrine italienne | Adresse | Format et volume |
|---|---|---|
| Circolare n. 17/E del 23 maggio 2017 — la doctrine fondatrice du forfait | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/297873/ puis le fichier « Circolare n. 17 del 23 maggio 2017 » | PDF, 100 pages, partie IV consacrée au régime des neo residenti. C’est elle qui situe à tort la durée de quinze ans au comma 3 |
| Circolare n. 20/E del 4 novembre 2024 — la résidence fiscale après la réforme | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/6519685/circolare+n.+20+de+4+novembre+2024+residenza+pdf.pdf | PDF, 30 pages. Le seuil au jour près, les exemples d’atterrissage et de décollage, le tempérament de la présence occasionnelle page 14, la liste des trois États à split year page 22, les pages 20 à 22 sur les frontaliers |
| Circolare n. 28/E del 2 luglio 2012 — IVIE et IVAFE | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/299482/Circolare+28+020712_Cir02.07.12.pdf | PDF. Les trois situations d’un contrat d’assurance-vie étranger au § 2.2.1, et la Tabella 1 dont la ligne FRANCIA commande l’assiette et l’imputation |
| Circolare n. 3/E del 16 aprile 2025 — la réforme des successions | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/8410821/Circolare_decreto_delegato_Successioni_Donazioni.pdf | PDF, 23 pages. La citation sur le taux de 8 % des libéralités indirectes est au § 7, dans la note 36 — pas au § 9 |
| Provvedimento del Direttore n. 47060 dell’8 marzo 2017 — la mécanique de l’option | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/296358/Provvedimento+8+marzo+2017+imposta+sostitutiva+nuovi+residenti | PDF. Points 1.2 b), 2.2 à 2.6 et 3.8 — ce dernier porte une obligation formelle de communication sanctionnée par la sortie du régime, que personne ne cite |
| Risposta n. 161 del 28 dicembre 2018 — l’imputation de la CSG et de la CRDS | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/307263/Interpello+161+2018_Risposta+n.+161_2018.pdf | PDF. Le fondement retenu est de droit interne italien, pas conventionnel. La coquille « rediti » est dans le texte original |
| Risposte 2025 et 2026 sur les impatriés et le forfait | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/8410898/ (n. 66/2025) ; /20143/8703578/ (n. 70/2025 et n. 74/2025) ; /20143/9570465/ (n. 2/2026 et n. 12/2026) ; /20143/9761612/ (n. 82/2026). Index mensuels : agenziaentrate.gov.it/portale/marzo-2025-risposte-interpello et /gennaio-2026-interpelli | PDF de 5 à 12 pages. Les index mensuels sont le seul moyen fiable de retrouver une risposta dont l’adresse directe a changé |
| Notices déclaratives et brochures | agenziaentrate.gov.it/portale/documents/d/guest/pf2_istruzioni_2026_agg-13-05-2026 (Redditi PF 2026, Fascicolo 2) ; /d/guest/locazioni_brevi_disciplina_fiscale_e_regole_per_intermediari_aprile-2026 | PDF. Les notices sont la meilleure source pratique du dossier : c’est là que figurent la déchéance du crédit d’impôt faute de quadro CE, le maintien du quadro RW malgré la dispense de monitoraggio, et l’effet substitutif de l’IVIE |
| Les schede thématiques du portail | agenziaentrate.gov.it/portale/schede/agevolazioni/opzione-per-i-neo-residenti/ (infogen, normativa-e-prassi, modello) ; /portale/lavoratori-impatriati-209-2023/ ; /portale/schede/pagamenti/imposta-sul-valore-degli-immobili-estero-ivie/ ; /imposta-valore-att-estero-ivafe/ ; /imposta-di-successione/aliquote-e-franchigie | Pages HTML. À manier avec précaution : la scheda du forfait portait, au 30 juillet 2026, deux montants incompatibles dans la même page, et les pages « Normativa e prassi » ne recensent ni le D.L. 38/2026 ni la L. 132/2025 |
| Source française ou européenne | Adresse | Ce qu’on y lit |
|---|---|---|
| Convention du 5 octobre 1989, revenus et fortune | impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/italie/italie_convention-avec-l-italie-impot-sur-le-revenu-impot-sur-la-fortune_fd_1736.pdf ; décret de publication n° 92-422 du 4 mai 1992 : legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000539689 | Le texte, l’échange de lettres et les dix-sept points du protocole. Les points 9, 11 b) et c), 14 b) i), 15 et 16 ne sont presque jamais cités et changent des conclusions |
| Convention du 20 décembre 1990, successions et donations | impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/italie/italie_convention-avec-l-italie-successions_fd_1781.pdf ; décret n° 95-351 du 28 mars 1995 : legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000370229 | Dix-neuf articles et un protocole en trois points. La lettre c) du protocole est l’indice le plus fort du dossier sur la qualité de domicilié d’un optant au forfait |
| Accords amiables COVID-19 franco-italiens, expirés le 30 juin 2022 | impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/italie/nid_13588_accords_covid_it_fr_2021-12-14.pdf | Le recueil du 14 décembre 2021. Il prévoit une concertation sur une éventuelle prolongation ; aucune trace d’un accord postérieur n’a été trouvée dans les sources consultées |
| BOFiP, série France-Italie | bofip.impots.gouv.fr/bofip/3178-PGP.html (BOI-INT-CVB-ITA) ; 5574-PGP (ITA-10) ; 5569-PGP (ITA-10-10) ; 5578-PGP (ITA-10-20) ; 7604-PGP (ITA-10-50) ; 5573-PGP (ITA-20) | Le § 920 de l’ITA-10-20 reproduit intégralement l’échange de lettres du 20 décembre 2000 sur l’Agirc et l’Arrco. Le § 930 donne la rétroactivité au 1er janvier 1985 côté français |
| BOFiP, droits de mutation et non-résidents | bofip.impots.gouv.fr/bofip/3543-PGP.html (BOI-ENR-DMTG-10-10-30) ; 1767-PGP, 1768-PGP, 3417-PGP ; 1173-PGP, 1055-PGP, 1819-PGP (BOI-IR-DOMIC) ; 7508-PGP (BOI-RFPI-PVINR-20-20) ; bofip.impots.gouv.fr/doctrine/ suivi de l’identifiant pour les autres | La territorialité successorale, le fractionnement de l’année du départ au BOI-IR-DOMIC-20, les plus-values immobilières des non-résidents, l’IFI, l’assurance-vie |
| BOFiP, barèmes et actualités 2026 | bofip.impots.gouv.fr/bofip/13631-PGP.html (BOI-BAREME-000043 du 02/04/2026) ; bofip.impots.gouv.fr/bofip/14954-PGP.html (ACTU-2026-00022) | Le barème de la retenue de l’article 182 A — 17 275 et 50 112 € — et l’indexation de 0,9 % du barème de l’impôt sur le revenu |
| Légifrance, CGI et code de la sécurité sociale | legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/ suivi de l’identifiant LEGIARTI. Art. 750 ter : LEGIARTI000024453202 ; art. 784 A : LEGIARTI000006305429, version en vigueur depuis le 31 mars 1999 ; art. 182 A : LEGIARTI000051765171, version en vigueur au 1er juillet 2026. Pour les articles dont nous n’avons pas relevé l’identifiant, passer par la recherche par numéro d’article du code | Réserve de méthode, et elle est gênante : Légifrance a renvoyé un HTTP 403 dans trois passes de vérification indépendantes, page d’accueil comprise. L’article 167 bis n’a pas pu être relu mot pour mot ; les articles 777, 779, 788, 790 G et 796-0 bis non plus |
| BOSS, contribution sociale généralisée sur les revenus du capital | boss.gouv.fr/portail/accueil/regles-dassujettissement/contribution-sociale-generalisee.html | Questions 3, 6, 10 et 11. C’est la source qui permet de segmenter les prélèvements sociaux par produit au lieu de substituer un taux |
| Impôts, question des non-résidents et prélèvements sociaux | impots.gouv.fr/international-particulier/questions/je-suis-non-resident-suis-je-redevable-des-contributions | La position administrative sur le champ des prélèvements sociaux d’un non-résident : revenus fonciers et plus-values immobilières de source française |
| Sénat, question écrite n° 02510 | senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220902510.html | L’indice le plus concret de la pratique italienne sur les pensions françaises. Déclarée caduque, sans réponse ministérielle : à citer avec cette mention, jamais comme une source de droit |
| OCDE, état des signataires et parties à la convention multilatérale | oecd.org/content/dam/oecd/en/topics/policy-sub-issues/beps-mli/beps-mli-signatories-and-parties.pdf | Tableau daté. Au 18 juin 2026, l’Italie a signé sans déposer son instrument : la convention de 1989 n’est pas modifiée. À rouvrir avant d’opposer cette conclusion |
| Sécurité sociale, retraite et santé | cleiss.fr/docs/regimes/regime_italie.html ; inps.it, fiche « pensione di vecchiaia » et circolare n. 153 du 19 décembre 2025 ; europa.eu/youreurope/citizens/ pour la coordination des régimes | Âge et durée de cotisation italiens, assegno sociale 2026, coordination des pensions, couverture santé et formulaires S1 |
| Notariat italien, marché immobilier, énergie et coût de la vie | notariato.it/it/trova-guide/ (guides Prima casa, Prezzo-valore, Garanzia preliminare) ; agenziaentrate.gov.it/portale/documents/20143/263076/ (rapport OMI résidentiel 2026) ; idealista.it/news/immobiliare/ ; arera.it ; esploradati.istat.it ; ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/prc_ppp_ind | Prix, loyers, énergie, niveaux comparatifs de prix. Aucune donnée chiffrée n’est reprise dans ce guide sans avoir été retrouvée littéralement dans la source |
Ce que nous n’avons pas pu lire, et ce que nous en faisons
Ce ne sont pas des points de droit incertains : ce sont des contrôles qui n’ont pas pu être faits. Nous les nommons, parce qu’une affirmation adossée à l’une de ces lignes s’effondre si un contradicteur ouvre le texte. Aucune ne bloque la rédaction. Chacune affaiblit une affirmation, et nous écrivons donc cette affirmation avec sa source réelle.
| Ce qui n’a pas pu être ouvert | Obstacle constaté | Ce que nous en faisons |
|---|---|---|
| Article 167 bis du CGI (exit tax) ; articles 777, 779, 788, 790 G, 796-0 bis ; articles 878, 879, 881 L et 680 (contribution de sécurité immobilière) ; article L. 136-7, I ter, du CSS | Légifrance a renvoyé un HTTP 403 dans trois passes de vérification indépendantes, page d’accueil comprise. L’article 784 A, court, a en revanche été obtenu intégralement | Les paramètres publiés au chapitre 12 — imposition à 31,4 %, garantie du sursis sur option égale à 12,8 % du montant brut, dégrèvement d’office à deux ans porté à cinq au-delà de 2 570 000 € — sont cohérents entre eux et corroborés. Faites relire l’article 167 bis mot pour mot avant tout acte irréversible sur un portefeuille significatif |
| Texte de l’article 225 du nouveau texte unique — le régime des impatriés codifié | Le texte unique est un allegato dont Normattiva n’expose que les deux articles du décret d’approbation ; les exports et les téléchargements du Supplemento Ordinario n’ont pas rendu le contenu | Nous ne citons pas cet article comme si nous en connaissions le contenu. Les indications professionnelles concordantes sur le maintien du plafond de 600 000 € et de la quote-part de 50 % ne sont pas écrites comme un fait |
| Règlement (UE) n° 650/2012 | EUR-Lex, pare-feu applicatif, aucun format n’a rendu de contenu | Aucune citation littérale reprise. Le chapitre 24 traite la loi successorale applicable comme une question de notaire |
| Texte consolidé du D.M. 4 settembre 1996 — la white list italienne | Pages vides sur Normattiva comme sur def.finanze.it | Le taux réduit de 12,5 % sur les titres d’État repose sur la présence de la France dans cette liste. Nous ne publions pas cet argument comme acquis et nous exigeons la copie de l’article 1er du décret consolidé avant de le porter dans une note de dossier. La base opérante est l’article 11, c. 4, lett. c), du D.Lgs. 239/1996 ; le renvoi de l’art. 3, c. 2, lett. b), du D.L. 66/2014 à l’article 168-bis du TUIR est mort, cet article ayant été abrogé |
| Deux arrêts de la Corte di Cassazione sur le crédit d’impôt italien — n° 25698/2022 et n° 10204 du 16 avril 2024 | Les décisions elles-mêmes n’ont pas été ouvertes ; leurs numéros, dates et solutions sont concordants sur plusieurs sources professionnelles indépendantes | Mentionnés en substance, jamais entre guillemets, en indiquant que le texte n’a pas été consulté |
| Article 70, comma 2, du TUIR | Normattiva rend un texte lacunaire — « concorrono a periodo di imposta ». La reconstruction est évidente, elle n’est pas sourcée | La règle est appliquée en substance au chapitre 17 ; le libellé n’est pas publié entre guillemets |
| Tabella 1 annexée au D.L. 20 febbraio 2026, n. 21 — les codes ATECO visés par la majoration d’IRAP | Annexe non ouverte | Le chapitre 20 signale la majoration de deux points pour 2026 et 2027 et impose de vérifier le code ATECO du client avant tout chiffrage |
| Cinq règles établies sur sources professionnelles concordantes, jamais sur le texte | La faculté d’exclusion par État du comma 5 de l’article 24-bis ; les taux de 3,2 % et 4,2 % de cotisation maladie sur les pensions des non-résidents ; la contribution de sécurité immobilière et son droit fixe de 125 € ; l’abattement des beaux-enfants ; les coefficients de la valutazione automatica | Publiées en substance, jamais entre guillemets, avec la mention de leur statut. Deux d’entre elles doivent être remontées à la source avant d’être opposées : le comma 5, qui commande un arbitrage central pour les retraités, et l’abattement des beaux-enfants, qui commande une ligne de tableau comparatif |
Contre-vérification du 14 août 2026 : l’obstacle Légifrance est reproductible
La première ligne du tableau ci-dessus déclare que Légifrance a renvoyé un HTTP 403sur l’article 167 bis du code général des impôts, dans trois passes de vérification indépendantes du 30 juillet 2026. Une déclaration de ce genre est invérifiable par nature une fois la session close, et c’est exactement le type d’affirmation qu’un lecteur est en droit de suspecter d’être une excuse.
Nous l’avons donc rejouée. Le 14 août 2026, une requête sur le même article, avec un agent utilisateur de navigateur ordinaire, a renvoyé HTTP 403 avec un corps de 5 844 octets— c’est-à-dire une page de blocage, et non une page d’article. Le symptôme est celui que nous avons cartographié sur d’autres bases légales : la source répond, et l’outil ne l’entend pas.Une réponse courte d’une base juridique est un diagnostic à lire, pas un obstacle à contourner en changeant d’adresse jusqu’à obtenir quelque chose.
Deux conséquences, et elles vont en sens contraire. La première est rassurante : la limite déclarée par ce guide est réelle et reproductible, elle n’est pas un artefact d’une session malheureuse. La seconde ne l’est pas : elle est toujours en vigueur, donc la consigne du tableau tient— faites relire l’article 167 bis mot pour mot, sur une consultation payante ou au greffe, avant tout acte irréversible sur un portefeuille significatif. Le même contrôle a en revanche confirmé, sur source primaire, l’existence et la date du D.Lgs. 19 giugno 2026, n. 117 — publié à la Gazzetta Ufficiale n° 152 du 3 juillet 2026, supplément ordinaire n° 26, en vigueur le 4 juillet 2026 — ainsi que le fait que le texte unique y est un allegato dont Normattiva ne sert pas le contenu article par article. La deuxième ligne du tableau est donc, elle aussi, exacte.
Les douze points sur lesquels ce guide n’écrit rien au fond
Ce qui suit est la partie la plus utile de ce chapitre, et c’est celle qui manque partout. Douze questions de droit ne sont tranchées ni par un texte, ni par une prise de position administrative, ni par une décision que nous ayons trouvée. Sur chacune, ce guide expose les lectures et s’arrête. Pour chacune, voici la question exacte à poser et les pièces à réunir avant de la poser — parce qu’un avocat interrogé sans pièces répond en généralités, et qu’une consultation en généralités ne vaut rien.
| Question non tranchée | La question exacte à poser | Les pièces à réunir |
|---|---|---|
| Le sort des cohortes à 100 000 € et 200 000 € après le 1er janvier 2027. Enjeu : jusqu’à 200 000 € par an sur les années restantes d’une option de quinze ans | « Un contribuable ayant transféré sa résidence au sens de l’article 43 du code civil italien le [date] et optant pour le régime de l’article 24-bis conserve-t-il le montant de forfait en vigueur à cette date pour les périodes d’imposition 2027 et suivantes, ou l’article 246, comma 2, du D.Lgs. 117/2026 lui est-il applicable ? » | Copie de l’option et de la déclaration où elle figure ; preuve datée du transfert de la demeure habituelle (bail ou acte d’achat, contrats de fourniture, certificato di residenza, radiation AIRE ou inscription anagraphique) ; quittances F24 des forfaits versés ; réponse à l’interpello préalable s’il en a été formé un |
| Prélèvements sociaux sur les revenus de location meublée française d’un non-résident : 17,2 % ou 18,6 % ? | « Pour les revenus 2026 d’un loueur en meublé non professionnel résident d’Italie, la contribution de financement de l’autonomie est-elle due, et le taux réduit du I ter de l’article L. 136-6 du CSS est-il ouvert aux revenus relevant des bénéfices industriels et commerciaux ? » | Avis d’imposition et déclarations 2042-C-PRO et 2031 des trois dernières années ; attestation d’affiliation au régime italien ou formulaire S1 s’il en existe un ; le détail ligne par ligne des prélèvements sociaux figurant sur l’avis |
| Le prélèvement de solidarité et la contribution de financement de l’autonomie sont-ils imputables en Italie ? | « L’Agenzia admet-elle l’imputation, au quadro CE, du prélèvement de solidarité de l’article 235 ter du CGI et de la contribution de financement de l’autonomie créée en 2026, au titre du crédit d’impôt de l’article 165 du TUIR ? » | Avis d’imposition français détaillant chaque composante ; déclarations italiennes des exercices concernés et quadri CE déposés ; la risposta n. 161 du 28 décembre 2018, qui admet l’imputation des prélèvements sociaux dans leur configuration antérieure à 2019 |
| L’optant à l’article 24-bis est-il « résident » au sens conventionnel ? Le point le plus lourd de conséquence du dossier | « Un optant au forfait est-il résident au sens de l’article 4 de la convention du 5 octobre 1989, et domicilié au sens de l’article 4 § 1 de la convention du 20 décembre 1990 ? Si la réponse est négative, quels flux la France retrouve-t-elle le droit d’imposer ? » | Inventaire des flux de source française avec leur qualification (pensions, dividendes, loyers, plus-values) ; certificat de résidence fiscale italien ; copie de l’option et de sa portée géographique ; inventaire du patrimoine par pays de situation |
| La portée du point 15 du Protocole de 1989 sur les revenus couverts par le forfait | « Un revenu couvert par l’imposta sostitutiva forfaitaire est-il “imposable” dans l’autre État au sens du point 15 du Protocole, de sorte que l’exemption conventionnelle française reste due ? » | La liste chiffrée des flux concernés — pensions privées, plus-values mobilières, autres revenus au sens de l’article 22 ; le texte du point 15 dans le PDF officiel de la DGFiP ; l’état des exclusions par pays exercées au titre du comma 5 |
| L’accord amiable du 20 décembre 2000 a-t-il survécu à la fusion Agirc-Arrco du 1er janvier 2019 ? | « La pension du régime unifié Agirc-Arrco relève-t-elle toujours du § 2 de l’article 18 de la convention, l’échange de lettres du 20 décembre 2000 visant l’Agirc et l’ARRCO comme deux régimes distincts ? » | Notifications de pension de base et complémentaire ; relevé de carrière ; le BOI-INT-CVB-ITA-10-20 § 920 et l’annexe BOI-ANNX-000341 |
| La primauté de l’article 9 de la convention successorale sur le 3° de l’article 750 ter du CGI | « Sur une transmission de biens italiens au profit d’un héritier ou donataire domicilié en France depuis six des dix dernières années, la rédaction exclusive de l’article 9 prive-t-elle la France du droit d’imposer sur le fondement du 3° ? » | Justificatifs de domicile fiscal du bénéficiaire sur dix ans ; inventaire des biens par nature et par lieu de situation ; la réponse ministérielle Morel-A-L’Huissier n° 92034, rendue sur un cas structurellement identique et concluant que la France pouvait imposer |
| Le comma 158 s’applique-t-il aux biens situés dans un État exclu du forfait par le cherry picking du comma 5 ? | « Un optant qui exclut la France du périmètre de son option, pour récupérer le crédit d’impôt italien sur l’impôt français, conserve-t-il l’assiette successorale réduite aux biens existant en Italie ? » | Projet de liste d’États à exclure ; inventaire du patrimoine par pays ; simulation comparée du gain de crédit d’impôt et du coût successoral d’une perte du comma 158 |
| L’abattement des beaux-enfants a-t-il été porté à 15 932 € par la loi de finances pour 2026 ? | « L’article 788 du CGI comporte-t-il, depuis la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, un III bis instituant un abattement de 15 932 € par bel-enfant, le taux de 60 % restant inchangé ? Les articles 777, 779, 784, 790 G et 796-0 bis ont-ils été modifiés dans le même mouvement ? » | La composition exacte du foyer et le lien de parenté de chaque bénéficiaire ; l’état actuel du testament ou du projet de donation ; le texte de la loi de finances relu sur Légifrance |
| Le traitement conventionnel d’un contrat d’assurance-vie français détenu par un résident d’Italie | « Quel article de la convention de 1989 régit les produits d’un rachat perçu par un résident d’Italie, et le prélèvement français de l’article 125-0 A ouvre-t-il un crédit d’impôt italien ? » | Conditions générales et date de souscription du contrat ; historique des versements avant et après le 27 septembre 2017 ; attestation de la compagnie indiquant si elle a exercé les deux options italiennes — imposta sostitutiva de l’article 26-ter du D.P.R. 600/1973 et imposta di bollo en mode virtuel ; clause bénéficiaire |
| L’IVIE et l’IVAFE sont-elles couvertes par la convention de 1989 ? | « L’IVIE et l’IVAFE entrent-elles dans le champ de l’article 2 de la convention, et la concertation prévue au point 11 c) du Protocole en cas d’institution d’un impôt italien sur la fortune a-t-elle eu lieu ? Symétriquement, l’IFI est-il couvert ? » | L’inventaire des avoirs français taxables à l’IVIE et à l’IVAFE, avec leur valeur au 31 décembre ; les avis d’IFI le cas échéant. La question ne se pose que pour un résident italien de droit commun : l’optant au forfait en est dispensé |
| Le fondement du partage successoral entre articles 8 et 9 de la convention de 1990 | « Sur quel fondement exact repose la répartition, pour chaque catégorie de biens, entre l’article 5 § 1, l’article 8 § 1 et l’article 9 ? Le résultat change-t-il selon que l’on retient l’un ou l’autre ? » | Inventaire des biens par catégorie ; domicile du défunt ou du donateur et de chaque bénéficiaire ; le BOI-ENR-DMTG-10-10-30 § 420, avec sa réserve « sauf cas particulier » |
Les questions ouvertes qui portent leur réserve dans le corps du guide
Celles-ci n’empêchent pas d’écrire : elles empêchent d’affirmer. Chacune apparaît dans le chapitre où elle se pose, avec la réserve qui l’accompagne. Une réserve qu’il faut aller chercher ailleurs n’est pas une réserve.
| Question | État de la question au 30 juillet 2026 | Chapitre |
|---|---|---|
| Le taux applicable aux plus-values sur participations qualifiées réalisées pendant les cinq premières périodes de l’option | Nous ne publions aucun taux chiffré, et la raison n’est pas l’indisponibilité de la source : l’article 5, comma 2, du D.Lgs. 461/1997 énonce toujours 12,50 %, et le D.L. 66/2014, qui porte le taux à 26 % « ovunque ricorrano », ne vise que les lettres c-bis) à c-quinquies) de l’article 67. Le 26 % pratiqué par l’administration n’a pas d’ancrage exprès dans un texte de rang législatif | 02, 20 |
| Le champ personnel du plafond de minimis du régime des impatriés | L’orientation professionnelle italienne dominante réserve la contrainte aux indépendants et aux entreprises, un salarié n’étant pas une entreprise au sens du droit des aides d’État. Aucune prassi ne le dit. Pour un professionnel libéral bien rémunéré, l’avantage peut être saturé en deux exercices : à 300 000 € de plafond glissant, c’est le point le plus dangereux du régime | 03, 19 |
| Les sanctions accompagnant la déchéance du régime des impatriés | Le comma 3 de l’article 5 ne mentionne que les intérêts. Le point de départ de leur calcul et l’éventuel cumul avec des sanzioni pour déclaration infidèle ne sont traités par aucune source consultée | 03 |
| L’exonération d’IVAFE de l’optant couvre-t-elle l’impôt sur la valeur des crypto-actifs ? | Le comma 153 exonère des impôts prévus par les commi 13 et 18 de l’article 19 du D.L. 201/2011, sans restriction. Or le comma 18 héberge depuis 2023 un second alinéa qui institue une imposta sur la valeur des crypto-actifs détenus à l’étranger. Aucune source consultée ne le dit | 02, 08, 28 |
| L’effet d’un mandat d’administration à un intermédiaire résident sur la dispense de quadro RW | Établi pour les polices d’assurance par la circolare 28/E de 2012. Non vérifié pour un portefeuille de titres | 14, 28 |
| IVAFE ou imposta di bollo après transfert du compte-titres chez un intermédiaire italien ? | L’IVAFE frappe par définition les produits financiers détenus à l’étranger. Des titres déposés chez un intermédiaire résident ne le sont plus : la doctrine italienne y applique l’imposta di bollo, au même taux de deux pour mille. Le résultat économique est voisin, la qualification ne l’est pas | 14, 28 |
| Le point 16 du Protocole et le PER français | Le point 16 prévoit que les cotisations versées à une institution de retraite agréée par l’autre État sont traitées comme des cotisations nationales, si les autorités compétentes acceptent l’agrément. Aucune trace d’une telle acceptation n’a été trouvée du côté italien. Nous n’affirmons pas qu’un résident d’Italie peut déduire ses versements sur un PER français | 14, 27 |
| La présomption anagraphique « absolue » du § 2.4 de la circolare 20/E | La tension est interne à la source : le § 2.4, page 19, qualifie la présomption d’absolue pour l’accès aux régimes des articles 24-bis et 24-ter, quand le § 2.3, page 18, et le § 2.1.4, page 16, rappellent qu’elle cède devant les tie-breaker rules conventionnelles. À manier avec prudence | 02, 05 |
| L’éligibilité d’une holding pure à l’exonération d’entreprise de l’article 3, comma 4-ter, du TUS | Non tranchée. La risposta n. 143 du 13 juillet 2026 raisonne sur un groupe coiffé par une holding sans opposer d’objection tirée de la nature de la société, l’exonération étant refusée sur le seul terrain du contrôle effectif. C’est un indice favorable, pas une position | 24 |
| L’échéance de paiement du forfait | La date qui circule dans les calendriers professionnels italiens pour l’exercice 2026 est le 30 juin. Aucune source primaire ne l’établit : à confirmer sur les instructions du modèle Redditi PF avant de la porter dans un calendrier de dossier | 02, 28 |
| Le barème applicable au proche l’année de son entrée dans le régime | Le fondement textuel le plus fort est le point 2.2 du Provvedimento 47060/2017, qui rattache le perfectionnement de l’extension à l’exercice où le proche transfère sa résidence. La question reste ouverte faute de prise de position | 02, 25 |
| L’extension du comma 158 aux membres de la famille couverts par l’option | Deux arguments s’opposent et doivent figurer tous les deux. Contre : le législateur a expressément étendu aux familiers le bénéfice parallèle du comma 153 et ne l’a pas fait au comma 158. Pour : le comma 6 traite le familier comme un optant à part entière, l’imposta sostitutiva étant celle « loro riferita » | 02, 24, 25 |
| Les règles de localisation des biens s’appliquent-elles à l’assiette réduite de l’optant ? | À la lettre, l’article 2, comma 3, du TUS vise « gli effetti del comma 2 e del comma 2-bis », et l’article 88, comma 4, du nouveau texte unique vise « gli effetti dei commi 2 e 3 » : ni l’un ni l’autre ne vise expressément la règle propre aux neo residenti. Leur application au forfaitaire repose sur l’identité de la formule « beni e diritti esistenti nello Stato ». Lecture la plus probable, non confirmée | 02, 24 |
| La date d’effet de la clause « intelligence artificielle » du régime des impatriés | La L. 132/2025 est entrée en vigueur le 10 octobre 2025, sans disposition transitoire propre à son article 22. On ignore si un transfert de 2024 ou du début de 2025 peut se prévaloir de cette voie pour ses périodes d’imposition postérieures. La lecture période par période de la risposta n. 66/2025 plaide pour l’affirmative ; aucune prassi ne le dit | 03 |
| Le seuil de revenu du visa de résidence élective | Le chiffre de 31 159,29 € est le résultat arithmétique exact du renvoi du § 13 du D.M. 850/2011 à la Tabella A de la direttiva du 1er mars 2000. Mais l’article 1, comma 4, de cette direttiva prévoit une revalorisation annuelle selon les paramètres ISTAT, qui n’a jamais été publiée. C’est la raison des divergences entre 31 000, 31 159,29 et 32 000 € : le montant applicable doit être demandé au consulat compétent | 06 |
| La cedolare secca et les immeubles situés hors d’Italie | Non tranché, mais la déduction est renforcée : le nouveau texte unique place la cedolare secca aux articles 203 à 206, dans le titre consacré aux redditi fondiari, lesquels ne concernent que les immeubles situés en Italie | 17, 18 |
| Le périmètre du non-cumul au 1er janvier 2027 | L’article 246, comma 7, du texte unique vise « gli articoli 225 e 226, commi da 1 a 5 », là où le comma 154 de la L. 232/2016 vise l’article 44 du D.L. 78/2010 dans son entier — et l’article 226 compte plus de cinq commi. Écart apparent de périmètre entre deux textes appelés à coexister | 04, 22 |
| Le sort de l’IVIE et de l’IVAFE après le 1er janvier 2027 | Les commi 13 à 23 de l’article 19 du D.L. 201/2011 sont abrogés à cette date. Le renvoi du comma 153 de la L. 232/2016 deviendra un renvoi à une disposition abrogée. Où IVIE et IVAFE sont reprises, et si l’exonération des optants suit, n’est pas établi | 15, 28 |
| La ratification italienne de la convention multilatérale | Le constat est exact au 18 juin 2026 et daté par nature. Toute mention du MLI dans ce guide porte cette date et une consigne de recontrôle sur la liste OCDE des signataires et parties | 10 |
Les neuf sujets sur lesquels nous ne travaillons jamais seuls
Il y a une différence entre ce qu’un guide peut écrire et ce qu’un dossier exige. Neuf sujets relèvent du second registre. Pour chacun, nous disons pourquoi, avec qui nous travaillons, et ce que le guide peut néanmoins dire — parce qu’un renvoi à un spécialiste qui ne dit rien du sujet est une manière élégante de ne pas répondre.
| Sujet | Pourquoi il exige un spécialiste | Avec qui | Ce que le guide dit quand même |
|---|---|---|---|
| Le forfait des neo residenti et son statut conventionnel | Le régime est simple à décrire et redoutable à conseiller. Trois questions non tranchées se superposent et chacune peut inverser le résultat : la qualité de résident conventionnel de l’optant, la portée du point 15 du Protocole, le risque de double imposition non éliminée sur les biens français | Un dottore commercialista italien spécialiste des neo residenti, en binôme avec un avocat fiscaliste français. Et un interpello préalable dans tous les cas | Les trois cohortes et leurs montants ; la condition des neuf années sur dix ; les quinze ans sans renouvellement ; la dispense d’IVIE, d’IVAFE et de quadro RW, étendue aux familiers ; le carve-out quinquennal des participations qualifiées ; le non-cumul et sa date d’effet ; l’assiette successorale réduite avec les règles de localisation. Aucun chiffrage de cas concret sans consultation |
| La transmission et la succession franco-italiennes | Quatre corps de règles se superposent : la convention du 20 décembre 1990 articulée sur le domicile, l’article 750 ter du CGI et sa neutralisation partielle, le TUS refondu au 1er janvier 2025, et le droit civil des deux pays — dont la divergence sur la réserve des ascendants renverse la conclusion pour le couple sans enfant | Notaire français et notaire italien, ensemble | Les taux et abattements italiens ; le champ territorial de l’article 2 du TUS ; les imposte ipotecaria e catastale ; l’écart de barème avec la France ; et la mise en garde qui manque partout : sur un patrimoine immobilier modeste, l’Italie peut coûter plus cher que la France |
| L’exit tax et l’article 167 bis du CGI | Champ, assiette, sursis, garanties, dégrèvement, option pour le barème et suivi déclaratif sont techniques et datés. Le texte n’a pas pu être relu sur Légifrance | Avocat fiscaliste français | Les conditions d’entrée dans leur intégralité — six des dix années de domicile en France, et alternativement 50 % des bénéfices sociaux ou 800 000 € de titres ; le sursis de plein droit pour un départ vers un État membre, l’Italie en étant un ; la garantie du V à 12,8 % du montant brut ; le dégrèvement d’office à deux ans, porté à cinq au-delà de 2 570 000 € ; le taux global de 31,4 % ; et le caractère impératif du suivi déclaratif |
| Les trusts et les libéralités indirectes | Trois régimes s’y rencontrent : l’article 2, comma 2-bis, du TUS sur les trusts ; l’article 55, comma 1-bis, qui soumet à enregistrement en Italie la constitution et la dotation d’un trust formé à l’étranger au profit d’un bénéficiaire résident ; l’article 56-bis sur les libéralités indirectes | Avocat fiscaliste italien spécialiste des trusts, en binôme avec un notaire français | Que les trusts étrangers dotés au profit d’un résident italien sont soumis à enregistrement depuis le 1er janvier 2025 ; et que le champ du redressement des libéralités indirectes s’est élargi en même temps que le taux passait de 7 à 8 %, le seuil de 350 millions de lires ayant disparu |
| La transmission d’entreprise et le pacte Dutreil transposé | C’est le sujet où le conseil implicite est le plus dangereux. La donation avec réserve d’usufruit et conservation du droit de vote par le donateur — le schéma français par défaut — fait perdre l’exonération italienne de l’article 3, comma 4-ter, du TUS. Trois risposte de 2026 l’appliquent en ce sens | Avocat fiscaliste italien et notaire français, avant toute rédaction d’acte | Que le champ territorial de l’exonération italienne couvre les titres d’une SAS ou d’une SARL françaises ; que l’exonération emporte aussi celle des droits hypothécaires et cadastraux ; et la condition non écrite du controllo di diritto effettivo e sostanziale. Aucun montage recommandé |
| L’assurance-vie française d’un résident d’Italie | Le sujet est à l’intersection de trois questions ouvertes : la qualification conventionnelle des produits, le traitement IVAFE et le levier du mandat fiduciaire, et le sort du prélèvement de l’article 990 I au décès, qui suppose de savoir laquelle des deux conventions s’applique | Ingénieur patrimonial du cabinet et conseil italien, sur pièces | Les trois cas de la circolare 28/E de 2012 pour l’IVAFE ; le fait que l’optant au forfait en est dispensé ; et que le passage du troisième cas au deuxième, par mandat d’administration à un intermédiaire résident, est un levier de structuration à chiffrer contre le coût du mandat. Aucune conclusion sur la fiscalité des rachats ni sur le dénouement au décès |
| Les prélèvements sociaux du non-résident, le formulaire S1 et la location meublée | La grille de segmentation est publiable, mais l’une de ses lignes est ouverte, une autre repose sur une déduction non sourcée, et l’imputabilité italienne de deux composantes n’est pas établie. L’écart entre les lectures est de 1,4 point, sur une assiette qui peut être importante | Avocat fiscaliste français, et interrogation de la direction des impôts des non-résidents si l’enjeu le justifie | La grille dans son intégralité, y compris la mention « non tranché » sur la ligne meublée, et la règle de méthode : trier par produit, jamais substituer un taux globalement |
| La recodification du 1er janvier 2027 | Quatre testi unici entrent en application le même jour. Trois questions de coordination sont ouvertes et portent toutes sur des chiffres centraux : les clauses transitoires du forfait, le périmètre du non-cumul, le sort de l’IVIE et de l’IVAFE. Le texte de l’article 225 n’a pas pu être obtenu | Dottore commercialista italien, sur la première circolare d’application de chaque texte unique | L’avertissement de datation, la table de correspondance ci-dessus, et le fait que les règles de fond sont reprises et que seule la numérotation change. Rien sur les clauses transitoires |
| Le droit civil successoral et la loi applicable | La divergence sur la réserve des ascendants n’est pas une nuance : elle renverse la conclusion pour le couple sans enfant, que le corpus présente comme le grand gagnant du régime italien. S’y ajoutent la loi successorale applicable au titre du règlement (UE) 650/2012 — dont aucune citation n’a pu être contrôlée —, l’ordre public international face à une réserve étrangère, et l’imputation des droits d’habitation et d’usage du conjoint survivant | Notaire français et notaire italien, ensemble | Les quotités des articles 536, 537, 538, 540, 542 et 544 du codice civile, toutes confirmées sur Normattiva, et leur comparaison avec le droit français. Aucune conclusion sur un cas concret, et aucune recommandation de choix de loi |
Faire trancher les points ouverts avant d’engager un euro
Plusieurs des questions listées ci-dessus décident du résultat d'un projet italien : le montant de forfait qu'un optant conservera après le 1er janvier 2027, la qualité de résident conventionnel de cet optant et donc le droit de la France d'imposer ses pensions et ses plus-values, le sort de l'assiette successorale réduite si l'on exclut la France du périmètre de l'option, le taux de prélèvements sociaux sur des loyers meublés français. Nous instruisons le dossier de fait, nous chiffrons ce qui est chiffrable, et nous faisons arbitrer le reste par nos avocats partenaires spécialisés sur l'Italie et par un dottore commercialista — y compris, lorsque l'enjeu le justifie, par un interpello préalable auprès de l'Agenzia delle Entrate, en connaissant ses limites.
Le registre agrégé : les mêmes questions, regroupées par décision
Les trois listes qui précèdent sont classées par gravité : douze questions sur lesquelles ce guide n’écrit rien au fond, dix-neuf qui portent leur réserve dans le corps du texte, neuf sujets sur lesquels nous ne travaillons jamais seuls. C’est le bon classement pour savoir ce qu’on s’interdit d’écrire. Ce n’est pas le bon classement pour décider : celui qui arbitre entre le forfait, le régime des impatriés et le droit commun ne se demande pas si une question est bloquante ou réservée, il se demande combien de points ouverts pèsent sur son arbitrage.
Ce registre reprend les mêmes entrées, sans en ajouter ni en retrancher une seule, et les regroupe par sujet. Chaque ligne renvoie au chapitre où la question se pose et porte son enjeu chiffré lorsque le guide en publie un. Les tableaux ci-dessus restent la référence pour la formulation exacte à soumettre à un conseil et pour les pièces à réunir. La mention « bloquante » signifie que ce guide n’écrit rien au fond sur le point ; la mention « réserve » signifie qu’il traite la question et que le chapitre porte la réserve sur place.Une remarque de méthode, avant de lire ce qui suit : onze des trente et une entrées se rattachent au 1er janvier 2027, date à laquelle quatre textes de recodification entrent en application. Ce n’est pas un dossier incertain, c’est un dossier daté.
| Question ouverte | Registre | Chapitre | Ce qu'elle décide, et l'enjeu chiffré quand il existe |
|---|---|---|---|
| Groupe 1 — Résidence et qualification conventionnelle de l'optant | Le groupe le plus lourd de conséquence du dossier : il décide si la France retrouve le droit d'imposer des flux que l'optant croit couverts | ||
| Un optant à l'article 24-bis est-il « résident » au sens de l'article 4 de la convention du 5 octobre 1989, et domicilié au sens de l'article 4 § 1 de la convention du 20 décembre 1990 ? | Bloquante | 02, 05, 10 | Si la réponse est négative, la France retrouve le droit d'imposer les pensions, dividendes, loyers et plus-values de source française. C'est le point le plus lourd de conséquence de tout le guide |
| Un revenu couvert par l'imposta sostitutiva forfaitaire est-il « imposable » dans l'autre État au sens du point 15 du Protocole de 1989, de sorte que l'exemption conventionnelle française reste due ? | Bloquante | 10 | Le sort des pensions privées, des plus-values mobilières et des autres revenus au sens de l'article 22. Corollaire direct de la question précédente |
| La présomption anagraphique du § 2.4 de la circolare 20/E est-elle réellement absolue ? | Réserve | 02, 05 | La tension est interne à la source : le § 2.4 la qualifie d'absolue pour l'accès aux articles 24-bis et 24-ter, quand les § 2.3 et 2.1.4 rappellent qu'elle cède devant les tie-breaker rules conventionnelles |
| L'Italie a-t-elle ratifié la convention multilatérale ? | Réserve | 10 | Le constat est exact au 18 juin 2026 et daté par nature. Toute mention du MLI dans ce guide porte cette date et une consigne de recontrôle sur la liste OCDE |
| Groupe 2 — Le forfait des neo residenti : montant, périmètre, calendrier | Sept points ouverts sur un seul régime, et le premier d'entre eux vaut jusqu'à 200 000 € par an sur les années restantes d'une option de quinze ans | ||
| Un contribuable ayant opté avant le 1er janvier 2027 conserve-t-il le montant de forfait en vigueur à cette date, ou l'article 246, comma 2, du D.Lgs. 117/2026 lui est-il applicable ? | Bloquante | 02 | Jusqu'à 200 000 € par an sur les années restantes d'une option de quinze ans. C'est le chiffre le plus élevé de tout le registre |
| Un optant qui exclut la France du périmètre de son option, pour récupérer le crédit d'impôt italien, conserve-t-il l'assiette successorale réduite du comma 158 ? | Bloquante | 02, 24 | Un arbitrage direct entre gain de crédit d'impôt annuel et coût successoral d'une perte du comma 158. Les deux ne se comparent pas sans simulation |
| L'extension du comma 158 aux membres de la famille couverts par l'option | Réserve | 02, 24, 25 | Deux arguments s'opposent et figurent tous les deux : le législateur a étendu aux familiers le bénéfice parallèle du comma 153 sans le faire au comma 158 ; mais le comma 6 traite le familier comme un optant à part entière |
| Les règles de localisation des biens du TUS s'appliquent-elles à l'assiette réduite de l'optant ? | Réserve | 02, 24 | À la lettre, ni l'article 2, comma 3, du TUS ni l'article 88, comma 4, du nouveau texte unique ne visent la règle propre aux neo residenti. Lecture la plus probable, non confirmée |
| Quelle est l'échéance de paiement du forfait ? | Réserve | 02, 28 | La date qui circule pour 2026 est le 30 juin. Aucune source primaire ne l'établit : à confirmer sur les instructions du modèle Redditi PF avant de la porter dans un calendrier de dossier |
| Quel barème s'applique au proche l'année de son entrée dans le régime ? | Réserve | 02, 25 | Le fondement le plus fort est le point 2.2 du Provvedimento 47060/2017, qui rattache le perfectionnement de l'extension à l'exercice du transfert. La question reste ouverte faute de prise de position |
| Quel taux s'applique aux plus-values sur participations qualifiées réalisées pendant les cinq premières périodes de l'option ? | Réserve | 02, 20 | Le guide ne publie aucun taux, et la raison n'est pas l'indisponibilité de la source : l'article 5, comma 2, du D.Lgs. 461/1997 énonce toujours 12,50 %, et le 26 % pratiqué par l'administration n'a pas d'ancrage exprès dans un texte de rang législatif |
| Groupe 3 — Le régime des impatriés | Quatre points ouverts, dont un que le guide qualifie de plus dangereux du régime | ||
| Le plafond de minimis s'applique-t-il aux salariés, ou seulement aux indépendants et aux entreprises ? | Réserve | 03, 19 | Pour un professionnel libéral bien rémunéré, l'avantage peut être saturé en deux exercices : à 300 000 € de plafond glissant, c'est le point le plus dangereux du régime. Aucune prassi ne le dit |
| Quelles sanctions accompagnent la déchéance du régime des impatriés ? | Réserve | 03 | Le comma 3 de l'article 5 ne mentionne que les intérêts. Le point de départ de leur calcul et l'éventuel cumul avec des sanzioni pour déclaration infidèle ne sont traités par aucune source consultée |
| Quelle est la date d'effet de la clause « intelligence artificielle » du régime des impatriés ? | Réserve | 03 | La L. 132/2025 est entrée en vigueur le 10 octobre 2025 sans disposition transitoire propre à son article 22. On ignore si un transfert de 2024 ou du début de 2025 peut s'en prévaloir |
| Quel est le périmètre du non-cumul au 1er janvier 2027 ? | Réserve | 04, 22 | L'article 246, comma 7, vise « gli articoli 225 e 226, commi da 1 a 5 », là où le comma 154 de la L. 232/2016 vise l'article 44 du D.L. 78/2010 dans son entier — et l'article 226 compte plus de cinq commi |
| Groupe 4 — IVIE, IVAFE et couverture conventionnelle du patrimoine | Quatre points ouverts, dont deux qui se rouvriront mécaniquement au 1er janvier 2027 | ||
| L'IVIE et l'IVAFE entrent-elles dans le champ de l'article 2 de la convention de 1989, et l'IFI est-il couvert symétriquement ? | Bloquante | 15 | La concertation prévue au point 11 c) du Protocole en cas d'institution d'un impôt italien sur la fortune a-t-elle eu lieu ? La question ne se pose que pour un résident italien de droit commun : l'optant au forfait en est dispensé |
| L'exonération d'IVAFE de l'optant couvre-t-elle l'impôt sur la valeur des crypto-actifs ? | Réserve | 02, 08, 28 | Le comma 153 exonère des impôts prévus par les commi 13 et 18 de l'article 19 du D.L. 201/2011, sans restriction. Or le comma 18 héberge depuis 2023 un second alinéa instituant une imposta sur les crypto-actifs détenus à l'étranger |
| IVAFE ou imposta di bollo après transfert du compte-titres chez un intermédiaire italien ? | Réserve | 14, 28 | Le résultat économique est voisin — deux pour mille dans les deux cas —, la qualification ne l'est pas |
| Que deviennent l'IVIE et l'IVAFE après le 1er janvier 2027 ? | Réserve | 15, 28 | Les commi 13 à 23 de l'article 19 du D.L. 201/2011 sont abrogés à cette date, et le renvoi du comma 153 deviendra un renvoi à une disposition abrogée. Où elles sont reprises, et si l'exonération des optants suit, n'est pas établi |
| Groupe 5 — Enveloppes françaises conservées et retraite | Le groupe qui décide du sort des contrats et des pensions qu'on ne déplace pas | ||
| Quel article de la convention de 1989 régit les produits d'un rachat d'assurance-vie française perçu par un résident d'Italie, et le prélèvement de l'article 125-0 A ouvre-t-il un crédit d'impôt italien ? | Bloquante | 14 | Le sort de l'enveloppe la plus fréquemment conservée. La réponse dépend notamment de la date des versements, avant ou après le 27 septembre 2017, et des options exercées par la compagnie |
| L'accord amiable du 20 décembre 2000 a-t-il survécu à la fusion Agirc-Arrco du 1er janvier 2019 ? | Bloquante | 27 | La pension du régime unifié relève-t-elle toujours du § 2 de l'article 18 de la convention ? L'échange de lettres visait l'Agirc et l'ARRCO comme deux régimes distincts, qui n'existent plus |
| Le point 16 du Protocole permet-il à un résident d'Italie de déduire ses versements sur un PER français ? | Réserve | 14, 27 | Le point 16 subordonne le traitement à l'acceptation de l'agrément par les autorités compétentes. Aucune trace d'une telle acceptation n'a été trouvée du côté italien : le guide n'affirme pas que la déduction est ouverte |
| Un mandat d'administration confié à un intermédiaire résident dispense-t-il du quadro RW pour un portefeuille de titres ? | Réserve | 14, 28 | Établi pour les polices d'assurance par la circolare 28/E de 2012. Non vérifié pour un portefeuille de titres |
| Groupe 6 — Immobilier, location et installation | Deux points ouverts, dont un qui se règle par un appel au consulat plutôt que par un texte | ||
| La cedolare secca s'applique-t-elle aux immeubles situés hors d'Italie ? | Réserve | 17, 18 | Non tranché, mais la déduction est renforcée : le nouveau texte unique place la cedolare secca dans le titre consacré aux redditi fondiari, lesquels ne concernent que les immeubles situés en Italie |
| Quel est le seuil de revenu exact du visa de résidence élective ? | Réserve | 06 | 31 159,29 € est le résultat arithmétique exact du renvoi du § 13 du D.M. 850/2011, mais la revalorisation ISTAT annuelle prévue n'a jamais été publiée. C'est la raison des divergences entre 31 000, 31 159,29 et 32 000 € : le montant doit être demandé au consulat |
| Groupe 7 — Succession et donation | Trois questions bloquantes, dont deux portent sur la convention successorale du 20 décembre 1990 elle-même | ||
| Sur une transmission de biens italiens au profit d'un bénéficiaire domicilié en France depuis six des dix dernières années, la rédaction exclusive de l'article 9 prive-t-elle la France du droit d'imposer sur le fondement du 3° de l'article 750 ter ? | Bloquante | 24 | La réponse ministérielle Morel-A-L'Huissier n° 92034, rendue sur un cas structurellement identique, conclut que la France pouvait imposer. Le guide ne la présente pas comme réglant la question |
| Sur quel fondement exact repose la répartition successorale entre l'article 5 § 1, l'article 8 § 1 et l'article 9 de la convention de 1990, et le résultat change-t-il selon le fondement retenu ? | Bloquante | 24 | Le BOI-ENR-DMTG-10-10-30 § 420 porte lui-même la réserve « sauf cas particulier ». Le partage par catégorie de biens n'est pas établi |
| L'abattement des beaux-enfants a-t-il été porté à 15 932 € par la loi de finances pour 2026 ? | Bloquante | 24 | Cette règle est l'une des cinq établies sur sources professionnelles concordantes et jamais sur le texte. Elle commande une ligne de tableau comparatif du guide et doit être remontée à la source avant d'être opposée |
| Une holding pure est-elle éligible à l'exonération d'entreprise de l'article 3, comma 4-ter, du TUS ? | Réserve | 24 | La risposta n. 143 du 13 juillet 2026 raisonne sur un groupe coiffé par une holding sans objection tirée de la nature de la société, l'exonération étant refusée sur le seul terrain du contrôle effectif. C'est un indice favorable, pas une position |
| Groupe 8 — Les prélèvements sociaux français | Deux questions bloquantes qui portent sur le droit français, et non sur le droit italien | ||
| Pour les revenus 2026 d'un loueur en meublé non professionnel résident d'Italie, la contribution de financement de l'autonomie est-elle due, et le taux réduit du I ter de l'article L. 136-6 est-il ouvert aux revenus relevant des bénéfices industriels et commerciaux ? | Bloquante | 13, 17 | 17,2 % ou 18,6 % sur les loyers meublés français. Voir la divergence de corpus signalée ci-dessous |
| L'Agenzia admet-elle l'imputation, au quadro CE, du prélèvement de solidarité et de la contribution de financement de l'autonomie, au titre du crédit d'impôt de l'article 165 du TUIR ? | Bloquante | 13, 27 | La risposta n. 161 du 28 décembre 2018 admet l'imputation des prélèvements sociaux dans leur configuration antérieure à 2019. Rien ne dit ce qu'il en est des composantes créées depuis |
Une divergence entre deux guides du même corpus : 17,2 % ou 18,6 %
Ce point mérite d’être signalé pour lui-même, parce qu’il oppose ce guide à un autre guide du même corpus et qu’un lecteur qui consulte les deux le remarquera. La question est identique : quel taux de prélèvements sociaux appliquer aux revenus du patrimoine français d’un non-résident affilié à un régime de sécurité sociale d’un autre État membre ?Les deux guides la classent comme bloquante, ce qui est le point important : aucun des deux ne la présente comme une règle acquise.
Les positions opérationnelles diffèrent en revanche. La doctrine retenue dans ce guide est de publier 17,2 % et de signaler la controverse, au motif que l’administration fiscale publie 17,2 % quand bien même le texte se lit 18,6 %. Le guide consacré à l’Espagne retient l’inverse : chiffrer 18,6 % et préserver la réclamation, au motif que 18,6 % est ce qui est effectivement retenu à l’acte. Sur une plus-value immobilière de 500 000 €, l’écart est de 7 000 €.
Nous ne tranchons pas ici, et c’est délibéré : trancher une controverse réelle serait une faute plus lourde que la laisser ouverte, et les deux lectures reposent chacune sur un fondement vérifiable — la publication administrative d’un côté, le texte de l’autre. Ce que nous en tirons pour vous est pratique : chiffrez au taux le plus élevé, provisionnez l’écart, et faites former la réclamation dans les délais.C’est la seule conduite qui soit correcte quelle que soit la lecture qui finira par prévaloir.
Ce que la relecture croisée a trouvé dans ce guide
Un registre des questions ouvertes serait malhonnête s’il ne portait que sur le droit. Les trente-trois chapitres qui précèdent ont été relus l’un après l’autre, en cherchant non pas des erreurs de droit — elles sont traitées ailleurs — mais des désaccords du guide avec lui-même : un chiffre qui diffère d’un chapitre à l’autre, une affirmation qu’un autre chapitre contredit, un renvoi qui pointe vers un chapitre traitant d’autre chose. Ce qui suit est ce que cette relecture a trouvé et que nous avons pu confirmer en rouvrant le texte. Nous le signalons sans le corriger : modifier un chiffre dans un chapitre sans reprendre les calculs qui en dépendent produirait une incohérence de plus.
Chapitre 9 — la durée du régime des retraités : dix périodes, tranché sur le texte
C’est le point le plus lourd, parce qu’il porte sur le paramètre central du régime vedette de ce chapitre. Le tableau des caractéristiques de l’article 24-ter indique, à la ligne « Durée » : « l’année du transfert de résidence, puis les neuf périodes d’imposition suivantes — soit dix périodes en tout », en visant les commi 4 et 5. L’encadré qui suit immédiatement énonce, lui, au titre de ce qui est établi sur le texte consolidé : « la durée de neuf périodes d’imposition (comma 4) ».
Les deux textes ont été relus, et le tableau a raison.Le comma 4 dispose : « L’opzione di cui al comma 1 è valida per i primi nove periodi d’imposta successivi a quello in cui diviene efficace ai sensi del comma 5 ». Et le comma 5 précise de quelle période il s’agit : l’option « è esercitata nella dichiarazione dei redditi relativa al periodo d’imposta in cui viene trasferita la residenza in Italia … ed è efficace a decorrere da tale periodo d’imposta ». L’année du transfert est donc elle-même couverte, et le comma 4 lui ajoute les neuf suivantes : dix périodes au total.
La lecture répandue — « neuf ans » — vient de ce que le comma 4 se lit seul et qu’il énonce bien le chiffre neuf. Il faut les deux commi pour compter : le comma 4 donne le nombre, le comma 5 donne le point de départ.C’est le genre d’erreur qu’aucune relecture de cohérence interne ne rattrape, parce que le guide était cohérent avec lui-même sur trente-trois sites — tous faux ensemble. Ils portent désormais la durée de dix périodes.
Reste la mention que le tableau porte lui-même : « Les chiffrages et les cumuls de ce chapitre sont construits sur neuf années : ils sous-estiment donc d’une année le gain total du régime ». Les chiffrages n’ont pas été refaits, et c’est un choix : sous-estimer un gain rend un chiffrage conservateur, non faux.Un lecteur qui compare le régime des retraités à une autre option le fait donc sur une base prudente. Conduite à tenir : si vous comparez deux régimes au point de bascule, ajoutez une année de gain aux cumuls du chapitre 9avant de conclure, et relisez la durée sur le comma 4 du texte consolidé, ou sur l’article 247 du D.Lgs. 117/2026 pour les périodes ouvertes à compter du 1er janvier 2027.
Deux points de moindre portée, signalés sans conclusion
Chapitre 16, un renvoi qui mérite d’être élargi.Le chapitre annonce que « l’immeuble français que vous conservez, l’IVIE qui le frappe et le quadro RW qui le déclare sont au chapitre 17 ». Le renvoi est exact pour l’immeuble, le chapitre 17 étant celui de l’immobilier français conservé. Il est incomplet pour les deux autres : l’IVIE est traitée au fond au chapitre 15, et le quadro RW au chapitre 28. Un lecteur qui suit le renvoi à la lettre lira le moins complet des trois exposés.
Chapitres 1 et 2, une table de concordance plus courte que l’autre. La table de correspondance vers le texte unique de 2027 figure dans les deux chapitres. Celle du chapitre 2 porte une ligne pour le comma158 que celle du chapitre 1 ne comporte pas. Il ne s’agit pas d’une contradiction — aucune des deux n’affirme le contraire de l’autre — mais d’une couverture inégale : la table du chapitre 1 ne doit pas être lue comme exhaustive.
Ce que vous lirez ailleurs, et qui est faux
Cette section a une utilité précise : elle vous permet de mesurer, en trois minutes, la fraîcheur d’un document qu’on vous remet. Si une note de cabinet, une page de site ou un article de presse contient l’une des affirmations de la colonne de gauche, il a été écrit avant une réforme qui l’a renversée. Cela ne le rend pas nul : cela vous dit où regarder.
| Ce qui circule | Ce qui est exact au 30 juillet 2026 |
|---|---|
| « Le forfait des neo residenti coûte 100 000 € par an » — ou 200 000 € depuis 2024, ou 50 000 € par membre de la famille depuis 2024 | 300 000 € et 50 000 € pour les transferts de résidence civile intervenus à compter du 1er janvier 2026 ; 200 000 € et 25 000 € du 11 août 2024 au 31 décembre 2025 ; 100 000 € et 25 000 € jusqu’au 10 août 2024 inclus. Le montant familial n’a doublé qu’au 1er janvier 2026. Chaque optant conserve le montant en vigueur lors de son entrée |
| « Le régime des impatriés, c’est 70 % d’exonération, 90 % dans le Sud, pendant dix ans, sans plafond ni condition de diplôme » | Ces cinq affirmations décrivent l’ancien article 16 du D.Lgs. 147/2015, applicable aux seules personnes ayant transféré leur résidence anagrafica au plus tard le 31 décembre 2023. Le régime en vigueur fait concourir 50 % du revenu à la base — 40 % avec un enfant mineur —, dans la limite de 600 000 € de revenu éligible, pendant cinq périodes, sous condition de haute qualification et d’un engagement de résidence de quatre ans sanctionné par la reprise rétroactive avec intérêts. Sur 800 000 € de rémunération, l’exonération effective est de 37,5 %, non de 70 % |
| « Les nouveaux résidents italiens sont exonérés d’IVIE, d’IVAFE et de déclaration des comptes étrangers » | Vrai pour l’optant au forfait de l’article 24-bis, et pour les membres de sa famille couverts par l’option. Faux pour l’impatrié de l’article 5, qui y reste intégralement soumis. C’est l’écart le plus lourd entre les deux régimes, et il porte précisément sur les avoirs conservés en France |
| « Le forfait et le régime des impatriés se cumulent » — ou « ne se cumulent pas » | Les deux sont faux en généralité. Pour un transfert de résidence fiscale jusqu’à la période d’imposition 2026 incluse, le cumul n’est prohibé par aucun texte. Pour un transfert à compter de 2027, il est expressément interdit. On ne comble que ce qui est ouvert : l’existence même du D.L. 38/2026 démontre que le cumul était licite avant lui |
| « Arriver après le 1er juillet met à l’abri de la résidence italienne » | Faux deux fois. Le seuil est de 183 jours, non de « plus de 183 ». Et du 1er juillet au 31 décembre il y a 184 jours : arriver le 2 juillet laisse exactement 183 jours et emporte la résidence italienne pour l’année entière. Au plus tôt le 3 juillet en année ordinaire, le 2 juillet en année bissextile. Les fractions de journée comptent pour un jour entier |
| « Le critère de résidence italien, c’est le centre des intérêts économiques » | Périmé depuis le 1er janvier 2024. Le domicile est désormais défini par la loi comme le lieu où se développent « in via principale, le relazioni personali e familiari della persona ». S’y ajoute un critère de présence physique, et la présomption anagraphique est devenue simple |
| « Les prélèvements sociaux français d’un non-résident sont à 17,2 % » — ou à 18,6 % | Ni l’un ni l’autre en généralité : c’est une segmentation par produit, développée plus haut. Trier, jamais substituer |
| « Le crédit d’impôt italien pour impôts payés à l’étranger est automatique » | Faux. Il « va richiesta, a pena di decadenza, nella dichiarazione », au quadro CE du Fascicolo 3. Pour un retraité français en Italie, l’oubli du quadro CE transforme mécaniquement l’impôt français sur la pension en coût définitif |
| « Il suffit d’opter pour la cedolare secca dans le contrat de bail » | Faux, et c’est l’erreur la plus coûteuse pour un bailleur qui passe à l’acte. Le texte est explicite : « L’opzione non ha effetto se di essa il locatore non ha dato preventiva comunicazione al conduttore con lettera raccomandata, con la quale rinuncia ad esercitare la facoltà di chiedere l’aggiornamento del canone a qualsiasi titolo. » Sans cette lettre, l’option est inopérante et le bailleur retombe à l’IRPEF augmenté des addizionali |
| « À compter de 2026, le taux de 21 % sur les locations courtes serait réservé aux bailleurs qui n’utilisent ni intermédiaire ni portail en ligne » | Faux, et cette contre-vérité circule dans la presse fiscale italienne depuis l’automne 2025. Le nouveau texte unique, article 207, comma 4, précise au contraire que le régime s’applique « anche per i contratti stipulati tramite soggetti che esercitano attività di intermediazione immobiliare, ovvero tramite soggetti che gestiscono portali telematici » |
| « Un couple ne peut bénéficier que d’une seule abitazione principale » | Périmé depuis 2022. La sentenza n. 209 du 13 octobre 2022 a déclaré inconstitutionnelle la condition de nucleo familiare. Deux conjoints demeurant et inscrits à l’anagrafe dans deux logements distincts — y compris dans deux États — bénéficient chacun de l’exonération sur le sien. C’est exactement le schéma d’une installation progressive |
| « Un Français qui achète une résidence secondaire ne peut pas obtenir le taux prima casa de 2 % » | Trop absolu. La Nota II-bis offre deux branches : la commune de résidence — ou de résidence future dans les dix-huit mois —, et la commune où l’acquéreur exerce son activité, sans obligation de transfert de résidence. Le Conseil national du notariat précise que l’activité peut être de tout type, « ivi incluse quelle senza remunerazione, come ad esempio le attività di studio, di volontariato e sportive » |
| « Le régime des retraités du Sud vise les communes de moins de 20 000 habitants » | 30 000 habitants. C’est le seuil d’origine de 2018 qui a été relevé. Les autres paramètres : 7 % sur l’ensemble des revenus de source étrangère, dix périodes d’imposition en tout — l’année du transfert et les neuf suivantes —, cinq périodes de non-résidence préalable |
| « L’exonération italienne de succession rend l’Italie toujours moins chère que la France » | Faux sur un patrimoine immobilier modeste. Les imposte ipotecaria e catastale représentent 3 % de la valeur cadastrale — 2 % et 1 %, minimum 200 € chacune —, là où la France ne perçoit, sous l’abattement de 100 000 €, que la contribution de sécurité immobilière et un droit fixe |
| « Le délai de dégrèvement de l’exit tax française est de quinze ans » | Le délai est de deux ans, porté à cinq lorsque la valeur globale des titres excède 2 570 000 €, pour les transferts de domicile intervenus à compter du 1er janvier 2019. Attention à la formulation inverse, qui circule aussi et qui est également fausse : les transferts intervenus entre 2014 et 2018 restent régis par l’ancien délai. L’amendement qui voulait rétablir les quinze ans pour les départs récents a été adopté en séance le 3 novembre 2025, puis est tombé le 21 novembre avec le rejet de la première partie du budget, avant toute navette |
Les références fausses qui rendent une affirmation invérifiable
Ce ne sont pas des erreurs de fond. Ce sont des renvois qu’un confrère ou un contrôleur ouvrira en premier, et où il ne trouvera rien. Elles ruinent la crédibilité d’un texte exact, et deux d’entre elles ont leur origine dans un document officiel.
| Référence qui circule | Référence exacte |
|---|---|
| Art. 24-bis du TUIR, comma 3, pour la durée de quinze ans | Comma 4. Le comma 3 traite de l’interpello préalable et de l’échange d’informations. L’erreur figure dans la circolare 17/E elle-même : la recopier, c’est publier une référence fausse sous son propre nom. À compter du 1er janvier 2027, c’est l’article 246, comma 4 |
| Art. 3, comma 6, du D.L. 66/2014, présenté comme visant la seule lettre c-ter) | « Lettere da c-bis) a c-quinquies) », au comma 6 comme au comma 1. La lettre c-sexies), les crypto-actifs, n’y figure pas : c’est la raison technique pour laquelle leur taux a pu être porté à 33 % |
| Art. 168-bis, comma 1, du TUIR, pour la white list | Article abrogé par le D.Lgs. 147/2015. La base opérante est le D.M. 4 settembre 1996, sur le fondement de l’art. 11, c. 4, lett. c), du D.Lgs. 239/1996, dernière mise à jour relevée : D.M. 23 marzo 2017 |
| Art. 25, commi 3 et 4, du TUS, avec des plafonds « en lires » | 103 291 €, depuis l’article 1, comma 1, lettre u), du D.Lgs. 139/2024. Le même texte remplace les renvois aux articles 39 et 40 du TUIR par les articles 42 et 43 |
| D.Lgs. 6 novembre 2007, n. 206 | 9 novembre 2007. La date erronée figure dans l’article 27-quater du testo unico immigrazione lui-même, que l’Agenzia recopie fidèlement |
| Art. 1, commi 54 et 55, de la L. 207/2024, pour le délai de deux ans de la prima casa | Comma 116 |
| Art. 26, comma 1, du D.L. 104/2013, pour le montant fixe de 200 € | Comma 2. Le comma 1 fixe à 50 € les imposte ipo-catastali des actes de l’article 10 du D.Lgs. 23/2011 |
| BOI-IR-DOMIC-40, pour le fractionnement français de l’année du départ | BOI-IR-DOMIC-20, version du 25 juin 2014, § 80 et suivants. Le BOI-IR-DOMIC-40 traite du régime Schumacker |
| Article 11 de la convention successorale, « Élimination des doubles impositions » | « Dispositions pour éviter les doubles impositions ». Et le protocole de 1989 « font » partie intégrante de la Convention, non « fait » |
| « Loi n° 91-1398 du 31 décembre 1991 (JO du 4 avril 1995) » | JO du 3 janvier 1992, page 108. Le 4 avril 1995 est la date du JO du décret de publication. La page de garde du PDF servi par la DGFiP porte cette coquille |
| Art. 182 B du CGI, « taux de droit commun 33 1/3 % » | 15 % pour les sportifs, taux normal de l’impôt sur les sociétés — 25 % — pour les autres sommes, et 25/75e si la retenue est prise en charge |
| La coquille « decreto legislativo 14 settembre 2015, n. 209 » | Elle naît dans la Risposta n. 2/2026, page 5, et est reprise par la Risposta n. 82/2026, page 6, qui cite la première. Le décret des impatriés est le n. 209 de 2023 ; le n. 147 est celui de 2015 |
Les réformes à surveiller, et à quelle date
| Échéance | Ce qui se produit | Texte |
|---|---|---|
| 1er janvier 2027 — la date qui commande tout | Quatre testi unici entrent en application le même jour. Le TUIR est abrogé dans ses articles 1 à 191 ; l’article 24-bis devient l’article 246, l’article 5 du D.Lgs. 209/2023 devient l’article 225, l’article 44 du D.L. 78/2010 devient l’article 226, l’article 24-ter devient l’article 247. L’article 16 du décret TVA disparaît. Les commi 13 à 23 de l’article 19 du D.L. 201/2011 — IVIE et IVAFE — sont abrogés. L’article 5 du D.L. 167/1990 — sanctions du quadro RW — aussi. Le comma 158 de la L. 232/2016 cède la place à l’article 88, comma 6, de l’annexe du D.Lgs. 123/2025 | D.Lgs. 117/2026, art. 376 et 377 ; D.Lgs. 10/2026 ; D.Lgs. 174/2024 ; D.Lgs. 123/2025 ; D.Lgs. 173/2024 ; D.L. 200/2025, art. 4, c. 5 |
| Période d’imposition 2027 | Le cumul du forfait et du régime des impatriés devient interdit pour les personnes transférant leur résidence fiscale à compter de cette période. Il reste licite pour toutes celles installées jusqu’à la période d’imposition 2026 incluse | D.L. 27 marzo 2026, n. 38, art. 2, converti par la L. 22 maggio 2026, n. 88 |
| 1er janvier 2027 — la question ouverte | Les deux clauses transitoires qui figent le montant du forfait d’un optant survivent, mais elles modifient un article abrogé le jour même, et l’article 246 ne reprend aucune clause de sauvegarde. Un D.Lgs. correttivo ou la première circolare d’application trancheront | D.L. 113/2024, art. 2, c. 2 ; L. 199/2025, art. 1, c. 26 ; D.Lgs. 117/2026, art. 246, c. 2 |
| 31 décembre 2027 | Fin du régime America’s Cup — exonération totale pour les non-résidents, quote-part imposable de 35 % pour les autres, non cumulable avec cinq régimes dont le forfait et le régime des retraités du Mezzogiorno. Fin, la même année, de la majoration ATECO de deux points de l’IRAP | D.L. 38/2026, art. 8, c. 4-decies ; D.L. 21/2026, art. 3 |
| 2028 puis 2029 | Retour de l’IRAP au taux ordinaire de 3,90 % pour les secteurs ATECO en 2028 ; retour à 4,65 % pour les intermédiaires financiers et 5,90 % pour les assurances en 2029, après trois exercices à 6,65 % et 7,90 %. Une detrazione de 90 000 € est accordée pour 2027 et 2028 | L. 199/2025, art. 1, c. 74 ; D.L. 21/2026, art. 3 |
| 31 décembre 2030 | Terme du règlement de minimis (UE) 2023/2831, qui porte le plafond de 300 000 € sur trois années civiles glissantes du régime des impatriés | Règlement (UE) 2023/2831 |
| Chaque année, sans date fixe | L’âge de la pension de vieillesse italienne : 67 ans en 2026, 67 ans et 1 mois en 2027, 67 ans et 3 mois en 2028. L’assegno sociale, revalorisé chaque année, qui commande le seuil de ressources du regroupement familial. Les taux communaux d’IMU, publiés sur le Portale del federalismo fiscale, celui du 28 octobre servant de base au solde de décembre | INPS, circolare n. 153 du 19 décembre 2025 ; L. 160/2019, c. 757 et 762 |
| Sans date — annoncé, attendu ou resté lettre morte | La ratification italienne du MLI, annoncée depuis 2024 et pendante au 18 juin 2026. La création d’un article 788, III bis, du CGI pour les beaux-enfants : rapportée de façon concordante, elle est fausse — vérifié sur Légifrance le 17 août 2026, l’article est dans sa version du 1er août 2020 et ne comporte pas de III bis. La revalorisation ISTAT du seuil du visa de résidence élective, prévue par le texte et jamais publiée. La concertation du point 11 c) du Protocole sur un impôt italien sur la fortune, dont aucune trace publiée n’a été trouvée alors que l’IVIE et l’IVAFE datent de 2011. L’actualisation de l’accord amiable Agirc-Arrco après la fusion de 2019. Un accord franco-italien sur le télétravail postérieur à l’expiration des accords COVID-19 le 30 juin 2022 | Rien de cette ligne ne doit être écrit de façon affirmative |
| Côté français, ce qui a bougé récemment | L’article 4 B du CGI porte, depuis le 16 février 2025, un alinéa faisant primer la convention sur les critères internes de domicile — ce qui vaut aussi pour le 750 ter, le 964 et le 167 bis. La contribution de financement de l’autonomie porte le PFU à 31,4 % depuis 2026. Et le Conseil d’État a jugé le 13 mars 2026 que constituent des revenus d’immeubles les loyers issus d’immeubles situés en France « quelle que soit la catégorie d’imposition dont ils relèvent » | LOI n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 83 ; LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 ; CE, 13 mars 2026, n° 503496 |
Comment se servir de ce chapitre
Trois usages, et ils ne demandent pas la même chose de vous.
Pour vérifier une affirmation de ce guide : prenez la référence telle qu’elle est écrite dans le chapitre — texte, article, comma, date de vigueur — et ouvrez-la à l’adresse donnée ici. Sur Normattiva, n’oubliez pas le paramètre de date. Si vous ne retrouvez pas ce que nous écrivons, écrivez-nous : ce sera soit une erreur de notre part, soit une modification postérieure au 30 juillet 2026, et les deux nous intéressent.
Pour évaluer un document qu’on vous remet : la section sur ce qui circule et qui est faux suffit en trois minutes. Une note qui annonce un forfait à 100 000 € ou un régime d’impatriés à 70 % a été écrite avant une réforme qui l’a renversée. Demandez sa date de rédaction et la date de vigueur retenue. Un professionnel sérieux les donne sans qu’on ait à les demander.
Pour préparer une consultation : les deux tables de questions ouvertes donnent la formulation exacte et les pièces. Un avocat ou un dottore commercialista qui reçoit une question précise avec les pièces répond en une page opposable. Le même, interrogé en généralités, répond en généralités — et vous aurez payé le même prix pour un document qui ne vous protège de rien. Le temps que vous passez à réunir les pièces est le meilleur investissement de tout le processus.
Un dernier mot sur ce que ce chapitre ne fait pas. Il ne prétend pas à l’exhaustivité de ce qui a été lu : des dizaines de pages, de rescrits et de commentaires ont été ouverts sans porter de règle utilisée ici, et ils n’y figurent pas. Il ne prétend pas non plus que la liste des points ouverts soit close — elle est celle des questions que nous avons su poser. Et il ne vous dispense d’aucune vérification : un guide, aussi vérifié soit-il, ne vaut pas une consultation sur votre dossier, et l’Italie de 2027 ne sera pas rédigée comme celle de 2026. Ce que nous garantissons est plus modeste et, nous le croyons, plus utile : chaque chiffre que vous lisez ici a été ouvert dans sa source, chaque date porte le calendrier auquel elle se rattache, et tout ce que nous ne savons pas est écrit noir sur blanc plutôt que d’être tranché à votre place.
La relecture intégrale d’août 2026 : ce qu’elle a trouvé, et ce qu’elle a réfuté
Ce guide a été relu en entier, ligne à ligne, par cinq relectures indépendantes se partageant les trente-trois chapitres, chacune ignorante de ce que trouvaient les autres. La consigne n’était pas de valider mais de chercher les contradictions internes : deux passages du même guide qui ne disent pas la même chose. C’est le défaut le plus difficile à voir de l’intérieur, parce qu’un texte peut être parfaitement cohérent avec lui-même et faux d’un bout à l’autre.
Le résultat principal : la durée du régime des retraités
Une seule contradiction chiffrée franche a été trouvée, et elle portait sur le paramètre central du régime vedette du chapitre 9 : le régime des retraités du Mezzogiorno de l’article 24-ter dure-t-il neuf périodes d’imposition ou dix ? Le tableau des caractéristiques disait dix, le reste du guide disait neuf — trente-trois fois.
Les deux commi ont été rouverts. Le comma 4 dispose que l’option « è valida per i primi nove periodi d’imposta successivi a quello in cui diviene efficace ai sensi del comma 5 ». Et le comma 5 dit quelle est cette période : l’option « è efficace a decorrere da » celle du transfert de résidence. L’année du transfert compte, et le comma 4 lui ajoute les neuf suivantes : dix en tout. Le guide porte désormais dix partout.
Ce qui rend ce défaut intéressant n’est pas son ampleur — une année sur dix — mais sa mécanique. Il faut les deux commi pour compter : l’un donne le nombre, l’autre le point de départ.Qui ne lit que le comma 4 lit « neuf » et n’a aucune raison de douter. C’est pourquoi « neuf ans » est la durée que vous lirez presque partout ailleurs.
Deux constats de la relecture que la vérification a écartés
Nous les publions parce qu’un registre qui ne contiendrait que les corrections retenues donnerait une fausse idée du taux d’erreur d’une relecture.
Premier constat écarté : l’article 27-quater.Une relecture a signalé qu’un dossier chiffré cite l’article 27-quater comme siège de la condition de haute qualification, là où le reste du guide cite l’article 5 du D.Lgs. 209/2023. Vérification faite, il n’y a pas de divergence : l’article 5 porte le régime des impatriés, l’article 27-quater du testo unicosur l’immigration porte la définition de la haute qualification à laquelle ce régime renvoie. Les deux références coexistent sur vingt-cinq sites sans se contredire.
Second constat écarté : la fourchette « commi 13 à 22 » contre « 13 à 23 ».Les deux se lisent dans le guide, et les deux sont exactes selon ce qu’elles désignent : les commi 13 à 22 de l’article 19 du D.L. 201/2011 portent les deux impôts eux-mêmes — IVIE aux commi 13 à 17, IVAFE aux commi 18 à 22 — tandis que le comma 23 porte les modalités d’application renvoyées à un provvedimentodu directeur de l’Agenzia. Parler du bloc entier, celui qui disparaît au 1erjanvier 2027, appelle « 13 à 23 ».
Le reste : un renvoi faux, et une cohérence qui tient
Un renvoi de chapitre était faux : le chapitre 9 invitait à consulter le chapitre 15 pour le chiffrage du budget courant — plancher vital, loyer, énergie — alors que le chapitre 15 traite l’IFI, l’IVIE et l’IVAFE. Ces postes sont au chapitre 29. Corrigé.
Pour le reste, les cinq relectures concluent dans le même sens : les grandeurs répétées d’un chapitre à l’autre — montants du forfait selon la cohorte, barème successoral italien, IRPEF, IVIE et IVAFE, prélèvements sociaux, seuils du quadro RW — sont identiques à chaque occurrence, y compris dans les douze dossiers chiffrés qui les mobilisent tous. Les seules incohérences relevées ailleurs sont dans les sources officielles elles-mêmes, et le guide les signalait déjà : la fiche de l’Agenziaqui affiche 300 000 € en bandeau et 200 000 € dans son corps de texte, la circolare 17/E qui vise le comma 3 pour une durée écrite au comma 4, Normattiva qui sert encore un taux de 2014, et le futur article 88 comma 6 qui renverra à un article abrogé le jour même de son entrée en vigueur.

