L’essentiel avant de partir : les sept décisions qui structurent une expatriation en Italie
Le piège italien tient à sa familiarité. On traverse la frontière sans visa, on paie en euros, on retrouve des banques, des notaires et des sociétés qui semblent fonctionner comme en France. Puis vient la première déclaration : un appartement lyonnais, un PEA, une assurance-vie, des jours de télétravail et une participation dans une SAS ne se rangent pas nécessairement dans les mêmes cases des deux côtés des Alpes.
L’Italie peut imposer les revenus mondiaux d’une personne devenue résidente. Elle peut aussi demander le suivi d’actifs étrangers au cadre RW et prélever l’IVIE ou l’IVAFE. La France conserve de son côté des droits sur plusieurs revenus de source française, l’immobilier, une éventuelle exit tax et certaines transmissions. La convention franco-italienne répartit ces droits ; elle ne remplace ni les déclarations nationales, ni la qualification de chaque revenu.
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Les sept décisions à prendre avant le déménagement
- Fixer une chronologie défendable. Dates du logement, du départ familial, de l’activité et de la présence physique doivent raconter la même histoire.
- Séparer séjour, anagrafe et résidence fiscale. L’inscription municipale est une formalité majeure, mais elle ne résume pas à elle seule l’analyse fiscale ou conventionnelle.
- Cartographier les revenus avant de les encaisser. Salaire, dividende, loyer, pension et plus-value obéissent à des articles conventionnels différents.
- Photographier le patrimoine français. Prix de revient, primes d’assurance-vie, lots du PEA, reports d’imposition, dettes et pourcentages de sociétés doivent être exportés avant que l’accès aux données ne se complique.
- Vérifier qui dirige réellement les entreprises. Piloter une société française depuis Milan ou Rome peut ouvrir des questions de direction effective, d’établissement stable, de paie, de TVA et de sécurité sociale.
- Comparer le régime ordinaire aux régimes spéciaux. Impatriés, nouveaux résidents et retraités à 7 % ne couvrent ni les mêmes personnes, ni les mêmes revenus, ni les mêmes périodes.
- Préparer famille, transmission et retour. Régime matrimonial, testament, donation, assurance-vie et future valeur de retour doivent être coordonnés avant l’opération irréversible.
Le tableau de bord du Français qui s’installe en Italie
| Question | Réponse courte | Réflexe prudent |
|---|---|---|
| Puis-je vivre et travailler en Italie ? | Oui, comme citoyen de l’Union européenne, sous réserve des formalités liées à la durée et au statut. | Préparer identité, logement, preuve d’activité ou ressources, couverture santé et inscription communale. |
| À partir de quand suis-je résident fiscal ? | Quand l’un des critères italiens est rempli pendant la majeure partie de la période fiscale. | Documenter résidence civile, relations personnelles et familiales, et présence physique ; ne pas compter seulement les nuits. |
| L’anagrafe tranche-t-elle la résidence ? | Elle crée une présomption réfragable lorsqu’elle couvre la majeure partie de l’année. | Conserver les preuves factuelles et appliquer la convention si la France revendique aussi la résidence. |
| La convention évite-t-elle toute double déclaration ? | Non. Elle répartit les droits d’imposer et organise surtout un crédit ou une règle d’exclusivité. | Qualifier chaque revenu, puis rapprocher les formulaires et impôts effectivement payés. |
| Mon PEA ou mon assurance-vie garde-t-il son avantage ? | Le contrat peut subsister en France ; son traitement fiscal français n’oblige pas l’Italie. | Obtenir l’historique complet et une qualification italienne avant vente, retrait, rachat ou arbitrage important. |
| Un régime spécial est-il forcément plus favorable ? | Non. Son coût et son périmètre dépendent des revenus, de leur source, de la famille et de la date d’arrivée. | Construire d’abord le scénario ordinaire, puis comparer sur plusieurs années et plusieurs événements. |
| Puis-je continuer à gérer seul mes affaires françaises ? | Juridiquement parfois, fiscalement jamais sans vérifier les conséquences transfrontalières. | Cartographier mandats, signatures, lieux de décision, clients, salariés et flux intragroupe. |
Le petit lexique qui évite de perdre le fil
| Terme | À quoi il sert dans ce guide |
|---|---|
| Anagrafe | Registre municipal de la population résidente ; son effet administratif et sa présomption fiscale ne remplacent pas l’analyse conventionnelle. |
| Interpello | Demande formelle adressée à l’administration italienne pour obtenir sa position sur une situation décrite avec précision. |
| Commercialista | Professionnel italien qui intervient notamment sur la fiscalité, les déclarations, la comptabilité et les sociétés selon sa mission. |
| Code ATECO | Code décrivant l’activité économique ; il peut notamment déterminer le coefficient de rentabilité d’un indépendant au forfettario. |
| Quadro RW | Cadre de la déclaration italienne consacré au suivi de certains actifs et investissements détenus à l’étranger. |
| IVIE / IVAFE | Prélèvements italiens portant respectivement sur certains immeubles et actifs financiers détenus à l’étranger. |
| A1 / S1 | Documents européens qui attestent, selon le cas, la législation sociale applicable ou l’ouverture de droits de santé dans l’État de résidence. |
Le périmètre vient avant le taux
Une prime versée après l’arrivée peut rémunérer des jours travaillés dans plusieurs États ; un produit conservé en France peut perdre son traitement fiscal familier en Italie. Le pays du compte ne donne pas la source du revenu et le crédit conventionnel reste plafonné. Un simulateur fiable commence donc par qualifier le flux, son lieu de production et la période concernée.
Un guide d’orientation, pas une consultation
Les règles ci-dessous sont des informations générales vérifiées au 24 juillet 2026. Une résidence double, une société, un trust, une assurance-vie, un management package, une succession ou l’accès à un régime spécial exigent une analyse individualisée. Hagnéré Patrimoine peut réaliser l’audit patrimonial et coordonner les travaux avec un avocat fiscaliste, un commercialista, un notaire ou les autres professionnels habilités. Les consultations et actes réservés restent établis et signés par ces professionnels.
Mettre les deux pays sur une seule feuille de route
Nous pouvons organiser l’inventaire patrimonial, les scénarios et le calendrier, puis coordonner les validations juridiques, fiscales, comptables et notariales nécessaires.
Lire le droit italien sans mélanger 2026 et la recodification applicable en 2027
L’année 2026 impose une discipline inhabituelle. L’Italie a publié le décret législatif n° 117 du 19 juin 2026, qui rassemble dans un texte unifié de nombreuses règles de l’impôt sur le revenu. Le décret a été publié le 3 juillet et est formellement entré en vigueur le 4 juillet. Cette date ne signifie pourtant pas que sa nouvelle numérotation gouverne déjà les revenus et options de 2026.
L’article 377 du décret législatif n° 117/2026 fixe l’application du texte unifié au 1er janvier 2027. Son article 376 reporte à cette même date les abrogations, notamment celles des articles 1 à 191 du TUIR, le décret présidentiel n° 917/1986. Jusqu’au 31 décembre 2026, citer l’article 24-bis ou l’article 24-ter n’est donc pas employer une référence périmée : c’est citer le droit encore applicable.
La frise juridique à conserver en tête
3 juillet 2026 → publication du décret législatif n° 117/2026 4 juillet 2026 → entrée en vigueur formelle du décret 31 décembre 2026 → anciens textes encore applicables aux situations 2026 1er janvier 2027 → application du texte unifié et abrogations prévues à l’article 376
Une publication et une entrée en vigueur formelle peuvent précéder la date d’application matérielle fixée par le législateur.
La table de correspondance qui évite les faux anachronismes
| Sujet | Référence pour une situation 2026 | Correspondance à compter de 2027 |
|---|---|---|
| Résidence fiscale des personnes physiques | Article 2 du TUIR, D.P.R. n° 917/1986 | Article 2 du texte unifié |
| Barème national IRPEF | Article 11 du TUIR, modifié par la loi n° 199/2025 | Article 11 du texte unifié |
| Travailleurs impatriés | Article 5 du décret législatif n° 209/2023 | Article 225 du texte unifié |
| Nouveaux résidents, forfait sur revenus étrangers | Article 24-bis du TUIR et textes complémentaires | Article 246 du texte unifié |
| Retraités étrangers à 7 % | Article 24-ter du TUIR | Article 247 du texte unifié |
Une correspondance n’est pas un double droit
Formulaires et réponses administratives 2026 emploient logiquement le TUIR encore applicable. Inversement, la recodification contient aussi des coordinations nouvelles, telle la future clause de non-cumul de l’article 246 avec les articles 225 et 226. Il ne faut donc ni disqualifier les références 2026, ni projeter rétroactivement une condition rédigée pour 2027.
L’alerte 30 000 / 20 000 habitants
Le cas le plus visible concerne le régime des retraités. L’article 24-ter en vigueur, modifié par la loi n° 34/2026, retient 30 000 habitants en 2026. Le futur article 247, appelé à s’appliquer en 2027, reproduit pourtant 20 000 habitants. Ce décalage ne permet pas de conseiller aujourd’hui une commune pour 2027. Il impose une relecture du texte en vigueur et de l’éligibilité communale au moment réel du transfert.
La méthode de lecture utilisée dans ce guide
- identifier la date du fait : transfert de résidence, encaissement, vente, option, donation ou décès ;
- ouvrir la version du texte applicable à cette date, et pas seulement la dernière page indexée par un moteur de recherche ;
- séparer la règle matérielle, la clause d’entrée en vigueur et les dispositions transitoires ;
- vérifier si une loi de finances ou un décret postérieur a modifié le texte consolidé ;
- seulement ensuite appliquer la convention franco-italienne et les mécanismes de crédit d’impôt.
Le TUIR consolidé sur Normattiva au 24 juillet 2026 reste ainsi la première source pour les articles 2, 11, 24-bis et 24-ter. Le texte unifié n° 117/2026 sert à préparer 2027, en conservant l’alerte qu’une nouvelle loi peut encore corriger ou compléter sa rédaction avant son application.
Cas de calendrier
Élodie arrive à Turin en octobre 2026 et dépose sa première déclaration en 2027
L’année de dépôt du formulaire n’efface pas l’année du fait générateur. Pour déterminer sa résidence et le régime applicable à ses revenus 2026, Élodie part des textes en vigueur en 2026. Pour ses revenus 2027, elle utilise le texte unifié applicable au 1er janvier 2027, dans sa version alors consolidée. Une même déclaration préparée en 2027 peut donc nécessiter de citer une règle 2026 sans que cette référence soit obsolète.
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La phrase à retenir
En 2026, la nouvelle numérotation est une carte de correspondance ; elle ne devient la route juridique qu’au 1er janvier 2027.
S’installer en Italie : citoyen européen, anagrafe, codice fiscale et dossier des cent premiers jours
Le citoyen français entre en Italie avec une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité. Pendant les trois premiers mois, le droit européen ne subordonne pas son séjour à une carte de résidence. Au-delà, les conditions dépendent de sa situation : salarié, indépendant, étudiant, retraité ou personne inactive. La liberté de circulation simplifie l’entrée ; elle ne supprime ni la preuve du statut, ni l’inscription dans la commune lorsque l’installation devient durable.
Les articles 6 à 8 de la directive 2004/38/CE distinguent le séjour jusqu’à trois mois, le séjour plus long et les formalités d’enregistrement. En Italie, le décret législatif n° 30/2007 transpose ce cadre. Un travailleur salarié ou indépendant justifie son activité. Un étudiant ou une personne économiquement inactive doit notamment démontrer une assurance maladie complète et des ressources suffisantes selon son statut.
L’anagrafe : une inscription administrative qui laisse des traces fiscales
Pour un séjour destiné à dépasser trois mois, la demande d’inscription se fait auprès du service d’état civil ou d’anagrafe de la commune de résidence. La liste exacte des pièces et le canal de rendez-vous varient d’une commune à l’autre. Le socle comprend habituellement l’identité, l’occupation du logement et la preuve du statut ouvrant le droit de séjour. La page officielle EURES consacrée à l’Italie récapitule ces catégories et renvoie vers le registre national de la population.
Il faut conserver la demande, le récépissé, le certificat délivré et les pièces produites. En fiscalité, l’inscription à l’anagrafe pendant la majeure partie de la période d’imposition crée une présomption réfragable de résidence. Cette conséquence justifie de ne jamais déclarer une date « pratique » qui contredirait l’emménagement réel. Elle justifie aussi de ne pas attendre le formulaire municipal pour documenter une installation déjà effective.
| Moment | Démarche | Dossier à conserver |
|---|---|---|
| Avant le départ | Vérifier identité, droit au séjour du conjoint, couverture santé, logement et preuve du statut professionnel ou financier. | Pièces d’identité, contrat, attestation d’activité, assurance, bail ou titre, actes d’état civil. |
| À l’arrivée | Noter la remise des clés, le début d’occupation, les premiers jours de travail et la présence de la famille. | État des lieux, factures, billets, agendas, scolarité et preuves de vie quotidienne. |
| Séjour au-delà de trois mois | Demander l’inscription à l’anagrafe auprès de la commune avec les justificatifs correspondant au statut. | Demande, récépissé, certificat et échanges avec le Comune. |
| Avant les premiers contrats | Obtenir ou vérifier le codice fiscale auprès du canal compétent. | Certificat officiel d’attribution et copie du formulaire ou de la demande. |
| Début d’activité indépendante | Faire déterminer les immatriculations fiscales, professionnelles et sociales avant de facturer. | Avis du commercialista, ouverture de la partita IVA si requise, inscriptions et accusés de réception. |
| Première déclaration | Rapprocher revenus, comptes, investissements étrangers et dates d’assujettissement. | Relevés annuels, prix de revient, attestations d’impôt et calendrier de présence. |
Le codice fiscale n’est ni une carte de séjour ni un certificat fiscal
Le codice fiscale est l’identifiant alphanumérique utilisé dans de nombreuses relations avec l’administration et les cocontractants italiens. Il peut être nécessaire pour un bail, une relation bancaire, des soins, un contrat de travail ou une démarche fiscale. Son attribution ne prouve pas que la personne est résidente fiscale : un non-résident peut en avoir besoin pour acquérir un bien ou accomplir une formalité italienne.
L’Agenzia delle Entrate met à disposition le formulaire AA4/8 et ses instructions pour l’attribution ou la communication du numéro aux personnes physiques. Selon la situation, l’attribution peut intervenir par l’Agenzia, un consulat ou une autre administration habilitée. Évitez les générateurs en ligne : ils peuvent reconstituer une chaîne plausible, mais seule l’attribution officielle permet d’identifier la personne dans les bases publiques.
Le codice fiscale se distingue de la partita IVA, qui identifie l’activité assujettie à la TVA lorsque son ouverture est requise. Il se distingue également des accès numériques utilisés pour les services publics. Mélanger ces outils conduit à croire qu’un identifiant personnel autorise déjà à facturer ou qu’une inscription professionnelle établit la résidence du foyer.
Famille et protection sociale suivent leur propre dossier
Le membre de famille ressortissant d’un État tiers peut devoir obtenir une carte de séjour et prouver le lien familial. Parallèlement, salarié local, détaché, télétravailleur, indépendant ou pensionné ne relèvent pas de la même coordination sociale. L’anagrafe ne crée pas l’affiliation et le certificat A1 ne décide ni la résidence fiscale, ni l’imposition des journées de travail.
Cas d’installation
Mathieu travaille à Florence, son épouse poursuit une activité française à distance
Le couple prépare deux dossiers professionnels, même s’il partage le même logement. Mathieu justifie son emploi italien pour l’anagrafe. Son épouse fait déterminer le lieu réel d’exercice, l’affiliation sociale, les obligations éventuelles de l’employeur français et le traitement de ses jours de travail. Tous deux obtiennent leur codice fiscale par une voie officielle. L’inscription commune documente leur installation, mais ne remplace pas l’analyse de la paie et de la convention.
Le dossier patrimonial d’arrivée
Téléchargez avant le départ les relevés historiques, prix de revient, primes, actes, dettes, pourcentages de sociétés et opérations en report. L’Italie ne promet aucun prix de revient général réévalué au jour d’arrivée ; une future vente peut dépendre d’une donnée que l’espace bancaire ne conservera pas.
Résidence fiscale italienne : trois critères alternatifs et aucun refuge automatique sous 183 jours
Une expatriation ratée commence souvent par une phrase trop simple : « je passerai moins de 183 jours en France ». Cette phrase ne répond pas à la question italienne. Depuis la réforme applicable à compter de 2024, l’article 2 du TUIR examine, pendant la majeure partie de la période d’imposition et en comptant les fractions de jour, trois critères alternatifs : résidence civile, domicile personnel et familial, ou présence physique en Italie.
Il suffit qu’un critère soit rempli pendant la durée requise. Le texte n’impose pas de réunir logement, famille et présence. Il ne mesure pas non plus seulement les nuitées. La formulation actuelle figure dans l’article 2 du TUIR consolidé au 24 juillet 2026. La règle correspondante deviendra l’article 2 du texte unifié au 1er janvier 2027.
Les trois portes d’entrée de la résidence italienne
| Critère | Question concrète | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Résidence au sens du code civil | Où se trouve la demeure habituelle de la personne ? | Confondre propriété d’une résidence secondaire et vie habituelle, ou ignorer un logement effectivement occupé. |
| Domicile fiscal italien | Où se développent principalement les relations personnelles et familiales ? | Réduire le domicile au portefeuille, au siège d’une holding ou au compte qui reçoit les revenus. |
| Présence physique | La personne est-elle physiquement en Italie pendant la majeure partie de la période, fractions de jour comprises ? | Compter uniquement les nuits, ou oublier les journées partielles et les preuves contradictoires. |
| Anagrafe | L’inscription couvre-t-elle la majeure partie de la période ? | La traiter comme un quatrième critère irréfragable ; elle crée une présomption qui peut être combattue. |
« Majeure partie » ne signifie pas toujours 183
Pour une année civile ordinaire de 365 jours, la majorité conduit souvent à raisonner autour de 183 jours. Une année bissextile, un jour commencé dans un pays et terminé dans l’autre, ou une preuve de présence partielle empêchent toutefois de transformer ce repère en slogan. Surtout, résidence civile et domicile peuvent être remplis sans attendre le franchissement d’un compteur présenté comme unique.
La preuve se construit au fil de l’année. Billets, péages, badges, agendas, factures, consommations, téléphonie, scolarité et dossiers médicaux ne valent pas tous le même poids, mais ils permettent de corroborer un calendrier. Un tableur reconstitué après une demande de l’administration, sans pièces contemporaines, est plus fragile qu’un dossier mensuel archivé au moment des faits.
Le domicile italien a changé de centre de gravité
Le texte retient désormais le lieu où se développent principalement les relations personnelles et familiales. La valeur des actifs ou la direction d’une entreprise reste pertinente pour d’autres analyses, notamment la résidence française et le centre des intérêts vitaux conventionnel, mais elle ne doit pas effacer les termes précis du critère interne italien.
La France peut encore revendiquer la résidence
L’article 4 B du CGI français examine notamment le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. Chaque membre du couple peut nécessiter une analyse propre, en particulier lorsque l’un part avant l’autre ou que les époux travaillent dans deux pays. Signaler une adresse étrangère ou s’inscrire à l’anagrafe n’empêche pas la France d’appliquer ses critères internes.
Lorsque les deux États considèrent la même personne comme résidente, l’article 4 de la convention tranche pour les impôts couverts. Il faut respecter l’ordre prévu :
- foyer d’habitation permanent : logement durablement disponible dans un État ou dans les deux ;
- centre des intérêts vitaux : liens personnels et économiques les plus étroits ;
- séjour habituel : État où la vie s’inscrit de façon habituelle si les étapes précédentes ne tranchent pas ;
- nationalité : critère subsidiaire, et non point de départ ;
- accord amiable : décision des autorités lorsque la personne a les deux nationalités ou aucune et que le conflit subsiste.
Le dossier de preuve qui répond aux deux pays
| Dimension | Pièces utiles | Ce qu’elles ne prouvent pas seules |
|---|---|---|
| Logements | Baux, actes, remise des clés, assurance, factures et disponibilité réelle. | La signature d’un bail italien ne prouve pas, seule, l’abandon du foyer français. |
| Vie personnelle | Adresse du conjoint et des enfants, école, soins, associations et habitudes régulières. | La présence de la famille en France n’exclut pas automatiquement une résidence interne italienne. |
| Travail | Contrats, avenants, agendas, lieux de mission, clients et ventilation quotidienne. | Le pays de l’employeur ou du virement ne donne pas le lieu d’exercice. |
| Intérêts économiques | Mandats, sociétés, immeubles, revenus, comptes, décisions et financement. | Le plus gros compte n’est pas nécessairement le centre des intérêts économiques. |
| Présence | Calendrier corroboré par transports, badges, paiements et documents tiers. | Un total de nuitées ne remplace pas l’étude des autres critères. |
| Administratif | Anagrafe, changement d’adresse, déclarations fiscales et certificats de résidence. | Une formalité isolée ne neutralise pas des faits contraires. |
Cas de double résidence
Sophie vit à Bologne, son conjoint et leur enfant restent à Annecy jusqu’en décembre
Sophie peut satisfaire un critère italien par sa présence, sa demeure habituelle ou les deux, même si une partie de ses liens familiaux demeure temporairement en France. La France peut aussi examiner le foyer conservé, l’activité et les intérêts économiques. La convention ne se résout pas par une moyenne de jours : elle part des foyers disponibles, puis compare les liens personnels et économiques. Le dossier doit expliquer la transition familiale, documents à l’appui, sans présenter une intention future comme un fait déjà réalisé.
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Une conclusion de résidence a toujours un millésime
Elle doit être limitée à la personne, à l’année et aux faits étudiés, puis exposer les critères italiens, la position française, l’ordre conventionnel et les ambiguïtés qui subsistent.
Convention France–Italie : attribuer chaque revenu et vérifier l’absence d’effet de la MLI
La convention sur le revenu et la fortune a été signée à Venise le 5 octobre 1989, est entrée en vigueur le 1er mai 1992 et demeure le texte bilatéral de référence. Elle répond à trois questions successives : qui est résident conventionnel, quel État peut imposer une catégorie précise, puis comment l’État de résidence corrige la double imposition. Elle ne transforme pas toutes les retenues étrangères en crédits remboursables.
Le texte officiel publié par la DGFiP doit être lu avec son protocole. Il est ancien dans sa rédaction, mais cela n’autorise pas à remplacer ses articles par ceux d’une convention modèle plus récente.
La convention multilatérale BEPS ne modifie pas ce traité au 24 juillet 2026
L’Italie a signé la convention multilatérale, ou MLI, le 7 juin 2017. Toutefois, la liste officielle de l’OCDE arrêtée au 18 juin 2026 ne fait apparaître pour l’Italie ni dépôt d’un instrument de ratification, ni date d’entrée en vigueur. Un document du Sénat italien du 31 mars 2026 indique également que l’Italie n’est pas partie à la convention BEPS. La MLI ne produit donc pas d’effet sur la convention France–Italie à la date de mise à jour de ce guide. Cela ne supprime ni les règles nationales anti-abus, ni la nécessité d’une substance économique réelle.
Le tableau revenu par revenu
| Revenu ou actif | Règle conventionnelle principale | Vigilance pratique |
|---|---|---|
| Loyer d’un immeuble français | Imposable en France, État où l’immeuble est situé. | Le résident italien déclare aussi selon le droit italien et applique le mécanisme de l’article 24 ; IVIE et obligations patrimoniales sont à examiner séparément. |
| Loyer d’un immeuble italien | Imposable en Italie, État de situation. | Le mode de détention, les charges, le régime locatif et les impôts locaux relèvent du droit italien. |
| Bénéfice d’entreprise | État de résidence de l’entreprise, sauf bénéfice attribuable à un établissement stable dans l’autre État. | Un bureau à domicile, un lieu de direction ou un pouvoir habituel de conclure des contrats mérite une analyse factuelle. |
| Profession indépendante | État de résidence, sauf base fixe habituellement disponible dans l’autre État. | Le lieu des clients et le pays de facturation ne remplacent pas l’examen de la base fixe et de l’exercice réel. |
| Salaire privé | État où le travail est physiquement exercé, sauf exception cumulative de l’article 15 § 2. | Ventiler les jours ; une paie française ne transforme pas le télétravail italien en travail français. |
| Travailleur frontalier | État de résidence si résidence et travail se trouvent dans les zones frontalières visées. | Ne pas inventer un rayon ou une condition de retour quotidien absente du texte fiscal ; contrôler les zones exactes. |
| Dividende | État de résidence, avec imposition possible à la source plafonnée à 15 % dans le cas ordinaire d’un particulier. | Le plafond de 5 % vise certaines sociétés détenant au moins 10 % pendant douze mois ; bénéficiaire effectif et droit européen restent à vérifier. |
| Intérêt | État de résidence, avec retenue possible à la source plafonnée en principe à 10 %. | Certaines ventes à crédit et certains financements publics bénéficient d’exceptions ; qualifier le produit. |
| Redevance | État de résidence, avec prélèvement possible à la source plafonné en principe à 5 %. | Certains droits d’auteur sont imposables seulement à la résidence ; logiciel, marque et service ne sont pas interchangeables. |
| Plus-value immobilière | Imposable dans l’État de situation de l’immeuble. | Le calcul, les exonérations et les prélèvements suivent le droit interne ; l’État de résidence organise ensuite la correction. |
| Plus-value sur titres ordinaires | Imposable en principe seulement dans l’État de résidence du cédant. | Vérifier le rattachement à un établissement stable, la qualification immobilière éventuelle et les dispositifs internes de départ. |
| Participation substantielle ou entité à dominante immobilière | Le protocole permet à l’État de la société ou des immeubles d’imposer certains gains ; une participation est substantielle à partir de 25 % des bénéfices, seul ou avec des personnes apparentées. | Ne pas appliquer la règle des titres ordinaires sans mesurer les droits directs et indirects et la composition de l’actif. |
| Rémunération de dirigeant ou jetons de présence | Imposable dans l’État de résidence de la société concernée. | Séparer mandat, emploi salarié réel, prestations et dividendes. |
| Pension privée d’un emploi antérieur | Imposable en principe seulement dans l’État de résidence. | Identifier la caisse et ne pas confondre pension privée et sécurité sociale. |
| Pension relevant de la sécurité sociale | Imposable dans l’État dont la législation fonde le paiement. | Une pension française de sécurité sociale peut rester imposable en France malgré la résidence italienne et un régime italien à 7 %. |
| Rémunération ou pension publique | État payeur en principe, avec exceptions de résidence et de nationalité. | La nature publique de l’ancien employeur, la nationalité et l’activité commerciale éventuelle sont déterminantes. |
| Fortune immobilière | Imposable dans l’État de situation de l’immeuble. | Articuler IFI français, IVIE italienne, champ exact des impôts couverts et mécanisme d’élimination. |
| Autres éléments de fortune | Imposables en principe seulement dans l’État de résidence, hors actif d’un établissement stable ou cas prévus. | La convention ne dispense pas du cadre RW ou de l’IVAFE prévus par le droit italien. |
L’exception salariale des 183 jours exige trois conditions
Le salaire d’un résident d’un État pour un emploi exercé dans l’autre est normalement imposable dans l’État de travail. Il reste imposable seulement dans le premier État si les trois conditions de l’article 15 § 2 sont réunies :
- le séjour dans l’État de travail n’excède pas 183 jours au total pendant l’année fiscale considérée ;
- la rémunération est payée par, ou pour le compte, d’un employeur qui n’est pas résident de l’État de travail ;
- la charge n’est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe que l’employeur possède dans cet État.
Une mission de cent jours peut donc être imposable en Italie si une entité italienne supporte la charge. À l’inverse, un certificat A1 maintenant la sécurité sociale française ne décide pas de l’impôt.
Le crédit italien : plafonné et attaché au revenu
Pour un résident d’Italie recevant un revenu que la convention permet à la France d’imposer, l’Italie peut inclure ce revenu dans sa base, puis déduit l’impôt payé en France dans la limite de la quote-part d’impôt italien attribuable à ce revenu. Le mécanisme ne transforme pas une retenue française excessive en crédit intégral. Si la France a prélevé plus que le plafond conventionnel, la restitution de l’excédent doit généralement être demandée en France.
L’article 24 écarte en outre la déduction lorsque le revenu est soumis en Italie, à la demande du bénéficiaire, à une retenue libératoire : une option interne peut donc modifier l’utilisation du crédit.
Cas conventionnel
Antoine vit à Rome, loue un appartement à Lille et reçoit un dividende français
La France impose le loyer parce que l’immeuble s’y trouve. Elle peut aussi prélever sur le dividende dans la limite conventionnelle applicable. Antoine ne compense pas les deux flux en bloc : il déclare chaque catégorie en Italie, calcule le crédit selon son propre plafond et vérifie la retenue française. L’IVIE sur l’immeuble, le cadre RW et l’IVAFE sur les actifs financiers sont des questions italiennes distinctes de l’attribution conventionnelle du revenu.
Une double imposition contestée se traite vite
L’article 26 mentionne une demande écrite dans les six mois de la notification ou de la retenue constituant la seconde imposition. D’autres voies peuvent exister, mais ce délai court impose d’archiver avis, certificats et paiements, puis de faire déterminer sans attendre la procédure appropriée.
Année du départ : déclarations françaises, exit tax et preuves à emporter en Italie
Le départ n’est pas une date choisie dans une liste déroulante. Le logement italien peut être disponible le 1er septembre, le contrat commencer le 15, la famille arriver en octobre et l’anagrafe être enregistrée en novembre. La première tâche consiste à écrire cette chronologie et à rattacher chaque revenu à la période correspondante, avant de conclure sur la date de changement de résidence.
La page de la DGFiP mise à jour le 25 juin 2026 demande de signaler la nouvelle adresse. L’année suivante, le contribuable devenu non-résident déclare sur la 2042 les revenus perçus du 1er janvier à la date de départ. Les revenus étrangers de cette première période passent par la 2047 lorsqu’elle est requise. Si des revenus de source française restent imposables en France après le départ, ils sont portés sur la 2042-NR pour la période allant du départ au 31 décembre.
Le dossier sépare donc les revenus mondiaux de la période française, les revenus de source française postérieurs au départ et les revenus mondiaux de la période italienne. Il conserve relevés, retenues, valeurs, taux de change et justificatifs de résidence afin de rapprocher les deux déclarations au printemps suivant.
Le test de l’exit tax française
L’article 167 bis du CGI vise, sous conditions, les plus-values latentes sur certains droits sociaux, valeurs, titres ou droits, les créances issues d’une clause de complément de prix et des gains déjà placés en report d’imposition. Pour le test général portant sur les plus-values latentes, la doctrine pratique de la DGFiP, mise à jour le 10 mars 2026, retient :
- une résidence fiscale française pendant au moins six des dix années précédant le transfert ;
- et des droits, titres ou valeurs atteignant une valeur globale d’au moins 800 000 €, ou représentant au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société.
Les créances de complément de prix et les gains en report ne doivent pas être éliminés parce que le portefeuille coté reste sous 800 000 €. Leur champ et leurs événements de suivi sont distincts. Une holding non cotée, une opération d’apport-cession, des actions gratuites déjà placées dans un régime spécifique ou une participation démembrée justifient un inventaire juridique ligne par ligne.
Test de repérage des plus-values latentes
Résidence fiscale française ≥ 6 années sur les 10 précédentes ET (valeur globale des titres ≥ 800 000 € OU participation ≥ 50 % des bénéfices sociaux) Puis : inventaire séparé des créances de complément de prix et gains en report
Cette formule repère un dossier à instruire ; elle ne qualifie ni les titres exclus, ni les reports, ni le montant final.
L’Italie ouvre en principe le sursis, pas une dispense
Le transfert vers l’Italie, État membre de l’Union européenne, ouvre en principe le sursis de paiement de plein droit. Le mot « sursis » est essentiel : l’impôt est calculé et déclaré, puis son paiement est différé. Le départ mobilise la déclaration 2074-ETD. Les années suivantes, le suivi peut utiliser la 2074-ETS ou sa version allégée 2074-ETSL lorsque les conditions sont remplies, avec report du montant en sursis dans la déclaration complémentaire.
Cession, rachat-annulation, remboursement ou liquidation peuvent mettre fin au sursis selon la catégorie concernée. Une donation, un retour en France ou le maintien des titres au terme du délai peut produire un dégrèvement ou une restitution sous conditions. Il serait dangereux d’appliquer la règle d’une plus-value latente à un gain déjà en report sans vérifier son fait générateur propre.
Pour les transferts intervenant depuis le 1er janvier 2019, la DGFiP indique un dégrèvement après deux ans lorsque la valeur des titres entrant dans le champ est inférieure à 2,57 M€, et après cinq ans lorsqu’elle lui est supérieure, à condition qu’aucun événement déclencheur ne soit intervenu. La date de départ et le millésime du dispositif restent donc indispensables : les départs plus anciens suivent d’autres délais.
Le dossier qui doit survivre au changement de banque et de conseil
Mémo express
À archiver avant de quitter la France
- statuts, pactes, registres de mouvements et pourcentages de vote ou de bénéfices ;
- méthode et rapport de valorisation des titres non cotés à la date du départ ;
- prix de revient et historique des lots de chaque compte-titres ou plan ;
- déclarations d’apport, reports 150-0 B ter, soultes et engagements associés ;
- formulaires 2074, avis d’imposition et preuve du sursis ;
- calendrier des événements ultérieurs : cession, donation, remboursement, fusion ou liquidation ;
- certificats de résidence, déclarations italiennes et preuves des impôts payés.
Cas pédagogique
Nora part à Milan avec 1,1 M€ de titres et une ancienne opération d’apport
Nora a été résidente de France huit années sur les dix précédentes. La valeur globale franchit le seuil de 800 000 € : elle fait calculer les plus-values latentes et documenter les titres. Son apport antérieur est examiné séparément pour identifier un éventuel gain en report. Le départ vers l’Italie permet en principe le sursis de plein droit, mais Nora dépose la déclaration initiale et organise le suivi. Ce cas illustre la méthode ; il ne préjuge pas du champ exact d’un portefeuille réel.
Ne vendez pas seulement pour « simplifier » sans double simulation
Une vente avant le départ peut déclencher immédiatement l’impôt français. Une vente après peut relever de l’exit tax, du droit italien et de la convention. La meilleure date ne se déduit pas d’un taux isolé : il faut comparer prix de revient, abattements ou reports, prélèvements sociaux, crédits, régime italien et projet de réinvestissement. Les opérations irréversibles doivent être validées avant exécution par les conseils habilités.
IRPEF 2026 : barème 23–33–43 %, addizionali et calcul qui part du revenu imposable
Trois taux ne suffisent pas à comparer une rémunération française et italienne. L’IRPEF s’applique au revenu imposable déterminé selon les règles italiennes, après les déductions admises et avant les réductions ou crédits qui diminuent l’impôt. Les cotisations sociales, la composition du foyer, la nature du revenu et les surtaxes locales peuvent donc déplacer fortement le résultat.
Pour 2026, la loi n° 199 du 30 décembre 2025 a abaissé la tranche intermédiaire de 35 % à 33 % à compter du 1er janvier 2026. Le texte consolidé de l’article 11 du TUIR affiche ainsi le barème national suivant.
| Fraction du revenu imposable 2026 | Taux national IRPEF |
|---|---|
| Jusqu’à 28 000 € | 23 % |
| Au-delà de 28 000 € et jusqu’à 50 000 € | 33 % |
| Au-delà de 50 000 € | 43 % |
IRPEF brute nationale — représentation pédagogique
IRPEF brute = 23 % × min(R ; 28 000) + 33 % × min(max(R − 28 000 ; 0) ; 22 000) + 43 % × max(R − 50 000 ; 0)
- R :revenu imposable soumis au barème, et non salaire brut ou revenu encaissé
La formule ne comprend ni déductions, ni detrazioni, ni crédits, ni addizionali régionales et communales.
Quatre ordres de grandeur, avant corrections
| Revenu imposable soumis au barème | IRPEF nationale brute | Taux moyen brut |
|---|---|---|
| 20 000 € | 4 600 € | 23,00 % |
| 40 000 € | 10 400 € | 26,00 % |
| 60 000 € | 18 000 € | 30,00 % |
| 100 000 € | 35 200 € | 35,20 % |
Le taux marginal de 43 % ne s’applique donc pas à la totalité d’un revenu imposable de 60 000 €. Les premiers 28 000 € supportent 23 %, les 22 000 € suivants 33 %, puis les 10 000 € excédentaires 43 %. Inversement, le taux moyen du tableau n’est pas le taux réellement prélevé sur le salaire brut : il manque les règles d’assiette, les cotisations et les corrections personnelles.
Les addizionali changent avec le territoire
À l’IRPEF nationale s’ajoutent une addizionale régionale et, selon la commune, une addizionale communale. Les taux, tranches, exonérations et dates de délibération varient. Une simulation pour Milan ne doit pas être réutilisée à Naples ou Florence sans actualiser les données locales.
Le département italien des finances publie une table officielle des addizionali régionales et un moteur officiel pour les taux communaux. La bonne pratique consiste à enregistrer la délibération et le millésime utilisés dans la simulation, pas seulement le taux recopié dans un tableur.
Un comparatif sérieux part du revenu brut, reconstitue l’assiette par catégorie, applique le barème, les detrazioni et crédits, puis les addizionali. Les retenues françaises et le crédit conventionnel forment un étage distinct. Cette séquence évite d’appliquer 43 % au brut ou de soustraire tout impôt français euro pour euro.
Les revenus n’entrent pas tous dans le même panier
Le barème concerne le revenu global soumis à l’IRPEF ordinaire. Certains revenus financiers, plus-values, loyers ou régimes optionnels suivent une imposition substitutive ou une assiette particulière. Les nouveaux résidents de l’article 24-bis, les impatriés et les retraités de l’article 24-ter ne reçoivent pas une remise uniforme sur tout le foyer : chacun possède son périmètre, ses exclusions et sa durée.
Pour un revenu français, le premier travail reste conventionnel. Une pension de sécurité sociale française peut demeurer imposable en France. Un salaire suit les jours de travail. Un loyer français reste imposable en France, puis entre dans la mécanique italienne prévue par la convention et le droit interne. Appliquer le barème italien avant cette qualification revient à calculer correctement la mauvaise base.
Cas de calcul
Lucia dispose de 60 000 € de revenu imposable ordinaire
Le calcul pédagogique du barème donne 6 440 € sur les premiers 28 000 €, 7 260 € sur les 22 000 € suivants et 4 300 € sur les 10 000 € restants, soit 18 000 € d’IRPEF nationale brute. Lucia ne s’arrête pas à ce chiffre : elle ajoute les addizionali de sa région et de sa commune, puis applique les déductions, detrazioni et crédits auxquels sa situation réelle ouvre droit. Si une partie du revenu vient de France, elle traite cette catégorie séparément avant d’utiliser un éventuel crédit conventionnel.
Le bon comparatif France–Italie
Utilisez le même point de départ économique dans les deux colonnes : coût employeur ou revenu avant impôt, protection sociale incluse, composition du foyer, lieu réel de travail et revenus patrimoniaux. Présentez ensuite séparément cotisations, impôt national, impôts locaux, crédits et coût des structures. Un écart de taux marginal ne mesure ni le revenu disponible, ni la protection acquise.
Mémo express
Le chiffre 2026 à mémoriser, et sa limite
Le barème national est 23 % jusqu’à 28 000 €, 33 % entre 28 000 € et 50 000 €, puis 43 % au-delà. Il faut encore calculer l’assiette, les corrections personnelles, les addizionali et la convention avant de connaître l’impôt réellement dû.
Salariés : le salaire suit le travail réel, pas l’adresse de la paie
Un contrat français, une fiche de paie française et un virement sur un compte français ne rendent pas un salaire automatiquement imposable en France. Pour la convention franco-italienne, le point de départ est beaucoup plus concret : où étiez-vous lorsque vous avez travaillé ? Cette question devient décisive dès qu’un salarié s’installe à Milan, télétravaille depuis Turin, conserve des réunions à Paris ou reçoit un bonus gagné avant son départ.
La règle mérite d’être posée avant le premier calcul. Sous réserve des régimes particuliers, le salaire d’un résident d’un État est imposable dans l’autre État lorsque l’emploi y est physiquement exercé. Chaque journée doit donc être rattachée à un lieu de travail. La nationalité, le siège du groupe ou la devise de paiement ne remplacent pas ce calendrier.
L’exception des 183 jours exige trois réponses positives
L’article 15, paragraphe 2, de la convention permet parfois de laisser le salaire exclusivement dans l’État de résidence lorsque la mission dans l’autre État reste courte. Mais « moins de 183 jours » n’est que la première condition. Les trois conditions suivantes sont cumulatives :
| Condition conventionnelle | Question à instruire | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Présence n’excédant pas 183 jours pendant l’année fiscale considérée | Compter les jours de présence dans l’État de travail selon les faits et la période visée par la convention. | Compter seulement les jours facturés ou les nuits d’hôtel. |
| Employeur non résident de l’État de travail | Identifier l’employeur juridique, mais aussi l’entité qui dirige réellement le travail et en assume le bénéfice. | S’arrêter au logo ou au nom figurant sur le contrat. |
| Rémunération non supportée par un établissement stable ou une base fixe dans l’État de travail | Relire les refacturations, la comptabilité analytique et l’organisation locale. | Supposer que l’absence de filiale suffit à remplir la condition. |
Tenir un calendrier que la paie et la déclaration peuvent relire
| Type de journée | Lecture à préparer | Preuve utile |
|---|---|---|
| Bureau ou client en Italie | Emploi physiquement exercé en Italie. | Badge, agenda, ordre de mission, note de frais ou compte rendu. |
| Télétravail au domicile italien | Emploi exercé en Italie, même si l’employeur reste français. | Avenant, planning, connexions et lieu habituel de travail. |
| Bureau ou client en France | Emploi exercé en France ; vérifier retenue, paie et convention. | Billet, badge, agenda et objet du déplacement. |
| Voyage dans un pays tiers | Analyser le droit interne et la convention avec ce troisième pays. | Destination, entité bénéficiaire et durée de la mission. |
| Congé, maladie ou formation | Ne pas assimiler automatiquement à une journée de travail ordinaire ; rattachement à qualifier. | Bulletin, certificat, règlement de formation et historique de travail. |
Employeur français, travail italien : cinq chantiers au lieu d’un
Lorsqu’un salarié travaille durablement depuis l’Italie pour une entreprise française, la question ne se limite pas à sa déclaration personnelle. L’employeur doit examiner la retenue italienne, la paie locale ou l’intervention d’un représentant, les cotisations, le droit du travail et le risque d’établissement stable. Une attestation A1 valide peut maintenir une législation sociale étrangère ; elle ne neutralise aucune de ces autres matières.
Bonus, indemnités, stock-options et actions gratuites
Une rémunération différée ne suit pas mécaniquement le pays de résidence du jour du paiement. Un bonus versé en mars peut rémunérer l’exercice précédent. Une option ou une action gratuite peut avoir été acquise pendant plusieurs années de mobilité. Une indemnité de non-concurrence, de départ ou de mobilité possède encore une autre période de référence.
Le travail consiste à décomposer le plan : attribution, période de performance, acquisition définitive, exercice, livraison et vente. Pour chaque étape, on identifie la nature du revenu — salaire ou gain en capital — puis les fonctions et les jours de travail auxquels l’avantage se rattache. Les régimes français des BSPCE, actions gratuites ou plans d’épargne salariale ne sont pas automatiquement reconnus comme enveloppes favorisées par l’Italie.
Cas salarié mobile
Camille reçoit à Milan un bonus et des RSU gagnés entre Lyon et l’Italie
Camille a rejoint la filiale italienne le 1er septembre. En mars suivant, elle reçoit un bonus lié aux douze mois précédents et des actions dont la période d’acquisition a commencé deux ans avant son transfert. Sa résidence italienne au jour du paiement ne suffit pas à attribuer 100 % des montants à l’Italie. Elle reconstitue la période rémunérée, les lieux de travail, les employeurs successifs et les retenues. Après la livraison des actions, la variation de valeur ultérieure sera suivie séparément comme un gain potentiel sur titres.
Mémo express
Le dossier rémunération à constituer avant le départ
- contrat, avenants, lettre de mission et politique de mobilité ;
- calendrier des jours travaillés, congés, formations et voyages ;
- conventions de refacturation et identité de l’employeur économique ;
- bulletins, certificats de retenue et attestations fiscales ;
- plans de bonus, stock-options, RSU, actions gratuites et management package ;
- dates d’attribution, vesting, exercice, livraison et cession ;
- formulaire A1 et décisions sociales lorsqu’ils existent.
Sources officielles. La règle fiscale se lit dans les articles 15 et 24 de la convention fiscale France–Italie. La sécurité sociale, la paie et le droit du travail sont examinés séparément dans la section suivante.
Régime italien des impatriés : une assiette réduite, pas un impôt divisé par deux
Le régime des travailleurs impatriés peut rendre une installation professionnelle en Italie particulièrement attractive. Sa présentation commerciale tient souvent en une phrase : « 50 % d’exonération ». Cette formule est incomplète. Le texte applicable aux arrivées depuis 2024 fait entrer 50 % du revenu professionnel éligible dans le revenu imposable — ou 40 % dans certains cas avec enfant mineur. L’IRPEF progressif et les surtaxes territoriales s’appliquent ensuite à cette assiette.
Il ne s’agit donc ni d’un taux forfaitaire de 50 %, ni d’une réduction égale à la moitié de l’impôt. La différence est importante pour une négociation de rémunération, car l’économie dépend du barème, de la commune, de la région, des autres revenus et de la fraction qui dépasse le plafond du dispositif.
Les revenus qui peuvent entrer dans le régime
L’article 5 du décret législatif n° 209/2023 vise les revenus de travail salarié, les revenus assimilés et les revenus d’une activité professionnelle indépendante, lorsqu’ils sont produits en Italie. Un dividende, un loyer, un gain de portefeuille ou le bénéfice d’une société ne devient pas éligible parce que son bénéficiaire exerce par ailleurs un emploi en Italie. Le bénéfice d’entreprise d’un entrepreneur individuel ne doit pas non plus être inclus sans qualification.
Pour un salarié mobile, la condition « produit en Italie » ramène au calendrier des jours de travail. La part correspondant à une activité exercée en France ou dans un troisième État doit être isolée avant d’appliquer le régime italien. Pour un indépendant, il faut distinguer l’activité professionnelle personnelle du revenu d’entreprise et vérifier l’existence d’une base fixe ou d’obligations dans les autres pays.
Trois, six ou sept périodes de non-résidence
| Parcours avant l’arrivée | Non-résidence italienne préalable | Pourquoi ce test existe |
|---|---|---|
| Nouvel employeur ou groupe sans continuité visée | Trois périodes fiscales en principe. | Test ordinaire du nouveau régime. |
| Retour auprès du même employeur ou groupe, sans emploi antérieur en Italie dans ce groupe | Six périodes fiscales. | Renforcement destiné aux mobilités internes de groupe. |
| Retour auprès du même employeur ou groupe après avoir déjà travaillé pour lui en Italie avant le départ | Sept périodes fiscales. | Renforcement maximal pour le retour dans une organisation déjà connue. |
Activité principalement italienne et qualification
Le travail doit être exercé principalement en Italie. Un cadre qui continue de passer l’essentiel de son temps auprès des équipes françaises ne peut pas traiter cette condition comme une clause décorative. Jours de travail, fonctions, rattachement hiérarchique et organisation réelle doivent raconter la même installation.
Le bénéficiaire doit aussi posséder une qualification ou spécialisation élevée au sens des textes visés, ou exercer une activité de recherche, y compris appliquée, dans les technologies d’intelligence artificielle. Cette seconde branche est parfois oubliée dans les synthèses. À l’inverse, un intitulé de poste « senior » ou « expert » ne prouve pas à lui seul la qualification légale.
50 % ou 40 % d’assiette, dans la limite de 600 000 €
Exemple pédagogique — revenu professionnel éligible de 180 000 €
Cas standard : 180 000 € × 50 % = 90 000 € inclus dans l’assiette Cas renforcé avec enfant mineur, sous conditions : 180 000 € × 40 % = 72 000 € inclus
Le barème IRPEF, les surtaxes régionales et communales, les cotisations et les autres revenus s’ajoutent à l’analyse. Ce calcul n’est pas une estimation de l’impôt final.
Le plafond annuel de revenus couverts est de 600 000 €. La fraction excédentaire suit le régime ordinaire. Avec 800 000 € de rémunération entièrement produite en Italie et éligible, il ne faut donc pas appliquer 50 % à l’ensemble sans ventilation. Les éléments de rémunération doivent en outre être qualifiés : salaire fixe, bonus, avantage en actions, indemnité et revenu de mandat peuvent suivre des périodes ou articles conventionnels différents.
L’assiette renforcée à 40 % concerne certains cas avec enfant mineur, notamment lorsque les conditions de résidence de l’enfant en Italie sont satisfaites ; une naissance ou adoption pendant la période peut également produire effet selon le texte. La situation des deux parents et le moment où les conditions sont réunies doivent être contrôlés avant de projeter l’avantage.
Cinq périodes fiscales et un engagement réel de quatre ans
Le régime couvre l’année du transfert de résidence et les quatre périodes fiscales suivantes, soit cinq périodes au total. Le travailleur doit s’engager à rester résident fiscal italien pendant au moins quatre ans. Un départ anticipé provoque la reprise de l’avantage avec intérêts. Une mobilité annoncée pour dix-huit mois peut donc être fiscalement attractive sur le papier tout en étant incompatible avec le dispositif.
Une prolongation de trois périodes existe pour une catégorie transitoire étroite de personnes arrivées en 2024 et liée à la propriété d’un logement italien destiné à l’habitation principale, dans les délais prévus. Elle ne doit pas être présentée comme une option générale ouverte à toute acquisition immobilière.
2026 : article 5 actuel ; article 225 seulement à partir de 2027
Pour une situation relevant de 2026, la référence applicable reste l’article 5 du décret législatif n° 209/2023. Le futur article 225 du texte unifié publié en juillet 2026 ne s’applique qu’à compter du 1er janvier 2027. Une table de correspondance peut être utile, mais elle ne doit pas faire passer la future numérotation pour le droit actuel.
Cas impatrié
Antoine revient dans son groupe à Milan après cinq années en France
Antoine pense remplir le test ordinaire de trois ans. Mais il rejoint une société contrôlée par le même groupe que son ancien employeur italien. Selon son historique, six ou sept périodes de non-résidence peuvent être exigées. Il faut aussi vérifier son activité principalement italienne, sa qualification et son engagement de résidence. Avant d’inscrire une économie dans son package, le groupe reconstitue les liens de contrôle et les emplois des sept années précédentes.
Mémo express
Les preuves d’un régime impatrié défendable
- certificats de résidence et déclarations des périodes antérieures ;
- contrats et organigrammes des employeurs et du groupe ;
- diplômes, qualifications ou dossier de recherche éligible ;
- contrat italien, fonctions et lieu principal d’activité ;
- calendrier des jours travaillés hors d’Italie ;
- état civil et résidence de l’enfant pour l’assiette renforcée ;
- ventilation annuelle des revenus dans la limite de 600 000 €.
Source officielle. Les conditions actuelles figurent à l’ article 5 du décret législatif n° 209/2023. Le texte doit être relu avec les faits de l’année d’arrivée et les éventuelles modifications postérieures.
Nouveaux résidents 24-bis : le forfait à 300 000 € exige une cartographie mondiale
Le régime de l’article 24-bis s’adresse aux personnes dont les revenus étrangers sont suffisamment élevés et complexes pour qu’un forfait annuel puisse présenter un intérêt. Son éligibilité suppose d’abord le transfert de la résidence fiscale en Italie. Le montant applicable dépend, lui, de la date du transfert de résidence au sens de l’article 43 du Code civil italien : pour les transferts intervenant à compter du 1er janvier 2026, il est de 300 000 € pour le titulaire principal et de 50 000 € par membre de la famille valablement placé sous l’option. Ce chiffre spectaculaire ne dit pourtant presque rien sans inventaire des sources de revenus.
Le forfait italien vise les revenus produits à l’étranger selon les critères italiens de source. Les revenus de source italienne restent imposés selon le droit ordinaire. Un portefeuille français, une société luxembourgeoise, un immeuble parisien et une activité dirigée depuis Rome ne peuvent donc pas être regroupés sous l’étiquette commode « étranger » avant qualification.
Neuf périodes de non-résidence sur les dix précédentes
Le contribuable doit transférer sa résidence fiscale en Italie après ne pas y avoir été résident pendant au moins neuf des dix périodes fiscales précédant la première année de l’option. Chaque membre de la famille que l’on souhaite inclure doit satisfaire personnellement à ce test. Une option familiale n’est donc pas un simple supplément de 50 000 € ajouté au choix du titulaire.
Une réponse favorable à l’interpello avant l’option
En 2026, l’option doit être précédée d’une réponse favorable à la demande spécifique d’interpello adressée à l’Agenzia delle Entrate. Le dispositif ne se résume donc pas à cocher une case au printemps suivant. Il faut préparer la résidence antérieure, les structures détenues, les bénéficiaires effectifs, les États de source et les éléments demandés par l’administration.
L’option est exercée dans le délai de la déclaration relative à la période du transfert et le forfait est payé à l’échéance du solde. Le non-paiement peut provoquer la déchéance ; révocation ou déchéance interdit une nouvelle option.
| Transfert de résidence au sens de l’article 43 | Titulaire principal | Membre de famille sous option |
|---|---|---|
| Avant le 10 août 2024 | 100 000 € | 25 000 € |
| Du 10 août 2024 au 31 décembre 2025 | 200 000 € | 25 000 € |
| À compter du 1er janvier 2026 | 300 000 € | 50 000 € |
Durée maximale de quinze périodes et choix des pays
Le régime peut produire effet pendant quinze périodes fiscales au maximum. Il est révocable. Le contribuable peut aussi exclure un ou plusieurs États de l’option. Les revenus provenant des pays exclus reviennent alors au régime ordinaire, avec le mécanisme de crédit d’impôt lorsque ses conditions sont remplies.
Cette faculté demande une modélisation par pays. Un État qui prélève un impôt élevé à la source peut être traité différemment d’un État sans retenue ; un immeuble suit ses règles de source ; une société interposée peut être regardée au-delà de son siège. Une fois un revenu absorbé par le forfait, le crédit de l’impôt étranger n’est pas disponible comme s’il avait été soumis au régime italien ordinaire.
Les plus-values sur certaines participations substantielles sont exclues du forfait pendant les cinq premières périodes de validité et restent imposées selon le droit ordinaire. Une cession importante prévue juste après l’installation doit donc être isolée du rendement courant du portefeuille avant de conclure que le forfait couvre tout.
Un ratio de lecture, pas un taux d’imposition
Forfait italien annuel ÷ revenus étrangers placés sous l’option
- Numérateur :300 000 € pour le titulaire d’une cohorte 2026
- Dénominateur :revenus étrangers effectivement couverts, après qualification des sources et exclusions de pays
Ce ratio ne tient pas compte des impôts prélevés par les États de source, des revenus italiens au barème, des participations substantielles exclues ni du coût des structures. Il ne doit jamais être présenté comme le taux fiscal mondial du foyer.
RW, IVIE et IVAFE : de vraies dispenses, dans un périmètre précis
Pendant la validité d’une option 24-bis, le titulaire et les membres de famille effectivement inclus sont dispensés du monitoring du cadre RW et exonérés d’IVIE et d’IVAFE sur les actifs étrangers relevant du dispositif. Cette règle est légale ; elle ne doit pas être minimisée comme une simple hypothèse.
Elle ne supprime cependant ni l’imposition ordinaire des revenus italiens, ni les obligations relatives à une société ou activité italienne, ni les formalités exigées par un État de source. Elle ne protège pas non plus un membre de famille qui n’a pas été valablement placé sous l’option. Les banques et assureurs peuvent enfin conserver leurs obligations de connaissance client et d’échange d’informations.
Transmission : avantage italien, pas immunité mondiale
Pour une succession ouverte ou une donation réalisée pendant la validité de l’option du défunt ou donateur, l’impôt italien sur les successions et donations est limité aux biens et droits situés en Italie. Cet avantage porte sur la territorialité de l’impôt italien. Il ne retire pas à la France un droit d’imposer fondé sur la situation d’un immeuble, d’un titre ou d’une créance, sur la résidence du bénéficiaire ou sur la convention bilatérale.
La localisation d’un actif n’est pas intuitive. La convention successorale contient notamment une règle propre pour les valeurs mobilières et les créances. L’assurance-vie au décès, les trusts et sociétés interposées exigent une qualification séparée. Le régime 24-bis améliore le droit italien ; il ne permet pas de publier la promesse « succession étrangère exonérée partout ».
Aucun cumul avec le régime impatrié ne doit être promis
La loi interdit explicitement le cumul avec les anciens régimes des chercheurs et impatriés. Pour le nouveau régime professionnel applicable depuis 2024, les textes 2026 ne présentent pas la même coordination explicite. Cette lacune n’autorise pas à additionner les avantages. À compter du 1er janvier 2027, le futur article 246 interdira expressément le cumul avec les futurs articles 225 et 226.
Pour une arrivée 2026, nous ne construisons donc aucune simulation combinée sans analyse écrite d’un fiscaliste italien et examen de l’opportunité d’un nouvel interpello. Un patrimoine peut être comparé sous deux scénarios alternatifs ; il ne doit pas être optimisé en supposant les deux scénarios simultanés.
Cas grande fortune
Isabelle perçoit des dividendes, cède une participation et veut inclure sa famille
Isabelle transfère sa résidence en 2026. Son portefeuille génère d’importants dividendes étrangers, mais elle prévoit aussi la vente de 28 % d’une société française la troisième année. Son conjoint a vécu récemment en Italie et leurs enfants majeurs détiennent leurs propres actifs. Avant l’interpello, la famille cartographie chaque résidence antérieure, chaque revenu et chaque pays de source. La cession substantielle des cinq premières périodes est sortie du forfait ; chaque membre est testé séparément ; les retenues étrangères sont modélisées sans crédit automatique.
Mémo express
Le dossier préparatoire à l’interpello
- chronologie de résidence du titulaire et de chaque membre de famille ;
- organigramme mondial, pourcentages, droits de vote et bénéficiaires effectifs ;
- inventaire des revenus par actif, débiteur, société et pays de source ;
- plus-values envisagées, notamment participations substantielles ;
- retenues à la source étrangères et conventions applicables ;
- actifs italiens, activités exercées depuis l’Italie et flux intragroupe ;
- testament, régime matrimonial et transmission envisagée.
Sources officielles. Le régime 2026 se lit à l’article 24-bis du TUIR consolidé et dans les paragraphes 153, 154 et 158 de la loi n° 232/2016. La future référence de l’article 246 ne s’appliquera qu’à compter du 1er janvier 2027.
Une grande fortune mérite mieux qu’un calcul de seuil
Nous cartographions les actifs, les objectifs et les contraintes pour préparer un dossier commun aux professionnels habilités. Toute recommandation financière, souscription ou distribution destinée à un résident d’Italie doit être formulée et exécutée par l’entité qui dispose des autorisations applicables.
Retraités à 7 % : une commune éligible ne suffit pas à déplacer toutes les pensions
Le régime italien des retraités est souvent résumé par une carte du Sud et un taux de 7 %. Pour un foyer français, la vraie analyse commence ailleurs : de quelles caisses proviennent les pensions, quel article de la convention s’applique à chacune, la commune répond-elle au texte du millésime et quels autres revenus étrangers entreront dans l’option ?
Lorsqu’il est valablement choisi, l’article 24-ter soumet à un impôt substitutif de 7 % les revenus de toute catégorie produits à l’étranger, sous réserve des pays que le contribuable décide d’exclure. Les revenus italiens restent au régime ordinaire. Le taux porte donc sur une assiette internationale définie par le droit italien ; il ne réécrit pas la convention fiscale avec la France.
Cinq conditions à vérifier avant de visiter les communes
| Condition | Règle 2026 | Preuve à réunir |
|---|---|---|
| Pension étrangère | Percevoir une pension relevant de la catégorie visée par l’article 24-ter et versée par un organisme étranger. | Décision de liquidation, nature de la caisse et attestations. |
| Résidence antérieure | Ne pas avoir été résident fiscal italien pendant les cinq périodes précédentes. | Certificats, déclarations et chronologie de résidence. |
| État de provenance | Provenir d’un État avec lequel un accord de coopération administrative est en vigueur. | Dernière résidence et texte applicable. |
| Territoire | Commune située dans l’une des régions du Sud visées ou dans certaines communes répondant au fondement lié aux séismes. | Commune exacte et fondement légal de son éligibilité. |
| Population | Au plus 30 000 habitants pour une installation relevant du droit applicable en 2026. | Population retenue par le texte à la date du transfert. |
Les régions ordinaires visées comprennent la Sicile, la Calabre, la Sardaigne, la Campanie, la Basilicate, les Abruzzes, le Molise et les Pouilles. Une commune ne devient pas éligible parce qu’elle est proche d’une commune admissible ou parce qu’un site immobilier la présente comme « village du régime 7 % ». Le contrôle porte sur son territoire, sa population pertinente et la loi en vigueur au moment du transfert.
30 000 habitants en 2026 ; texte à revalider pour 2027
La loi n° 34 du 11 mars 2026 a porté le seuil de l’article 24-ter de 20 000 à 30 000 habitants à compter du 7 avril 2026. Le futur article 247 du texte unifié, applicable à partir du 1er janvier 2027, reproduit encore 20 000 habitants. Pour une arrivée ou une option en 2027, il faut donc relire la loi et vérifier la commune avant tout engagement immobilier.
Dix périodes fiscales, avec une option à respecter
L’option vaut pour l’année du transfert et les neuf périodes suivantes, soit dix périodes fiscales au total. Elle est exercée dans la déclaration de l’année du transfert. Le paiement de l’impôt substitutif intervient en une seule fois à l’échéance du solde. Le texte prévoit un mécanisme de régularisation d’un paiement omis ou partiel dans le délai de la période suivante, avec sanctions et intérêts ; une révocation ou une déchéance empêche une nouvelle option.
Comme dans le régime 24-bis, le contribuable peut exclure certains États. Les revenus de ces pays reviennent au régime ordinaire et aux mécanismes de crédit correspondants. Ce choix doit être modélisé avant l’option : une retenue française déjà opérée n’est pas automatiquement récupérable contre le forfait italien.
La convention classe les pensions une par une
| Catégorie conventionnelle | Droit d’imposer de principe | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Pension privée au titre d’un emploi antérieur | État de résidence selon l’article 18, paragraphe 1. | Vérifier qu’il ne s’agit pas d’une somme relevant de la sécurité sociale. |
| Pension ou somme payée en application de la législation de sécurité sociale | État qui la paie selon l’article 18, paragraphe 2. | Une pension française de cette catégorie reste imposable en France. |
| Pension publique | État payeur en principe, avec exception liée à la résidence et à la nationalité. | Les doubles nationaux et organismes publics atypiques exigent la lecture complète de l’article 19. |
Le taux de 7 % ne retire donc pas à la France un droit d’imposer conservé par la convention. Une pension imposable en France peut rester déclarable en Italie selon le fonctionnement de l’option, mais elle ne doit pas être intégrée à une économie italienne comme si la France avait renoncé. Un retraité ayant cinq caisses peut avoir besoin de cinq qualifications.
Le même raisonnement vaut pour les loyers d’un appartement français, les dividendes, intérêts et plus-values. L’immeuble reste rattaché à la France comme État de situation ; la convention et l’option déterminent ensuite la coordination. L’IFI français peut aussi subsister sur les actifs immobiliers français.
RW, IVIE et IVAFE : dispense confirmée, transmission ordinaire
Une option 24-ter valable dispense son bénéficiaire du monitoring du cadre RW et de l’IVIE et de l’IVAFE pendant sa validité, dans le champ prévu par la loi. Cette dispense ne neutralise pas les impôts sur les revenus italiens, les obligations d’autres États ni la nécessité de conserver les valeurs et historiques des actifs.
Aucun avantage successoral analogue à celui du 24-bis n’a été identifié pour le régime des retraités. La succession d’un bénéficiaire du 7 % revient donc aux règles civiles, fiscales et conventionnelles ordinaires. Il serait erroné d’étendre au 24-ter la limitation italienne aux seuls biens italiens réservée au 24-bis.
Santé : le S1 se décide avec les caisses, pas avec le fisc
Un pensionné vivant en Italie peut relever de l’État qui paie sa pension pour sa couverture santé et recevoir un formulaire S1 à enregistrer en Italie. Mais si une pension italienne lui ouvre un droit local, l’Italie peut devenir l’État compétent même s’il perçoit aussi une pension française. La combinaison des pensions doit être transmise aux institutions ; le choix du régime fiscal à 7 % ne désigne pas l’organisme maladie.
La carte européenne d’assurance maladie couvre les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire. Elle ne remplace pas le S1 pour une résidence habituelle. Avant le déménagement, le foyer doit obtenir une décision sur l’État compétent, les droits du conjoint et l’inscription italienne.
Cas retraité
Marc choisit une commune des Pouilles et perçoit quatre pensions françaises
La commune compte 27 000 habitants en 2026 et appartient à une région visée : le test territorial paraît rempli. Marc doit encore prouver cinq périodes de non-résidence italienne et sa qualité de pensionné étranger. Son relevé comprend une pension privée, une prestation de sécurité sociale et une pension publique. Le conseil les classe séparément avant de calculer le forfait. La France conserve un droit sur certaines lignes ; la caisse compétente détermine ensuite le S1. Le taux de 7 % n’est appliqué qu’après ces deux cartographies.
Mémo express
Le dossier du retraité avant toute promesse d’achat
- décision et attestation de chaque caisse de retraite ;
- distinction emploi privé, sécurité sociale et fonction publique ;
- certificats des cinq périodes de non-résidence italienne ;
- preuve officielle de la commune, de la région et de la population applicable ;
- inventaire des revenus étrangers et pays éventuellement exclus ;
- notification de l’option et preuve de paiement annuel ;
- S1, droits du conjoint et couverture des séjours temporaires.
Sources officielles. Le droit 2026 figure à l’article 24-ter du TUIR consolidé. Le seuil de 30 000 habitants résulte de la loi n° 34/2026. Les pensions sont ensuite classées par les articles 18 et 19 de la convention fiscale France–Italie.
Indépendant en Italie : comprendre le forfettario avant de retenir le taux de 15 %
Un consultant s’installe à Milan et entend qu’il « ne paiera que 15 % ». Ce chiffre confond revenu forfaitaire, impôt substitutif et cotisations ; il oublie exclusions, TVA, formalités et seuils.
Le regime forfettario est un régime de personne physique. Ce n’est ni une société réduisant l’impôt ni un taux global. Métier, code ATECO, clients, coûts et affiliation sociale déterminent son intérêt : deux consultants encaissant 70 000 € peuvent obtenir des résultats très différents.
Les seuils disent chacun quelque chose de différent
| Repère 2026 | Ce qu’il signifie | Ce qu’il ne signifie pas |
|---|---|---|
| 85 000 € | Plafond normal de recettes ou honoraires de l’année précédente pour accéder au régime ou y rester, avec proratisation lorsque nécessaire. | Ce n’est pas une franchise permettant d’encaisser 100 000 € chaque année. |
| 100 000 € | Dépassement entraînant une sortie immédiate pendant l’année, avec conséquences de TVA à partir de l’opération qui franchit le seuil. | Ce n’est pas le plafond normal du régime. |
| 20 000 € | Plafond de certaines dépenses brutes de salariés et collaborateurs apprécié selon les règles légales. | Ce n’est pas un abattement supplémentaire. |
| 35 000 € | Seuil temporaire applicable en 2025 et 2026 à certains revenus salariés ou assimilés de l’année précédente pour l’exclusion du régime. | Il ne couvre pas toutes les exclusions liées à l’emploi. |
| 15 % | Taux ordinaire de l’impôt substitutif appliqué au revenu forfaitaire. | Ce n’est ni 15 % du chiffre d’affaires dans tous les cas, ni un taux cotisations comprises. |
| 5 % | Taux de démarrage pour la première période et les quatre suivantes si toutes les conditions sont remplies. | Il n’est pas accordé du seul fait de devenir résident d’Italie. |
Le revenu imposable vient du code ATECO
Le régime applique aux recettes encaissées le coefficient de rentabilité du code ATECO, puis déduit les cotisations obligatoires admises avant l’impôt substitutif. Il ne déduit pas chaque frais réel. Le code doit donc décrire l’activité effectivement exercée.
La lecture minimale d’une année au forfettario
Recettes effectivement encaissées × coefficient de rentabilité du code ATECO − cotisations obligatoires déductibles selon les règles applicables = base de l’impôt substitutif × 15 % ou 5 % si les conditions de démarrage sont réunies = impôt substitutif
À cet impôt s’ajoutent les cotisations sociales et les coûts professionnels non déduits individuellement. La trésorerie disponible ne se calcule donc jamais par « chiffre d’affaires × 85 % ».
Le taux de 5 % récompense un vrai démarrage, pas un déménagement
Le taux réduit suppose notamment que le contribuable n’ait pas exercé d’activité d’entreprise, artistique ou professionnelle au cours des trois années précédentes et que l’activité ne soit pas la simple continuation d’une activité antérieure — hors pratique obligatoire. Une reprise doit aussi satisfaire son test de recettes. Continuer avec les mêmes clients et moyens sous une adresse italienne ne suffit pas.
L’exclusion visant l’employeur est tout aussi concrète. Une activité principalement exercée pour l’employeur actuel ou pour un ancien employeur des deux années précédentes peut empêcher l’accès au régime, sous réserve des exceptions légales. Le dossier doit donc identifier le chiffre d’affaires par client, les liens de groupe, le contrat de travail antérieur et la nature des missions. Remplacer le mot « salaire » par « facture » ne transforme pas les faits.
Forfettario et régime des impatriés : pas de cumul sur le même revenu
Le régime des impatriés réduit, sous conditions, la part imposable de certains revenus salariés, assimilés et professionnels produits en Italie. Le revenu soumis au forfettario ne rejoint toutefois pas le revenu global auquel cet allégement s’applique. Le bon travail consiste à comparer les régimes, année par année, avec les coûts et cotisations. Il ne consiste pas à empiler le coefficient forfaitaire, le taux de 5 % et l’allégement impatriés.
Les cotisations changent avec le métier et le rôle
Pour 2026, l’INPS publie notamment un taux global de 26,07 % pour le professionnel relevant de la Gestione Separata sans autre couverture obligatoire, et de 24 % lorsqu’il est déjà couvert par une autre assurance obligatoire ou pensionné. Les artisans relèvent d’un taux de 24 % et les commerçants de 24,48 %, avec assiette minimale, tranches et règles propres. Une profession ordinale peut dépendre de sa caisse au lieu de la Gestione Separata.
Ouvrir la partita IVA n’est que la première étape
Selon l’activité, le démarrage mobilise partita IVA, Registro delle Imprese, Comunicazione Unica, INPS, INAIL et parfois SCIA auprès du SUAP. Une profession réglementée ajoute reconnaissance du titre, ordre, caisse et assurance professionnelle.
La facturation électronique concerne en principe les forfaitaires. Pour une prestation transfrontalière, lieu de la prestation, TVA, client et transmission via le système italien doivent être qualifiés : écrire « hors taxes » ne suffit pas.
Cas d’indépendante
Lucie encaisse 82 000 €, puis signe une mission qui la fait dépasser 100 000 €
Le revenu fiscal de Lucie résulte des encaissements, du coefficient ATECO et des cotisations admises. Entre 85 000 € et 100 000 €, elle achève normalement l’année au forfait et en sort la suivante. Si un encaissement porte le total au-delà de 100 000 €, la sortie est immédiate et la TVA se traite dès l’opération de franchissement. Elle chiffre ces scénarios avant d’accepter la mission.
Mémo express
Le dossier à préparer avant la première facture
- description précise de l’activité, code ATECO envisagé et autorisations professionnelles ;
- chiffre d’affaires prévisionnel par client, liens avec un ancien employeur et contrats ;
- revenus salariés ou assimilés de l’année précédente ;
- dépenses réelles, recrutement prévu et besoins d’investissement ;
- historique des trois années précédentes et éventuelle reprise d’activité ;
- régime INPS ou caisse, couverture maladie, arrêt de travail, invalidité et responsabilité ;
- prestations françaises, européennes et hors UE à qualifier pour la TVA.
Les textes de départ sont la loi n° 190/2014 consolidée, la loi de finances 2026 pour l’extension du seuil salarié de 35 000 €, le quadro LM de l’Agenzia delle Entrate, les circulaires INPS 2026 sur la Gestione Separata et les artisans et commerçants. Pour les formalités, la Comunicazione Unica et le portail Impresa in un giorno donnent le cadre administratif. L’activité réelle reste la donnée décisive.
Société française, SRL et holding : décider en Italie sans déplacer le risque à son insu
Le dirigeant déménage plus vite que sa société, mais son centre réel de décision peut le suivre. Réunions, contrats, paiements et équipe pilotés d’Italie racontent parfois une autre histoire que le Kbis.
Résidence de la société, établissement stable, statut social et TVA s’analysent séparément. Une filiale peut organiser l’avenir ; elle ne répare pas rétroactivement des mois de direction sans cadre.
La résidence d’une société se prouve par les décisions
Au 24 juillet 2026, l’article 73 du TUIR de 1986 demeure applicable. Une entité est notamment résidente d’Italie lorsqu’elle y possède, pendant la majorité de la période d’imposition, son siège statutaire, son siège de direction effective ou le lieu de sa gestion ordinaire principale. La direction effective vise la prise continue et coordonnée des décisions stratégiques ; la gestion ordinaire regarde les actes continus et coordonnés de gestion courante.
La convention France–Italie départage encore une société considérée comme résidente des deux États par son siège de direction effective. L’Italie a signé l’instrument multilatéral de l’OCDE, mais ne l’avait pas ratifié au 24 juillet 2026. Il serait donc incorrect d’utiliser une version prétendument modifiée par le MLI pour remplacer cette règle.
| Indice observé | Question à poser | Preuve utile |
|---|---|---|
| Conseil ou comité de direction | Où les choix sont-ils réellement préparés, débattus et arrêtés ? | Ordres du jour, pièces transmises, procès-verbaux et agendas. |
| Pouvoir de signature | Qui négocie et engage l’entreprise vis-à-vis des clients et banques ? | Délégations, contrats, journaux de signature et pouvoirs bancaires. |
| Gestion quotidienne | Où sont pilotés équipes, prix, trésorerie et fournisseurs ? | Organigramme fonctionnel, procédures et correspondances. |
| Moyens humains et matériels | Le siège déclaré dispose-t-il de personnes compétentes et de moyens réels ? | Bail, salariés, factures et description des fonctions. |
| Dirigeant résident d’Italie | Son rôle est-il limité ou concentre-t-il stratégie et exécution ? | Mandat, temps passé, décisions et répartition des responsabilités. |
Établissement stable : le domicile n’est ni coupable ni innocent par nature
La convention retient notamment l’installation fixe d’affaires, le chantier dépassant douze mois et la personne qui exerce habituellement le pouvoir de conclure des contrats. L’agent indépendant agissant dans le cadre ordinaire de son activité suit une exception. Le droit interne italien est plus large sur certains points, avec notamment un seuil de chantier de trois mois et une notion de présence économique significative et continue. Pour une entreprise résidente de France éligible à la convention, le texte conventionnel peut limiter le droit italien ; encore faut-il établir les faits et la résidence.
Un ordinateur ne crée pas automatiquement un établissement stable. Mais un domicile durablement à disposition de l’entreprise, utilisé pour l’activité essentielle, les contrats et les décisions, devient un risque sérieux. Les faits comptent davantage que le mot « bureau ».
Quatre analyses, quatre conclusions possibles
Résidence de la société, établissement stable, sécurité sociale du dirigeant et TVA répondent à des tests distincts. Une seule adresse ne tranche jamais ces quatre analyses.
SRL, succursale ou maintien de la société française
| Organisation | Ce qu’elle peut résoudre | Ce qu’elle oblige à traiter |
|---|---|---|
| Société française sans présence formalisée | Continuité juridique et commerciale lorsque l’activité reste réellement française. | Direction effective, établissement stable, paie, sécurité sociale, TVA et contrats italiens. |
| Succursale italienne | Reconnaissance d’une présence locale sans nouvelle personnalité morale. | Attribution des bénéfices, comptabilité, IRES, IRAP, TVA et obligations d’employeur. |
| Filiale ou SRL italienne | Structure locale pour contrats, équipe, financement et gouvernance. | Capitalisation, administration, prix de transfert, remontées de flux et coût de deux structures. |
| Activité individuelle du dirigeant | Peut convenir à une prestation personnelle distincte et réelle. | Conflits de fonctions, propriété intellectuelle, facturation intragroupe et risque de fausse indépendance. |
Un capital nominal très faible ne dit rien du financement nécessaire. L’IRES ordinaire est de 24 %, mais l’IRAP dépend de sa base, de l’activité et de la région. Administration, dirigeant et protection sociale doivent rester dans la comparaison.
Holding italienne : la PEX n’est pas une exonération de façade
L’article 87 peut exonérer 95 % d’une plus-value si toutes les conditions PEX sont réunies : durée de détention, classement en immobilisation financière dès le premier bilan, localisation hors régime privilégié sauf preuve admise et activité commerciale. Les sociétés à prépondérance immobilière suivent des règles particulières.
Une correction 2026 est essentielle. La loi de finances avait ajouté une détention directe d’au moins 5 % ou une valeur fiscale d’au moins 500 000 €. L’article 11 du décret-loi n° 38/2026, converti par la loi n° 88/2026, a supprimé ces seuils avec effet au 1er janvier 2026 et rétabli le régime antérieur sans interruption. Ils ne doivent donc pas figurer comme conditions de la PEX au 24 juillet 2026.
L’article 89 exclut généralement 95 % d’un dividende de la base IRES d’une société bénéficiaire. Le raccourci « 1,2 % » masque cependant retenue à la source, bénéficiaire effectif, hybrides, CFC, substance et anti-abus : 24 % × 5 % n’est qu’une conséquence arithmétique dans un cas admissible.
Pourquoi le raccourci de 1,2 % reste conditionnel
Dividende qualifié reçu par une société italienne × fraction incluse dans la base IRES (généralement 5 %) × taux IRES ordinaire de 24 % = charge IRES arithmétique de 1,2 % du dividende
Cette formule n’efface ni la retenue du pays de source, ni les exceptions, ni l’IRAP éventuelle, ni les règles CFC, hybrides, anti-abus et de bénéficiaire effectif.
Remonter un dividende de France
La convention plafonne en principe la retenue à 5 % lorsque le bénéficiaire effectif est une société soumise à l’impôt qui a détenu, directement ou indirectement, au moins 10 % du capital pendant les douze mois précédant la décision de distribution ; le plafond est de 15 % dans les autres cas. La directive mère-fille peut conduire à une exonération si ses propres conditions sont réunies. Ni la convention ni la directive ne valident une société-écran créée uniquement pour capter un avantage.
Une holding utile exerce une fonction explicable : gouvernance, financement, réinvestissement ou transmission. Décisions, compétences, banque, contrats et dépenses doivent y correspondre. La substance n’est pas un nombre de réunions ajouté après la cession.
Cas de dirigeant
Antoine conserve sa SAS française et prépare une holding italienne avant une cession
Antoine signe les contrats et valide la trésorerie de sa SAS depuis Bologne. Avant la holding, il traite donc résidence et établissement stable : la nouvelle structure n’effacera pas le passé. Pour la cession, il rapproche exit tax, participation substantielle et PEX. Les seuils de 5 % ou 500 000 € sortent de la grille 2026 ; classement comptable, durée, activité et substance restent à prouver.
Mémo express
Le dossier société que les deux pays doivent lire de la même façon
- organigramme juridique, fonctionnel et pourcentages de participation ;
- chronologie des lieux de décision, signatures et pouvoirs bancaires ;
- contrats clients, bureaux, salariés et prestataires dans chaque État ;
- procès-verbaux accompagnés des documents prouvant le travail réel des organes ;
- liasses, classement comptable des titres et historique de détention ;
- flux intragroupe, conventions, prix de transfert et retenues ;
- valorisation, exit tax française et calendrier d’une éventuelle cession.
Les références principales sont l’article 73 du TUIR, la convention France–Italie, le TUIR consolidé, articles 87 et 89, et le décret-loi n° 38/2026 coordonné qui supprime les seuils de participation. Le nouveau texte unique publié en juillet 2026 ne s’applique matériellement qu’à compter du 1er janvier 2027 : l’article 377 le dit expressément.
Compte-titres, fonds, quadro RW et crypto : reconstruire les données avant de calculer l’impôt
Le portefeuille étranger pose d’abord un problème de données. Le courtier français peut ignorer prix de revient italien, qualification locale des fonds, retenues et quadro RW ; son historique disparaît parfois à la clôture.
La méthode consiste à conserver chaque lot : date, quantité, prix, frais, change, opération sur titres, distribution et impôt retenu. L’arrivée en Italie ne crée pas, selon les sources identifiées, une réévaluation générale à la valeur de marché. Remplacer le prix historique par la valeur du jour d’installation sans fondement écrit peut donc majorer artificiellement ou minorer indûment le gain futur.
Le compte peut rester en France ; le calcul, lui, devient italien
| Actif ou flux | Question italienne | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Compte-titres étranger | Qui calcule la base, les gains, le RW et l’IVAFE ? | Croire que l’IFU français vaut déclaration italienne. |
| Dividende | Quel est le revenu brut, la retenue de source et le crédit admis ? | Déclarer seulement le net versé. |
| Obligation | Le titre bénéficie-t-il réellement d’un taux spécifique ? | Appliquer 12,5 % à toute obligation. |
| Fonds ou ETF | Est-il qualifié OICR/UCITS et par quel canal est-il détenu ? | Appliquer 26 % à tous les fonds étrangers. |
| Moins-value française | Entre-t-elle dans la catégorie et le suivi italiens ? | Transférer automatiquement le report français. |
| Gestion par intermédiaire italien | Quels actifs et prix de revient sont réellement pris en charge ? | Confondre simplification déclarative et économie fiscale. |
Le taux de 26 % est fréquent, pas universel. Titres publics éligibles, fonds étrangers et revenus relevant de l’IRPEF suivent d’autres lectures selon qualification, domicile et intermédiaire. Classez le support avant de construire l’allocation sur un taux.
Quadro RW : déclarer l’existence et calculer les taxes patrimoniales
Le quadro RW vise les résidents détenant des investissements à l’étranger, des actifs financiers étrangers et des cryptoactifs. Il sert au suivi fiscal et, lorsqu’elles sont dues, au calcul de l’IVAFE et de l’IVIE. Compte courant, dépôt-titres, fonds, participation, PEA, police étrangère, certaines retraites complémentaires, immeuble et wallet doivent entrer dans l’inventaire avant d’examiner les exceptions.
15 000 € et 5 000 € ne sont pas le même seuil
Le suivi RW d’un compte courant ou dépôt étranger bénéficie, sous conditions, d’une exemption lorsque sa valeur maximale agrégée ne dépasse pas 15 000 €. L’IVAFE fixe de 34,20 € se rattache à une valeur moyenne supérieure à 5 000 €, avec durée et quote-part. Un compte peut donc ne pas franchir le test de suivi à 15 000 € tout en appelant encore le calcul de l’IVAFE et le remplissage nécessaire à cette taxe.
Pour les produits financiers étrangers, l’IVAFE est généralement de 0,2 %, sous réserve de la base, de la durée, de la quote-part et des exceptions. Ce prélèvement annuel ne remplace pas l’impôt sur les revenus et gains. Le dossier doit ainsi distinguer valeur patrimoniale, revenu encaissé, gain réalisé et retenue étrangère.
Crypto 2026 : le taux de 33 % ne se lit pas sur le formulaire 2025
Pour les opérations réalisées à compter du 1er janvier 2026, la loi italienne porte à 33 % l’impôt substitutif sur les plus-values et autres revenus imposables de cryptoactifs et supprime l’ancien seuil de 2 000 €. Le quadro RT de la déclaration déposée en 2026 décrit encore des opérations réalisées jusqu’au 31 décembre 2025 au taux antérieur de 26 %. Une instruction de déclaration portant sur 2025 ne doit pas être utilisée pour dater le régime des opérations 2026.
Une catégorie limitée de jetons de monnaie électronique libellés en euros demeure à 26 % si elle satisfait aux définitions et conditions légales. Le mot « stablecoin » dans une application n’est pas une qualification réglementaire. Il faut identifier l’émetteur, la créance, la réserve, le droit au remboursement et les conditions de conversion. Les autres jetons, le staking, le lending, les airdrops et les protocoles décentralisés demandent chacun une analyse.
Un wallet froid reste dans le suivi patrimonial. À l’inverse, un transfert entre deux adresses du même contribuable n’est pas une vente par le seul effet du logiciel. Propriété, identifiants, frais et correspondance entre retrait et dépôt doivent le prouver.
Cas d’investisseur
Marc arrive avec un CTO français, trois ETF et cinq années de crypto
Le relevé de valeur à l’arrivée ne suffit pas. Marc télécharge lots, dividendes bruts, retenues et opérations, qualifie chaque ETF et réconcilie plateformes et wallets. La valeur d’arrivée reste une photographie, pas un prix de revient universel. Reconstituer l’historique coûte moins qu’un gain calculé sans preuve.
Mémo express
L’archive annuelle à ne pas laisser chez le courtier
- relevés d’ouverture et de clôture, valeur maximale et moyenne des comptes ;
- historique des lots, frais, taux de change et opérations sur titres ;
- revenus bruts, retenues, distributions de fonds et remboursements de capital ;
- documents juridiques et fiscaux des fonds non standards ;
- exports CSV des plateformes, adresses de wallets et identifiants de transactions ;
- méthode écrite de valorisation RW, durée et pourcentage de détention ;
- preuve de ce que l’intermédiaire italien prend effectivement en charge.
Le point de départ déclaratif est le quadro RW de l’Agenzia delle Entrate. L’article 19 du décret-loi n° 201/2011 encadre IVIE et IVAFE. Pour les revenus financiers, le quadro RM et le D.Lgs. n° 461/1997 fournissent le cadre à confronter au support. Le régime crypto 2026 ressort de la loi n° 199/2025 et de la documentation officielle du Sénat.
PEA, PER et assurance-vie : garder le contrat ne signifie pas garder son régime fiscal
Trois questions deviennent indépendantes : l’établissement conserve-t-il le client, la France maintient-elle son régime et comment l’Italie qualifie-t-elle produit, revenus, rachat et décès ? Une réponse positive à l’une ne préjuge pas des autres.
Le travail part du contrat et de son historique : PEA, PER, ancien PERP et police luxembourgeoise n’ont ni les mêmes données ni les mêmes risques.
| Produit | Ce que la France permet ou impose | Question italienne |
|---|---|---|
| PEA | Le départ hors ETNC ne clôture pas automatiquement le plan ; régime français spécifique du non-résident. | L’avantage français est-il reconnu, et quand les revenus ou gains sont-ils réalisés en Italie ? |
| PER français | Règles propres aux versements, compartiments, sorties en capital ou rente. | L’institution est-elle acceptée, le versement déductible, le produit déclarable au RW et la sortie qualifiée comment ? |
| Assurance-vie française | Prélèvement français sur les produits du rachat du non-résident, sous réserve de la convention. | Qualification du contrat, imposition, RW/IVAFE et décès. |
| Assurance-vie luxembourgeoise | Droit prudentiel luxembourgeois et distribution transfrontalière. | Fiscalité italienne, autorisation de l’assureur et de l’intermédiaire, risques et frais. |
PEA : la France le maintient, l’Italie ne promet rien
Le transfert du domicile hors de France n’entraîne plus la clôture automatique du PEA, sauf départ vers un État ou territoire non coopératif. Pendant la non-résidence, les produits et plus-values restent en principe exonérés en France dans les conditions du plan, avec une nuance importante pour certains dividendes de titres non cotés. Le gain net d’un retrait ou d’une clôture par un non-résident est hors impôt français sur le revenu et prélèvements sociaux selon la doctrine française.
L’Italie n’est pas tenue de reconnaître cette exonération française. Chaque arbitrage interne n’est pas pour autant nécessairement une cession imposable : qualification du compte, propriété des actifs, moment de réalisation, supports et documents commandent l’analyse.
Avant un retrait, demandez une position italienne sur le plan précis et fournissez ouverture, versements, valeur au départ, lots, dividendes et retraits. Ces pièces séparent capital et gain.
PER : la convention prévoit une porte, pas une déduction automatique
Le point 16 du protocole conventionnel prévoit que des cotisations versées à une institution de retraite agréée dans l’ancien État peuvent être traitées comme des cotisations locales si les autorités compétentes du nouvel État acceptent l’agrément de l’institution. La phrase est conditionnelle. Elle ne permet pas d’annoncer qu’un résident d’Italie déduira tous ses versements volontaires sur un PER français.
Institution, compartiment, origine des cotisations, déductions et sortie doivent être identifiés. Certaines retraites complémentaires étrangères entrent dans l’examen RW, hors produits légalement obligatoires. Capital et rente ne se qualifient pas par leur seul nom.
Le mot retraite ne choisit pas l’article de la convention
Pour une sortie, réunissez résidence lors des versements et du paiement, compartiment, capital ou rente, cotisations déduites, rendement et retenue française. La qualification conventionnelle et domestique vient ensuite. Écrire « imposable uniquement en Italie » avant cette lecture expose à une double déclaration mal coordonnée.
Assurance-vie française : deux fiscalités autour d’un même rachat
La DGFiP indique, pour un non-résident et aux taux en vigueur au 1er janvier 2026, un prélèvement forfaitaire libératoire sur les produits du rachat de 12,8 % lorsque le contrat a moins de huit ans et de 7,5 % au-delà. Une convention peut réduire ce prélèvement selon sa procédure. Le non-résident n’est pas soumis aux prélèvements sociaux français sur ces revenus de capitaux mobiliers.
Côté italien, aucun de ces pourcentages ne qualifie le contrat. Il faut déterminer la nature de la police, le moment d’imposition, le suivi RW, l’IVAFE éventuelle et le rôle d’un intermédiaire italien. Les instructions prévoient des situations particulières lorsque l’assureur étranger a opté pour les mécanismes italiens et qu’un intermédiaire résident gère les flux. L’existence de cette possibilité ne prouve pas que votre assureur l’a choisie.
Au décès, résidences, primes, convention successorale et droit civil de la clause s’ajoutent aux règles françaises. N’affirmez jamais que le contrat échappe aux droits italiens sans avis individualisé.
Luxembourg : le privilège protège un rang, pas une valeur de marché
L’article 118 de la loi luxembourgeoise sur le secteur des assurances prévoit que les actifs représentatifs des provisions techniques constituent un patrimoine distinct affecté par privilège au paiement des créances d’assurance. Ces actifs mobiliers sont déposés selon les règles du Commissariat aux Assurances. C’est une protection juridique sérieuse de séparation et de rang.
Ce privilège n’est ni une garantie étatique intégrale du capital, ni une protection contre la baisse des supports, ni une liquidité immédiate. L’exemple FWU rappelle qu’il n’empêche ni procédure, ni délai, ni incertitude sur le montant finalement disponible.
La police luxembourgeoise n’impose aucune enveloppe fiscale à l’Italie. Contrat, rachats, décès, RW et IVAFE restent à qualifier. Architecture, devises, supports et protection prudentielle s’apprécient après frais et risques, sans exonération supposée.
Cas patrimonial
Claire hésite entre conserver son assurance-vie française et souscrire au Luxembourg
Claire vérifie le maintien de son contrat français, chiffre rachat, retenue et traitement italien, puis documente RW et succession. Pour le Luxembourg, elle contrôle assureur, dépositaire, frais, liquidité, bénéficiaire et distribution en Italie. Le patrimoine distinct reste un privilège, pas une garantie de récupérer 100 % sans délai.
La distribution doit être autorisée dans l’État du client
Assureur et intermédiaire de l’EEE doivent suivre la procédure transfrontalière et être admis à exercer en Italie ; l’IVASS publie les listes utiles. Le produit doit aussi être distribuable au marché cible italien dans le respect des règles IDD, dont l’adéquation.
Un statut français de conseiller en investissements financiers ne bénéficie pas d’un passeport européen. Il ne suffit donc pas, à lui seul, pour formuler en Italie des recommandations personnalisées sur des instruments. De même, présenter une allocation ou transmettre un ordre ne devient pas une activité libre parce qu’elle se trouve dans un bilan patrimonial. Le professionnel doit préciser quelle entité conseille, laquelle distribue, comment elle est autorisée et comment elle est rémunérée.
Mémo express
Les pièces à obtenir avant tout arbitrage ou nouvelle souscription
- contrat, conditions générales, avenants et identité juridique de l’établissement ;
- historique des versements, retraits, valeurs, supports et frais ;
- date de résidence pour chaque opération significative ;
- confirmation de maintien du produit pour un résident d’Italie ;
- note italienne sur revenu, rachat, RW, IVAFE et décès ;
- pour une police luxembourgeoise, assureur, dépositaire, actifs représentatifs, liquidité et scénarios de défaillance ;
- preuve d’enregistrement ou de notification du distributeur et de l’assureur pour l’Italie.
Pour le PEA, consultez la doctrine BOFiP sur le départ de France. La déduction des cotisations retraite se lit au point 16 du protocole de la convention France–Italie. La DGFiP publie les taux 2026 de rachat du non-résident. Pour le Luxembourg, l’article 118 de la loi coordonnée au 3 avril 2026 doit être lu avec les informations du CAA sur FWU. Enfin, le registre IVASS permet de contrôler les intermédiaires admis en Italie.
Comparer les enveloppes avec leurs vraies frontières
Notre audit peut clarifier objectifs, contrats, bénéficiaires, liquidité, risques et questions fiscales à faire valider. La recommandation ou la distribution d’un produit n’intervient que par l’entité disposant des autorisations adaptées au résident d’Italie.
Acheter, louer et revendre en Italie : calculer le bien réel, pas le taux publicitaire
Logement, investissement ou activité touristique : chaque usage modifie le dossier. Au prix s’ajoutent droits, notaire, agence, financement, conformité, travaux, IMU, vacance, gestion et fiscalité de sortie.
À l’achat, le vendeur et la TVA changent la facture
| Situation | Impôt principal | Droits fixes |
|---|---|---|
| Particulier ou entreprise avec vente exonérée de TVA, sans prima casa | Droit d’enregistrement de 9 %, avec minimum de 1 000 €. | 50 € hypothécaire + 50 € cadastral. |
| Même vente avec prima casa | Droit d’enregistrement de 2 %, avec minimum de 1 000 €. | 50 € hypothécaire + 50 € cadastral. |
| Entreprise, vente soumise à TVA, sans prima casa | TVA de 10 %, ou 22 % pour les catégories A/1, A/8 et A/9. | 200 € d’enregistrement + 200 € hypothécaire + 200 € cadastral. |
| Entreprise, vente soumise à TVA, avec prima casa | TVA de 4 %. | 200 € d’enregistrement + 200 € hypothécaire + 200 € cadastral. |
Pour certaines ventes résidentielles non soumises à TVA à un particulier, le prezzo-valore demandé dans l’acte peut retenir la valeur cadastrale. Le prix réel reste déclaré et le notaire vérifie l’éligibilité.
Prima casa : un engagement, pas une réduction cochée en ligne
Les catégories A/1, A/8 et A/9 sont exclues. Lorsque l’acquéreur réside dans une autre commune, il doit en principe transférer sa résidence dans la commune du bien dans les dix-huit mois et faire inscrire l’engagement dans l’acte, sous réserve des autres situations admises. La date pertinente est celle de la déclaration de transfert présentée à la commune.
Lorsqu’un ancien logement a déjà bénéficié de l’avantage et qu’un nouveau logement est acquis sous le même régime, le délai pour céder l’ancien bien a été porté à deux ans dans le champ de la réforme. La date du nouvel acte et les dispositions transitoires doivent être confirmées par le notaire : les brochures plus anciennes mentionnent encore un an.
Prima casa : trois horloges qui ne se remplacent pas
- 18 mois pour transférer, lorsque la condition s’applique, la résidence dans la commune du nouveau bien ;
- 2 ans pour vendre l’ancien logement déjà acquis avec l’avantage après un nouvel achat favorisé, sous réserve de la date de l’acte et du régime transitoire ;
- une revente ou donation du bien favorisé dans les 5 ans suit une règle distincte de déchéance et de réacquisition, classiquement dans l’année pour l’hypothèse concernée.
Une fausse déclaration ou le non-respect du délai applicable peut entraîner rappel des droits, intérêts et sanction. L’Agenzia delle Entrate détaille le passage à deux ans. « Première maison » dans le langage courant et prima casa fiscal ne sont pas des synonymes.
Mémo express
Les contrôles qui précèdent le compromis
- identité et titre du vendeur ;
- données cadastrales, hypothèques et servitudes ;
- conformité urbanistique des surfaces, extensions et changements d’usage ;
- procès-verbaux de copropriété, travaux votés et impayés ;
- performance énergétique, structure, humidité et réseaux ;
- bail, occupation, droit de préemption et règles touristiques ;
- fiscalité prima casa, financement, origine des fonds et coût de revente.
IMU : le code postal compte autant que le prix
L’IMU est un impôt communal. L’habitation principale est en principe exonérée, sauf catégories A/1, A/8 et A/9, à condition d’établir la résidence anagrafica et l’habitation habituelle. Les dépendances, quotes-parts, logements vacants, prêts à un proche et biens loués appellent leurs propres règles.
Pour un investissement, reprenez la délibération de la commune et du millésime. Le rendement doit intégrer l’IMU réellement votée, même avant le premier loyer.
Location : 21 % ne résume pas le marché touristique
La cedolare secca peut appliquer 21 % à certaines locations et 10 % à certains baux à loyer convenu remplissant leurs conditions. Pour les locations brèves, le taux est de 21 % pour une unité choisie par le contribuable et de 26 % pour les autres. Au-delà de quatre appartements affectés à la location brève sur une période d’imposition, l’activité est présumée exercée sous forme entrepreneuriale.
Ces taux n’autorisent pas l’exploitation. CIN, commune, région, copropriété, sécurité et services peuvent faire basculer le dossier. Gestion, plateformes, nettoyage, vacance et conformité appartiennent au rendement.
Le rendement immobilier à comparer
Loyers réellement encaissables − vacance et impayés − gestion, plateforme et entretien − copropriété et assurances − IMU et fiscalité des loyers − coût du financement − provision travaux et mise aux normes = trésorerie annuelle avant fiscalité de sortie
Les droits d’achat et le coût de revente doivent ensuite être amortis sur la durée de détention envisagée.
La sortie dépend du délai, de l’usage et des travaux
Pour le patrimoine privé, le TUIR vise notamment la plus-value de cession d’un immeuble acheté ou construit depuis cinq ans au plus, avec des exceptions telles que certains biens reçus par succession et le logement ayant servi de résidence principale pendant la majeure partie de la détention. Les terrains à bâtir et des immeubles ayant bénéficié de certains travaux aidés suivent des règles particulières, dont un horizon pouvant atteindre dix ans pour le dispositif Superbonus. Une détention en société ou une activité professionnelle change encore la qualification.
Une holding ne rend pas la sortie éligible à la PEX : les sociétés à prépondérance immobilière suivent des règles spécifiques. Comparez achat, loyers, financement, transmission et vente, pas le seul IRES.
Cas immobilier
Sophie achète à Florence pour y vivre deux ans puis louer
Sophie vérifie catégorie, résidence et conformité avant de demander prima casa, puis budgète les droits selon la TVA. Avant la location touristique, elle requalifie IMU, taux, délibération communale, CIN, copropriété et nombre d’unités. Date d’achat, usage principal et travaux restent archivés pour la revente.
Le guide officiel de l’Agenzia delle Entrate détaille les droits d’achat, prima casa, le délai de dix-huit mois et le prezzo-valore. Les taux et règlements IMU se consultent dans la base officielle par commune. Pour les locations, l’Agenzia publie les règles dans la rubrique Fabbricati 2026 et sa FAQ sur plusieurs locations brèves.
Garder immobilier, SCI et participations en France : faire dialoguer convention, IVIE, IFI et exit tax
Le départ ne déplace ni immeuble, ni SCI, ni histoire fiscale des titres français. La France conserve certains droits ; l’Italie impose son système de résident. La convention coordonne l’imposition sans supprimer automatiquement la double déclaration.
Travaillez actif par actif : immeuble, SCI, société immobilière, action ou créance. Le mot « français » ne choisit ni l’article de convention, ni la taxe, ni le crédit.
| Actif ou événement | Lecture française | Lecture italienne à traiter |
|---|---|---|
| Loyer d’un immeuble français | Imposable en France, État de situation du bien. | Déclaration italienne, mécanisme conventionnel, RW et IVIE. |
| Vente d’un immeuble français | Plus-value française du non-résident, abattements et prélèvements applicables. | Déclaration et crédit selon les règles italiennes et la convention. |
| SCI française | Traitement selon IR ou IS, actif, revenu et opération. | Qualification italienne autonome : ne pas supposer la transparence. |
| Immobilier français net taxable | IFI possible au-delà de 1,3 M€. | RW et IVIE ; absence de crédit automatique pour toute taxe française. |
| Participation française importante | Exit tax au départ et droit français possible lors d’une cession substantielle. | Imposition italienne de résidence et coordination des deux couches. |
L’immeuble français reste imposable en France
Les articles 6 et 13 de la convention permettent à la France d’imposer les loyers et plus-values d’un immeuble situé en France. L’Italie conserve sa déclaration de résident et applique le mécanisme de l’article 24 selon son droit interne. Le revenu français ne se recopie pas mécaniquement : charges, amortissements, prélèvements, change et date peuvent être lus différemment.
Pour une vente par une personne physique non-résidente, la France applique en principe un prélèvement de 19 % sur la plus-value nette imposable. L’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après vingt-deux ans de détention et celle des prélèvements sociaux après trente ans. Une personne affiliée à un régime obligatoire d’un autre État de l’EEE ou de Suisse peut, sous conditions, être exonérée de CSG et de CRDS ; le prélèvement de solidarité reste à examiner. L’adresse italienne seule ne prouve pas l’affiliation.
Un résident de l’Union peut être dispensé de représentant fiscal ; le notaire vérifie la situation. Plus-value élevée et société à prépondérance immobilière demandent leurs propres contrôles.
IVIE : l’Italie suit l’immeuble détenu à l’étranger
L’immeuble français doit d’abord être examiné au quadro RW. Le taux ordinaire de l’IVIE est de 1,06 %, sous réserve de la base de valorisation, de la durée, de la quote-part et des crédits admis. L’habitation principale étrangère et ses dépendances sont toutefois en principe hors IVIE ; si le bien correspond aux catégories italiennes A/1, A/8 ou A/9, un taux de 0,4 % s’applique avec une déduction pouvant atteindre 200 € au prorata. La taxe foncière française n’ouvre pas automatiquement un crédit égal en Italie : il faut tester sa comparabilité au regard du texte italien. Valeur, usage, catégorie, dette et taxe étrangère répondent donc à des définitions distinctes.
Les quatre calculs d’un appartement français
1. Revenu et impôt français du non-résident 2. Revenu déclaré et crédit éventuellement admis en Italie 3. Valeur au quadro RW et IVIE italienne 4. Valeur nette taxable et dette admise pour l’IFI français
Une dépense déductible des loyers n’est pas nécessairement une dette IFI ; une taxe locale française n’est pas nécessairement un crédit IVIE.
L’IFI ne disparaît pas à la frontière
Un résident d’Italie reste susceptible d’être imposé à l’IFI sur ses biens et droits immobiliers français directs et indirects. Le seuil d’entrée est de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net taxable ; une fois ce seuil franchi, le barème commence à 800 000 €. Participations, contrats, dettes, biens professionnels et règles anti-abus demandent une valorisation française au 1er janvier.
Ne compensez pas spontanément IFI et IVIE. La convention et les crédits doivent le permettre. Via une société, déterminez aussi la fraction de valeur immobilière française entrant dans l’IFI.
SCI : la transparence française ne voyage pas en cabine
L’Italie qualifie la SCI selon ses caractéristiques, sans reprendre automatiquement sa transparence française. Statuts, droits des associés, gestion, actif, dette et flux doivent permettre de déterminer revenu, plus-value, RW, IVIE ou IVAFE avant toute cession, donation ou restructuration.
Exit tax française : le départ et la vente sont deux événements
Le chapitre 6 détaille déjà le champ de l’exit tax, le sursis et les formulaires de suivi. Ici, la vente ajoute une seconde analyse : identifier le droit d’imposer la cession réelle, puis rapprocher cet impôt de la créance née au départ de France. Le sursis n’est jamais assimilé à une annulation.
La convention ajoute une seconde couche lors de la vente réelle. Son protocole permet à l’État de la société d’imposer une participation substantielle lorsque le cédant, seul ou avec des personnes apparentées, dispose directement ou indirectement de droits donnant accès à au moins 25 % des bénéfices. Ce seuil conventionnel de 25 % n’est ni le seuil de 50 % de l’exit tax, ni le seuil de valeur de 800 000 €. Les deux analyses doivent rester visibles.
Cas franco-italien
Nicolas vit à Rome, loue un appartement à Lyon et détient 55 % d’une SAS
Nicolas coordonne le loyer français avec l’Italie et distingue valeurs IFI, RW et IVIE. Pour sa SAS, titres, valorisation, exit tax, participation substantielle et imposition italienne forment une seule chronologie, mais plusieurs calculs.
Mémo express
Le classeur annuel des actifs restés en France
- actes, prix de revient, travaux, loyers, charges et financement des immeubles ;
- valeur au 1er janvier, méthode de valorisation et dettes pour l’IFI ;
- valeur RW, jours et quote-part, base IVIE et impôts locaux français ;
- statuts, liasses, actifs et flux de chaque SCI ou société immobilière ;
- registre des titres, pourcentages, prix historiques et valorisations ;
- déclarations 2074-ETD/ETS, avis, garanties et événements de l’exit tax ;
- revenus bruts, retenues françaises, crédits italiens et preuves de paiement.
La répartition des droits d’imposer se lit dans la convention France–Italie. La DGFiP publie les règles de vente immobilière par un non-résident et les conditions des prélèvements sociaux. Le BOFiP IFI des non-résidents doit être rapproché du quadro RW italien. Enfin, la fiche DGFiP mise à jour le 10 mars 2026 décrit les seuils, sursis et suivis de l’exit tax.
Retraite et santé : l’Europe additionne les périodes, mais ne fusionne ni les caisses ni les couvertures
Une carrière France–Italie ne disparaît pas dans un angle mort. Les règlements européens coordonnent les périodes pour éviter qu’une mobilité fasse perdre des droits. Ils ne transforment pourtant pas plusieurs régimes en une pension européenne unique. Chaque État garde ses conditions, son âge, sa méthode de calcul et sa caisse de paiement.
La santé suit la même philosophie : un seul État est compétent à un moment donné, mais l’accès aux soins peut être organisé dans l’autre État au moyen de documents européens. Résidence fiscale, nationalité, pays qui verse la plus grosse pension et choix d’un régime fiscal italien ne suffisent pas, isolément, à désigner cet État compétent.
Totalisation ne signifie ni transfert ni double pension
| Principe européen | Ce qu’il protège | Ce qu’il ne fait pas |
|---|---|---|
| Totalisation | Les périodes accomplies dans les différents États sont prises en compte lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit. | Les cotisations françaises ne sont pas transférées sur un compte italien. |
| Calcul séparé | Chaque État compare le calcul national et le calcul européen proratisé selon les règles applicables. | Une année n’acquiert pas la même valeur dans toutes les caisses. |
| Paiement séparé | Chaque institution verse sa part lorsque ses conditions sont remplies. | La première pension liquidée ne déclenche pas toujours les autres. |
| Exportation | Une pension acquise peut généralement être versée dans l’autre État. | L’exportation ne décide pas du pays d’imposition ni de santé. |
Dans la pratique, l’institution du pays de résidence reçoit la demande et coordonne les autres régimes. Si la personne n’a jamais travaillé dans son pays de résidence, l’institution du dernier pays d’activité transmet le dossier. Une demande tardive peut retarder plusieurs paiements ; il est prudent de lancer la liquidation environ six mois avant la première date souhaitée.
Des âges différents imposent un choix économique. Liquider une pension française ne rend pas nécessairement exigible une pension italienne. Un départ anticipé, une décote, une majoration ou un trimestre manquant doivent être examinés dans chaque régime. Le relevé de carrière européen sert à repérer les trous ; il ne remplace pas les décisions individuelles des caisses.
Ici, on liquide les droits ; la fiscalité a déjà été classée
Le chapitre 12 classe déjà les pensions au regard de la convention et du régime italien à 7 %. Le sujet est différent ici : retrouver les périodes, choisir les dates de liquidation et déterminer l’affiliation santé, caisse par caisse. Les attestations fiscales restent néanmoins à rapprocher des décisions de liquidation, car deux pensions versées sur le même compte peuvent relever de règles conventionnelles différentes.
Santé : cinq situations, cinq circuits
| Situation | État compétent de principe | Document ou démarche |
|---|---|---|
| Salarié travaillant normalement en Italie | Italie, sauf détachement ou pluriactivité conduisant à une autre législation. | Affiliation italienne et inscription des ayants droit. |
| Salarié détaché de France et résidant en Italie | France si le maintien est valable et attesté. | A1 pour la législation ; S1 à enregistrer pour les soins dans l’État de résidence. |
| Frontalier travaillant en Italie et résidant en France | Italie pour l’affiliation, avec accès aux soins dans l’État de résidence. | S1 et retour quotidien ou au moins hebdomadaire au sens social. |
| Pensionné ne percevant qu’une pension française pertinente | France susceptible de rester compétente. | S1 délivré par l’institution française puis enregistré en Italie. |
| Pensionné percevant aussi une pension italienne ouvrant des droits | Italie susceptible de devenir compétente comme État de résidence. | Détermination officielle après communication de toutes les pensions. |
Le S1 permet à une personne assurée dans un État de s’inscrire pour les soins dans son État de résidence. Il n’est pas une assurance privée et ne déplace pas l’affiliation. Les droits du conjoint et des enfants doivent être intégrés au dossier : leur couverture ne suit pas toujours automatiquement l’adresse du titulaire.
La carte européenne d’assurance maladie couvre les soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire, dans les conditions du pays visité. Elle ne remplace pas le S1 pour une installation durable. Des soins programmés peuvent exiger une autorisation S2. L’ancien travailleur frontalier retraité peut, dans des cas étroits, utiliser un S3 pour poursuivre certains soins dans l’ancien État d’activité : aucun de ces documents n’est interchangeable.
La résidence fiscale n’ouvre pas à elle seule les soins
Une personne peut être résidente fiscale d’Italie, imposée en France sur une pension de sécurité sociale et couverte par une institution française au moyen d’un S1. Une autre, également résidente fiscale d’Italie, relève de la santé italienne parce qu’elle y travaille ou y perçoit une pension ouvrant des droits. Le dossier doit donc séparer fiscalité, pension et assurance maladie.
Cas retraite et santé
Jean et Sofia vivent à Bologne avec des carrières dans les deux pays
Jean a cotisé vingt-six ans en France et huit ans en Italie. Sofia perçoit déjà une pension italienne et attend l’âge français. Chaque État calculera sa part ; les dates de départ peuvent différer. Pour la santé, la pension italienne de Sofia peut rendre l’Italie compétente pour elle, tandis que le dossier de Jean dépend de ses pensions et de son éventuelle activité. Le couple demande une décision aux caisses au lieu de supposer qu’un seul S1 couvrira automatiquement tout le foyer.
Mémo express
Le dossier retraite et santé à ouvrir six mois avant
- relevés de carrière français, italiens et des autres pays concernés ;
- décisions et nature juridique de chaque pension ;
- dates de départ possibles et simulations par caisse ;
- nationalité ou doubles nationalités du bénéficiaire ;
- attestations d’affiliation, A1, S1, CEAM et décisions antérieures ;
- situation du conjoint et des enfants à charge ;
- retenues fiscales, certificats de résidence et coordonnées des institutions.
Sources officielles. Le portail Your Europe décrit la coordination des pensions et la couverture maladie lorsque l’on vit à l’étranger. Les articles 18 et 19 de la convention fiscale France–Italie déterminent ensuite l’imposition.
Famille et succession : déterminer d’abord la propriété, ensuite les héritiers, enfin l’impôt
Une succession France–Italie ne commence pas par un taux. Elle commence par une question plus simple et souvent plus difficile : à qui appartenait chaque bien avant le décès ? Le régime matrimonial répond à cette première question. La loi successorale désigne ensuite les héritiers, leurs droits et la réserve. Les droits internes et la convention fiscale déterminent enfin où chaque actif peut être taxé.
Mélanger ces trois niveaux produit des erreurs coûteuses. Choisir la loi française dans un testament ne choisit pas le fisc français. Posséder un appartement italien ne rend pas toute la succession italienne. Être pacsé en France ne garantit pas que l’Italie reconnaîtra le statut et tous ses effets comme s’il s’agissait d’une institution italienne identique.
Régime matrimonial : la date du 29 janvier 2019 change la méthode
| Situation | Règle à examiner | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Mariage ou choix de loi à compter du 29 janvier 2019 | Règlement (UE) 2016/1103 dans les situations entrant dans son champ. | Vérifier le choix exprès ou la cascade de rattachement. |
| Mariage antérieur sans choix postérieur | Anciennes règles de conflit de l’autorité saisie, éventuellement Convention de La Haye de 1978 devant une autorité française. | Ne pas appliquer automatiquement le règlement de 2016. |
| Choix de loi | Loi de la résidence habituelle ou de la nationalité de l’un des époux au moment du choix. | Acte écrit, daté et signé, avec les formes supplémentaires requises. |
| Absence de choix sous le règlement | Première résidence habituelle commune après le mariage, puis nationalité commune au mariage, puis liens les plus étroits. | La résidence actuelle et le lieu du bien ne sont pas les premiers tests. |
| Changement de loi | Effet en principe pour l’avenir, sauf choix valable de rétroactivité. | Aucun préjudice aux tiers ; revoir créanciers, biens et fiscalité. |
Lorsque le règlement désigne une loi, celle-ci gouverne en principe l’ensemble du régime matrimonial, quel que soit le pays des biens. Les registres fonciers, la nature des droits réels et la protection des tiers conservent néanmoins leurs propres règles. Au décès, la liquidation matrimoniale précède toujours la succession : seule la part appartenant réellement au défunt entre dans la masse à partager.
PACS et unione civile : circulation du document, reconnaissance du statut
Le règlement (UE) 2016/1104 organise les effets patrimoniaux des partenariats enregistrés dans les situations qui entrent dans son champ. Il exclut l’existence, la validité et la reconnaissance du partenariat, ainsi que la fiscalité, la sécurité sociale et la succession. Il ne transforme donc pas automatiquement un PACS français en unione civile italienne avec des effets identiques.
Le règlement européen sur les documents publics peut dispenser certains actes d’apostille et faciliter la traduction. Il ne décide pas des effets que l’Italie donnera au PACS. Avant un achat, un testament ou une protection du partenaire, il faut traiter séparément reconnaissance, propriété, vocation successorale et droits fiscaux. Un partenaire non marié ne doit jamais être présenté comme héritier protégé sans vérification et, si nécessaire, testament.
Le contrat de couple ne remplace pas le testament
Régime matrimonial ou partenariat détermine la propriété entre les membres du couple ; il ne crée pas toujours une vocation successorale suffisante. À l’inverse, un testament organise la succession dans les limites de la loi applicable, mais ne modifie pas rétroactivement la propriété des biens du couple.
Succession civile : résidence habituelle ou loi nationale choisie
Pour les décès intervenus depuis le 17 août 2015, le règlement (UE) n° 650/2012 désigne en principe la loi de la résidence habituelle du défunt au jour du décès pour l’ensemble de la succession. La résidence habituelle est factuelle : durée et régularité de présence, famille, logement, activité et raisons de la mobilité comptent. Elle ne se confond pas nécessairement avec l’anagrafe ou la résidence fiscale.
Une personne peut choisir la loi de l’État dont elle possède la nationalité au moment du choix ou au décès. Un Français résidant en Italie peut ainsi choisir la loi française par une disposition à cause de mort correctement rédigée. Un binational peut choisir l’une de ses lois nationales. Cette professio juris permet de rendre la succession plus prévisible ; elle ne permet pas de choisir n’importe quelle loi ni de contourner l’impôt.
Le règlement exclut la fiscalité. Il laisse aussi hors de son champ, dans les limites prévues, certains droits transmis autrement que par succession, les trusts, clauses de sociétés, régimes de retraite, assurances et règles de registre. Le certificat successoral européen facilite la preuve de la qualité et des pouvoirs d’un héritier ou exécuteur ; il n’est ni un quitus fiscal ni une dispense de publicité immobilière.
Une exception étroite permet d’écarter la loi de la résidence habituelle lorsque, au vu de toutes les circonstances, le défunt présentait manifestement des liens plus étroits avec un autre État. Ce correctif factuel n’est pas un choix de loi implicite. Par ailleurs, une donation antérieure peut réapparaître dans le rapport ou la réduction civile afin de calculer les droits des héritiers, même si son traitement fiscal a déjà été réglé.
Convention fiscale : localiser chaque actif avant le crédit
| Actif transmis | Droit d’imposer conventionnel | Piège à éviter |
|---|---|---|
| Immeuble | État de situation de l’immeuble. | Oublier les droits immobiliers ou la fiscalité foncière locale. |
| Parts d’une entité à prépondérance immobilière française | La France peut les traiter comme immobilières dans les conditions de l’article 5. | Raisonner comme pour une action ordinaire sans analyser l’actif. |
| Biens mobiliers d’un établissement stable ou d’une base fixe | État de situation de l’établissement ou de la base. | Localiser seulement d’après le compte ou le coffre. |
| Valeurs mobilières et créances | État de situation déterminé notamment par l’émetteur, le débiteur ou la garantie, selon l’article 8. | Passer directement à la règle résiduelle. |
| Autres biens | État du domicile conventionnel, après exclusion des catégories précédentes. | Utiliser l’article 9 avant d’avoir qualifié tous les actifs. |
Le domicile conventionnel du défunt ou donateur suit une cascade : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité puis accord amiable. Le protocole contient, uniquement pour le décès, une règle particulière liée à la seule nationalité d’un État, à l’intention manifeste d’y conserver le domicile et à une installation dans l’autre État inférieure à cinq années au total pendant les sept années précédentes. Cette exception ne doit pas être étendue aux donations.
L’État du domicile accorde un crédit pour l’impôt payé dans l’autre État sur les biens que la convention permet à cet autre État d’imposer, dans la limite de sa propre fraction d’impôt. Les dettes sont affectées selon les actifs auxquels elles se rattachent. Preuves de paiement, valeur et affectation doivent donc être conservées avant de demander le crédit.
Procédure amiable successorale : trois ans
Une imposition contraire à la convention sur les successions et donations doit être portée devant l’autorité compétente dans les trois ans suivant la première notification. Ce délai diffère du délai exceptionnel de six mois de la convention sur le revenu et la fortune. N’attendez pas la fin de tous les recours nationaux pour organiser la stratégie procédurale.
Droits internes : les deux pays peuvent d’abord revendiquer
Le droit français peut viser le patrimoine mondial lorsque le défunt ou donateur est domicilié en France, les biens français lorsqu’il ne l’est pas et, sous conditions, les biens reçus par un bénéficiaire domicilié en France au jour de la transmission et pendant au moins six des dix années précédentes. La convention limite ensuite ces droits selon la catégorie du bien.
L’Italie vise en principe le patrimoine mondial d’un défunt ou donateur résident et les biens italiens d’un non-résident. Les taux ordinaires sont notamment de 4 % au-delà de 1 million d’euros par bénéficiaire pour le conjoint et la ligne directe, 6 % au-delà de 100 000 € pour les frères et sœurs, 6 % sans franchise générale pour certaines autres parentés et 8 % pour les autres bénéficiaires. Une franchise spécifique de 1,5 million d’euros existe pour certains bénéficiaires ayant un handicap grave reconnu.
Ces chiffres ne constituent pas le coût complet. Valorisation, dettes, impôts hypothécaires et cadastraux, trusts, transmission d’entreprise et engagements de conservation modifient le résultat. Depuis la réforme applicable aux successions ouvertes à compter du 1er janvier 2025, l’impôt italien est autoliquidé sur la déclaration puis contrôlé. Le formulaire et les délais du millésime du décès doivent être vérifiés.
Entreprise et trust : deux régimes conditionnels, pas deux raccourcis
Certaines transmissions italiennes d’entreprise ou de participations peuvent être exonérées lorsque les bénéficiaires poursuivent l’activité, conservent le contrôle ou détiennent les titres pendant cinq ans selon l’hypothèse, et souscrivent l’engagement requis. Forme sociale, pourcentage de contrôle, qualité des bénéficiaires et sociétés étrangères doivent être testés séparément. La rupture de l’engagement peut entraîner reprise de l’impôt, intérêts et sanction.
Pour les trusts, la réforme italienne de 2024 applicable depuis 2025 a précisé le fait générateur et permet, dans certains cas, une option de paiement lors de l’apport au trust ou de l’ouverture de la succession. Territorialité, résidence du constituant, nature des droits et bénéficiaires gardent une importance décisive. Un résultat France–Italie ne peut donc être déduit du seul mot « trust » : il exige un avis spécialisé avant le transfert, puis au moment de toute attribution.
Ces règles découlent notamment du décret législatif italien n° 139/2024. L’engagement et l’option doivent être relus dans leur version applicable à la date de l’opération.
Assurance-vie au décès : aucune exonération générale à promettre
La formule « hors succession » ne suffit pas à traiter un contrat français ou luxembourgeois lorsqu’assuré, souscripteur et bénéficiaire vivent dans plusieurs pays. Il faut reconstituer le contrat, les primes, les dates, la résidence des parties et la nature du prélèvement français éventuel au titre des articles 757 B ou 990 I. Puis il faut qualifier la créance d’assurance au regard du droit italien et de la convention successorale.
À la date de ce guide, cette articulation n’est pas suffisamment réconciliée pour publier un exemple chiffré France–Italie. Nous ne promettons donc ni exclusion conventionnelle, ni absence de double déclaration, ni neutralité italienne. Une analyse bilatérale doit être obtenue avant de modifier la clause bénéficiaire ou de verser une prime importante.
Cas familial
François et Giulia, mariés en 2014, possèdent des biens dans les deux pays
Le couple s’est marié avant le 29 janvier 2019, a d’abord vécu en France puis s’est installé en Italie. Il possède une maison italienne, un appartement français, des titres français et deux assurances-vie. Avant le testament, le notaire détermine les anciennes règles de conflit applicables au régime matrimonial et la propriété de chaque actif. François peut envisager un choix de loi française pour sa succession civile. Fiscalement, immeubles, titres et créances sont ensuite localisés séparément ; les assurances-vie restent dans le dossier spécialisé.
Mémo express
Les documents à remettre au notaire et aux fiscalistes
- acte de mariage ou partenariat, contrat, choix de loi et traductions ;
- chronologie des résidences communes, nationalités et enfants ;
- titres de propriété, financements et origine des fonds d’acquisition ;
- testaments, donations antérieures et clauses de sociétés ;
- registre des titres, créances et dettes garanties ;
- contrats d’assurance-vie, primes, assurés et bénéficiaires ;
- résidence des héritiers et donations reçues pendant les dix dernières années.
Sources officielles. Le droit de la famille se lit dans les règlements 2016/1103, 2016/1104 et 650/2012. La fiscalité est répartie par la convention France–Italie sur les successions et donations.
Organiser la famille avant l’urgence successorale
Nous pouvons dresser la carte du patrimoine, des contrats et des objectifs, puis coordonner les notaires, avocats internationaux et experts-comptables compétents pour le dossier. Chacun intervient dans son habilitation ; nous veillons à la cohérence patrimoniale, financière et assurantielle de l’ensemble.
Quitter l’Italie ou revenir en France : préparer les valeurs, les preuves et les deux dernières déclarations
Un retour en France n’efface pas les années italiennes. Il les rend visibles. Vous avez peut-être ouvert un compte, acheté un appartement, reçu des titres de votre employeur, créé une société, choisi un régime fiscal spécial ou accumulé des droits à retraite. À partir du retour, la France redevient susceptible d’imposer vos revenus mondiaux. L’Italie peut encore attendre une déclaration, un solde, un document de suivi ou une justification portant sur la période antérieure.
Le meilleur dossier de retour contient trois photographies reliées entre elles : le patrimoine au départ de France, à l’arrivée en Italie et le jour du retour. Les dates d’acquisition, prix de revient, frais, primes versées, distributions, opérations sur titres et impôts payés doivent traverser la frontière avec vous. Une valeur affichée dans une application bancaire n’est pas un historique fiscal.
Le calendrier d’un retour qui ne se décide pas la veille
| Moment | Travail à mener | Preuve à conserver |
|---|---|---|
| Douze à six mois avant | Inventorier actifs, sociétés, contrats, pensions, rémunérations différées et éventuels régimes spéciaux italiens. | Tableau des valeurs historiques, pourcentages détenus, options exercées et échéances. |
| Six à trois mois avant | Comparer les opérations envisagées avant et après le retour, sans présumer d’un prix de revient réévalué. | Note de scénarios datée, avec hypothèses, taux de change et questions encore ouvertes. |
| Trois à un mois avant | Préparer la fin éventuelle d’une option italienne, les dernières paies, les accès déclaratifs et les changements d’adresse. | Attestations fiscales et sociales, relevés complets, procurations et copies hors ligne. |
| À la date du retour | Documenter le logement, le foyer, l’activité, les jours de présence et les revenus de transition. | Chronologie unique appuyée par bail, contrat, factures, voyages et scolarité si elle est pertinente. |
| Au printemps suivant | Rapprocher les déclarations française et italienne, les retenues, les crédits d’impôt et les actifs étrangers. | Dossier binational comprenant déclarations, avis, certificats et justificatifs de paiement. |
L’année du retour peut avoir deux lectures nationales
France et Italie ne découpent pas nécessairement l’année de la même manière. Le logement, le foyer, l’activité et les jours de présence peuvent donc conduire les deux droits internes à revendiquer la résidence sur une période qui se chevauche. On applique alors les critères successifs de l’article 4 de la convention : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord amiable.
Conservez une chronologie jour par jour et rapprochez les deux déclarations sans attendre. Si une double imposition contraire à la convention apparaît, son délai amiable exceptionnel de six mois court à compter de la notification ou de la retenue à la source de la seconde imposition.
Une sortie d’Italie n’est pas fiscalement neutre par principe
À la date de mise à jour de ce guide, nous n’avons pas identifié dans le corpus officiel une taxe de sortie italienne générale qui s’appliquerait de manière uniforme à tout portefeuille privé ordinaire. Cette phrase ne signifie pas « aucune exit tax ». Les entreprises, transferts d’actifs, participations liées à une activité, régimes spéciaux, stock-options, carried interest et rémunérations différées peuvent suivre des règles propres.
Le bon réflexe consiste donc à lister chaque actif et chaque régime, puis à demander : quel fait générateur le départ provoque-t-il ? Une option doit-elle être révoquée ? Une déclaration de clôture subsiste-t-elle ? Un impôt a-t-il déjà été acquitté sur une valeur que la France taxera plus tard ? L’absence de réponse générale impose une analyse plus fine, pas une conclusion plus rassurante.
Pas de « step-up » universel au passage de la frontière
Ne remplacez pas spontanément le prix historique d’un titre, d’un fonds, d’une crypto ou d’un contrat par sa valeur au jour du retour. Une imposition italienne liée au départ peut appeler une coordination particulière, mais aucune règle générale ne permet de retenir cette valeur de marché pour tous les actifs côté français. Conservez les historiques avant de fermer un compte ou de changer de courtier.
Redevenir résident transforme les actifs italiens en actifs étrangers
Un compte bancaire italien peut rester utile pour un loyer, un bien immobilier ou une pension. Une fois résident de France, il faut en revanche examiner les déclarations françaises relatives aux comptes, contrats d’assurance ou de capitalisation et comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger. Les formulaires 3916 et 3916-bis répondent à une obligation d’existence ; ils ne remplacent pas la déclaration des revenus, gains ou biens concernés.
| Actif conservé | Question française au retour | Dossier minimal |
|---|---|---|
| Compte bancaire italien | Déclaration du compte et traitement des intérêts éventuels. | IBAN, établissement, titulaires, date d’ouverture et relevé annuel. |
| Dépôt-titres, fonds ou ETF | Qualification française des revenus et plus-values, avec reprise du prix de revient. | Lots, frais, distributions, retenues italiennes et historique des transferts. |
| Police d’assurance ou produit retraite | Qualification française du contrat et du futur rachat, capital ou revenu. | Conditions générales, primes, valeur, bénéficiaires et attestations fiscales. |
| Plateforme ou wallet d’actifs numériques | Déclaration éventuelle du compte et reconstitution des opérations selon le droit français. | Exports complets, adresses, frais, transferts et conversions. |
| Bien immobilier en Italie | Fiscalité italienne du loyer ou de la vente, déclaration française et convention. | Acte, travaux, financement, loyers, taxes locales et prix de revient. |
| Participation dans une société italienne | Dividendes, cession future, gouvernance et éventuelle présence professionnelle en Italie. | Registre de titres, statuts, pacte, valorisation, décisions et impôts déjà acquittés. |
Rouvrir l’ancien dossier d’exit tax française
Si une exit tax française a été liquidée au départ, le retour oblige à reprendre les formulaires réellement déposés : plus-values latentes, compléments de prix et plus-values en report ne partagent pas nécessairement les mêmes règles de dégrèvement ou de suivi. Les seuils d’entrée, délais, événements mettant fin au sursis et justificatifs doivent être contrôlés dans la version applicable à l’année du départ.
Le point de départ public reste la fiche de la DGFiP sur l’exit tax, rapprochée de l’article 167 bis du CGI et du dossier individuel. Un sursis obtenu lors d’un départ vers l’Union européenne n’a jamais signifié que l’impôt avait cessé d’exister sans condition.
Le régime français des impatriés se teste sur le nouvel emploi
Une personne appelée ou recrutée depuis l’étranger pour travailler dans une entreprise établie en France peut examiner le régime de l’article 155 B du CGI. Parmi ses conditions figure l’absence de domicile fiscal français pendant les cinq années civiles précédant la prise de fonctions. Le simple retour, une retraite ou la poursuite à distance d’une activité étrangère ne suffisent pas.
Lorsque les conditions sont réunies, le régime peut produire des effets jusqu’au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de la prise de fonctions. La prime d’impatriation, la rémunération de référence et certains revenus étrangers suivent cependant des règles propres. L’éligibilité et le calcul doivent être établis avant de l’intégrer à une négociation salariale.
Une règle patrimoniale distincte peut limiter temporairement l’IFI aux actifs immobiliers français pour une personne qui n’était pas domiciliée fiscalement en France au cours des cinq années civiles précédant son installation. Elle ne dépend pas automatiquement du régime salarial. Les deux tests se documentent séparément.
Mémo express
Les sept pièces à ramener d’Italie
- les déclarations et avis d’imposition italiens complets ;
- les attestations de retenues et de cotisations sociales ;
- l’historique fiscal des titres, fonds et actifs numériques ;
- les contrats d’assurance, de retraite et leurs avenants ;
- les actes immobiliers, travaux, taxes et contrats de location ;
- les documents relatifs aux options fiscales exercées en Italie ;
- les statuts, registres et décisions des sociétés conservées.
Sept cas pratiques : les bonnes questions avant le premier calcul
Les profils ci-dessous sont fictifs. Les montants servent à révéler une mécanique ou une donnée manquante ; ils ne reproduisent ni un client ni une recommandation. Dans un dossier réel, la chronologie, les contrats et les sources de revenus comptent davantage qu’une comparaison de taux isolés.
Salariée transférée · titres employeur · produits français
Claire rejoint son groupe à Milan avec 145 000 € de rémunération
Claire, 41 ans, quitte Lyon en septembre. Son conjoint et ses deux enfants la rejoignent immédiatement. Elle signe un contrat italien avec une société du même groupe, conserve un PEA de 210 000 €, une assurance-vie de douze ans et des actions attribuées pendant trois années de travail en France.
Avant de chiffrer le régime des impatriés italiens, il faut déterminer les années de non-résidence requises, la durée de l’engagement de résidence, le lieu où l’activité sera principalement exercée et le délai renforcé lié au même groupe. L’avantage porte sur la part imposable d’un revenu professionnel éligible, dans une limite légale ; il ne transforme ni le PEA ni l’assurance-vie en produits exonérés en Italie.
Les actions employeur exigent une chronologie par plan : attribution, acquisition définitive, exercice, jours travaillés dans chaque État et vente. La question utile n’est pas « quel pays taxe les actions ? » mais « quelle fraction de quelle étape correspond à quel travail ? ».
Son premier rendez-vous porte donc sur l’éligibilité et la ventilation des actions, pas sur le taux annoncé. Elle établit sa résidence réelle, relit l’avenant et exporte l’historique des enveloppes avant le premier exercice ou la première vente.
Partita IVA · forfettario · impatrié · protection sociale
Lucas devient consultant indépendant à Turin avec 92 000 € de recettes
Lucas facture quatre clients européens, dont son ancien employeur français qui représente encore 55 % de ses recettes. Il travaille depuis son appartement turinois et revient deux jours par mois en France. Il hésite entre le régime ordinaire, le forfettario et le régime des impatriés.
Son chiffre d’affaires ne suffit pas à choisir. Il faut qualifier l’activité, les dépenses, la TVA, la facturation électronique, l’affiliation à la Gestione Separata ou à une caisse professionnelle, le lien avec l’ancien employeur et les jours de prestation en France. Les plafonds et exclusions du forfettario sont datés ; le cumul avec un autre régime ne doit jamais être supposé.
La concentration de clientèle pose aussi une question économique et sociale : contrat d’indépendant et réalité du travail doivent raconter la même histoire. Un taux facial attractif ne compense pas une qualification fragile, une couverture insuffisante ou des cotisations oubliées.
Le véritable arbitrage se fait sur trois ans, cotisations, couverture, coût comptable et risque de requalification compris, avant la première facture.
Direction effective · établissement stable · holding
Nora dirige sa SAS française depuis Rome et envisage une Srl
Nora détient 80 % d’une SAS de conseil. Les équipes et les clients restent en France, mais elle négocie, signe et arbitre la trésorerie depuis Rome. Elle souhaite créer une Srl italienne puis faire remonter les dividendes à une holding.
Le siège statutaire parisien ne répond pas à la question de la direction réelle. Il faut cartographier les décisions de gestion ordinaire, les pouvoirs, le lieu des contrats, les locaux, les salariés et les personnes qui engagent la société. Selon les faits, résidence de société, établissement stable, paie du dirigeant, TVA et prix de transfert peuvent se superposer.
La holding n’est pas une réponse avant ce diagnostic. Une directive européenne ou un taux conventionnel favorable suppose notamment bénéficiaire effectif, détention, durée, assujettissement, substance et absence d’abus. Les seuils italiens de participations ont en plus été modifiés puis corrigés en 2026 : une note antérieure peut être déjà obsolète.
Tant que le lieu réel des décisions n’est pas documenté, créer la Srl ne règle rien. Nora fixe d’abord son modèle opérationnel, puis compare la SAS seule, une présence italienne et un groupe à deux sociétés.
Régime à 7 % · pensions privées, sociales et publiques
Alain s’installe dans les Pouilles avec 58 000 € de pensions
Alain perçoit une retraite complémentaire du privé, une pension du régime général et une petite pension issue d’un ancien emploi public. Il vise une commune de 24 000 habitants et conserve un appartement loué à Nice.
En 2026, le texte italien a porté le seuil démographique du régime des retraités à 30 000 habitants. Le nouveau code annoncé pour 2027 affiche pourtant 20 000 habitants à la date de ce guide. La commune doit donc être vérifiée au jour de l’option, tout comme sa région, les périodes de non-résidence antérieures et la provenance des revenus.
Le taux italien de 7 % ne déplace pas par magie toutes les pensions. La convention franco-italienne distingue pension privée, somme relevant de la législation de sécurité sociale et rémunération ou pension publique. L’appartement niçois reste, de son côté, dans la chaîne fiscale française et peut contribuer à l’IFI.
Alain sécurise d’abord l’attestation de chaque caisse et l’éligibilité de la commune à la date de l’option. Le choix de la maison vient après la simulation pension par pension, bien par bien.
24-bis · revenus étrangers · transmission
Maya envisage le forfait nouveaux résidents avec 9 M€ d’actifs
Maya a vécu hors d’Italie pendant plus de dix ans. Elle perçoit des dividendes français, détient un immeuble parisien, un portefeuille américain et une participation importante dans une entreprise. Son conjoint et un enfant majeur pourraient la rejoindre.
Pour une arrivée en 2026, le forfait vise certains revenus étrangers moyennant un impôt substitutif annuel de 300 000 €, avec un montant distinct par membre de famille admis. Les revenus italiens restent soumis aux règles ordinaires. Les pays peuvent être exclus de l’option et certaines plus-values substantielles suivent une règle particulière pendant les premières années.
Le bon calcul compare l’impôt substitutif au coût réel des seuls revenus couverts, pas à la valeur du patrimoine. Il faut ajouter les actifs et revenus qui restent hors forfait, la France comme État de source, les obligations patrimoniales, la succession et la stratégie de sortie. Le cumul avec d’autres régimes ne se promet pas sans texte ou rescrit adapté.
Sa décision se prend sur une matrice pays par pays et revenu par revenu, avec un interpello favorable si nécessaire, pas sur les seuls 9 M€ d’actifs.
Famille binationale · titres · immobilier · assurance-vie
Giulia et Thomas préparent une donation à leurs deux enfants
Le couple vit à Bologne, possède un appartement en France et un en Italie, des titres de sociétés françaises, une assurance-vie et un portefeuille joint. L’un des enfants vit à Paris, l’autre à Milan. Une donation de 350 000 € est envisagée.
La convention franco-italienne sur les successions et donations ne se lit pas comme celle sur les revenus. Elle contient ses propres règles de localisation, y compris pour certains titres et créances. Il faut en outre distinguer résidence fiscale, loi civile successorale, régime matrimonial, réserve, donations antérieures et droits de chaque État.
L’assurance-vie au décès mérite un dossier séparé. Les prélèvements français des articles 990 I et 757 B, la convention et la qualification italienne ne permettent aucune promesse générale d’exonération ou de crédit. Une clause bénéficiaire rédigée pour une famille uniquement française peut devenir inadaptée.
Le don attend que notaire et conseils fiscaux aient localisé les biens et harmonisé leurs qualifications. Les actes et déclarations partent ensuite de cette carte commune.
Retour en France · prix de revient · régime des impatriés
Romain revient de Florence avec un portefeuille et une participation
Après sept ans en Italie, Romain accepte un poste à Paris. Il conserve un compte-titres italien de 480 000 €, 12 % d’une société florentine et un appartement loué. Il souhaite vendre les titres juste avant le retour pour « remettre les compteurs à zéro ».
Aucune remise à zéro générale ne peut être supposée. Il faut comparer la cession avant ou après le retour, reconstituer le prix historique, vérifier une éventuelle règle italienne liée au départ et déterminer les crédits d’impôt réellement disponibles. Le compte et le bien italiens deviendront déclarables depuis la France.
Son nouveau poste peut justifier l’examen du régime français des impatriés ; son patrimoine immobilier étranger appelle un test IFI distinct. Ni l’un ni l’autre ne découle du seul nombre d’années passées en Italie.
Romain conserve les exports, fige les valeurs et les contrats, puis compare les deux dates de cession avec les mêmes historiques avant tout ordre irréversible.
Pourquoi ces cas ne donnent pas tous un impôt net
Sans commune, contrat, source de pension, historique de lots, nationalité, donation antérieure ou répartition des jours de travail, un montant précis serait une fausse précision. Un guide expert doit savoir dire ce qu’il manque avant de calculer.
Douze erreurs fréquentes — et les limites qu’un guide sérieux doit laisser visibles
Les problèmes les plus coûteux commencent rarement par un montage spectaculaire. Ils commencent par une phrase trop simple : « je serai résident au 184e jour », « c’est européen », « mon contrat est luxembourgeois », « le forfait couvre tout ». Voici les raccourcis à démonter avant la décision.
| Erreur | Pourquoi elle est fragile | Réflexe utile |
|---|---|---|
| 1. Attendre le 183e jour pour traiter la résidence | Le droit italien utilise plusieurs critères alternatifs sur la majeure partie de la période, fractions de jour comprises. | Documenter présence, résidence civile, relations personnelles et familiales, puis appliquer la convention en cas de conflit. |
| 2. Confondre anagrafe, codice fiscale et résidence conventionnelle | L’inscription crée un indice ou une présomption ; l’identifiant fiscal ne tranche rien à lui seul. | Conserver les formalités comme preuves parmi les faits, sans les transformer en décision automatique. |
| 3. Appliquer dès 2026 les articles du nouveau code de 2027 | Le D.Lgs. 117/2026 est formellement en vigueur, mais ses dispositions fiscales s’appliquent à partir du 1er janvier 2027. | Utiliser le TUIR et les textes actuels pour 2026, puis donner la correspondance future sans anticiper son application. |
| 4. Croire que la convention supprime toute double déclaration | Elle répartit ou corrige l’imposition ; les obligations internes peuvent subsister dans les deux États. | Cartographier chaque revenu, l’État de source, l’État de résidence et le mécanisme de crédit ou d’exemption. |
| 5. Présenter l’impatrié comme une exonération de 50 % | Le régime rend imposable une fraction du revenu professionnel éligible, avec plafond, durée et conditions. | Écrire l’assiette imposable, les revenus couverts et les conditions de mobilité avant tout gain estimé. |
| 6. Choisir le régime retraité sur le seul taux de 7 % | Commune, région, résidence antérieure, source de revenu et convention changent le résultat. | Vérifier la commune à la date de l’option et qualifier chaque pension séparément. |
| 7. Affirmer que le forfait de 300 000 € couvre tout le patrimoine | Il vise certains revenus étrangers ; revenus italiens, actifs français et exclusions conservent leurs règles. | Comparer pays par pays et revenu par revenu, puis examiner participations, famille et durée. |
| 8. Additionner forfettario, impatrié et 24-bis | Les conditions, assiettes et clauses de non-cumul varient selon le texte et l’année. | Ne promettre aucun cumul sans confirmation officielle ou analyse personnalisée. |
| 9. Utiliser le seuil social de télétravail comme règle fiscale | L’accord-cadre de sécurité sociale et l’article 15 de la convention répondent à deux questions différentes. | Tenir un calendrier unique, puis mener séparément l’analyse fiscale et l’analyse sociale. |
| 10. Reporter en Italie l’exonération française du PEA, du PER ou de l’assurance-vie | L’enveloppe peut rester ouverte sans conserver son traitement fiscal français dans l’État de résidence. | Faire qualifier le contrat ou le plan et exporter son historique avant tout retrait ou arbitrage. |
| 11. Piloter une SAS depuis l’Italie sans revoir la société | Direction effective, gestion ordinaire, locaux ou pouvoir de conclure peuvent créer des obligations italiennes. | Documenter la réalité des décisions et faire analyser société, paie, TVA et établissement stable ensemble. |
| 12. Penser qu’un testament choisit aussi le pays de l’impôt | Le règlement européen successoral traite la loi civile et exclut les questions fiscales. | Coordonner testament, régime matrimonial, convention donations-successions et droits internes. |
Les sujets que nous laissons volontairement ouverts
| Sujet | Pourquoi une réponse générale serait risquée | Validation attendue |
|---|---|---|
| PEA, PER et assurance-vie | La qualification italienne dépend du produit, du contrat, des flux et parfois de la gestion. | Fiche contrat par contrat par un commercialista, avec conseil juridique si nécessaire. |
| Assurance-vie au décès | Les articles français 990 I et 757 B, la convention et le droit italien ne donnent pas une neutralité universelle. | Analyse croisée avocat-notaire France–Italie avant une modification ou au décès. |
| Seuil communal du régime à 7 % | 30 000 habitants en droit 2026 ; 20 000 dans le texte recodifié prévu pour 2027 à la date du guide. | Contrôle de la loi et de la population officielle au jour de l’option. |
| Cumul de régimes spéciaux | Les clauses ont changé et la recodification 2027 ne doit pas être projetée sur 2026. | Avis écrit ou interpello lorsque le dossier repose sur le cumul. |
| Crédit d’IVIE | Toutes les taxes françaises sur l’immobilier ne sont pas nécessairement comparables ou imputables. | Qualification impôt par impôt avec doctrine applicable. |
| Cryptoactifs | Token, monnaie électronique, opération, millésime et suivi RW peuvent modifier le traitement. | Historique complet et validation de la qualification 2026 avant déclaration. |
| Bureau à domicile d’un salarié ou dirigeant | Le domicile ne crée pas toujours un établissement stable, mais les moyens et pouvoirs réels peuvent changer l’analyse. | Revue du contrat, de la disponibilité du local et des fonctions exercées. |
| Exit tax italienne d’un particulier | L’absence d’un régime général identifié ne couvre pas société, activité, option, titres professionnels ou rémunérations différées. | Contrôle ciblé avant départ selon la nature exacte des actifs. |
Quatre promesses que ce guide refuse
- un pays qui serait « toujours plus avantageux » ;
- une assurance-vie qui neutraliserait à elle seule l’impôt italien ;
- une holding qui garantirait un taux de dividende sans substance ni conditions ;
- une convention qui supprimerait les déclarations ou tout risque de double imposition.
Une stratégie peut être très pertinente tout en comportant des coûts, des formalités ou un risque résiduel. La transparence sur ces limites n’affaiblit pas le conseil : elle évite de construire un projet autour d’un avantage qui n’existe que sur une slide.
Check-list France–Italie : du premier inventaire aux événements qui rouvrent le dossier
Une expatriation bien préparée ressemble moins à une déclaration fiscale qu’à un projet de transformation. Le travail, la famille, les produits, les sociétés et les preuves doivent avancer sur le même calendrier. Cette check-list donne un ordre ; elle ne fixe pas une date de départ fictive.
Douze à six mois avant
Figer les faits avant de chercher un régime
- établir la chronologie prévue des logements, du foyer, des écoles, des jours de travail et des voyages ;
- inventorier comptes, contrats, titres, cryptoactifs, immobilier, crédits, sociétés, options et pensions ;
- exporter prix de revient, primes, dates, frais, clauses et pourcentages de détention ;
- identifier les opérations envisagées dans les vingt-quatre mois : cession, rachat, donation, achat, levée de fonds ou retraite ;
- tester l’exit tax française avec les règles et formulaires de l’année du départ ;
- pour un dirigeant, cartographier pouvoirs, signatures, salariés, clients, locaux et décisions par pays.
Six à trois mois avant : qualifier les personnes et les flux
- lire le contrat de travail, l’avenant de télétravail, les plans de titres et les clauses de mobilité ;
- distinguer régime fiscal ordinaire, impatrié, nouveaux résidents ou retraité sans les additionner ;
- qualifier l’activité indépendante, la partita IVA, la TVA, la caisse sociale et le risque de faux indépendant ;
- examiner chaque produit français du point de vue italien avant un retrait, transfert ou nouveau versement ;
- relire régime matrimonial, testament, procurations et clauses bénéficiaires si la famille devient transfrontalière ;
- attribuer les sujets réservés : avocat, notaire, commercialista, expert-comptable, spécialiste social et conseil patrimonial.
Dans le dernier mois : constituer le dossier de preuve
| Dossier | Contenu minimal | Question de contrôle |
|---|---|---|
| Résidence | Baux, actes, factures, foyer, école, activité et calendrier de présence. | Toutes les dates racontent-elles la même installation ? |
| Travail | Contrat, télétravail, missions, paies, jours par État et demande A1. | Fiscalité et sécurité sociale ont-elles été analysées séparément ? |
| Patrimoine | Lots, valeurs, frais, contrats, bénéficiaires et relevés historiques. | Peut-on recalculer un gain sans dépendre de l’espace client ? |
| Entreprise | Statuts, pouvoirs, procès-verbaux, contrats, locaux, paie et flux. | Le fonctionnement réel correspond-il à l’organigramme ? |
| Transmission | Nationalités, résidences, régime matrimonial, actes, dons et testament. | Droit civil et impôt ont-ils leurs propres notes ? |
À l’arrivée : sécuriser l’existence administrative
- demander le codice fiscale sans le confondre avec une attestation de résidence ;
- accomplir l’enregistrement de résidence requis auprès de la commune et conserver les dates de dépôt et de prise d’effet ;
- finaliser l’affiliation santé et sociale selon le statut réel ;
- vérifier paie, retenues, compte de paiement et accès aux services fiscaux ou sociaux italiens ;
- commencer dès le premier jour le calendrier des présences et lieux de travail ;
- conserver hors ligne chaque pièce remise à une administration ou à un établissement financier.
Dans les quatre-vingt-dix jours : confronter le plan aux faits
Les habitudes réelles s’écartent vite du projet : le télétravail augmente, le dirigeant signe finalement depuis l’Italie, le conjoint retarde son arrivée, une banque refuse un produit ou un ancien employeur devient le client principal. Il faut corriger le dossier avant que ces écarts deviennent une année entière de faits.
- rapprocher la première paie des hypothèses fiscales et sociales ;
- contrôler les premiers revenus reçus sur les comptes français ;
- mettre à jour le calendrier de travail et de présence ;
- corriger les pouvoirs d’une société si les décisions ont changé de pays ;
- vérifier l’effet réel du régime spécial retenu sur l’assiette ;
- consigner les questions ouvertes avec un responsable et une échéance.
Chaque année : une clôture commune, pas deux déclarations isolées
| Contrôle annuel | Question | Preuve |
|---|---|---|
| Résidence et travail | Le foyer, l’activité, les déplacements ou le télétravail ont-ils changé ? | Calendrier final, baux, missions, paies et attestations. |
| Comptes et placements | Tous les revenus, cessions, actifs étrangers et retenues sont-ils rapprochés ? | Quadro RW, relevés fiscaux, lots, taux de change et déclarations françaises. |
| Régime spécial | Les conditions, paiements, plafonds, communes ou engagements restent-ils satisfaits ? | Option, justificatifs, source officielle actualisée et preuve de versement. |
| Entreprise | Direction, contrats, salariés, substance et flux correspondent-ils encore à la structure ? | Procès-verbaux, pouvoirs, factures et documentation intragroupe. |
| Immobilier | Loyers, taxes, IVIE, IFI, travaux et financements sont-ils cohérents ? | Déclarations des deux pays, actes, factures et évaluations. |
| Famille | Naissance, mariage, séparation, décès ou donation ont-ils modifié le plan ? | État civil, actes, clauses et registre des donations. |
Un événement majeur annule la date de péremption de l’audit. Cession d’entreprise, rachat d’assurance-vie, exercice d’options, donation, achat immobilier, nouveau conjoint, changement d’employeur ou retour en France : chaque événement impose de reprendre une photographie à jour et de comparer un scénario sans opération.
Mémo express
La règle des quatre validations
- le contribuable confirme les faits et fournit les pièces ;
- le spécialiste français valide le droit et la fiscalité française ;
- le professionnel italien compétent valide fiscalité, droit, comptabilité ou social dans son périmètre ;
- le coordinateur patrimonial vérifie la cohérence avec les objectifs familiaux, financiers et professionnels.
Transformer cette check-list en dossier réellement exploitable
Hagnéré Patrimoine peut réaliser la lecture patrimoniale globale, hiérarchiser les décisions et coordonner, selon les besoins, avocat fiscaliste, notaire, commercialista, expert-comptable et spécialiste social.
Méthode, sources et périmètre : ce qui est vérifié au 24 juillet 2026
Ce guide a été arrêté au 24 juillet 2026. Il repose sur des textes officiels français, italiens et européens, des conventions fiscales, des doctrines administratives et des publications institutionnelles. Une règle exacte aujourd’hui peut changer avant votre option, votre vente ou votre déclaration : chaque décision importante appelle une nouvelle vérification.
2026 et 2027 : deux couches de droit à ne pas mélanger
Le décret législatif italien n° 117/2026 a été publié en juillet 2026. Ses dispositions fiscales s’appliquent à compter du 1er janvier 2027 et l’ancien TUIR n’est abrogé qu’à cette date. Pour une situation 2026, ce guide cite donc le droit actuellement applicable et indique parfois la future correspondance. Le chiffre futur est une alerte de veille, pas une règle déjà utilisable.
La hiérarchie de preuve utilisée
| Niveau | Source | Usage |
|---|---|---|
| A | Texte officiel en vigueur et convention publiée | Établir la règle, son territoire, sa date, son assiette et ses conditions. |
| B | Doctrine ou instruction administrative officielle | Décrire la mise en œuvre sans étendre la portée du texte. |
| C | Jurisprudence pertinente | Éclairer une qualification en conservant les faits et la portée de la décision. |
| D | Organisme public ou institution européenne | Documenter une démarche, une coordination ou un formulaire. |
| E | Source commerciale, média ou forum | Faire émerger une question, jamais valider seul une règle sensible. |
Chaque affirmation sensible a été relue avec cinq questions : quel pays ? quelle date ? quelle assiette ? quelles conditions ? quelle exception ? Lorsque deux sources officielles se contredisent, le conflit est dit. Lorsque le produit ou le contrat manque, la réponse reste conditionnelle.
Conventions et droit fiscal transfrontalier
- DGFiP — dossier conventionnel Italie
- Convention France–Italie sur les revenus et la fortune
- Convention France–Italie sur les successions et donations
- BOFiP — conventions françaises effectivement modifiées par la CML
- DGFiP — exit tax au départ de France
- DGFiP — régime français des impatriés
Italie : résidence, impôt et régimes spéciaux
- Normattiva — TUIR applicable en 2026
- Gazzetta Ufficiale — D.Lgs. 117/2026 et application en 2027
- Normattiva — réforme de la résidence et des travailleurs impatriés
- Normattiva — loi de finances italienne pour 2026
- Dipartimento delle Finanze — surtaxes régionales IRPEF
- Dipartimento delle Finanze — surtaxes communales IRPEF
Travail, santé et retraite
- Règlement (CE) n° 883/2004 — coordination de sécurité sociale
- CLEISS — accord-cadre sur le télétravail transfrontalier
- CLEISS — formulaire A1 et législation sociale applicable
- Your Europe — couverture maladie lors d’une installation
- Your Europe — carrières et pensions publiques européennes
Placements, immobilier et transmission
- Agenzia delle Entrate — quadro RW
- Normattiva — IVIE, IVAFE et actifs étrangers
- BOFiP — PEA et transfert de domicile hors de France
- Agenzia delle Entrate — guide officiel de l’achat immobilier
- Règlement (UE) n° 650/2012 — successions internationales
- Règlement (UE) 2016/1103 — régimes matrimoniaux
Les exemples de ce guide ne tiennent compte que des hypothèses affichées. Ils peuvent exclure déductions, crédits, frais, retenues, commune, situation familiale ou effets sociaux. Leur fonction est d’expliquer un raisonnement et de faire apparaître les informations manquantes, pas de donner un montant contractuel.
Avertissement juridique, fiscal et patrimonial
Ce contenu fournit une information générale. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale française ou italienne, ni un acte notarié, ni une prestation comptable, ni une recommandation personnalisée sur un produit financier. Les règles doivent être vérifiées à la date de votre décision à partir de vos contrats, résidences, nationalités, actifs et opérations réelles.
Le cabinet organise la vision d’ensemble ; les actes réservés restent chez les professionnels habilités. Hagnéré Patrimoine peut réaliser l’audit patrimonial, structurer les scénarios, conseiller les solutions financières et assurantielles dans le cadre de ses statuts, puis suivre la feuille de route. Selon le dossier, nous coordonnons avocat fiscaliste international, notaire, commercialista, expert-comptable, spécialiste social, assureur, banque dépositaire ou société de gestion.
Une assurance-vie luxembourgeoise, une holding ou une allocation internationale peut être pertinente lorsque les objectifs, la résidence, la réglementation de distribution, le contrat et le coût le justifient. Aucune n’est une solution automatique. La consultation juridique ou fiscale, l’acte notarié, la tenue comptable et la validation locale restent sous la responsabilité du professionnel compétent et font l’objet, lorsque nécessaire, de leur propre lettre de mission.
Mémo express
La phrase à retenir
Un patrimoine France–Italie devient fragile quand les dates ne sont plus prouvées, les produits changent de qualification ou les professionnels travaillent sur des versions différentes du dossier.

