Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié aux Pays-Bas
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation aux Pays-Bas expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
L'assurance maladie obligatoire : coût réel, franchise, et ce qui n'est pas couvert
Le Français qui s’installe aux Pays-Bas commet presque toujours la même erreur de lecture, et elle est structurelle : il cherche l’équivalent de la Sécurité sociale, ne le trouve pas, découvre qu’il faut « souscrire une assurance santé », lit un prix mensuel d’environ 157 €et en conclut que la santé néerlandaise coûte à peu près le prix d’une mutuelle française. Cette conclusion est fausse d’un facteur quatre à cinq. Elle est fausse parce que le système néerlandais fait payer la santé sur trois lignes distinctes, dont une seule apparaît sur le contrat d’assurance, et parce qu’il y ajoute une franchise annuellequi n’a pas d’équivalent dans le régime obligatoire français.
Ce chapitre décrit le régime de la Zorgverzekeringswet tel qu’il s’applique au 2 août 2026 : d’où naît l’obligation et sur qui elle pèse, dans quel délai il faut souscrire et ce que coûte exactement le retard, ce que représentent les trois étages de coût, comment fonctionne la franchise obligatoire et la franchise volontaire, ce que contient le panier de base et — question plus utile — ce qu’il ne contient pas, comment se demande la zorgtoeslaget pourquoi la plupart de nos clients n’y ont pas droit pour une raison qui n’a rien à voir avec leur revenu, comment on accède à un spécialiste, et ce que la Caisse des Français de l’étranger peut ou ne peut pas faire dans ce dispositif. Il se termine sur six configurations chiffrées, du célibataire au couple avec deux enfants, en passant par l’indépendant et le retraité.
Date d’arrêté du droit et périmètre de ce chapitre
Le droit exposé ici est arrêté au 2 août 2026. Les paramètres de l’assurance maladie néerlandaise — prime moyenne, franchise, pourcentages de contribution, plafonds d’assiette, plafonds de la zorgtoeslag — changent au 1er janvierde chaque année, et une partie d’entre eux est arrêtée par arrêté ministériel publié au Staatscouranten novembre pour l’année suivante. Tout montant en euros porté dans ce chapitre est un montant 2026, sauf mention contraire expresse, et chaque montant porte sa source.
Ce chapitre traite l’assurance maladie de la personne assurée aux Pays-Bas. La bascule de compétence maladie du retraitéentre la France et les Pays-Bas — articles 23 à 31 du règlement (CE) n° 883/2004, contribution verdragsbijdrageperçue par le CAK — relève du chapitre consacré à la retraite ; les cotisations sociales sur les revenus du patrimoine, du chapitre consacré aux prélèvements sociaux ; l’imposition des pensions, du chapitre consacré à la convention du 16 mars 1973. Ce qui suit ne parle que d’une chose : ce qu’il faut payer pour être soigné, et ce que l’on obtient en échange.
L’obligation ne naît pas de votre volonté : elle naît de la Wlz
La première chose à comprendre est que l’assurance maladie néerlandaise n’est pas un contrat que l’on choisit de conclure. C’est une obligation légale d’assurance qui pèse sur une population définie par une autreloi, et le contrat n’en est que l’exécution. L’article 2, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet (base BWBR0018450, version « Geldend van 01-01-2026 », consultée le 02/08/2026) est d’une brièveté qui décide de tout :
Article 2, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet
« Degene die ingevolge de Wet langdurige zorg en de daarop gebaseerde regelgeving van rechtswege verzekerd is, is verplicht zich krachtens een zorgverzekering te verzekeren of te laten verzekeren tegen het in artikel 10 bedoelde risico. »
Traduction : celui qui est assuré de plein droit au titre de la loi sur les soins de longue durée est obligéde s’assurer, ou de se faire assurer, par une zorgverzekering, contre le risque visé à l’article 10.
La disposition ne dit donc pas qui est obligé : elle renvoie à la Wet langdurige zorg. Et c’est l’article 2.1.1 de cette loi (base BWBR0035917, version « Geldend van 01-01-2026 », consultée le 02/08/2026) qui définit la population réellement visée, en deux branches alternatives : est assuré de plein droit celui qui est résident (ingezetene), et celui qui, sans être résident, est « ter zake van in Nederland of op het continentaal plat in dienstbetrekking verrichte arbeid aan de loonbelasting is onderworpen » — soumis à l’impôt sur les salaires néerlandais à raison d’un travail salarié exercé aux Pays-Bas ou sur le plateau continental.
Cette architecture produit quatre conséquences que la littérature française sur les Pays-Bas présente rarement ensemble.
| Situation | Assuré Wlz de plein droit ? | Obligation Zvw | Ce qui le décide |
|---|---|---|---|
| Français qui transfère sa résidence aux Pays-Bas, avec ou sans emploi | Oui, par la résidence | Oui, dès le premier jour de résidence | Article 2.1.1, sous a, de la Wet langdurige zorg |
| Frontalier résidant en France, salarié d’un employeur néerlandais, travail exercé aux Pays-Bas | Oui, par l’emploi soumis à la loonbelasting | Oui, alors même qu’il ne réside pas aux Pays-Bas | Article 2.1.1, sous b, de la Wet langdurige zorg ; article 3, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet, qui vise expressément l’assujetti « die in het buitenland woont » |
| Salarié détaché par un employeur français, muni d’un formulaire A1 | Non | Non : il reste au régime français | Article 12 du règlement (CE) n° 883/2004, qui désigne la législation de l’État d’envoi et prime sur la loi interne |
| Résident des Pays-Bas dont la législation applicable reste française (pluriactivité, accord-cadre télétravail) | Non | Non, tant que le certificat A1 est en cours de validité | Articles 13 et 16 du règlement (CE) n° 883/2004 |
| Militaire en service actif ; personne dispensée pour objection de conscience | Sans objet | Non : exclusion expresse | Article 2, alinéa 2, sous a et b, de la Zorgverzekeringswet |
La deuxième ligne de ce tableau est la plus mal connue, et c’est la plus lourde de conséquences pratiques : le frontalier qui reste domicilié en France mais travaille aux Pays-Bas est obligatoirement assuré aux Pays-Bas, et son assureur néerlandais ne peut pas le refuser au motif qu’il habite à l’étranger. L’article 3, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet vise nommément les deux populations : « iedere verzekeringsplichtige die in zijn werkgebied woont alsmede […] iedere verzekeringsplichtige die in het buitenland woont ». Le corollaire est qu’il continue par ailleurs de relever de la couverture française pour les soins reçus en France, par le mécanisme du formulaire S1 — mais il paie la prime néerlandaise, la franchise néerlandaise et les contributions néerlandaises.
La troisième conséquence est symétrique et elle est celle que nous voyons le plus souvent mal arbitrée : le détachement muni d’un A1 fait sortir du dispositif entier, non seulement de l’assurance maladie mais de l’ensemble des volksverzekeringen. L’écart de taux marginal sur la première tranche du barème néerlandais entre l’affilié et le non-affilié est de 27,65 points— c’est la somme AOW 17,90 % + Anw 0,10 % + Wlz 9,65 %, que le non-affilié ne doit pas. Le détachement n’est donc jamais une simple formalité administrative : c’est une décision qui déplace des milliers d’euros par an, dans les deux sens, et qui déplace aussi des droits.
Le piège de l’article 3, alinéa 4 : l’obligation d’accepter connaît deux exceptions
On lit partout que l’assureur néerlandais a une obligation d’acceptation absolue, sans questionnaire médical ni délai de carence, pour le panier de base. C’est vrai en principe — c’est l’article 3, alinéa 1 — mais l’alinéa 4 du même article pose deux exceptions : « In afwijking van het eerste lid is een zorgverzekeraar niet verplicht een zorgverzekering te sluiten met of ten behoeve van een verzekeringsplichtige : a. die reeds krachtens een zorgverzekering verzekerd is, of b. wiens eerdere zorgverzekering hij of de verzekeringnemer binnen een periode van vijf jaar, gelegen onmiddellijk voorafgaande aan het verzoek tot het sluiten van de verzekering, heeft opgezegd of ontbonden wegens : 1°. opzettelijke misleiding door de verzekeringnemer of de verzekerde, of 2°. het niet betalen van de premie, bedoeld in artikel 17, vijfde lid. »
En clair : un client qui quitte les Pays-Bas en laissant un impayé de prime, ou dont le contrat a été annulé pour tromperie intentionnelle, peut se voir refuser la réaffiliation par ce même assureur pendant cinq ans. Cela concerne au premier chef les expatriations en deux temps — un premier séjour néerlandais interrompu, un retour cinq ou six ans plus tard. Le solde d’un contrat d’assurance maladie fait donc partie des choses à régler avant de partir, au même titre qu’un solde de huurtoeslagou une régularisation d’impôt.
Enfin, l’alinéa 3 de l’article 2 met l’obligation, pour un mineur de moins de dix-huit ans, à la charge de celui qui exerce l’autoritésur lui, du curateur, de l’administrateur ou du mentor. Autrement dit : ce sont les parents qui sont en infraction si l’enfant n’est pas déclaré, et non l’enfant. Cette précision compte parce que l’affiliation des enfants n’est pas automatique : il faut les rattacher expressément au contrat, même s’ils ne paient pas de prime.
Le délai : quatre mois, et l’illusion de gratuité qu’il crée
Le délai est de quatre mois, et il est répété par les deux administrations qui reçoivent l’expatrié. Sur sa page consacrée à la vie aux Pays-Bas avec un titre de séjour, consultée le 02/08/2026, l’IND écrit : « Everyone who lives in the Netherlands must register for healthcare insurance. Do this within 4 months after your arrival in the Netherlands. » La page du gouvernement néerlandais consacrée à l’articulation entre assurance maladie et titre de séjour, consultée le même jour, énonce la même règle pour le titulaire d’un titre de séjour permanent : « You must take out Dutch health insurance within four months of your permanent residence permit coming into force. »
Mais ce délai de quatre mois n’est pas un délai de gratuité, et c’est exactement là que le contresens se produit. Il est la contrepartie d’une rétroactivité que l’article 5, alinéa 5, de la Zorgverzekeringswetimpose au contrat : « De zorgverzekering werkt, zonodig in afwijking van artikel 925, eerste lid, van Boek 7 van het Burgerlijk Wetboek, terug : a. indien zij ingaat binnen vier maanden nadat de verzekeringsplicht is ontstaan, tot en met de dag waarop die plicht ontstond. » La police souscrite dans les quatre mois remonteau jour où l’obligation est née. Elle couvre donc les soins de l’intervalle — ce qui est protecteur — mais elle en fait aussi payer la prime.
Ce que coûte une souscription au dernier jour du quatrième mois
Prime appelée le premier mois = prime mensuelle × nombre de mois écoulés depuis la naissance de l’obligation
- Prime mensuelle :157,00 € en moyenne en 2026, par personne de dix-huit ans et plus. Source : rijksoverheid.nl, page « Wat kost het om een zorgverzekering af te sluiten? », consultée le 02/08/2026 : « De gemiddelde premie die mensen aan hun zorgverzekeraar moeten betalen in 2026 is € 1.884. Dit is gemiddeld € 157 per maand. »
- Naissance de l’obligation :Le jour où la personne devient assurée Wlz de plein droit : premier jour de résidence effective, ou premier jour de l’emploi soumis à la loonbelasting pour le non-résident (article 2.1.1 de la Wet langdurige zorg)
- Nombre de mois écoulés :Jusqu’à quatre, si la souscription intervient au dernier moment utile. Pour un couple, le calcul se fait deux fois : la prime est individuelle
- Ce qui n’est pas rétroactif :L’assurance complémentaire (aanvullende verzekering), qui n’est pas régie par l’article 5, alinéa 5, et qui n’est pas soumise à l’obligation d’acceptation
La question à poser au client n’est donc jamais « combien de temps ai-je pour souscrire ? » mais « à quelle date exacte mon obligation est-elle née ? ». C’est cette date qui détermine le montant du premier appel de prime, la fraction de franchise annuelle due et, en cas de retard prolongé, le point de départ de la procédure du CAK.
- Célibataire arrivé le 1er avril 2026 et souscrivant le 28 juillet 2026 : quatre mois de prime appelés d’un coup, soit environ 628 € pour une prime moyenne, plus le rattrapage de la franchise déjà consommée le cas échéant.
- Couple avec deux enfants de moins de dix-huit ans arrivé le 1er avril : deux primes d’adulte seulement, soit environ 1 256 €. Les enfants ne paient pas de prime, mais doivent être rattachés au contrat.
- Le compteur ne s’arrête pas à la souscription : il court depuis la naissance de l’obligation. Attendre ne fait pas économiser un euro de prime ; cela ne fait que différer l’appel de fonds et augmenter le risque d’un sinistre non couvert par une complémentaire.
Une remarque de méthode s’impose ici. La souscription suppose un numéro d’identification burgerservicenummer, lequel suppose l’inscription au registre des personnes de la commune. La page du gouvernement néerlandais consultée le 02/08/2026 indique que l’inscription au Personal Records Databaseest requise pour un séjour de plus de quatre mois et qu’elle donne lieu à la délivrance du Citizen Service Number. La chaîne est donc : rendez-vous en mairie, inscription, BSN, puis souscription. Les délais de rendez-vous en mairie dans les grandes villes néerlandaises sont le premier goulet d’étranglement du calendrier, et ils ne suspendent pas le délai de quatre mois.
La sanction du défaut d’assurance : quatre étapes, deux amendes, et une police imposée
La sanction n’est ni théorique ni discrétionnaire. Elle est administrée par le CAK sur le fondement des articles 9a à 9d de la Zorgverzekeringswet, à partir d’un croisement de fichiers que l’article 9a, alinéa 1, organise expressément : « Het CAK gaat op basis van vergelijking van bij ministeriële regeling aan te wijzen bestanden na welke verzekeringsplichtigen in weerwil van hun verzekeringsplicht niet krachtens een zorgverzekering verzekerd zijn. » Le non-assuré n’est pas découvert par hasard : il est identifié par rapprochement automatique entre le registre des personnes et le fichier des assurés.
| Étape | Base légale | Délai | Conséquence financière |
|---|---|---|---|
| 1. Mise en demeure écrite du CAK | Article 9a, alinéa 2 | Trois mois « te rekenen vanaf de datum van verzending van de aanmaning » | Aucune, si l’intéressé s’assure dans le délai |
| 2. Première amende administrative | Article 9b, alinéas 1 et 2 | Nouveau délai de trois mois (alinéa 5) | Trois fois la prime standard mensuelle au sens de la Wet op de zorgtoeslag, soit 529,75 € en 2026 |
| 3. Seconde amende, du même montant | Article 9c, alinéas 1 et 2, renvoyant à l’article 9b, alinéas 2 à 4 | Nouveau délai de trois mois | 529,75 € supplémentaires en 2026, soit 1 059,50 € cumulés |
| 4. Souscription d’office par le CAK au nom de l’intéressé | Article 9d, alinéas 1 à 3 | À l’expiration du troisième délai de trois mois | Bestuursrechtelijke premie de 172,70 € par mois due au CAK pendant douze mois (article 18e, alinéa 1), sur la variante la moins chère de l’assureur désigné, « maar zonder vrijwillig eigen risico ». La police ne rétroagit pas |
Le montant de l’amende ne figure pas dans la Zorgverzekeringsweten valeur absolue : l’article 9b, alinéa 2, le définit par renvoi — « De hoogte van de boete is gelijk aan driemaal de tot een maandbedrag herleide standaardpremie, bedoeld in de Wet op de zorgtoeslag. » La standaardpremieest fixée chaque année par arrêté ministériel. Pour 2026, il s’agit de la Regeling vaststelling standaardpremie en bestuursrechtelijke premies 2026, du 17 novembre 2025, publiée au Staatscourant2025, n° 40022 le 25 novembre 2025, dont l’article 1 fixe la standaardpremie à 2 119 €. Son exposé des motifs en donne la composition : « De hoogte van de standaardpremie is gelijk aan de geraamde gemiddelde nominale premie die de verzekerden in 2026 voor een zorgverzekering moeten betalen (€ 1.884,–) verhoogd met het gemiddelde bedrag dat een verzekerde naar verwachting in 2026 betaalt aan verplicht eigen risico voor de zorgverzekering (€ 235,–). »
Le coût complet d’un an de non-assurance, refait pas à pas
Coût = 2 amendes + douze mensualités de bestuursrechtelijke premie + soins de l’intervalle non couverts
- Standaardpremie 2026 :2 119 € par an — Regeling vaststelling standaardpremie en bestuursrechtelijke premies 2026, article 1 (Stcrt. 2025, 40022)
- Ramenée à un montant mensuel :2 119 ÷ 12 = 176,58 €
- Amende unitaire (article 9b, alinéa 2) :3 × 176,58 = 529,75 €
- Deux amendes (articles 9b et 9c) :1 059,50 €
- Primes rétroactives :172,70 € par mois pendant douze mois, dus au CAK et non à l’assureur : l’article 18e, alinéa 1, soumet le preneur d’une police conclue au titre de l’article 9d à la bestuursrechtelijke premie « gedurende de eerste twaalf maanden waarover een verzekering als bedoeld in artikel 9d loopt ». Aucune prime n’est due au titre de la période non assurée, la rétroactivité de l’article 5, alinéa 5, ne jouant plus au-delà de quatre mois
- Perte spécifique de l’article 9d, alinéa 3 :La police imposée est « de variant met de laagste premie, maar zonder vrijwillig eigen risico » : l’intéressé perd la faculté de réduire sa prime par une franchise volontaire, faculté qu’il aurait eue en souscrivant lui-même
- Ce que la procédure ne fait pas :Elle ne rétablit pas rétroactivement le droit à la zorgtoeslag pour la période non assurée, et elle ne couvre pas les soins déjà exposés avant la prise d’effet de la police souscrite d’office
Un an de retard total coûte donc, en ordre de grandeur, 1 059,50 € d’amendes, auxquelles s’ajoutent douze mensualités de bestuursrechtelijke premie à 172,70 €, soit 2 072,40 € dus au CAK au titre de l’article 18e, alinéa 1 — et cela sans aucune contrepartie en soins pour la période antérieure à la police imposée, qui ne rétroagit pas. Le retard n’est jamais une économie.
- Le compteur des deux amendes n’est pas la seule sanction : les factures de soins de l’intervalle restent définitivement à la charge de l’intéressé, la rétroactivité de l’article 5, alinéa 5, ne jouant plus au-delà de quatre mois. En revanche, aucune prime ne peut être réclamée au titre de la période non couverte : aucun contrat n’a existé pendant cette période.
- Les amendes sont recouvrables par contrainte et versées au Trésor : elles ne se négocient pas avec l’assureur, qui n’en est pas le créancier.
- S’y ajoute, pour l’assuré qui est bien affilié mais ne paie pas ses primes, un dispositif distinct : l’article 18a, alinéa 1, impose à l’assureur, « uiterlijk tien werkdagen » après le constat d’un arriéré de deux mensualités, de proposer un plan d’apurement ; à défaut de régularisation, l’intéressé bascule sur la bestuursrechtelijke premie perçue par le CAK, fixée par le même arrêté à 172,70 € par mois en 2026 — soit environ 10 % de plus que la prime moyenne du marché.
Ce que le CAK ne fait pas, et ce qu’il faut donc faire soi-même
La procédure des articles 9a à 9d est une procédure de sanction, pas une procédure de rattrapage. Elle ne délivre aucun conseil sur la variante de police adaptée, ne compare pas les réseaux de soins conventionnés et n’ouvre aucune assurance complémentaire — laquelle, rappelons-le, n’est soumise à aucune obligation d’acceptation. La personne assurée d’office se retrouve donc avec la police la moins chère du marché de l’assureur qui lui a été attribué par répartition (article 9d, alinéa 2 : le CAK « zorgt voor een spreiding van zorgverzekeringen […] over alle zorgverzekeraars, naar evenredigheid van het aantal verzekerden bij iedere zorgverzekeraar »), sans complémentaire et sans franchise volontaire.
Ce que nous faisons :nous plaçons la souscription de la police de base et de la complémentaire éventuelle dans les tout premiers jours du calendrier d’installation, immédiatement après l’obtention du BSN, et nous vérifions que la date de prise d’effet retenue par l’assureur correspond bien au jour de naissance de l’obligation et non au jour de la demande. Un décalage de quelques semaines sur cette date est la cause la plus fréquente des régularisations ultérieures.
Le coût réel se lit sur trois lignes, pas sur une
C’est le cœur du chapitre, et c’est le point sur lequel toutes les comparaisons de pouvoir d’achat France–Pays-Bas que nous avons eu à réexaminer étaient fausses. Le Français raisonne en « prime ». Le système néerlandais coûte sur trois lignes distinctes, portées par trois textes différents, appelées par trois débiteurs différents, et dont une seuleapparaît sur le contrat d’assurance.
Étage 1 — la prime nominale, la seule que l’assuré voit
La prime est fixée par l’assureur, non par l’État. L’article 16 de la Zorgverzekeringswet pose que « Krachtens de zorgverzekering is de verzekeringnemer premie verschuldigd », et l’article 17 impose que la base de prime soit identique pour toutes les polices offrant la même combinaison de prestations. Il en résulte le trait le plus étranger au marché français : la prime ne dépend ni de l’âge, ni de l’état de santé, ni des antécédents. La page du gouvernement néerlandais consacrée à l’assurance de base, consultée le 02/08/2026, l’écrit sans ambiguïté : « Healthcare insurers are obliged to accept anyone who applies for the standard insurance package and must charge all policyholders the same premium, regardless of their age or state of health. »
Le niveau 2026 est donné par rijksoverheid.nl, page « Wat kost het om een zorgverzekering af te sluiten? », consultée le 02/08/2026 : « De gemiddelde premie die mensen aan hun zorgverzekeraar moeten betalen in 2026 is € 1.884. Dit is gemiddeld € 157 per maand. » Trois précisions, toutes décisives pour un chiffrage familial :
- c’est une moyenne de marché, non un tarif réglementé : l’écart entre polices existe et se compare, mais il ne se compare pas sur le seul prix, puisque le panier de base est identique par construction ;
- elle est due par personne de dix-huit ans et plus. Un couple paie deux primes ;
- les enfants de moins de dix-huit ans ne paient aucune prime, et ils n’ont pas de franchise. C’est l’un des rares points où le système néerlandais est structurellement plus favorable que le système français à la famille nombreuse — et il est systématiquement omis des comparaisons.
Étage 2 — la contribution liée au revenu : la Zvw-bijdrage
C’est la ligne que le salarié français ne voit jamais, et c’est la plus lourde après la Wlz. La inkomensafhankelijke bijdrage Zvw est prélevée en plusde la prime nominale, sur le revenu, et le Belastingdienst en publie les paramètres sur sa page « Percentages inkomensafhankelijke bijdrage Zvw », consultée le 02/08/2026. Elle prend trois formes selon le statut, et c’est le statut, non le montant du revenu, qui commande laquelle s’applique.
| Forme de la contribution | Taux 2026 | Qui l’acquitte | Ce que l’intéressé voit |
|---|---|---|---|
| Werkgeversheffing Zvw | 6,10 % (6,51 % en 2025) | L’employeur, sur le salaire de son salarié | Rien : elle n’est pas retenue sur le net, elle est une charge patronale. Elle réduit néanmoins la marge de négociation salariale |
| Bijdrage Zvw retenue à la source | 4,85 % (5,26 % en 2025) | L’organisme payeur, sur les pensions et la plupart des prestations | Une ligne de retenue sur le relevé de pension ou de prestation |
| Bijdrage Zvw appelée par avis d’imposition | 4,85 % | L’intéressé lui-même, sur avis (aanslag Zvw) | Un avis distinct de l’avis d’impôt sur le revenu : c’est le cas de l’indépendant |
| Plafond d’assiette commun | 79 409 € en 2026 (75 864 € en 2025) | — | Contribution patronale maximale : 6,10 % × 79 409 = 4 843,95 € ; contribution retenue maximale : 4,85 % × 79 409 = 3 851,34 € |
La conséquence pratique est violente. Un cadre français salarié aux Pays-Bas consulte son bulletin de paie, y trouve la ligne de loonheffinget rien qui ressemble à une cotisation maladie ; il paie par ailleurs 157 € par mois à son assureur ; il en conclut que la santé lui coûte 1 884 € par an. En réalité, sur un salaire de 68 000 €, son employeur acquitte 4 148 € de werkgeversheffingZvw — 6,10 % de 68 000 € —, qui font partie du coût total du travail et donc, économiquement, de sa rémunération. Le retraité et l’indépendant, eux, voient la ligne : c’est pourquoi ils trouvent le système cher et que le salarié le trouve bon marché, alors qu’il s’agit du même système.
Régime des expatriés et assiette de la Zvw-bijdrage : ce qui bouge et ce qui ne bouge pas
Le régime dit « des 30 % » — article 31a, alinéa 8, de la Wet op de loonbelasting 1964, d’une durée maximale de cinq ans (« gedurende ten hoogste vijf jaar ») — permet à l’employeur de traiter une fraction de la rémunération comme un remboursement de frais extraterritoriaux. Trois régimes coexistent selon la date d’entrée : le salarié dont le régime s’appliquait au 31 décembre 2023 conserve 30 %pour la durée restante ; celui entré en 2024, 2025 ou 2026 est à 30 % en 2026 puis à 27 %à compter du 1er janvier 2027 ; celui qui entrera à compter du 1er janvier 2027 est à 27 %. Le chapitre qui lui est consacré expose les trois populations en détail.
Ce que ce régime fait, du côté social : la fraction exonérée n’étant pas du loon, l’employeur ne calcule pas les premies werknemersverzekeringensur elle. Ce qu’il ne fait pas : il ne réduit ni la prime nominale, ni la franchise obligatoire, ni le contenu du panier de base, qui sont indépendants du revenu. Et il ne touche pas aux droits AOW, qui se constituent à 2 % par année d’assurance, quel que soit le montant cotisé.
Réserve de méthode. L’incidence exacte du régime sur l’assiette de la werkgeversheffingZvw se lit sur le paramétrage de paie de l’employeur, qui est le redevable ; nous demandons systématiquement une simulation de bulletin avant et après application du régime, et nous ne la reconstituons jamais de mémoire.
Étage 3 — la Wlz, qui n’est pas de l’assurance maladie et qui coûte plus cher qu’elle
La Wet langdurige zorgcouvre les soins de longue durée : dépendance, handicap lourd, hébergement en institution. Ce n’est pas le champ de la Zorgverzekeringswet, mais c’est elle qui commande l’affiliation à la Zorgverzekeringswet, et c’est elle qui explique l’essentiel de l’écart de coût avec la France. Son taux est de 9,65 %, assis sur la seule première tranche du barème, plafonné à 38 883 € pour les personnes nées en 1946 ou après et à 41 123 € pour celles nées en 1945 ou avant. Elle est incluse dans le prélèvement à la source : le taux de première tranche affiché à 35,75 %en 2026 se décompose en 8,10 % d’impôt sur le revenu (article 2.10 de la Wet inkomstenbelasting 2001), 17,90 % d’AOW, 0,10 % d’Anw et 9,65 % de Wlz.
Autrement dit : 3 752,21 € par an et par personneau plafond (9,65 % × 38 883 €), pour une branche qui n’a pas d’équivalent cotisé de ce niveau du côté français. C’est ce poste, et non la prime, qui explique qu’un retraité titulaire de pensions néerlandaises résidant en France acquitte de l’ordre de 6 291 €de contribution annuelle au CAK là où un retraité français résidant aux Pays-Bas, à revenu identique de 40 000 €, acquitte 1 430 €de cotisation française d’assurance maladie (3,20 % et 4,20 % selon l’article D. 242-8 du code de la sécurité sociale). Le rapport de 4,4 pour 1ne provient d’aucun régime de faveur : il provient de ces 9,65 points de Wlz. Ce point est développé dans le chapitre consacré à la retraite.
| Statut | Étage 1 — prime nominale | Étage 2 — Zvw-bijdrage | Étage 3 — Wlz | Ce que l’intéressé perçoit du coût |
|---|---|---|---|---|
| Salarié | 1 884 € / an (moyenne 2026), à sa charge | 6,10 % à la charge de l’employeur, plafond 79 409 € | 9,65 % inclus dans la loonheffing, plafond 38 883 € | Il ne voit que la prime : il sous-estime d’un facteur 3 ce qu’il débourse, et d’un facteur 5 le coût complet |
| Indépendant (ZZP’er) | 1 884 € / an, à sa charge | 4,85 % appelés par aanslag Zvw distincte | 9,65 % dans son avis d’impôt | Il voit tout, et il paie tout : c’est le statut où le coût est le plus visible |
| Retraité résident des Pays-Bas | 1 884 € / an, à sa charge | 4,85 % retenus à la source sur chaque pension | 9,65 % — mais plus d’AOW à cotiser après l’âge AOW, d’où un taux de première tranche de 17,85 % | Il voit la retenue et la prime ; l’effet de seuil à l’âge AOW est de 17,90 points |
| Enfant de moins de 18 ans | Néant | Néant | Néant | Gratuité complète du panier de base, franchise comprise |
La franchise obligatoire : 385 €, par personne, par année civile
L’eigen risicoest le second grand dépaysement. Il n’a pas d’équivalent dans le régime obligatoire français, où le reste à charge prend la forme d’un ticket modérateur proportionnel et de participations forfaitaires plafonnées. Ici, c’est une franchise en euros : les premiers euros de dépenses relevant du panier de base sont intégralement à la charge de l’assuré. L’article 19, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet la fixe en toutes lettres : « Iedere verzekerde van achttien jaar of ouder heeft een verplicht eigen risico van € 385 per kalenderjaar. »
Quatre caractéristiques de cette phrase méritent d’être relevées une à une, parce que chacune est contre-intuitive pour un lecteur français.
- « Iedere verzekerde » — la franchise est individuelle, pas familiale. Un couple supporte 770 € de franchise potentielle, pas 385 €.
- « van achttien jaar of ouder » — les mineurs n’ont pas de franchise. Un couple avec deux enfants de sept et douze ans supporte exactement la même franchise totale qu’un couple sans enfant.
- « per kalenderjaar » — le compteur se remet à zéro le 1er janvier. Un traitement à cheval sur deux années civiles consomme deuxfranchises. C’est un paramètre de programmation d’une intervention non urgente, et il vaut 385 €.
- Le montant est un montant 2026 : l’alinéa 2 du même article prévoit une indexation annuelle sur l’évolution des dépenses de santé, et l’alinéa 3 son entrée en vigueur par arrêté ministériel dès que l’écart atteint 5 € ou un multiple de 5 €. Nous revenons plus bas sur ce que cela implique pour 2027, car c’est le point le plus mal compris de tout le dispositif.
L’année d’arrivée : la franchise se proratise au jour près
C’est une bonne nouvelle, et elle est rarement connue. L’article 22, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet proratise la franchise — obligatoire etvolontaire — lorsque le contrat ne couvre pas l’année civile entière : « Indien een zorgverzekering niet op 1 januari van een kalenderjaar ingaat of eindigt, is het in dat kalenderjaar voor die overeenkomst geldende bedrag van het verplicht eigen risico en indien dat van toepassing is, vrijwillig eigen risico gelijk aan het voor het gehele kalenderjaar geldende bedrag, vermenigvuldigd met een breuk waarvan de teller gelijk is aan het aantal dagen in dat kalenderjaar waarover de zorgverzekering zal lopen of heeft gelopen, en de noemer aan het aantal dagen in het desbetreffende kalenderjaar. »
Franchise de l’année d’arrivée et de l’année de départ — article 22, alinéa 1
Franchise due = 385 € × (nombre de jours de couverture dans l’année ÷ nombre de jours de l’année)
- Numérateur :Le nombre de jours de l’année civile pendant lesquels la zorgverzekering a couru ou courra — donc à compter du jour de naissance de l’obligation, et non du jour de la souscription, puisque l’article 5, alinéa 5, fait rétroagir le contrat
- Dénominateur :365 jours, ou 366 pour une année bissextile
- Champ d’application :La règle vaut pour le verplicht eigen risico comme pour le vrijwillig eigen risico : les deux se proratisent de la même façon. L’alinéa 3 du même article impose ensuite d’arrondir le résultat à l’euro entier — « Het op grond van het eerste of tweede lid berekende bedrag wordt afgerond op hele euro’s » —, de sorte que les montants exprimés ci-dessous en centimes sont des montants avant arrondi
- Ce qui ne se proratise pas :La prime nominale, qui est due mois par mois au taux plein, et la participation légale sur les médicaments, plafonnée à 250 € pour l’année civile
La proratisation de l’article 22 est un des rares mécanismes du dispositif qui joue en faveur de l’expatrié de courte durée. Elle suppose que la date de prise d’effet et la date de résiliation soient exactes dans le système de l’assureur : c’est la pièce à vérifier sur l’attestation annuelle, et c’est celle qui est le plus souvent fausse lorsque l’installation ou le départ s’est fait en plusieurs étapes.
- Arrivée le 1er septembre : 122 jours de couverture sur 365, soit 385 × 122 ÷ 365 = 128,68 €. Le solde de 256,32 € n’est jamais dû pour cette année-là.
- Arrivée le 1er avril : 275 jours sur 365, soit 385 × 275 ÷ 365 = 290,07 €.
- Départ le 30 juin : 181 jours sur 365, soit 385 × 181 ÷ 365 = 190,92 €. Un client qui a déjà consommé 385 € de franchise avant son départ obtient donc un remboursement de la différence, à condition de le demander : l’assureur ne le régularise pas toujours spontanément.
- Une expatriation qui commence en septembre d’une année et s’achève en juin d’une autre traverse deux années civiles et supporte donc deux franchises proratisées, dont la somme peut être inférieure à 385 € : 128,68 + 190,92 = 319,60 € pour l’exemple ci-dessus.
Ce qui échappe à la franchise — la liste, et ce qu’elle enseigne
La franchise ne frappe pas tout le panier de base. La page rijksoverheid.nlconsacrée à l’eigen risico, consultée le 02/08/2026, énumère les soins qui y échappent : « Voor de volgende zorg uit het basispakket betaalt u geen eigen risico : huisartsenzorg (waaronder de huisartsenpost) ; verloskundige zorg en kraamzorg ; bepaalde zorg bij een aantal chronische ziekten ; wijkverpleging ; nacontroles bij orgaandonatie ; reiskosten bij orgaandonatie ; gecombineerde leefstijlinterventie. » Le fondement réglementaire de cette liste est l’article 2.17, alinéa 1, du Besluit zorgverzekering, qui l’ouvre par « Kosten van het gebruik van zorg en overige diensten die buiten het verplicht eigen risico vallen, betreffen kosten van : a. verloskundige zorg en kraamzorg, b. de niet-invasieve prenatale test, c. huisartsenzorg, d. multidisciplinaire eerstelijnszorg waar huisartsenzorg deel van uitmaakt […] ».
L’exonération du médecin traitant ne s’étend pas à ce qu’il prescrit
C’est l’erreur de lecture la plus fréquente, et la plus coûteuse. La consultation du huisartsest hors franchise. Mais l’analyse de sang qu’il prescrit, le médicament qu’il ordonne, la radiographie qu’il demande, le passage aux urgences vers lequel il oriente, la consultation de spécialiste vers laquelle il adresse — tout cela est sur la franchise. Une seule consultation de généraliste peut donc déclencher, la semaine suivante, une consommation intégrale des 385 €.
La conséquence budgétaire est qu’il faut raisonner en franchise pleine probableplutôt qu’en franchise résiduelle. Le gouvernement néerlandais lui-même retient, pour la construction de la standaardpremie 2026, une consommation moyenne de 235 €de franchise par assuré et par an — c’est le chiffre porté à l’exposé des motifs de la Regeling vaststelling standaardpremie en bestuursrechtelijke premies 2026. C’est cette valeur, et non zéro, qu’il faut inscrire dans un budget familial prévisionnel.
À la franchise s’ajoute, sur un poste précis, une participation légale distincte : la eigen bijdrage sur les médicaments, plafonnée à 250 €par année civile — « de eigen bijdrage voor geneesmiddelen blijft maximaal € 250 » (rijksoverheid.nl, page du basispakket, consultée le 02/08/2026). Elle se cumule avec la franchise : l’exposition maximale d’un adulte au titre du panier de base est donc, hors franchise volontaire, de 385 + 250 = 635 € par an. D’autres eigen bijdragenexistent sur d’autres postes — dispositifs médicaux, transports sanitaires, aide à la naissance —, dont le niveau est fixé par la Regeling zorgverzekering ; nous les vérifions poste par poste lorsqu’un besoin identifié le justifie, et nous ne les chiffrons pas en général.
La franchise volontaire : comment se pose vraiment l’arbitrage
L’assuré peut relever sa franchise en échange d’une réduction de prime. L’article 20 de la Zorgverzekeringswetencadre strictement l’offre : son alinéa 1 impose à l’assureur d’offrir, pour chaque combinaison de prestations, « een variant zonder vrijwillig eigen risico » — une variante sans franchise volontaire —, et son alinéa 2 limite les paliers possibles à cinq : « De zorgverzekeraar kan voor de verzekering van een persoon van achttien jaar of ouder varianten van de zorgverzekering aanbieden met een vrijwillig eigen risico van € 100, € 200, € 300, € 400 of € 500 per kalenderjaar, waartegenover hij een korting op de grondslag van de premie verleent. »
Le montant de la réduction n’est pasfixé par la loi : il est déterminé par chaque assureur et figure dans sa police modèle. Nous ne publions donc aucun barème de réduction — il varie d’une année sur l’autre et d’un contrat à l’autre. En revanche, l’arbitrage se pose toujours de la même façon, et il se pose en probabilité, pas en montant.
Le seuil d’indifférence de la franchise volontaire
p* = R ÷ F, où p* est la probabilité de consommation à partir de laquelle la franchise volontaire devient perdante
- F :Le montant de franchise volontaire souscrite : 100, 200, 300, 400 ou 500 € (article 20, alinéa 2)
- R :La réduction annuelle de prime consentie par l’assureur en contrepartie, à relever sur la police modèle — c’est la seule donnée que le client doit aller chercher lui-même
- p* :La probabilité, sur l’année, de consommer au moins la totalité de la franchise volontaire en sus de la franchise obligatoire de 385 €
- Lecture de la règle :Si la probabilité réelle de dépasser 385 € + F est inférieure à p*, la franchise volontaire est gagnante en espérance ; si elle est supérieure, elle est perdante
- Cas particulier de la certitude :Un assuré certain de dépasser 385 € + F chaque année perd exactement F − R ; un assuré certain de ne rien consommer gagne exactement R
La franchise volontaire est un pari sur sa propre santé, et elle est irréversible pour l’année civile en cours : une fois l’année commencée, on ne la ramène pas à zéro parce qu’un accident est survenu. C’est la seule décision de ce chapitre qui relève d’un arbitrage individuel de risque, et c’est la raison pour laquelle nous ne la recommandons jamais par défaut.
- Exemple d’application, avec une réduction hypothétique R de 60 € pour F = 500 € : p* = 60 ÷ 500 = 12 %. Une franchise volontaire de 500 € n’est donc rationnelle que si la probabilité de consommer plus de 885 € de soins dans l’année est inférieure à 12 %.
- Le calcul doit être refait chaque année avant le 31 décembre, parce que R change chaque année et que la franchise volontaire se modifie au même moment que le changement d’assureur.
- Trois profils où la franchise volontaire est presque toujours perdante : la personne suivie pour une affection chronique, la femme enceinte (les soins obstétricaux sont hors franchise mais l’hospitalisation associée ne l’est pas intégralement), et la personne de plus de soixante ans qui a des soins programmés.
- Un profil où elle est presque toujours gagnante : le célibataire de moins de trente-cinq ans, sans traitement en cours, dont la seule consommation prévisible est la consultation de généraliste, laquelle est hors franchise.
- Attention à l’effet de la proratisation de l’article 22 : sur une année d’arrivée partielle, F se proratise comme les 385 €, mais la réduction de prime R se proratise elle aussi, mois par mois. Le rapport R ÷ F reste donc à peu près stable.
La franchise volontaire est perdue en cas de souscription d’office
Détail technique qui a une conséquence réelle : lorsque le CAK souscrit une police au nom d’un non-assuré au terme de la procédure des articles 9a à 9d, l’article 9d, alinéa 3, lui impose de retenir « de variant met de laagste premie, maar zonder vrijwillig eigen risico ». L’intéressé se voit donc imposer la police la moins chère du catalogue, mais sans le levier qui aurait pu la rendre moins chère encore. C’est une sanction supplémentaire, non affichée comme telle.
2027 : ce que le lecteur va lire ailleurs, et ce que dit le droit au 2 août 2026
Sur ce point précis, la littérature francophone et une bonne part de la littérature néerlandaise en ligne sont en retard d’au moins un gouvernement, et elles annoncent une baisse de la franchise à 165 € qui, au 2 août 2026, n’est pas du droit positif. Voici l’état exact du dossier, établi sur les sources primaires.
Premier élément, et il est décisif : le gel de la franchise est écrit dans la loi, avec une date de fin. L’article 19, alinéa 7, de la Zorgverzekeringswet dispose : « Het tweede en derde lid blijven buiten toepassing voor de jaren 2019 tot en met 2026. » Les alinéas 2 et 3 sont ceux qui organisent l’indexation annuelle. Ils sont neutralisés pour les années 2019 à 2026 incluse— et pour elles seulement. Il en résulte que, sans qu’aucune loi nouvelle soit nécessaire, l’indexation reprend de plein droit à compter de 2027, et que le montant de 385 €, figé depuis 2016, cessera mécaniquement de l’être. C’est l’inverse exact de ce que suggère l’idée d’une baisse programmée.
Deuxième élément : deux projets de loi de sens opposé sont enregistrés, et aucun des deux n’est en vigueur.Le premier, inscrit au calendrier législatif néerlandais sous la référence WGK027023, s’intitule « Wijziging van de Zorgverzekeringswet teneinde het verplicht eigen risico voor de zorgverzekering per 2027 te verlagen naar 165 euro » — abaisser la franchise à 165 €. Le second, déposé à la Tweede Kamerles 11 et 12 mai 2026 sous le numéro de dossier 36 943, s’intitule « Wijziging van de Zorgverzekeringswet teneinde het verplicht eigen risico voor de zorgverzekering per 2027 te verhogen » — la relever. Son exposé des motifs, publié sous la référence Kamerstuk 36 943, n° 3, daté du 2 juin 2026, énonce que le gouvernement choisit de réindexer la franchise (« Dit kabinet kiest er daarom voor om het verplicht eigen risico per 2027 weer te indexeren »), qu’il y ajoute « een verhoging van het verplicht eigen risico met € 60 », et que « het verplicht eigen risico in 2027 naar huidige inzichten uitkomt op € 455 ».
Position du guide sur la franchise 2027
Le montant en vigueur au 2 août 2026 est 385 €, et c’est le seul chiffre sur lequel une décision peut être construite. Aucun des deux projets de loi cités n’est adopté à cette date ; le second est au surplus assorti, dans son propre exposé des motifs, de la réserve « naar huidige inzichten » — en l’état des estimations actuelles. Nous ne publions donc aucun montant de franchise pour 2027 et nous n’annonçons aucune date d’entrée en vigueur.
Ce que nous disons au client, en revanche, et qui est solidement établi : le gel écrit à l’article 19, alinéa 7, s’arrête à l’année 2026, la direction du mouvement le plus probable pour 2027 est donc à la hausseet non à la baisse, et un budget familial pluriannuel ne doit pas être construit sur une franchise inchangée. La revérification se fait sur l’article 19 de la Zorgverzekeringswet servi par wetten.overheid.nl, et sur l’arrêté ministériel de novembre qui, le cas échéant, substituera un nouveau montant à celui de l’alinéa 1.
Le panier de base : une liste positive, et tout ce qui n’y est pas en est dehors
Le contenu du panier de base n’est pas négocié avec l’assureur : il est identique chez tous, et il est arrêté par l’État. La page du gouvernement néerlandais consacrée à l’assurance de base, consultée le 02/08/2026, l’énonce ainsi : « the government decides on the cover provided by the standard package. All insurers offer the same standard package. » C’est un point d’organisation fondamental : comparer deux polices de base sur leur couverturen’a aucun sens. On ne les compare que sur trois choses — le prix, le réseau de soignants conventionnés, et le mode de remboursement.
Le risque couvert est défini à l’article 10 de la Zorgverzekeringswet, dont les premiers points énumèrent : « a. geneeskundige zorg, waaronder de integrale eerstelijnszorg zoals die door huisartsen en verloskundigen pleegt te geschieden ; b. mondzorg ; c. farmaceutische zorg ; d. hulpmiddelenzorg ; e. verpleging ; f. verzorging, waaronder de kraamzorg ». Le détail est renvoyé au Besluit zorgverzekering et à la Regeling zorgverzekering. Il en résulte le trait de méthode que nous voudrions faire comprendre à tout client : le panier néerlandais est une liste positive. La question « est-ce que tel soin est couvert ? » ne se répond pas par l’usage ni par l’analogie avec la France, mais par la lecture du décret. Ce qui n’y figure pas n’est pas couvert, quelle que soit sa nécessité ressentie.
Ce que la page officielle du basispakket exclut expressément
Nous décrivons ici des catégories de couverture, jamais un contrat ni un assureur déterminé. Les exclusions relevées ci-dessous figurent sur la page rijksoverheid.nl« Welke zorg zit in het basispakket van de zorgverzekering? », consultée le 02/08/2026. Cette page ne se présente pas comme exhaustive : elle donne les exclusions les plus fréquemment rencontrées, et l’énumération complète est celle du Besluit zorgverzekering.
| Catégorie | Situation dans le panier de base | Ce que cela implique pour un expatrié français |
|---|---|---|
| Lunettes et lentilles de contact ordinaires | Hors panier : « Gewone contactlenzen en brillen worden niet vergoed via de basisverzekering » | Poste intégralement à charge, sauf complémentaire. Les lentilles médicalement nécessaires et les verres spéciaux relèvent d’un régime distinct, qui se vérifie au cas par cas |
| Soins dentaires des adultes (18 ans et plus) | Hors panier pour les contrôles et les soins courants, mais trois blocs restent dans le panier de base : la chirurgie dentaire de nature spécialisée et l’examen radiologique correspondant, la prothèse amovible complète (kunstgebit, avec une participation de 25 %) et les soins dentaires particuliers (bijzondere tandheelkunde) en cas de trouble grave du développement ou de la croissance de la bouche ou de la mâchoire — le tout soumis à la franchise | Hors les trois blocs maintenus dans le panier de base, le dentiste est, pour un adulte, un poste de dépense privée. C’est le premier motif de souscription d’une complémentaire |
| Soins dentaires des moins de 18 ans | Dans le panier : contrôles, traitements, fluoration | Gratuité complète — ni prime, ni franchise, ni participation, jusqu’au dix-huitième anniversaire |
| Kinésithérapie des adultes | Prise en charge seulement à partir de la 21e séance, et seulement pour les affections figurant sur la liste des pathologies chroniques : « De eerste 20 behandelingen betaalt u meestal zelf » | Vingt séances à charge intégrale avant toute prise en charge. Le poste est celui où l’écart avec le régime français est le plus large |
| Kinésithérapie des moins de 18 ans | Dans le panier, dans la limite de 18 traitements | À vérifier lorsque l’enfant est suivi pour un motif orthopédique ou respiratoire |
| Déambulateurs et aides simples à la marche | Hors panier | Poste à budgéter pour un ascendant accompagnant, ou pour un client en fin de convalescence |
La règle des vingt séances de kinésithérapie mérite un développement, parce qu’elle est le poste sur lequel nos clients sont le plus régulièrement surpris. Elle connaît des exceptions chiffrées, dont la page officielle donne le détail : rééducation périnéale pour incontinence urinaire jusqu’à la 9eséance ; thérapie par le mouvement pour l’arthrose de hanche et de genou jusqu’à la 12e ; claudication intermittente jusqu’à la 37e ; bronchopneumopathie chronique obstructive sans limite de séances. S’y ajoutent, dans le panier, l’ergothérapie dans la limite de dix heures par an et le conseil diététique dans la limite de trois heures par an.
Un client qui arrive avec une pathologie chronique déjà suivie en France doit donc, avantde partir, faire établir la liste précise de ses actes récurrents et la confronter poste par poste au décret néerlandais. C’est un travail de quelques heures qui évite des découvertes à quatre chiffres.
La complémentaire : le renversement complet par rapport à la France
En France, la complémentaire santé d’un salarié est le plus souvent collective, obligatoire, cofinancée par l’employeur, et surtout sans sélection médicale. Aux Pays-Bas, l’aanvullende verzekeringest individuelle, facultative, et l’obligation d’acceptation ne la couvre pas. La page rijksoverheid.nlconsacrée au changement d’assureur, consultée le 02/08/2026, l’écrit en une phrase : « Een zorgverzekeraar heeft de plicht u te accepteren voor de basisverzekering. De zorgverzekeraar mag u wel weigeren voor een aanvullende verzekering. » La page du gouvernement en anglais dit la même chose : « Insurance companies are not obliged to accept everyone who applies for additional insurance. »
La règle d’or de l’installation : base et complémentaire en même temps
Il en découle une règle de conduite que nous appliquons sans exception : la complémentaire se souscrit au moment de l’installation, en même temps que la police de base, avant tout antécédent déclarable aux Pays-Bas.Attendre d’avoir besoin d’un soin dentaire lourd ou d’une série de séances de kinésithérapie pour souscrire une complémentaire, c’est se placer dans la seule situation où l’assureur peut refuser, ou tarifer au risque.
Corollaire, souvent ignoré au moment d’un changement d’assureur : résilier la police de base auprès d’un assureur emporte, chez le même assureur, la résiliation de la complémentaire. Or, si la nouvelle complémentaire est refusée, l’ancienne est perdue— la résiliation, elle, a produit ses effets. La comparaison annuelle des polices de base n’est donc pas neutre pour qui a une complémentaire étendue : elle doit être conduite en obtenant l’accord d’acceptation du nouvel assureur avant de résilier.
Le seul vrai choix de la police de base : nature, remboursement, ou combinaison
Puisque la couverture est identique partout, le choix se déplace sur le mode de délivrance de la prestation. L’article 11, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswetdéfinit l’obligation de soins de l’assureur en deux branches : l’assuré a droit à des prestations consistant en « a. de zorg of de overige diensten waaraan hij behoefte heeft », ou en « b. vergoeding van de kosten van deze zorg of overige diensten alsmede, desgevraagd, activiteiten gericht op het verkrijgen van deze zorg of diensten ». L’alinéa 2 autorise expressément les combinaisons des deux : « In de zorgverzekering kunnen combinaties van verzekerde prestaties als bedoeld in het eerste lid, onderdeel a of b, worden opgenomen. » D’où les trois familles de polices que le marché néerlandais propose — police en nature, police de remboursement, police combinée.
La conséquence financière de ce choix est portée par l’article 13, alinéa 1, et elle est rude : lorsque l’assuré doit, aux termes de sa police, s’adresser à un prestataire conventionné et qu’il s’adresse néanmoins à un autre, « heeft hij recht op een door de zorgverzekeraar te bepalen vergoeding van de voor deze zorg of dienst gemaakte kosten » — un remboursement déterminé par l’assureur. L’alinéa 2 ajoute que le mode de calcul de ce remboursement figure dans la police modèle : « De zorgverzekeraar neemt de wijze waarop hij de vergoeding berekent in de modelovereenkomst op. »
Police en nature (naturapolis)
L’assureur délivre le soin en organisant l’accès à un réseau de prestataires avec lesquels il a contracté. C’est la formule la moins chère, et de loin la plus répandue.
Police de remboursement (restitutiepolis)
L’assureur rembourse les frais exposés, en application de l’article 11, alinéa 1, sous b. C’est la formule qui se rapproche le plus de la logique française du libre choix du praticien.
Police combinée (combinatiepolis)
Certaines prestations en nature, d’autres en remboursement — combinaison expressément permise par l’article 11, alinéa 2. C’est le format le plus difficile à comparer.
Pour un expatrié français, ce choix a une dimension que le marché néerlandais ne met pas en avant et que nous posons systématiquement : la barrière de langue est un critère de réseau. Trouver un praticien francophone ou anglophone dans le réseau conventionné d’un assureur donné n’est pas garanti, et la police en nature, la moins chère, est précisément celle qui restreint le choix. L’écart de prime entre les deux formules doit être mis en regard de ce paramètre, non seulement du confort.
Le médecin traitant, l’accès au spécialiste, et pourquoi il faut s’inscrire avant d’être malade
Le huisarts néerlandais n’est pas le médecin traitant français : c’est un gardien de porte, et le mot n’est pas une image. En France, le parcours de soins coordonnés est une incitation financière : consulter un spécialiste sans passer par le médecin traitant fait baisser le taux de remboursement. Aux Pays-Bas, c’est une condition d’accès : sans lettre d’adressage, le spécialiste n’est en principe pas accessible, et la facture n’est pas prise en charge.
La page rijksoverheid.nlconsacrée à la lettre d’adressage, consultée le 02/08/2026, pose la règle et sa sanction : « De huisarts geeft alleen een verwijzing als dit medisch nodig is. » Le médecin peut refuser s’il est convaincu que l’adressage ne serait pas utile, à charge pour lui de s’en expliquer : « Uw huisarts moet dan duidelijk aan u uitleggen waarom hij geen verwijsbrief wil geven. » Et la conséquence du passage en force est explicite : « Heeft u geen geldige verwijsbrief en gaat u toch naar de specialist? Dan kan het zijn dat u de behandeling zelf moet betalen. »
La même page cite un ensemble de professions pour lesquelles l’adressage n’est en principe pas exigé — kinésithérapeutes, thérapeutes du mouvement, hygiénistes dentaires, dermothérapeutes, diététiciens, ergothérapeutes, orthophonistes, podologues — en précisant que cela dépend de l’assureur. Ce « cela dépend de l’assureur » ramène à l’article 13, alinéa 2 : c’est la police modèle qui fait foi.
| Besoin | Point d’entrée | Adressage requis | Franchise applicable |
|---|---|---|---|
| Consultation courante, renouvellement, suivi | Le huisarts auprès duquel on est inscrit | Sans objet | Non : huisartsenzorg hors franchise (Besluit zorgverzekering, article 2.17) |
| Analyse de sang, imagerie, médicament prescrits par le huisarts | Laboratoire, cabinet de radiologie, pharmacie | Prescription du huisarts | Oui, sur les 385 € — c’est le poste qui consomme la franchise le plus vite |
| Consultation de spécialiste, hôpital de jour, chirurgie programmée | Le spécialiste, sur adressage | Oui : verwijsbrief du huisarts | Oui |
| Besoin en dehors des heures d’ouverture du cabinet | Le huisartsenpost de permanence | Sans objet | Non : le huisartsenpost est expressément visé par l’exonération |
| Urgence vitale | Le 112 | Sans objet | Oui pour l’ambulance et pour les soins hospitaliers consécutifs |
| Soins de santé mentale | Le huisarts, qui oriente vers la première ou la deuxième ligne | Oui pour la deuxième ligne | Oui |
Ce qui décide, et ce qui ne se rattrape pas
Inscrivez-vous auprès d’un cabinet de huisartsdès l’installation, et non au premier besoin.L’inscription n’est pas instantanée : les cabinets travaillent par secteur géographique et ferment leurs listes lorsqu’ils sont complets, ce qui est fréquent dans les grandes villes. Une personne non inscrite qui tombe malade se retrouve à devoir passer par le huisartsenpostpour des motifs qui n’en relèvent pas, et surtout à ne pas pouvoir obtenir la lettre d’adressage qui ouvre l’accès au spécialiste.
Deuxième point, moins évident : le huisartsest aussi le point d’entrée du dossier médical. Un client qui arrive avec un suivi français a intérêt à faire transférer son historique dès l’inscription, plutôt qu’au moment où il en aura besoin — parce qu’un adressage rapide, sur une pathologie déjà documentée, ne s’obtient pas dans les mêmes délais qu’un adressage à instruire de zéro.
La zorgtoeslag : une allocation, pas une réduction de prime
La zorgtoeslag est une allocation versée par la Dienst Toeslagenpour compenser la prime d’assurance maladie. Elle n’est ni un tarif réduit, ni une exonération : c’est un versement en numéraire, mensuel, indépendant de l’assureur, et il faut le demander. Personne ne l’attribue d’office.
Son mécanisme est d’une simplicité trompeuse. L’article 2, alinéa 1, de la Wet op de zorgtoeslag(base BWBR0018451, version en vigueur au 1er janvier 2026, consultée le 02/08/2026) dispose : « Indien de normpremie voor een verzekerde in het berekeningsjaar minder bedraagt dan de standaardpremie in dat jaar, heeft de verzekerde aanspraak op een zorgtoeslag ter grootte van dat verschil. » L’allocation est la différence entre deux primes théoriques : une prime standard, la même pour tous, et une prime normée, croissante avec le revenu.
La zorgtoeslag, décomposée
Zorgtoeslag = standaardpremie − normpremie
- Standaardpremie 2026 :2 119 € — Regeling vaststelling standaardpremie en bestuursrechtelijke premies 2026, du 17 novembre 2025, article 1, publiée au Staatscourant 2025, n° 40022. Elle se décompose en 1 884 € de prime nominale moyenne estimée et 235 € de franchise obligatoire moyenne estimée
- Normpremie :Définie à l’article 1 de la Wet op de zorgtoeslag comme « de aan de hand van het drempelinkomen en het toetsingsinkomen van de verzekerde berekende premie voor een zorgverzekering in het berekeningsjaar ». Elle est un pourcentage d’un revenu-seuil, augmenté d’un pourcentage de la fraction de revenu qui dépasse ce seuil
- Drempelinkomen :Revenu-seuil défini à l’article 1 par référence au salaire minimum légal du mois de janvier de l’année considérée, majoré de 8 %
- Toetsingsinkomen :Le revenu retenu par la Dienst Toeslagen, « ongeveer uw bruto-jaarinkomen, meestal net iets hoger » selon sa propre page consultée le 02/08/2026 : il inclut le pécule de vacances et les pensions alimentaires perçues
- Effet de la mécanique :L’allocation est maximale tant que le revenu ne dépasse pas le drempelinkomen, puis décroît, puis s’éteint. Elle ne dépend en aucune manière de la prime réellement payée à l’assureur : souscrire une police moins chère ne réduit pas la zorgtoeslag, et souscrire une police plus chère ne l’augmente pas
La zorgtoeslag est donc un transfert forfaitaire dégressif, sans lien avec le contrat souscrit. Elle se demande auprès de la Dienst Toeslagen, et son montant exact doit être obtenu par la simulation officielle : les pourcentages de la normpremie sont fixés par voie réglementaire et changent chaque année.
- Conséquence directe et rarement énoncée : l’économie réalisée en choisissant une police moins chère que la moyenne du marché est intégralement acquise au ménage, puisque l’allocation est calculée sur une prime standard forfaitaire et non sur la prime réelle.
- Autre conséquence : la franchise volontaire, qui réduit la prime réelle, ne réduit pas davantage la zorgtoeslag. Les deux leviers se cumulent.
- La normpremie n’est pas la prime que l’on paie : c’est un paramètre de calcul. Aucun assuré n’acquitte jamais une « normpremie ».
Les paramètres 2026, relevés sur les pages de la Dienst Toeslagen consultées le 02/08/2026, sont les suivants.
| Paramètre 2026 | Sans partenaire de toeslag | Avec partenaire de toeslag |
|---|---|---|
| Montant mensuel maximal | 129 € | 246 € |
| Soit, sur douze mois | 1 548 € | 2 952 € |
| Revenu annuel maximal (toetsingsinkomen) | 40 857 € | 51 142 € |
| Patrimoine maximal au 1er janvier 2026 | 146 011 € | 184 633 € |
| Point d’extinction du droit | Au premier euro de revenu au-delà de 40 857 € | Au premier euro de revenu commun au-delà de 51 142 € |
De ces deux séries de chiffres se déduit la pente de dégressivité, et elle mérite d’être connue parce qu’elle constitue un taux marginal caché. La page de la Dienst Toeslagen consultée le 02/08/2026 indique que le maximum est servi jusqu’à un toetsingsinkomen de l’ordre de 29 500 €. Pour une personne seule, l’allocation passe donc de 1 548 € à zéro entre 29 500 € et 40 857 €, soit 1 548 ÷ 11 357 = 13,6 % ; pour un couple, de 2 952 € à zéro entre 29 500 € et 51 142 €, soit 2 952 ÷ 21 642 = 13,6 %également. La perte d’allocation est donc de l’ordre de 13 à 14 centimes par euro de revenu supplémentaireà l’intérieur de la plage dégressive. Ces treize à quatorze points s’ajoutent au taux marginal du barème et aux dégressivités des crédits d’impôt néerlandais : pour un ménage modeste, une augmentation de salaire de 2 000 € peut ne rien rapporter.
Le point aveugle absolu de notre clientèle : la condition de patrimoine
La condition de ressources fait beaucoup parler ; c’est la condition de patrimoine qui, en pratique, prive nos clients de la zorgtoeslag. Le plafond est de 146 011 € pour une personne seule et de 184 633 € pour un couple, apprécié au 1er janvier de l’année considérée. Il est franchi par la quasi-totalité des expatriés que nous accompagnons, pour une raison qui n’a rien à voir avec leur revenu : le patrimoine apprécié est la rendementsgrondslag de l’article 5.3 de la Wet IB 2001, à laquelle renvoie l’article 7, alinéa 3, de l’Awir : le patrimoine mondial du résident des Pays-Bas, actifs diminués des dettes. Il inclut donc l’appartement français conservé et loué, les contrats d’épargne français, les comptes titres — bref, exactement ce que ce guide passe vingt chapitres à organiser.
Un couple de trentenaires à revenus modestes qui a gardé un studio parisien de 250 000 € n’a aucun droit à la zorgtoeslag, alors même que son revenu l’y rendrait éligible. Symétriquement, un jeune couple qui débute et loue en France comme aux Pays-Bas y a droit. La ligne de partage n’est pas celle que l’on croit, et elle s’apprécie une fois par an, au 1er janvier : la date de réalisation d’un actif dans l’année a donc un effet sur l’allocation de l’année suivante.
Ce que nous en faisons : nous vérifions la condition de patrimoine avantla condition de revenu, parce qu’elle est éliminatoire et binaire, et parce que déposer une demande à laquelle on n’a pas droit expose à une restitution avec intérêts — la zorgtoeslag étant versée par avances mensuelles puis régularisée.
Comment se demande la zorgtoeslag. La demande se dépose auprès de la Dienst Toeslagen, par le portail Mijn Toeslagen, avec une identification numérique ; elle porte sur une année civile de calcul et donne lieu à des avances mensuelles régularisées après coup. Le délai est fixé par l’article 15, alinéa 1, de l’Algemene wet inkomensafhankelijke regelingen : « Een aanvraag om een tegemoetkoming met betrekking tot een berekeningsjaar kan tot en met 31 december van het jaar volgend op het berekeningsjaar worden ingediend bij de Dienst Toeslagen. » Autrement dit : on peut encore demander, jusqu’au 31 décembre 2026, la zorgtoeslag de l’année 2025. Au-delà, le droit est perdu.
Deux situations produisent des demandes rétroactives que nous voyons régulièrement aboutir : l’année d’arrivée, où le revenu néerlandais partiel place le ménage sous les plafonds alors qu’il les dépassera dès l’année suivante ; et l’année de départ, pour la même raison. Une arrivée au 1er septembre 2025 avec un salaire annualisé de 72 000 € correspond à un toetsingsinkomen2025 de l’ordre de 24 000 € : sous le plafond, donc éligible pour cette année-là — sous réserve, toujours, de la condition de patrimoine au 1er janvier 2025.
Une zorgtoeslag pour un retraité qui ne vit même pas aux Pays-Bas
Point technique, presque jamais exploité : le retraité résidant en France qui perçoit des pensions néerlandaises et acquitte à ce titre la contribution santé au CAK — la verdragsbijdrage de l’article 69 de la Zorgverzekeringswet — peut, lui aussi, avoir droit à la zorgtoeslag. L’article 69, alinéa 4, sous b, permet en effet de déterminer par arrêté quelle fraction de cette contribution est considérée comme une prime d’assurance santé pour l’application de la Wet op de zorgtoeslag.
Nous rencontrons très peu de dossiers dans lesquels cette demande a été faite. Elle relève du chapitre consacré à la retraite pour le calcul de la contribution elle-même ; elle se dépose auprès de la Dienst Toeslagen dans les mêmes délais que ci-dessus, et elle est soumise aux mêmes conditions de revenu et de patrimoine — cette dernière étant, là encore, le plus souvent éliminatoire.
Six configurations chiffrées, refaites pas à pas
Tous les calculs ci-dessous sont établis aux paramètres 2026, sur une année civile pleinesauf indication contraire, et avec la prime moyenne de marché de 1 884 € par adulte. La franchise est retenue à sa valeur moyenne de 235 € — celle que le gouvernement néerlandais utilise lui-même pour construire la standaardpremie —, et non à zéro ni à 385 €. Chaque total distingue ce que le ménage débourse de ce que le système lui coûte, parce que la werkgeversheffingest acquittée par l’employeur mais fait partie du coût du travail.
Configuration 1 — célibataire, 32 ans, salarié à 68 000 € bruts
| Poste | Calcul | Montant annuel | Qui l’acquitte |
|---|---|---|---|
| Prime nominale | 157 € × 12 | 1 884,00 € | L’assuré |
| Franchise obligatoire, valeur moyenne | Consommation moyenne retenue par l’arrêté standaardpremie | 235,00 € | L’assuré |
| Werkgeversheffing Zvw | 6,10 % × 68 000 € (sous le plafond de 79 409 €) | 4 148,00 € | L’employeur |
| Cotisation Wlz | 9,65 % × 38 883 € (plafond atteint) | 3 752,21 € | L’assuré, dans la loonheffing |
| Zorgtoeslag | Revenu supérieur à 40 857 € | 0,00 € | — |
| Ce que le ménage débourse | 1 884 + 235 + 3 752,21 | 5 871,21 € | — |
| Ce que le système coûte | 5 871,21 + 4 148 | 10 019,21 € | — |
Le montant que ce client cite spontanément quand on lui demande ce que lui coûte la santé aux Pays-Bas est 1 884 €. Le montant qu’il débourse réellement est 5 871,21 €, soit 3,1 fois plus, et le coût complet est de 10 019,21 €, soit 5,3 foisle chiffre qu’il a en tête. On remarquera que la somme de la prime et de la franchise moyenne — 1 884 + 235 = 2 119 € — reconstitue exactement la standaardpremiede l’arrêté du 17 novembre 2025. Ce n’est pas une coïncidence : c’est la définition officielle de ce que coûte, en moyenne, l’assurance maladie à un assuré néerlandais, hors contributions assises sur le revenu.
Configuration 2 — couple sans enfant, deux salaires de 52 000 € et 38 000 €
| Poste | Calcul | Montant annuel |
|---|---|---|
| Primes nominales | 2 × 1 884 € | 3 768,00 € |
| Franchises, valeur moyenne | 2 × 235 € | 470,00 € |
| Werkgeversheffing Zvw | 6,10 % × (52 000 + 38 000) | 5 490,00 € |
| Cotisation Wlz, conjoint A | 9,65 % × 38 883 € (plafond atteint) | 3 752,21 € |
| Cotisation Wlz, conjoint B | 9,65 % × 38 000 € (sous le plafond) | 3 667,00 € |
| Zorgtoeslag | Revenu commun de 90 000 €, très au-dessus de 51 142 € | 0,00 € |
| Ce que le ménage débourse | 3 768 + 470 + 3 752,21 + 3 667 | 11 657,21 € |
| Ce que le système coûte | 11 657,21 + 5 490 | 17 147,21 € |
Ce couple est la configuration la plus défavorable du dispositif néerlandais, et il est très représentatif de notre clientèle. Deux primes, deux franchises, deux cotisations Wlz, deux contributions patronales, et aucune allocation. Le doublement est intégral : le système néerlandais n’a aucune notion d’ayant droit entre conjoints. Le conjoint qui ne travaille pas paie exactement la même prime et supporte exactement la même franchise que celui qui travaille ; il n’acquitte simplement pas de contribution assise sur un revenu qu’il n’a pas.
Configuration 3 — couple avec deux enfants de 7 et 12 ans, salaires de 95 000 € et 22 000 €
| Poste | Calcul | Montant annuel |
|---|---|---|
| Primes nominales | 2 adultes × 1 884 € ; enfants : néant | 3 768,00 € |
| Franchises, valeur moyenne | 2 adultes × 235 € ; enfants : néant | 470,00 € |
| Werkgeversheffing Zvw | 6,10 % × (79 409 € plafonné + 22 000 €) = 6,10 % × 101 409 € | 6 185,95 € |
| Cotisation Wlz, conjoint A | 9,65 % × 38 883 € (plafond atteint) | 3 752,21 € |
| Cotisation Wlz, conjoint B | 9,65 % × 22 000 € | 2 123,00 € |
| Zorgtoeslag | Revenu commun de 117 000 € | 0,00 € |
| Ce que le ménage débourse | 3 768 + 470 + 3 752,21 + 2 123 | 10 113,21 € |
| Ce que le système coûte | 10 113,21 + 6 185,95 | 16 299,16 € |
Le résultat contre-intuitif : deux enfants coûtent exactement zéro
Comparez les configurations 2 et 3. Le couple avec deux enfants et 117 000 € de revenus débourse 10 113,21 € ; le couple sans enfant et 90 000 € de revenus débourse 11 657,21 €. Le ménage avec enfants et 27 000 € de revenus supplémentaires paie 1 544 € de moins.
L’explication tient en deux lignes de droit : l’article 19, alinéa 1, réserve la franchise aux assurés « van achttien jaar of ouder », et la prime nominale n’est due que par les personnes de dix-huit ans et plus. Les deux enfants sont donc intégralement couverts par le panier de base — soins dentaires compris, ce que les adultes n’ont pas — sans qu’aucun euro ne soit appelé à leur titre. Le plafond de la werkgeversheffingà 79 409 € fait le reste : au-delà, le revenu supplémentaire est sans coût santé.
C’est l’un des rares points sur lesquels le système néerlandais est structurellement plus favorable que le système français à la famille, et il est presque toujours absent des comparatifs de mobilité. Il s’inverse en revanche au dix-huitième anniversaire de chaque enfant, brutalement : 1 884 € de prime et 385 € de franchise supplémentaires potentiels, le jour même. Un ménage avec deux adolescents de seize et dix-sept ans doit inscrire ces deux échéances dans son budget prévisionnel.
Configuration 4 — couple avec deux enfants, revenus modestes : 27 000 € et 12 000 €
C’est la seule configuration de cette série où la zorgtoeslagentre en jeu, et elle est construite pour montrer où se joue réellement le droit : non sur le revenu, mais sur le patrimoine.
| Poste | Calcul | Montant annuel |
|---|---|---|
| Primes nominales | 2 × 1 884 € | 3 768,00 € |
| Franchises, valeur moyenne | 2 × 235 € | 470,00 € |
| Werkgeversheffing Zvw | 6,10 % × 39 000 € | 2 379,00 € |
| Cotisation Wlz, conjoint A | 9,65 % × 27 000 € | 2 605,50 € |
| Cotisation Wlz, conjoint B | 9,65 % × 12 000 € | 1 158,00 € |
| Zorgtoeslag — hypothèse A : patrimoine commun de 40 000 € au 1er janvier 2026 | Revenu commun de 39 000 €, patrimoine sous 184 633 € : droit ouvert, montant à obtenir de la Dienst Toeslagen | de l’ordre de 1 650 € (estimation) |
| Zorgtoeslag — hypothèse B : appartement français conservé, 250 000 € nets de toute dette au 1er janvier 2026 | Patrimoine commun supérieur à 184 633 € : droit fermé, quel que soit le revenu | 0,00 € |
| Ce que le ménage débourse, hypothèse A | 3 768 + 470 + 2 605,50 + 1 158 − 1 650 | 6 351,50 € |
| Ce que le ménage débourse, hypothèse B | 3 768 + 470 + 2 605,50 + 1 158 | 8 001,50 € |
L’écart entre les deux hypothèses est de 1 650 € par an, soit près de 26 % du coût santé du ménage, et il ne dépend d’aucun paramètre de santé, de revenu ou de contrat : il dépend uniquement de la décision, prise au moment du départ de France, de conserver ou non un bien immobilier. C’est la démonstration la plus nette que nous puissions donner du fait que les décisions patrimoniales et les décisions sociales ne se prennent pas séparément.
Nous ne concluons évidemment pas qu’il faille vendre l’appartement : le rendement d’un bien de 250 000 € excède, dans la plupart des configurations, les 1 650 € de zorgtoeslag perdus. Nous concluons que ce coût doit figurer dans le calcul de rentabilité du bien conservé, au même titre que la fiscalité française des revenus fonciers et que l’imposition néerlandaise de box 3, et qu’il est presque toujours omis.
Configuration 5 — indépendant célibataire (ZZP’er), bénéfice de 55 000 €
| Poste | Calcul | Montant annuel |
|---|---|---|
| Prime nominale | 157 € × 12 | 1 884,00 € |
| Franchise obligatoire, valeur moyenne | — | 235,00 € |
| Bijdrage Zvw appelée par aanslag | 4,85 % × 55 000 € (sous le plafond de 79 409 €) | 2 667,50 € |
| Cotisation Wlz | 9,65 % × 38 883 € (plafond atteint) | 3 752,21 € |
| Werkgeversheffing Zvw | Sans objet : il n’y a pas d’employeur | 0,00 € |
| Zorgtoeslag | Revenu supérieur à 40 857 € | 0,00 € |
| Ce que l’indépendant débourse | 1 884 + 235 + 2 667,50 + 3 752,21 | 8 538,71 € |
Ce que la Zvw ne couvre pas pour l’indépendant, et qui n’a pas d’équivalent français
L’écart de protection le plus brutal entre les deux pays ne porte pas sur les soins : il porte sur ce qui n’est pas des soins. Aux Pays-Bas, l’indépendant sans personnel n’a ni assurance chômage, ni assurance invalidité, ni indemnités journalières obligatoires. Il peut y adhérer volontairement auprès de l’UWV, à des taux qui s’ajoutent à tout ce qui précède, sur un salaire journalier qu’il choisit lui-même dans une limite plafonnée.
À quoi s’ajoute une singularité structurelle du système néerlandais, qui vaut pour tous les statuts : il n’existe pas de branche accidents du travail et maladies professionnelles distincte. Le CLEISS l’écrit en toutes lettres : « Il n’existe pas d’assurance propre aux accidents du travail et maladies professionnelles : ces risques sont couverts par l’assurance maladie, l’assurance survivants et par les prestations servies dans le cadre de la loi sur le travail et les revenus selon la capacité de travail. » Un salarié français qui compare ses bulletins de paie ne trouvera aucune ligne AT/MP : ce n’est pas une omission, c’est le système. Et la conséquence pour l’indépendant est qu’un accident survenu dans l’exercice de son activité ne bénéficie d’aucun régime de faveur.
Configuration 6 — le retraité, et le renversement complet de la logique
Le retraité ne relève plus de la même mécanique, parce que la compétence maladie se détermine alors par les articles 23 à 31 du règlement (CE) n° 883/2004 et non par la loi interne néerlandaise. Nous en donnons ici le résultat chiffré ; la démonstration relève du chapitre consacré à la retraite.
| Situation | État compétent | Ce qui est prélevé | Montant annuel pour 40 000 € de pensions |
|---|---|---|---|
| Retraité percevant des pensions néerlandaises seulement, résidant en France | Les Pays-Bas | Verdragsbijdrage perçue par le CAK : (157 € × 12 + 4,85 % du revenu + 9,65 % du revenu plafonné) × facteur pays de résidence de 0,8304 pour la France | ≈ 6 291 € si la compétence néerlandaise est acquise, soit ≈ 524 € par mois — l’article 25 du règlement ne met la charge des soins à l’État débiteur de la pension que « pour autant que le titulaire de pension et les membres de sa famille auraient droit à ces prestations s’ils résidaient dans cet État membre », condition que nos sources ne tranchent pas |
| Retraité percevant des pensions françaises seulement, résidant aux Pays-Bas | La France | Cotisation française d’assurance maladie des non-résidents : 3,20 % sur les avantages du régime général, 4,20 % sur les autres (article D. 242-8 du code de la sécurité sociale) | 1 430 € pour 25 000 € de régime général et 15 000 € de complémentaire |
| Retraité percevant au moins une pension française et une pension néerlandaise, résidant en France | La France | Prélèvements sociaux français sur l’ensemble des pensions, y compris néerlandaises | À chiffrer au cas d’espèce ; les Pays-Bas ne prélèvent rien |
| Retraité qui exerce encore une activité, salariée ou non salariée | Régime de droit commun des personnes actives | L’article 31 du règlement rend les articles 23 à 30 inapplicables : on revient aux articles 17 à 21 | Aucun chiffrage de verdragsbijdrage n’est valable dans ce cas |
Le rapport de 4,4 pour 1entre les deux premières lignes — 6 291 € contre 1 430 € pour un revenu identique — ne résulte d’aucun avantage consenti à l’un ou à l’autre. Il résulte de ce que la contribution néerlandaise intègre les 9,65 points de Wlz, tandis que la cotisation française sur les pensions des non-résidents ne couvre que l’assurance maladie. C’est le même écart que celui identifié à l’étage 3 pour les actifs, simplement rendu visible parce que le retraité, lui, voit passer toutes les lignes.
| Configuration | Adultes | Enfants | Ce que le ménage débourse | Ce que le système coûte | Coût par adulte |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 — célibataire salarié, 68 000 € | 1 | 0 | 5 871,21 € | 10 019,21 € | 10 019,21 € |
| 2 — couple sans enfant, 90 000 € | 2 | 0 | 11 657,21 € | 17 147,21 € | 8 573,61 € |
| 3 — couple, 2 enfants, 117 000 € | 2 | 2 | 10 113,21 € | 16 299,16 € | 8 149,58 € |
| 4 — couple, 2 enfants, 39 000 €, hypothèse A | 2 | 2 | 6 351,50 € | 8 730,50 € | 4 365,25 € |
| 4 — couple, 2 enfants, 39 000 €, hypothèse B | 2 | 2 | 8 001,50 € | 10 380,50 € | 5 190,25 € |
| 5 — indépendant célibataire, 55 000 € | 1 | 0 | 8 538,71 € | 8 538,71 € | 8 538,71 € |
La Caisse des Français de l’étranger : ce qu’elle peut, ce qu’elle ne peut pas, et l’usage qu’on en fait à tort
La question nous est posée dans presque tous les dossiers, et elle est presque toujours posée à l’envers : « puis-je garder la CFE au lieu de m’assurer aux Pays-Bas ? » La réponse est non, et elle ne souffre pas d’exception.
La CFE ne dispense jamais de la Zorgverzekeringswet
L’article 2, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswetrattache l’obligation d’assurance à l’assurance Wlz acquise de plein droit, et le règlement (CE) n° 883/2004 désigne les Pays-Bas comme État compétent pour la personne qui y réside ou y travaille. Aucune de ces deux normes ne connaît d’exception fondée sur l’existence d’une couverture souscrite ailleurs. Les deux seules exceptions à l’obligation figurent à l’alinéa 2 du même article : le militaire en service actif et la personne dispensée pour objection de conscience au titre de l’article 64, alinéa 1, de la Wet financiering sociale verzekeringen.
Une adhésion à la CFE ne fait donc pasdisparaître l’obligation néerlandaise : elle s’y ajoute. Concrètement, un cadre de quarante-sept ans qui conserverait une adhésion individuelle à la formule « MondExpat Santé » en solo acquitterait, au barème CFE d’avril 2026, 453 € par trimestre, soit 1 812 € par an, en plusde sa prime néerlandaise d’environ 1 884 €, de sa franchise et de ses contributions assises sur le revenu.
Deuxième point, dans le barème lui-même et souvent ignoré : la catégorie aidéede la CFE n’est pas accessible depuis les Pays-Bas. La note 1 du barème d’avril 2026 le dit expressément : « Ce dispositif ne concerne que les adhésions individuelles des Français expatriés hors de France et d’Europe. » Un expatrié aux Pays-Bas ne peut donc pas y prétendre, quel que soit son revenu. Le barème santé applicable est le barème plein.
| Tranche d’âge | MondExpat Santé solo | MondExpat famille | FrancExpat solo | FrancExpat famille |
|---|---|---|---|---|
| 0 – 24 ans | 180 € | 528 € | 153 € | 285 € |
| 25 – 29 ans | 189 € | 564 € | 180 € | 285 € |
| 30 – 34 ans | 291 € | 600 € | 210 € | 441 € |
| 35 – 39 ans | 315 € | 726 € | 246 € | 522 € |
| 40 – 44 ans | 411 € | 843 € | 300 € | 633 € |
| 45 – 49 ans | 453 € | 981 € | 378 € | 780 € |
| 50 – 54 ans | 546 € | 1 068 € | 456 € | 900 € |
| 55 – 59 ans | 636 € | 1 233 € | 525 € | 996 € |
| 60 – 64 ans | 828 € | 1 476 € | 615 € | 1 107 € |
| 65 – 69 ans | 867 € | 1 545 € | 648 € | 1 161 € |
| 70 ans et plus | 909 € | 1 623 € | 678 € | 1 221 € |
Il ne s’ensuit pas que la CFE soit inutile — c’est la conclusion trop rapide que nous avons dû corriger. Elle est inutile en substitution. Elle peut avoir un objet précis en complément, et elle a surtout un objet tout autre que la santé, que presque aucune comparaison ne mentionne.
La branche santé : rarement, et pour des motifs identifiés
L’adhésion à la branche santé de la CFE fait double emploi avec la Zorgverzekeringswet pour tout soin reçu aux Pays-Bas. Elle ne se justifie que sur des besoins nommés.
La branche vieillesse-veuvage : le vrai sujet
Le Français qui travaille aux Pays-Bas cesse d’acquérir des trimestres français, l’article 11 § 3 a) du règlement 883/2004 le soumettant à la seule législation néerlandaise. La CFE vieillesse est l’instrument qui permet de continuer à en constituer.
Ce qui relève d’un troisième dispositif
Certains besoins que la CFE couvre relèvent, aux Pays-Bas, d’assurances distinctes ou d’aucune assurance obligatoire.
La formule que nous employons devant un client :l’arbitrage CFE n’est pas un arbitrage santé, c’est un arbitrage retraite déguisé en question de santé. Poser la question « faut-il garder la CFE ? » sans distinguer ses trois branches conduit systématiquement à la mauvaise réponse — soit on la garde entièrement, et l’on paie une santé en double ; soit on la résilie entièrement, et l’on referme la seule porte qui permettait de continuer à constituer des droits français pendant l’expatriation.
Les soins reçus en France pendant l’expatriation
L’assuré néerlandais qui séjourne temporairement dans un autre État membre a droit, en vertu du règlement (CE) n° 883/2004, aux prestations en nature qui s’avèrent nécessaires pendant ce séjour, servies par l’institution du lieu de séjour pour le compte de l’institution compétente : c’est le mécanisme de la carte européenne d’assurance maladie, délivrée par l’assureur néerlandais. Les soins sont alors servis aux conditions françaises — donc avec le ticket modérateur français, qui reste à charge en l’absence de complémentaire.
Ce mécanisme couvre les soins nécessaires pendant un séjour. Il ne couvre pas les soins programmés, c’est-à-dire ceux pour lesquels on se rend en France dans le but de les recevoir : ceux-là relèvent d’une autorisation préalable ou du régime de l’article 13 de la Zorgverzekeringswet— un remboursement déterminé par l’assureur, selon la méthode inscrite dans sa police modèle. C’est précisément la brèche que certains clients cherchent à combler par la CFE, et c’est le seul motif de souscription de la branche santé que nous considérons comme sérieux. Il suppose d’avoir chiffré le besoin : une adhésion à 1 812 € par an ne se justifie pas pour une consultation annuelle.
Quatre configurations de mobilité où l’obligation ne suit pas l’intuition
Tout ce qui précède suppose que la législation néerlandaise est applicable. Or, dans l’Union, ce n’est pas le pays de résidence qui décide : c’est le règlement (CE) n° 883/2004, et il désigne une seulelégislation à la fois. Quatre configurations méritent d’être isolées, parce qu’elles produisent des résultats que le client n’anticipe pas et parce qu’elles se décident au moment du contrat de travail, non au moment du déménagement.
Le salarié détaché muni d’un A1 : hors du dispositif entier
Le détachement au sens de l’article 12 du règlement (CE) n° 883/2004 maintient le salarié sous la législation de l’État d’envoi. Il n’est donc ni assuré Wlz de plein droit, ni soumis à l’obligation de l’article 2 de la Zorgverzekeringswet, niredevable des 9,65 % de Wlz — ni, du reste, des 17,90 % d’AOW ni des 0,10 % d’Anw. Il reste couvert par le régime français, et sa couverture aux Pays-Bas est organisée par le formulaire S1.
Mais le détachement ne se décrète pas. Il suppose quatre conditions, et non deux comme on le lit souvent : l’employeur doit exercer normalement ses activités dans l’État d’envoi — c’est le motif de refus opposé aux structures sans substance — ; le salarié doit avoir été, juste avant le détachement, déjà soumis à la législation de l’État d’établissement de l’employeur, y compris s’il a été recruté en vue du détachement ; la durée prévisible ne doit pas excéder vingt-quatre mois ; et le salarié ne doit pas remplacer une autre personne détachée. La deuxième de ces conditions ne figure pas à l’article 12 lui-même, mais à l’article 14, paragraphe 1, du règlement d’application (CE) n° 987/2009, qui admet la « personne recrutée en vue de son détachement dans un autre État membre » « à condition qu’elle soit, juste avant le début de son activité salariée, déjà soumise à la législation de l’État membre dans lequel est établi son employeur ». La perte du statut, en cours de mission, reconstitue rétroactivement l’obligation néerlandaise — avec le délai de quatre mois qui court depuis la date réelle de naissance de l’obligation, et non depuis la date de découverte.
Le frontalier : assuré aux Pays-Bas, soigné en France, et il paie les deux systèmes
Le cas paraît marginal pour un pays qui ne partage pas de frontière avec la France ; il ne l’est pas, parce que la mobilité au sein du Benelux et de la Rhénanie produit régulièrement des résidents belges ou allemands salariés aux Pays-Bas, et parce que la question se pose à l’identique pour tout Français conservant sa résidence hors des Pays-Bas. La règle est celle de l’article 2.1.1, sous b, de la Wet langdurige zorg : l’emploi salarié exercé aux Pays-Bas et soumis à la loonbelastingsuffit à créer l’affiliation, indépendamment de la résidence. L’article 3, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswetoblige d’ailleurs l’assureur à contracter avec l’assujetti « die in het buitenland woont ».
Ce que le frontalier paie : la prime nominale néerlandaise, la franchise néerlandaise, la contribution patronale de 6,10 % acquittée par son employeur, la Wlz. Ce dont il bénéficie : les soins dans son État de résidence, servis par l’institution du lieu de résidence pour le compte de l’institution néerlandaise, sur inscription au moyen du document portable S1. À quoi s’ajoute un point sur lequel la littérature française se trompe régulièrement : le frontalier résidant en France et travaillant aux Pays-Bas n’a aucun droit, dans le calcul de la paie, à la part impôt de l’algemene heffingskorting — il peut en revanche l’obtenir par sa déclaration de revenus néerlandaise s’il est kwalificerende buitenlandse belastingplichtige, c’est-à-dire s’il réside dans un État de l’Union et si 90 % au moins de son revenu mondial est imposable aux Pays-Bas. Le Handboek Loonheffingen 2026pose que les non-résidents n’y ont pas droit et ne réserve d’exception, pour cette part, qu’aux résidents de Belgique, du Suriname et d’Aruba. Le chiffre de 706 € que l’on rencontre dans les simulations ne concerne pas le résident de France : il concerne le résident des Pays-Bas non assujetti aux volksverzekeringen, c’est-à-dire le détaché muni d’un A1.
Le télétravailleur transfrontalier : une option ouverte, et elle se perd si personne ne la demande
C’est la configuration la plus fréquente de notre clientèle depuis 2021, et c’est celle où l’omission coûte le plus cher. La règle par défaut de l’article 13, paragraphe 1, sous a, du règlement (CE) n° 883/2004 soumet à la législation de l’État de résidence la personne qui y exerce une partie substantielle de son activité. Un salarié d’un employeur néerlandais qui télétravaille deux jours par semaine depuis la France bascule donc, par défaut, sous législation française — avec toutes les conséquences en chaîne, y compris pour l’employeur néerlandais qui doit alors s’immatriculer en France.
Mais depuis le 1er juillet 2023, la France et les Pays-Bas sont l’une et l’autre signataires de l’accord-cadre relatif à l’application de l’article 16, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 883/2004 en cas de télétravail transfrontalier habituel, dont la Belgique est l’État dépositaire. Employeur et salarié peuvent demander conjointementle maintien de la législation de l’État du siège lorsque le télétravail dans l’État de résidence représente moins de 50 % du temps de travail total. La bande 25 % – 49,99 % — soit exactement deux jours de télétravail par semaine — est donc une option, et non un résultat imposé. La demande se dépose auprès du SVB côté néerlandais, de l’URSSAF ou de la MSA côté français.
Ce qui décide, et la date à laquelle cela se joue
L’option de l’accord-cadre se perd si personne ne la demande. Ce n’est ni l’administration, ni l’assureur, ni le service de paie qui la déclenche : c’est une demande conjointe de l’employeur et du salarié. Un client qui négocie deux jours de télétravail hebdomadaire depuis la France sans traiter la question de la législation applicable a, de fait, choisi le rattachement français — et donc l’absence d’affiliation néerlandaise, l’absence de zorgverzekering, et un employeur néerlandais placé dans une situation qu’il n’a pas anticipée.
La détermination de la législation applicable en cas de pluriactivité ou de télétravail appartient d’abord, à titre provisoire, à l’institution de l’État de résidence (article 16 du règlement (CE) n° 987/2009). Nous identifions le sujet, nous en chiffrons l’enjeu et nous coordonnons le dépôt de la demande ; nous ne rendons pas nous-mêmes cette décision, qui relève des institutions compétentes.
Le conjoint sans activité et les enfants : aucun statut d’ayant droit
Le système français repose largement sur la notion d’ayant droit : le conjoint sans activité et les enfants sont rattachés à l’assuré. Le système néerlandais ne connaît rien de tel pour les adultes. Le conjoint sans activité qui réside aux Pays-Bas est assuré Wlz de plein droit par sa résidence, et il est donc personnellement obligé de souscrire une zorgverzekering, de payer sa propre prime nominale et de supporter sa propre franchise de 385 €. La seule chose qu’il ne paie pas, ce sont les contributions assises sur un revenu qu’il n’a pas.
Pour les enfants de moins de dix-huit ans, en revanche, la gratuité est complète : pas de prime, pas de franchise, et un panier de base plus largeque celui des adultes puisqu’il comprend les soins dentaires courants. Mais l’affiliation n’est pas automatique : l’article 2, alinéa 3, met à la charge de celui qui exerce l’autorité le soin de veiller à ce que le mineur soit assuré. Un enfant non rattaché au contrat est un enfant non couvert.
Le calendrier : cinq dates, et ce qui devient irréversible à chacune
L’assurance maladie néerlandaise se pilote sur un calendrier annuel étroit. Le voici, dans l’ordre où il se présente au client.
| Date | Ce qui se passe | Base | Ce qui devient irréversible |
|---|---|---|---|
| Jour de naissance de l’obligation | Premier jour de résidence, ou premier jour de l’emploi soumis à la loonbelasting pour un non-résident | Article 2.1.1 de la Wet langdurige zorg ; article 2 de la Zorgverzekeringswet | Rien encore — mais c’est la date qui commande tout le reste, et elle doit être documentée |
| Jour + 4 mois | Dernier jour utile pour souscrire avec effet rétroactif au premier jour | Article 5, alinéa 5, sous a, de la Zorgverzekeringswet | Au-delà, la couverture ne remonte plus : les soins de l’intervalle restent définitivement à charge |
| Jour + 4 mois, puis + 3, + 3, + 3 | Mise en demeure du CAK, première amende, seconde amende, souscription d’office | Articles 9a à 9d de la Zorgverzekeringswet | Chaque amende, une fois notifiée, est due : elle n’est pas effacée par une régularisation ultérieure |
| 31 décembre | Dernier jour pour résilier sa police auprès de son assureur | Article 7, alinéa 1 : « De verzekeringnemer kan de zorgverzekering uiterlijk 31 december van ieder jaar met ingang van 1 januari van het volgende kalenderjaar opzeggen » | La résiliation produit ses effets même si la nouvelle complémentaire est ensuite refusée : l’ancienne complémentaire est perdue |
| 31 janvier | Dernier jour pour souscrire une nouvelle police avec effet rétroactif au 1er janvier | rijksoverheid.nl : « U heeft tot 1 februari om een nieuwe zorgverzekering af te sluiten […] U bent dan met terugwerkende kracht vanaf 1 januari verzekerd » | Au-delà, on est dans le cas du non-assuré, avec la procédure du CAK au bout |
| 1er janvier | Date d’appréciation du patrimoine pour la zorgtoeslag de l’année ; remise à zéro de la franchise | Dienst Toeslagen ; article 19, alinéa 1, de la Zorgverzekeringswet | Le patrimoine du 1er janvier fixe le droit de toute l’année : une cession en février ne rouvre rien |
| 31 décembre de l’année N+1 | Dernier jour pour demander la zorgtoeslag de l’année N | Article 15, alinéa 1, de l’Algemene wet inkomensafhankelijke regelingen | Le droit non demandé est définitivement perdu |
La saison de changement d’assureur, et pourquoi elle ne se rate pas
Entre le 31 décembre et le 31 janvier s’ouvre la seule fenêtre annuelle de renégociation. Trois décisions s’y prennent ensemble, et elles se prennent dans cet ordre :
1. Obtenir l’accord d’acceptation du nouvel assureur sur la complémentairesouhaitée — c’est la seule étape où l’on peut être refusé, et elle doit précéder toute résiliation. 2.Choisir la formule de police de base — nature, remboursement ou combinaison — en vérifiant que les praticiens que l’on utilise sont dans le réseau conventionné. 3.Arbitrer la franchise volontaire pour l’année à venir, en refaisant le calcul du seuil d’indifférence avec la réduction de prime réellement offerte.
Faire ces trois choses dans l’ordre inverse — résilier d’abord, choisir ensuite — est la faute la plus courante, et c’est celle qui fait perdre une complémentaire acquise sans sélection médicale des années plus tôt.
Ce que nous faisons, ce que nous coordonnons, ce que nous ne faisons pas
Nous exposons le régime, nous le chiffrons sur le dossier, et nous plaçons les échéances dans le calendrier d’installation ou de retour. Trois sujets, sur cette matière, échappent à ce que nous pouvons rendre nous-mêmes.
- La détermination de la législation de sécurité sociale applicableen cas de pluriactivité, de détachement ou de télétravail transfrontalier. La décision provisoire appartient à l’institution de l’État de résidence (article 16 du règlement (CE) n° 987/2009), et la demande au titre de l’accord-cadre télétravail se dépose auprès du SVB. Nous identifions le sujet, nous en chiffrons l’enjeu et nous coordonnons l’intervention ; nous ne rendons pas nous-mêmes cet avis.
- Le choix médical de la complémentaireet la comparaison des réseaux conventionnés, qui suppose la lecture des polices modèles et une appréciation de besoins de soins. C’est un travail de courtage en assurance de personnes exercé aux Pays-Bas, que nous n’exerçons pas.
- Le contentieux devant le CAK ou devant l’assureur : réclamation contre une amende des articles 9b ou 9c, contestation d’une verdragsbijdrage, litige sur le remboursement de l’article 13. Le CAK statue en treize semaines sur réclamation en matière de verdragsbijdrage (article 69, alinéa 8, de la Zorgverzekeringswet) ; la voie est ouverte, mais elle relève d’un conseil néerlandais.
Le bilan patrimonial que nous conduisons, d’une durée de 1 h, place ces trois renvois au bon endroit du calendrier — c’est-à-dire avant que la décision de mobilité ne soit devenue irréversible, et non après.
Les douze points à vérifier — récapitulatif opérationnel
1. Déterminer la date exactede naissance de l’obligation d’assurance : premier jour de résidence, ou premier jour de l’emploi soumis à la loonbelasting pour un non-résident (article 2.1.1 de la Wet langdurige zorg). Tout le reste en découle.
2.Vérifier qu’aucun certificat A1 ne fait obstacle à l’affiliation néerlandaise, et si un télétravail depuis la France est prévu, poser la question de l’accord-cadre du 1er juillet 2023 avant la signature du contrat de travail.
3. Souscrire la police de base dans les quatre mois (article 5, alinéa 5, sous a), et vérifier que la date de prise d’effet retenue par l’assureur est bien la date de naissance de l’obligation.
4. Souscrire la complémentaire en même temps : elle n’est pas couverte par l’obligation d’acceptation, et l’assureur « mag u wel weigeren voor een aanvullende verzekering ».
5. Rattacher expressément les enfants de moins de dix-huit ansau contrat, même s’ils ne paient ni prime ni franchise : l’article 2, alinéa 3, met l’obligation à la charge des parents.
6. S’inscrire auprès d’un cabinet de huisartsdès l’installation, et faire transférer l’historique médical français. Sans huisarts, pas de verwijsbrief ; sans verwijsbrief, « kan het zijn dat u de behandeling zelf moet betalen ».
7. Budgéter la santé sur trois ligneset non sur une : prime nominale, contribution assise sur le revenu, cotisation Wlz. Pour un salarié, le coût réel déboursé est de l’ordre de trois fois la prime ; le coût complet, de cinq fois.
8. Retenir 235 €, et non zéro, comme consommation moyenne de franchise par adulte et par an — c’est le chiffre que le gouvernement néerlandais utilise lui-même pour construire la standaardpremie 2026.
9. Vérifier la condition de patrimoine de la zorgtoeslag— 146 011 € seul, 184 633 € en couple, au 1er janvier — avantla condition de revenu : elle est éliminatoire, et elle est franchie par la plupart des expatriés en raison d’un bien conservé en France.
10. Demander la zorgtoeslagdes années passées tant que le délai de l’article 15, alinéa 1, de l’Awirn’est pas expiré : l’année d’arrivée et l’année de départ y ouvrent souvent droit alors que les années pleines ne l’ouvrent pas.
11.Ne pas conserver la branche santé de la CFE par défaut : elle ne dispense de rien et coûte, au barème d’avril 2026, de 612 €par an (FrancExpat solo, 0 – 24 ans) à 6 492 €par an (MondExpat famille, 70 ans et plus) selon l’âge et la formule. Mais ne pas la résilier en bloc non plus : la branche vieillesse-veuvage est le seul instrument permettant de continuer à constituer des droits français, et l’article 14 § 3 du règlement (CE) n° 883/2004 en autorise expressément le cumul.
12. Solder tout impayé de prime avantde quitter les Pays-Bas. L’article 3, alinéa 4, sous b, permet à l’assureur de refuser de contracter pendant cinq ans avec celui dont il a résilié le contrat pour défaut de paiement ou tromperie intentionnelle.
Les sources primaires que nous avons ouvertes nous-mêmes pour la rédaction de ce chapitre : la Zorgverzekeringswet sur wetten.overheid.nl, base BWBR0018450, version « Geldend van 01-01-2026 », articles 2, 3, 5, 7, 9a à 9d, 10, 11, 13, 16, 17, 18a, 19, 20, 22 et 69 ; la Wet langdurige zorg, base BWBR0035917, même millésime, articles 2.1.1 et 2.1.2 ; la Wet op de zorgtoeslag, base BWBR0018451, articles 1 et 2 ; l’Algemene wet inkomensafhankelijke regelingen, base BWBR0018472, articles 14, 15 et 16 ; le Besluit zorgverzekering, article 2.17 ; la Wet inkomstenbelasting 2001, article 2.10, version en vigueur du 21-02-2026 ; la Regeling vaststelling standaardpremie en bestuursrechtelijke premies 2026du 17 novembre 2025, publiée au Staatscourant2025, n° 40022, articles 1 à 3 et exposé des motifs ; les pages de rijksoverheid.nl« Wat kost het om een zorgverzekering af te sluiten? », « Welke zorg zit in het basispakket van de zorgverzekering? », « Eigen risico zorgverzekering », « Waar moet ik aan denken als ik wil overstappen naar een andere zorgverzekeraar? » et « Wanneer heb ik een verwijsbrief van mijn huisarts nodig? » ; les pages de la Dienst Toeslagen« Hoeveel zorgtoeslag », « Hoeveel inkomen mag ik hebben voor zorgtoeslag? » et « Hoeveel vermogen mag ik hebben om zorgtoeslag te krijgen? » ; la page du Belastingdienst « Percentages inkomensafhankelijke bijdrage Zvw » ; les pages anglaises de government.nl« Standard health insurance » et « Health insurance and residence permit » ; la page de l’IND « Living in the Netherlands » ; la page du CAK « Country-of-residence factors Zvw Wlz contributions » ; le calendrier législatif néerlandais, fiche WGK027023, et le dossier 36 943 de la Tweede Kameravec son exposé des motifs, Kamerstuk 36 943 n° 3 du 2 juin 2026 ; le barème d’avril 2026 des cotisations trimestrielles des adhésions individuelles de la Caisse des Français de l’étranger ; l’article D. 242-8 du code de la sécurité sociale ; et la version consolidée du règlement (CE) n° 883/2004, référence CELEX 02004R0883-20140101, articles 11 à 16, 17 à 21, 23 à 31, ainsi que l’article 16 du règlement (CE) n° 987/2009. Toutes ces sources ont été consultées le 02/08/2026. Chaque chiffre de ce chapitre se rattache à l’une d’elles ou à un calcul refait à partir d’elles.

