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Guide géomètre-expert 202619 minMis à jour 25 juin 2026Cas chiffré sur 5 ans

Géomètre-expert : faut-il passer en SELARL ou rester en BNC ?

On vous a sûrement glissé un chiffre — passé 100 000 €, montez une société. Le problème, c'est que ce chiffre ne veut rien dire tant qu'on ne sait pas combien vous mettez de côté chaque année. Le vrai seuil dépend de deux variables : votre TMI (souvent 41-45 %) et la part de bénéfice que vous ne consommez pas. En BNC (déclaration 2035), 100 % du bénéfice supporte l'IR (jusqu'à 45 %) et les cotisations CNAVPL + CIPAV, consommé ou non. En SEL de géomètres-experts à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), vous n'êtes imposé à l'IR que sur ce que vous vous versez ; le reste capitalise dans la société. On pose le vrai seuil (un écart, pas un chiffre d'affaires), on remet à plat le cadre de la loi 46-942 et du décret 2026-429, et on chiffre tout : tableau à trois niveaux de bénéfice, cas réel à 150 000 € sur 5 ans — y compris celui où la bascule vous coûte de l'argent. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRUCTURE DU GÉOMÈTRE-EXPERT 2026

Calculer votre seuil de bascule et chiffrer le gain net réel d'une SEL

Audit BNC vs société de géomètres-experts : modélisation à l'euro selon votre TMI, votre bénéfice et votre capacité d'épargne, arbitrage rémunération/dividendes, statut SELARL ou SELAS, coût réel et impact retraite CIPAV. Cabinet 100 % indépendant.

  • Modélisation chiffrée BNC vs société
  • Seuil calibré sur votre taux d'épargne
  • Coût réel et trou CIPAV intégrés
  • Cabinet 100 % indépendant

IS PME

15 / 25 %

SEUIL TAUX RÉDUIT

42 500 €

PFU DIVIDENDES

31,4 %

TMI CIBLE

41-45 %

DIVIDENDES SANS COTIS.

10 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE MYTHE·3 MIN

La société ne baisse pas l'impôt, elle le diffère

L'essentiel en 30 secondes

  • Il n'y a pas de seuil légal BNC → société : aucun texte, aucune jurisprudence ne fixe de montant de bénéfice.
  • La société à l'IS ne supprime aucun impôt : elle le diffère (report) et joue sur un différentiel de taux (IS 15/25 % contre IR 41/45 %).
  • En BNC, 100 % du bénéfice subit l'IR + les cotisations CNAVPL + CIPAV, consommé ou non. En SEL de géomètres-experts à l'IS, vous n'êtes imposé à l'IR que sur ce que vous vous versez ; le reste capitalise à 15 % (≤ 42 500 €) puis 25 %.
  • Le cadre s'est clarifié en 2026 : le décret n° 2026-429 du 29 mai 2026 encadre désormais la SEL et la SPFPL de géomètres-experts (loi 46-942 + ordonnance 2023-77).
  • La bascule ne paie que si vous épargnez réellement une partie du revenu. Si vous consommez tout, elle coûte plus qu'elle ne rapporte — et elle peut creuser une retraite CIPAV déjà faible.

Vous bouclez une grosse mission de division parcellaire, votre bénéfice passe la barre des 150 000 €, et un confrère vous lance la phrase rituelle : « À ce niveau-là, il faut passer en société. » Sauf que « SELARL ou BNC ? » est une question piégée : elle laisse croire qu'il existe un chiffre magique de bénéfice au-dessus duquel on bascule. Ce chiffre n'existe pas. La vraie décision est patrimoniale, pas comptable, et elle se joue sur un écart: celui entre ce que vous dégagez et ce que vous consommez réellement — c'est le moteur de tout le reste.

Commençons par le contresens qu'on entend à chaque rendez-vous. Beaucoup de géomètres-experts pensent qu'en passant en société, ils vont « payer moins d'impôts ». Sauf que non : la société à l'impôt sur les sociétés ne fait pas disparaître l'impôt, elle change le moment où vous le payez et le taux intermédiaire. Tant que le bénéfice reste dans la société, il est taxé à l'IS (article 219 I-b CGI). Le jour où vous le sortez en dividendes, vous payez le PFU à 31,4 % par-dessus l'IS déjà acquitté.

Report et différentiel de taux — pas une exonération

La société de géomètres-experts n'exonère rien. Si vous finissez par tout sortir, vous paierez l'IS puis l'IR ou le PFU à la sortie. L'avantage n'est pas une suppression d'impôt, c'est un report (le bénéfice capitalise avant d'être distribué) et un différentiel de taux (15/25 % d'IS contre 41/45 % d'IR au barème, article 197 CGI). Cet avantage ne se matérialise que si vous ne consommez pas tout votre bénéfice — le cas de Camille au §6 le met en chiffres.

Retenez ce point, le reste du guide n'en est que la déclinaison. Si vous gagnez beaucoup et vivez avec une partie seulement de ce revenu, la société capitalise pour vous à taux réduit, année après année. Si vous consommez l'intégralité de votre bénéfice, elle ne fait qu'empiler des coûts. Entre les deux, le calcul mérite d'être posé — et c'est l'objet de ce comparatif. Pour le panorama de tous les leviers du métier, voyez notre guide hub optimisation fiscale du géomètre-expert.

§ 2L'ASSIETTE·3 MIN

Imposé sur tout, ou seulement sur ce qu'on se verse

La différence fondamentale entre le BNC et la société n'est pas un taux : c'est l'assiette. La vraie question n'est pas « à quel taux ? » mais « sur quelle base ? ». C'est de là que vient tout l'écart.

BNC au réel — imposé sur TOUT le bénéfice

Que vous viviez avec 80 000 € ou 200 000 €, c'est l'intégralité du bénéfice de votre activité de géomètre-expert qui supporte l'IR au barème (jusqu'à 45 %) et les cotisations CNAVPL + CIPAV, l'année où il est dégagé. La part que vous laissez sur votre compte pour épargner a déjà été imposée au maximum. Vous n'avez aucun levier sur l'assiette.

Société à l'IS — imposé sur ce que vous VOUS VERSEZ

La SEL de géomètres-experts paie l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Vous n'êtes imposé à l'IR que sur votre rémunération, et au PFU 31,4 % sur les dividendes que vous décidez de sortir. Le bénéfice non distribué reste dans la société, faiblement taxé, et continue à travailler (trésorerie placée, voir §11). Vous pilotez l'assiette.

Les deux barèmes côte à côte. Les seuils de l'IR sont par part de quotient familial et indicatifs (revalorisés chaque année). L'IS PME est à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), 25 % au-delà.
Barème IR 2026 (art. 197 CGI)TauxBarème IS PME (art. 219 I-b)Taux
Jusqu'à 11 600 €0 %Bénéfice ≤ 42 500 €15 %
De 11 600 à 29 579 €11 %Bénéfice > 42 500 €25 %
De 29 579 à 84 577 €30 %——
De 84 577 à 181 917 €41 %——
Au-delà de 181 917 €45 %——

Mettez les deux barèmes côte à côte : sur la part de bénéfice que vous laissez dans la société, vous troquez un taux marginal de 41 ou 45 % contre un taux d'IS de 15 % (jusqu'à 42 500 €) puis 25 %. C'est ce différentiel, appliqué au bénéfice non consommé, qui finance l'intérêt de la bascule. C'est aussi pour cela que le sujet concerne d'abord les professions libérales à hauts revenus.

Pour bien saisir : deux géomètres, le même bénéfice, deux assiettes

Deux géomètres-experts dégagent chacun 150 000 € de bénéfice. Le premier vit avec ses 150 000 € : qu'il soit en BNC ou en société, il finit par tout subir à l'IR et aux cotisations — l'assiette est la même, la société ne lui apporte rien. Le second vit avec 80 000 € et veut épargner les 70 000 € restants : en BNC, ces 70 000 € ont déjà traversé sa tranche à 41-45 % avant d'arriver sur son épargne ; en société, ils restent imposés à 15-25 % d'IS et continuent de travailler. Même bénéfice, même métier — mais une assiette pilotée d'un côté, subie de l'autre. C'est toute la différence, et c'est elle qu'on chiffre au §6.

Le seuil de l'IS réduit, c'est 42 500 € — pas 100 000 €

On lit parfois que l'IS réduit court jusqu'à 100 000 € de bénéfice. C'est inexact — et l'erreur coûte cher en arbitrage. Le taux de 15 % de l'IS s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice (article 219 I-b CGI), sous conditions PME (chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré, détention à 75 % par des personnes physiques). Au-delà de 42 500 €, le taux passe à 25 %. L'amendement proposant de relever ce plafond à 100 000 € n'a pas été retenu : ne le confondez pas avec le seuil en vigueur. En clair, le différentiel le plus puissant (15 % vs 45 %) ne joue à plein que sur la première tranche.
§ 3LE CADRE GÉOMÈTRE·3 MIN

Le cadre du géomètre-expert : OGE, loi 46-942 et décret 2026-429

Avant de comparer les chiffres, votre profession a une particularité qu'il faut poser. Le géomètre-expert est une profession libérale réglementée, inscrite à l'Ordre des géomètres-experts (OGE) institué par la loi n° 46-942 du 7 mai 1946. Son article 1er lui confère un monopole légal sur le bornage et la délimitation des biens fonciers (fixation des limites de propriété). Mais — point décisif pour la suite — le géomètre-expert n'est pas un officier public ministériel: il n'y a ni charge vénale, ni droit de présentation, ni finance d'office.

Conséquence concrète : quand vous vendez, vous cédez librement votre clientèle / votre fonds libéral ou vos parts de société (sous réserve des règles de l'Ordre et de l'information des clients) — c'est une plus-value professionnelle ou mobilière, traitée au §11. Ne cherchez pas un « droit de présentation » à valoriser comme chez un notaire : il n'existe pas dans votre profession.

À retenir

L'exercice en société de géomètres-experts (loi 46-942, ord. 2023-77, décret 2026-429)

  • Formes possibles : société de géomètres-experts sous forme de SEL — SELARL, SELAFA, SELCA, SELAS — à l'impôt sur les sociétés, et SCP. La société est inscrite au tableau de l'Ordre.
  • Détention du capital : majorité du capital et des droits de vote détenue par des géomètres-experts inscrits au tableau ; la part des tiers non professionnels reste minoritaire (quotités précises à vérifier à la source).
  • Réforme 2023 : l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 a refondu l'exercice en société des professions libérales réglementées (en vigueur 1ᵉʳ septembre 2024).
  • Texte d'application 2026 : le décret n° 2026-429 du 29 mai 2026 décline cette réforme pour le géomètre-expert, en encadrant à la fois la SEL et la SPFPL de géomètres-experts.

Actualité 2026 : la SPFPL de géomètres-experts n'est plus une hypothèse

Longtemps, la possibilité de coiffer une SEL de géomètres-experts d'une SPFPL (société de participations financières) restait incertaine. Le décret n° 2026-429 du 29 mai 2026 réunit désormais, dans un texte unique, l'encadrement de la SEL et de la SPFPL de géomètres-experts. Concrètement, la couche holding SPFPL de géomètres-expertsdevient une brique pleinement exploitable une fois que vous êtes en société (remontée de dividendes en régime mère-fille, transmission). C'est l'objet d'un guide dédié.

Garde-fou TVA : le géomètre-expert est soumis à la TVA à 20 %

Quelle que soit la structure, vos honoraires — bornage, topographie, division parcellaire, copropriété, maîtrise d'œuvre — sont soumis à la TVA au taux normal de 20 %. L'exonération de l'article 261-4-1 du CGI (qui vise les soins à la personne humaine) ne s'applique pas au géomètre-expert. En contrepartie, vous récupérez la TVA déductible sur vos achats, frais et investissements (matériel topographique, drones, logiciels, véhicules). Le choix BNC ou société est donc neutre sur la TVA: il se décide sur l'impôt sur le bénéfice et les cotisations.
§ 4LE SEUIL·3 MIN

Le vrai seuil : un écart, pas un chiffre d'affaires

Le seuil de bascule n'est pas un montant de bénéfice : c'est une condition qui croise deux variables. La société devient intéressante quand l'économie réalisée sur le bénéfice non consommé dépasse le surcoût de la structure.

La condition de bascule (raisonnement, pas barème légal)

La société est pertinente SI :

  (Bénéfice − Train de vie) × (TMI − Taux d'IS)
        >  Coût annuel de la structure

où :
  • (Bénéfice − Train de vie) = part de bénéfice NON consommée
  • TMI = votre tranche marginale en BNC (souvent 41 % ou 45 %)
  • Taux d'IS = 15 % (≤ 42 500 €) puis 25 %
  • Coût = compta + juridique + conseil (souvent 2 000 à 5 000 €/an)

Lecture : plus l'écart entre votre bénéfice et votre train de vie est grand, et plus votre TMI est élevée, plus la société est rentable. Inversement, si vous consommez tout (Bénéfice − Train de vie ≈ 0), le membre de gauche tombe à zéro et il ne reste que le coût : la société devient une perte.

Cette formule est un raisonnement de décision, pas un barème légal: elle vous dit dans quel sens penser, pas le montant exact que vous économiserez. Elle ignore volontairement plusieurs frottements réels (le coût de sortie en dividendes, l'impact sur votre retraite CIPAV traité au §7, le rendement de la trésorerie capitalisée) qui se chiffrent au cas par cas. C'est une boussole, pas un GPS : elle vous dit dans quel sens chercher, pas le montant exact.

Cette équation dit deux choses. La première : la part non consommée commande tout, puisque c'est elle qu'on multiplie par le différentiel de taux. La seconde : c'est la TMI qui fait toute la différence d'amplitude — à 45 %, chaque euro non consommé économise jusqu'à 30 points (45 % d'IR évités contre 15 % d'IS payés) ; à 30 %, l'écart se réduit nettement et le jeu n'en vaut souvent plus la chandelle. C'est pourquoi ce guide cible les géomètres-experts à TMI 41-45 %.

Pourquoi « 150 000 € = passez en société » est un mauvais conseil isolé

Le seuil de 100 000 ou 150 000 € qu'on entend partout n'a de sens que pour un profil bien précis : forte TMI et capacité d'épargne importante. Appliqué à un géomètre-expert qui dégage 150 000 € mais en dépense 145 000 €, ce conseil fait perdre de l'argent : la part non consommée (5 000 €) ne génère qu'une économie modeste, largement entamée par le surcoût de comptabilité. Ce qui compte, ce n'est pas ce que vous gagnez, c'est ce que vous ne dépensez pas. Pour un géomètre aux honoraires en dents de scie (voir §10), une troisième variable s'ajoute : la possibilité de lisser.

Auto-diagnostic

Trois questions avant de monter une société de géomètres-experts

  • Quelle est ma TMI réelle ? En dessous de 41 %, l'écart de taux IS/IR est trop mince pour absorber le surcoût de la structure. À 41-45 %, le différentiel devient un vrai levier.
  • Quelle part de mon bénéfice est-ce que je ne consomme pas chaque année ? C'est cette somme — pas le bénéfice total — qui capitalise à l'IS. Si elle est proche de zéro, restez en BNC.
  • Cette capacité d'épargne est-elle durable ? Une bonne année isolée ne justifie pas une société (sortie coûteuse). Un excédent récurrent, oui.

Trois fois « oui » → la bascule mérite d'être chiffrée (voir le cas de Camille au §6). Un seul « non » franc → le BNC complété d'un PER reste, dans la plupart des cas, la meilleure base. Pour le comparatif générique, voyez aussi BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice basculer.

§ 5LE COMPARATIF·3 MIN

Tableau comparatif BNC / SELARL / SELAS à 3 niveaux de bénéfice

Vue d'ensemble : même géomètre-expert, trois structures, trois niveaux de bénéfice (90 000 €, 150 000 €, 250 000 €). L'objectif n'est pas de donner un chiffre net à l'euro (impossible sans connaître votre situation exacte), mais de faire ressortir la logique : ce qui change entre rester en BNC et passer en société, et entre SELARL et SELAS.

BNC / SELARL / SELAS : le tableau de décision, à 90 000 € / 150 000 € / 250 000 € de bénéfice. Les fourchettes de cotisations sont des ordres de grandeur ; le chiffrage précis dépend du niveau de rémunération et se modélise au cas par cas.
CritèreBNC (nom propre)SELARL (gérant majoritaire)SELAS (président)
Imposition du bénéficeIR au barème sur 100 % (art. 197)IS 15/25 % (art. 219 I-b), IR/PFU sur ce qu'on sortIS 15/25 %, IR/PFU sur ce qu'on sort
Assiette des cotisations100 % du bénéfice (CNAVPL + CIPAV)Rémunération + dividendes > 10 % (TNS)Rémunération uniquement (assimilé salarié)
Statut social du dirigeantTNS (CNAVPL + CIPAV)TNS (CNAVPL + CIPAV)Assimilé salarié (art. L. 311-3 CSS)
Poids des cotisations≈ 40-45 % du bénéficePlus léger (≈ 33 à 45 %)Plus lourd (≈ 70 à 80 %)
Règle des 10 % sur dividendesSans objetOui (art. L. 131-6 CSS)Non applicable en l'état du droit
Levier de capitalisation à l'ISAucun (tout est imposé de suite)Oui — laisser le bénéfice dans la sociétéOui — laisser le bénéfice dans la société
Coût / formalismeLéger (compta 2035)Élevé (compta d'engagement, juridique)Élevé (compta d'engagement, juridique)
Profil typeConsomme la majeure partie du bénéficeCapitalise + minimise les chargesCapitalise + veut une couverture renforcée

Ce que dit le tableau : à bas niveau de bénéfice non consommé, le BNC reste imbattable de simplicité. Dès que la part capitalisée devient significative, la SELARL (gérant majoritaire TNS) maximise l'effet de l'IS tout en limitant les charges. La SELAS offre une meilleure protection sociale, mais ses cotisations plus lourdes pèsent sur la rémunération versée — elle se justifie surtout pour qui privilégie la couverture à l'optimisation pure.

L'écart de taux, en un exemple

Prenez 42 500 € de bénéfice que vous n'avez pas besoin de consommer. En BNC à 45 % de TMI, il en reste environ 23 000 € à épargner après IR (et encore, avant cotisations). En société, ces 42 500 € restent taxés à 15 %, soit ~6 400 € d'IS : il reste ~36 000 € qui continuent à travailler dans la société. Sur un seul exercice, l'écart approche 13 000 €— et il se répète, et se capitalise, chaque année. C'est ce mécanisme, et lui seul, qui justifie la bascule.
§ 6CAS CHIFFRÉ·5 MIN

Cas chiffré : un géomètre-expert à 150 000 € de bénéfice sur 5 ans

Reprenons l'équation du §4 avec trois confrères qui dégagent à peu près le même bénéfice, mais en font tout autre chose. Une mise au point avant de lire les chiffres : pour rester lisibles, ils sont donnés en base brute, avant déductions (PER/Madelin), et la rémunération de sortie qui finance le train de vie reste, elle, chargée (cotisations + IR). Le gain net réel se modélise au cas par cas.

Cas 1 · Géomètre-expert · 150 000 € de bénéfice · capitalise 70 000 €/an

Camille — la société est clairement gagnante

Camille dégage 150 000 € (cabinet de bornage et de division parcellaire) mais vit avec environ 80 000 €. Elle épargne donc ~70 000 € par an.

En BNC : les 150 000 € supportent l'IR (avec une grosse part à 41-45 %) et les cotisations CNAVPL + CIPAV sur la totalité. Les ~70 000 € qu'elle n'utilise pas ont déjà été imposés au taux marginal avant d'atterrir sur son épargne — il lui en reste de l'ordre de ~40 000 € nets à placer.

En SELARL (gérante majoritaire, TNS) : elle se verse ~80 000 € (imposés à l'IR + cotisations, comme avant), et laisse ~70 000 € dans la société. Cette part est taxée à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % sur le reliquat), soit un ordre de grandeur de ~13 000 € d'IS : il reste ~57 000 € qui capitalisent dans la société. L'écart annuel avoisine ~17 000 € logés et capitalisés.

Sur 5 ans, ce différentiel d'environ 17 000 €/an représente de l'ordre de ~85 000 € conservés et capitalisés dans la société (hors rendement de la trésorerie placée, qui amplifie encore l'écart). À garder en tête : ce gain est un report et un différentiel de taux, pas une exonération. Le jour où Camille sortira ces sommes en dividendes, elle paiera le PFU (31,4 %). Mais en attendant, ses ~57 000 € annuels travaillent au lieu de partir en impôt — c'est cinq ans d'avance prise sur un placement.

Cas 2 · Géomètre-expert · 150 000 € · consomme tout

Thomas — la société ne sert à rien

Thomas dégage le même 150 000 € mais les dépense quasi intégralement (train de vie ~145 000 €) : pas d'épargne réelle.

Pour disposer de ses 150 000 €, il doit tout sortir de la société. Soit en rémunération (imposée à l'IR + cotisations, exactement comme en BNC), soit en dividendes : et là, il empile l'IS d'abord (15/25 %), puis le PFU à 31,4 % à la sortie, plus les cotisations sur la fraction de dividendes au-delà de 10 % (voir §8). La double couche d'imposition annule le bénéfice du taux réduit.

Résultat : à bénéfice élevé mais entièrement consommé, la société ne lui apporte rien de plus que le BNC sur le plan fiscal, et lui coûte en revanche la comptabilité, le juridique et la complexité (~3 000 à 5 000 €/an). Thomas le montre noir sur blanc : on ne bascule pas sur un niveau de bénéfice, mais sur un niveau d'épargne. Pour lui, rester en BNC et déduire au PER reste la bonne base.

Cas 3 · Géomètre-expert · honoraires en dents de scie (220 k€ / 90 k€)

Sophie — la société comme amortisseur

Sophie alterne une année forte (220 000 €, grosse mission de copropriété ou de maîtrise d'œuvre livrée) et une année creuse (90 000 €). En BNC, l'année forte fait exploser son IR dans les tranches à 41-45 %, sans rattrapage l'année suivante.

En société, elle se verse une rémunération lissée à ~110 000 € chaque année, quel que soit le chiffre d'affaires. L'année forte, le surplus (~110 000 €) reste dans la société, taxé à l'IS, et sert de réserve. L'année creuse, elle peut maintenir sa rémunération sans se mettre en difficulté. Elle écrête ainsi le pic de TMI et stabilise son revenu fiscal de référence.

C'est un vrai différenciateur pour le géomètre-expert : la société n'est pas qu'un outil fiscal, c'est un amortisseur de trésorerie et de fiscalité. Le détail des techniques de lissage figure dans notre guide profession libérale aux revenus irréguliers : lisser sa fiscalité.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (tranches, cotisations et arrondis) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée: le gain net réel dépend de votre TMI exacte, de votre régime de cotisations CNAVPL + CIPAV, de vos déductions (PER/Madelin), du niveau de rémunération de sortie et du rendement de la trésorerie capitalisée. Une projection chiffrée ne préjuge pas du résultat futur, qui varie selon votre situation et l'évolution de la fiscalité (LF/LFSS annuelles). À modéliser au cas par cas avant toute décision.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE seuil de bascule, à l'euro près ?

Un CGP indépendant modélise votre cas — bénéfice, TMI, train de vie réel, capacité d'épargne, honoraires en dents de scie — et chiffre le gain net annuel d'une société de géomètres-experts (SELARL ou SELAS), coûts et impact retraite CIPAV inclus.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LE VRAI COÛT·3 MIN

Le vrai coût : la compta, mais surtout le trou CIPAV

La plupart des confrères chiffrent le coût de la société à la facture de l'expert-comptable. C'est l'erreur d'optique : pour un géomètre-expert, le coût qui compte ne figure sur aucune facture. Le vrai coût d'une distribution agressive en dividendes est dans vos points de retraite CIPAV.

Mémo express

Les trois couches de coût d'une société de géomètres-experts

  • Coût visible (compta + juridique) : comptabilité d'engagement, honoraires d'expert-comptable souvent de 2 000 à 5 000 €/an, formalités annuelles (approbation des comptes, PV), frais de constitution et d'inscription de la société au tableau de l'Ordre. Mesurable et prévisible.
  • Coût retraite CIPAV (dividendes) : les dividendes n'ouvrent aucun droit à la retraite. Se payer surtout en dividendes pour réduire les cotisations, c'est valider moins de points CNAVPL et CIPAV — sur un régime déjà peu généreux, l'effet est doublement pénalisant.
  • Coût de complexité : gouvernance, paie, déclarations supplémentaires, conseil pour piloter rémunération/dividendes. À ne pas sous-estimer pour un géomètre-expert seul.

Le trou CIPAV : un point de vigilance majeur du géomètre-expert

La retraite du géomètre-expert repose sur le régime de base CNAVPL (par points) et le régime complémentaire de la CIPAV. Le géomètre-expert fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV après la réforme de 2018 (décret n° 2018-1048). Or le rendement de la CIPAV est notoirement faible au regard des revenus cotisés. Conséquence directe sur le choix de structure : une stratégie qui réduit l'assiette cotisée (rémunération faible, dividendes élevés) creuse encore un régime déjà peu favorable. Avant de monter une SELARL en visant « moins de cotisations », demandez à votre expert-comptable de chiffrer la pension CIPAV perdue : l'écart sur 20 ans dépasse souvent l'économie annuelle. Le détail figure dans nos guides retraite CIPAV du géomètre-expert et PER géomètre-expert.

La bascule en société, surtout couplée à une rémunération faible et beaucoup de dividendes, est un arbitrage : moins d'impôt et de cotisations aujourd'hui, contre moins de droits sociaux demain. Ce n'est pas un mauvais choix en soi, mais il doit être conscient et compensé : une rémunération suffisante pour cotiser un minimum, un PER (article 154 bis CGI) pour reconstituer l'épargne retraite à la TMI, et une prévoyance pour couvrir le risque.

§ 8LES PIÈGES·3 MIN

Dividendes : la règle des 10 % et la fin de l'abattement de 10 %

« Je me verserai des dividendes, ça ne coûte que 31,4 % de PFU, pas de charges. » Neuf géomètres-experts sur dix me la sortent en rendez-vous, juste après avoir lu un article sur la SELARL. Pour une SEL, elle est fausse. Deux mécanismes encadrent cela : la règle des 10 % et la fin de l'abattement de 10 %.

La règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS)

Dividendes versés au gérant majoritaire (TNS) :

  • Fraction ≤ 10 % de (capital social
      + primes d'émission + solde moyen du CCA)
        →  PFU 31,4 %  (pas de cotisations)

  • Fraction > 10 %
        →  réintégrée dans l'assiette des COTISATIONS
           (CNAVPL + CIPAV, en plus de l'imposition)

CCA = compte courant d'associé. Au-delà de 10 % du capital, les dividendes du gérant majoritaire de SELARL sont traités socialement comme du revenu d'activité. Cette règle vise les TNS (SELARL), pas le président de SELAS en l'état du droit.

On a longtemps pronostiqué sa suppression ; les juges l'ont au contraire renforcée. Le Conseil constitutionnel l'a validée (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010), jugeant ses critères « objectifs et rationnels ». La Cour de cassation a même jugé que loger la SEL sous une SPFPL ne fait pas écran : les dividendes distribués à la holding restent dans l'assiette de cotisations de l'exerçant (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366). La portée exacte de cet arrêt est à apprécier au cas par cas : à confirmer avec votre conseil avant tout montage.

La fin de l'abattement de 10 % (CE 8 avril 2025 n° 492154)

Deuxième piège, plus récent. Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération que vous percevez au titre de votre activité technique de géomètre-expert en SEL est imposée en BNC, et non plus comme un salaire. Conséquence : l'abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, propre aux traitements et salaires, ne s'applique plus à cette rémunération technique — vous déduisez vos frais réels en BNC. Le Conseil d'État a verrouillé ce régime (CE 8e-3e ch. 8 avril 2025 n° 492154) en annulant la tolérance des 5 %. Seule la rémunération du mandat de gérance (gérant majoritaire de SELARL) relève encore de l'article 62 CGI.

Conséquence : la société sert à capitaliser, pas à tout distribuer

Ces deux règles bornent l'intérêt d'une distribution massive en dividendes : au-delà du seuil de 10 %, les dividendes du gérant TNS coûtent presque aussi cher qu'une rémunération. C'est une raison de plus pour que la société serve d'abord à capitaliser (laisser le bénéfice à l'IS) plutôt qu'à tout redistribuer. L'arbitrage fin entre salaire et dividendes, une fois la société en place, est traité dans notre guide dédié géomètre-expert en SELARL : salaire ou dividendes, et plus généralement dans SEL : salaire ou dividendes et dividendes de SEL et cotisations sociales.
§ 9SELARL OU SELAS·2 MIN

SELARL ou SELAS pour le géomètre-expert ?

Si une société s'impose, reste à choisir sa forme. SELARL et SELAS sont toutes deux à l'IS et offrent le même pilotage rémunération/dividendes. La vraie différence tient au statut social du dirigeant, et donc au poids des cotisations.

SELARL vs SELAS : le choix se joue d'abord sur le statut social du dirigeant. Les fourchettes de cotisations sont des ordres de grandeur ; le chiffrage précis dépend du niveau de rémunération.
CritèreSELARL (gérant majoritaire)SELAS (président)
Statut social du dirigeantTNS (CNAVPL + CIPAV)Assimilé salarié (art. L. 311-3 CSS)
Poids des cotisationsPlus léger (≈ 33 à 45 %)Plus lourd (≈ 70 à 80 %)
Protection sociale / retraitePlus limitée (CIPAV faible)Renforcée (régime général, hors chômage)
Règle des 10 % sur dividendesOui (art. L. 131-6 CSS)Non applicable en l'état du droit
Rémunération du mandatArt. 62 CGIArt. 80 ter CGI (traitements et salaires)
Profil typeMinimiser les charges, piloter la rémuPrivilégier la couverture sociale

En résumé : la SELARL (gérant majoritaire TNS) est souvent privilégiée par ceux qui veulent minimiser les charges et maximiser le pilotage rémunération/dividendes — au prix d'une couverture CIPAV faible à compenser. La SELAS (président assimilé salarié) convient à ceux qui veulent une meilleure protection sociale et acceptent des cotisations plus lourdes. À noter : la règle des 10 % sur les dividendes vise les TNS (SELARL) et, en l'état du droit, ne s'applique pas au président de SELAS.

Le réflexe de décision

Vous cherchez d'abord à optimiser la fiscalité et piloter votre rémunération, et vous êtes prêt à compléter votre couverture par un PER et une prévoyance ? La SELARL (TNS) est souvent le bon choix. Vous voulez une protection sociale solide d'emblée et acceptez des cotisations plus lourdes ? Regardez la SELAS. Dans les deux cas, faites poser les deux chiffrages avant de signer : sur un salaire de 80 000 €, l'écart TNS/assimilé salarié représente près de 30 000 € de cotisations par an, ce n'est pas un détail. Le détail de l'arbitrage figure dans géomètre-expert : salaire ou dividendes en SELARL.
§ 10DENTS DE SCIE·2 MIN

Honoraires en dents de scie : la société comme amortisseur

Un cabinet de bornage facture rarement de façon linéaire : une division parcellaire de lotissement livrée en mars peut peser plus que tout le reste de l'année, et l'exercice suivant retombe. En BNC, ce profil est doublement pénalisant — l'année forte gonfle le bénéfice dans les tranches à 41-45 %, sans lissage avec l'année creuse. La société à l'IS apporte ici un atout que le BNC n'offre pas.

Le principe

La société écrête les pics de revenu

  • Rémunération lissée : vous vous versez un revenu stable d'une année sur l'autre, indépendamment du chiffre d'affaires de la mission.
  • Réserve à l'IS : l'année forte, le surplus reste dans la société, taxé à 15/25 %, et constitue une trésorerie de précaution.
  • Pilotage du RFR : vous maîtrisez votre revenu fiscal de référence (utile pour la CEHR, la CDHR de l'article 224 LF 2026, et les seuils sociaux).

À l'IR, deux outils complètent ce lissage en BNC comme en société : le système du quotient (article 163-0 A CGI) pour un revenu exceptionnel dépassant la moyenne des trois dernières années (conditions strictes), et l'étalement dans certains cas. Mais le levier le plus souple reste le PER, qui absorbe un pic de bénéfice en le déduisant à la TMI. Le détail des techniques figure dans nos guides profession libérale aux revenus irréguliers et PER géomètre-expert.

Un argument de structure, pas seulement de fiscalité

Pour Sophie et les cabinets à revenus volatils, la société sert autant à lisser les pics qu'à optimiser l'IS. Même à capacité d'épargne modérée, un professionnel aux revenus très volatils peut trouver dans la société un confort de pilotage que le BNC ne permet pas. C'est une variable à intégrer dans l'équation de bascule du §4, en plus de la TMI et du taux d'épargne.
§ 11APRÈS LA BASCULE·3 MIN

Après la bascule : trésorerie, SPFPL, cession

Une fois la société immatriculée et inscrite au tableau de l'Ordre, restent les vrais arbitrages : vous avez maintenant une enveloppe à l'IS où loger et faire fructifier le bénéfice. Voici ce que la société débloque, et qui prolonge naturellement ce guide.

Les leviers que la société débloque. Chaque ligne renvoie à un guide spécialisé du cluster géomètre-expert ou profession libérale.
Levier débloqué par la sociétéCe que ça apporteLe guide dédié
SPFPL de géomètres-experts (holding)Remontée des dividendes faiblement taxée (mère-fille, art. 145 et 216 CGI), effet de levier ; SPFPL de géomètres-experts encadrée par le décret 2026-429, au-dessus d'une SELHolding SPFPL géomètre-expert
Trésorerie placéeCapitaliser le bénéfice à l'IS (contrat de capitalisation PM, art. 238 septies E CGI) plutôt que tout sortir en dividendes à 31,4 %Trésorerie de cabinet de géomètre-expert
Pilotage du RFRMaîtriser le revenu fiscal de référence (CEHR art. 223 sexies, CDHR art. 224 LF 2026) en ne se versant que le nécessaireCDHR profession libérale
PER / MadelinDéduire jusqu'à 88 911 € (art. 154 bis CGI) du résultat, à la TMIPER géomètre-expert
Cession / transmission du cabinetExonérations de plus-value pro (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A), apport-cession 150-0 B terApport-cession 150-0 B ter profession libérale

Le point d'attention transverse à connaître : la dualité des prélèvements sociaux 2026. Depuis la LFSS 2026, les dividendes et les plus-values mobilières (cession de parts de société) supportent 18,6 % de PS (PFU global 31,4 %), tandis que l'assurance-vie, les contrats de capitalisation et les revenus fonciers d'une SCI à l'IR restent à 17,2 %. Cette même dualité s'applique à la plus-value professionnelle de cession du cabinet : l'article 151 septies A (départ en retraite) exonère l'IR mais pas les 18,6 % de PS. C'est la raison concrète pour laquelle, au-delà d'un certain montant, placer la trésorerie de cabinet ou remonter le résultat via une SPFPL de géomètres-experts bat la distribution pure en dividendes.

La bascule s'inscrit dans une séquence

Le choix BNC/société n'est que la première décision : rémunération, holding, trésorerie, murs, PER et transmission viennent ensuite. Pour l'arbitrage interne une fois en SEL, voyez salaire ou dividendes en SELARL de géomètre-expert ; pour la couche holding, holding SPFPL géomètre-expert. Pour l'itinéraire complet, le guide hub optimisation fiscale du géomètre-expert et la feuille de route patrimoniale gestion de patrimoine du géomètre-expert. Le même arbitrage se pose pour une autre profession affiliée à la CIPAV : voyez architecte : SELARL ou BNC.
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Sources et références légales

  • CGI — structure et régime du géomètre-expert

    Art. 102 ter CGI (régime micro-BNC : abattement 34 %). Art. 93 et 96 CGI (BNC au réel, déclaration contrôlée 2035-SD). Art. 219 I-b CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. 197 CGI (barème de l'IR 0/11/30/41/45 %). Art. 261-4-1 CGI (exonération des soins, inapplicable au géomètre-expert : TVA 20 % soumise sur le bornage, la topographie, la division parcellaire, la copropriété et la maîtrise d'œuvre). Art. 260-2 CGI (option pour la TVA des loyers de murs détenus par un assujetti). Doctrine : BOI-IS-LIQ-20-20.

  • CGI / CSS — rémunération et dividendes en SEL

    Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL relève des BNC). Art. 62 CGI (rémunération du mandat de gérance du gérant majoritaire de SELARL, traitements et salaires). Art. 80 ter CGI (président de SELAS assimilé salarié). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS depuis la LFSS 2026). Art. 158 CGI (option barème, abattement 40 %). Art. L. 131-6 CSS (cotisations sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant). Art. L. 311-3 CSS (statut d'assimilé salarié). Doctrine : BOI-RES-BNC-000136 (27/12/2023), BOI-RSA-GER-10-30.

  • Textes propres au géomètre-expert et SPFPL

    Loi n° 46-942 du 7 mai 1946 instituant l'Ordre des géomètres-experts (OGE) : monopole légal du bornage et de la délimitation des biens fonciers (art. 1er) ; profession libérale réglementée mais non officier public ministériel, d'où l'absence de charge vénale et de droit de présentation et une cession libre de la clientèle. Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (exercice en société des professions libérales réglementées). Décret n° 2026-429 du 29 mai 2026 (exercice en société de la profession de géomètre-expert : SEL — SELARL, SELAFA, SELCA, SELAS — et SPFPL de géomètres-experts). Décret n° 2018-1048 du 28 novembre 2018 (professions restant affiliées à la CIPAV après la réforme de 2018). Régime de base CNAVPL et complémentaire CIPAV (valeurs de point, classes et tranches 2026 à reconfirmer à lacipav.fr).

  • Hauts revenus, lissage, transmission et jurisprudence

    Art. 154 bis CGI (PER/Madelin, plafond 88 911 € en 2026) et art. 163 quatervicies CGI (PER du dirigeant assimilé salarié). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation des personnes morales). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %) et art. 224 LF 2026 (CDHR). Art. 238 quindecies, 151 septies A et 150-0 D ter CGI (cession et transmission du cabinet). Art. 163-0 A CGI (quotient). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025), LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026). CE 16/10/2013 n° 339822, CE 08/12/2017 n° 409429 et CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (rémunération technique de SEL imposable en BNC). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 06/08/2010. Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (SPFPL ne fait pas écran, portée à apprécier au cas par cas).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision de passer du BNC à une société de géomètres-experts / SEL (SELARL, SELAS ou autre forme prévue par la loi 46-942 et le décret 2026-429) doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (audit de structure, modélisation chiffrée selon votre TMI et votre capacité d'épargne, arbitrage rémunération/dividendes, impact retraite CIPAV, statut social). Les chiffres et taux cités sont à jour au 17 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points (valeurs de point et tranches CIPAV 2026, quotités exactes de détention d'une SEL ou d'une SPFPL de géomètres-experts, portée précise de la jurisprudence sur les dividendes via SPFPL) sont à reconfirmer à la source ou signalés au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore clairement.

Foire aux questions

Tout sur le choix BNC ou SELARL pour un géomètre-expert seuil, coût, dividendes, CIPAV et statut.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : à partir de quel bénéfice basculer, qui doit détenir le capital (loi 46-942 / décret 2026-429), ce que change vraiment la société, le coût réel, la règle des 10 %, la fin de l'abattement de 10 %, l'impact CIPAV, les revenus en dents de scie et la TVA. Réponses sourcées et à jour 2026.