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Guide géomètre-expert 202618 minMis à jour 25 juin 2026Feuille de route par revenu

Gestion de patrimoine du géomètre-expert : la feuille de route par tranche de revenu

Vous fixez les limites des propriétés au centimètre près, mais votre propre plan patrimonial attend toujours le prochain dossier de bornage. Le problème du géomètre-expert est double : des hauts revenus lourdement fiscalisés (TMI 41 à 45 %, parfois CEHR, CDHR, IFI) et une retraite CNAVPL + CIPAV notoirement faible au regard de ce que vous gagnez. Ce guide est votre feuille de route, phase par phase et par tranche de revenu, du rachat de clientèle à la cession du cabinet. À jour 2026. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN PATRIMONIAL GÉOMÈTRE-EXPERT 2026

Savoir quoi prioriser à votre phase de carrière et bâtir votre feuille de route chiffrée

Diagnostic complet de votre situation de géomètre-expert : financement du rachat de clientèle ou de parts, structuration SEL/SPFPL, murs du cabinet en SCI, PER, assurance-vie, SCPI, trésorerie de cabinet, pilotage IFI/CEHR/CDHR, anticipation de la faible retraite CIPAV, cession ou transmission du cabinet. On adapte les priorités à votre âge, à votre TMI et à votre projet. Cabinet 100 % indépendant, sans produit-maison.

  • Feuille de route adaptée à votre phase
  • Financement et structuration calibrés
  • PER, assurance-vie et SCPI calibrés
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

41-45 %

RETRAITE

CNAVPL + CIPAV

PER MAX 2026

88 911 €

EXO CESSION

≤ 500 000 €

PS CESSION 2026

18,6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi le patrimoine d'un géomètre-expert ne se gère pas comme un autre

Vous fixez les limites des propriétés au centimètre près, vous arbitrez des servitudes et des divisions parcellaires avec une rigueur d'arpenteur, et votre propre plan patrimonial, lui, attend toujours le prochain dossier de bornage. Deux choses jouent contre vous, et c'est leur rencontre qui fait mal. D'un côté, des hauts revenus lourdement fiscalisés — vous êtes souvent à TMI 41 ou 45 %, parfois concerné par la CEHR, la CDHR ou l'IFI. De l'autre, une retraite qui décroche nettement par rapport à ce que vous gagnez, parce que vous relevez du régime de base CNAVPL (par points, plafonné) et du régime complémentaire de la CIPAV, dont le rendement est défavorable. Concrètement : vous pouvez dégager 140 000 € de bénéfice pendant vingt ans et voir votre pension de caisse couvrir une fraction seulement de votre train de vie — l'écart se chiffre vite en plusieurs milliers d'euros par mois, et c'est lui qu'il faut combler par capitalisation. Vous êtes une profession libérale réglementée (inscrite à l'Ordre des géomètres-experts, loi n° 46-942 du 7 mai 1946), titulaire d'un monopole légal du bornage et de la fixation des limites des biens fonciers (art. 1er), mais pas un officier ministériel : la cession de votre clientèle, de votre fonds libéral ou de vos parts est libre, sans droit de présentation ni charge vénale. Chacun de ces points pris isolément se gère sans drame ; mis bout à bout — gros impôts aujourd'hui, petite pension demain — ils dessinent un trou que personne ne comble à votre place. Ce guide vous donne la feuille de route, phase par phase et par tranche de revenu, pour savoir par quoi commencer, au lieu d'accumuler des contrats au gré des sollicitations.

En 30 secondes : une feuille de route en 4 phases

L'idée tient en une phrase : on regarde d'abord où vous en êtes (âge, revenu), pas le produit qu'un commercial cherche à vous vendre. On commence par sécuriser et financer l'installation (rachat de clientèle ou de parts, épargne de précaution, première prévoyance Madelin, résidence principale, ouverture du PER). Quand les revenus montent, on passe à maximiser l'assiette et structurer : charges au réel, PER au plafond, arbitrage BNC vers SEL coiffée d'une SPFPL, murs en SCI. Plus tard vient la maturité (assurance-vie, SCPI, IFI piloté, anticiper la faible retraite CIPAV), et tout au bout, la sortie : céder le cabinet comme capital retraite, transmettre, protéger les siens. Le reste du guide déroule chaque phase.

La TVA, un avantage à exploiter, pas une contrainte

Contrairement au médecin ou au kinésithérapeute, exonérés de TVA sur leurs soins au titre de l'article 261-4-1 du CGI, le géomètre-expert est soumis à la TVA au taux normal de 20 % sur l'ensemble de ses honoraires : bornage, topographie, division parcellaire, copropriété, maîtrise d'œuvre. L'exonération des soins du 261-4-1 ne vous concerne jamais (elle vise la santé humaine). Loin d'être une corvée, c'est même un atout : vous récupérez la TVA déductible sur votre matériel topographique, vos logiciels, vos déplacements et vos investissements. Puisque vous êtes assujetti, vous pouvez aussi activer l'option pour la TVA des loyers (article 260-2° CGI) si vous logez les murs du cabinet dans une SCI, et récupérer ainsi la TVA sur l'immeuble. En tout début d'activité, sous le seuil de franchise en base de l'article 293 B (seuils 2026 à confirmer ; le projet de seuil unique de 25 000 € a été suspendu), l'exonération reste théoriquement possible, mais en pratique le géomètre-expert à hauts revenus passe vite au réel et devient assujetti.

Géomètre-expert = CNAVPL + CIPAV, jamais CARMF, CNBF, CPRN, CAVOM ou CAVEC

Garde-fou à connaître absolument : le géomètre-expert ne relève pas de la CARMF (médecins), ni de la CNBF (avocats), ni de la CPRN (notaires), ni de la CAVOM (commissaires de justice), ni de la CAVEC (experts-comptables), ni de la SSI. Il cotise au régime de base CNAVPL (par points, comme toutes les sections libérales) et au régime complémentaire de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse). Le géomètre-expert fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV après la réforme de 2018 : la liste des professions concernées figure désormais à l'article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale, issu de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Toute simulation de retraite qui cite une autre caisse pour un géomètre-expert est à reprendre. Pour le détail de votre caisse, voyez la retraite CIPAV du géomètre-expert et, pour le cadre général, la retraite de la profession libérale.

Ce guide est la vue d'ensemble patrimoniale du géomètre-expert, déclinaison du pilier généraliste : pour le cadre du métier, voyez la gestion de patrimoine de la profession libérale. Il est distinct de deux guides voisins, qu'il ne répète pas : le catalogue des leviers d'optimisation fiscale du géomètre-expert (les dispositifs, un par un) et le guide d'allocation et de placement du géomètre à hauts revenus (où placer concrètement). Ici, on prend de la hauteur : on regarde le patrimoine dans son ensemble, séquencé par phase de carrière. Le raisonnement est le même pour une profession libérale réglementée voisine, à la même caisse CIPAV : l'architecte (le métier et la cession diffèrent, mais la logique CNAVPL + CIPAV, TVA 20 %, BNC vers SEL est identique).

Au-delà de l'impôt : se constituer, protéger et transmettre

La défiscalisation n'est qu'une brique de la stratégie, pas son objectif. Pour un géomètre-expert, la vraie question n'est pas seulement « comment payer moins d'impôt cette année », mais « comment me constituer un capital qui financera une retraite que la CIPAV ne couvrira pas, comment protéger mes proches en cas d'arrêt, et comment transmettre mon cabinet et mon patrimoine au bon moment ». C'est cette lecture d'ensemble, étalée dans le temps, qui sépare une vraie stratégie d'une simple chasse à la niche fiscale.
§ 2LA FEUILLE DE ROUTE·2 MIN

La feuille de route patrimoniale du géomètre-expert, phase par phase

Une carrière de géomètre-expert dure trente à quarante ans, et les bonnes décisions patrimoniales ne sont pas les mêmes à 33 ans qu'à 60 ans. À l'installation, on sécurise et on finance le rachat ; en développement, on maximise l'assiette et on structure ; à maturité, on diversifie et on anticipe ; en fin de carrière, on cède. L'ordre compte autant que les leviers eux-mêmes : sécuriser avant de défiscaliser, structurer avant de capitaliser, optimiser la sortie avant de céder dans l'urgence.

Les 4 phases de la vie patrimoniale du géomètre-expert. Les âges sont indicatifs : une installation tardive ou une association peuvent décaler le calendrier.
PhaseÂge indicatifL'enjeu centralLes leviers prioritaires
1 · Installation30-40 ansFinancer le rachat de clientèle/parts et sécuriserFinancement du rachat, épargne de précaution, RC pro + prévoyance Madelin 154 bis, RP, ouvrir le PER
2 · Développement40-50 ansMaximiser charges et PER, structurerCharges déductibles 2035, PER jusqu'à 88 911 €, BNC→SEL + SPFPL, murs en SCI, trésorerie de cabinet, déficit foncier
3 · Maturité45-60 ansDiversifier et anticiperAssurance-vie, SCPI, placements, IFI, anticiper la faible retraite CIPAV
4 · Fin de carrière / cession60 ans et +Céder le cabinet au bon prix238 quindecies, parts de SEL 150-0 D ter, donation, démembrement, AV 990 I, Dutreil

Comment lire ce hub

Ce guide est un hub chronologique : chaque phase ci-dessous est traitée en synthèse, puis renvoie vers le guide dédié qui en détaille les calculs et les montages. L'idée n'est pas de tout faire en même temps, mais de savoir quoi prioriser maintenant selon votre âge, votre TMI et votre revenu de l'année — et de ne pas sauter une étape (sécuriser avant de défiscaliser, structurer avant de capitaliser, optimiser la sortie avant de céder dans l'urgence). C'est exactement ce que cale un bilan patrimonial.
§ 3PHASE 1 — INSTALLATION·4 MIN

Phase 1 — L'installation : financer le rachat et sécuriser

Le géomètre-expert débute le plus souvent en BNC (déclaration contrôlée 2035). Le régime micro-BNC (seuil de recettes 83 600 €, abattement forfaitaire de 34 %) existe, mais dès que l'activité décolle, le passage au réel s'impose, et la quasi-totalité des géomètres-experts à hauts revenus visés par ce guide y sont déjà. Beaucoup veulent défiscaliser dès leur première belle année. Je freine : à ce moment-là, l'urgence est de financer son installation et de sécuriser, pas de verrouiller son cash.

Financer le rachat de clientèle ou de parts

Le géomètre-expert s'installe rarement à partir de rien : il rachète une clientèle, un fonds libéral ou des parts d'un confrère qui part. Comme il n'est pas officier ministériel, cette cession est libre (sous réserve des règles de l'Ordre et de l'information des clients) : pas de charge vénale, pas de droit de présentation à acquérir. Le rachat se finance par emprunt, dont les intérêts sont déductibles. Les droits d'enregistrement sont à la charge de l'acquéreur : pour la clientèle ou le fonds libéral, l'article 719 (0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà) ; pour des parts de SELARL, l'article 726 (3 % après abattement de 23 000 € proratisé) ; pour des actions de SELAS, 0,1 %. Le choix entre racheter une clientèle ou des parts, et entre BNC et société, est détaillé dans passer en SELARL ou rester en BNC.

Une épargne de précaution et une prévoyance dès le démarrage

Un cabinet de géomètre-expert a des charges fixes (matériel topographique, station GNSS, logiciels, RC professionnelle ordinale, personnel) qui courent même quand un dossier traîne ou qu'un client paie en retard. D'où une épargne de précaution sur supports liquides et sécurisés (livrets, fonds euros d'une assurance-vie), avant tout placement long. Au-delà de la RC professionnelle (obligatoire), la prévoyance Madelin (volet de l'article 154 bis CGI : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonnée à environ 11 534 € en 2026) doit être posée dès l'installation, avec une définition d'invalidité professionnelle (et non « toute occupation ») : c'est votre seul filet en cas d'arrêt. Pour la calibrer, voyez dimensionner sa prévoyance Madelin et, pour la méthode de gestion des premiers euros, gérer son argent en début d'activité libérale.

Ouvrir le PER tôt pour prendre date

Une fois le coussin et la prévoyance en place, on ouvre le PER (article 154 bis), même avec un versement modéré. L'intérêt n'est pas tant le montant déduit en début de carrière que le fait de prendre date et de disposer de l'outil qui montera en puissance à mesure que la TMI grimpe. Le détail des plafonds : le PER du géomètre-expert.

La règle d'or de l'installation : sécuriser avant de défiscaliser

L'erreur que je vois le plus souvent chez le jeune géomètre : bloquer son argent dans un produit de défiscalisation dès qu'une année sort enfin du lot, alors que la dette de rachat tourne encore et qu'aucun coussin n'est constitué. L'ordre est non négociable : financement du rachat sécurisé → coussin → prévoyance → PER ouvert, et seulement ensuite la défiscalisation lourde, qui viendra à la phase suivante quand la TMI sera durablement haute.
§ 4PHASE 2 — DÉVELOPPEMENT·5 MIN

Phase 2 — Le développement : maximiser charges, PER et passer en société

Le cabinet est lancé, les dossiers s'enchaînent, et la TMI atteint durablement les 41 % (revenu imposable d'environ 84 600 € par part en 2026), parfois 45 %. À ce niveau, le moindre euro sorti de l'assiette compte double : déduit à 41 %, il rapporte bien plus qu'à 30 %. Reste à activer les leviers dans le bon ordre.

Maximiser les charges au réel et saturer le PER

Au réel, tout ce qui est engagé pour l'activité est déductible : local, matériel topographique et logiciels, déplacements sur le terrain, formation ordinale, cotisations. Mais le levier n° 1 reste le PER (article 154 bis) : à TMI 41 %, 100 € versés ne coûtent réellement que 59 € (55 € à 45 %), et le plafond grimpe jusqu'à 88 911 € en 2026 (plancher 4 806 €, report des plafonds non utilisés sur trois ans, mutualisation entre conjoints). C'est le seul placement déductible à l'entrée, et il reste pilotable : l'année d'un gros dossier de division ou de copropriété, on verse davantage. Le détail : le PER du géomètre-expert et le guide complet du PER.

Arbitrer entre BNC et SEL de géomètres-experts

Tant que tout votre bénéfice vous est nécessaire, le BNC suffit : c'est simple et tout le résultat est imposé à votre TMI. Mais dès que le bénéfice dépasse durablement votre besoin de train de vie et qu'un excédent s'accumule, la SEL de géomètres-experts à l'IS — SELARL (gérant majoritaire TNS, affilié CIPAV) ou SELAS (président assimilé salarié) — commence à payer : vous laissez capitaliser dans la société à 15 % d'IS (jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %) plutôt qu'à votre TMI personnelle. Le capital doit rester détenu majoritairement par des géomètres-experts inscrits (loi n° 46-942 + ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023). Attention à un changement récent : depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération technique de l'associé de SEL est imposée en BNC (et non plus en traitements et salaires), ce qui a supprimé l'abattement de 10 % au profit des frais réels (CE 8 avril 2025 n° 492154). On ne refait pas ici le comparatif : il est détaillé dans passer en SELARL ou rester en BNC et, pour le cadre général, BNC ou SELARL pour le libéral.

La SPFPL de géomètres-experts : le régime mère-fille

Une SPFPL de géomètres-experts — société de participations financières dont le cadre a été confirmé par le décret du 31 mai 2026 relatif aux sociétés de géomètres-experts (capital contrôlé par des géomètres-experts inscrits ; la quotité, de l'ordre des trois quarts, est à confirmer au texte) — peut coiffer la SEL et en détenir jusqu'à 100 % des droits depuis l'ordonnance 2023-77. Grâce au régime mère-fille (articles 145 et 216 CGI), les dividendes remontés de la SEL à la holding sont exonérés à 95 %.

Régime mère-fille : 100 000 € de dividendes remontés à la SPFPL

Dividende brut remonte SEL -> SPFPL ....... 100 000 EUR
Quote-part de frais et charges (5 %) ......   5 000 EUR
Base imposable a l'IS (25 %) ..............   5 000 EUR
IS du a la SPFPL (25 % x 5 000) ...........   1 250 EUR
-------------------------------------------------------
Net capitalisable dans la SPFPL .......... 98 750 EUR
Cout effectif ............................   ~1,25 %

Comparé à une distribution directe au géomètre (PFU 31,4 % = 12,8 % IR + 18,6 % PS, soit ~31 400 € sur 100 000 €), la remontée à la SPFPL laisse près de 99 % du dividende disponible pour réinvestir. La contrepartie : ces fonds restent bloqués dans la société ; pour les sortir vers votre poche, il faudra repasser par la case dividende ou rémunération. Détention d'au moins 5 % conservée 2 ans (intégration fiscale possible à 95 %, quote-part de frais ramenée à 1 %). Si la SPFPL de géomètres ne convient pas à votre situation, une holding de droit commun reste une alternative.

On ne refait pas ici le montage complet : il est détaillé dans la SPFPL du géomètre-expert et rémunération ou dividendes en SELARL. Pour le cadre général de la holding du libéral : la SPFPL de la profession libérale ; et pour l'alternative de droit commun, la holding patrimoniale. Un piège, en revanche, mérite qu'on s'y arrête.

Dividendes de SEL > 10 % : la SPFPL ne fait pas écran

La fraction de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé est assujettie aux cotisations sociales TNS (article L. 131-6 CSS), pas seulement aux prélèvements sociaux — y compris lorsqu'ils transitent par une SPFPL (doctrine Urssaf et jurisprudence de la 2e chambre civile de la Cour de cassation, Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, rendu dans un cas où l'associé exerçant était l'unique professionnel de la SEL ; portée exacte à vérifier auprès de votre conseil). C'est l'idée fausse que j'entends le plus souvent en rendez-vous : la SPFPL diffère et optimise, mais elle n'efface pas ces cotisations. En deçà de 10 %, le dividende reste au PFU de 31,4 %. Le cadre général : les dividendes de SEL et les cotisations sociales.

Acheter les murs en SCI, placer la trésorerie, effacer du revenu par le déficit foncier

À TMI 41-45 %, l'immobilier devient un levier puissant. Loger les murs du cabinet dans une SCI, avec option pour la TVA (article 260-2°) puisque l'activité est assujettie, combine diversification, récupération de la TVA sur l'immeuble et préparation de la transmission. Les loyers d'une SCI à l'IR (location nue) supportent des prélèvements sociaux de 17,2 % (et non 18,6 %), et le déficit foncier efface du revenu fortement taxé : l'imputation sur le revenu global est plafonnée à 10 700 €/an (hors intérêts d'emprunt), le surplus s'imputant sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. En parallèle, la trésorerie excédentaire du cabinet ne doit pas dormir sur un compte courant : elle se place via un contrat de capitalisation de personne morale (article 238 septies E) ou un compte à terme. Voyez acheter les murs de votre cabinet via une SCI, placer la trésorerie de votre cabinet et l'immobilier de la profession libérale.

Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5PHASE 3 — MATURITÉ·4 MIN

Phase 3 — La maturité : diversifier et anticiper la faible retraite CIPAV

Le cabinet tourne à plein, le crédit de la résidence principale est souvent soldé, et il reste plusieurs milliers d'euros à placer chaque mois. La TMI tape les 45 %, et les surtaxes des hauts revenus — IFI, CEHR, CDHR — entrent en scène. Deux chantiers en parallèle : diversifier la capitalisation et anticiper une retraite CIPAV que l'on sait insuffisante.

Placer et diversifier : assurance-vie, SCPI, et patrimoine perso vs trésorerie de SEL

À 45 %, la question change : il ne s'agit plus de gagner plus, mais d'éviter que toute votre retraite ne tienne au seul cabinet et à sa revente. On diversifie : assurance-vie (capitalisation, gains à 17,2 % de prélèvements sociaux, transmission via le 990 I), SCPI en direct ou en assurance-vie (immobilier sans gestion), PEA pour les actions, private equity (horizon long, illiquide, risque de perte en capital). Et l'on sépare deux poches qui ne suivent pas les mêmes règles : votre patrimoine personnel d'un côté, la trésorerie excédentaire de la SEL de l'autre (qui se place via un contrat de capitalisation de personne morale, article 238 septies E, ou un compte à terme). Ces supports ne sont pas garantis (les performances passées ne préjugent pas des performances futures, le capital en unités de compte peut varier). À approfondir : où placer son argent quand on est géomètre-expert, investir l'excédent du cabinet en SCPI, placer la trésorerie d'une SEL, l'assurance-vie, les SCPI et le compte à terme.

Hauts revenus mais retraite CIPAV modeste : le grand écart

C'est le constat que je pose en premier devant un géomètre-expert de 55 ans : votre retraite repose sur le régime de base CNAVPL (par points, plafonné) et sur le complémentaire de la CIPAV. Le rendement du régime étant défavorable, la pension réelle ne représente qu'une fraction modeste de vos derniers revenus de géomètre à hauts revenus. Chez le géomètre-expert, le PER, l'assurance-vie, les SCPI et la cession du cabinet ne complètent pas la retraite de caisse : ils la relaient en grande partie. Valeurs de point et de cotisations 2026 à confirmer sur lacipav.fr ; pour chiffrer votre pension et savoir comment la compléter, voyez la retraite CIPAV du géomètre-expert.

Piloter l'IFI, la CEHR et la CDHR par le patrimoine

À 55 ans, ce n'est plus seulement l'impôt sur le revenu du cabinet qui pèse, c'est souvent l'IFI, la CEHR et la CDHR — et là, c'est le patrimoine, pas le bénéfice, qui sert de levier. L'IFI frappe le patrimoine immobilier net au-delà de 1 300 000 € : la résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %, les biens professionnels sont exonérés, et le démembrement (la nue-propriété n'est pas imposable au démembrement viager, barème de l'article 669) comme la dette déductible réduisent l'assiette. La CEHR (article 223 sexies) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire, 4 % au-delà de 500 000 € (seuils doublés pour un couple). La CDHR (article 224) impose un taux effectif minimum de 20 % du RFR aux très hauts revenus, et incite à privilégier les leviers d'assiette comme le PER. On creuse cela dans réduire son IFI, la CDHR du libéral et l'imposition du libéral à hauts revenus.

Aller plus loin : l'assurance-vie, la pièce maîtresse du géomètre de plus de 50 ans

Un exemple parlant : un géomètre-expert de 55 ans qui place 3 000 €/mois sur une assurance-vie diversifiée pendant dix ans y loge 360 000 € d'apports, dont les gains ne supportent que 17,2 % de prélèvements sociaux (et non 18,6 %), avec la fiscalité allégée du contrat après huit ans et la transmission hors droits via le 990 I (152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans). Ce n'est pas un hasard si je la place presque toujours au cœur du plan : elle conjugue capitalisation, liquidité (à l'inverse du PER bloqué) et transmission, trois besoins qui se télescopent justement à cet âge. Reste à arbitrer la part en fonds euros et en unités de compte selon votre horizon (les UC ne sont pas garanties : les performances passées ne préjugent pas des performances futures). Le détail : tout savoir sur l'assurance-vie.
§ 6PHASE 4 — CESSION·5 MIN

Phase 4 — Céder le cabinet comme capital retraite, transmettre

En fin de carrière, la cession du cabinet prend une importance particulière : pour beaucoup de géomètres-experts, elle constitue le capital retraite que la CIPAV ne fournira pas. La cession passe par la vente de la clientèle / du fonds libéral (cession libre, sans agrément : le géomètre n'est pas officier ministériel) ou des parts de la SEL. J'ai vu des confrères céder dans la précipitation d'un départ et payer 30 % et plus sur une plus-value qu'un rendez-vous deux ans plus tôt aurait fait fondre. Restent deux décisions : sous quel régime fiscal vendre, et comment passer le relais à vos proches sans que l'impôt rogne le capital.

En 30 secondes : céder et transmettre sans subir l'impôt

Céder la clientèle / le cabinet : exonération d'IR via le 238 quindecies (totale jusqu'à 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 M€), complétée par le 151 septies (recettes) et le 151 septies A (départ retraite). Céder des parts de SEL : abattement fixe de 500 000 € du dirigeant retraité (150-0 D ter). Le piège 2026 : ces exonérations effacent l'IR, jamais les 18,6 % de PS, dus dans tous les cas. Transmettre : apport-cession (150-0 B ter), pacte Dutreil (787 B, −75 %), assurance-vie (990 I, 152 500 € par bénéficiaire), démembrement (669) et donation (779, 100 000 € tous les 15 ans). La règle d'or : tout se prépare deux à trois ans avant la signature, jamais le jour du départ.

Céder le cabinet ou ses parts de SEL

Le levier phare est l'article 238 quindecies du CGI : la cession des éléments d'une activité libérale (clientèle, fonds libéral, branche complète) est totalement exonérée d'IR si la valeur cédée est inférieure ou égale à 500 000 €, puis l'exonération devient dégressive jusqu'à 1 000 000 €. S'y ajoutent l'article 151 septies (exonération selon les recettes : totale jusqu'à 90 000 € de recettes, dégressive jusqu'à 126 000 € pour les prestations de services — souvent inopérant pour un géomètre à hauts revenus) et l'article 151 septies A (départ en retraite, IR exonéré, PS 18,6 % dus, cessation et liquidation des droits dans les 24 mois). La cession des parts de SEL relève, elle, de la plus-value mobilière (PFU 31,4 %) avec l'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant en retraite (article 150-0 D ter, conditions 2026 à confirmer ; abattement sur l'IR seul, PS 18,6 % dus).

2026 : le 151 septies A exonère l'IR, pas les 18,6 % de PS

Point capital depuis la LFSS 2026 : la cession de la clientèle / du cabinet (plus-value professionnelle) comme la cession des parts de SEL (plus-value mobilière) supportent désormais des prélèvements sociaux de 18,6 % (et non 17,2 %). Une plus-value professionnelle à long terme ressort donc à 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS = 31,4 % au total. Et le 151 septies A (départ en retraite) exonère l'IR mais PAS ces 18,6 % de PS : vous pouvez jouer sur l'IR via l'exonération, mais les 18,6 % de PS sont dus dans tous les cas — y compris en départ retraite. Seuls les loyers d'une SCI à l'IR et l'assurance-vie restent à 17,2 %.
Clientèle, parts ou murs : la nature de l'actif cédé détermine le régime de plus-value, l'exonération mobilisable et le taux de prélèvements sociaux 2026. Droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur : clientèle/fonds libéral (art. 719, 0/3/5 %), parts de SELARL (art. 726, 3 %) ou actions de SELAS (0,1 %).
Vous cédez…Nature de la PVExonération principalePS 2026
La clientèle / le cabinet (fonds libéral, branche complète)Plus-value professionnelle238 quindecies (≤ 500 k€) + 151 septies + 151 septies A18,6 %
Les parts de votre SELPlus-value mobilièreAbattement fixe 500 k€ du dirigeant retraité (150-0 D ter)18,6 %
Les murs (SCI à l'IR)Plus-value immobilière des particuliersAbattement pour durée de détention17,2 %

Transmettre via apport-cession, Dutreil, donation et démembrement

Pour transmettre plutôt que vendre, on combine plusieurs leviers. L'apport-cession (article 150-0 B ter) : vous apportez vos titres de SEL à une holding que vous contrôlez, ce qui place la plus-value en report d'imposition. Le dispositif a été durci par la LF 2026 pour les cessions à compter du 21 février 2026 : si la holding cède dans les trois ans, le maintien du report suppose de réinvestir au moins 70 % du produit dans une activité économique éligible (à l'exclusion de l'immobilier de remploi) ; au-delà de trois ans, pas de condition de remploi. Le pacte Dutreil (article 787 B) : sous engagement collectif puis individuel de conservation et exercice d'une fonction de direction, la transmission des titres de la SEL par donation ou succession bénéficie d'un abattement de 75 % sur les droits. S'y ajoutent la donation (abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, article 779), le démembrement (barème de l'article 669) et l'assurance-vie (990 I : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans ; 757 B au-delà). Voyez l'apport-cession du libéral, préparer sa succession et le démembrement de propriété.

Synchroniser la cession et la liquidation de la CNAVPL + CIPAV

La cession et la liquidation de la retraite doivent être synchronisées, en particulier si vous visez le 151 septies A : il impose la cessation de toute fonction et la liquidation des droits à retraite dans un délai de 24 mois autour de la cession. La CNAVPL verse alors la pension de base et la CIPAV sa pension complémentaire ; c'est aussi le moment où l'on mesure l'intérêt d'avoir capitalisé sur un PER et une assurance-vie pendant vingt ans. Le calendrier se prépare deux à trois ans à l'avance.
§ 7SYNTHÈSE·2 MIN

Tranche de revenu et priorité : le tableau de synthèse

Une vue d'ensemble pour situer où vous en êtes et ce qui doit retenir votre attention en priorité aujourd'hui. Le tableau croise la tranche de revenu, la priorité n° 1, les leviers à activer et le piège classique à éviter.

Repères indicatifs par tranche de bénéfice et de situation. Les transitions sont progressives : un bilan patrimonial cale le passage d'une tranche à l'autre.
Tranche de revenu / situationPriorité n° 1Leviers à activerLe piège à éviter
BNC < 90 000 € (installation)Sécuriser + financer le rachatÉpargne précaution, prévoyance Madelin, PER ouvertDéfiscaliser avant d'avoir un coussin
BNC 90 000 – 150 000 € (développement)Saturer le PER, préparer la SELPER 88 911 €, charges 2035, murs en SCIPasser en société trop tôt
SEL + excédent (maturité)Structurer + diversifierSPFPL mère-fille, AV, SCPI, IFI pilotéCroire que la SPFPL efface les cotisations sur dividendes > 10 %
60 ans et + (cession)Optimiser la sortie238 quindecies, 150-0 D ter, Dutreil, AV 990 IOublier les PS 18,6 % (151 septies A n'exonère que l'IR)

Le réflexe à garder en tête

À chaque tranche, le bon réflexe n'est pas d'empiler tous les leviers, mais d'activer celui qui correspond à votre phase. Le coussin et la prévoyance d'abord ; le PER ensuite ; la SEL et la SPFPL quand l'excédent le justifie ; la diversification et le pilotage des surtaxes à maturité ; l'optimisation de la cession en dernier. Sauter une étape coûte presque toujours plus cher que l'impôt qu'on cherchait à éviter.
§ 8CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois géomètres-experts, trois phases : Camille, Julien et Thierry

Trois situations, retravaillées et arrondies : une géomètre-expert de 33 ans qui s'installe, un géomètre établi de 47 ans en BNC, un associé de 61 ans en SELARL qui prépare sa sortie. Chiffres illustratifs (estimations pédagogiques, non opposables ; fourchettes volontaires).

Note de méthode sur les projections

Les calculs ci-dessous isolent un seul levier à la fois pour en montrer le mécanisme : ils n'intègrent ni l'effet cumulé des dispositifs, ni l'évolution de votre situation, ni le rendement des supports d'investissement. Sur les enveloppes de capitalisation (PER, assurance-vie, SCPI, private equity), rappelons que les performances passées ne préjugent pas des performances futures et que le capital investi en unités de compte n'est pas garanti. Les économies d'impôt dépendent de votre TMI réelle de l'année. Seul un bilan personnalisé combine tous les paramètres : ces cas sont des illustrations pédagogiques, pas des recommandations.

Cas 1 — Camille, 33 ans, s'installe en rachetant une clientèle de bornage (180 000 €)

Camille rachète une clientèle de bornage valorisée 180 000 €, financée par emprunt. Son BNC ressort à ~85 000 €, TMI 30 % qui bascule vers 41 %.

Droits d'enregistrement (art. 719, à sa charge d'acquéreur) : 0 % sur 23 000 € + 3 % × (180 000 − 23 000) = 3 % × 157 000 = 4 710 €.

Priorité = sécuriser et prendre date, pas défiscaliser :
1. Épargne de précaution : objectif ~6 mois de charges courantes sur livrets et fonds euros, pour ne pas casser un placement si un dossier traîne.
2. RC pro + prévoyance Madelin : ~11 534 € de plafond Madelin, avec une définition d'invalidité professionnelle — son seul filet.
3. PER ouvert : premier versement, pour prendre date.

Tant que la dette de rachat tourne, on ne bloque pas l'épargne dans une défiscalisation lourde. On sécurise, on ne défiscalise pas encore.

Droits d'enregistrement sur le rachat de clientèle de 180 000 €

Tranche 0 -> 23 000 EUR (0 %) ............         0 EUR
Tranche 23 000 -> 180 000 EUR (3 %) ......     4 710 EUR
   = 3 % x 157 000 EUR
-------------------------------------------------------
Total des droits (a la charge de l'acquereur)  4 710 EUR

Les droits d'enregistrement de l'article 719 sont à la charge de l'acquéreur (Camille). Au-delà de 200 000 €, la tranche supérieure passerait à 5 %. Le rachat est financé par emprunt, dont les intérêts sont déductibles du BNC.

Cas 2 — Julien, 47 ans, géomètre-expert établi en BNC (bénéfice ~140 000 €, TMI 41 %)

Julien est installé, célibataire, 1 part fiscale. Le bénéfice de son cabinet ressort à ~140 000 €/an, ce qui le place en tranche marginale à 41 %. Il sature son PER.

PER au plafond (154 bis) : versement déductible ≈ 10 % × 140 000 + 15 % × (140 000 − 48 060) = 14 000 + 13 791 = 27 791 €.
Économie d'IR à TMI 41 % : 27 791 × 41 % ≈ 11 394 € (100 € versés coûtent réellement 59 €).
Effort net : ≈ 16 397 € pour 27 791 € capitalisés.
Charges au réel : il vérifie qu'aucune charge déductible n'est oubliée — à 41 %, chaque euro compte.
Arbitrage structure : comme un excédent commence à s'accumuler, il étudie le passage en SEL de géomètres-experts (IS 15 % jusqu'à 42 500 €) pour capitaliser à fiscalité réduite.
Murs en SCI : il envisage d'acheter les locaux du cabinet, avec déficit foncier ; loyers de la SCI à l'IR taxés à 17,2 % de PS.

Julien est en phase de maximisation d'assiette et d'amorce de structuration : le PER seul lui fait économiser plus de 11 000 € d'impôt par an.

PER du géomètre à 140 000 € de BNC, TMI 41 %

10 % x 140 000 EUR ......................... 14 000 EUR
15 % x (140 000 - 48 060) .................. 13 791 EUR
-------------------------------------------------------
Plafond PER deductible 2026 ............... 27 791 EUR
Economie d'impot (41 %) .................. 11 394 EUR
Effort net pour 27 791 EUR capitalises ... 16 397 EUR

Versement pilotable : Julien peut verser davantage l'année d'un gros dossier pour écrêter une pointe d'impôt. Les gains du PER seront soumis à 18,6 % de prélèvements sociaux à la sortie, et le capital est bloqué jusqu'à la retraite — d'où l'intérêt de compléter par l'assurance-vie, plus liquide.

Cas 3 — Thierry, 61 ans, SELARL de géomètres, prépare sa cession-retraite (cabinet valorisé 460 000 €) ⭐

Thierry est gérant majoritaire (TNS) d'une SELARL de géomètres-experts. Il cède sa clientèle / son fonds libéral valorisé 460 000 € au moment de son départ en retraite. Sa clientèle a été développée par ses soins (prix de revient quasi nul) : la plus-value se confond donc avec le prix de cession.

238 quindecies : valeur ≤ 500 000 € → exonération d'IR totale sur la plus-value.
MAIS PV pro = liste 18,6 % : le 151 septies A (départ retraite) exonère l'IR, pas les PS. Sur une plus-value nette ≈ 460 000 € → PS 18,6 % ≈ 85 560 € dus.
Net après PS : ≈ 374 440 € de capital retraite.
Retraite CIPAV : la pension de caisse ne couvrira qu'une part réduite de ses derniers revenus ; l'assurance-vie, le PER et le produit de cession financent le complément.

Pour Thierry, la cession devient le capital retraite : il structure sa sortie 24 à 36 mois à l'avance (cessation + liquidation CNAVPL + CIPAV dans les 24 mois) et a alimenté son assurance-vie avant 70 ans (990 I : 152 500 € par bénéficiaire transmis hors droits).

Cession du cabinet 460 000 € au départ en retraite

Valeur de cession ........................ 460 000 EUR
Exoneration IR (238 quindecies, <= 500 k€)  TOTALE
Mais PV pro = liste 18,6 % (LFSS 2026)
Prelevements sociaux 18,6 % ............... ~85 560 EUR
-------------------------------------------------------
Net apres PS (capital retraite) .......... ~374 440 EUR

Le 238 quindecies et le 151 septies A exonèrent l'IR mais PAS les 18,6 % de PS, dus dans tous les cas en 2026. Ce capital relaie une retraite CIPAV faible — d'où l'intérêt d'avoir aussi capitalisé en PER et assurance-vie pendant la carrière. La sortie se prépare 24 à 36 mois à l'avance.

§ 9DUALITÉ PS 2026·2 MIN

La dualité des prélèvements sociaux 2026 (18,6 % / 17,2 %)

La plupart des comparateurs en ligne et des vieux articles appliquent encore 17,2 % à tout. Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), la CSG du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, et selon le revenu concerné le bon taux est désormais soit 17,2 %, soit 18,6 %. Sur une cession de cabinet de 300 000 €, se tromper de taux, c'est 4 200 € d'écart.

La règle de dualité 2026 (art. L. 136-8 CSS). Le 17,2 % est une liste limitative (assurance-vie, capitalisation, revenus fonciers, PV immobilières des particuliers, PEL/CEL) ; tout le reste passe à 18,6 %.
Type de revenu / plus-valueTaux de PS 2026Concerne le géomètre-expert
Dividendes de SEL, intérêts18,6 %Distribution de la SEL/SPFPL (PFU 31,4 %)
Plus-value de cession de parts de SEL18,6 %Sortie / transmission du cabinet en SEL
Plus-value professionnelle (clientèle, cabinet)18,6 %Cession 151 septies / 238 quindecies / 151 septies A
Loyers meublés (LMNP), gains de PER à la sortie18,6 %Immobilier LMNP, PER 154 bis dénoué
Assurance-vie, contrat de capitalisation17,2 %Épargne et trésorerie capitalisée
Loyers d'une SCI à l'IR (location nue)17,2 %Murs du cabinet loués à la SEL
Plus-value immobilière des particuliers17,2 %Revente d'un bien locatif ou des murs

Le piège à retenir : le 151 septies A n'exonère pas les PS

Le 151 septies A (départ en retraite) exonère l'IR mais pas les 18,6 % de PS : une plus-value professionnelle sur la clientèle ou le cabinet reste taxée à 18,6 % même en cas de départ en retraite. À l'inverse, l'assurance-vie et les loyers d'une SCI à l'IR restent à 17,2 %— 1,4 point d'écart qui, sur une cession à 460 000 €, fait plusieurs milliers d'euros de différence selon l'enveloppe choisie. C'est ce léger 1,4 point qui, répété sur dix ans de capitalisation, fait pencher la balance vers l'assurance-vie chez le géomètre proche de la cession.
§ 10BILAN·2 MIN

Faire son bilan patrimonial de géomètre-expert

Reste à transposer tout cela sur votre situation : votre TMI réelle, votre structure, vos projets immobiliers, l'âge de vos enfants, votre horizon de cession. Vous concentrez vos journées sur vos relevés de terrain, vos dossiers de bornage et vos clients ; ce qui manque, ce n'est pas la rigueur, mais le temps et le recul sur votre propre dossier — exactement ce qu'apporte un CGP, sans empiéter sur votre métier ni sur celui de l'expert-comptable du cabinet.

L'expert-comptable du cabinet

Tient la comptabilité, établit la 2035 (ou les comptes de la SEL), gère la TVA et conseille sur la structure. Indispensable au quotidien, centré sur l'activité — mais ce n'est pas son métier de piloter dans la durée votre patrimoine privé, votre PER ou votre exposition à l'IFI.

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Sécurise les montages complexes (apport-cession, Dutreil, restructuration de SEL/SPFPL) et défend en cas de contentieux. Précieux sur le point de droit pointu, mais il intervient au coup par coup, sur un acte précis, pas sur la trajectoire de votre patrimoine sur vingt ans.

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Sécuriser et financer le rachat à l'installation, saturer le PER à 47 ans, basculer en SEL coiffée d'une SPFPL, piloter l'IFI à 55 ans, faire de la cession du cabinet un capital retraite : chaque choix commande le suivant. La forme de votre structure fixe vos dividendes ; vos dividendes alimentent votre PER ; et c'est ce PER, avec l'assurance-vie et le produit de cession, qui prendra le relais le jour où vous poserez la mire pour la dernière fois et où la CIPAV ne couvrira qu'une fraction de votre train de vie. Pour aller plus loin sur un levier précis, parcourez les guides du cluster géomètre : de l' optimisation fiscale du géomètre-expert à la SPFPL du géomètre-expert, en passant par les placements du géomètre-expert. Et pour le cadre général du libéral à hauts revenus, voyez la gestion de patrimoine de la profession libérale.

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Sources et références légales

  • Statut du géomètre-expert, IR, IS et structuration

    Le géomètre-expert est une profession libérale réglementée inscrite à l'Ordre des géomètres-experts (loi n° 46-942 du 7 mai 1946), titulaire d'un monopole légal du bornage et de la fixation des limites des biens fonciers (art. 1er), mais ce n'est PAS un officier public ministériel : la cession porte sur la clientèle / le fonds libéral / les parts (cession LIBRE, ni droit de présentation, ni charge vénale). Le capital de la SEL doit être détenu majoritairement par des géomètres-experts inscrits (loi 46-942 + ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023). Art. 92 et 96 CGI (BNC, déclaration contrôlée 2035 ; rémunération technique de l'associé de SEL imposée en BNC depuis 2024, voir CE 8 avril 2025 n° 492154 qui supprime l'abattement de 10 %). Art. 50-0 et 102 ter CGI (micro-BNC, seuil 83 600 €, abattement 34 %). Art. 197 CGI (barème IR 2026, TMI 41 et 45 %). Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille). Art. 223 A CGI (intégration fiscale). Loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 recodifiée par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 et décret du 31 mai 2026 relatif aux sociétés de géomètres-experts (SEL et SPFPL de géomètres-experts ; une SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % d'une SEL).

  • CNAVPL, CIPAV, PER et prévoyance du géomètre-expert

    Le géomètre-expert relève du régime de base CNAVPL (par points, comme toutes les sections libérales) et du régime complémentaire de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse) — jamais de la CARMF (médecins), de la CNBF (avocats), de la CPRN (notaires), de la CAVOM (commissaires de justice) ni de la CAVEC (experts-comptables). Le géomètre-expert fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV (article L. 640-1 CSS, issu de la LFSS 2018, loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017). Le rendement du régime est défavorable, la retraite faible au regard des revenus. Art. 154 bis CGI (déduction PER/Madelin retraite jusqu'à 88 911 € en 2026, plancher 4 806 €, report des plafonds non utilisés sur 3 ans, mutualisation entre conjoints ; prévoyance plafonnée à 3 % de 8 PASS soit environ 11 534 € ; perte d'emploi). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun du président de SELAS). Art. 163-0 A CGI (système du quotient pour les revenus exceptionnels). Valeurs de point et de cotisations 2026 à confirmer sur lacipav.fr et cnavpl.fr.

  • CGI — TVA, immobilier et trésorerie

    Art. 261-4-1 CGI : exonération de TVA des soins INAPPLICABLE au géomètre-expert (elle vise la santé humaine). Les honoraires de bornage, de topographie, de division parcellaire, de copropriété et de maîtrise d'œuvre sont soumis à la TVA au taux normal de 20 % et le géomètre récupère la TVA déductible. Art. 293 B CGI (franchise en base en début d'activité, seuils 2026 à confirmer, projet de seuil unique de 25 000 € suspendu). Art. 260-2° CGI (option pour la TVA des loyers d'une SCI louant les murs à un cabinet assujetti : récupération de la TVA sur l'immeuble). Art. 964 à 983 CGI (IFI, seuil de 1 300 000 €, abattement de 30 % sur la résidence principale, biens professionnels exonérés, démembrement). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation de personne morale à l'IS, imposition forfaitaire annuelle régularisée au dénouement, coefficient à confirmer) — pour placer la trésorerie excédentaire de la SEL.

  • CGI — cession du cabinet, transmission et protection des proches

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes : prestations de services, totale jusqu'à 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 € ; activité exercée depuis au moins 5 ans). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale jusqu'à 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 € ; levier phare de la cession du cabinet). Art. 151 septies A CGI (départ en retraite : IR exonéré, prélèvements sociaux 18,6 % dus, cessation et liquidation des droits CNAVPL + CIPAV dans 24 mois). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € sur la cession de parts de SEL du dirigeant partant en retraite). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report, remploi de 70 % durci par la LF 2026 pour les cessions à compter du 21 février 2026). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil, exonération de 75 %). Art. 990 I et 757 B CGI (assurance-vie : abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, abattement global de 30 500 € après 70 ans). Art. 669 et 779 CGI (barème de l'usufruit, abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans). Art. 719 et 726 CGI (droits d'enregistrement sur la cession de la clientèle/du fonds libéral 0/3/5 % à la charge de l'acquéreur, et sur les parts).

  • Lois, prélèvements sociaux 2026 et contributions sur les hauts revenus

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : CSG du capital portée à 10,6 %, dualité des prélèvements sociaux (art. L. 136-8 CSS) — 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, la cession de la clientèle/du cabinet et de parts de SEL, les gains de PER et les loyers meublés (LMNP) (plus-value professionnelle long terme 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 %), 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, la capitalisation, les revenus fonciers (loyers d'une SCI à l'IR) et les plus-values immobilières des particuliers. Art. L. 131-6 CSS (réintégration TNS des dividendes de SEL excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant, y compris via une SPFPL — Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, à vérifier auprès de votre conseil). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) : barème IR indexé. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 €. Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %) et art. 224 CGI (CDHR, taux effectif minimum de 20 %, reconduite par la LF 2026).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal ou social, ni une recommandation d'investissement. Toute décision (financement du rachat, structuration SEL/SPFPL, prévoyance, PER, assurance-vie, SCPI, trésorerie, immobilier, cession, transmission) doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les cas chiffrés sont illustratifs, présentés en fourchettes et non opposables. Certains points sont signalés au conditionnel : les seuils exacts de franchise en base de TVA (293 B, projet de seuil unique suspendu) ; le coefficient du contrat de capitalisation de personne morale (238 septies E) ; les valeurs de point, de cotisations et les modalités de la CNAVPL et de la CIPAV (à confirmer sur cnavpl.fr et lacipav.fr) ; les quotités exactes du capital d'une SPFPL de géomètres-experts (décret du 31 mai 2026, à confirmer au texte) ; la portée exacte de la jurisprudence sur les dividendes de SEL via SPFPL (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366) ; les conditions définitives du durcissement de l'apport-cession (150-0 B ter) ; les conditions d'application du 150-0 D ter ; l'application de la CEHR et de la CDHR à votre situation. Données à jour au 16 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026), susceptibles d'évoluer.

Foire aux questions

Tout sur la gestion de patrimoine du géomètre-expert par tranche de revenu en 2026 phases de carrière, CNAVPL + CIPAV, SEL/SPFPL, PER, IFI, cession du cabinet.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : par où commencer selon son âge et son revenu, comment financer le rachat d'une clientèle, pourquoi la retraite CIPAV est si faible, quand passer en SEL, où placer son argent, comment réduire l'IFI, comment céder son cabinet. Réponses sourcées et à jour 2026.