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Guide géomètre-expert 202617 minMis à jour 25 juin 2026Sources vérifiées

Optimisation fiscale du géomètre-expert : les leviers 2026

À 160 000 € de bénéfice, le géomètre-expert resté en BNC fait taxer 100 % de son résultat à 41-45 %, même la part qu'il ne consomme pas — et cotise à une CIPAV au rendement notoirement faible. Sur les 80 000 € qu'il pourrait laisser travailler dans une société, l'écart entre l'IS (15 puis 25 %) et sa TMI dépasse 17 000 € par an. Pourtant trois leviers de structure restent souvent sur la table, inexploités : passer en SEL à l'IS, arbitrer rémunération et dividendes, et coiffer le tout d'une SPFPL. Voici la carte de décision chiffrée, réforme SEL 2026 comprise, et un cas complet sur 160 000 € de bénéfice. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE FISCALE GÉOMÈTRE-EXPERT 2026

Choisir votre structure BNC, SEL ou SEL + SPFPL

Audit de votre situation de géomètre-expert : seuil de bascule vers la SEL, arbitrage rémunération/dividendes, opportunité d'une SPFPL, calibrage du PER 154 bis, immobilier et trésorerie de cabinet. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Votre point de bascule BNC → SEL
  • Arbitrage rémunération / dividendes
  • Calibrage du plafond PER 154 bis
  • Cabinet 100 % indépendant

IS RÉDUIT ≤ 42 500 €

15 %

IS AU-DELÀ

25 %

PER 154 BIS (BNC 160 K€)

32 791 €

PS DIVIDENDES 2026

18,6 %

TVA GÉOMÈTRE

20 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE POINT DE DÉPART·3 MIN

Le point de départ : le géomètre-expert en BNC

Avant de parler structure, un rappel qui conditionne tout le reste : le géomètre-expert est une profession libérale réglementée, inscrite à l'Ordre des géomètres-experts (OGE) et instituée par la loi n° 46-942 du 7 mai 1946. Il détient un monopole légal sur le bornage et la délimitation des biens fonciers (fixation des limites de propriété, art. 1er). Et un détail qui change tout pour la suite : il n'est pas officier public ministériel. Pas de charge vénale, pas de droit de présentation, pas de finance d'office — d'où une cession (voir §10) où l'on transmet librement la clientèle, le fonds libéral ou les parts.

L'essentiel en 30 secondes

Le géomètre-expert à hauts revenus dispose de trois étages d'optimisation. Étage 1, la base : bien tenir son BNC au réel (déclaration contrôlée 2035) et saturer le PER. Étage 2 : passer en SEL à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) si on ne consomme pas tout le bénéfice, puis arbitrer rémunération et dividendes. Étage 3 : coiffer la SEL d'une SPFPL pour capitaliser et transmettre. Le tout sur fond d'une retraite CIPAV faible (d'où le PER) et d'une TVA à 20 % récupérable.

Le réel à la déclaration contrôlée 2035

En individuel, le géomètre-expert relève des bénéfices non commerciaux (BNC) à la déclaration contrôlée n° 2035 : son bénéfice imposable est égal à ses recettes moins les dépenses nécessitées par l'exercice. Et la liste est riche dans ce métier : matériel topographique (stations totales, GPS, drones), logiciels (SIG, DAO, calcul foncier), véhicules et déplacements de terrain, local, assurance RC professionnelle, cotisation à l'Ordre, formation, honoraires de l'expert-comptable. Chaque euro de charge réelle correctement enregistré économise votre TMI (jusqu'à 0,45 € par euro à 45 %) et réduit l'assiette de vos cotisations. À noter : la majoration de 25 % qui frappait autrefois les non-adhérents à un organisme de gestion agréé a été supprimée depuis l'imposition des revenus 2023 — l'adhésion n'apporte plus l'avantage fiscal historique.

Le micro-BNC (abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €) ne s'applique qu'en dessous d'un seuil de recettes de l'ordre de 83 600 €. La quasi-totalité des géomètres-experts à hauts revenus dépasse ce seuil : à ce niveau de charges, le réel est presque toujours plus avantageux que l'abattement forfaitaire. La limite du BNC ? 100 % du bénéfice supporte votre TMI et vos cotisations TNS, que vous consommiez ce résultat ou non. C'est exactement le problème que la SEL vient résoudre (voir §2 et §3).

Garde-fou TVA : le géomètre est SOUMIS à la TVA de 20 % (et la récupère)

C'est la confusion que je corrige le plus souvent en rendez-vous : le géomètre-expert est assujetti à la TVA au taux normal de 20 % sur l'ensemble de ses prestations — bornage, topographie, division parcellaire, copropriété, maîtrise d'œuvre. La doctrine administrative (BOI-TVA-CHAMP-10-10-60-50) le confirme. L'exonération de TVA des soins (art. 261-4-1 du CGI) ne s'applique pas : elle vise la santé humaine, pas le foncier. Et c'est tout bénéfice pour vous : la TVA déductible sur vos achats, frais et investissements (matériel, drones, véhicules, locaux), vous la récupérez — contrairement aux professions exonérées qui ne récupèrent rien. Seule une franchise en base (art. 293 B) est possible en tout début d'activité, sous conditions de seuil.

Pour la mécanique générale du passage BNC → société commune à toutes les professions libérales, voyez BNC ou SELARL en profession libérale ; le panorama complet des leviers du libéral est dans le guide pilier de l'optimisation fiscale du libéral.

§ 2LA CARTE DE DÉCISION·3 MIN

La carte de décision : BNC, SEL ou SEL + SPFPL ?

C'est le cœur de la décision, autant la poser noir sur blanc : l'optimisation du géomètre-expert se lit comme un escalier à trois étages. On ne monte une marche que si la précédente est saturée et que le bénéfice non consommé le justifie. Vue d'ensemble ci-dessous ; chaque étage est détaillé dans les sections suivantes.

Étage 1 — Le BNC bien tenu + PER

Le socle : déclaration 2035 au réel, charges maximisées, TVA récupérée, et surtout le PER (art. 154 bis) saturé. Simple, sans coût de structure. Limite : 100 % du bénéfice supporte votre TMI (41-45 %), même la part que vous n'avez pas consommée. C'est le point de départ obligatoire de tout géomètre-expert, quel que soit son revenu.

Étage 2 — La SEL à l'IS

Dès que vous laissez durablement du résultat de côté, la SEL (SELARL ou SELAS) le fait capitaliser à l'IS (15 % puis 25 %) au lieu de votre TMI. Vous ne payez l'IR que sur ce que vous prélevez. En contrepartie : coûts de structure et deux pièges (rémunération technique en BNC, dividendes au-delà de 10 % du capital). On y arbitre ensuite rémunération et dividendes.

Étage 3 — La SPFPL : capitaliser et transmettre

Tout en haut de l'escalier, la SPFPL de géomètres-experts coiffe la SEL : les dividendes remontent quasi en franchise d'impôt grâce au régime mère-fille (exonération à 95 %, art. 145 et 216 CGI), et la holding sert de poche de capitalisation et de transmission. C'est l'étage des géomètres déjà bien installés qui veulent réinvestir, acquérir d'autres actifs ou préparer la cession — détaillé en §5.

Le principe directeur : la SEL ne fait pas BAISSER l'impôt, elle le DIFFÈRE

Gardez ce repère en tête tout au long du guide : passer en société ne supprime pas l'impôt, il le reporte. La SEL n'a d'intérêt que si vous ne consommez pas tout votre bénéfice — sinon les coûts de structure annulent le gain. En ordre de grandeur, la bascule se discute autour de 100 000 à 120 000 € de bénéfice dont une part significative reste dans la société. Le calibrage exact se fait au cas par cas : il est détaillé dans notre comparatif SELARL ou BNC du géomètre-expert.
§ 3ÉTAGE 2 · LA SEL·4 MIN

Étage 2 — Passer en SEL (SELARL ou SELAS) à l'IS

Le deuxième étage, c'est la société d'exercice libéral (SEL). Le cadre juridique combine la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990, refondue par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (en vigueur depuis le 01/09/2024), et la loi n° 46-942 du 7 mai 1946 propre au géomètre-expert. L'intérêt fiscal tient en une idée : la société est soumise à l'impôt sur les sociétés à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (conditions PME), puis 25 % au-delà (art. 219 CGI). Comparez à votre TMI de 41-45 % en direct : sur la part de résultat que vous laissez dans la société pour la faire travailler, l'écart est considérable.

Un exemple parlant : 50 000 € laissés dans la société

Prenons 50 000 € de bénéfice non consommé. En direct (BNC), à une TMI de 41 %, il reste environ 29 500 € après impôt sur le revenu — avant même les cotisations. Logé dans une SEL à l'IS : 15 % sur la part sous 42 500 € puis 25 % au-delà, soit de l'ordre de 8 250 € d'IS, donc environ 41 750 € disponibles pour réinvestir dans la structure — près de 12 000 € de capacité d'épargne en plus sur cette seule tranche. Attention quand même : cet écart n'est pas acquis — l'impôt sera dû le jour où vous sortirez ce cash en dividendes. C'est un différé, pas une suppression (voir §2).

SELARL ou SELAS : deux statuts sociaux du dirigeant

On distingue deux formes. La SELARL à gérant majoritaire : le gérant est travailleur non salarié (TNS), affilié à la CIPAV, avec des cotisations plus légères mais exposé au piège des dividendes (voir §4). La SELAS : le président est assimilé salarié pour le régime général (cotisations plus lourdes, mais protection sociale alignée sur celle d'un cadre) — sa retraite restant servie par la CIPAV puisqu'il demeure géomètre-expert inscrit. Avantage non négligeable de la SELAS : les dividendes du président ne sont pas soumis au piège des cotisations sur la fraction excédant 10 % du capital. Le choix entre les deux dépend de votre arbitrage entre coût des cotisations et traitement des dividendes ; il se chiffre individuellement.

Piège n° 1 : la fin de l'abattement de 10 % en SEL (réforme 2024-2026)

Une nouveauté que beaucoup de confrères n'ont pas encore intégrée. Depuis l'imposition des revenus 2024, la part de rémunération d'un associé de SEL correspondant à son activité technique (libérale) est imposée en BNC, et non plus en traitements et salaires : l'abattement forfaitaire de 10 % disparaît, remplacé par les frais réels. Le Conseil d'État a validé cette interprétation (CE 8 avril 2025, n° 492154), mettant fin à la tolérance des 5 % de ventilation ; la doctrine a été mise à jour (BOI-RES-BNC-000136). Seule la part de rémunération correspondant à un éventuel mandat de gérance reste en traitements et salaires (art. 62 CGI). ⚠️ Cette réforme vise le géomètre en SEL — pas un consultant en SASU, qui conserve, lui, l'abattement de 10 % salarié.

La capacité d'épargne dans la société est l'avantage central : la trésorerie non distribuée, taxée à l'IS plutôt qu'à votre TMI, peut être réinvestie (immobilier, placements de société, croissance externe). Encore faut-il ne pas la laisser dormir — c'est l'objet du §8. L'arbitrage complet BNC vs SEL, coûts compris, est dans géomètre-expert : passer en SELARL ou rester en BNC, et la mécanique générale dans SEL : salaire ou dividendes.

§ 4ÉTAGE 3 · L'ARBITRAGE·3 MIN

Étage 3 — Arbitrer rémunération et dividendes

Une fois en SEL, la question devient : combien se verser en rémunération, combien en dividendes ? La rémunération supporte les cotisations sociales (mais ouvre des droits et réduit le bénéfice imposable à l'IS) ; les dividendes supportent en principe le PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). L'arbitrage fin, chiffré, est l'objet d'un article dédié ; ici, posons le piège à ne jamais oublier.

Piège n° 2 : les dividendes au-delà de 10 % du capital (gérant majoritaire de SELARL)

Pour le gérant majoritaire de SELARL (statut TNS), la fraction de dividendes excédant 10 % du (capital social + primes d'émission + solde moyen du compte courant d'associé) est assujettie aux cotisations sociales TNS — art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale — en plus de l'impôt sur le revenu. Au-delà de ce seuil, le dividende coûte bien plus cher que le seul PFU. En deçà des 10 %, il reste au PFU de 31,4 %. C'est ce seuil qui pilote tout le dimensionnement du capital et du compte courant.

Cas pratique — Sophie, géomètre-expert en SELARL

60 000 € de dividendes, capital + CCA de 200 000 €

Sophie veut se distribuer 60 000 € de dividendes. Son capital social + primes + solde moyen de compte courant d'associé s'élève à 200 000 €. Le seuil de 10 % est donc de 20 000 €. Résultat : les 20 000 € premiers restent au PFU de 31,4 % ; mais les 40 000 € au-delà sont réintégrés dans l'assiette de ses cotisations sociales TNS (art. L. 131-6 CSS), en sus de l'impôt. D'où l'importance de dimensionner le capital et le compte courant, et parfois d'arbitrer vers la rémunération. Le calcul complet est dans notre article dédié.

Reste la question de la SPFPL. Attention à une idée reçue : faire transiter les dividendes par une holding ne neutralise pas forcément le piège. La Cour de cassation a jugé — à propos d'une SEL de santé (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366) — que les dividendes remontés à une SPFPL détenue par le seul professionnel exerçant pouvaient entrer dans l'assiette de ses cotisations TNS. La portée pour le géomètre-expert reste à confirmer (l'arrêt visait la santé ; sa transposition est probable mais doit être prise au conditionnel, et une réponse ministérielle d'août 2025 en a nuancé la portée). À chiffrer impérativement au cas par cas.

Le détail de la répartition optimale est dans géomètre-expert : rémunération ou dividendes en SELARL, et le fonctionnement précis du seuil des 10 % dans dividendes de SEL et cotisations sociales.

§ 5LA COUCHE SUPÉRIEURE·3 MIN

La couche supérieure : SPFPL et régime mère-fille

Pour les géomètres déjà bien installés, la dernière marche de l'escalier est la holding. Point important : oui, la SPFPL de géomètres-experts existe. Depuis l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, une société de participations financières de profession libérale peut détenir jusqu'à 100 % des droits d'une SEL, son capital restant contrôlé par des professionnels en exercice — ici, des géomètres-experts inscrits à l'Ordre (loi n° 46-942).

Quotités exactes : à confirmer au décret (et alternative possible)

Le principe est posé par l'ordonnance 2023-77, mais les quotités sectorielles précises (répartition du capital propre à la profession de géomètre-expert) relèvent du décret d'application et restent à confirmer à la source avant tout montage. Si la SPFPL ne convient pas à votre projet, une holding de droit commun (SARL/SAS) reste possible pour loger des actifs patrimoniaux distincts de l'exercice (immobilier, placements) — elle ne peut simplement pas détenir les parts d'exercice de la SEL à la place d'une SPFPL.

Le régime mère-fille : faire remonter le cash quasi sans frottement

L'intérêt fiscal de la holding tient au régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : les dividendes versés par la SEL à la SPFPL sont exonérés d'IS à 95 %, seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée. Condition : une détention d'au moins 5 % conservée pendant 2 ans. Si la holding détient au moins 95 % de la SEL, l'intégration fiscale (art. 223 A CGI) devient possible. Concrètement, le cash remonte dans la holding quasi sans impôt, où il peut être réinvesti, capitalisé ou réorienté vers d'autres projets — là où, distribué en direct, il aurait subi le PFU.

Un rappel toutefois : le régime mère-fille n'efface pas le piège des cotisations sur la fraction de dividendes > 10 % du capital (cf. §4 et l'arrêt Cass. 21-20.366). La holding optimise la circulation et la capitalisation du cash, pas le contournement des cotisations du professionnel. Le montage détaillé — constitution, apport de titres, articulation avec l'apport-cession (art. 150-0 B ter) — est dans holding SPFPL géomètre-expert, à recouper avec le guide SPFPL des professions libérales et l'apport-cession (art. 150-0 B ter).

§ 6CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Julien, géomètre-expert, 160 000 € de bénéfice

Prenons un profil que je croise régulièrement. Julien, géomètre-expert à Chambéry, dégage 160 000 € de bénéfice sur une bonne année, est célibataire et à une TMI de 41 % (un bénéfice imposable de 160 000 € place le célibataire dans la tranche à 41 % ; celle à 45 % ne débute qu'au-delà d'environ 182 000 €). Les trois structures se comparent ainsi — ordres de grandeur réels aux taux 2026, hors détail des cotisations et des coûts de structure. Ces chiffres ne valent pas conseil personnalisé.

Julien — comparaison pédagogique des trois structures aux taux 2026 (bénéfice 160 000 €, célibataire, TMI 41 %). Ordres de grandeur hors cotisations détaillées et coûts de structure. Dans le scénario B, l'IS sur les 80 000 € laissés est de l'ordre de 15 750 €, contre une taxation à 41-45 % en direct sur la même somme.
ScénarioCe qui est taxé à l'IRCe qui capitalise à l'ISLogique
A — BNC intégral160 000 € à la TMI (41 %) + cotisations TNS—Tout le bénéfice est taxé, même la part non consommée
B — SEL à l'IS (rému 80 000 € + 80 000 € laissés)80 000 € de rémunération à l'IR80 000 € à l'IS : 15 % sur 42 500 € + 25 % sur 37 500 € ≈ 15 750 €L'IR ne porte que sur ce qui est prélevé ; le reste capitalise à l'IS
C — SEL + SPFPL80 000 € de rémunération à l'IRDividendes remontés exonérés à 95 % (QPFC 5 %) ; cash capitalisé dans la holdingPoche de capitalisation et de transmission

Le constat : tant que Julien consomme tout (scénario A), la SEL n'apporte rien. Mais s'il laisse 80 000 € travailler dans la structure (scénario B), cette somme est taxée à ~15 750 € d'IS au lieu d'être amputée à 41-45 % en direct — un différentiel qu'il pourra réinvestir. Le scénario C ajoute la couche de capitalisation et de transmission via la SPFPL.

Le PER de Julien : un levier valable dans TOUS les scénarios

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR

Benefice = 160 000 EUR
  10 % x 160 000              = 16 000 EUR
+ 15 % x (160 000 - 48 060)   = 16 791 EUR
                              ___________
PLAFOND DEDUCTIBLE            = 32 791 EUR

À une TMI de 41 % (celle d'un bénéfice de 160 000 €, la tranche à 45 % ne commençant qu'au-delà d'environ 182 000 €), déduire 32 791 € fait économiser environ 13 444 € d'impôt sur le revenu. La déduction joue sur l'IR seul (le versement reste dans l'assiette des cotisations CIPAV) ; les gains du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux à la sortie. Économie certaine et immédiate, distincte de la performance future du PER (qui comporte un risque de perte en capital).

Lecture du cas : le PER d'abord, la structure ensuite

Quel que soit son choix de structure, Julien commence par saturer son PER : 32 791 € déductibles, soit ≈ 13 444 € d'IR en moins à 41 %, hors plafond des niches. Puis, comme il laisse durablement du résultat de côté, il passe en SEL pour faire capitaliser ces 80 000 € à l'IS plutôt qu'à sa TMI. Le PER est le levier que tout le monde peut activer ; la SEL, celui qui dépend de votre capacité à ne pas tout consommer.

À lire pour ce que c'est : des illustrations, pas des promesses

Ces montants sont des illustrations fiscales aux taux 2026, hors cotisations détaillées et coûts de structure (expert-comptable, formalisme). Votre situation se chiffre au cas par cas, en tenant compte de votre assiette sociale, de votre statut (SELARL TNS ou SELAS assimilé salarié) et de la part de bénéfice réellement non consommée. L'économie d'impôt est réelle ; la performance d'un PER ou d'un placement de société comporte un risque de perte en capital.
Hagnéré Patrimoine

BNC, SEL ou SEL + SPFPL : où est VOTRE point de bascule ?

Le passage en société ne se justifie que sur le bénéfice que vous ne consommez pas. On chiffre votre seuil de bascule, l'arbitrage rémunération/dividendes et l'opportunité d'une SPFPL, avec votre expert-comptable, sans biais commercial.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7CIPAV & PER·3 MIN

La CIPAV faible : pourquoi le PER est le premier levier

Si je place le PER avant presque tout pour un géomètre-expert, c'est à cause d'un point précis : sa retraite. Le géomètre-expert cotise au régime de base CNAVPL (par points) et au régime complémentaire de la CIPAV — il fait partie des professions qui sont restées à la CIPAV après la réforme de 2018 (décret n° 2018-1048). Ni CARMF (médecins), ni CNBF (avocats), ni CAVEC (experts-comptables), ni SSI/ex-RSI : la CIPAV, et elle seule.

La CIPAV ne vous protégera pas : le PER est votre rattrapage

Le rendement du régime CIPAV est notoirement faible au regard des revenus : à cotisations élevées, la pension reconstituée reste une fraction limitée de vos derniers honoraires. (Les valeurs de point, tranches et taux 2026 sont à confirmer sur lacipav.fr ; nous les détaillons dans le guide retraite dédié.) C'est précisément ce manque à gagner qu'un PER comble : vous capitalisez de votre côté, en déduisant le versement à l'entrée. L'ampleur de l'écart est chiffrée dans la retraite CIPAV du géomètre-expert.

Le PER déductible (art. 154 bis CGI pour le TNS) offre l'un des plafonds de déduction les plus élevés qui existent pour un indépendant : 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, soit, en 2026, un plancher de 4 806 € et un maximum de 88 911 € (PASS 48 060 €). Pour le président de SELAS (assimilé salarié), c'est l'art. 163 quatervicies qui s'applique. C'est une déduction, donc hors plafond des niches : elle vaut votre TMI, et elle est particulièrement efficace à 41-45 %. Les gains du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux à la sortie.

Dernier atout, propre aux revenus de chantier : vos revenus en dents de scie. Le plafond du 154 bis se recalcule chaque année sur le bénéfice N : une grosse année ouvre mécaniquement un plus gros plafond déductible, parfait pour écrêter la tranche. Le système du quotient (art. 163-0 A CGI) peut compléter pour un revenu vraiment exceptionnel, sous conditions strictes. Le détail support par support est dans PER géomètre-expert : réduire l'impôt et préparer sa retraite, et le lissage des revenus irréguliers dans revenus irréguliers en profession libérale ; pensez aussi à la prévoyance du libéral.

§ 8LEVIERS TRANSVERSES·3 MIN

Les leviers transverses : immobilier et trésorerie

Au-delà de la structure, deux sujets reviennent presque à chaque rendez-vous chez un géomètre qui gagne bien : ses murs (les locaux du cabinet, l'investissement locatif) et le cash qui dort sur le compte de la société comme à titre personnel.

Acheter les murs du cabinet en SCI

Plutôt que de payer un loyer à fonds perdus, beaucoup de géomètres acquièrent les murs de leur cabinet via une SCI qui les loue à la structure d'exercice. Avantages : constitution d'un patrimoine immobilier, loyers déductibles côté exploitation, et — si le bien est loué nu via une SCI à l'IR — des loyers soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 % (taux maintenu en 2026 pour le foncier nu, à ne pas confondre avec le meublé à 18,6 %). Un éventuel déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (art. 156, I, 3 CGI), hors intérêts. Et comme l'exploitant est assujetti à la TVA, l'option TVA des locaux nus professionnels (art. 260, 2° CGI) permet de récupérer la TVA sur l'acquisition et les travaux.

Ne pas laisser dormir la trésorerie de la société

Votre SELARL a mis du cash de côté après IS ? Reste à ne pas le laisser sur un compte courant à 0 %. Trois options concrètes : le contrat de capitalisation de personne morale (art. 238 septies E CGI, imposition forfaitaire annuelle régularisée au dénouement), les SCPI détenues par la société, et le compte à terme pour la trésorerie de précaution. Le détail est dans trésorerie de cabinet de géomètre-expert : comment la placer, à recouper avec placer la trésorerie d'une SEL, l'option SCPI pour l'excédent du cabinet et le compte à terme en 2026.

Aucun de ces leviers n'est un cadeau fiscal

Murs en SCI, SCPI, contrat de capitalisation : ce sont d'abord des investissements, à juger sur leur rendement, leur risque et leur liquidité avant leur effet fiscal. Une SCPI comporte un risque de perte en capital et de liquidité. L'avantage fiscal ne doit jamais sauver une mauvaise acquisition. Pour l'achat des murs, voyez acheter les murs de son cabinet en SCI et l'immobilier du libéral ; pour la stratégie de placement d'ensemble (perso et société), où placer son argent quand on est géomètre-expert, la feuille de route patrimoniale du géomètre-expert et l'assurance-vie.
§ 9NOUVEAUTÉS 2026·2 MIN

2026 : ce qui change pour les très hauts revenus

Trois changements de 2026 visent directement l'associé d'un gros cabinet en SEL qui passe la barre des 250 000 € de RFR.

PS du capital, CEHR et CDHR : les trois changements à connaître

1. Prélèvements sociaux du capital à 18,6 %. La CSG du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % au 1er janvier 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403). Les dividendes, intérêts, plus-values mobilières et plus-values professionnelles supportent désormais 18,6 % de PS (le foncier nu et l'assurance-vie restent à 17,2 %).
2. CEHR (art. 223 sexies). 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), 4 % au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple).
3. CDHR (art. 224 CGI). Reconduite par la LF 2026, elle impose une imposition minimale effective de 20 % du revenu de référence au-delà de 250 000 / 500 000 €.

Le point fort à exploiter : comme le PER et le déficit foncier sont des déductions du revenu, ils abaissent votre RFR. Un associé de gros cabinet franchissant 250 000 € de RFR peut ainsi faire passer son revenu de référence sous un seuil et neutraliser une partie de la CEHR ou de la CDHR : vous économisez alors sur deux tableaux à la fois, l'IR d'un côté, la surtaxe de l'autre. Le périmètre exact du calcul de la CDHR appelle une analyse fine, traitée dans le guide CDHR des professions libérales et dans profession libérale à hauts revenus et impôts.

§ 10CESSION & TRANSMISSION·2 MIN

Céder ou transmettre son cabinet

Reste la sortie. Et elle, elle se prépare des années à l'avance, pas le jour du rendez-vous chez le notaire. Rappel structurant : le géomètre-expert n'est pas officier public ministériel. Pas de charge vénale, pas de droit de présentation : la cession porte librement sur la clientèle, le fonds libéral ou les parts de société, sous réserve des règles de l'Ordre et de l'information des clients.

La cession en 30 secondes : trois régimes, à anticiper tôt

En clair : si vous cédez une clientèle ou un fonds libéral, l'exonération de plus-value se joue sur les recettes (art. 151 septies) ou sur la valeur de cession (art. 238 quindecies, totale jusqu'à 500 000 €). Si vous partez à la retraite, l'IR est exonéré (art. 151 septies A) mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Si vous cédez des parts de SEL, c'est une plus-value mobilière, avec l'abattement dirigeant de 500 000 € (art. 150-0 D ter). Le bon régime ne se décide pas le jour de la signature : il se joue souvent dès le choix de structure, bien en amont.

Cas pratique — Marc, départ à la retraite

Cession de la clientèle pour 400 000 €

Marc cède sa clientèle pour 400 000 € au moment de partir à la retraite. La plus-value professionnelle peut être totalement exonérée d'IR au titre de l'art. 238 quindecies (exonération totale jusqu'à 500 000 € de valeur de cession). S'il relève de l'art. 151 septies A (départ à la retraite), l'IR est exonéré mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. S'il avait exercé en SEL, la cession de ses parts serait une plus-value mobilière, avec l'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter, prorogé). Un arbitrage qui se cale bien avant le départ.

Trois dispositifs structurent les plus-values professionnelles : l'art. 151 septies (exonération selon les recettes : totale jusqu'à 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité d'au moins 5 ans), l'art. 238 quindecies (selon la valeur : totale jusqu'à 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €) et l'art. 151 septies A (départ à la retraite). Côté droits d'enregistrement, à la charge de l'acquéreur : fonds/clientèle (art. 719 : 0 / 3 / 5 % par tranches), parts de SARL/EURL (art. 726 : 3 % après abattement), actions de SAS (0,1 %). L'apport préalable à une holding peut, lui, placer la plus-value en report (art. 150-0 B ter) — articulation détaillée dans l'apport-cession (art. 150-0 B ter) et holding SPFPL géomètre-expert.

§ 11FEUILLE DE ROUTE·2 MIN

Votre feuille de route

Récapitulons l'escalier, dans l'ordre : (1) maximisez vos charges réelles du BNC et saturez votre PER au plafond (art. 154 bis) — le levier que tout géomètre peut activer, et qui rattrape la CIPAV ; (2) si vous ne consommez pas tout votre bénéfice, passez en SEL à l'IS pour faire capitaliser le résultat à 15-25 % plutôt qu'à votre TMI, puis arbitrez rémunération et dividendes en gardant l'œil sur le seuil des 10 % ; (3) pour capitaliser et transmettre, coiffez la SEL d'une SPFPL (mère-fille à 95 %) ; (4) en transverse, pilotez l'immobilier (murs en SCI) et la trésorerie de société. L'ordre prime sur le produit : le bon réflexe n'est pas de signer ce qu'un commercial vous présente en décembre, c'est de saturer le PER d'abord.

Le réflexe à garder

En une phrase, ce que je répète à chaque géomètre : saturez le PER avant tout (déduction immédiate à votre TMI, rattrapage CIPAV), ne passez en SEL que si vous laissez du résultat dormir dans la boîte (elle diffère l'impôt, elle ne le supprime pas), et ne montez une holding que le jour où vous capitalisez pour de bon — chaque investissement étant jugé sur ses mérites propres avant son effet fiscal. La logique d'ensemble — placement, immobilier, structure, transmission — est reliée dans la feuille de route patrimoniale du géomètre-expert. Et pour voir le même raisonnement appliqué à une profession voisine (même caisse CIPAV, même profil), voyez la défiscalisation de l'architecte.
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Sources et références légales

  • Statut & structure du géomètre-expert

    Loi n° 46-942 du 7 mai 1946 instituant l'Ordre des géomètres-experts (monopole légal du bornage et de la délimitation des biens fonciers, art. 1er ; profession libérale réglementée, non officier ministériel). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (régime des SEL et des SPFPL pouvant détenir jusqu'à 100 % d'une SEL, en vigueur au 01/09/2024, ex-loi 90-1258 du 31/12/1990). Affiliation : régime de base CNAVPL et régime complémentaire CIPAV ; le géomètre-expert demeure à la CIPAV après la réforme de 2018 (décret n° 2018-1048). Valeurs de point et cotisations 2026 à confirmer sur lacipav.fr.

  • Impôt sur les sociétés, dividendes et structure

    Art. 219 CGI (IS à 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %). Art. L. 131-6 CSS (fraction de dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants d'associés soumise aux cotisations TNS). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération à 95 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC, fin de la tolérance des 5 %, doctrine BOI-RES-BNC-000136). Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL via une SPFPL et cotisations sociales, arrêt rendu en matière de SEL de santé, portée transposable au conditionnel).

  • Épargne déductible, TVA et immobilier

    Art. 154 bis CGI : plafond retraite TNS (10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026) et enveloppe distincte prévoyance/santé. Art. 163 quatervicies CGI (PER du dirigeant assimilé salarié, président de SELAS). Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 €. BOI-TVA-CHAMP-10-10-60-50 (géomètres-experts soumis à la TVA de 20 % ; art. 261-4-1 inapplicable). Art. 156, I, 3 CGI (déficit foncier 10 700 €). Art. 260, 2° CGI (option TVA des locaux nus professionnels). Art. 238 septies E CGI (capitalisation des personnes morales à l'IS). Art. 163-0 A CGI (quotient des revenus exceptionnels).

  • Garde-fous, cession et nouveautés 2026

    Art. 223 sexies CGI (CEHR) et art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €, reconduite par la LF 2026). Art. 151 septies, 238 quindecies et 151 septies A CGI (plus-values professionnelles ; PS 18,6 % dus au départ en retraite). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe 500 000 € du dirigeant partant à la retraite). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : prélèvements sociaux du capital 18,6 % (dividendes, PV mobilières et professionnelles) ou 17,2 % maintenu (assurance-vie, revenus fonciers nus, PV immobilières). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Chaque levier dépend de votre situation (bénéfice, structure d'exercice, règles de l'Ordre des géomètres-experts). Le choix d'une SEL ou d'une SPFPL doit être chiffré au cas par cas avec votre expert-comptable, coûts de structure compris. Les quotités de capital d'une SPFPL de géomètres-experts et les valeurs de point/cotisations CIPAV 2026 sont à confirmer aux sources officielles (décret d'application, lacipav.fr). Les chiffres et taux cités sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Tout placement comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur l' optimisation fiscale du géomètre-expert en 2026.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : à partir de quel bénéfice passer en SEL, la TVA du géomètre, la caisse CIPAV, la SPFPL, le piège des dividendes, la réforme des SEL et la cession du cabinet. Réponses sourcées et à jour 2026.