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Guide professions libérales 202616 minMis à jour 25 juin 2026Édition LF / LFSS 2026

S'installer en libéral : bien gérer son argent dès la première année

La première année, l'argent rentre vite et les cotisations sont basses : c'est exactement le piège. Sur une base forfaitaire d'environ 9 131 € (19 % du PASS) les deux premières années, l'URSSAF régularise ensuite sur votre vrai revenu — et la facture tombe en année 3, souvent 3 à 5 fois plus lourde. Voici le parcours des 12 premiers mois dans le bon ordre : provisionner 40 à 45 % de chaque encaissement, séparer ses comptes, constituer 3 à 6 mois de précaution, se protéger (prévoyance Madelin déductible) avant d'épargner (PER). Avec les règles 2026 à jour — ACRE, micro-BNC 83 600 €, TVA des actes médicaux. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil indépendant (ORIAS 23002291).

AUDIT INSTALLATION 2026

Sécuriser ses fondations dès la première année

Audit indépendant du jeune installé : provision URSSAF calibrée sur votre revenu estimé (pas sur le forfait), choix du régime fiscal (micro-BNC ou déclaration contrôlée), dimensionnement de l'épargne de précaution, première prévoyance Madelin et opportunité d'un PER. Cabinet 100 % indépendant : on chiffre votre situation avant de parler produit.

  • Provision URSSAF calibrée sur votre vrai revenu
  • Choix du régime fiscal au démarrage
  • Prévoyance avant PER, dans le bon ordre
  • Honoraires transparents, multi-partenaires

PROVISION URSSAF

40-45 % du BNC

BASE FORFAITAIRE 2 ANS

≈ 9 131 €

MICRO-BNC 2026

83 600 €

PASS 2026

48 060 €

DÉDUCTION PRÉVOYANCE

11 534 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

L'essentiel en 30 secondes : l'ordre de priorité du jeune installé

Vous venez de vous installer. Les honoraires rentrent, le compte se remplit, et l'URSSAF ne prélève presque rien : c'est exactement le moment où l'on baisse la garde. Et c'est là, précisément, que la plupart de mes clients se sont fait piéger leur première année — le fameux piège n° 1 du jeune libéral. Vos cotisations des deux premières années sont calculées sur une base forfaitaire d'environ 9 131 € — pas sur votre vrai revenu. La régularisation, elle, frappe en année 3. Provisionnez 40 à 45 % dès le premier euro. Tout le reste — statut, ACRE, TVA, prévoyance, PER — vient ensuite, et dans cet ordre.

En 30 secondes : le bon ordre de priorité

1. Provisionner l'URSSAF (40 à 45 % de chaque encaissement, sur un compte dédié).
2. Séparer les comptes pro et perso, dès le premier mois.
3. Constituer une précaution de 3 à 6 mois de charges, en liquide garanti.
4. Se protéger avec une première prévoyance Madelin, avant d'épargner.
5. Épargner (PER) seulement si capacité d'épargne réelle et TMI suffisante.
Le réflexe à éviter : se ruer sur le PER « pour défiscaliser » avant d'avoir sécurisé sa trésorerie et sa protection.

Ce qu'il faut retenir avant d'aller plus loin

Le décalage URSSAF est le vrai sujet : base forfaitaire d'environ 9 131 € (19 % du PASS) les deux premières années, puis régularisation sur le revenu réel en N+1/N+2 (art. L.131-6 et L.131-6-2 CSS). L'ACRE 2026 n'est plus automatique et son montant est réduit. Un médecin est hors champ de TVA sur ses soins (art. 261, 4, 1° CGI), quel que soit son chiffre d'affaires. Et la déduction de l'article 154 bis (prévoyance, PER) joue sur l'impôt sur le revenu seul, jamais sur les charges sociales.
Méthode documentée

Sécuriser ses fondations dès la 1ré année

Un CGP indépendant calibre votre provision URSSAF sur votre revenu réel, tranche votre régime fiscal et met en place la protection avant l'épargne — sans vous survendre un produit. Cabinet basé à Bassens, multi-partenaires.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement

Ce guide suit l'ordre d'une installation réussie : d'abord la trésorerie (le piège URSSAF), puis l'organisation et la sécurité, enfin la protection et l'épargne. La gestion de l'argent du démarrage n'est que la première marche d'une stratégie d'ensemble : pour la vue à 360°, voyez le bilan patrimonial du libéral, la première étape avant d'investir.

§ 2LE PIÈGE·3 MIN

Le piège n° 1 : le décalage des cotisations URSSAF

Voilà le point que je martèle à chaque jeune installé. Le danger numéro un n'est pas le montant des cotisations : c'est leur calendrier. Vous cotisez peu au début, beaucoup plus une fois lancé. Et l'écart, personne ne vous l'efface.

Provisionnel sur N-2, régularisation en N+1

Le mécanisme est posé aux articles L.131-6 et L.131-6-2 du Code de la sécurité sociale. Vos cotisations d'une année N sont d'abord appelées à titre provisionnel, sur la base de votre revenu de l'avant-dernière année (N-2) ; elles sont recalculées en cours d'année sur le revenu N-1 dès qu'il est connu ; puis régularisées l'année suivante (N+1) sur votre revenu réel N. Pour quelqu'un dont le revenu ne bouge plus, ce mécanisme est indolore. Pour un jeune installé dont le revenu progresse vite, il se transforme en piège : la base de calcul a toujours un à deux ans de retard sur ce que vous gagnez vraiment.

Les 2 premières années : la fausse sécurité de la base forfaitaire

La première année, vous n'avez par définition aucun revenu de référence. L'URSSAF calcule donc vos cotisations sur une base forfaitaire de l'ordre de 19 % du PASS, soit environ 9 131 € en 2026 (la base est plus élevée, autour de 40 % du PASS, pour la seule cotisation maladie-indemnités journalières). Conséquence : un libéral qui dégage 60 000 € de bénéfice ne cotise d'abord que sur ~9 100 €. La différence n'est pas effacée : elle est simplement reportée, et reviendra sous forme de rattrapage lors de la régularisation.

L'erreur qui coule des cabinets en année 3

Le scénario classique : les deux premières années, les cotisations sont faibles, le compte respire, le train de vie s'ajuste vers le haut (voiture, loyer, sorties). Puis arrive la régularisation sur le vrai revenu, qui s'ajoute aux cotisations courantes de l'année en cours. La facture cumulée peut être 3 à 5 fois plus lourde que ce que vous payiez au début. Beaucoup réalisent trop tard qu'ils ont vécu sur de l'argent qui n'était pas le leur : c'était la part de l'URSSAF.

La règle d'or de la trésorerie

SUR CHAQUE ENCAISSEMENT  ->  virer 40 a 45 % sur un compte CHARGES dedie

  Encaissement de 5 000 EUR  ->  ~ 2 000 a 2 250 EUR mis de cote
  (cotisations sociales TNS ~ 45 % du benefice net, a terme + IR)

Le compte CHARGES finance : cotisations provisionnelles, regularisation, impot.
Le compte VIE recoit le reste.

Ordre de grandeur : le taux global de cotisations sociales d'un libéral tourne autour de 45 % du bénéfice net une fois le régime de croisière atteint. Pour une profession de santé, calez-vous sur le taux réel de votre caisse (voir la section CARMF).

Le réflexe qui lisse tout : déclarer un revenu estimé

Vous n'êtes pas condamné à subir la base forfaitaire. Dès la première année, vous pouvez déclarer un revenu estimé réaliste sur votre espace URSSAF : les cotisations provisionnelles sont alors recalculées sur cette estimation, au lieu du forfait. Résultat : vous payez au fil de l'eau quelque chose de proche de la réalité, et la régularisation de l'année 3 n'a plus rien d'un choc. C'est, avec la provision sur compte dédié, la meilleure parade.

Un point d'actualité, à formuler prudemment : une réforme de l'assiette sociale des TNS harmonise le calcul autour d'une assiette unique après un abattement forfaitaire de 26 %, dont les effets concrets se déploient à compter de la régularisation des revenus 2025 (opérée courant 2026). Les professions de santé cotisent par ailleurs à des caisses dédiées (CNAVPL, CARMF…) à barème propre : les ordres de grandeur de ce guide restent valables, mais le détail se vérifie caisse par caisse. C'est exactement le genre de sujet qu'il faut anticiper : voyez les 7 erreurs patrimoniales du libéral à éviter dès le départ et, quand l'activité est en dents de scie, comment lisser sa trésorerie quand les revenus sont irréguliers.

Cas 1 — Dr Camille, médecin généraliste, 1ré année (BNC estimé 70 000 €)

Année 1-2 (le piège) : faute de revenu connu, ses cotisations sont calculées sur la base forfaitaire (≈ 9 131 €). Elle ne paie d'abord que de l'ordre de 2 000 à 2 500 € la première année (ordre de grandeur, selon caisse) — sensiblement moins que les 45 % appliqués à terme, car certaines cotisations forfaitaires de début d'activité (notamment la retraite complémentaire CARMF) sont réduites ou différées au démarrage. Camille a le sentiment d'être à l'aise.

Année 3 (la régularisation) : l'URSSAF et la CARMF régularisent sur son vrai revenu (70 000 €). À un taux global d'environ 45 %, les cotisations réellement dues ressortent autour de 31 500 €/an ; après imputation des provisionnelles déjà versées, le rattrapage cumulé dépasse 20 000 €, qui tombe en plus des cotisations courantes.

La parade : virer 45 % de chaque encaissement sur un compte « charges » dès janvier, et déclarer un revenu estimé sur le portail URSSAF. La régularisation est alors déjà provisionnée : zéro choc. Le piège n'est pas le montant des cotisations — c'est leur calendrier.
§ 3LA TRÉSORERIE·2 MIN

Combien mettre de côté : le revenu « net dans la poche » n'est pas l'honoraire

L'illusion d'aisance du début vient d'une confusion simple : on regarde le chiffre d'affaires (les honoraires encaissés) en croyant regarder son revenu. Or entre les deux, il y a les charges professionnelles, les cotisations sociales et l'impôt. Posez ce calcul une bonne fois : vous ne pilotez plus votre première année de la même manière.

De l'honoraire au net réel (exemple en ordre de grandeur). Le taux de cotisations dépend de la caisse et du revenu ; l'IR dépend de la TMI et de la composition du foyer. À adapter à votre situation avec votre expert-comptable.
ÉtapeMontant (exemple)Commentaire
Honoraires encaissés (CA)80 000 €Ce qui rentre sur le compte — pas votre revenu
− Charges professionnelles− 16 000 €Loyer, RCP, matériel, expert-comptable, logiciels…
= Bénéfice (BNC)64 000 €La base de vos cotisations et de votre IR
− Cotisations sociales (~45 %)≈ − 28 800 €À terme, selon la caisse (ordre de grandeur)
− Impôt sur le revenuselon TMIAu barème, après les déductions (154 bis, etc.)
= Net réellement disponiblenettement < 80 000 €Le « net dans la poche » — ce qui finance votre vie

Deux compartiments mentaux, deux comptes

Concrètement, raisonnez en deux poches. Le compte « charges » reçoit la provision URSSAF et l'impôt (40 à 45 % de chaque encaissement) ; on n'y touche jamais pour la vie courante. Le compte « vie » reçoit le reste, et lui seul finance votre train de vie. Tant que cette frontière tient, le décalage URSSAF (section 2) devient inoffensif. Pour aller plus loin sur le pilotage de trésorerie quand l'activité fluctue, voyez lisser sa fiscalité et sa trésorerie quand les revenus sont irréguliers.
§ 4LE STATUT·3 MIN

Choisir son statut de démarrage : micro-BNC ou déclaration contrôlée ?

Au démarrage, l'immense majorité des libéraux exercent en entreprise individuelle, imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). La vraie question n'est donc pas « quelle société ? » mais « quel régime fiscal ? » : micro-BNC ou déclaration contrôlée.

Micro-BNC : simple, mais souvent perdant

Le micro-BNC (art. 102 ter du CGI) applique un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) sur vos recettes : vous êtes imposé sur les 66 % restants, sans avoir à justifier la moindre charge. Le seuil de recettes est de 83 600 € HT en 2026 ; au-delà de deux années consécutives de dépassement, vous basculez au réel. C'est simple, mais l'abattement de 34 % bat rarement les frais réels d'un installé qui supporte un loyer de cabinet, une RCP, du matériel, un expert-comptable et, souvent, un emprunt.

Déclaration contrôlée (BNC réel, 2035) : le régime souvent recommandé

La déclaration contrôlée (régime réel des BNC, art. 92, 96 et 97 du CGI, déclaration n° 2035) vous permet de déduire vos charges réelles : loyer, assurances, matériel et amortissements, frais de véhicule, intérêts d'emprunt, honoraires de l'expert-comptable, cotisations facultatives. Elle est souvent gagnante dès que vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, ou que vous avez investi à crédit. La contrepartie : une comptabilité plus exigeante (d'où l'intérêt d'un expert-comptable, lui-même déductible). La liste précise des postes déductibles dépend de votre métier : pour un cas concret, voyez Architecte libéral : la liste complète des charges déductibles.

Micro-BNC

Points forts

  • Simplicité : pas de comptabilité lourde
  • Abattement forfaitaire de 34 % automatique
  • Adapté à un démarrage à très faibles charges

Points de vigilance

  • Pas de déduction des frais réels ni des amortissements
  • Aucun déficit imputable
  • Souvent perdant dès qu'il y a loyer, matériel ou emprunt

Déclaration contrôlée (2035)

Points forts

  • Déduction de toutes les charges réelles et amortissements
  • Cotisations facultatives déductibles (154 bis)
  • Déficit possible, optimisation fine du résultat

Points de vigilance

  • Comptabilité 2035 plus exigeante
  • Expert-comptable quasi indispensable (mais déductible)

Et la SEL ? Rarement la bonne idée la 1ré année

La société d'exercice libéral (SEL) est rarement pertinente au tout début : frais de constitution et de fonctionnement, comptabilité commerciale, imposition à l'IS… elle se justifie surtout quand le bénéfice est élevé et durable. À noter aussi : depuis le 1er janvier 2024, la rémunération technique de l'associé de SEL est imposée en BNC (loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 ; ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 ; BOI-RES-BNC-000136). Le passage en société est un sujet de montée en charge, pas de démarrage. Pour cadrer la décision : EI, micro-BNC, déclaration contrôlée, SELARL : quel statut au démarrage et rester en BNC ou passer en SELARL : à partir de quel bénéfice.

Cas 2 — Maître Hugo, avocat, 1ré année (55 000 € d'honoraires)

Données : 55 000 € d'honoraires, charges réelles (loyer du cabinet, RC pro, secrétariat) de 18 000 €, soit un bénéfice d'environ 37 000 €.

Statut : ici, l'abattement forfaitaire du micro-BNC (34 % × 55 000 ≈ 18 700 €) couvre à peine ses 18 000 € de charges courantes ; mais dès qu'on ajoute l'amortissement de ses investissements (aménagement du cabinet, mobilier, matériel) et, le cas échéant, les intérêts d'un emprunt et ses cotisations facultatives déductibles, la déclaration contrôlée (2035) devient gagnante car elle seule permet de les déduire. Le micro-BNC, lui, plafonne au forfait de 34 %.

Précaution : charges fixes mensuelles ≈ 3 000 € → cible d'épargne de précaution 9 000 à 18 000 € (3 à 6 mois) avant tout placement long. Le bon statut se choisit sur les charges réelles, pas sur la simplicité.
§ 5L'AIDE·2 MIN

L'ACRE en 2026 : le coup de pouce qui n'est plus ce qu'il était

On vous a peut-être vendu « la première année sans charges grâce à l'ACRE ». C'est faux. Et croire à cette promesse peut vous mettre en difficulté de trésorerie dès l'année 3. L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise, art. L.131-6-4 du Code de la sécurité sociale) existe toujours, mais elle a été nettement resserrée.

Plus automatique, et réservée à certains profils

Premier changement majeur : l'ACRE n'est plus accordée automatiquement. Elle doit faire l'objet d'une demande à l'URSSAF, dans un délai serré (de l'ordre de 60 jours après le début d'activité), et elle est réservée à certains profils : demandeur d'emploi indemnisé ou non, moins de 26 ans, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, création dans un quartier prioritaire ou une zone éligible, repreneur d'entreprise en difficulté… Ce n'est donc pas un droit général : il faut vérifier son éligibilité avant de compter dessus.

Un montant dégressif, nul au-delà du PASS

Second point : même quand on y a droit, l'exonération est partielle et dégressive. Pour un créateur au régime réel, elle porte sur de l'ordre de 25 % des cotisations, est dégressive entre 75 % et 100 % du PASS (soit, en 2026, entre ~36 045 € et 48 060 € de revenu) et devient nulle au-delà du PASS (48 060 €). Surtout, certaines cotisations restent dues dans tous les cas : la CSG-CRDS et la retraite complémentaire (pour un médecin, la part complémentaire de la CARMF).

Ne comptez pas sur l'ACRE si vous dépassez le PASS

Pour un médecin ou un professionnel à bons revenus qui franchit vite les 48 060 €, l'ACRE est faible, voire nulle : l'exonération s'éteint au-delà du PASS, et ne touche de toute façon jamais la CSG-CRDS ni la retraite complémentaire. Autrement dit, c'est un coup de pouce réel pour un démarrage à revenu modeste, mais ce n'est pas « une année sans cotisations ». Calibrez votre provision (section 2) comme si l'ACRE n'existait pas : ce qui sera éventuellement exonéré sera un bonus, pas un dû.

Si vous êtes éligible : déposez la demande dans les temps

L'ACRE ne se rattrape pas : passé le délai de demande, elle est perdue pour la période. Si votre profil vous y rend éligible, déposez la demande à l'URSSAF dès le début d'activité, pièces justificatives à l'appui. En cas de doute sur votre éligibilité, faites le point avec votre expert-comptable : l'enjeu est réel pour un démarrage à revenu modéré.
§ 6LA TVA·2 MIN

TVA : pourquoi un médecin n'est (presque) jamais concerné

La TVA est l'une des premières angoisses qu'on me remonte à l'installation. Dans 9 cas sur 10, pour rien. Deux situations, et une seule vous concerne : soit vous soignez, et la TVA ne touche quasiment jamais vos actes ; soit vous vendez du conseil, et c'est la franchise en base qui joue. Le reste découle de là.

L'exonération des actes médicaux, quel que soit le chiffre d'affaires

Les soins à la personne dispensés par les professions médicales et paramédicales réglementées (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, et les autres professions autorisées) sont exonérés de TVA dès lors qu'ils ont une finalité thérapeutique, au titre de l'article 261, 4, 1° du CGI (BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10). Et l'exonération ne dépend pas du chiffre d'affaires : un radiologue à 400 000 € d'honoraires ne facture pas plus de TVA sur ses actes qu'un infirmier à sa première année. Elle vaut quel que soit le montant des honoraires. Le seuil de franchise de 37 500 € ne se pose donc pas pour vos honoraires de soins : vous ne facturez jamais de TVA dessus, et vous n'avez pas de déclaration de TVA à déposer à ce titre.

La franchise en base, pour le libéral non médical

Pour les libéraux hors champ médical (consultants, coachs, formateurs, professions du conseil…), c'est la franchise en base de TVA qui joue (art. 293 B du CGI) : en 2026, tant que les recettes restent sous 37 500 € (seuil de base) — avec une tolérance jusqu'à 41 250 € (seuil majoré) — on ne facture pas de TVA, en portant la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur les factures. Au-delà, on bascule dans le régime de TVA. À noter : le projet de seuil unique abaissé à 25 000 € a été abandonné.

Les actes taxables, même pour un médecin

L'exonération de l'article 261, 4, 1° vise les actes à finalité thérapeutique. Les actes sans finalité thérapeutique en sortent et sont soumis à la TVA : chirurgie et médecine esthétiques non prises en charge par l'assurance maladie, certaines expertises, conseils à des laboratoires. Le critère opérationnel retenu par la jurisprudence est, en pratique, la prise en charge par l'assurance maladie (ligne CE 7 avril 2022 n° 458207 ; CE 20 février 2023 n° 463029 ; CE 6 mars 2024 n° 483466, et BOFiP ACTU-2025-00032). Un médecin qui développe une activité esthétique non remboursée doit donc surveiller ce seuil pour cette part-là de son activité.

Bonus médecin : la permanence des soins en zone sous-dense

Si vous participez à la permanence des soins en zone sous-dense, la rémunération correspondante est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 60 jours par an (art. 151 ter du CGI ; CSP art. L.1434-4 et L.6314-1 ; BOI-BNC-CHAMP-10-40-20). Un avantage utile à connaître dès l'installation, à manier toutefois dans le strict respect du dispositif (zonage, plafond).
§ 7L'ORGANISATION·2 MIN

Séparer comptes pro et perso dès le départ

Ouvrir un compte dédié à l'activité ne coûte rien ou presque, et c'est ce qui rend tout le reste possible : sans lui, pas de provision URSSAF propre (section 2), pas de comptabilité 2035 tenable.

Une obligation souple, une nécessité pratique

Au régime réel, il n'existe pas d'obligation stricte de compte bancaire professionnel dédié ; pour le micro-entrepreneur, l'obligation d'un compte dédié ne s'applique qu'au-delà de 10 000 € de recettes pendant deux années consécutives (art. L.613-10 du Code de la sécurité sociale). Mais en pratique, un compte dédié est indispensable : il sécurise la tenue de la déclaration 2035, assure la traçabilité des recettes en cas de contrôle fiscal, et matérialise la frontière entre l'argent de l'activité et celui du foyer.

La protection patrimoniale de l'entrepreneur individuel

Depuis le statut unique d'entrepreneur individuel (loi n° 2022-172 du 14 février 2022, en vigueur au 15 mai 2022), votre patrimoine professionnel est séparé de plein droit de votre patrimoine personnel : votre résidence et vos biens personnels sont, par principe, protégés des créanciers professionnels. Cette séparation légale est d'autant plus lisible — et défendable — que vos flux pro et perso passent par des comptes distincts.

Le schéma à 2 (ou 3) comptes

L'organisation cible est simple : un compte d'encaissement pro reçoit les honoraires ; depuis ce compte, vous virez aussitôt 40 à 45 % vers un compte « charges » (provision URSSAF + impôt) ; le solde part sur votre compte perso et finance votre vie. L'argent du compte charges n'est pas le vôtre : c'est celui de l'URSSAF, en attente. Tant que vous n'y touchez pas, la facture de l'année 3 est déjà payée d'avance.
§ 8LA SÉCURITÉ·2 MIN

L'épargne de précaution : 3 à 6 mois de charges avant tout placement

Avant le moindre placement, le jeune installé a besoin d'un coussin de liquidités. Aucun texte ne l'impose. Mais demandez à n'importe quel confrère installé depuis trois ans ce qui l'a sauvé le jour où l'URSSAF a régularisé : c'est cette réserve, qui découle directement du décalage URSSAF (section 2) et de l'irrégularité des revenus de début d'activité.

Combien, et sur quels supports

La cible classique est de 3 à 6 mois de charges fixes — professionnelles et personnelles. Trois mois pour une activité stable et des charges légères ; six mois (ou plus) pour des revenus très irréguliers ou des charges lourdes. Les supports adaptés sont liquides et garantis : livret A (plafond 22 950 €) et LDDS (plafond 12 000 €), dont les intérêts sont exonérés (plafonds à confirmer pour 2026). On recherche ici la disponibilité immédiate et la sécurité du capital, pas le rendement.

La précaution AVANT le PER

L'erreur fréquente : bloquer son épargne dans un PER « pour défiscaliser » alors que la réserve de précaution n'est pas constituée. Or les sommes versées sur un PER sont indisponibles jusqu'à la retraite (hors cas légaux de déblocage anticipé : acquisition de la résidence principale, accidents de la vie). En cas de coup dur ou de trou de trésorerie, vous ne pourrez pas y puiser. On ne bloque pas 8 000 € sur un PER quand on n'a pas 8 000 € de côté pour passer un creux de juillet.

Une fois ce socle en place, le surplus de trésorerie peut être progressivement orienté vers des supports de moyen terme : c'est l'étape suivante de la gestion. Pour la hiérarchie des enveloppes et le choix des supports, voyez où placer son épargne de précaution et le surplus de trésorerie et le rôle de l'assurance-vie comme support de l'épargne de moyen terme.

Note de méthode : l'ordre prime sur le rendement la première année

Sur ce premier étage, l'objectif tient en un mot : la disponibilité. Un livret A rapporte peu, mais l'argent est là le jour où la trésorerie craque — c'est tout ce qu'on lui demande. On accepte donc un rendement faible (livret A, LDDS) en échange d'une disponibilité immédiate et d'un capital garanti. Les supports plus rémunérateurs viendront ensuite, une fois le socle constitué ; et dès qu'on touche à des supports investis (unités de compte, marchés), une règle s'impose : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'y est plus garanti.
§ 9SANTÉ·3 MIN

Spécificité santé : CARMF, secteur 1, ce qui change pour un médecin

Si vous êtes médecin, votre protection sociale obéit à des règles propres qu'il faut connaître dès l'installation. Vous relevez de la CNAVPL pour la retraite de base et de la CARMF pour la complémentaire et l'ASV (allocation supplémentaire de vieillesse) ; votre assurance maladie est remboursée via la CPAM, et vos cotisations TNS sont collectées par l'URSSAF.

Les cotisations CARMF en 2026 (ordres de grandeur)

Le tableau ci-dessous donne la structure des cotisations d'un médecin. Les valeurs évoluent chaque année et dépendent de votre revenu et de votre secteur : prenez-les comme des repères à vérifier sur carmf.fr.

Structure des cotisations d'un médecin (CNAVPL + CARMF), repères 2026 à vérifier sur carmf.fr. Les taux et forfaits exacts dépendent du revenu, du secteur (1 ou 2) et de l'année ; ce tableau donne la logique, pas un calcul personnalisé.
RégimeRepère 2026 (à vérifier)Assiette / commentaire
Base CNAVPL — tranche 1≈ 8,23 % à 8,73 %Revenu ≤ 1 PASS (part proportionnelle)
Base CNAVPL — tranche 2≈ 1,87 %Revenu jusqu'à 5 PASS
Complémentaire vieillesse (CARMF)≈ 10 à 12 %Revenus dans la limite de ~3,5 PASS
ASV (allocation suppl. vieillesse)Forfait + part proportionnelleSecteur 1 : 2/3 de la cotisation ASV (part forfaitaire et part proportionnelle) financés par la CPAM
Invalidité-décès (CARMF)Cotisation forfaitaire par classeSelon le revenu (3 classes)

Secteur 1 : une partie de l'ASV financée par la CPAM

En secteur 1 (tarifs conventionnés sans dépassement), une partie de la cotisation ASV est prise en charge par l'assurance maladie (de l'ordre des deux tiers de la cotisation ASV, part forfaitaire et part proportionnelle comprises) : c'est une contrepartie du conventionnement. Concrètement, cela allège la part d'ASV restant à votre charge — et, le cas échéant, réduit d'autant l'assiette sur laquelle une exonération comme l'ACRE pourrait jouer. Le calcul exact dépend de votre secteur et de votre revenu.

La CARMF couvre mal le tout début : d'où la priorité prévoyance

Au démarrage, les prestations en cas d'arrêt de travail de la CARMF sont assorties de franchises et de montants plafonnés : la couverture obligatoire laisse un trou de revenu en cas d'arrêt long. C'est la raison pour laquelle la prévoyance Madelin (section 11) figure haut dans l'ordre de priorité, avant le PER. Pour situer la mécanique d'ensemble de la protection du libéral, voyez pourquoi la caisse obligatoire couvre mal l'arrêt de travail du libéral ; et sur le volet pension, pourquoi la retraite obligatoire du libéral devra être complétée tôt.
§ 10LE PARCOURS·2 MIN

Le calendrier des 12 premiers mois

Voici la feuille de route concrète, mois par mois. Elle reprend tout ce qui précède, dans l'ordre où il faut le faire : un médecin qui souscrit sa prévoyance au mois 6 et provisionne dès le premier honoraire ne vit jamais le choc de l'année 3.

Feuille de route des 12 premiers mois. Le séquençage compte autant que les actions : on sécurise la trésorerie et le cadre, puis la précaution, puis la protection, puis seulement l'épargne longue.
PériodeActionPourquoi
Mois 1Immatriculation (guichet unique INPI), affiliation URSSAF + caisse (CARMF…), demande ACRE si éligible, ouverture du compte dédiéDémarrer en règle et poser tout de suite la séparation des comptes
Mois 1-3Choix du régime fiscal (micro-BNC ou 2035), vérification TVA (exonération médicale ou franchise 293 B), souscription de la RCP, mise en place de la règle « 40-45 % sur le compte charges »Sécuriser le cadre fiscal et la provision dès les premiers encaissements
Mois 3-6Déclarer un revenu estimé réaliste sur le portail URSSAF, lancer l'épargne de précaution (3-6 mois)Lisser les cotisations et construire le filet de sécurité
Mois 6-12Souscrire la prévoyance Madelin ; ouvrir un PER seulement si capacité d'épargne réelle et TMI suffisante ; premier point avec un CGP / expert-comptableSe protéger avant d'épargner, et préparer la montée en charge
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§ 11PROTÉGER PUIS ÉPARGNER·3 MIN

Se protéger avant d'épargner : prévoyance Madelin, puis PER

On finit par l'épargne, mais dans le bon sens : on protège d'abord son revenu en cas de maladie, on le fait fructifier seulement ensuite. Les deux outils — prévoyance Madelin et PER — partagent le même article du CGI (154 bis), mais répondent à deux besoins distincts.

La prévoyance Madelin d'abord

La prévoyance Madelin couvre l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès pendant votre carrière. Ses cotisations sont déductibles au titre de l'article 154 bis du CGI, dans une enveloppe propre : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonnée à 3 % de 8 PASS, soit 11 534,40 € en 2026 (plancher 3 364,20 €). Le volet retraite du Madelin a été fermé par la loi PACTE (au 1er octobre 2020, remplacé par le PER), mais le volet prévoyance reste pleinement souscriptible. Comme la CARMF (section 9) couvre mal l'arrêt long du jeune installé, on protège ce risque avant de penser retraite.

Le PER ensuite, quand la TMI monte

Le PER (volet retraite de l'art. 154 bis pour le TNS) offre une déduction de 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction du bénéfice entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € et un plafond de 88 911 € (bénéfice ≥ 384 480 €). L'avantage est égal à votre TMI × le versement : très puissant à 41-45 % de TMI, beaucoup plus faible si votre tranche est basse au démarrage. D'où la règle : le PER prend tout son sens une fois l'activité montée en charge, pas le premier mois.

154 bis = avantage sur l'IR seul (à ne pas survendre)

C'est là que beaucoup de vendeurs de PER arrondissent les angles : la déduction de l'article 154 bis (prévoyance et PER) ne réduit que votre impôt sur le revenu. Les primes Madelin et les versements PER restent dans l'assiette des cotisations sociales (URSSAF, CARMF). Vous baissez votre IR, pas vos charges sociales. À 41-45 % de TMI, l'économie d'IR est franche et l'outil est excellent ; à TMI basse, l'argument fiscal pèse beaucoup moins — c'est pourquoi on ne se précipite pas.

Économie d'impôt d'un versement PER

ECONOMIE D'IR  ~=  versement x TMI

EXEMPLE (TMI 41 %) :
  versement de 6 000 EUR  ->  ~ 2 460 EUR d'IR en moins
  versement de 20 000 EUR ->  ~ 8 200 EUR d'IR en moins

  ... mais 0 EUR de cotisations sociales en moins (154 bis = IR seul).

L'avantage à l'entrée est un report d'imposition, pas un gain définitif : à la sortie du PER, le capital correspondant aux versements déduits est réimposé à l'IR (au barème pour une sortie en capital), et les gains supportent en plus les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026 sur la part de gains). On déduit aujourd'hui à sa TMI, on sera imposé demain à la retraite : l'intérêt réel dépend de l'écart entre la TMI d'aujourd'hui et celle, souvent plus basse, de la retraite.

Cas 3 — Dr Salomé, médecin spécialiste, 3e année (BNC 150 000 €, TMI 41 %)

Trésorerie et précaution déjà en place. On déroule l'ordre :

Prévoyance d'abord : Madelin prévoyance déductible jusqu'à 7 % × 48 060 + 3,75 % × 150 000 = 3 364 + 5 625 = 8 989 € (sous le plafond de 11 534,40 €). Couvre l'arrêt long que la CARMF indemnise mal.

PER ensuite : plafond de versement = 10 % × 150 000 + 15 % × (150 000 − 48 060) = 15 000 + 15 291 = 30 291 €. Si elle verse 20 000 €, l'économie d'IR à l'entrée est d'environ 20 000 × 41 % = 8 200 €. Aucune baisse des cotisations sociales (154 bis = IR seul). Attention : ce n'est pas un gain net définitif — le capital déduit sera réimposé à la sortie ; l'avantage réel tient à l'écart de TMI entre aujourd'hui (41 %) et la retraite (souvent plus basse). D'abord protéger le revenu, ensuite le faire fructifier : à 41 % de TMI, le PER prend tout son sens.

Pour approfondir chaque brique : souscrire sa première prévoyance Madelin déductible, jusqu'à 11 534 € en 2026 ; chiffrer combien d'impôt un PER fait économiser selon votre BNC ; comprendre le fonctionnement du PER, son enveloppe et sa fiscalité de sortie. Et sur la fiscalité de cette sortie : la dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % / 18,6 %). La logique de placement se décline ensuite par profession : par exemple comment placer son argent quand on est expert-comptable.

Quand le revenu décolle : anticiper la CEHR et la CDHR

Un libéral qui monte vite en charge (cas du spécialiste ci-dessus) peut, en quelques années, dépasser 250 000 € de revenu fiscal de référence et entrer dans le champ de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies du CGI), voire de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224 du CGI) reconduite pour 2026. Ce n'est pas un sujet de première année, mais c'est exactement le genre d'échéance qu'une stratégie d'épargne bien ordonnée prépare en amont. Pour l'anticiper : ce que les professions libérales à hauts revenus doivent anticiper avec la CDHR.
§ 12À ÉVITER·2 MIN

Les 7 erreurs du débutant (récap actionnable)

Sept erreurs, toujours les mêmes, qui reviennent dossier après dossier — du kiné qui claque sa trésorerie de janvier au médecin qui se rue sur un PER avant d'avoir 5 000 € de côté. Toutes évitables.

Les 7 pièges du jeune installé

1. Ne pas provisionner l'URSSAF (le piège du décalage, section 2).
2. Croire que l'ACRE signifie « rien à payer » la première année.
3. Dépenser la trésorerie « facile » du début, qui est en réalité la provision des charges.
4. Mélanger comptes professionnel et personnel.
5. Tout placer dans un PER bloqué avant d'avoir une réserve de précaution liquide.
6. Oublier la RCP et la prévoyance (le revenu n'est pas protégé).
7. Passer en SEL trop tôt, par mimétisme, sans bénéfice qui le justifie.

Chacune de ces erreurs a un coût concret, parfois lourd. Pour le détail et les ordres de grandeur, voyez le détail des 7 erreurs patrimoniales du libéral. Et pour transformer ces bons réflexes en stratégie d'ensemble : par où commencer sa gestion de patrimoine quand on est libéral et tous les leviers de déduction à l'IR du libéral.

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Sources et références légales

  • Statut & micro-BNC

    CGI art. 102 ter (micro-BNC : abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €, seuil de 83 600 € HT de recettes en 2026, bascule au réel après dépassement deux années consécutives). CGI art. 92, 96 et 97 (déclaration contrôlée, déclaration n° 2035, frais réels déductibles). Loi n° 2022-172 du 14 février 2022 (statut unique de l'entrepreneur individuel : séparation de plein droit des patrimoines professionnel et personnel, en vigueur au 15 mai 2022). Loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 et ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (SEL : rémunération technique imposée en BNC depuis le 1er janvier 2024, BOI-RES-BNC-000136). BOI-BNC-DECLA-10 et -20-10.

  • Cotisations URSSAF & ACRE

    CSS art. L.131-6 (assiette des cotisations des travailleurs indépendants). CSS art. L.131-6-2 (cotisations provisionnelles sur le revenu N-2 puis N-1, régularisation l'année suivante sur le revenu réel). Base forfaitaire de début d'activité = 19 % du PASS, soit environ 9 131 € en 2026 (paramètre URSSAF). CSS art. L.131-6-4 (ACRE : exonération partielle non automatique en 2026, de l'ordre de 25 % pour un créateur au réel, dégressive entre 75 % et 100 % du PASS, nulle au-delà du PASS ; CSG-CRDS et retraite complémentaire dues, LFSS 2026 loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Réforme de l'assiette sociale TNS 2026 (abattement forfaitaire de 26 %, effets à compter de la régularisation des revenus 2025), les caisses de santé conservant des barèmes propres.

  • TVA & permanence des soins

    CGI art. 261, 4, 1° (exonération de TVA des soins à finalité thérapeutique des professions médicales et paramédicales réglementées, quel que soit le chiffre d'affaires ; BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10). CGI art. 293 B (franchise en base de TVA : seuils 2026 de 37 500 € / 41 250 € pour les services et professions libérales ; mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI »). CE 7 avril 2022 n° 458207, CE 20 février 2023 n° 463029 et CE 6 mars 2024 n° 483466 : les actes esthétiques sans finalité thérapeutique sont soumis à TVA (BOFiP ACTU-2025-00032). CGI art. 151 ter (exonération d'IR de la permanence des soins en zone sous-dense, limite de 60 jours par an ; CSP art. L.1434-4 et L.6314-1).

  • Épargne & déduction (154 bis)

    CGI art. 154 bis : déduction prévoyance-santé = 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafond 3 % de 8 PASS = 11 534,40 € en 2026 (plancher 3 364,20 €) ; déduction retraite-PER = 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, plancher 4 806 €, plafond 88 911 €. Effet sur l'IR seul : primes et versements réintégrés dans l'assiette des cotisations sociales. Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 (fin du Madelin retraite au 1er octobre 2020, le Madelin prévoyance subsiste). BOI-BIC-CHG-40-50-40-20. Arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026 : dualité des prélèvements sociaux, 18,6 % sur les gains du PER à la sortie).

  • Spécificité santé (CARMF)

    Régime de retraite des médecins : CNAVPL (régime de base) + CARMF (régime complémentaire vieillesse et régime ASV). En secteur 1, une partie de l'ASV est financée par la CPAM. Les cotisations TNS sont collectées par l'URSSAF. Valeurs de point et montants de cotisation 2026 à vérifier sur carmf.fr au cas par cas. Barème de l'impôt sur le revenu 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, entrée de la tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part (barème indexé LF 2026).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation de souscription. Plusieurs points sont, en toute transparence, signalés au conditionnel : la base forfaitaire de début d'activité (≈ 9 131 €) et le taux global de cotisations (≈ 45 %) sont des ordres de grandeur qui varient selon la caisse et le revenu ; la réforme de l'assiette sociale des TNS (abattement de 26 %) produit ses effets à compter de la régularisation des revenus 2025 (mi-2026) et les caisses de santé conservent des barèmes propres ; le périmètre de l'ACRE 2026 dépend de votre profil et la demande doit être déposée dans le délai imparti ; les seuils de TVA (37 500 € / 41 250 €) et de micro-BNC (83 600 €) sont ceux de 2026 ; les valeurs de point et de cotisation de la CARMF sont à vérifier sur carmf.fr ; les plafonds des livrets réglementés et l'entrée de la tranche à 45 % (≈ 181 917 € par part) sont à confirmer au barème indexé ; les trois cas chiffrés sont des illustrations en ordre de grandeur. Les chiffres et taux sont à jour au 8 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, règlements des caisses). Toute décision doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable.

Foire aux questions

Tout sur la gestion de l'argent du jeune installé en 2026 URSSAF, statut, ACRE, TVA, prévoyance et PER.

Les questions qu'on nous pose le plus quand on s'installe : combien provisionner pour l'URSSAF, pourquoi la régularisation frappe en année 3, micro-BNC ou déclaration contrôlée, l'ACRE 2026, la TVA des actes médicaux, et l'ordre prévoyance puis PER. Réponses sourcées et à jour 2026.