Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide orthodontiste 202617 minMis à jour 25 juin 20263 simulations chiffrées

Orthodontiste : à partir de quel revenu passer en SELARL ?

« Dès 300 000 € de CA, passez en SELARL. » Ce raccourci, vous l'avez lu partout — et il tombe à côté. Le vrai déclencheur n'est pas votre chiffre d'affaires, ni même votre bénéfice : c'est la part que vous ne consommez pas. En BNC, 100 % du revenu supporte l'impôt sur le revenu (jusqu'à 45 %) et les cotisations TNS, dépensé ou non ; un orthodontiste à 45 % de TMI laisse ainsi filer près de la moitié de chaque euro épargné. En SELARL, ce que vous laissez dans la société ne paie que l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %. L'écart peut atteindre 35 000 à 50 000 € par an sur un cabinet à 300 000 € de bénéfice. Reste à trouver VOTRE seuil, pas celui du voisin — avec trois simulations à 120, 200 et 300 k€ de BNC, le coût réel du passage et, honnêtement, à qui la SEL ne sert à rien. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

BASCULE BNC / SELARL ORTHODONTISTE 2026

Calculer votre seuil de bascule et chiffrer le gain net réel d'une SELARL

Audit BNC vs SELARL : modélisation selon votre TMI, votre BNC et votre train de vie réel, coût du passage (plus-value du fonds), arbitrage rémunération/dividendes, statut SELARL ou SELAS, impact CARCDSF. Cabinet capitalistiquement indépendant.

  • Modélisation chiffrée BNC vs SELARL
  • Seuil calibré sur votre capacité de réserve
  • Coût du passage et impact retraite intégrés
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

IS PME

15 / 25 %

SEUIL TAUX RÉDUIT

42 500 €

TMI CIBLE ORTHO

45 %

PFU DIVIDENDES

31,4 %

SIMULATIONS

120-300 k€

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE SEUIL·3 MIN

Le seuil n'est pas un chiffre de CA, c'est votre capacité de mise en réserve

L'essentiel en 30 secondes

  • Aucun seuil légal ne fixe le moment de passer en SELARL : ni texte, ni jurisprudence, ni montant de CA.
  • Le vrai déclencheur, c'est la part de bénéfice que vous ne consommez pas (votre capacité de mise en réserve), multipliée par votre TMI — souvent 45 % chez l'orthodontiste.
  • En BNC, 100 % du bénéfice subit l'IR (jusqu'à 45 %) + les cotisations TNS, consommé ou non. En SELARL, la part mise en réserve ne paie que l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %).
  • Fourchette pratique : étude pertinente au-delà d'environ 120 000 à 150 000 € de BNC si vous mettez plus de 30 000 à 40 000 € en réserve ; quasi systématique au-delà de 250 000 € avec une TMI à 45 %.
  • Attention : raisonnez sur le BNC, jamais sur le CA (les charges labo et aligneurs creusent l'écart).

« À partir de quel CA passe-t-on en SELARL ? » C'est la question qu'on nous pose le plus souvent en rendez-vous d'orthodontiste, et elle est mal posée. Deux praticiens au même chiffre d'affaires peuvent avoir des réponses opposées : l'un a tout intérêt à basculer, l'autre y perdrait de l'argent. Le passage en société n'est pas commandé par votre chiffre d'affaires : il est commandé par ce que vous ne dépensez pas. Reprenons le raisonnement par le bon bout, donnons une fourchette, puis regardons trois orthodontistes concrets — dont un pour qui monter une SEL serait une erreur.

Première chose, et elle change tout chez l'orthodontiste : le CA n'est pas le bénéfice. Entre le laboratoire de prothèse, les aligneurs, le matériel d'imagerie, l'assistante et le loyer, les charges pèsent lourd. Un cabinet à 300 000 € de CA peut ne dégager qu'environ 180 000 € de BNC. Un seuil exprimé en CA est donc trompeur par nature : ce qui compte, c'est le bénéfice net, et surtout la fraction que vous n'avez pas besoin de consommer.

Le piège du seuil exprimé en chiffre d'affaires

Les seuils que vous lirez ailleurs sont contradictoires — « 60 000 € de bénéfice », « 130 000 € », « 200 000 € de CA », « 300 000 € de CA » — précisément parce qu'ils confondent CA et bénéfice et ignorent votre train de vie. Aucun de ces chiffres n'a de valeur générale. Le seuil de bascule est une condition qui croise votre bénéfice, votre besoin de train de vie et votre TMI, pas un montant gravé dans le marbre. La méthode générale de ce calcul est détaillée dans notre guide pilier BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice basculer.

En pratique, voici la fourchette que nous retenons pour un orthodontiste, à formuler toujours au conditionnel : l'étude d'un passage en SELARL devient pertinente au-delà d'environ 120 000 à 150 000 € de BNC, à condition de pouvoir mettre plus de 30 000 à 40 000 € par an en réserve ; elle est quasi systématiquement gagnante au-delà de 250 000 € de BNC avec une TMI à 45 %. À 250-400 k€ de BNC, profil fréquent en orthodontie, la SELARL est presque toujours avantageuse. Mais le vrai seuil dépend de votre besoin de train de vie, pas de votre chiffre d'affaires.

§ 2LE MOTEUR·3 MIN

D'où vient le gain : IS 15/25 % contre IR 45 % + cotisations TNS

Le cœur du sujet tient en une phrase : la différence entre le BNC et la SELARL n'est pas un taux, c'est l'assiette. Sur quoi êtes-vous imposé ?

En BNC, tout est imposé — dépensé ou non

En BNC au réel (article 93 CGI, déclaration contrôlée 2035-SD), 100 % du bénéfice supporte l'impôt sur le revenu au barème (jusqu'à 45 %) et les cotisations TNS, l'année où il est dégagé, que vous l'ayez consommé ou laissé sur votre compte. La part que vous mettez de côté a déjà été imposée au taux marginal. Vous n'avez aucun levier sur l'assiette.

En SELARL, seule la rémunération versée est imposée à l'IR

En SELARL à l'IS (BOI-IS-LIQ-20-10), c'est la société qui paie d'abord l'impôt sur les sociétés. Vous n'êtes imposé à l'IR que sur votre rémunération de gérant ; le bénéfice mis en réserve ne subit que l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà (article 219 I-b CGI). Les conditions PME sont remplies de droit pour un cabinet : chiffre d'affaires HT inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

D'où vient le gain (raisonnement, pas barème légal)

Gain annuel ≈

  [ IR(TMI) + cotisations TNS ]  sur la part mise en réserve
        −  IS (15 % ≤ 42 500 €, puis 25 %)  sur cette même part

où :
  • part mise en réserve = Bénéfice − Rémunération nécessaire au train de vie
  • TMI = votre tranche marginale en BNC (souvent 45 % en orthodontie)

Lecture : le gain n'existe QUE s'il y a une part mise en réserve. Si vous consommez tout votre bénéfice (réserve ≈ 0), le membre de gauche tombe à zéro : la SELARL ne rapporte rien et coûte la structure.

Le seuil de l'IS, c'est 42 500 € — pas 100 000 €

On lit parfois que le taux réduit d'IS s'applique jusqu'à 100 000 € de bénéfice. C'est faux. Le taux de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € (article 219 I-b CGI) ; au-delà, c'est 25 %. L'amendement qui proposait de relever ce plafond n'a pas été retenu par la LF 2026 (loi 2026-103) : ne confondez pas le projet et le droit en vigueur.

Garde-fou

La double couche : un report, pas une exonération

  • La SELARL n'exonère rien. Le bénéfice mis en réserve paie l'IS (15/25 %) ; le jour où vous le sortez en dividendes, il paie en plus le PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026).
  • Sortir tout, tout de suite en dividendes annule le gain : la double couche IS + PFU rejoint la pression du BNC.
  • L'avantage est donc un report (le bénéfice capitalise) et un différentiel de taux (15/25 % d'IS contre 45 % d'IR). Il ne se matérialise que si vous laissez capitaliser — d'où l'enjeu du placement de la trésorerie de la SEL.
§ 3SIMULATION·4 MIN

Simulation : BNC vs SELARL à 120 000, 200 000 et 300 000 € de bénéfice

Passons du principe aux chiffres. Hypothèses, volontairement simplifiées pour rester lisibles : orthodontiste célibataire, 1 part, coût social TNS global de l'ordre de 40 à 45 %, IS à 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %, part mise en réserve = bénéfice − rémunération couvrant le train de vie. Tous les montants sont des ordres de grandeur arrondis : une simulation pédagogique, pas un devis.

Simulation pédagogique BNC vs SELARL pour un orthodontiste. Le gain dépend de la part mise en réserve, donc du train de vie. Montants arrondis, hors PER/Madelin, avant imposition de sortie des dividendes. Le gain net réel se modélise au cas par cas.
Bénéfice / BNCTrain de viePart en réserveCoût en BNC (IR + TNS)Coût en SELARL (TNS rému + IS réserve)Gain annuel estimé
120 000 €~80 000 €~40 000 €IR 41-45 % + TNS sur 120 kTNS sur ~80 k + IS ~6 000 €~5 000 à 8 000 € net du surcoût de structure (zone d'étude)
200 000 €~85 000 €~115 000 €IR 41-45 % + TNS sur 200 kTNS sur ~85 k + IS ~24 500 €~20 000 à 30 000 €
300 000 €~90 000 €~150 000 €IR 45 % + TNS sur 300 kTNS sur ~90 k + IS ~33 250 € (sur 150 k)~40 000 à 55 000 € (quasi systématique)

Le tableau dit tout. À 120 000 € avec un train de vie de 80 000 €, la réserve (~40 000 €) ne génère qu'un gain modeste, vite rogné par le surcoût de comptabilité : on est en zone d'étude, pas en évidence. À 200 000 €, la réserve (~115 000 €) capitalise à l'IS au lieu de subir l'IR à 41-45 % : le gain devient significatif. À 300 000 € avec une TMI à 45 %, la SELARL est quasi systématiquement gagnante.

Le même bénéfice, deux décisions opposées

Prenez deux orthodontistes à 200 000 € de BNC. Celle qui vit avec 80 000 € épargne 120 000 € par an : elle a tout intérêt à basculer, car cette part capitalise à l'IS plutôt qu'à 41-45 % d'IR + TNS. Celui qui dépense ses 200 000 € n'y gagne presque rien : pour tout sortir, il empile l'IS puis le PFU à la sortie, et la double couche annule l'avantage. Le seuil dépend du taux d'épargne, pas du bénéfice brut.

Note de méthode : une simulation n'est pas une garantie

Ces ordres de grandeur servent à montrer la logique du gain, pas à promettre un résultat. Ils dépendent d'hypothèses (taux de cotisations, rémunération de sortie, rendement de la trésorerie placée) qui varient d'un cabinet à l'autre, et les paramètres fiscaux changent à chaque loi de finances. Les performances et économies passées ne préjugent pas des résultats futurs : seule une modélisation sur vos chiffres réels, refaite chaque année, donne un seuil fiable.
§ 4CAS SIGNATURE·3 MIN

Cas chiffré : Camille, orthodontiste à 300 000 € de BNC

Reprenons le cas le plus représentatif de l'orthodontie installée, chiffres à l'appui.

Camille · orthodontiste · 300 000 € de BNC · TMI 45 % · train de vie 90 000 €

À 300 000 € de BNC, la SELARL est presque toujours gagnante

Camille dégage 300 000 € de BNC mais vit avec 90 000 € nets. Elle laisse donc dormir, chaque année, environ 150 000 € dont elle n'a pas l'usage immédiat.

En BNC : les 300 000 € supportent l'IR (une large part à 45 %, au-delà d'environ 181 917 €/part) et les cotisations TNS sur la totalité. Les ~150 000 € qu'elle n'utilise pas ont déjà été imposés au taux marginal avant d'atterrir sur son épargne personnelle.

En SELARL (gérante majoritaire, TNS) : elle se verse une rémunération calibrée sur son train de vie (~90 000 € bruts chargés, imposés à l'IR + cotisations comme avant), et laisse ~150 000 € en réserve. Sur cette part, l'IS vaut 42 500 × 15 % + (150 000 − 42 500) × 25 % ≈ 6 375 + 26 875 ≈ 33 250 €, contre l'IR à 45 % + TNS qui auraient frappé ces 150 000 € en BNC. L'écart annuel se chiffre dans une fourchette de 35 000 à 50 000 €, et le capital conservé continue de travailler dans la société.

Et soyons honnêtes : ce gain est un report et un différentiel de taux, pas une exonération. Le jour où Camille sortira ces sommes en dividendes, elle paiera le PFU (31,4 %) et, au-delà du seuil de 10 %, des cotisations TNS. Mais d'ici là, elle aura capitalisé sur une base bien plus large — d'où l'intérêt de bien placer la trésorerie de la SELARL.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, simplifiés (tranches, cotisations, arrondis) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le gain net réel dépend de votre TMI exacte, de votre régime de cotisations, de vos déductions (PER/Madelin), du niveau de rémunération de sortie, du coût du passage (plus-value du fonds, voir §5) et du rendement de la trésorerie capitalisée. À modéliser au cas par cas avant toute décision.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE seuil de bascule, à l'euro près ?

Un conseiller en gestion de patrimoine modélise votre cas d'orthodontiste — BNC, TMI, train de vie réel, capacité de réserve — et chiffre le gain net annuel d'une SELARL, coût du passage et impact CARCDSF inclus.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5COÛT CACHÉ N°1·3 MIN

Le coût caché n°1 : le passage déclenche une plus-value sur votre cabinet

Avant de calculer le gain, il faut chiffrer l'entrée. Transférer votre fonds libéral — votre patientèle — à la SELARL n'est pas neutre : c'est une opération qui dégage une plus-value professionnelle.

Apport ou cession du fonds : deux voies

Vous pouvez apporter votre fonds à la SELARL (la plus-value peut être placée en report d'imposition, article 151 octies CGI, sous engagements à valider avec le conseil) ou le céder à titre onéreux (la SEL rachète, souvent via emprunt déductible, et la plus-value est immédiatement taxable). Le choix se fait au cas par cas, en fonction de votre situation et du financement.

L'exonération 238 quindecies est neutralisée sur l'apport à soi-même

C'est le piège que personne ne vous signale. On présente souvent l'exonération de l'article 238 quindecies CGI (totale jusqu'à 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 M€, activité ≥ 5 ans) comme acquise. Elle ne l'est pas ici. Le III de l'article refuse l'exonération lorsque le cédant détient, directement ou indirectement, plus de 50 % des droits de vote ou des bénéfices de la société cessionnaire, ou y exerce la direction. Or l'orthodontiste qui apporte sa patientèle à sa propre SELARL est exactement dans ce cas. L'apport à soi-même peut donc déclencher une plus-value taxable : ne la présumez pas exonérée, et étudiez le report 151 octies avec votre conseil.

Ne confondez pas les prélèvements sociaux (dualité 2026)

Depuis la LFSS 2026, deux taux coexistent. La plus-value du fonds libéral / patientèle (plus-value professionnelle, 238 quindecies, 151 septies, 151 septies A) supporte 17,2 % de prélèvements sociaux. La plus-value de parts de SEL (cession ultérieure, 150-0 D ter) et les dividendes supportent, eux, 18,6 % (PFU global 31,4 %). Ne mélangez pas les deux : le fonds, c'est 17,2 % ; les titres, c'est 18,6 %. Le détail figure dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : la dualité 17,2 % / 18,6 %.

Ajoutez les droits d'enregistrement sur la cession du fonds (article 719 CGI) : selon le barème par tranches, comptez un ordre de grandeur de 3 à 5 % de la valeur. L'exonération 151 septies (selon les recettes : totale jusqu'à 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €) est en pratique inopérante pour un orthodontiste à fortes recettes. Tout ce coût d'entrée doit être mis en regard du gain annuel attendu — c'est précisément l'objet de l'étude préalable. Pour la mécanique des exonérations de plus-value, voyez notre guide céder son cabinet dentaire : exonérer la plus-value.

La bonne méthode : chiffrer l'entrée avant de calculer le gain

On résume souvent la décision à « combien je vais économiser par an ». C'est l'ordre inverse du bon raisonnement. Commencez par chiffrer le coût d'entrée : plus-value du fonds (potentiellement taxable malgré le 238 quindecies), droits d'enregistrement, honoraires de constitution. Vous estimez ensuite le gain annuel récurrent lié à la mise en réserve. Reste une seule question : en combien d'années le gain rembourse-t-il l'entrée ? Deux ou trois ans, on bascule ; huit ou dix, on attend que le bénéfice — et la capacité d'épargne — montent.
§ 6COÛT CACHÉ N°2·3 MIN

Le coût caché n°2 : se payer en dividendes n'est pas gratuit (règle des 10 %)

« Je me verserai des dividendes, ça ne coûte que le PFU, pas de charges. » Nous l'entendons à presque chaque premier rendez-vous d'orthodontiste. C'est faux pour une SEL. Le gérant majoritaire est travailleur non salarié (article L. 611-1 CSS ; sa retraite reste à la CARCDSF), et une règle spécifique encadre ses dividendes.

La règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS)

Dividendes + intérêts de CCA versés à l'associé exerçant :

  • Fraction ≤ 10 % de (capital social
      + primes d'émission + solde moyen du CCA)
        →  PFU 31,4 %  (pas de cotisations TNS)

  • Fraction > 10 %
        →  réintégrée dans l'assiette des COTISATIONS TNS
           (≈ 40-45 %, en plus de l'imposition)

CCA = compte courant d'associé. Capital faible = seuil dérisoire : une SELARL au capital de 10 000 € sans CCA ne laisse que 1 000 € de dividendes échapper aux cotisations.

Les associés espéraient que cette règle tombe : elle tient bon. Le Conseil constitutionnel l'a validée (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010), jugeant ses critères « objectifs et rationnels ». La Cour de cassation a même jugé que loger la SEL sous une SPFPL ne fait pas écran : les dividendes restent dans l'assiette TNS de l'exerçant — et l'arrêt visait précisément un chirurgien-dentiste (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366). Le calcul du seuil est précisé par le décret 2009-423 du 16 avril 2009.

Mémo express

Conséquence retraite : dividendes ≠ droits CARCDSF

  • Les dividendes n'ouvrent aucun droit à la retraite CARCDSF : se payer surtout en dividendes, c'est valider moins de points.
  • La bascule est un arbitrage entre fiscalité immédiate et pension future : à compenser par une rémunération suffisante pour cotiser et par un PER/Madelin (article 154 bis CGI, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026).
  • Pour l'orthodontiste, la dépendance physique au geste de précision rend la prévoyance Madelin prioritaire : un arrêt prolongé coupe les revenus d'activité.

Aller plus loin : sécuriser le revenu avant de l'optimiser

Réduire ses cotisations en privilégiant les dividendes est tentant, mais un orthodontiste vit d'un geste de précision : la moindre atteinte aux mains, aux yeux ou au dos peut suspendre toute l'activité. Avant d'arbitrer la rémunération, on borne donc le risque avec une prévoyance Madelin solide (indemnités journalières, invalidité, décès), déductible au titre de l'article 154 bis CGI. C'est le préalable à toute optimisation : on lit le détail dans notre guide prévoyance du professionnel libéral.

Au fond, la règle des 10 % borne l'intérêt d'une distribution massive : au-delà du seuil, les dividendes coûtent presque aussi cher qu'une rémunération. C'est une raison de plus pour que la SELARL serve d'abord à capitaliser. Pour l'arbitrage complet, voyez nos guides dentiste : salaire ou dividendes et dividendes de SEL et cotisations sociales.

§ 7COÛT CACHÉ N°3·2 MIN

Le coût caché n°3 : votre rémunération technique reste du BNC (Conseil d'État, 8 avril 2025)

On croit souvent qu'en passant en SELARL, on transforme son revenu d'exercice en salaire de dirigeant. C'est l'erreur classique. La rémunération que vous percevez au titre de votre activité technique d'orthodontie reste imposée en BNC (article 92 CGI), pas en traitement de gérant.

Le Conseil d'État l'a verrouillé par sa décision du 8 avril 2025 (n° 492154) : seule la rémunération du mandat de gérance (gérant majoritaire de SELARL) relève de l'article 62 CGI ; tout le reste, l'exercice technique, reste du BNC. L'arrêt a même annulé la tolérance forfaitaire des 5 % (§ 550 de la doctrine BOI-RSA-GER-10-30, disparu de la version du 16 juillet 2025) qui présumait jusque-là qu'une fraction de la rémunération relevait du mandat. Désormais, la ventilation gérance/technique doit être justifiée au cas par cas.

Passer en SELARL réorganise votre BNC, il ne le supprime pas

Ne lisez pas cette décision comme un repoussoir, mais comme un garde-fou. On ne transforme pas un revenu d'exercice en salaire avantageux : le vrai gain de la SELARL ne porte pas sur la rémunération courante, mais sur ce que vous ne distribuez pas (la réserve à l'IS). La répartition technique/mandat est à cadrer dès la constitution avec votre expert-comptable, pour éviter toute requalification a posteriori.
§ 8FORMALITÉS·2 MIN

Formalités : Ordre des chirurgiens-dentistes, capital et limite de 2 SEL

Le passage en société d'un orthodontiste obéit à un cadre ordinal précis, à anticiper dans le calendrier.

Formalités d'exercice en société pour un orthodontiste (chirurgien-dentiste qualifié en orthopédie dento-faciale). Les délais et coûts d'instruction varient selon les situations.
FormalitéCe que la loi imposeRéférence
Cadre juridiqueExercice en société des professions libérales réglementées, en vigueur depuis le 1er septembre 2024 (remplace la loi 90-1258 du 31/12/1990)Ordonnance 2023-77 du 08/02/2023
Inscription de la SELInscription au tableau de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes, statuts conformesONCD
Détention du capitalMajorité du capital et des droits de vote par des praticiens en exercice au sein de la sociétéLoi SEL / ord. 2023-77
Nombre de SELUne même personne ne peut détenir des parts que dans 2 SEL au maximumArt. R. 4113-11 CSP
RetraiteAffiliation maintenue à la CARCDSF (jamais CARMF), en SELARL comme en SELASCARCDSF

Comptez un coût d'entrée (honoraires d'avocat et d'expert-comptable, formalités d'immatriculation et d'inscription) à amortir sur la durée. Point de vigilance professionnel : votre affiliation retraite reste à la CARCDSF — la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes — et jamais à la CARMF, qui concerne les médecins. La SELARL ne change pas votre caisse ; elle change l'assiette de vos cotisations (sur la rémunération, pas sur les dividendes). Le détail de la retraite de l'orthodontiste fait l'objet d'un guide dédié du cluster.

§ 9SELARL OU SELAS·2 MIN

SELARL ou SELAS pour un orthodontiste ?

Si une société s'impose, reste à choisir sa forme. SELARL et SELAS sont toutes deux à l'IS et offrent le même pilotage rémunération/dividendes. La vraie différence tient au statut social du dirigeant, et donc au poids des cotisations.

SELARL — gérant majoritaire TNS

Points forts

  • Cotisations plus légères (≈ 33 à 45 %)
  • Pilotage fin de la mise en réserve et de la rémunération
  • Retraite à la CARCDSF, complétée par PER/Madelin
  • Forme souvent privilégiée pour minimiser les charges

Points de vigilance

  • Protection sociale et droits retraite moindres
  • Règle des 10 % applicable aux dividendes (art. L. 131-6 CSS)

SELAS — président assimilé salarié

Points forts

  • Protection sociale renforcée (hors chômage)
  • Règle des 10 % classiquement non appliquée au président

Points de vigilance

  • Cotisations nettement plus lourdes (≈ 70 à 80 %)
  • Rémunération du mandat en art. 80 ter CGI

Pour un orthodontiste qui cherche d'abord à piloter sa mise en réserve et minimiser ses charges, la SELARL (gérant majoritaire TNS, statut au sens de l'article L. 611-1 CSS) est souvent le bon choix, à condition de compléter sa couverture par un PER et une prévoyance. La SELAS (président assimilé salarié, article L. 311-3 CSS) convient à qui veut une protection sociale renforcée et accepte des cotisations plus lourdes. Le détail du chiffrage est traité dans notre comparatif dentiste : SELARL ou SELAS.

§ 10QUAND NE PAS BASCULER·2 MIN

Quand il ne faut PAS passer en SELARL

Le réflexe commercial pousse à vendre la société à tout le monde. Pour un orthodontiste, c'est parfois le mauvais calcul — et la pousser à contretemps fait perdre de l'argent.

Inès · orthodontiste · 120 000 € de BNC · dépense tout (contre-exemple)

Quand la SELARL coûte plus qu'elle ne rapporte

Inès gagne 120 000 € de BNC mais a un train de vie d'environ 110 000 €. Sa capacité de mise en réserve est quasi nulle (~10 000 €).

Pour disposer de l'essentiel de son revenu, elle devrait tout sortir de la société : l'IS d'abord, puis le PFU et les cotisations à la sortie. La double couche annule le maigre différentiel sur les 10 000 € mis en réserve, tandis que le surcoût annuel de la SEL (comptabilité 2 000 à 5 000 €, formalités) reste, lui, bien réel.

Conclusion : Inès reste en BNC et maximise son PER/Madelin (article 154 bis CGI), qui réduit son IR à la TMI sans aucune structure à créer. C'est la preuve par l'exemple : le seuil n'est pas un chiffre de bénéfice, c'est un chiffre d'épargne.

Les trois cas où l'on s'abstient

  • Pas de capacité de réserve : vous consommez la quasi-totalité de votre bénéfice → la double couche à la sortie annule le gain.
  • BNC trop modeste et TMI < 41 % : en dessous d'environ 80 000 à 100 000 € de BNC, le différentiel ne couvre pas le surcoût.
  • Situation non durable : activité jeune ou irrégulière → la bascule est lourde, le retour en BNC l'est aussi. On attend que la situation se stabilise.
Dans ces cas, le BNC au réel complété d'un PER du dentiste reste souvent la meilleure base.
§ 11APRÈS LA BASCULE·3 MIN

Et après la bascule : que faire de l'avantage SELARL ?

La SELARL n'est qu'un point de départ. Une fois la part de bénéfice capitalisée à l'IS, le vrai enjeu devient le rendement de cette trésorerie et la transmission. Voici ce que la structure débloque.

Les leviers que la SELARL débloque pour un orthodontiste. Chaque ligne renvoie à un guide spécialisé du cluster.
Levier débloqué par la SELARLCe que ça apporteLe guide dédié
Trésorerie placéeCapitaliser le bénéfice à l'IS (contrat de capitalisation PM imposé au forfait, art. 238 septies E CGI, sans PS de 17,2 %) plutôt que de tout sortir en dividendes à 31,4 %Placer la trésorerie de sa SEL
SPFPL (holding)Remontée des dividendes à ~1,25 % (mère-fille, art. 145 et 216 CGI), effet de levier pour racheter des parts ou un cabinetSPFPL dentiste
SCI pour les mursDétenir l'immobilier du cabinet hors de la SEL, loyers et transmission optimisésAcheter les murs du cabinet en SCI
Pilotage du RFRMaîtriser le revenu fiscal de référence (CEHR art. 223 sexies, CDHR art. 224) en ne se versant que le nécessaireOptimisation fiscale orthodontiste 300 000 € de CA
Cession à la retraiteAbattement de 500 000 € sur la cession des parts (art. 150-0 D ter, PS 18,6 %)Céder son cabinet dentaire

Le point d'attention transverse : la dualité des prélèvements sociaux 2026. Depuis la LFSS 2026, les dividendes supportent 18,6 % de PS (PFU global 31,4 %), tandis que l'assurance-vie, les contrats de capitalisation et les revenus fonciers restent à 17,2 %. C'est précisément ce qui rend le placement de la trésorerie de votre SELARL d'orthodontiste plus efficace que la distribution. Pour aller plus loin sur l'optimisation d'un gros cabinet, voyez nos guides orthodontiste au-delà de 300 000 € de CA et défiscalisation orthodontiste.

La bascule s'inscrit dans une séquence

Le choix BNC/SELARL ouvre la séquence. Une fois la structure posée, on enchaîne sur la rémunération, la trésorerie, l'immobilier des murs en SCI, la SPFPL, le PER et la cession à la retraite. La méthode générale du seuil est, elle, détaillée dans notre guide pilier BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice basculer.
Méthode documentée

Faire le bon choix de structure, puis bâtir la suite

Audit indépendant pour orthodontiste : on calcule votre seuil de bascule, on chiffre le coût du passage, on choisit la structure (BNC, SELARL ou SELAS), puis on enchaîne sur la trésorerie, la SCI des murs et la transmission. Vous repartez avec un chiffrage, pas une intention.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT ORTHODONTISTE

Décider BNC ou SELARL avec un conseiller en gestion de patrimoine

Cabinet pluridisciplinaire : audit de votre structure, calcul du seuil de bascule selon votre capacité de réserve, coût du passage (plus-value du fonds), arbitrage salaire/dividendes, choix SELARL ou SELAS, impact CARCDSF, puis projection patrimoniale (trésorerie, SCI murs, transmission).

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet capitalistiquement indépendant
  • Modélisation BNC vs SELARL chiffrée
4,7/5sur Trustpilot (26 avis)

Trancher BNC ou SELARL avec un CGP spécialiste des dentistes

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. Audit de votre structure, calcul du seuil de bascule selon votre TMI et votre capacité de réserve, coût réel du passage, arbitrage rémunération/dividendes, choix SELARL ou SELAS, et préparation de la suite (trésorerie, SCI des murs, SPFPL, transmission).

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — régime du BNC et de l'IS

    Art. 93 CGI (BNC au réel, déclaration contrôlée 2035-SD). Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL relève des BNC). Art. 62 CGI (rémunération du mandat de gérance du gérant majoritaire). Art. 80 ter CGI (président de SELAS). Art. 197 CGI (barème de l'IR 0/11/30/41/45 %). Art. 219 I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. 200 A et 158 CGI (PFU 31,4 % et option barème). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin, plafond 88 911 € en 2026). Doctrine : BOI-IS-LIQ-20-10, BOI-BNC-BASE-10, BOI-RES-BNC-000136 (24/04/2024), BOI-RSA-GER-10-30 (16/07/2025).

  • CGI — plus-values et structure

    Art. 238 quindecies CGI (exonération de plus-value professionnelle, neutralisée par le III en cas de contrôle de la société cessionnaire). Art. 151 octies CGI (report d'imposition de la plus-value d'apport du fonds). Art. 151 septies et 151 septies A CGI (exonérations selon recettes et au départ en retraite). Art. 150-0 D ter CGI (abattement 500 000 € cession de titres du dirigeant retraité). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation d'une PM à l'IS, imposition annuelle forfaitaire, sans PS de 17,2 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, SPFPL). Art. 223 sexies et 224 CGI (CEHR et CDHR). Doctrine : BOI-BIC-PVMV-40-20-50.

  • CSS / CSP — statut social et exercice

    Art. L. 611-1 CSS (affiliation du gérant majoritaire de SELARL à la sécurité sociale des indépendants, TNS). Art. L. 131-6 CSS (réintégration dans l'assiette des cotisations TNS de la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant d'associé). Art. L. 311-3 CSS (président de SELAS assimilé salarié). Art. R. 4113-11 CSP (détention de parts limitée à deux SEL). Décret 2009-423 du 16/04/2009 (calcul du seuil de 10 %). Ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, abrogation de la loi 90-1258 du 31/12/1990).

  • Lois 2026 et jurisprudence

    LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : dualité des prélèvements sociaux, CSG du capital portée à 10,6 %, dividendes à 18,6 % de PS, plus-value professionnelle maintenue à 17,2 %). LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : seuil de l'IS à 15 % maintenu à 42 500 €, barème IR indexé, CDHR reconduite). CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (rémunération technique de l'associé de SEL imposée en BNC, annulation de la tolérance des 5 %). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL distribués à une SPFPL : la holding ne fait pas écran, chirurgien-dentiste). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 06/08/2010 (validation de la règle des 10 %).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision de passer de BNC à SELARL doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (audit de structure, modélisation chiffrée selon votre TMI et votre capacité de mise en réserve, coût du passage et de la plus-value du fonds, arbitrage rémunération/dividendes, impact retraite CARCDSF, statut social). Les simulations chiffrées sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés, et ne valent pas un devis ni une projection personnalisée. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les valeurs de la retraite CARCDSF 2026 sont indiquées en ordre de grandeur, à confirmer auprès de la caisse. Certains points (traitement exact de la plus-value d'apport à sa propre SEL, pérennité de la CDHR au-delà de 2026) sont signalés au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore clairement.

Foire aux questions

Tout sur le passage en SELARL de l'orthodontiste seuil, coût, dividendes, retraite et formalités.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : à partir de quel revenu basculer, pourquoi le CA est trompeur, ce qu'économise un 300 k€, le coût du passage, la règle des 10 %, l'impact CE 8 avril 2025, la retraite CARCDSF, SELARL ou SELAS. Réponses sourcées et à jour 2026.