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Guide dentiste 202615 minMis à jour 25 juin 2026Cas chiffré 180 000 €

Dentiste en SELARL : se rémunérer en salaire ou en dividendes ?

Gérant majoritaire de votre SELARL, vous êtes travailleur non salarié : votre rémunération supporte déjà 40 à 45 % de cotisations TNS, et la fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital y bascule aussi. Se payer « tout en dividendes » ne marche plus. Sur une SELARL qui dégage 180 000 € de bénéfice, le bon arbitrage n'est ni tout salaire ni tout dividende. C'est un dosage : un peu de fiscal, beaucoup de social, et surtout votre prévoyance — parce que le jour où votre poignet lâche, c'est elle qui paie, pas vos dividendes. Voici la méthode chiffrée, à jour 2026. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

ARBITRAGE RÉMUNÉRATION / DIVIDENDES 2026

Calculer votre mix optimal rémunération / dividendes de dentiste

Audit indépendant : modélisation à l'euro de la séquence rémunération-socle, capitalisation à l'IS et dividende calibré sous le seuil des 10 %. Surcoût des cotisations TNS, plafond PER, prévoyance invalidité, provision N+1/N+2 et pilotage du RFR intégrés.

  • Mix rémunération/dividendes chiffré
  • Surcoût de la règle des 10 % calculé
  • Plafond PER et droits CARCDSF intégrés
  • Sans produit-maison

PFU DIVIDENDES

31,4 %

DIVIDENDES SANS COTIS.

10 %

COTIS. TNS AU-DELÀ

~40-45 %

BÉNÉFICE DU CAS

180 000 €

RETRAITE

CARCDSF

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE STATUT TNS·3 MIN

L'essentiel : en SELARL, vous êtes TNS — et ça commande tout

Le verdict en 30 secondes

  • En SELARL, le dentiste est gérant majoritaire = travailleur non salarié (TNS) : double étage de cotisations.
  • Sa rémunération supporte de l'ordre de 40 à 45 % de cotisations TNS, mais valide ses droits retraite CARCDSF et sa prévoyance.
  • La fraction de dividendes dépassant 10 % du capital y rebascule aussi (règle des 10 %, art. L. 131-6 CSS).
  • Le bon arbitrage est une séquence à quatre étages : rémunération-socle (droits + prévoyance + PER) → capitalisation à l'IS → dividende sous le seuil → pilotage du RFR.
  • Le PFU des dividendes en 2026 = 31,4 %, pas 30 %.

Chaque fin d'exercice, la même question revient sur la table du cabinet comptable : « cette année, je me verse une grosse rémunération ou je sors le maximum en dividendes ? » Entre un bon et un mauvais arbitrage, l'écart se chiffre en dizaines de milliers d'euros par an. Mal posé, il peut vous faire payer l'impôt sur les sociétés, les cotisations et l'impôt sur le revenu sur le même euro, sans vous ouvrir le moindre droit. Car posée ainsi, c'est une question piégée : elle suppose qu'il faut choisir l'un contre l'autre, alors qu'en SELARL la bonne réponse n'est jamais « tout l'un » ni « tout l'autre ». Et elle oublie la variable qui commande le reste : votre statut social. En société d'exercice libéral, le chirurgien-dentiste est, dans la quasi-totalité des cas, gérant majoritaire de sa SELARL — donc travailleur non salarié. Et ce statut change tout : c'est lui qui vous colle un double étage de cotisations. Un chiffre pour fixer les idées : sur une SELARL au capital minimum de 10 000 €, un dentiste qui distribue 40 000 € de dividendes voit 97,5 % de la somme rebasculer en cotisations TNS — le « tout dividende » se retourne contre lui. Ce guide vous donne la méthode chiffrée, étage par étage, pour ne pas tomber dans ce piège, illustrée sur une SELARL qui dégage 180 000 €.

Être TNS (art. L. 611-1 du Code de la sécurité sociale ; le gérant majoritaire est exclu du régime général réservé aux assimilés salariés par l'art. L. 311-3) emporte deux conséquences. D'abord, votre rémunération supporte des cotisations TNS de l'ordre de 40 à 45 % — plus léger qu'un assimilé salarié, mais loin d'être anodin. Ensuite, et c'est le piège, vos dividendes ne sont pas tranquilles : la fraction qui dépasse 10 % du capital y bascule aussi (§4). En contrepartie de la rémunération, vos cotisations alimentent votre retraite (CNAVPL pour la base, votre prévoyance Madelinet la CARCDSF pour la complémentaire) ; un dividende, lui, n'alimente rien.

Le cadre juridique : ordonnance 2023-77 et la caisse CARCDSF

L'exercice en société des professions libérales réglementées (dont les chirurgiens-dentistes) est régi depuis le 1er septembre 2024 par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a remplacé l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990. Le dentiste installé en SELARL en est gérant : s'il détient (seul ou avec son foyer) plus de la moitié des parts, il est gérant majoritaire, donc TNS. Sa retraite ne relève pas de la CARMF (réservée aux médecins) mais de la CARCDSF — la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes — qui gère la base CNAVPL, la complémentaire et la prestation complémentaire vieillesse des praticiens conventionnés.

SELARL ou SELAS : le statut social commande l'arbitrage

Le choix de la forme n'est pas neutre. En SELAS, le dentiste président est assimilé salarié : ses charges sociales sont nettement plus lourdes (de l'ordre de 75 à 82 % sur la rémunération nette), mais sa protection sociale est meilleure et, surtout, ses dividendes échappaient historiquement à la règle des 10 %. En SELARL, le gérant majoritaire est TNS : charges plus légères (~40-45 %), mais règle des 10 % sur les dividendes. Pour le dentiste déjà installé en SELARL — l'immense majorité — le débat est tranché : la règle des 10 % s'applique, et c'est sur cette base qu'il faut calibrer le mix. Pour le choix de la forme elle-même, voyez nos guides Dentiste : SELARL ou SELAS, quelle structure choisir et EI, EURL, SELARL, SELAS : le choix de forme qui commande l'arbitrage.

Hagnéré Patrimoine

Votre SELARL est-elle calibrée pour le bon arbitrage ?

Un conseiller en gestion de patrimoine audite votre statut, votre capital et votre TMI, puis chiffre la séquence rémunération-socle, capitalisation à l'IS et dividende calibré.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2AVANT IS / APRÈS IS·2 MIN

L'asymétrie de base : la rémunération sort avant l'IS, le dividende après

Avant de comparer les taux, il faut comprendre le moment où l'impôt tombe. Toute la différence entre rémunération et dividende tient à ce décalage : l'une se prélève avant l'impôt sur les sociétés, l'autre après. Mettre face à face « 1 € de salaire » et « 1 € de dividende » brut à brut, c'est tricher : le dividende a déjà payé l'IS, le salaire non.

La rémunération — charge déductible (avant IS)

Elle réduit le bénéfice taxable à l'IS (art. 211 CGI ; BOI-IS-BASE-30-20-10), à deux conditions : un travail effectif et un montant non excessif (art. 39, 1-1° CGI). Imposée chez vous en traitements et salaires via le régime de l'article 62 CGI (mandat), avec l'abattement de 10 %. Elle valide vos droits retraite CARCDSF, finance votre prévoyance et ouvre le plafond PER. En contrepartie, elle supporte les cotisations TNS (~40-45 %) puis l'IR au barème (TMI souvent 41 % à ce niveau de revenu).

Le dividende — prélevé après IS

Il sort du résultat APRÈS l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % — art. 219, I-b CGI), donc déjà amputé. Il ne réduit pas la base IS et n'ouvre aucun droit social. À la distribution : PFU 31,4 % sous le seuil des 10 % ; au-delà, la fraction excédentaire rebascule en cotisations TNS pour le gérant majoritaire de SELARL.

Le double étage de taxation du dividende

Bénéfice de la SELARL
   −  IS  (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %)
   =  bénéfice distribuable

Distribution à l'associé :
   • fraction ≤ 10 % du capital + primes + CCA
        −  PFU 31,4 %  =  net
   • fraction > 10 %
        −  cotisations TNS (~40-45 %) + IR au barème  =  net

Le dividende a TOUJOURS subi l'IS au niveau de la société avant d'arriver chez vous. C'est pourquoi un dividende « à 31,4 % » coûte en réalité davantage : il faut ajouter l'IS payé en amont. La rémunération, elle, échappe à l'IS (elle est déductible).

Le piège de la comparaison brut à brut

« Le dividende, c'est 31,4 %, la rémunération c'est 45 % de charges : le dividende gagne. » Ce raccourci est faux. D'abord parce que le dividende a déjà supporté l'IS dans la société (jusqu'à 25 %), alors que la rémunération est déductible. Ensuite parce que la rémunération « achète » des droits (retraite CARCDSF, prévoyance invalidité, plafond PER) que le dividende n'achètera jamais (§3). Et enfin parce qu'au-delà du seuil des 10 %, vous cumulez l'IS payé en amont et les cotisations TNS, sans la moindre contrepartie en droits. Notez au passage que la CSG est déductible de 6,8 points sur la rémunération soumise au barème (art. 154 quinquies CGI). Le principe général de l'arbitrage, valable pour tout dirigeant, est détaillé dans notre guide rémunération du dirigeant : salaire, dividendes et charges sociales.

Prenons un euro de bénéfice et suivons-le. En dividende sous le seuil, il vous reste environ 51 centimes après l'IS (sur la part de bénéfice taxée à l'IS à 25 %) puis le PFU — mais ce dividende n'a validé aucun trimestre, n'a financé aucune prévoyance. En rémunération, l'euro coûte plus cher en cotisations, mais il rachète ce coût : il ouvre votre PER, valide vos points CARCDSF et finance la couverture qui protège vos mains. La vraie question n'est pas « combien il m'en reste ce soir », mais « qu'est-ce que cet euro m'aura construit dans dix ans ».

§ 3CE QUE LA RÉMU ACHÈTE·3 MIN

Ce que seule la rémunération « achète » — et le risque n°1 du dentiste

En rendez-vous, le débat se réduit presque toujours au net après impôt à l'instant T : « combien il m'en reste ce soir ? » Et c'est là qu'on se plante : on raisonne à l'instant T, on oublie tout ce que le salaire bâtit sur vingt ans, et que le dividende ne bâtira jamais. Un dividende ne valide pas un seul trimestre, n'acquiert aucun point CARCDSF, ne vous ouvre aucune indemnité journalière ni la moindre prévoyance, ne remplit pas d'un centime votre plafond PER. Zéro droit.

Mémo express

Ce que seule la rémunération construit

  • Des droits à la retraite (base CNAVPL + complémentaire CARCDSF + prestation complémentaire vieillesse des conventionnés) : un dividende ne valide aucun trimestre, n'acquiert aucun point.
  • Une prévoyance (indemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès) : le dividende n'ouvre aucune couverture.
  • Un plafond PER / Madelin déductible : la rémunération est l'assiette du PER ; le dividende n'y contribue pas d'un euro.
Se verser de la rémunération OUVRE le plafond PER (déductible à votre TMI) ; le dividende, non. Le PASS 2026 est de 48 060 €, 8 PASS = 384 480 €. Sur un bénéfice de 180 000 € (inférieur à 8 PASS), le plafond PER atteignable est de l'ordre de 35 000 à 38 000 € (le maximum de 88 911 € n'étant atteint qu'à partir d'un bénéfice de 384 480 €).
LevierArticleCe que la rémunération ouvre (2026)
PER / Madelin retraiteArt. 154 bis CGI10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS — plancher 4 806 €, jusqu'à 88 911 € (bénéfice ≥ 384 480 €)
Madelin prévoyance / santéArt. 154 bis CGI7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à ~11 534 € (BOI-BIC-CHG-40-50-40-20)
Droits retraite CARCDSF + invaliditéStatut TNS dentaireTrimestres validés + points complémentaires + rente invalidité — un dividende n'en valide aucun

Rémunération + PER : le combo que le tout-dividende détruit

Mettez un euro de salaire à 41 % de tranche dans votre PER du libéral : c'est environ 41 % d'impôt évité, et du patrimoine retraite qui se constitue tout en abaissant votre RFR. Le tout-dividende, à l'inverse, ferme cette porte : pas de plafond PER, pas de droits. Pour bien dimensionner l'effort, voyez notre guide complet du Plan d'Épargne Retraite : à mesure que le bénéfice monte, le plafond grossit, et chaque euro logé est un euro qui ne grimpe pas dans votre tranche.

À retenir

La main du dentiste : pourquoi la prévoyance passe avant le dividende

C'est la spécificité de votre métier : votre revenu tient entièrement dans votre geste. Une tendinite, un canal carpien, un problème de dos, un accident à la main — et le fauteuil s'arrête. L'invalidité est le risque numéro un du chirurgien-dentiste, bien plus pénalisant qu'une optimisation fiscale ratée. Or seule la rémunération finance la prévoyance Madelin (indemnités journalières et rente invalidité)et valide vos droits CARCDSF. Se payer en dividendes pour grappiller quelques points de fiscalité, c'est rogner sur la seule assurance qui couvre votre outil de travail. Cette rémunération-socle, beaucoup la voient comme une charge ; c'est en réalité votre filet de sécurité.
§ 4LA RÈGLE DES 10 %·3 MIN

Le cœur du sujet : la règle des 10 % sur les dividendes

« Les dividendes, c'est juste le PFU, pas de charges. » C'est la phrase qu'on entend dès qu'un dentiste découvre sa SELARL. Elle est fausse dès lors que vous êtes gérant majoritaire, donc TNS. Une règle spécifique, propre aux travailleurs indépendants, vient rattraper la fraction « haute » de vos dividendes.

La règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS)

Dividendes + intérêts de CCA versés à l'associé TNS :

  • Fraction ≤ 10 % de (capital social libéré
      + primes d'émission + solde moyen du CCA)
        →  PFU 31,4 %  (pas de cotisations TNS)

  • Fraction > 10 %
        →  réintégrée dans l'assiette des
           COTISATIONS TNS (~40-45 %) + IR au barème
  • Capital + primes :appréciés au dernier jour de l'exercice précédant la distribution (décret 2009-423)
  • CCA :compte courant d'associé, retenu pour son solde moyen annuel
  • Périmètre :par associé exerçant, conjoint / PACS / enfants mineurs inclus

L'assiette du seuil n'est PAS le seul capital social : c'est capital libéré + primes d'émission + solde moyen du CCA. Un capital faible rend donc le seuil dérisoire.

Capital faible = seuil dérisoire (le cas typique du dentiste)

Imaginons une SELARL au capital de 10 000 €, sans prime ni compte courant : le seuil des 10 % vaut 1 000 €. Si le dentiste se distribue 40 000 € de dividendes, seuls 1 000 € profitent du PFU à 31,4 % ; les 39 000 € restants — soit 97,5 % de la distribution — sont réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS, comme un revenu d'activité. La plupart des SELARL de dentistes étant constituées au minimum légal, ce cas est la norme, pas l'exception : distribuer en masse n'a donc plus aucun sens, autant laisser le bénéfice capitaliser à l'IS (§6).

Deux précisions de méthode. D'abord, la fraction excédentaire bascule en cotisations TNS en plus de l'IR au barème, mais elle n'est pas, en plus, soumise aux 18,6 % de prélèvements sociaux des dividendes : il n'y a pas de double prélèvement social sur la même fraction. Ensuite, attention à l'assiette : l'abattement de 40 % (art. 158 CGI) ne joue que pour l'IR au barème ; l'assiette sociale, elle, retient le dividende brut à 100 %. Sur le fond, la règle est solide : le Conseil constitutionnel l'a validée (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010, critères « objectifs et rationnels »), et le décret d'application (n° 2009-423) a été confirmé par le Conseil d'État (27 mai 2011, n° 328905).

Le mécanisme mérite d'être compris fraction par fraction. Nous l'avons détaillé, avec le calcul de l'assiette et des cas chiffrés, dans le guide dédié Dividendes de SEL et cotisations sociales : l'article L. 131-6 CSS, fraction par fraction.

Faut-il augmenter le capital pour relever le seuil ?

Puisque le seuil dépend du capital, des primes et du compte courant, on peut le relever en jouant sur ces trois leviers. Exemple : en alimentant un compte courant d'associé de 90 000 € (solde moyen) sur la même SELARL, le seuil passe à 10 % × (10 000 + 90 000) = 10 000 €, au lieu de 1 000 €. C'est légitime — mais attention au garde-fou de l'abus de droit fiscal (art. L. 64 du Livre des procédures fiscales) : l'opération doit être réelle et justifiée, pas un montage cosmétique destiné au seul contournement des cotisations. Il faut aussi peser le coût (formalités, irréversibilité : sortir le capital exige ensuite une réduction de capital). En pratique, le compte courant d'associé est souvent le levier le plus souple : il relève le seuil sans bloquer durablement la trésorerie. À arbitrer avec votre expert-comptable et au regard de votre stratégie de trésorerie de SELARL de dentiste.

§ 5PFU 31,4 %·2 MIN

La fiscalité du dividende sous le seuil : PFU 31,4 %, pas 30 %

On lit encore partout « flat tax à 30 % ». En 2026, le compte n'y est plus : la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Le PFU des dividendes n'est donc plus à 30 %, mais à 31,4 %. Le décompte, ligne par ligne :

Un dividende n'est JAMAIS à 17,2 % : ce taux de PS vise l'assurance-vie, les contrats de capitalisation, le foncier nu et les plus-values immobilières. La hausse de CSG de +1,4 point au 01/01/2026 ne touche que les revenus du capital financiers (dividendes, intérêts, plus-values mobilières).
ComposanteTauxBase
IR (PFU)12,8 %Art. 200 A CGI
CSG10,6 %Art. L. 136-8 CSS (relevée par la LFSS 2026)
CRDS0,5 %Contribution au remboursement de la dette sociale
Prélèvement de solidarité7,5 %Inchangé
Total PFU dividendes31,4 %12,8 IR + 18,6 PS

Le signal d'autorité : 31,4 %, pas 30 %

Beaucoup de contenus, même récents, écrivent encore « 30 % » ou « 17,2 % » pour un dividende. En 2026, c'est 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Le détail de cette dualité des prélèvements sociaux — pourquoi un dividende est à 18,6 % quand l'assurance-vie reste à 17,2 % — figure dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : pourquoi un dividende supporte 18,6 % (et non 17,2 %).

Option barème : à peser selon votre TMI

Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème (option globale au niveau du foyer). Vous gagnez alors l'abattement de 40 % sur le dividende (art. 158, 3-2° CGI, réservé à l'option barème — jamais avec le PFU) et la CSG déductible de 6,8 points l'année suivante (art. 154 quinquies CGI). Mais le dividende s'ajoute alors à vos autres revenus et grimpe dans votre tranche : pour un dentiste à 41 % de TMI, l'option mérite une simulation au cas par cas (elle devient nettement perdante au-delà). Note pratique : un acompte d'IR de 12,8 % est prélevé à la source à la distribution, sauf dispense sous condition de RFR (art. 117 quater CGI).
§ 6LA MÉTHODE À 4 ÉTAGES·3 MIN

La méthode : un arbitrage à quatre étages, dans l'ordre

« Alors, combien je me verse ? » — je n'ai jamais de chiffre tout fait à donner. Je sors une feuille et je trace quatre étages, dans l'ordre. Résultat : au lieu de décider à l'arrache en décembre avec l'expert-comptable la veille de l'assemblée générale, vous avez quatre montants posés noir sur blanc.

Étage 1 · Rémunération-socle

Se verser le revenu de vie, valider les droits (retraite CNAVPL/CARCDSF), financer la prévoyance invalidité et saturer le plafond PER/Madelin (art. 154 bis CGI). C'est le seul étage qui construit des droits — et le seul qui protège vos mains. Coût : cotisations TNS ~40-45 % + IR au barème.

Étage 2 · Capitalisation à l'IS

Laisser le bénéfice non nécessaire dans la SELARL : il n'est imposé qu'à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), souvent moins que votre TMI (41 %). Réinvesti via un contrat de capitalisation PM (art. 238 septies E CGI) ou une trésorerie placée.

Étage 3 · Dividende calibré

Distribuer sous (ou autour de) le seuil des 10 %. En dessous : PFU 31,4 % seulement. Au-delà : cotisations TNS sans droits en contrepartie. Le seuil se relève en renforçant capital, primes ou compte courant (de façon justifiée).

Étage 4 · Pilotage du RFR

Doser l'ensemble pour rester sous les seuils hauts revenus (CEHR, CDHR). Le PER, le déficit foncier et la capitalisation en SELARL abaissent le RFR ; rémunération et dividende le gonflent. C'est le réglage fin (§10).

À retenir

L'ordre des versements compte plus que le montant

On commence par fixer une rémunération juste suffisante : elle couvre le revenu de vie, ouvre les droits CARCDSF, finance la prévoyance et sature le plafond PER. Le bénéfice résiduel reste alors dans la société, capitalisé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), au lieu d'être sorti à perte. Le dividende ne vient qu'ensuite, calibré sous le seuil des 10 % pour éviter le rattrapage par les cotisations. Et tout au bout, on règle le RFR. Tout est là : le dentiste qui suit cet ordre a provisionné ses cotisations ; l'autre les découvre, panique, sur son appel URSSAF de l'année suivante.

Pourquoi il n'y a pas de seuil universel

Le « combien me verser » dépend de quatre choses : ce dont vous avez besoin pour vivre, votre plafond PER, votre tranche d'imposition et la façon dont votre capital est structuré. Demandez à trois dentistes au même bénéfice : les trois bons montants seront différents. Plutôt que de tout distribuer, on préfère souvent capitaliser le bénéfice non distribué dans la SELARLet le faire fructifier à l'IS, puis distribuer un dividende calibré une fois le seuil sécurisé.
§ 7CAS CHIFFRÉ 180 000 €·5 MIN

Cas chiffré : dentiste, SELARL à 180 000 € de bénéfice

Prenons une situation typique — celle d'une chirurgienne-dentiste qui dégage 180 000 € et hésite chaque décembre entre prime et dividende. Un avertissement avant de lire les chiffres : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, j'ai volontairement arrondi pour que la mécanique soit lisible — ne reprenez pas ces montants à l'euro pour votre propre AG. Le taux de cotisations TNS retenu (de l'ordre de 43 %, milieu de fourchette) est une simplification : il varie selon le niveau de revenu et la dégressivité au-delà des plafonds.

Les hypothèses communes

Dr Camille Vasseur, chirurgienne-dentiste, gérante majoritaire de sa SELARL. Bénéfice avant sa rémunération et avant IS = 180 000 €. Capital social 10 000 €, pas de compte courant significatif → seuil des 10 % ≈ 1 000 €. Mariée, TMI 41 %. On compare trois trajectoires : tout en rémunération (A), tout en dividendes (B), le mix optimal (C).

Scénario A · Tout en rémunération

Dr Vasseur — le tout-salaire

Camille se verse la rémunération maximale que permet le bénéfice. Schématiquement, l'enveloppe de 180 000 € se partage entre la rémunération nette et ses cotisations : comme les cotisations TNS sont assises sur le revenu professionnel (la rémunération nette de cotisations, et non sur l'enveloppe totale), elles représentent de l'ordre de 54 000 € (soit ~43 % appliqués à ce revenu professionnel d'environ 126 000 €), lequel est ensuite soumis à l'IR au barème (TMI 41 %).

Les plus : droits retraite CARCDSF maximaux, PER saturé (de l'ordre de 35 000 à 38 000 € déductibles à 41 % à ce niveau de bénéfice), prévoyance invalidité pleine. Les moins : un RFR élevé et quasiment aucune capitalisation à l'IS — tout est sorti, tout est taxé tout de suite, on laisse filer l'avantage de l'IS à 15/25 %.

Ce qu'il faut retenir : le tout-salaire ouvre tous les droits et protège pleinement vos mains, mais c'est la trajectoire la plus lourde fiscalement, et elle gâche l'opportunité de capitaliser au taux de l'IS.

Scénario B · Tout en dividendes

Dr Vasseur — le tout-dividende qui se retourne

Camille se verse une rémunération minimale et veut tout sortir en dividendes. Le bénéfice passe d'abord par l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà, soit environ 40 000 € d'IS sur 180 000 €, laissant ~140 000 € distribuables.

Puis le couperet de la règle des 10 % : son seuil vaut 1 000 €. Seuls ces 1 000 € profitent du PFU à 31,4 %. Les ~139 000 € restants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS — soit, à ~43 %, de l'ordre de 60 000 € de cotisations, auxquelles s'ajoute encore l'IR au barème sur cette fraction requalifiée en revenu d'activité. Bilan : elle empile l'IS, les cotisations TNS et l'IR sur le même euro, sans valider un seul trimestre, sans acquérir un seul point CARCDSF, et surtout sans aucune prévoyance invalidité.

Le piège : sur un capital faible, « tout dividende » coûte plus cher que le tout-salaire, et sans en ouvrir les droits. On en paie le prix sans en toucher la contrepartie — et on laisse ses mains à découvert.

Scénario C · Le mix optimal — le verdict

Dr Vasseur — la méthode des quatre étages

Camille applique la séquence. Étage 1 : elle se verse une rémunération-socle qui couvre son train de vie, sature son PER (de l'ordre de 35 000 à 38 000 € déductibles à 41 %, art. 154 bis CGI) et finance sa prévoyance invalidité, tout en validant ses trimestres et ses points CARCDSF.

Étage 2 : le bénéfice résiduel capitalise à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) plutôt que d'être distribué à perte — il financera demain l'achat d'un fauteuil, d'un cône beam, une trésorerie placée ou une transmission. Étage 3 : elle distribue un dividende calibré sous ou autour du seuil des 10 % (relevé si elle a renforcé son capital ou son compte courant de façon justifiée). Étage 4 : grâce au PER et à la capitalisation, son RFR reste maîtrisé.

Résultat : moins de cotisations « pour rien », des droits retraite réellement construits, une prévoyance pleine, de l'impôt reporté sur le bénéfice capitalisé, et un RFR piloté. Le gain net se chiffre dossier par dossier, mais le mix C bat A et B sur les trois plans qui comptent : net, droits, RFR.

Synthèse des trois trajectoires sur 180 000 € de bénéfice (ordres de grandeur pédagogiques, cotisations TNS à ~43 %, capital 10 000 €, mariée TMI 41 %). Le mix C gagne parce qu'il combine droits et prévoyance préservés, impôt reporté et RFR piloté.
CritèreA · Tout salaireB · Tout dividendeC · Le mix
IS payé dans la sociétéQuasi nul (rému déductible)~40 000 € (15/25 %)Modéré (sur le résiduel capitalisé)
Cotisations TNSMaximales (~54 000 €)Élevées (~60 000 € sur la fraction > 10 %)Calibrées sur la rémunération-socle
IR (+ CEHR/CDHR si déclenchées)Élevés (RFR plein)Élevés (fraction au barème)Maîtrisés (PER + capitalisation)
PER constituéMaximal (~35-38 k à ce bénéfice)0 € (dividende = pas de plafond)Saturé
Droits CARCDSF + prévoyancePleinsAucunPréservés
VerdictLourd mais protecteurTout payé, rien acquisOptimal

Note de méthode : ces chiffres sont des simulations, pas une promesse

Les montants ci-dessus sont des modélisations pédagogiques, volontairement arrondies pour faire ressortir la logique de l'arbitrage. Ils reposent sur des hypothèses simplificatrices (taux de cotisations TNS moyen de ~43 %, capital de 10 000 €, foyer marié à 41 % de TMI, bénéfice de 180 000 €) : le taux réel de cotisations dépend de votre niveau de revenu et de la dégressivité au-delà des plafonds, et votre situation familiale modifie tous les seuils. Aucun résultat ne peut être transposé tel quel à votre dossier : seule une modélisation individualisée à l'euro près, refaite chaque année à la lumière de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale, donne le mix juste. Ce qui marchait pour Camille en 2025 ne tiendra pas forcément en 2026 : chaque loi de finances rebat les cartes.

Le choc de trésorerie : provisionnez les cotisations N+1/N+2

Les cotisations TNS de l'année N ne sont pas prélevées tout de suite : elles font l'objet d'un appel provisionnel, puis d'une régularisation en N+1, voire N+2. Si vous distribuez un gros dividende au-delà du seuil des 10 %, les cotisations correspondantes tomberont plus tard — et gare si vous les avez déjà dépensées. Règle de prudence : bloquez de l'ordre de 40 à 45 % de la fraction excédentaire dès la distribution, sans y toucher. Attention aussi à la réforme de l'assiette des cotisations TNS (décrets 2024-688 et 2025-708, applicable à compter de 2026 sur les revenus 2025) qui modifie le calcul : raison de plus pour ne pas figer un taux et provisionner large.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE mix optimal, à l'euro près ?

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§ 8POINT DE BASCULE·2 MIN

Le point de bascule : à partir de quand le dividende perd

« À partir de quel moment le dividende devient-il intéressant ? » C'est la bonne question — et la réponse est plus fine pour un dentiste à 180 000 € que pour un très haut revenu. À ce niveau, vous êtes souvent à 41 % de TMI et non systématiquement à 45 %, ce qui resserre l'écart entre les deux voies. Il n'y a pas de chiffre magique : il y a une séquence de bascule, qui dépend de deux variables.

Quand le dividende GAGNE

Quand votre train de vie est déjà couvert par une rémunération-socle, que votre PER est saturé et que la distribution reste SOUS le seuil des 10 % (capital/CCA suffisant). Là, le dividende — déjà amputé de l'IS à 15/25 % — sort à 31,4 % seulement, sans cotisations : il peut battre un euro de rémunération supplémentaire taxé à 43 % de cotisations + 41 % d'IR.

Quand le dividende PERD

Dès que la distribution dépasse le seuil des 10 % : la fraction excédentaire est cotisée comme un revenu d'activité (~40-45 %) PLUS l'IR au barème, mais SANS valider de droits. Sur un capital de 10 000 €, c'est presque immédiat. Mieux vaut alors capitaliser le bénéfice à l'IS que distribuer au-delà du seuil.

Exemple chiffré : 1 € de plus, salaire ou dividende ?

Camille a déjà couvert son train de vie et saturé son PER. Il lui reste 1 € de bénéfice à sortir. En rémunération, ce 1 € supporte ~43 % de cotisations TNS puis l'IR à 41 % : il reste environ 34 centimes en poche (mais avec un soupçon de droits en plus). En dividende sous le seuil, ce 1 € passe d'abord par l'IS (≈ 25 %) puis le PFU à 31,4 % : il reste environ 51 centimes. Tant qu'on est sous le seuil des 10 %, le dividende l'emporte ici. Mais dès qu'on le dépasse, ce même euro de dividende subit l'IS puis ~43 % de cotisations puis l'IR : il ne reste plus qu'une vingtaine de centimes, sans aucun droit acquis. Tout se joue donc sur la position par rapport au seuil — pas sur la TMI seule.

La vraie variable de bascule : le seuil des 10 %, pas la TMI

En rendez-vous, neuf dentistes sur dix raisonnent en taux marginal. C'est une fausse piste : ce qui décide, pour un dentiste, c'est où vous vous situez par rapport au seuil des 10 %. Tant que votre dividende reste dessous, il est efficient ; dès qu'il le dépasse, il devient le pire des deux mondes. D'où l'importance de calibrer le dividende sur le seuil (et de relever ce seuil de façon justifiée via le capital ou le compte courant, §4), plutôt que de raisonner uniquement en taux marginal. Pour le même arbitrage chez d'autres professions, voyez le cas du chirurgien et celui du médecin généraliste.
§ 9REQUALIFICATION BNC·2 MIN

L'angle mort à sécuriser : la requalification en BNC (CE 8 avril 2025)

Un sujet distinct de l'arbitrage dividendes, mais à cadrer dès la paie : depuis 2025, la rémunération du dentiste associé de SEL change de catégorie fiscale. En pratique, neuf dentistes sur dix le confondent avec la règle des 10 % sur les dividendes. Ce sont deux choses sans rapport, et les mélanger coûte cher au contrôle.

Par son arrêt du 8 avril 2025 (CE, 8e-3e ch., n° 492154), le Conseil d'État a annulé la tolérance des 5 % qui figurait au paragraphe 550 de la doctrine BOI-RSA-GER-10-30. Conséquence : la rémunération de votre activité technique (les actes de soin dentaire eux-mêmes — soins, prothèses, chirurgie, implantologie) est imposée en BNC (art. 92 CGI ; rescrit BOI-RES-BNC-000136), dès les revenus 2024. Seule la rémunération du mandat de gérance (la fonction de direction de la société) reste imposée selon l'article 62 CGI. La ventilation entre les deux doit désormais être justifiée individuellement et factuellement, plus par une clé forfaitaire.

À marteler : cela ne touche QUE la rémunération, jamais les dividendes

Il n'existe aucune « requalification de dividendes en BNC ». Les dividendes restent des revenus de capitaux mobiliers (RCM), soumis au PFU sous le seuil des 10 % et aux cotisations TNS au-delà. Ce sont deux réformes totalement distinctes : l'une est fiscale (la rémunération technique passe en BNC) ; l'autre est sociale (la fraction de dividendes > 10 % du capital bascule en cotisations). Concrètement : la BNC se règle sur votre rémunération et votre déclaration ; la règle des 10 %, sur le procès-verbal d'assemblée générale qui décide du dividende. Deux dossiers, deux interlocuteurs.

Mémo express

Deux réformes à ne jamais confondre

  • Réforme fiscale (BNC, art. 92) : concerne votre rémunération technique d'associé exerçant. À documenter via la ventilation technique / mandat (dates, décisions, procès-verbaux pour la part « mandat »).
  • Règle sociale des 10 % (art. L. 131-6 CSS) : concerne vos dividendes au-delà de 10 % du capital. Sans aucun rapport avec la BNC.
  • Coordonnez-vous avec votre expert-comptable dès la constitution et à chaque clôture pour sécuriser les deux fronts. Pour le choix de la structure et le passage en société, voyez BNC ou SELARL : quand passer en société devient réellement intéressant.
§ 10SPFPL & HAUTS REVENUS·3 MIN

Aller plus loin : SPFPL, CEHR et CDHR

Une fois la séquence à quatre étages posée, deux sujets reviennent souvent : « et si je loge ma SELARL sous une SPFPL ? » et « suis-je concerné par les contributions sur les hauts revenus ? ».

« Je loge ma SELARL sous une SPFPL, les dividendes remontent à la holding, donc j'échappe aux cotisations sur la fraction des 10 %. » C'est l'argument qu'on entend souvent. La Cour de cassation l'a fermé en 2023 — et précisément dans une affaire de chirurgien-dentiste. Dans son arrêt du 19 octobre 2023 (Cass. 2e civ. n° 21-20.366, publié au bulletin), elle a jugé que les bénéfices de la SEL où le travailleur indépendant exerce entrent dans l'assiette de ses cotisations (art. L. 131-6 CSS) même lorsqu'ils sont distribués à la SPFPL qui détient le capital, « peu important leur perception effective » par l'associé. Les faits : un dentiste, associé d'une SELARL détenue à 1 % en direct et 99 % via sa SPFPL. Pourvoi rejeté : la holding ne fait pas écran sur le social.

La SPFPL ne fait pas écran (mais reste très utile)

La SPFPL ne neutralise pas le seuil des 10 % : les dividendes restent dans l'assiette TNS de l'exerçant. En revanche, elle garde tout son intérêt pour ce qu'on la monte vraiment — réinvestir, racheter le cabinet d'un associé, organiser la transmission : le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI, quote-part de frais et charges de 5 % → frottement d'IS d'environ 1,25 %) en fait un excellent outil de réinvestissement, de rachat de cabinets et de préparation de la transmission. Autrement dit, on monte une SPFPL pour racheter le cabinet d'un associé partant ou organiser sa transmission, pas pour effacer la règle des 10 %. Tout est détaillé dans notre guide SPFPL pour dentiste : optimiser sa trésorerie et préparer la transmission.

Reste la question des hauts revenus. À 180 000 € de bénéfice, un dentiste seul atteint rarement le seuil de la CEHR ou de la CDHR (250 000 € de RFR pour un célibataire) — mais le sujet devient réel pour un gros cabinet, un couple à doubles revenus, ou un dentiste qui cumule d'autres sources. Le quatrième étage de la méthode prend alors tout son sens.

La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus), créée par la LF 2025 (loi 2025-127, validée Cons. const. n° 2025-874 DC) puis reconduite par la LF 2026 (loi 2026-103, validée Cons. const. n° 2026-901 DC), garantit une imposition minimale de 20 % du RFR. Sa pérennité au-delà de 2026 et le détail de son calcul (décote, taux moyen, revenus exceptionnels) restent à suivre.
ContributionArticleDéclenchement (RFR)Taux
CEHRArt. 223 sexies CGI> 250 k / 500 k € (cél.) ; 500 k / 1 M € (couple)3 % puis 4 %
CDHRArt. 224 CGI> 250 k € (cél.) / 500 k € (couple)Imposition minimale 20 % du RFR

Capitaliser à l'IS plutôt que distribuer = ne pas gonfler son RFR

Voici l'effet d'arbitrage clé : rémunération ET dividende gonflent tous deux votre RFR et vous rapprochent de la CEHR et de la CDHR. À l'inverse, le PER (art. 154 bis), le déficit foncier et la capitalisation à l'IS (un bénéfice laissé dans la SELARL n'entre pas dans votre RFR personnel) l'abaissent. Un dividende exceptionnel et massif peut, à lui seul, faire franchir un seuil ; un dividende réparti dans le temps et combiné à la capitalisation l'évite.

L'arbitrage s'inscrit dans une séquence patrimoniale

Une fois le mix calé, le dossier ne s'arrête pas là — c'est même là qu'il commence vraiment. La séquence posée, on enchaîne sur la SPFPL du dentiste, la trésorerie de la SELARL, le PER et le pilotage global. Pour aller plus loin, voyez l'optimisation fiscale du chirurgien-dentiste, les 6 axes à activer et notre guide comment payer moins d'impôts légalement quand on est dentiste.
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Sources et références légales

  • CSS — statut social et règle des 10 %

    Art. L. 611-1 CSS (affiliation du gérant majoritaire de SELARL aux travailleurs indépendants — TNS). Art. L. 311-3 CSS (assimilés salariés rattachés au régime général ; a contrario le gérant majoritaire en est exclu). Art. L. 131-6 CSS (réintégration dans l'assiette des cotisations TNS de la fraction de dividendes et d'intérêts de compte courant excédant 10 % du capital, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé). Art. L. 136-8 CSS (taux des prélèvements sociaux, CSG du capital portée à 10,6 % au 01/01/2026). Décret 2009-423 du 16/04/2009 et décrets 2024-688 et 2025-708 (modalités du seuil et réforme de l'assiette des cotisations TNS, applicable à compter de 2026 sur les revenus 2025).

  • CGI — rémunération du dirigeant et requalification BNC

    Art. 211 CGI et art. 39, 1-1° CGI (déductibilité de la rémunération du dirigeant du résultat IS, sous condition de travail effectif et de montant non excessif ; BOI-IS-BASE-30-20-10). Art. 62 CGI (rémunération du mandat de gérance du gérant majoritaire de SELARL). Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL — les actes de soin dentaire — relève des BNC). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin retraite et prévoyance TNS, plancher 4 806 €, plafond 88 911 € en 2026 ; BOI-BIC-CHG-40-50-40-20). Doctrine : BOI-RSA-GER-10-30 (suppression de la tolérance des 5 %), BOI-RES-BNC-000136.

  • CGI — fiscalité du dividende et IS

    Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Art. 117 quater CGI (acompte de 12,8 % prélevé à la source, dispense sous condition de RFR). Art. 158, 3-2° CGI (option barème, abattement de 40 % réservé au barème). Art. 154 quinquies CGI (CSG déductible de 6,8 points en cas d'option barème). Art. 219 I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, quote-part de 5 %). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation détenu par une personne morale). Doctrine : BOI-RPPM-RCM-30-20-30.

  • Hauts revenus, lois de finances et jurisprudence

    Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 % au-delà de 250 000 / 500 000 €). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale de 20 % du RFR). Art. L. 64 LPF (abus de droit fiscal). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : dualité des PS, dividendes à 18,6 %). LF 2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025, art. 10 : création de la CDHR) et LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : reconduction de la CDHR). Ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales réglementées). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran — affaire de chirurgien-dentiste). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 06/08/2010 (validation de la règle des 10 %). CE 27/05/2011 n° 328905 (validité du décret 2009-423). CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (rémunération technique = BNC). Cons. const. n° 2025-874 DC et n° 2026-901 DC (validation de la CDHR).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision de privilégier la rémunération ou les dividendes en SELARL doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (statut social, modélisation chiffrée selon votre TMI et la structure de votre capital, plafond PER, droits retraite CARCDSF, prévoyance, provision des cotisations, pilotage du RFR). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le taux de cotisations TNS retenu (de l'ordre de 40 à 45 %) est une fourchette indicative, donnée à titre pédagogique. Les valeurs de point et de cotisation de la CARCDSF sont à vérifier sur carcdsf.fr. La réforme de l'assiette des cotisations TNS (applicable à compter de 2026 sur les revenus 2025) et la pérennité de la CDHR au-delà de 2026 sont signalées au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore définitivement.

Foire aux questions

Tout sur l'arbitrage rémunération ou dividendes du dentiste en SELARL règle des 10 %, PFU, cotisations TNS, prévoyance CARCDSF et SPFPL.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : faut-il se verser une rémunération ou des dividendes, comment se calcule le seuil des 10 %, la fiscalité réelle du dividende en 2026, le rôle de la SPFPL, la requalification en BNC, et pourquoi la prévoyance reste prioritaire pour un dentiste. Réponses sourcées et à jour 2026.