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Guide anesthésiste 202630 minMis à jour 25 juin 2026AV 30 % vs CTO 31,4 % · la dualité 2026

Où placer son argent quand on est anesthésiste-réanimateur libéral : le guide complet

Vous gagnez 250 000 €, vous dégagez 6 000 à 12 000 € d'épargne par mois, et cet argent dort sur votre compte courant ou s'accumule dans votre société. Où le placer, dans quel ordre, et faut-il le sortir de votre SELARL ? Ce guide applique la méthode des poches par horizon, calibrée sur la fiscalité 2026 : assurance-vie à 30 %, compte-titres à 31,4 %, un PER qui déduit près de 55 000 € à 250 000 € de revenu, et l'enjeu spécifique des hauts revenus (TMI 45 %, CEHR, CDHR). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine capitalistiquement indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PLACEMENT ANESTHÉSISTE 2026

Construire votre allocation poche par poche, selon votre horizon

Audit patrimonial 360° de l'anesthésiste-réanimateur : calibrage du PER (plafond 154 bis exact), choix des enveloppes (assurance-vie, PEA, SCPI, private equity), arbitrage perso / société si vous exercez en SELARL ou SPFPL, atténuation de la CEHR et de la CDHR. Cabinet capitalistiquement indépendant, sans biais émetteur.

  • Bilan patrimonial anesthésiste 360°
  • Allocation par poches chiffrée
  • Optimisation hauts revenus (CEHR/CDHR)
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

REVENU CIBLE

200-300 k€

ÉPARGNE / MOIS

8 000 €

FLAT TAX AV

30 %

PFU CTO / PEA

31,4 %

PER À 250 K€

≈ 55 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 25 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

L'essentiel en 30 secondes

Quand on est anesthésiste-réanimateur libéral, la forte capacité d'épargne (souvent 6 à 12 k€/mois) déplace la vraie question : elle n'est pas « quel produit acheter », mais dans quelle poche loger chaque euro. Trois poches, par horizon : la précaution (livrets, fonds euros), le moyen terme (assurance-vie, SCPI, PEA), le long terme et la retraite (PER, immobilier, private equity). On les remplit dans l'ordre, sans sauter la précaution. Le pivot fiscal 2026 : l'assurance-vie et le contrat de capitalisation gardent 17,2 % de prélèvements sociaux (flat tax 30 %), tandis que les dividendes, le compte-titres, le PEA et les gains du PER passent à 18,6 % (PFU 31,4 %). Spécificité des hauts revenus: à 250 000 € de revenu (TMI 45 %, CEHR, CDHR), on privilégie les enveloppes qui n'alimentent pas le revenu fiscal de référence — le PER en tête, puis l'assurance-vie, puis la capitalisation dans la société si vous exercez en SELARL.

§ 1LA MÉTHODE·4 MIN

La méthode des poches : la règle avant les produits

Un anesthésiste à 250 000 € de revenu qui laisse 100 000 € dormir sur son compte courant les voit, sans s'en rendre compte, fondre de 2 à 3 % par an sous l'effet de l'inflation — pendant qu'un confrère qui place les mêmes 100 000 € à 5 %/an sur 20 ans en récupère plus de 265 000 € grâce aux intérêts composés. Ce 5 %/an est une simple hypothèse de travail pour illustrer la mécanique des intérêts composés, pas une promesse : tout placement comporte un risque, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Mais l'idée tient : ce n'est pas une question de bons coups en Bourse, juste une discipline d'allocation que la forte capacité d'épargne d'un anesthésiste rend particulièrement payante.

La plupart des praticiens que nous recevons arrivent pourtant avec la même question : « j'ai de l'argent qui dort, qu'est-ce que j'achète ? » Sauf que c'est prendre le problème à l'envers. Avant de choisir un produit, il faut ranger son épargne par horizon: à quelle échéance aurez-vous besoin de cet argent ? La réponse détermine la poche, et c'est l'horizon qui commande le produit, pas le produit à la mode du moment.

La logique des poches repose sur une idée simple : l'argent que vous toucherez l'an prochain et celui que vous ne sortirez qu'à la retraite n'ont rien à faire au même endroit. On distingue donc trois poches, qu'on remplit séquentiellement, sans jamais sauter la première.

Les trois poches de l'anesthésiste-réanimateur, par horizon.
PocheHorizonObjectifProduits adaptés
1 · Précaution0 à 2 ansSécurité et disponibilité immédiateLivret A, LDDS, fonds euros d'assurance-vie
2 · Moyen terme3 à 10 ansRendement avec un risque mesuréAssurance-vie en UC, SCPI, PEA
3 · Long terme / retraite10 ans et plusCapitalisation et complément de retraitePER, immobilier (LMNP, SCPI), private equity

Pourquoi la CARMF ne suffit pas — et pourquoi ça change votre allocation

L'anesthésiste-réanimateur est médecin : sa retraite repose sur la CNAVPL (base) et la CARMF (complémentaire RCV + ASV pour le secteur 1, en partie financée par la CPAM). Le taux de remplacement de ces régimes obligatoires est souvent très inférieur aux revenus d'activité d'un praticien à 250 000 € : la chute de revenus à la retraite peut être brutale. C'est exactement pour ça qu'il faut une poche long terme : capitaliser une retraite en plus de la caisse. Nous détaillons cet enjeu dans notre guide sur la retraite de l'anesthésiste et comment anticiper la chute de revenus.

Particularité de l'anesthésiste : à 250 000 € de revenu, on est à une TMI de 45 % et l'on dépasse les seuils de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) et de la contribution différentielle (CDHR). La stratégie d'un anesthésiste n'est donc pas celle d'un médecin généraliste à revenus plus modestes : elle doit intégrer la dimension hauts revenus dès le départ. Pour la démarche globale commune à tous les libéraux, voyez notre guide pour placer son argent en profession libérale.

§ 2POCHE 1·3 MIN

Poche précaution : livrets et fonds euros

On commence par le moins glamour : l'argent qu'on doit pouvoir sortir demain matin, sans risque et sans frais. L'objectif n'est pas le rendement, mais la disponibilité. Pour un anesthésiste, on vise un peu plus large que la moyenne — de l'ordre de 6 mois de charges— précisément parce que les revenus de gardes, d'astreintes et de vacations sont irréguliers d'un mois sur l'autre. Un trou de revenu (arrêt, baisse d'activité) ne doit jamais obliger à liquider un placement long terme dans de mauvaises conditions.

Les livrets réglementés : le socle disponible et net d'impôt

Les livrets réglementés sont le premier réflexe : les intérêts du Livret A (plafond 22 950 €) et du LDDS (plafond 12 000 €) sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (art. 157 du CGI). C'est l'épargne la plus liquide et la plus sûre qui soit. En revanche, le LEP n'est pas accessible à un anesthésiste à 250 000 € de revenu : il est réservé aux contribuables sous condition de revenu fiscal de référence, que vous dépassez largement. Le taux de rémunération de ces livrets est fixé par les pouvoirs publics et révisé périodiquement : il évolue, ne le considérez pas comme figé.

Le fonds euros d'assurance-vie : la précaution qui prépare la suite

Une fois les livrets pleins (à peine 35 000 € à eux deux), le fonds euros d'une assurance-vie prend le relais pour la part de précaution qui dépasse les plafonds — et chez un anesthésiste, cette part est vite atteinte. Le capital y est garanti, la disponibilité reste bonne (le rachat se fait en quelques jours), et surtout : les prélèvements sociaux sur les intérêts du fonds euros restent à 17,2 % en 2026. Un réflexe que beaucoup de médecins regrettent de ne pas avoir eu plus tôt : même avec 1 000 €, ouvrir un contrat d'assurance-vie prend date fiscalement. L'abattement après 8 ans se calcule à partir de l'ouverture du contrat, pas du versement.

Attention au cash qui dort : 100 000 € improductifs, c'est 2 500 € par an

Au-delà des livrets réglementés, les livrets bancaires fiscalisés (super-livrets, comptes sur livret) voient leurs intérêts taxés au PFU : 12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, soit 31,4 %. Ils ne sont donc pertinents que pour un coussin de très court terme. Et n'oubliez pas le coût de l'inaction : chez un anesthésiste, il n'est pas rare de laisser 100 000 € dormir sur un compte courant ou s'accumuler dans la société. À 2,5 % d'inflation, c'est près de 2 500 € de pouvoir d'achat qui partent chaque année, sans que rien ne bouge à l'écran : c'est ce qui rend la perte indolore, et donc dangereuse.

§ 3POCHE 2·6 MIN

Poche moyen terme : assurance-vie, SCPI, PEA

C'est la poche des projets à 5-10 ans (apport pour un achat, études des enfants, constitution d'un capital). On accepte un peu de risque pour chercher du rendement, tout en gardant une bonne liquidité. Trois enveloppes structurent cette poche.

Cette poche en 30 secondes

L'assurance-vie tient le rôle principal : souple, disponible, fiscalité douce après 8 ans et transmission hors succession (990 I). À côté, la SCPI apporte de l'immobilier sans gestion, à loger de préférence dans une assurance-vie pour éviter les revenus fonciers taxés à 45 % de TMI. Et le PEA loge la poche actions européennes, exonérée d'IR après 5 ans. Pour un anesthésiste, l'assurance-vie en unités de compte reste le socle de cette poche — d'autant que la fiscalité 2026 la favorise (17,2 % de prélèvements sociaux contre 18,6 % sur le compte-titres).

L'assurance-vie : l'enveloppe qui fait tout (ou presque)

L'assurance-vie est le couteau suisse de l'anesthésiste. Au rachat (art. 125-0 A du CGI), les produits supportent le PFU à 12,8 % ; après 8 ans, un abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique sur l'impôt, puis 7,5 % (produits issus de primes ≤ 150 000 €) ou 12,8 %. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 %: la flat tax de l'assurance-vie est donc maintenue à 30 % en 2026. On peut y loger fonds euros (sécurité) et unités de compte (actions, SCPI, obligations) pour doser le risque selon l'horizon. Pour un praticien à forte capacité d'épargne, c'est l'enveloppe qu'on alimente sans limite de versement.

« Assurance-vie = 0 impôt après 8 ans » : c'est faux

L'abattement de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans ne porte que sur l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent, eux, sur la totalité des gains, sans abattement. Un rachat « dans l'abattement » peut donc être à 0 € d'IR, mais jamais à 0 € de prélèvements sociaux. Bref : très efficace après 8 ans, oui ; défiscalisée à 100 %, non.

L'argument décisif : la transmission hors succession

Aucune autre enveloppe ne fait ça : ni le PEA, ni le compte-titres. Les capitaux d'une assurance-vie se transmettent hors succession: chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € en franchise de droits pour les primes versées avant 70 ans (art. 990 I du CGI), et un abattement global de 30 500 € s'applique aux primes versées après 70 ans (art. 757 B). Pour un anesthésiste qui veut protéger son conjoint et ses enfants, c'est un levier de transmission sans équivalent. Pour approfondir, voyez notre guide complet sur l'assurance-vie, sa fiscalité et sa transmission. Les patrimoines les plus importants peuvent aussi regarder l' assurance-vie luxembourgeoise pour la sécurité et l'architecture ouverte.

La SCPI : de l'immobilier sans gestion

La SCPI (société civile de placement immobilier) permet d'investir dans l'immobilier locatif sans aucune gestion, dès quelques milliers d'euros — un atout pour un anesthésiste dont les horaires laissent peu de temps à la gestion locative. Le hic, c'est que pour un praticien à 45 %, le contenant compte autant que le contenu : en direct, les loyers sont des revenus fonciers imposés à la TMI + 17,2 % de prélèvements sociaux, ce qui ampute lourdement le rendement net. On préfère donc loger la SCPI dans une assurance-vie (les revenus capitalisent dans l'enveloppe, fiscalité douce au rachat), ou choisir des SCPI européennes dont les loyers de source étrangère échappent en partie aux prélèvements sociaux selon les conventions fiscales. Pour comprendre le véhicule, voyez notre guide sur la SCPI et ses différentes modalités de détention.

Le PEA : les actions européennes, exonérées d'IR après 5 ans

Le PEA (plan d'épargne en actions, plafond 150 000 € — art. L. 221-30 du CMF) est l'enveloppe des actions européennes. Après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux restent dus. Mais attention au changement 2026, car il a son importance : le PEA ne figure pas dans la liste des produits qui conservent le taux de 17,2 %. Les gains réalisés à compter de 2026 supportent donc 18,6 % de prélèvements sociaux — l'exonération d'IR reste, elle, le vrai atout. Au final, pour un anesthésiste, le PEA est un excellent complément de la poche actions. Un détail qui compte : le compteur des 5 ans démarre au premier versement, même de 100 € — d'où l'intérêt d'ouvrir une coquille tôt, quitte à l'alimenter plus tard.

Assurance-vie (UC) — la souplesse + la transmission

Points forts

  • Flat tax 30 % (PS 17,2 % maintenus en 2026)
  • Abattement IR de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans
  • Transmission hors succession (990 I : 152 500 €/bénéficiaire)
  • Disponible à tout moment, versements sans plafond

Points de vigilance

  • Frais de gestion sur les unités de compte
  • Risque de perte en capital sur les UC
  • Intérêt fiscal qui se construit dans la durée (8 ans)

PEA / compte-titres — les actions

Points forts

  • PEA : exonération d'IR après 5 ans (actions UE)
  • Univers d'investissement large (CTO : actions mondiales)
  • Pas de plafond sur le compte-titres

Points de vigilance

  • PS 18,6 % en 2026 sur PEA et compte-titres (PFU 31,4 % pour le CTO)
  • PEA plafonné à 150 000 € et limité aux actions européennes
  • Plus-values du CTO qui gonflent le RFR (CEHR / CDHR)
§ 4POCHE 3·6 MIN

Poche long terme : PER, immobilier, private equity

C'est la poche de la retraite et de la capitalisation longue, sur 10 ans et plus. On accepte plus de risque et moins de liquidité, parce que l'horizon lointain lisse la volatilité. Trois briques la composent, dans cet ordre de priorité pour un anesthésiste à 45 % de TMI : d'abord le PER, parce que c'est la seule à défiscaliser à l'entrée ; ensuite l'immobilier, pour son effet de levier et sa décorrélation des marchés ; enfin le private equity, en touche minoritaire une fois le reste sécurisé.

Le PER : le levier de défiscalisation n°1 de l'anesthésiste

C'est là que se joue la défiscalisation de l'anesthésiste, et à 45 % de TMI le levier est puissant. Le PER (plan d'épargne retraite) voit ses versements se déduire du bénéfice imposable selon l'article 154 bis du CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS). À 250 000 € de revenu, le plafond de déduction approche 55 000 €, et l'économie d'impôt vaut à peu près le versement multiplié par la TMI — soit près de la moitié à 45 %.

Plafond PER 2026 d'un anesthésiste à 250 000 € de revenu (art. 154 bis)

10 % × 250 000 €              = 25 000 €
+ 15 % × (250 000 − 48 060)   = 30 291 €
Plafond PER 2026             ≈ 55 291 €
Économie d'impôt à 45 %      ≈ 24 880 € (sur le plafond plein de 55 291 €)

À 250 000 € de revenu, un anesthésiste peut déduire jusqu'à environ 55 291 € sur un PER en 2026 (PASS 2026 = 48 060 € ; plafond légal maximal 88 911 €). Attention : la déduction joue sur l'IR, pas sur les cotisations CARMF ; l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite (hors déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale) ; et à la sortie, les gains supportent le PFU à 31,4 % (PS 18,6 %).

Le PER est puissant, mais ce n'est pas une enveloppe magique : l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale), et les gains supportent à la sortie le PFU à 31,4 % (PS à 18,6 %, et non 17,2 % comme l'assurance-vie). On le sature donc à hauteur de ce qui « racle » la tranche à 45 %, sans y mettre l'épargne dont on pourrait avoir besoin avant la retraite. Au-delà de l'économie d'IR, la déduction PER présente un atout spécifique aux hauts revenus : en baissant le revenu imposable, elle réduit aussi le revenu fiscal de référence, donc l'assiette de la CEHR et de la CDHR (voir plus bas). Pour chiffrer précisément votre économie, voyez notre guide sur le PER de l'anesthésiste pour défiscaliser ses gros revenus et le guide transverse sur le fonctionnement du Plan d'épargne retraite.

L'immobilier : LMNP, SCPI, déficit foncier selon la TMI

L'immobilier reste un pilier patrimonial, à condition d'être choisi selon sa tranche. Le LMNP au réel (location meublée) permet d'amortir le bien et de générer un revenu peu fiscalisé pendant des années — mais attention : depuis les cessions à compter du 15/02/2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value de cession (art. 150 VB du CGI), et le taux de prélèvements sociaux du meublé non professionnel est une zone grise en 2026 (17,2 % pour certains praticiens, l'analyse produits de placement tendant plutôt vers 18,6 %) : à vérifier au cas par cas. À noter aussi : l'amortissement du LMNP réduit le revenu BIC du meublé, pas votre revenu médical — ce sont deux assiettes distinctes.

La location nue, elle, génère des revenus fonciers imposés à la TMI + 17,2 %, particulièrement lourds à 45 % ; mais le déficit foncier reste imputable jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global (art. 156 du CGI), un plafond porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique permettant la sortie de passoire thermique — dispositif dont l'échéance est à confirmer au texte. Le déficit foncier a un intérêt redoublé pour un anesthésiste : en réduisant le revenu global, il abaisse aussi le revenu fiscal de référence et donc l'assiette de la CEHR et de la CDHR. Pour le panorama, voyez notre guide sur l'immobilier du libéral (LMNP, SCPI, déficit foncier).

Le private equity : la diversification longue de la forte capacité d'épargne

Pour la part de patrimoine que l'on peut bloquer plusieurs années, le private equity (capital-investissement, via des FCPR, FPCI ou fonds dédiés) offre un potentiel de rendement supérieur, en contrepartie d'une illiquidité et d'un risque réels. C'est un différenciateur pour un anesthésiste à forte capacité d'épargne : avec 8 000 €/mois, on peut consacrer une fraction minoritaire (5 à 15 %) de la poche long terme au non coté, en complément des marchés cotés, et seulement après avoir sécurisé les poches précaution et moyen terme. Ce n'est jamais le point de départ d'une allocation, mais une touche de diversification pour un patrimoine déjà constitué.

§ 5SI VOUS ÊTES EN SEL·5 MIN

Placement perso ou placement dans la société (SELARL, SPFPL) ?

Si vous exercez en BNC (entreprise individuelle), il n'y a qu'une seule poche, la poche personnelle, et la question de cette section ne se pose pas. Elle devient centrale si vous exercez en SELARL ou SELAS: vous gérez alors deux portefeuilles, votre argent perso et la trésorerie de votre société. Cette section donne le cadre d'arbitrage — les modalités détaillées du placement de la trésorerie sociale sont traitées dans des guides dédiés.

Sortir ou laisser dans la société : comment trancher

Pour ce dont vous avez besoin (revenu) ou que vous voulez transmettre, sortez l'argent et placez-le en perso (assurance-vie, PER, PEA). Pour l'excédent durable que vous n'avez pas besoin de toucher, laissez-le travailler dans la société à l'IS — c'est-à-dire sans le coût de sortie d'un dividende et sans prélèvements sociaux.

Le problème du dividende, c'est son addition : en 2026, le PFU sur les dividendes atteint 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), auxquels s'ajoutent les cotisations sociales TNS sur la fraction de dividendes supérieure à 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants (art. L. 131-6 du CSS). Cette base sociale n'est pas neutralisée par l'interposition d'une holding : pour les dividendes d'une SEL remontés à une SPFPL, la Cour de cassation a jugé qu'ils restent en partie soumis aux cotisations TNS du praticien (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366). Concrètement : pour un excédent de 50 000 € dont un anesthésiste en SELARL n'a pas l'usage, le sortir en dividende peut coûter plus de 15 000 € entre PFU et cotisations, là où le laisser capitaliser dans la société ne coûte que l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions PME, 25 % au-delà, art. 219 du CGI).

Placer en perso ou dans la société (anesthésiste en SELARL / SPFPL).
CritèreEn nom propre (perso)Dans la société à l'IS
EnveloppesAssurance-vie, PER, PEA, immobilierContrat de capitalisation PM (238 septies E), compte à terme, SCPI à l'IS
Fiscalité des produitsIR/PFU + PS (30 % AV, 31,4 % CTO)IS 15/25 %, aucun prélèvement social
Impact sur le RFRRachats AV et dividendes gonflent le RFRCapitalisation sans distribution = RFR maîtrisé
DisponibilitéArgent libre et disponibleBloqué dans la société (ré-sortie coûteuse)
Adapté pour…Besoin de revenu, transmissionExcédent durable, horizon long

Trois garde-fous à connaître si vous êtes en SEL ou SPFPL

D'abord, le contrat de capitalisation personne morale (art. 238 septies E du CGI) est imposé chaque année sur une assiette forfaitaire (assise sur le TME connu à la souscription), avec régularisation au rachat : tant que le TME de référence est bas, c'est un quasi-différé d'impôt, sans PS. Ensuite, une SPFPL a un objet exclusif (détention de SEL) et ne peut pas faire de placement financier libre. Enfin, le cadre des SEL relève de la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 et de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 : l'objet social de la SEL opérationnelle borne les placements patrimoniaux de très long terme. C'est un sujet à creuser à part — voyez nos guides pour placer la trésorerie de sa SELARL d'anesthésiste et pour structurer son patrimoine via une SPFPL, ainsi que le panorama transverse sur la trésorerie de SEL du libéral et sur la holding patrimoniale.

§ 6FISCALITÉ 2026·4 MIN

La dualité des prélèvements sociaux 2026 : la boussole

C'est le changement fiscal qui réoriente l'allocation en 2026. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Mais cette hausse ne frappe pas tous les placements : deux taux coexistent désormais.

Dualité des prélèvements sociaux 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403).
PlacementPrélèvements sociaux 2026Fiscalité totale (PFU)
Assurance-vie, contrat de capitalisation17,2 % (maintenu)30 % (flat tax)
Revenus fonciers (location nue), PV immobilières17,2 % (maintenu)TMI + 17,2 %
PEL / CEL17,2 % (maintenu)—
Dividendes, intérêts, PV mobilières (CTO)18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5)31,4 %
PEA, crypto, gains du PER à la sortie18,6 %31,4 %
LMNP / location meubléeZone grise (17,2 % ou 18,6 %, à confirmer)n/a

Ce que ça change pour vous, concrètement

À portefeuille identique, l'assurance-vie sort gagnante après impôt: 30 % contre 31,4 % sur le compte-titres. Pour la poche moyen terme d'un anesthésiste, cela pousse à privilégier l'assurance-vie en unités de compte plutôt que de loger le même portefeuille en compte-titres ordinaire — sauf besoin spécifique (actions hors zone éligible au PEA, gestion très active). Ce n'est pas une règle absolue — un praticien qui veut détenir des actions américaines en direct gardera un compte-titres malgré les 31,4 % — mais sur un portefeuille diversifié classique, l'écart de 1,4 point joue chaque année en faveur de l'assurance-vie. Et pour un haut revenu, l'avantage est double : le rachat d'assurance-vie alimente moins le revenu fiscal de référence qu'une distribution de dividendes.

Pour comprendre en détail la mécanique de cette hausse et la liste exacte des produits concernés, voyez notre guide dédié à la dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % / 18,6 %).

§ 7HAUTS REVENUS·4 MIN

Hauts revenus : placer en pensant CEHR et CDHR

C'est ici que la stratégie d'un anesthésiste se distingue vraiment de celle d'un médecin à revenus plus modestes. À partir de 250 000 € de revenu fiscal de référence (célibataire), deux contributions supplémentaires s'ajoutent à l'impôt sur le revenu et pèsent directement sur le choix des enveloppes.

Les deux contributions sur les hauts revenus applicables à un anesthésiste.
ContributionSeuils (célibataire)PrincipeRéférence
CEHR3 % au-delà de 250 000 € · 4 % au-delà de 500 000 €Contribution exceptionnelle assise sur le RFRArt. 223 sexies CGI
CDHRRFR > 250 000 € / 500 000 €Imposition minimale de 20 % du RFR (contribution différentielle)Art. 224 CGI (LF 2026)

La CEHR (art. 223 sexies du CGI) est une contribution exceptionnelle de 3 %, puis 4 %, assise sur le revenu fiscal de référence. La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224 du CGI) a été créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) et reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) : elle vise à garantir une imposition minimale de l'ordre de 20 % du revenu fiscal de référence pour les contribuables au-delà de ces seuils. Son périmètre exact (revenus retenus, taux moyen, mécanisme de décote) doit être vérifié au cas par cas, et sa pérennité au-delà de 2026 reste conditionnée au retour du déficit public sous 3 % du PIB.

La règle d'or des hauts revenus : capitaliser plutôt que distribuer

Puisque la CEHR comme la CDHR sont assises sur le revenu fiscal de référence, on raisonne RFR : on prend ce qui ne le fait pas gonfler, et on fuit ce qui le gonfle. Le PER fait ici le gros du travail : sa déduction baisse le revenu imposable et donc le RFR, ce qui atténue mécaniquement les deux contributions. À l'inverse, sortir des dividendes de sa société ou réaliser des plus-values mobilières gonfle le RFR. Pour un anesthésiste en SELARL, laisser capitaliser dans la société plutôt que de distribuer, et privilégier l'assurance-vie (dont seuls les gains rachetés entrent dans le RFR, et progressivement) deviennent des réflexes d'optimisation à part entière.

Cette dimension hauts revenus se gère en lien étroit avec la défiscalisation : nous l'abordons sous l'angle de la réduction d'impôt dans nos guides sur la défiscalisation de l'anesthésiste-réanimateur et, pour la mécanique de la contribution différentielle chez un confrère à très hauts revenus, dans notre guide sur la CDHR du médecin spécialiste.

§ 8CAS PRATIQUE·5 MIN

Cas chiffré : Antoine, anesthésiste de 42 ans, 250 000 € de revenu

Voici comment la méthode se traduit en chiffres pour une situation type que nous voyons souvent en rendez-vous. Le prénom est fictif, les montants et les régimes fiscaux ne le sont pas.

Note de méthode sur l'exemple chiffré

Les montants ci-dessous illustrent une mécanique d'allocation (plafond PER, ventilation par poche) à partir d'hypothèses simplifiées. Ils ne constituent ni une simulation personnalisée, ni une promesse de rendement : un placement financier comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le résultat réel dépend de votre situation exacte et doit être chiffré au cas par cas.

Antoine, 42 ans, anesthésiste-réanimateur en libéral, déclare 250 000 € de revenu, célibataire, TMI 45 %. Sa précaution est déjà constituée (livrets pleins + fonds euros, ~50 000 €). Il dégage 8 000 €/mois de capacité d'épargne, soit 96 000 €/an. Objectif : préparer sa retraite (la CARMF ne suffira pas), réduire son impôt et atténuer la CEHR et la CDHR, tout en gardant de la souplesse.

Plafond PER 2026 d'Antoine (art. 154 bis)

10 % × 250 000 €              = 25 000 €
+ 15 % × (250 000 − 48 060)   = 30 291 €
Plafond PER 2026             ≈ 55 291 €

Versement retenu             = 55 000 €
Économie d'impôt à 45 %      ≈ 24 750 €
Effort réel d'épargne        ≈ 30 250 €

Antoine sature quasiment son plafond PER (55 291 €) : il verse 55 000 €, ce qui réduit son impôt d'environ 24 750 € pour un effort réel de 30 250 €, et abaisse son revenu imposable autour de 195 000 € — ce qui atténue aussi l'assiette de la CEHR et de la CDHR. Le PER reste bloqué jusqu'à la retraite : il conserve donc une poche disponible (assurance-vie) en parallèle.

Ventilation des 96 000 € d'épargne annuelle d'Antoine.
Poche / enveloppeMontant annuelLogique
Précaution0 € (déjà constituée)Livrets pleins, fonds euros en réserve (~50 000 €)
PER (long terme, retraite)55 000 €Défiscalisation à 45 % (≈ 24 750 € d'IR en moins), baisse du RFR (CEHR/CDHR)
Assurance-vie en UC (moyen terme)30 000 €Souplesse, disponibilité, transmission (990 I), PS 17,2 %
PEA + SCPI + private equity11 000 €Diversification (actions UE, immobilier, non coté)
Total96 000 €Effort réel ≈ 71 250 € après économie d'impôt PER

Lecture du cas: Antoine met l'argent là où l'économie d'impôt est maximale (le PER, à 45 % de TMI, avec l'atténuation CEHR/CDHR en prime), mais sans y mettre l'épargne qu'il pourrait vouloir débloquer avant la retraite. Le reste va sur l'assurance-vie, qu'il pourra mobiliser si un projet surgit, et une fraction sur le PEA, la SCPI et le private equity pour diversifier. Au total : près de 24 750 € d'impôt en moins dès la première année, un revenu imposable ramené autour de 195 000 €, et une épargne qui reste manœuvrable.

Variante : et si Antoine exerçait en SELARL avec un excédent de trésorerie ?

Si Antoine exerçait en SELARL avec 50 000 € d'excédent dans la société dont il n'a pas besoin, il aurait un arbitrage supplémentaire : sortir cet excédent en dividende (coût ≈ 31,4 % + cotisations TNS sur la part > 10 % du capital, et gonflement du RFR donc de la CEHR/CDHR) pour le placer en perso, ou le laisser capitaliser dans la société via un contrat de capitalisation personne morale (IS sans PS, quasi-différé, RFR inchangé). Pour un excédent durable et chez un haut revenu, laisser travailler dans la société l'emporte le plus souvent. C'est précisément l'objet de notre guide sur la trésorerie de SELARL de l'anesthésiste.

Hagnéré Patrimoine

Quelle allocation pour votre situation d'anesthésiste ?

Le plafond PER de l'article 154 bis varie à l'euro près selon votre revenu réel : un CGP certifié ORIAS le calcule pour vous, puis ventile votre épargne entre PER, assurance-vie, SCPI, PEA et private equity dans un plan de placement chiffré pour 2026, en intégrant l'atténuation de la CEHR et de la CDHR.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9DIVERSIFICATION·3 MIN

Profil de risque et sur-concentration à 42 ans

À 42 ans, Antoine a encore une vingtaine d'années devant lui — assez pour encaisser sans drame les trous d'air des marchés. L'erreur serait de tout sécuriser par prudence ; la bonne approche est de doser le risque poche par poche selon son horizon.

Concrètement, on répartit la poche long terme sur quatre axes complémentaires : le fonds euros (sécurité, socle de stabilité), les unités de compte actions (moteur de croissance sur 20 ans et plus), l'immobilier (SCPI, LMNP — décorrélé des marchés financiers), et une touche de private equity que la forte capacité d'épargne de l'anesthésiste permet d'immobiliser. À titre indicatif, beaucoup de praticiens tiennent une cible de l'ordre de 60 à 70 % d'actifs dynamiques et 30 à 40 % de fonds euros sur la poche long terme, à ajuster selon le tempérament. La poche précaution, elle, reste 100 % sécurisée et disponible quel que soit l'âge.

L'angle mort de l'anesthésiste : la sur-concentration

C'est le piège le plus fréquent chez les praticiens à hauts revenus. Beaucoup d'anesthésistes finissent avec un patrimoine entièrement adossé à un seul actif : la pierre (résidence principale + un ou deux locatifs dans la même ville) ou des parts de leur clinique. Ce n'est pas diversifier : si l'immobilier local décroche ou si la clinique connaît des difficultés, c'est tout le patrimoine qui vacille en même temps que l'outil de travail. La vraie diversification porte sur les classes d'actifs (actions cotées, immobilier, obligations, non coté) et sur les enveloppes (assurance-vie, PEA, PER, perso et société). On ne fait jamais dépendre sa retraite d'un seul actif ni de son seul lieu d'exercice.

Note de méthode : ce que vaut (et ne vaut pas) une projection

Quand nous évoquons un capital « à 5 %/an sur 20 ans », il s'agit d'une hypothèse de travail, pas d'une garantie. Les unités de compte, la SCPI et le private equity comportent un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Une projection sert à éclairer une décision d'allocation (quelle poche, quel horizon, quel effort d'épargne), pas à promettre un résultat. C'est précisément pour cela qu'on diversifie : pour ne pas faire dépendre sa retraite d'un seul actif ni d'un seul scénario.

§ 10PLAN D'ACTION·3 MIN

Par où commencer : le plan d'action hiérarchisé

Dans quel ordre attaquer ? On sécurise d'abord, on rentabilise l'impôt ensuite, on va chercher du rendement en dernier :

Le plan d'action en 5 étapes

  1. Boucler la précaution: environ 6 mois de charges (revenus irréguliers) sur des livrets réglementés (Livret A, LDDS) et le fonds euros d'une assurance-vie.
  2. Saturer le PER (déduction 154 bis, jusqu'à ~55 000 € à 250 000 € de revenu) : c'est l'économie d'impôt la plus immédiate à 45 % de TMI, et elle atténue la CEHR comme la CDHR.
  3. Alimenter largement l'assurance-vie en unités de compte pour la souplesse, la disponibilité et la transmission (990 I), en prenant date dès maintenant.
  4. Diversifier : PEA (actions européennes), SCPI (immobilier sans gestion, de préférence en assurance-vie), private equity pour la part immobilisable.
  5. Si vous êtes en SELARL ou SPFPL: arbitrer l'excédent durable vers la société (capitalisation PM, sans PS, RFR maîtrisé), et ne sortir en dividende que ce dont vous avez besoin en perso.

Les 5 erreurs de placement de l'anesthésiste à éviter

  1. Laisser dormir 100 000 € sur le compte ou dans la société: l'inflation grignote chaque année une trésorerie qui pourrait travailler.
  2. Croire que l'assurance-vie est « à 0 impôt » après 8 ans: l'abattement ne porte que sur l'IR ; les 17,2 % de prélèvements sociaux s'appliquent toujours sur la totalité des gains.
  3. Ne pas saturer le PER alors qu'on est à 45 % de TMI: c'est laisser passer l'économie d'impôt la plus sûre, et l'atténuation de la CEHR et de la CDHR.
  4. Sur-concentrer son patrimoine: tout dans la pierre ou dans des parts de clinique, c'est faire dépendre sa retraite d'un seul actif.
  5. Sortir des dividendes de sa SEL sans calculer le coût: PFU 31,4 % + cotisations TNS sur la part > 10 % du capital, plus le gonflement du RFR.
Méthode documentée

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Du choix des enveloppes au calibrage des versements, jusqu'à l'arbitrage entre placer en perso ou laisser dans la société si vous exercez en SELARL : nous remettons un plan de placement écrit et chiffré, sans aucun produit-maison à vous vendre.

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Avant même de placer, posez votre situation à plat : c'est l'objet du bilan patrimonial du libéral, la première étape avant d'investir. Pour aller plus loin sur la défiscalisation et la retraite, voyez nos guides sur la défiscalisation de l'anesthésiste-réanimateur, le PER de l'anesthésiste et l'économie d'impôt selon votre revenu et la retraite de l'anesthésiste et les limites de la CARMF. Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet capitalistiquement indépendant basé à Bassens, nous construisons cette allocation poche par poche, en sélectionnant les supports chez plusieurs assureurs plutôt que dans un catalogue maison.

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Sources et références légales

  • Poche perso — CGI et Code monétaire et financier

    Art. 154 bis CGI (déduction PER/Madelin des TNS, formule 10 % + 15 %, plafond 88 911 € en 2026, plancher 4 806 €). Art. 163 quatervicies CGI (versements PER). Art. 125-0 A CGI (fiscalité des rachats d'assurance-vie, flat tax 30 %, abattement 4 600 €/9 200 € après 8 ans). Art. 990 I CGI (transmission assurance-vie, abattement 152 500 €/bénéficiaire). Art. 757 B CGI (primes après 70 ans, abattement global 30 500 €). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 157 CGI (exonération des intérêts du Livret A, LDDS, LEP). Art. 156 CGI (déficit foncier, 10 700 € / 21 400 € rénovation énergétique sous réserve de prorogation au 31/12/2027). Art. 150 VB CGI (réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value, cessions à compter du 15/02/2025). CMF art. L. 221-30 (PEA, plafond 150 000 €).

  • Poche société (anesthésistes en SEL / SPFPL) — CGI et BOFiP

    Art. 238 septies E CGI (imposition forfaitaire du contrat de capitalisation détenu par une personne morale, doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20). Art. 219 CGI (taux IS : 15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL remontés à une SPFPL : maintien partiel des cotisations TNS). Cadre des SEL : loi n° 90-1258 du 31/12/1990 et ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023.

  • Prélèvements sociaux et hauts revenus 2026 — CSS, CGI et lois

    CSS art. L. 136-8 (taux des prélèvements sociaux). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : CSG capital portée de 9,2 % à 10,6 %, total 18,6 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, crypto et gains du PER à la sortie (PFU 31,4 %) ; maintien à 17,2 % pour l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, le foncier nu, les plus-values immobilières et le PEL/CEL (flat tax AV 30 %) ; LMNP / location meublée en zone grise (à formuler au conditionnel). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % / 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR pour un célibataire). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale 20 % du RFR > 250 000 / 500 000 €, créée par la LF 2025 loi n° 2025-127 du 14/02/2025, reconduite par la LF 2026 loi n° 2026-103 du 19/02/2026 ; périmètre exact à vérifier).

  • Repères 2026 et retraite de l'anesthésiste-réanimateur

    Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €). Barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %. Plafond global des niches fiscales : 10 000 €. Régime de retraite de l'anesthésiste (médecin) : CNAVPL (base) + CARMF (complémentaire RCV + ASV pour le secteur 1, en partie financée par la CPAM) ; ne pas confondre avec la CARCDSF des chirurgiens-dentistes. Les valeurs de point et cotisations 2026 sont à vérifier sur carmf.fr. Chiffres à jour au 9 juin 2026, susceptibles d'évoluer selon les prochaines lois de finances et de financement de la sécurité sociale.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, basé à Bassens 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. L'allocation de votre épargne, le choix des enveloppes et le calibrage des versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable (analyse patrimoniale globale, TMI, statut social, horizon, profil de risque, besoin de revenu). Tout placement financier (unités de compte, SCPI, private equity) comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026) mais peuvent évoluer.

Foire aux questions

Tout sur le placement de l'anesthésiste-réanimateur en 2026 et la méthode des poches par horizon.

Où placer 8 000 €/mois, quel matelas de précaution, assurance-vie ou PER, perso ou société, comment atténuer la CEHR et la CDHR : les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Le réflexe gagnant : ranger son épargne par échéance avant de choisir le moindre produit. Poche 1, la précaution : un matelas de sécurité sur des livrets (Livret A, LDDS) et le fonds euros d'une assurance-vie — d'autant plus utile que les revenus de gardes et d'astreintes sont irréguliers. Poche 2, le moyen terme : assurance-vie en unités de compte, SCPI, PEA, pour des projets à 5-10 ans. Poche 3, le long terme et la retraite : PER (déduction art. 154 bis), immobilier (LMNP, SCPI), private equity. On remplit ces poches dans l'ordre, sans sauter la précaution. Le pivot fiscal 2026 : l'assurance-vie et le contrat de capitalisation conservent 17,2 % de prélèvements sociaux (flat tax 30 %), tandis que les dividendes, le compte-titres, le PEA et les gains du PER passent à 18,6 % (PFU 31,4 %). À 250 000 € de revenu, TMI 45 %, la priorité est claire : capitaliser dans des enveloppes efficaces plutôt que de laisser l'argent dormir.