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Guide anesthésistes 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub hauts revenus

Défiscalisation pour anesthésiste-réanimateur : les stratégies adaptées aux hauts revenus

Vous exercez l'anesthésie-réanimation en libéral, en clinique, souvent au sein d'une équipe ou d'une SEL d'anesthésistes — et chaque année on vous propose des « produits de défisc » qui, à votre niveau, ne servent plus à rien. Pourquoi ? Parce qu'à 45 % de TMI, avec la CEHR et surtout la CDHR (impôt minimum de 20 % du revenu fiscal de référence), les réductions d'impôt sont plafonnées et neutralisées. Le bon réflexe n'est plus de jouer le taux, mais l'assiette et le report. Voici le tri — les leviers qui marchent vraiment, et ceux qui ne marchent plus. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE ANESTHÉSISTE 2026

Faire le tri de votre défisc et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation d'anesthésiste libéral à hauts revenus : plafond PER 154 bis, bascule SEL / IS et SPFPL d'anesthésistes, apport-cession 150-0 B ter, immobilier d'assiette (MH, déficit foncier, nue-propriété), et calibrage face à la CEHR et à la CDHR. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre exposition CEHR / CDHR
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

45 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PER DÉDUCTIBLE MAX

88 911 €

PLAFOND DES NICHES

10 000 €

IS CAPITALISÉ

15 / 25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un anesthésiste libéral en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

Le constat d'abord : à 45 % de TMI, avec la CEHR (article 223 sexies) et surtout la CDHR (article 224, impôt minimum de 20 % du RFR), la moitié des produits de défiscalisation ne vous servent plus — ils sont plafonnés (niches à 10 000 €) puis neutralisés par la CDHR. Une fois ce constat posé, la grille de lecture change : on ne joue plus la réduction d'impôt, on joue la réduction d'assiette (PER jusqu'à 88 911 €, déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété) et le report (bénéfice laissé dans une SEL d'anesthésistes à l'IS, apport-cession 150-0 B ter) — les seuls leviers qui font baisser le RFR lui-même. Au bout du compte, ce qui pilote tout, ce n'est jamais le taux affiché d'un avantage, mais votre revenu fiscal de référence. Tout ce guide déroule ce tri, cas chiffrés à l'appui.

Commençons par le terrain. L'anesthésiste-réanimateur libéral exerce presque toujours sur un plateau technique de clinique, à l'acte, souvent au sein d'une équipe ou d'une SEL d'anesthésistes qui couvre les blocs et la permanence. Avec les gardes et un volume d'actes élevé, les revenus le placent presque mécaniquement dans la tranche à 45 % de l'impôt sur le revenu (article 197 du CGI), au-delà d'environ 181 917 € par part. Mais s'arrêter au taux marginal, c'est lire la moitié de la facture. À votre niveau, l'impôt ne se résume pas au barème : il s'empile.

Au barème viennent s'ajouter trois étages. D'abord les prélèvements sociaux, sur vos revenus du capital (17,2 % ou 18,6 % selon le support, on y revient). Vient ensuite la CEHR, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (article 223 sexies), qui frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 €. Et au sommet, la vraie nouveauté de 2026 : la CDHR (article 224), un impôt minimum de 20 % du RFR.

L'empilement fiscal d'un haut revenu médical en 2026. Le vrai sujet n'est plus la tranche à 45 %, mais le plancher de 20 % du RFR imposé par la CDHR.
PrélèvementBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barème (art. 197)Revenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHR (art. 223 sexies)Revenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHR (art. 224)RFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxRevenus du capital, selon support17,2 % (foncier, AV) ou 18,6 % (PER, FPCI, dividendes)

Le point de bascule n'est donc pas votre taux marginal, mais ce plancher de 20 % du RFR. C'est lui qui rend inutile la moitié des produits de défiscalisation qu'on vous propose, et c'est précisément ce que ce guide va trier. Pour le panorama du libéral fortement imposé, voyez payer moins d'impôts quand on est une profession libérale à hauts revenus.

Une particularité : beaucoup d'anesthésistes sont salariés

Avant d'aller plus loin, une précision qui change tout. Une grande partie des anesthésistes-réanimateurs exercent comme salariés — praticiens hospitaliers à l'hôpital public, ou salariés de clinique. Ce guide vise l'exercice libéral (honoraires en BNC, éventuellement en SEL), car c'est lui qui ouvre l'arsenal complet de la défiscalisation. Si vous êtes salarié, ou en exercice mixte, lisez d'abord la section 2 : vos leviers ne sont pas les mêmes.
§ 2QUI EST CONCERNÉ·2 MIN

Salarié ou libéral : la défiscalisation n'a de sens qu'en libéral

C'est la toute première question, et selon la réponse, on ne parle pas du même arsenal. L'anesthésie-réanimation est l'une des spécialités où la frontière salarié / libéral est la plus floue : un même praticien peut être salarié à l'hôpital le matin et libéral en clinique l'après-midi. Or côté fiscal, les deux statuts ne jouent pas dans la même cour.

Anesthésiste salarié — défiscalisation limitée

Points forts

  • PER individuel de droit commun (art. 163 quatervicies), plafond 10 % des revenus professionnels
  • Immobilier patrimonial (déficit foncier, nue-propriété) accessible comme à tout contribuable
  • Simplicité : pas de comptabilité ni de structure à gérer

Points de vigilance

  • Pas de bénéfices non commerciaux à optimiser
  • Pas de SEL ni de SPFPL : aucun report possible
  • Pas de Madelin ni de plafond PER élargi (154 bis)

Anesthésiste libéral — tout l'arsenal

Points forts

  • PER Madelin de l'article 154 bis jusqu'à 88 911 € de déduction (10 % + 15 %)
  • Bascule possible en SEL à l'IS (report) et holding SPFPL (mère-fille)
  • Apport-cession 150-0 B ter le jour d'une cession de parts
  • Immobilier d'assiette (déficit foncier, MH, démembrement)

Points de vigilance

  • Comptabilité BNC et obligations sociales TNS
  • Cotisations TNS sur les dividendes au-delà de 10 % du capital

L'exercice mixte : calibrer chaque revenu séparément

Si vous cumulez une part salariée (vacations hospitalières) et une part libérale (clinique), chaque revenu suit son propre régime : votre salaire ouvre le PER individuel (article 163 quatervicies), votre BNC ouvre le PER Madelin (article 154 bis) et l'accès à la SEL. Le bénéfice libéral est aussi le seul à pouvoir être logé dans une société à l'IS. La règle : on optimise le revenu libéral en priorité, parce que c'est lui qui offre les vrais leviers d'assiette et de report. La suite de ce guide se concentre donc sur le versant libéral.
§ 3LA CONTRAINTE·4 MIN

La CDHR et la CEHR : les deux plafonds qui changent tout

Deux plafonds encadrent toute votre stratégie. Ce sont eux qui décident, en réalité, des leviers qui tiennent encore. La seconde, la CDHR, est celle qui a tout changé.

La CEHR (article 223 sexies du CGI) : la surtaxe permanente

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus existe depuis 2012. Malgré son nom, elle est permanente. Elle frappe le revenu fiscal de référence (RFR), sans quotient familial : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % au-delà. Un mécanisme de lissage existe pour les revenus exceptionnels. L'essentiel tient en une ligne : son assiette est le RFR, donc tout ce qui abaisse votre RFR abaisse mécaniquement la CEHR.

La CDHR (article 224 du CGI) : l'impôt minimum de 20 % du RFR

Et c'est là que tout se joue. La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit que votre imposition globale atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Si votre impôt « normal » (IR au barème + part forfaitaire + CEHR) tombe en dessous de ce seuil de 20 %, la CDHR vient combler la différence. C'est, littéralement, un impôt plancher. À la différence de la CEHR, elle est réservée aux résidents fiscaux français (article 4 B).

Et ce ne sont pas des références théoriques : la CDHR a une histoire législative précise. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025). Elle a été reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de 2026 dépend donc de cette condition : nous la formulons au conditionnel.

Le calcul de la CDHR (principe)

CDHR due = max( 0 ;  20 % x RFR retraite
                        - [ IR au bareme
                          + part IR du prelevement forfaitaire 12,8 %
                          + CEHR
                          + certaines majorations ] )

Majorations : + 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR pour un couple soumis a imposition commune

Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : ils ne « comptent » pas pour atteindre le plancher de 20 %. Une décote atténue l'entrée dans la contribution lorsque le RFR retraité reste sous 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple). Un acompte de 95 % est versé en décembre.

Pas (encore) de doctrine BOFiP sur la CDHR

Soyons transparents : à la date de ce guide, l'administration n'a pas publié de doctrine BOFiP détaillant la CDHR. Le périmètre exact du RFR retraité (revenus minorés ou réintégrés, traitement des plus-values en report, des dons et réductions, mécanique précise de la décote) reste à confirmer au simulateur officiel impôts.gouv.fr. En conséquence, tous les cas chiffrés de ce guide sont des illustrations à recalculer, et nous formulons au conditionnel le détail fin du calcul. Le dispositif est trop récent pour qu'on raisonne au centime : on travaille sur la logique.

La leçon centrale : on ne joue plus le taux, on joue l'assiette

La conséquence est simple, et elle commande tout le reste de ce guide. Une réduction d'impôt qui ferait passer votre IR sous 20 % du RFR est purement et simplement reprise par la CDHR. Verser dans un produit de défisc « pour effacer l'impôt » ne sert donc plus à rien : la CDHR rattrape l'avantage. À votre niveau de revenu, la seule stratégie qui tient consiste à baisser le RFR lui-même (réduction d'assiette) ou à sortir du revenu de l'année (report). Une nuance utile : un revenu 100 % BNC imposé au barème supporte, à ce niveau, un taux effectif (de l'ordre de 38-39 % pour un RFR proche de 380 000 €) déjà très supérieur à 20 %, de sorte que la CDHR ne se déclenche que si une part du revenu est taxée à taux réduit (dividendes au PFU, abattements de plus-value). Pour la mécanique détaillée des deux surtaxes, voyez la CDHR du médecin spécialiste avant de défiscaliser et la mécanique de la CEHR et de la CDHR pour les hauts revenus.
§ 4LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, réduction d'assiette, report : la grille de lecture

C'est le premier tableau que je dessine au stylo face à un anesthésiste en rendez-vous. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : il en existe trois familles bien distinctes — et face à la CDHR, deux seulement survivent.

Réduction d'impôt — neutralisée

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, Malraux. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A ; 18 000 € avec Girardin / Sofica). Problème : dès que l'IR passe sous le plancher de 20 % du RFR, la CDHR reprend l'avantage. À votre niveau, ce levier est largement neutralisé.

Réduction d'assiette — efficace

PER (154 bis), déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété / démembrement. L'avantage baisse le revenu imposable, donc le RFR lui-même. Hors plafond des niches (BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 § 110), il abaisse aussi l'assiette de la CDHR et de la CEHR. C'est efficace, même à très hauts revenus.

Et il existe une troisième famille, souvent celle qui pèse le plus lourd pour un anesthésiste qui exerce en société : le report. Le bénéfice non distribué d'une SEL à l'IS, ou la plus-value placée en report via l'apport-cession (article 150-0 B ter), sort tout simplement le revenu de votre déclaration de l'année. Ce revenu n'entre alors pas dans le RFR, et la plus-value en report est même retirée du revenu retraité de la CDHR.

Trois familles, un seul gagnant à 45 % + CDHR. À votre niveau, ne cherchez plus la réduction d'impôt : cherchez la baisse d'assiette et le report.
FamilleExemplesDans le plafond 10 000 € ?Effet sur le RFR / la CDHRVerdict anesthésiste
Réduction d'impôtFIP, FCPI, Girardin, MalrauxOui (sauf MH, hors plafond)Aucun — joue le taux d'impôtNeutralisée
Réduction d'assiettePER, déficit foncier, MH, démembrementNon — hors plafondBaisse le RFREfficace
ReportSEL / IS non distribuée, 150-0 B terNonSort le revenu de l'annéeEfficace

La suite du guide déroule ces deux familles gagnantes, levier par levier : le PER, la bascule en société, l'apport-cession, l'immobilier d'assiette, puis le capital-investissement (où il faudra distinguer la ligne fiscale du vrai placement). Pour le détail du plafonnement, voyez le plafond global des niches de 10 000 €.

Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5LEVIER 1 — ASSIETTE·4 MIN

Levier n°1 : le PER au plafond (jusqu'à 88 911 €)

C'est le levier d'assiette le plus efficace à votre disposition, et il devrait ouvrir la liste de vos arbitrages. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — exactement ce que la CDHR récompense.

En tant que travailleur non salarié (BNC, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI, bien plus large que celui des salariés : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €.

Le plafond PER TNS 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). À 45 % de TMI, déduire ce maximum représente environ 40 010 € d'impôt en moins — et un RFR abaissé d'autant. Depuis 2026, les plafonds non utilisés sont reportables sur cinq ans.

L'effet est double. D'abord l'économie d'IR immédiate, qui vaut approximativement votre versement × votre TMI : à 45 %, déduire 88 911 € vous fait économiser environ 40 010 € d'impôt. Ensuite, et c'est ce qui compte à votre niveau, le RFR baisse du montant versé : le PER agit donc sur l'assiette de la CEHR et de la CDHR. C'est, à l'état pur, un levier d'assiette.

À la sortie, les prélèvements sociaux du PER sont à 18,6 %

Un point sur la fiscalité de sortie, qu'on oublie souvent de mentionner. À la sortie en capital, la part « versements déduits » est imposée au barème de l'IR et la part « gains » au prélèvement forfaitaire unique. Attention : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le PER reste néanmoins un excellent report : vous déduisez à 45 % aujourd'hui pour une sortie souvent à une TMI plus basse à la retraite. Le détail de cette dualité : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

Cas n°1 — Dr Léa, anesthésiste de secteur 1 (TMI 41 %)

Bénéfice BNC 2026 : 160 000 €, célibataire. Son RFR reste sous le seuil des surtaxes (CEHR / CDHR à 250 000 €) — elle n'est donc concernée par aucune des deux —, mais le PER reste son premier réflexe pour préparer une retraite CARMF insuffisante.

Plafond 154 bis : 10 % × 160 000 + 15 % × (160 000 − 48 060) = 16 000 + 16 791 = 32 791 €.
Si elle verse 32 791 € : économie d'IR ≈ 32 791 × 41 % = 13 444 €, et son RFR baisse d'autant.
Illustration aux taux 2026. L'économie réelle dépend de votre tranche au moment du versement et de votre TMI à la sortie : c'est un report d'imposition, pas un cadeau définitif.

Et ne négligez pas le second volet du 154 bis : la prévoyance et la complémentaire santé Madelin, déductible jusqu'à environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite globale). C'est un plafond distinct de celui du PER retraite — un sujet d'autant plus sensible pour un anesthésiste, dont l'activité dépend d'une vigilance et d'une disponibilité physiques permanentes. Pour le calcul détaillé, support par support, voyez combien déduire avec le PER d'une profession libérale et le pilier le guide complet du plan d'épargne retraite. Le détail propre à l'anesthésiste sera traité dans un guide dédié « PER de l'anesthésiste ».

§ 6LEVIER 2 — REPORT·4 MIN

Levier n°2 : la SEL d'anesthésistes à l'IS et la holding SPFPL (le report)

On arrive ici au levier qui pèse le plus lourd sur votre RFR dans la durée — et, de loin, au plus mal compris. L'idée n'est pas de payer moins d'impôt sur ce que vous consommez, mais de ne pas faire remonter à votre déclaration personnelle le bénéfice que vous ne consommez pas. Et comme l'anesthésie s'exerce souvent en équipe ou en SEL d'anesthésistes en clinique, la structure sociétaire y est particulièrement naturelle.

Capitaliser dans la SEL plutôt que tout sortir

Tant que vous exercez en BNC, l'intégralité de votre bénéfice est imposée à votre nom, au barème, qu'elle soit consommée ou non. En SEL à l'impôt sur les sociétés (SELARL ou SELAS), le bénéfice que vous laissez dans la société est imposé à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % (article 219) — et ne remonte pas à votre RFR. Vous décidez de ce que vous vous versez, donc vous pilotez directement l'assiette de la CDHR. La société n'a d'intérêt que sur la part du bénéfice que vous n'avez pas besoin de consommer ; sur ce que vous sortez pour vivre, le gain est nul.

La SPFPL et le régime mère-fille

Au-dessus de votre SEL, vous pouvez interposer une SPFPL (société de participations financières de profession libérale), une holding dédiée aux libéraux. Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL bénéficient du régime mère-fille : ils sont exonérés à 95 % (articles 145 et 216), seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée — soit un frottement effectif d'environ 1,25 %, à comparer aux 31,4 % du prélèvement forfaitaire unique (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) en distribution directe. Le cadre juridique est celui de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a recodifié le droit des SEL et des SPFPL (l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990). L'inscription de la SPFPL auprès de l'Ordre des médecins est requise.

La SPFPL n'a d'intérêt que si l'argent reste dedans pour être réinvesti : dès qu'il ressort de la holding vers votre poche, il est de nouveau taxé. PFU dividendes 2026 = 31,4 % (et non 30 %). Illustration aux taux 2026.
Sortie des dividendes de la SELImpositionReste disponible pour réinvestir
Distribution directe au médecin (PFU)31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)≈ 686 € pour 1 000 € distribués
Remontée à une SPFPL (mère-fille)≈ 1,25 % (quote-part 5 % à l'IS)≈ 988 € pour 1 000 € remontés

La SPFPL n'est pas un tunnel sans frottement social

C'est l'objection qu'on nous sert le plus souvent : « avec une SPFPL, je ne paie plus de charges sur mes dividendes ». Faux. La fraction de dividendes que vous percevez au-delà de 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et des comptes courants) est réintégrée dans l'assiette de vos cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Et la Cour de cassation a jugé que l'interposition d'une SPFPL ne fait pas écran à cette réintégration (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). Par ailleurs, le Conseil d'État impose désormais de ventiler la rémunération « technique » de l'associé de SEL (imposée en BNC) de la rémunération de gérance, mettant fin au forfait de 5 % qu'admettait l'administration (CE 8 avril 2025, n° 492154). En clair, la structuration est puissante, mais elle se construit avec un conseil et dans le respect de la déontologie — elle ne se survend pas.

Le montage opérationnel détaillé (capital, statuts, agrément de l'Ordre, détention des murs en SCI) sera traité dans les guides dédiés « SPFPL de l'anesthésiste » et « SELARL ou SELAS pour un anesthésiste ». En attendant, la mécanique transposable est exposée dans la SPFPL pour investir sa trésorerie sans frottement fiscal, l'arbitrage salaire ou dividendes en SEL, les dividendes de SEL et les cotisations TNS et le guide de la holding patrimoniale.

§ 7LE REPORT ULTIME·3 MIN

Le report par excellence : l'apport-cession (150-0 B ter)

Si un jour vous cédez vos titres de SEL d'anesthésistes, une participation ou un cabinet structuré en société, la plus-value tombe d'un coup, sur la seule année de la vente — au pire moment pour un RFR déjà élevé. L'apport-cession sert exactement à étaler ce choc.

Le principe : avant de vendre, vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez. La plus-value d'apport est alors placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI) : elle n'est pas imposée l'année de l'opération. Mieux encore pour un anesthésiste exposé à la CDHR : cette plus-value en report est retirée du revenu retraité servant au calcul de la contribution. C'est un report, pas une exonération : l'impôt sera dû plus tard, en cas d'événement déclencheur — mais le différé peut durer des années.

La contrepartie : si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, elle doit réinvestir une part majorée du produit de cession dans une activité économique éligible (ou des parts de fonds type FCPR / FPCI respectant un quota), faute de quoi le report tombe. La loi de finances 2026 a durci ces conditions : le seuil de réinvestissement passerait à environ 70 % (au lieu de 60 %), dans un délai porté à 36 mois (au lieu de 24), avec une obligation de conservation allongée. Les paramètres exacts et leur date d'entrée en vigueur sont à confirmer au texte applicable : nous les signalons au conditionnel. À retenir : un apport réalisé plus de trois ans avant la vente reste le rempart le plus sûr, car il échappe à l'obligation de remploi.

Pas de montage artificiel : l'abus de droit veille

L'apport-cession est un outil légal et reconnu, mais il n'échappe pas au contrôle de l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). La jurisprudence est exigeante : l'opération doit reposer sur une substance économique réelle (CE 24 août 2011, n° 314579), le réinvestissement dans un bien patrimonial purement passif est exclu (CE 10 juillet 2019, n° 411474), et le remploi doit conférer un réel contrôle de la cible au jour de l'opération (CE 16 février 2024, n° 472835). Un apport-cession monté à seule fin fiscale, sans projet économique, est requalifiable. C'est typiquement un montage à construire avec un conseil, jamais en autonomie.

Ne confondez pas l'apport-cession avec les exonérations de plus-value professionnelle, qui jouent, elles, au moment d'une cession ou d'un départ en retraite : article 238 quindecies (exonération totale en dessous de 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), article 151 septies (selon les recettes), article 150-0 D ter (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant qui part en retraite). Ces régimes sont détaillés dans l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt et céder son activité en limitant l'impôt sur la plus-value.

§ 8LEVIER 3 — ASSIETTE·5 MIN

Levier n°3 : l'immobilier qui baisse le RFR (et pas seulement l'impôt)

En immobilier, le tri par la CDHR saute aux yeux. Certains dispositifs sont des réductions d'impôt (neutralisées à votre niveau), d'autres des réductions d'assiette (efficaces). Voici comment les départager.

Le déficit foncier (location nue)

Quand vous achetez un bien ancien à rénover et que vous le louez nu, les travaux déductibles s'imputent sur vos revenus fonciers, et l'excédent sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an. Le surplus est reportable dix ans. C'est une pure réduction d'assiette : elle baisse votre RFR, donc l'assiette de la CDHR. Bon à savoir : les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers restent à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %). Le doublement à 21 400 € qui visait les travaux de rénovation énergétique concernait des dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025 : sauf prorogation, il n'est plus mobilisable en 2026 — à vérifier au texte applicable.

La nue-propriété et le démembrement

Pour un anesthésiste déjà à 45 %, la nue-propriété est sans doute le levier d'assiette le plus net. Vous achetez la nue-propriété d'un bien (avec une décote d'environ 25 à 40 % sur le prix de la pleine propriété), l'usufruit étant détenu temporairement par un bailleur, souvent institutionnel. Pendant toute la durée du démembrement, vous ne percevez aucun loyer : votre RFR n'augmente pas d'un euro, ce qui est précieux quand on cherche à rester sous les seuils. Le bien échappe à l'IFI pour le nu-propriétaire (article 968, barème de l'article 669), et la reconstitution de la pleine propriété au terme n'est pas taxée (article 1133). Hors plafond des niches, sans revenu imposable : idéal pour votre profil.

Monuments Historiques vs Malraux : le bon arbitrage face à la CDHR

Cet arbitrage-là, beaucoup le confondent. Les deux dispositifs concernent l'immobilier de caractère, mais leur mécanique fiscale n'a rien à voir.

Monuments Historiques — réduction d'assiette

Articles 156 II 1° ter et 156 bis du CGI : déduction des charges et travaux du revenu global, sans plafonnement de niches. C'est une DÉDUCTION D'ASSIETTE : elle baisse le RFR et n'est donc PAS neutralisée par la CDHR. L'outil immobilier des très hauts revenus exposés à la contribution. Engagement de conservation de 15 ans ; exonération de droits de succession possible sous convention (art. 795 A).

Malraux — réduction d'impôt

Article 199 tervicies du CGI : réduction d'impôt de 22 % ou 30 % des travaux (plafond de 400 000 € sur 4 ans), hors plafond des niches mais qui reste une RÉDUCTION D'IMPÔT. Donc partiellement reprise par la CDHR dès que l'IR passe sous le plancher de 20 %. Pertinent seulement si votre IR effectif reste durablement au-dessus de ce seuil.

MH ou Malraux ? À RFR élevé sous CDHR, MH gagne

On compare spontanément le 30 % du Malraux au « sans taux affiché » des Monuments Historiques, et on se trompe de critère. À votre niveau de revenu, sous CDHR, ce n'est pas le taux de l'avantage qui compte, mais son effet sur le RFR. Les Monuments Historiques (déduction d'assiette) battent le Malraux (réduction d'impôt), parce que les premiers baissent l'assiette de la CDHR là où le second est partiellement repris. Ces deux dispositifs sont exigeants (sélection du bien, conduite des travaux, contraintes patrimoniales) : ils relèvent d'un accompagnement spécialisé, jamais d'un achat sur catalogue.

LMNP : un point de vigilance

La location meublée non professionnelle (LMNP) permet d'amortir le bien pour neutraliser le BIC, mais ce n'est pas un levier d'assiette sur le revenu global : le déficit LMNP ne s'impute pas sur vos autres revenus. Et la réforme Le Meur (codifiée à l'article 150 VB III du CGI) réintègre, pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value de cession. Enfin, les prélèvements sociaux du LMNP relèvent d'une zone grise en 2026 : certains praticiens retiennent 17,2 %, l'analyse « produits de placement » tend vers 18,6 %. Nous le signalons et le formulons au conditionnel.

Cinq leviers immobiliers triés par effet sur le RFR. À votre niveau, privilégiez les réductions d'assiette (déficit foncier, MH, démembrement). PS fonciers maintenus à 17,2 % en 2026 ; PS du LMNP en zone grise (à confirmer).
DispositifMécanique fiscaleEffet sur le RFR / la CDHRVerdict anesthésiste
Déficit foncier (nu)Imputation 10 700 €/an sur le revenu globalBaisse le RFREfficace
Monuments HistoriquesDéduction des travaux/charges, hors plafondBaisse le RFREfficace (très hauts revenus)
Nue-propriété / démembrementDécote 25-40 %, aucun loyerN'augmente pas le RFREfficace
MalrauxRéduction d'impôt 22 / 30 %Reprise partielle par la CDHRPartiel
LMNP (meublé)Amortissement du BIC (pas sur revenu global)Pas de baisse du revenu global ; PS en zone griseHors champ CDHR

Pour cadrer le bon dispositif selon votre tranche, voyez l'immobilier de la profession libérale selon sa TMI, les Monuments Historiques, le déficit foncier et le démembrement de propriété et la nue-propriété.

§ 9LEVIER 4 — TRIÉ·3 MIN

Levier n°4 : le capital-investissement bien trié (FPCI vs FIP / FCPI)

Le capital-investissement, c'est le rayon où les commerciaux poussent le plus de « défisc ». Et c'est là qu'on confond deux fonds qui se ressemblent sur la plaquette mais n'ont rien à voir au fisc : le FIP/FCPI d'un côté, le FPCI de l'autre.

FIP / FCPI — réduction laminée

Réduction d'impôt de l'art. 199 terdecies-0 A, dans le plafond des niches de 10 000 € : neutralisée par la CDHR à votre niveau. Pire, le dispositif a été resserré : le taux de droit commun de 18 % est supprimé en 2026 (FIP de métropole et FCPI classiques ne sont plus éligibles, pour les versements effectués respectivement à compter du 1er janvier et du 21 février 2026). Seuls subsistent FIP Corse, FIP Outre-mer et FCPI JEI à 30 %. Ce levier perd doublement son intérêt.

FPCI (163 quinquies B) — exonération, mais risqué

Le FPCI fiscal exonère d'impôt sur le revenu les distributions et la plus-value pour le souscripteur qui conserve ses parts au moins 5 ans (art. 163 quinquies B). Ce n'est PAS une réduction d'impôt : donc PAS neutralisé par la CDHR, plus pertinent pour le profil exposé. Réserves majeures : prélèvements sociaux de 18,6 % dus, et surtout risque de perte en capital et illiquidité longue.

Ne confondez pas 163 quinquies B et 150-0 B ter

Trois numéros qui se télescopent : 163 quinquies B, 150-0 B ter, 150-0 B quinquies. On les voit mélangés dans presque tous les dossiers qui arrivent. L'article 163 quinquies B exonère la plus-value d'un FPCI détenu 5 ans. L'article 150-0 B ter (section 7) reporte la plus-value d'apport de vos propres titres à une holding. L'article 150-0 B quinquies, lui, est marginal pour un anesthésiste. Ce ne sont pas des synonymes : l'un concerne un fonds, l'autre un apport de vos titres. Pour comprendre le capital-investissement et ses risques, voyez le guide du capital-investissement (private equity) et FIP et FCPI 2026 : la réduction d'impôt dans le plafond de 10 000 €.

Note de méthode sur les rendements annoncés

La plaquette affichera un TRI cible à 12 ou 15 %. Méfiance : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un objectif de rendement n'est jamais une garantie : le capital-investissement comporte un risque de perte en capital et une illiquidité longue (parts bloquées plusieurs années). Les projections de ce guide — qu'il s'agisse du PER, de l'immobilier ou d'un fonds — sont des illustrations pédagogiques aux paramètres 2026, à recalculer sur votre situation réelle. La bonne question n'est jamais « combien d'impôt j'efface ? » mais « est-ce que je voudrais cet actif dans mon patrimoine, même sans le moindre avantage fiscal ? ».
§ 10LE CAS CHIFFRÉ·4 MIN

Cas chiffré : un anesthésiste à 380 000 € de RFR

Prenons le dossier qu'on voit le plus souvent arriver en rendez-vous : un anesthésiste libéral de clinique, secteur 2, à 380 000 € de RFR, et appliquons-lui toute la grille. C'est le profil pour lequel le tri par la CDHR fait toute la différence.

Cas n°2 — Dr Thomas, anesthésiste libéral en clinique, secteur 2, RFR ≈ 380 000 €, célibataire

Il exerce en SEL d'anesthésistes, RFR de départ ≈ 380 000 € → largement dans la tranche à 45 % et dans le champ de la CEHR.

Diagnostic CEHR : 3 % × (380 000 − 250 000) = 3 % × 130 000 = 3 900 €. Comme son revenu est aujourd'hui 100 % BNC imposé au barème (taux effectif > 20 %), la CDHR ne se déclenche pas ; elle ne deviendrait un enjeu que s'il percevait des dividendes au PFU.
PER 154 bis : 10 % × min(380 000 ; 384 480) + 15 % × (380 000 − 48 060) = 38 000 + 49 791 = 87 791 € (proche du maximum). Verser ce plafond → économie d'IR ≈ 87 791 × 45 % = 39 506 €.
Effet sur la CEHR : RFR ramené à ≈ 292 209 € → CEHR recalculée 3 % × (292 209 − 250 000) ≈ 1 266 € (≈ 2 634 € de CEHR en moins en prime).
Bascule SEL / IS : s'il laisse 80 000 € de bénéfice dans la société au lieu de se le verser → IS ≈ 42 500 × 15 % + 37 500 × 25 % = 6 375 + 9 375 = 15 750 € d'IS, contre ≈ 80 000 × 45 % = 36 000 € au barème (hors surtaxes). Ce revenu sort du RFR.
Dr Thomas : 380 000 − 87 791 (PER) − 80 000 (non distribués via SEL) − 10 700 (déficit foncier) ≈ 201 500 € de RFR. Il repasse sous le seuil de 250 000 € : la CEHR disparaît. Un revenu 100 % BNC au barème est déjà taxé au-dessus du plancher de 20 %, donc la CDHR ne mord pas ici (elle ne viserait qu'une part de revenu à taux réduit). La bascule SEL/IS suppose une société déjà à l'IS. Illustration aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR.
ScénarioRFR estiméCEHR + CDHRBénéfice non consommé
Sans optimisation≈ 380 000 €CEHR ≈ 3 900 € (CDHR non déclenchée : BNC au barème > 20 %)Tout exposé à 45 %+
PER 87 791 € + non-distribution 80 000 € + déficit foncier 10 700 €≈ 201 500 €CEHR annulée≈ 80 000 € capitalisés à l'IS (15 / 25 %)

Le point essentiel à comprendre : le gain ne vient pas d'une niche. Aucun FIP, aucun Malraux n'aurait produit ce résultat, car ils ne touchent pas le RFR. Le gain vient d'avoir sorti du revenu de la déclaration de l'année (report SEL) et baissé l'assiette (PER, déficit foncier). C'est exactement la leçon de la section 4.

Ce que montre le cas : visez le RFR, pas le taux

Dr Thomas n'a pas « effacé son impôt » avec un produit miracle. Il a reconfiguré la composition de son revenu : une partie capitalisée dans sa SEL (report), une partie transformée en épargne retraite et en patrimoine immobilier (assiette). Résultat : son RFR passe sous le seuil des surtaxes, et le bénéfice non consommé travaille à 15-25 % d'IS au lieu de 45 %+. Le déclic n'a pas été un produit, mais un constat : tant que son revenu reste exposé, c'est le RFR — pas le taux d'une réduction — qu'il faut faire bouger. Et ce mouvement n'a de sens que s'il sert un projet réel (retraite, transmission, diversification) : tout montage doit reposer sur une substance économique réelle, sous peine d'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales).
Hagnéré Patrimoine

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§ 11LE TERRAIN MÉDICAL·3 MIN

Spécificités de l'anesthésiste : CARMF, secteur 1/2, TVA

Quelques particularités propres à la profession méritent d'être posées, parce qu'elles séparent ce qui compte vraiment — votre retraite, largement sous-dotée — de ce qu'on vous vend à tort, la prétendue niche du secteur 2.

La retraite : CNAVPL et CARMF (pas la CARCDSF)

L'anesthésiste-réanimateur est un médecin : il relève donc de la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France), surtout pas de la CARCDSF (qui est la caisse des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes). Concrètement, vous cotisez à un régime de base (CNAVPL) et à la CARMF pour la complémentaire : le régime complémentaire vieillesse (RCV) et l'allocation supplémentaire de vieillesse (ASV, article L. 645 du Code de la sécurité sociale). Pour le secteur 1, une partie de l'ASV est financée par l'Assurance maladie ; le secteur 2 en supporte une part plus élevée. Les valeurs de point et de cotisation 2026 sont à confirmer sur carmf.fr pour votre situation.

Le paradoxe des hauts revenus médicaux : les cotisations sont plafonnées (la complémentaire RCV est écrêtée à 3,5 PASS, soit de l'ordre de 168 210 € en 2026, valeur à confirmer sur carmf.fr) alors que votre revenu, lui, ne l'est pas. Résultat : un taux de remplacement souvent faible au regard de vos revenus d'activité (ordre de grandeur sectoriel, à confirmer pour votre cas). C'est exactement ce que comblent le PER Madelin (section 5) et la capitalisation dans la SEL (section 6) : pour un anesthésiste, défiscaliser et préparer sa retraite sont un seul et même geste. Le détail chiffré sera traité dans un guide dédié « Retraite de l'anesthésiste : anticiper la chute de revenus ».

Secteur 1 / secteur 2, permanence des soins et TVA

Deux points reviennent souvent en rendez-vous. La permanence des soins en zone sous-dense d'abord : les rémunérations de garde perçues à ce titre sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 60 jours par an (article 151 ter du CGI) — un avantage réel mais borné, et plutôt marginal pour l'anesthésiste qui exerce en clinique. Quant à la TVA, vos actes médicaux en sont exonérés (article 261-4-1° du CGI) : c'est le régime de toute la profession, personne n'y gagne un avantage particulier.

Le piège du secteur 2 : aucune niche cachée

Répétons-le clairement, car la confusion est tenace : les dépassements d'honoraires de secteur 2 n'ouvrent droit à aucun régime fiscal de faveur. C'est du BNC imposé plein pot au barème. La différence entre secteur 1 et secteur 2 est sociale (financement de l'ASV par l'Assurance maladie en secteur 1), pas fiscale. Votre marge de manœuvre se trouve dans les vrais leviers de ce guide (PER, SEL / SPFPL, immobilier d'assiette), pas dans un traitement de faveur de vos honoraires. Pour les leviers communs aux médecins fortement imposés, voyez médecin spécialiste dans la tranche à 45 % et le hub frère la défiscalisation du médecin spécialiste.

Qui rédige ce guide

Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré et l'équipe d'Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant basé à Bassens (73000), enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP), adhérent CNCEF Patrimoine. Nous accompagnons des médecins spécialistes — dont des anesthésistes-réanimateurs — et des professions libérales à hauts revenus sur la structuration (SEL, SPFPL), l'optimisation de l'assiette et du RFR, l'immobilier et la transmission. Comme nous sommes rémunérés par le conseil et non par la vente d'un produit en particulier, notre rôle est de trier — y compris de vous dire quand un dispositif ne sert à rien à votre niveau. Cabinet noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis). Pour replacer tout cela dans le cadre du libéral fortement imposé, voyez payer moins d'impôts quand on est une profession libérale à hauts revenus, et la profession sœur du cluster santé, la défiscalisation du chirurgien.

À retenir en 30 secondes

Si vous ne deviez retenir que trois choses. 1) Votre ennemi, c'est votre revenu fiscal de référence et le plancher de 20 % de la CDHR, pas votre taux marginal ni le taux affiché d'un produit. 2) Laissez de côté les réductions d'impôt (FIP, FCPI, Girardin, Malraux), neutralisées à votre niveau, et concentrez-vous sur les réductions d'assiette (PER jusqu'à 88 911 €, déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété) et sur le report (bénéfice capitalisé dans une SEL d'anesthésistes à l'IS, apport-cession 150-0 B ter). 3) Le PER, la SEL et la nue-propriété défiscalisent et rebâtissent une retraite CARMF largement sous-dotée. Et la vraie question n'est jamais « combien d'impôt j'efface ? », mais « est-ce un actif que je voudrais détenir même sans avantage fiscal ? ».
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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction de la CDHR jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité et la décote d'entrée sont à recalculer au simulateur officiel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER et immobilier

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; Madelin prévoyance / santé). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun pour le salarié). Art. 156 et 156 bis CGI (déficit foncier 10 700 € et régime des Monuments Historiques). Art. 199 tervicies CGI (Malraux, réduction d'impôt). Art. 968, 669 et 1133 CGI (nue-propriété, IFI, reconstitution non taxée). Art. 150 VB III CGI (réforme Le Meur du LMNP). Art. 200-0 A CGI et BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 § 110 (plafond des niches et avantages exclus). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

  • Les leviers de report : SEL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Garde-fous : art. L. 64 LPF, CE 24/08/2011 n° 314579, CE 10/07/2019 n° 411474, CE 16/02/2024 n° 472835, Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366, CE 08/04/2025 n° 492154.

  • Capital-investissement, prélèvements sociaux et spécificités médicales

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (réduction FIP / FCPI : taux de droit commun 18 % supprimé en 2026, seuls subsistent FIP Corse, FIP Outre-mer et FCPI JEI à 30 %, dans le plafond des niches). Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FPCI fiscaux). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur PER / FPCI / dividendes, 17,2 % maintenu sur revenus fonciers et assurance-vie. Art. 151 ter CGI (permanence des soins en zone sous-dense, 60 jours/an). Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des actes médicaux). Art. L. 645 CSS (ASV des médecins). CARMF : valeurs de point 2026 à confirmer sur carmf.fr.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il vise l'anesthésiste-réanimateur exerçant en libéral et ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité. Toute structuration (SEL, SPFPL, apport-cession) et tout investissement (immobilier, capital-investissement) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre conseil de l'Ordre. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points — pérennité de la CDHR au-delà de 2026, durcissement du réinvestissement 150-0 B ter, prélèvements sociaux du LMNP, valeurs de point CARMF — sont signalés au conditionnel. L'anesthésiste-réanimateur relève de la CARMF (et non de la CARCDSF). Les investissements en capital-investissement, en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

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Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation de l'anesthésiste-réanimateur en 2026 CDHR, PER, SEL d'anesthésistes, immobilier et capital-investissement.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des anesthésistes libéraux à hauts revenus : salarié ou libéral, ce qu'est la CDHR à 380 k€, pourquoi les réductions ne servent plus, le PER à 88 911 €, la SPFPL et la retraite CARMF. Réponses sourcées et à jour 2026.