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Guide radiologue 202615 minMis à jour 9 juin 2026Cas chiffré 300 000 €

Radiologue en SEL : salaire ou dividendes, le bon arbitrage

Avant même de comparer les taux, une question commande tout votre arbitrage : êtes-vous en SELARL (gérant majoritaire travailleur non salarié) ou en SELAS (président assimilé salarié) ? En SELARL, la fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital rebascule en cotisations TNS. En SELAS — la forme fréquente des groupes d'imagerie — les dividendes du président y échappent en direct, ce qui change la donne pour qui veut sortir des dividendes. Sur une SEL qui dégage 300 000 € de résultat, le bon arbitrage n'est ni tout salaire ni tout dividende : c'est un mix calibré, fiscal, social et patrimonial. Voici la méthode chiffrée, à jour 2026. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur (ORIAS 23002291).

ARBITRAGE RÉMUNÉRATION / DIVIDENDES 2026

Calculer votre mix optimal rémunération / dividendes de radiologue

Audit sur mesure : conséquences patrimoniales du choix de forme SELARL/SELAS, modélisation à l'euro de la séquence rémunération-socle, capitalisation à l'IS et dividende calibré. Règle des 10 %, dividendes SELAS, plafond PER, impact retraite CARMF et pilotage du RFR sous la CEHR et la CDHR intégrés.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Plafond PER et impact retraite CARMF intégrés
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Comparatif SELARL vs SELAS chiffré
  • Surcoût de la règle des 10 % calculé

PFU DIVIDENDES

31,4 %

SEUIL SANS COTIS. (SELARL)

10 %

CHARGES RÉMU SELARL / SELAS

~40-45 / 75-82 %

PLAFOND PER

88 911 €

RÉSULTAT DU CAS

300 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1SELARL OU SELAS·3 MIN

L'essentiel : SELARL ou SELAS, le choix qui commande tout

Le verdict en 30 secondes

  • La forme de votre SEL décide de l'arbitrage avant même les taux : SELARL (gérant majoritaire TNS) ou SELAS (président assimilé salarié).
  • En SELARL : charges rému ~40-45 %, mais la fraction de dividendes > 10 % du capital rebascule en cotisations TNS (art. L. 131-6 CSS).
  • En SELAS : charges rému plus lourdes (~75-82 %), MAIS les dividendes du président échappent, en direct, à la règle des 10 % — point d'arbitrage majeur.
  • Le bon arbitrage est une séquence à quatre étages : rémunération-socle (droits + PER) → capitalisation à l'IS → dividende calibré → pilotage du RFR (CEHR/CDHR).
  • Le PFU des dividendes en 2026 = 31,4 %, pas 30 %.

Chaque fin d'exercice, la même question revient sur la table : « cette année, je me verse une grosse rémunération ou je sors le maximum en dividendes ? » Pour un radiologue, cette question en cache une autre, posée bien plus tôt et qui décide de tout : SELARL ou SELAS ? Contrairement au chirurgien, presque toujours gérant majoritaire d'une SELARL, le radiologue exerce fréquemment au sein d'un groupe d'imagerie structuré en SELAS — où il est président, donc assimilé salarié. Or ce statut change radicalement le sort de ses dividendes. Selon votre forme et votre capital, cet arbitrage pèse facilement 20 000 à 40 000 € par an. Ce guide vous donne la méthode chiffrée, étage par étage, pour calibrer votre mix selon votre forme de société — illustrée sur une SEL qui dégage 300 000 € de résultat.

SELARL — gérant majoritaire = TNS

Le radiologue gérant majoritaire est travailleur non salarié (art. L. 611-1 CSS ; exclu du régime général par l'art. L. 311-3). Ses cotisations TNS sur la rémunération sont de l'ordre de 40 à 45 % — plus légères qu'un assimilé salarié — mais la fraction de dividendes au-delà de 10 % du capital rebascule en cotisations TNS. Le seuil des 10 % est le cœur de l'arbitrage.

SELAS — président = assimilé salarié

Le radiologue président est assimilé salarié (art. L. 311-3 CSS ; rémunération de l'art. 80 ter CGI). Ses charges sur la rémunération sont nettement plus lourdes (de l'ordre de 75 à 82 %), mais sa protection sociale est meilleure et, surtout, ses dividendes ne sont PAS soumis, en l'état du droit, à la règle des 10 % lorsqu'il les perçoit en direct. C'est l'atout des groupes d'imagerie.

Être TNS en SELARL (art. L. 611-1 du Code de la sécurité sociale ; le gérant majoritaire est exclu du régime général réservé aux assimilés salariés par l'art. L. 311-3) signifie deux choses : une rémunération chargée à ~40-45 %, et des dividendes rattrapés au-delà de 10 % du capital (§4). Être président de SELAS, à l'inverse, c'est une rémunération bien plus chargée (~75-82 %), mais des dividendes libres sur le plan social en direct. Dans les deux cas, le régime de retraite reste le même — CNAVPL pour la base, CARMF pour la complémentaire et l'ASV (art. L. 642-1 CSS) — et il est assis sur la rémunération d'activité, jamais sur les dividendes.

Le cadre juridique : ordonnance 2023-77

L'exercice en société des professions libérales réglementées (dont les médecins radiologues) est régi depuis le 1er septembre 2024 par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a remplacé l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990. Le radiologue peut exercer en SELARL (il en est gérant ; majoritaire avec son foyer, il est TNS) ou en SELAS (il en est président, assimilé salarié). Le choix de cette forme — souvent fait au moment de l'installation ou de l'entrée dans un groupe d'imagerie — conditionne tout l'arbitrage qui suit.

Pourquoi le radiologue est souvent en SELAS (et ce que ça implique)

Les groupes d'imagerie médicale, qui mutualisent des plateaux techniques lourds (IRM, scanner) et regroupent plusieurs praticiens, sont fréquemment structurés en SELAS : la souplesse statutaire de la forme par actions facilite l'entrée et la sortie d'associés, l'ouverture du capital et la gouvernance à plusieurs. Conséquence patrimoniale : le radiologue président peut sortir des dividendes sans déclencher la règle des 10 % en direct, là où son confrère chirurgien en SELARL serait rattrapé. Cet avantage est réel, mais il faut l'exposer honnêtement (§4) : il tient à l'état du droit, et une convergence des régimes est régulièrement discutée. Pour le choix de la forme elle-même, voyez nos guides SELARL ou SELAS : le choix de forme qui commande l'arbitrage et la SPFPL du radiologue.

Hagnéré Patrimoine

Votre SEL est-elle dans la bonne forme pour le bon arbitrage ?

Un CGP audite votre statut (SELARL ou SELAS), votre capital et votre TMI, puis chiffre la séquence rémunération-socle, capitalisation à l'IS et dividende calibré.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2AVANT IS / APRÈS IS·2 MIN

L'asymétrie de base : la rémunération sort avant l'IS, le dividende après

Quelle que soit la forme de votre SEL, avant de comparer les taux il faut comprendre le moment où l'impôt tombe. Toute la différence entre rémunération et dividende tient à ce décalage : l'une se prélève avant l'impôt sur les sociétés, l'autre après. Comparer « 1 € de salaire » et « 1 € de dividende » brut à brut, c'est comparer deux euros qui ne sont pas passés par les mêmes guichets : l'un avant l'IS, l'autre après.

La rémunération — charge déductible (avant IS)

Elle réduit le bénéfice taxable à l'IS (art. 211 CGI), à deux conditions : un travail effectif et un montant non excessif (art. 39, 1-1° CGI). Imposée chez vous en traitements et salaires (art. 62 CGI en SELARL, art. 80 ter en SELAS), avec l'abattement de 10 %. Elle ouvre des droits retraite (CNAVPL + CARMF), une prévoyance et le plafond PER. En contrepartie, elle supporte les charges sociales (~40-45 % en SELARL, ~75-82 % en SELAS) puis l'IR au barème.

Le dividende — prélevé après IS

Il sort du résultat APRÈS l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % — art. 219, I-b CGI), donc déjà amputé. Il ne réduit pas la base IS et n'ouvre aucun droit social. À la distribution : PFU 31,4 %. En SELARL, la fraction > 10 % du capital rebascule en cotisations TNS ; en SELAS, le dividende du président reste au PFU en direct.

Le double étage de taxation du dividende

Résultat de la SEL
   −  IS  (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %)
   =  bénéfice distribuable

Distribution à l'associé :
   • SELARL, fraction ≤ 10 % du capital + primes + CCA
        −  PFU 31,4 %  =  net
   • SELARL, fraction > 10 %
        −  cotisations TNS (~40-45 %) + IR au barème  =  net
   • SELAS (président), en direct
        −  PFU 31,4 %  =  net  (pas de règle des 10 %)

Le dividende a TOUJOURS subi l'IS au niveau de la société avant d'arriver chez vous. C'est pourquoi un dividende « à 31,4 % » coûte en réalité davantage : il faut ajouter l'IS payé en amont. La rémunération, elle, échappe à l'IS (elle est déductible).

Le piège de la comparaison brut à brut

« Le dividende, c'est 31,4 %, la rémunération c'est 45 % (ou 80 %) de charges : le dividende gagne. » Ce raccourci est faux. D'abord parce que le dividende a déjà supporté l'IS dans la société (jusqu'à 25 %), alors que la rémunération est déductible. Ensuite parce que la rémunération « achète » des droits (retraite, prévoyance, plafond PER) que le dividende n'achètera jamais (§3). Et enfin, en SELARL, parce qu'au-delà du seuil des 10 %, vous cumulez l'IS payé en amont et les cotisations TNS, sans la moindre contrepartie en droits. Notez au passage que la CSG est déductible de 6,8 points sur la rémunération soumise au barème (art. 154 quinquies CGI).
§ 3CE QUE LA RÉMU ACHÈTE·3 MIN

Ce que seule la rémunération « achète » (et que le dividende n'ouvre jamais)

En rendez-vous, neuf fois sur dix, le radiologue ne regarde qu'une chose : le net après impôt à l'instant T — ce qui lui reste dans la poche ce mois-ci. C'est exactement là qu'on se trompe de question. Cet angle fait oublier tout ce que la rémunération construit dans le temps, et que le dividende, lui, ne construit jamais — que vous soyez en SELARL ou en SELAS : un dividende ne valide aucun trimestre, n'acquiert aucun point CARMF, n'ouvre ni prévoyance ni indemnités journalières, et n'alimente pas d'un euro votre plafond PER.

Mémo express

Ce que seule la rémunération construit

  • Des droits à la retraite (base CNAVPL + complémentaire RCV et ASV CARMF, art. L. 642-1 CSS) : un dividende ne valide aucun trimestre, n'acquiert aucun point.
  • Une prévoyance (indemnités journalières, invalidité, décès) : le dividende n'ouvre aucune couverture.
  • Un plafond PER / Madelin déductible : la rémunération est l'assiette du PER ; le dividende n'y contribue pas d'un euro.
Se verser de la rémunération OUVRE le plafond PER (jusqu'à 88 911 € déductibles à la TMI) ; le dividende, non. Le PASS 2026 est de 48 060 €, 8 PASS = 384 480 €. Pour un bénéfice de 300 000 € (inférieur à 8 PASS), le plafond PER ressort à environ 67 800 € (le maximum de 88 911 € n'étant atteint qu'à partir d'un bénéfice de 384 480 €). Ce plafond se calcule sur le bénéfice imposable : une rémunération déductible élevée le réduit d'autant.
LevierArticleCe que la rémunération ouvre (2026)
PER / Madelin retraiteArt. 154 bis CGI10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS — plancher 4 806 €, plafond jusqu'à 88 911 €
Madelin prévoyance / santéArt. 154 bis CGI7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à ~11 534 €
Droits retraite CARMFArt. L. 642-1 CSSTrimestres validés + points RCV et ASV — un dividende n'en valide aucun

Rémunération + PER : le combo que le tout-dividende détruit

Prenez un euro de rémunération à 45 % de TMI, logé dans un PER du libéral (jusqu'à 88 911 € déductibles) : c'est environ 45 % d'impôt évité. En prime, du patrimoine retraite qui se constitue et, pour un TNS (gérant majoritaire de SELARL) qui déduit au titre de l'article 154 bis, un RFR qui baisse (donc moins de CEHR/CDHR, §10). Président de SELAS, vous versez au titre de l'article 163 quatervicies (plafond plus bas) : le versement baisse votre impôt, mais il est réintégré dans le RFR (article 1417, IV, 1°, a du CGI). Le tout-dividende, à l'inverse, ferme cette porte : pas de plafond PER, pas de droits. Avant de fuir les cotisations, regardez ce que vous perdez sur la retraite du radiologue, qu'un dividende n'alimente jamais. La CARMF ne suffisant déjà pas à compenser la chute de revenus au départ, c'est un arbitrage à ne pas prendre à la légère.

À retenir

Le vrai coût du tout-dividende

Se payer 100 % en dividendes, c'est troquer un gain fiscal immédiat — souvent illusoire en SELARL pour un capital faible — contre une retraite et une prévoyance amputées. La rémunération coûte cher en charges, mais elle rachète ce coût en droits. Le dividende, non. Y compris en SELAS, où le dividende est pourtant « libre » socialement : libre ne veut pas dire gratuit en droits.
§ 4LA RÈGLE DES 10 %·3 MIN

Le cœur du sujet : la règle des 10 %, SELARL vs SELAS

La règle des 10 % en 30 secondes

  • SELARL (gérant majoritaire TNS) : la fraction de dividendes au-delà de 10 % du capital + primes + compte courant rebascule en cotisations TNS (art. L. 131-6 CSS). En dessous : PFU 31,4 %.
  • SELAS (président) : selon l'analyse dominante, hors du champ de la règle en direct — PFU 31,4 % seul. Lecture aujourd'hui débattue : à manier au conditionnel.
  • Capital faible = seuil dérisoire : à 10 000 € de capital, le seuil n'est que de 1 000 € — d'où l'intérêt de capitaliser plutôt que de distribuer en masse.
  • La SPFPL ne fait pas écran sur le social pour l'associé TNS (Cass. 19 octobre 2023).

« Les dividendes, c'est juste le PFU, pas de charges. » C'est la phrase qu'on entend dès qu'un radiologue découvre sa SEL. Vraie pour un président de SELAS. Fausse, et coûteuse, pour un gérant majoritaire de SELARL — et c'est précisément là que le choix de forme se paie.

La règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS) — SELARL uniquement

Dividendes + intérêts de CCA versés à l'associé TNS
(gérant majoritaire de SELARL) :

  • Fraction ≤ 10 % de (capital social libéré
      + primes d'émission + solde moyen du CCA)
        →  PFU 31,4 %  (pas de cotisations TNS)

  • Fraction > 10 %
        →  réintégrée dans l'assiette des
           COTISATIONS TNS (~40-45 %) + IR au barème

  • Président de SELAS (assimilé salarié)
        →  PFU 31,4 % en direct, hors règle des 10 %
  • Capital + primes :appréciés au dernier jour de l'exercice précédant la distribution
  • CCA :compte courant d'associé, retenu pour son solde moyen annuel
  • Périmètre :par associé exerçant TNS, conjoint / PACS / enfants mineurs inclus

La règle ne vise QUE le travailleur indépendant (gérant majoritaire de SELARL). Le président de SELAS, assimilé salarié, en est hors champ lorsqu'il perçoit ses dividendes en direct.

En SELARL, capital faible = seuil dérisoire

Imaginons une SELARL au capital de 10 000 €, sans prime ni compte courant : le seuil des 10 % vaut 1 000 €. Si le radiologue se distribue 50 000 € de dividendes, seuls 1 000 € profitent du PFU à 31,4 % ; les 49 000 € restants — soit 98 % de la distribution — sont réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS, comme un revenu d'activité. Sur une SELARL capitalisée à 10 000 €, distribuer en masse n'a donc plus aucun sens : autant laisser le bénéfice capitaliser à l'IS (§6). En SELAS, ce piège n'existe pas pour le président.

L'atout SELAS : à manier avec lucidité

Selon l'analyse dominante, les dividendes du président de SELAS ne sont pas soumis à la règle des 10 % lorsqu'il les perçoit en direct : sur le texte, l'art. L. 131-6 CSS vise les seuls travailleurs indépendants (gérant majoritaire de SELARL), et le président de SELAS, assimilé salarié, est hors de ce champ littéral — il percevrait alors ses dividendes au seul PFU de 31,4 %. Mais ce point est aujourd'hui débattu, et pas seulement au titre d'une réforme future : depuis la redéfinition de l'associé exerçant de SEL (ordonnance 2023-77) et la LFSS 2024, un courant doctrinal soutient que les dividendes de l'associé exerçant en SELAS pourraient eux aussi entrer dans l'assiette des cotisations au-delà de 10 % ; ni la loi de façon limpide, ni la Cour de cassation pour le cas SELAS, ne l'ont tranché. Nous formulons donc cet avantage au conditionnel renforcé : il existe dès aujourd'hui une divergence d'analyses, et une convergence des régimes SELARL/SELAS est en outre discutée presque chaque année en loi de financement de la sécurité sociale. Ne bâtissez pas une stratégie de long terme sur cette lecture. Et attention : si vous logez vos titres sous une SPFPL, la holding ne fait pas écran pour l'associé TNS (Cass. 19 octobre 2023, §9).

Deux précisions de méthode, valables en SELARL. D'abord, la fraction excédentaire bascule en cotisations TNS en plus de l'IR au barème, mais elle n'est pas, en plus, soumise aux 18,6 % de prélèvements sociaux des dividendes : il n'y a pas de double prélèvement social sur la même fraction. Ensuite, l'abattement de 40 % (art. 158 CGI) ne joue que pour l'IR au barème ; l'assiette sociale, elle, retient le dividende brut à 100 %. Sur le fond, la règle est solide : le Conseil constitutionnel l'a validée (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010), et le décret d'application (n° 2009-423) a été confirmé par le Conseil d'État (27 mai 2011, n° 328905).

Le mécanisme mérite d'être compris fraction par fraction. Nous l'avons détaillé, avec le calcul de l'assiette et des cas chiffrés, dans le guide dédié Dividendes de SEL et cotisations sociales : l'article L. 131-6 CSS, fraction par fraction.

En SELARL, faut-il augmenter le capital pour relever le seuil ?

Puisque le seuil dépend du capital, des primes et du compte courant, on peut le relever en jouant sur ces trois leviers. C'est légitime — mais attention au garde-fou de l'abus de droit fiscal (art. L. 64 du Livre des procédures fiscales) : l'augmentation de capital doit être réelle et justifiée, pas un montage cosmétique destiné au seul contournement des cotisations. Il faut aussi peser le coût (formalités, irréversibilité : sortir le capital exige ensuite une réduction de capital). En pratique, le compte courant d'associé est souvent le levier le plus souple : il relève le seuil sans bloquer durablement la trésorerie. À arbitrer avec votre expert-comptable et au regard de votre stratégie de trésorerie de SELARL ou de SCM.

§ 5PFU 31,4 %·2 MIN

La fiscalité du dividende : PFU 31,4 %, pas 30 %

On lit encore partout « flat tax à 30 % ». En 2026, le compte n'y est plus : la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Le PFU des dividendes n'est donc plus à 30 %, mais à 31,4 %. Le décompte, ligne par ligne :

Un dividende n'est JAMAIS à 17,2 % : ce taux de PS vise l'assurance-vie, les contrats de capitalisation, le foncier nu et les plus-values immobilières. La hausse de CSG de +1,4 point au 01/01/2026 ne touche que les revenus du capital financiers (dividendes, intérêts, plus-values mobilières). Ce PFU de 31,4 % vaut pour le dividende sous le seuil en SELARL comme pour le dividende du président de SELAS.
ComposanteTauxBase
IR (PFU)12,8 %Art. 200 A CGI
CSG10,6 %Art. L. 136-8 CSS (relevée par la LFSS 2026)
CRDS0,5 %Contribution au remboursement de la dette sociale
Prélèvement de solidarité7,5 %Inchangé
Total PFU dividendes31,4 %12,8 IR + 18,6 PS

Et surtout : un dividende n'est jamais à 17,2 %

L'autre confusion fréquente : appliquer au dividende le taux de 17,2 %. Ce taux réduit est réservé à l'assurance-vie, aux contrats de capitalisation, au foncier nu et aux plus-values immobilières. Un dividende, lui, supporte 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 01/01/2026. Le détail de cette dualité — pourquoi un dividende est à 18,6 % quand l'assurance-vie reste à 17,2 % — figure dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : pourquoi un dividende supporte 18,6 % (et non 17,2 %).

Option barème : presque toujours perdante à votre TMI

Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème (option globale au niveau du foyer). Vous gagnez alors l'abattement de 40 % sur le dividende (art. 158, 3-2° CGI, réservé à l'option barème — jamais avec le PFU) et la CSG déductible de 6,8 points l'année suivante (art. 154 quinquies CGI). Mais le dividende s'ajoute alors à vos autres revenus et grimpe dans votre tranche : pour un radiologue à 45 % de TMI, l'option est presque toujours perdante. Note pratique : un acompte d'IR de 12,8 % est prélevé à la source à la distribution, sauf dispense sous condition de RFR (art. 117 quater CGI).
§ 6LA MÉTHODE À 4 ÉTAGES·3 MIN

La méthode : un arbitrage à quatre étages, dans l'ordre

Quand un confrère me demande « alors, combien je me verse ? », je ne réponds jamais par un chiffre. Je lui dessine quatre étages sur un coin de table, dans cet ordre — et là, au lieu d'un pari de fin d'exercice fait au doigt mouillé avec l'expert-comptable la veille de l'AG, on a quatre nombres qu'on pose les uns après les autres. La séquence vaut en SELARL comme en SELAS ; seul l'étage 3 (le dividende) se calibre différemment.

Étage 1 · Rémunération-socle

Se verser le revenu de vie, ouvrir les droits (retraite CNAVPL/CARMF, prévoyance) et saturer le plafond PER/Madelin (jusqu'à 88 911 €, art. 154 bis CGI). C'est le seul étage qui construit des droits. Coût : ~40-45 % de charges en SELARL, ~75-82 % en SELAS, puis l'IR au barème.

Étage 2 · Capitalisation à l'IS

Laisser le résultat non nécessaire dans la SEL : il n'est imposé qu'à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), souvent bien moins que votre TMI (45 %). Réinvesti via une trésorerie placée ou un contrat de capitalisation détenu par la société.

Étage 3 · Dividende calibré

En SELARL : distribuer sous (ou autour de) le seuil des 10 % — au-delà, cotisations TNS sans droits. En SELAS : le président peut distribuer plus librement, au seul PFU 31,4 %, sans rattrapage social en direct (à manier au conditionnel).

Étage 4 · Pilotage du RFR

Doser l'ensemble pour rester sous les seuils hauts revenus (CEHR, CDHR). Le PER déduit du bénéfice (TNS, art. 154 bis), le déficit foncier et la capitalisation en SEL abaissent le RFR ; rémunération et dividende le gonflent. C'est le réglage fin (§10).

À retenir

L'ordre des versements compte plus que le montant

On commence par fixer une rémunération juste suffisante : elle couvre le revenu de vie, ouvre les droits sociaux et sature le plafond PER. Le résultat résiduel reste alors dans la société, capitalisé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), au lieu d'être sorti à perte. Le dividende ne vient qu'ensuite, calibré sous le seuil des 10 % en SELARL (plus librement en SELAS). Et tout au bout, on règle le RFR pour passer sous les seuils de la CEHR et de la CDHR. C'est cet ordre qui sépare le radiologue qui découvre ses cotisations sur son avis d'appel URSSAF en N+1 de celui qui les avait provisionnées dès la distribution.

Pourquoi il n'y a pas de seuil universel

Le « combien me verser » dépend de cinq variables : votre forme de société (SELARL/SELAS), votre besoin de revenu, votre plafond PER, votre TMI et la structure de votre capital. Aucun montant passe-partout ne vaut pour tout le monde. Plutôt que de tout distribuer, on préfère souvent capitaliser le bénéfice non distribué dans la SEL et le faire fructifier à l'IS, puis réinvestir intelligemment le dividende calibré via une SPFPL une fois sorti.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE mix optimal, à l'euro près ?

Un CGP modélise votre cas — forme de société, résultat, capital, TMI, besoin de revenu — et calcule la séquence rémunération / capitalisation / dividende, plafond PER, provision des cotisations et impact retraite CARMF inclus.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7CAS CHIFFRÉ 300 000 €·5 MIN

Cas chiffré : radiologue, SEL à 300 000 € de résultat

Le cas en 30 secondes

  • A · SELARL « tout dividende » : sur un capital de 10 000 €, la règle des 10 % rattrape ~228 000 € en cotisations TNS. Tout payé (IS + cotisations + IR), aucun droit acquis.
  • B · SELAS, dividende de 100 000 € : PFU 31,4 % seul (~31 400 €) selon l'analyse dominante — un levier réel, mais débattu et stérile en droits.
  • C · le mix à quatre étages (les deux formes) : rémunération-socle + capitalisation à l'IS + dividende calibré + RFR piloté. Il bat A et B sur le net, les droits ET le RFR.

Prenons une situation typique et comparons deux radiologues à résultat identique — 300 000 € — l'un en SELARL, l'autre en SELAS, pour faire ressortir l'effet de la forme. Un avertissement avant de lire les chiffres : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, arrondis exprès pour que la logique saute aux yeux. Le taux de charges retenu (de l'ordre de 43 % en SELARL, 78 % en SELAS sur la rémunération nette) est une simplification : il varie selon le niveau de revenu et la dégressivité au-delà des plafonds.

Les hypothèses communes

Résultat avant rémunération et avant IS = 300 000 €. Capital social 10 000 €, pas de compte courant significatif → seuil des 10 % ≈ 1 000 € (pertinent uniquement en SELARL). Célibataire, TMI 45 %. On compare trois trajectoires : Dr Inès en SELARL « tout dividende » (A), Dr Karim président de SELAS qui sort des dividendes (B), et le mix optimal applicable aux deux formes (C).

Scénario A · SELARL, capital 10 000 €, « tout dividende »

Dr Inès — le tout-dividende qui se retourne

Inès, gérante majoritaire de sa SELARL, se verse une rémunération minimale et veut tout sortir en dividendes. Le résultat passe d'abord par l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà, soit environ 70 750 € d'IS sur 300 000 €, laissant ~229 000 € distribuables.

Puis le couperet de la règle des 10 % : son seuil vaut 1 000 €. Seuls ces 1 000 € profitent du PFU à 31,4 %. Les ~228 000 € restants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS — soit, à ~43 %, de l'ordre de 98 000 € de cotisations (ordre de grandeur, hors dégressivité au-delà des plafonds), auxquelles s'ajoute encore l'IR au barème sur cette fraction requalifiée en revenu d'activité. Bilan : elle empile l'IS, les cotisations TNS et l'IR sur le même euro, sans valider un seul trimestre ni acquérir un seul point CARMF.

Le piège : sur un capital faible, « tout dividende » en SELARL coûte plus cher qu'un mix équilibré, et sans en ouvrir les droits. On en paie le prix sans en toucher la contrepartie.

Scénario B · SELAS, président, groupe d'imagerie

Dr Karim — le dividende de SELAS, sans rattrapage social

Karim est président d'une SELAS au sein d'un groupe d'imagerie. Même résultat de 300 000 €, même IS (~70 750 €), ~229 000 € distribuables. Il est assimilé salarié : selon l'analyse dominante, la règle des 10 % ne le concerne pas lorsqu'il perçoit ses dividendes en direct. Dans cette lecture, s'il décide de sortir 100 000 € de dividendes, ceux-ci supporteraient le seul PFU à 31,4 % = 31 400 €, soit un net de 68 600 €, sans cotisation sociale sur cette distribution. C'est l'atout structurel mis en avant pour la SELAS. Mais cette lecture est aujourd'hui débattue (§4) : un courant doctrinal soutient, depuis l'ordonnance 2023-77 et la LFSS 2024, que la fraction au-delà de 10 % pourrait être réintégrée même pour l'associé exerçant de SELAS — auquel cas le « zéro cotisation » tomberait. À chiffrer au conditionnel et à faire valider avant toute décision.

Deux caveats, à dire franchement. Premièrement, ce dividende n'ouvre toujours aucun droit : ni point de retraite, ni couverture invalidité-décès, ni assiette pour son PER. Karim doit donc garder une rémunération-socle suffisante pour ses droits, malgré ses charges élevées (~75-82 %). Deuxièmement, s'il loge ses titres sous une SPFPL, la situation se complexifie et la holding ne fait pas écran sur le plan social pour un associé TNS (§9) — un point à vérifier selon la structure exacte du groupe.

À retenir : en SELAS, le dividende est « libre » socialement en direct, mais il reste au conditionnel (convergence des régimes discutée) et stérile en droits. C'est un levier, pas un repas gratuit.

Scénario C · Le mix optimal — le verdict

La méthode des quatre étages (SELARL comme SELAS)

Que l'on soit Inès ou Karim, on applique la séquence. Étage 1 : une rémunération-socle qui couvre le train de vie et alimente le PER (plafond de l'ordre de 67 800 € déductibles à 45 %, art. 154 bis CGI, calculé sur un bénéfice de 300 000 €), tout en validant trimestres et points CARMF. Attention : ce plafond se calcule sur le bénéfice imposable ; une rémunération-socle importante, déductible, réduit le bénéfice et donc, mécaniquement, l'assiette du plafond PER de l'année.

Étage 2 : le résultat résiduel capitalise à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) plutôt que d'être distribué à perte — il financera demain un équipement d'imagerie, une trésorerie placée ou le rachat de parts d'un associé. Étage 3 : le dividende est calibré sous le seuil des 10 % en SELARL (Inès), ou distribué plus librement au PFU en SELAS (Karim, en gardant sa rému-socle). Étage 4 : grâce au PER et à la capitalisation, le RFR reste maîtrisé, sous (ou au plus près) des seuils de la CEHR et de la CDHR.

Résultat : moins de charges « pour rien », des droits retraite réellement construits, de l'impôt reporté sur le résultat capitalisé, et un RFR piloté. Le gain net se chiffre dossier par dossier, mais le mix C bat le tout-salaire et le tout-dividende sur les trois plans qui comptent : net, droits, RFR.

Synthèse sur 300 000 € de résultat (ordres de grandeur pédagogiques, hors dégressivité ; capital 10 000 €, célibataire TMI 45 %). La SELAS facilite la sortie de dividendes (B) selon l'analyse dominante — lecture aujourd'hui débattue (§4) —, mais aucune forme ne dispense de la rémunération-socle qui ouvre les droits. Le mix C gagne parce qu'il combine droits préservés, impôt reporté et RFR piloté.
CritèreA · SELARL tout dividendeB · SELAS dividende 100 kC · Le mix (les deux formes)
IS payé dans la société~70 750 € (15/25 %)~70 750 € (15/25 %)Modéré (sur le résiduel capitalisé)
Charges sociales sur la distributionÉlevées (~98 000 € sur la fraction > 10 %, ordre de grandeur, hors dégressivité)Nulles sur le dividende selon l'analyse dominante (PFU seul) — mais lecture débattue, cf. §4Calibrées sur la rémunération-socle
PFU sur le dividendeSur 1 000 € seulement31 400 € (sur 100 000 €)Sur le dividende calibré
PER constitué0 € (dividende = pas de plafond)0 € si pas de rému-socleAlimenté (plafond ~67 800 € sur un bénéfice de 300 000 €)
Droits CARMFAucunAucun sur le dividendePréservés (via la rému)
VerdictTout payé, rien acquisLevier réel mais stérile en droitsOptimal

Note de méthode : ces chiffres sont des simulations, pas une promesse

Les montants ci-dessus sont des modélisations pédagogiques, volontairement arrondies pour faire ressortir la logique de l'arbitrage. Ils reposent sur des hypothèses simplificatrices (charges sociales moyennes, capital de 10 000 €, célibataire à 45 % de TMI, résultat de 300 000 €) : les taux réels dépendent de votre niveau de revenu, de votre forme de société et de la dégressivité au-delà des plafonds, et votre situation familiale modifie tous les seuils. Aucun résultat ne peut être transposé tel quel à votre dossier : seule une modélisation individualisée à l'euro près, refaite chaque année à la lumière de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale, donne le mix juste. Le réglage de l'an dernier n'est jamais celui de cette année.

En SELARL, le choc de trésorerie : provisionnez les cotisations N+1/N+2

Les cotisations TNS de l'année N ne sont pas prélevées tout de suite : elles font l'objet d'un appel provisionnel, puis d'une régularisation en N+1, voire N+2. Si vous distribuez un gros dividende au-delà du seuil des 10 % en SELARL, les cotisations correspondantes tomberont plus tard — et gare si vous les avez déjà dépensées. Règle de prudence : bloquez de l'ordre de 40 à 45 % de la fraction excédentaire dès la distribution, sans y toucher. Attention aussi à la réforme de l'assiette des cotisations TNS (décrets 2024-688 et 2025-708, applicable à compter de 2026 sur les revenus 2025) qui modifie le calcul : ne bloquez pas un taux dans le marbre, et provisionnez large — quitte à vous retrouver avec un peu de mou en N+1, c'est toujours mieux que l'inverse.
§ 8VACATION EN BNC·2 MIN

L'angle mort à sécuriser : la vacation en BNC (CE 8 avril 2025)

Un sujet distinct de l'arbitrage dividendes, mais à cadrer dès la paie : depuis 2025, la rémunération du radiologue associé de SEL change de catégorie fiscale. En pratique, je vois rarement un radiologue qui ne confonde pas ce point avec la règle des 10 % sur les dividendes — alors que les deux n'ont rien à voir. Et les mélanger coûte cher au contrôle. Le sujet est d'autant plus sensible pour le radiologue que les vacations et la téléradiologie sont au cœur de son activité technique.

Par son arrêt du 8 avril 2025 (CE, 8e-3e ch., n° 492154), le Conseil d'État a annulé la tolérance des 5 % qui figurait au paragraphe 550 de la doctrine BOI-RSA-GER-10-30. Conséquence : la rémunération de votre activité technique d'exercice (les actes d'imagerie, les vacations dans d'autres établissements, la téléradiologie) est imposée en BNC (art. 92 CGI ; rescrit BOI-RES-BNC-000136), dès les revenus 2024. Seule la rémunération du mandat de gérance (en SELARL ; ou de la présidence en SELAS, art. 80 ter) reste imposée comme un revenu de dirigeant. La ventilation entre les deux doit désormais être justifiée individuellement et factuellement, plus par une clé forfaitaire.

À marteler : cela ne touche QUE la rémunération, jamais les dividendes

Il n'existe aucune « requalification de dividendes en BNC ». Les dividendes restent des revenus de capitaux mobiliers (RCM), soumis au PFU (et, en SELARL, aux cotisations TNS au-delà du seuil des 10 %). Ce sont deux réformes totalement distinctes : l'une est fiscale (la rémunération technique passe en BNC) ; l'autre est sociale (la fraction de dividendes > 10 % du capital bascule en cotisations, en SELARL). Concrètement : la BNC, c'est l'affaire de votre expert-comptable sur la déclaration 2035 ; la règle des 10 %, c'est le procès-verbal d'AG qui décide du dividende. Ne laissez personne vous dire que c'est le même sujet.

Mémo express

Checklist anti-requalification de votre rémunération

  • Documentez les actes de direction réels (dates, décisions, procès-verbaux) pour justifier la part « mandat / présidence ».
  • Justifiez la ventilation technique (vacations, téléradiologie) / mandat de façon factuelle — pas une clé forfaitaire de 5 %.
  • Coordonnez-vous avec votre expert-comptable dès la constitution et à chaque clôture.
  • Pour le choix de la structure et le passage en société, voyez BNC ou SELARL : quand passer en société devient réellement intéressant.
§ 9LA SPFPL NE FAIT PAS ÉCRAN·2 MIN

La SPFPL ne fait pas écran sur le social (mais reste utile)

« Je loge ma SEL sous une SPFPL, les dividendes remontent à la holding, donc j'échappe aux cotisations sur la fraction des 10 %. » Je l'entends quasiment à chaque rendez-vous de structuration, souvent dit avec l'air de celui qui a trouvé le tour de passe-passe que les autres ont raté. La Cour de cassation l'a fermé en 2023 — pour l'associé TNS de SELARL.

Dans son arrêt du 19 octobre 2023 (Cass. 2e civ. n° 21-20.366, publié au bulletin), la Cour a jugé que les bénéfices de la SEL où le travailleur indépendant exerce entrent dans l'assiette de ses cotisations (art. L. 131-6 CSS) même lorsqu'ils sont distribués à la SPFPL qui détient le capital, « peu important leur perception effective » par l'associé. Les faits : un chirurgien-dentiste, associé d'une SELARL détenue à 1 % en direct et 99 % via sa SPFPL. Pourvoi rejeté : la holding ne fait pas écran sur le social pour l'associé TNS.

Mémo express

La SPFPL : utile, mais pas pour neutraliser le social

  • Pour un associé TNS (gérant majoritaire de SELARL), elle ne neutralise pas le seuil des 10 % : les dividendes restent dans l'assiette TNS de l'exerçant.
  • Elle conserve d'autres atouts réels : régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI, quote-part de 5 % → frottement d'IS d'environ 1,25 %), réinvestissement, rachat de parts dans un groupe d'imagerie, préparation de la transmission.
  • On monte une SPFPL le jour où un confrère part et qu'il faut lui racheter ses parts, ou quand on prépare la relève du groupe d'imagerie. Jamais pour effacer la règle des 10 % : ça, ça ne marche pas.

Une nuance doctrinale à manier avec prudence

Une réponse ministérielle au Sénat (n° 02878 du 27/02/2025, question Anglars) a précisé que l'arrêt de 2023 ne saurait être regardé comme un arrêt de principe et qu'il ne convient pas d'en tirer de conséquences générales — elle porte sur l'assiette des cotisations TNS dans le cas SPFPL, et ne tranche pas le sort des dividendes du président de SELAS. Le champ exact de l'art. L. 131-6 CSS pour l'associé exerçant de SELAS reste discuté : un courant doctrinal récent va plutôt dans le sens d'un assujettissement possible de la fraction au-delà de 10 %, y compris en SELAS — c'est précisément l'incertitude exposée au §4. Ces analyses relèvent de la doctrine (non jurisprudentielle) : nous les signalons au conditionnel et ne fondons aucune stratégie dessus. La règle solide, c'est l'arrêt de 2023 pour l'associé TNS de SELARL. Pour structurer correctement la holding, voyez notre guide dédié SPFPL pour radiologue : structurer et investir ses dividendes.
§ 10CEHR / CDHR·2 MIN

À 300k, la vraie bataille : CEHR et CDHR

L'arbitrage rémunération/dividende n'est pas qu'une affaire de cotisations : c'est aussi un levier sur votre revenu fiscal de référence (RFR) — le quatrième étage de la méthode. À 300 000 € de résultat, vous êtes dedans, point. La CEHR et la CDHR ne sont plus un risque théorique : que vous soyez en SELARL ou en SELAS, elles sont sur votre avis d'imposition.

La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus), créée par la LF 2025 (loi 2025-127, non censurée sur ce point, Cons. const. n° 2025-874 DC) puis reconduite par la LF 2026 (loi 2026-103, non censurée sur ce point, Cons. const. n° 2026-901 DC), garantit une imposition minimale de 20 % du RFR. Le détail de son calcul (décote, revenus exceptionnels) est commenté au BOFiP depuis le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30) ; sa pérennité au-delà de 2026 reste à suivre.
ContributionArticleDéclenchement (RFR)Taux
CEHRArt. 223 sexies CGI> 250 k / 500 k € (cél.) ; 500 k / 1 M € (couple)3 % puis 4 %
CDHRArt. 224 CGI> 250 k € (cél.) / 500 k € (couple)Imposition minimale 20 % du RFR

Le mécanisme de la CDHR mérite une précision, formulée au conditionnel car le périmètre fin évolue : au-delà des seuils, l'administration compare votre imposition réelle à un plancher de 20 % du RFR ; si vous êtes en dessous, vous payez la différence. Un système de décote lisse l'entrée dans le dispositif, et un acompte est dû en fin d'année. Les références (LF 2025, LF 2026, et les deux décisions du Conseil constitutionnel) sont solides ; c'est le réglage annuel du barème qu'il faut vérifier chaque année. Un gros dividende exceptionnel — facile à sortir en SELAS — peut, à lui seul, faire franchir un seuil : mieux vaut donc le lisser sur deux ou trois exercices que de tout sortir l'année où vous vendez une part du groupe.

Capitaliser à l'IS plutôt que distribuer = ne pas gonfler son RFR

Voici l'effet d'arbitrage clé : rémunération ET dividende gonflent tous deux votre RFR et vous tirent vers la CEHR et la CDHR. À l'inverse, le PER déduit du bénéfice (art. 154 bis, gérant majoritaire de SELARL), le déficit foncier et la capitalisation à l'IS (un bénéfice laissé dans la SEL n'entre pas dans votre RFR personnel) l'abaissent. Un dividende exceptionnel et massif peut, à lui seul, faire franchir un seuil ; un dividende réparti dans le temps et combiné à la capitalisation l'évite.

L'arbitrage s'inscrit dans une séquence patrimoniale

Caler le mix rémunération/dividende, c'est la première brique, pas le toit. Une fois qu'il tient, le vrai travail patrimonial démarre : on enchaîne sur la SPFPL du radiologue, la trésorerie de la SEL ou de la SCM, le PER et le pilotage global des impôts. Pour creuser la CEHR et la CDHR, voyez CEHR et CDHR : les seuils 250 k / 500 k € et le cas du médecin spécialiste face à la CDHR. Le même arbitrage, côté chirurgien en SELARL et côté médecin généraliste, complète le tableau.
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Sources et références légales

  • CSS — statut social, règle des 10 % et SELAS

    Art. L. 611-1 CSS (affiliation du gérant majoritaire de SELARL aux travailleurs indépendants — TNS). Art. L. 311-3 CSS (assimilés salariés rattachés au régime général : président de SELAS, gérant minoritaire). Art. L. 131-6 CSS (réintégration dans l'assiette des cotisations TNS de la fraction de dividendes et d'intérêts de compte courant excédant 10 % du capital, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé — vise le gérant majoritaire de SELARL). Art. L. 136-8 CSS (taux des prélèvements sociaux, CSG du capital portée à 10,6 % au 01/01/2026). Art. L. 642-1 CSS (retraite des médecins, CNAVPL/CARMF, assise sur la rémunération). Rép. min. Sénat n° 02878 du 27/02/2025 (portée de l'arrêt Cass. 19/10/2023 sur l'assiette des cotisations TNS, cas des dividendes SELARL remontés à une SPFPL : pas de conséquences générales à en tirer ; ne tranche pas le cas du président de SELAS). Décrets 2024-688 et 2025-708 (réforme de l'assiette des cotisations TNS).

  • CGI — rémunération du dirigeant et requalification BNC

    Art. 211 CGI et art. 39, 1-1° CGI (déductibilité de la rémunération du dirigeant du résultat IS, sous condition de travail effectif et de montant non excessif). Art. 62 CGI (rémunération du mandat de gérance du gérant majoritaire de SELARL). Art. 80 ter CGI (rémunération du président de SELAS, assimilé salarié). Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL — vacation, téléradiologie — relève des BNC). Art. 154 bis CGI et art. 163 quatervicies CGI (PER/Madelin, plancher 4 806 € et plafond 88 911 € en 2026 au titre du 154 bis ; 4 710 € et 37 680 € au titre du 163 quatervicies). Doctrine : BOI-RSA-GER-10-30 (suppression de la tolérance des 5 %), BOI-RES-BNC-000136.

  • CGI — fiscalité du dividende et IS

    Art. 111 c et art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Art. 117 quater CGI (acompte de 12,8 % prélevé à la source, dispense sous condition de RFR). Art. 158, 3-2° CGI (option barème, abattement de 40 % réservé au barème). Art. 154 quinquies CGI (CSG déductible de 6,8 points en cas d'option barème). Art. 219 I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, quote-part de 5 %). Doctrine : BOI-RPPM-RCM-30-20-30.

  • Hauts revenus, lois de finances et jurisprudence

    Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 % au-delà de 250 000 / 500 000 €). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale de 20 % du RFR). Art. L. 64 LPF (abus de droit fiscal). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : dualité des PS, dividendes à 18,6 %). LF 2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025, art. 10 : création de la CDHR) et LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : reconduction de la CDHR). Ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales réglementées). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 06/08/2010 (validation de la règle des 10 %). CE 27/05/2011 n° 328905. CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (rémunération technique = BNC). Cons. const. n° 2025-874 DC et n° 2026-901 DC.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision de privilégier la rémunération ou les dividendes en SEL, et le choix de la forme (SELARL ou SELAS), doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable (statut social, modélisation chiffrée selon votre TMI et la structure de votre capital, plafond PER, impact retraite CARMF, provision des cotisations, pilotage du RFR). Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les taux de charges retenus (de l'ordre de 40 à 45 % en SELARL, 75 à 82 % en SELAS) sont des fourchettes indicatives, données à titre pédagogique. Le traitement social des dividendes du président de SELAS (non-assujettissement en direct à la règle des 10 %) est exposé en l'état du droit 2026 et formulé au conditionnel quant à sa pérennité, une convergence des régimes étant régulièrement discutée. La réforme de l'assiette des cotisations TNS et la pérennité de la CDHR au-delà de 2026 sont également signalées au conditionnel.

Foire aux questions

Tout sur l'arbitrage rémunération ou dividendes du radiologue en SEL SELARL vs SELAS, règle des 10 %, PFU, dividendes SELAS, CDHR et SPFPL.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : SELARL ou SELAS, faut-il se verser une rémunération ou des dividendes, comment se calcule le seuil des 10 %, les dividendes du président de SELAS sont-ils cotisés, la fiscalité réelle du dividende en 2026, le rôle de la SPFPL, la requalification de la vacation en BNC, la CEHR et la CDHR. Réponses sourcées et à jour 2026.