Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié aux États-Unis
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation aux États-Unis expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
32. Rentrer : l’article 155 B, l’imposition de sortie américaine, et ce qui se prépare deux ans avant
La question que vous posez n’est jamais « comment rentre-t-on ? ». On rentre en achetant un billet. La question est : combien ça coûte, combien ça rapporte, et qu’est-ce que j’aurais dû faire avant ?Ce chapitre répond dans cet ordre, et il commence par la mauvaise nouvelle de méthode : la plupart des décisions qui déterminent le coût de votre retour se prennent entre vingt-quatre et douze mois avant la date d’installation, alors que rien n’est encore décidé, et qu’aucune administration ne vous écrira pour vous le rappeler.
Le retour d’un expatrié des États-Unis n’est pas la symétrie du départ. Au départ, la France constate votre patrimoine et vous laisse partir sous conditions ; au retour, elle vous reprend dans son assiette mondiale du jour au lendemain, tandis que les États-Unis, eux, ne vous lâchent pas nécessairement. Si vous êtes citoyen américain ou titulaire d’une carte verte,le retour n’allège pas votre situation américaine : il l’aggrave, et pour une raison mécanique que nous détaillons plus bas — tout votre patrimoine devient « étranger » au regard du droit américain, alors que la moitié seulement l’était avant. C’est le motif principal des renonciations à la nationalité américaine, et c’est la raison pour laquelle un chapitre consacré au retour doit traiter, dans le même mouvement, la sortie du dispositif américain.
Il y a aussi une très bonne nouvelle, et elle vaut plusieurs centaines de milliers d’euros : le régime des impatriés de l’article 155 B du code général des impôts. Il est ouvert à une grande partie de ceux qui rentrent, il dure jusqu’au 31 décembre de la huitième année suivant la prise de fonctions, et il se perd sur un détail de calendrier de quelques semaines. Nous chiffrons un dossier complet sur huit ans plus loin dans ce chapitre : l’économie d’impôt sur le revenu y dépasse 400 000 €. Le même dossier, avec une prise de fonctions décalée de trois mois dans le mauvais sens, vaut zéro.
Les trois dates qui commandent tout le reste
1. Le 1er janvier qui ouvre la sixième année civile d’absence. Deux régimes français de faveur — le régime des impatriés de l’article 155 B et la limitation de l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière de l’article 964 — exigent de ne pas avoir été fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédantcelle de la prise de fonctions ou de l’installation. La condition est rédigée en années civiles, jamais en années glissantes. Un départ en juin 2021 et un retour en septembre 2026 la font échouer ; un retour au 1er janvier 2027 la satisfait.
2. La date de reprise de la résidence fiscale française.Elle ne se décide pas, elle se constate, dès que l’un des critères de l’article 4 B du CGI est rempli. C’est elle qui coupe l’année en deux : revenus de source française avant, revenu mondial après.
3. Le trentième jour suivant la date d’expatriation américaine, si vous renoncez à la nationalité américaine ou abandonnez votre carte verte en étant long-term resident. Passé ce délai, le Form W-8CEremis au payeur ne produit plus son effet, et un plan de retraite américain qui aurait supporté une simple retenue de 30 % à chaque versement devient imposable immédiatement, pour sa valeur entière, au barème du revenu ordinaire. C’est la date la plus critique de tout le dispositif, et elle tombe trente jours après un serment prêté à l’étranger, souvent avant d’avoir parlé à qui que ce soit.
La reprise de la résidence fiscale française : elle se constate, elle ne se déclare pas
Le retour en France ne fait l’objet d’aucune formalité préalable auprès de l’administration fiscale. Vous ne remplissez pas de déclaration d’arrivée, vous ne signalez pas votre installation, personne ne vous délivre d’attestation. Votre résidence fiscale française renaît par le fait, dès que l’un des critères alternatifs du 1 de l’article 4 B du code général des impôts est rempli : foyer ou lieu de séjour principal en France, exercice en France d’une activité professionnelle non accessoire, ou centre des intérêts économiques en France. Un seul suffit. La date d’effet est celle du fait générateur, pas celle d’une démarche.
Cette absence de formalité n’est pas un vide juridique : elle est la conséquence directe du seul article que le code consacre à la question. La section du CGI intitulée « Revenus de l’année de l’acquisition d’un domicile en France » ne comporte qu’un article, l’article 166, et il ne prescrit rien d’autre que la règle de partage du revenu. La première formalité de votre retour est donc la déclaration de revenus déposée l’année suivante. Tout ce qui se passe entre-temps relève de votre propre discipline documentaire, et de rien d’autre.
Le fractionnement de l’année d’arrivée a un fondement légal exprès, et il date de 1979
L’article 166 du CGI dispose que « lorsqu’un contribuable précédemment domicilié à l’étranger transfère son domicile en France, les revenus dont l’imposition est entraînée par l’établissement du domicile en France ne sont comptés que du jour de cet établissement ». Version en vigueur depuis le 1erjuillet 1979. Il n’y a donc ni construction prétorienne, ni tolérance administrative : le principe est écrit. La doctrine d’application figure au BOI-IR-DOMIC-20, « Acquisition d’un domicile en France ou transfert d’un domicile hors de France », qui organise notamment l’unicité de l’imposition de l’année d’arrivée.
Ce point mérite d’être connu parce que la littérature française présente couramment ce fractionnement comme « doctrinal, non légal ». Sur une année de retour où se croisent une rémunération américaine du premier semestre, une prime de départ, une levée d’options et un salaire français du second semestre, la différence entre une règle légale et une tolérance n’est pas académique : c’est ce sur quoi vous vous appuierez si le partage est contesté.
Concrètement, l’année de retour se lit en deux tronçons. Avant la date d’établissement du domicile, vous restez un non-résident : la France n’impose que vos revenus de source française, selon la liste fermée de l’article 164 B, avec le jeu des retenues à la source et du taux minimum de l’article 197 A — 20 %jusqu’à la limite supérieure de la deuxième tranche du barème, soit 29 579 € pour les revenus 2025, et 30 % au-delà, sauf à faire jouer le taux moyen mondial. À compter de cette date, vous êtes imposable sur votre revenu mondial, y compris sur les revenus de source américaine que vous continuerez de percevoir. Le chapitre 12 détaille le régime du non-résident et le chapitre 10 celui de l’année du départ, qui obéit à la logique symétrique ; nous ne les reprenons pas ici.
Si vous êtes citoyen américain ou titulaire d’une carte verte, le retour peut créer une double résidence fiscale— résident de France par l’article 4 B, résident des États-Unis par la citoyenneté ou par le green card test. Le départage se fait par l’article 4 § 4 de la convention du 31 août 1994, traité au chapitre 4. Deux avertissements : la saving clausede l’article 29 § 2 permet aux États-Unis de continuer à imposer leurs citoyens « comme si la convention n’existait pas », sous les seules exceptions limitatives du § 3 (chapitre 5) ; et une position conventionnelle de non-résidence régulièrement prise ne vous dispense que du Form 8938, pour la seule fraction d’année couverte par le 1040-NR. Nous y revenons.
Ce qu’il faut déclarer, à qui, et le formulaire dont l’oubli coûte le plus cher
Le tableau qui suit est la liste des obligations françaises qui naissent de votre retour. Elles se déclenchent toutes à la même campagne — celle du printemps qui suit l’année d’installation — à une exception près, qui court en jours et non en mois.
| Déclaration | Objet | Quand |
|---|---|---|
| 2042 | Revenus mondiaux à compter de la date d’installation ; revenus de source française de la période antérieure | Campagne du printemps N+1 |
| 2047 | Revenus encaissés hors de France à compter de l’installation : salaire américain de la période, dividendes et intérêts américains, distributions de 401(k) et d’IRA, revenus fonciers américains, plus-values sur titres américains | Campagne du printemps N+1 |
| 3916 / 3916-bis | TOUS les comptes bancaires, comptes-titres, contrats d’assurance-vie et comptes d’actifs numériques détenus hors de France — donc tous vos comptes américains — ouverts, détenus, utilisés ou clos à un moment quelconque de l’année | Campagne du printemps N+1, puis chaque année tant que le compte existe |
| 2074 | Plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées après l’installation | Campagne du printemps N+1 |
| 2042-IFI | Si le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € — assiette limitée aux seuls biens français si la condition des cinq années civiles de l’article 964 est remplie (voir chapitre 17) | Campagne du printemps N+1 |
| 2181-TRUST1 | Si un trust américain subsiste et que le constituant ou un bénéficiaire réputé constituant devient résident de France : déclaration événementielle à la charge de l’ADMINISTRATEUR du trust | Dans le MOIS de l’événement |
| 2181-TRUST2 | Déclaration annuelle de la valeur vénale au 1er janvier des biens et droits placés dans le trust, à la charge de l’administrateur | Chaque 15 juin |
Le formulaire qui fait tomber les dossiers est le 3916. Il n’a rien d’impressionnant : une ligne par compte, avec l’établissement, le numéro et les dates d’ouverture et de clôture. Il est aussi le point de bascule le plus souvent manqué, pour trois raisons cumulatives. D’abord, l’obligation naît dès l’année du retour, y compris pour un compte américain que vous avez fermé en rentrant : un seul jour de détention pendant une période de résidence française suffit. Ensuite, elle vise les comptes que vous ne considérez pas comme des comptes — le compte de courtage, le compte de dépôt adossé au plan d’épargne d’entreprise, le compte d’actifs numériques, le contrat d’assurance à valeur de rachat. Enfin, elle est annuelle, et le manquement se répète mécaniquement chaque année tant qu’il n’est pas régularisé.
Les sanctions du compte non déclaré : l’amende forfaitaire n’est pas la vraie menace
Trois textes de sanction, pas un seul. Le IV de l’article 1736 du CGIfrappe les comptes bancaires et financiers étrangers non déclarés (art. 1649 A, 2e alinéa) à 1 500 € par compte et par an, et les comptes d’actifs numériques non déclarés (art. 1649 bis C) à 750 € par compte et par an, porté à 1 500 € si la valeur vénale des comptes excède 50 000 €. Le IV bis du même articlesanctionne les manquements à l’article 1649 AB (trusts) par une amende forfaitaire de 20 000 €. Et la sanction des contrats d’assurance-vie et de capitalisation souscrits hors de France (art. 1649 AA) n’est pas à l’article 1736 : elle est à l’article 1766 du CGI, à 1 500 € par contrat et par an.
Mais la sanction dominante n’est aucune de celles-là. L’article 1729-0 A du CGI majore de 80 %les droits résultant d’une rectification portant sur des sommes figurant sur un compte (art. 1649 A), un contrat (art. 1649 AA) ou des biens en trust (art. 1649 AB) non déclarés. Cette majoration exclutl’application concurrente des majorations des articles 1728, 1729 et 1758 et des amendes des articles 1736 et 1766, qui ne subsistent que comme plancher. Un rappel de 50 000 € d’impôt appelle 40 000 €de majoration. Le calcul du risque se fait donc en deux temps : d’abord le rappel majoré de 80 %, ensuite — et seulement s’il est supérieur — le total des amendes forfaitaires.
Le délai de reprise dépend d’un seuil qu’il faut chiffrer. L’article L. 169 du livre des procédures fiscales le porte à dix ans en cas de manquement à l’article 1649 A, « toutefois […] cette extension de délai ne s’applique pas lorsque le contribuable apporte la preuve que le total des soldes créditeurs de ses comptes à l’étranger est inférieur à 50 000 € à un moment quelconque de l’année ». Un couple détenant six comptes américains s’expose donc à 90 000 €d’amende si le total de ses soldes a franchi 50 000 € à un moment quelconque de chaque année, et à 27 000 €— trois ans de reprise de droit commun — s’il apporte la preuve contraire. L’exception est propre à l’article 1649 A : un contrat d’assurance-vie étranger non déclaré (art. 1649 AA) et un trust non déclaré (art. 1649 AB) restent sous le délai de dix ans, sans seuil.
Il existe un étage au-dessus, et il faut le connaître avant de rentrer parce qu’il commande ce que vous devez archiver. L’article L. 23 Cdu livre des procédures fiscales permet à l’administration, lorsque l’obligation des articles 1649 A ou 1649 AA n’a pas été respectée au moins une fois au titre des dix années précédentes, de demander au contribuable de fournir dans un délai de soixante jourstoutes justifications sur l’origine et les modalités d’acquisitiondes avoirs, puis d’adresser une mise en demeure ouvrant un délai de trente jours. À défaut de réponse suffisante, l’article 755 du CGIrépute ces avoirs « constituer, jusqu’à preuve contraire, un patrimoine acquis à titre gratuit » assujetti aux droits de mutation à titre gratuit au taux le plus élevé du tableau III de l’article 777 — soit 60 %— « calculés sur la valeur la plus élevée connue de l’administration ».
Traduit dans votre dossier : un compte de courtage américain alimenté sur quinze ans, non déclaré au 3916, dont vous ne pouvez plus reconstituer l’origine des apports, s’expose à une taxation de 60 % de sa plus haute valeur connue, sans lien avec un revenu quelconque. Ajoutez-y la présomption du troisième alinéa de l’article 1649 A — « les sommes, titres ou valeurs transférés à l’étranger ou en provenance de l’étranger par l’intermédiaire de comptes non déclarés constituent, sauf preuve contraire, des revenus imposables » —, présomption réfragable, jugée telle par le Conseil d’État le 17 décembre 2010 (no 330666, publié au recueil Lebon), et assortie de la majoration de 40 % de l’article 1758 lorsque l’article 1729-0 A ne s’applique pas aux mêmes droits.
La conséquence opérationnelle est simple et elle se prépare avant le retour : conservez, compte par compte, les justificatifs d’alimentation— bulletins de paie américains, avis d’imposition américains, actes de cession, relevés de virements entrants. Cette pièce de dossier a exactement la même valeur, du côté français, que la photographie de valeur vénale à la date de première résidence a du côté américain. Les deux se constituent quand on a encore les documents sous la main, pas huit ans plus tard.
Le retour se prépare vingt-quatre mois avant, pas au moment du déménagement
Nous établissons la cartographie complète du patrimoine américain, actif par actif, avec sa qualification française probable, le calendrier des arbitrages irréversibles et la date optimale de prise de fonctions au regard de l’article 155 B et de l’article 964. Les points relevant du droit américain — statut de covered expatriate, sort d’une LLC, d’un trust ou d’un plan de retraite — sont instruits avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis.
Le régime des impatriés de l’article 155 B : ce qu’il exonère, et à quelles conditions
C’est le dispositif le plus rentable du dossier retour, et le plus fragile. Il repose sur l’article 155 B du code général des impôts, dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2018, issue de l’article 6 (V) de la loi no 2018-1317 du 28 décembre 2018. Sa doctrine d’application a été mise à jour le 11 août 2025— BOI-RSA-GEO-40-10-10 pour le champ, BOI-RSA-GEO-40-10-20 pour la prime, les plafonnements et la durée ; l’exonération des revenus passifs relève du BOI-RSA-GEO-40-10-30-20, dont la version en vigueur demeure celle du 20 décembre 2019. Cette mise à jour du 11 août 2025 ouvre le régime à un profil qui en était largement écarté jusque-là. Nous y venons.
Ce que le régime fait, en une phrase : il exonère d’impôt sur le revenu une fraction de votre rémunération et la moitié de certains revenus du capital de source étrangère, pendant huit ans. Ce qu’il ne fait pas : il ne vous exonère de rien sur vos revenus de source française, il n’a aucun effet sur le patrimoine détenu en France, et il ne dispense d’aucune obligation déclarative.
Qui y a droit : deux catégories, et l’extension du 11 août 2025 qui change le dossier français
Le texte vise les salariés et les dirigeants assimilés salariés au sens des 1o, 2o et 3odu b de l’article 80 ter du CGI — gérant minoritaire de SARL, président et directeur général de SA ou de SAS — « appelés de l’étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France pendant une période limitée ». La doctrine distingue deux voies d’accès.
Catégorie 1 — la mobilité intra-groupe
Salariés ou dirigeants préalablement employés par une entreprise établie hors de France et appelés à exercer une activité dans une entreprise établie en France qui possède, avec l’entreprise d’origine, des liens de nature capitalistique, juridique ou commerciale (BOI-RSA-GEO-40-10-10, § 40).
Catégorie 2 — le recrutement direct depuis l’étranger
Salariés ou dirigeants recrutés directement à l’étranger par une entreprise établie en France (BOI-RSA-GEO-40-10-10, § 60). Depuis la doctrine du 11 août 2025, sont expressément assimilés au recrutement direct les salariés « recrutés après avoir postulé, depuis l’étranger, à une offre d’emploi » en vue d’occuper des fonctions dans une entreprise établie en France (§ 80).
L’extension d’août 2025 mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle vise exactement le profil de ce guide. Un Français installé à New York qui répond, depuis New York, à une offre d’emploi d’une entreprise française et qui est recruté sur cette base est désormais expressément admis au régime. Avant cette mise à jour, l’administration tendait à refuser le bénéfice du dispositif au motif que le recrutement n’avait pas eu lieu « à l’étranger ». La conséquence pratique : gardez la trace horodatée de votre candidature — l’annonce, l’accusé de réception, les convocations aux entretiens, la promesse d’embauche — et faites en sorte que le contrat porte votre adresse américaine.
La condition des cinq années civiles : le levier de calendrier le plus rentable de tout le dossier
Le régime est réservé aux personnes qui n’ont pas été fiscalement domiciliées en France au cours des cinq années civiles précédant celle de leur prise de fonctions (BOI-RSA-GEO-40-10-10, § 140). Le décompte est en années civiles pleines, pas en années glissantes.
Une prise de fonctions en 2026 exige donc de n’avoir été résident fiscal de France ni en 2021, ni en 2022, ni en 2023, ni en 2024, ni en 2025. Un cadre parti en juin 2021 a été domicilié en France pendant une partie de 2021 : il est exclu du régime s’il prend ses fonctions en 2026. Décaler la prise de fonctions au 1er janvier 2027déplace la fenêtre sur 2022-2026 : il redevient éligible, pour neuf exercices — 2027 et les huit suivants.
La même condition d’antériorité, rédigée dans les mêmes termes, commande la limitation de l’assiette de l’IFI aux seuls biens situés en France de l’article 964 du CGI. Le décalage de quelques semaines fait donc basculer deux régimes à la fois.Il se négocie avec l’employeur au moment de la promesse d’embauche, jamais après la signature.
Deux conditions s’ajoutent, et l’une d’elles surprend. La première : à compter de la prise de fonctions, vous devez avoir votre foyer ou le lieu de votre séjour principal en France et y exercer une activité professionnelle à titre principal— soit les a et b du 1 de l’article 4 B, à l’exclusion du c (centre des intérêts économiques). Un dirigeant qui installe sa famille à Genève et vient travailler à Paris quatre jours par semaine ne remplit pas la condition, quand bien même l’essentiel de ses revenus serait français. La seconde : l’employeur doit être une entreprise établie en France.
La prime d’impatriation : montant réel, ou forfait de 30 %
La prime d’impatriation est constituée des « suppléments de rémunération, en espèces ou en nature, directement liés à l’exercice temporaire » de l’activité en France. Elle s’exonère de deux manières, et le choix n’est pas anodin.
Pour son montant réel, si la prime est identifiée séparément dans le contrat de travail ou dans un avenant, et déterminée sur la base de critères objectifs et précis. Point de vigilance décisif : la prime doit être fixée avant la prise de fonctions. Un avenant signé six mois après l’arrivée pour « régulariser » la situation ne rattrape rien. C’est la voie historique de la mobilité intra-groupe — elle n’est plus la seule depuis que l’option forfaitaire à 30 % a été généralisée aux prises de fonctions du 16 novembre 2018 —, et c’est la raison pour laquelle une mutation intra-groupe se négocie ligne à ligne.
L’option forfaitaire à 30 % : la restriction est rédigée par exclusion, et cela ouvre plus de dossiers qu’on ne croit
L’option pour l’évaluation forfaitaire de la prime d’impatriation à 30 % de la rémunération nette totale est ouverte par le premier alinéadu I, 1, de l’article 155 B, dans les termes suivants : les intéressés « ne sont pas soumis à l’impôt à raison des éléments de leur rémunération directement liés à cette situation ou, sur option, et pour les salariés et personnes autres que ceux appelés par une entreprise établie dans un autre État, à hauteur de 30 % de leur rémunération ».
La restriction est rédigée par exclusion : elle écartait du forfait, jusqu’aux prises de fonctions du 15 novembre 2018 incluses, les seuls salariés « appelés par une entreprise établie dans un autre État », c’est-à-dire la mobilité intra-groupe. Le critère n’est donc pas d’avoir été « recruté directement » : c’est de ne pas avoir été appelé par une entreprise étrangère. Le Français qui, depuis New York, postule à une offre d’emploi d’une entreprise française et est recruté sur cette base n’est appelé par aucune entreprise étrangère : l’option lui est ouverte. Doctrine concordante : BOI-RSA-GEO-40-10-20, § 90.
La nuance n’est pas de style. Formulée positivement — « réservée aux recrutés directs » — la règle conduit à écarter des dossiers qui ne relèvent d’aucune mobilité intra-groupe mais que l’on n’ose pas qualifier de recrutement direct : un indépendant qui devient salarié, un cadre revenant d’une période sans employeur, un dirigeant recruté par une société qu’il ne connaissait pas. Lue par exclusion, la règle les admet tous.
La seconde exonération, souvent aussi lourde que la première : l’activité exercée hors de France
Le 2 du I de l’article 155 B exonère en outre la fraction de rémunération correspondant à l’activité exercée hors de France, à condition que les séjours soient effectués « dans l’intérêt direct et exclusif de l’employeur ». Pour un cadre qui rentre des États-Unis et conserve la responsabilité d’un périmètre nord-américain, cette seconde exonération vaut souvent autant que la prime elle-même — et elle est beaucoup moins connue.
Elle exige une chose et une seule : un décompte de jours tenu au jour le jour, dès la première année. Ordre de mission, billets, notes de frais, agenda. La fraction exonérée se détermine au prorata du temps de travail passé hors de France sur le temps de travail total de l’année. Personne ne reconstitue trois ans de déplacements de mémoire, et l’administration ne se contente pas d’un tableau rétrospectif produit en cours de contrôle.
Les deux plafonnements : le choix est annuel, et il ne se devine pas
Les deux exonérations sont plafonnées, et le contribuable choisit chaque année celui des deux plafonnements qui lui est le plus favorable. La doctrine les énonce ainsi.
Les deux plafonnements de l’article 155 B, I
PLAFONNEMENT GLOBAL (BOI-RSA-GEO-40-10-20, § 300)
Prime d’impatriation exonérée
+ Part de rémunération correspondant à l’activité
exercée à l’étranger, exonérée
------------------------------------------------
= ne peut excéder 50 % DE LA RÉMUNÉRATION TOTALE
PLAFONNEMENT ALTERNATIF (BOI-RSA-GEO-40-10-20, § 330)
Prime d’impatriation exonérée .......... sans plafond propre
Part de rémunération correspondant à
l’activité exercée à l’étranger, exonérée
------------------------------------------------
= ne peut excéder 20 % DE LA RÉMUNÉRATION IMPOSABLE
HORS PRIME D’IMPATRIATION- Le choix s’exerce ANNÉE PAR ANNÉE :il n’engage pas les exercices suivants
Lequel des deux est le plus favorable ne se devine pas : il se calcule. La règle arithmétique est la suivante — le plafonnement alternatif l’emporte dès que la prime d’impatriation excède, à elle seule, 37,5 % de la rémunération totale — trois huitièmes, et non la moitié —, parce qu’au-delà de ce seuil la prime augmentée de 20 % de la rémunération imposable qui en résulte dépasse déjà le couperet des 50 %. En deçà, le plafonnement global l’emporte presque toujours, parce qu’il laisse la totalité des deux exonérations se déployer dans une enveloppe de 50 %.
- Rémunération totale = rémunération nette totale servant d’assiette au forfait de 30 %
- Rémunération imposable hors prime = rémunération totale diminuée de la prime d’impatriation
Un exemple de bascule vaut mieux qu’une règle. Prenez deux cadres dont la rémunération nette totale est de 300 000 €et qui passent l’un et l’autre l’équivalent de 28 000 €de rémunération en déplacements à l’étranger pour leur employeur.
| Profil | Prime d’impatriation | Plafonnement global : exonération admise | Plafonnement alternatif : exonération admise | Option à retenir |
|---|---|---|---|---|
| Prime forfaitaire de 30 % (option ouverte aux deux catégories depuis le 16 novembre 2018) | 90 000 € | 90 000 + 28 000 = 118 000 €, sous le plafond de 150 000 € : exonération intégrale de 118 000 € | 90 000 € + min(28 000 ; 20 % × 210 000 = 42 000) = 118 000 € | Indifférent : les deux donnent 118 000 € |
| Prime réelle élevée, identifiée au contrat | 170 000 € | 170 000 + 28 000 = 198 000 €, RAMENÉS à 150 000 € par le plafond de 50 % | 170 000 € + min(28 000 ; 20 % × 130 000 = 26 000) = 196 000 € | Le plafonnement ALTERNATIF, qui exonère 46 000 € de plus |
Un dernier verrou, moins commenté et pourtant redoutable : le dernier alinéa du I, 1, de l’article 155 B prévoit que si la rémunération soumise à l’impôt après application de l’exonération devient inférieure à la rémunération versée au titre de fonctions analogues dans la même entreprise ou, à défaut, dans des entreprises similaires établies en France, la différence est réintégrée. Autrement dit : l’exonération ne peut pas ramener votre salaire imposable en dessous du salaire de marché de votre poste. Sur une rémunération de 260 000 € ramenée à 140 000 € imposables, le point est sans objet ; sur une rémunération de 120 000 € ramenée à 60 000 €, il ne l’est pas. Faites établir par l’employeur, à l’embauche, la fourchette de rémunération du poste : c’est la pièce qui manque toujours quand la question se pose.
L’exonération de 50 % des revenus passifs et des plus-values de source étrangère
Le II de l’article 155 B ajoute au régime un second volet, patrimonial celui-là, et pour un client qui rentre avec un portefeuille américain il change la physionomie du dossier. Pendant toute la durée du régime, sont exonérés à hauteur de 50 %de leur montant :
- certains revenus de capitaux mobiliers de source étrangère ;
- certains produits de la propriété intellectuelle et industriellede source étrangère ;
- certaines plus-values de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux de source étrangère.
La condition de source ne doit pas être négligée : le paiement doit être effectué par une personne établie hors de France, dans un État lié à la France soit par une convention fiscale comportant une clause d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, soit par un accord d’échange de renseignements. Les États-Unis remplissent cette condition— article 27 de la convention du 31 août 1994, et accord FATCA de novembre 2013.
Le mécanisme d’articulation avec la retenue américaine est exposé par la doctrine BOI-RSA-GEO-40-10-30-20 : lorsque le revenu de source étrangère a supporté une retenue à la source dans l’État de la source, la base imposable en France est le montant net perçu après application de l’exonération de 50 %, majoré du crédit d’impôt conventionnel retenu pour 50 % de son montant. Le crédit suit l’exonération : on ne peut pas exonérer la moitié du revenu et imputer la totalité du crédit.
Ce que le II couvre, et ce qu’il ne couvre pas — la ligne de partage compte plus que le taux
Couverts, pour un retour des États-Unis : les dividendes d’actions américainesdétenues sur un compte de courtage américain — 50 % exonérés en France, crédit conventionnel retenu pour moitié — et les plus-values de cession de titres américains, 50 % exonérées.
Non couverts : les revenus fonciers d’un immeuble américain, que le II ne mentionne pas ; ils relèvent de l’article 6 de la convention, avec imposition aux États-Unis et crédit français égal à l’impôt français. Et les distributions de 401(k) et d’IRA, qui ne sont pas des revenus de capitaux mobiliers mais des pensions relevant de l’article 18 § 1 (chapitre 18).
Une réserve à connaître avant de chiffrer un net.L’article 155 B figure au code général des impôts et son II énonce une exonération d’impôt sur le revenu. L’assiette des prélèvements sociaux obéit à d’autres textes — articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale — et l’incidence de cette exonération sur cette assiette ne ressort pas des textes que nous avons lus. Tous les chiffrages de ce chapitre portent donc sur le seul impôt sur le revenu, et la question de l’assiette sociale doit être posée à votre conseil fiscal avant tout arbitrage construit sur un rendement net.
La durée, et les trois manières de perdre le régime avant terme
L’exonération s’applique jusqu’au 31 décembre de la huitième année qui suit la prise de fonctions en France(BOI-RSA-GEO-40-10-20, § 170), pour les prises de fonctions intervenues à compter du 6 juillet 2016. Pour les prises de fonctions antérieures, la durée était de cinq ans — c’est le chiffre que l’on rencontre encore dans la littérature, et il ne s’applique plus à personne parmi ceux qui rentrent aujourd’hui. Une prise de fonctions en 2027 porte donc le régime jusqu’au 31 décembre 2035.
Au-delà de ce terme, le bénéficiaire est imposable dans les conditions de droit commun sur l’intégralité de sa rémunération, y compris la prime d’impatriation qui continuerait de lui être versée, ainsi que sur l’intégralité de ses revenus passifs et plus-values de source étrangère. Le choc de trésorerie de la neuvième année n’est pas théorique : sur le dossier chiffré ci-après, l’impôt sur le revenu passe de 44 185 € à 98 801 € d’une année sur l’autre, à rémunération inchangée. Cela s’anticipe dans la négociation salariale de la huitième année, pas dans l’avis d’imposition de la neuvième.
Trois événements font perdre le régime avant terme. La cessation de la domiciliation fiscale en Franceau sens des a et b du 1 de l’article 4 B — un nouveau départ, ou une installation du foyer à l’étranger. La cessation de l’activité professionnelle exercée en France à titre principal. Et le changement d’employeur hors du groupe : la doctrine admet la poursuite du régime en cas de mobilité à l’intérieur du même groupe, mais un passage vers une entreprise sans lien capitalistique met fin au bénéfice. Ce dernier point est le plus coûteux et le plus mal anticipé : un cadre qui change d’employeur à la troisième année perd six années d’exonération, sans compensation, et l’économie perdue dépasse souvent ce que l’augmentation négociée lui apporte. Sur ce point, la doctrine BOFiP est notre seule source citée : la décision du Conseil d’État du 22 décembre 2020 fréquemment invoquée en la matière n’a pas été retrouvée avec un numéro et un objet concordants, et nous ne la citons donc pas.
Un dossier complet, chiffré sur huit ans
La situation.M. Renaud, 46 ans, marié, conjoint sans revenu propre, deux parts de quotient familial. Parti de France en juin 2021pour New York, il répond depuis New York, à l’automne 2026, à une offre d’emploi d’un groupe industriel français. Il prend ses fonctions le 1er janvier 2027— et non en septembre 2026, comme l’employeur le souhaitait d’abord. Recrutement direct au sens de la doctrine du 11 août 2025 : l’option forfaitaire à 30 % lui est ouverte. Rémunération nette totale de 260 000 € les quatre premières années, portée à 320 000 € à compter de la cinquième. Il conserve la responsabilité du périmètre nord-américain et passe 35 jours ouvrés sur 215 aux États-Unis pour son employeur les quatre premières années, 25 sur 215 ensuite.
La méthode de calcul.Nous raisonnons sur le revenu net imposable, barème de l’article 197 du CGI issu de la loi no 2026-103 du 19 février 2026 (tranches à 11 600 €, 29 579 €, 84 577 € et 181 917 €), deux parts, sans décote ni réduction. Le barème est celui des revenus 2025 ; il sera indexé chaque année, ce qui déplace les montants mais pas l’ordre de grandeur de l’écart. C’est une illustration de mécanisme, pas un chiffrage opposable.
Année 1 — 2027, rémunération nette totale de 260 000 €
EXONÉRATIONS DEMANDÉES
Prime d’impatriation forfaitaire
30 % x 260 000 ................................ 78 000 €
Part d’activité exercée à l’étranger
260 000 x 35 / 215 ............................ 42 326 €
Total demandé ................................. 120 326 €
CONTRÔLE DES PLAFONDS
Plafonnement global : 50 % x 260 000 = 130 000 €
120 326 < 130 000 --> exonération INTÉGRALE
Plafonnement alternatif :
78 000 + min(42 326 ; 20 % x 182 000 = 36 400)
= 114 400 € --> moins favorable
Option retenue : PLAFONNEMENT GLOBAL, 120 326 € exonérés
IMPÔT SUR LE REVENU
Avec le régime
Revenu net imposable ......................... 139 674 €
Quotient (2 parts) ............................ 69 837 €
Impôt par part = 0,11 x 17 979 + 0,30 x 40 258
= 1 978 + 12 077 = 14 055 €
IMPÔT DÛ ...................................... 28 110 €
Sans le régime
Revenu net imposable ......................... 260 000 €
Quotient (2 parts) ........................... 130 000 €
Impôt par part = 1 978 + 16 499 + 18 623 = 37 100 €
IMPÔT DÛ ...................................... 74 201 €
ÉCONOMIE DE L’ANNÉE .......................... 46 091 €Le plafond global de 50 % n’est pas atteint : 120 326 € pour un plafond de 130 000 €. Toute journée de déplacement supplémentaire au-delà de 43 jours ouvrés serait perdue. C’est le seuil à surveiller année par année, et c’est aussi la raison pour laquelle un décompte de jours mal tenu ne coûte rien la première année et beaucoup la sixième.
À compter de la cinquième année, la rémunération nette totale passe à 320 000 € et les déplacements se réduisent à 25 jours ouvrés sur 215. La prime forfaitaire devient 96 000 €, la part d’activité étrangère 37 209 €, soit 133 209 € d’exonération demandée pour un plafond global de 160 000 € — intégralement admise. Le revenu net imposable ressort à 186 791 €, l’impôt à 44 185 € contre 98 801 € sans le régime, soit 54 616 €d’économie annuelle.
| Exercice | Rémunération nette totale | Exonération admise | Impôt avec le régime | Impôt sans le régime | Économie |
|---|---|---|---|---|---|
| 2027 | 260 000 € | 120 326 € | 28 110 € | 74 201 € | 46 091 € |
| 2028 | 260 000 € | 120 326 € | 28 110 € | 74 201 € | 46 091 € |
| 2029 | 260 000 € | 120 326 € | 28 110 € | 74 201 € | 46 091 € |
| 2030 | 260 000 € | 120 326 € | 28 110 € | 74 201 € | 46 091 € |
| 2031 | 320 000 € | 133 209 € | 44 185 € | 98 801 € | 54 616 € |
| 2032 | 320 000 € | 133 209 € | 44 185 € | 98 801 € | 54 616 € |
| 2033 | 320 000 € | 133 209 € | 44 185 € | 98 801 € | 54 616 € |
| 2034 | 320 000 € | 133 209 € | 44 185 € | 98 801 € | 54 616 € |
| 2035 | 320 000 € | 133 209 € | 44 185 € | 98 801 € | 54 616 € |
| TOTAL sur les neuf exercices couverts | — | — | — | — | 457 444 € |
Il faut lire la dernière ligne pour ce qu’elle est. 457 444 € d’impôt sur le revenu en moins sur neuf exercices, sur le seul volet salarial, pour une décision qui a consisté à déplacer une prise de fonctions de trois mois et demiet à tenir un décompte de jours de déplacement. Aucun montage, aucune structure, aucun risque de requalification. C’est le meilleur rapport entre l’effort et le résultat de tout ce guide, et c’est aussi celui qui se perd le plus bêtement, parce que la date de prise de fonctions se négocie au moment où le candidat pense à tout sauf à sa fiscalité.
Ajoutez-y le second volet. M. Renaud conserve un compte de courtage américain qui lui sert 18 000 €de dividendes d’actions américaines par an. Sans le régime, ces dividendes sont imposables en France sur leur montant brut ; avec le II de l’article 155 B, la base d’impôt sur le revenu tombe à 9 000 €, le crédit d’impôt conventionnel correspondant à la retenue américaine de 15 % n’étant retenu que pour la moitié de son montant. Au prélèvement forfaitaire de 12,8 %, l’économie d’impôt sur le revenu est de l’ordre de 1 150 € par an avant imputation du crédit — modeste rapportée au volet salarial, mais elle change d’échelle le jour où il cède une ligne américaine à forte plus-value. Sur une plus-value de 200 000 € réalisée pendant la durée du régime, l’assiette d’impôt sur le revenu tombe à 100 000 €.
Trois pièces à réunir avant la signature du contrat de travail
1. La preuve de la candidature depuis l’étranger.Copie de l’annonce, horodatage de la candidature, échanges avec le recruteur, convocations aux entretiens, promesse d’embauche portant votre adresse américaine. C’est ce qui établit que vous n’avez été « appelé par aucune entreprise établie dans un autre État ».
2. La date de prise de fonctions, vérifiée contre les cinq années civiles. Reconstituez année civile par année civile votre domiciliation fiscale des six dernières années. Si l’année de votre départ tombe dans la fenêtre des cinq, la seule solution est de décaler la prise de fonctions au 1er janvier suivant. Cette conversation se tient avant la signature, pas après.
3. La fourchette de rémunération du poste.Elle vous protège contre la réintégration prévue au dernier alinéa du I, 1, lorsque la rémunération imposable après exonération tomberait sous celle de fonctions analogues. Demandez-la par écrit à l’employeur au moment de l’embauche : elle est introuvable trois ans plus tard.
Le sort de chaque actif américain au retour, et ce qu’il fallait arbitrer avant
Voici la partie la plus opérationnelle du chapitre. Pour chaque classe d’actif américain, trois questions : comment le droit français le qualifie, ce qu’il coûte une fois que vous êtes résident, et quelle décision devait être prise avant le retour — avec son délai. La colonne de droite est la seule qui compte : elle contient ce qui devient irrattrapable.
| Actif américain | Qualification et imposition en France | Déclaratif français | Ce qu’il fallait arbitrer AVANT, et à quel horizon |
|---|---|---|---|
| 401(k), IRA traditionnel | Pension privée d’un régime constitué aux États-Unis. Article 18 § 1, seconde branche, de la convention de 1994 : les sommes versées dans le cadre d’un régime de retraite « au titre d’un emploi antérieur » ne sont imposables que dans l’État de la source, la France accordant un crédit égal à l’impôt français (art. 24 § 1 a) i)) — exonération de fait, avec prise en compte pour le taux effectif. La condition d’emploi antérieur ne fait pas de difficulté pour un 401(k), ni pour un IRA issu d’un rollover de plan d’employeur ; elle est douteuse pour un IRA alimenté par des versements volontaires sans lien avec un emploi, cas où l’article 22 rendrait la France seule compétente. Le mécanisme et cette réserve sont détaillés au chapitre 18 | 3916 pour le compte ; 2047 pour le taux effectif | Rarement liquider : le régime conventionnel est favorable. Chiffrer néanmoins la retenue américaine sur un versement en capital et la pénalité de 10 % du § 72(t) avant 59 ans et demi. Horizon T-12 mois |
| Roth IRA | Même qualification. La distribution qualifiée est exonérée aux États-Unis ; l’articulation avec l’imposition française est traitée au chapitre 18, qui donne les trois maillons du raisonnement et la réserve qui s’y attache | 3916 ; 2047 | NE PAS liquider avant le retour sans avoir fait relire l’article 18 § 1 et l’article 24 § 1 a) i) dans leur rédaction en vigueur. C’est l’actif dont la mauvaise décision est la plus définitive. Horizon T-12 mois |
| Conversion 401(k) → Roth | La conversion est un fait générateur d’impôt AMÉRICAIN, fédéral et d’État | — | La faire AVANT le retour, sur une année de revenu américain faible — typiquement l’année de sortie. Après le retour, elle reste possible mais l’arbitrage change entièrement. Horizon T-12 à T-6 mois, et à échelonner sur deux exercices si le montant est élevé |
| Actions américaines cotées sur compte de courtage | Valeurs mobilières. Dividendes : imposables en France, crédit conventionnel plafonné à 15 % (art. 10 § 2 b)). Plus-values de cession : imposables EN FRANCE seule (art. 13 § 6), au prélèvement forfaitaire de 12,8 % majoré des prélèvements sociaux | 3916 pour le compte ; 2042, 2047, 2074 | PURGER les plus-values latentes avant la reprise de la résidence française : tant que vous êtes résident américain, le gain relève des taux long terme fédéraux ; après, il relève du régime français. Le rehaussement de base ainsi obtenu est acquis. Horizon T-12 à T-6 mois, en tenant compte de l’impôt d’ÉTAT |
| Actions gratuites et options américaines non encore acquises | Traitements et salaires ou plus-value selon le dispositif. Article 15 pour la fraction correspondant à l’activité exercée aux États-Unis, répartition prorata temporis sur la période d’acquisition. Le détail français, dont l’article 182 A ter, est traité au chapitre 18 | 2047, 2042 C | Le calendrier d’acquisition définitive et de levée commande la répartition entre les deux États : c’est lui qu’il faut faire décaler ou accélérer, pas l’impôt. Horizon T-12 mois, car une date d’acquisition ne se déplace qu’avec l’accord de l’employeur |
| Immeuble américain | Revenus fonciers : article 6, imposition aux États-Unis, crédit français égal à l’impôt français. Plus-value de cession : article 13 § 1, imposable aux États-Unis, crédit égal à l’impôt AMÉRICAIN FÉDÉRAL, plafonné à l’impôt français. Le bien entre dans l’assiette de l’IFI mondial, sauf application de la limitation de l’article 964 | 2047 ; 2042-IFI | Décider de conserver ou de céder. Une cession APRÈS le retour déclenche la retenue FIRPTA de 15 % du § 1445 sur le prix brut, une déclaration 1040-NR, et le cas échéant une retenue d’État. Le chapitre 15 traite l’immobilier américain. Horizon T-12 mois si cession, car le certificat de réduction de retenue se demande sur formulaire 8288-B et s’instruit en plusieurs mois |
| Parts de LLC | Aucun équivalent français : l’entité est ASSIMILÉE à une forme française, et la qualification française du revenu prime sur la qualification américaine. Voir le développement ci-après | 3916 si un compte est ouvert au nom de la LLC ; 2047 | Le point le plus urgent du dossier. Dissoudre ou restructurer alors qu’on est encore résident américain est simple ; le faire depuis la France est un dossier à part entière. Horizon T-12 mois au plus tard |
| Trust américain (revocable living trust, dynasty trust) | Trust de l’article 792-0 bis du CGI. Prélèvement sui generis de 1,5 % de l’article 990 J si les biens ne sont pas déclarés à l’IFI ; droits de mutation de l’article 792-0 bis en cas de transmission | 2181-TRUST1 dans le MOIS de l’événement et 2181-TRUST2 chaque 15 juin, à la charge de l’ADMINISTRATEUR ; amende de 20 000 € (art. 1736, IV bis) | Dissoudre au moins DOUZE MOIS avant le retour, sauf motif impératif : la dissolution d’un trust prend six à douze mois. Passé la date de retour, le dispositif déclaratif se déclenche et l’administrateur américain, qui ignore le formulaire français, ne le déposera pas spontanément |
| Compte épargne santé (HSA) | Aucun équivalent français. Ni l’article 18 (ce n’est pas une pension), ni l’article 10 ne s’y appliquent naturellement ; l’article 22 de la convention, qui vise les autres revenus et attribue l’imposition exclusive à l’État de résidence du bénéficiaire effectif depuis l’avenant de 2009, est la lecture la plus probable — mais elle n’est pas tranchée | 3916 | Liquider avant le retour en imputant des dépenses de santé américaines éligibles. Le triple avantage fiscal américain n’a aucun répondant français, et l’exonération de sortie se perd. Horizon T-12 à T-6 mois |
| Plan 529 | Même raisonnement, même incertitude de qualification | 3916 | À examiner selon la destination réelle des études de l’enfant. Le chapitre 18 expose ce que le plan devient quand les études se déroulent hors des États-Unis. Horizon T-12 mois |
| Comptes bancaires américains dormants | Aucune imposition propre, mais chacun est un compte étranger au sens de l’article 1649 A | 3916, une ligne par compte et par an | Clôturer les comptes superflus AVANT le 31 décembre de l’année précédant le retour. Un compte ouvert un seul jour de l’année de retour est déclarable, à 1 500 € d’amende par compte et par an, et la sanction se répète tant qu’elle n’est pas régularisée |
La LLC : le point le plus dangereux du retour, et personne ne vous en parlera
Une Limited Liability Companyn’a pas d’équivalent en droit français. Elle combine la responsabilité limitée d’une société de capitaux et, le plus souvent, la transparence fiscale américaine — disregarded entity lorsqu’elle est unipersonnelle, partnershipdès qu’un second associé entre. Le droit fiscal français ne connaît pas cette combinaison, et il ne la reconnaît pas davantage : il la traduit.
La méthode est celle de l’assimilation, posée par le Conseil d’État en formation de plénière fiscale : CE, 3e, 8e, 9e et 10e sous-sections réunies, 24 novembre 2014, no 363556, publié au recueil Lebon. Lorsque le juge de l’impôt est saisi du traitement fiscal d’une opération impliquant une société de droit étranger, il lui appartient d’« identifier, au regard de l’ensemble des caractéristiques de cette société et du droit qui en régit la constitution et le fonctionnement, le type de société de droit français auquel la société de droit étranger est assimilable », puis de déterminer le régime applicable au regard de la loi fiscale française. L’affaire concernait une société française détenant 98,82 % d’un general partnershipdu Delaware ; le régime mère-fille a été écarté.
L’application dans un dossier franco-américain de retour est récente et instructive : CE, 9e et 10echambres réunies, 28 février 2025, no 491788. Une citoyenne américaine fiscalement domiciliée en France détenait 18,667 % d’un general partnershipaméricain, lequel détenait 12,72 % d’un limited partnershipqui a réalisé une plus-value sur la cession d’un immeuble situé aux États-Unis. Le limited partnership a été assimilé à une société en commandite simple, le general partnership à une société en nom collectif. Les sommes distribuées par le premier au second sont des revenus distribués au sens des articles 108 et suivants du CGI ; entre les mains de l’associée, « regardée comme une associée en nom collectif », le revenu est imposable « dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ». Les deux qualifications coexistent, à deux étages : il n’y a pas d’alternative à trancher. Ces qualifications procèdent toutefois de l’appréciation souveraine de la cour administrative d’appel de Nancy, non contestée en cassation ; le pourvoi du ministre a été rejeté parce que les motifs relatifs à la convention étaient surabondants. La décision vaut comme illustration de la méthode d’assimilation, non comme jugement de ces qualifications.
Les trois conséquences pratiques, pour vous qui rentrez avec une LLC
1. La transparence américaine ne se transporte pas. Une LLC unipersonnelle est ignorée aux États-Unis et peut être assimilée, en France, à une EURL ou à une SARL — donc à une société opaque, soumise à l’impôt sur les sociétés français si elle exerce une activité en France, ou dont les distributions sont des revenus de capitaux mobiliers. Le désalignement produit une double imposition que la convention n’élimine pas, puisque les deux États ne qualifient pas le même revenu de la même manière.
2. Le facteur déterminant de l’assimilation est la responsabilité des membres et le mode de fonctionnement, tels qu’ils ressortent de l’operating agreement et du droit de l’État de constitution — pas l’option check-the-boxfaite auprès de l’IRS, qui est sans effet en France. Deux LLC de Floride identiques du point de vue américain peuvent recevoir deux qualifications françaises différentes selon la rédaction de leurs statuts.
3. La LLC immobilière est le cas le plus fréquent, et le plus incertain.Un Français qui a acheté un bien locatif en Floride via une LLC rentre en France avec une entité dont la qualification française n’est pas acquise et dont les revenus relèvent, côté conventionnel, de l’article 6 (revenus immobiliers) ou de l’article 7 (bénéfices d’entreprises) selon la qualification retenue — avec un mécanisme d’élimination différent dans chaque cas, et un crédit d’impôt qui peut disparaître.
La recommandation se dit sans détour : la structure de détention des actifs américains doit être arrêtée avant le retour, avec un conseil des deux côtés. Dissoudre une LLC alors qu’on est encore résident américain relève de la formalité ; le faire depuis la France, une fois la qualification française cristallisée sur un exercice, est un dossier à part entière. Et si la structure doit survivre — parce qu’elle porte un immeuble d’exploitation, parce qu’il y a d’autres associés, parce que la revente est programmée à trois ans —, alors la qualification française doit être documentée par écrit avant le retour, statuts et operating agreement en main, et non découverte lors du premier contrôle.
Un point mérite d’être signalé au passage, parce qu’il est spécifique aux LLC unipersonnelles détenues par un non-résident : une LLC américaine transparente est traitée, aux seules fins du § 6038A, comme une société américaine distincte de son propriétaire si et seulement si elle est détenue en totalité par une seule personne étrangère. Elle doit alors obtenir un employer identification number, déposer chaque année un formulaire 1120 pro forma avec un formulaire 5472annexé déclarant toutes les opérations avec les parties liées, apports en capital et distributions compris. La pénalité du § 6038A(d) est de 25 000 $ par exercice, majorés de 25 000 $ par période de trente jours ou fraction de périodetant que le manquement persiste au-delà du quatre-vingt-dixième jour suivant la notification de l’IRS, sans plafond. Une notification restée sans réponse pendant douze mois coûte 275 000 $ pour un seul exercice — 25 000 $ au titre du (d)(1), puis dix périodes de trente jours courant après le quatre-vingt-dixième jour suivant la notification. Le chapitre 14 traite les structures ; ce qui importe ici est que le retour en France ne fait pas disparaître cette obligation, et qu’elle survit tant que la LLC existe.
Ce qui reste dû aux États-Unis après le retour
Tout dépend du statut que vous avez à la sortie, et l’écart entre les quatre situations ci-dessous est celui qui sépare une page de déclaration d’un dossier annuel de plusieurs dizaines de formulaires, à vie.
| Statut à la sortie | Obligation américaine résiduelle |
|---|---|
| Citoyen américain qui ne renonce pas | Totale et permanente : 1040 sur le revenu mondial, FBAR, Form 8938, Form 8621, Form 5471, Forms 3520 et 3520-A, chaque année, à vie. La saving clause de l’article 29 § 2 le prive de la protection conventionnelle, sous les seules exceptions du § 3 |
| Titulaire d’une carte verte qui la conserve | Identique. Le green card test du § 7701(b)(1)(A)(i) est INDÉPENDANT de la présence physique : vivre en France ne met pas fin à la résidence fiscale américaine |
| Titulaire d’une carte verte qui prend une position conventionnelle (1040-NR + Form 8833) | Imposition limitée aux revenus de source américaine, MAIS : le FBAR est maintenu, les Forms 5471, 8865, 8858, 3520 et 3520-A restent dus, et seul le Form 8938 fait l’objet d’une dispense — pour la seule fraction d’année couverte par le 1040-NR. S’y ajoute un risque migratoire d’abandon constaté |
| Titulaire d’une carte verte qui dépose un Form I-407, ou ancien citoyen après délivrance du CLN | Fin de la résidence fiscale américaine. Restent : la déclaration de fin de résidence du Treas. Reg. § 301.7701(b)-8, le Form 8854 si l’intéressé était long-term resident, et l’imposition des seuls revenus de source américaine |
| Titulaire d’un visa non immigrant (L-1, H-1B, E-2, O-1) reparti | Fin de la résidence fiscale à la date de départ, sous réserve du substantial presence test de l’année de sortie ; imposition des seuls revenus de source américaine |
Ce que la position conventionnelle de non-résidence dispense — et c’est une seule chose
Le Treas. Reg. § 301.7701(b)-7(a)(3) traite le dual resident taxpayer comme un résidentdes États-Unis pour toutes les fins de l’Internal Revenue Codeautres que le calcul de l’impôt sur le revenu, et il cite expressément la détermination du statut de controlled foreign corporationdu § 957. Form 5471, Form 8865, Form 8858, Forms 3520 et 3520-A, Form 8621 : tous restent dus.
Le Form 8938 fait l’objet d’une dispense propre, au Treas. Reg. § 1.6038D-2(e)(2), à la double condition d’un dépôt en temps utile du Form 1040-NR accompagné du Form 8833, et seulement pour la fraction de l’année couverte par ce 1040-NR— jamais pour l’année entière.
Le FBARsurvit également, mais par un chemin distinct : il ne relève pas du Code, il relève du Bank Secrecy Act. Le 31 CFR § 1010.350(b)(2) définit le United States personcomme « an individual who is a resident alien under 26 U.S.C. 7701(b) and the regulations thereunder », tout en substituant la définition géographique du 31 CFR 1010.100(hhh) — ce renvoi aux règlements embarque précisément le Reg. -7(a)(3), et la substitution de définition élargit en outre le champ aux territoires et possessions.
Sur le fond de l’impôt, une fois redevenu non-résident, votre exposition américaine se ramène au régime du § 871, et il faut le connaître ligne à ligne parce qu’il commande une formalité que presque personne n’accomplit à temps.
| Catégorie de revenu américain | Régime du § 871 | Ce que la convention de 1994 en fait |
|---|---|---|
| Revenus fixes ou déterminables, annuels ou périodiques (intérêts, dividendes, loyers, salaires, rentes, redevances) | § 871(a)(1) : impôt de 30 % du montant BRUT reçu de sources américaines, retenu à la source par le payeur au titre du § 1441 | Taux réduits : 15 % sur les dividendes de portefeuille (art. 10 § 2 b)), 0 % sur les intérêts (art. 11 § 1), 0 % sur les redevances (art. 12 § 1) |
| Intérêts de portefeuille | § 871(h) : AUCUN impôt sur le portfolio interest reçu par une personne physique non-résidente de sources américaines. L’exemption est écartée notamment pour les intérêts reçus par un actionnaire à 10 % du débiteur (§ 871(h)(3)) | Sans objet : le droit interne est déjà à zéro |
| Plus-values sur titres américains cotés | § 871(a)(2) : imposées à 30 % SEULEMENT si le non-résident est présent aux États-Unis 183 jours ou plus dans l’année. En deçà, aucune imposition américaine, et AUCUNE retenue à la source | Art. 13 § 6 : imposition exclusive dans l’État de résidence du cédant — la France |
| Revenus effectivement liés à une activité américaine | § 871(b) : barème progressif, sur une base NETTE, par voie de déclaration 1040-NR. C’est le régime des revenus fonciers américains lorsque l’option du § 871(d) a été exercée, et celui des revenus d’une LLC opérationnelle | Art. 6 pour les revenus immobiliers, art. 7 pour les bénéfices d’entreprise |
| Cession d’un intérêt immobilier américain | § 897 : traitée comme un revenu effectivement lié. Retenue de 15 % du prix brut au titre du § 1445 (Forms 8288 et 8288-A), sauf certificat de réduction obtenu sur formulaire 8288-B. Régularisation par 1040-NR | Art. 13 § 1 : imposition aux États-Unis, crédit français égal à l’impôt américain FÉDÉRAL, plafonné à l’impôt français |
La formalité à accomplir dès le retour, et le mois où elle se perd
Le formulaire à remettre à chaque payeur américain — établissement teneur de compte, société qui verse un dividende, locataire, gestionnaire de plan — est le W-8BEN. Il atteste de votre résidence française et sollicite le taux conventionnel. Sans W-8BEN, la retenue est de 30 %, et la restitution du trop-perçu suppose de déposer un 1040-NR l’année suivante et d’attendre. C’est la première démarche à accomplir auprès de chaque intermédiaire américain, dès la date de fin de résidence, et elle se fait par écrit, avec accusé de réception.
Les échéances du 1040-NR ne sont pas celles que l’on croit.Le critère n’est ni le lieu du salariat, ni l’existence d’une activité : c’est la perception de salaires ou rémunérations soumis à retenue à la source américaine, le critère de l’existence d’un bureau ou établissement aux États-Unis ne visant, au § 6072(c), que les sociétés étrangères. Dans ce cas, l’échéance est le 15 avril ; pour tout autre non-résident, elle est le 15 juin. Un propriétaire bailleur qui a opté au § 871(d) et n’a aucun salaire américain dépose au 15 juin, ce qui lui laisse deux mois de plus qu’il ne croit — et lui fait perdre deux mois s’il applique la mauvaise date dans l’autre sens.
Le citoyen américain qui rentre : l’inversion complète de perspective
Il faut le dire brutalement parce que c’est contre-intuitif : le retour en France ne simplifie pas la situation d’un citoyen américain, il l’aggrave. Avant le retour, ses actifs français étaient « étrangers » au regard du droit américain et ses actifs américains « domestiques ». Après, tout son patrimoine est étranger. Le nombre de formulaires augmente, et le régime des passive foreign investment companiesfrappe désormais l’intégralité de son épargne, redevenue française — chaque OPCVM, chaque SICAV, chaque FCP, chaque ETF de droit européen, chaque FCPE d’épargne salariale appelant un Form 8621 par ligne et par an.
Le socle déclaratif annuel devient : 1040sur le revenu mondial, avec Form 1116 (crédit d’impôt étranger) ou Form 2555 (exclusion du § 911) ; FinCEN 114 sur les comptes français ; Form 8938, aux seuils majorés applicables à celui dont le tax homeest à l’étranger — 200 000 $ au dernier jour de l’année ou 300 000 $ à un moment quelconque pour un célibataire, 400 000 $ et 600 000 $ pour un couple déposant conjointement — ; Form 8621 par PFIC ; Forms 5471, 8865 ou 8858pour chaque société française détenue au-delà des seuils ; Forms 3520 et 3520-Apour tout trust étranger et pour tout don ou héritage reçu d’une personne physique non-résidente ou d’une foreign estate au-delà de 100 000 $, seuil non indexé. Le sort des enveloppes françaises face à l’IRS est traité au chapitre 13, celui du régime PFIC au chapitre 14 : nous n’y revenons pas, sinon pour dire que le coût annuel de conformité croît avec le nombre de lignes de fonds et d’entités, et qu’il faut demander un devis nominatif à un CPA avant de supposer qu’il est marginal.
C’est cette inversion, et elle seule, qui explique le volume des renonciations à la nationalité américaine dans la population des Français rentrés. Elle doit être exposée avec ses conséquences complètes — imposition de sortie du § 877A, taxe du § 2801 pesant sur les donataires américains, motif d’inadmissibilité, publication du nom au Federal Register— et non comme une formalité administrative. C’est l’objet de la section suivante.
La cartographie des actifs américains se fait douze mois avant, pas au moment du déménagement
Nous établissons, actif par actif, la qualification française probable, l’obligation déclarative correspondante, la date limite de chaque arbitrage et son coût des deux côtés — purge de plus-values latentes, sort d’une LLC ou d’un trust, liquidation d’un compte épargne santé, calendrier d’acquisition des titres non encore acquis. Les points de droit américain sont instruits avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis, et les points d’État avec un praticien de l’État de départ.
Sortir du dispositif américain : renonciation, ou abandon de la carte verte
Deux actes, deux procédures, une même conséquence fiscale possible. Pour le citoyen américain, l’acte expatriant est celui du § 349(a)(5) de l’Immigration and Nationality Act, codifié au 8 USC § 1481(a)(5) : prêter serment de renonciation devant un officier diplomatique ou consulaire des États-Unis, à l’étranger. Il n’est pas possible de renoncer sur le territoire des États-Unis, sauf en temps de guerre, hypothèse sans application pratique. Pour le titulaire de la carte verte, la qualité de lawful permanent resident cesse par la révocation ou l’abandon du statut, administrativement ou judiciairement déterminé, ou par une élection conventionnellenotifiée à l’IRS — les deux voies produisant la même date d’expatriation fiscale au sens du § 877A(g)(3)(B).
La renonciation n’est pas une formalité de guichet. Le Département d’État en a décrit lui-même le déroulement dans le préambule de sa règle tarifaire de 2026 : le processus commence par une prise de contact avec le poste consulaire, se poursuit par deux entretiens séparésavec un officier consulaire ou diplomatique — le serment de renonciation ne pouvant être prêté qu’au second, en personne —, puis le dossier est transmis au Office of American Citizen Servicesde la direction des services aux citoyens à l’étranger, qui vérifie que la charge de la preuve est satisfaite et que la renonciation est bien volontaire et intentionnelle, avant que le poste ne prépare et délivre les documents originaux. Le certificat de perte de nationalité est le Form DS-4083.
Le droit consulaire : 450 $ depuis le 13 avril 2026, sans rétroactivité ni remboursement
Le droit d’Administrative Processing of Request for Certificate of Loss of Nationality a été réduit de 2 350 $ à 450 $ par la règle finale publiée au 91 FR 12296 le 13 mars 2026 (doc. 2026-04931), effective le 13 avril 2026, corrigée par 91 FR 20583 (doc. 2026-07601), applicable à la même date. Le montant applicable est celui en vigueur à la date du rendez-vous consulaire où le service est rendu.
Trois précisions qui figurent expressément dans la règle. Le droit couvre tous les CLN, et pas seulement les renonciations du 8 USC 1481(a)(5) : il s’applique aussi aux certificats demandés au titre du 8 USC 1481(a)(1) à (4). Aucun remboursementn’est accordé à ceux qui ont acquitté 2 350 $, le Département ayant répondu que ce droit avait été régulièrement perçu et renvoyé au 22 CFR 22.6(2). Et aucune rétroactivitén’a été retenue.
Le barème du 22 CFR 22.1 a été réécrit le 9 juin 2026 (91 FR 34772) et il est explicitement borné dans le temps : du 1erjuillet au 31 décembre 2026. Le montant de 450 $ y est inchangé, mais le droit doit être revérifié sur le 22 CFR 22.1 au 1erjanvier 2027. Ne construisez pas un calendrier de renonciation sur un tarif que vous n’avez pas revérifié à la date du rendez-vous.
Deux conséquences doivent être énoncées avantle serment, pas après. La première : l’IRS est informé automatiquement, le 26 USC § 6039G(d)obligeant le secrétaire d’État à lui transmettre copie de chaque certificat de perte de nationalité approuvé, et l’agence chargée de l’immigration à lui communiquer le nom de chaque lawful permanent residentdont le statut a été révoqué ou dont l’abandon a été constaté. La seconde : le même texte impose de publier au Federal Register, dans les trente jours de la clôture de chaque trimestre civil, le nom de chaque personne perdant la nationalité américaine. Ce n’est pas une procédure confidentielle. Pour un dirigeant, un praticien libéral ou une personne exposée médiatiquement, c’est un paramètre de décision à part entière.
Il faut également parler du 8 USC § 1182(a)(10)(E), connu sous le nom de Reed Amendment : « tout étranger ancien citoyen des États-Unis qui renonce officiellement à la nationalité américaine et dont l’Attorney Generaldétermine qu’il y a renoncé dans le but d’éviter l’imposition par les États-Unis est inadmissible ». Ce que le texte fait : il institue un motif d’interdiction d’entrée sur le territoire, non une sanction fiscale, subordonné à une détermination individuelle de l’Attorney General. Ce qu’il ne fait pas : il ne vise que la renonciation, non l’abandon d’une carte verte, et il ne comporte aucune présomption tirée du statut de covered expatriate. La disposition est en vigueur depuis 1996. Nous n’avons retrouvé, au 29/07/2026, ni cadre réglementaire d’application ni cas publié de refus d’admission fondé sur ce motif ; il ne faut écrire ni que la disposition est « lettre morte », ni qu’elle « s’applique automatiquement aux covered expatriates »— les deux affirmations circulent et aucune n’est établie. Ce qui est en revanche certain : un ancien citoyen redevient un étranger, il lui faut une autorisation ESTA ou un visa pour entrer, et il perd le droit de résider et de travailler aux États-Unis, le droit de vote et la protection consulaire américaine. La question de l’admissibilité se pose avant de renoncer.
Un point de mécanique enfin, qui gouverne toute la période intercalaire. La date d’expatriation fiscale est celle du serment(§ 877A(g)(4)(A)), mais le texte ajoute que les sous-paragraphes (A) et (B) « ne s’appliquent à aucun individu à moins que la renonciation ou l’abandon volontaire ne soit ultérieurement approuvé par la délivrance d’un certificat de perte de nationalité ». Tant que le CLN n’est pas délivré, vous restez citoyen américain et contribuable mondial ; la délivrance rétroagit ensuite à la date du serment. Vous devez donc continuer de déposer vos déclarations pendant la période intercalaire, quitte à rectifier ensuite. Aucune source officielle publiant un délai moyen de traitement des CLN n’a été identifiée au 29/07/2026, et le préambule de la règle de mars 2026 décrit la procédure sans la chiffrer : ne construisez pas votre calendrier sur une durée annoncée par un tiers.
La règle des huit années sur quinze : ce qui fait d’un porteur de carte verte un expatrié fiscal
Un titulaire de carte verte qui rend sa carte n’est pas nécessairement soumis au régime d’expatriation. Il ne l’est que s’il est long-term resident, notion définie par le § 877(e)(2) : est long-term residenttoute personne, autre qu’un citoyen américain, qui a été lawful permanent resident pendant au moins huit années d’imposition au cours des quinze années d’impositionse terminant avec celle de l’événement. Le § 877 ne subsiste plus que par les renvois que lui fait le § 877A — les trois tests du § 877(a)(2), visés par le § 877A(g)(1)(A), et cette définition, incorporée par renvoi au § 877A(g)(5).
Le compteur se compte en années d’imposition, jamais en années pleines
L’unité est l’année d’imposition, non l’année pleine de détention. Une carte verte obtenue le 28 décembrede l’année N consomme l’année d’imposition N tout entière. Symétriquement, un Form I-407 déposé le 3 janvierde l’année N+7 consomme l’année N+7.
Conséquence arithmétique : le seuil de huit années d’imposition peut être atteint en six ans et six jours calendaires— années N, N+1, N+2, N+3, N+4, N+5, N+6, N+7 = huit années, pour six ans et six jours de détention effective, du 28 décembre de l’année N au 3 janvier de l’année N+7. Le raccourci est donc de près de deux années. Le § 877(e)(2) ne prévoit aucune proratisation : une seule journée de statut dans une année d’imposition consomme cette année entière.
Le compteur d’exclusion conventionnel.Le même texte dispose qu’une personne n’est pas traitée comme lawful permanent residentau titre d’une année d’imposition si elle est traitée comme résidente d’un pays étranger en application d’une convention fiscale et ne renonce pas aux avantages du traité. Chaque année où le porteur de carte verte a régulièrement pris une position conventionnelle de résidence française — 1040-NR accompagné du Form 8833 — ne compte pas dans les huit. Le prix de ce levier n’est pas fiscal, il est migratoire : prendre une position conventionnelle de non-résidence est, en droit de l’immigration, l’aveu d’une intention contraire au maintien de la résidence permanente, et la présomption d’abandon qui en découle a une base réglementaire opposable au 8 CFR § 316.5(c)(2). On n’utilise pas ce levier sans un avocat en immigration.
L’erreur de séquence la plus coûteuse du dossier tient en une phrase : déposer le Form I-407 avant d’avoir vérifié la conformité déclarative des cinq années précédentes. Le troisième test du covered expatriate, celui de la certification, se joue à la date de l’expatriation. Une fois le I-407 déposé, le statut est acquis si la certification ne peut pas être signée, et rien ne le défait. L’ordre des opérations est irréversible : audit d’abord, régularisation ensuite, dépôt en dernier.
L’imposition de sortie américaine : le § 877A, jamais le § 877
Le texte applicable, et pourquoi celui qu’on vous citera ne l’est pas
Pour toute expatriation postérieure au 17 juin 2008 — c’est-à-dire pour tous les dossiers d’aujourd’hui —, le régime applicable est celui du § 877A de l’Internal Revenue Code, et non celui du § 877.Le § 877 comporte sa propre clause d’extinction : « This section shall not apply to any individual whose expatriation date (as defined in section 877A(g)(3)) is on or after the date of the enactment of this subsection » (§ 877(h), introduit par le HEART Act, Pub. L. 110-245, 17 juin 2008). Le § 877(e)(2) ne survit que comme définition du long-term resident, incorporée par renvoi au § 877A(g)(5).
Les trois tests du covered expatriate : impôt fédéral net moyen des cinq années précédentes supérieur à 211 000 $pour 2026 — c’est un montant d’impôt, pas de revenu ; patrimoine net supérieur à 2 000 000 $ à la date d’expatriation, montant non indexé ; ou défaut de certification de conformité fiscale des cinq exercices précédents sur Form 8854.
Deux exceptions légales, et elles visent les binationaux franco-américains : le binational de naissancecitoyen d’un autre État à la naissance, toujours citoyen de cet État et imposé comme résident de cet État à la date d’expatriation, et résident des États-Unis pendant dix exercices au plus sur quinze ; et la renonciation avant l’âge de 18 ans et demi, avec dix exercices de résidence au plus. Ces exceptions n’écartent que les tests de revenu et de patrimoine : le test de conformité demeure, et sans certification sur Form 8854 le binational redevient covered expatriate.
Le rebasement à l’entrée en résidence est au § 877A(h)(2), non au § 877(e)(3) : les biens détenus par toute personne physiqueà la date à laquelle elle est devenue résidente au sens du § 7701(b) sont réputés avoir, à cette date, une base au moins égale à leur valeur vénale. Le Français naturalisé américain qui renonce en bénéficie comme l’ancien titulaire de carte verte. Cela suppose d’avoir documenté la valeur vénale de chaque actif à la date exacte de votre residency starting date.
Exclusion de gain : 910 000 $ pour 2026.
Ce qui suit l’expatriation, sans limite de temps : la section 2801 tax. Elle frappe le bénéficiaire américain d’un don ou d’un legs reçu d’un covered expatriate, à 40 %, au-delà d’une franchise de 19 000 $ par année civiletous donateurs confondus. Elle s’applique aux transmissions reçues depuis le 17 juin 2008. Il n’existe aucune limite de temps : ni le § 2801, ni la partie 28 du 26 CFR ne font courir de délai depuis l’expatriation.
Trois précisions sur les tests, parce qu’elles décident de qui est concerné. Le test (A) porte sur l’average annual net income taxau sens du § 38(c)(1) des cinq années d’imposition s’achevant avant la date d’expatriation : un impôt fédéral net moyen supérieur à 211 000 $ suppose plusieurs centaines de milliers de dollars de revenu imposable annuel. Présenté comme un seuil de revenu — c’est l’erreur la plus répandue —, il paraît franchi par un cadre supérieur ordinaire ; lu correctement, il ne l’est pas. Le test (B) porte sur le patrimoine net mondial, résidence principale française comprise, et son seuil de 2 000 000 $ n’est pas indexé : fixé en dur depuis 2004, il attrape année après année une clientèle plus large. Le test (C)est le plus redoutable parce qu’il est le plus démocratique : il ne dépend ni du revenu ni du patrimoine. Un titulaire de carte verte modeste qui a omis ses FBAR ou ses Form 8621 pendant cinq ans devient covered expatriate par le seul jeu du (C).
Les deux exceptions du § 877A(g)(1)(B) sont le cœur du dossier franco-américain, et elles sont régulièrement présentées comme inexistantes. Voici leurs conditions, qui sont cumulatives à l’intérieur de chaque exception.
| Exception | Conditions CUMULATIVES |
|---|---|
| Binational de naissance | (1) être devenu À LA NAISSANCE citoyen des États-Unis ET citoyen d’un autre État — la double nationalité acquise ultérieurement ne compte pas ; (2) à la date d’expatriation, être TOUJOURS citoyen de cet autre État ET y être imposé comme résident ; (3) avoir été résident des États-Unis au sens du § 7701(b)(1)(A)(ii) pendant DIX EXERCICES AU PLUS SUR LES QUINZE qui se terminent avec celui de l’expatriation |
| Renonciation avant 18 ans et demi | (1) la renonciation intervient AVANT l’âge de 18 ans et demi — pas 18 ans, pas 19 ; (2) l’intéressé a été résident des États-Unis pendant DIX EXERCICES AU PLUS avant la date de renonciation |
Ce que ces exceptions écartent, et ce qu’elles n’écartent jamais
Ce que ces exceptions n’écartent pas.Le § 877A(g)(1)(B) ne neutralise que les tests des (A) et (B) du § 877(a)(2) — le revenu et le patrimoine. Le test de conformité du § 877(a)(2)(C) demeure : sans certification sur Form 8854 du respect des obligations fiscales des cinq exercices précédents, le binational de naissance redevient covered expatriate, et avec lui la totalité du § 2801. Pour ce profil, la certification est la seule chose qui compte.
Ce qui reste vrai en dehors de ces exceptions.Le statut s’apprécie à la date d’expatriation et, une fois acquis, il l’est pour toujours ; la seule voie de sortie ultérieure est de redevenir soumis à l’estate tax ou au gift taxaméricain comme citoyen ou résident. Le § 877A(g)(1)(C) le prévoit expressément : le covered expatriatequi redevient imposable comme citoyen ou résident des États-Unis n’est pas traité comme tel pendant cette période pour l’application des (d)(1), (f) et du § 2801.
Il faut insister sur un point que la littérature française rate systématiquement, et qui joue en votre faveur : le rebasement du § 877A(h)(2) vise « an individual », donc toute personne physique devenue résidente après avoir été non-résidente— le Français naturalisé américain qui renonce à sa nationalité comme l’ancien titulaire de carte verte. C’est la différence avec l’ancien § 877(e)(3), qui ne visait que le long-term residentet que la clause d’extinction du § 877(h) prive d’application, sans l’abroger. La date de référence est la residency starting dateau sens du § 7701(b), définie par le Treas. Reg. § 301.7701(b)-4, et non une date d’installation appréciée en fait. Le rebasement est un plancher, non un plafond — « not less thanthe fair market value » : si votre base historique est supérieure, elle est conservée. Une option de renonciation au rebasement existe, irrévocable ; elle n’a d’intérêt que dans l’hypothèse rare où vous auriez intérêt à constater une moins-value latente accumulée avant votre arrivée.
Cette règle a une conséquence pratique qui se joue dans les semaines de l’installation aux États-Unis, pas dix ans plus tard : documenter et conserver la valeur vénale de chaque actif à la date exacte de la residency starting date. Expertise immobilière contradictoire pour chaque bien français, relevé de portefeuille daté du jour pour chaque compte-titres, PEA et contrat d’assurance-vie, valorisation par un professionnel des parts de SARL, SAS, SCI et SCPI, estimation datée des œuvres d’art, biens de collection et or physique. Sans cette photographie, le rebasement existe en droit et ne se prouve pas en fait.Si vous lisez ces lignes après votre installation, la reconstitution rétrospective est possible mais coûteuse ; si vous les lisez avant, elle coûte quelques milliers d’euros et vaut potentiellement des centaines de milliers.
La cession réputée du § 877A(a) : mécanique et exclusion de 910 000 $
Le § 877A(a)(1) dispose que « tous les biens d’un covered expatriate sont traités comme vendus le jour précédant la date d’expatriation, à leur valeur vénale ». Cinq points de mécanique commandent le chiffrage.
- La cession réputée intervient la veillede la date d’expatriation — donc, pour un citoyen, la veille du serment. C’est le dernier jour où vous êtes encore pleinement contribuable américain.
- Les plus-values sont constatées, les moins-values aussi, dans les limites de droit commun des §§ 1211 et 1212, avec une faveur : la règle anti-wash saledu § 1091 est écartée.
- La qualification long terme ou court terme est celle de droit commun. Un titre détenu plus d’un an relève des taux préférentiels. Ce n’est pas une imposition à taux plein.
- La net investment income tax de 3,8 % du § 1411 s’applique si les seuils sont franchis — ce qui est presque toujours le cas pour un covered expatriate.
- Un rehaussement de base est ensuite pratiqué : la cession réelle ultérieure ne réimpose pas la même plus-value.
L’exclusion de 910 000 $ pour 2026 s’applique au gain net, pas au patrimoine. Un covered expatriatedont le patrimoine vaut 5 000 000 $ mais dont la plus-value latente totale est de 800 000 $ ne paie rienau titre de la cession réputée. C’est un chiffre qu’il faut avoir en tête avant de renoncer à un projet de renonciation par crainte du montant : sur un patrimoine construit récemment, ou reconstitué après le rebasement du § 877A(h)(2), l’assiette est souvent faible.
Deux règles de coordination, souvent oubliées. Le § 877A(h)(3)prévoit que si l’expatriation entraîne la constatation d’un gain au titre du § 684 — imposition de la plus-value latente lors du transfert de biens à un trust étranger —, le § 684 s’applique en premier. Et le § 877A(h)(1)met fin, la veille de l’expatriation, aux délais de remploi ouvrant droit à une réduction de plus-value (§§ 1031 et 1033), et rend immédiatement exigible le solde de tout échéancier de paiement d’impôt en cours.
Les trois catégories d’actifs qui échappent à la cession réputée — et qui coûtent plus cher qu’elle
Le § 877A(c) écarte de la cession réputée trois catégories : les deferred compensation items du (d)(4), les specified tax deferred accounts du (e)(2), et les intérêts dans un nongrantor trust du (f)(3). Elles ne sont pas exonérées : elles sont traitées différemment, et pour un Français ce traitement différent est presque toujours plus lourd que la cession réputée elle-même.
Les rémunérations différées : 30 % à chaque versement, ou tout d’un coup
La définition du § 877A(d)(4) comporte quatre branches : tout intérêt dans un plan visé au § 219(g)(5) — plans de retraite qualifiés, 403(b), plans gouvernementaux, SEP, SIMPLE ; tout intérêt dans un plan de retraite étranger ou dispositif similaire ; tout élément de rémunération différée ; et tout bien ou droit à recevoir un bien en contrepartie de services, dans la mesure où il n’a pas déjà été pris en compte au titre du § 83.
La branche visant les plans étrangersest celle que les guides français ignorent presque toujours : un PER, un PERCO, un contrat Madelin ou un contrat de l’article 83français entrent dans le champ du § 877A(d). Le régime dépend ensuite d’une qualification binaire.
Item ÉLIGIBLE — retenue de 30 % à chaque versement
Le payeur retient 30 % sur chaque taxable payment, défini comme tout versement qui aurait été compris dans le revenu brut du covered expatriate s’il était resté contribuable américain. Trois conditions cumulatives sont exigées par le § 877A(d)(3).
Item NON ÉLIGIBLE — imposition immédiate de la valeur entière
Le § 877A(d)(2) répute reçue, la veille de l’expatriation, une distribution égale à la VALEUR ACTUELLE DU DROIT ACQUIS. La pénalité de retrait anticipé du § 72(t) est écartée et la base est ajustée pour l’avenir — mais l’impôt est dû immédiatement et en numéraire.
Le Form W-8CE, et les trente jours qui séparent les deux colonnes
Le Form W-8CE — Notice of Expatriation and Waiver of Treaty Benefits — n’est pas adressé à l’IRS : il est adressé AU PAYEUR. Il lui notifie votre qualité de covered expatriate, ce qui déclenche la retenue de 30 % sur les eligible deferred compensation items et sur les distributions de nongrantor trusts.
Il doit être remis au payeur au plus tôt des deux dates suivantes : le jour précédant la première distribution intervenant à compter de la date d’expatriation, ou trente jours après la date d’expatriation.
Ce délai est un couperet. Passé trente jours, un deferred compensation itemqui aurait pu être éligible — donc soumis à une simple retenue de 30 % à chaque versement — devient non éligible, et déclenche l’imposition immédiate de la valeur actuelle du droit acquis. Sur un plan de retraite américain valorisé 1 500 000 $, l’écart entre les deux régimes est un impôt immédiat de plusieurs centaines de milliers de dollars contre un prélèvement étalé sur vingt ans. C’est la date la plus critique de tout le calendrier de sortie, et elle tombe trente jours après un serment prêté à l’étranger, souvent sans avoir encore parlé à son CPA.
Il existe un abattement, et il est très important pour un Français. Le § 877A(d)(5) écarte les paragraphes (1) et (2) « dans la mesure où le deferred compensation item est attribuable à des services rendus hors des États-Unis alors que le covered expatriaten’était ni citoyen ni résident des États-Unis ». Un PER alimenté pendant quinze ans d’activité en France, avant l’installation aux États-Unis et avant l’acquisition de la citoyenneté ou de la carte verte, en est exclu à due proportion. La documentation des périodes de cotisation et du lieu d’exercice de l’activité — relevés de carrière, bulletins de paie, attestations d’employeur — est donc une pièce de dossier essentielle, et elle se constitue avant, jamais après.
Les comptes à imposition différée : réputés distribués en totalité, la veille
Le § 877A(e) répute le titulaire d’un specified tax deferred account« recevoir une distribution de la totalité de son intérêt dans ce compte le jour précédant la date d’expatriation ». La pénalité de retrait anticipé est écartée et des ajustements sont pratiqués sur les distributions ultérieures. La liste des comptes visés est limitative, et c’est elle qui trace la ligne de partage avec le régime précédent.
| Compte | Visé par le § 877A(e) ? | Régime applicable |
|---|---|---|
| IRA traditionnel | Oui | Distribution réputée de la totalité, la veille de l’expatriation |
| Roth IRA | Oui — c’est un individual retirement plan du § 7701(a)(37) | Distribution réputée de la totalité (voir la réserve ci-après) |
| SEP-IRA (§ 408(k)) | Non — exclu du § 877A(e)(2) | Relève du § 877A(d) comme deferred compensation item |
| SIMPLE IRA (§ 408(p)) | Non — même raisonnement | Relève du § 877A(d) |
| 401(k), 403(b), 457(b) | Non | Ce sont des deferred compensation items du § 877A(d) |
| Plan 529 (qualified tuition program) | Oui | Distribution réputée de la totalité |
| Compte ABLE (§ 529A) | Oui | Distribution réputée de la totalité |
| Coverdell ESA (§ 530) | Oui | Distribution réputée de la totalité |
| Compte épargne santé HSA (§ 223) | Oui | Distribution réputée de la totalité |
| Archer MSA (§ 220) | Oui | Distribution réputée de la totalité |
Le Roth IRA : le cas qui n’est pas tranché, et qu’il ne faut pas trancher soi-même
Un Roth IRA a été alimenté avec des sommes déjà imposées, et ses produits sont exonérés à la sortie dès lors que la distribution est qualifiée. Le § 877A(e) le répute pourtant intégralement distribué la veille de l’expatriation. Le texte ne dit pas expressément si cette distribution réputée conserve son caractère de qualified distribution exonérée.
La lecture littérale — une distribution réputée reçue « of his entire interest » suit le régime propre au compte — conduirait à une imposition nullepour un Roth mature. C’est la lecture que la plupart des praticiens retiennent. Mais aucune position administrative sur ce point précis n’a été retrouvée au 29/07/2026.
Ce point doit être arbitré avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis, et avec votre CPA, avant tout acte irréversible. La question à leur poser : la distribution réputée du § 877A(e)(1)(A) portant sur un Roth IRA satisfaisant les conditions de qualification du § 408A(d)(2) est-elle une qualified distribution exclue du revenu brut, ou une distribution imposable ?Pièces à réunir : date d’ouverture du premier Roth, historique complet des versements et des conversions avec leur date, relevés annuels, âge du titulaire, et le cas échéant les Forms 5498 et 1099-R des exercices concernés. Pour un Roth significatif, l’écart entre les deux lectures se chiffre en dizaines de milliers de dollars.
Les intérêts dans un trust non-grantor : rien à la sortie, 30 % à chaque distribution
Le § 877A(f) traite les intérêts du covered expatriate dans un nongrantor trust, défini comme la portion du trust dont il n’est pas considéré comme le propriétaire au sens du sous-chapitre J, cette qualification étant appréciée immédiatement avant la date d’expatriation. Le régime tient en quatre points.
- Aucune imposition à la sortie.Le trust n’est pas réputé distribué. L’imposition est différée à chaque distribution effective, sans limite de temps.
- Le trustee retient 30 % de la fraction imposable de chaque distribution, définie comme celle qui serait comprise dans le revenu brut du covered expatriates’il était resté contribuable américain.
- Le trust lui-même constate une plus-valuesur les biens distribués en nature, comme s’ils étaient vendus à l’expatrié à leur valeur vénale : c’est une charge pour les autres bénéficiaires, pas seulement pour l’expatrié. Beaucoup de familles découvrent ce point le jour où la distribution est faite.
- La renonciation conventionnelle est réputée (§ 877A(f)(4)(B)) : le covered expatriateest présumé avoir renoncé à toute réduction conventionnelle de retenue, sauf accord avec l’administration sur un autre traitement. La convention de 1994 ne protège donc pas ces distributions.
Le § 877A(f) ne s’applique qu’à la condition que le covered expatriateait été bénéficiaire du trust le jour précédant la date d’expatriation. Et la qualification préalable est décisive : un trust dont le covered expatriate est le constituant et le propriétaire réputé — un grantor trust — n’entre pasdans le § 877A(f) : ses actifs sont les siens et relèvent de la cession réputée du § 877A(a). Le revocable living trust américain, si fréquent dans les patrimoines constitués sur place, est typiquement dans ce second cas.
L’élection de report du § 877A(b) : ce qu’elle achète, et ce qu’elle exige
Le § 877A(b) permet de reporter le paiement de l’impôt supplémentaire attribuable à un bien traité comme vendu, jusqu’à l’échéance de la déclaration de l’exercice au cours duquel ce bien est effectivement cédé. Ce n’est pas le sursis français de l’article 167 bis, et il ne faut jamais raisonner par analogie.
| Caractéristique | Contenu |
|---|---|
| Portée | BIEN PAR BIEN (§ 877A(b)(6)), jamais globale : on peut reporter sur l’immeuble et payer sur le portefeuille |
| Terme | La cession du bien ; au plus tard, l’échéance de la déclaration de l’exercice qui inclut la date du DÉCÈS de l’expatrié — ou, si elle est antérieure, la date à laquelle la garantie cesse de satisfaire aux exigences |
| Garantie | OBLIGATOIRE, pour toute élection : bond conforme au § 6325, accepté par l’administration, ou autre forme de garantie répondant aux exigences prescrites, lettres de crédit comprises. Aucune élection n’est possible sans elle |
| Renonciation conventionnelle | IRRÉVOCABLE et obligatoire (§ 877A(b)(5)) : aucune élection n’est possible sans renonciation irrévocable à tout droit tiré d’une convention des États-Unis qui ferait obstacle à l’établissement ou au recouvrement de l’impôt |
| Irrévocabilité | L’élection ne peut pas être défaite (§ 877A(b)(6)) |
| Intérêts | Ils COURENT depuis l’échéance normale, sans égard au report (§ 877A(b)(7)), au taux du § 6601 |
Sur le montant de la garantie, une mise en garde s’impose parce que la confusion est fréquente et coûteuse : ne transposez pas les 12,8 % du V de l’article 167 bis du CGI, qui relèvent d’un dispositif entièrement distinct. Nous n’avons retrouvé aucun barème ni pourcentage réglementaire fixant le montant de la garantie exigée au titre du § 877A(b)(4) au 29/07/2026 : le texte exige une adequate security sans la chiffrer. Ce point doit être arbitré avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis avant tout acte irréversible.La question à leur poser : quelle assiette et quel montant de garantie l’administration accepte-t-elle en pratique pour une élection du § 877A(b) portant sur ce bien, et sous quelle forme — bond du § 6325, lettre de crédit, nantissement ?Pièces à réunir : valorisation datée du bien par un professionnel, calcul du gain réputé et de l’impôt correspondant, capacité d’émission d’une garantie par un établissement américain, et projet de renonciation conventionnelle.
Les formulaires de la sortie, et la sanction qui s’y attache
| Formulaire | Objet | Échéance | Sanction |
|---|---|---|---|
| Form 8854 — déclaration initiale | Initial and Annual Expatriation Statement, fondé sur le § 6039G(a). Il porte la CERTIFICATION du test (C), le bilan détaillé qui documente le test de patrimoine net, le numéro fiscal, l’adresse de la résidence étrangère principale, le pays de résidence et de nationalité, le détail des revenus, actifs et passifs, et le nombre de jours de présence physique aux États-Unis dans l’année | À joindre à la déclaration de revenus (1040, 1040-SR ou 1040-NR) de l’année incluant la date d’expatriation, à l’échéance de celle-ci. Si aucune déclaration n’est due, envoi direct à l’échéance qu’aurait eue la déclaration, à l’Internal Revenue Service, 3651 S IH35, MS 4301 AUSC, Austin, TX 78741 | § 6039G(c) : 10 000 $, sauf cause raisonnable et absence de négligence délibérée. Elle est due PAR ANNÉE et vise le défaut de dépôt, l’omission d’informations ET les informations inexactes |
| Form 8854 — déclaration annuelle | Obligatoire pour tout expatrié d’une année antérieure qui a opté pour le report du § 877A(b), déclaré un eligible deferred compensation item, ou déclaré un intérêt dans un nongrantor trust | Chaque année, sans limite de durée, jusqu’à extinction de la situation qui la déclenche | Identique |
| Form W-8CE | Notice of Expatriation and Waiver of Treaty Benefits, remis AU PAYEUR et non à l’IRS | Au plus tôt du jour précédant la première distribution intervenant à compter de la date d’expatriation, ou du trentième jour suivant la date d’expatriation | Perte de l’éligibilité du deferred compensation item, donc imposition immédiate de la valeur actuelle du droit acquis |
| Déclaration de fin de résidence | Treas. Reg. § 301.7701(b)-8 : déclaration signée sous peine de parjure établissant la fin de la résidence, à joindre à la déclaration de l’année de sortie | Avec la déclaration de l’année de sortie | À défaut, la date de fin de résidence peut être contestée |
Les Relief Procedures for Certain Former Citizens : la seule porte qui neutralise le test de conformité
Il existe une procédure faite pour l’Américain accidentel qui n’a jamais déposé de déclaration américaine, et elle est la seule à neutraliser le test (C). Les Relief Procedures for Certain Former Citizenss’adressent aux anciens citoyens ayant renoncé après le 18 mars 2010, sans historique déclaratif, dont le patrimoine net est inférieur à 2 000 000 $et dont la dette fiscale cumulée sur six ans n’excède pas 25 000 $.
Leur effet : aucun impôt, aucune pénalité, aucun intérêt — et pas de statut de covered expatriate. C’est la solution du binational de naissance qui remplit toutes les conditions de l’exception du § 877A(g)(1)(B) mais ne peut pas signer la certification faute d’avoir jamais déclaré.
Une réserve qui doit figurer dans toute recommandation.L’IRS les offre « without a specific termination date » : elles peuvent être fermées à tout moment, sans préavis. Un dossier éligible qui attend est un dossier qui parie. Le chapitre 24 traite l’ensemble des voies de régularisation américaines, qui sont au nombre de six.
Un chiffrage de sortie, et l’ordre de grandeur qu’il faut avoir en tête
La situation. Mme L., française naturalisée américaine en 2016, rentrée en France, décide de renoncer à la nationalité américaine. Patrimoine mondial net de 4 200 000 € : le test (B) est franchi, elle est covered expatriate. Plus-values latentes sur portefeuille et titres non cotés : 1 650 000 $, calculées après application du rebasement du § 877A(h)(2) sur les actifs qu’elle détenait déjà à sa residency starting date. 401(k) de 820 000 $, Roth IRA de 180 000 $, compte épargne santé de 60 000 $.
Décomposition de l’imposition de sortie
1. CESSION RÉPUTÉE — § 877A(a)
Plus-values latentes nettes ............. 1 650 000 $
Exclusion du § 877A(a)(3), 2026 ........... 910 000 $
-------------------------------------------------
Gain net imposable ....................... 740 000 $
Hypothèse MAJORANTE retenue ici :
20 % (§ 1(h)(1)(D)) + 3,8 % (§ 1411) = 23,8 %
Impôt fédéral ............................. 176 120 $
2. 401(k) — DEFERRED COMPENSATION ITEM, § 877A(d)
Si W-8CE remis dans les 30 jours et payeur
américain : retenue de 30 % à CHAQUE versement,
étalée sur toute la durée de service du plan.
Si le délai de 30 jours est manqué :
820 000 $ réputés reçus la veille, au barème du
revenu ordinaire, la fraction excédant 640 600 $
relevant de la tranche à 37 %.
L’exclusion de 910 000 $ NE S’APPLIQUE PAS ici.
3. ROTH IRA — SPECIFIED TAX DEFERRED ACCOUNT, § 877A(e)
180 000 $ réputés distribués la veille.
Caractère de qualified distribution : NON TRANCHÉ.
Écart entre les deux lectures : de 0 $ à plusieurs
dizaines de milliers de dollars.
4. COMPTE ÉPARGNE SANTÉ — § 877A(e)
60 000 $ réputés distribués la veille.Avertissement de méthode sur le taux du point 1. Le § 1(h)(1) n’énonce pas un taux mais une structure de tranches : 0 %, 15 %, puis 20 % sur la seule fraction du gain excédant le plafond de la tranche à 15 %. Retenir 20 % sur la totalité du gain est une hypothèse volontairement majorante : elle sécurise la trésorerie annoncée, mais elle surestime l’impôt d’environ 25 à 30 %. Tout chiffrage individuel doit reconstituer les tranches à partir du revenu imposable américain réel de l’année de sortie, seuils de tranche de l’année en main.
Ce que ce chiffrage montre, et qui est contre-intuitif : le poste le plus lourd n’est pas la cession réputée, dont l’assiette est réduite de 910 000 $ et qui relève de taux préférentiels. C’est le traitement du plan de retraite, qui porte sur la valeur entièreet non sur une plus-value, qui relève du barème ordinaire, qui n’ouvre aucun droit à l’exclusion, et dont le régime bascule sur une formalité de trente jours. Un dossier de renonciation se construit donc à l’envers de l’intuition : on commence par le plan de retraite et par le W-8CE, on finit par le portefeuille.
Le § 2801 : ce que votre renonciation fait peser sur vos héritiers américains, sans limite de temps
Le § 2801 est traité en détail au chapitre 21, et nous n’en reprenons ici que ce qui commande une décision de sortie. Il ne ressemble à rien de ce que connaît un client français : c’est le bénéficiaire qui paie, à 40 %, sur tout don ou legs reçu d’un covered expatriate, au-delà d’une franchise de 19 000 $ par année civile tous donateurs confondus, et sans aucune limite de temps. La taxe s’applique aux transmissions reçues depuis le 17 juin 2008 : un don reçu en 2012 d’un parent ayant renoncé en 2011 est dans le champ. Les règlements définitifs (T.D. 10027, 90 FR 3376, 14 janvier 2025, codifiés au 26 CFR partie 28) n’ont pas créé la taxe : ils en ont organisé la déclaration et le paiement.
Deux points doivent être traités de votre vivant, parce qu’ils se ferment à votre décès. D’abord, le règlement institue une présomption défavorable au bénéficiaire : celui qui reçoit est présumé avoir reçu d’un covered expatriate, à charge pour lui de produire une autorisation de communication signée par le donateur — Form 8821— ou une autre documentation probante. Le Treas. Reg. § 28.2801-7(b)(2) vise le « living donor expatriate » : une fois le donateur décédé, cette voie est fermée. Ensuite, le bénéficiaire qui conclut raisonnablement que le don n’est pas un covered gift peut déposer un Form 708 protecteur, avec affidavit signé sous peine de parjure, pour faire courir la prescription : à défaut, le délai d’assiette ne commence jamais.
Ce que cela impose de faire, si vous renoncez et que vos enfants sont ou seront américains : conserver et leur remettre le Form 8854, la certification de conformité et, le cas échéant, la démonstration qu’une exception du § 877A(g)(1)(B) vous était applicable ; et signer, de votre vivant, l’autorisation de communication qui leur permettra d’établir votre statut. Ce sont trois documents et une signature. Ils valent, pour un héritier américain recevant 500 000 $, la différence entre zéro et 192 400 $ d’impôt.
Deux atténuations existent, et une seule est certaine. La réduction pour impôt étrangerdu § 2801(d) : la taxe est réduite du montant des droits de donation ou de succession effectivement payés à un État étranger sur le même bien — les droits de succession français sont donc imputables, ce qui est décisif pour un couple franco-américain transmettant des biens situés en France. En revanche, sur la question de savoir si le § 2801 entre dans le champ de la convention successorale du 24 novembre 1978, le guide retient qu’il en est hors champ : le § 2801 est codifié au chapitre 15 du sous-titre B et n’est ni l’estate tax fédérale, ni le gift tax fédéral, ni la generation-skipping transfer tax, seuls impôts américains nommés à l’article 2 § 1 a) de la convention. La convention ne l’élimine donc pas, et il ne faut pas écrire qu’il serait « protégé par la clause de sauvegarde » — celle-ci est une réserve interne au champ conventionnel et ne nomme aucun impôt.
La couverture santé au retour : le trou que personne ne prévoit
Le sujet est traité au chapitre 20, et nous n’en rappelons ici que la conséquence de calendrier, parce qu’elle se règle au moment du retour et pas après : la réaffiliation au régime français n’est pas instantanée, et il existe un délai de carence pendant lequel vous n’êtes couvert ni d’un côté ni de l’autre. Votre assurance santé américaine cesse à la fin de votre contrat de travail ou à l’expiration de votre couverture de continuation ; votre couverture française commence lorsque le dossier est instruit. Entre les deux, la solution est une couverture privée d’expatriation maintenue quelques mois au-delà du retour, souscrite avant le départ des États-Unis. Deux points s’y ajoutent, tous deux développés au chapitre 20 : la couverture américaine ne rembourse rien en France, et la pénalité de retard à la partie B de Medicare est de dix pour cent par an, à vie, pour celui qui reporte son inscription sans en remplir les conditions.
La sortie du dispositif américain ne se décide pas sur un chiffre, mais sur un ordre d’opérations
Audit de conformité des cinq exercices, chiffrage du mark-to-market après application du rebasement du § 877A(h)(2), qualification de chaque plan de retraite au regard du § 877A(d) ou (e), calendrier du Form W-8CE et du Form 8854, et conséquences du § 2801 pour vos héritiers américains. Nous coordonnons ce travail avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis et avec votre CPA : aucune de ces décisions ne se prend d’un seul côté de l’Atlantique.
Ce que nous ne tranchons pas, et la question exacte à poser
Cinq points de ce chapitre ne se décident pas dans un guide. Nous donnons pour chacun la question à poser, à qui, et les pièces à réunir : c’est ce qui transforme une consultation de trois heures en une consultation d’une heure.
| Point | À qui poser la question | La question, et les pièces à réunir |
|---|---|---|
| Le caractère qualifié de la distribution réputée d’un Roth IRA sous le § 877A(e) | Avocat fiscaliste américain ou CPA, en coordination avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis | « La distribution réputée du § 877A(e)(1)(A) portant sur un Roth IRA satisfaisant les conditions du § 408A(d)(2) est-elle une qualified distribution exclue du revenu brut ? » Pièces : date d’ouverture du premier Roth, historique complet des versements et conversions avec leur date, relevés annuels, âge du titulaire, Forms 5498 et 1099-R |
| Le montant et la forme de la garantie exigée pour l’élection de report du § 877A(b) | Avocat fiscaliste américain | « Quelle assiette et quel montant de garantie l’administration accepte-t-elle en pratique pour une élection portant sur ce bien, et sous quelle forme : bond du § 6325, lettre de crédit, nantissement ? » Pièces : valorisation datée du bien, calcul du gain réputé et de l’impôt correspondant, capacité d’émission d’une garantie, projet de renonciation conventionnelle. NE JAMAIS transposer les 12,8 % du V de l’article 167 bis du CGI |
| La qualification française d’une LLC conservée après le retour | Avocat fiscaliste américain ET notaire ou avocat fiscaliste français, dans un seul jeu de questions | « À quelle forme sociale française cette entité est-elle assimilable au regard de l’ensemble de ses caractéristiques et du droit de son État de constitution, et quelle catégorie de revenu en résulte entre les mains de l’associé résident de France ? » Pièces : operating agreement, statuts, certificat de constitution, comptes des trois derniers exercices, K-1 ou 1120 pro forma, tableau de détention |
| La qualification conventionnelle d’un compte épargne santé et d’un plan 529 après le retour | Avocat fiscaliste français et CPA américain | « Ces comptes relèvent-ils de l’article 22 de la convention du 31 août 1994 — autres revenus, imposition exclusive dans l’État de résidence du bénéficiaire effectif — ou d’une autre stipulation, et quel est le fait générateur français ? » Pièces : règlement du plan, relevés annuels, historique des versements et de leur déductibilité américaine |
| L’incidence de l’exonération du II de l’article 155 B sur l’assiette des prélèvements sociaux | Votre conseil fiscal français, avant tout chiffrage de rendement net | « L’exonération d’impôt sur le revenu du II de l’article 155 B réduit-elle l’assiette des prélèvements sociaux des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale ? » Pièces : nature exacte de chaque revenu de source étrangère, avis d’imposition des exercices déjà déclarés |
Deux points relèvent en outre d’un praticien de l’État que vous quittez, et jamais du seul conseil fédéral. La convention du 31 août 1994 ne lie que les États-Unis en tant qu’État fédéral : son article 2 ne vise, côté américain, que les impôts fédéraux. Or les trois arbitrages les plus fréquents du retour — purge des plus-values latentes, conversion d’un 401(k) en Roth, liquidation d’un compte épargne santé — sont tous des faits générateurs d’impôt d’État, dont le coût peut excéder l’économie fédérale recherchée. Et la sortie de la résidence de l’État obéit à ses propres règles : New York ouvre deux voies statutaires de sortie sans changement de domicile, dont la règle des 548 jours, qui est l’outil de première intention pour un Français quittant l’État de New York pour la France, à condition d’être documentée jour par jour. Le chapitre 8 les expose. La question à poser au praticien de l’État : quels sont les critères de résidence et de source de cet État, quel est le coût étatique des arbitrages envisagés, et l’État accorde-t-il un crédit pour impôt étranger ?Pièces : historique de présence jour par jour dans l’État, baux et actes de propriété avec leurs dates, permis de conduire, immatriculations, inscription électorale, relevés bancaires locaux, contrat de travail.
Le calendrier du retour, de T-24 mois à T+12 mois
Tdésigne la date de reprise de la résidence fiscale française, c’est-à-dire l’installation effective du foyer. Toutes les échéances ci-dessous s’expriment par rapport à elle. Le calendrier commence vingt-quatre mois avant, et non dix-huit : la condition des cinq années civiles de l’article 155 B et de l’article 964 se vérifie avant même d’ouvrir une recherche d’emploi en France, parce qu’elle peut commander de décaler le projet entier d’un exercice.
| T-24 à T-18 mois — ce qui commande tout le reste | Pourquoi ce délai |
|---|---|
| Reconstituer, année civile par année civile, votre domiciliation fiscale des six dernières années, et en déduire la première année civile de prise de fonctions éligible | C’est le paramètre qui commande à la fois le régime des impatriés (huit ans d’exonération) et la limitation de l’assiette de l’IFI (six millésimes). Il se vérifie avant de négocier quoi que ce soit |
| Décider si vous conservez, ou non, la nationalité américaine ou la carte verte | Toute la chaîne qui suit en dépend. Une décision de renonciation prise à T-6 mois ne laisse pas le temps de l’audit de conformité |
| Calculer le compteur de long-term resident en ANNÉES D’IMPOSITION, et non en années pleines | Huit années d’imposition sur quinze peuvent être atteintes en sept ans et six jours calendaires. Au-delà du seuil, l’abandon de la carte verte devient un fait générateur potentiel d’imposition de sortie |
| Engager l’audit de conformité des cinq derniers exercices : 1040, FBAR, Form 8938, Form 8621, Form 5471, Forms 3520 et 3520-A | C’est le test (C) du § 877(a)(2). Une régularisation streamlined prend plusieurs mois, et un contrôle ouvert ferme définitivement cette voie |
| Obtenir un numéro de sécurité sociale américain si vous n’en avez pas (cas de l’Américain accidentel) | C’est une condition d’accès aux procédures de régularisation, et l’obtention prend plusieurs mois |
| T-18 à T-12 mois — les décisions structurelles | Pourquoi ce délai |
|---|---|
| Cartographier l’ensemble du patrimoine américain, actif par actif, avec sa qualification française probable | Rien ne peut être arbitré sans cet inventaire, et il révèle presque toujours deux ou trois lignes que le client avait oubliées |
| Décider du sort du trust américain et ENGAGER sa dissolution | La dissolution d’un trust prend six à douze mois. Passé T, le 2181-TRUST1 est dû dans le mois, à la charge de l’administrateur, et l’exposition au prélèvement de 1,5 % de l’article 990 J s’ouvre |
| Décider du sort de chaque LLC et engager la restructuration | Même délai. Dissoudre depuis les États-Unis relève de la formalité ; le faire depuis la France est un dossier à part entière |
| Négocier la date de prise de fonctions avec l’employeur français, et faire porter au contrat votre adresse américaine | La date se négocie à la promesse d’embauche. Après signature, elle ne se déplace plus |
| Faire identifier séparément la prime d’impatriation dans le contrat ou l’avenant, si vous relevez d’une mobilité intra-groupe | La prime doit être fixée AVANT la prise de fonctions. Un avenant de régularisation signé après l’arrivée ne rattrape rien |
| Rassembler et horodater la preuve de la candidature depuis l’étranger, si vous relevez du recrutement direct | C’est ce qui établit que vous n’avez été appelé par aucune entreprise établie dans un autre État, et donc que l’option forfaitaire à 30 % vous est ouverte |
| T-12 à T-6 mois — les arbitrages fiscaux | Pourquoi ce délai |
|---|---|
| Purger les plus-values latentes sur les titres américains cotés | Tant que vous êtes résident américain, le gain relève des taux long terme fédéraux ; après le retour, du régime français. Chiffrer l’impôt d’ÉTAT avant d’exécuter |
| Convertir tout ou partie du 401(k) en Roth, si l’exercice en cours présente un revenu américain faible | La conversion est imposée aux taux américains de l’année. Elle s’échelonne sur deux exercices si le montant est élevé |
| Liquider le compte épargne santé en imputant des dépenses de santé américaines éligibles | Aucun équivalent français, et l’exonération de sortie se perd |
| Documenter la valeur vénale de chaque actif à la date probable de fin de résidence américaine | Sert à établir la base fiscale française et, en cas d’expatriation, à faire jouer le rebasement du § 877A(h)(2) |
| Rassembler, compte par compte, les justificatifs d’alimentation de chaque compte américain | C’est la pièce qui protège contre la procédure de l’article L. 23 C du LPF et la taxation d’office à 60 % de l’article 755 du CGI |
| Engager la régularisation américaine si l’audit a révélé des manquements | Un contrôle ouvert ferme définitivement la voie streamlined |
| Décider du sort de l’immobilier américain et, en cas de cession, déposer le formulaire 8288-B | Le certificat de réduction de la retenue FIRPTA s’instruit en plusieurs mois, et l’ITIN doit être obtenu en amont |
| T-6 à T-1 mois — la mécanique | Pourquoi ce délai |
|---|---|
| Clôturer les comptes américains superflus AVANT le 31 décembre précédant T | Un compte ouvert un seul jour de l’année de retour est déclarable au 3916, à 1 500 € d’amende par compte et par an |
| Remettre un W-8BEN à chaque établissement teneur de compte, société distributrice, locataire et payeur américain, avec effet à la date de fin de résidence | Sans lui, la retenue est de 30 % au lieu du taux conventionnel, et la restitution suppose un 1040-NR |
| Fixer la date d’arrivée en tenant compte du substantial presence test américain de l’année de sortie | Elle détermine votre statut américain de l’année entière |
| Déposer le Form I-407, si l’abandon de la carte verte est décidé — APRÈS l’audit de conformité, jamais avant | Le test de certification se joue à la date d’expatriation. Une fois le I-407 déposé, le statut de covered expatriate est acquis si la certification ne peut pas être signée |
| Prendre les deux rendez-vous consulaires, si la renonciation est décidée | La procédure suppose deux entretiens séparés, avec un délai de réflexion entre les deux, puis une décision du Département |
| Souscrire une couverture santé privée couvrant les mois qui suivent le retour | La réaffiliation au régime français n’est pas instantanée, et la couverture américaine ne rembourse rien en France (chapitre 20) |
| T-1 mois à T+30 jours — la fenêtre critique | Échéance impérative |
|---|---|
| Remettre le Form W-8CE à CHAQUE payeur de deferred compensation item | Au plus tôt du jour précédant la première distribution intervenant à compter de la date d’expatriation, ou du TRENTIÈME JOUR suivant cette date. C’est le délai le plus critique de tout le dispositif |
| Déclarer le trust étranger sur le 2181-TRUST1, s’il subsiste | UN MOIS à compter de l’événement, à la charge de l’administrateur du trust |
| Continuer de déposer les déclarations américaines tant que le certificat de perte de nationalité n’est pas délivré | La date d’expatriation est celle du serment, mais sous condition suspensive de la délivrance du CLN : jusque-là, vous restez citoyen et contribuable mondial |
| T+1 à T+12 mois — les échéances déclaratives | Obligation |
|---|---|
| 15 mars | Form 3520-A du trust étranger, s’il subsiste |
| 15 avril de l’année suivant T | 1040 ou 1040-NR américain de l’année de sortie ; FBAR, avec extension automatique au 15 octobre ; Form 3520. Échéance du 1040-NR portée au 15 juin en l’absence de salaires soumis à retenue à la source américaine, le critère du bureau aux États-Unis ne visant que les sociétés étrangères |
| Avec la déclaration américaine de l’année de sortie | Form 8854 initial, si vous êtes citoyen renonçant ou long-term resident ; déclaration de fin de résidence du Treas. Reg. § 301.7701(b)-8 |
| 15 juin | 2181-TRUST2, valeur vénale au 1er janvier des biens placés dans le trust, si le trust subsiste |
| Mai-juin de l’année suivant T | 2042, 2047, 3916 et 3916-bis, 2074, et 2042-IFI le cas échéant |
| Chaque année ensuite | Form 8854 annuel si report du § 877A(b), eligible deferred compensation item ou intérêt dans un nongrantor trust ; 3916 pour chaque compte américain subsistant ; 2181-TRUST2 pour le trust subsistant |
Ce qui devient irrattrapable une fois la date passée
La date de prise de fonctions.Si elle tombe dans une année civile qui fait échouer la condition des cinq années, le régime des impatriés et la limitation de l’assiette de l’IFI sont perdus tous les deux, et définitivement pour ce retour. Sur le dossier chiffré plus haut, la perte est de 457 444 €.
Les trente jours du Form W-8CE.Passé ce délai, un plan de retraite qui aurait supporté une retenue de 30 % étalée sur vingt ans devient imposable immédiatement, pour sa valeur entière, au barème du revenu ordinaire, sans droit à l’exclusion de 910 000 $.
Le dépôt du Form I-407 avant l’audit de conformité. Le statut de covered expatriates’apprécie à la date d’expatriation et, une fois acquis, il l’est pour toujours — avec le § 2801 qui suit vos héritiers américains sans limite de temps.
L’autorisation de communication signée par le donateur.Le règlement du § 2801 vise le donateur vivant : une fois qu’il est décédé, le bénéficiaire américain n’a plus de moyen simple de renverser la présomption qui pèse sur lui.
La photographie de valeur vénale à la residency starting date.Le rebasement du § 877A(h)(2) existe en droit ; sans expertises, relevés datés et valorisations, il ne se prouve pas en fait, et l’assiette de la cession réputée repart de la base historique.
La clôture des comptes américains superflus, si elle intervient après le 1er janvier de l’année de retour.L’obligation de déclaration au 3916 est née, et l’amende se compte par compte et par an.
Les justificatifs d’alimentation des comptes américains.Ils se reconstituent difficilement au-delà de dix ans, et c’est précisément le délai de reprise qui s’applique en cas de manquement à l’article 1649 A. Sans eux, la procédure de l’article L. 23 C du LPF conduit à la taxation d’office de l’article 755 du CGI, à 60 % de la plus haute valeur connue du compte.
Une dernière remarque, qui n’est pas technique. Un retour bien préparé ne se reconnaît pas à la sophistication des montages : il n’y en a aucun dans ce chapitre. Il se reconnaît à trois choses — une date choisie plutôt que subie, un inventaire complet établi douze mois avant, et une série de documents rassemblés au moment où ils étaient encore accessibles. Les trois coûtent du temps et presque rien d’autre. C’est ce qui les rend si faciles à ne pas faire, et si chers à ne pas avoir faits.
33. Les sources : tout ce qui fonde ce guide, vérifiable et daté
Vous venez de lire trente-deux chapitres qui affirment beaucoup de choses : qu’un seuil vaut 50 000 $ et non 200 000 $, qu’un délai court sur dix ans et non sur cinq, qu’un article a été renuméroté en 2009 et que la moitié de la littérature cite encore l’ancien numéro. Vous n’avez aucune raison de nous croire sur parole, et votre avocat en a encore moins. Ce chapitre existe pour cela : il donne, texte par texte, ce que nous avons ouvert, où le retrouver, et à quelle date. Tout ce qui est écrit dans ce guide doit pouvoir être remonté à l’une des références ci-dessous. Si un chiffre du guide ne se retrouve pas dans une de ces sources, c’est le chiffre qui a tort, pas la source.
Nous ne listons ici que les sources que le guide emploie réellement. Une bibliographie de prestige, longue de deux cents entrées dont trente servent, est un ornement trompeur : elle donne l’impression d’un travail dont le lecteur ne peut vérifier ni l’étendue ni la pertinence. Une liste courte, dont chaque ligne a servi à écrire une phrase précise, vaut mieux. Vous trouverez donc ci-dessous des textes conventionnels, du droit fédéral américain, du droit d’États fédérés, du droit français, les textes de sécurité sociale, ceux de l’immigration, et la jurisprudence — celle que nous citons comme celle que nous avons délibérément écartée, ce second point étant souvent le plus instructif.
Comment lire une référence de ce chapitre
Chaque entrée porte quatre éléments, et ils ne servent pas la même chose. L’intitulé exactpermet de reconnaître le texte quand une autre source le désigne autrement — l’accord franco-américain de sécurité sociale s’intitule « accord » et non « convention », et cette seule confusion égare des recherches entières. La référence complète— article, paragraphe, numéro de publication — est ce qui survit aux refontes de sites : une URL meurt, un numéro de section ne meurt pas. L’URL officielle vous amène au texte le plus vite. Et la date de consultationvous dit à quel moment l’état du texte a été relevé.
Sauf mention contraire expresse, toutes les sources de ce chapitre ont été consultées le 29 juillet 2026. C’est la date d’arrêté du droit de ce guide, et nous y consacrons plus loin une section entière, parce qu’elle ne signifie pas la même chose pour un texte conventionnel de 1994 et pour un taux d’intérêt trimestriel.
Une précision de méthode qui a de la valeur pratique : pour le droit américain, nous renvoyons le plus souvent au Legal Information Institute de la faculté de droit de Cornell (law.cornell.edu), qui publie le United States Code et le Code of Federal Regulations dans une version consolidée immédiatement lisible. La publication officielle du gouvernement fédéral reste govinfo.gov et ecfr.gov ; nous les citons chaque fois que la date de version compte.
Les textes conventionnels : trois instruments bilatéraux, et pas un de plus
Toute la mécanique franco-américaine décrite dans ce guide repose sur trois instruments, qui ne se recouvrent pas et qu’on confond souvent. La convention du 31 août 1994 traite de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur la fortune. La convention du 24 novembre 1978traite des successions et des donations — c’est un texte distinct, avec ses propres règles de situs, son propre crédit et sa propre clause de sauvegarde. L’accord du 2 mars 1987 traite de la sécurité sociale : il ne fixe ni l’assiette ni le taux de l’impôt sur le revenu ou des droits de succession, mais il n’est pas neutre fiscalement pour autant — c’est lui qui détermine l’État auquel les cotisations sont dues, et le certificat de couverture qu’il organise exonère de self-employment taxaméricaine l’indépendant relevant du seul régime français. Un raisonnement qui applique la convention de 1994 à une succession, ou la convention de 1978 à une question d’impôt sur le revenu, se trompe d’instrument avant même de se tromper de règle.
La convention de 1994 a été modifiée deux fois, et ces deux avenants comptent beaucoup plus que leur discrétion ne le laisse croire. Le protocole du 8 décembre 2004 et l’avenant du 13 janvier 2009 ont réécrit des articles entiers, et le second a renuméroté les anciens paragraphes 3 et 4 de l’article 4 en paragraphes 4 et 5. Le tie-breaker applicable aux personnes physiques est donc, depuis 2009, l’article 4 § 4. La littérature francophone antérieure — et une partie de la littérature postérieure — cite encore « l’article 4 § 3 ». Quand vous confrontez ce guide à un autre document, commencez par vérifier lequel des deux compte les paragraphes après 2009.
| Instrument | Intitulé et référence exacts | Publication en droit français | Où le lire |
|---|---|---|---|
| Convention fiscale revenu et fortune | Convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des États-Unis d’Amérique en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune signée à Paris le 31 août 1994 — l’intitulé publié au Journal officiel par le décret n° 96-222 porte « ensemble un échange de lettres » là où la version consolidée de la DGFiP porte « ensemble un protocole » : la divergence n’est pas tranchée à la date d’arrêté, et la version consolidée ne comporte aucun protocole annexé | Décret n° 96-222 du 15 mars 1996 ; entrée en vigueur le 30 décembre 1995 | Texte consolidé français, DGFiP : impots.gouv.fr, rubrique « conventions internationales », fiche États-Unis (fd_1835) — texte anglais tel que signé : irs.gov/pub/irs-trty/france.pdf |
| Premier avenant | Protocole du 8 décembre 2004, signé à Washington | Décret n° 2007-79 du 22 janvier 2007 — legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000424071 | home.treasury.gov, archive « usfranceincometaxprotocol » ; Technical Explanation du 8 décembre 2004 sur le même site |
| Second avenant | Avenant du 13 janvier 2009 — réécrit l’article 10, remplace l’article 30, ajoute un paragraphe 3 à l’article 4 et renumérote les anciens paragraphes 3 et 4 en 4 et 5 | Décret n° 2010-28 du 8 janvier 2010 ; entrée en vigueur le 23 décembre 2009 — legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000021645865 | irs.gov/pub/irs-trty/frnprot09.pdf ; Technical Explanation sur home.treasury.gov ; Treaty Doc. 111-4 et Senate Executive Report n° 111-1 sur congress.gov ; TIAS 09-1223 sur state.gov |
| Convention successions et donations | Convention entre la France et les États-Unis d’Amérique tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts sur les successions et sur les donations, signée à Washington le 24 novembre 1978, modifiée par l’avenant du 8 décembre 2004 | Décret n° 80-771 du 24 septembre 1980, après la loi d’approbation n° 80-452 du 25 juin 1980 ; entrée en vigueur le 1er octobre 1980. Avenant du 8 décembre 2004 publié par le décret n° 2007-78 du 22 janvier 2007 — legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000423906 | Texte consolidé français, DGFiP : impots.gouv.fr, fiche États-Unis successions-donations (fd_1836) |
| Accord de sécurité sociale | Accord de sécurité sociale entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des États-Unis d’Amérique, signé à Paris le 2 mars 1987, avec l’arrangement administratif du 21 octobre 1987 et les dispositions d’application du 20 novembre 1987 | Décret n° 88-610 du 5 mai 1988, JO du 8 mai 1988 ; entrée en vigueur le 1er juillet 1988 | Recueil consolidé des trois textes, CLEISS : cleiss.fr/pdf/conv_etatsunis.pdf — décret de publication : legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066708 |
| Doctrine administrative française sur ces textes | BOI-INT-CVB-USA-10 (convention revenu et fortune, 19 février 2020) ; BOI-INT-CVB-USA-10-20 (sociétés de personnes, 12 septembre 2012) ; BOI-INT-CVB-USA-20 (successions et donations, 12 septembre 2012) ; ACTU-2020-00030 (CSG et CRDS dans le champ de la convention, 19 février 2020) | Bulletin officiel des finances publiques | bofip.impots.gouv.fr, recherche par identifiant |
Deux documents américains méritent d’être signalés à part, parce qu’ils rendent un service que le texte conventionnel ne rend pas. Les Technical Explanations du Trésor américain, publiées pour la convention de 1994 comme pour chacun de ses avenants, expliquent stipulation par stipulation ce que les négociateurs ont voulu dire. Elles n’ont pas force de loi, mais elles sont l’outil d’interprétation le plus utilisé de part et d’autre, et plusieurs points de ce guide — au premier rang desquels la portée exacte de la clause de sauvegarde — s’appuient sur leur lecture. Une réserve s’impose toutefois : le commentaire de l’article 24 par la Technical Explanationde 1994 inverse les deux crédits, en rattachant au i) le crédit égal à l’impôt américain et aux ii) et iii) le crédit égal à l’impôt français, quand le texte conventionnel dispose de l’inverse. Sur ce point, le mécanisme du crédit de l’article 24 est établi dans ce guide sur le texte de la convention, qui prime sur une doctrine unilatérale.
Droit fédéral américain : le Code, ses règlements, sa doctrine
L’Internal Revenue Code est le titre 26 du United States Code. Une section s’y cite par son numéro, sans année : le § 877A est le § 877A, et il ne change de contenu que si le Congrès le modifie. C’est ce qui rend la citation américaine plus stable que la citation française, où un même article du CGI porte plusieurs versions successives qu’il faut distinguer par leur date d’entrée en vigueur. Le tableau ci-dessous recense les sections du titre 26 sur lesquelles ce guide s’appuie réellement, regroupées par sujet.
| Sujet du guide | Sections de l’Internal Revenue Code employées |
|---|---|
| Résidence fiscale et statut | § 7701(b) (définition de resident alien et nonresident alien) ; § 6013(g) et (h) (élections du couple mixte) ; § 6114 et § 6712 (position conventionnelle et sanction) ; § 911 (exclusion des revenus d’activité étrangers et exclusion de logement) |
| Impôt fédéral sur le revenu | § 1 et § 1(h) (barèmes et structure des taux de plus-value) ; § 55 (AMT) ; § 63 (déduction forfaitaire) ; § 67 et § 68 (déductions détaillées et plafonnement 2/37) ; § 151 ; § 163(h) (intérêts d’emprunt immobilier et intérêts de crédit auto) ; § 164 (impôts d’État et plafond SALT) ; § 165 ; § 170 ; § 199A ; § 217 ; § 224 et § 225 ; § 1091 ; § 1202 ; § 1411 (net investment income tax) ; § 901 et § 904 (crédit d’impôt étranger) |
| Non-résident et retenues | § 871 (imposition du nonresident alien, retenue de 30 % du (a), élection du (d)) ; § 884 ; § 897 (FIRPTA) ; § 1445 (retenue à la cession) ; § 1031 (échange de même nature, dont le (h)) ; § 121 (exclusion de résidence principale) ; § 168 (amortissement) ; § 280A ; § 469 (pertes passives) ; § 1250 (reprise d’amortissement) |
| Épargne, retraite et famille | § 72 (dont le (t) et ses exceptions) ; § 86 (imposition des prestations de sécurité sociale) ; § 401 (dont le (a)(9) des distributions minimales) ; § 402A ; § 415(c) ; § 529 ; § 4974 ; § 36B (crédit d’impôt sur les primes d’assurance santé) ; § 24 (crédit d’impôt pour enfant) |
| Enveloppes françaises et structures | § 7702 (définition du contrat d’assurance-vie) ; § 101 (exclusion des capitaux décès) ; § 4371 (excise tax sur les primes versées à un assureur étranger) ; §§ 1291 à 1298 (régime PFIC, élection QEF du § 1295, élection mark-to-market du § 1296) ; § 250, § 951, § 951A, § 951B, § 958, § 960, § 962 (sociétés étrangères contrôlées) ; § 679 (grantor trust étranger) |
| Expatriation et citoyenneté fiscale | § 877A (régime d’expatriation, dont le (h)(2) sur le rebasement à l’entrée en résidence) ; § 877 (écarté par son (h) pour les expatriations postérieures au 17 juin 2008, mais survivant comme définition) ; § 2801 (taxe sur les dons et legs reçus d’un covered expatriate) ; § 6039G |
| Transmission | § 1014 (step-up) ; § 2001 (barème) ; § 2010 (crédit unifié, basic exclusion amount, DSUE) ; § 2036 ; § 2042 ; § 2056 et § 2056A (déduction maritale et QDOT) ; §§ 2101 à 2106 (estate tax du non-résident, crédit du § 2102(b), situs des §§ 2104 et 2105) ; §§ 2501, 2503, 2505, 2511, 2513, 2523 (gift tax) ; § 2611 et § 2631 (GST) ; § 6018 (seuils de dépôt) |
| Déclaratif et sanctions | § 6038 et § 6038A ; § 6038D (Form 8938) ; § 6039F (dons reçus de personnes étrangères) ; § 6048 (trusts étrangers) ; § 6501 (prescription, dont le (c)(8)) ; § 6511 (délai de réclamation) ; § 6621 (taux d’intérêt) ; § 6677 (pénalités des trusts étrangers) |
| Autres titres du U.S. Code | 8 USC § 1182(a)(10)(E) (Reed Amendment) ; 8 USC § 1401 et § 1481 (nationalité et actes d’expatriation) ; 8 USC § 1641 ; 12 USC § 4902 (résiliation du PMI) ; 15 USC § 1681 ; 31 USC § 5314 et § 5321 (FBAR et ses pénalités) ; 42 USC §§ 402, 414, 416, 433 (sécurité sociale) ; 42 USC §§ 1395o, 1395p, 1395r, 1395i-2, 1395y (Medicare) ; 42 USC §§ 4014 et 4015 (assurance inondation) ; 29 USC § 1162 (COBRA) et § 2612 (FMLA) |
Les règlements du Trésorcomptent souvent plus que la loi elle-même, parce que c’est là que se trouvent les définitions opératoires, les exemples chiffrés et les formes d’élection. Le régime de la résidence fiscale, par exemple, tient dans une demi-page du § 7701(b) et dans quarante pages de règlements. Ceux-ci se lisent au Code of Federal Regulations, titre 26 pour la fiscalité, titre 31 pour le FinCEN, titre 20 et titre 42 pour la sécurité sociale et Medicare, titre 22 pour les frais consulaires, titre 12 pour le crédit immobilier.
| Règlement | Objet dans ce guide | Où le lire |
|---|---|---|
| Treas. Reg. §§ 301.7701(b)-1 à -9 | Green card test, substantial presence test, closer connection, dates de début et de fin de résidence, coordination avec les conventions, procédure. Publiés par T.D. 8411, 57 FR 15242, 27 avril 1992 ; amendés par T.D. 9194 (2005) et T.D. 9391 (2008) | law.cornell.edu/cfr/text/26/301.7701(b)-1 à -9 |
| Treas. Reg. § 301.7701-2(b)(8) et § 301.7701-3 | Per se corporations, classification par défaut des entités étrangères, check-the-box et verrou de soixante mois | law.cornell.edu/cfr/text/26/301.7701-2 et -3 |
| Treas. Reg. § 1.871-10 | Forme, date et révocation de l’élection du § 871(d) | law.cornell.edu/cfr/text/26/1.871-10 |
| Treas. Reg. § 1.469-1T(e)(3)(ii) | Six exceptions à la qualification de rental activity, dont la règle des sept jours | law.cornell.edu/cfr/text/26/1.469-1T |
| Treas. Reg. § 1.1031(k)-1 | Délais de 45 et 180 jours, règles des trois biens, des 200 % et des 95 %, intermédiaire qualifié | law.cornell.edu/cfr/text/26/1.1031(k)-1 |
| Treas. Reg. § 1.1445-2(d)(1) | Exception de résidence à la retenue FIRPTA : definite plans to reside, 50 % des jours d’usage | law.cornell.edu/cfr/text/26/1.1445-2 |
| Treas. Reg. § 1.1296-2 et § 1.1298-1(c)(2) | Définition du marketable stock ; seuils de minimis de 25 000 $, 50 000 $ et 5 000 $ du Form 8621 | law.cornell.edu/cfr/text/26/1.1296-2 et 1.1298-1 |
| Treas. Reg. §§ 20.0-1, 20.2056A-2, 20.2104-1, 20.2105-1, 25.2501-1 | Domicile au sens de l’estate tax et du gift tax ; exigences du QDOT et sûretés ; situs des biens ; réserve conventionnelle du § 20.2010-3(e) | law.cornell.edu/cfr/text/26/20.0-1 et suivants |
| 26 CFR partie 28 (§§ 28.2801-0 à 28.7701-1) | Réglementation finale de la section 2801 tax, publiée par T.D. 10027, 90 FR 3376, 14 janvier 2025 | ecfr.gov, titre 26, partie 28 |
| 31 CFR 1010.350 et 31 CFR 1010.821 | Comptes visés par le FBAR ; table des pénalités indexées | law.cornell.edu/cfr/text/31/1010.350 ; table publiée au Federal Register, doc. 2025-01374 |
| 31 CFR § 1031.320 | Règle FinCEN sur les transferts d’immobilier résidentiel, publiée au 89 FR 70258 le 29 août 2024 | fincen.gov/residential-real-estate-rule |
| 22 CFR 22.1 | Schedule of Fees for Consular Services, entrée 8 : droit de traitement d’une demande de certificat de perte de nationalité | law.cornell.edu/cfr/text/22/22.1 |
| 20 CFR partie 404, sous-partie T | Totalisation franco-américaine : §§ 404.1904, 404.1908, 404.1910, 404.1911 (exclusion de Medicare), 404.1913 à 404.1918 | ecfr.gov/current/title-20/part-404/subpart-T |
| 42 CFR partie 407, sous-partie B et 42 CFR 407.25 | Périodes d’inscription à Medicare partie B ; § 407.23 pour les périodes exceptionnelles | ecfr.gov/current/title-42/part-407/subpart-B |
| 12 CFR §§ 1002.14, 1026.19, 1026.38, 1026.42 | Loan Estimate et Closing Disclosure, indépendance de l’évaluateur, remise de l’évaluation à l’emprunteur | consumerfinance.gov, rubrique regulations |
| 8 CFR § 316.5(c)(2) | Rupture de la continuité de résidence en cas de dépôt d’une déclaration de non-résident | ecfr.gov, titre 8 |
Vient ensuite la doctrine administrative américaine. Elle porte des noms différents selon sa fonction, et cette différence n’est pas cosmétique. Une Revenue Procedurefixe une procédure ou publie les montants indexés d’une année ; une Notice annonce une position ou une guidance intérimaire ; une Revenue Rulingapplique le droit à un état de fait. Toutes engagent l’administration à l’égard des contribuables qui s’y conforment, mais aucune n’a la valeur d’un règlement. Presque tous les montants 2026 de ce guide viennent de la même source : la Revenue Procedure 2025-32, dont nous citons le paragraphe précis chaque fois qu’un chiffre en dépend.
| Référence | Objet | Où la lire |
|---|---|---|
| Rev. Proc. 2025-32 | Montants indexés pour 2026 : barèmes (§ 4.01), déduction forfaitaire (§ 4.14), AMT (§§ 4.10-4.11), excess business loss (§ 4.31), seuil d’expatriation (§ 4.37), exclusion mark-to-market du § 877A (§ 4.38), FEIE et logement (§ 4.39), annual exclusion, conjoint non citoyen et franchise du § 2801 (§ 4.42), seuil du § 6039F (§ 4.47), pénalité minimale de dépôt tardif (§ 4.52) | irs.gov/pub/irs-drop/rp-25-32.pdf |
| Notice 2026-25 | Plafonds de logement du § 911 par localité étrangère, dont les localités françaises | irs.gov/pub/irs-drop/n-26-25.pdf |
| Notice 2025-67 | Plafonds 2026 des plans de retraite et des IRA, catch-up ordinaire et renforcé, compte d’épargne d’urgence adossé au plan | irs.gov/pub/irs-drop/n-25-67.pdf |
| Rev. Proc. 2020-17 | Exemption des obligations déclaratives du § 6048 pour certains plans de retraite étrangers | irs.gov/pub/irs-drop/rp-20-17.pdf |
| Rev. Proc. 2025-19 et Rev. Proc. 2025-25 | Paramètres 2026 des HSA, HDHP et EBHRA ; table des pourcentages du § 36B et pourcentage de contribution requis | irs.gov/pub/irs-drop/rp-25-19.pdf et rp-25-25.pdf |
| Notice 2026-11 | Guidance intérimaire sur l’amortissement additionnel du § 168(k) après l’OBBBA | irs.gov/pub/irs-drop/n-26-11.pdf |
| Rev. Rul. 2016-03 | Révoque la Rev. Rul. 2008-15 sur l’excise tax du § 4371 | irs.gov/pub/irs-drop/rr-16-03.pdf |
| Publications IRS 515, 519, 527, 915, 936 | Retenue sur les paiements aux personnes étrangères ; guide fiscal des étrangers ; locatif résidentiel et amortissement ; imposition des prestations de sécurité sociale ; intérêts d’emprunt immobilier | irs.gov/publications |
| Pages IRS thématiques | Substantial presence test ; green card test ; closer connection ; taxation of nonresident aliens ; foreign earned income exclusion ; foreign tax credit ; ITIN ; FIRPTA withholding ; withholding certificates ; FAQ estate tax des non-résidents ; taux d’intérêt trimestriels ; Topic 751 ; pages Streamlined, Delinquent FBAR, DIIRSP et Relief Procedures | irs.gov, rubriques international taxpayers et payments |
Un mot sur les formulaires et leurs instructions, que beaucoup de lecteurs considèrent comme de la paperasse et qui sont, en pratique, la source la plus opérationnelle du dossier américain. Les seuils de dépôt, les délais, les exceptions et les définitions de travail y figurent avec une précision que ni le Code ni les règlements n’atteignent. Nous citons toujours le millésime de révisionde l’instruction, parce qu’une instruction de 2021 et une instruction de 2025 ne portent pas les mêmes montants.
| Formulaire | Version employée | Objet |
|---|---|---|
| Instructions for Form 8938 | rév. 11-2021 | Quatre jeux de seuils de déclaration des specified foreign financial assets, selon le statut et le lieu du tax home |
| Instructions for Form 8621 | rév. 12-2025 (8 décembre 2025) | PFIC : élections, seuils de minimis, calcul de l’excess distribution |
| Instructions for Form 3520 et Form 3520-A | rév. 12-2025 | Trusts étrangers, dons et legs reçus de personnes étrangères |
| Instructions for Form 5471, Form 8865, Form 8858 | rév. 12-2025, 2025 et 12-2024 | Sociétés et partnerships étrangers, entités transparentes, catégories de déposants et pénalités |
| Instructions for Form 5472 | rév. 12-2024 | LLC transparente détenue en totalité par une personne étrangère, 1120 pro forma |
| Instructions for Form 8854 | millésime 2025 | Expatriation, Form W-8CE. Les montants qui y figurent sont ceux de 2025 et ne se transposent pas à 2026 |
| Instructions for Form 708 | rév. 12-2025, publiée le 16 janvier 2026 | Section 2801 tax : qui dépose, calcul, délais, présomption, protective Form 708 |
| Instructions for Form 8288 et Form 8288-B | rév. 01-2026 et 12-2025 | Retenue FIRPTA, seuils, délai de versement, demande de withholding certificate |
| Instructions for Form 706-NA | rév. 09-2025 | Estate tax du non-résident : crédit du § 2102(b), seuil de dépôt, crédit conventionnel proratisé |
| Instructions for Form W-8ECI | rév. 10-2021 | Revenus effectivement connexes, TIN obligatoire, validité de trois ans |
Restent les lois promulguées et les publications au Federal Register. C’est là qu’on trouve les dates d’effet, et une date d’effet mal lue fait appliquer un régime à un exercice qu’il ne régit pas. Nous avons systématiquement lu les clauses d’entrée en vigueur dans le texte promulgué, jamais dans les commentaires de presse qui les résument.
| Texte | Citation | Ce qu’il commande dans ce guide |
|---|---|---|
| One Big Beautiful Bill Act | P.L. 119-21 du 4 juillet 2025, 139 Stat. 72 — congress.gov/119/plaws/publ21/PLAW-119publ21.pdf | Barèmes rendus permanents, déduction forfaitaire, plafond SALT et sa dégressivité, AMT, abattement estate et gift porté à 15 000 000 $, suppression des miscellaneous itemized deductions, plafonnement 2/37, QSBS, déductions temporaires expirant fin 2028 |
| Social Security Fairness Act of 2023 | P.L. 118-273 du 5 janvier 2025 — govinfo.gov/content/pkg/PLAW-118publ273 | Abrogation du Windfall Elimination Provision et du Government Pension Offset, pour les prestations dues à compter de janvier 2024 |
| Réglementation finale de la section 2801 | T.D. 10027, 90 FR 3376, 14 janvier 2025 | Organisation de la déclaration et du paiement de la taxe du § 2801, applicable aux dons et legs reçus depuis le 1er janvier 2025 pour les règles de fond |
| Pénalités FBAR indexées | Doc. 2025-01374, 17 janvier 2025 — govinfo.gov/content/pkg/FR-2025-01-17 | Table 1 du 31 CFR 1010.821, applicable aux pénalités établies à compter du 17 janvier 2025 |
| Annulation de l’indexation 2026 des pénalités civiles fédérales | Mémorandum OMB M-26-11 du 17 avril 2026, constaté par le doc. 2026-09334 du 12 mai 2026 | Explique pourquoi les montants FBAR de 2025 restent en vigueur en 2026 |
| Droit consulaire de renonciation à la nationalité | 91 FR 12296, doc. 2026-04931, Public Notice 12954, RIN 1400-AF61, publiée le 13 mars 2026, effective le 13 avril 2026 ; correction 91 FR 20583, doc. 2026-07601 ; barème réécrit au 91 FR 34772 du 9 juin 2026 | Montant du droit, absence de rétroactivité et de remboursement, et bornage du barème dans le temps |
| Règle FinCEN sur l’immobilier résidentiel | Anti-Money Laundering Regulations for Residential Real Estate Transfers, 89 FR 70258, 29 août 2024 ; ordre d’exemption du 30 septembre 2025 reportant l’applicabilité | Obligation de déclaration des transferts non financés, exceptions, date d’applicabilité |
| Règlements PFIC, RMD et catch-up | T.D. 10001, doc. 2024-14542, 19 juillet 2024 (distributions minimales) ; T.D. 10033, doc. 2025-17865, 16 septembre 2025 (catch-up contributions) | Régime des distributions minimales et des versements de rattrapage |
| Seuils de pauvreté fédéraux | Doc. 2026-00755, 15 janvier 2026, effet au 13 janvier 2026 ; Cost-of-Living Increase and Other Determinations for 2026, doc. 2025-19763, 3 novembre 2025 | Assiette du crédit d’impôt sur les primes d’assurance santé et paramètres annuels de la sécurité sociale |
| Règlements « pourboires » | Doc. 2026-07104, 13 avril 2026 | Définition des qualified tips et liste des professions concernées |
Un point que nous avons vérifié plutôt que recopié : la « section 899 »
Plusieurs notes de synthèse en circulation présentent une « section 899 » de l’Internal Revenue Codecomme du droit positif, avec des conséquences lourdes pour les investisseurs étrangers. Nous avons ouvert le texte promulgué de la loi P.L. 119-21 et procédé à une recherche plein texte : la recherche ne retourne aucune occurrence. Ce qui a existé, c’est une version en discussion. Ce qui a été promulgué ne la comporte pas. C’est exactement le genre de point qui justifie qu’un guide publie ses sources : vous pouvez refaire la recherche vous-même en trois minutes.
Le droit des États : onze juridictions, aucune n’est fédérale
Rien de ce qui précède ne dit quoi que ce soit de votre impôt d’État. Les États fédérés ont leur propre définition de la résidence, leur propre barème, leur propre impôt successoral quand ils en ont un, et leurs textes se lisent dans leurs propres recueils. Le chapitre 8 traite ce sujet au fond ; voici où il est allé chercher sa matière.
| État | Textes et administrations employés |
|---|---|
| Californie | Constitution de Californie, article XIII A (plafonnement de la taxe foncière) ; Cal. Rev. & Tax. Code § 11911 (documentary transfer tax) et § 18662(e) (retenue à la cession) ; Cal. Education Code §§ 68017 et 68062 (résidence pour la tarification universitaire) ; Franchise Tax Board : barèmes 540, instructions 540-ES, publication FTB 1031 sur la résidence ; Board of Equalization : pages Proposition 13 et Proposition 19 ; Employment Development Department pour le taux SDI |
| New York | New York State Department of Taxation and Finance : instructions IT-201, tables de retenue NYS-50-T-NYS, bulletin Permanent Place of Abode, Nonresident Audit Guidelines de décembre 2021, pages estate tax et real property transfer tax ; New York City Department of Finance et NYC311 pour le RPTT ; Local Law 18 of 2022 pour la location de courte durée |
| Floride | Constitution de Floride, article VII §§ 4(d) et 6 (Save Our Homes, portability, homestead) ; Fla. Stat. §§ 28.24, 193.155, 196.031, 199.133, 201.02, 201.031, 201.08, 509.032(7), 553.899, 718.112(2)(g) ; Florida Department of Revenue (PT-113, table d’indexation, brochure Save Our Homes) ; Florida Office of Insurance Regulation ; CS/HJR 1-F pour le scrutin de novembre 2026 |
| Texas | Tex. Tax Code § 11.13(b) (exonération scolaire) ; SB 4 et SJR 2 de la 89e législature ; Texas Comptroller pour la franchise tax, la sales and use tax et la property tax locale |
| Washington | Chapitre 82.87 RCW (capital gains excise tax) et RCW 82.45.060 (real estate excise tax) ; ESSB 5813 pour les taux par tranches ; Washington Department of Revenue pour les tables de l’estate tax et du REET |
| Pennsylvanie, New Jersey, Massachusetts, Oregon | Pages officielles des administrations fiscales de chaque État sur les droits de succession ou l’estate tax : pa.gov (REV-584), nj.gov/treasury/taxation, mass.gov, oregon.gov/dor |
| Tennessee et New Hampshire | Tennessee Department of Revenue, notice HIT-3 sur l’abrogation de la Hall income tax ; New Hampshire Department of Revenue Administration, TIR 2025-001 sur l’abrogation de l’interest and dividends tax |
| Los Angeles | Home-Sharing Ordinance de Los Angeles City Planning ; Measure ULA pour la taxe de transfert additionnelle |
Le droit français : le code, ses versions, et la doctrine qui l’applique
La citation française obéit à une contrainte que la citation américaine ignore : un article du CGI existe en plusieurs versions successives, et l’article applicable est celui qui était en vigueur au fait générateur. C’est la raison pour laquelle nous donnons, chaque fois qu’il y a eu une modification récente, l’identifiant Légifrance de la version employée. Un lecteur qui ouvre l’article 182 A du CGI aujourd’hui doit savoir que sa version du 1er juillet 2026 n’est pas celle du 1er janvier de la même année.
| Bloc | Articles employés | Identifiant Légifrance de la version citée |
|---|---|---|
| Résidence et territorialité | CGI, art. 4 B (domicile fiscal, dans sa rédaction issue de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 83) ; art. 164 B (revenus de source française) ; art. 164 C (abrogé au 1er janvier 2016) | art. 164 B : LEGIARTI000031815417 |
| Imposition des non-résidents | CGI, art. 197 A (taux minimum et taux moyen), art. 197 et 197 B ; art. 182 A, 182 A bis, 182 A ter, 182 B (retenues à la source) ; art. 187 (prélèvement de 12,8 % pour les personnes physiques) ; art. 244 bis A (plus-values immobilières) ; art. 244 bis B (participations substantielles) | art. 197 A : LEGIARTI000037985917 — art. 182 A, version du 1er juillet 2026 : LEGIARTI000053543850 — art. 187 : LEGIARTI000041467742 — art. 244 bis A : LEGIARTI000048806274 |
| Plus-values et enveloppes | CGI, art. 150 U (dont le II 2° et le II 1° ter), art. 150 VC ; art. 125 A et 125-0 A ; art. 990 I et 757 B (assurance-vie) ; art. 163 bis (prestations de retraite en capital) ; art. 123 bis (entités étrangères à actif principalement financier) | art. 150 U : LEGIARTI000052866677 — art. 125-0 A : LEGIARTI000044989424 — art. 990 I : LEGIARTI000047288653 — art. 123 bis : LEGIARTI000044981506 |
| Exit tax et IFI | CGI, art. 167 bis (exit tax) ; art. 964, 965, 974, 977 (impôt sur la fortune immobilière) | art. 167 bis : LEGIARTI000048806379 — art. 964 : LEGIARTI000036384999 |
| Transmission | CGI, art. 750 ter (territorialité) ; art. 669 (barème de l’usufruit) ; art. 777 et 779 (tarifs et abattements) ; art. 784 A (imputation de l’impôt étranger) ; art. 787 B (pacte Dutreil, version du 21 février 2026) ; art. 788 ; art. 792-0 bis (trusts, version du 27 juin 2026) ; art. 990 J | art. 750 ter : LEGIARTI000024453202 — art. 784 A : LEGIARTI000006305429 — art. 787 B : LEGIARTI000047623071 — art. 792-0 bis : LEGIARTI000037526690 — art. 788 : LEGIARTI000042194220 |
| Déclaratif et sanctions | CGI, art. 1649 A (comptes à l’étranger), 1649 AA (contrats d’assurance-vie étrangers), 1649 AB (trusts), 1649 bis C (actifs numériques) ; art. 1736 (version en vigueur du 1er juillet 2026 au 1er janvier 2030) ; art. 1766 ; art. 1770 decies ; LPF, art. L. 169 (délai de reprise) | art. 1649 AB : LEGIARTI000041578431 — art. 1736 : LEGIARTI000051215709 |
| Impatriés | CGI, art. 155 B, dans sa rédaction en vigueur au 31 décembre 2018 (loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, art. 6 V) | LEGIARTI000037985788 |
| Prélèvements sociaux | CSS, art. L. 136-1 (assujettissement à la CSG), L. 136-6, L. 136-7 (dont le I ter et le VI), L. 136-8 (taux, version du 27 juin 2026) ; art. L. 131-9 et D. 242-8 (cotisation maladie des pensionnés résidant hors de France) ; CGI, art. 235 ter (prélèvement de solidarité) | CSS L. 136-1 : LEGIARTI000033712581 — L. 136-7 : LEGIARTI000047288474 — L. 136-8 : LEGIARTI000053278668 |
| Santé et retraite | CSS, art. L. 160-3, D. 160-2, R. 160-1 à R. 160-4 (soins hors de France et séjours en France des pensionnés) ; art. L. 161-17-2 (âge légal par génération, version en vigueur depuis le 31 décembre 2025) | L. 160-3 : LEGIARTI000037950374 — L. 161-17-2 : LEGIARTI000053280889 |
| Droit civil et patrimonial | Code civil, art. 913 (réserve héréditaire et droit de prélèvement compensatoire, trois alinéas) et art. 921 ; code monétaire et financier, art. L. 224-1 à L. 224-9, L. 224-4 et L. 224-40 (plan d’épargne retraite) | code civil, art. 913 : LEGIARTI000043982288 |
S’ajoutent les lois et décrets récents, qui expliquent pourquoi plusieurs chiffres de ce guide diffèrent de ceux que porte une note écrite il y a six mois. Quatre textes français de 2025 et 2026 commandent à eux seuls une part importante du chapitre 12 et du chapitre 22.
| Texte | Ce qu’il change | Date d’effet |
|---|---|---|
| Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12 (CSS, art. L. 136-8) | CSG portée de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placement, avec maintien à 9,2 % pour les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l’assurance-vie et l’épargne logement | Revenus du patrimoine : revenus 2025 déclarés en 2026. Produits de placement : 1er janvier 2026. Les deux dates ne se confondent pas |
| Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 | Art. 4 : barème de l’impôt sur le revenu. Art. 8 : pacte Dutreil, exclusion de l’assiette exonérée des actifs non exclusivement affectés à l’activité et engagement individuel porté à six ans. Art. 52 : prorogation des exonérations des 7° et 8° du II de l’article 150 U, sans toucher au 2° | 21 février 2026 pour l’article 8 ; revenus 2025 pour le barème |
| Loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative aux fraudes sociales et fiscales | Art. 65 : modifie l’article L. 136-8 du CSS — la version en vigueur depuis le 27 juin 2026 porte la mention « Modifié par LOI n° 2026-534 du 25 juin 2026 - art. 65 », mais l’objet exact de cette modification n’a pas pu être déterminé à la date d’arrêté, et aucun taux de prélèvements sociaux de ce guide n’en dépend. Art. 84 : l’article 792-0 bis du CGI porte une version du 27 juin 2026 dont nous n’avons pas vérifié le contenu sur le texte promulgué | 27 juin 2026 |
| Décret n° 2026-562 du 29 juin 2026 | Tranches et taux de la retenue à la source des non-résidents de l’article 182 A ; amendes des articles 1649 A, 1649 bis C et 1649 AB à l’article 1736 | 1er juillet 2026 |
| Loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, art. 24 | Droit de prélèvement compensatoire du troisième alinéa de l’article 913 du code civil et, distinctement, obligation faite au notaire par le troisième alinéa de l’article 921 d’informer chaque héritier réservataire de son droit de demander la réduction des libéralités excédant la quotité disponible — cette information ne porte pas sur le droit de prélèvement | 1er novembre 2021, successions ouvertes à compter de cette date |
| Notice 2074-ETD-NOT n° 51602#15, millésime 2026 | Prélèvements sociaux portés à 18,6 % sur l’assiette de l’exit tax de l’article 167 bis ; délais de dégrèvement | Départs effectués en 2026 |
La doctrine administrative françaiseest publiée au Bulletin officiel des finances publiques. Elle est opposable à l’administration dans les conditions de l’article L. 80 A du livre des procédures fiscales, ce qui en fait un point d’appui solide — mais elle n’est pas la loi, et il arrive qu’elle soit en retard sur elle. Chaque identifiant BOFiP porte sa date de publication : c’est le suffixe à huit chiffres.
| Sujet | Identifiants BOFiP employés |
|---|---|
| Conventions franco-américaines | BOI-INT-CVB-USA-10 (19/02/2020) ; BOI-INT-CVB-USA-10-20 et BOI-INT-CVB-USA-10-20-40 (12/09/2012) ; BOI-INT-CVB-USA-20 (12/09/2012) ; ACTU-2020-00030 (19/02/2020) ; BOI-INT-DG-20-20-100 |
| Non-résidents, revenus et retenues | BOI-IR-DOMIC-10-10 ; BOI-IR-DOMIC-10-20-10 ; BOI-IR-DOMIC-10-20-20-10 ; BOI-IR-DOMIC-10-20-20-30 (12/08/2025) ; BOI-IR-CHAMP-10 ; BOI-BAREME-000043 (tarif de l’article 182 A pour 2026) ; ACTU-2026-00021 et ACTU-2026-00022 |
| Plus-values immobilières des non-résidents | BOI-RFPI-PVINR-10-10 ; BOI-RFPI-PVINR-20-20 ; BOI-RFPI-PVINR-30-20 (22/01/2025) ; BOI-RFPI-PVINR-40 ; BOI-RFPI-PVI-10-40-50 ; BOI-RFPI-DECLA-10 |
| Placements et enveloppes | BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20 ; BOI-RPPM-RCM-30-30-10-20 ; BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 ; BOI-RPPM-PVBMI-50-10-30 ; BOI-TCAS-AUT-60 ; BOI-RSA-PENS-30-10-20 (17/02/2026) |
| IFI | BOI-PAT-IFI-10-20-30 ; BOI-PAT-IFI-20-40 ; BOI-PAT-IFI-40-10 ; BOI-PAT-IFI-40-30-10 ; BOI-PAT-IFI-20-20-30-20 (trusts et prélèvement de l’article 990 J) |
| Transmission et trusts | BOI-ENR-DMTG-10-50-20 ; BOI-ENR-DMTG-10-50-30 ; BOI-ENR-DMTG-10-50-70 (règle du taux effectif) ; BOI-ENR-DMTG-30 (biens mis en trust) ; BOI-DJC-TRUST (30/03/2022) |
| Impatriés et pensions | BOI-RSA-GEO-40-10-10 et BOI-RSA-GEO-40-10-20 (11/08/2025) ; BOI-RSA-GEO-40-10-30-20 ; BOI-RES-RSA-000219 (11/08/2025, contributions sociales sur les pensions de source étrangère) |
| Contrôle et sanctions | BOI-CF-INF-20-10-50 (27/01/2021) ; BOI-INT-AEA-10-10 (accord FATCA, 18/12/2024) |
Enfin, les documents opérationnels de la DGFiP : la notice 2074-ETD-NOT n° 51602#15 du millésime 2026 pour l’exit tax, le formulaire 2074-ETD lui-même, le formulaire 2042-NR, les formulaires 2181-TRUST1 (Cerfa 14805) et 2181-TRUST2 (Cerfa 14807) pour les trusts, la brochure pratique 2026 et sa fiche des principales nouveautés, le parcours usager consacré au départ de France, et les pages de réponses de l’administration sur le PEA du non-résident, la retenue à la source et l’interlocuteur compétent. Ces documents sont, sur bien des points de procédure, plus précis que le code lui-même : c’est la notice de l’exit tax, et non l’article 167 bis, qui donne le taux applicable à un départ de 2026.
Sécurité sociale, santé et retraite : la matière la plus dispersée du dossier
C’est le bloc où la vérification a été la plus laborieuse, pour une raison simple : la règle applicable se trouve rarement dans un seul texte. Une question aussi banale que combien d’années de cotisation faut-il pour ouvrir un droit américainse résout par la combinaison d’un article du titre 42 du U.S. Code, d’un règlement de la sous-partie T du 20 CFR 404, et d’un article de l’accord bilatéral de 1987 dont le texte matériel figure dans un recueil du CLEISS. Nous avons systématiquement remonté à ces trois étages.
Une transparence s’impose ici. Le site de la Social Security Administration a refusé la connexion lors de la constitution de ce guide, le 29 juillet 2026 (réponse HTTP 403, reproduite en ligne de commande avec un en-tête de navigateur). Les règles de sécurité sociale américaine exposées dans les chapitres 19 et 20 ont donc été établies sur le texte du titre 42 du U.S. Code lu sur govinfo et sur les règlements lus sur ecfr.gov, complétés par les documents du Congressional Research Service et par le recueil du CLEISS. Nous préférons vous le dire que de laisser croire à une lecture que nous n’avons pas faite.
| Sujet | Sources employées |
|---|---|
| Accord bilatéral et totalisation | Recueil consolidé CLEISS des trois textes franco-américains (cleiss.fr/pdf/conv_etatsunis.pdf) ; 42 USC § 433 (accords internationaux) ; 20 CFR partie 404, sous-partie T, dont le § 404.1911 qui exclut Medicare du champ de la totalisation ; fiches CLEISS sur la couverture maladie du retraité français aux États-Unis et dans un pays non lié par un accord |
| Retraite américaine | 42 USC §§ 402, 414, 416 (prestations, réductions du (q), surcote du (w), insured status, âge de retraite, conjoint divorcé) ; 26 USC § 86 et IRS Publication 915 pour l’imposition des prestations ; P.L. 118-273 pour l’abrogation du WEP et du GPO ; CRS IF12890 du 31 janvier 2025 et CRS IF13181 du 10 mars 2026 pour la mise en œuvre et la rétroactivité |
| Plans de retraite américains | 26 USC §§ 72, 401, 402A, 415(c), 4974 ; Notice 2025-67 pour les plafonds 2026 ; T.D. 10001 (distributions minimales) et T.D. 10033 (catch-up contributions) |
| Medicare | 42 USC §§ 1395o, 1395p, 1395r, 1395i-2 et 1395y (dont le (a)(4), qui exclut les soins reçus hors des États-Unis) ; 42 CFR partie 407, sous-partie B, et 42 CFR 407.25 ; fiche CMS des primes et franchises 2026 du 14 novembre 2025 (avis CMS-8089-N, CMS-8090-N, CMS-8091-N) |
| Santé et couverture | 26 USC § 36B et Rev. Proc. 2025-25 pour le crédit d’impôt sur les primes ; seuils de pauvreté publiés au Federal Register le 15 janvier 2026 ; 29 USC § 1162 (COBRA) et § 2612 (FMLA) ; Rev. Proc. 2025-19 (HSA et HDHP) ; enquête annuelle de la Kaiser Family Foundation sur les prestations santé des employeurs, citée comme donnée de marché |
| Couverture française et retour | CSS, art. L. 160-3, D. 160-2 et R. 160-1 à R. 160-4 ; décret n° 2018-821 du 27 septembre 2018 (taux particulier de la cotisation de l’article L. 131-9, codifié à l’article D. 242-8 du code de la sécurité sociale) ; arrêté du 22 décembre 2025 (plafond de la sécurité sociale 2026) ; arrêté du 6 mars 2026 et barème des cotisations individuelles de la Caisse des Français de l’Étranger applicable au 1er avril 2026 |
| Famille, scolarité, université | 26 USC § 529 ; California Education Code §§ 68017 et 68062 et document de référence du California Community Colleges Chancellor’s Office révisé le 10 mars 2026 ; campagne des bourses scolaires 2026-2027 publiée par les consulats généraux de France aux États-Unis ; données de prix publiées par le College Board |
Immigration : des textes stables, des pages qui bougent chaque semaine
L’immigration est le domaine où l’écart est le plus grand entre la stabilité du texte et l’instabilité de son application. L’Immigration and Nationality Actne bouge presque pas ; les frais, les délais, les proclamations présidentielles et les notes d’application bougent en permanence. Nous citons donc, pour chaque point, la couche à laquelle il appartient — et nous ne publions aucun délai de traitement, pour une raison que nous exposons ci-dessous.
| Couche | Sources employées |
|---|---|
| Loi | 8 USC § 1182(a)(10)(E) (inadmissibilité de l’ancien citoyen ayant renoncé pour motif fiscal) ; 8 USC § 1401 (acquisition de la nationalité, dont les (a), (c) et (g)) ; 8 USC § 1481(a) (actes d’expatriation, dont le (5)) ; 8 USC § 1641 |
| Règlement | 8 CFR § 316.5(c)(2), sur la rupture de la continuité de résidence en cas de dépôt d’une déclaration de non-résident |
| Doctrine d’agence | USCIS Policy Manual, volume 6 partie F chapitre 5 (national interest waiver) et volume 12 partie D chapitres 3 et 4 (continuité de résidence et présence physique pour la naturalisation) ; pages USCIS par catégorie de visa : E-1, E-2, L-1A, L-1B, H-1B, O-1, EB-1, EB-2, EB-5 ; page d’alertes USCIS |
| Barème des frais | Form G-1055, Fee Schedule d’USCIS, édition du 29 mai 2026 — uscis.gov/sites/default/files/document/forms/g-1055.pdf ; page I-407 pour l’abandon du statut de résident permanent |
| Actes présidentiels et règles finales | Proclamation 10973, Restriction on Entry of Certain Nonimmigrant Workers, signée le 19 septembre 2025, publiée au 90 FR 46027 le 24 septembre 2025 (document 2025-18601) ; règle finale Weighted Selection Process for Registrants and Petitioners Seeking To File Cap-Subject H-1B Petitions, 90 FR 60864, 29 décembre 2025 ; règle Improving Wage Protections for the Temporary and Permanent Employment of Certain Foreign Nationals in the United States, 91 FR 15454, 27 mars 2026 |
| Décision précédentielle | Matter of Dhanasar, 26 I&N Dec. 884 (AAO, 27 décembre 2016), Interim Decision n° 3882, publiée par l’Executive Office for Immigration Review du Department of Justice — justice.gov/eoir/page/file/920996/dl |
| Département d’État | Visa Bulletin mensuel et page des pays liés par un traité de commerce, sur travel.state.gov ; historique des entrées et sorties sur i94.cbp.dhs.gov, qui est la pièce que l’IRS et les administrations d’État demandent pour établir un décompte de jours |
Pourquoi ce guide ne publie aucun délai de traitement USCIS
La page egov.uscis.gov/processing-timeset l’interface applicative associée ont renvoyé une erreur 403 à toutes nos tentatives du 29 juillet 2026. Nous aurions pu recopier des délais trouvés ailleurs ; nous ne l’avons pas fait, parce qu’un délai de traitement est la donnée la plus volatile et la plus recopiée de tout le domaine, et qu’un chiffre faux sur ce point fait rater une date de départ, une prise de fonctions ou une rentrée scolaire.
La règle que nous appliquons est la même pour vous : relevez le délai vous-même, le jour où vous décidez, sur la page officielle de la catégorie exacte et du centre de service exact, et datez-le. Un délai sans date de relevé ne vaut rien. Il en va de même des grilles du Visa Bulletin, qui changent tous les mois et dont la lecture suppose de distinguer les deux tables — dates de dépôt et dates d’action finale — ainsi que le tableau qu’USCIS déclare applicable pour le mois considéré.
La jurisprudence : celle que nous citons, et celle que nous avons écartée
Nous nous sommes imposé une règle stricte : une décision ne se cite que si sa juridiction, sa formation, sa date, son numéro et son objet concordent, et si son texte a été lu. Cette règle a un coût — plusieurs décisions abondamment citées dans la littérature d’expatriation ne figurent pas dans ce guide — et un bénéfice : aucune des décisions ci-dessous ne dit autre chose que ce que nous lui faisons dire.
| Décision | Juridiction, date, numéro | Ce qu’elle fonde dans ce guide |
|---|---|---|
| Bittner v. United States | Cour suprême des États-Unis, 28 février 2023, n° 21-1195 | La pénalité FBAR non délibérée s’applique par formulaire omis, non par compte. Décision rendue à cinq voix contre quatre : le juge Gorsuch a rendu l’opinion de la Cour à l’exception de sa partie II-C, la juge Jackson l’a rejointe en entier, le Chief Justice Roberts et les juges Alito et Kavanaugh sauf sur la partie II-C ; la juge Barrett a rédigé la dissidence, rejointe par les juges Thomas, Sotomayor et Kagan. La partie II-C, consacrée à la rule of lenity, n’a réuni que deux voix : c’est une opinion de pluralité, sans autorité de précédent |
| Christensen v. United States | U.S. Court of Federal Claims, 23 octobre 2023, 168 Fed. Cl. 263 ; appel devant le Federal Circuit, n° 24-1284 | Imputation d’un crédit d’impôt conventionnel sur la surtaxe du § 1411, sur le seul fondement de l’article 24(2)(b) de la convention franco-américaine |
| Bruyea v. United States | U.S. Court of Federal Claims, 174 Fed. Cl. 238 (2024), n° 23-766T ; appel Federal Circuit n° 25-1563, plaidé le 3 mars 2026 | Même question sur le fondement de l’article XXIV de la convention américano-canadienne |
| Farhy v. Commissioner | U.S. Court of Appeals, D.C. Circuit, 3 mai 2024, 100 F.4th 223 | L’IRS peut établir la pénalité du § 6038(b) |
| Mukhi v. Commissioner | U.S. Tax Court, 8 avril 2024, 162 T.C. No. 8, et 18 novembre 2024, 163 T.C. No. 8, dossier 4329-22 | Position inverse, réaffirmée après l’arrêt d’appel dans Farhy |
| Safdieh v. Commissioner | U.S. Court of Appeals, 2d Circuit, 27 février 2026, n° 25-501-cv, formation Jacobs, Cabranes, Lohier | L’IRS peut établir la pénalité du § 6038(b) ; annulation et renvoi. C’est l’état du contentieux le plus récent que nous ayons lu |
| Matter of Gaied v. New York State Tax Appeals Tribunal | New York Court of Appeals, 18 février 2014, 22 N.Y.3d 592, 2014 NY Slip Op 01101 | Notion de permanent place of abode dans le test de résidence statutaire new-yorkais |
| Matter of Obus v. New York State Tax Appeals Tribunal | Appellate Division, 3e département, 30 juin 2022, n° 533310 | Application du même test au logement de villégiature |
| CJUE, Jahin | Cour de justice de l’Union européenne, 18 janvier 2018, affaire C-45/17 | Un résident d’un État tiers ne peut invoquer le principe d’unicité de législation sociale : c’est le fondement du maintien des prélèvements sociaux français sur les revenus immobiliers de source française d’un résident des États-Unis |
| Conseil d’État, Artémis | Conseil d’État, 3e-8e-9e-10e sous-sections réunies, 24 novembre 2014, n° 363556, publié au Lebon | Méthode d’assimilation d’une société étrangère à un type de société française |
| Conseil d’État, 28 février 2025 | Conseil d’État, 9e-10e chambres réunies, 28 février 2025, n° 491788 | Qualification des revenus perçus par un résident de France associé d’un partnership américain : assimilation du limited partnership à une société en commandite simple et du general partnership à une société en nom collectif |
| Conseil d’État, Sté World Investment Corporation | Conseil d’État, 9e-10e chambres réunies, 2 avril 2021, n° 427880 | Assimilation d’une corporation du Delaware à une SAS ; application du III de l’article 244 bis A |
| Conseil d’État, Sté Carmejane LLC | Conseil d’État, 8e-3e chambres réunies, 12 novembre 2025, n° 502894 | LLC américaine assimilée à une SAS et passible de l’impôt sur les sociétés ; réintégration de la mise à disposition gratuite |
| Cass. 1re civ., 27 septembre 2017 | Cour de cassation, 1re chambre civile, 27 septembre 2017, n° 16-17.198 et n° 16-13.151 | Réserve héréditaire et ordre public international : les deux arrêts qui commandent l’analyse d’une succession soumise à une loi étrangère ignorant la réserve |
| Conseil constitutionnel, 2016-618 QPC | Conseil constitutionnel, 16 mars 2017, décision n° 2016-618 QPC | Censure des amendes proportionnelles du IV bis de l’article 1736 du CGI sur les trusts ; l’amende forfaitaire subsiste |
| Conseil d’État, avis n° 406825 | Conseil d’État, section des finances, avis du 18 avril 2023, NOR ECOE2231492X | Traitement fiscal de revenus provenant d’un trust en application de la convention franco-américaine de 1994 |
Quatre décisions que ce guide ne cite pas, et pourquoi
Webber v. Commissioner, 144 T.C. 324 (2015), est la décision que toute la littérature invoque sur la doctrine de l’investor controlappliquée aux contrats d’assurance-vie. Nous n’en avons pas lu le texte ; nous exposons donc la doctrine sans lui attribuer une portée qu’une décision non lue ne peut pas fonder.
La décision du Conseil constitutionnelqui aurait validé l’exclusion des non-résidents du bénéfice de l’exonération de résidence principale de l’article 150 U II 1° du CGI est citée par plusieurs sources secondaires. Les pages officielles que nous avons consultées le 29 juillet 2026 — Légifrance et le site du Conseil constitutionnel — ne nous ont pas permis de l’identifier. La règle de fond est écrite dans ce guide sur le fondement du texte ; la décision ne l’est pas.
La décision du Conseil d’État du 22 décembre 2020relative à la mobilité intra-groupe et au régime des impatriés de l’article 155 B du CGI n’a pas été retrouvée avec un objet concordant. Le point est exposé au chapitre 32 sur le seul fondement de la doctrine BOFiP, ce qui est dit à l’endroit où il est exposé.
CAA Paris, 5e chambre, 18 décembre 2018, n° 17PA03638 : juridiction, date et numéro concordent sur Légifrance, mais nous n’avons pas lu le texte, donc nous n’avons pas vérifié son objet. Une référence qui « existe » n’est pas une référence qui dit ce qu’on lui prête.
Les sources secondaires, et ce qu’elles valent exactement
Quelques chiffres de ce guide ne sont pas du droit et ne peuvent pas l’être : le taux d’un crédit immobilier, le coût moyen d’une couverture santé familiale, le prix net moyen d’une année d’université, un taux effectif de taxe foncière par comté. Ce sont des données de marché ou des compilations statistiques. Nous les employons comme telles, en les nommant, et jamais comme un fondement juridique.
Les données de taux hypothécaires proviennent de l’enquête hebdomadaire publiée par Freddie Mac ; le coût des couvertures santé d’entreprise, de l’enquête annuelle de la Kaiser Family Foundation ; les prix universitaires, des publications du College Board ; les taux de sales taxet les taux effectifs de taxe foncière par État et par comté, des compilations de la Tax Foundation ; les analyses de portée législative, des notes du Congressional Research Service, qui sont un service d’étude du Congrès et non une administration fiscale. Les documents de place — notamment les analyses du CRIDON sur le droit de prélèvement compensatoire — sont utilisés comme signalement d’un point à vérifier, jamais comme source de droit. Deux règles s’appliquent à toutes ces données : elles portent leur date, et elles ne servent jamais à trancher une question juridique.
Six erreurs de citation que vous rencontrerez ailleurs, et comment les repérer
Publier ses sources sert aussi à cela : vous armer pour lire les autres documents qu’on vous mettra sous les yeux. Les six erreurs qui suivent ne sont pas des fautes de détail. Chacune est repérable en trente secondes une fois qu’on sait où regarder, et chacune fait dire à un document exactement le contraire du droit applicable.
La renumérotation de l’article 4 de la convention de 1994.Un document qui cite « l’article 4 § 3 » pour le tie-breakerdes personnes physiques travaille sur la version antérieure au 13 janvier 2009. Depuis cet avenant, le tie-breakerest au § 4, et le § 3 traite des entités fiscalement transparentes. Le texte consolidé publié par l’administration française porte d’ailleurs, au a) du § 2 de ce même article, un renvoi « aux principes des a et b du paragraphe 3 » que l’avenant n’a pas corrigé : le renvoi visait manifestement l’ancien paragraphe 3, devenu le paragraphe 4.
Le § 877 employé pour l’exit tax américaine.Le régime d’expatriation applicable est celui du § 877A. Le § 877 a été écarté par son propre (h) pour toute expatriation intervenue à compter du 17 juin 2008 : il ne survit que comme réservoir de définitions auxquelles le § 877A renvoie. Un document qui décrit un « régime du § 877» applicable aujourd’hui décrit un régime éteint depuis dix-huit ans.
Les seuils du Form 8938 recopiés à l’envers.C’est l’erreur la plus fréquente des guides d’expatriation, et elle vient d’un contresens sur le sens du mouvement. Les seuils majorés — 200 000 / 300 000 $ pour un célibataire et 400 000 / 600 000 $ pour un couple — sont réservés aux contribuables dont le tax home est à l’étranger. Un Français installé aux États-Unis a son tax homeaux États-Unis : il relève des seuils bas, soit 50 000 $ au dernier jour de l’année ou 75 000 $ à un moment quelconque pour un célibataire, et 100 000 / 150 000 $ pour un couple déposant conjointement. Le presence abroad test qui ouvre les seuils majorés comporte deux branches, et toutes deux supposent un tax home à l’étranger : la phrase liminaire du § 911(d)(1) — « an individual whose tax home is in a foreign country and who is » — gouverne le (A), celui de la bona fide residence, comme le (B), celui des 330 jours pleinssur douze mois consécutifs. L’instruction du Form 8938 le dit dans les mêmes termes : « If your tax home is in a foreign country, you meet one of the presence abroad tests described next ». La source à ouvrir est l’instruction du Form 8938 dans sa révision de novembre 2021, qui porte les quatre jeux de seuils côte à côte.
L’article 164 C du CGI cité comme droit positif.L’imposition forfaitaire des non-résidents disposant d’une habitation en France, assise sur trois fois la valeur locative, est abrogée depuis le 1er janvier 2016. Elle figure encore dans un nombre remarquable de notes de synthèse, et elle inquiète inutilement des lecteurs qui gardent un appartement en France.
Le « taux réduit de CSG de 7,5 % ».Le mécanisme que l’on désigne ainsi est une exonération d’assiette, non une modulation de taux : les personnes qui, par application du règlement (CE) n° 883/2004, relèvent en matière d’assurance maladie d’une législation d’un autre État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse etqui ne sont pas à la charge d’un régime obligatoire français sont exonérées de CSG et de CRDS— c’est le I ter de l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale, et en termes équivalents le I ter de l’article L. 136-6. Il ne leur reste dû que le prélèvement de solidarité de 7,5 % de l’article 235 ter du CGI, qui est un prélèvement distinctde la CSG. Le taux de la CSG n’est jamais de 7,5 % : il est de 9,2 % ou, depuis la LFSS 2026, de 10,6 % selon la catégorie de revenus. Un résident des États-Unis ne remplit aucune de ces deux conditions cumulatives et reste redevable de l’ensemble, soit 17,2 % sur ses revenus fonciers et ses plus-values immobilières de source française en 2026 — la rédaction du IV de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale nourrissant sur ce dernier point une controverse que ce chapitre expose plus loin. Un document qui vous promet un « taux réduit » depuis les États-Unis se trompe de mécanisme avant de se tromper de taux.
Les délais de l’exit tax française donnés à quinze ans. Le dégrèvement intervient au terme de deux ans, porté à cinq ans lorsque la valeur globale des titres excède 2 570 000 €à la date du transfert. La durée de quinze ans qui circule correspond à un état antérieur du texte. Là encore, l’écart n’est pas théorique : il change complètement l’horizon d’un plan de cession.
Le point commun de ces six erreurs mérite d’être noté, parce qu’il vous donne une méthode : toutes viennent d’un texte qui a changé et d’une reprise qui ne l’a pas suivi. La parade est mécanique. Devant une affirmation qui engage une somme, ouvrez l’article cité, regardez sa date de version, et vérifiez que la version consultée est bien celle qui régit votre fait générateur. C’est trois minutes de travail, et c’est le meilleur rendement de tout ce guide.
La date d’arrêté : 29 juillet 2026, et ce que cela veut dire
Ce guide décrit le droit tel qu’il se lisait le 29 juillet 2026. Cette phrase, qu’on trouve en tête de beaucoup de documents, n’a de sens que si l’on précise ce qu’elle recouvre : toutes les matières de ce guide ne vieillissent pas à la même vitesse. Le texte de la convention de 1994 n’a pas changé depuis l’avenant de 2009 et ne changera pas sans un nouvel avenant, publié, ratifié et daté. Le taux d’intérêt de retard du § 6621 change tous les trimestres. Entre les deux, il y a tout un dégradé, et c’est ce dégradé que vous devez avoir en tête avant de réutiliser un chiffre de ce guide dans six mois.
| Vitesse | Ce qui bouge à cette vitesse | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Chaque semaine ou chaque mois | Taux hypothécaires de l’enquête hebdomadaire ; grilles du Visa Bulletin ; délais de traitement USCIS ; alertes d’agence sur les contentieux d’immigration en cours | Aucun de ces chiffres ne se réutilise sans être relevé à nouveau, à la date où vous décidez |
| Chaque trimestre | Taux d’intérêt du § 6621 applicables aux paiements et aux remboursements | Un calcul d’intérêts de retard se refait avec le taux du trimestre concerné, jamais avec un taux moyen |
| Chaque année, à date connue | Revenue Procedure d’indexation publiée à l’automne pour l’année suivante ; Notice des plafonds de plans de retraite ; primes et franchises Medicare publiées en novembre ; seuils de pauvreté publiés en janvier ; loi de finances et loi de financement de la sécurité sociale françaises ; barèmes et abattements de l’impôt sur le revenu français ; exonération successorale de l’État de New York | Presque tous les montants chiffrés de ce guide relèvent de cette catégorie. Ils sont justes pour 2026 et devront être remplacés pour 2027 |
| À une date d’extinction déjà écrite dans la loi | Déductions temporaires de l’OBBBA sur les pourboires, les heures supplémentaires et les intérêts de crédit auto, jusqu’au 31 décembre 2028 ; plafond SALT relevé jusqu’en 2029 puis retour à 10 000 $ ; indexation de l’abattement estate et gift à partir de 2027 ; limite de valeur de la Proposition 19 californienne jusqu’au 15 février 2027 ; barème du 22 CFR 22.1 en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026 ; barème REET de l’État de Washington jusqu’au 31 décembre 2026 ; autorisation du programme fédéral d’assurance inondation jusqu’au 30 septembre 2026 ; première indexation des montants EB-5 pour les pétitions déposées à compter du 1er janvier 2027 ; programme des centres régionaux EB-5 autorisé jusqu’au 30 septembre 2027 | Ces dates sont connues aujourd’hui. Elles doivent figurer dans tout plan patrimonial dont l’horizon les dépasse |
| En attente d’une décision de justice | Appels de Christensen et de Bruyea devant le Federal Circuit, plaidés le 3 mars 2026 ; contentieux sur la guidance d’application de la proclamation 10973, porté devant le First Circuit le 24 juillet 2026 ; état du contentieux sur la pénalité du § 6038(b) après l’arrêt du 2d Circuit du 27 février 2026 | Ces points sont exposés comme des contentieux en cours, jamais comme un droit acquis |
| Structurellement stable | Texte des trois instruments bilatéraux ; architecture du § 7701(b) et de ses règlements ; régime d’expatriation du § 877A ; régime PFIC des §§ 1291 à 1298 ; règles de situs des §§ 2104 et 2105 ; article 750 ter du CGI ; article 167 bis du CGI dans son architecture ; règlement européen sur les successions ; décisions Bittner, Jahin, 2016-618 QPC, Artémis | Ce qui est décrit ici a de fortes chances d’être encore exact dans plusieurs années, mais les montants qui s’y greffent, eux, seront périmés |
Les rendez-vous de révision que nous nous sommes fixés
Un guide de cette nature se relit à des dates précises, pas « de temps en temps ». Nous avons inscrit cinq rendez-vous. À l’automne 2026, à la publication de la Revenue Procedure d’indexation et de la Notice des plafonds de plans de retraite pour 2027, qui remplaceront la quasi-totalité des montants américains de ce guide. Au 1er janvier 2027, pour le barème consulaire du 22 CFR 22.1, dont la version en vigueur est expressément bornée au 31 décembre 2026, et pour la reprise éventuelle de l’indexation des pénalités civiles fédérales, annulée pour 2026.
À chaque loi de finances et à chaque loi de financement de la sécurité sociale françaises, qui ont modifié quatre fois en dix-huit mois des chiffres employés dans ce guide. Au 15 juin 2027, première échéance de masse de déclaration au titre de la taxe de la section 2801, qui donnera les premiers éléments de pratique sur un dispositif encore neuf. Et à chaque décision d’une cour d’appel fédérale ou de la Cour suprême sur les trois contentieux que nous suivons.
Nous vous invitons à appliquer la même discipline à votre propre dossier : un plan patrimonial transatlantique se revoit à date fixe, et pas seulement quand quelque chose ne va plus.
Le registre agrégé : les mêmes questions, regroupées par décision
Ce guide recense ses points ouverts en HUIT FAMILLES thématiques. C’est le bon classement pour savoir où chercher. Ce n’est pas celui dont vous avez besoin pour décider.
Les entrées sont donc reprises ici sans en ajouter ni en retrancher aucune, regroupées par la décision qu’elles commandent. Une question qui pèse sur deux décisions y figure deux fois.
| Décision | La question ouverte | Ce qu’elle commande |
|---|---|---|
| DÉTENIR DE L’ÉPARGNE FRANÇAISE | Les enveloppes françaises vues du droit américain | Assurance-vie, PEA, PER : aucune n’a d’équivalent américain, et le traitement de chacune commande l’intérêt de la conserver ou de la clore avant le départ |
| CHIFFRER DES PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX | Le crédit d’impôt étranger sur la surtaxe du § 1411 | La NIIT est-elle créditable : la question a été portée devant les juridictions américaines et n’est pas close |
| CHIFFRER DES PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX | Le taux des prélèvements sociaux sur les plus-values immobilières | 1,4 point, question commune à l’ensemble du corpus |
| BÉNÉFICIER DE LA CONVENTION | Les stipulations conventionnelles mal ajustées | Des clauses dont la rédaction ne recouvre pas les situations qu’elles visent — le défaut le plus difficile à voir, parce que le texte paraît clair |
| TRANSMETTRE | Le situs successoral | Ce qui est américain au sens de l’estate tax ne coïncide ni avec ce qui est situé aux États-Unis, ni avec ce que la convention retient |
| DÉCLARER ET RÉGULARISER | Le déclaratif et la régularisation | Le coût d’un manquement américain se compte en pénalités forfaitaires cumulables, non en pourcentage de l’impôt éludé |
| PARTIR OU REVENIR | Le patrimoine français et le départ | Ce que devient chaque actif resté en France, et à quel moment l’arbitrer |
| SUIVRE LES PARAMÈTRES | Les paramètres non publiés à la date d’arrêté | Barèmes et seuils dont la valeur 2026 n’était pas publiée au 29 juillet 2026 : à revalider avant tout chiffrage |
Ce que le regroupement fait apparaître
Deux des huit familles portent sur des prélèvements sociaux, et c’est le seul dossier du corpus où la question se pose des DEUX CÔTÉS : le taux français n’est pas tranché, et la créditabilité de la surtaxe américaine du § 1411 ne l’est pas davantage. Ailleurs, une seule administration produit l’incertitude ; ici, les deux.
Une famille est d’une nature différente des sept autres, et il faut le dire : « les paramètres non publiés à la date d’arrêté » ne se tranche par aucun avis. Elle se referme par une revalidation, à la date où vous chiffrez. Les sept autres appellent un professionnel ; celle-là appelle un calendrier.
Ce qui n’a pas pu être tranché, et pourquoi c’est une information utile
Vingt-huit points de ce guide sont expressément signalés comme non tranchés. Ce n’est pas une faiblesse du travail : c’est un résultat du travail. Un guide qui ne signale aucune incertitude sur un dossier franco-américain n’a pas cherché assez loin, ou a choisi de présenter comme certain ce qui ne l’est pas. Savoir qu’un point est ouvert change une décision : on ne construit pas un montage sur un point ouvert, on ne chiffre pas un rendement sur un point ouvert, et on ne fait pas dépendre un acte irréversible d’un point ouvert. Voici les familles auxquelles ces points appartiennent, et la raison pour laquelle ils le restent.
| Famille | Points ouverts | Pourquoi ils le restent |
|---|---|---|
| Les enveloppes françaises vues du droit américain | Qualification d’un contrat d’assurance-vie français au regard du § 7702 ; application de la doctrine de l’investor control à un contrat multisupport ; statut PFIC des supports d’un contrat qui ne qualifie pas ; couverture du plan d’épargne retraite français par la Revenue Procedure 2020-17 ; disponibilité du PFIC Annual Information Statement nécessaire à une élection QEF ; abattement applicable à la fraction « versements déduits » d’un PER dénoué en capital | Ces questions supposent un calcul actuariel ou une qualification que seule une analyse contrat par contrat peut produire. Aucune règle générale ne s’en déduit, et une réponse universelle serait fausse pour une partie des lecteurs |
| Le crédit d’impôt étranger sur la surtaxe du § 1411 | Imputation d’un crédit conventionnel sur la net investment income tax | Deux décisions de première instance l’ont admise ; le gouvernement américain a fait appel et les plaidoiries se sont tenues le 3 mars 2026 devant le Federal Circuit. Aucune décision d’appel n’est publiée au 29 juillet 2026. Ce guide expose la position de l’administration comme état du droit et signale le contentieux, sans présenter aucun remboursement comme acquis |
| Le taux des prélèvements sociaux sur les plus-values immobilières | 17,2 % ou 18,6 % à compter de 2026 | La lecture littérale du texte et la position publiée par l’administration divergent. Ce guide publie 17,2 % comme position administrative et signale la controverse. Le taux se trie par assiette et par date d’effet, jamais par substitution globale |
| Les stipulations conventionnelles mal ajustées | Seuil de 50 % de l’article 23 appliqué à l’IFI ; asymétrie entre les deux textes authentiques de l’article 29 § 3 b) ; article 26 § 6 c) et divergence entre « au plus tard » et « on the later of » ; point d’ancrage textuel perdu de l’échange de lettres de 1994 ; origine de la reconnaissance américaine de la créditabilité de la CSG et de la CRDS | Une convention bilatérale existe en deux textes authentiques, modifiés par des avenants qui n’ont pas toujours corrigé les renvois internes. Aucune doctrine ni jurisprudence consacrant ces lectures pour la convention franco-américaine n’a été retrouvée au 29 juillet 2026 |
| Le situs successoral | Situs d’une part de partnership américain ; divergence entre situs interne et situs conventionnel des titres d’une société étrangère ; champ d’application de la section 2801 tax au regard de la convention de 1978 ; portée de la réserve conventionnelle du Treas. Reg. § 20.2010-3(e) ; mécanisme de l’impôt successoral de l’État de New York au-delà du seuil ; sortie du QDOT par naturalisation | Le droit interne américain ne traite pas expressément plusieurs de ces situations, et la convention de 1978 en neutralise certaines sans toutes les couvrir. Un montage dont l’efficacité reposerait sur l’une de ces incertitudes n’est pas neutre : c’est un pari dont le scénario défavorable est le scénario central |
| Le déclaratif et la régularisation | Exception de cause raisonnable du FBAR en cas de non-dépôt total ; assiette exacte des 5 % de la Streamlined Domestic Offshore Procedure | Les textes et les instructions laissent une marge d’appréciation que seule la pratique des dossiers permet d’apprécier, et cette pratique n’est pas publiée |
| Les paramètres non publiés à la date d’arrêté | Montants californiens indexés pour 2026 ; durée du statut d’exempt individual ; taux de cotisation maladie applicable aux pensions de travailleurs indépendants ; honoraires de préparation américains | Ce guide ne publie pas de chiffre qu’il n’a pas relevé sur sa source. Sur ces quatre points, il indique la règle et les facteurs de coût, sans avancer de montant |
| Le patrimoine français et le départ | Application de l’exonération de l’article 244 bis A à un départ vers les États-Unis ; exclusion des non-résidents de l’exonération de résidence principale de droit commun ; règles du règlement européen sur les régimes matrimoniaux | Ces trois points commandent des sommes importantes et se jouent sur la lettre d’un texte que la doctrine n’a pas commenté pour la destination américaine. Ils s’arbitrent avec un notaire et, pour le volet américain, avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis, avant tout acte irréversible |
À ces points s’ajoute une seconde catégorie, différente : les sujets qui ne sont pas ouverts en droit, mais qui ne se traitent pas sans un spécialiste. La qualification d’un contrat au regard du § 7702, l’ouverture d’une élection mark-to-marketfonds par fonds, la structuration de la détention d’un immeuble américain, le choix entre QDOT et déduction maritale conventionnelle, la portabilité du DSUE, le statut de covered expatriated’un binational, la régularisation d’une situation déclarative, le régime matrimonial et la loi applicable à la succession, la fiscalité de l’État de départ ou d’arrivée, et l’immigration — qui relève d’un avocat en immigration et jamais d’un fiscaliste. Ces sujets sont traités dans les chapitres correspondants avec, à chaque fois, la question exacte à poser au spécialiste et les pièces à réunir avant le rendez-vous. C’est, à notre sens, le service le plus utile qu’un guide puisse rendre sur ces points : il ne vous donne pas la réponse, il vous évite de payer deux heures d’honoraires pour qu’on vous demande des documents que vous auriez pu apporter.
Cinq questions, enfin, sont posées telles quelles parce qu’elles n’ont pas trouvé de matière suffisante pour être exposées : l’effet de l’élection du § 6013(g) sur la qualité de United States personau sens de la réglementation FBAR ; l’application des obligations françaises de déclaration des dispositifs transfrontières à un montage de détention d’actifs américains ; l’articulation du § 7701(b)(10) pour un aller-retour de résidence rapproché ; le caractère de cas de déblocage anticipé de la rupture du contrat de travail pour un plan d’épargne salariale donné ; et l’obligation de dépôt FBAR de la personne qui détient une autorité de signature sans intérêt financier — gérant d’une SCI familiale, enfant mandataire sur le compte d’un parent âgé, dirigeant salarié disposant de la signature sur les comptes de son employeur français. Elles figurent ici sous leur forme de question, ce qui est la façon honnête de les traiter.
La portée de ce guide : ce qu’il est, et ce qu’il n’est pas
Ce guide est une information éducative générale. Il expose des règles, des mécanismes et des ordres de grandeur, appuyés sur les sources recensées dans ce chapitre et arrêtés au 29 juillet 2026. Il ne constitue pas un conseil personnalisé et ne remplace pas l’analyse d’une situation individuelle par un professionnel. Nous l’écrivons sans réserve d’usage : une règle exacte, appliquée à une situation dont un élément a été mal apprécié, produit une conséquence fausse — et sur un dossier franco-américain, l’élément mal apprécié coûte souvent plus cher que la règle mal comprise.
Quatre limites méritent d’être énoncées explicitement. Première limite : la vôtre n’est pas la situation type.Chaque chapitre raisonne sur des configurations ; la vôtre comporte une date d’arrivée, un statut d’immigration, un État de résidence, un régime matrimonial, une composition patrimoniale et une famille dont la combinaison est unique. Un seul de ces paramètres suffit à renverser une conclusion. Deuxième limite : le droit américain se pratique par des professionnels américains.Une déclaration fédérale, une élection fiscale, une position conventionnelle revendiquée sur un formulaire, une régularisation, une structuration de détention immobilière ou une planification successorale relèvent d’un tax attorneyou d’un CPA américain, et l’immigration d’un avocat en immigration. Troisième limite : les chiffres sont datés. Ceux de ce guide sont ceux de 2026, et le tableau des six vitesses ci-dessus dit à quelle échéance chacun devra être remplacé. Quatrième limite : aucun résultat n’est promis.Aucun rendement n’est acquis, aucun traitement fiscal n’est garanti, aucun titre de séjour ni aucun agrément administratif ne l’est davantage : ces décisions appartiennent aux administrations compétentes, qui les prennent sur pièces, dossier par dossier.
Un mot sur ce que nous sommes, parce que cela détermine ce que nous pouvons faire pour vous. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 23002291en qualité de conseiller en investissements financiers, de courtier en assurance et de courtier en opérations de banque et en services de paiement. Notre compétence porte sur l’architecture patrimoniale, le droit français applicable à votre patrimoine, et la coordination du dossier d’ensemble. Les points de droit américain sont instruits avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis, le volet successoral et matrimonial avec un notaire, et la préparation déclarative américaine avec un professionnel américain. Nous ne prétendons pas exercer à leur place, et un guide qui laisserait croire le contraire vous rendrait un mauvais service.
Enfin, si vous relevez dans ce guide un chiffre qui ne correspond pas à sa source, un renvoi inexact ou une règle que le droit a modifiée depuis notre date d’arrêté, écrivez-nous à backoffice@hagnere-patrimoine.fr. Nous corrigeons, nous datons la correction, et nous préférons de loin être corrigés que lus sans être vérifiés. C’est le seul usage qui donne sa valeur à un chapitre de sources.
Et si vous souhaitez que votre propre situation soit passée au crible de ces textes plutôt que de règles générales, c’est l’objet de notre bilan patrimonial d’1 h. Hagnéré Patrimoine, 7 rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry — backoffice@hagnere-patrimoine.fr — +33374472018. Cabinet de conseil en gestion de patrimoine, CIF, COA et COBSP, ORIAS 23002291.
Faire vérifier votre situation, sources à l’appui
Un bilan patrimonial d’1 h pour poser votre dossier : calendrier du départ ou du retour, statut d’immigration et État de résidence, sort ligne à ligne de chaque enveloppe française, obligations déclaratives des deux côtés, charge successorale selon le domicile de chaque héritier, et liste des points à faire arbitrer par un spécialiste avec la question exacte à lui poser. Chaque chiffre que nous vous remettons porte sa source et sa date. Les points de droit américain sont instruits avec nos avocats partenaires spécialisés sur les États-Unis, le volet successoral avec un notaire. Hagnéré Patrimoine, 7 rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry — backoffice@hagnere-patrimoine.fr — +33374472018. Cabinet CIF, COA et COBSP, ORIAS 23002291.

