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Guide radiologue 202618 minMis à jour 25 juin 2026AV 30 % vs PEA/CTO/PER 31,4 % · la dualité 2026

Radiologue libéral : où investir quand on a une forte capacité d'épargne

À 200 000 € de revenu et 12 000 € d'épargne par mois, votre problème n'est pas de gagner plus : c'est de savoir où loger un excédent qui sature vos livrets en deux mois. La réponse n'est pas un produit, mais une carte d'allocation par horizon — et deux boussoles que les guides génériques ignorent : la dualité des prélèvements sociaux 2026 (assurance-vie à 17,2 %, mais PEA, compte-titres et PER désormais à 18,6 %) et l'arbitrage entre placer en perso ou dans votre SEL d'imagerie. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PLACEMENT RADIOLOGUE 2026

Construire votre allocation poche par poche, et arbitrer perso / société

Audit patrimonial 360° du radiologue à forte capacité d'épargne : calibrage du PER (plafond 154 bis exact), choix des enveloppes (assurance-vie, AV luxembourgeoise, PEA, SCPI), arbitrage placer en perso ou dans la SEL / SPFPL, pilotage du RFR face à la CEHR et la CDHR, plan de placement écrit. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial radiologue 360°
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Allocation par poches chiffrée sous lettre de mission
  • Arbitrage perso / société audité

REVENU CIBLE

200 k€+

ÉPARGNE / MOIS

12-25 k€

FLAT TAX AV

30 %

PFU CTO / PEA / PER

31,4 %

PLAFOND PER 2026

88 911 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 25 juin 2026 · Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

L'essentiel en 30 secondes

Quand on est radiologue avec 12 000 à 25 000 € d'épargne par mois, la bonne question n'est pas « quel produit acheter », mais dans quelle poche loger chaque euro. Quatre poches, par horizon : la précaution (livrets, fonds euros — vite saturée à ce niveau d'épargne), le moyen terme (assurance-vie, SCPI, PEA), le long terme et la retraite (PER, immobilier, private equity) et, si vous exercez en SEL, la société (capi personne morale, compte à terme, SCPI à l'IS). Deux boussoles : la dualité des prélèvements sociaux 2026 (assurance-vie et capitalisation à 17,2 % → flat tax 30 %, mais dividendes, compte-titres, PEA et gains du PER à 18,6 % → PFU 31,4 %), et l'arbitrage perso vs société. À 45 % de TMI, le PER déduit jusqu'à 88 911 €, et placer revient à piloter son RFR pour ne pas aggraver la CEHR et la CDHR.

§ 1LA MÉTHODE·4 MIN

La méthode des 4 poches : ranger avant de choisir

Un radiologue qui dégage 12 000 €/mois épargne près de 144 000 € par an. Le rythme est tel que le problème se déplace : épargner devient facile, c'est savoir où loger cet excédent qui sature tout sur son passage qui coince. Les livrets réglementés — environ 35 000 € à deux — sont pleins en deux ou trois mois. La plupart des praticiens que nous recevons arrivent pourtant avec la même phrase : « j'ai de l'argent qui dort, qu'est-ce que j'achète ? » Sauf que c'est se tromper de question : on choisit un produit avant d'avoir rangé son épargne. Ce guide vous donne la carte d'allocation complète — quatre poches, la boussole fiscale 2026 et l'arbitrage perso / société — puis la déroule sur un cas chiffré.

Le réflexe qui change tout : ranger son épargne par horizon avant de choisir le moindre produit. À quelle échéance aurez-vous besoin de cet argent ? La réponse détermine la poche, et c'est l'horizon qui commande le produit, pas la mode du moment. C'est la même logique que celle que nous détaillons pour placer son argent en profession libérale à hauts revenus, déclinée ici pour la forte capacité d'épargne d'un radiologue.

La carte en un coup d'œil : 4 poches, 4 horizons

Poche 1 — précaution (0-2 ans) : livrets, fonds euros, disponibilité immédiate. Poche 2 — moyen terme (3-10 ans) : assurance-vie, SCPI, PEA. Poche 3 — long terme / retraite (10 ans et plus) : PER, immobilier, private equity. Poche 4 — la société (si vous exercez en SEL) : contrat de capitalisation personne morale, compte à terme, SCPI à l'IS. On les remplit dans l'ordre, sans sauter la précaution — mais à 12 000 €/mois, la première poche se boucle vite et l'allocation bascule rapidement sur l'assurance-vie et la société.

Les quatre poches du radiologue à forte capacité d'épargne, par horizon.
PocheHorizonObjectifEnveloppes adaptées
1 · Précaution0 à 2 ansSécurité et disponibilité immédiateLivret A, LDDS, fonds euros d'assurance-vie
2 · Moyen terme3 à 10 ansRendement avec un risque mesuréAssurance-vie en UC, SCPI, PEA
3 · Long terme / retraite10 ans et plusCapitalisation et complément de retraitePER, immobilier (LMNP, SCPI), private equity
4 · Société (si SEL)Excédent durableFaire travailler la trésorerie à l'IS, sans PSCapi personne morale, compte à terme, SCPI à l'IS

La différence avec un médecin généraliste à capacité d'épargne plus modeste n'est pas qu'une question de montants. À 200 000 € de revenu et 45 % de TMI, deux paramètres changent l'allocation : la tranche marginale maximale (chaque euro de revenu foncier ou de dividende est lourdement taxé) et l'exposition aux surtaxes des hauts revenus (CEHR, CDHR). Placer devient alors aussi un acte de pilotage fiscal — nous y revenons en détail plus bas.

Hagnéré Patrimoine

Quelle allocation pour votre situation de radiologue ?

Le calibrage des 4 poches dépend de votre statut (BNC ou SEL), de votre TMI, de votre exposition à la CEHR et la CDHR et de votre besoin de revenu. Un conseiller en gestion de patrimoine pose votre situation à plat et vous remet un plan de placement écrit, sans produit-maison.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2FISCALITÉ 2026·4 MIN

La boussole n°1 : la dualité des prélèvements sociaux 2026

C'est le changement fiscal qui réoriente toute l'allocation en 2026. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 ; CSS art. L. 136-8) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 % (+1,4 point) au 1er janvier 2026. Mais cette hausse ne frappe pas tous les placements : deux taux coexistent désormais, et c'est cette dualité qui doit guider le choix de poche.

Deux taux, deux mondes : la dualité des prélèvements sociaux 2026 (LFSS 2026).
PlacementPrélèvements sociaux 2026Fiscalité totale (PFU)
Assurance-vie, contrat de capitalisation, fonds euros17,2 % (maintenu)30 % (flat tax)
Revenus fonciers (location nue), PV immobilières17,2 % (maintenu)TMI + 17,2 %
PEL / CEL ouverts avant 201817,2 % (maintenu)—
Dividendes, intérêts, PV mobilières (compte-titres)18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5)31,4 %
PEA, crypto, gains du PER à la sortie18,6 %31,4 %
LMNP / location meublée18,6 % sur les loyers (BIC)n/a

Le PEA n'est PLUS à 17,2 % en 2026

C'est l'erreur la plus répandue. Le PEA ne figure pas dans la liste des produits qui conservent le taux de 17,2 %. Les gains retirés à compter de 2026 supportent 18,6 % de prélèvements sociaux — le nouveau taux frappant l'intégralité des gains au retrait, y compris la fraction accumulée avant 2026. Idem pour le compte-titres, les dividendes et les gains du PER à la sortie. À risque égal, on loge donc en priorité dans l'enveloppe restée à 17,2 % (assurance-vie, contrat de capitalisation).

Un angle mort utile : au niveau de la société, aucun PS

Au niveau d'une société à l'IS, les produits financiers ne supportent aucun prélèvement social : ni 17,2 %, ni 18,6 %. La dualité ne joue qu'à la sortie, quand l'argent redevient un revenu personnel. C'est l'un des arguments du « pont » entre votre patrimoine perso et la trésorerie de votre SEL, que nous développons dans la poche 4. Pour la mécanique complète de cette hausse et la liste exacte des produits, voyez notre guide dédié à la dualité 17,2 % / 18,6 % expliquée en détail.

§ 3POCHE 1·3 MIN

Poche 1 — la précaution : indispensable mais vite saturée

On démarre par la poche la moins excitante mais la plus vitale : l'argent qu'on doit pouvoir sortir du jour au lendemain, sans risque et sans frais. L'objectif n'est pas le rendement, mais la disponibilité. La cible : 3 à 6 mois de charges (vie courante + charges professionnelles non couvertes par la trésorerie d'exploitation) auxquelles un radiologue ajoute un coussin pour les échéances pros (URSSAF, CARMF, acompte d'impôt).

Les supports de la poche précaution et leur fiscalité 2026.
SupportPlafondFiscalité 2026
Livret A (CGI art. 157, 7° ; CMF L. 221-1 s.)22 950 €Exonéré d'IR et de PS
LDDS (CMF L. 221-27)12 000 €Exonéré d'IR et de PS
LEP (sous condition de RFR)10 000 €Exonéré — mais radiologue quasi toujours exclu (plafond RFR)
Fonds euros d'assurance-vieAucunPS 17,2 % maintenus (pas 18,6 %)
Livret bancaire / compte à terme fiscaliséAucunIntérêts au PFU : 18,6 % de PS → 31,4 %

À 12 000 €/mois, la précaution se boucle en deux mois

Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux (art. 157 du CGI), mais leurs plafonds sont vite atteints. Le LEP est presque toujours hors de portée d'un radiologue (condition de revenu fiscal de référence). Une fois les livrets pleins, le fonds euros d'une assurance-vie prend le relais pour la part de précaution qui dépasse les plafonds : capital garanti, disponibilité bonne, et prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026 (pas 18,6 %). Au-delà de cette réserve, le cash dort et perd 2 à 3 % de pouvoir d'achat par an : pour un radiologue, la précaution est bouclée en deux ou trois mois, et l'on enchaîne immédiatement sur les poches suivantes.

§ 4POCHE 2·6 MIN

Poche 2 — moyen terme : assurance-vie, SCPI, PEA

C'est la poche des projets à 5-10 ans (apport, études des enfants, constitution d'un capital). On accepte un peu de risque pour chercher du rendement, tout en gardant une bonne liquidité. Elle s'organise autour de trois enveloppes.

L'assurance-vie : la pierre angulaire en perso

L'assurance-vie est l'enveloppe qui rend le plus de services à la fois : épargne disponible, support de SCPI, outil de transmission. Au rachat (art. 125-0 A du CGI + art. 200 A), les produits supportent le PFU à 12,8 % avant 8 ans ; après 8 ans, un abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique sur l'assiette des produits imposables, puis 7,5 % (produits issus de primes ≤ 150 000 €) ou 12,8 %. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % : la flat tax de l'assurance-vie est donc maintenue à 30 % en 2026.

« Assurance-vie = 0 impôt après 8 ans » : c'est faux

L'abattement de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans ne porte que sur l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent, eux, sur la totalité des gains, sans abattement. Un rachat « dans l'abattement » peut être à 0 € d'IR, mais jamais à 0 € de prélèvements sociaux. Très efficace après 8 ans, oui ; défiscalisée à 100 %, non.

L'argument décisif : la transmission hors succession

Sur ce point précis, l'assurance-vie n'a pas d'équivalent. Les capitaux d'une assurance-vie se transmettent hors succession : chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € en franchise de droits pour les primes versées avant 70 ans (art. 990 I du CGI), et un abattement global de 30 500 € s'applique aux primes versées après 70 ans (art. 757 B). Et dès 250 000 €, l'assurance-vie luxembourgeoise devient la cible naturelle du radiologue : super-privilège (protection renforcée du souscripteur), architecture ouverte, multidevises, accès à des supports non disponibles en France. Pour approfondir, voyez nos guides sur la fiscalité au rachat et la transmission de l'assurance-vie et sur l'assurance-vie haut de gamme dès 250 000 €.

La SCPI : la bonne enveloppe compte autant que le bon fonds

La SCPI permet d'investir dans l'immobilier locatif sans aucune gestion. Mais pour un radiologue à 45 %, le contenant compte autant que le contenu : en direct, les loyers sont des revenus fonciers imposés à la TMI (45 %) + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un frottement marginal proche de 62 %. Pire : ces loyers gonflent le RFR, et donc la CEHR et la CDHR. On préfère donc loger la SCPI autrement : (a) dans une assurance-vie (les revenus capitalisent dans l'enveloppe) ; (b) via des SCPI européennes (loyers de source étrangère, prélèvements sociaux atténués selon les conventions) ; (c) en nue-propriété / démembrement (zéro revenu pendant le démembrement, donc hors RFR) ; (d) à l'IS dans la société si vous exercez en SEL.

Garde-fou : la cession d'un usufruit temporaire de SCPI

Le démembrement de SCPI est puissant, mais une opération est piégeuse : la première cession (ou l'apport) d'un usufruit temporaire est imposée non pas comme une plus-value, mais comme un revenu (art. 13, 5° du CGI), ce que le Conseil d'État a confirmé dans sa jurisprudence récente. Concrètement, le produit de cession peut être taxé à votre TMI de 45 % au lieu du régime des plus-values. C'est une opération à n'envisager qu'avec un conseil, après analyse de votre situation. Pour comprendre le véhicule, voyez notre guide sur la SCPI, la poche pierre-papier sans gestion.

Le PEA et le compte-titres : les actions, désormais à 18,6 %

Le PEA (plan d'épargne en actions, plafond 150 000 € — art. L. 221-30 du CMF) reste l'enveloppe des actions européennes : après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. Mais en 2026, ses gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux (le nouveau taux frappe l'intégralité des gains au retrait). Il reste plus efficace qu'un compte-titres ordinaire (dividendes et plus-values mobilières au PFU à 31,4 %, option barème possible mais devenue révocable sous LF 2026), mais son plafond est vite atteint chez un radiologue : c'est un complément actions, pas le cœur de l'allocation. Le compte-titres, lui, reste l'enveloppe libre la moins efficace en perso, à réserver aux titres hors zone PEA. Pour comprendre l'impact du nouveau taux, voyez notre guide sur le PEA et son passage à 18,6 % de prélèvements sociaux.

En clair, sur cette poche moyen terme, l'arbitrage tient en une ligne : l'assurance-vie quand on veut pouvoir racheter à tout moment et organiser sa transmission (152 500 € par bénéficiaire hors droits), le PEA et le compte-titres quand on cherche d'abord l'exposition actions — en gardant en tête que ces derniers passent à 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026.

Assurance-vie (UC) — souplesse + transmission

Points forts

  • Flat tax 30 % (PS 17,2 % maintenus en 2026)
  • Abattement IR de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans
  • Transmission hors succession (990 I : 152 500 €/bénéficiaire)
  • AV luxembourgeoise dès 250 k€ (super-privilège, multidevises)

Points de vigilance

  • Frais de gestion sur les unités de compte
  • Risque de perte en capital sur les UC
  • Intérêt fiscal qui se construit dans la durée (8 ans)

PEA / compte-titres — les actions

Points forts

  • PEA : exonération d'IR après 5 ans (actions UE)
  • Univers large (CTO : actions mondiales, pas de plafond)
  • Liquidité immédiate

Points de vigilance

  • PS 18,6 % en 2026 sur PEA et CTO (PFU 31,4 % pour le CTO)
  • PEA plafonné à 150 000 €, vite atteint chez un radiologue
  • Pas d'avantage de transmission spécifique
§ 5POCHE 3·6 MIN

Poche 3 — long terme et retraite : PER, immobilier, private equity

Ici, on vise la retraite et la capitalisation longue, sur 10 ans et plus. Sur cet horizon, la volatilité d'une année se gomme : on peut donc viser plus de rendement et accepter de bloquer une partie de l'épargne. Trois outils dominent cette poche : le PER, l'immobilier, le private equity.

Le PER : le levier d'assiette n°1 à 45 %

C'est là que se joue la défiscalisation du radiologue. Le PER voit ses versements se déduire du bénéfice imposable selon l'article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, soit un plafond pouvant atteindre 88 911 € en 2026 pour un bénéfice supérieur ou égal à 384 480 €. Un radiologue à hauts revenus sature quasiment toujours ce plafond.

Plafond PER 2026 d'un radiologue au plafond maximal (art. 154 bis)

10 % × 8 PASS (384 480 €)        = 38 448 €
+ 15 % × (8 PASS − 1 PASS)        = 50 463 €
Plafond PER 2026 maximal          ≈ 88 911 €
Économie d'impôt à 45 %           ≈ 40 010 €
Effort réel d'épargne             ≈ 48 901 €

Pour un bénéfice supérieur ou égal à 384 480 € (8 PASS 2026), le plafond de déduction PER atteint son maximum, environ 88 911 €. À 45 % de TMI, saturer ce plafond économise jusqu'à environ 40 010 € d'impôt sur le revenu, pour un effort réel d'épargne d'environ 48 901 €. Attention : la déduction joue sur l'IR, pas sur les cotisations CARMF / URSSAF ; le versement n'est pas reportable au-delà des règles de report de plafonds ; l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite ; et à la sortie, les gains supportent le PFU à 31,4 % (PS 18,6 %, et non 17,2 %).

Note de méthode sur les projections d'épargne longue

D'abord, l'économie d'impôt ci-dessus dépend de votre bénéfice imposable réel et de votre TMI : le plafond maximal de 88 911 € ne se débloque qu'à partir de 8 PASS de bénéfice (384 480 €). Ensuite, toute projection de rendement sur une poche longue (PER en UC, immobilier, private equity) repose sur des hypothèses : un placement financier comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le chiffre qui compte, ce n'est pas un rendement affiché, mais l'économie d'impôt certaine de l'année (ici l'IR déduit) combinée à un horizon assez long pour absorber la volatilité. C'est ce que nous chiffrons au cas par cas, sur votre bénéfice réel.

Le PER est puissant, mais ce n'est pas une enveloppe magique : l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite (sauf déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale — art. L. 224-4 du CMF), et les gains supportent à la sortie le PFU à 31,4 % (PS 18,6 %, et non 17,2 %). Son atout caché chez un radiologue : en baissant le bénéfice imposable, il baisse le RFR, et donc atténue la CDHR — un différenciateur majeur à ce niveau de revenus. Pour chiffrer précisément votre économie selon votre bénéfice, voyez notre guide sur le PER du libéral, levier de défiscalisation n°1 à 45 % et le panorama sur le fonctionnement du Plan d'épargne retraite.

L'immobilier : LMNP, déficit foncier, nue-propriété

L'immobilier reste un pilier, à condition de le choisir selon sa tranche. Le LMNP au réel (location meublée, BIC) permet d'amortir le bien (art. 39 C du CGI) et de générer un revenu quasi non imposable pendant des années — mais il défiscalise le loyer, pas le revenu médical (deux assiettes distinctes), il ne crée pas de déficit imputable sur le revenu global, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value de cession depuis le 16/02/2025 (art. 150 VB du CGI), et le taux de prélèvements sociaux du meublé non professionnel reste une zone grise en 2026 (à confirmer au cas par cas).

La location nue génère des revenus fonciers lourds à 45 %, mais le déficit foncier (art. 156, I-3° du CGI) reste imputable jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global (plafond pérenne), porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique permettant la sortie de passoire thermique — dispositif dont l'échéance est à confirmer au texte. Enfin, la nue-propriété / démembrement est l'outil idéal contre les surtaxes : zéro revenu et hors IFI pendant le démembrement (art. 968 du CGI), donc hors RFR. Comme c'est aussi un levier de défiscalisation, voyez notre guide sur réduire des impôts qui explosent sous contrainte CDHR et le panorama de l'immobilier du libéral (LMNP, SCPI, déficit foncier).

Le private equity : diversification longue, pour qui peut immobiliser

Pour la part de patrimoine que l'on peut bloquer plusieurs années, le private equity (via FCPR ou FPCI) offre un potentiel de rendement supérieur, en contrepartie d'une illiquidité (horizon souvent 8 à 10 ans) et d'un risque de perte en capital bien réels. Certains fonds fiscaux (art. 163 quinquies B du CGI) exonèrent d'IR les distributions et plus-values sous condition de conservation et de quota, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. On le réserve à une fraction minoritaire de la poche long terme, après avoir sécurisé les poches précédentes.

Private equity : ne pas confondre placement et réduction d'impôt

Deux précautions. D'abord, le private equity est illiquide et comporte un risque de perte en capital : il se dose, il ne se survend pas. Ensuite, ne le choisissez pas pour un avantage fiscal d'entrée : les FCPI « classiques » ne sont plus éligibles à la réduction d'impôt sur le revenu (art. 199 terdecies-0 A du CGI) depuis le 21 février 2026, et les FIP « classiques » depuis le 1er janvier 2026. Le private equity se choisit pour son potentiel de rendement et sa décorrélation, pas pour défiscaliser. Pour la part que vous pouvez immobiliser, voyez notre guide sur le private equity et son horizon d'illiquidité.

§ 6POCHE 4 · SI VOUS ÊTES EN SEL·6 MIN

Poche 4 — placer dans sa SEL d'imagerie : la poche que personne ne dessine

Le radiologue exerce souvent en SEL (SELARL, SELAS). Vous gérez alors deux portefeuilles : votre argent perso et la trésorerie de votre société. C'est une poche rarement détaillée ailleurs, et c'est pourtant celle qui change tout chez un haut revenu médical.

Sortir ou laisser dans la société : la règle

Pour ce dont vous avez besoin (revenu) ou que vous voulez transmettre, sortez l'argent et placez-le en perso (assurance-vie, PER, PEA). Pour l'excédent durable que vous n'avez pas besoin de toucher, laissez-le travailler dans la société à l'IS (art. 219 : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà), sans prélèvements sociaux et avec un différé jusqu'à distribution. Bonus : capitaliser dans la société n'augmente pas votre RFR, ce qui modère la CEHR et la CDHR.

Capitaliser dans la société, c'est un report — pas une exonération

Ne vous y trompez pas : laisser l'argent dans la société ne l'exonère pas définitivement. C'est un report d'imposition. Le jour où vous sortez l'excédent en dividendes pour le consommer, l'addition tombe : PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) plus les cotisations TNS (pour un dirigeant relevant du régime TNS, par exemple un gérant majoritaire de SELARL ; un président de SELAS assimilé salarié n'y est pas soumis) sur la fraction de dividendes supérieure à 10 % du capital, des primes et des comptes courants (art. L. 131-6 du CSS). La stratégie consiste donc à ne sortir que ce qu'on consomme, et à laisser capitaliser le reste.

Le contrat de capitalisation personne morale

Pour la trésorerie d'une SEL, c'est le support de référence. Le contrat de capitalisation personne morale (art. 238 septies E du CGI ; doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10) est imposé chaque année sur une assiette forfaitaire : 105 % du dernier TME connu à la souscription, figé pour toute la durée du contrat, avec régularisation au rachat sur le gain réel. Tant que ce TME de référence est modéré (janvier 2026 ≈ 3,58 %, soit une base d'environ 3,76 %), l'imposition annuelle reste faible et il n'y a aucun prélèvement social au niveau de la société : c'est un quasi-différé, pas un différé total. Deux limites : l'assurance-vie est fermée aux personnes morales (seul le contrat de capitalisation est ouvert — C. assur. L. 132-1), et ce contrat ne bénéficie d'aucun abattement de transmission (ni 990 I, ni 757 B).

Le compte à terme et la SCPI à l'IS

Pour le court terme sécurisé, le compte à terme offre un rendement garanti, dont les intérêts sont imposés à l'IS sans prélèvement social. Attention en revanche aux OPCVM et fonds monétaires détenus en société : l'article 209-0 A du CGI impose une réévaluation annuelle à la valeur de marché (mark-to-market), sans différé — contrairement au contrat de capitalisation. Enfin, la SCPI à l'IS permet de loger de l'immobilier dans la société : loyers imposés à l'IS avec amortissement, sans prélèvements sociaux. Pour le panorama de ces supports, voyez nos guides sur le compte à terme en 2026 et sur placer la trésorerie de la SEL, jamais de la SCM.

Garde-fous : SPFPL à objet exclusif, dividendes et mère-fille

Trois points de vigilance. 1) Une SPFPL a un objet exclusif (détention de SEL) et ne peut pas faire de placement financier libre — pour cela, c'est une holding patrimoniale classique qu'il faut. Le cadre des SEL et SPFPL relève de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023. 2) Les dividendes de SEL supérieurs à 10 % du capital restent soumis aux cotisations TNS (art. L. 131-6 du CSS) : la SPFPL ne fait pas écran, comme l'a jugé la Cour de cassation (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366), sur le fondement d'une règle des 10 % déjà jugée conforme à la Constitution (Cons. const. 6 août 2010 n° 2010-24 QPC). 3) Le régime mère-fille (art. 145 et 216 du CGI) laisse une friction d'environ 1,25 % sur les dividendes remontés. Pour structurer tout cela, voyez nos guides sur structurer et investir ses dividendes : objet exclusif de la SPFPL vs holding et sur la holding patrimoniale pour placer un excédent durable.

Placer en perso

Points forts

  • Argent libre et disponible immédiatement
  • Transmission optimisée (assurance-vie 990 I)
  • Enveloppes à 17,2 % (AV, capi) accessibles

Points de vigilance

  • Produits taxés à l'IR/PFU + PS (30 % AV, 31,4 % CTO/PEA)
  • Le revenu sorti gonfle le RFR (CEHR, CDHR)
  • Plafonds (PEA 150 k€, livrets)

Placer dans la société (SEL)

Points forts

  • IS 15/25 %, aucun prélèvement social
  • Capi PM : quasi-différé (105 % TME figé)
  • Ne gonfle pas le RFR → modère CEHR/CDHR

Points de vigilance

  • Report, pas exonération : sortie en dividendes 31,4 % + cotis TNS
  • Pas d'abattement de transmission (capi PM)
  • OPCVM mark-to-market 209-0 A (sans différé)
Hagnéré Patrimoine

Perso ou société : faire chiffrer l'arbitrage

Pour un excédent durable de SEL, laisser capitaliser via un contrat de capitalisation personne morale ou sortir en dividendes pour placer en perso : la réponse dépend de votre horizon, de votre besoin de revenu et de votre exposition aux surtaxes. Un conseiller en gestion de patrimoine chiffre les deux scénarios.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7DÉONTOLOGIE·2 MIN

La SCM : un piège à éviter (ce n'est PAS un véhicule de placement)

Beaucoup de radiologues exercent au sein d'une SCM (société civile de moyens) pour mutualiser le coût du plateau d'imagerie. Une confusion fréquente — et coûteuse — consiste à vouloir y placer une trésorerie excédentaire. C'est une erreur de structure.

SCM = mutualiser des moyens, jamais investir

La SCM (art. 239 quater A du CGI) est transparente fiscalement : son objet exclusif est de refacturer au prix coûtant les moyens d'exercice (locaux, plateau d'imagerie, secrétariat), via la déclaration n° 2036. Elle ne dégage pas de bénéfice propre : une trésorerie excédentaire durable y est anormale et doit être régularisée, pas placée. Le placement se fait au niveau de la SEL ou de la SPFPL, jamais de la SCM. La TVA sur les refacturations est exonérée sous conditions (art. 261 B du CGI), de même que les actes médicaux (art. 261-4-1°).

Une nuance utile : le matériel lourd d'imagerie s'amortit sur environ 7 ans. Quand il est amorti, le bénéfice imposable de votre activité bondit (45 % + CEHR + CDHR), et c'est précisément là que la stratégie d'épargne prend le relais. Anticipez cette bascule. Pour la trésorerie de votre SEL et la stratégie d'ensemble, voyez nos guides sur placer la trésorerie de la SEL, jamais de la SCM et sur la stratégie d'ensemble du radiologue à 20 000 €+/mois.

§ 8HAUTS REVENUS·4 MIN

Placer = piloter son RFR : ne pas aggraver CEHR et CDHR

À 200 000 € de revenu et plus, le radiologue frôle ou dépasse les seuils de deux surtaxes. Le choix de poche ne change pas seulement votre rendement net : il pilote votre revenu fiscal de référence (RFR), et donc l'ardoise de ces contributions.

CEHR et CDHR : deux surtaxes pilotées par le RFR (ordres de grandeur 2026).
SurtaxeSeuils de RFRTaux / mécanisme
CEHR (art. 223 sexies)250 000 / 500 000 € (seul) — 500 000 / 1 000 000 € (couple)3 % puis 4 % au-delà du second seuil
CDHR (art. 224)> 250 000 € (seul) — > 500 000 € (couple)Imposition minimale ≈ 20 % du RFR retraité

La CEHR (art. 223 sexies du CGI) ajoute 3 % puis 4 % au-delà des seuils : c'est une surtaxe permanente. La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224 du CGI), créée par la LF 2025 et reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), instaure une imposition minimale d'environ 20 % du RFR retraité pour les RFR supérieurs à 250 000 € (seul) ou 500 000 € (couple). Sa pérennité au-delà de 2026 reste conditionnelle (liée au retour du déficit public sous 3 % du PIB). Point technique majeur : les prélèvements sociaux ne figurent pas au numérateur de la CDHR, si bien que des dividendes encaissés au PFU (12,8 % d'IR seul retenu) peuvent facilement déclencher la contribution.

La règle d'or : certains placements baissent le RFR, d'autres le montent

Baissent le RFR (atténuent CEHR et CDHR) : capitaliser dans la société, verser sur un PER déduit du bénéfice (article 154 bis), acquérir en nue-propriété. Le PER d'un président de SELAS, déduit au titre de l'article 163 quatervicies, est en revanche réintégré dans le RFR (article 1417, IV, 1°, a du CGI). Montent le RFR (aggravent les surtaxes) : sortir des dividendes, percevoir des revenus fonciers en direct. À ce niveau de revenus, placer, c'est d'abord piloter son assiette. La CDHR (revenus retenus, décote pour les RFR proches des seuils) est commentée au BOFiP depuis le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30) ; ces chiffres restent des ordres de grandeur à valider au simulateur officiel. Pour la stratégie complète, voyez nos guides sur la CEHR et la CDHR des hauts revenus et sur l'optimisation du médecin à la tranche à 45 %.

§ 9CAS PRATIQUE·5 MIN

Cas pratique : Camille, radiologue de 45 ans, 200 000 €, 12 000 €/mois

Camille n'existe pas, mais sa situation, on la voit presque chaque semaine : une radiologue de la quarantaine, en SELARL, qui ne sait plus quoi faire de ce qui dort sur son compte. Le prénom est fictif ; les montants et les régimes fiscaux ne le sont pas.

Note de méthode sur l'exemple chiffré

Les montants ci-dessous illustrent une mécanique d'allocation (plafond PER, ventilation par poche) à partir d'hypothèses simplifiées. Ils ne constituent ni une simulation personnalisée, ni une promesse de rendement : un placement financier comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le résultat réel dépend de votre situation exacte et doit être chiffré au cas par cas.

Camille, 45 ans, radiologue en SELARL d'imagerie, déclare 200 000 € de bénéfice (avant versement PER), célibataire, TMI 45 %. Sa précaution est déjà constituée (environ 35 000 € de livrets pleins). Elle dégage 12 000 €/mois de capacité d'épargne, soit 144 000 €/an. Objectif : préparer sa retraite (la CARMF ne suffira pas), défiscaliser, diversifier — et éviter d'empiler de l'immobilier en direct.

PER de Camille à son plafond 2026 (art. 154 bis)

10 % × 200 000 €                         = 20 000 €
15 % × (200 000 − 48 060) €              = 22 791 €
Plafond PER 2026 de Camille              = 42 791 €
Économie d'IR (45 % puis 41 %)           ≈ 18 270 €
Effort réel d'épargne                    ≈ 24 520 €

Le plafond de l'art. 154 bis vaut 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) plus 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (PASS 2026 : 48 060 €). Les 88 911 € souvent cités ne s'atteignent qu'à partir d'un bénéfice de 8 PASS, soit 384 480 €. À 200 000 €, Camille peut déduire 42 791 € : son revenu imposable passe de 200 000 € à 157 209 €, l'IR baisse d'environ 18 270 € (une partie de la déduction tombe dans la tranche à 41 %). Déduit du bénéfice, le versement baisse aussi son RFR ; à ce niveau elle n'est concernée ni par la CEHR ni par la CDHR (seuil de 250 000 € pour une personne seule). L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite et les gains sortiront au PFU 31,4 %. Le reste de sa capacité d'épargne va vers des poches disponibles.

Le coût d'une SCPI détenue en direct à 45 % (frottement marginal)

1 000 € de loyers SCPI en direct
− IR à 45 %                  = 450 €
− PS 17,2 %                  = 172 €
= Net après impôt            = 378 € (≈ 38 %)
+ 1 000 € ajoutés au RFR     → pression CEHR / CDHR

Détenir une SCPI en direct à 45 % de TMI laisse environ 38 % du loyer net, et chaque euro de loyer gonfle le RFR. Logée en assurance-vie, en SCPI européenne, en démembrement ou à l'IS dans la société, le frottement est très inférieur. C'est pourquoi on évite la SCPI en direct chez un radiologue à 45 %.

Ventilation indicative des 144 000 € d'épargne annuelle de Camille.
Poche / enveloppeMontant annuelLogique
Précaution0 € (déjà constituée)Livrets pleins, fonds euros en réserve
PER (long terme, retraite)≈ 42 800 €Plafond 154 bis atteint (≈ 18 270 € d'IR en moins), baisse le RFR
Assurance-vie (UC + fonds €)≈ 50 000 €Souplesse, transmission (990 I), PS 17,2 %
PEA (actions européennes)≈ 10 000 €Exonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 %
Société : capi PM / CAT / SCPI à l'IS≈ 41 000 €IS 15/25 %, 0 PS, modère le RFR (excédent non consommé)
Total≈ 144 000 €Diversifié, sans sur-concentration immobilière

Lecture du cas : Camille place d'abord là où l'économie d'impôt est maximale et où elle baisse son RFR (le PER, à 45 %). Elle garde de la souplesse avec l'assurance-vie, une touche d'actions en PEA, et laisse capitaliser dans sa SELARL l'excédent qu'elle n'a pas besoin de toucher (capi PM, sans PS, sans gonfler son RFR). Bilan de la première année : environ 18 270 € d'IR en moins, un RFR abaissé de 42 791 €, et ses 144 000 € répartis dans cinq enveloppes différentes au lieu de finir dans un troisième appartement locatif.

Cas secondaire : Thomas, excédent de 80 000 €/an dans sa SELARL

Thomas dégage 80 000 €/an d'excédent qu'il n'a pas besoin de consommer. Sortir en dividendes pour placer en perso : PFU 31,4 % ≈ 25 120 € + cotisations TNS sur la part > 10 % du capital → net à placer inférieur à 55 000 €. Laisser capitaliser dans la société (capi PM, art. 238 septies E) : le produit forfaitaire annuel (≈ 3,76 % de base) est imposé à l'IS, sans PS, en différé jusqu'au rachat ; le RFR n'augmente pas, donc pas de surcoût CEHR/CDHR. Verdict : pour l'excédent qu'il ne touchera pas avant dix ans, Thomas a tout intérêt à laisser dormir l'argent dans la SELARL. L'impôt n'est pas effacé, seulement décalé au jour où il sortira les dividendes — mais d'ici là le capital travaille en entier.

Cas tertiaire : Léa, 600 000 € de cession de parts d'imagerie

Léa encaisse 600 000 € sur la cession de ses parts de groupe d'imagerie. Trois réflexes : ne pas tout déployer d'un coup (lisser l'entrée en marché) ; sur-pondérer l'assurance-vie, dont l'assurance-vie luxembourgeoise (≥ 250 000 €), et intégrer du démembrement de SCPI (zéro revenu → ne gonfle pas le RFR sous CDHR) ; et, garde-fou impératif, si la cession s'inscrit dans un schéma d'apport-cession (art. 150-0 B ter), le report exige un réinvestissement économique réel — un simple placement patrimonial (compte-titres, SCPI, locatif) n'est pas éligible (jurisprudence du Conseil d'État). Voyez notre guide sur vendre ses parts dans un groupe d'imagerie et la fiscalité de la plus-value.

§ 10VIGILANCE·3 MIN

Les 5 erreurs d'allocation du radiologue à hauts revenus

Sur dix bilans de radiologues, on retombe sur les mêmes cinq erreurs — presque jamais par négligence, mais parce que personne n'avait jamais posé l'allocation sur une feuille. Les voici.

Les pièges les plus fréquents

  1. Sur-concentrer l'immobilier : empiler la pierre (locatif, murs, SCPI en direct) rend le patrimoine illiquide et gonfle le RFR foncier, donc la CEHR et la CDHR. La pierre ne devrait représenter qu'une part raisonnable du patrimoine.
  2. Laisser dormir 100 000 €+ de cash : au-delà de la précaution, l'inflation grignote 2 à 3 % par an une trésorerie qui pourrait travailler.
  3. Croire que le PEA et le PER sont à 17,2 % : ils sont à 18,6 % en 2026. Seules l'assurance-vie et la capitalisation gardent 17,2 %.
  4. Vouloir placer la trésorerie de la SCM : impossible et inutile, la SCM est transparente et ne fait que refacturer des moyens. Le placement se fait dans la SEL ou la SPFPL.
  5. Survendre le private equity ou les FCPI : illiquidité 8-10 ans, risque de perte en capital, et FCPI « classiques » exclus de la réduction d'IR depuis le 21/02/2026 (FIP « classiques » depuis le 01/01/2026). On dose, on ne survend pas.

Une dernière vigilance, propre aux radiologues : le produit d'une cession de parts de groupe d'imagerie. Ne déployez pas tout d'un coup, sur-pondérez les enveloppes capitalisantes (assurance-vie, AV luxembourgeoise) et le démembrement, et vérifiez l'éligibilité au report d'apport-cession (art. 150-0 B ter) si vous y recourez : un placement patrimonial pur n'est pas un réinvestissement économique éligible (jurisprudence du Conseil d'État). Pour la démarche d'ensemble, voyez aussi la logique des poches du libéral à hauts revenus.

§ 11POURQUOI PLACER·3 MIN

Pourquoi placer : la CARMF ne suffira pas

La retraite du médecin libéral repose sur la CNAVPL (base) et la CARMF (complémentaire RCV + ASV pour le secteur 1, en partie financée par la CPAM). L'affiliation à ces régimes est d'ordre public. Or leur taux de remplacement est souvent inférieur à 40-50 % pour les hauts revenus : la disproportion entre une activité à 15 000-25 000 €/mois et une pension de régime obligatoire est massive.

L'écart à combler justifie l'épargne longue

C'est précisément cet écart qui justifie la poche long terme : il faut capitaliser une retraite supplémentaire en plus des caisses, via le PER (déduction à 45 %, baisse du RFR) et l'assurance-vie (souplesse, transmission). Un radiologue qui démarre son PER à 40 ans plutôt qu'à 55 laisse quinze années de plus aux intérêts composés — sur des versements pouvant atteindre 88 911 €/an, l'écart de capital final se compte en centaines de milliers d'euros. Les valeurs de point et cotisations 2026 de la CARMF sont à vérifier sur carmf.fr. Pour mesurer l'enjeu, voyez notre guide sur la gestion de patrimoine du radiologue, par où commencer à 20 000 €+ par mois.

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Avant même de placer, posez votre situation à plat. Pour aller plus loin, voyez nos guides sur réduire des impôts qui explosent sous contrainte CDHR, la même méthode pour un généraliste, avec une capacité d'épargne plus modeste et la SPFPL du radiologue pour structurer et investir ses dividendes. Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet non détenu par une banque ni par un assureur basé à Bassens (73000), nous construisons cette allocation poche par poche, en sélectionnant les supports chez plusieurs assureurs plutôt que dans un catalogue maison.

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Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Poche perso — CGI et Code monétaire et financier

    Art. 154 bis CGI (déduction PER/Madelin des TNS, formule 10 % + 15 %, plafond 88 911 € en 2026, plancher 4 806 €). Art. 163 quatervicies CGI (versements PER). Art. 125-0 A CGI (fiscalité des rachats d'assurance-vie, flat tax 30 %, abattement 4 600 €/9 200 € après 8 ans). Art. 990 I CGI (transmission assurance-vie, abattement 152 500 €/bénéficiaire). Art. 757 B CGI (primes après 70 ans, abattement global 30 500 €). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 157 CGI (exonération des intérêts du Livret A, LDDS, LEP). Art. 156 CGI (déficit foncier, 10 700 € / 21 400 € rénovation énergétique sous réserve de prorogation au 31/12/2027). Art. 150 VB CGI (réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value, cessions à compter du 16/02/2025). CMF art. L. 221-30 (PEA, plafond 150 000 €).

  • Poche société (radiologue en SEL) — CGI, ordonnance et BOFiP

    Art. 238 septies E CGI (imposition forfaitaire du contrat de capitalisation détenu par une personne morale : 105 % du dernier TME à la souscription, figé, régularisé au rachat ; doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10). Art. 219 CGI (taux IS : 15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants). Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, SEL et SPFPL). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL remontés à une SPFPL : soumis aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital, la SPFPL ne fait pas écran). Art. 239 quater A CGI (SCM transparente, mutualisation de moyens, non véhicule de placement).

  • Prélèvements sociaux 2026 — CSS et LFSS

    CSS art. L. 136-8 (taux des prélèvements sociaux). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : CSG capital portée de 9,2 % à 10,6 %, total 18,6 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, crypto et gains du PER à la sortie (PFU 31,4 %) ; maintien à 17,2 % pour l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, le foncier nu, les plus-values immobilières et le PEL/CEL ouverts avant 2018 (flat tax AV 30 %) ; loyers du LMNP / location meublée (BIC) à 18,6 %. LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026).

  • Hauts revenus, repères 2026 et retraite du radiologue

    Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % / 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR célibataire, 500 000 / 1 000 000 € couple). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale ≈ 20 % du RFR pour RFR > 250 000 / 500 000 €, créée par la LF 2025 n° 2025-127 du 14/02/2025, reconduite par la LF 2026 n° 2026-103 du 19/02/2026 ; pérennité au-delà de 2026 conditionnelle, périmètre exact à valider au simulateur officiel). Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €). Barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %. Régime de retraite des médecins : CNAVPL (base) + CARMF (complémentaire + ASV pour le secteur 1). Les valeurs de point et cotisations 2026 sont à vérifier sur carmf.fr. Chiffres à jour au 9 juin 2026, susceptibles d'évoluer.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, basé à Bassens 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. L'allocation de votre épargne, le choix des enveloppes, l'arbitrage entre placer en perso ou dans votre société et le calibrage des versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable (analyse patrimoniale globale, TMI, statut social, horizon, profil de risque, besoin de revenu, exposition à la CEHR et la CDHR). Tout placement financier (unités de compte, SCPI, private equity, contrat de capitalisation) comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026) mais peuvent évoluer.

Foire aux questions

Tout sur où investir quand on est radiologue à forte capacité d'épargne et la méthode des 4 poches par horizon.

Où placer 12 000 €/mois, quelle enveloppe choisir, PER ou assurance-vie, perso ou société, comment ne pas aggraver sa CEHR et sa CDHR : les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Le réflexe à inverser : on ne part pas du produit (« je prends quoi, du SCPI, du PER ? »), on part de l'échéance. Quand aurez-vous besoin de cet argent ? La réponse range chaque euro dans l'une des quatre poches, qu'on remplit dans l'ordre. Poche 1, la précaution : 3 à 6 mois de charges sur des livrets (Livret A, LDDS) et le fonds euros d'une assurance-vie. À 12 000 €/mois, cette poche est bouclée en deux ou trois mois : les livrets réglementés (environ 35 000 € à deux) sont vite pleins. Poche 2, le moyen terme : assurance-vie, SCPI, PEA. Poche 3, le long terme et la retraite : PER (déduction art. 154 bis), immobilier, private equity. Poche 4 si vous exercez en SEL : la trésorerie de la société (contrat de capitalisation personne morale, compte à terme, SCPI à l'IS). Le pivot fiscal 2026 : l'assurance-vie et le contrat de capitalisation conservent 17,2 % de prélèvements sociaux (flat tax 30 %), tandis que les dividendes, le compte-titres, le PEA et les gains du PER passent à 18,6 % (PFU 31,4 %). À risque égal, cette dualité favorise l'enveloppe à 17,2 %.