Pourquoi un radiologue ne place pas comme les autres
Vous facturez 20 000 € et plus par mois et vous dégagez une vraie capacité d'épargne — souvent 8 à 15 000 € par mois. C'est ce renversement qui change tout : à ce niveau, votre problème n'est plus de trouverl'argent à placer, c'est d'en faire bon usage, sans temps disponible et sous une fiscalité qui mord fort. Un radiologue libéral ne gère pas comme un cadre supérieur : il a deux patrimoines, une structure d'exercice complexe (groupe d'imagerie, SCM, matériel lourd) et un actif central — ses parts de groupe — qui pèse souvent plus que toute son épargne financière.
En 30 secondes : la logique de poches
Le delta radiologue : groupe, SCM, matériel lourd, parts d'imagerie
Trois choses, qu'un cadre supérieur n'a pas, déplacent le centre de gravité de la stratégie. Le groupe d'imagerie d'abord (SELARL ou SELAS multi-sites, plateaux lourds autorisés par l'ARS), souvent doublé d'une SCM qui porte le plateau technique mutualisé. Vient ensuite le matériel lourd (scanner, IRM, mammographe) amorti sur environ sept ans : tant qu'il s'amortit, l'amortissement écrase le bénéfice imposable ; une fois amorti, le bénéfice bondit — et avec lui l'exposition à 45 % + CEHR + CDHR. Et surtout, vos parts de groupe d'imagerie, le plus souvent l'actif de plus forte valeur, supérieur à votre épargne financière.
Le piège de la fin d'amortissement du matériel
Résultat concret, pour vous : la priorité n'est pas la performance d'un placement isolé, c'est l'ordre dans lequel vous remplissez vos poches et la diversificationhors du groupe d'imagerie. Le reste de ce guide déroule cette logique, poche par poche.
Le bilan d'abord : le diagnostic avant les produits
En imagerie médicale, on ne traite pas sans avoir lu l'examen. En gestion de patrimoine non plus : on ne place pas un euro sans bilan. Et attention au faux ami : un bilan patrimonial n'est pas un bilan comptable (la 2035). La 2035 photographie votre exercice professionnel ; le bilan patrimonial agrège votre patrimoine global, vos flux et vos objectifs de vie, et en sort un plan d'action priorisé.
| Étape | Ce qu'on regarde | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|---|
| 1 · Inventaire | Vos deux patrimoines (parts de SEL/groupe, plateau, SCM ; immobilier, épargne, dettes) | Distinguer ce qui est liquide de ce qui ne l'est pas |
| 2 · Flux | Revenu net − cotisations − impôt − train de vie | Connaître votre capacité d'épargne réelle, pas le brut |
| 3 · Risques | Prévoyance, concentration sur le groupe et le conventionnement | Que se passe-t-il en cas d'arrêt ou de coup dur ? |
| 4 · Objectifs | Retraite, transmission, immobilier, fiscalité | Donner une raison d'être à chaque versement |
| 5 · Diagnostic fiscal | TMI 45 %, CEHR, CDHR, IFI | Savoir quels leviers fonctionnent encore |
| 6 · Plan d'action | La logique de poches priorisée | Dans quel ordre placer concrètement |
Le réflexe qu'on répète à chaque rendez-vous : sécuriser avant de placer
Faire le point sur votre situation de radiologue
Un CGP indépendant déroule les six dimensions du bilan sur vos chiffres réels — inventaire, capacité d'épargne, risques, objectifs, diagnostic fiscal — et en sort l'ordre des poches à remplir dans votre cas.
Votre capacité d'épargne réelle : 20 k€ de revenu ne font pas 20 k€ à placer
Vous facturez beaucoup, vous épargnez beaucoup — mais pas autant que le chiffre d'affaires le laisse croire. Votre revenu n'est pas votre capacité d'épargne. Entre les deux, il y a les cotisations TNS (avec une assiette CARMF plafonnée), l'impôt à 45 %, la CEHR et la CDHR le cas échéant, et votre train de vie. Le résultat : une épargne disponible qui se situe souvent entre 8 000 et 15 000 € par mois — confortable, mais bien inférieure à votre facturation.
De la facturation à l'épargne disponible
Deux pièges techniques à écarter d'abord. La rémunération technique de l'associé de SEL est imposée en BNC (article 92 CGI) depuis 2024 — jamais en salaires — et le forfait de 5 % a été annulé (CE 8 avril 2025 n° 492154) ; la rémunération de gérance majoritaire relève de l'article 62 CGI. Et le point le plus important en pratique : on lisse sur deux ou trois ans. Une année exceptionnelle — typiquement celle où le matériel finit de s'amortir et où le bénéfice gonfle — ne doit jamais dimensionner vos versements : c'est la capacité récurrente qui compte.
La cascade : de la facturation à l'épargne réelle
Capacite d'epargne reelle =
revenu net d'activite (BNC ou remuneration de SEL)
- cotisations sociales TNS (URSSAF + CARMF, assiette plafonnee)
- impot sur le revenu (TMI 45 %)
- CEHR / CDHR (le cas echeant)
- train de vie reel
= ce qui reste, a LISSER sur 2-3 ans (souvent 8 a 15 k EUR/mois)À 20 000 €+/mois, l'épargne disponible reste très inférieure à la facturation. C'est ce montant lissé, et non le chiffre d'affaires d'une bonne année, qui doit piloter vos versements.
Peu importe le chiffre exact — il dépend de votre structure, de votre secteur et de votre train de vie. Ce qui compte, c'est l'écart : un revenu très élevé ne se traduit que par une fraction épargnable, et autant ne pas la gâcher. D'où l'obsession de ce guide pour l'ordre dans lequel on remplit ses poches. Pour affiner le calcul malgré des recettes en dents de scie (fin d'amortissement, variations d'activité), voyez calculer sa capacité d'épargne réelle malgré des revenus irréguliers.
À retenir : c'est l'épargne récurrente qui pilote, pas la facturation
La SCM n'est pas une tirelire : la carte des bonnes enveloppes
En cabinet de groupe, vous mutualisez le plateau technique via une SCM. C'est un outil indispensable — mais c'est aussi la source d'un malentendu qui revient sans cesse, et qui coûte cher. Disons-le sans détour : on ne place pas un euro dans une SCM.
La SCM : transparente, refacture des moyens, zéro bénéfice
La SCM (société civile de moyens, article 239 quater A CGI) est transparente fiscalement : son objet est de mettre à disposition de ses associés les moyens d'exercice (locaux, matériel lourd, secrétariat, personnel) et de les refacturer au coût, au prorata d'utilisation. Elle ne dégage aucun bénéfice propre : chaque associé est imposé sur sa quote-part dans sa propre déclaration (BNC), la société souscrivant une déclaration n° 2036. Ses refacturations sont exonérées de TVA sous conditions (article 261 B CGI), comme les actes médicaux (article 261-4-1° CGI). Sa trésorerie sert le fonctionnement et les provisions de renouvellement du plateau — pas le placement.
La trésorerie excédentaire ne se place JAMAIS dans la SCM
Trois niveaux de détention : personnel, SEL, SPFPL
Le bon réflexe est de savoir où loger chaque type d'épargne. Une partie va dans votre patrimoine personnel (assurance-vie, PER, SCPI, immobilier, livrets) ; les excédents de la société dans la SEL elle-même ; la capitalisation des dividendes à l'IS dans une SPFPL. La SCM, elle, reste hors du jeu du placement.
Patrimoine personnel
Assurance-vie, PER, SCPI, immobilier, livrets : le cœur de votre épargne disponible, après distribution. C'est ici que se construit le patrimoine indépendant de votre activité.
Trésorerie de SEL / SPFPL
SEL : compte à terme, contrat de capitalisation, titres pour faire travailler les excédents. SPFPL : capitalisation des dividendes à l'IS (~1,25 % via mère-fille). C'est le bon niveau pour la trésorerie d'entreprise.
SCM — PAS un véhicule de placement
Transparente (art. 239 quater A), elle refacture des moyens au coût et ne dégage aucun bénéfice. Sa trésorerie sert le fonctionnement et le renouvellement du plateau. On n'y place jamais d'excédents.
Si la capitalisation à l'IS vous concerne, la suite logique est la SPFPL : voyez structurer et investir ses dividendes via une SPFPL de radiologue.
La logique de poches : le bon ordre quand on manque de temps
Si vous ne deviez retenir qu'une chose, ce serait celle-là. Quand on épargne beaucoup mais qu'on manque de temps, la meilleure stratégie n'est pas de chercher le bon produit, c'est de remplir des poches dans le bon ordre. Chaque poche a un rôle ; on construit du socle vers le sommet, jamais l'inverse.
| Poche | Rôle | Fiscalité 2026 | Quand l'activer |
|---|---|---|---|
| 1 · Précaution | Disponibilité immédiate (3 à 12 mois de dépenses) | Intérêts au PFU 31,4 % (PS 18,6 %) | Avant tout placement long |
| 2 · Prévoyance Madelin | Combler le filet social troué | Déduction art. 154 bis (IR) | Avant de placer pour le rendement |
| 3 · PER / Madelin retraite | Levier d'assiette n°1 à 45 % | Déductible, hors plafond niches | En priorité (voir §6) |
| 4 · Assurance-vie | Capitalisation + transmission | PS 17,2 %, flat tax 30 %, 990 I | Socle de l'épargne longue |
| 5 · SCPI | Immobilier sans gestion (manque de temps) | Revenus fonciers, PS 17,2 % | Via AV/PER ou nue-propriété de préférence |
| 6 · Immobilier | Diversification, déficit foncier | Déficit foncier hors plafond niches | Selon objectifs et IFI |
| 7 · Private equity | Performance, diversification | PS 18,6 %, horizon 8-10 ans | En dernier — risque de perte, illiquide |
| 8 · Structuration / transmission | SEL/SPFPL, Dutreil, donation | IS ~1,25 %, 990 I, 787 B | En parallèle, à anticiper |
Pourquoi la SCPI plutôt en assurance-vie ou en nue-propriété
Les poches « précaution » et « assurance-vie » se logent dans des enveloppes connues : le compte à terme pour la poche précaution et la trésorerie, l'assurance-vie pour capitaliser et transmettre (152 500 € par bénéficiaire), et le private equity pour la poche performance, en dernier et en pleine conscience du risque.
Note de méthode : comment lire les rendements annoncés
Construire votre logique de poches
On part de votre capacité d'épargne réelle et on la ventile poche par poche, dans le bon ordre : précaution, prévoyance, PER, assurance-vie, SCPI, immobilier, private equity — avec les montants chiffrés sur votre cas.
La poche prioritaire : PER/Madelin et le trou de la CARMF
Parmi toutes les poches, une se détache nettement à votre niveau de TMI : le PER / Madelin retraite. Il cumule deux atouts qu'aucune autre enveloppe ne réunit : le levier d'assiette le plus puissant à 45 %, et la seule réponse de fond au plafonnement de votre retraite CARMF.
Le PER : jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026
Le plafond de déduction (article 154 bis CGI) vaut 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, soit un plafond maximal de 88 911 € en 2026 (atteint dès un bénéfice de 384 480 €, le cas de beaucoup de radiologues à 20 k€+/mois) et un plancher de 4 806 €. La déduction s'impute sur l'IR seul (effet maximal à 45 %), réduit votre RFR (et agit donc favorablement sur CEHR et CDHR) et est exclue du plafond global des niches de 10 000 € (article 200-0 A). À retenir : la sortie du PER supporte des PS à 18,6 %sur les gains, et la déduction n'est pas reportable indéfiniment une fois consommée.
Plafond PER 2026 et économie d'impôt à 45 %
PLAFOND PER 154 bis (au maximum, benefice >= 8 PASS) 10 % x 384 480 = 38 448 EUR 15 % x (384 480 - 48 060) = 50 463 EUR => plafond deductible max = 88 911 EUR ECONOMIE D'IMPOT = deduction x TMI 88 911 x 45 % = ~40 010 EUR d'IR en moins (+ RFR abaisse de 88 911 EUR : desserre CEHR / CDHR)
La déduction PER porte sur l'IR seul, réduit le RFR et reste hors du plafond des niches : c'est le levier le plus efficace à 45 % de TMI. La prévoyance/santé Madelin est une enveloppe distincte (~11 534 € en 2026).
La prévoyance Madelin est une enveloppe distincte du PER
La CARMF plafonnée : la chute de revenus qui se prépare
L'architecture combine le régime de base (CNAVPL), le complémentaire RCV et l'ASV (articles L. 640-1, L. 644-1 et L. 644-2 CSS). Le point décisif : le complémentaire RCV est plafonné à 3,5 PASS, soit 168 210 € en 2026. Concrètement, à 20 000 €+/mois, vous cotisez sur une assiette très inférieure à votre revenu réel : au-delà du plafond, pas un euro n'ouvre de droits supplémentaires. Résultat : un taux de remplacement souvent inférieur à 40-50 %. Le capital décès du radiologue libéral relève du régime invalidité-décès géré par la CARMF (article L. 644-2 CSS) : son montant forfaitaire est faible (à vérifier au règlement sur carmf.fr) et reste dérisoire pour une famille habituée à 20 000 €+/mois — à titre de comparaison, celui du régime général des salariés (article L. 361-1 CSS) est de l'ordre de 4 009 €. Et l'affiliation est d'ordre public(Cass. 2e civ. 5 décembre 2024 n° 22-17.579) : on ne s'y soustrait pas.
La CARMF ne remplace pas votre revenu
Cas 1 — Dr Camille, 38 ans, radiologue en groupe, 24 000 €/mois (≈ 288 000 € de BNC), célibataire
Capacité d'épargne réelle : ≈ 10 000 €/mois après cotisations TNS, IR à 45 %, CEHR et train de vie.
Priorité 1 — PER 154 bis : bénéfice 288 000 € → plafond = 10 % × 288 000 + 15 % × (288 000 − 48 060) = 28 800 + 35 991 = 64 791 € déductibles.
Économie d'IR : 64 791 × 45 % ≈ 29 156 € d'impôt en moins, et un RFR abaissé d'autant (qui desserre la pression CEHR/CDHR).
Le solde(≈ 55 000 €/an après PER) se ventile en poches : précaution, puis assurance-vie, SCPI via assurance-vie, et un début de private equity.
Le diagnostic fiscal : TMI 45 %, CEHR, CDHR, plafond des niches
À 24 000 €/mois, un radiologue ne paie pas « juste » 45 %. Au-dessus de cette tranche se posent deux étages que beaucoup découvrent sur leur avis d'imposition : la CEHR, puis la CDHR. Et ce sont eux qui décident quelles défiscalisations fonctionnent encore— donc l'ordre dans lequel on remplit ses poches.
CEHR et CDHR : ce que mordent les 20 k€/mois
| Étage | Mécanisme | Déclenchement |
|---|---|---|
| IR (art. 197 CGI) | TMI 45 % | Au-delà de 181 917 € par part |
| CEHR (art. 223 sexies CGI) | 3 % puis 4 % du RFR | RFR > 250 000 / 500 000 € (seul) ; 500 000 / 1 000 000 € (couple) |
| CDHR (art. 224 CGI) | Imposition minimale 20 % du RFR | RFR > 250 000 € (seul) / 500 000 € (couple) |
La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, article 224 CGI) a été créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, validée par Cons. const. n° 2025-874 DC du 13 février 2025) et reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, validée par Cons. const. n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Son principe : si votre imposition effective (IR + CEHR) passe sous 20 % de votre revenu fiscal de référence, un complément est dû pour atteindre ce plancher. Le périmètre exact du calcul (taux moyen, décote dans la zone d'entrée, retraitements du RFR, acompte) ainsi que sa pérennité au-delà de 2026 doivent s'apprécier au cas par cas et au conditionnel : pour la mécanique fine, voyez la CDHR : l'imposition minimale de 20 % des hauts revenus.
Le pivot : baisser l'assiette, pas le taux
| Levier | Type | Efficace sous CDHR ? |
|---|---|---|
| PER / Madelin (154 bis) | Baisse l'assiette / le RFR | Oui — pleinement |
| Déficit foncier (156 I-3°) | Baisse l'assiette / le RFR | Oui — pleinement |
| Nue-propriété / démembrement | Baisse l'assiette (pas de revenu) | Oui |
| Capitalisation SEL / SPFPL | Diffère le RFR (report) | Oui — pilote le RFR |
| Dons (art. 200) | Réduction d'impôt remise au numérateur (LF 2026) | Oui — restent efficaces |
| FIP / FCPI, Girardin, Sofica | Réduction d'impôt | Neutralisés en grande partie |
La CDHR neutralise vos réductions d'impôt — pas vos leviers d'assiette
IFI et dualité des prélèvements sociaux 2026
Restent deux vérifications qu'on fait systématiquement en rendez-vous : l'IFI et les prélèvements sociaux 2026. L'IFI (articles 964 et 975 CGI) frappe le patrimoine immobilier net taxable au-delà de 1,3 M€ : vos parts de SEL/SPFPL d'exercice sont en principe exonérées au titre des biens professionnels (article 975), mais sous conditions d'affectation, pas automatiquement. Et la dualité des prélèvements sociaux 2026, qui change tout arbitrage d'enveloppe : les dividendes de SEL/SPFPL subissent des PS à 18,6 % (PFU global de 31,4 %, jamais 30 %), tandis que l'assurance-vie, la capitalisation et les revenus fonciers restent à 17,2 % (flat tax assurance-vie de 30 %).
2026 : 31,4 % sur les dividendes, 17,2 % sur l'assurance-vie
Structurer : SEL, SPFPL et le report d'impôt
Quand le bénéfice dépasse durablement votre train de vie — typiquement après la fin de l'amortissement du matériel —, la question de la structuration se pose. Le principe est simple : ce que vous ne consommez pas, vous le laissez grandir à l'IS (15 puis 25 %) au lieu de le sortir à 45 %. Reste à ne pas en faire une formule magique — la SPFPL a des limites bien réelles, on y vient.
Capitaliser à l'IS plutôt qu'à 45 %
Le cadre, c'est l'ordonnance 2023-77 du 8 février 2023 (ex-loi 90-1258 du 31 décembre 1990) : une SEL d'exercice (SELARL/SELAS), éventuellement chapeautée d'une SPFPL qui détient les parts de SEL. À l'IS (article 219 CGI : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), vous n'êtes imposé à l'IR (0-45 %) que sur la rémunération que vous vous versez ; le surplus capitalise dans la société. Cela vous donne un levier de pilotage du RFR — donc des assiettes CEHR et CDHR. Le régime mère-fille (articles 145 et 216 CGI : détention ≥ 5 %, conservation 2 ans) exonère 95 % des dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL, soit un IS effectif de l'ordre de 1,25 % à la remontée.
Dividende perçu en direct
PFU de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS), et cotisations TNS sur la fraction excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant. Pour consommer immédiatement : simple, mais lourdement fiscalisé à votre niveau.
Dividende capitalisé en SPFPL
IS effectif ~1,25 % à la remontée (mère-fille), capitalisation et réinvestissement dans la holding, pilotage du RFR. Mais les cotisations sur la fraction > 10 % restent dues : la SPFPL ne fait pas écran au social.
La SPFPL ne fait pas écran aux cotisations sociales
Cas 2 — Dr Mehdi, 52 ans, 26 000 €/mois (≈ 312 000 €), marié, parts de groupe valorisées ~1,2 M€
PER : sature son PER 154 bis (jusqu'à 88 911 € une année de bénéfice ≥ 384 480 € ; sinon plafond proportionnel).
CDHR : une année de forte distribution peut porter le RFR du couple au-delà de 500 000 € → imposition minimale de 20 % du RFR. L'arbitrage : capitaliser les dividendes en SPFPL (IS ~1,25 % à la remontée) plutôt que de les percevoir au PFU de 31,4 % + cotisations sur la fraction > 10 %.
Cession à venir :il anticipe dès maintenant la sortie de ses parts via l'apport-cession (150-0 B ter) ou l'abattement de 500 000 € au départ retraite (150-0 D ter) — voir la section suivante.
Vos parts de groupe d'imagerie : votre plus gros actif
Tapez « financiarisation de la radiologie » : vous tomberez sur des débats déontologiques ou des tribunes. Presque personne ne vous explique, concrètement, comment valoriser et préparer la sortie de vos parts. C'est pourtant, pour beaucoup d'entre vous, le premier poste du patrimoine — les parts de groupe d'imageriepèsent souvent plus lourd que toute l'épargne financière réunie.
La financiarisation : un fonds va peut-être vous proposer de racheter
Depuis quelques années, des fonds d'investissement se positionnent sur la radiologie, via des structures de holdings de moyens. Qu'un fonds frappe à votre porte ou non, le raisonnement ne change pas : ces parts portent une plus-value de cession de titres latente, et la fiscalité de sa sortie se décide cinq à dix ans avant la vente, pas le jour de la signature. Trois leviers, qu'on ne mélange pas : l'apport-cession, l'abattement retraite et le Dutreil.
La cession se prépare avant, pas le jour J
Abattement fixe (article 150-0 D ter CGI) : au départ en retraite, un abattement fixe de 500 000 € s'applique sur la plus-value (IR seul ; les PS de 18,6 % restent dus sur la plus-value mobilière). Dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2031 (art. 70 II LF 2025), sous conditions (durée de détention, cessation de fonctions et liquidation des droits à retraite).
Pacte Dutreil (article 787 B CGI) : pour transmettre (et non vendre) les parts, exonération de 75 % de leur valeur, y compris via une holding animatrice (CE plén. 13 juin 2018 n° 395495, Cofices).
Ces trois leviers ne sont pas interchangeables : l'apport-cession reporte l'impôt sur une vente, l'abattement 150-0 D ter réduit l'impôt d'une vente au départ retraite, et le Dutreil exonère une transmission. Le bon choix dépend de votre horizon et de votre objectif. Pour le détail complet de la plus-value, voyez la fiscalité de la plus-value sur ses parts de groupe d'imagerie et l'apport-cession pour reporter l'impôt sur la plus-value.
Transmettre : assurance-vie, donation et anticipation
Reste la transmission — l'épargne comme les parts du groupe. Le ressort est connu mais sous-exploité : l'abattement de 100 000 € par enfant(article 779) se recharge tous les 15 ans. Un radiologue qui donne une première fois à 45 ans et une seconde à 60 ans transmet 200 000 € par enfant en franchise de droits, là où celui qui attend 70 ans n'en passe qu'une seule.
L'assurance-vie, hors succession
L'assurance-vie reste l'outil de transmission le plus souple. Sur les primes versées avant 70 ans (article 990 I CGI), chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis la fraction taxable est imposée à 20 % jusqu'à 700 000 €, et à 31,25 % au-delà. Sur les primes versées après 70 ans (article 757 B CGI), l'abattement est global, de 30 500 €, et seules les primes (pas les gains) sont taxées. Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés.
| Dispositif | Abattement | Condition |
|---|---|---|
| Assurance-vie 990 I | 152 500 € par bénéficiaire | Primes versées avant 70 ans |
| Assurance-vie 757 B | 30 500 € global | Primes versées après 70 ans (primes seules taxées) |
| Donation (art. 779) | 100 000 € par enfant | Renouvelable tous les 15 ans |
| Don familial (art. 790 G) | 31 865 € | Donateur < 80 ans, donataire majeur, cumulable avec 779 |
| Pacte Dutreil (art. 787 B) | 75 % de la valeur | Parts de groupe d'imagerie, sous engagement |
Côté donation, retenez deux repères : 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779), et un don familial de sommes d'argent de 31 865 € (article 790 G), cumulable. Pour les parts de groupe d'imagerie, le pacte Dutreil (§9) exonère 75 % de la valeur transmise. Pour approfondir : les abattements de donation et leur renouvellement et anticiper sa succession.
Les 6 erreurs patrimoniales classiques du radiologue
En rendez-vous, ce sont presque toujours les six mêmes qui reviennent — sur la SCM, la flat tax, la CDHR, la prévoyance. Les connaître, c'est déjà éviter le gros des dégâts.
Les 6 erreurs à éviter
2. Appliquer 17,2 % à un dividende. En 2026, c'est 18,6 % (PFU 31,4 %) ; 17,2 % vaut pour l'assurance-vie et le foncier nu.
3. Empiler des réductions d'impôt sous CDHR. FIP, FCPI, Girardin sont neutralisés : viser l'assiette (PER, déficit foncier).
4. Sous-dimensionner la prévoyance et négliger le PER. Filet CARMF troué (franchise, capital décès forfaitaire du régime invalidité-décès faible, art. L. 644-2 CSS) : à sécuriser avant tout placement.
5. Ne pas anticiper la fin de l'amortissement du matériel. Le bénéfice bondit → 45 % + CEHR + CDHR : les leviers d'assiette se préparent en amont.
6. Concentrer tout son patrimoine sur le groupe d'imagerie.Parts + plateau + conventionnement = un seul risque : il faut un patrimoine personnel indépendant.
Au fond, c'est toujours la même chose : on a placé avant de sécuriser, et on a confondu les tuyaux — la SCM avec une tirelire, la SPFPL avec un abri social, le PER avec un livret. La logique de poches règle ça mécaniquement, parce qu'elle oblige à poser le diagnostic avant la première signature. Pour aller plus loin : les erreurs patrimoniales classiques du libéral à éviter.
Faire son bilan patrimonial de radiologue : par où commencer concrètement
La méthode, vous l'avez maintenant. Mais elle ne vaut rien tant qu'on ne l'a pas confrontée à votre bénéfice réel, votre TMI, votre groupe et vos parts. C'est tout l'objet d'un bilan patrimonial : dérouler les six dimensions sur votre situation réelle, et en sortir une logique de poches chiffrée — combien en précaution, combien au PER, combien en assurance-vie, comment structurer la SEL/SPFPL et comment préparer la cession ou la transmission de vos parts. À ne pas confondre avec un bilan comptable (la 2035), qui ne regarde que votre exercice professionnel.
Chez Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine 100 % indépendant basé à Chambéry (conseiller Quentin Hagnéré, ORIAS 23002291, Trustpilot 4,7/5 sur 26 avis), le premier bilan patrimonial est gratuit et sans engagement : inventaire, capacité d'épargne réelle, ordre des poches, diagnostic fiscal et structuration — sans produit-maison ni biais commercial. Pour la définition générale d'un bilan et son coût, voyez ce qu'est un bilan patrimonial et combien il coûte ; et pour la trame appliquée au libéral, la méthode complète du bilan patrimonial du libéral en 6 étapes.
Faire le point sur votre patrimoine avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On déroule la méthode sur votre cas de radiologue : capacité d'épargne réelle, ordre des poches, PER, diagnostic fiscal, SPFPL et parts de groupe — et vous repartez avec un plan chiffré et classé par priorité : le montant de prévoyance à sécuriser, la somme à verser au PER cette année, le seuil de bénéfice à partir duquel la SPFPL devient pertinente, et l'année où préparer la cession de vos parts.

