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Guide expert 202619 minMis à jour 24 juillet 2026Art. 619 C. civ. · 13,5° · L. 64 LPF

Démembrement de SCPI en personne morale : structurer le montage

Votre société — holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS — dégage une trésorerie excédentaire, et l'on vous a parlé d'acheter l'usufruit temporaire de parts de SCPI pour capter des revenus décotés, les amortir et quasiment neutraliser l'impôt pendant dix ans. Le levier existe, mais tout se joue dans l'assemblage : qui détient l'usufruit, qui détient la nue-propriété, comment entrer (souscription d'origine ou gré à gré) et comment ne pas tomber sous l'abus de droit. L'usufruit d'une personne morale est plafonné à 30 ans (article 619 du Code civil) ; à l'extinction, il disparaît sans contrepartie. Cette page est la notice de montage — contreparties comprises.

DÉMEMBREMENT SCPI + SOCIÉTÉ

Analyser le projet avant de signer les actes

Qui prend l'usufruit, qui prend la nue-propriété, par quelle voie entrer et quelle substance économique démontrer : un audit CGP en architecture ouverte analyse le projet et sa sortie avant l'irréversible, la structure juridique étant choisie avec votre avocat ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Voies d'entrée comparées (13,5° / 726)
  • Coordination avocat / expert-comptable
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Schéma de détention analysé

USUFRUIT PM (MAX)

30 ans

IS SUR REVENUS

15 % / 25 %

SORTIE (PFU)

31,4 %

CLÉ DE DÉCOTE

DCF

CAS CHIFFRÉ

1

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Mis à jour le 24 juillet 2026 · Conforme au CGI (art. 8, 238 bis K, 219, 39, 13-5°, 669 II, 726, 1133, 968, 150 UB, 200 A), au Code civil (art. 619 — usufruit d'une personne morale ≤ 30 ans), au LPF (art. L. 64 / L. 64 A — abus de droit), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : PS 18,6 % sur les dividendes) et à la jurisprudence du Conseil d'État (CE 30 septembre 2019, n° 419855, Luccotel ; CE 24 avril 2019, n° 419912). Données de marché : ASPIM, bilan 2025. Aucune SCPI ni société de gestion nommée.

§ 1CADRAGE·2 MIN

Démembrement de SCPI en société : de quoi parle-t-on ?

Votre société — holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS — a accumulé une trésorerie qui dort sur un compte courant, ou vous cherchez à amorcer la transmission de votre patrimoine à vos enfants. Un confrère, un banquier ou un article vous a parlé d'acheter, via votre structure, l'usufruit temporaire de parts de SCPI : encaisser des revenus décotés, les amortir et « ne quasiment pas payer d'impôt » pendant dix ans. Et votre vraie question est double : qu'est-ce que ça rapporte, et qu'est-ce que ça coûte ? Cette page traite la partie qu'on oublie souvent de vous exposer — le montage lui-même : qui détient quoi, par quelle voie entrer, comment sécuriser l'opération face à l'abus de droit, et comment en sortir sans mauvaise surprise.

Réponse express : le démembrement de SCPI en société en 30 secondes

Un démembrement de SCPI en personne morale consiste à faire acquérir par une société — le plus souvent soumise à l'IS — l'usufruit temporaire de parts de SCPI (droit aux seuls revenus pendant 5 à 20 ans, dans la limite de 30 ans imposée aux personnes morales par l'article 619 du Code civil), pendant qu'un autre acteur — le dirigeant, ses enfants ou une autre société — en détient la nue-propriété. La société usufruitière capte des revenus décotés, amortit son usufruit et les soumet à l'IS : d'où l'impression de « ne pas payer d'impôt » en phase de capitalisation. Mais c'est un report, pas une exonération : à l'extinction l'usufruit disparaît sans contrepartie, sortir la trésorerie vers une personne physique coûte 31,4 % (PFU), et le montage n'est solide que s'il repose sur une substance économique réelle (abus de droit, art. L. 64 / L. 64 A du LPF). Réservé aux volumes et horizons suffisants, et jamais sans étude personnalisée.

Trois briques, donc, mais c'est leur agencement qui fait le montage — ou le défait. Une part de SCPI est un placement collectif immobilier de long terme, illiquide, dont on perçoit des revenus. Le démembrement temporaire scinde cette part en usufruit (droit aux revenus pendant une durée fixe) et nue-propriété (droit de récupérer la pleine propriété à l'extinction, sans revenu entre-temps). La personne morale, enfin, est le plus souvent une société à l'IS que l'on positionne comme usufruitière — car c'est à l'IS que le montage prend tout son intérêt. Le reste de cette page ne réexplique pas ces briques : il les articule.

Son seul objet est l'ingénierie du montage : la répartition des droits, la voie d'entrée et la sécurisation face à l'abus de droit. Si vous découvrez le produit lui-même, commencez par le guide complet des SCPI.

L'usufruit d'une personne morale est plafonné à 30 ans

C'est une contrainte à connaître dès le départ : l'article 619 du Code civil limite à 30 ans l'usufruit consenti à une personne morale. C'est une borne d'ordre public — on ne peut pas y déroger par convention. En pratique, on retient des durées plus courtes (souvent 5, 10, 15 ou 20 ans), calées sur l'horizon patrimonial et la logique d'amortissement. Le choix de la durée est structurant : il commande la clé de décote et la charge d'amortissement annuelle. Nous y consacrons une fiche dédiée : choisir la durée de l'usufruit de SCPI.

Ce que cette page n'aborde qu'en surface

Quatre sujets voisins sont seulement effleurés ici puis renvoyés : la mécanique du démembrement, le calcul de la décote (méthode DCF), la fiscalité détaillée de l'usufruit en société et l'amortissement comptable de l'usufruit. Ici, on reste sur les schémas, les étapes, la sécurisation et la sortie.

Rappel produit : le montage ne change rien au risque

Une SCPI reste un placement de long terme (8 à 10 ans minimum), non garanti, illiquide, avec un risque de perte en capital. Le contexte 2023-2025 l'a rappelé : baisse du prix de part trois années de suite sur une partie du marché, files d'attente au retrait. Un démembrement optimise (parfois) la fiscalité, mais ne supprime ni la baisse des valorisations, ni le risque locatif, ni l'illiquidité — qu'il peut même renforcer sur le marché secondaire démembré. Un avantage fiscal ne transforme jamais un placement risqué en placement garanti.

§ 2LES SCHÉMAS TYPES·4 MIN

Les schémas types : qui détient l'usufruit, qui détient la nue-propriété

Tout démembrement impliquant une société se ramène à une question de base : qui met l'argent, qui perçoit les revenus, qui récupère la pleine propriété — et pourquoi ? Deux schémas dominent, plus une variante à manier avec précaution. Aucun n'est une recommandation : le bon schéma dépend de votre objectif et se tranche après étude.

Schéma A — société usufruitière + dirigeant ou enfants nu-propriétaires

C'est le montage le plus fréquent, à visée de rendement et de transmission. La société à l'IS (holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS) acquiert l'usufruit temporaire : elle capte 100 % des dividendes sur la valeur en pleine propriété, pour un prix décoté, et amortit son usufruit. Le dirigeant ou ses enfants acquièrent la nue-propriété, pour un prix lui aussi décoté. À l'extinction, la pleine propriété se reconstitue dans le patrimoine des nu-propriétaires sans droit de mutation (article 1133 du CGI). Point de vigilance majeur : la source des fonds des enfants et la valorisation de la nue-propriété doivent être cohérentes, sous peine de requalification en donation déguisée. Le rôle du nu-propriétaire est détaillé dans notre fiche nue-propriété de SCPI.

Schéma B — société nu-propriétaire + tiers usufruitier

Le schéma « inversé », à visée de capitalisation. La société acquiert la nue-propriété décotée, non productive de revenu : pendant toute la durée, elle ne perçoit aucun flux et ne supporte donc aucun impôt sur cette ligne, tout en logeant à son actif un droit destiné à se revaloriser jusqu'à la pleine propriété. L'usufruit est pris par un tiers — souvent une personne physique en phase de besoin de revenu. La logique n'est plus le rendement immédiat mais la constitution d'un actif décoté côté société.

Variante — démembrement croisé entre entités d'un même groupe

On rencontre parfois des montages où l'usufruit et la nue-propriété sont répartis entre plusieurs entités liées. Ces schémas doivent être décrits avec la plus grande prudence : plus les parties sont proches, plus l'administration scrutera la substance économique et le but réel de l'opération (voir la section 5). Ce n'est pas un mode d'emploi : c'est un terrain où l'abus de droit guette, à ne pas emprunter sans avocat fiscaliste.

Répartition des rôles selon le schéma. Le bon choix dépend de votre objectif : chaque configuration suppose une étude personnalisée.
SchémaUsufruitier (qui / ce qu'il capte)Nu-propriétaire (qui / ce qu'il récupère)Objectif dominant
A — le plus fréquentSociété IS : revenus décotés + amortissementDirigeant ou enfants : pleine propriété à termeRendement + transmission
B — inverséTiers (souvent personne physique)Société IS : valeur décotée qui se revaloriseCapitalisation décotée
Variante croiséeEntité du groupeAutre entité du groupeSubstance à démontrer (abus de droit)

Le choix de la structure porteuse (effleuré)

Une constante impérative : l'usufruitier doit être une personne morale à l'IS, faute de quoi ni la translucidité IS ni l'amortissement ne jouent (section 3). Le choix entre structures dépend ensuite de paramètres périphériques : un gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié (les dividendes au-delà de 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associé peuvent supporter des cotisations sociales) ; un président de SAS est assimilé salarié ; une holding ne remplit pas toujours la condition de détention à 75 % par des personnes physiques ouvrant le taux réduit d'IS. Nous traitons chaque structure séparément : l'usufruit en holding, en SCI à l'IS, en SAS, en SARL, et le cas générique de la société usufruitière.

Le principe directeur

Usufruitier = société IS ; nu-propriétaire = celui qui doit détenir à terme

  • L'usufruitier est la société à l'IS : elle capte les revenus décotés, les amortit, les impose à taux réduit.
  • Le nu-propriétaire est celui qu'on veut voir détenir la pleine propriété à terme : le dirigeant, les enfants (transmission) ou une société (capitalisation).
  • Le reste du montage découle de ce couple : voie d'entrée, durée, valorisation, sortie.
§ 3LE DOUBLE LEVIER·2 MIN

Pourquoi loger l'usufruit dans une société à l'IS

Pourquoi tant d'insistance sur l'IS ? Parce que le montage repose sur un double levier que seule une société à l'IS active. On le pose ici en deux mots, avant de renvoyer aux fiches qui le creusent.

Levier 1 — la translucidité IS

Une SCPI est translucide (article 8 du CGI). Quand l'usufruit de ses parts est à l'actif d'une société soumise à l'IS, l'article 238 bis K, I impose de déterminer la quote-part selon les règles de l'IS : plus de revenus fonciers ni de 17,2 % de prélèvements sociaux, mais un résultat imposé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions, 25 % au-delà), diminué des charges. C'est ce qui donne l'impression d'une SCPI « qui ne paie pas d'impôt » à l'IS — mécanisme expliqué dans notre fiche pourquoi une SCPI à l'IS semble ne pas payer d'impôt.

Levier 2 — l'usufruit temporaire est amortissable

Contrairement aux parts en pleine propriété (immobilisations financières non amortissables), l'usufruit à durée fixe est un droit limité dans le temps : il s'amortit linéairement sur sa durée (prix ÷ durée). Le fondement tient à l'article 39 du CGI et à la jurisprudence du Conseil d'État (CE 24 avril 2019, n° 419912, pour un droit dont les effets prennent fin à une date déterminée). Nuance importante : cet amortissement porte sur l'usufruit, pas sur les immeubles sous-jacents ; son classement et son plan relèvent de l'expert-comptable [À VÉRIFIER portée doctrinale]. Le détail est dans notre fiche l'amortissement comptable de l'usufruit.

Report, pas exonération

L'amortissement additionné au taux réduit peut neutraliser tout ou partie de l'IS pendant la période. Mais ce n'est pas une exonération : (a) en cas de cession avant terme, les amortissements sont réintégrés et gonflent la plus-value professionnelle ; (b) à l'extinction, l'usufruit est totalement amorti (valeur nette comptable nulle) et disparaît sans contrepartie — le capital de l'usufruitier est « consommé ». L'arbitrage entre usufruit et pleine propriété en société est détaillé dans usufruit ou pleine propriété en société, et le cas générique dans l'usufruit de SCPI en société.

§ 4LES ÉTAPES·4 MIN

Mettre en place le montage : souscription d'origine ou gré à gré

C'est le contenu que la plupart des argumentaires oublient — et le premier point technique de la structuration. Il existe deux voies d'entrée, aux conséquences fiscales très différentes. La première est presque toujours préférable.

Voie 1 — la souscription démembrée d'origine (la plus sûre)

On souscrit d'emblée des parts neuves en usufruit / nue-propriété auprès de la société de gestion, la répartition du prix étant fixée à la souscription. Double avantage : il n'y a pas de cédant d'un usufruit préexistant, donc on reste hors du champ de l'article 13, 5° du CGI ; et il n'y a pas de mutation de droits sociaux, donc pas de droit d'enregistrement de l'article 726. C'est la voie de référence d'un montage propre.

Voie 2 — l'acquisition de gré à gré ou sur le marché secondaire démembré

On rachète l'usufruit (ou la nue-propriété) de parts existantes. Deux frottements apparaissent : la cession de droits sociaux peut relever du droit d'enregistrement de l'article 726 (sociétés à prépondérance immobilière ; taux exact [À VÉRIFIER]) ; et le marché secondaire démembré est très étroit, donc l'illiquidité est renforcée — particulièrement dans le contexte 2023-2025. La valorisation se cadre via notre fiche comment se calcule la clé de décote (méthode DCF).

⚠️ Le piège de l'apport d'un usufruit déjà détenu (art. 13, 5°)

Si un dirigeant vend ou apporte à sa propre société l'usufruit de parts qu'il détient déjà, l'article 13, 5° du CGI (cessions depuis le 14 novembre 2012) impose le produit comme un REVENU — dans la catégorie des revenus fonciers pour de l'immobilier — et non comme une plus-value. L'imposition côté cédant peut être lourde. La souscription d'origine évite ce piège, puisqu'il n'y a pas d'usufruit préexistant. À ne pas sur-généraliser : le détail figure dans la fiscalité de l'usufruit de SCPI en société.

Les formalités, dans l'ordre

Le déroulé type : définir l'objectif patrimonial → choisir la structure à l'IS → choisir la voie d'entrée → évaluer par actualisation des flux (DCF), jamais par le barème 669 II → documenter la convention / répartition → inscrire l'usufruit à l'actif → établir le plan d'amortissement. Chaque étape engage juridiquement et comptablement : elle se valide avec un professionnel.

Barème fiscal ≠ prix payé

Le barème de l'article 669 II du CGI (23 % de la pleine propriété par période de dix ans : 23 %, 46 %, puis 69 % au maximum sur 30 ans) ne vaut que pour les droits d'enregistrement, les mutations à titre gratuit et l'IFI. Le prix réellement payé suit la valeur vénale, déterminée par actualisation des flux (CE 30 septembre 2019, n° 419855, Luccotel), propre à chaque SCPI et à chaque durée. Ne prenez jamais une clé chiffrée comme une norme de marché. Survaloriser l'usufruit exposerait à un acte anormal de gestion.

Deux voies d'entrée. Le taux de l'article 726 est à vérifier au moment de l'opération. La souscription d'origine est, dans la plupart des cas, la voie la plus sûre.
CritèreSouscription d'origineGré à gré / secondaire
Art. 13, 5° (usufruit préexistant)Hors champÀ surveiller si apport/cession
Art. 726 (mutation de droits sociaux)Hors champS'applique [À VÉRIFIER taux]
LiquiditéMarché primaireMarché secondaire démembré très étroit
Sécurité du montageÉlevéeÀ documenter
§ 5SÉCURISER·3 MIN

Sécuriser le montage : substance économique et abus de droit

Un démembrement de SCPI en société dont le seul moteur serait l'économie d'impôt est un montage fragile. Tout tient à un mot que l'administration connaît par cœur : la substance économique. C'est là que se joue la sécurité — ou la requalification — de tout le montage.

Une substance économique réelle

Le montage doit reposer sur des faits : une trésorerie réellement disponible et placée, une durée cohérente avec l'horizon d'un placement SCPI, un rendement attendu documenté, un objectif patrimonial identifiable (revenu, transmission, organisation du groupe). Le levier fiscal ne peut pas être l'unique justification de l'opération.

La cohérence avec l'objet social

L'objet social de la société porteuse doit permettre l'acquisition et la détention de droits démembrés sur des parts de SCPI. Une holding animatrice, une SCI et une SAS n'ont pas le même objet : il faut souvent l'adapter en amont. La cohérence entre l'objet social et l'opération est un élément d'anti-requalification.

Le test simple pour pré-diagnostiquer la substance économique

Avant même de consulter, posez-vous une question : « ferais-je cette opération si l'avantage fiscal n'existait pas ? » Si la réponse est non — si seuls l'amortissement de l'usufruit et la décote justifient le projet —, la substance économique est fragile et le risque de requalification au titre du but principalement fiscal (article L. 64 A du LPF) devient réel. Un montage robuste répond à un besoin patrimonial qui existerait de toute façon : faire travailler une trésorerie durablement excédentaire, organiser une transmission aux enfants, structurer un groupe. Le levier fiscal est alors un accélérateur, jamais le moteur unique. Ce test ne remplace pas l'analyse d'un avocat fiscaliste, mais il évite d'engager des frais d'actes sur un projet condamné d'avance.

⚠️ Abus de droit : la ligne rouge (art. L. 64 / L. 64 A LPF)

Un montage sans substance, motivé par un but exclusivement (L. 64) ou principalement (L. 64 A) fiscal, est requalifiable : rappel d'impôt et pénalités pouvant atteindre 80 %. Dans un contexte où l'avantage fiscal (amortissement + décote) est le bénéfice affiché, l'exigence de substance est renforcée. Checklist de sécurisation :

  • Trésorerie réellement disponible et effectivement placée.
  • Durée cohérente avec l'horizon SCPI (8 à 10 ans minimum).
  • Valorisation par actualisation des flux indépendante et tracée.
  • Rôle réel et identifiable de chaque partie.
  • Objet social cohérent avec l'opération.
  • Documentation contemporaine de l'opération (pas reconstituée après coup).

La procédure d'abus de droit et la fiscalité associée sont détaillées dans la fiscalité de l'usufruit de SCPI en société.

Les bornes d'ordre public

Deux règles ne se négocient pas : l'usufruit d'une personne morale ne peut excéder 30 ans (article 619 du Code civil), et la réunion de l'usufruit et de la nue-propriété à l'extinction s'opère sans droit de mutation (article 1133 du CGI). Elles cadrent la durée et la sortie du montage. Pour une vue plus large de la notion, voyez le démembrement de propriété.

§ 6GÉRER & SORTIR·3 MIN

Gérer le montage dans la durée, puis sortir

Signer les actes ne clôt pas le dossier : un usufruit se vit sur 10 ou 15 ans avant de s'éteindre. Trois étapes réservent des surprises — la vie courante du montage, le terme, et le jour où le dirigeant veut récupérer son argent.

Pendant la durée — quand le rendement ne suit pas

L'usufruitier encaisse les dividendes et amortit ; la nue-propriété capitalise. Mais le prix payé pour l'usufruit repose sur un rendement anticipé (via le DCF). Si le taux de distribution baisse pendant la période, l'usufruitier encaisse moins que prévu et peut ne pas rentabiliser sa décote ; le prix de part peut aussi reculer. À titre de repère agrégé (ASPIM, bilan 2025, aucune SCPI nommée) : taux de distribution moyen de l'ordre de 4,91 % en 2025, prix de part moyen en baisse trois années consécutives (de l'ordre de −4 à −5 % par an en 2023 et 2024 [À VÉRIFIER millésimes], puis −3,45 % en 2025), et environ 2,8 Md€ de parts en attente de retrait. La mécanique de fond est traitée dans le démembrement temporaire de SCPI.

L'extinction au terme

Au terme, l'usufruit est totalement amorti (valeur nette comptable nulle) : il disparaît sans contrepartie. Le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété sans droit de mutation (article 1133 du CGI) — sous réserve de l'évolution du prix de part : la pleine propriété récupérée peut valoir moins qu'au départ.

La cession anticipée de l'usufruit

Sortir avant le terme est lourd : côté cédant, le piège de l'article 13, 5° impose le produit comme un revenu ; côté société, les amortissements sont réintégrés et majorent la plus-value professionnelle. À cadrer via la fiscalité de l'usufruit de SCPI en société.

Sortir la trésorerie vers les associés personnes physiques

Faire remonter l'argent vers une personne physique passe par une distribution de dividendes (revenus de capitaux mobiliers) : PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), ou barème après abattement de 40 %. C'est la double couche économique : l'IS et l'usufruit procurent un report et une capacité de réinvestissement brut, pas une exonération.

Trois issues, trois traitements. Le report d'imposition n'est jamais une exonération : la sortie a un coût.
Issue du montageTraitementPoint de vigilance
Extinction au termeVNC nulle, PP reconstituée sans mutation (art. 1133)Le prix de part peut avoir baissé
Cession anticipée de l'usufruitArt. 13, 5° côté cédant + réintégration des amortissementsImposition lourde
Sortie de trésorerie vers PPDividende : PFU 31,4 % (12,8 IR + 18,6 PS)Double imposition économique
Hagnéré Patrimoine

Faire simuler votre montage avant de signer

Schéma de détention, voie d'entrée, durée, valorisation par actualisation des flux et scénario de sortie : un audit CGP analyse l'ensemble et ses contreparties avant l'irréversible — un usufruit se consent pour 10 ou 15 ans fermes, et le revendre en cours de route rouvre le piège de l'article 13, 5°.

Bilan offertArchitecture ouverteAvec votre avocat
§ 7CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : une holding usufruitière + les enfants nu-propriétaires

Un exemple pour poser les mécanismes — avec des hypothèses explicites et des chiffres fictifs. Ce n'est pas une projection : le rendement, le prix de part et la clé de décote réelle varient et ne sont pas garantis.

Cas pratique — hypothèses fictives, à seule fin d'illustration

Julien, 54 ans, dirigeant de PME en Savoie · holding à l'IS · 300 000 € de trésorerie · 2 enfants majeurs

Objectif de Julien : faire travailler la trésorerie et amorcer une transmission. Sa holding à l'IS acquiert l'usufruit temporaire de parts de SCPI ; ses deux enfants acquièrent la nue-propriété. Chiffres fictifs, aucune SCPI nommée.

Note de méthode — les hypothèses du cas

  • Valeur en pleine propriété des parts visées : 400 000 € (montant d'illustration).
  • Durée du démembrement : 10 ans. Voie d'entrée : souscription démembrée d'origine (hors art. 13, 5° et hors art. 726).
  • Clé de répartition retenue à titre de pure hypothèse pédagogique (PAS une norme : la vraie clé résulte d'un DCF propre à chaque SCPI et durée) : usufruit ≈ 30 % → 120 000 € ; nue-propriété ≈ 70 % → 280 000 €. Voir le calcul de la décote.
  • Taux de distribution supposé : 5 % brut/an (hypothèse d'illustration, dans l'ordre de grandeur des taux de distribution moyens récemment constatés par l'ASPIM, sans SCPI nommée) → 20 000 €/an encaissés par l'usufruitière sur la valeur en pleine propriété.
  • Amortissement de l'usufruit : linéaire, 120 000 € ÷ 10 = 12 000 €/an.

Une année type (ordre de grandeur, chiffres fictifs)

Revenus encaisses par la holding usufruitiere ....... 20 000 EUR
- Amortissement de l'usufruit (120 000 / 10) ........ 12 000 EUR
- Charges de structure (compta, gestion - fictif) ...  1 500 EUR
= Resultat imposable a l'IS ......................... env. 6 500 EUR
IS a 15 pourcent (si conditions PME remplies) ....... env.   975 EUR
IS a 25 pourcent (holding hors condition 75 pourcent) env. 1 625 EUR

Simplification prudente : la base imposable réelle n'est pas la distribution brute encaissée mais la quote-part de resultat déterminée selon les regles de l'IS (art. 238 bis K, I), déjà nette de l'amortissement des immeubles pratique au niveau de la SCPI ; l'IS réel serait donc plutôt plus faible. Et une holding ne remplit pas toujours la condition de détention a 75 pourcent par des personnes physiques ouvrant le taux réduit : le taux applicable peut donc être 25 pourcent.

Mise en perspective — report ≠ exonération

Les mêmes 20 000 € perçus en direct par Julien (TMI 41 %) seraient des revenus fonciers : 41 % + 17,2 % = 58,2 %, soit ≈ 11 640 € d'imposition, contre ≈ 975 € (ou 1 625 €) à l'IS. Sur le papier, Julien divise son impôt par dix. Sauf que ces 975 € ne sont qu'un bout de l'histoire :

  • À l'extinction (10 ans), l'usufruit est amorti à zéro et disparaît sans contrepartie : la holding a « consommé » ses 120 000 € (récupérés via les revenus nets d'IS). Les enfants récupèrent la pleine propriété (400 000 €) sans droit de mutation (art. 1133), sous réserve du prix de part.
  • Pour que Julien touche cette trésorerie en personne physique, la holding devra distribuer un dividende → PFU 31,4 %.
  • Risque de marché : si le taux de distribution tombe à 3,5 % (baisses observées 2023-2025), l'usufruitière n'encaisse plus que 14 000 €/an, soit 140 000 € bruts sur 10 ans pour 120 000 € payés : la marge fond, et l'usufruit peut ne pas être rentabilisé.

⚠️ Ce que ce cas n'est pas

Chiffres fictifs, hypothèses explicites, à seule fin d'illustrer les mécanismes. Ce n'est pas une projection : le rendement, le prix de part et la clé de décote réelle varient et ne sont pas garantis. Toute opération suppose une étude personnalisée et la validation d'un avocat fiscaliste et d'un expert-comptable. Le cas générique de la société usufruitière est traité dans l'usufruit de SCPI en société.

§ 8CHECKLIST & DÉONTO·2 MIN

Checklist de structuration, professionnels à mobiliser et cas où ce n'est pas adapté

Reste le plus utile pour Julien : une liste à cocher, les professionnels à réunir, et le moment où mieux vaut refermer le dossier.

Checklist de structuration

  • Objectif patrimonial défini (revenu, transmission, organisation du groupe).
  • Montant et horizon suffisants pour absorber le coût de structure.
  • Structure à l'IS choisie (holding, SAS, SARL ou SCI à l'IS).
  • Voie d'entrée arrêtée (souscription d'origine privilégiée).
  • Valorisation par actualisation des flux documentée et tracée.
  • Convention de démembrement rédigée ; objet social cohérent.
  • Plan d'amortissement établi ; inscription à l'actif.
  • Scénario de sortie anticipé ; substance économique tracée.

Les professionnels à mobiliser

Ce montage est pluridisciplinaire : un avocat fiscaliste (structuration et abus de droit), un expert-comptable (amortissement, classement, écritures), un notaire (démembrement et transmission) et un CGP en architecture ouverte (sélection générique de SCPI, coordination). Le cabinet est CIF · COA · COBSP, ORIAS 23002291.

Quand ce montage n'est PAS adapté

Disons-le sans détour : ce montage n'est pas fait pour tout le monde. En dessous d'un certain volume, ou si vous pouvez avoir besoin des fonds avant l'échéance, il coûtera plus en actes et en honoraires qu'il ne rapportera. Il est aussi à écarter en cas d'horizon court, d'absence de substance ou d'objectif patrimonial réel, ou d'aversion à la baisse du prix de part et du rendement. Pour de petits montants ou un horizon court, une SCPI en direct ou en assurance-vie est souvent plus simple. Dans ces cas, notre réponse en rendez-vous est franche : mieux vaut s'abstenir — ce montage n'est pas adapté à votre situation.

Le démembrement en société peut convenir si…

Points forts

  • Société à l'IS avec trésorerie à faire travailler
  • Horizon long, aligné sur la durée de l'usufruit
  • Objectif de rendement décoté et/ou de transmission
  • Substance économique réelle et documentable

À écarter (préférer plus simple) si…

Points de vigilance

  • Petit montant : coût de structure disproportionné
  • Besoin de liquidité ou horizon court
  • Pas d'objectif patrimonial autre que fiscal
  • SCPI en direct ou en assurance-vie plus adaptée

Enfin, ne confondez pas les montages voisins : la détention en pleine propriété via une SCPI en SCI à l'IS ou une holding patrimoniale ; la SCI à l'IR avec démembrement (à ne pas confondre avec l'IS) ; et l'usufruit de SCPI côté investisseur particulier. Pour la trésorerie d'entreprise, voyez aussi placer 1 M€ de trésorerie de holding et 2 M€.

Mémo express

L'essentiel du montage

  • L'usufruitier est une société à l'IS : revenus décotés + amortissement + taux réduit — un report, pas une exonération.
  • Privilégier la souscription d'origine pour rester hors des articles 13, 5° et 726.
  • Avant de signer, un test simple : le feriez-vous sans l'avantage fiscal ? Si non, l'abus de droit (L. 64 A) n'est pas loin.
  • L'usufruit d'une PM est plafonné à 30 ans (art. 619) et disparaît sans contrepartie à terme.
  • Sortir la trésorerie coûte 31,4 % (PFU) : l'équation se juge sur la durée entière.
Méthode documentée

Préparer votre démembrement de SCPI avec un cabinet multi-partenaires

Analyse du schéma, comparaison des voies d'entrée hors 13,5° et 726 et examen de la substance économique, la structure juridique étant choisie avec votre avocat fiscaliste ou votre expert-comptable : ce travail se fait dans le cadre d'une lettre de mission, pour décider en connaissance de cause — y compris décider de ne rien faire. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée.

Bilan gratuitSans engagementArchitecture ouverte
ACCOMPAGNEMENT

Analyser un démembrement de SCPI en société avec un CGP multi-partenaires

Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : analyse patrimoniale et fiscale du schéma de détention, comparaison des voies d'entrée et examen de la substance économique, la structure juridique étant choisie avec votre avocat fiscaliste ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Analyse de la substance, avec votre avocat
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Analyser votre démembrement de SCPI avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison : cabinet non détenu par une banque ni par un assureur. Analyse du schéma (usufruitier / nu-propriétaire), comparaison des voies d'entrée hors 13,5° et 726, examen de la substance économique et valorisation par actualisation des flux ; la structure juridique est choisie avec votre avocat fiscaliste ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Code général des impôts

    Art. 8 (translucidité des sociétés de personnes), 238 bis K (la quote-part de résultat est déterminée selon les règles applicables à l'associé — règles de l'IS pour une société soumise à l'IS), 219 (taux d'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà), 39 (déductibilité des amortissements), 13-5° (cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire imposée comme un revenu), 669 II (barème d'évaluation de l'usufruit à durée fixe, 23 % par période de dix ans — enregistrement, donations et IFI uniquement), 726 (droit d'enregistrement des cessions de droits sociaux), 1133 (reconstitution de la pleine propriété sans droit de mutation à l'extinction de l'usufruit), 968 (IFI), 150 UB (plus-values de cession de parts de sociétés à prépondérance immobilière), 200 A (prélèvement forfaitaire unique).

  • Code civil

    Art. 619 : l'usufruit qui n'est pas accordé à des particuliers ne dure que trente ans. L'usufruit consenti à une personne morale est donc plafonné à 30 ans — borne d'ordre public à laquelle un montage ne peut pas déroger.

  • Livre des procédures fiscales

    Art. L. 64 (abus de droit : actes fictifs ou à but exclusivement fiscal) et L. 64 A (mini-abus de droit : montage à but principalement fiscal). Un démembrement sans substance économique réelle, motivé par la seule optimisation fiscale, est requalifiable, avec rappel d'impôt et pénalités pouvant atteindre 80 %.

  • Jurisprudence, doctrine & marché

    Conseil d'État, 30 septembre 2019, n° 419855 (Luccotel) : la valeur de l'usufruit onéreux se détermine par actualisation des flux futurs, pas par le barème fiscal. CE, 24 avril 2019, n° 419912 : un droit dont les effets prennent fin à une date déterminée est amortissable. BOI-BIC-AMT-10-20, BOI-IS-LIQ-20-20, BOI-CF-IOR-30-20. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : prélèvements sociaux portés à 18,6 % sur les revenus de capitaux mobiliers, soit un PFU de 31,4 % à la sortie. ASPIM — données agrégées 2025, aucune SCPI nommée. Un avantage fiscal ne transforme pas un placement risqué en placement garanti.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation fiscale ou juridique. Les chiffres présentés sont des ordres de grandeur destinés à illustrer les mécanismes ; aucune clé de démembrement n'est présentée comme une norme de marché. Un démembrement de parts de SCPI en personne morale est une opération complexe et quasi irréversible : l'usufruit est consenti pour une durée fixe et disparaît sans contrepartie à son terme. Elle doit être validée avec un avocat fiscaliste, un expert-comptable et un notaire. La substance économique conditionne la sécurité du montage face à l'abus de droit (art. L. 64 et L. 64 A du LPF). Une SCPI est un placement de long terme (8 à 10 ans minimum), non garanti, illiquide, comportant un risque de perte en capital, de baisse du prix de la part et du taux de distribution ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hagnéré Patrimoine — cabinet immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine), établi à Bassens (73000). Aucune SCPI ni société de gestion n'est nommée.

Foire aux questions

Tout sur le montage d'un démembrement de SCPI en société et sa sécurisation.

Qui détient l'usufruit et qui la nue-propriété, la voie d'entrée à privilégier, la sécurisation face à l'abus de droit, l'articulation avec la transmission et la question de la pertinence. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Prendre rendez-vous
  • Ça se décide à l'envers, en partant de l'objectif. Si le but est de transmettre, l'usufruit temporaire va à une société à l'IS (elle capte 100 % des dividendes décotés, les diminue de l'amortissement de l'usufruit et d'un IS à taux réduit) et la nue-propriété au dirigeant ou aux enfants (ils récupéreront la pleine propriété à l'extinction). Si le but est de capitaliser sur une valeur décotée, c'est l'inverse : la société prend la nue-propriété, non productive de revenu, pendant qu'un tiers détient l'usufruit. Le même montage change de camp selon ce que vous cherchez : chaque configuration a ses contreparties et suppose une étude personnalisée.