L’essentiel en 90 secondes : les sept décisions qui changent tout
Pour un Français, partir vivre en Allemagne paraît simple : pas de visa, une monnaie commune et quelques heures de train entre les grandes villes.
L’Allemagne peut imposer vos revenus mondiaux dès qu’un logement y reste durablement disponible ou que votre séjour devient habituel. Elle ne reprend pas automatiquement les exonérations attachées au PEA, au PER, au Livret A ou à l’assurance-vie. La France conserve parallèlement des droits sur l’immobilier français, certaines distributions, l’IFI, une éventuelle exit tax et, selon la famille, une future transmission.
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Les sept décisions à prendre avant de déplacer les cartons
- fixer la date fiscale réelle du départ, sans la réduire au 183e jour ;
- photographier le patrimoine à l’arrivée : prix de revient, valeurs, contrats, pourcentages de sociétés et historique des lots ;
- distinguer chaque jour de travail en France, en Allemagne et à domicile ;
- faire qualifier les enveloppes françaises par un Steuerberater (conseiller fiscal allemand) avant un rachat, un retrait ou un arbitrage important ;
- analyser la direction effective d’une société française avant de la piloter depuis l’Allemagne ;
- coordonner droit civil, régime matrimonial et convention fiscale avant une donation ou un testament ;
- préparer le retour dès le départ, car l’Allemagne possède elle aussi une exit tax.
Le tableau de bord du résident français en Allemagne
| Question | Réponse courte | Action prudente |
|---|---|---|
| Puis-je travailler librement ? | Oui, sans visa ni permis de travail en tant que citoyen de l’UE. | Faire l’Anmeldung, l’affiliation santé et les inscriptions fiscales ou professionnelles. |
| Quand l’Allemagne m’impose-t-elle ? | Un logement disponible ou un séjour habituel peut suffire. | Documenter la chronologie des logements, de la famille et des jours de présence. |
| La convention supprime-t-elle toute double déclaration ? | Non. Elle répartit l’impôt et accorde une exemption ou un crédit. | Déclarer dans chaque pays lorsque le formulaire national l’exige. |
| Mon PEA reste-t-il exonéré ? | La France peut le maintenir ; l’Allemagne ne reconnaît pas automatiquement l’avantage. | Exporter l’historique avant le départ et qualifier chaque actif. |
| Puis-je garder une SAS française ? | Oui, mais la diriger depuis l’Allemagne peut créer une présence fiscale allemande. | Faire analyser direction effective, établissement stable, paie et TVA. |
| La succession est-elle couverte ? | Oui, par une convention distincte de 2006, en vigueur depuis 2009. | Séparer fiscalité, loi successorale et régime matrimonial. |
Ce guide n’est pas une promesse d’économie
Il cartographie les règles et les questions à poser. Une résidence double, une assurance-vie étrangère, un plan de stock-options, une société dirigée à distance ou une transmission franco-allemande exigent une analyse personnalisée. Hagnéré Patrimoine peut coordonner la stratégie et vous mettre en relation avec les avocats, notaires, Steuerberater et spécialistes sociaux nécessaires.
Ce que l’Allemagne ne fait pas
L’Allemagne ne prélève actuellement aucun impôt général annuel sur la fortune des personnes physiques. La Vermögensteuer (impôt sur la fortune) n’a toutefois pas été « abolie » : sa perception est suspendue depuis 1997. Restent la Grundsteuer sur l’immobilier allemand, l’IFI français sur l’immobilier français et les droits allemands de succession et de donation.
Il n’existe pas non plus de déclaration annuelle générale identique au formulaire français 3916 pour chaque compte étranger ordinaire. Mais les revenus étrangers imposables restent déclarables, et certaines participations, structures ou opérations transfrontalières imposent des formalités spécifiques. L’échange automatique d’informations ne remplace jamais la déclaration.
Le vocabulaire et l’arbre de décision franco-allemand
« Résident », « frontalier », « freelance », « assurance-vie » ou « retraite » ne désignent pas toujours le même objet des deux côtés du Rhin. La qualification de la situation vient avant le calcul.
Les termes que vous rencontrerez vraiment
| Terme | Traduction utile | Ce qu’il commande |
|---|---|---|
| Wohnsitz | Domicile fiscal interne | Un logement conservé dans des conditions montrant qu’il restera disponible. |
| Gewöhnlicher Aufenthalt | Séjour habituel | En principe un séjour continu de plus de six mois, avec nuances. |
| Anmeldung | Déclaration de domicile | Formalité municipale, distincte de la résidence conventionnelle. |
| Steuer-ID | Identifiant fiscal personnel | Numéro de onze chiffres, normalement attribué après l’Anmeldung. |
| Abgeltungsteuer | Imposition forfaitaire du capital | 25 % plus Soli et, le cas échéant, Kirchensteuer. |
| Freiberufler | Profession libérale qualifiée | Pas un synonyme automatique de freelance ; Gewerbesteuer en principe absente. |
| Gewerbe | Activité commerciale ou artisanale | Inscription communale et Gewerbesteuer possible. |
| Betriebsstätte | Établissement stable | Peut transférer une part du bénéfice et des obligations à l’Allemagne. |
| GKV / PKV | Assurance maladie légale / privée | Choix de long terme, pas simple comparaison de prime. |
| Vorabpauschale | Revenu forfaitaire de fonds | Peut taxer un fonds même sans vente et avec peu de distribution. |
| Erbschaftsteuer | Droits de succession | Dépend aussi de la résidence du bénéficiaire. |
L’ordre d’analyse d’un revenu
Prenons un dividende versé par une société française sur un compte français à une personne installée à Munich. Ni la banque, ni la devise, ni le pays du compte ne donnent la réponse. Déroulez cinq questions :
- la personne est-elle résidente fiscale allemande au sens interne ?
- si la France la considère aussi résidente, quel pays l’emporte au sens de la convention ?
- quelle catégorie conventionnelle décrit le revenu : dividende, salaire, intérêt, plus-value, pension ou autre revenu ?
- quel État peut imposer et quel taux de retenue maximale peut être appliqué ?
- l’Allemagne accorde-t-elle un crédit, une exemption ou aucune correction parce que la retenue française était excessive ?
Dans cet exemple, l’Allemagne impose le dividende selon ses règles et la France peut conserver une retenue plafonnée conventionnellement à 15 % pour un particulier. L’Allemagne accorde un crédit dans ses limites. Si la France a trop prélevé, la différence peut devoir y être réclamée : le crédit allemand ne l’absorbe pas nécessairement.
Quatre tests qui ne doivent jamais être fusionnés
| Test | Question | Erreur typique |
|---|---|---|
| Droit de séjour | Ai-je le droit de vivre et travailler en Allemagne ? | Croire que l’absence de visa dispense de toute formalité. |
| Résidence fiscale | Quel pays me considère résident et lequel l’emporte par convention ? | Appliquer une règle automatique de 183 jours. |
| Imposition du revenu | Quel État taxe ce revenu précis ? | Décider selon le pays du compte bancaire. |
| Sécurité sociale | À quel régime unique suis-je affilié ? | Utiliser les seuils sociaux de télétravail pour répartir l’impôt. |
Mini-cas
Maya garde un studio à Lyon et loue un appartement à Hambourg
L’Anmeldung hambourgeoise ne clôt pas automatiquement la question française. L’examen porte encore sur la disponibilité réelle du studio lyonnais, le lieu de vie de la famille, le travail de Maya, ses intérêts économiques et ses séjours habituels. Si les deux droits internes concluent à la résidence, l’article 2 de la convention départage. Un dossier solide repose ici sur les baux, factures, calendriers, contrats et habitudes de vie, bien davantage que sur une déclaration d’intention.
S’installer : liberté de circulation, Anmeldung et calendrier des trente premiers jours
Un Français n’a besoin ni de visa ni de permis de travail pour être salarié ou indépendant en Allemagne. Le § 2 du Freizügigkeitsgesetz/EU organise cette liberté. Une personne économiquement inactive restant plus de trois mois doit notamment disposer de ressources suffisantes et d’une couverture maladie complète.
Après cinq années de séjour légal continu, un citoyen européen acquiert normalement un droit de séjour permanent. Cela ne tranche pas la fiscalité : on peut séjourner légalement avant d’être résident conventionnel, ou être imposable sur un revenu allemand sans y avoir son centre de vie.
L’Anmeldung dans les deux semaines
L’Anmeldung est la déclaration de domicile auprès de laMeldebehörde, le service municipal compétent. Elle doit normalement être faite dans les deux semaines suivant l’emménagement effectif, et non la signature du bail.
Le document souvent bloquant est laWohnungsgeberbestätigung, confirmation du logement fournie par le bailleur ou l’hébergeant. Le bail ne la remplace pas nécessairement. La règle figure aux § 17 et § 19 du Bundesmeldegesetz.
| Échéance | Démarche | Preuve à conserver |
|---|---|---|
| Avant l’arrivée | Obtenir contrat et Wohnungsgeberbestätigung ; choisir une couverture santé provisoire ou définitive. | Bail, attestation du bailleur, justificatif d’assurance. |
| J à J+14 | Effectuer l’Anmeldung auprès de la commune compétente. | Meldebescheinigung daté. |
| Après l’Anmeldung | Surveiller l’envoi automatique de la Steuer-ID. | Courrier du BZSt ; demande de réédition si nécessaire. |
| Premier mois d’activité | Finaliser paie, caisse maladie ou questionnaire fiscal via ELSTER. | Affiliation, accusés de réception et Steuernummer. |
| Avant le premier flux transfrontalier | Vérifier TVA, A1, S1, retenues et éventuel établissement stable. | Avis écrit du spécialiste et calendrier des jours. |
Trois identifiants, trois fonctions. Après la première Anmeldung, le Bundeszentralamt für Steuern attribue normalement une Identifikationsnummer de onze chiffres. Cette Steuer-ID personnelle reste valable à vie. Elle se distingue de la Steuernummer, attribuée par le Finanzamt à une activité ou un dossier, et de l’Umsatzsteuer-Identifikationsnummer utilisée pour certaines opérations de TVA intracommunautaires.
Le courrier de Steuer-ID n’arrive pas
Si aucune communication n’est reçue dans les trois mois, une nouvelle notification peut être demandée sur le portail officiel du BZSt. Évitez de transmettre cet identifiant par un canal non sécurisé : c’est un identifiant personnel durable.
Le dossier patrimonial d’arrivée
Avant la première déclaration allemande, photographiez chaque actif à une date précise : PEA et CTO, prix et dates d’acquisition, participations, cryptos par wallet, assurances-vie et primes, garanties décès, PER, SCI, SCPI, immobilier, dettes et donations antérieures.
Cette photographie est utile parce que l’Allemagne n’accorde pas nécessairement un nouveau prix de revient égal à la valeur d’arrivée. Une future exit tax allemande, une vente ou une succession exigera un historique documenté.
Cas pratique
Camille, 34 ans, rejoint un employeur berlinois
Camille demande la Wohnungsgeberbestätigung avant son premier rendez-vous, effectue l’Anmeldung dans les deux semaines, choisit sa caisse maladie et communique sa Steuer-ID à l’employeur. Avant de vendre un ETF détenu sur son PEA, elle exporte les lots et le prospectus du fonds.
Résidence fiscale : logement, foyer, intérêts vitaux et faux seuil des 183 jours
Le nombre de nuits ne tranche pas à lui seul. Le travail commence par déterminer quels critères internes sont remplis, puis quel pays la convention retient.
Le test allemand : Wohnsitz ou séjour habituel
Le § 8 AO retient un domicile lorsqu’un logement est conservé dans des circonstances montrant qu’il restera disponible. Il n’a pas besoin d’être occupé chaque jour. Le § 9 AO caractérise en principe le séjour habituel après plus de six mois continus, les interruptions brèves ne remettant pas nécessairement la période à zéro.
Dès que l’un des tests est rempli, le § 1 EStG prévoit en principe une imposition illimitée des revenus mondiaux. Une personne sans logement ni séjour habituel peut rester imposée de manière limitée sur les revenus allemands du § 49 EStG.
Le test français. La France examine notamment le foyer ou séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. L’article 4 B du CGI tient désormais explicitement compte de la qualification conventionnelle. Déclarer son départ ou s’inscrire au consulat ne suffit pas si famille, profession ou affaires restent principalement en France.
Le départage conventionnel, dans un ordre obligatoire
- Foyer permanent. Où la personne dispose-t-elle d’un logement réellement utilisable de façon durable ?
- Centre des intérêts vitaux. Où les liens personnels et économiques sont-ils les plus étroits ?
- Séjour habituel. Dans quel pays la vie quotidienne s’inscrit-elle le plus régulièrement ?
- Nationalité. Elle n’intervient que si les étapes précédentes ne tranchent pas.
- Accord amiable. Les administrations doivent résoudre le cas si aucune étape ne conclut.
Pourquoi le “183 jours” est dangereux
Les 183 jours de l’article 13 concernent une exception à l’imposition du salaire dans l’État où le travail est exercé. Ils ne constituent ni la définition du Wohnsitz, ni celle du foyer français, ni le premier critère de la convention. Une personne peut devenir résidente allemande avant, ou rester conventionnellement résidente française malgré un décompte isolé de jours.
Les preuves qui résistent à un contrôle
| Dimension | Documents utiles | Ce qu’ils ne prouvent pas seuls |
|---|---|---|
| Logement | Baux, actes, consommations, assurance habitation, remise des clés. | Un bail allemand ne prouve pas à lui seul le centre des intérêts vitaux. |
| Famille | École, garde, couverture santé, adresse du conjoint et des enfants. | Une adresse commune ne tranche pas une séparation professionnelle durable. |
| Travail | Contrat, agendas, badges, billets, feuilles de temps, clients. | Le siège statutaire de l’employeur ne remplace pas le lieu physique d’exercice. |
| Économie | Mandats sociaux, comptes, immeubles, sociétés, décisions de gestion. | Le montant d’un compte bancaire isolé ne définit pas toujours le centre économique. |
| Présence | Calendrier quotidien corroboré par des pièces. | Un tableur reconstruit après contrôle sans justificatifs est fragile. |
Cas de double résidence
Julien travaille à Francfort, sa famille reste à Paris pendant neuf mois
Julien loue un appartement disponible à Francfort : le test allemand peut être rempli. Le foyer familial parisien et ses liens personnels maintiennent aussi un critère français. La convention doit alors être appliquée dans l’ordre, en partant des deux logements puis du centre des intérêts vitaux. Le résultat ne se déduit ni de son contrat allemand, ni de 190 nuits passées à Francfort. Une note datée, accompagnée des pièces, est préférable à une conclusion improvisée l’année suivante.
Convention France–Allemagne : qui impose quoi, revenu par revenu
La convention sur les revenus et la fortune a été signée le 21 juillet 1959, modifiée à plusieurs reprises et notamment par l’avenant du 31 mars 2015 applicable depuis le 1er janvier 2016. La convention multilatérale anti-BEPS produit ses effets sur le traité depuis le 1er janvier 2025. La version à utiliser est donc le texte consolidé publié par la DGFiP, et non un PDF ancien trouvé dans un dossier bancaire.
Une clause anti-abus permet de refuser un avantage lorsqu’il apparaît que son obtention constituait l’un des objets principaux d’un montage, sauf cohérence avec l’objet du traité. Les situations économiques réelles restent protégées ; le choix artificiel d’un pays d’imposition ne l’est pas.
| Revenu ou actif | Règle principale | Méthode fréquente pour le résident allemand |
|---|---|---|
| Loyers directs d’un immeuble français | Imposables en France, État de situation. | Exclusion de l’assiette allemande et, dans le cas standard, pas de progressivité selon le § 32b EStG. |
| Plus-value d’un immeuble français | Imposable en France, État de situation. | Exemption allemande ; calcul selon le § 23 EStG pour déterminer une éventuelle progressivité. |
| Bénéfice d’entreprise | État de résidence, sauf bénéfice attribuable à un établissement stable dans l’autre État. | Exemption ou répartition selon l’établissement stable. |
| Profession indépendante | État où l’activité personnelle s’exerce au moyen d’une installation permanente. | Analyse factuelle du lieu et de la base fixe. |
| Salaire privé | État du travail physique, sauf exception cumulative des 183 jours. | Exemption ou mécanisme prévu à l’article 20 selon le revenu. |
| Salaire frontalier | État de résidence si toutes les conditions de zone et de retour sont remplies. | Imposition allemande pour le résident allemand. |
| Pension privée ou pension légale de sécurité sociale | État de résidence depuis l’avenant applicable en 2016. | Imposition allemande pour le résident allemand. |
| Rémunération ou pension publique | État payeur, sauf exception de nationalité. | Dépend de la caisse, de l’employeur et de la nationalité. |
| Dividende français | Allemagne, avec retenue française plafonnée à 15 % pour un particulier. | Crédit allemand dans les limites applicables. |
| Intérêt ordinaire | État de résidence, sauf rattachement à un établissement stable. | Imposition allemande seule en principe. |
| Jeton de présence | Résidence, avec droit de retenue à la source conservé. | Crédit allemand. |
| Plus-value sur titres ordinaires | État de résidence, sauf clauses spéciales. | Imposition allemande. |
| Titres à prépondérance immobilière | État des immeubles si le seuil de plus de 50 % a été atteint pendant les 365 jours précédents. | Crédit allemand pour la catégorie conventionnelle concernée. |
| Fortune immobilière française | Imposable en France. | IFI français si le seuil et les conditions sont remplis. |
L’exception salariale des 183 jours : trois conditions, pas une
Un résident d’un État travaillant physiquement dans l’autre peut rester imposable dans son État de résidence seulement si les trois conditions sont simultanément remplies :
- sa présence dans l’État de travail n’excède pas 183 jours pendant l’année fiscale ;
- l’employeur n’est pas résident de cet État ;
- la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable ou une installation permanente qui s’y trouve.
L’identité économique de l’employeur et l’entité qui supporte le coût comptent autant que le calendrier. Une refacturation à un établissement allemand peut donc faire tomber l’exception même si le salarié ne dépasse pas 183 jours.
Crédit ou exemption : ne jamais généraliser
Pour un résident allemand, l’Allemagne exempte les loyers directs d’un immeuble français et, dans le cas standard, le § 32b EStG les écarte aussi de la progressivité. Une plus-value immobilière française appelle en revanche un calcul allemand distinct pour son éventuelle entrée dans le Progressionsvorbehalt (progressivité). Un crédit s’applique à plusieurs autres catégories : dividendes, jetons de présence, certaines plus-values immobilières indirectes, travail intérimaire et revenus d’artistes ou sportifs.
Pour un résident de France, le crédit peut être égal à l’impôt allemand effectivement payé, plafonné à l’impôt français correspondant, ou égal à l’impôt français correspondant. La catégorie du revenu décide. La convention supprime une double imposition juridique ; elle ne promet ni le taux le plus bas des deux pays, ni une absence de formulaire.
Cas conventionnel
Anne vit à Cologne et loue son ancien appartement lyonnais
La France impose le loyer parce que l’immeuble s’y trouve. Anne le déclare aussi en Allemagne ; il est exempté et, pour cette location directe standard, n’augmente pas le taux de ses autres revenus allemands. Lors de la vente, la France conserve son droit sur la plus-value, tandis qu’un calcul distinct selon le § 23 EStG détermine son éventuelle prise en compte pour la progressivité allemande.
Faire relire la cartographie avant le premier flux
Une heure de coordination avant un bonus, un rachat d’assurance-vie, une cession ou une donation coûte souvent moins cher qu’une procédure de restitution dans deux pays.
Année du départ : déclarations françaises, exit tax et dossier de preuve
L’année du départ superpose deux périodes et plusieurs dates : déménagement, mise à disposition du logement allemand, départ de la famille, début du contrat, première journée de travail et date retenue dans les déclarations. Comme elles ne coïncident pas toujours, commencez par une chronologie justifiée, puis attribuez chaque revenu à la bonne période.
Les déclarations de l’année suivante
La déclaration française couvre les revenus mondiaux jusqu’à la date du départ, puis les revenus de source française imposables en France après cette date. Le foyer actualise aussi son adresse, ses comptes et les annexes adaptées. En Allemagne, l’imposition illimitée peut commencer dès que le logement devient disponible ou le séjour habituel caractérisé : rapprochez les deux chronologies au lieu de recopier une seule date.
| Avant le départ | Après le départ | À conserver |
|---|---|---|
| Revenus mondiaux déclarés en France jusqu’à la date de transfert. | Revenus français résiduels déclarables en France selon leur nature. | Bulletins, relevés, actes et cours de change séparés par période. |
| Formulaires de comptes étrangers si les conditions françaises sont remplies. | Déclaration allemande des revenus mondiaux après l’assujettissement allemand. | Dates d’ouverture, clôture et titulaires de tous les comptes. |
| Test exit tax et inventaire des titres. | Suivi du sursis et des événements affectant les titres. | 2074-ETD, avis, valeurs, prix de revient et pourcentages détenus. |
Qui entre dans l’exit tax française sur les plus-values latentes ?
Pour les plus-values latentes, l’article 167 bis du CGI demande d’abord une résidence fiscale française pendant au moins six des dix années précédant le départ. Le contribuable entre ensuite dans le dispositif lorsque la valeur globale des titres concernés excède 800 000 €, ou lorsqu’il détient au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société.
Le champ comprend notamment les plus-values latentes sur certaines participations, des créances de complément de prix et des gains déjà en report. Ces catégories ne reprennent pas toutes les mêmes conditions d’entrée : la condition des six années sur dix ne s’applique notamment pas de façon universelle aux gains en report. Il faut regarder au-delà de la ligne « actions cotées » : une holding, une SAS non cotée ou une opération d’apport-cession peuvent être le cœur du dossier.
Test d’entrée simplifié — à compléter avec le champ légal
PLUS-VALUES LATENTES : Résidence France ≥ 6 années sur les 10 précédentes ET (valeur globale des titres > 800 000 € OU participation ≥ 50 %) Earn-out et gains en report : tests distincts
Ce test repère le risque ; il ne remplace pas l’inventaire juridique des titres, créances et reports.
Sursis automatique vers l’Allemagne, mais déclaration obligatoire
L’Allemagne appartenant à l’Union européenne, le sursis de paiement est en principe automatique. Cette automaticité concerne le paiement et ne dispense d’aucune formalité : l’impôt reste calculé et déclaré. Pour les plus-values latentes, la cession, le rachat, le remboursement ou l’annulation peuvent rendre exigible l’impôt en sursis. En revanche, si le donateur est alors domicilié fiscalement en Allemagne, la donation des titres concernés ouvre en principe droit au dégrèvement ou à la restitution de l’impôt correspondant. Les créances de complément de prix et les gains déjà en report suivent des faits générateurs distincts.
Pour les plus-values latentes, le dégrèvement intervient normalement après deux ans lorsque la valeur des titres concernés n’excède pas 2,57 M€, et après cinq ans au-delà, à condition qu’aucun événement déclencheur ne soit intervenu. Un retour en France peut également produire un dégrèvement ou une restitution si les titres sont toujours détenus et les conditions respectées.
La coordination de prix de revient n’est pas universelle
L’article 7 § 6 ne s’applique que si la personne a été résidente du premier État pendant au moins cinq ans, si la participation concerne une société résidente de ce premier État, si celui-ci impose la plus-value accumulée en raison du transfert, puis si la participation est ultérieurement cédée et le gain imposé dans le second État au titre du § 5. Le second État retient alors la valeur au jour du transfert comme valeur d’acquisition. Le § 17 al. 2 phrase 3 EStG prévoit aussi, sous preuve d’une exit tax étrangère comparable, une valeur plafonnée à la valeur de marché. Il n’existe néanmoins aucun step-up général pour les autres actifs ou les participations dans une société d’un État tiers.
Cas de départ
Nicolas, 42 ans, part à Munich avec 1,2 M€ de titres
Nicolas a été résident français sept années sur les dix précédentes. Son portefeuille entrant dans le champ dépasse 800 000 € : l’exit tax doit être calculée. Le départ en Allemagne ouvre le sursis automatique, mais pas une dispense de déclaration. La valeur étant inférieure à 2,57 M€, le délai normal de dégrèvement des plus-values latentes est de deux ans si les titres restent détenus et qu’aucun événement déclencheur n’intervient. Avant le départ, il conserve les avis de valorisation et distingue soigneusement sociétés françaises et étrangères pour la coordination conventionnelle.
Les formulaires changent avec le dossier
La déclaration initiale et le suivi peuvent notamment mobiliser les formulaires 2074-ETD, 2074-ETS ou 2074-ETSL. Vérifiez la version de l’année et les événements exacts sur la page officielle de la DGFiP, puis faites relire le dossier lorsque des titres non cotés ou un report 150-0 B ter sont concernés.
Impôt allemand 2026 : barème, couple, Soli et impôt d’Église
Le barème allemand s’applique au revenu imposable, pas au salaire brut. Les cotisations, charges, déductions, revenus étrangers et règles conventionnelles interviennent avant. Comparer un taux marginal français au taux de 42 % allemand sans reconstruire les assiettes ne renseigne donc pas le foyer.
| Revenu imposable 2026 | Formule légale pour une personne seule |
|---|---|
| Jusqu’à 12 348 € | 0 € |
| 12 349 à 17 799 € | (914,51 × y + 1 400) × y, avec y = (x − 12 348) / 10 000 |
| 17 800 à 69 878 € | (173,10 × z + 2 397) × z + 1 034,87, avec z = (x − 17 799) / 10 000 |
| 69 879 à 277 825 € | 42 % × x − 11 135,63 |
| À partir de 277 826 € | 45 % × x − 19 470,38 |
Le Splitting du couple. Pour des époux éligibles à l’imposition commune, le Splitting calcule l’impôt sur la moitié du revenu imposable commun, puis double le résultat. L’avantage est fort lorsque les revenus sont déséquilibrés. Il ne se confond pas avec les classes de retenue de la paie, qui répartissent surtout les prélèvements mensuels ; la déclaration fixe l’impôt définitif.
Le Solidaritätszuschlag n’est pas 5,5 % du revenu
Le Soli représente au maximum 5,5 % de l’impôt sur le revenu. En 2026, la franchise porte sur un impôt de 20 350 € pour une personne seule et de 40 700 € pour un couple imposé conjointement. Dans la zone de transition, le calcul retient le plus faible entre 5,5 % de l’impôt et 11,9 % de la différence entre l’impôt et la franchise.
Zone de lissage du Soli
Soli = min(5,5 % × impôt ; 11,9 % × (impôt − franchise))
La Kirchensteuer éventuelle suit une autre règle et dépend du Land et de l’affiliation.
Ordres de grandeur reproductibles
| Situation | Revenu imposable | ESt | Soli approx. |
|---|---|---|---|
| Célibataire | 50 000 € | 10 548 € | 0 € |
| Célibataire | 70 000 € | 18 264 € | 0 € |
| Célibataire | 100 000 € | 30 864 € | 1 251,17 € |
| Célibataire | 300 000 € | 115 529 € | 6 354,10 € |
| Couple, revenu commun | 100 000 € | 21 096 € | 0 € |
| Couple, revenu commun | 200 000 € | 61 728 € | 2 502,33 € |
Kirchensteuer : 8 % ou 9 % de l’impôt, pas du revenu. L’impôt d’Église s’applique aux membres d’une communauté religieuse concernée. Il représente généralement 8 % de l’impôt en Bavière et dans le Bade-Wurtemberg, 9 % dans les autres Länder. L’affiliation enregistrée et le Land doivent être contrôlés ; on ne l’ajoute pas par défaut à une simulation.
Comparer un salaire France–Allemagne
Partez du brut, retirez les cotisations réellement plafonnées, reconstruisez le revenu imposable, appliquez le statut familial, le Soli et l’éventuelle Kirchensteuer, puis ajoutez les revenus étrangers et les crédits conventionnels. Un simulateur générique ne voit ni votre PEA, ni vos loyers français, ni vos jours de télétravail.
Les formules et le Grundfreibetrag de 12 348 € sont documentés par le ministère fédéral des Finances et le § 32a EStG. Ils doivent être revalidés à chaque millésime du guide.
Salariés : paie, bonus, stock-options, RSU et rémunérations internationales
Avec un employeur allemand et un travail en Allemagne, le schéma est lisible : paie, retenue d’impôt et cotisations allemandes. Il se complique si l’employeur reste français, si le travail alterne entre deux pays ou si une rémunération différée a été gagnée avant le départ.
Le salaire suit le lieu où le travail est accompli
Hors régime frontalier, la convention attribue en principe le salaire à l’État où le salarié est physiquement présent lorsqu’il travaille. L’exception des 183 jours n’est ouverte que si la présence, la résidence de l’employeur et l’absence de charge supportée par un établissement stable remplissent ensemble les conditions. Une paie versée depuis un compte français ne change pas le lieu de travail.
Le document qui évite bien des discussions : un calendrier probant. Un total annuel ne suffit pas ; chaque type de journée appelle sa propre lecture.
| Journée | Traitement fiscal à examiner | Preuve utile |
|---|---|---|
| Bureau allemand | Travail exercé en Allemagne. | Badge, agenda, billet, feuille de temps. |
| Télétravail au domicile allemand | Travail allemand hors régime frontalier. | Politique de télétravail, connexion, calendrier. |
| Bureau ou client en France | Travail exercé en France. | Ordre de mission, réservation, compte rendu. |
| Déplacement dans un troisième pays | Convention et rattachement économique à analyser. | Billets, objet de la mission, entité bénéficiaire. |
| Congé ou maladie | Règles d’allocation spécifiques ; ne pas traiter comme une journée travaillée ordinaire. | Paie et justificatif d’absence. |
Bonus et indemnités. Un bonus payé après l’arrivée peut rémunérer une période travaillée en France, en Allemagne ou dans les deux. La date de paiement seule ne suffit pas. Le plan et la période de performance servent à répartir les jours ou fonctions concernés. Les indemnités de départ, de non-concurrence ou de mobilité suivent chacune leur logique, pas automatiquement celle du salaire de l’année du virement.
Options, RSU, actions gratuites et BSPCE
Pour une stock-option classique, l’avantage salarial apparaît généralement lors de l’exercice ou de la disposition du droit, et non à l’attribution. Dans un plan international, cet avantage peut être ventilé selon la période pendant laquelle il a été gagné et les pays où l’activité était exercée.
Une RSU n’est pas une option : l’imposition salariale intervient généralement au vesting ou à la livraison, lorsque le salarié acquiert le contrôle économique. La hausse ultérieure du titre relève ensuite de la fiscalité mobilière. Les BSPCE, actions gratuites françaises et management packages ne se transposent pas automatiquement en Allemagne.
Mémo express
Le dossier à remettre au conseil
- plan complet et règlements successifs ;
- dates d’attribution, vesting, exercice, livraison et vente ;
- employeur juridique et employeur économique ;
- calendrier des pays de travail pendant chaque période ;
- valeurs, retenues déjà opérées et taux de change ;
- traitement français déjà appliqué ou report en cours.
Le dispositif allemand § 19a. Le § 19a EStG peut reporter l’imposition de certains titres attribués par de jeunes PME jusqu’à la cession, quinze ans ou la fin de la relation de travail, avec exceptions. Un plan français ne devient pas éligible par analogie : entreprise, titres et conditions doivent satisfaire le texte allemand.
Cas rémunération différée
Sarah reçoit ses RSU à Berlin après trois années entre Paris et Munich
Le prix du titre le jour de livraison sert à déterminer un avantage salarial, mais le pays d’imposition ne se déduit pas du seul lieu de résidence de ce jour. Sarah reconstitue la période de vesting, les journées et fonctions accomplies dans chaque État, puis distingue la plus-value postérieure à la livraison. Une retenue française et une paie allemande peuvent devoir être conciliées.
Frontaliers et télétravail : trois seuils, deux zones et un seul calendrier
Le frontalier fiscal, le travailleur dans plusieurs États et le télétravailleur couvert par l’accord-cadre relèvent de cadres différents. Le premier dépend d’une clause fiscale bilatérale. Les deux autres dépendent de la coordination européenne de sécurité sociale. Un salarié peut cumuler plusieurs de ces situations, mais chaque test reste séparé.
Le régime fiscal frontalier
Lorsque les conditions sont remplies, le salaire est imposé exclusivement dans l’État de résidence. La convention vise une zone générale de 20 km. Pour une personne dont le foyer permanent se trouve dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle et qui travaille en Allemagne, la zone d’emploi allemande est étendue aux communes situées en tout ou partie jusqu’à 30 km de la frontière.
Le retour quotidien reste le principe. La doctrine franco-allemande admet, pour une année complète, jusqu’à 45 jours préjudiciables, sous ses conditions. Lorsque l’activité ne couvre qu’une partie de l’année ou comporte moins de jours contractuels, une limite de 20 % peut s’appliquer sans dépasser 45 jours.
| Élément | Résident de France travaillant en Allemagne | Résident d’Allemagne travaillant en France |
|---|---|---|
| Zone de domicile | Bas-Rhin, Haut-Rhin ou Moselle selon le régime étendu. | Communes allemandes dans la bande conventionnelle de 20 km. |
| Zone de travail | Commune allemande jusqu’à 30 km de la frontière. | Commune française dans la bande de 20 km. |
| Retour | Normalement quotidien. | Normalement quotidien. |
| Imposition si conditions remplies | France, État de résidence. | Allemagne, État de résidence. |
Le télétravail à domicile dans la zone. L’instruction allemande du 28 décembre 2021 indique que le travail effectué au domicile dans la zone frontalière de l’État de résidence n’est pas une journée de non-retour préjudiciable. Cette règle protège le véritable frontalier ; elle n’attribue pas tous les jours de télétravail des autres salariés à leur État de résidence.
Le seuil social ordinaire de 25 %. Pour une activité habituelle dans plusieurs États, une part substantielle — normalement au moins 25 % du temps ou de la rémunération — dans l’État de résidence conduit généralement à appliquer la sécurité sociale de cet État. L’analyse est prospective, sur les douze mois à venir, et doit être signalée à l’institution compétente.
L’accord-cadre entre 25 % inclus et moins de 50 %
La France et l’Allemagne figurent parmi les États signataires. Sur demande, l’accord permet de conserver la sécurité sociale de l’État de l’employeur lorsque le télétravail dans l’État de résidence atteint au moins 25 % mais reste inférieur à 50 %. Il suppose notamment une activité salariée dans uniquement deux États signataires, un employeur établi dans l’autre État, aucune autre activité habituelle dans l’État de résidence et un certificat A1. S’il existe plusieurs employeurs, tous doivent être établis dans le même État ; une activité habituelle dans un troisième État sort de cette procédure simplifiée.
| Part de télétravail dans l’État de résidence | Sécurité sociale — lecture de principe | Impôt sur le salaire |
|---|---|---|
| Moins de 25 % | Règles ordinaires pouvant maintenir l’État de l’employeur. | Convention et jours physiques ; aucun automatisme social. |
| 25 % à moins de 50 % | Accord-cadre possible sur demande, si toutes les conditions sont réunies. | Convention et jours physiques. |
| 50 % ou plus | Accord-cadre inapplicable ; État de résidence généralement compétent, sauf exception. | Toujours déterminé séparément. |
Un A1 ne détermine jamais l’impôt
Le certificat A1 prouve la législation sociale applicable. Il ne transforme pas les journées travaillées à domicile en journées fiscales françaises ou allemandes. Conservez un calendrier unique, mais faites-y apparaître deux colonnes de conclusion : fiscalité et sécurité sociale.
Cas frontalier
Léa vit en Moselle, travaille à Sarrebruck et télétravaille deux jours
Léa vérifie d’abord que son domicile et sa commune de travail appartiennent aux zones exactes. Si elle remplit le régime frontalier, son salaire reste imposé en France et le télétravail à domicile dans la zone n’est pas, en principe, un jour préjudiciable. Socialement, deux jours sur cinq représentent 40 % : l’accord-cadre peut maintenir la législation du pays de l’employeur sur demande et avec A1.
Santé, dépendance, chômage et retraite : le coût réel de la mobilité
L’assurance maladie est obligatoire. La plupart des salariés relèvent de la GKV, assurance légale, mais le montant prélevé dépend de la caisse, des plafonds et de la famille. Les indépendants financent généralement eux-mêmes une part bien plus importante.
| Branche 2026 | Taux total | Part salariale habituelle | Plafond annuel |
|---|---|---|---|
| Retraite | 18,6 % | 9,3 % | 101 400 € |
| Chômage | 2,6 % | 1,3 % | 101 400 € |
| Maladie | 14,6 % + complément ; moyenne réglementaire 2,9 % | Moitié du taux de base et du complément | 69 750 € |
| Dépendance standard | 3,6 % | 1,8 % hors Saxe | 69 750 € |
| Majoration sans enfant après 23 ans | +0,6 point | Supportée par le salarié | 69 750 € |
Avec le complément moyen réglementaire, l’ensemble indicatif atteint 42,3 %, réparti à raison d’environ 21,15 % pour le salarié et 21,15 % pour l’employeur. Pour une personne sans enfant soumise à la majoration dépendance, la part salariale indicative atteint 21,75 %. Le taux réel de complément maladie dépend de la caisse ; le ministère signalait 3,13 % de moyenne effectivement prélevée à la fin mars 2026, distincte de la référence réglementaire de 2,9 %.
La répartition de 21,15 % par côté vaut hors Saxe et pour un assuré sans réduction liée à plusieurs enfants. En Saxe, la dépendance standard est répartie à 2,3 % pour le salarié et 1,3 % pour l’employeur ; le salarié sans enfant supporte 2,9 %. Du deuxième au cinquième enfant âgé de moins de 25 ans, la part du salarié diminue de 0,25 point par enfant, dans la limite d’un point.
GKV ou PKV au-dessus de 77 400 €
Le seuil annuel d’assurance obligatoire est de 77 400 € en 2026. Au- dessus, le salarié peut en principe rester volontairement dans la GKV ou choisir la PKV, assurance privée. Comparer seulement les primes de l’année suivante masque le conjoint, les enfants, la santé, les revenus futurs, le coût à la retraite et les conditions restrictives de retour vers la GKV.
La GKV peut couvrir sans cotisation supplémentaire un conjoint ou des enfants sous conditions. En 2026, la limite générale de revenu mensuel est de 565 €, ou 603 € pour un minijob. Un indépendant volontairement affilié peut voir son assiette inclure des revenus locatifs ou financiers et supporte en principe lui-même toute la cotisation.
Détachement, A1 et S1
Un salarié envoyé temporairement de France peut rester affilié en France pendant une durée normale maximale de 24 mois lorsque les conditions de détachement sont remplies. Le certificat A1 doit être obtenu. Le S1 peut ouvrir l’accès aux soins dans l’État de résidence tout en maintenant l’assurance dans l’autre pays.
Une mission devenue permanente ou une embauche conçue dès l’origine pour travailler en Allemagne ne devient pas un détachement par contrat. Si le salarié relève du système allemand, l’employeur français respecte les obligations allemandes de déclaration et de paiement, même sans établissement commercial.
Retraite franco-allemande : totalisation, puis pensions séparées
Les périodes françaises, allemandes et européennes sont prises en compte pour ouvrir les droits, sans fusionner en une pension unique. Chaque pays calcule et verse sa part. La demande se dépose généralement auprès de l’institution du pays de résidence, plusieurs mois avant la date envisagée.
Fiscalement, depuis l’avenant applicable en 2016, les pensions privées, rentes et pensions légales de sécurité sociale sont imposables dans l’État de résidence. Les pensions publiques suivent en principe l’État payeur, avec exception liée à la nationalité. La caisse et la nature de l’ancien employeur doivent être vérifiées.
Chômage du frontalier. Le frontalier totalement privé d’emploi relève en principe de l’État de résidence pour les prestations de chômage. Le chômage partiel ou temporaire relève généralement de l’État d’emploi. Une carrière peut donc cotiser dans un pays et ouvrir une prestation complète dans l’autre selon les règles européennes.
Cas santé
Paul, 39 ans, gagne 110 000 € et hésite entre GKV et PKV
Paul dépasse le seuil de 77 400 €. La PKV est moins chère la première année, mais son conjoint ne travaille pas et deux enfants sont envisagés. La GKV peut couvrir la famille sans cotisation distincte si les conditions sont respectées ; la PKV raisonne personne par personne. Avant de choisir, Paul projette les deux solutions jusqu’à la retraite avec trois scénarios de revenus. Une prime plus basse la première année ne suffit pas à trancher une décision dont le retour en arrière peut être restrictif.
Freiberufler ou Gewerbe : choisir un statut après avoir qualifié le métier
« Je serai freelance en Allemagne » ne dit presque rien au Finanzamt. Le mot décrit une façon de travailler, non une catégorie juridique. L’administration qualifie l’activité réelle : libérale au sens du § 18 EStG (Freiberufler) ou commerciale (Gewerbe). De cette qualification découlent les formalités, la Gewerbesteuer et parfois l’affiliation à des organismes professionnels.
Séparez fiscalité, protection sociale et contrats clients. Une activité peut être libérale fiscalement tout en relevant de l’assurance retraite légale. L’inscription au Gewerbeamt ne protège pas d’une requalification en salariat si le client donne les instructions et intègre le prestataire à son organisation.
La qualification vient avant le choix de la structure
| Situation | Traitement de départ | Conséquence pratique | Question à documenter |
|---|---|---|---|
| Profession libérale, scientifique, artistique ou enseignante visée au § 18 EStG | Freiberufler possible | Inscription fiscale directe ; pas de Gewerbesteuer en principe | L’activité concrète entre-t-elle réellement dans la catégorie légale ? |
| Commerce, production, intermédiation ou prestation commerciale | Gewerbe probable | Déclaration au Gewerbeamt, puis questionnaire fiscal | Une autorisation, l’IHK ou la HWK sont-elles requises ? |
| Activité mixte | Qualification à établir par flux | Le traitement de l’ensemble peut dépendre de l’organisation réelle | Les prestations et la comptabilité permettent-elles de séparer les activités ? |
| Prestataire intégré chez un client | Risque social distinct | Une requalification en emploi salarié reste possible | Qui fixe les horaires, le lieu, les méthodes et supporte le risque économique ? |
Le premier mois : ELSTER, Steuernummer et calendrier de preuve
Le questionnaire de création fiscale doit normalement être transmis via ELSTER dans le mois suivant le début de l’activité. Le Finanzamt peut ainsi attribuer la Steuernummer professionnelle et recueillir l’activité, le chiffre d’affaires attendu, le régime de TVA et les premières données de l’entreprise. La Steuer-ID personnelle reçue après l’Anmeldung ne remplace ni cette Steuernummer ni, si nécessaire, l’USt-IdNr des opérations intracommunautaires.
Datez la première prestation, le premier contrat, la première facture, l’ouverture du bureau et les déplacements chez les clients. Cette chronologie justifie le début, aide à traiter la TVA et localise l’activité. Elle devient indispensable si un consultant garde des clients français et doit examiner une installation permanente dans l’autre État.
Mémo express
Les quatre vérifications avant la première facture
- qualifier l’activité au regard du § 18 EStG et, si nécessaire, du droit du Gewerbe ;
- transmettre le questionnaire fiscal dans le délai et choisir un traitement de TVA cohérent avec les clients et les opérations intracommunautaires ;
- déterminer l’affiliation maladie, dépendance et, selon la profession, retraite ;
- relire chaque contrat à la lumière du risque de faux indépendant, sans se fier à son seul titre.
Retraite et statut social : deux risques à examiner séparément
Tous les indépendants doivent disposer d’une couverture maladie et dépendance. En revanche, l’assurance retraite légale ne s’impose pas de façon uniforme. Certaines professions sont assujetties et le § 2 SGB VI vise aussi certains indépendants travaillant principalement pour un seul donneur d’ordre. Le diagnostic se fait métier par métier puis client par client, indépendamment du choix Freiberufler ou Gewerbe.
La Scheinselbstständigkeit, ou faux travail indépendant, est le premier point de contrôle. Les indices sont notamment les instructions, l’intégration chez le client, l’autonomie et le risque entrepreneurial. Le § 7a SGB IV prévoit une détermination officielle du statut auprès de la Deutsche Rentenversicherung.
Même si ce risque est écarté, un véritable indépendant peut rester autonome tout en étant assujetti à la retraite légale. Le § 2, phrase 1, n° 9 SGB VI exige cumulativement qu’il n’emploie régulièrement aucun salarié soumis à l’assurance obligatoire — un emploi marginal ne suffit pas — et qu’il travaille durablement et pour l’essentiel pour un seul donneur d’ordre. L’examen couvre donc l’exécution réelle, les salariés éventuels et la concentration économique.
Le contrat ne corrige pas une organisation de travail salariée
Les clauses d’indépendance ne suffisent pas si le prestataire suit horaires, outils, procédures et hiérarchie sans autonomie réelle. En cas de doute sérieux, examinez la procédure de détermination avant l’accumulation de plusieurs années de cotisations potentielles.
Cas indépendant
Clara facture 90 000 € à Hambourg, dont 80 % à un groupe français
Clara qualifie ses missions au regard du § 18 EStG, transmet le questionnaire ELSTER dans le mois et documente la TVA. Elle analyse séparément son autonomie et sa dépendance économique. Si le client fixe son temps, ses méthodes et l’intègre à une équipe, les factures n’écartent pas la requalification. Même véritablement indépendante, elle vérifie le § 2 SGB VI vu la concentration du chiffre d’affaires.
Sources officielles à conserver dans le dossier. La qualification des professions libérales se lit dans le § 18 EStG. Le délai et la déclaration de création reposent notamment sur le § 138 AO. La retraite de certains indépendants relève du § 2 SGB VI; le statut social est traité aux § 7 et § 7a SGB IV.
GmbH, UG et société française : raisonner après impôt, distribution et risque transfrontalier
Le choix entre un capital d’un euro et 25 000 € ne tranche ni la responsabilité et la gouvernance, ni le financement, ni la fiscalité de la commune, ni la rémunération du dirigeant. Si une société française est conservée, le lieu réel des décisions peut compter davantage que l’adresse au registre.
UG et GmbH : le capital légal n’est pas un budget d’exploitation
| Forme | Capital et constitution | Réserve | Lecture patrimoniale |
|---|---|---|---|
| UG (haftungsbeschränkt) | Capital possible dès 1 €, intégralement libéré | 25 % du bénéfice annuel net, diminué du report déficitaire de l’exercice précédent, affectés à la réserve légale | Le minimum juridique ne finance ni les délais clients ni les premiers coûts. |
| GmbH | Capital statutaire de 25 000 € ; 12 500 € peuvent suffire à l’immatriculation en numéraire | Règles ordinaires de la GmbH | Les associés restent redevables du solde des apports. |
| Entreprise individuelle | Pas de capital social | Pas de réserve de société | Responsabilité personnelle et fiscalité au nom de l’entrepreneur. |
La charge 2026 d’une UG ou GmbH se calcule ville par ville
En 2026, la Körperschaftsteuer est de 15 %. Le Solidaritätszuschlag représente 5,5 % de cet impôt, soit 0,825 point lorsque le taux de 15 % s’applique. La Gewerbesteuer part du bénéfice commercial, multiplié par 3,5 %, puis par le Hebesatz de la commune. L’abattement de 24 500 € accordé à certaines personnes physiques et sociétés de personnes ne s’applique pas à une UG ou à une GmbH.
Exemple pédagogique avec un Hebesatz de 400 %
Körperschaftsteuer : bénéfice × 15 % Soli société : bénéfice × 15 % × 5,5 % = bénéfice × 0,825 % Gewerbesteuer : bénéfice × 3,5 % × 400 % = bénéfice × 14 % Charge indicative avant distribution : 15 % + 0,825 % + 14 % = 29,825 %
Ce taux ne comprend ni la fiscalité personnelle d’une distribution, ni la paie du dirigeant, ni les cotisations, ni les retraitements de résultat.
Le Hebesatz minimum légal reste de 200 % en 2026 ; son passage à 280 % ne prend effet qu’en 2027. Le calcul doit néanmoins reprendre le taux réellement voté par la commune et le confronter aux bureaux, salariés, clients et à la substance nécessaire.
Salaire ou dividende : deux colonnes, pas un slogan. Le salaire rémunère une fonction ; le dividende rémunère le capital. Une rémunération cohérente se juge à partir du travail, de la couverture sociale et des besoins personnels. Le calcul porte ensuite sur le résultat restant et l’impôt personnel dû sur la distribution. Le taux de 29,825 % ci-dessus reste une charge avant distribution, pas le coût final de l’associé.
TVA : petite entreprise ne signifie pas opérations simples
Les taux allemands de TVA sont de 19 % et, pour les opérations expressément prévues, 7 %. Le régime Kleinunternehmer peut s’appliquer lorsque le chiffre d’affaires de l’année précédente ne dépasse pas 25 000 € et celui de l’année courante ne dépasse pas 100 000 €, sous réserve des autres conditions. Ces seuils ne règlent pas à eux seuls les prestations intracommunautaires, les acquisitions dans l’Union ou l’identification TVA nécessaire à certains flux.
Diriger une SAS française depuis Berlin : l’adresse française ne suffit pas
Une société française peut créer des obligations allemandes si sa direction effective, une installation fixe ou une personne concluant habituellement les contrats se trouve en Allemagne. Localisez stratégie, signatures, trésorerie et pilotage des équipes : un procès-verbal français ne corrige pas nécessairement une année de décisions prises à Berlin.
La doctrine BMF du 18 juin 2026 indique que le simple télétravail d’un salarié à son domicile ne constitue normalement pas, à lui seul, un établissement stable lorsque l’entreprise ne dispose pas du logement. Cette prudence administrative n’est pas un blanc-seing pour le dirigeant. Le risque augmente si le domicile devient le lieu de direction courante, de négociation et de conclusion des contrats ou le centre stable de l’activité allemande.
| Indice observé en Allemagne | Question fiscale | Preuve à préparer |
|---|---|---|
| Dirigeant prenant les décisions stratégiques depuis son domicile | Direction effective ou résidence de la société | Gouvernance réelle, délégations, agendas, procès-verbaux et lieux de décision |
| Bureau ou espace durable à disposition | Installation fixe ou établissement stable | Bail, contrôle des locaux, personnel et fonctions exercées |
| Personne négociant et concluant habituellement les contrats | Présence fiscale et attribution de bénéfices | Pouvoirs, circuits de signature et contrats effectivement conclus |
| Salarié télétravaillant sans local à disposition de l’entreprise | Pas d’établissement stable automatique selon la doctrine 2026 | Conditions concrètes du télétravail et absence de contrôle du logement |
Cas dirigeant
Marc conserve sa SAS française et ouvre une GmbH à Berlin
Marc travaille désormais à Berlin. Créer une GmbH ne neutralise pas le risque de sa SAS : il cartographie ventes, signatures, salariés, actifs et direction de chaque entité, puis fait valider paie, TVA et relations entre elles. Les 29,825 % avec un Hebesatz de 400 % décrivent uniquement l’impôt de la GmbH avant distribution. Sa participation dépassant 1 %, il conserve aussi valeurs et dates d’acquisition en vue d’une éventuelle exit tax allemande.
Une société française pilotée d’Allemagne mérite un avis binational
Le risque porte sur la résidence, l’établissement stable, l’attribution du bénéfice, la paie et la TVA. Ce guide ne peut pas conclure sans les statuts, les pouvoirs, les contrats, les locaux et le calendrier de décisions. Analysez avant la première clôture, sans attendre un contrôle.
Textes officiels de référence. Le capital de la GmbH et celui de l’UG sont définis par les § 5 GmbHG et § 5a GmbHG. Les taux reposent notamment sur le § 23 KStG et le § 11 GewStG. Les taux et seuils de TVA figurent aux § 12 et § 19 UStG. Le risque transfrontalier se lit aux § 10 et § 12 AO avec la doctrine BMF du 18 juin 2026.
Vous conservez une société française en vous installant en Allemagne ?
Une analyse coordonnée permet de cartographier la direction effective, l’établissement stable, la paie, la TVA et la rémunération avant que les flux ne deviennent difficiles à corriger.
Portefeuille, ETF et crypto : reconstruire la fiscalité allemande actif par actif
Le déménagement n’efface ni les plus-values latentes ni l’historique du portefeuille ; il change la lecture des dividendes, intérêts, cessions, fonds et actifs numériques. Avant de demander le taux, identifiez la catégorie fiscale, la retenue, le suivi des pertes et les données que l’intermédiaire peut fournir.
Le taux courant n’est qu’un point de départ
Le régime courant est de 25 %, majoré du Soli, soit 26,375 % hors Kirchensteuer. Le Sparer-Pauschbetrag protège 1 000 € par personne, ou 2 000 € communs pour des époux ou partenaires imposés conjointement. Une option pour le barème existe lorsqu’elle est globalement plus favorable.
Un établissement allemand applique généralement la retenue et peut utiliser le forfait épargnant. Avec un courtier étranger, le contribuable reprend en principe ses revenus dans l’Anlage KAP et, pour certains fonds, KAP-INV. Les pertes sur actions restent normalement cantonnées aux gains sur actions.
| Actif ou flux | Lecture allemande de départ | Donnée indispensable |
|---|---|---|
| Dividende ou intérêt ordinaire | Régime mobilier courant, sous réserve de la convention et des exceptions | Montant brut, retenue étrangère, date et devise |
| Action cotée | Gain de cession et compartiment spécifique des pertes sur actions | Prix, frais, lots, dates et taux de change documentés |
| Participation d’au moins 1 % | § 17 EStG possible, et non simple régime forfaitaire | Pourcentage détenu à tout moment des cinq années précédentes |
| Fonds ou ETF | InvStG, exonération partielle éventuelle et Vorabpauschale | Prospectus, qualification fiscale, distributions et valeurs annuelles |
| Crypto-actif privé | § 23 EStG pour les cessions dans le délai d’un an | Lots, wallets, échanges, frais, dates et valeurs en euros |
Fonds et ETF : le nom commercial ne suffit jamais
Le droit allemand des fonds peut accorder une exonération partielle, selon la qualification et l’exposition prévues, non les mots « ETF », « actions » ou « immobilier » du nom. Conservez prospectus et données fiscales : une allocation simple en apparence peut réunir plusieurs traitements.
| Qualification du fonds | Condition structurante | Exonération partielle privée |
|---|---|---|
| Fonds actions | Plus de 50 % de participations en capital éligibles, en permanence et selon les conditions du fonds | 30 % |
| Fonds mixte | Au moins 25 % de participations en capital éligibles | 15 % |
| Fonds immobilier | Plus de 50 % en immobilier et sociétés immobilières | 60 % |
| Fonds immobilier étranger | Plus de 50 % en immobilier étranger et sociétés immobilières étrangères | 80 % |
La Vorabpauschale : une avance calculée même sans distribution
Pour 2026, le taux de base est fixé à 3,20 %. Le rendement de base correspond à 70 % de ce taux, soit 2,24 % de la valeur au début de l’année. Il est plafonné par l’appréciation réelle augmentée des distributions, puis diminué des distributions. La Vorabpauschale 2026 est réputée perçue le 4 janvier 2027. Une charge de trésorerie reste possible même lorsque le fonds n’a rien versé et mérite d’être anticipée.
ETF actions de 100 000 € au 1er janvier, 108 000 € à la clôture
Rendement de base : 100 000 € × 3,20 % × 70 % = 2 240 € Hausse réelle : 8 000 € ; le rendement de base reste sous le plafond Exonération partielle de 30 % : 2 240 € × 70 % = 1 568 € imposables Impôt : 1 568 € × 25 % = 392 € Soli : 392 € × 5,5 % = 21,56 € Total hors Kirchensteuer : 413,56 €
Hypothèses : aucune distribution et Sparer-Pauschbetrag déjà consommé. La banque, la qualification du fonds et la situation personnelle peuvent modifier la mise en œuvre.
Titres en devises : archiver avant de migrer les comptes. Une performance globale en euros ne suffit pas à reconstruire achats, ventes, frais, distributions et retenues. Avant le départ, exportez les lots et gardez les originaux. Pour chaque flux, conservez date, devise et méthode de conversion appliquée par le professionnel chargé de la déclaration.
Crypto : le délai d’un an, la franchise de 1 000 € et les traces
Pour l’investisseur privé, une cession dans l’année suivant l’acquisition est imposable au barème. La limite annuelle de 1 000 € est une franchise et non un abattement : lorsqu’elle est atteinte, le gain entier entre dans le calcul. Après un an, le gain sur une monnaie ou un payment token est généralement hors du § 23 EStG. Un échange crypto-crypto, un paiement en crypto ou une conversion en euros constitue une cession.
Les pertes restent normalement cantonnées aux gains privés de même nature. Staking, lending, mining et airdrops peuvent produire un revenu lors de la réception, puis une plus-value différente à la cession. La doctrine BMF de 2025 ne tranche pas exhaustivement les NFT, le liquidity mining et plusieurs montages DeFi. Conservez donc les transactions brutes et obtenez une qualification, sans appliquer de traitement automatique.
Cas investisseuse
Ana conserve un courtier français, deux ETF et quatre wallets
Ana vérifie l’exposition réelle de son ETF avant d’appliquer les 30 % et anticipe la Vorabpauschale. Elle rapproche aussi wallets et plateformes : un échange entre tokens est déjà une cession.
Sources primaires des calculs. Le régime mobilier et son option sont encadrés par les § 20 et § 32d EStG. Les participations substantielles relèvent notamment du § 17 EStG. Pour les fonds, consultez les § 18 et § 20 InvStGet le taux de base BMF pour 2026. Les crypto-actifs relèvent notamment du § 23 EStG et la doctrine BMF du 6 mars 2025.
PEA, Livret A et assurance-vie : ce que la France conserve, ce que l’Allemagne requalifie
Rester ouvert en France ne signifie pas garder son avantage fiscal en Allemagne. Avant toute décision, réunissez contrat, avenants, versements et actifs afin d’obtenir une qualification allemande.
| Produit conservé en France | Position française utile | Lecture allemande prudente |
|---|---|---|
| PEA ou PEA-PME | Le départ en Allemagne ne provoque pas sa clôture automatique | L’exonération française n’est pas automatiquement reconnue ; revenus et cessions doivent être qualifiés |
| Compte-titres | Le compte peut généralement être conservé selon la politique de l’établissement | Revenus à déclarer ; historique des lots, frais et devises indispensable |
| Livret A, LDDS, PEL ou CEL | L’exonération ou le régime français peut subsister côté français | L’avantage n’est pas automatiquement portable en Allemagne |
| Assurance-vie française ou luxembourgeoise | Le contrat continue juridiquement selon ses conditions | Qualification au § 20(1)(6) seulement après examen du contrat et des pouvoirs du souscripteur |
| Contrat de capitalisation | Enveloppe française distincte de l’assurance-vie | Ne doit pas être assimilé automatiquement à une assurance allemande |
PEA : ouvert en France, fiscalisé selon le droit allemand
Le transfert de domicile vers l’Allemagne ne clôt pas le PEA. Pendant la non-résidence, retraits et clôture sont en principe hors impôt français sur le revenu et prélèvements sociaux, avec des traitements particuliers possibles, notamment pour certains dividendes non cotés. Cette neutralité française ne vaut pas exonération allemande.
Un PEA mêlant actions et ETF n’est pas un objet fiscal unique : l’InvStG peut viser les fonds, les titres directs suivent leurs règles. Exportez prix de revient, frais, lots, distributions et prospectus avant le départ, puis calculez tout retrait important dans les deux pays.
Assurance-vie : le passeport du contrat est son contenu, pas son pays
Le nom « assurance-vie » et le pays de l’établissement ne suffisent pas. Le Steuerberater examine risque biométrique, capital décès, date, durée, pouvoirs d’arbitrage et contrôle des actifs. Deux contrats proches commercialement peuvent ainsi recevoir des qualifications différentes.
Pour un contrat moderne qualifié d’assurance, le gain correspond en principe à la prestation diminuée des primes. La moitié de cette différence peut être imposable au barème si trois conditions sont réunies : contrat d’au moins douze ans, prestation versée après 62 ans pour un contrat conclu après 2011, et exigences de couverture biométrique et de décès respectées. Ce n’est ni une exonération générale ni un avantage garanti par l’ancienneté française.
Pour une assurance en unités de compte, 15 % de la fraction de gain attribuable aux revenus de fonds peut être exonérée pour la période postérieure à 2017, sous réserve de preuve. Un contrat très individualisé peut au contraire devenir transparent si le souscripteur contrôle les actifs ou les arbitrages.
Mémo express
Le dossier de qualification d’un contrat étranger
- conditions générales, conditions particulières et tous les avenants ;
- date de souscription, dates et montants de chaque prime ;
- garanties décès, risque biométrique et âge prévu des prestations ;
- univers d’investissement, mandats, pouvoirs d’arbitrage et contrôle réel du souscripteur ;
- historique des rachats, fonds détenus et fraction de gain depuis 2018.
Rachat par un résident allemand : deux impositions à coordonner
Côté français, le rachat d’un non-résident supporte en principe un prélèvement sur la seule fraction de gain : 12,8 % avant huit ans et 7,5 % après huit ans. La convention peut réduire ce prélèvement et une procédure de remboursement peut être nécessaire. Côté allemand, la première question porte sur la qualification du contrat en assurance, puis sur les conditions du traitement particulier.
Aucun taux français ne donne seul le coût total. Avant le rachat, précisez gain, primes, dates, taux prélevé en France, catégorie conventionnelle et traitement allemand. Au décès, l’article 990 I français ne figure pas expressément parmi les impôts couverts par la convention successorale : aucune neutralisation ne peut être promise. Traitez ce point avec la clause et la situation des bénéficiaires.
Le Luxembourg ne crée pas une exonération allemande
Une assurance-vie luxembourgeoise peut répondre à des objectifs contractuels ou patrimoniaux, mais son pays d’émission ne dispense ni de qualification allemande ni de déclaration. Un FID très individualisé renforce même l’analyse des pouvoirs de contrôle. Aucun contrat ne convient universellement à tous les expatriés.
Comptes étrangers : pas de 3916 allemand général, mais des obligations
L’Allemagne ne prévoit pas une déclaration annuelle générale strictement équivalente au formulaire français 3916 pour chaque compte étranger ordinaire. Cela n’exonère jamais intérêts, dividendes ou gains. Participations, entreprises, établissements stables et structures étrangères peuvent aussi déclencher les obligations du § 138 AO.
Depuis 2025, certains paiements transfrontaliers supérieurs à 50 000 € relèvent aussi d’une déclaration statistique AWV, sous réserve des exemptions. L’échange CRS informe les administrations ; il ne remplit pas la déclaration du contribuable.
Cas épargnante
Sophie part à Munich avec un PEA de 180 000 € et une assurance-vie de douze ans
Sophie exporte l’historique du PEA et les prospectus des ETF, car l’Allemagne sépare titres et fonds. Pour l’assurance-vie, elle réunit garanties décès, primes et pouvoirs d’arbitrage. Douze années ne suffisent pas au traitement de la moitié du gain : âge, date de conclusion et critères d’assurance comptent aussi. Elle calcule les deux impositions avant tout rachat.
Sources françaises et allemandes. Le maintien du PEA d’un non-résident est décrit par le BOFiP. La DGFiP précise le régime français des rachats dans sa fiche non-résident. La qualification allemande des assurances-vie est détaillée dans la doctrine BMF. Les obligations relatives aux relations étrangères reposent notamment sur le § 138 AO, et la Bundesbank publie les règles AWV.
PER, bAV, Riester et Rürup : choisir une fonction avant de choisir un produit
La coordination européenne totalise les périodes ; chaque pays calcule sa pension et la convention localise l’imposition. PER, retraite d’entreprise, Riester et Basisrente dite Rürup gardent toutefois leurs conditions propres : un taux unique fausserait la décision.
Une carrière coordonnée, mais plusieurs pensions
Les périodes françaises, allemandes et européennes peuvent être prises en compte sans fusionner dans un compte unique. Chaque institution applique sa législation et verse sa part. Avant de choisir l’âge de départ, rapprochez les relevés des deux pays et repérez les années manquantes. La demande se dépose généralement dans le pays de résidence plusieurs mois avant la date envisagée.
Depuis l’avenant applicable en 2016, les pensions privées, les rentes et les pensions légales de sécurité sociale sont imposables uniquement dans l’État de résidence. Les traitements et pensions publics relèvent en principe de l’État payeur ; ils peuvent devenir imposables dans l’État de résidence lorsque le bénéficiaire possède la nationalité de celui-ci sans posséder celle de l’État payeur. Le nom de la caisse ne suffit pas : la nature juridique de l’ancien employeur doit être qualifiée.
| Flux à la retraite | Règle de départ | Vérification décisive |
|---|---|---|
| Pension privée française | État de résidence selon la convention | Nature réelle de la prestation et résidence au jour du versement |
| Pension légale de sécurité sociale | État de résidence depuis l’avenant applicable en 2016 | Caisse et catégorie conventionnelle |
| Pension publique | État payeur en principe | Employeur public, nationalité du bénéficiaire et exception conventionnelle |
| Sortie d’un PER | Qualification séparée nécessaire | Capital ou rente, avantage initial et traitement reconnu en Allemagne |
PER français : ni Riester ni Rürup par simple traduction
Le PER ne devient pas automatiquement une Basisrente, un contrat Riester ou un produit Rürup parce que son titulaire s’installe en Allemagne. La qualification doit séparer les cotisations, l’avantage obtenu à l’entrée et la prestation future ; capital et rente ne reçoivent pas nécessairement la même lecture.
L’article 21 § 6 de la convention peut coordonner certaines cotisations versées à un régime de l’autre État. Les conditions comprennent notamment une participation au régime avant le déplacement, la poursuite de l’activité dans le nouvel État et la reconnaissance de régimes globalement correspondants par les autorités. Elle ne rend donc pas tout versement sur un PER français déductible en Allemagne. Faites valider avant de poursuivre par habitude une stratégie efficace en France.
Les repères allemands 2026, sans les transformer en prescriptions
| Dispositif ou flux | Repère 2026 gelé | Limite de lecture |
|---|---|---|
| Retraite de base / Basisrente | Cotisations de base déductibles à 100 % dans une limite globale de 30 826 € par personne ; plafond doublé à 61 652 € pour des époux ou partenaires imposés conjointement | La limite tient notamment compte des cotisations employeur ; elle n’est pas un montant à verser automatiquement |
| Riester | Maximum déductible de 2 100 €, avantage inclus, pour une personne éligible | Éligibilité et intérêt économique à vérifier selon le foyer |
| Pension allemande débutant en 2026 | Quote-part imposable de 84 % | Le régime exact dépend de la nature de la pension et de l’année de départ |
| bAV financée par l’employeur | Versements éligibles issus du premier emploi à un Pensionsfonds, une Pensionskasse ou une Direktversicherung : exonération d’IR jusqu’à 8 % du plafond retraite, soit 8 112 € ; exclusion sociale normalement limitée à 4 %, soit 4 056 € | Le contrat, la participation employeur, les frais et la prestation future doivent être lus ensemble |
Décider par objectif, puis vérifier le produit
| Objectif | Question prioritaire | Décision à ne pas automatiser |
|---|---|---|
| Profiter d’un abondement employeur | Quel montant l’employeur verse-t-il et sous quelles conditions ? | Verser jusqu’au plafond sans comparer frais et prestation |
| Réduire l’impôt 2026 | La cotisation est-elle réellement déductible dans la situation franco-allemande ? | Poursuivre le PER français par habitude |
| Conserver de la flexibilité pour un retour | Quel actif reste mobilisable et comment sera-t-il déclaré en France ? | Bloquer toute l’épargne longue dans un seul cadre national |
| Préparer un revenu viager | Quelle rente nette, quelle garantie et quelle fiscalité à la résidence future ? | Comparer uniquement le montant brut annoncé |
| Transmettre | Que devient le contrat au décès et qui est bénéficiaire ? | Supposer que la clause française produit le même résultat fiscal en Allemagne |
Cas retraité
Jean reçoit une pension privée française et une pension d’un ancien employeur public
Jean vit à Fribourg-en-Brisgau. Sa pension privée et sa pension légale de sécurité sociale relèvent en principe de l’Allemagne, État de résidence. Il ne classe toutefois pas automatiquement la seconde pension comme publique parce que l’ancienne caisse porte un nom institutionnel. Il réunit statut de l’employeur et nature de chaque régime. Si une pension publique apparaît, il applique la règle de l’État payeur et vérifie l’exception de nationalité. Le calcul reste ventilé pension par pension : un taux unique masquerait ces différences.
Capital et rente peuvent changer la qualification
Rente et capital peuvent suivre des traitements différents. Lisez le PER français, la bAV ou l’assurance retraite avec son avantage à l’entrée, sa sortie, la résidence au paiement et la convention alors applicable. La simulation doit afficher ces hypothèses.
Mémo express
La méthode avant chaque nouveau versement retraite
- rapprocher les relevés de carrière français et allemands ;
- identifier l’avantage employeur et le coût complet du contrat ;
- faire confirmer la déductibilité dans l’État de résidence ;
- simuler capital et rente dans au moins deux scénarios de résidence future ;
- conserver une poche disponible pour le retour, les impôts et les imprévus.
Références conventionnelles et administratives. Le texte à utiliser est la convention franco-allemande consolidée, notamment pour les pensions et la coordination de certaines cotisations. La qualification des caisses publiques a fait l’objet d’un accord administratif publié par le BMF en mai 2025. Pour les critères fiscaux d’assurance et de retraite, la doctrine BMF reste le point de départ, à confronter au contrat et à la situation personnelle.
Conserver des actifs en France : immobilier, SCI, SCPI, plus-values et IFI
Un patrimoine resté en France se lit dans les deux systèmes. La France continue d’imposer certains revenus ou actifs situés en France ; l’Allemagne, État de résidence, demande souvent que le revenu figure dans sa déclaration avant d’appliquer la convention.
Partez de l’actif, pas de son étiquette « française » : revenu produit, clause conventionnelle et méthode allemande d’élimination de la double imposition. Une maison louée, une part de SCI, une SCPI et une action n’empruntent pas nécessairement le même chemin.
L’immeuble français reste d’abord imposable en France
Les loyers d’un immeuble situé en France sont imposables en France, même lorsque le propriétaire vit à Berlin, Munich ou Hambourg. Le revenu doit aussi être déclaré en Allemagne. La convention l’exclut de l’assiette allemande et, dans le cas standard d’une location immobilière directe située en France, le § 32b EStG écarte aussi le Progressionsvorbehalt, c’est-à-dire son effet sur le taux des autres revenus allemands.
L’absence de progressivité ne dispense ni de déclarer le revenu ni de qualifier l’actif. SCI, SCPI, activité professionnelle ou année de transfert peuvent conduire à une autre analyse. Le résultat français ne se recopie pas tel quel : le dossier doit réunir bail, charges, intérêts, travaux, avis français et qualification allemande.
Côté français, les loyers du non-résident relèvent du barème avec un taux minimum de 20 %, puis de 30 % au-delà du seuil annuel, sauf si l’option pour le taux moyen calculé sur les revenus mondiaux est plus favorable. Ce seuil évolue : reprenez celui de l’année.
| Flux ou actif français | Droit d’imposer principal | Lecture du résident allemand | Pièce à sécuriser |
|---|---|---|---|
| Loyers d’un immeuble français | France, État de situation de l’immeuble | Exclusion de l’assiette allemande ; pas de progressivité pour la location directe standard, sous réserve de qualification | Calcul français, charges, intérêts et avis d’impôt |
| Plus-value d’un immeuble français | France | Exemption allemande ; calcul distinct selon le § 23 EStG pour déterminer une éventuelle progressivité | Acte d’achat, travaux, frais, acte de vente et impôt français |
| Dividende d’une société française | Allemagne avec retenue française plafonnée conventionnellement | Imposition allemande et crédit limité ; restitution française éventuelle si excès | IFU, relevé brut, retenue et justificatif de résidence |
| Intérêt français ordinaire | Allemagne, sauf rattachement à un établissement stable | Imposition allemande de principe | Relevé annuel et taux de change |
| Cession de titres ordinaires | Allemagne, sous réserve des clauses spéciales | Régime allemand selon la participation et la nature du titre | Prix de revient historique, frais et pourcentage détenu |
| Titres à prépondérance immobilière française | France si le test conventionnel de plus de 50 % est rempli | Crédit allemand pour la catégorie conventionnelle visée | Composition de l’actif sur les 365 jours précédant la vente |
| Immobilier français direct ou indirect | France au titre de l’IFI | Pas de neutralisation par l’absence actuelle d’impôt général allemand sur la fortune | Valeur au 1er janvier, dettes et structure de détention |
Revendre un bien français comme non-résident
La France conserve le droit d’imposer la plus-value immobilière. Pour le particulier non-résident, le taux d’impôt sur le revenu est en principe de 19 %. L’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après vingt-deux années de détention ; celle des prélèvements sociaux après trente années. Une plus-value nette imposable supérieure à 50 000 € peut en outre supporter la taxe supplémentaire de 2 % à 6 %, sous réserve de ses exclusions. Ces calendriers et prélèvements ne doivent pas être confondus.
Une personne affiliée à un régime obligatoire autre que français dans l’Espace économique européen ou en Suisse est exonérée, sous les conditions prévues, de CSG et de CRDS sur ses revenus immobiliers et sa plus-value immobilière française. Le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû. En pratique, nous vérifions l’affiliation exacte au moment du revenu ou de la vente et les justificatifs attendus. L’adresse allemande, à elle seule, ne prouve pas l’exonération.
Dix ans en Allemagne ne remplacent pas vingt-deux ou trente ans en France
Les délais français de vingt-deux et trente ans déterminent l’impôt français. Ils ne sont pas remplacés par le délai allemand de dix ans. Mais le § 23 EStG sert aussi à déterminer si la plus-value française, exonérée de l’assiette allemande, produit un revenu à retenir pour un éventuel Progressionsvorbehalt. Une vente au-delà de dix ans ou remplissant l’exception d’usage propre peut ainsi ne produire aucun revenu privé de cession selon le calcul allemand. Il faut donc effectuer deux calculs distincts.
IFI : le seuil français reste vivant. Le non-résident demeure imposable à l’IFI sur son immobilier français direct et indirect lorsque la valeur nette taxable excède 1,3 million d’euros au 1er janvier. Le contrôle ne s’arrête donc pas à la maison détenue en direct. Il porte aussi sur les sociétés et placements dont une fraction de la valeur représente de l’immobilier français, avant d’appliquer les règles françaises de valorisation et de dettes.
L’Allemagne ne perçoit actuellement pas d’impôt général annuel sur la fortune des personnes physiques. Cela ne rend pas l’IFI français inapplicable. Le traité réserve à la France l’imposition de la fortune immobilière française ; l’absence d’impôt allemand correspondant ne crée pas de crédit à utiliser ailleurs.
SCI et SCPI : les sigles français ne traversent pas la frontière
Une SCI n’est pas automatiquement transparente ou opaque en Allemagne. Sa qualification dépend des statuts et du fonctionnement réel : droits des associés, gestion, responsabilité, revenus et traitement français. La conclusion d’une SCI familiale à l’impôt sur le revenu ne se copie pas sur une SCI à l’impôt sur les sociétés.
La SCPI appelle la même prudence. Selon sa structure et l’analyse allemande, elle peut être appréhendée comme un fonds, une entité transparente ou une exposition à l’immobilier direct. Cette qualification commande les revenus, distributions, cessions et l’éventuelle application des règles allemandes sur les fonds. « Pierre-papier » n’est pas une catégorie fiscale.
Lors d’une cession de parts, l’assimilation immédiate à une vente d’immeuble est tout aussi risquée. La convention autorise la France à imposer des titres lorsqu’une société a tiré plus de 50 % de sa valeur, directement ou indirectement, d’immeubles français à un moment quelconque des 365 jours précédant la vente. Les immeubles affectés à l’exploitation propre sont écartés du test conventionnel. Une valorisation au seul jour de la cession est donc insuffisante.
Cas patrimonial
Élodie vit à Francfort, loue un appartement à Lille et détient deux SCPI
Élodie déclare le loyer lillois en France, puis dans sa déclaration allemande. Pour cette location directe standard, l’exemption s’applique sans progressivité allemande. Elle conserve néanmoins les calculs et justificatifs de chaque pays. Pour les SCPI, son Steuerberater demande les documents juridiques et fiscaux de chaque véhicule avant de retenir la catégorie allemande. Au 1er janvier, son conseil français agrège l’immobilier français détenu directement et indirectement pour tester le seuil d’IFI. Ces trois actifs ont une apparence immobilière ; leur traitement déclaratif peut pourtant différer.
Mémo express
Le dossier français à mettre à jour chaque année
- valeur des immeubles et dettes justifiables au 1er janvier ;
- déclarations et avis français relatifs aux loyers ;
- prix de revient, factures de travaux et durée de détention de chaque bien ;
- statuts, liasses, rapports annuels et historique des parts de SCI et de SCPI ;
- dividendes et intérêts bruts, retenues françaises et éventuelles demandes de restitution ;
- note expliquant la méthode conventionnelle appliquée en Allemagne.
Les points de départ officiels sont la convention franco-allemande consolidée, le § 32b EStG sur la progressivité, la fiche sur le taux moyen des non-résidents, la fiche de la DGFiP sur la vente immobilière par un non-résident, les règles de contributions sociales et la fiche consacrée à l’IFI des non-résidents. Ces textes posent le cadre. Pour une SCI ou une SCPI, aucune conclusion sérieuse ne peut toutefois être arrêtée sans les statuts.
Acheter, louer et revendre un bien en Allemagne
Un prix au mètre carré et un taux de crédit ne disent presque rien d’un achat allemand pris isolément. Le Land détermine une partie du coût d’acquisition, la commune intervient dans l’impôt foncier, le terrain n’est pas amortissable et la revente n’obéit pas au délai français.
L’étude doit porter sur un bien identifié : Land, commune, répartition documentée entre terrain et bâtiment, usage et date de sortie plausible.
À l’achat : la Grunderwerbsteuer dépend du Land
La loi fédérale fixe un taux de base de Grunderwerbsteuer de 3,5 %, mais chaque Land peut retenir son propre taux. Un pourcentage unique dans un budget national serait donc trompeur. Le taux se vérifie au jour de l’opération dans le Land concerné, puis le montant s’ajoute aux autres frais d’acquisition et au financement.
Ne la confondez pas avec la Grundsteuer, impôt foncier récurrent dont le nouveau régime s’applique depuis le 1er janvier 2025. Son calcul dépend du modèle du Land, du bien et du Hebesatz communal. Deux biens de même prix dans deux villes peuvent donc supporter des charges différentes.
| Étape | Question décisive | Erreur à éviter |
|---|---|---|
| Budget d’acquisition | Quel est le taux de Grunderwerbsteuer du Land à la date de l’acte ? | Utiliser 3,5 % comme taux national définitif |
| Impôt foncier | Quel modèle applique le Land et quel Hebesatz vote la commune ? | Déduire la Grundsteuer du seul prix d’achat |
| Financement | Quelle part de la dette finance le bâtiment loué et quelles charges sont admises ? | Considérer toute mensualité comme une charge fiscale |
| Amortissement | Quelle valeur revient au terrain et quelle année d’achèvement est prouvée ? | Amortir la totalité du prix, terrain inclus |
| Location | Quels loyers et charges admises constituent le revenu imposable ? | Confondre rendement brut et revenu fiscal |
| Revente | La vente intervient-elle dans les dix ans, avec quel usage du logement ? | Appliquer les durées françaises à un immeuble allemand |
Financer : distinguer trésorerie, capital et charge. Les loyers allemands sont imposés au barème après déduction des charges admises. Dans nos simulations, le financement tient en trois colonnes : remboursement du capital, coût du financement et autres dépenses. La mensualité reste une sortie de trésorerie ; elle n’est pas intégralement une charge fiscale.
Le dossier utile comprend l’offre, le tableau d’amortissement, l’acte, les preuves d’affectation des fonds et les factures. Si une même dette finance le logement personnel, un bien loué et des travaux, l’absence de ventilation fragilise l’analyse. La réponse dépend alors de la nature de la dépense, de son lien avec la location et des pièces disponibles dans le dossier allemand.
Amortir le bâtiment, jamais le terrain
Le terrain n’est pas amortissable. Le prix doit donc être réparti entre terrain et bâtiment selon une méthode défendable. Pour un bâtiment résidentiel, l’amortissement linéaire est notamment de 3 % lorsqu’il a été achevé après 2022, de 2 % pour une construction achevée entre 1925 et 2022 et de 2,5 % pour une construction achevée avant 1925.
Ces pourcentages ne s’appliquent pas au prix global sans correction et ne qualifient pas, à eux seuls, une dépense ultérieure comme immédiate ou incorporée au coût du bâtiment. Année d’achèvement, ventilation terrain-bâti et factures sont des preuves, pas de simples données de simulation.
Lecture économique minimale d’un bien loué
Loyers encaissés − charges admises − coût du financement admis − amortissement du bâtiment = revenu imposable allemand à déterminer
Le remboursement du capital et la valeur du terrain ne sont pas des amortissements. La qualification de chaque dépense doit être documentée.
Revendre avant ou après dix ans
Une vente immobilière privée réalisée dans les dix ans suivant l’acquisition est généralement imposable en Allemagne. Après dix ans, la plus-value privée sort généralement du § 23 EStG. Ce délai n’est toutefois pas une immunité universelle : il ne protège pas une activité qualifiée de marchand de biens.
Une exonération liée à l’usage personnel peut s’appliquer sans attendre dix ans lorsque le logement a été utilisé exclusivement à titre personnel depuis son acquisition ou son achèvement jusqu’à la vente, ou lorsqu’il l’a été pendant l’année de la vente et les deux années civiles précédentes. Cette seconde règle ne signifie pas forcément trente-six mois pleins : dates et usage réel doivent être établis.
Le délai de dix ans n’est pas un conseil de conservation
Conserver un mauvais bien pour « atteindre dix ans » peut coûter plus cher que l’impôt évité. Inversement, vendre sans vérifier l’usage personnel peut faire manquer une exonération. La décision doit rapprocher impôt, dette, rendement, travaux, risque locatif et projet de vie.
Cas immobilier
Thomas achète à Cologne un appartement ancien destiné à la location
Thomas refuse une simulation qui amortit tout le prix. Il fait documenter la part du terrain, confirme l’année d’achèvement du bâtiment et applique le taux à cette seule base. Il vérifie la Grunderwerbsteuer du Land au jour de l’acte et le Hebesatz communal de la Grundsteuer. Son plan de sortie distingue trois scénarios : vente locative avant dix ans, conservation au-delà de dix ans et occupation personnelle répondant aux conditions du § 23. Le choix final ne repose pas sur une promesse de plus-value, mais sur un coût complet et une chronologie vérifiable.
Les sources à reprendre pour chaque opération. Le socle officiel comprend le § 11 GrEStG pour le taux fédéral de base et l’ article 105 de la Loi fondamentale pour le pouvoir tarifaire des Länder, la documentation du BMF sur la nouvelle Grundsteuer, le § 7 EStG pour l’amortissement et le § 23 EStG pour la cession privée. À ce socle s’ajoutent le taux en vigueur du Land, la décision communale et les données du bien. Aucune page nationale ne remplace ces trois vérifications locales.
Donation et succession : convention de 2006, fiscalité allemande et double lecture familiale
Dans une transmission franco-allemande, commencez par les résidences et répartissez les biens selon la convention fiscale du 12 octobre 2006, entrée en vigueur le 3 avril 2009. Les abattements, taux et crédits viennent après.
Cette convention couvre les droits français de mutation à titre gratuit et l’impôt allemand sur les successions et donations. Elle ne s’applique toutefois que si le défunt au décès ou le donateur lors de la donation est domicilié dans l’un ou les deux États contractants. La seule résidence du bénéficiaire ne suffit pas à faire entrer la transmission dans son champ. Elle ne choisit pas non plus la loi civile de la succession : le pays qui taxe un immeuble n’est pas nécessairement celui dont la loi détermine les héritiers ou leurs droits.
Première étape : vérifier l’assujettissement allemand
Le droit interne allemand peut imposer mondialement lorsque le défunt au décès, le donateur lors de la donation ou l’acquéreur au fait générateur est un Inländer, notamment un résident allemand ou certains ressortissants allemands partis depuis cinq ans au plus. Sinon, une imposition limitée peut subsister sur des actifs allemands. Voilà pourquoi la donation d’un parent en France à son enfant installé en Allemagne peut ouvrir un dossier allemand, même sans actif allemand.
Lorsque les deux pays revendiquent un droit d’imposer, la convention ne choisit pas un pays pour tout le patrimoine. Elle attribue chaque catégorie d’actif, puis organise des crédits distincts et plafonnés selon les domiciles du transmetteur et du bénéficiaire, et selon le bien.
En cas de double domicile, une installation récente mérite un examen particulier. L’article 4 § 3 peut maintenir le domicile conventionnel dans l’État de nationalité unique lorsque l’installation dans l’autre État n’avait manifestement pas vocation à être indéfinie et y a duré moins de cinq années au total sur les sept précédentes. Nous demandons alors une chronologie étayée par les faits : l’intention déclarée ne suffit pas.
| Actif transmis | État principalement compétent selon la convention | Point de contrôle |
|---|---|---|
| Immeuble | État où l’immeuble est situé | Situation juridique et valeur du bien |
| Parts à prépondérance immobilière | État de situation des immeubles si les conditions sont remplies | Composition de l’actif et chaîne de détention |
| Bien affecté à un établissement stable | État de l’établissement stable | Affectation économique réelle |
| Bien meuble corporel | État où le bien se trouve | Localisation et qualification du bien |
| Liquidités et créances | En principe État du domicile conventionnel du défunt ou donateur | Domicile au sens de la convention, pas simple adresse bancaire |
| Titres ordinaires et autres biens | En principe État du domicile conventionnel du défunt ou donateur | Clause spéciale, structure et éventuel établissement stable |
Le droit de l’État du bénéficiaire peut revenir dans le calcul
Lorsqu’un héritier, un légataire ou un donataire réside en France, la France conserve la possibilité d’imposer l’ensemble de ce qu’il reçoit conformément à son droit interne. La condition française de six années de résidence au cours des dix années précédentes peut rester pertinente. Ce droit ne transforme pas le crédit étranger en neutralisation universelle.
L’article 11 organise plusieurs crédits distincts et plafonnés. Lorsque le défunt ou donateur est domicilié en France, la France crédite notamment l’impôt allemand sur les actifs pour lesquels l’Allemagne dispose du droit d’imposer selon les articles 5 à 8 ; le mécanisme est symétrique lorsque le transmetteur est domicilié en Allemagne. Les paragraphes relatifs à la résidence du bénéficiaire permettent aussi à son État d’imposer l’ensemble reçu selon son droit interne, mais le crédit reste soumis aux exclusions et plafonds exacts de l’article 11. Il faut donc calculer les deux droits sur la même photographie, sans promettre le plus faible des deux barèmes.
Abattements personnels allemands
| Bénéficiaire | Abattement allemand de droit commun |
|---|---|
| Époux ou partenaire enregistré | 500 000 € |
| Enfant ou enfant du conjoint | 400 000 € |
| Petit-enfant dont le parent intermédiaire est prédécédé | 400 000 € |
| Autre petit-enfant | 200 000 € |
| Autre bénéficiaire de classe I | 100 000 € |
| Bénéficiaire de classe II ou III | 20 000 € |
Parents et grands-parents appartiennent à la classe I lors d’une succession, mais normalement à la classe II lors d’une donation. La même personne peut donc relever d’une classe différente selon que le transfert intervient du vivant ou au décès. La comparaison des taux n’a de sens qu’après avoir renseigné la parenté et la nature de l’opération.
Barème allemand après abattement
| Part taxable | Classe I | Classe II | Classe III |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 75 000 € | 7 % | 15 % | 30 % |
| Jusqu’à 300 000 € | 11 % | 20 % | 30 % |
| Jusqu’à 600 000 € | 15 % | 25 % | 30 % |
| Jusqu’à 6 M€ | 19 % | 30 % | 30 % |
| Jusqu’à 13 M€ | 23 % | 35 % | 50 % |
| Jusqu’à 26 M€ | 27 % | 40 % | 50 % |
| Au-delà de 26 M€ | 30 % | 43 % | 50 % |
Une donation ne recrée pas l’abattement chaque année. Les donations consenties par le même donateur au même bénéficiaire sont agrégées en Allemagne sur une période de dix ans. Avant une nouvelle donation, reprenez les actes et valeurs antérieurs, y compris français. Un oubli fausse l’abattement disponible et la tranche d’imposition.
Une acquisition successorale ou une donation doit en principe être signalée au Finanzamt dans les trois mois suivant la connaissance de l’acquisition. Certains actes ouverts ou certifiés par une juridiction, un notaire ou un consul allemand sont dispensés, mais cette dispense connaît elle-même des exceptions, notamment pour l’immobilier, l’entreprise, certaines participations et le patrimoine étranger. Nous vérifions donc le § 30 ErbStG au lieu de considérer que l’intervention du notaire a nécessairement clos le volet déclaratif.
Assurance-vie et article 990 I : ne promettre aucune neutralisation
La désignation bénéficiaire d’une assurance-vie peut constituer une acquisition taxable en Allemagne. Côté français, le prélèvement de l’article 990 I ne figure pas expressément parmi les impôts couverts par la convention successorale. Son articulation doit donc être confirmée contrat par contrat et au regard des résidences. Ni l’existence de la convention, ni le choix d’un contrat français ou luxembourgeois ne permet de promettre une absence de double charge.
Cas de transmission
Une famille franco-allemande transmet immobilier, liquidités et titres
Le père vit à Stuttgart. Sa fille vit à Lyon. Le patrimoine comprend un appartement en France, une maison en Allemagne, des liquidités et des titres ordinaires. Avant tout calcul, le conseil attribue chaque immeuble à son État de situation et rattache liquidités et titres au domicile conventionnel du transmetteur. Il examine ensuite le droit français lié à la résidence de la fille, le crédit conventionnel pour l’impôt allemand, les donations des dix années précédentes et les notifications. Le barème n’arrive qu’une fois cette carte établie.
Mémo express
Le dossier de transmission à ouvrir avant l’acte
- résidences fiscales et domiciles conventionnels du donateur ou défunt et de chaque bénéficiaire ;
- nationalités, liens de parenté et donations des dix dernières années ;
- inventaire actif par actif, localisation, valeur et dette correspondante ;
- statuts des sociétés, composition immobilière et établissements stables ;
- contrats d’assurance-vie, dates des primes et clauses bénéficiaires ;
- projet civil : testament, loi choisie, régime matrimonial et protection recherchée.
Les textes de référence sont la convention franco-allemande sur les successions et donations, les § 2, § 16 et § 19 ErbStG, le § 30 ErbStG pour la notification. Les pages de la DGFiP consacrées aux donations internationales et aux successions internationales complètent les démarches françaises.
Couple binational, régime matrimonial, enfants et testament
Dans un dossier familial franco-allemand, les impôts viennent après l’identification des biens et dettes de chaque époux ou partenaire, puis de la loi successorale, des héritiers et de leurs droits dans le Nachlass, c’est-à-dire la succession. La fiscalité ne répare pas une incohérence en amont.
Choisir la loi française ne signifie pas que la succession sera taxée en France : le règlement européen peut permettre un choix de loi civile, mais exclut la fiscalité. Payer des droits en Allemagne ne prouve pas davantage que le droit allemand règle toute la dévolution.
| Couche | Question à résoudre | Document de départ |
|---|---|---|
| Régime matrimonial | Quels biens et quelles dettes appartiennent à chacun avant la succession ? | Contrat de mariage, acte de partenariat, titres de propriété et historique des fonds |
| Loi successorale | Quelle loi organise la dévolution et un choix de loi a-t-il été valablement exprimé ? | Testament, nationalités, résidence habituelle et chronologie familiale |
| Droits des proches | Quels droits impératifs ou protections doivent être conciliés ? | Composition de la famille, filiations, décisions et actes antérieurs |
| Fiscalité | Quel pays impose chaque actif et comment le crédit conventionnel fonctionne-t-il ? | Résidences de chacun, inventaire valorisé et convention de 2006 |
| Exécution pratique | Qui peut agir auprès des banques, sociétés et administrations en cas de décès ou d’incapacité ? | Mandats, pouvoirs, coordonnées des conseils et dossier d’urgence |
Commencer par le régime matrimonial, pas par le testament
Avant de répartir une succession, encore faut-il savoir quels actifs y entrent réellement. Appartement acheté avant l’union, entreprise créée pendant la vie commune, compte alimenté par donation ou dette à deux ne se classent pas à la lecture d’un relevé bancaire. Le contrat, les dates d’acquisition, l’origine des fonds et les changements de régime doivent être reconstitués.
Il n’existe pas ici de traduction automatique entre régimes français et allemands. Leur liquidation et leurs effets sur une entreprise ou un bien propre doivent être revus par un notaire ou un avocat compétent dans les deux systèmes. Un barème exact appliqué à une masse successorale fausse ne sauve pas l’optimisation.
Règlement européen 650/2012 : une loi civile, pas un impôt
Le règlement européen sur les successions retient en principe la loi de la résidence habituelle du défunt. Il permet, sous conditions, de choisir la loi de sa nationalité. Pour une personne ayant plusieurs nationalités, vivant entre les deux pays ou envisageant un nouveau départ, la rédaction doit être assez précise pour rester intelligible lorsque la situation change.
Ce choix, souvent appelé professio juris, traite de la succession civile. Il ne modifie ni le lieu d’un immeuble, ni la résidence fiscale du bénéficiaire, ni la convention de 2006. Une loi française choisie peut donc coexister avec des droits allemands sur tout ou partie de la transmission.
Un testament valable n’est pas encore un plan de transmission complet
Le texte doit être confronté au régime matrimonial, aux clauses bénéficiaires, aux statuts de société, aux donations antérieures, aux résidences probables et aux droits des proches. La loi choisie et la fiscalité restent deux diagnostics distincts. Mieux vaut faire relire ensemble la version française et celle utilisée en Allemagne que conserver deux testaments susceptibles de se contredire.
Réserve, droits minimaux et Nachlass : ne pas traduire mot à mot
Une famille habituée à la réserve héréditaire française peut attendre les mêmes droits en Allemagne ; une autre peut croire qu’un testament suffit toujours à écarter un enfant ou à protéger entièrement le conjoint. Le spécialiste civil doit préciser les droits impératifs ou créances qui subsistent. Leur financement et leur fiscalité peuvent alors être mesurés.
La liquidité mérite une place dans ce diagnostic. Un Nachlass composé d’un logement, de parts de société et de peu de trésorerie peut obliger les héritiers à financer des droits, une créance familiale ou un rachat de parts. Une clause juridiquement cohérente peut devenir impraticable si personne n’a prévu qui dispose des liquidités et dans quel pays elles sont accessibles.
Famille recomposée : lien fiscal et droit civil ne se confondent pas
Le droit fiscal allemand accorde, dans son barème de droit commun, un abattement de 400 000 € à l’enfant du conjoint, comme à un enfant. Cette donnée fiscale ne suffit pas à conclure que tous les droits civils, dans toute configuration familiale, sont identiques. Filiation, adoption, mariage ou partenariat, testament et résidence doivent être vérifiés séparément.
Dans une famille recomposée, nous reprenons l’inventaire bénéficiaire par bénéficiaire. Qui reçoit immédiatement ? Qui doit être protégé pendant l’usage du logement ? Qui reprend l’entreprise ? Quels enfants ont déjà reçu une donation, et de quel parent ? En Allemagne, les donations du même donateur au même bénéficiaire sont agrégées sur dix ans ; un tableau unique pour « les enfants » ne suffit pas.
Cas familial
Anna et Marc vivent à Berlin avec des enfants de deux unions
Anna est allemande, Marc français. Ils possèdent leur résidence à Berlin, un appartement français acquis par Marc avant l’union et des titres de société. Leur premier rendez-vous ne cherche pas le contrat financier le plus rentable. Le notaire reconstitue la propriété de chaque actif et leur régime matrimonial, puis vérifie résidence habituelle, nationalités et choix de loi successorale. Sur cette base, les conseils fiscaux répartissent l’immobilier et les titres au regard de la convention de 2006, avant de calculer chaque enfant séparément. Le testament est rédigé après ce travail, pas avant.
Mandats et incapacité : prévoir qui peut agir des deux côtés. Le patrimoine transfrontalier peut se bloquer avant même une succession. En cas d’incapacité, une personne doit pouvoir parler aux banques, payer les charges, suivre un bien locatif, exercer les droits sociaux et transmettre les documents. Un mandat limité à un pays ou une banque peut ne pas répondre aux besoins de l’autre côté de la frontière.
Les professionnels compétents examinent les pouvoirs patrimoniaux, les volontés relatives à la personne et l’accès aux documents. Un mandat français ne sera pas nécessairement accepté sans formalité en Allemagne, ni l’inverse. Il reste à identifier les actes, leurs titulaires et les originaux, puis à tester leur usage auprès des institutions clés.
Mémo express
Le classeur familial franco-allemand
- chronologie des résidences, nationalités et situations familiales ;
- contrat de mariage ou de partenariat et éventuelles modifications ;
- titres de propriété, origine des fonds et dettes de chaque actif ;
- testaments coordonnés, donations et clauses bénéficiaires ;
- statuts de sociétés et consignes de continuité pour le dirigeant ;
- mandats, coordonnées des notaires et conseils, accès sécurisé aux pièces.
Le texte européen de référence est le règlement (UE) n° 650/2012. Il doit être lu avec la convention fiscale successorale franco-allemande. Le premier organise la loi civile applicable ; la seconde répartit les droits fiscaux. Aucun des deux textes ne remplace l’analyse du régime matrimonial ou la rédaction coordonnée des actes.
Cession d’entreprise et exit tax allemande lors d’un départ ultérieur
Une cession révèle les erreurs de mobilité : résidence, pourcentage détenu, direction depuis l’Allemagne, ancien sursis d’exit tax, prix de revient. Avant le prix de vente, rouvrez trois dossiers : titres et convention, départ de France, puis éventuel départ d’Allemagne.
Qualifier d’abord le titre et la participation détenue
Pour un résident allemand, une participation d’au moins 1 % dans une société, détenue à un moment au cours des cinq années précédentes, relève normalement du § 17 EStG et non du simple régime forfaitaire des revenus mobiliers. Examinez détention directe et indirecte, opérations sur le capital et période entière : vendre après être descendu sous 1 % ne fait pas nécessairement sortir du texte.
La convention franco-allemande attribue en principe la plus-value sur des titres ordinaires à l’État de résidence. Deux réserves majeures doivent être testées. D’une part, les actifs rattachés à un établissement stable suivent leur propre règle. D’autre part, la France peut imposer les titres ayant tiré plus de 50 % de leur valeur d’immeubles français à un moment des 365 jours précédant la vente, hors immeubles affectés à l’exploitation propre dans le test conventionnel.
| Situation lors de la cession | Question fiscale | Vérification indispensable |
|---|---|---|
| Titres ordinaires détenus par un résident allemand | Imposition allemande de principe | Résidence conventionnelle, prix de revient et seuil du § 17 EStG |
| Société à prépondérance immobilière française | Droit français possible | Test de plus de 50 % pendant les 365 jours précédents |
| Titres affectés à un établissement stable | Rattachement au bénéfice de l’établissement | Fonctions, actifs et risques réellement attribuables |
| Titres encore sous sursis d’exit tax française | La vente peut rendre l’impôt français exigible | Déclaration initiale, suivi, dégrèvement déjà acquis ou non |
| Départ ultérieur d’Allemagne avant la vente | Cession fictive possible au titre du § 6 AStG | Durée de résidence allemande, seuil de participation et valeur de marché |
Retrouver l’exit tax française du premier départ
Un dirigeant arrivé en Allemagne avec des titres d’une société française a pu bénéficier du sursis automatique de l’article 167 bis lors de son départ de France. Pour les plus-values latentes, la cession, le rachat, le remboursement ou l’annulation peuvent rendre exigible l’impôt en sursis. En revanche, lorsque le donateur est alors domicilié fiscalement en Allemagne, la donation des titres concernés ouvre en principe droit au dégrèvement ou à la restitution de l’impôt correspondant. Les créances de complément de prix et les plus-values déjà en report obéissent à des faits générateurs distincts : la catégorie déclarée et les formulaires d’origine doivent être relus avant toute opération.
Si le dégrèvement est déjà devenu définitif parce que le délai et les conditions ont été respectés, la situation n’est pas celle d’un impôt encore en sursis. S’il ne l’est pas, la cession doit être coordonnée dans les deux pays. Les délais normaux de dégrèvement des plus-values latentes sont de deux ans lorsque la valeur des titres n’excède pas 2,57 M€ et de cinq ans au-delà, à condition qu’aucun événement déclencheur ne survienne.
L’article 7 § 6 s’applique lorsque la personne a été résidente du premier État pendant au moins cinq ans, que les titres concernent une société résidente de ce premier État, que celui-ci impose la plus-value accumulée lors du transfert et que la cession ultérieure est imposée dans l’autre État conformément à l’article 7 § 5. L’autre État retient alors la valeur au jour du transfert pour calculer son gain.
En droit interne allemand, le § 17 al. 2 phrase 3 EStG prévoit aussi, sous preuve d’une exit tax étrangère comparable, une valeur d’acquisition correspondant à celle utilisée par l’État de départ, plafonnée à la valeur de marché. Aucun de ces mécanismes ne constitue un step-up général : le prix de revient retenu dans chaque pays doit être écrit et sourcé avant la vente.
Une seule cession peut mobiliser deux exit taxes de deux périodes différentes
L’exit tax française regarde le départ antérieur de France. L’exit tax allemande regarde un départ ultérieur d’Allemagne. Elles ne s’annulent pas parce qu’elles portent sur les mêmes titres. Reconstruisez pour chacune fait générateur, valeur de marché, prix de revient, sursis ou échéances, puis règle de coordination applicable.
Le test allemand du § 6 AStG
Le § 6 AStG concerne une personne physique ayant été assujettie sans limitation en Allemagne pendant un total d’au moins sept années au cours des douze précédant l’événement et détenant des titres relevant du § 17 EStG — en principe une participation directe ou indirecte d’au moins 1 % dans une société de capitaux à un moment quelconque des cinq années précédentes. La cession fictive à la valeur de marché est déclenchée par l’un des trois événements alternatifs : fin de l’assujettissement illimité par abandon du domicile ou du séjour habituel ; transfert gratuit à une personne non assujettie sans limitation ; ou, indépendamment des deux premiers cas, exclusion ou restriction du droit allemand d’imposer le gain.
Test de risque simplifié au départ d’Allemagne
Assujettissement illimité total ≥ 7 années sur les 12 précédentes ET titres relevant du § 17 EStG ET l’un des trois faits générateurs alternatifs du § 6 al. 1 → cession fictive à la valeur de marché
Le texte, les restructurations, les reports et la situation de chaque société doivent être examinés ; cette formule sert uniquement de signal d’alerte.
Le seuil de sept années ne doit pas être testé la veille du départ. Dès la cinquième ou sixième année, conservez chronologie fiscale allemande, table de capitalisation et valorisations. Participation indirecte, apport ou dilution peuvent modifier le calcul sans supprimer l’historique des cinq années.
Sept échéances ne signifient pas sept années de sursis gratuit
Sur demande, le paiement peut être réparti en sept échéances annuelles, en principe avec une garantie. Il s’agit d’un échelonnement encadré, pas d’une exonération. Une vente, un transfert, une distribution substantielle ou un défaut de coopération peut accélérer l’exigibilité. Rapprochez donc le calendrier de la trésorerie personnelle, des distributions prévues et des covenants éventuels.
Un retour en Allemagne peut faire disparaître la créance sous conditions, généralement lorsqu’il intervient dans les sept ans. Ce délai peut être étendu jusqu’à douze ans. Le projet de retour doit être réel et documenté ; une vente ou un événement intervenu entre-temps peut empêcher le bénéfice attendu. Il faut suivre les obligations pendant toute la période, même si l’intéressé réside déjà en France.
| Moment | Action à mener | Risque si elle est omise |
|---|---|---|
| T−24 à T−12 mois | Cartographier participations directes et indirectes, fonds et durées de résidence | Découvrir trop tard une cession fictive importante |
| T−12 à T−6 mois | Faire valoriser les titres et rapprocher le prix de revient allemand | Base contestable ou double gain économique |
| Avant restructuration ou distribution | Tester l’effet sur le § 6 AStG et un ancien sursis français | Exigibilité accélérée ou perte d’une coordination |
| Déclaration de départ | Demander, si pertinent, l’échelonnement en sept échéances et préparer la garantie | Trésorerie insuffisante au moment de l’imposition |
| Après le départ | Suivre ventes, transferts, distributions, coopération et projet de retour | Échéancier remis en cause |
| Retour éventuel | Prouver le délai et toutes les conditions de disparition de la créance | Croire à tort que la seule nouvelle adresse annule l’impôt |
Depuis 2025, certains fonds entrent aussi dans le radar
Pour les événements intervenant après le 31 décembre 2024, le § 19 al. 3 InvStG peut viser des parts d’investissement privées lorsque la somme des gains imposables définis par le texte est positive et que l’investisseur a soit détenu directement ou indirectement au moins 1 % des parts à un moment quelconque des cinq années précédentes, soit détient, au moment du fait générateur, des parts du même fonds dont le coût d’acquisition atteint au moins 500 000 €. Le test est effectué fonds par fonds : un portefeuille global supérieur à 500 000 € ne suffit pas.
Les parts de Spezial-Investmentfonds relèvent d’une règle distincte au § 49 al. 5 : le texte exige notamment un gain positif, mais ne reprend pas les seuils de 1 % ou 500 000 €. Dans les deux régimes, plusieurs dispositions du § 6 al. 2 à 5 AStG s’appliquent par renvoi. Les relevés doivent donc conserver le coût d’acquisition par fonds, les mouvements et le pourcentage détenu. Un ETF ou un fonds logé auprès d’une banque française ne sort pas du champ allemand par la localisation du compte.
Cas de mobilité entrepreneuriale
Romain quitte la France, développe sa société en Allemagne puis envisage un retour
Romain est parti de France avec 70 % d’une SAS et a déclaré l’exit tax française. Sept années plus tard, il vit toujours en Allemagne et prépare soit la vente de la SAS, soit un retour en France. Son conseil rouvre d’abord le dossier français : le dégrèvement est-il acquis et quels titres étaient exactement déclarés ? Il vérifie ensuite le traitement allemand de la cession au titre du § 17 EStG et la convention. Si Romain revient avant de vendre, le § 6 AStG est testé : sept années sur douze et une participation d’au moins 1 % placent le risque au premier plan. Échelonnement et retour temporaire ne sont étudiés qu’après valorisation et examen des événements prévus.
Le départ vers la France ne crée pas un nouveau prix universel
Un départ vers la France ne bénéficie pas automatiquement d’un sursis allemand illimité. À l’arrivée en France, une réévaluation générale du prix de revient après l’exit tax étrangère n’est pas automatique non plus. Conservez prix historiques, valorisations au départ, impôts liquidés et payés, échéanciers et position écrite des conseils.
Avant une vente ou un départ, nous attendons quatre réponses écrites : qui impose le gain réel ? Quel ancien impôt au départ devient exigible ? Quel prix de revient chaque État utilise-t-il ? Quel crédit ou mécanisme de coordination est juridiquement disponible ? Si l’une des réponses repose sur « normalement », la transaction n’est pas encore prête.
Coordonner la cession avant de signer
Une participation franco-allemande mérite une note unique réunissant résidence, convention, prix de revient, exit tax française, § 6 AStG et calendrier de trésorerie.
Les sources officielles centrales sont le § 17 EStG, le § 6 AStG, la doctrine du BMF sur l’AStG et le § 19 InvStG et le § 49 InvStG pour les fonds, ainsi que le formulaire BMF commun aux régimes de départ. Côté français, la page DGFiP sur l’exit tax et le texte consolidé de la convention doivent être rapprochés du dossier déclaratif historique.
Retour en France : préparer l’atterrissage avant de fermer les comptes
Un retour n’est pas un départ passé à l’envers. Entre-temps, vous avez peut-être acquis un appartement allemand, ouvert un dépôt-titres, souscrit une assurance, accumulé des droits à retraite ou développé une entreprise. Dès que vous redevenez résident, la France reprend l’imposition de vos revenus mondiaux ; l’Allemagne peut encore attendre une déclaration, un paiement ou des justificatifs.
Le premier travail consiste à figer trois photographies : le patrimoine au départ de France, à l’arrivée en Allemagne et au retour. Elles doivent se raccorder jusque dans les détails — dates d’achat, prix de revient, frais, primes versées, distributions, opérations sur titres et impôts acquittés. Une rupture dans cette chronologie suffit à fausser le calcul d’un gain ou à fragiliser un crédit d’impôt.
Le calendrier raisonnable d’un retour
| Moment | Travail à mener | Livrable à conserver |
|---|---|---|
| Six à douze mois avant | Inventorier actifs français et allemands, participations, fonds, contrats et pensions. Examiner l’éventuelle exit tax allemande. | Tableau des valeurs, pourcentages détenus, prix historiques et dates d’acquisition. |
| Trois à six mois avant | Simuler les opérations avant et après le retour, sans présumer qu’un pays est toujours moins imposant. Faire qualifier les produits allemands en France. | Note comparative datée, avec hypothèses, taux de change et points soumis à validation. |
| Dans le dernier mois | Conserver les relevés de clôture, actualiser l’adresse auprès des établissements et pérenniser l’accès aux espaces fiscaux allemands. | Relevés PDF, attestations fiscales, contrats, identifiants et procurations utiles. |
| À la date du retour | Documenter logement, foyer, activité et présences. Ne pas choisir une date par seule convenance déclarative. | Chronologie de résidence appuyée par bail, factures, contrats et déplacements. |
| Au printemps suivant | Préparer les déclarations des deux États, les formulaires français sur les actifs étrangers et le rapprochement des impôts payés. | Dossier franco-allemand unique avec déclarations, avis et preuve des retenues. |
2042-NR et 2042 : deux périodes, pas deux résidences inventées
L’année suivante, séparez les périodes. Les revenus de source française imposables avant le retour, s’il y en a, vont sur une 2042-NR. Les revenus mondiaux perçus du retour au 31 décembre relèvent de la 2042 et de ses annexes. Sans revenu français imposable pendant la non-résidence, la 2042-NR n’est normalement pas nécessaire.
Cette ventilation ne permet pas de choisir la date la plus favorable. Le foyer, le logement, l’activité, le centre des intérêts vitaux et le séjour réel restent déterminants. Si les deux pays revendiquent la même période, les critères conventionnels s’appliquent dans leur ordre ; les revenus ne se répartissent pas au jugé.
Au retour, rouvrir aussi le dossier d’exit tax française
Si une exit tax française avait été liquidée au départ, le retour rouvre le dossier 2074-ETD et ses déclarations de suivi. Pour les plus-values latentes, le rétablissement du domicile fiscal en France avant l’échéance des deux ou cinq ans entraîne le dégrèvement ou la restitution lorsque les titres sont encore détenus et qu’aucun événement mettant fin au sursis n’est intervenu. Les créances de complément de prix et les plus-values déjà placées en report suivent des règles distinctes : elles ne doivent pas être alignées automatiquement sur ce calendrier.
Le point de départ reste l’article 167 bis du CGI, rapproché des formulaires effectivement déposés au départ.
La source administrative à garder sous la main
La DGFiP décrit la déclaration de l’année du retour dans sa fiche « Je suis de retour en France après une expatriation ». Cette fiche donne le cadre général ; elle ne tranche pas une résidence contestée ni la qualification d’un revenu complexe.
Les actifs allemands deviennent des actifs étrangers vus de France
Vous pouvez conserver un compte courant allemand. Redevenu résident de France, vous devez toutefois examiner les obligations françaises sur les comptes étrangers. Selon leur nature, cela vaut aussi pour les comptes d’investissement, contrats d’assurance-vie ou de capitalisation étrangers et comptes d’actifs numériques. Les formulaires 3916 et 3916-bis servent notamment à ces déclarations.
La déclaration d’existence ne remplace pas celle des revenus ou gains. Et un compte sans rendement n’échappe pas nécessairement à la première. En pratique, il faut tenir deux listes distinctes : les enveloppes à signaler et les flux à reporter dans les annexes adaptées.
| Actif conservé | Question au retour | Pièces à réunir |
|---|---|---|
| Compte bancaire allemand | Déclaration du compte à l’étranger et traitement des intérêts éventuels. | IBAN, établissement, date d’ouverture, titulaires et relevé annuel. |
| Dépôt-titres ou fonds allemands | Qualification française des revenus, plus-values et fonds ; suivi du prix de revient historique. | Lots, frais, distributions, Vorabpauschale déjà taxée et impôts prélevés. |
| Assurance ou produit retraite | Qualification française du contrat, fait générateur et régime d’une future prestation. | Conditions générales, date, primes, valeur, bénéficiaires et attestations fiscales. |
| Compte d’actifs numériques | Obligation déclarative et reconstitution des opérations selon les règles françaises. | Plateformes, wallets, exports complets, frais et historiques de conversion. |
| Bien immobilier allemand | Imposition allemande du revenu ou de la cession, déclaration française et élimination de la double imposition. | Acte, ventilation terrain-bâtiment, travaux, amortissements, loyers et taxe acquittée. |
| Participation dans une société | Prix de revient, droits de vote, éventuelle taxation allemande au départ et fiscalité française future. | Registre de titres, pacte, valorisation, déclarations d’exit tax et preuve de paiement. |
Pas de « step-up » général à la frontière
Le retour ne réévalue pas automatiquement les actifs allemands à leur valeur du jour : la valeur historique reste essentielle. Une taxation allemande au départ peut conduire à une coordination ou à un retraitement précis, mais aucune règle générale ne permet de retenir sans examen la valeur de marché au retour comme nouveau prix d’acquisition français.
Le risque est particulièrement sensible pour une participation significative, un fonds visé par la taxation allemande au départ, un portefeuille transféré ou des crypto-actifs acquis sur plusieurs plateformes. Ne vendez pas pour « matérialiser » une valeur avant d’avoir comparé les deux impôts, les crédits possibles et la documentation nécessaire.
Mémo express
Les six documents qui évitent une mauvaise surprise
- un registre des acquisitions, cessions et transferts par lot ;
- les valeurs et taux de change aux dates fiscalement pertinentes ;
- les déclarations et avis d’imposition allemands complets ;
- les attestations de retenue et de cotisations sociales ;
- les contrats et avenants des assurances et retraites ;
- les évaluations et formulaires liés à une exit tax.
Article 155 B : une question à examiner, jamais un avantage à annoncer
Un retour après une période d’activité à l’étranger peut justifier l’examen du régime français des impatriés prévu à l’article 155 B du CGI. Il concerne certains salariés ou dirigeants appelés ou recrutés depuis l’étranger qui, entre autres conditions, n’étaient pas fiscalement domiciliés en France pendant les cinq années civiles précédant leur prise de fonctions. Son application dépend du recrutement, des rémunérations et des conditions légales au retour. Ne présumez ni l’éligibilité ni le montant d’une exonération : examinez contrat de travail, chronologie de résidence et revenus.
Une règle différente doit être testée séparément pour l’IFI. Lorsqu’une personne n’a pas été domiciliée fiscalement en France pendant les cinq années civiles précédant son installation, l’article 964 du CGI peut limiter temporairement l’assiette aux seuls actifs immobiliers français jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de l’arrivée. Cette règle ne dépend pas du bénéfice du régime salarial de l’article 155 B ; elle exige sa propre vérification.
Fermer tous les produits allemands par principe serait une mauvaise méthode. Il faut d’abord vérifier lesquels restent adaptés à votre vie française, comment les déclarer et avec quelles preuves calculer demain un gain, une rente ou une transmission. Une enveloppe bien documentée pose souvent moins de difficultés qu’une liquidation précipitée.
Sept cas pratiques : décider avec les faits, pas avec une règle isolée
Ces cas ne remplacent pas une consultation. Ils montrent surtout comment instruire un dossier franco-allemand sans faire d’un chiffre un verdict. Les calculs, datés de 2026, restent volontairement simples et excluent les réductions, charges ou particularités qui ne sont pas mentionnées.
Profil 1 · Salariée et enveloppes françaises
Claire, 37 ans, 120 000 € bruts à Munich, conserve un PEA et une assurance-vie
Le dossier. Claire travaille physiquement à Munich. Son PEA vaut 180 000 € pour 120 000 € versés. Son assurance-vie vaut 128 000 € pour 100 000 € de primes. Elle envisage un retrait de 20 000 € sur l’une des deux enveloppes pour financer des travaux.
Ce que les chiffres ne disent pas. Elle est résidente conventionnelle d’Allemagne, n’a pas de Kirchensteuer et ne dispose d’aucune analyse allemande de ses contrats. Les 60 000 € de plus-value latente du PEA et les 28 000 € de gain global de l’assurance-vie ne sont pas des bases imposables calculées. Il manque les opérations, la composition des actifs, les dates et la qualification du contrat.
Le conseil praticable. Claire ne choisit pas le support du retrait à partir de la seule fiscalité française. Elle exporte les historiques par lot et fait qualifier le PEA et l’assurance par un Steuerberater. Alors seulement, elle compare le coût allemand, le prélèvement français éventuel et la perte d’avantages contractuels. Son salaire de 120 000 € brut n’entre pas directement dans le barème : il faut déterminer le revenu imposable.
Profil 2 · Frontalier et télétravail
Léa habite Strasbourg, travaille à Kehl et télétravaille deux jours sur cinq
La situation réelle. Léa conserve son foyer permanent à Strasbourg et son employeur se trouve à Kehl. Son rythme contractuel prévoit deux jours de télétravail par semaine, soit 40 % sur une semaine de cinq jours.
Les conditions à surveiller. Les communes se trouvent bien dans les zones applicables, Léa rentre normalement chaque jour et aucun déplacement professionnel ne lui fait dépasser la tolérance annuelle de 45 jours de non-retour ou de travail hors zone. Le chiffre de 40 % tombe dans la plage sociale d’au moins 25 % et de moins de 50 % permettant, sur demande et sous conditions, l’accord-cadre de télétravail.
Ce qu’il faut organiser. Le service paie vérifie le régime frontalier fiscal et demande séparément le certificat A1 pour la sécurité sociale. Léa tient un calendrier des jours réellement travaillés, missions hors zone et nuits hors domicile. Ni le contrat de télétravail ni l’A1 ne suffisent à établir l’imposition du salaire.
Profil 3 · Couple avec enfants
Amina et Thomas gagnent 85 000 € et 55 000 € bruts à Berlin
Le point de départ. Le couple est marié, vit avec deux enfants à Berlin et perçoit 140 000 € bruts à deux. Aucun conjoint n’est affilié à une communauté levant la Kirchensteuer.
L’hypothèse de calcul. Après déductions et détermination de l’assiette, leur revenu imposable commun est supposé égal à 100 000 €. Le calcul de contrôle gelé dans ce guide donne, avec le Splitting, 21 096 € d’Einkommensteuer et aucun Soli, avant crédits ou réductions supplémentaires. Il s’agit d’une hypothèse de revenu imposable, pas d’une conversion automatique des 140 000 € bruts.
L’usage raisonnable du résultat. Ils utilisent cette estimation pour dimensionner leur trésorerie, mais font recalculer l’assiette avec leurs cotisations, frais et situation familiale. Surtout, ils ne confondent pas le Splitting du calcul final avec les classes de retenue à la source, qui modifient surtout le rythme des acomptes.
Profil 4 · Activité indépendante
Marc facture 90 000 € à Hambourg et se présente comme freelance
Les faits utiles. Marc réalise 90 000 € de chiffre d’affaires et supporte 22 000 € de dépenses professionnelles, soit un bénéfice pédagogique de 68 000 € avant autres retraitements. Un client représente 80 % de ses recettes.
Le nœud du dossier. Le mot « freelance » ne dit pas si son activité relève du Freiberufler ou du Gewerbe. Le chiffre d’affaires de 90 000 € ne suffit pas à conclure au régime Kleinunternehmer : il faut contrôler le seuil de l’année précédente, fixé à 25 000 €, les conditions du régime et les opérations intracommunautaires. Une forte dépendance économique ne prouve pas, seule, un faux indépendant, mais impose d’examiner instructions, intégration et autonomie.
L’ordre des démarches. Marc fait qualifier l’activité avant de chiffrer Gewerbesteuer, TVA et cotisations. Il dépose son questionnaire fiscal via ELSTER et demande, si les faits restent ambigus, une détermination officielle du statut social. Son budget part du bénéfice de 68 000 €, jamais des 90 000 € facturés.
Profil 5 · Dirigeant de deux sociétés
Sofia conserve sa SAS française et crée une GmbH en Allemagne
La configuration. Sofia vit à Francfort, signe les contrats allemands pour la GmbH et reste présidente de sa SAS. La GmbH réalise, dans l’exemple, 200 000 € de bénéfice imposable dans une commune au Hebesatz de 400 %.
Le calcul, et sa limite. Sans ajustement, report déficitaire ni distribution, l’impôt sur les sociétés et son Soli représentent 15,825 %. La Gewerbesteuer atteint 14 % (3,5 % × 400 %). La charge indicative de la GmbH est donc de 29,825 %, soit 59 650 € sur 200 000 €, avant toute fiscalité de distribution. Ce calcul ne dit rien de la résidence de la SAS.
Le travail prioritaire. Sofia formalise qui dirige, qui négocie, qui conclut et où se trouvent les moyens de chaque activité. Elle fait analyser la direction effective et l’établissement stable de la SAS avant de fixer rémunération ou flux intragroupe. Une adresse française et un conseil d’administration sur papier ne compensent pas une conduite quotidienne depuis Francfort.
Profil 6 · Pensions de natures différentes
Jean s’installe à Fribourg avec 36 000 € de pension privée et 24 000 € de pension publique
Ce que Jean perçoit. Jean est résident d’Allemagne. Il reçoit 36 000 € par an d’une retraite privée et de sécurité sociale, ainsi que 24 000 € d’une caisse liée à un ancien emploi public français. Il possède uniquement la nationalité française.
La qualification à établir. Si les 36 000 € relèvent bien des pensions privées ou légales visées par l’article 13 § 8, elles sont imposables dans l’État de résidence. Une pension publique qualifiée relève en principe de l’État payeur ; l’exception de nationalité doit être vérifiée avec les faits. Le nom de la caisse ne suffit pas toujours à déterminer la catégorie.
Le réflexe de dossier. Jean demande à chaque caisse la base juridique et la nature de la prestation. Il n’additionne pas les 60 000 € aveuglément dans un seul pays. Attestations, retenues et périodes de carrière sont rapprochées avant les déclarations française et allemande.
Profil 7 · Donation et patrimoine des deux côtés
Une famille franco-allemande détient 2 M€ et envisage de donner 300 000 €
Le projet familial. Les parents résident en Allemagne. Le patrimoine comprend 800 000 € d’immobilier français, 600 000 € d’immobilier allemand et 600 000 € de titres. Ils souhaitent donner 300 000 € de titres à leur fille majeure, résidente de France depuis sept ans. Aucune donation du même parent n’est supposée avoir été consentie à cette fille au cours des quinze dernières années. Cette hypothèse couvre le rappel fiscal français de quinze ans ; le rappel allemand reste, lui, de dix ans.
Ce que l’abattement ne permet pas de conclure. L’abattement allemand d’un enfant est de 400 000 € et les donations d’un même donateur à un même bénéficiaire sont agrégées sur dix ans. Cela ne permet pas d’annoncer une donation « sans impôt » : la France peut imposer l’ensemble reçu par un bénéficiaire qui relève de son droit interne, avec le crédit conventionnel approprié. La localisation et la nature de l’actif donné comptent aussi.
L’ordre de travail. La famille choisit d’abord le donateur exact, l’actif et la date, puis fait établir une note fiscale commune aux deux pays. Le notaire traite la réserve, le régime matrimonial et la loi civile applicable. Le règlement successoral européen ne choisit pas l’impôt.
Pourquoi certains cas ne se terminent pas par un montant net
Un résultat précis devient trompeur s’il manque la qualification d’un contrat, le Land, la commune, les charges, l’historique des lots, la nationalité ou les donations antérieures. Dans ce type de dossier, une liste de pièces à obtenir vaut parfois mieux qu’un taux affiché à deux décimales.
Douze erreurs fréquentes, et les limites qu’un guide sérieux doit reconnaître
Les erreurs coûteuses naissent souvent d’une phrase rassurante : « je suis européen », « mon compte reste en France », « mon contrat a déjà huit ans », « je ne passe pas 183 jours sur place ». C’est avant la décision qu’il faut démonter ces raccourcis.
| Erreur | Pourquoi elle est fragile | Réflexe correct |
|---|---|---|
| 1. Attendre le 183e jour pour parler de résidence | Un logement allemand durablement disponible peut déjà créer un Wohnsitz. | Établir la chronologie des logements, du foyer et du séjour, puis appliquer la convention si nécessaire. |
| 2. Confondre Anmeldung et résidence conventionnelle | La déclaration municipale est une formalité ; elle ne tranche pas seule un conflit de résidence. | Conserver l’Anmeldung comme preuve parmi d’autres, pas comme conclusion fiscale universelle. |
| 3. Croire que la convention évite toute double déclaration | Elle répartit l’imposition ou accorde un crédit ou une exemption ; les formulaires nationaux subsistent. | Cartographier, revenu par revenu, les déclarations requises dans chaque État. |
| 4. Reporter l’exonération française du PEA, du Livret A ou du PER | Une enveloppe française n’emporte pas automatiquement son avantage en Allemagne. | Faire qualifier le produit et conserver l’historique des flux avant le départ. |
| 5. Appliquer à toute assurance-vie le régime de son pays d’origine | L’Allemagne examine le contrat, le risque biométrique, la durée et le contrôle des actifs. | Faire lire les conditions générales et les pouvoirs d’arbitrage avant un rachat. |
| 6. Utiliser l’A1 comme réponse fiscale | L’A1 établit la législation sociale ; il ne décide pas où le salaire est imposable. | Tenir deux analyses distinctes à partir du même calendrier de travail. |
| 7. Se déclarer Freiberufler parce que l’on se dit freelance | La qualification dépend de l’activité réelle et n’efface ni TVA, ni assurance, ni risque social. | Valider Freiberufler ou Gewerbe et examiner le faux indépendant séparément. |
| 8. Piloter une SAS depuis l’Allemagne sans revoir sa présence fiscale | Direction effective, installation fixe ou pouvoir de conclure peuvent créer des obligations allemandes. | Documenter fonctions, moyens, contrats et lieux de décision avant la première signature. |
| 9. Donner un taux immobilier allemand sans Land ni commune | Grunderwerbsteuer, Grundsteuer et Hebesatz varient selon la localisation et la date. | Sourcer le Land et la commune du bien réellement étudié. |
| 10. Choisir la PKV sur la prime de la première année | Famille, âge, santé, revenus futurs et retour vers la GKV modifient l’équation. | Projeter plusieurs scénarios jusqu’à la retraite avant de décider. |
| 11. Penser qu’une loi successorale choisie détermine l’impôt | Le règlement européen traite de droit civil et exclut la fiscalité. | Coordonner testament, régime matrimonial et convention fiscale, sans les confondre. |
| 12. Revenir en France en revalorisant soi-même tous les prix de revient | Il n’existe pas de step-up général pour tous les actifs allemands. | Conserver les valeurs historiques et analyser chaque éventuelle exit tax. |
Le registre des incertitudes ne doit rien masquer. Une page générale ne tranche pas ce qui dépend d’un contrat, d’une chronologie ou d’une qualification encore à documenter. Les sujets ci-dessous doivent rester ouverts dans le dossier jusqu’à l’avis du professionnel compétent.
| Sujet | Pourquoi le risque est élevé | Validation attendue |
|---|---|---|
| Assurance-vie étrangère | La qualification allemande dépend du risque assuré, des dates, du décès et des pouvoirs de gestion. | Analyse du contrat par un Steuerberater, avec conseil juridique si nécessaire. |
| Prélèvement français de l’article 990 I | Il n’est pas expressément cité parmi les impôts couverts par la convention successorale. | Note franco-allemande au décès ou avant modification de la clause bénéficiaire. |
| BSPCE, AGA, options, RSU et management package | Attribution, acquisition, exercice, vente et travail peuvent se répartir sur plusieurs résidences. | Chronologie titre par titre, revue paie et fiscale dans les deux États. |
| Bureau à domicile et établissement stable | Le simple domicile ne suffit normalement pas, mais direction, contrats et moyens changent l’analyse. | Revue des faits, pouvoirs et habitudes de travail de l’entreprise. |
| SCPI, OPCI et SCI françaises | Le traitement allemand dépend de la structure et ne suit pas nécessairement l’étiquette française. | Lecture des statuts, rapports et flux avant déclaration. |
| Régime matrimonial et succession | Nationalités, résidence habituelle, choix de loi et actes antérieurs peuvent interagir. | Coordination notaire-avocat fiscaliste dans les deux pays. |
| Crypto, staking, DeFi et NFT | Les faits générateurs et la doctrine ne couvrent pas uniformément toutes les opérations. | Export transactionnel complet et qualification opération par opération. |
| Sortie d’Allemagne | La taxation au départ dépend de la durée de résidence, des participations, des fonds et des événements futurs. | Audit avant cession, transfert ou changement de résidence. |
Ce que ce guide ne promet pas.
Quatre promesses que nous refusons de faire
- aucune garantie que votre résidence fiscale se déplace à la date souhaitée ;
- aucune exonération automatique d’un produit parce qu’il est français, allemand ou luxembourgeois ;
- aucune absence d’établissement stable déduite d’une simple adresse ou d’un contrat ;
- aucun montant net de succession, de cession ou de retraite sans dossier complet et règles à jour.
Une optimisation n’est d’ailleurs pas toujours souhaitable. Une structure peut réduire un impôt et, dans le même temps, augmenter les coûts, la rigidité, le risque juridique ou la difficulté d’un retour. Le choix reste défendable si la famille peut le comprendre, le documenter et le conserver dans plusieurs scénarios.
Checklist expatrié : du premier audit aux événements qui changent la trajectoire
Une liste cochée le jour du départ ne suffit pas à piloter une expatriation. Certaines décisions demandent six mois ; d’autres ne deviennent visibles qu’au premier avis d’imposition allemand. Si le départ est imminent, les délais se raccourcissent ; pas les contrôles.
J-180 : construire la carte avant de choisir la route
Six mois avant
Audit de départ
- fixer la chronologie prévisible des logements, du foyer, de l’activité et des jours de présence ;
- inventorier immobilier, comptes, fonds, PEA, assurances, PER, crypto-actifs et participations ;
- relever prix de revient, valeurs, plus-values latentes, primes, clauses bénéficiaires et pourcentages détenus ;
- tester l’exit tax française sur les plus-values latentes : six années de résidence sur dix, valeur globale excédant 800 000 € ou participation d’au moins 50 % ; traiter séparément les earn-out et plus-values en report ;
- examiner le contrat de travail, les jours français et le projet de télétravail ;
- pour un entrepreneur, cartographier direction, salariés, contrats, clients et locaux dans chaque pays.
J-90 : faire qualifier ce que les relevés bancaires ne disent pas
- demander une lecture allemande des enveloppes françaises avant tout retrait, arbitrage ou transfert ;
- vérifier la couverture maladie future et comparer GKV, PKV ou coordination européenne selon le statut réel ;
- confirmer le régime social du télétravail ou du détachement et lancer la demande A1 lorsqu’elle est pertinente ;
- qualifier Freiberufler, Gewerbe, établissement stable et direction effective avant de facturer ;
- relire régime matrimonial, testament, mandats et bénéficiaires si la famille devient transfrontalière ;
- établir la liste des conseils nécessaires : Steuerberater, avocat, notaire, expert social ou conseil patrimonial.
J-30 : constituer le dossier de preuve
| Dossier | Contenu minimal | Contrôle |
|---|---|---|
| Résidence | Baux, acte, factures, école, activité, voyages et situation du foyer. | Les dates racontent-elles une seule histoire cohérente ? |
| Travail | Contrat, avenant télétravail, calendrier, A1, paies et missions. | Fiscalité et sécurité sociale sont-elles conclues séparément ? |
| Patrimoine | Relevés, lots, frais, valeurs, contrats et clauses bénéficiaires. | Peut-on recalculer chaque gain sans dépendre du portail bancaire ? |
| Entreprise | Statuts, pouvoirs, contrats, locaux, paie et flux intragroupe. | Le fonctionnement réel correspond-il aux documents ? |
| Transmission | Nationalités, résidences, actes, donations antérieures et testament. | Droit civil et fiscalité ont-ils été traités comme deux sujets ? |
À l’arrivée : sécuriser l’existence administrative
- effectuer l’Anmeldung normalement dans les deux semaines suivant l’emménagement, avec la Wohnungsgeberbestätigung ;
- surveiller la réception de la Steuer-ID et la distinguer de la Steuernummer professionnelle ou du numéro de TVA ;
- finaliser l’affiliation maladie et dépendance ; vérifier les formalités de l’employeur ;
- ouvrir ou adapter les moyens de paiement sans clôturer précipitamment les comptes utiles en France ;
- commencer dès le premier jour le calendrier des lieux de travail, déplacements et nuits ;
- conserver une copie hors ligne de chaque document remis à une administration.
Dans les 90 jours : vérifier que le plan fonctionne dans la vraie vie
Les trois premiers mois montrent vite où le projet s’écarte des faits. Un télétravail prévu à 20 % passe à 40 %, un dirigeant commence à signer tous ses contrats depuis son domicile, une banque française limite des opérations. C’est le moment de corriger le dispositif, avant que douze mois d’habitudes ne deviennent difficiles à expliquer.
- rapprocher les premières paies des taux et affiliations annoncés ;
- vérifier l’accès ELSTER et le dépôt du questionnaire fiscal dans le mois du début d’une activité indépendante ;
- qualifier les revenus déjà perçus sur les comptes français ;
- mettre à jour le tableau des jours de travail et la projection frontalière ;
- corriger les pouvoirs ou processus d’une société si les décisions réelles ont changé de pays ;
- consigner les questions non tranchées dans un registre avec responsable et échéance.
Chaque année : une clôture franco-allemande, pas deux dossiers isolés
| Contrôle annuel | Question de fond | Preuve |
|---|---|---|
| Résidence et calendrier | Le foyer, l’activité ou le nombre de jours ont-ils changé ? | Calendrier final, voyages, baux et attestations. |
| Revenus financiers | Tous les intérêts, dividendes, cessions, fonds et retenues étrangères sont-ils rapprochés ? | Relevés fiscaux, lots, taux de change et Anlage KAP/KAP-INV si applicable. |
| Fonds et ETF | La qualification et la Vorabpauschale ont-elles été correctement documentées ? | Données fiscales du fonds et relevé de la banque. |
| Entreprise | Direction, contrats, salariés et flux correspondent-ils encore à la structure déclarée ? | Procès-verbaux, pouvoirs, factures et documentation intragroupe. |
| Immobilier | Loyers, charges, amortissements, IFI et taxes locales sont-ils cohérents ? | Déclarations des deux pays, factures et évaluations. |
| Famille | Mariage, séparation, naissance, décès ou donation ont-ils modifié le plan ? | État civil, actes, clauses et registre des donations. |
Avant tout événement majeur, rouvrez le dossier, même s’il date d’hier. Une cession d’entreprise, un exercice d’options, une donation, un rachat d’assurance-vie, l’achat d’un bien, un changement d’employeur ou un retour en France changent les variables. Même si l’audit est récent, il faut reprendre une photographie à jour et établir un scénario « sans opération ». C’est le seul point de comparaison utile pour mesurer l’effet réel de la décision.
Mémo express
La règle des quatre signatures
- le contribuable confirme les faits et les documents ;
- le spécialiste français valide les règles françaises ;
- le spécialiste allemand valide les règles allemandes ;
- le coordinateur patrimonial vérifie que la solution sert encore les objectifs familiaux, financiers et professionnels.
Construire votre dossier franco-allemand avant la première échéance
Nous pouvons organiser l’inventaire patrimonial, prioriser les décisions et coordonner les professionnels français et allemands utiles à votre situation.
Méthode, sources et périmètre : ce qui est établi au 23 juillet 2026
Ce guide a été gelé au 23 juillet 2026. Il repose sur les textes fiscaux, conventions, règlements européens, doctrines administratives et publications institutionnelles disponibles à cette date. Il faut néanmoins reprendre la vérification au moment de l’opération : budget, jurisprudence, doctrine, Land, commune et situation personnelle peuvent modifier le résultat.
La hiérarchie de preuve utilisée est détaillée ci-dessous.
| Niveau | Type de source | Usage dans le guide |
|---|---|---|
| A | Texte officiel en vigueur | Fonder une règle avec sa juridiction, son assiette et sa date. |
| B | Doctrine ou administration officielle | Expliquer l’application pratique sans étendre sa portée. |
| C | Jurisprudence | Préciser un point en conservant les faits et la portée de la décision. |
| D | Source institutionnelle pratique | Documenter une démarche, un formulaire ou un calendrier. |
| E | Presse, source commerciale ou forum | Identifier une question, jamais valider seul une règle sensible. |
Une affirmation sensible se relit toujours avec les mêmes questions : quel pays, quelle date, quelle assiette, quelles conditions, quelle exception ? Les calculs sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Quand une donnée manque, la limite est signalée.
Conventions et administrations fiscales
- DGFiP — dossier Allemagne, conventions et accord frontalier
- DGFiP — convention franco-allemande revenus et fortune consolidée
- BMF — dossier conventionnel France–Allemagne
- DGFiP — convention successions et donations de 2006
- DGFiP — exit tax au départ de France
- DGFiP — démarches fiscales lors du retour en France
Textes allemands essentiels
- Einkommensteuergesetz — impôt sur le revenu
- Abgabenordnung — résidence, établissement et procédure
- AStG § 6 — taxation allemande au départ
- Erbschaftsteuer- und Schenkungsteuergesetz
- Investmentsteuergesetz — fonds et Vorabpauschale
- BMAS — paramètres de sécurité sociale 2026
Coordination européenne
- Règlement (CE) n° 883/2004 — coordination de sécurité sociale
- CLEISS — télétravail transfrontalier et accord-cadre
- Règlement (UE) n° 650/2012 — successions civiles
Pour lire les chiffres de ce guide, gardez en tête que chaque seuil est daté et chaque taux rattaché à son assiette. Les simulations excluent ce qui n’est pas indiqué : crédits, déductions, surtaxes, frais, religion, commune ou événement familial. Leur rôle est de rendre le mécanisme lisible et de montrer les informations manquantes, pas de recommander un investissement.
Les traductions françaises de termes allemands sont pédagogiques. En cas de procédure, seul le texte applicable et sa version linguistique officielle font foi. Une administration peut demander des éléments supplémentaires, et une convention ne prive pas chaque pays de ses obligations déclaratives internes.
Avertissement juridique, fiscal et patrimonial
Ce contenu fournit une information générale. Il ne constitue ni une consultation d’avocat ou de notaire, ni un avis de Steuerberater ou d’expert-comptable, ni une recommandation personnalisée portant sur un produit financier. Les règles doivent être vérifiées à la date de votre décision, dans le Land et la commune concernés, à partir de vos contrats, nationalités, résidences et opérations réelles.
Notre rôle consiste à coordonner, puis à faire valider au bon endroit. L’accompagnement de Hagnéré Patrimoine porte sur la lecture globale de votre situation : objectifs familiaux, revenus, entreprises, immobilier, placements, retraite, protection et transmission. Le travail remet les décisions dans leur ordre et prépare un dossier que chaque professionnel pourra instruire.
Dès qu’une question relève du droit, de la fiscalité allemande, d’un acte notarié, de la paie ou de la sécurité sociale, elle doit être validée par le spécialiste compétent. Nous pouvons vous mettre en relation avec des professionnels qualifiés en France et en Allemagne. Cette mise en relation ne préjuge ni de leur conclusion, ni d’un avantage fiscal, ni de l’acceptation d’une position par une administration. Notre rôle est de faire circuler les mêmes faits entre les bons experts avant qu’une décision devienne irréversible.
Mémo express
La phrase à retenir
Un patrimoine franco-allemand devient fragile quand la chronologie est incomplète, les produits mal qualifiés ou les professionnels ne travaillent pas sur le même dossier.

