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Guide hub expert-comptable 202630 minMis à jour 25 juin 2026BNC → SEL → SPFPL

Optimisation fiscale de l'expert-comptable : du BNC subi à la structure pilotée

En cabinet individuel, l'expert-comptable subit 100 % de son bénéfice à l'impôt sur le revenu (jusqu'à 45 %), majoré des cotisations CNAVPL/CAVEC et de la CSG — qu'il dépense ce bénéfice ou non. La SEL à l'impôt sur les sociétés inverse la logique : la part non consommée ne supporte plus que l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Le vrai déclencheur n'est donc pas votre niveau de revenu, mais la fraction de bénéfice que vous ne consommez pas. Ce guide hub déroule la colonne vertébrale de votre optimisation : le point de départ en BNC (déclaration contrôlée 2035, TVA 20 %, CAVEC par classes), le seuil de bascule vers la SEL (SELARL gérant majoritaire TNS ou SELAS président assimilé salarié), l'arbitrage rémunération/dividendes (règle des 10 % de l'article L. 131-6 CSS, PFU 31,4 %), la couche supérieure SPFPL et mère-fille, et les leviers transverses (PER 88 911 €, murs en SCI, cession de la clientèle). Avec les réformes 2026 que tous les confrères n'ont pas encore intégrées : fin de l'abattement de 10 % sur la rémunération technique (CE 8 avril 2025 n° 492154), dividendes à 18,6 % de PS, capital réservé aux experts-comptables inscrits. Cas chiffré à 180 000 € de bénéfice. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE EXPERT-COMPTABLE 2026

Chiffrer votre structure BNC, SEL ou SEL + SPFPL et le gain net annuel

Audit fiscal 360° de l'expert-comptable : seuil de bascule en SEL, arbitrage rémunération/dividendes (règle des 10 %), SPFPL et mère-fille, PER au plafond, cession de la clientèle. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée structure par structure.

  • Audit fiscal 360° de l'expert-comptable
  • Seuil de bascule BNC / SEL chiffré
  • Arbitrage rémunération / dividendes modélisé
  • Cabinet 100 % indépendant

IS PME

15 / 25 %

SEUIL TAUX RÉDUIT

42 500 €

TMI CIBLE

41-45 %

PFU DIVIDENDES 2026

31,4 %

MÈRE-FILLE EFFECTIF

1,25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POINT DE DÉPART·4 MIN

Le point de départ : l'expert-comptable en BNC

Vous dégagez 150 000, 180 000, parfois 250 000 € de bénéfice, vous payez votre impôt « comme tout le monde » à 41 ou 45 % — et chaque mois de janvier, vous découvrez que l'argent que vous n'avez même pas dépensé a été taxé deux fois plus fort que celui de vos clients en société. C'est l'angle mort de l'expert-comptable à hauts revenus, et c'est exactement là que se joue l'optimisation. Et tout part d'un même point : la plupart des experts-comptables exercent en cabinet individuel, sous le régime des bénéfices non commerciaux (BNC). C'est le socle qu'il faut bien comprendre avant de parler de société — c'est lui qui fixe le problème que la SEL viendra ensuite résoudre.

En BNC, votre bénéfice (recettes encaissées moins charges déduites) est imposé à votre nom, à l'impôt sur le revenu, au barème progressif — jusqu'à 41 % puis 45 % de tranche marginale pour un cabinet qui tourne bien. À cela s'ajoutent les cotisations sociales de travailleur non salarié et la CSG/CRDS. Et c'est là que le bât blesse : tout le bénéfice est imposé, que vous le dépensiez ou non. La part que vous laissez sur votre compte pour investir plus tard a déjà été taxée à plein.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée (2035)

Deux régimes coexistent. Le micro-BNC (article 102 ter CGI) applique un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) sur vos recettes, sans comptabilité de charges, tant que vos recettes ne dépassent pas 83 600 € HT (seuil de la période 2026-2028). Au-delà — ce qui est le cas de la quasi-totalité des experts-comptables à hauts revenus —, ou sur option, vous relevez de la déclaration contrôlée (régime réel, liasse 2035-SD) : vous déduisez vos frais réels (loyer, salaires, logiciels, formation, frais de véhicule…). Bonne nouvelle 2026 : la majoration de 25 % du bénéfice qui pénalisait jadis les non-adhérents d'un organisme de gestion agréé a été supprimée ; l'adhésion à une AGA n'a plus d'enjeu fiscal sur ce point.

Garde-fou n°1 — la caisse, c'est la CAVEC (jamais CARMF ni CIPAV)

L'expert-comptable relève du régime de base de la CNAVPL (par points) et du régime complémentaire de la CAVEC (Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes), organisé par classes de cotisation. Jamais la CARMF (médecins), jamais la CNBF (avocats), jamais la CIPAV (architectes), jamais la SSI. Vous êtes rattaché à une classe selon votre revenu, avec faculté d'opter pour une classe supérieure. Le détail du calcul figure dans notre guide Retraite de l'expert-comptable (CAVEC).

L'architecture de cotisation CNAVPL + CAVEC

Si l'on détaille cette architecture, c'est pour mesurer le poids des prélèvements en BNC — et l'intérêt d'une structure qui permet de les piloter. Le schéma général se présente ainsi (valeurs 2026 à confirmer sur cavec.fr) :

Architecture des prélèvements sociaux de l'expert-comptable en BNC. Les valeurs de point, de classe et les taux 2026 sont à confirmer auprès de la CAVEC (cavec.fr). En BNC, l'ensemble s'applique à la totalité du bénéfice.
ÉtageCaisse / natureLogique 2026
Retraite de baseCNAVPL (par points)Deux tranches de revenu plafonnées ; cotisation proportionnelle, acquisition de points
Retraite complémentaireCAVEC (par classes)Rattachement à une classe selon le revenu professionnel, option pour une classe supérieure possible [valeurs à confirmer]
Invalidité-décèsCAVECGaranties forfaitaires adossées au régime
CSG / CRDSSur le revenu professionnelS'ajoutent aux cotisations sur la totalité du bénéfice en BNC

Garde-fou n°2 — la TVA, c'est 20 % (le 261-4-1° ne s'applique pas)

Les prestations d'expertise comptable et les missions de commissariat aux comptes sont soumises à la TVA au taux normal de 20 %. L'exonération de l'article 261-4-1° du CGI ne vise que les soins à la personne (santé humaine) et ne vous concerne donc jamais. La contrepartie est un avantage : vous récupérez la TVA déductible sur vos achats, frais et investissements — y compris, via l'option de l'article 260-2° CGI, sur l'immeuble d'une SCI qui vous loue vos murs. En tout début d'activité seulement, la franchise en base (article 293 B CGI) reste possible.
§ 2LE PROBLÈME·3 MIN

Pourquoi le BNC coûte si cher dès qu'on thésaurise

En 30 secondes

En BNC, vous êtes imposé sur 100 % de votre bénéfice, que vous le dépensiez ou non. Sur la part que vous mettez de côté pour investir, vous payez donc votre TMI (41 ou 45 %) plus les cotisations avant même d'avoir placé le moindre euro. Une société à l'IS, elle, ne taxe la part non distribuée qu'à 15 puis 25 %. Tout le débat « BNC ou SEL » tient dans cet écart — appliqué à votre seul argent thésaurisé.

Le BNC n'est pas un mauvais régime : il est simple, lisible, sans formalisme de société. Son problème surgit dès que votre cabinet dégage un bénéfice supérieur à votre train de vie. Car alors, la part que vous n'avez aucune intention de dépenser cette année subit malgré tout l'impôt sur le revenu à votre tranche marginale et les cotisations.

Rappelons le barème 2026 de l'impôt sur le revenu : 0, 11, 30, 41 puis 45 %. Un expert-comptable dont le bénéfice place le sommet de ses revenus dans la tranche à 41 ou 45 % paie, sur chaque euro de bénéfice supplémentaire, 41 à 45 centimes d'IR, auxquels s'ajoutent les cotisations sociales. Sur la part thésaurisée — celle qu'il met de côté pour investir —, c'est de l'argent immobilisé après avoir déjà été lourdement taxé.

Le coût du bénéfice non consommé en BNC

En BNC, sur 100 EUR de benefice non consomme :

  - IR a la tranche marginale (TMI 41 % ou 45 %)
  - + cotisations sociales TNS (CNAVPL + CAVEC) et CSG/CRDS
  ----------------------------------------------------------
  => il reste de l'ordre de 55 EUR reellement capitalisables

Le meme euro, loge dans une SEL a l'IS et NON distribue :

  - IS 15 % jusqu'a 42 500 EUR de benefice, puis 25 %
  ----------------------------------------------------------
  => il reste 75 a 85 EUR dans la societe pour investir

C'est tout le sujet. Sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas, l'écart entre votre TMI majorée des cotisations (BNC) et le taux d'IS (SEL) représente la capacité d'épargne supplémentaire que la société libère chaque année — à réinvestir, capitaliser, puis transmettre.

Tant que vous consommez l'intégralité de votre bénéfice, ce raisonnement ne joue pas : vous auriez de toute façon sorti l'argent. Mais dès qu'une part significative reste disponible pour de l'investissement, le BNC devient une enveloppe coûteuse. C'est précisément ce trou que la SEL vient boucher — à condition de la dimensionner correctement, ce que nous voyons à la section suivante.

§ 3LE CŒUR·5 MIN

Le seuil de bascule en SEL : une équation, pas un chiffre

C'est la question qu'on nous pose le plus : « à partir de combien faut-il passer en SEL ? » La réponse honnête est qu'il n'existe aucun seuil légal, et que tout chiffre asséné sans contexte est trompeur. Ce qui déclenche l'intérêt de la société, ce n'est pas votre bénéfice, c'est votre taux d'épargne.

En 30 secondes

La SEL à l'IS ne devient gagnante que sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas. Si vous vivez avec la totalité de votre bénéfice, la SEL n'apporte rien et son surcoût de structure la rend perdante. Si vous laissez chaque année 40 000, 70 000 ou 100 000 € de côté, cette part ne supportera plus que l'IS (15 % puis 25 %) au lieu de votre TMI à 41-45 % majorée des cotisations : c'est là, et seulement là, que naît le gain.

Le déclencheur de la bascule

La SEL est interessante quand :

  (Benefice NON consomme) x (cout IR + cotisations en BNC - cout IS en SEL)
        >  surcout annuel de la structure (comptabilite, juridique, CAC...)

Variable cle : le benefice NON consomme, pas le benefice total.
Le gain vient UNIQUEMENT de ce que vous ne sortez pas de la societe.

Deux experts-comptables au même bénéfice de 180 000 € peuvent avoir des réponses opposées : celui qui vit avec 80 000 € a tout intérêt à passer en SEL ; celui qui consomme ses 180 000 € n'y gagne rien. Le seul chiffre qui compte est la part thésaurisée.

En pratique, l'arbitrage se pose le plus souvent au-delà de 80 000 à 120 000 € de bénéfice non consommé, parce qu'en deçà le différentiel annuel ne couvre pas toujours le surcoût de la structure (comptabilité, formalités juridiques, parfois commissariat aux comptes). Mais c'est un ordre de grandeur, pas une règle.

La SEL est gagnante si…

Points forts

  • Vous laissez chaque année une part substantielle de bénéfice de côté
  • Votre TMI est à 41 % ou 45 % (l'écart avec l'IS est maximal)
  • Vous avez un projet de capitalisation, de holding (SPFPL) ou de transmission
  • Vous voulez piloter votre revenu fiscal de référence (CEHR/CDHR)

La SEL n'apporte rien si…

Points de vigilance

  • Vous consommez la quasi-totalité de votre bénéfice
  • Votre bénéfice vous maintient en deçà de la tranche à 41 %
  • Vous démarrez et privilégiez la simplicité et des droits sociaux complets
  • Le surcoût de structure dépasse le différentiel d'imposition annuel

Le taux réduit d'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME, article 219 I-b CGI) reste acquis en 2026 : c'est lui qui rend les premières dizaines de milliers d'euros thésaurisées particulièrement efficaces. Pour approfondir cet arbitrage de structure, voyez notre guide BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice passer à la société.

Hagnéré Patrimoine

À partir de quel montant la SEL devient-elle gagnante dans VOTRE cas ?

Un CGP indépendant chiffre votre seuil de bascule réel : part de bénéfice non consommée, TMI, surcoût de structure, gain net annuel. Décision documentée, pas une règle de pouce.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LE CADRE·4 MIN

Le cadre de la SEL d'expertise comptable

Avant de parler chiffres, il faut poser le cadre juridique, car la société d'expertise comptable n'est pas une société commerciale comme les autres. Son capital est encadré par les textes propres à la profession.

Une société pas tout à fait libre : le capital réservé aux inscrits

Le capital et les droits de vote d'une société d'expertise comptable doivent être détenus majoritairement par des experts-comptables inscrits à l'Ordre : plus des deux tiers des droits de vote doivent leur revenir (ordonnance 45-2138 du 19 septembre 1945, actualisée par l'ordonnance 2023-77 du 8 février 2023 réformant l'exercice en société des professions libérales réglementées). Une SPFPL d'experts-comptables peut détenir les titres de la SEL, mais elle reste soumise au même contrôle capitalistique. C'est une contrainte structurante à intégrer avant tout montage.

SELARL ou SELAS : le statut social du dirigeant

Deux formes dominent. La SELARL (à responsabilité limitée) place le gérant majoritaire sous le statut de travailleur non salarié : cotisations plus légères, mais protection sociale plus modeste ; sa rémunération de mandat relève de l'article 62 CGI. La SELAS (par actions simplifiée) fait du président un assimilé salarié : cotisations plus lourdes, mais meilleure couverture (retraite, prévoyance) et gouvernance plus souple. Les deux sont à l'impôt sur les sociétés.

SELARL ou SELAS pour l'expert-comptable : le choix se décide désormais sur le statut social et la gouvernance, plus sur les dividendes (la règle des 10 % s'applique aux deux formes).
CritèreSELARL (gérant majoritaire)SELAS (président)
Statut socialTNS (CNAVPL + CAVEC)Assimilé salarié (CNAVPL + CAVEC, régime général pour la maladie)
Coût des cotisationsPlus légerPlus lourd
Protection socialePlus modestePlus complète
Rémunération de mandatArt. 62 CGI (traitements et salaires)Traitements et salaires
Dividendes & règle des 10 %Soumis (art. L. 131-6 CSS)Soumis depuis 2025 (niche fermée)
GouvernancePlus encadréePlus souple (statuts libres)

À retenir : entre SELARL et SELAS, le choix ne se joue plus sur l'optimisation des dividendes — nous y venons —, mais sur l'équilibre entre coût des cotisations et qualité de la protection sociale, et sur la souplesse de gouvernance. Dans les deux cas, la retraite passe par la CAVEC.

En clair : qui peut détenir les titres ?

Imaginons une SELARL au capital de 100 000 €. La règle des deux tiers impose qu'au moins 66 666 € de droits de vote reviennent à des experts-comptables inscrits (en direct ou via une SPFPL d'experts-comptables). Le solde peut accueillir des associés extérieurs autorisés par les textes, mais jamais au point de leur donner le contrôle. C'est la différence majeure avec une SARL classique : ici, votre montage holding doit toujours respecter ce verrou déontologique. Un investisseur financier non inscrit ne peut pas prendre la majorité de votre cabinet.
§ 5LE SÉISME 2024-2025·4 MIN

Le séisme 2024-2025 : votre rémunération technique est du BNC

Cette réforme est récente (2024-2025) et change concrètement le calcul de votre rémunération en SEL — beaucoup de cabinets appliquent encore l'ancienne règle. Jusqu'à récemment, l'associé de SEL imposait sa rémunération en traitements et salaires, avec le confortable abattement de 10 % pour frais professionnels. C'est terminé.

Désormais, la rémunération qui correspond à l'exercice de votre activité libérale (votre rémunération technique) est imposée en bénéfices non commerciaux, en application de l'article 92 CGI. La doctrine l'a posé (rescrit BOI-RES-BNC-000136 du 24 avril 2024), puis le Conseil d'État l'a confirmé le 8 avril 2025 (n° 492154), en annulant au passage la tolérance administrative qui permettait de loger 5 % de la rémunération en traitements et salaires.

Ventilation de la rémunération de l'associé de SEL depuis l'imposition des revenus 2024. Seule la part de mandat social conserve le régime des traitements et salaires.
Nature de la rémunérationImposition 2026Abattement 10 % ?
Rémunération technique (activité libérale de l'associé)BNC (art. 92 CGI)Non — frais réels à la place
Rémunération du mandat social (gérance, présidence)Traitements et salaires (art. 62 CGI)Oui (sur cette part seulement)
DividendesPFU 31,4 % (+ cotisations au-delà de 10 %)Sans objet

Ne dites plus « 5 % en traitements et salaires »

La tolérance des 5 % est annulée (CE 8 avril 2025 n° 492154). En pratique, votre rémunération technique relève des BNC : vous tenez une comptabilité de recettes et de frais réels, et vous ne bénéficiez plus de l'abattement forfaitaire de 10 %. L'enjeu n'est pas anecdotique : il faut désormais arbitrer entre frais réels effectifs et l'ancien abattement, et soigner la documentation. Le mécanisme commun à toutes les SEL est détaillé dans notre guide Fin de l'abattement de 10 % en SEL.

Conséquence concrète : l'intérêt de la SEL ne disparaît pas, mais l'avantage tiré de la rémunération se réduit (plus d'abattement de 10 %). Cela renforce mécaniquement l'intérêt du second levier — la part de revenu sortie en dividendes plutôt qu'en rémunération — que nous abordons maintenant.

§ 6LE PILOTAGE·5 MIN

Le pilotage : rémunération ou dividendes ?

En SEL, le vrai travail commence. Tout devient un arbitrage annuel : quelle part de bénéfice sortir en rémunération (déductible du résultat, mais cotisée), quelle part laisser pour la distribuer en dividendes, et quelle part ne pas sortir du tout (capitalisée à l'IS) ?

Le principe en une phrase

La rémunération est déductible du résultat de la SEL et ouvre des droits sociaux, mais coûte cher en cotisations. Les dividendes ne sont pas déductibles (ils sortent du bénéfice après IS) mais supportent un coût plus prévisible — sous réserve de la règle des 10 %. Le bon dosage dépend de votre besoin de revenu, de votre besoin de droits sociaux, et du montant de votre capital et de votre compte courant d'associé.

La règle des 10 % sur les dividendes (art. L. 131-6 CSS)

C'est le point technique central. La fraction de dividendes qui excède 10 % du capital social (augmenté des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé) est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales, en application de l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale (dispositif jugé conforme par le Conseil constitutionnel, décision 2010-24 QPC du 6 août 2010). En deçà de ce seuil, les dividendes supportent simplement le PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026).

Le seuil de 10 % en pratique

Seuil non cotise = 10 % x (capital social + primes d'emission + CCA moyen)

Exemple A : capital 50 000 EUR, pas de CCA
  -> seuil = 5 000 EUR de dividendes au PFU (31,4 %)
  -> au-dela : cotisations sociales sur l'excedent

Exemple B : capital 200 000 EUR, pas de CCA
  -> seuil = 20 000 EUR de dividendes au PFU
  -> marge de distribution non cotisee bien plus large

Plus votre capital, vos primes et votre compte courant sont élevés, plus la part de dividendes que vous pouvez distribuer en restant au PFU (sans cotisations) est large. C'est un paramètre que l'on structure en amont.

Le bon réflexe : capitaliser plutôt que tout sortir

Souvent, la meilleure stratégie n'est ni « tout en rémunération » ni « tout en dividendes », mais de ne pas sortir le bénéfice excédentaire : on le laisse capitaliser à l'IS dans la société, et on ne distribue que ce dont on a besoin pour vivre. Le surplus financera plus tard une SPFPL, de la trésorerie placée ou la cession. L'arbitrage détaillé, chiffres à l'appui, est développé dans notre guide Dividendes de l'expert-comptable en SEL : fiscalité et cotisations et, plus généralement, dans SEL : salaire ou dividendes.

La « SELAS sans cotisations » : une niche fermée depuis le 1ᵉʳ janvier 2025

Pendant un temps, on a cru pouvoir échapper à la règle des 10 % en optant pour une SELAS (président assimilé salarié). C'est fini : le législateur a étendu la règle des 10 % aux associés de SELAS (application aux revenus depuis le 1ᵉʳ janvier 2025). Choisir une SELAS pour ses dividendes n'a donc plus de sens ; le choix de forme se décide sur le statut social et la gouvernance (voir section 4). Pour la mécanique complète, voyez Dividendes de SEL et cotisations sociales.
§ 7LA HOLDING·4 MIN

La couche supérieure : la SPFPL et le régime mère-fille

Quand la SEL dégage durablement des dividendes que vous ne souhaitez pas consommer, une couche supérieure prend tout son sens : la SPFPL (société de participations financières de professions libérales), c'est-à-dire la holding de l'expert-comptable.

L'essentiel de la SPFPL en deux idées

1. Le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI). Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL ne sont taxés que sur une quote-part de frais et charges de 5 %, soit une imposition effective d'environ 1,25 % (au lieu de 31,4 % en distribution directe). Sur 100 000 € de dividendes, la SEL en fait remonter environ 98 750 € à la SPFPL : c'est cette quasi-totalité qui peut être réinvestie, contre seulement ~68 600 € s'ils avaient été distribués directement au PFU à 31,4 %.

2. L'effet de levier. La SPFPL peut emprunter pour racheter des titres et rembourser avec des dividendes peu fiscalisés, et sert de socle à l'apport-cession et au pacte Dutreil. Depuis l'ordonnance 2023-77 du 8 février 2023, une SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % d'une SEL.

Au-dessus du mère-fille, deux dispositifs complètent l'architecture. L'intégration fiscale (article 223 A CGI), possible si la SPFPL détient au moins 95 % de la SEL, consolide les résultats. L'apport-cession (article 150-0 B ter CGI) permet, en apportant ses titres de SEL à la holding avant de les vendre, de placer la plus-value en report d'imposition : depuis la LF 2026, le maintien du report en cas de cession rapide est conditionné au réinvestissement d'au moins 70 % du produit dans une activité éligible (le pacte Dutreil, article 787 B, exonère quant à lui 75 % de la valeur transmise).

La SPFPL ne fait pas écran à la règle des 10 %

Attention au mythe : interposer une SPFPL ne supprime pas les cotisations sur la fraction de dividendes au-delà de 10 %. La Cour de cassation (2e ch. civ., 19 octobre 2023, n° 21-20.366) a jugé que cette fraction reste réintégrée dans l'assiette des cotisations du professionnel en exercice, même via une société interposée. Des réponses ministérielles récentes (2025) ont nuancé certaines situations : le sujet appelle un audit au cas par cas. Le vrai rôle de la SPFPL est de capitaliser et réinvestir, pas d'échapper aux charges. Le montage complet est détaillé dans notre guide Holding d'expert-comptable (SPFPL) et, côté plus-value, dans Apport-cession (150-0 B ter).
Hagnéré Patrimoine

SPFPL, mère-fille, apport-cession : faut-il une holding dans votre cas ?

On modélise l'intérêt réel de la SPFPL sur votre situation : flux de dividendes, capacité de réinvestissement, projet de cession ou de transmission. Sans jargon, chiffres à l'appui.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 8COMPARATIF·3 MIN

Tableau comparatif : BNC / SEL / SEL + SPFPL

Mettons les trois architectures côte à côte. Ce tableau ne « tranche » pas à votre place — il dépend de votre taux d'épargne — mais il montre la logique de chaque étage et ce que chacun ajoute au précédent.

Comparatif des trois architectures de l'expert-comptable. La progression BNC → SEL → SEL + SPFPL n'a d'intérêt que si la part de bénéfice non consommée augmente. La SPFPL ne supprime jamais les cotisations sur dividendes (règle des 10 %).
CritèreBNC individuelSEL à l'ISSEL + SPFPL
Imposition du bénéficeIR au barème (jusqu'à 45 %) sur 100 %IS 15 % puis 25 % sur la part non sortieIdem SEL + remontée mère-fille à ~1,25 %
Part non consomméeTaxée à plein, même non dépenséeCapitalise à l'IS dans la sociétéCapitalise + réinvestissement via la holding
Cotisations socialesSur tout le bénéfice (CNAVPL + CAVEC)Sur la rémunération + dividendes > 10 %Idem (la SPFPL ne fait pas écran)
Rémunération techniqueLe bénéfice lui-mêmeBNC (art. 92), sans abattement 10 %BNC (art. 92), sans abattement 10 %
DividendesSans objetPFU 31,4 % (+ cotis. > 10 %)Mère-fille ~1,25 % vers la holding
Capitalisation / réinvestissementAprès impôt personnel (lourd)Dans la société, à l'ISOptimal (holding, apport-cession, Dutreil)
Pilotage du RFR (CEHR/CDHR)Faible (tout passe en IR)Bon (on dose la sortie)Très bon (on capitalise hors RFR)
Complexité / coûtFaibleMoyen (compta, AG, parfois CAC)Élevé (deux sociétés, animation)
Pertinent si…Vous consommez tout votre bénéficeVous thésaurisez une part du bénéficeFlux de dividendes récurrents à réinvestir

Le tableau ne tranche pas tout seul

Aucune colonne n'est « la meilleure » dans l'absolu. Le BNC reste optimal pour qui consomme tout ; la SEL s'impose dès qu'on thésaurise ; la SPFPL se justifie quand les flux de dividendes à réinvestir deviennent récurrents. Le seul moyen de trancher est de chiffrer les trois sur votre situation réelle— c'est exactement l'objet du cas qui suit.
§ 9CAS CHIFFRÉ·4 MIN

Cas chiffré : Claire, 180 000 € de bénéfice

Prenons un cas représentatif. Claire Vasseur est experte-comptable inscrite à l'Ordre, elle exerce seule et dégage un bénéfice de 180 000 €. Son train de vie réel est d'environ 90 000 € par an : elle laisse donc, en théorie, près de 90 000 € qu'elle aimerait capitaliser. C'est exactement le cas où passer en SEL fait une différence chiffrable — on va le voir euro par euro. (Cas pédagogique simplifié, hors situation familiale et autres revenus.)

Scénario 1 — Claire reste en BNC

La totalité des 180 000 € est imposée à l'IR au barème (sommet dans la tranche à 41 %) et aux cotisations CNAVPL/CAVEC + CSG. La part qu'elle ne consomme pas (~90 000 €) a déjà subi l'IR à 41 % et les prélèvements : il ne lui reste qu'une fraction réellement capitalisable, sur un compte personnel, après l'impôt le plus lourd.

Scénario 2 — Claire passe en SEL à l'IS

Claire se verse une rémunération d'environ 95 000 € (de quoi couvrir son train de vie et ses cotisations), et laisse environ 70 000 € de bénéfice dans la société. Cette part ne supporte plus que l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà, soit environ 13 250 € d'IS (≈ 18,9 % effectif) — et il reste près de 56 750 € capitalisés dans la société.

Le spread annuel BNC vs SEL sur la part thésaurisée

Part thesaurisee comparable : ~70 000 EUR

En BNC : IR ~41 % + cotisations + CSG
  -> il reste de l'ordre de 38 000 a 40 000 EUR capitalisables

En SEL (non distribue) : IS 15 % jusqu'a 42 500 EUR puis 25 %
  -> IS ~13 250 EUR, il reste ~56 750 EUR dans la societe

Ecart annuel reinvestissable : de l'ordre de +18 000 EUR / an

L'écart d'environ 18 000 € par an n'est pas un gain immédiat dans la poche de Claire : c'est du capital supplémentaire qui travaille dans la société, à réinvestir, capitaliser, puis transmettre. Rien d'agressif là-dedans : c'est simplement l'écart entre l'IS de la société et l'IR de Claire qui joue en sa faveur, année après année.

Scénario 3 — Claire coiffe sa SEL d'une SPFPL

Au fil des années, la SEL de Claire accumule des réserves. Pour les réinvestir efficacement (immobilier d'entreprise, placements financiers de société, rachat de cabinet), elle fait remonter les dividendes vers une SPFPL sous le régime mère-fille : ils n'y sont taxés qu'à ~1,25 %. Le capital reste hors de son revenu fiscal de référence, ce qui limite son exposition à la CEHR et à la CDHR.

Cas Claire Vasseur sur 5 ans (ordres de grandeur pédagogiques). Le train de vie est identique ; ce qui diverge, c'est le capital capitalisé et l'exposition aux contributions sur hauts revenus.
Sur 5 ansBNCSELSEL + SPFPL
Train de vie financé≈ 450 000 €≈ 450 000 €≈ 450 000 €
Capital thésaurisé (ordre de grandeur)Faible (après IR plein)≈ 280 000 € dans la société≈ 280 000 € + remontée optimisée
Exposition RFR (CEHR/CDHR)MaximaleMaîtriséeMinimisée
Réinvestissement / transmissionPersonnel, peu efficaceÀ l'IS, efficaceOptimal (holding, Dutreil)

Note de méthode — ce que ces chiffres sont, et ne sont pas

Les montants présentés sont des ordres de grandeur pédagogiques, arrondis et volontairement simplifiés : ils ignorent la situation familiale, les autres revenus du foyer, les frais réels exacts et la fiscalité des placements dans lesquels le capital thésaurisé sera ensuite investi. Surtout, le gain de structure (l'écart d'IS) n'est pas un rendement : c'est du capital qui reste disponible pour investir, mais ce capital devra ensuite être placé, avec son propre couple rendement/risque. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et aucun placement n'offre de garantie de gain. Seule une modélisation sur vos chiffres réels, intégrant votre TMI, votre taux d'épargne et le surcoût de structure, permet d'arbitrer.

La leçon — conditionnelle, comme toujours

Si Claire avait consommé l'intégralité de ses 180 000 €, aucune de ces architectures ne lui aurait rien apporté : la SEL et la SPFPL auraient même coûté des frais de structure inutiles. Le gain ne naît que de la part non consommée. C'est pourquoi on ne décide jamais sur un montant de bénéfice, mais après avoir chiffré votre taux d'épargne réel. Pour le volet 360° (patrimoine privé, immobilier, transmission), voyez Gestion de patrimoine de l'expert-comptable.
§ 10LE LEVIER PER·3 MIN

Le levier PER / Madelin à 41-45 % de TMI

Quelle que soit votre structure, un levier reste imbattable pour un expert-comptable à hauts revenus : le plan d'épargne retraite. À une TMI de 41 ou 45 %, chaque euro déduit fait économiser 41 à 45 centimes d'impôt immédiatement, tout en préparant la retraite — un enjeu réel quand la pension CAVEC reste modeste au regard des revenus.

Le plafond PER / Madelin du TNS (art. 154 bis CGI)

Plafond = 10 % du benefice imposable (plafonne a 8 PASS)
         + 15 % de la fraction de benefice entre 1 et 8 PASS

En 2026 (PASS = 48 060 EUR) :
  - plancher : 4 806 EUR
  - plafond maximal : 88 911 EUR

Report des plafonds non utilises sur les annees suivantes
et mutualisation possible entre conjoints.

Pour le dirigeant assimilé salarié (président de SELAS), c'est le plafond de l'article 163 quatervicies qui s'applique (10 % des revenus professionnels N-1, plafonnés à 8 PASS).

Mini-cas — Claire sature son PER

Avec un bénéfice de 180 000 €, le plafond PER de Claire avoisine 37 800 € (10 % de 180 000 € + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS). En versant ce montant, à une TMI de 45 %, elle réduit son impôt d'environ 17 000 € l'année du versement — tout en se constituant un capital retraite. Un virement de 37 800 €, 17 000 € d'impôt en moins l'année suivante : peu de leviers offrent ce ratio à Claire.

Le PER déduit aujourd'hui, mais imposera demain

La déduction à l'entrée n'est pas un cadeau définitif : c'est un report d'imposition. À la sortie (en capital ou en rente), les sommes versées seront imposées à votre TMI d'alors, et les gains supporteront leurs prélèvements (PS 18,6 %). Le PER reste très favorable parce qu'un actif à 45 % de TMI est, en règle générale, à une tranche plus basse une fois à la retraite — mais ce pari sur le différentiel de TMI doit être vérifié dans votre cas, pas présumé. Et l'épargne y est bloquée jusqu'à la retraite (hors cas de déblocage anticipé).

Structure + enveloppes : les deux se cumulent

Le PER ne remplace pas le choix de structure, il s'y ajoute. On commence par caler la bonne enveloppe (BNC / SEL / SPFPL), puis on sature les déductions hors plafond des niches (PER en tête), puis seulement on regarde les réductions d'impôt plafonnées. Le détail du PER de l'expert-comptable figure dans PER pour expert-comptable ; le placement de la trésorerie de société dans Placer la trésorerie de son cabinet.
§ 11HAUTS REVENUS·4 MIN

Hauts revenus : CEHR, CDHR, murs en SCI et cession

Reste la couche propre aux hauts revenus, là où se concentrent les experts-comptables à fort cabinet. Trois sujets reviennent systématiquement en rendez-vous, et chacun se règle différemment selon que vous êtes en BNC ou en SEL.

CEHR et CDHR : la surcouche sur le RFR

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, article 223 sexies CGI) ajoute 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € puis 500 000 € de revenu fiscal de référence (seuils célibataire, doublés pour un couple). La CDHR (contribution différentielle, article 224 issu de la LF 2026) garantit en outre une imposition minimale d'environ 20 % du RFR au-delà des mêmes seuils. Conséquence directe : piloter son RFR devient un objectif en soi — et c'est précisément ce que permettent la SEL (on dose la sortie) et le PER (qui réduit le RFR). Le détail figure dans notre guide CDHR profession libérale.

Les murs du cabinet via une SCI

Acheter ses murs via une SCI qui loue à la SEL revient dans presque tous les dossiers d'experts-comptables propriétaires de leurs locaux : les loyers sont déductibles du résultat de la société, vous séparez l'actif professionnel de l'exploitation et vous vous constituez un revenu. Attention au régime de prélèvements sociaux : une SCI à l'IR génère des revenus fonciers (PS à 17,2 %, et déficit foncier imputable jusqu'à 10 700 €/an), à ne pas confondre avec les 18,6 % des revenus mobiliers. L'assujetti étant l'exploitant, l'option TVA des loyers (article 260-2° CGI) permet de récupérer la TVA sur l'immeuble. Le montage est détaillé dans Acheter les murs de son cabinet en SCI.

La cession : clientèle libre ou parts de SEL

L'expert-comptable n'étant pas un officier ministériel, la cession de sa clientèle / de son fonds libéral est libre (aucun droit de présentation, aucun agrément du Garde des Sceaux). Deux voies coexistent : la cession de la clientèle (plus-value professionnelle, exonérations des articles 238 quindecies jusqu'à 500 000 €, 151 septies selon les recettes, 151 septies A pour le départ en retraite — ce dernier exonérant l'IR mais pas les PS de 18,6 %) ou la cession des parts de SEL (plus-value mobilière, PFU, avec abattement fixe de 500 000 € du dirigeant retraité, article 150-0 D ter). Côté acquéreur, les droits d'enregistrement diffèrent (article 719 pour un fonds, 726 pour des parts).

Un plan de cession se prépare des années à l'avance

Exonérations de plus-value, abattement dirigeant, articulation avec l'apport-cession et le pacte Dutreil : tous ces leviers supposent des conditions d'antériorité et de calendrier (souvent 5 ans, liquidation des droits à retraite dans les 24 mois pour le 151 septies A). On ne les improvise pas l'année de la vente. Le sujet est traité en détail dans Cession de cabinet d'expertise comptable, et la logique d'ensemble dans le pilier Optimisation fiscale profession libérale.
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Sources et références légales

  • CGI — BNC, micro et TVA de l'expert-comptable

    Art. 102 ter CGI (micro-BNC, abattement 34 %, seuil de recettes 83 600 € sur la période 2026-2028). Art. 92 CGI (BNC, dont la rémunération technique de l'associé de SEL). Art. 219 I-b CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des soins — inapplicable à l'expert-comptable, soumis à la TVA à 20 %). Art. 293 B CGI (franchise en base) et art. 260-2° CGI (option TVA des loyers d'une SCI de murs). Rescrit BOI-RES-BNC-000136 (24/04/2024).

  • CGI / CSS — rémunération, dividendes et holding en SEL

    Art. 62 CGI (rémunération du gérant majoritaire, traitements et salaires). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS depuis la LFSS 2026). Art. 158 CGI (option barème, abattement 40 %). Art. L. 131-6 CSS (cotisations sociales sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, primes et compte courant). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération 95 %, quote-part 5 %, IS effectif 1,25 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, réinvestissement 70 % depuis la LF 2026). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil).

  • CGI — retraite, cession et hauts revenus

    Art. 154 bis CGI (déduction PER/Madelin TNS : 10 % du bénéfice plafonné à 8 PASS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, plafond 88 911 € en 2026) et art. 163 quatervicies CGI (PER du dirigeant assimilé salarié). Art. 238 quindecies, 151 septies et 151 septies A CGI (exonérations de plus-value professionnelle ; le 151 septies A exonère l'IR mais pas les PS de 18,6 %). Art. 150-0 D ter CGI (abattement 500 000 € du dirigeant retraité). Art. 719 et 726 CGI (droits d'enregistrement). Art. 156 I-3 CGI (déficit foncier 10 700 €). Art. 223 sexies CGI (CEHR) et art. 224 CGI (CDHR, LF 2026).

  • Cadre de la profession, jurisprudence et doctrine

    Ordonnance 45-2138 du 19/09/1945 (profession d'expert-comptable, détention du capital de la société par les inscrits) et ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, SEL et SPFPL). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) et LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique de l'associé de SEL = BNC, fin de la tolérance des 5 %). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL et cotisations via société interposée). Cons. const. 2010-24 QPC du 06/08/2010 (assujettissement à cotisations des dividendes de SEL). Doctrine : BOI-RES-BNC-000136.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute stratégie d'optimisation fiscale d'un expert-comptable doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (audit fiscal, choix de structure, modélisation rémunération/dividendes, simulation CEHR/CDHR, plan de cession). Les chiffres et taux cités sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les valeurs de point et de classe de la CAVEC doivent être confirmées sur cavec.fr. Certains points sont signalés au conditionnel lorsque le texte ou la doctrine ne tranchent pas encore clairement.

Foire aux questions

Tout sur l'optimisation fiscale de l'expert-comptable en 2026 structure, rémunération, dividendes, holding.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : seuil BNC/SEL, SELARL ou SELAS, rémunération technique en BNC, dividendes et cotisations, SPFPL, CAVEC, TVA, PER et cession. Réponses sourcées et à jour 2026.