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Guide expert-comptable 202615 minMis à jour 25 juin 2026Plafond TNS 88 911 €

PER de l'expert-comptable : déduire au maximum et optimiser

À 41 ou 45 % de TMI, le PER est votre levier de défiscalisation n°1 : chaque euro versé sort de l'impôt à votre tranche marginale. Un expert-comptable à 150 000 € de BNC peut déduire 30 291 € et effacer environ 13 631 € d'impôt dès cette année ; en 2026, le plafond va jusqu'à 88 911 € (article 154 bis du CGI). Voici comment le calculer sur votre 2035, choisir entre 154 bis et 163 quatervicies selon votre statut, et l'articuler avec votre retraite CAVEC — sans vous tromper sur la sortie (prélèvements sociaux 18,6 %, pas 17,2 %). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PER 2026

Chiffrer votre plafond PER et votre économie d'impôt réelle

Audit de votre situation d'expert-comptable : plafond TNS art. 154 bis sur votre 2035, articulation avec le 163 quatervicies en SELAS, économie par TMI, complément de la retraite CAVEC. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre confrère ou votre cabinet comptable.

  • Calcul de votre plafond 154 bis exact
  • Économie d'impôt nette à 41-45 %
  • Articulation PER, CAVEC et prévoyance
  • Cabinet 100 % indépendant

PLAFOND PER MAX 2026

88 911 €

DÉDUCTION POUR 150 K

30 291 €

IMPÔT ÉCONOMISÉ À 45 %

13 631 €

PS GAINS À LA SORTIE

18,6 %

PLAFOND PRÉSIDENT SELAS

37 680 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

En bref : le PER de l'expert-comptable en 6 chiffres

Vous conseillez vos clients sur leur optimisation toute l'année, mais vous n'avez jamais pris le temps de chiffrer la vôtre ? C'est le paradoxe de la profession : l'expert-comptable à 41-45 % de TMI laisse souvent filer chaque année le levier de défiscalisation le plus puissant à sa disposition. Vous êtes venu chercher un chiffre ? En travailleur non salarié, un expert-comptable peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 88 911 € en 2026 en versant sur un PER, grâce au plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI. Sur un BNC de 150 000 €, le plafond ressort à 30 291 € : déduit à 45 %, c'est 13 631 € d'impôt en moins, soit 13 631 € qui financent votre retraite au lieu de partir en impôt. À 41-45 % de TMI, je ne connais pas d'enveloppe qui rende un euro d'impôt aussi vite : la déduction tombe à votre taux marginal, sans aléa.

Le PER de l'expert-comptable en 6 chiffres

1. Le plafond. Art. 154 bis : 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS — jusqu'à 88 911 €, plancher 4 806 €.
2. La base. Le bénéfice de l'année N (votre déclaration 2035), pas N-1.
3. L'économie. Environ versement × TMI : à 45 %, déduire 88 911 € = 40 010 € d'impôt en moins.
4. Le piège social. La déduction joue sur l'IR seul : vos cotisations CNAVPL, CAVEC et URSSAF ne baissent pas.
5. La sortie. Capital ou rente ; les gains au PFU 31,4 % (PS 18,6 %, pas 17,2 %).
6. Le statut. SELARL gérant majoritaire / BNC = 154 bis (88 911 €) ; président de SELAS = 163 quatervicies (37 680 €).

Attention quand même : 88 911 € est un plafond, pas un objectif. Le bon montant est celui qui éponge votre tranche la plus haute sans assécher la trésorerie d'exploitation de votre cabinet. Ce qui suit ne traite que de ce qui change pour vous : le bon plafond selon votre structure, les pièges et trois cas réels. Pour la mécanique générale du libéral, voyez le PER de la profession libérale.

§ 2POURQUOI LE PER·2 MIN

Pourquoi le PER est votre levier n°1 à 41-45 %

Si un seul profil devait souscrire un PER, ce serait l'expert-comptable à hauts revenus. Inscrit à l'Ordre, exerçant en cabinet individuel (BNC), en société d'expertise comptable ou en SEL, il est soumis à la TVA au taux normal de 20 % et atteint vite la tranche à 41 % (de 84 577 € à 181 917 € par part) voire 45 % (au-delà de 181 917 €). Chaque euro déduit échappe à l'impôt à ce taux marginal : concrètement, l'impôt que vous auriez versé se retrouve sur votre contrat.

Barème de l'impôt sur le revenu 2026 (article 197 du CGI). L'expert-comptable à hauts revenus se situe le plus souvent dans les tranches à 41 et 45 % — exactement là où le PER est le plus efficace.
Tranche du barème 2026Seuil par partTaux
Tranche 1Jusqu'à 11 600 €0 %
Tranche 211 600 € → 29 579 €11 %
Tranche 329 579 € → 84 577 €30 %
Tranche 484 577 € → 181 917 €41 %
Tranche 5Au-delà de 181 917 €45 %

Et il y a un deuxième atout, souvent oublié : le PER déductible est exclu du plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € (article 200-0 A du CGI). C'est une déduction du revenu, pas une réduction d'impôt : il sort de l'impôt sans consommer votre enveloppe de 10 000 €, que vous pouvez réserver à d'autres dispositifs. Pour un haut revenu, cet avantage est décisif.

À 45 %, l'État finance 45 % de votre effort d'épargne

À 45 % de TMI, verser 100 € sur votre PER ne vous coûte vraiment que 55 € de poche — les 45 € restants étant de l'impôt que vous auriez payé de toute façon. À 41 %, l'effort net est de 59 €. Pour connaître précisément votre tranche et l'effet d'un versement, appuyez-vous sur votre tranche marginale d'imposition 2026 et le barème de l'impôt 2026.
§ 3LE CŒUR·4 MIN

Le plafond PER de l'expert-comptable en BNC : la formule (art. 154 bis)

C'est le plafond qui change tout, et il est nettement plus généreux que celui des salariés. Là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus, le travailleur non salarié bénéficie d'une majoration de 15 % sur la tranche haute de son bénéfice. L'article 154 bis du CGI vous autorise à déduire le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.

La formule exacte, sans approximation

Le plafond additionne deux briques : 10 % de votre bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS, seuls les 10 % jouent — et c'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais. Au-delà de 8 PASS de bénéfice (384 480 €), la majoration cesse de courir : vous êtes au maximum, 88 911 €.

Le plafond PER de l'expert-comptable (TNS) en 2026

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). En dessous, on applique la formule 10 % + 15 %, et le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur. La base est le bénéfice de l'année N (votre déclaration 2035), à ne pas confondre avec le plafond salarié, assis sur N-1.

La quasi-totalité des experts-comptables à hauts revenus est au réel (déclaration contrôlée 2035), bien au-dessus du seuil micro-BNC : c'est donc le 154 bis qui s'applique. Pour le détail du calcul, support par support, voyez le PER du TNS en 2026 : le plafond art. 154 bis pas à pas et votre plafond PER 2026 : disponible, report et mutualisation.

Madelin et 154 bis : la même enveloppe retraite

Si vous aviez un ancien contrat Madelin retraite, il partageait déjà ce plafond 154 bis. Depuis la loi PACTE (1er octobre 2020), ces contrats ne sont plus commercialisés : le PER les a remplacés et reprend le même plafond. À ne pas confondre avec le plafond distinct de la prévoyance et de la complémentaire santé Madelin (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice), traité plus bas. Source du plafond : BOI-BIC-CHG-40-50-40-20 et BOI-BNC-BASE-40-60-50-20.
§ 4TABLE PAR BNC·3 MIN

Combien vous déduisez vraiment, de 100 000 € à 384 480 € de BNC

Un plafond reste abstrait tant qu'on n'a pas mis l'économie d'impôt en face. Voici, palier par palier, ce que la formule donne pour des bénéfices d'expert-comptable, avec l'économie d'IR à 41 % et à 45 % :

Plafond 154 bis et économie d'impôt selon le BNC. Plafond = 10 % × bénéfice + 15 % × (bénéfice − 48 060). Économie ≈ plafond × TMI (maximum théorique, à viser en commençant par la tranche la plus haute).
BNC imposablePlafond 154 bisÉco à 41 %Éco à 45 %
100 000 €17 791 €≈ 7 294 €≈ 8 006 €
120 000 €22 791 €≈ 9 344 €≈ 10 256 €
150 000 €30 291 €≈ 12 419 €≈ 13 631 €
200 000 €42 791 €≈ 17 544 €≈ 19 256 €
250 000 €55 291 €≈ 22 669 €≈ 24 881 €
≥ 384 480 € (8 PASS)88 911 € (maximum)≈ 36 453 €≈ 40 010 €

Économie théorique : videz votre tranche, ne débordez pas

Les économies ci-dessus sont calculées au taux marginal. Si votre versement fait basculer une partie de votre revenu de la tranche à 45 % vers celle à 41 %, ou de 41 % vers 30 %, les premiers euros déduits « valent » plus que les suivants : l'économie réelle est alors un peu plus faible. La bonne méthode consiste à vider d'abord votre tranche la plus haute ; votre conseiller affine le calcul tranche par tranche, à l'euro près. Ces chiffres mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate ; ils ne disent rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports et n'est jamais garantie.
§ 5CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Cas chiffrés : Sophie (150 k BNC), Marc (SELAS) et Léa (100 k)

Trois dossiers réels (anonymisés) qu'on a chiffrés cette année. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et ordres de grandeur sont ceux qu'on voit passer en rendez-vous à Chambéry. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.

Cas 1 — Sophie, experte-comptable en SELARL, gérante majoritaire (TNS), TMI 45 %

Inscrite à l'Ordre, elle exerce en SELARL d'expertise comptable dont elle est gérante majoritaire : elle est travailleur non salarié. Sa rémunération imposée s'élève à 150 000 € ; mariée à un conjoint également bien rémunéré, le foyer se situe dans la tranche marginale à 45 % (revenu imposable du foyer au-delà de 363 834 €).

Plafond 154 bis : 10 % × 150 000 + 15 % × (150 000 − 48 060) = 15 000 + 15 291 = 30 291 €.
Si elle verse 30 291 € : économie d'IR ≈ 30 291 × 45 % = 13 631 €.
Cotisations CAVEC + URSSAF : inchangées — 0 € d'économie sociale.
Effort net : ≈ 30 291 − 13 631 = 16 660 € de poche pour 30 291 € capitalisés à son nom.
À retenir : chaque euro versé revient à 0,55 € de poche pour 1 € placé. Aucun livret ne fait ça.

Cas 2 — Marc, président de SELAS d'expertise comptable (assimilé salarié), TMI 45 %

Marc préside une SELAS d'expertise comptable : il est assimilé salarié, sa part de gérance est imposée en traitements et salaires. Revenus professionnels N-1 : 160 000 €. Le statut change la mécanique.

Plafond applicable : PAS le 154 bis (CE 8 décembre 2017, n° 409429) → c'est le 163 quatervicies : 10 % × 160 000 = 16 000 € (≤ 37 680 €).
Si il verse 16 000 € : économie d'IR ≈ 16 000 × 45 % = 7 200 €.
Bonus du statut salarié : ce plafond est reportable (3→5 ans) et mutualisable avec sa conjointe (case 6QR).
À retenir : à revenu comparable, Marc plafonne plus bas que Sophie — mais son reliquat n'est jamais perdu. Si une part de sa rémunération « technique » est imposée en BNC, cette fraction peut rouvrir du 154 bis ; à examiner au cas par cas.

Cas 3 — Léa, expert-comptable en cabinet individuel (BNC au réel), TMI 41 %

Léa exerce en nom propre, déclaration contrôlée 2035, bénéfice 100 000 €, tranche à 41 %. Le cas le plus accessible.

Plafond 154 bis : 10 % × 100 000 + 15 % × (100 000 − 48 060) = 10 000 + 7 791 = 17 791 €.
Si elle verse 17 791 € : économie d'IR ≈ 17 791 × 41 % = ≈ 7 294 €.
À retenir : même sur un bénéfice « modéré » pour la profession, la majoration de 15 % fait grimper vite le plafond. Et tant que 10 % du bénéfice dépasse 4 806 €, c'est la formule qui s'applique, jamais le plancher.

Sophie — SELARL gérante majoritaire (TNS)

Plafond 154 bis (max 88 911 €). Base : le bénéfice de l'année N. Sur 150 000 €, plafond 30 291 €, économie 13 631 € à 45 %. Mais : plafond strictement individuel, non reportable, non mutualisable. C'est maintenant ou jamais.

Marc — président de SELAS (assimilé salarié)

Plafond 163 quatervicies (max 37 680 €). Base : les revenus pro N-1. Sur 160 000 €, plafond 16 000 €, économie 7 200 € à 45 %. Mais : reportable (3→5 ans) et mutualisable avec le conjoint (case 6QR). Le reliquat n'est jamais perdu.

Hagnéré Patrimoine

Calculez votre plafond exact sur votre 2035

Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis (ou 163 quatervicies si vous êtes président de SELAS), votre économie nette par tranche et le montant optimal à verser cette année — sans vous pousser au plafond si ce n'est pas dans votre intérêt.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6PIÈGE N°1·2 MIN

Le piège : le PER ne baisse PAS vos cotisations CAVEC et URSSAF

Un client sur deux me la pose : « j'ai versé sur mon PER, ça va baisser mes charges sociales, non ? » Non. Beaucoup d'experts-comptables pensent qu'en versant sur un PER, ils réduisent à la fois leur impôt et leurs cotisations. C'est faux. La déduction de l'article 154 bis joue uniquement sur l'impôt sur le revenu. Le versement reste dans l'assiette des cotisations sociales du travailleur non salarié (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale) : votre retraite de base CNAVPL, votre complémentaire CAVEC, la maladie, les allocations familiales et la CSG-CRDS. Vous cotisez dessus comme si vous ne l'aviez pas versé.

Deux choses en découlent. L'avantage réel du PER se lit à l'impôt, pas aux charges sociales : c'est l'économie « versement × TMI » de la section 4, rien de plus. En revanche, ces cotisations ne sont pas perdues : elles vous achètent des droits (points CAVEC) qui construisent votre future pension. L'arbitrage défisc, lui, se joue à l'impôt.

Ce que votre assureur ne précise pas toujours

Erreur fréquente : croire qu'un gros versement PER allège l'URSSAF. Faux. L'avantage est 100 % fiscal. Avant d'ajuster un versement à la hausse, faites le point sur votre assiette sociale et vos droits : pour comprendre comment votre caisse calcule votre pension, voyez le diagnostic de votre retraite CAVEC (classes de cotisation). À l'inverse, sachez que les dividendes de votre SEL n'ouvrent aucun droit PER — c'est un paramètre de l'arbitrage, détaillé dans les dividendes de l'expert-comptable en SEL.
§ 7SELON LA STRUCTURE·4 MIN

PER selon votre structure : BNC/SELARL (154 bis) ou SELAS (163 quatervicies)

« Je suis expert-comptable » ne donne pas droit à un plafond unique. C'est votre régime social— travailleur non salarié ou assimilé salarié — qui décide du plafond applicable, pas votre titre ni votre inscription à l'Ordre. On a vu deux associés du même cabinet, à 160 000 € chacun, repartir avec des plafonds PER très différents : l'un préside une SELAS, l'autre gère une SELARL.

Art. 154 bis — le plafond TNS

Cabinet individuel en BNC au réel + gérant majoritaire de SELARL d'expertise comptable (rémunération art. 62 + part technique en BNC depuis 2024). Base : le bénéfice de l'année N. Formule 10 % + 15 %, maximum 88 911 €. Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable.

Art. 163 quatervicies — le plafond salarié

Président de SELAS d'expertise comptable (assimilé salarié, part de gérance en traitements et salaires). Base : les revenus pro de l'année N-1. Formule 10 % seulement, maximum 37 680 €. Mais : reportable (3 ans → 5 ans, LF 2026) et mutualisable entre conjoints (case 6QR).

Pourquoi 88 911 € d'un côté et 37 680 € de l'autre ?

Les deux plafonds maximaux ne reposent pas sur le même millésime de PASS, ce qui est normal : le 154 bis (TNS) se calcule sur le bénéfice de l'année N et le PASS 2026 (48 060 €), d'où un maximum de 88 911 €. Le 163 quatervicies (assimilé salarié) se calcule sur les revenus professionnels de l'année N-1 et le PASS 2025 (47 100 €), soit 10 % × 8 PASS = 37 680 €. L'écart d'assiette explique seul la différence ; aucune valeur n'est erronée.

Ce que le Conseil d'État a tranché

Ce point n'est pas une interprétation de cabinet : c'est le Conseil d'État qui l'a écrit. Il a clarifié l'essentiel pour le PER : la déduction de l'article 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC (ou en art. 62), jamais sur des traitements et salaires (CE 8 décembre 2017, n° 409429). Conséquence directe : le président de SELAS, assimilé salarié, est cantonné au plafond de 37 680 €.

Plus récemment, le Conseil d'État a validé la bascule en BNC de la rémunération « technique » des associés de SEL (CE 8 avril 2025, n° 492154), dans le sillage de la doctrine applicable depuis le 1er janvier 2024 — qui a aussi mis fin à la tolérance forfaitaire de 5 % et à l'abattement de 10 % sur cette part technique (frais réels BNC à la place). Pour de nombreux associés de SEL, cette fraction imposée en BNC ouvre ou maintient l'accès au plafond 154 bis — un point à examiner au cas par cas.

La règle en une phrase

En SELARL gérant majoritaire, vous êtes TNS → 154 bis (jusqu'à 88 911 €). En SELAS président, assimilé salarié → 163 quatervicies (37 680 €). Votre statut détermine votre plafond. Pour choisir la forme d'exploitation adaptée à vos revenus, voyez BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante, l'arbitrage salaire ou dividendes en SEL et, pour la vue d'ensemble, l'optimisation fiscale de l'expert-comptable et la holding d'expert-comptable (SPFPL).
§ 8PIÈGE N°2·3 MIN

Maintenant ou jamais : report, mutualisation et versement avant le 31/12

Deuxième piège : les deux plafonds ne se traitent pas pareil dans le temps. Le plafond TNS de l'article 154 bis non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable, ni mutualisable. Pour le gérant majoritaire de SELARL et l'expert-comptable en BNC, le plafond non versé au 31 décembre est perdu sec : contrairement au plafond salarié, il n'existe aucun rattrapage l'année suivante. C'est pour ça qu'on parle de fenêtre annuelle.

Report et mutualisation selon le plafond. Le 154 bis du TNS ne se reporte ni ne se partage, d'où l'importance de le saturer chaque année si votre TMI le justifie.
LevierPlafond 154 bis (TNS)Plafond 163 quatervicies (SELAS)
Report dans le tempsNon — perdu en fin d'exerciceOui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, plafonds ≥ 2026)
Mutualisation entre conjointsNon — strictement individuelOui (case 6QR de la 2042)
Timing du versementAvant le 31/12 (année du versement)Avant le 31/12 (année du versement)

La mutualisation entre conjoints (mariés ou pacsés à imposition commune) ne concerne donc que le 163 quatervicies : en cochant la case 6QR de la 2042, le conjoint à TMI élevée peut absorber le reliquat de l'autre. Quant au report, la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) l'a porté de 3 à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026 (mesure non rétroactive). Dans tous les cas, la déduction s'impute sur les revenus de l'année du versement : verser avant le 31 décembre.

70 ans : la déductibilité s'arrête

Autre nouveauté de la LF 2026 (art. 9) : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles à l'entrée (la contrepartie : ces primes non déduites ressortent sans impôt sur le revenu). Une borne de plus qui plaide pour maximiser ses versements déductibles avant 70 ans. Au 16 juin 2026, la doctrine BOFiP (BOI-IR-BASE-20-50-30) n'est pas encore republiée : la source à jour est le texte de loi. Détails dans la réforme du PER (LF 2026, art. 9).
§ 9SORTIE & FISCALITÉ·3 MIN

Sortie du PER : capital ou rente, et la fiscalité réelle

Tout l'intérêt du PER tient à un décalage de taux dans le temps : vous déduisez à 41-45 % aujourd'hui, et vous sortez à la retraite quand votre tranche a baissé — souvent 30 %. Le PER est gagnant chaque fois que votre TMI à la sortie est inférieure à votre TMI à l'entrée : vous économisez 41-45 % pour n'être taxé qu'à 30 %. À l'arrivée, deux modalités : le capital (fractionné possible) ou la rente.

Fiscalité de sortie du PER pour des versements déduits à l'entrée. Les déblocages anticipés (accidents de la vie, acquisition de la résidence principale) relèvent de l'art. L. 224-4 du CMF ; la sortie capital/rente de l'art. L. 224-5.
Modalité de sortiePart « versements » (déduits)Part « gains »
Capital (fractionné possible)Barème de l'IR, sans abattement 10 % (quotient art. 163-0 A possible)PFU 31,4 % = 12,8 % IR + 18,6 % PS
Rente viagèreRégime des pensions, abattement 10 % (art. 158-5 CGI)Inclus dans la rente (régime RVTG)

18,6 %, pas 17,2 % : le piège des prélèvements sociaux

C'est l'erreur qu'on corrige le plus souvent en rendez-vous : les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 depuis la LFSS 2026), pas 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le taux maintenu à 17,2 % est réservé à une liste limitative (art. L. 136-8 IV du CSS) : assurance-vie, capitalisation, revenus fonciers nus — le PER, issu de la loi PACTE, n'y figure pas. Le PFU de sortie est donc de 31,4 %, et non 30 %. Le détail de cette dualité est expliqué dans prélèvements sociaux 2026 : la dualité 18,6 % / 17,2 %. Pour comparer sortie en capital et en rente, voyez capital ou rente : le comparatif.
§ 10PER + CAVEC·2 MIN

PER + CAVEC : le complément que les classes de cotisation ne couvrent pas

Et il y a un dernier étage que même les confrères oublient de chiffrer : leur propre retraite. Comme tout expert-comptable, vous cotisez déjà à une retraite obligatoire en deux étages : la base CNAVPL par points (commune aux libéraux, plafonnée) et la complémentaire de la CAVEC — la Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes — organisée par classes de cotisation (vous êtes rattaché à une classe selon votre revenu, avec la possibilité d'opter pour une classe supérieure). Cette architecture monte par paliers, mais reste bornée : pour un haut revenu, le taux de remplacement à la retraite est insuffisant pour maintenir votre niveau de vie.

Le PER ne vient pas remplacer cette caisse : il vient en plus. Là où la CAVEC fonctionne en répartition par points et par classes, le PER capitalise votre propre épargne, à votre nom, tout en la défiscalisant à l'entrée à 41-45 %. C'est précisément ce cumul — socle obligatoire CNAVPL + CAVEC, étage facultatif PER — qui comble l'écart de revenus à la retraite.

Soyons clairs sur ce qui est garanti et ce qui ne l'est pas : la seule chose certaine dans un PER, c'est l'économie d'impôt à l'entrée (votre versement × votre TMI). Le capital qui en résultera à la retraite, lui, dépend des supports choisis (fonds en euros, unités de compte) et n'est jamais garanti : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et les unités de compte comportent un risque de perte en capital. Toute projection de pension complémentaire doit donc être lue comme une illustration sous hypothèses, à actualiser dans le temps — pas comme une promesse de rendement.

La CAVEC plafonne par classes ; le PER, vous le pilotez

La CAVEC monte par classes de cotisation, mais avec un rendement borné ; le PER, lui, n'a pas de plafond de rendement et reste sous votre contrôle (montant, supports, sortie). La CAVEC pose le socle, et le PER rattrape ce que les classes de cotisation ne couvriront jamais pour un revenu à six chiffres. Pour le diagnostic chiffré de votre pension (classes, points, montant), voyez la retraite de l'expert-comptable (CAVEC) ; pour la stratégie complète qui combine PER, assurance-vie et SCPI, compléter sa retraite CAVEC par la capitalisation ; et pour le cadre général, la retraite du libéral.
§ 11+ PRÉVOYANCE·2 MIN

Cumuler PER et Madelin prévoyance/santé (enveloppes distinctes)

Bonne nouvelle pour le TNS : le PER retraite (volet « retraite » de l'article 154 bis) et le Madelin prévoyance/santé (volet « prévoyance » du même article) sont des enveloppes de déduction distinctes. Elles ne s'imputent pas l'une sur l'autre : vous pouvez déduire votre PER retraite et votre Madelin prévoyance la même année, sur deux compteurs séparés.

Les trois volets de l'article 154 bis pour le TNS. Le plafond prévoyance/santé est plafonné à 3 % de 8 PASS, soit 11 534,40 € en 2026 — un compteur indépendant du PER retraite.
Enveloppe (art. 154 bis)Plafond de déduction 2026Objet
Retraite (PER)10 % + 15 %, jusqu'à 88 911 €Complément de pension capitalisé
Prévoyance / santé (Madelin)7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, max 11 534,40 €Décès, arrêt de travail, invalidité, santé
Perte d'emploi (Madelin)1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASSGarantie chômage du dirigeant

Deux compteurs, deux déductions

Vous pouvez cumuler votre PER retraite et votre Madelin prévoyance la même année : ce sont deux enveloppes séparées. La loi PACTE (n° 2019-486) a fermé le Madelin retraite à la commercialisation au 1er octobre 2020 (remplacé par le PER), mais le Madelin prévoyance/santé reste souscriptible et conserve sa déduction. En SELARL gérant majoritaire, c'est un contrat individuel TNS ; en SELAS, une prévoyance collective d'entreprise. Pour couvrir l'arrêt de travail et l'invalidité, voyez la prévoyance Madelin du libéral.
§ 12CEHR / CDHR·2 MIN

PER, CEHR et CDHR : jusqu'où le PER fait baisser votre impôt

Au-dessus de 250 000 € de RFR, le PER gagne une seconde fonction : comme il déduit du revenu imposable, il réduit aussi votre revenu fiscal de référence (RFR). Or plusieurs surtaxes se déclenchent à des seuils de RFR : un versement bien calibré peut vous faire passer sous un seuil et économiser, au-delà de l'IR, une surtaxe entière.

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)

La CEHR (article 223 sexies du CGI) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), et à 4 % au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple). En abaissant votre RFR sous l'un de ces seuils, un versement PER peut neutraliser tout ou partie de cette contribution.

Exemple : un versement qui efface une surtaxe entière

Un expert-comptable célibataire affiche un RFR de 262 000 €. La CEHR le frappe sur la fraction au-dessus de 250 000 €, soit 3 % × 12 000 = 360 €. S'il verse 12 000 € sur son PER (largement dans son plafond 154 bis), son RFR retombe à 250 000 € : la CEHR disparaît. La même déduction lui a par ailleurs fait économiser environ 12 000 × 45 % = 5 400 € d'IR. Bilan : 5 400 € d'IR en moins et 360 € de CEHR effacés, pour un même versement. À 12 000 € du seuil, le calibrage du versement n'est plus de la théorie : 360 € de surtaxe sautent ou ne sautent pas.

La contribution différentielle (CDHR) : là où le PER atteint sa limite

La CDHR (article 224 du CGI, créée par la LF 2025 et reconduite par la LF 2026) assure une imposition minimale d'environ 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), avec une décote à l'entrée. Conséquence concrète : pour un très haut revenu déjà au-dessus de ce plancher, l'effet marginal d'un versement PER peut être partiellement écrêté par ce plancher de 20 %. Le PER reste utile pour repasser sous les seuils, mais son rendement fiscal n'est plus garanti à 41-45 % dans cette zone : à arbitrer au cas par cas.

Le pilotage du RFR fait partie d'une stratégie d'ensemble. Pour la replacer dans le cadre global de l'expert-comptable fortement imposé, voyez CEHR et CDHR des hauts revenus 2026, profession libérale à hauts revenus : piloter son RFR sous les seuils et la feuille de route patrimoniale de l'expert-comptable.

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Sources et références légales

  • CGI — les deux plafonds de déduction PER

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; base bénéfice de l'année N ; non reportable, non mutualisable). Art. 163 quatervicies CGI (président de SELAS assimilé salarié : 10 % des revenus pro N-1 dans la limite de 8 PASS, maximum 37 680 €, mutualisation case 6QR, report). Art. 62 CGI (rémunération de gérance du gérant majoritaire de SELARL ; part technique en BNC depuis 2024). Art. 158-5 CGI (rente PER imposée en pension, abattement 10 %). Art. 163-0 A CGI (quotient). Doctrine : BOI-BIC-CHG-40-50-40-20, BOI-IR-BASE-20-50-20 et -30, BOI-BNC-BASE-40-60-50-20.

  • Réformes 2026 (LF / LFSS) et PASS

    Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026, art. 9) : report des plafonds 163 quatervicies porté de 3 à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026 (non rétroactif), fin de la déductibilité des versements après 70 ans depuis le 01/01/2026. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026, art. 12) : CSG sur le capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux sur les gains du PER à 18,6 %, PFU de sortie à 31,4 % (art. L. 136-8 IV CSS). Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025, art. 10) : création de la CDHR (art. 224 CGI), reconduite en 2026. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €).

  • Statut de l'expert-comptable et accès au 154 bis (jurisprudence)

    CE 8/12/2017 n° 409429 (la déduction 154 bis n'existe que sur une rémunération imposée en BNC ou art. 62, jamais sur des traitements et salaires : le président de SELAS relève du 163 quatervicies). CE 8/04/2025 n° 492154 (la rémunération de l'activité libérale technique des associés de SEL relève des BNC ; annulation de la tolérance forfaitaire de 5 % pour la part de gérance). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (réintégration, sous conditions, des dividendes de SEL dans l'assiette des cotisations sociales du professionnel). Cadre d'exercice : ordonnance n° 45-2138 du 19/09/1945 (art. 7) et ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL).

  • Cotisations sociales, sortie et garde-fous hauts revenus

    Art. L. 131-6 CSS (le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations TNS : base CNAVPL, complémentaire CAVEC, URSSAF — la déduction ne touche que l'IR). CMF art. L. 224-4 (déblocage anticipé : accidents de la vie et acquisition de la résidence principale) et L. 224-5 (sortie en capital ou en rente). Art. 200-0 A CGI (le PER déductible est hors du plafonnement global des niches de 10 000 €). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3 % / 4 %) et art. 224 CGI (CDHR, plancher 20 %). Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 (création du PER, fermeture du Madelin retraite à la commercialisation au 01/10/2020, Madelin prévoyance/santé maintenu).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le calcul de votre plafond de déduction et le dimensionnement de vos versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée. Les chiffres et taux cités sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence, barème et valeur du point CAVEC). Les valeurs propres au régime CAVEC (classes, valeur du point) sont à reconfirmer auprès de la caisse. Le PER comporte un risque de perte en capital et son épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur le PER de l'expert-comptable en 2026 plafond, économie d'impôt, statut, sortie, CAVEC.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : combien déduire, quel plafond selon le statut SELARL ou SELAS, l'économie par TMI, le piège des cotisations CAVEC, le report et la sortie à 18,6 %. Réponses sourcées et à jour 2026.