En bref : le PER de l'expert-comptable en 6 chiffres
Vous conseillez vos clients sur leur optimisation toute l'année, mais vous n'avez jamais pris le temps de chiffrer la vôtre ? C'est le paradoxe de la profession : l'expert-comptable à 41-45 % de TMI laisse souvent filer chaque année le levier de défiscalisation le plus puissant à sa disposition. Vous êtes venu chercher un chiffre ? En travailleur non salarié, un expert-comptable peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 88 911 € en 2026 en versant sur un PER, grâce au plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI. Sur un BNC de 150 000 €, le plafond ressort à 30 291 € : déduit à 45 %, c'est 13 631 € d'impôt en moins, soit 13 631 € qui financent votre retraite au lieu de partir en impôt. À 41-45 % de TMI, je ne connais pas d'enveloppe qui rende un euro d'impôt aussi vite : la déduction tombe à votre taux marginal, sans aléa.
Le PER de l'expert-comptable en 6 chiffres
2. La base. Le bénéfice de l'année N (votre déclaration 2035), pas N-1.
3. L'économie. Environ versement × TMI : à 45 %, déduire 88 911 € = 40 010 € d'impôt en moins.
4. Le piège social. La déduction joue sur l'IR seul : vos cotisations CNAVPL, CAVEC et URSSAF ne baissent pas.
5. La sortie. Capital ou rente ; les gains au PFU 31,4 % (PS 18,6 %, pas 17,2 %).
6. Le statut. SELARL gérant majoritaire / BNC = 154 bis (88 911 €) ; président de SELAS = 163 quatervicies (37 680 €).
Attention quand même : 88 911 € est un plafond, pas un objectif. Le bon montant est celui qui éponge votre tranche la plus haute sans assécher la trésorerie d'exploitation de votre cabinet. Ce qui suit ne traite que de ce qui change pour vous : le bon plafond selon votre structure, les pièges et trois cas réels. Pour la mécanique générale du libéral, voyez le PER de la profession libérale.
Pourquoi le PER est votre levier n°1 à 41-45 %
Si un seul profil devait souscrire un PER, ce serait l'expert-comptable à hauts revenus. Inscrit à l'Ordre, exerçant en cabinet individuel (BNC), en société d'expertise comptable ou en SEL, il est soumis à la TVA au taux normal de 20 % et atteint vite la tranche à 41 % (de 84 577 € à 181 917 € par part) voire 45 %(au-delà de 181 917 €). Chaque euro déduit échappe à l'impôt à ce taux marginal : concrètement, l'impôt que vous auriez versé se retrouve sur votre contrat.
| Tranche du barème 2026 | Seuil par part | Taux |
|---|---|---|
| Tranche 1 | Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| Tranche 2 | 11 600 € → 29 579 € | 11 % |
| Tranche 3 | 29 579 € → 84 577 € | 30 % |
| Tranche 4 | 84 577 € → 181 917 € | 41 % |
| Tranche 5 | Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Et il y a un deuxième atout, souvent oublié : le PER déductible est exclu du plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € (article 200-0 A du CGI). C'est une déduction du revenu, pas une réduction d'impôt : il sort de l'impôt sansconsommer votre enveloppe de 10 000 €, que vous pouvez réserver à d'autres dispositifs. Pour un haut revenu, cet avantage est décisif.
À 45 %, l'État finance 45 % de votre effort d'épargne
Le plafond PER de l'expert-comptable en BNC : la formule (art. 154 bis)
C'est le plafond qui change tout, et il est nettement plus généreux que celui des salariés. Là où un salarié plafonne à 10 % de ses revenus, le travailleur non salarié bénéficie d'une majoration de 15 % sur la tranche haute de son bénéfice. L'article 154 bis du CGIvous autorise à déduire le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
La formule exacte, sans approximation
Le plafond additionne deux briques : 10 % de votre bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS, seuls les 10 % jouent — et c'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais. Au-delà de 8 PASS de bénéfice (384 480 €), la majoration cesse de courir : vous êtes au maximum, 88 911 €.
Le plafond PER de l'expert-comptable (TNS) en 2026
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
MAXIMUM = 10 % x 384 480
+ 15 % x (384 480 - 48 060)
= 38 448 + 50 463 = 88 911 EURLe maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). En dessous, on applique la formule 10 % + 15 %, et le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur. La base est le bénéfice de l'année N (votre déclaration 2035), à ne pas confondre avec le plafond salarié, assis sur N-1.
La quasi-totalité des experts-comptables à hauts revenus est au réel (déclaration contrôlée 2035), bien au-dessus du seuil micro-BNC : c'est donc le 154 bis qui s'applique. Pour le détail du calcul, support par support, voyez le PER du TNS en 2026 : le plafond art. 154 bis pas à pas et votre plafond PER 2026 : disponible, report et mutualisation.
Madelin et 154 bis : la même enveloppe retraite
Combien vous déduisez vraiment, de 100 000 € à 384 480 € de BNC
Un plafond reste abstrait tant qu'on n'a pas mis l'économie d'impôt en face. Voici, palier par palier, ce que la formule donne pour des bénéfices d'expert-comptable, avec l'économie d'IR à 41 % et à 45 % :
| BNC imposable | Plafond 154 bis | Éco à 41 % | Éco à 45 % |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 17 791 € | ≈ 7 294 € | ≈ 8 006 € |
| 120 000 € | 22 791 € | ≈ 9 344 € | ≈ 10 256 € |
| 150 000 € | 30 291 € | ≈ 12 419 € | ≈ 13 631 € |
| 200 000 € | 42 791 € | ≈ 17 544 € | ≈ 19 256 € |
| 250 000 € | 55 291 € | ≈ 22 669 € | ≈ 24 881 € |
| ≥ 384 480 € (8 PASS) | 88 911 € (maximum) | ≈ 36 453 € | ≈ 40 010 € |
Économie théorique : videz votre tranche, ne débordez pas
Cas chiffrés : Sophie (150 k BNC), Marc (SELAS) et Léa (100 k)
Trois dossiers réels (anonymisés) qu'on a chiffrés cette année. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et ordres de grandeur sont ceux qu'on voit passer en rendez-vous à Chambéry. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — Sophie, experte-comptable en SELARL, gérante majoritaire (TNS), TMI 45 %
Plafond 154 bis : 10 % × 150 000 + 15 % × (150 000 − 48 060) = 15 000 + 15 291 = 30 291 €.
Si elle verse 30 291 € : économie d'IR ≈ 30 291 × 45 % = 13 631 €.
Cotisations CAVEC + URSSAF : inchangées — 0 € d'économie sociale.
Effort net : ≈ 30 291 − 13 631 = 16 660 € de poche pour 30 291 € capitalisés à son nom.
À retenir : chaque euro versé revient à 0,55 € de poche pour 1 € placé. Aucun livret ne fait ça.
Cas 2 — Marc, président de SELAS d'expertise comptable (assimilé salarié), TMI 45 %
Plafond applicable : PAS le 154 bis (CE 8 décembre 2017, n° 409429) → c'est le 163 quatervicies : 10 % × 160 000 = 16 000 € (≤ 37 680 €).
Si il verse 16 000 € : économie d'IR ≈ 16 000 × 45 % = 7 200 €.
Bonus du statut salarié : ce plafond est reportable (3→5 ans) et mutualisable avec sa conjointe (case 6QR).
À retenir : à revenu comparable, Marc plafonne plus bas que Sophie — mais son reliquat n'est jamais perdu. Si une part de sa rémunération « technique » est imposée en BNC, cette fraction peut rouvrir du 154 bis ; à examiner au cas par cas.
Cas 3 — Léa, expert-comptable en cabinet individuel (BNC au réel), TMI 41 %
Plafond 154 bis : 10 % × 100 000 + 15 % × (100 000 − 48 060) = 10 000 + 7 791 = 17 791 €.
Si elle verse 17 791 € : économie d'IR ≈ 17 791 × 41 % = ≈ 7 294 €.
À retenir : même sur un bénéfice « modéré » pour la profession, la majoration de 15 % fait grimper vite le plafond. Et tant que 10 % du bénéfice dépasse 4 806 €, c'est la formule qui s'applique, jamais le plancher.
Sophie — SELARL gérante majoritaire (TNS)
Plafond 154 bis (max 88 911 €). Base : le bénéfice de l'année N. Sur 150 000 €, plafond 30 291 €, économie 13 631 € à 45 %. Mais : plafond strictement individuel, non reportable, non mutualisable. C'est maintenant ou jamais.
Marc — président de SELAS (assimilé salarié)
Plafond 163 quatervicies (max 37 680 €). Base : les revenus pro N-1. Sur 160 000 €, plafond 16 000 €, économie 7 200 € à 45 %. Mais : reportable (3→5 ans) et mutualisable avec le conjoint (case 6QR). Le reliquat n'est jamais perdu.
Calculez votre plafond exact sur votre 2035
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis (ou 163 quatervicies si vous êtes président de SELAS), votre économie nette par tranche et le montant optimal à verser cette année — sans vous pousser au plafond si ce n'est pas dans votre intérêt.
PER selon votre structure : BNC/SELARL (154 bis) ou SELAS (163 quatervicies)
« Je suis expert-comptable » ne donne pas droit à un plafond unique. C'est votre régime social— travailleur non salarié ou assimilé salarié — qui décide du plafond applicable, pas votre titre ni votre inscription à l'Ordre. On a vu deux associés du même cabinet, à 160 000 € chacun, repartir avec des plafonds PER très différents : l'un préside une SELAS, l'autre gère une SELARL.
Art. 154 bis — le plafond TNS
Cabinet individuel en BNC au réel + gérant majoritaire de SELARL d'expertise comptable (rémunération art. 62 + part technique en BNC depuis 2024). Base : le bénéfice de l'année N. Formule 10 % + 15 %, maximum 88 911 €. Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable.
Art. 163 quatervicies — le plafond salarié
Président de SELAS d'expertise comptable (assimilé salarié, part de gérance en traitements et salaires). Base : les revenus pro de l'année N-1. Formule 10 % seulement, maximum 37 680 €. Mais : reportable (3 ans → 5 ans, LF 2026) et mutualisable entre conjoints (case 6QR).
Pourquoi 88 911 € d'un côté et 37 680 € de l'autre ?
Ce que le Conseil d'État a tranché
Ce point n'est pas une interprétation de cabinet : c'est le Conseil d'État qui l'a écrit. Il a clarifié l'essentiel pour le PER : la déduction de l'article 154 bis n'est admise que sur une rémunération imposée en BNC (ou en art. 62), jamais sur des traitements et salaires (CE 8 décembre 2017, n° 409429). Conséquence directe : le président de SELAS, assimilé salarié, est cantonné au plafond de 37 680 €.
Plus récemment, le Conseil d'État a validé la bascule en BNC de la rémunération « technique » des associés de SEL (CE 8 avril 2025, n° 492154), dans le sillage de la doctrine applicable depuis le 1er janvier 2024 — qui a aussi mis fin à la tolérance forfaitaire de 5 % et à l'abattement de 10 % sur cette part technique (frais réels BNC à la place). Pour de nombreux associés de SEL, cette fraction imposée en BNC ouvre ou maintient l'accès au plafond 154 bis — un point à examiner au cas par cas.
La règle en une phrase
Maintenant ou jamais : report, mutualisation et versement avant le 31/12
Deuxième piège : les deux plafonds ne se traitent pas pareil dans le temps. Le plafond TNS de l'article 154 bis non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable, ni mutualisable. Pour le gérant majoritaire de SELARL et l'expert-comptable en BNC, le plafond non versé au 31 décembre est perdu sec : contrairement au plafond salarié, il n'existe aucun rattrapage l'année suivante. C'est pour ça qu'on parle de fenêtre annuelle.
| Levier | Plafond 154 bis (TNS) | Plafond 163 quatervicies (SELAS) |
|---|---|---|
| Report dans le temps | Non — perdu en fin d'exercice | Oui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, plafonds ≥ 2026) |
| Mutualisation entre conjoints | Non — strictement individuel | Oui (case 6QR de la 2042) |
| Timing du versement | Avant le 31/12 (année du versement) | Avant le 31/12 (année du versement) |
La mutualisation entre conjoints (mariés ou pacsés à imposition commune) ne concerne donc que le 163 quatervicies : en cochant la case 6QR de la 2042, le conjoint à TMI élevée peut absorber le reliquat de l'autre. Quant au report, la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) l'a porté de 3 à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026 (mesure non rétroactive). Dans tous les cas, la déduction s'impute sur les revenus de l'année du versement : verser avant le 31 décembre.
70 ans : la déductibilité s'arrête
Sortie du PER : capital ou rente, et la fiscalité réelle
Tout l'intérêt du PER tient à un décalage de taux dans le temps : vous déduisez à 41-45 % aujourd'hui, et vous sortez à la retraite quand votre tranche a baissé — souvent 30 %. Le PER est gagnant chaque fois que votre TMI à la sortie est inférieure à votre TMI à l'entrée : vous économisez 41-45 % pour n'être taxé qu'à 30 %. À l'arrivée, deux modalités : le capital (fractionné possible) ou la rente.
| Modalité de sortie | Part « versements » (déduits) | Part « gains » |
|---|---|---|
| Capital (fractionné possible) | Barème de l'IR, sans abattement 10 % (quotient art. 163-0 A possible) | PFU 31,4 % = 12,8 % IR + 18,6 % PS |
| Rente viagère | Régime des pensions, abattement 10 % (art. 158-5 CGI) | Inclus dans la rente (régime RVTG) |
18,6 %, pas 17,2 % : le piège des prélèvements sociaux
PER + CAVEC : le complément que les classes de cotisation ne couvrent pas
Et il y a un dernier étage que même les confrères oublient de chiffrer : leur propre retraite. Comme tout expert-comptable, vous cotisez déjà à une retraite obligatoire en deux étages : la base CNAVPL par points (commune aux libéraux, plafonnée) et la complémentaire de la CAVEC — la Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes — organisée par classes de cotisation (vous êtes rattaché à une classe selon votre revenu, avec la possibilité d'opter pour une classe supérieure). Cette architecture monte par paliers, mais reste bornée : pour un haut revenu, le taux de remplacement à la retraite est insuffisant pour maintenir votre niveau de vie.
Le PER ne vient pas remplacer cette caisse : il vient en plus. Là où la CAVEC fonctionne en répartition par points et par classes, le PER capitalise votre propre épargne, à votre nom, tout en la défiscalisantà l'entrée à 41-45 %. C'est précisément ce cumul — socle obligatoire CNAVPL + CAVEC, étage facultatif PER — qui comble l'écart de revenus à la retraite.
Soyons clairs sur ce qui est garanti et ce qui ne l'est pas : la seule chose certaine dans un PER, c'est l'économie d'impôt à l'entrée (votre versement × votre TMI). Le capital qui en résultera à la retraite, lui, dépend des supports choisis (fonds en euros, unités de compte) et n'est jamais garanti : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et les unités de compte comportent un risque de perte en capital. Toute projection de pension complémentaire doit donc être lue comme une illustration sous hypothèses, à actualiser dans le temps — pas comme une promesse de rendement.
La CAVEC plafonne par classes ; le PER, vous le pilotez
Cumuler PER et Madelin prévoyance/santé (enveloppes distinctes)
Bonne nouvelle pour le TNS : le PER retraite (volet « retraite » de l'article 154 bis) et le Madelin prévoyance/santé (volet « prévoyance » du même article) sont des enveloppes de déduction distinctes. Elles ne s'imputent pas l'une sur l'autre : vous pouvez déduire votre PER retraite et votre Madelin prévoyance la même année, sur deux compteurs séparés.
| Enveloppe (art. 154 bis) | Plafond de déduction 2026 | Objet |
|---|---|---|
| Retraite (PER) | 10 % + 15 %, jusqu'à 88 911 € | Complément de pension capitalisé |
| Prévoyance / santé (Madelin) | 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, max 11 534,40 € | Décès, arrêt de travail, invalidité, santé |
| Perte d'emploi (Madelin) | 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASS | Garantie chômage du dirigeant |
Deux compteurs, deux déductions
PER, CEHR et CDHR : jusqu'où le PER fait baisser votre impôt
Au-dessus de 250 000 € de RFR, le PER gagne une seconde fonction : comme il déduit du revenu imposable, il réduit aussi votre revenu fiscal de référence (RFR). Or plusieurs surtaxes se déclenchent à des seuils de RFR : un versement bien calibré peut vous faire passer sous un seuilet économiser, au-delà de l'IR, une surtaxe entière.
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)
La CEHR (article 223 sexies du CGI) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), et à 4 %au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple). En abaissant votre RFR sous l'un de ces seuils, un versement PER peut neutraliser tout ou partie de cette contribution.
Exemple : un versement qui efface une surtaxe entière
La contribution différentielle (CDHR) : là où le PER atteint sa limite
La CDHR (article 224 du CGI, créée par la LF 2025 et reconduite par la LF 2026) assure une imposition minimale d'environ 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), avec une décote à l'entrée. Conséquence concrète : pour un très haut revenu déjà au-dessus de ce plancher, l'effet marginal d'un versement PER peut être partiellement écrêté par ce plancher de 20 %. Le PER reste utile pour repasser sous les seuils, mais son rendement fiscal n'est plus garanti à 41-45 % dans cette zone : à arbitrer au cas par cas.
Le pilotage du RFR fait partie d'une stratégie d'ensemble. Pour la replacer dans le cadre global de l'expert-comptable fortement imposé, voyez CEHR et CDHR des hauts revenus 2026, profession libérale à hauts revenus : piloter son RFR sous les seuils et la feuille de route patrimoniale de l'expert-comptable.
Optimiser votre PER et votre RFR avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis exact, on optimise votre économie d'impôt et votre RFR sous les seuils CEHR, et on articule le PER avec votre retraite CAVEC, votre prévoyance et votre stratégie de dividendes en SEL. Et si saturer votre plafond n'est pas dans votre intérêt cette année, on vous le dit.

